Bourbaki

§ 2. Ensembles convexes

1. Définition d’un ensemble convexe

Étant donnés deux points x,yx, y d’un espace affine EE, l’ensemble des points λx+μy\lambda x + \mu y où λ≥0,μ≥0,λ+μ=1\lambda \geq 0, \mu \geq 0, \lambda + \mu = 1 est appelé segment fermé d’extrémités xx et yy; il est réduit à un point lorsque x=yx = y. Le complémentaire de xx dans ce segment est appelé le segment ouvert en xx, fermé en yy, d’extrémités x,yx, y; il est vide si x=yx = y. Enfin, le complémentaire de {x,y}\{x, y\} dans le segment fermé d’extrémités xx et yy est appelé le segment ouvert d’extrémités xx et yy; il est vide si x=yx = y.

Définition 1

Dans un espace affine E, on dit qu’un ensemble A est convexe si, quels que soient les points x, y de A, le segment fermé d’extrémités x et y est contenu dans A.

Comme (1−λ)a+λx=a+λ(x−a)(1 - \lambda) a + \lambda x = a + \lambda(x - a), cette définition équivaut à la suivante : l’ensemble A est convexe si, pour tout point a∈Aa \in A, le transformé de A par toute homothétie de centre a et de rapport λ\lambda tel que 0<λ<10 < \lambda < 1, est contenu dans A (autrement dit, A est stable pour ces homothéties).

Exemple 1

Toute variété linéaire affine de E (et en particulier l’ensemble vide) est convexe.

Exemple 2

Les seules parties convexes non vides de R\mathbf{R} sont les intervalles (TG, IV, p. 7, prop. 1).

Cite 1

Cite IV § 2. Bidual. Espaces réflexifs

Exemple 3

Soient E un espace vectoriel et ∥x∥\|x\| une norme sur E ; la boule unité B, formée des points x tels que ∥x∥≤1\|x\| \leq 1, est convexe, car les relations ∥x∥≤1,∥y∥≤1\|x\| \leq 1, \|y\| \leq 1 entraînent, pour 0≤λ≤10 \leq \lambda \leq 1

∥λx+(1−λ)y∥≤λ∥x∥+(1−λ)∥y∥≤λ+(1−λ)=1. \|\lambda x + (1 - \lambda) y\| \leq \lambda \|x\| + (1 - \lambda) \|y\| \leq \lambda + (1 - \lambda) = 1 .

Remarque

Soit A un ensemble convexe dans un espace vectoriel E ; quels que soient les scalaires α>0\alpha > 0 et β>0\beta > 0, on a

αA+βA=(α+β)A. \alpha A + \beta A = (\alpha + \beta) A .
En d’autres termes, quels que soient x∈Ax \in A et y∈Ay \in A, il existe z∈Az \in A tel que
(α+β)z=αx+βy; (\alpha + \beta) z = \alpha x + \beta y ;
en effet, cette relation s’écrit :
z=αα+βx+βα+βy z = \frac{\alpha}{\alpha + \beta} x + \frac{\beta}{\alpha + \beta} y
et on a αα+β>0, βα+β>0\frac{\alpha}{\alpha + \beta} > 0,\ \frac{\beta}{\alpha + \beta} > 0 et αα+β+βα+β=1\frac{\alpha}{\alpha + \beta} + \frac{\beta}{\alpha + \beta} = 1, d’où l’assertion, en vertu de la déf. 1.

Proposition 1

Soit (xi)(x_i) une famille de points d’un ensemble convexe A ; tout barycentre ∑iλixi\sum_i \lambda_i x_i des xix_i affectés de masses positives λi\lambda_i (telles que ∑iλi=1\sum_i \lambda_i = 1 et λi=0\lambda_i = 0 sauf pour un nombre fini d’indices, cf. A, II, p. 128) appartient à A.

On peut évidemment se borner au cas où l’ensemble d’indices est un intervalle fini {1,p}\{1, p\} de N\mathbf{N}, et où λi>0\lambda_i > 0 pour tout indice i ; la proposition est triviale pour p=1p = 1 ; démontrons-la par récurrence sur pp. Posons μ=∑i=1p−1λi>0\mu = \sum_{i=1}^{p-1} \lambda_i > 0, et y=∑i=1p−1λiμxiy = \sum_{i=1}^{p-1} \frac{\lambda_i}{\mu} x_i ; l’hypothèse de récurrence entraîne la relation y∈Ay \in A. Comme on a λp=1−μ\lambda_p = 1 - \mu et ∑i=1pλixi=μy+(1−μ)xp\sum_{i=1}^p \lambda_i x_i = \mu y + (1 - \mu) x_p, le point ∑i=1pλixi\sum_{i=1}^p \lambda_i x_i appartient à A d’après la déf. 1.

Proposition 2

Soient E et F deux espaces affines, f une application linéaire affine de E dans F ; l’image par f de toute partie convexe de E et l’image réciproque par f de toute partie convexe de F sont des ensembles convexes.

La première partie résulte de ce que l’image par f du segment fermé d’extrémités x, y est le segment fermé d’extrémités f(x),f(y)f(x), f(y). On déduit de là que l’image réciproque par ff d’un segment fermé de F contient le segment fermé ayant pour extrémités deux quelconques de ses points, d’où la seconde partie de la prop. 2.

En particulier, l’image d’un ensemble convexe par une homothétie ou une translation est convexe.

Proposition 3

Soient E un espace affine, H un hyperplan défini par la relation g(x)=0g(x) = 0, où g est une fonction affine non constante sur E. Les demi-espaces définis par l’une des relations g(x)⩾0g(x) \geqslant 0, g(x)⩽0g(x) \leqslant 0, g(x)>0g(x) > 0, g(x)<0g(x) < 0 sont des ensembles convexes.

En effet, ce sont les images réciproques par l’application affine gg d’intervalles de R\mathbf{R}, qui sont convexes.

Avec les notations de la prop. 3, les points d’une partie M d’un espace affine sont dits d’un même côté (resp. strictement d’un même côté) de l’hyperplan H si M est contenue dans un des demi-espaces définis par α(x)⩾0\alpha(x) \geqslant 0 ou g(x)⩽0g(x) \leqslant 0 (resp. g(x)>0g(x) > 0 ou g(x)<0g(x) < 0.)

Proposition 4

Soit H un hyperplan dans un espace affine E. Pour que les points d’une partie convexe A de E soient strictement d’un même côté de H, il faut et il suffit que A ne rencontre pas H.

La condition est évidemment nécessaire. Inversement supposons-la remplie, et soit g(x)=0g(x) = 0 une équation de H (g application linéaire affine de E dans R\mathbf{R}). L’ensemble g(A)g(A) est convexe dans R\mathbf{R}, donc est un intervalle, et on a 0∉g(A)0 \notin g(A). Il en résulte que g(x)g(x) a un signe constant lorsque xx parcourt A.

2. Intersections d’ensembles convexes. Produits d’ensembles convexes

Proposition 5

L’intersection d’une famille quelconque de parties convexes d’un espace affine E est convexe.

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

La proposition est évidente à partir de la déf. 1 de II, p. 8.

