Bourbaki

Exercice 17, § 1

Étiquette 001D, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 001D].

Algèbre, VIII, p. 16

Soient E un monoïde, ee son élément neutre, S une partie de E et S′S' le sous-monoïde de E engendré par S. On dit que S permet un calcul des fractions à gauche sur E si les deux conditions suivantes (tautologiques lorsque E est commutatif) sont satisfaites :

(i) Pour tout a∈Ea\in E et tout s∈Ss\in S, il existe b∈Eb\in E et t∈S′t\in S' tels que ta=bsta=bs.

(ii) Quels que soient a∈E,b∈Ea\in E,b\in E et s∈Ss\in S tels que as=bsas=bs, il existe t∈S′t\in S' tel que ta=tbta=tb.

a) Supposons qu’il existe un homomorphisme uu de E dans un monoïde E′E' tel que tout élément de u(S)u(S) soit inversible dans E′E' et que, quels que soient a,ba, b dans E tels que u(a)=u(b)u(a) =u(b), il existe s∈S′s\in S' tel que sa=sbsa=sb. Alors S permet un calcul des fractions à gauche sur E.

b) Supposons que S permette un calcul des fractions à gauche sur E. Dans E×S′E\times S', on note (a,s)∼(b,t)(a, s)\sim (b, t) la relation : « il existe cc et dd dans E tels que l’on ait ca=dbca=db et cs=dt∈S′cs=dt\in S' ». C’est une relation d’équivalence. On pose S−1E=(E×S′)/∼S^{-1}E = (E\times S')/\sim et l’on note ε:E→S−1E\varepsilon : E\rightarrow S^{-1}E l’application qui à a∈Ea\in E associe la classe de (a,e)(a, e). Il existe sur S−1ES^{-1}E une unique structure de monoïde telle que ε\varepsilon soit un homomorphisme unifère, que ε(s)\varepsilon (s) soit inversible pour tout s∈Ss\in S et que, pour (a,s)∈E×S′(a, s)\in E\times S', la classe dans S−1ES^{-1}E de (a,s)(a, s) soit égale à ε(s)−1ε(a)\varepsilon (s)^{-1}\varepsilon (a). On dit que S−1ES^{-1}E est le monoïde des fractions à gauche de E associé à S. Il coïncide avec celui défini en I, p. 17 lorsque le monoïde E est commutatif.

c) Soient a,ba, b dans E. Pour que l’on ait ε(a)=ε(b)\varepsilon (a) =\varepsilon (b), il faut et il suffit qu’il existe s∈S′s\in S' tel que sa=sbsa=sb. Pour que ε\varepsilon soit injectif (resp. bijectif), il faut et il suffit que tout élément de S soit simplifiable à droite (resp. inversible).

d) Soit ff un homomorphisme unifère de E dans un monoïde F tel que tout élément de f(S)f(S) soit inversible dans F. Il existe un homomorphisme f‾:S−1E→F\overline{f}: S^{-1}E\rightarrow F et un seul tel que f=f‾∘sf=\overline{f}\circ s. Si ff est injectif, f‾\overline{f} est injectif.

e) On dit que S permet un calcul des fractions à droite sur E s’il permet un calcul des fractions à gauche sur le monoïde EoE^o opposé de E. Définir dans ce cas le monoïde des fractions à droite ES−1^{-1} de E associé à S, observer que l’on a (ES−1^{-1})o=S−1(Eo)^o= S^{-1}(E^o), et réécrire b) pour les monoïdes de fractions à droite. Si S permet un calcul des fractions à gauche et à droite sur E, les monoïdes S−1ES^{-1}E et ES−1^{-1} sont canoniquement isomorphes.

Solution

Aucune solution n’a encore été écrite.

Cité par

Cite

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.