§ 5. Homotopie et revêtements (cas des espaces localement connexes par arcs)
1. Condition homotopique de relèvement des applications continues
Proposition 1 01ZL
Soit B un espace topologique et soit un revêtement de B. Soit Y un espace topologique et soit une application continue. Soient Y E B des points tels que . Supposons l’espace Y connexe et localement connexe par arcs. Pour qu’il existe un relèvement continu de tel que , il faut et il suffit que l’image de l’homomorphisme soit contenue dans l’image de l’homomorphisme .
La condition est nécessaire sans hypothèse sur l’espace Y. En effet, si un tel relèvement existe, on a .
Démontrons qu’elle est suffisante. Notons l’homéomorphisme réciproque de l’homéomorphisme III, p. 302, cor. 2 de la prop. 3) et soit l’application . L’application est continue (I, p. 132, lemme).
Soient et des chemins d’origine ayant le même terme ; démontrons que les chemins et ont même terme. Posons . Comme le chemin est un lacet dans Y en , le chemin est un lacet dans B en et sa classe appartient à l’image de l’homomorphisme , donc à l’image de l’homomorphisme par hypothèse. D’après le cor. 2 de la prop. 4 (III, p. 303), le chemin est un lacet dans E en . Il en est de même du chemin qui, par unicité du relèvement des chemins, est égal à . On a donc , ce qu’on voulait démontrer.
Notons respectivement et les applications terme. Comme l’espace Y est supposé connexe et localement connexe par arcs, l’application est surjective et ouverte (III, p. 262, prop. 10). D’après l’alinéa précédent, il existe une unique application telle que . Elle est continue, car l’application stricte ( I, p. 18, exemple 2).
Vérifions enfin que l’application relève l’application et que . Tout point de Y est le terme d’un chemin d’origine . Le chemin est un relèvement de d’origine et de terme le point . On a donc . Pour et , on a , d’où .
Corollaire 1 01ZM
Soit B un espace topologique connexe et localement connexe par arcs, et soit un point de B. Pour qu’un revêtement de B soit trivialisable, il faut et il suffit que, pour tout point de la fibre , l’homomorphisme soit bijectif.
Rappelons que l’homomorphisme est injectif (III, p. 303, cor. 1 de la prop. 4). L’énoncé résulte donc de la prop. 1 et de I, p. 81, cor. 4 de la prop. 6.
Remarque 01ZN
Soit B un espace topologique localement connexe par arcs, soit un point de B et soit V un voisinage ouvert et connexe de tel que l’homomorphisme de dans ait pour image le sous-groupe réduit à l’élément neutre. D’après le cor. 1, tout revêtement de B est trivialisable au-dessus de V, et a fortiori au-dessus de toute partie de B contenue dans V.
Corollaire 2 01ZO
Soit B un espace topologique connexe et localement connexe par arcs. Si, pour un point de B, le groupe est réduit à l’élément neutre, l’espace B est simplement connexe.
En effet, il résulte du corollaire 1 que, sous ces hypothèses, tout revêtement de B est trivialisable.
Corollaire 3 01ZP
Soit
E
B
un carré cartésien. Supposons que E soit un revêtement de B et que l’espace soit connexe et localement connexe par arcs. Soient un point de et . Pour que soit un revêtement trivialisable de , il faut et il suffit que, pour tout point de la fibre , l’image de contienne l’image de .
Cela résulte de la prop. 1 et de I, p. 81, cor. 5 de la prop. 6.
2. Opérations du groupe de Poincaré et morphismes de revêtements
Soit B un espace topologique connexe et localement connexe par arcs et soit un point de B.
Soit E un revêtement de B. Comme l’espace B est supposé connexe, la fibre n’est pas vide si E n’est pas vide (I, p. 74, prop. 4). D’après l’assertion a) du théorème 1 de III, p. 305, le revêtement E est connexe et non vide si et seulement si le groupe opère transitivement sur .
