Bourbaki

§ 4. Homotopie et revêtements

1. Homotopie et revêtements

Proposition 1 01Z5

Soit B un espace topologique et soit E un revêtement de B. Soit B′B' un espace topologique et soient f0f_0 et f1f_1 des applications continues de B′B' dans B. Si les applications f0f_0 et f1f_1 sont homotopes, les revêtements f0∗(E)f_0^*(E) et f1∗(E)f_1^*(E) de B′B' sont isomorphes.

Soit σ:B′×I→B\sigma : B'\times \mathbf{I}\rightarrow B une homotopie reliant f0f_0 à f1f_1. Notons i0i_0 et i1i_1 les applications x↦(x,0)x\mapsto (x,0) et x↦(x,1)x\mapsto (x,1) de B′B' dans B′×IB'\times \mathbf{I}. Si t∈{0,1}t\in \{0,1\}, on a ft=σ∘itf_t=\sigma \circ i_t et les revêtements ft∗(E)f_t^*(E) et it∗(σ∗(E))i^*_t(\sigma^*(E)) de B′B' sont donc isomorphes (I, p. 15). Comme l’espace topologique I\mathbf{I} est localement connexe et simplement connexe (I, p. 127, corollaire), les revêtements i0∗(σ∗(E))i^*_0(\sigma^*(E)) et i1∗(σ∗(E))i^*_1(\sigma^*(E)) de B′B' sont isomorphes (I, p. 130, cor. 1 de la prop. 8).

Corollaire 01Z6

Un espace topologique homéotope à un espace topologique simplement connexe est simplement connexe.

Soient B et B′B' des espaces topologiques, soit f:B→B′f: B\rightarrow B' une homéo-topie et soit g:B′→Bg: B'\rightarrow B une application continue, réciproque à homotopie près de ff. Soit E un revêtement de B. Comme g∘fg\circ f est homotope à l’application identique de B, le revêtement B est isomorphe au revêtement f∗(g∗(E))f^*(g^*(E)) (prop. 1). Si l’espace B′B' est simplement connexe, le revêtement g∗(E)g^*(E) est trivialisable. Par suite, le revêtement E est trivialisable. Cela prouve que l’espace B est simplement connexe.

Remarque 01Z7

Soit G un groupe topologique discret. Avec les notations de la proposition, supposons que E soit un revêtement principal de groupe G. Les revêtements f0∗(E)f_0^*(E) et f1∗(E)f_1^*(E) sont alors des revêtements principaux isomorphes (I, p. 131, remarque).

Proposition 2 (Relèvement des homotopies) 01Z8

Soit B un espace topologique et soit E un revêtement de B. Soit B′B' un espace topologique et soient f0f_0 et f1f_1 des applications continues de B′B' dans B. Soit σ:B′×\sigma : B'\times I→B\mathbf{I}\rightarrow B une homotopie reliant f0f_0 à f1f_1. Soit g0:B′→Eg_0: B'\rightarrow E un relèvement continu de f0f_0 à E. Il existe une unique application continue σ~:B′×I→\widetilde{\sigma}: B'\times \mathbf{I}\rightarrow E relevant σ\sigma qui est une homotopie d’origine g0g_0. Son terme g1:B′→Eg_1: B'\rightarrow E est un relèvement continu de f1f_1 à E.

Cela résulte du corollaire 3 de la prop. 8 de I, p. 130, appliqué à l’espace topologique simplement connexe et localement connexe I\mathbf{I}.

2. Relèvement des chemins

Proposition 3 01Z9

Soit B un espace topologique et soit p:E→Bp: E\rightarrow B un revêtement. Notons p~:Cc(I;E)→Cc(I;B)\widetilde{p}:\mathscr{C}_c(\mathbf{I}; E)\rightarrow \mathscr{C}_c(\mathbf{I}; B) l’application c↦p∘cc\mapsto p\circ c. Notons oE:Cc(I;E)→Eo_E:\mathscr{C}_c(\mathbf{I}; E)\rightarrow E ( resp. oB:Cc(I;B)→Bo_B:\mathscr{C}_c(\mathbf{I}; B)\rightarrow B) l’application définie par c↦c(0)c\mapsto c(0). Alors, le diagramme

Cc(I;E)oE\mathscr{C}_c(\mathbf{I}; E)^{o_E} E

p~p\widetilde{p}p

Cc(I;B)oB\mathscr{C}_c(\mathbf{I}; B)^{o_B} B est un carré cartésien.