Proposition 6

Soit (Ei)i∈I(E_i)_{i \in I} une famille d’espaces vectoriels, et pour chaque i∈Ii \in I, soit AiA_i une partie non vide de EiE_i. Pour que l’ensemble A=∏i∈IAiA = \prod_{i \in I} A_i soit convexe dans E=∏i∈IEiE = \prod_{i \in I} E_i, il faut et il suffit que, pour tout i∈Ii \in I, l’ensemble AiA_i soit convexe dans EiE_i.

En effet, chacune des projections pri\mathrm{pr}_i est une application linéaire, et on a Ai=priAA_i = \mathrm{pr}_i A et A=⋂i∈Ipri−1(Ai)A = \bigcap_{i \in I} \mathrm{pr}_i^{-1}(A_i); la proposition résulte donc des prop. 2 (II, p. 8) et 5.

Corollaire

Dans l’espace Rn\mathbf{R}^n, tout parallélétope (TG, VI, p. 3) est un ensemble convexe.

En effet, c’est l’image d’un pavé par une application linéaire affine, et un pavé de Rn\mathbf{R}^n est convexe en vertu de la prop. 6.

Proposition 7

Soient E un espace vectoriel, A et B deux parties convexes de E. Quels que soient les nombres réels α et β, l’ensemble αA + βB (ensemble des αx + βy, où x parcourt A et y parcourt B) est convexe.

En effet, αA + βB est l’image de l’ensemble convexe A × B dans E × E par l’application linéaire (x, y) ↦ αx + βy de E × E dans E.

3. Enveloppe convexe d’un ensemble

Définition 2

Étant donnée une partie quelconque A d’un espace affine E, on appelle enveloppe convexe de A l’intersection des ensembles convexes contenant A, c’est-à-dire (II, p. 9, prop. 5) le plus petit ensemble convexe contenant A.

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

Proposition 8

Soit (A_i)_{i∈I} une famille de parties convexes d’un espace affine E ; l’enveloppe convexe de ⋃i∈IAi\bigcup_{i\in I} A_i est identique à l’ensemble des combinaisons linéaires ∑i∈Iλixi\sum_{i\in I} \lambda_i x_i, où xi∈Aix_i \in A_i, λi≥0\lambda_i \geq 0 pour tout i∈Ii \in I (λi=0\lambda_i = 0 sauf pour un nombre fini d’indices) et ∑i∈Iλi=1\sum_{i\in I} \lambda_i = 1.

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

En effet, l’ensemble C de ces combinaisons linéaires est évidemment contenu dans tout ensemble convexe contenant les A_i (II, p. 8, prop. 1), et d’autre part, on a Ai⊂CA_i \subset C pour tout i ; tout revient à prouver que C est convexe. Soient x=∑iλixix = \sum_i \lambda_i x_i, y=∑iμiyiy = \sum_i \mu_i y_i deux points de C, et α\alpha un nombre tel que 0<α<10 < \alpha < 1; posons γi=αλi+(1−α)μi\gamma_i = \alpha\lambda_i + (1 - \alpha) \mu_i pour tout i∈Ii \in I, et soit J la partie (finie) de I formée des indices i tels que γi≠0\gamma_i \neq 0; on peut écrire

αx+(1−α)y=∑i∈Jγizi, \alpha x + (1 - \alpha)y = \sum_{i\in J} \gamma_i z_i,
où zi=γi−1(αλixi+(1−α)μiyi)z_i = \gamma_i^{-1}(\alpha\lambda_i x_i + (1 - \alpha) \mu_i y_i) appartient à A_i pour tout i∈Ji \in J; comme on a ∑i∈Jγi=α∑i∈Iλi+(1−α)∑i∈Iμi=1\sum_{i\in J} \gamma_i = \alpha \sum_{i\in I} \lambda_i + (1 - \alpha) \sum_{i\in I} \mu_i = 1, le point αx+(1−α)y\alpha x + (1 - \alpha)y appartient à C.

Corollaire 1

L’enveloppe convexe d’une partie A de E est identique à l’ensemble des combinaisons linéaires ∑iλixi\sum_i \lambda_i x_i, où (xi)(x_i) est une famille finie quelconque de points de A, λi>0\lambda_i > 0 pour tout i et ∑iλi=1\sum_i \lambda_i = 1.

La dimension de la variété linéaire affine (A, II, p. 129) engendrée par un ensemble convexe A, est encore appelée la dimension de A.

Soit E un espace vectoriel. L’enveloppe convexe C de l’enveloppe équilibrée d’une partie A de E est encore appelée l’enveloppe convexe équilibrée (ou enveloppe convexe symétrique) de A ; il est immédiat que c’est le plus petit ensemble convexe symétrique contenant A ; c’est aussi l’enveloppe convexe de A∪(−A)A \cup (-A), car tout point de l’enveloppe équilibrée de A appartient à un segment d’extrémités a et −a, où a∈Aa \in A. L’ensemble C est égal à l’ensemble des combinaisons linéaires ∑iλixi\sum_i \lambda_i x_i où xi∈Ax_i \in A et

∑i∣λi∣≤1; il est clair en effet que l’ensemble de ces points est convexe et contient A et −A; il suffit donc de prouver qu’il est contenu dans C, et pour cela on peut se borner aux combinaisons lineˊaires telles que μ=∑i∣λi∣>0; on peut alors eˊcrire  \sum_i |\lambda_i| \leq 1 ; \text{ il est clair en effet que l’ensemble de ces points est convexe et contient } A \text{ et } -A ; \text{ il suffit donc de prouver qu’il est contenu dans } C, \text{ et pour cela on peut se borner aux combinaisons linéaires telles que } \mu = \sum_i |\lambda_i| > 0 ; \text{ on peut alors écrire }
∑iλixi=μ⋅∑iαiyi avec αi=λi/μ et yi=xi si λi≥0,αi=−λi/μ et yi=−xi si λi<0; il est clair que ∑iαi=1, d’ouˋ notre assertion. \sum_i \lambda_i x_i = \mu \cdot \sum_i \alpha_i y_i \text{ avec } \alpha_i = \lambda_i / \mu \text{ et } y_i = x_i \text{ si } \lambda_i \geq 0, \quad \alpha_i = -\lambda_i / \mu \text{ et } y_i = -x_i \text{ si } \lambda_i < 0 ; \text{ il est clair que } \sum_i \alpha_i = 1, \text{ d’où notre assertion.}

Corollaire 2

Soient E et F deux espaces affines, f une application linéaire affine de E dans F ; pour toute partie A de E, l’enveloppe convexe de f(A) est l’image par f de l’enveloppe convexe de A.

On a un énoncé analogue pour les applications linéaires et les enveloppes convexes équilibrées.

4. Cônes convexes

Définition 3

On dit qu’une partie C d’un espace affine E est un cône de sommet x_0 si C est stable pour toutes les homothéties de centre x_0 et de rapport > 0.

Nous supposerons, dans ce n° et le suivant, qu’on a choisi comme origine dans E le sommet du cône que l’on considère ; autrement dit, nous supposerons que E est un espace vectoriel, et quand nous parlerons d’un cône, il sera sous-entendu que c’est un cône de sommet 0. On appelle demi-droite ouverte (resp. fermée) d’origine 0 l’ensemble des points de la forme λa\lambda a pour λ>0\lambda > 0 (resp. λ≥0\lambda \geq 0), où aa est un vecteur non nul.