Proposition 2 01ZQ
Soient E et des revêtements de B.
a) Soit un B-morphisme. L’application déduite de est compatible avec les opérations de sur et respectivement. Elle est bijective si et seulement si est un isomorphisme.
b) L’application est une bijection de l’ensemble des B-morphismes de E dans sur l’ensemble des -morphismes de dans .
Si est un B-morphisme de E dans , l’application est un -morphisme (cf. III, p. 305). De plus, deux B-morphismes de E dans qui coïncident sur la fibre sont égaux (I, p. 80, cor. 3 de la prop. 6).
Soit un morphisme de -ensembles ; démontrons qu’il existe un B-morphisme de E dans tel que . On peut supposer les espaces E et connexes et non vides, de sorte que et sont des -ensembles homogènes. Soit un point de ; son fixateur G est l’image de l’application (III, p. 305, théorème 1). Comme l’application est un -morphisme, le groupe G fixe le point de , donc est contenu dans l’image de l’application . D’après la prop. 1 de III, p. 308, il existe un B-morphisme de E dans tel que . Les applications et sont des -morphismes du -ensemble homogène dans qui coïncident au point ; elles sont donc égales.
Si est un B-isomorphisme, l’application est bijective. Inversement, supposons l’application bijective et soit E un B-morphisme tel que . Le B-morphisme induit sur l’application identique ; il résulte donc de la proposition que Id. De même, Id, ce qui prouve que est un B-isomorphisme.
Corollaire 1 01ZR
Les revêtements E et sont isomorphes si et seulement si les -ensembles et sont isomorphes.
Corollaire 2 01ZS
Soient et des revêtements connexes de B. Soient un point de et un point de . Pour qu’il existe un B-morphisme tel que , il faut et il suffit que l’on ait . Un tel morphisme est alors unique et est un isomorphisme si et seulement si les sous-groupes et de sont égaux.
D’après III, p. 305, théorème 1, l’application de sur définie par induit par passage au quotient un isomorphisme du -ensemble sur . De même, il existe un unique isomorphisme de -ensembles de sur . D’après la proposition 2, il existe un B-morphisme tel que si et seulement s’il existe un morphisme de -ensembles de sur qui envoie la classe sur la classe . Un tel morphisme existe si et seulement si l’on a . Il est alors unique, car l’espace E est supposé connexe (I, p. 34, cor. 2 de la prop. 11). C’est un isomorphisme si et seulement si les sous-groupes et de sont égaux.
Corollaire 3 01ZT
Soit un revêtement connexe de B et soit un point de la fibre . Notons N le normalisateur de dans . Pour tout élément de N, il existe un unique B-automorphisme de E tel que , et l’application définit par passage au quotient un isomorphisme de groupes de sur Aut.
Soit ; on a Int( ) (III, p. 305, théorème 1, c)). D’après le corollaire 2, pour qu’il existe un B-automorphisme de E tel que , il faut et il suffit que appartienne à N. Un tel isomorphisme est alors unique. Notons Aut l’application ainsi définie.
Soient et deux éléments de N. Posons ; on a d’après les relations (4), III, p. 305 et (1), p. 304. Par suite, est un homomorphisme de groupes. Pour que Id, il faut et il suffit que l’on ait , en vertu de l’unicité de , c’est-à-dire (III, p. 305, théorème 1, b)). Enfin, si est un B-automorphisme de E, il existe un chemin joignant à dans E (qui est connexe par arcs), et l’on a alors , où est la classe du chemin . Cela prouve que l’homomorphisme est surjectif.
Le groupe Aut opère sur la fibre et s’identifie au groupe des automorphismes du -ensemble (à droite) homogène cf. A, I, p. 56, prop. 5 et 6).
Corollaire 4 01ZU
Soit un revêtement connexe de B et soit un point de la fibre . Pour que E soit un revêtement galoisien de B, il faut et il suffit que soit un sous-groupe distingué de . Le groupe Aut est alors isomorphe au groupe quotient .