L’espace topologique I\mathbf{I} est localement connexe, localement compact et simplement connexe. La proposition résulte ainsi de la prop. 9 de I, p. 131, appliquée avec T=IT =\mathbf{I} et t=0t= 0.

Corollaire 1 01ZA

L’application p~:Cc(I;E)→Cc(I;B)\widetilde{p}:\mathscr{C}_c(\mathbf{I}; E)\rightarrow \mathscr{C}_c(\mathbf{I}; B) est un revêtement.

Cela résulte de I, p. 71, cor. 2 de la prop. 1.

Corollaire 2 (Relèvement des chemins) 01ZB

Soit p:E→Bp: E\rightarrow B un revêtement, soit xx un point de E et a=p(x)a=p(x). L’application c↦p∘cc\mapsto p\circ c est un homéomorphisme de l’espace Λx(E)\Lambda_x(E) des chemins dans E d’origine xx sur l’espace Λa(B)\Lambda_a(B) des chemins dans B d’origine aa.

Avec les notations de la proposition 3, on a Λa(B)=oB−1(a)\Lambda_a(B) =o^{-1}_B(a) et Λx(E)=oE−1(x)\Lambda_x(E) =\overset{-1}{o_{E}}(x). Le corollaire résulte alors de I, p. 10, cor. de la prop. 4.

On dira qu’une application continue p:E→Bp: E\rightarrow B vérifie la propriété de relèvement des chemins si, pour tout chemin c:I→c:\mathbf{I}\rightarrow B et tout point xx de E relevant c(0)c(0), il existe un chemin c′c' dans E d’origine xx qui relève cc. Un tel chemin est alors unique si pp est étale et séparée (I, p. 34, cor. 1 de la prop. 11). Soient E un revêtement et pp sa projection ; l’application pp est étale, séparée et possède la propriété de relèvement des chemins (corollaire 2). Pour une réciproque partielle, cf. III, p. 315, corollaire.

Proposition 4 01ZC

Soit p:E→Bp: E\rightarrow B une application étale et séparée qui vérifie la propriété de relèvement des chemins. Soient aa et bb des points de B et soit xx un point de E tel que p(x)=ap(x) =a. Soient c0c_0 et c1c_1 deux chemins strictement homotopes reliant aa à bb dans B. Les chemins d’origine xx dans E qui relèvent respectivement c0c_0 et c1c_1 ont même terme et sont strictement homotopes.

Soit σ:I×I→\sigma :\mathbf{I}\times \mathbf{I}\rightarrow B une homotopie stricte reliant c0c_0 à c1c_1. Pour s∈Is\in \mathbf{I}, soit cs′c'_s l’unique chemin d’origine xx dans E qui relève le chemin t↦σ(t,s)t\mapsto \sigma (t, s). Pour (t,s)∈I×I(t, s)\in \mathbf{I}\times \mathbf{I}, posons σ′(t,s)=cs′(t)\sigma '(t, s) =c'_s(t) ; on a p∘σ′=σp\circ \sigma '=\sigma. L’application σ′\sigma ' est constante sur {0}×I\{0\} \times \mathbf{I}; par construction, elle est continue sur I×{s}\mathbf{I}\times \{s\} pour tout s∈Is\in \mathbf{I}. Elle est donc continue, d’après I, p. 37, cor. 1 du th. 1. En particulier, l’application de I\mathbf{I} dans EbE_b donnée par s↦σ′(1,s)s\mapsto \sigma '(1, s) est un relèvement continu du chemin constant d’image bb; elle est donc constante. Cela prouve que l’application σ′\sigma ' est une homotopie stricte reliant c0′c'_0 à c1′c'_1.

Corollaire 1 01ZD

Soit B un espace topologique et soit E un revêtement de B ; notons pp sa projection. Pour tout couple (x,y)(x, y) de points de E, l’application ϖx,y(p):ϖx,y(E)→ϖp(x),p(y)(B)\varpi_{x,y}(p):\varpi_{x,y}(E)\rightarrow \varpi_{p(x),p(y)}(B) est injective. En particulier, pour tout point xx de E, l’homomorphisme π1(p,x):π1(E,x)→π1(B,p(x))\pi_1(p, x):\pi_1(E, x)\rightarrow \pi_1(B, p(x)) est injectif.