Un cône C de sommet 0 est dit pointé si 0∈C0 \in C, épointé dans le cas contraire. Un cône pointé est, ou bien réduit à 0, ou bien réunion d’un ensemble de demi-droites fermées d’origine 0. Un cône épointé est réunion d’un ensemble (éventuellement vide) de demi-droites ouvertes d’origine 0. Si C est un cône épointé, C∪{0}C \cup \{0\} est un cône pointé. Si C est un cône pointé, C−{0}C - \{0\} est un cône épointé.

Si C est un cône convexe épointé, C∪{0}C \cup \{0\} est un cône convexe pointé. Par contre, si C est un cône convexe pointé, C−{0}C - \{0\} n’est pas nécessairement convexe. Disons qu’un cône convexe pointé est saillant s’il ne contient aucune droite passant par 0. Alors :

Proposition 9

Pour qu’un cône convexe pointé C soit saillant, il faut et il suffit que le cône épointé C’, complémentaire de 0 par rapport à C, soit convexe.

Si C contient une droite passant par 0, il est évident que C’ n’est pas convexe. Supposons maintenant C saillant, et soient x et y deux points de C’. Le segment fermé d’extrémités x, y est contenu dans C ; s’il contenait 0, on aurait λx+(1−λ)y=0\lambda x + (1 - \lambda) y = 0 pour un λ\lambda tel que 0<λ<10 < \lambda < 1, donc x=μyx = \mu y avec μ<0\mu < 0, de sorte que C contiendrait la droite passant par 0 et x, contrairement à l’hypothèse.

Proposition 10

Pour qu’un ensemble C ⊂E\subset E soit un cône convexe, il faut et il suffit que l’on ait C+C⊂CC + C \subset C et λC⊂C\lambda C \subset C pour tout λ>0\lambda > 0.

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

En effet, la condition λC⊂C\lambda C \subset C pour tout λ>0\lambda > 0 caractérise les cônes. Si CC est convexe, on a C+C=12C+12C=CC + C = \frac{1}{2}C + \frac{1}{2}C = C (II, p. 8, Remarque). Inversement, si le cône CC est tel que C+C⊂CC + C \subset C, on a, pour 0<λ<10 < \lambda < 1, λC+(1−λ)C=C+C⊂C\lambda C + (1 - \lambda)C = C + C \subset C, ce qui prouve que CC est convexe.

Corollaire 1

Si C est un cône convexe non vide, le sous-espace vectoriel engendré par C est l’ensemble* C−CC - C (ensemble des x−yx - y, où xx et yy parcourent CC).

En effet, si V=C−CV = C - C, VV est non vide ; on a λV=V\lambda V = V pour tout λ≠0\lambda \neq 0, et V+V=C+C−(C+C)⊂C−C=VV + V = C + C - (C + C) \subset C - C = V, ce qui montre que VV est un sous-espace vectoriel. Tout sous-espace vectoriel contenant CC contient évidemment VV.

Corollaire 2

Si C est un cône convexe pointé, le plus grand sous-espace vectoriel contenu dans C est l’ensemble* C∩(−C)C \cap (-C).

En effet, si W=C∩(−C)W = C \cap (-C), WW est non vide ; on a λW=W\lambda W = W pour tout λ≠0\lambda \neq 0, et

W+W⊂(C+C)∩(−(C+C))⊂C∩(−C)=W, W + W \subset (C + C) \cap (-(C + C)) \subset C \cap (-C) = W,
ce qui montre que WW est un sous-espace vectoriel. Tout sous-espace vectoriel contenu dans CC est évidemment contenu dans WW.

Il est clair que, si ff est une application linéaire de EE dans un espace vectoriel FF, l’image f(C)f(C) de tout cône convexe CC dans EE est un cône convexe dans FF. Toute intersection de cônes convexes (de sommet 0) dans EE est un cône convexe. Pour tout ensemble A⊂EA \subset E, l’intersection de tous les cônes convexes contenant AA (il en existe, ne serait-ce que EE lui-même) est donc le plus petit cône convexe contenant AA; on dit que c’est le cône convexe engendré par AA.

Proposition 11

Soit* (Ci)i∈I(C_i)_{i \in I} une famille de cônes convexes dans EE; le cône convexe engendré par la réunion des CiC_i est identique à l’ensemble des sommes ∑i∈Jxi\sum_{i \in J} x_i, où JJ est une partie finie non vide quelconque de II, et où xi∈Cix_i \in C_i pour tout i∈Ji \in J.

En effet, l’ensemble CC de ces sommes est évidemment un cône convexe contenant la réunion des CiC_i et contenu dans tout cône convexe contenant cette réunion.

Corollaire

Soit* AA une partie de EE; le cône convexe engendré par AA est identique à l’ensemble des combinaisons linéaires ∑i∈Jλixi\sum_{i \in J} \lambda_i x_i, où (xi)i∈J(x_i)_{i \in J} est une famille finie non vide quelconque de points de AA, et où λi>0\lambda_i > 0 pour tout i∈Ji \in J.

Il suffit de remarquer que, si un cône convexe contient un point x∈Ax \in A, il contient l’ensemble CxC_x des λx\lambda x, où λ\lambda parcourt l’ensemble des nombres >0> 0, et que CxC_x est un cône convexe.

Proposition 12

Soit* AA une partie convexe de EE. Le cône convexe engendré par AA est identique à C=⋃λ>0λAC = \bigcup_{\lambda > 0} \lambda A.

Cité par 1

Cité par Remarque 1

L’ensemble CC est évidemment un cône ; il suffit de montrer que CC est convexe. Soient λx\lambda x et μy\mu y deux points de CC (λ>0,μ>0,x∈A,y∈A\lambda > 0, \mu > 0, x \in A, y \in A). Soient α>0,β>0\alpha > 0, \beta > 0 tels que α+β=1\alpha + \beta = 1. On a αλx+βμy=(αλ+βμ)z\alpha \lambda x + \beta \mu y = (\alpha \lambda + \beta \mu) z, avec z∈Az \in A, et αλ+βμ>0\alpha \lambda + \beta \mu > 0; donc αλx+βμy∈C\alpha \lambda x + \beta \mu y \in C.

Remarque 1

Avec les hypothèses de la prop. 12, si 0∉A0 \notin A, le cône CC est épointé, donc C∪{0}C \cup \{0\} est saillant.

Cite 1

Cite Proposition 12

Remarque 2

Soit AA un ensemble convexe quelconque dans EE; considérons, dans l’espace F=E×RF = E \times \mathbf{R}, l’ensemble convexe A1=A×{1}A_1 = A \times \{1\} et le cône convexe CC de sommet 0 engendré par A1A_1. La prop. 12 prouve que A1A_1 est l’intersection de CC et de l’hyperplan E×{1}E \times \{1\} dans FF. Tout ensemble convexe dans EE peut donc être considéré comme la projection sur EE de l’intersection d’un cône convexe de sommet 0 dans FF, et de l’hyperplan E×{1}E \times \{1\}.

5. Espaces vectoriels ordonnés

Soit EE un espace vectoriel ; on dit qu’une structure de préordre sur EE, notée x≤yx \leq y ou y≥xy \geq x, est compatible avec la structure d’espace vectoriel de EE si elle satisfait aux deux axiomes suivants :

(EO1_1) La relation x≤yx \leq y entraîne x+z≤y+zx + z \leq y + z quel que soit z∈Ez \in E.