Si est un sous-groupe distingué de , le groupe Aut opère transitivement sur la fibre d’après le corollaire 3, de sorte que E est un revêtement galoisien de B (I, p. 102, th. 2). La réciproque est l’assertion d) du théorème 1 (III, p. 305). La dernière assertion résulte du corollaire 3.
3. Opérations sans monodromie locale du groupoïde de Poincaré
Lemme 1 01ZV
Soit B un espace topologique localement connexe par arcs, soient et des applications étales et séparées qui vérifient la propriété de relèvement des chemins (III, p. 302). Soit une application telle que . On suppose que est compatible avec les opérations canoniques du groupoïde sur E et . Alors, est continue.
Soit un chemin dans E ; posons et démontrons que l’application est continue. Notons le chemin dans B et, pour tout , notons le chemin . Pour tout , on a III, p. 304, remarque 3), d’où d’après l’hypothèse faite sur , ce qui prouve que est un chemin relevant le chemin , d’après cette même remarque. Cela prouve que l’application est continue par arcs. Comme l’espace E est localement connexe par arcs (III, p. 261, cor. 2), l’application est continue (III, p. 269, corollaire de la prop. 13).
Soit B un espace topologique. Considérons une opération = du groupoïde sur un ensemble E, relativement à une application . On dit que opère sans monodromie sur E (cf. II, p. 168) si pour tout B et toute classe de lacet , l’action de sur la fibre est triviale. Si B est connexe par arcs, il suffit qu’il en soit ainsi pour un point de B (loc. cit.). Nous dirons que l’opération du groupoïde est sans monodromie locale si tout point de B possède un voisinage V tel que opère sans monodromie sur l’ensemble = relativement à l’application .
Remarque 01ZW
Soit B un espace topologique localement connexe par arcs et supposons que tout point de B possède un voisinage V tel que l’image de dans soit réduite à l’élément neutre (cf. IV, p. 340, déf. 2). Alors, toute opération du groupoïde est sans monodromie locale.
En effet, considérons un ensemble E, une application et une opération du groupoïde sur E relativement à . Soit un point de B et soit V un voisinage de tel que l’image de dans soit réduite à l’élément neutre. Soit U un voisinage connexe par arcs de contenu dans V. Soit un point de U et soit . Soit la classe d’un chemin reliant à dans U. Alors, est la classe d’un lacet en dans U ; son image dans est donc triviale. On a ainsi Id, d’où Id. Cela démontre que l’opération de sur le U-espace est sans monodromie. Par suite, l’opération est sans monodromie locale.
Proposition 3 01ZX
Soit B un espace topologique localement connexe par arcs et soit E un ensemble muni d’une opération sans monodromie locale du groupoïde , relativement à une application . Il existe alors sur E une unique topologie pour laquelle les conditions suivantes sont satisfaites :
(i) L’ensemble E muni de cette topologie et de l’application est un revêtement de B;
(ii) L’opération canonique de sur ce revêtement est identique à l’opération .
L’unicité d’une telle topologie résulte du lemme 1 de III, p. 312, où l’on prend pour l’application identique de E. Pour démontrer son existence, on peut en outre supposer que B est connexe et non vide.
Supposons tout d’abord que l’opération du groupoïde sur l’ensemble E, relativement à , soit sans monodromie.
Soit un point de B. Pour tout point , il existe un chemin dans B joignant à . Si désigne la classe du chemin , la bijection est indépendante du chemin , car l’opération est sans monodromie ; on note cette bijection. L’application E définie par est une bijection ; la bijection réciproque associe à le couple . Munissons l’ensemble de la topologie discrète, de sorte que le B-espace est un revêtement trivial de B. Par transport de structure, la bijection munit E d’une topologie qui en fait un revêtement de B.