Corollaire 2 01ZE

Soit B un espace topologique et soit E un revêtement de B ; notons pp sa projection. Soit xx un point de E, posons b=p(x)b=p(x). Pour que la classe dans π1(B,b)\pi_1(B, b) d’un lacet cc de B en aa appartienne au sous-groupe image de l’homomorphisme π1(p,x)\pi_1(p, x), il faut et il suffit que le chemin c′c' d’origine xx relevant cc soit un lacet de E en xx.

La condition est évidemment suffisante. Inversement, soit c1′c'_1 un lacet de E en xx. Posons c1=p∘c1′c_1=p\circ c'_1 et supposons que les lacets cc et c1c_1 soient strictement homotopes. D’après la prop. 4, le chemin c′c' a même terme que le chemin c1′c'_1. C’est donc un lacet en xx.

Corollaire 3 01ZF

Soit B un espace topologique et soient (E1,p1)(E_1, p_1) et (E2,p2)(E_2, p_2) des revêtements de B. Notons (E,p)(E, p) leur B-espace produit et soit x=(x1,x2)x= (x_1, x_2) un point de E. L’image de l’homomorphisme π1(p,x)\pi_1(p, x) est l’intersection des images des homomorphismes π1(p1,x1)\pi_1(p_1, x_1) et π1(p2,x2)\pi_1(p_2, x_2).

Soit cc un lacet de B en p1(x1)=p2(x2)p_1(x_1) =p_2(x_2) et, pour i∈{1,2}i\in \{1,2\}, soit ci′c'_i le chemin d’origine xix_i dans EiE_i relevant cc. Le B-espace E=E1×BE2E = E_1\times_BE_2 est un revêtement de B (I, p. 72, cor. 3 de la prop. 2) et le chemin c′:t↦c':t\mapsto (c1′(t),c2′(t))(c'_1(t), c'_2(t)) est l’unique chemin d’origine xx dans E qui relève cc. Pour que c′c' soit un lacet, il faut et il suffit que c1′c'_1 et c2′c'_2 le soient. Le corollaire 3 résulte ainsi du corollaire 2.

3. Opérations du groupoïde de Poincaré dans les revêtements

Soit B un espace topologique et soit p:E→p: E\rightarrow B une application étale et séparée qui vérifie la propriété de relèvement des chemins (III, p. 302) ; c’est le cas si l’application pp fait de E un revêtement de B (loc. cit.). Soient bb et b′b' des points de B et soit c∈Λb,b′(B)c\in \Lambda_{b,b'}(B) un chemin dans B reliant bb à b′b'. Pour tout point xx de la fibre EbE_b, notons x⋅cx\cdot c le terme du chemin d’origine xx dans E qui relève cc. Le point x⋅cx\cdot c appartient à la fibre Eb′E_{b'} et ne dépend que de la classe γ∈ϖb,b′(B)\gamma \in \varpi_{b,b'}(B) du chemin c(c(III, p. 302, prop. 4) ; on écrira ainsi x⋅γx\cdot \gamma au lieu de x⋅cx\cdot c.

Si cc est le chemin constant en bb, on a x⋅γ=xx\cdot \gamma =x car le chemin constant d’origine xx relève cc.

Soit b′′b'' un autre point de B et soit c′∈Λb′,b′′(B)c'\in \Lambda_{b',b''}(B). Pour tout point xx de EbE_b, on a :

(x⋅c)⋅c′=x⋅(c∗c′)(1) (x\cdot c)\cdot c'=x\cdot (c*c') \tag{1}

En effet, notons c~\widetilde{c} le relèvement d’origine xx de cc et c~′\widetilde{c}' le relèvement de c′c' d’origine x⋅c=c~(1)x\cdot c=\widetilde{c}(1). Les chemins c~\widetilde{c} et c~′\widetilde{c}' sont juxtaposables et c~∗c~′\widetilde{c}*\widetilde{c}' est le chemin d’origine xx relevant c∗c′c*c'.