(EO2_2) La relation x≥0x \geq 0 entraîne λx≥0\lambda x \geq 0 pour tout scalaire λ≥0\lambda \geq 0.

L’espace vectoriel EE, muni de ces deux structures, est appelé espace vectoriel préordonné (resp. espace vectoriel ordonné lorsque la relation de préordre sur EE est une relation d’ordre).

On notera que l’axiome (EO1_1) signifie que la structure de préordre et la structure de groupe additif de EE sont compatibles, autrement dit que EE, muni de ces deux structures, est un groupe préordonné (A, VI, p. 3).

Exemple

Sur l’espace vectoriel E=RAE = \mathbf{R}^A de toutes les fonctions numériques finies définies dans un ensemble AA, la relation d’ordre « quel que soit t∈At \in A, x(t)≤y(t)x(t) \leq y(t) » est compatible avec la structure d’espace vectoriel de EE.

Proposition 13

(i) Si EE est un espace vectoriel préordonné, l’ensemble PP des éléments ≥0\geq 0 de EE est un cône convexe pointé.

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

(ii) Inversement, soit PP un cône convexe pointé dans EE; alors la relation y−x∈Py - x \in P est une relation de préordre dans EE, et la structure de préordre qu’elle définit sur EE est la seule qui soit compatible avec la structure d’espace vectoriel de EE, et pour laquelle PP soit l’ensemble des éléments ≥0\geq 0.

(iii) Pour que le cône convexe pointé PP soit tel que y−x∈Py - x \in P soit une relation d’ordre sur EE, il faut et il suffit que PP soit saillant.

(i) Les axiomes (EO1_1) et (EO2_2) entraînent P+P⊂PP + P \subset P et λP⊂P\lambda P \subset P pour tout λ>0\lambda > 0, et comme 0∈P0 \in P, PP est un cône convexe pointé (II, p. 11, prop. 10).

(ii) Inversement, si PP est un cône convexe pointé, la relation P+P⊂PP + P \subset P entraîne que la relation y−x∈Py - x \in P est une relation de préordre compatible avec la structure de groupe additif de EE (A, VI, p. 3, prop. 3) ; il est clair que si on l’écrit x≤yx \leq y, l’ensemble PP est identique à l’ensemble des x≥0x \geq 0; en outre, la relation λP⊂P\lambda P \subset P pour tout λ≥0\lambda \geq 0 signifie que l’axiome (EO2_2) est vérifié.

(iii) Dire que PP est saillant signifie que P∩(−P)={0}P \cap (-P) = \{0\} (II, p. 12, cor. 2), donc que y−x∈Py - x \in P est une relation d’ordre.

Exemple

\* Soit H un espace hilbertien réel ; dans l’espace vectoriel L(H)\mathscr{L}(H) des endomorphismes continus de H, les endomorphismes hermitiens positifs forment un cône convexe pointé saillant ; ce cône définit donc une structure d’ordre compatible avec la structure d’espace vectoriel de L(H)\mathscr{L}(H) et pour laquelle la relation A≤BA \leq B signifie que B−AB - A est un endomorphisme hermitien positif. \

Si P est un cône convexe pointé quelconque dans un espace vectoriel E, P∩(−P)P \cap (-P) est un sous-espace vectoriel H de E (II, p. 12, cor. 2). L’image canonique P′P' de P dans E/H est un cône convexe, et l’image réciproque de P′P' dans E est P. On a donc P′∩(−P′)={0}P' \cap (-P') = \{0\}, et P′P' définit sur E/H une structure d’ordre compatible avec sa structure d’espace vectoriel.

On dit qu’une forme linéaire ff sur un espace vectoriel préordonné E est positive si, pour tout x≥0x \geq 0 dans E, on a f(x)≥0f(x) \geq 0. Il revient au même de dire que le cône convexe P des éléments ≥0\geq 0 de E est contenu dans le demi-espace des xx tels que f(x)≥0f(x) \geq 0. Il est clair que, dans le dual E∗E^* de E, les formes linéaires positives forment un cône convexe pointé.

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

6. Ensembles convexes dans les espaces vectoriels topologiques

Proposition 14

Dans un espace vectoriel topologique E, l’adhérence d’un ensemble convexe (resp. d’un cône convexe) est un ensemble convexe (resp. un cône convexe de même sommet).

Cite 1

Cite I § 2. Variétés linéaires dans un espace vectoriel topologique

En effet, soit A un ensemble convexe ; pour tout λ\lambda tel que 0<λ<10 < \lambda < 1, l’application (x,y)↦λx+(1−λ)y(x, y) \mapsto \lambda x + (1 - \lambda) y est continue dans E×EE \times E et applique A×AA \times A dans A ; donc (TG, I, p. 9, th. 1) elle applique A‾×A‾\overline{A} \times \overline{A} dans A‾\overline{A}, ce qui démontre que A‾\overline{A} est convexe. On prouve de même que, si C est un cône convexe de sommet 0, on a C‾+C‾⊂C‾\overline{C} + \overline{C} \subset \overline{C} et λC‾⊂C‾\lambda \overline{C} \subset \overline{C} pour tout λ>0\lambda > 0.

Définition 4

Étant donnée une partie quelconque A d’un espace vectoriel topologique E, on appelle enveloppe fermée convexe de A l’intersection des ensembles fermés convexes contenant A, c’est-à-dire le plus petit ensemble fermé convexe contenant A.

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

D’après la prop. 14, l’enveloppe fermée convexe de A est l’adhérence de l’enveloppe convexe de A ; elle est évidemment identique à l’enveloppe fermée convexe de A‾\overline{A}.

On appelle de même enveloppe fermée convexe symétrique (ou enveloppe fermée convexe équilibrée) de A le plus petit ensemble fermé, convexe et symétrique contenant A ; c’est l’adhérence de l’enveloppe convexe symétrique de A (II, p. 10) ; elle est aussi l’enveloppe fermée convexe symétrique de A‾\overline{A}.

Proposition 15

Dans un espace vectoriel topologique séparé E, soient AiA_i (1≤i≤n1 \leq i \leq n) un nombre fini d’ensembles convexes compacts. Alors l’enveloppe convexe de la réunion des AiA_i est compacte (donc égale à l’enveloppe fermée convexe de cette réunion).

En effet, soit B la partie compacte de Rn\mathbf{R}^n définie par les relations λi⩾0\lambda_i \geqslant 0 (1⩽i⩽n1 \leqslant i \leqslant n), ∑i=1nλi=1\sum_{i=1}^n \lambda_i = 1. Définissons une application continue de B×∏i=1nAi⊂Rn×EnB \times \prod_{i=1}^n A_i \subset \mathbf{R}^n \times E^n dans E, par la formule :

(λ1,λ2,…,λn,x1,x2,…,xn)↦∑i=1nλixi. (\lambda_1, \lambda_2, \ldots, \lambda_n, x_1, x_2, \ldots, x_n) \mapsto \sum_{i=1}^n \lambda_i x_i .

L’enveloppe convexe C de ⋃i=1nAi\bigcup_{i=1}^n A_i est l’image de B×∏i=1nAiB \times \prod_{i=1}^n A_i par cette application ; comme B×∏i=1nAiB \times \prod_{i=1}^n A_i est compact et E est séparé, C est compact.