Démontrons que l’opération canonique de sur E est identique à l’opération . Soient un point de et un point de B. Soit un chemin dans B qui joint le point au point ; l’application est alors un chemin dans E qui joint le point au point . Si désigne la classe du chemin , on a ainsi . Cela démontre que l’opération canonique de sur le revêtement E et l’opération coïncident sur les classes de chemins d’origine . Comme ces classes engendrent le groupoïde , les deux opérations sont égales.
Traitons maintenant le cas général. Soit l’ensemble des parties ouvertes V de E telles que opère sans monodromie sur . Par hypothèse, les éléments de recouvrent B. D’après ce qui précède, il existe pour tout , une unique topologie sur l’ensemble telle que soit un revêtement de V et que l’opération canonique de sur ce revêtement coïncide avec l’opération induite par .
Soient V et . La topologie de induite par la topologie de (resp. de ) définie ci-dessus en fait un revêtement de sur lequel l’opération canonique de est induite par l’opération . Ces topologies coïncident donc avec celle de . Il existe alors une unique topologie sur E induisant sur chaque la topologie précédemment définie (cf. I, § 2, p. 16).
Lorsque E est muni de cette topologie, l’application est continue et le B-espace E est un revêtement. L’opération canonique de sur ce revêtement coïncide avec l’opération sur les classes de chemins dont l’image est contenue dans un des ouverts de . D’après le lemme 4 de III, p. 272, ces classes engendrent le groupoïde . Il en résulte que ces deux opérations sont égales (II, p. 167).
Corollaire 01ZY
Soit B un espace topologique connexe et localement connexe par arcs, soit un B-espace dont la projection est étale, séparée et possède la propriété de relèvement des chemins. Si l’opération canonique de sur l’ensemble E, relativement à , est sans monodromie locale, alors E est un revêtement de B.
Munissons E de l’opération canonique de définie par le relèvement des chemins (III, p. 303, n). Il existe une topologie sur E pour laquelle les conditions (i) et (ii) de la prop. 3 sont satisfaites. Cette topologie coïncide avec la topologie donnée sur E d’après le lemme 1 de III, p. 312.
4. Topologie admissible des groupes de Poincaré
Soit B un espace topologique et soit un point de B. On dit qu’un sous-groupe H de est admissible si tout point de B a un voisinage V tel que l’on ait pour tout et tout , où B est l’injection canonique. Si H est un sous-groupe distingué de , il suffit, pour que H soit admissible, que cette condition soit vérifiée pour une classe de chemins .
Proposition 4 01ZZ
Il existe une unique topologie sur , compatible avec sa structure de groupe, pour laquelle les sous-groupes distingués admissibles de forment un système fondamental de voisinages de l’élément neutre. Pour cette topologie, les sous-groupes ouverts sont exactement les sous-groupes admissibles.
Les faits suivants résultent de la définition d’un sous-groupe admissible :
a) Le groupe est admissible ;
b) Un sous-groupe contenant un sous-groupe admissible est admissible ;
c) L’intersection d’une famille finie de sous-groupes admissibles est admissible ;
d) Pour tout sous-groupe admissible H de l’intersection des sous-groupes , lorsque parcourt , est admissible. En particulier, l’ensemble des sous-groupes distingués admissibles est une base de filtre formée de sous-groupes de vérifiant l’axiome (GV) de III, p. 4, d’où la première partie de la proposition d’après TG, III, p. 5, exemple. La seconde partie est alors immédiate (cf. TG, III, p. 7, corollaire de la prop. 4).
La topologie sur le groupe caractérisée dans la proposition 4 est appelée la topologie admissible.
Remarque 1 0200
Si désigne la composante connexe par arcs de dans B, l’isomorphisme canonique est un isomorphisme de groupes topologiques lorsque ces groupes sont munis de la topologie admissible.
Remarque 2 0201
Soit B un espace topologique. Soient et des points de B qui appartiennent à la même composante connexe par arcs et soit un élément de . Il résulte de la définition d’un sous-groupe admissible que, pour tout sous-groupe admissible H de , le sous-groupe de est admissible. Par suite, l’isomorphisme de sur (cf. III, p. 292) est un homéo-morphisme lorsqu’on munit ces groupes des topologies admissibles.