Notons φb,b′:ϖb,b′(B)→F(Eb;Eb′)\varphi_{b,b'}:\varpi_{b,b'}(B)\rightarrow \mathscr{F}(E_b; E_{b'}) l’application telle que, pour γ∈ϖb,b′(B)\gamma \in \varpi_{b,b'}(B) et x∈Ebx\in E_b, on ait

φb,b′(γ)(x)=x⋅γ \varphi_{b,b'}(\gamma )(x) =x\cdot \gamma

Pour tout γ∈ϖb,b′(B)\gamma \in \varpi_{b,b'}(B) et tout γ′∈ϖb′,b′′(B)\gamma '\in \varpi_{b',b''}(B), il résulte de la relation (1) que l’on a

φb,b′′(γγ′)=φb′,b′′(γ′)∘φb,b′(γ)(2) \varphi_{b,b''}(\gamma \gamma ') =\varphi_{b',b''}(\gamma ')\circ \varphi_{b,b'}(\gamma ) \tag{2}

La famille φ=(φb,b′)(b,b′)∈B×B\varphi = (\varphi_{b,b'})_{(b,b')\in B\times B} définit donc une loi d’opération à droite du groupoïde ϖ(B)\varpi (B) sur l’ensemble E relativement à l’application p:E→p: E\rightarrow B (II, p. 167). On l’appelle l’opération canonique du groupoïde ϖ(B)\varpi (B) associée à l’application p:E→Bp: E\rightarrow B. L’application φb,b:π1(B,b)→F(Eb;Eb)\varphi_{b,b}:\pi_1(B, b)\rightarrow \mathscr{F}(E_b; E_b) définit une loi d’opération à droite du groupe π1(B,b)\pi_1(B, b) sur la fibre EbE_b de E. Cette opération est appelée opération canonique de π1(B,b)\pi_1(B, b) sur la fibre EbE_b.

Remarque 01ZG

Soient bb et b′b' deux points de B,x,x un point de Eb,c∈E_b,c\in Λb,b′(B)\Lambda_{b,b'}(B) un chemin dans B et c~\widetilde{c} le chemin dans E d’origine xx qui relève cc. Pour tout s∈Is\in \mathbf{I}, notons csc_s le chemin t↦c(st)t\mapsto c(st) ; le chemin dans E d’origine xx relevant csc_s est le chemin t↦c~(st)t\mapsto \widetilde{c}(st) dont le terme est le point c~(s)\widetilde{c}(s). On a donc c~(s)=x⋅cs\widetilde{c}(s) =x\cdot c_s pour tout s∈Is\in \mathbf{I}.

Soit B′B' un espace topologique et soit p′:E′→B′p': E'\rightarrow B' une application étale et séparée qui vérifie la propriété de relèvement des chemins. Soient f:B→B′f: B\rightarrow B' et g:E→E′g: E\rightarrow E' des applications continues telles que p′∘g=f∘pp'\circ g=f\circ p. Pour b,b′∈B,γ∈ϖb,b′(B)b,b'\in B,\gamma \in \varpi_{b,b'}(B) et x∈Ebx\in E_b, on a :

g(x⋅γ)=g(x)⋅f∗(γ)(3) g(x\cdot \gamma ) =g(x)\cdot f_*(\gamma ) \tag{3}

En effet, soit cc un chemin dans B dont γ\gamma est la classe d’homotopie stricte, notons c~\widetilde{c} le chemin dans E d’origine xx qui relève cc; le chemin g∘c~g\circ \widetilde{c} est alors le relèvement d’origine g(x)g(x) de f∘cf\circ c dans E′E'.

En particulier, pour B=B′B = B' et f=f= IdB_B, on a

g(x⋅γ)=g(x)⋅γ(4) g(x\cdot \gamma ) =g(x)\cdot \gamma \tag{4}

Soient p:E→Bp: E\rightarrow B et p′:E′→Bp': E'\rightarrow B des applications étales et séparées qui vérifient la propriété de relèvement des chemins. Soit bb un point de B. Si f:E→E′f: E\rightarrow E' est un B-morphisme, l’application fb:Eb→Eb′f_b: E_b\rightarrow E'_b est un π1(B,b)\pi_1(B, b)-morphisme.