Corollaire 1

Dans un espace vectoriel topologique séparé E, l’enveloppe convexe d’un ensemble fini est compacte.

Corollaire 2

Dans un espace vectoriel topologique E, l’enveloppe convexe d’un ensemble fini A est précompacte.

Cite 1

Cite II § 4. Espaces localement convexes

En effet, soit j l’application linéaire canonique de E dans son séparé complété E^\hat{E}; si C est l’enveloppe convexe de A, j(C)j(C) est l’enveloppe convexe de l’ensemble fini j(A)j(A) dans E^\hat{E}, donc j(C)j(C) est compacte (cor. 1), et par suite C est précompacte (TG, II, p. 29).

Proposition 16

Dans un espace vectoriel topologique E, soit A un ensemble convexe ayant au moins un point intérieur x0x_0. Si x∈A‾x \in \overline{A}, tout point du segment ouvert d’extrémités x0x_0 et x est point intérieur de A.

En effet, soit y un point de ce segment, et soit f l’homothétie de centre y et de rapport λ<0\lambda < 0 qui transforme x0x_0 en x ; si V est un voisinage ouvert de x0x_0 contenu dans A, f(V)f(V) est un voisinage de x, donc contient un point f(z)∈Af(z) \in A; on a :

f(z)−y=λ(z−y)=λ(z−f(z))+λ(f(z)−y), f(z) - y = \lambda (z - y) = \lambda (z - f(z)) + \lambda (f(z) - y),

d’où y−f(z)=λλ−1(z−f(z))y - f(z) = \frac{\lambda}{\lambda - 1} (z - f(z)), de sorte que y est transformé de z par l’homothétie g de centre f(z)f(z) et de rapport μ=λ/(λ−1)\mu = \lambda / (\lambda - 1); comme 0<μ<10 < \mu < 1, g transforme V en un voisinage de y contenu dans A, d’où la proposition.

Corollaire 1

L’intérieur A∘\overset{\circ}{A} d’un ensemble convexe A est un ensemble convexe ; si A∘\overset{\circ}{A} n’est pas vide, il est identique à l’intérieur de A‾\overline{A}, et A‾\overline{A} est un ensemble convexe identique à l’adhérence de A∘\overset{\circ}{A}.

En effet, si A∘\overset{\circ}{A} n’est pas vide, il résulte de la prop. 16 que c’est un ensemble convexe et que tout point de A‾\overline{A} est adhérent à A∘\overset{\circ}{A}. Montrons d’autre part que tout point x intérieur à A‾\overline{A} appartient à A∘\overset{\circ}{A}. On peut supposer que x=0x = 0. Soit V un voisinage symétrique de 0 contenu dans A‾\overline{A}, et soit y∈A∘∩Vy \in \overset{\circ}{A} \cap V; on a −y∈A‾-y \in \overline{A}, donc, si y≠0y \neq 0, la prop. 16 montre que 0∈A∘0 \in \overset{\circ}{A}; la même conclusion est évidente si y=0y = 0.

Corollaire 2

L’intérieur C˙\dot{C} d’un cône convexe est un cône convexe ; si C˙\dot{C} n’est pas vide, il est identique à l’intérieur de C‾\overline{C}, et C‾\overline{C} est un cône convexe pointé identique à l’adhérence de C˙\dot{C}.

Cite 1

Cite I § 2. Variétés linéaires dans un espace vectoriel topologique

Comme les homothéties de rapport >0> 0 et de centre 0 transforment C en lui-même, elles transforment C˙\dot{C} en lui-même, ce qui montre que C˙\dot{C} est un cône ; le reste du corollaire découle du cor. 1 et de la remarque évidente que si C n’est pas vide, C‾\overline{C} contient le sommet de C.

Soit H un hyperplan fermé dans un espace vectoriel topologique E sur R\mathbf{R} ; il a une équation de la forme f(x)=αf(x) = \alpha, où ff est une forme linéaire continue non nulle dans E (I, p. 13, th. 1). Les demi-espaces définis respectivement par les relations f(x)⩽αf(x) \leqslant \alpha et f(x)⩾αf(x) \geqslant \alpha sont donc des ensembles convexes fermés ; leurs complémentaires, définis respectivement par les relations f(x)>αf(x) > \alpha et f(x)<αf(x) < \alpha, sont des ensembles convexes ouverts. On dit que ces demi-espaces sont les demi-espaces fermés (resp. ouverts) déterminés par H.

Proposition 17

Dans un espace vectoriel topologique E, soit A un ensemble admettant au moins un point intérieur, et dont tous les points sont situés d’un même côté d’un hyperplan H. Alors H est fermé, les points intérieurs à A sont situés strictement d’un même côté de H, et les points adhérents à A sont situés d’un même côté de H. En particulier, les demi-espaces ouverts (resp. fermés) sont ceux qui sont déterminés par les hyperplans fermés.

Cite 1

Cite I § 2. Variétés linéaires dans un espace vectoriel topologique

En effet, supposons que H contienne l’origine, et soit f(x)=0f(x) = 0 une équation de H ; supposons par exemple que f(x)⩾0f(x) \geqslant 0 pour tout point x∈Ax \in A. Le demi-espace formé des points y tels que f(y)>−1f(y) > -1 contient au moins un point intérieur, et par translation on voit qu’il en est de même du demi-espace des points tels que f(y)>0f(y) > 0 ; cela prouve que H est fermé (I, p. 11, corollaire). On sait alors que ff est un morphisme strict de E sur R\mathbf{R} (I, p. 14, corollaire), donc f(A‾)f(\overline{A}) est une partie ouverte de R\mathbf{R} ; elle ne peut contenir 0, sans quoi elle contiendrait des nombres <0< 0, contrairement à l’hypothèse ; elle est donc contenue dans l’intervalle ouvert ]0, +∞[. D’autre part, le demi-espace des y tels que f(y)⩾0f(y) \geqslant 0 est fermé et contient A, donc il contient A‾\overline{A}.

Corollaire

Soient E un espace vectoriel topologique, P un cône convexe pointé dans E, avant au moins un point intérieur. Alors toute forme linéaire f≠0f \neq 0 sur E, positive pour la structure de préordre définie par P (II, p. 14), est continue. En outre, on a f(x)>0f(x) > 0 lorsque x est intérieur à P, et f(x)⩾0f(x) \geqslant 0 pour tout x adhérent à P.

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

Il suffit d’appliquer la prop. 16 au cas où A = P et H est l’hyperplan d’équation f(x)=0f(x) = 0.

Remarque

Dans un espace vectoriel topologique E, tout ensemble convexe C est connexe. En effet, si a∈Ca \in C, C est réunion de segments fermés d’extrémité aa, qui sont connexes ; la conclusion résulte de TG, I, p. 81, prop. 2.

7. Topologies sur les espaces vectoriels ordonnés

Soit E un espace vectoriel ordonné. On dit qu’une topologie sur E est compatible avec la structure d’espace vectoriel ordonné de E si d’une part elle est compatible avec la structure d’espace vectoriel de E, et si d’autre part elle satisfait à l’axiome suivant :

(TO) Le cône convexe des x⩾0x \geqslant 0 est fermé dans E.

Un espace vectoriel ordonné sur E, muni d’une topologie compatible avec sa structure d’espace vectoriel ordonné, est appelé espace vectoriel topologique ordonné.