Remarque 3 0202
Soient A et B des espaces topologiques, soit un point de A et soit une application continue. Posons . Si H est un sous-groupe admissible de , son image réciproque par l’homomorphisme est un sous-groupe admissible de . Par conséquent, l’homomorphisme de groupes est continu, lorsque ces groupes sont munis de la topologie admissible.
Proposition 5 0203
Soit B un espace topologique localement connexe par arcs et soit un point de B. Pour qu’un sous-groupe H de soit admissible, il faut et il suffit qu’il existe un revêtement de B et un point tel que .
Soit un revêtement de B et soit un point de ; posons et montrons que c’est un sous-groupe admissible de . Soit un point de B et soit V un voisinage de tel que soit un revêtement trivialisable de V. Soit ; nous allons démontrer que pour tout élément , la classe de chemins appartient à H.
D’après III, p. 301, prop. 3, il existe une unique classe d’homotopie stricte de chemin d’origine dans E telle que Soit le terme de ; on a III, p. 302, prop. 4). Soit alors l’unique classe de chemin d’origine dans E telle que . Comme est trivialisable, est la classe d’un lacet en . Alors, est la classe d’un lacet en dans E dont l’image par est la classe , ce qu’il fallait démontrer.
Inversement, soit H un sous-groupe admissible de . Soit le quotient de l’espace des chemins d’origine pour la relation d’homotopie stricte ; comme deux chemins strictement homotopes ont même terme, l’application terme définit par passage au quotient une application . La composition des classes de chemins munit l’ensemble d’une action à gauche du groupe . Munissons-le de l’action du groupe H déduite par restriction et notons l’ensemble de ses orbites.
L’application induit, par passage au quotient, une application . La composition des classes de chemins munit l’ensemble d’une opération à droite du groupoïde relativement à l’application .
Cette opération est sans monodromie locale. Soit en effet un point de B et soit V un voisinage de tel que pour toute classe de chemins reliant à dans B, où désigne l’inclusion de V dans B. Comme B est localement connexe par arcs, on peut en outre supposer que V est connexe par arcs. Soit , soit la classe dans d’un lacet en contenu dans V et soit un élément de tel que . Soit un élément de et posons . Par définition de V, l’élément de appartient à H. Alors, ; cela démontre que agit trivialement sur l’ensemble .
D’après III, p. 313, prop. 3, il existe une unique topologie sur pour laquelle est continue et le B-espace est un revêtement tel que l’opération canonique de sur ce revêtement soit l’opération définie ci-dessus. D’après l’assertion b) du théorème 1 de III, p. 305, le groupe est égal à H.
Nous dirons qu’une opération du groupe sur un ensemble X est admissible si le noyau de l’application canonique est un sous-groupe ouvert de . Cela revient à dire que l’homomorphisme est continu si le groupe est muni de la topologie discrète. L’application est alors continue, lorsque X est muni de la topologie discrète. Inversement, considérons une opération continue de sur un espace discret X. Soit un point de X ; son fixateur est un sous-groupe ouvert H de par hypothèse. Pour , le fixateur de est le sous-groupe , de sorte que le sous-groupe de fixant chaque élément de l’orbite de est l’intersection des sous-groupes , pour parcourant . C’est un sous-groupe ouvert car les sous-groupes ouverts distingués de forment une base de sa topologie (III, p. 315, prop. 4). Cela entraîne qu’une opération continue de sur un espace discret X est admissible si elle est transitive ou, plus généralement, si l’ensemble des orbites des éléments de X est fini.
Pour tout groupe discret G, tout revêtement E de B principal de groupe G et tout point , rappelons que l’application de dans G qui, à , associe l’unique élément tel que est un homomorphisme de groupes (III, p. 306, prop. 5).