Théorème 1 01ZH

Soit B un espace topologique, soit (E,p)(E, p) un revêtement de B, soit bb un point de B et soit xx un point de la fibre EbE_b.

a) L’orbite de xx pour l’opération canonique du groupe π1(B,b)\pi_1(B, b) est l’intersection de EbE_b et de la composante connexe par arcs de xx dans E. En particulier, si l’espace E est connexe par arcs, cette opération est transitive.

b) Le fixateur (A, I, p. 51) de xx est le sous-groupe p∗(π1(E,x))p_*(\pi_1(E, x)) de π1(B,b)\pi_1(B, b).

c) Pour tout γ∈π1(B,b)\gamma \in \pi_1(B, b), on a p∗(π1(E,x))=p_*(\pi_1(E, x)) = Int(γ\gamma )(p∗(π1(E,x⋅(p_*(\pi_1(E, x\cdot γ)))\gamma ))).

d) Si l’espace B est connexe et que le revêtement E est galoisien, le sous-groupe p∗(π1(E,x))p_*(\pi_1(E, x)) est distingué dans π1(B,b)\pi_1(B, b).

L’assertion a) est immédiate. L’assertion b) résulte du cor. 2 de la prop. 4 (III, p. 303). L’assertion c) résulte de b) et de la proposition 2 de A, I, p. 52. Supposons enfin que B soit connexe et que E soit un revêtement galoisien de B. Pour tout γ∈π1(B,b)\gamma \in \pi_1(B, b), il existe un B-automorphisme gg de E tel que g(x)=x⋅γ(g(x) =x\cdot \gamma (I, p. 102, th. 2, c)). On a p=p∘gp=p\circ g, d’où p∗(π1(E,x))=p∗(π1(E,x⋅γ))p_*(\pi_1(E, x)) =p_*(\pi_1(E, x\cdot \gamma )). L’assertion d) résulte donc de c).

4. Cas des revêtements associés à un revêtement principal

Soit B un espace topologique, soit G un groupe topologique discret et soit E un revêtement de B, principal de groupe G. Notons pp la projection du B-espace E. Soit bb un point de B et soit xx un point de EbE_b.

Proposition 5 01ZI

L’application h(E,x)h_{(E,x)} de π1(B,b)\pi_1(B, b) dans G qui, à γ∈\gamma \in π1(B,b)\pi_1(B, b), associe l’unique élément gg de G tel que x⋅g=x⋅γ−1x\cdot g=x\cdot \gamma^{-1}, est un homomorphisme de groupes, de noyau le sous-groupe p∗(π1(E,x))p_*(\pi_1(E, x)) de π1(B,b)\pi_1(B, b). Si E est connexe, cet homomorphisme est surjectif.

Pour tout g∈Gg\in G, on a h(E,x⋅g)=h_{(E,x\cdot g)}= Int(g−1g^{-1})∘h(E,x)\circ h_{(E,x)}.

Soit E un revêtement de B, principal de groupe G, soit xx un point de EbE_b et notons pp la projection de E. Pour tout g∈Gg\in G, l’application y↦y⋅gy\mapsto y\cdot g est un B-automorphisme de E. On a donc, pour tout g∈Gg\in G, tout y∈Eby\in E_b et tout γ∈π1(B,b)\gamma \in \pi_1(B, b), la relation (y⋅g)⋅γ=(y⋅γ)⋅g((y\cdot g)\cdot \gamma = (y\cdot \gamma )\cdot g(cf. III, p. 305, relation (4)). Par suite, pour γ,δ∈π1(B,b)\gamma , \delta \in \pi_1(B, b), on a

x⋅h(E,x)(γδ)=x⋅δ−1γ−1 x\cdot h_{(E,x)}(\gamma \delta ) =x\cdot \delta^{-1}\gamma^{-1}
=(x⋅h(E,x)(δ))⋅γ−1 = (x\cdot h_{(E,x)}(\delta ))\cdot \gamma^{-1}
=(x⋅γ−1)⋅h(E,x)(δ) = (x\cdot \gamma^{-1})\cdot h_{(E,x)}(\delta )
=x⋅h(E,x)(γ)h(E,x)(δ) =x\cdot h_{(E,x)}(\gamma )h_{(E,x)}(\delta )

ce qui prouve que h(E,x)h_{(E,x)} est un homomorphisme de groupes.

Son noyau est le fixateur de xx pour l’opération canonique de π1(B,b)\pi_1(B, b), donc est égal à p∗(π1(E,x))p_*(\pi_1(E, x)) d’après le théorème 1 de III, p. 305. L’application g↦x⋅gg\mapsto x\cdot g est une bijection de G sur EbE_b. L’image de l’homomorphisme h(E,x)h_{(E,x)} est donc l’ensemble des g∈Gg\in G tels que x⋅gx\cdot g appartienne à l’orbite de xx pour cette opération. Si E est connexe, π1(B,b)\pi_1(B, b) opère transitivement sur Eb(E_b(loc. cit.) et l’homomorphisme h(E,x)h_{(E,x)} est surjectif.