Exemple

L’espace Rn\mathbf{R}^n, muni de sa topologie usuelle et de la structure d’ordre produit des structures d’ordre de ses facteurs, est un espace vectoriel topologique ordonné. Par contre, pour n⩾2n \geqslant 2, lorsqu’on munit Rn\mathbf{R}^n de l’ordre lexicographique (E, III, p. 23), la topologie usuelle n’est pas compatible avec la structure d’espace vectoriel ordonné de Rn\mathbf{R}^n.

Soit A un ensemble ; l’espace vectoriel B(A;R)\mathscr{B}(A ; \mathbf{R}) des fonctions numériques bornées dans A, muni de la topologie définie par la norme ∥x∥=sup⁡t∈A∣x(t)∣\|x\| = \sup_{t \in A} |x(t)| et de la structure d’ordre induite par la structure d’ordre produit sur RA\mathbf{R}^A, est un espace vectoriel topologique ordonné.

Dans un espace vectoriel topologique ordonné E, l’ensemble des éléments x⩽0x \leqslant 0 est fermé ; les translations étant des homéomorphismes, on en déduit que pour tout a∈Ea \in E, l’ensemble des x⩾ax \geqslant a (resp. x⩽ax \leqslant a) est fermé. Comme les relations x⩾0x \geqslant 0 et x⩽0x \leqslant 0 entraînent x=0x = 0, {0}\{0\} est fermé, donc E est séparé.

Cite 1

Cite III § 2. Espaces bornologiques

Proposition 18

Dans un espace vectoriel topologique ordonné E, soit H un ensemble filtrant pour la relation ⩽\leqslant. Si le filtre des sections de H admet une limite dans E, cette limite est la borne supérieure de H.

Cite 1

Cite II § 3. Le théorème de Hahn-Banach (forme analytique)

En effet, soit b=lim⁡x∈Hxb = \lim_{x \in H} x; pour tout y∈Hy \in H, l’ensemble des x∈Hx \in H tels que x⩾yx \geqslant y est un ensemble du filtre des sections de H, donc bb est adhérent à cet ensemble ; mais comme l’ensemble des éléments x⩾yx \geqslant y est fermé dans E, on a b⩾yb \geqslant y, ce qui montre que bb est un majorant de H. D’autre part, si aa est un majorant de H, H est contenu dans l’ensemble fermé des z⩽az \leqslant a; comme bb est adhérent à H, on a b⩽ab \leqslant a, ce qui achève la démonstration (II, p. 76, exerc. 42).

8. Fonctions convexes

Définition 5

Soient E un espace affine, X une partie convexe de E. On dit qu’une fonction numérique finie, définie dans X, est convexe (resp. strictement convexe) si, quels que soient x,yx, y distincts dans X et le nombre réel λ\lambda tel que 0<λ<10 < \lambda < 1, on a :

(1)

f(λx+(1−λ)y)⩽λf(x)+(1−λ)f(y) f(\lambda x + (1 - \lambda) y) \leqslant \lambda f(x) + (1 - \lambda) f(y)

(resp.

(2)

f(λx+(1−λ)y)<λf(x)+(1−λ)f(y)). f(\lambda x + (1 - \lambda) y) < \lambda f(x) + (1 - \lambda) f(y)) .
)

Lorsque E=RE = \mathbf{R}, cette définition des fonctions convexes n’est autre que celle de FVR, I, p. 32. En outre, pour que ff soit convexe (resp. strictement convexe) dans XX, il faut et il suffit que pour toute droite affine D⊂ED \subset E, la restriction de ff à X∩DX \cap D soit convexe (resp. strictement convexe) dans X∩DX \cap D.

Exemple

Pour toute fonction linéaire affine ff sur EE, ff et f2f^2 sont des fonctions convexes dans EE; c’est évident pour ff, puisque

f(λx+(1−λ)y)=λf(x)+(1−λ)f(y); f(\lambda x + (1 - \lambda) y) = \lambda f(x) + (1 - \lambda) f(y);

d’autre part, si l’on pose α=f(x)\alpha = f(x), β=f(y)\beta = f(y), on a :

λα2+(1−λ)β2−(λα+(1−λ)β)2=λ(1−λ)(α−β)2⩾0 \lambda \alpha^2 + (1 - \lambda) \beta^2 - (\lambda \alpha + (1 - \lambda) \beta)^2 = \lambda(1 - \lambda) (\alpha - \beta)^2 \geqslant 0

pour 0<λ<10 < \lambda < 1; on voit ainsi en outre que la restriction de f2f^2 à une droite affine D⊂ED \subset E est strictement convexe si f∣Df|D n’est pas constante.

On dit qu’une fonction numérique finie ff définie dans XX est concave (resp. strictement concave) si – ff est convexe (resp. strictement convexe). Il revient au même de dire que pour tout couple x,yx, y de points distincts dans XX et tout nombre λ\lambda tel que 0<λ<10 < \lambda < 1, on a

f(λx+(1−λ)y)⩾λf(x)+(1−λ)f(y) f(\lambda x + (1 - \lambda) y) \geqslant \lambda f(x) + (1 - \lambda) f(y)

(resp.

f(λx+(1−λ)y)>λf(x)+(1−λ)f(y)). f(\lambda x + (1 - \lambda) y) > \lambda f(x) + (1 - \lambda) f(y)).

On dit qu’une application de XX dans R\mathbf{R} est affine si elle est à la fois convexe et concave (cf. II, p. 83, exerc. 11).

Cite 1

Cite II § 5. Séparation des ensembles convexes

Proposition 19

Soient EE un espace affine, XX une partie convexe de EE; soient ff une fonction numérique finie définie dans XX, FF (resp. F′F') l’ensemble des points (x,a)∈E×R(x, a) \in E \times \mathbf{R} tels que x∈Xx \in X et f(x)⩽af(x) \leqslant a (resp. x∈Xx \in X et f(x)<af(x) < a). Alors les conditions suivantes sont équivalentes :

a) La fonction ff est convexe. b) L’ensemble FF est convexe dans l’espace affine E×RE \times \mathbf{R}. c) L’ensemble F′F' est convexe dans l’espace affine E×RE \times \mathbf{R}.

Montrons que a) implique c). Supposons ff convexe ; si (x,a)(x, a) et (y,b)(y, b) sont deux points de F′F' et 0<λ<10 < \lambda < 1, on a f(x)<a,f(y)<bf(x) < a, f(y) < b et

f(λx+(1−λ)y)⩽λf(x)+(1−λ)f(y)<λa+(1−λ)b f(\lambda x + (1 - \lambda) y) \leqslant \lambda f(x) + (1 - \lambda) f(y) < \lambda a + (1 - \lambda) b

ce qui exprime que le point λ(x,a)+(1−λ)(y,b)\lambda(x, a) + (1 - \lambda)(y, b) de E×RE \times \mathbf{R} appartient à F′F'. Donc F′F' est convexe.

Montrons en second lieu que c) entraîne b). En effet, si (x,a),(y,b)(x, a), (y, b) sont deux points de FF et 0<λ<10 < \lambda < 1, les points (x,a+ε)(x, a + \varepsilon) et (y,b+ε)(y, b + \varepsilon) appartiennent à F′F' pour tout ε>0\varepsilon > 0, et par suite il en est de même de

(λx+(1−λ)y,λa+(1−λ)b+ε); (\lambda x + (1 - \lambda) y, \lambda a + (1 - \lambda) b + \varepsilon);

par définition de FF, cela entraîne que (λx+(1−λ)y,λa+(1−λ)b)(\lambda x + (1 - \lambda) y, \lambda a + (1 - \lambda) b) appartient à FF.

