Bourbaki

Exercice 18, § 1

Étiquette 001E, permanente. À citer comme [Bourbaki, Tag 001E].

Algèbre, VIII, p. 17

a) Soient A un anneau, S une partie de A et S′S' la plus petite partie de A, contenant 1 et S, stable par multiplication. On dit que S permet un calcul des fractions à gauche sur A si les deux conditions suivantes (tautologiques lorsque A est commutatif) sont satisfaites :

(i) Pour tout a∈Aa\in A et tout s∈Ss\in S, il existe b∈Ab\in A et t∈S′t\in S' tels que ta=bsta=bs.

(ii) Quels que soient a∈Aa\in A et s∈Ss\in S tels que as=0as= 0, il existe t∈S′t\in S' tel que ta=0ta= 0.

Il revient au même de dire que S permet un calcul des fractions à gauche sur le monoïde obtenu en munissant l’ensemble A de la seule multiplication (exerc. 17). Démontrer qu’il existe alors sur le monoïde multiplicatif S−1AS^{-1}A une unique addition telle que S−1AS^{-1}A, muni de cette addition et de sa multiplication, soit un anneau et que l’application canonique ε:A→S−1A(\varepsilon : A\rightarrow S^{-1}A (loc. cit.) soit un homomorphisme d’anneaux. On dit que S−1AS^{-1}A est l’anneau des fractions à gauche de A associé à S. Lorsque A est commutatif, il coïncide avec celui défini en I, p. 108.

b) Pour que S permette un calcul des fractions à gauche sur A, il faut et il suffit qu’il existe un anneau B et un homomorphisme d’anneaux u:A→Bu: A\rightarrow B tel que tout élément de u(S)u(S) soit inversible dans B et que, quel que soit a∈u−1a\in u^{-1}(0), il existe s∈Ss\in S tel que sa=0sa= 0.

c) Supposons que S permette un calcul des fractions à gauche sur A. Le noyau de l’homomorphisme canonique ε:A→S−1A\varepsilon : A\rightarrow S^{-1}A est l’ensemble des a∈Aa\in A tels qu’il existe s∈Ss\in S, avec sa=0sa= 0.

Soit ff un homomorphisme de A dans un anneau B tel que tout élément de f(S)f(S) soit inversible dans B. Il existe un homomorphisme f‾:S−1A→F\overline{f}: S^{-1}A\rightarrow F et un seul tel que f=f‾∘sf=\overline{f}\circ s. Si ff est injectif, f‾\overline{f} est injectif.

d) Formuler les énoncés analogues à a), b), c), relatifs au calcul des fractions à droite ; si S permet un calcul des fractions à droite sur A, on note AS−1^{-1} l’anneau des fractions à droite de A. On a dans ce cas (AS−1^{-1})o=S−1(Ao)^o= S^{-1}(A^o). Si S permet un calcul des fractions à gauche et à droite sur A, les anneaux S−1AS^{-1}A et AS−1^{-1} sont canoniquement isomorphes.

e) Soit A un anneau non nul sans diviseur de zéro. Pour que A admette un corps des fractions à gauche (I, p. 155, exerc. 15), il faut et il suffit que l’ensemble S des éléments non nuls de A permette un calcul des fractions à gauche sur A, et dans ce cas S−1AS^{-1}A est le corps des fractions à gauche de A.

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