Soit g∈Gg\in G; pour tout γ∈π1(B,b)\gamma \in \pi_1(B, b), on a

x⋅gh(E,x⋅g)(γ)=(x⋅g)⋅γ−1=(x⋅γ−1)⋅g=x⋅h(E,x)(γ)g x\cdot gh_{(E,x\cdot g)}(\gamma ) = (x\cdot g)\cdot \gamma^{-1}= (x\cdot \gamma^{-1})\cdot g=x\cdot h_{(E,x)}(\gamma )g

d’où h(E,x⋅g)(γ)=g−1h(E,x)(γ)gh_{(E,x\cdot g)}(\gamma ) =g^{-1}h_{(E,x)}(\gamma )g. Cela termine la preuve de la proposition.

Exemple 1 01ZJ

Soit F un ensemble discret muni d’une opération de G et soit X=E×GFX = E\times^GF le revêtement de B associé. Notons φ:E×F→X\varphi : E\times F\rightarrow X le B-morphisme canonique. C’est un morphisme de revêtements. Pour tout γ∈π1(B,b)\gamma \in \pi_1(B, b) et tout f∈Ff\in F, on a alors

(5)

φ(x,f)⋅γ=φ(x⋅γ,f)=φ(x⋅h(E,x)(γ)−1,f)=φ(x,h(E,x)(γ−1)⋅f) \varphi (x, f)\cdot \gamma =\varphi (x\cdot \gamma , f) =\varphi (x\cdot h_{(E,x)}(\gamma )^{-1}, f) =\varphi (x, h_{(E,x)}(\gamma^{-1})\cdot f)

Si l’on identifie F à XbX_b par l’application bijective f↦φ(x,f)f\mapsto \varphi (x, f), il en résulte que l’opération à droite π1(B,b)→\pi_1(B, b)\rightarrow Aut(Xb_b)∘^{\circ} est la composée de l’homomorphisme h(E,x)h_{(E,x)}, de l’antihomomorphisme g↦g−1g\mapsto g^{-1} de G dans lui-même et de l’homomorphisme G→G\rightarrow Aut(F) déduit de l’opération de G sur F.

Exemple 2 01ZK

Soit H un groupe topologique discret, soit f:G→Hf: G\rightarrow H un morphisme de groupes. Munissons H de l’opération à gauche de G donnée par g⋅h=f(g)hg\cdot h=f(g)h, pour g∈Gg\in G et h∈Hh\in H. Soit E′=E×GHE'= E\times^GH le revêtement associé ; c’est un revêtement principal de groupe H (I, p. 107, exemple 6). Notons q:E×H→E×GHq: E\times H\rightarrow E\times^GH l’application canonique et posons x′=q(x,e)x'=q(x, e). On a h(E′,x′)=f∘h(E,x)h_{(E',x')}=f\circ h_{(E,x)}.

En effet, soit cc un lacet en bb dans B, soit γ\gamma sa classe dans π1(B,b)\pi_1(B, b) et soit g=h(E,x)g=h_{(E,x)}; on a donc x⋅γ=x⋅g−1x\cdot \gamma =x\cdot g^{-1}. Soit c~\widetilde{c} un chemin d’origine xx dans E ; alors, t↦q(c~(t),e)t\mapsto q(\widetilde{c}(t), e) est un chemin d’origine x′x' dans E′E' qui relève le chemin p∘c~p\circ \widetilde{c} dans B, si bien que

x′⋅γ=q(x⋅γ,e)=q(x⋅g−1,e)=q(x,f(g)−1)=q(x,e)⋅f(g)−1 x'\cdot \gamma =q(x\cdot \gamma , e) =q(x\cdot g^{-1}, e) =q(x, f(g)^{-1}) =q(x, e)\cdot f(g)^{-1}

ce qui démontre que h(E′,x′)(γ)=f(g)h_{(E',x')}(\gamma ) =f(g).

Exercices

See the exercises for § 4.

Transcribed from the printed volume. Not translated.