Enfin, b) entraîne a), car (avec les mêmes notations), dire que le point (λx+(1−λ)y,λa+(1−λ)b)(\lambda x + (1 - \lambda) y, \lambda a + (1 - \lambda) b) appartient à F signifie que l’on a :

f(λx+(1−λ)y)≤λa+(1−λ)b f(\lambda x + (1 - \lambda) y) \leq \lambda a + (1 - \lambda) b

quels que soient a≥f(x)a \geq f(x) et b≥f(y)b \geq f(y); on en conclut que l’on a l’inégalité (1), donc ff est convexe.

Corollaire

Si ff est convexe dans X, alors, pour tout α∈R\alpha \in \mathbf{R}, l’ensemble des x∈Xx \in X tels que f(x)≤αf(x) \leq \alpha (resp. f(x)<αf(x) < \alpha) est convexe.

En effet, c’est la projection sur E de l’intersection de F (resp. F’) et de l’hyperplan E×{α}E \times \{ \alpha \} dans E×RE \times \mathbf{R}.

Proposition 20

Soit ff une fonction convexe dans une partie convexe X d’un espace affine E. Pour toute famille finie (xi)1≤i≤p(x_i)_{1 \leq i \leq p} de p points de X, et toute famille (λi)1≤i≤p(\lambda_i)_{1 \leq i \leq p} de p nombres réels ≥0\geq 0 tels que ∑i=1pλi=1\sum_{i=1}^p \lambda_i = 1, on a :

f(∑i=1pλixi)≤∑i=1pλif(xi). f\left( \sum_{i=1}^p \lambda_i x_i \right) \leq \sum_{i=1}^p \lambda_i f(x_i) .

Si ff est strictement convexe et si λi>0\lambda_i > 0 pour tout i, on a :

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

f(∑i=1pλixi)<∑i=1pλif(xi), f\left( \sum_{i=1}^p \lambda_i x_i \right) < \sum_{i=1}^p \lambda_i f(x_i) ,

sauf si tous les xix_i sont égaux.

L’inégalité (3) résulte de II, p. 18, prop. 19 et p. 8, prop. 1. Supposons que les xix_i ne soient pas tous égaux (ce qui implique p≥2p \geq 2) et que les λi\lambda_i soient tous >0> 0; alors le point z=∑i=1pλixiz = \sum_{i=1}^p \lambda_i x_i ne peut être égal à tous les xix_i. Supposons par exemple z≠x1z \neq x_1, et posons z=λ1x1+(1−λ1)y1z = \lambda_1 x_1 + (1 - \lambda_1) y_1 avec y1=∑i=2pλi1−λ1xiy_1 = \sum_{i=2}^p \frac{\lambda_i}{1 - \lambda_1} x_i. On a donc y1≠x1y_1 \neq x_1 et comme 0<λ1<10 < \lambda_1 < 1, on a par hypothèse

f(z)<λ1f(x1)+(1−λ1)f(y1). f(z) < \lambda_1 f(x_1) + (1 - \lambda_1) f(y_1) .

Mais en vertu de (3) on a f(y1)≤∑i=2pλi1−λ1f(xi)f(y_1) \leq \sum_{i=2}^p \frac{\lambda_i}{1 - \lambda_1} f(x_i), d’où l’inégalité (4).

9. Opérations sur les fonctions convexes

Soit X une partie convexe d’un espace affine E. Si fif_i (1≤i≤p1 \leq i \leq p) sont des fonctions convexes dans X en nombre fini, et cic_i (1≤i≤p1 \leq i \leq p) des nombres ≥0\geq 0, la fonction f=∑i=1pcifif = \sum_{i=1}^p c_i f_i est convexe dans X.

Si (fα)(f_\alpha) est une famille quelconque de fonctions convexes dans XX, et si l’enveloppe supérieure gg de cette famille est finie dans XX, alors gg est convexe.

Enfin, si HH est un ensemble de fonctions convexes dans XX, et F\mathfrak{F} un filtre sur HH qui converge simplement dans XX vers une fonction numérique finie f0f_0, f0f_0 est convexe dans XX.

10. Fonctions convexes dans un ensemble convexe ouvert

Proposition 21

Soient E un espace vectoriel topologique, X une partie convexe ouverte non vide de E, f une fonction convexe définie dans X. Pour que f soit continue, il faut et il suffit qu’il existe une partie ouverte non vide U de X dans laquelle f soit majorée.

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

La condition étant évidemment nécessaire, prouvons qu’elle est suffisante. Soit x0∈Xx_0 \in X un point tel que ff soit majorée dans un voisinage VV de x0x_0; montrons d’abord que ff est continue au point x0x_0. Par translation, on peut se borner au cas où x0=0x_0 = 0 et f(x0)=0f(x_0) = 0; en outre, on peut supposer le voisinage VV équilibré (I, p. 7, prop. 4). Supposons que f(x)≤af(x) \leq a dans VV; pour tout ε\varepsilon tel que 0<ε<10 < \varepsilon < 1, remarquons que, si x∈εVx \in \varepsilon V, on a x/ε∈Vx/\varepsilon \in V et −x/ε∈V-x/\varepsilon \in V. L’inégalité (1) de II, p. 17 appliquée aux points x/εx/\varepsilon et 00 et au nombre λ=ε\lambda = \varepsilon, montre que f(x)≤εf(x/ε)≤εaf(x) \leq \varepsilon f(x/\varepsilon) \leq \varepsilon a; appliquée aux points xx et −x/ε-x/\varepsilon et au nombre λ=1/(1+ε)\lambda = 1/(1 + \varepsilon), elle donne l’inégalité f(x)≥−εf(−x/ε)≥−εaf(x) \geq -\varepsilon f(-x/\varepsilon) \geq -\varepsilon a, ce qui prouve que f(x)f(x) est arbitrairement petit dans εV\varepsilon V lorsque ε\varepsilon est assez petit.

Soit maintenant yy un point de XX; il existe un nombre ρ>1\rho > 1 tel que z=ρyz = \rho y appartienne encore à XX puisque XX est ouvert. Soit gg l’homothétie x↦λx+(1−λ)zx \mapsto \lambda x + (1 - \lambda) z de centre zz et de rapport λ=1−1ρ\lambda = 1 - \frac{1}{\rho}, qui transforme 00 en yy; pour tout point g(x)∈g(V)g(x) \in g(V), on a, d’après (1), f(g(x))≤λf(x)+(1−λ)f(z)≤λa+(1−λ)f(z)f(g(x)) \leq \lambda f(x) + (1 - \lambda) f(z) \leq \lambda a + (1 - \lambda) f(z). La première partie du raisonnement montre donc que ff est continue au point yy, ce qui achève la démonstration.

Corollaire

Toute fonction convexe f définie dans une partie convexe ouverte X de Rn\mathbf{R}^n est continue dans X.