Proposition 6 0204
Soit B un espace topologique et soit un point de B. Munissons le groupe de la topologie admissible.
a) Pour tout groupe discret G, tout revêtement E de B, principal de groupe G et tout , l’homomorphisme est un homomorphisme continu de groupes topologiques.
b) Pour tout revêtement E de B, l’opération canonique de sur la fibre est admissible.
Il suffit de démontrer la seconde assertion. Soit K l’ensemble des éléments tels que pour tout ; démontrons que K est un sous-groupe admissible de .
Soit un point de B et soit un voisinage de dans B au-dessus duquel le revêtement E est trivialisable. Soit la classe d’un chemin reliant à dans B et soit l’unique chemin d’origine dans E qui relève . Pour tout et tout , on a . Par suite, pour et , on a
si bien que appartient à K. Autrement dit, K est un sous-groupe admissible, d’où la proposition.
Proposition 7 0205
Soit B un espace topologique connexe et localement connexe par arcs et soit un point de B. Munissons le groupe de la topologie admissible.
a) Soit G un groupe topologique discret. Pour tout homomorphisme continu G, il existe un revêtement E de B, principal de groupe G et un point de tels que .
b) Pour tout espace topologique discret F muni d’une opération à droite, admissible, du groupe , il existe un revêtement E de B tel que les -ensembles F et soient isomorphes.
Démontrons a). Soit un homomorphisme continu de dans un groupe discret G. Son noyau est un sous-groupe ouvert distingué K de ; notons H le groupe et l’homomorphisme de groupes déduit de par passage au quotient. D’après III, p. 316, prop. 5, il existe un revêtement connexe de B tel que le sous-groupe K soit le fixateur de tout point de la fibre ; le revêtement est principal de groupe . Soit un point de ; l’homomorphisme est surjectif de noyau K (III, p. 306, prop. 5). Soit donc l’unique homomorphisme de groupes tel que . Le revêtement associé de B est principal de groupe G et l’on a (III, p. 307, exemple 2). Cela démontre l’assertion a).
Démontrons b). Soit F un ensemble muni d’une opération à droite, admissible, du groupe . Notons cette opération et munissons le groupe de la topologie discrète. D’après a), il existe un revêtement E de B, principal de groupe , et un point tels que l’homomorphisme soit égal à . L’opération canonique du groupe sur la fibre en du revêtement associé de B s’identifie à l’opération de sur F (III, p. 306, exemple 1).
Remarque 4 0206
La topologie admissible sur est la topologie la moins fine pour laquelle l’opération de sur est continue pour tout revêtement connexe E de B (prop. 6 de III, p. 318 et prop. 7 de III, p. 318). Si E est un revêtement connexe de B et un point de la fibre , l’application de dans E est continue Par conséquent, l’application de dans E est continue (III, p. 302, cor. 2 de la prop. 3). Par restriction à et passage au quotient, on en déduit que l’application est continue lorsqu’on munit le groupe de la topologie d’espace quotient de . La topologie admissible sur est donc moins fine que la topologie quotient de la topologie de la convergence compacte. Elle peut être strictement moins fine (III, p. 337, exerc. 7).
Remarque 5 0207
Soit B un espace topologique connexe et localement connexe par arcs, soit un point de B et soit H un sous-groupe de . D’après la remarque précédente, si H est admissible, il est aussi ouvert pour la topologie quotient de la topologie de la convergence compacte. Inversement, supposons que H soit un sous-groupe distingué de qui est ouvert pour la topologie quotient de la topologie de la convergence compacte. Soit un point de B et soit . Le sous-groupe de est encore ouvert pour la topologie quotient de la topologie de la convergence compacte (III, p. 293, remarque 3). Il existe donc un voisinage V de dans B tel que contienne la classe de tout lacet en dont l’image est contenue dans V. On a ainsi ; comme H est distingué, cela entraîne que H est un sous-groupe admissible de .
Exercices
See the exercises for § 5.