Cite 2

Cite § 2. Ensembles convexes, II § 5. Séparation des ensembles convexes

On peut supposer XX non vide. Il existe alors, dans XX, n+1n + 1 points affinement indépendants aia_i (0≤i≤n0 \leq i \leq n), et l’enveloppe convexe SS de ces points contient l’ensemble ouvert non vide formé des ∑i=0nλiai\sum_{i=0}^n \lambda_i a_i avec 0<λi<10 < \lambda_i < 1 pour tout ii et ∑i=0nλi=1\sum_{i=0}^n \lambda_i = 1. En vertu de II, p. 19, prop. 20, ff est majorée dans SS, d’où la conclusion du corollaire.

Sur un espace vectoriel topologique de dimension infinie, il existe en général des formes linéaires non continues (II, p. 85, exerc. 25) et par suite des fonctions convexes qui ne sont continues en aucun point.

11. Semi-normes et ensembles convexes

Soit E un espace vectoriel sur R\mathbf{R}; on dit qu’une application pp de E dans R\mathbf{R} est positivement homogène si, pour tout λ⩾0\lambda \geqslant 0, et tout x∈Ex \in E on a :

p(λx)=λp(x). p(\lambda x) = \lambda p(x) .

Pour qu’une fonction positivement homogène pp dans E soit convexe, il faut et il suffit qu’elle satisfasse à l’axiome (SN_{II}) de II, p. 1 :

p(x+y)⩽p(x)+p(y) p(x + y) \leqslant p(x) + p(y)

quels que soient x,yx, y dans E. En effet, si pp est convexe, on a, pour x,yx, y dans E,

p(12(x+y))⩽12p(x)+12p(y) p\left( \frac{1}{2}(x + y) \right) \leqslant \frac{1}{2} p(x) + \frac{1}{2} p(y)

et en vertu de (5), cette relation est équivalente à (6). Inversement, si la relation (6) a lieu, on a aussi, quel que soit λ\lambda tel que 0<λ<10 < \lambda < 1,

p(λx+(1−λ)y)⩽p(λx)+p((1−λ)y)=λp(x)+(1−λ)p(y) p(\lambda x + (1 - \lambda) y) \leqslant p(\lambda x) + p((1 - \lambda) y) = \lambda p(x) + (1 - \lambda) p(y)

en vertu de (5).

On appelle fonction sous-linéaire sur E une fonction convexe et positivement homogène.

Soit pp une fonction sous-linéaire dans E ; en vertu de II, p. 19, corollaire, pour tout a>0a > 0, l’ensemble V(p,a)V(p, a) (resp. W(p,a)W(p, a)) des x∈Ex \in E tels que p(x)⩽ap(x) \leqslant a (resp. p(x)<ap(x) < a) est un ensemble convexe ; en outre, cet ensemble est absorbant, car pour tout x∈Ex \in E, il existe λ>0\lambda > 0 tel que p(λx)=λp(x)<ap(\lambda x) = \lambda p(x) < a.

On a une réciproque partielle de ce résultat :

Proposition 22

Soient E un espace vectoriel, A un ensemble convexe dans E, contenant 0. Pour tout x∈Ex \in E, posons

pA(x)=inf⁡ρ>0,x∈ρAρ p_A(x) = \inf_{\rho > 0, x \in \rho A} \rho
Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

(élément de [0,+∞)[0, + \infty)). La fonction pAp_A vérifie les relations

pA(x+y)⩽pA(x)+pA(y),pA(λx)=λpA(x) p_A(x + y) \leqslant p_A(x) + p_A(y) , \quad p_A(\lambda x) = \lambda p_A(x)

quels que soient x,yx, y dans E et λ>0\lambda > 0. Si V(pA,α)V(p_A, \alpha) (resp. W(pA,α)W(p_A, \alpha)) désigne l’ensemble des x∈Ex \in E tels que pA(x)⩽αp_A(x) \leqslant \alpha (resp. pA(x)<αp_A(x) < \alpha), on a

W(pA,1)⊂A⊂V(pA,1). W(p_A, 1) \subset A \subset V(p_A, 1) .

Si A est absorbant, pAp_A est finie (donc sous-linéaire).

Comme les relations x∈ρAx \in \rho A et λx∈λρA\lambda x \in \lambda \rho A sont équivalentes pour λ>0\lambda > 0, on a pA(λx)=λpA(x)p_A(\lambda x) = \lambda p_A(x) pour λ>0\lambda > 0. Soient x,yx, y deux points de E. Alors l’inégalité pA(x+y)≤pA(x)+pA(y)p_A(x + y) \leq p_A(x) + p_A(y) est évidente si xx (resp. yy) n’est pas absorbé par A, car alors pA(x)=+∞p_A(x) = +\infty (resp. pA(y)=+∞p_A(y) = +\infty). Supposons donc qu’il existe deux nombres α>0,β>0\alpha > 0, \beta > 0 tels que x∈αA,y∈βAx \in \alpha A, y \in \beta A; on a x+y∈αA+βA=(α+β)Ax + y \in \alpha A + \beta A = (\alpha + \beta) A (II, p. 8, Remarque) ; on a par suite pA(x+y)≤pA(x)+pA(y)p_A(x + y) \leq p_A(x) + p_A(y). L’inclusion A⊂V(pA,1)A \subset V(p_A, 1) est évidente. L’inclusion W(pA,1)⊂AW(p_A, 1) \subset A résulte de ce que A est convexe et contient 0. Enfin, si A est absorbant, il est clair que pAp_A est finie.

On dit que la fonction pAp_A définie par (7) est la jauge de l’ensemble convexe A. Si A est absorbant et symétrique, pAp_A est donc une semi-norme.

Proposition 23

Soit E un espace vectoriel topologique. Si A est un ensemble convexe ouvert contenant 0, pAp_A est finie et continue et A=W(pA,1)A = W(p_A, 1). Si A est un ensemble convexe fermé contenant 0, pAp_A est semi-continue inférieurement et l’on a A=V(pA,1)A = V(p_A, 1).

Cite 1

Cite § 2. Ensembles convexes

Si A est ouvert et contient 0 (donc est absorbant), pour tout x∈Ax \in A, il existe ρ<1\rho < 1 tel que x/ρ∈Ax/\rho \in A, donc pA(x)<1p_A(x) < 1, ce qui, joint à (9), montre que A=W(pA,1)A = W(p_A, 1). La fonction convexe pAp_A étant majorée dans l’ensemble ouvert A est continue dans E (II, p. 20, prop. 21).

Si A est fermé et contient 0, pour tout x∈Ex \in E tel que pA(x)≤1p_A(x) \leq 1, on a x∈ρAx \in \rho A pour tout ρ>1\rho > 1, donc aussi x∈Ax \in A puisque A est fermé ; tenant compte de (9), cela prouve que A=V(pA,1)A = V(p_A, 1). Pour tout μ>0\mu > 0, μA\mu A est donc l’ensemble des xx tels que pA(x)≤μp_A(x) \leq \mu ; comme pA(x)≥0p_A(x) \geq 0 dans E, cela montre que pAp_A est semi-continue inférieurement dans E (TG, IV, p. 29).

On notera que pour toute fonction sous-linéaire pp dans E à valeurs positives, pp est la jauge de tout ensemble convexe A tel que W(p,1)⊂A⊂V(p,1)W(p, 1) \subset A \subset V(p, 1).

Exercices

See the exercises for § 2.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.