§ 3. Correspondances
1. Graphes et correspondances
Définition 1 03PG
On dit que est un graphe si tout élément de est un couple, autrement dit si la relation
est vraie.
Si est un graphe, la relation s’exprime encore en disant que « correspond à par ».
Soit une relation, et étant des lettres distinctes. Soit une lettre distincte de et de et ne figurant pas dans . Si la relation
est vraie, on dit que admet un graphe (par rapport aux lettres et ). Le graphe est alors unique en vertu de l’axiome d’extensionnalité, et s’appelle le graphe de (ou l’ensemble représentatif de ) par rapport à et .
Soit une lettre distincte de et de et ne figurant pas dans . Si la relation
est vraie, admet un graphe: il suffit en effet de prendre pour ce graphe l’ensemble des couples tels que ( étant une lettre distincte de , , et ne figurant pas dans ). Cette condition est remplie si on connaît un terme , où ne figurent ni ni , tel que soit vraie.
Proposition 1 03HI
Soit un graphe. Il existe un ensemble et un seul, et un ensemble et un seul, qui possèdent les propriétés suivantes : 1) la relation est équivalente à ; 2) la relation est équivalente à .
Il suffit en effet de prendre pour (resp. ) l’ensemble des objets de la forme (resp. ) pour (II, p. 6): de façon précise, on a
Ces ensembles s’appellent respectivement la première et la seconde projection du graphe , ou encore l’ensemble de définition et l’ensemble des valeurs de ; on les désigne par et (ou et lorsqu’aucune confusion n’en résulte). On vérifie aussitôt que : tout ensemble de couples est donc une partie d’un produit, et réciproquement. Si l’un des deux ensembles , est vide, on a donc (II, p. 8, prop. 2).
Remarque 03S1
La relation n’admet pas de graphe; car la première projection de ce graphe, s’il existait, serait l’ensemble de tous les objets (cf. II, p. 6, Remarque).
Définition 2 03HJ
On appelle correspondance entre un ensemble et un ensemble un triplet (II, p. 9) où est un graphe tel que et . On dit que est le graphe de , l’ensemble de départ et l’ensemble d’arrivée de .
Si , on dit encore que « correspond à par la correspondance ».
Pour tout , on dit que la correspondance est définie pour l’objet , et est appelé l’ensemble de définition (ou domaine) de ; pour tout , on dit que est une valeur prise par et est appelé l’ensemble des valeurs (ou image) de .
Si est une relation admettant un graphe (par rapport aux lettres et ), et si et sont deux ensembles tels que et , on dit que est une relation entre un élément de et un élément de (relativement aux lettres ). On dit que la correspondance est la correspondance entre et définie par la relation (par rapport à et ).
Soient un graphe et un ensemble. La relation « et » entraîne et admet par suite un graphe . La seconde projection de se compose évidemment de tous les objets qui correspondent par à des objets de .
Définition 3 03PI
Soient un graphe et un ensemble. L’ensemble des objets qui correspondent par à des éléments de s’appelle l’image de par et se désigne par ou .
Soient une correspondance, et une partie de . L’ensemble se note encore ou et s’appelle l’image de par .
Remarque 1 03PH
D’une manière précise, désigne l’ensemble
Remarque 2 03S2
Les notations et peuvent parfois conduire à des confusions avec des notations introduites ultérieurement (cf. II, p. 14, Remarque).
Soit un graphe. Comme la relation entraîne , on a pour tout ensemble ; comme entraîne , on a . On a , puisque est un théorème. Si et , on a .
Proposition 2 03PJ
Soient un graphe, et deux ensembles; la relation entraîne .
La proposition est évidente à partir des définitions et de C50 (II, p. 4).
E II.11 THÉORIE DES ENSEMBLES § 3
Corollaire 03PK
Si , on a .
Définition 4 03PL
Soient un graphe et un objet. On appelle coupe de suivant l'ensemble (qu'on désigne aussi parfois par , par abus de notation).
Il résulte aussitôt de C43 (I, p. 39) que la relation est équivalente à . Si et sont deux graphes, la relation est donc équivalente à .
Si est une correspondance entre et , pour tout la coupe de suivant s'appelle encore la coupe de suivant et se note également (ou ).
2. Correspondance réciproque d'une correspondance
Soient un graphe, , ses projections. La relation entraîne ; cette relation admet donc un graphe qui se compose des couples tels que .
Définition 5 03PM
Soient un graphe. Le graphe dont les éléments sont les couples tels que s'appelle le graphe réciproque de et se désigne par ou .
Pour tout ensemble , s'appelle l'image réciproque de par .
Il est évident que le graphe réciproque de est , et que l'on a , . En particulier, si et sont deux ensembles, on a . On dit qu'un graphe est symétrique si .
Soit une correspondance entre et . Comme et , le triplet est une correspondance entre et , qu'on appelle la correspondance réciproque de et qu'on note ou . Pour toute partie de , l'image de par s'appelle encore l'image réciproque de par . Il est évident que la correspondance réciproque de est .
3. Composée de deux correspondances
Soient et deux graphes. Désignons par l'ensemble et par l'ensemble . La relation et entraîne ; elle admet donc un graphe par rapport à et .
Définition 6 03PN
Soient et des graphes. On appelle composé de et de , et on désigne par (ou parfois par ), le graphe par rapport à et de la relation et .
Proposition 3 03HK
Soient et deux graphes. Le graphe réciproque de est .
En effet, la relation « et » est équivalente à « et ».
Proposition 4 03HL
Soient des graphes. On a alors .
En effet, la relation est équivalente à la relation
donc (notamment d’après C33 (I, p. 35)) à la relation
On voit de même que la relation est équivalente à
Or on sait que les relations (1) et (2) sont équivalentes, ce qui démontre la prop. 4.
Le graphe se désigne par . De même, si sont des graphes, on pose
etc.
En effet, en vertu de C33 (I, p. 35), la relation est équivalente à
donc à , ce qui démontre la proposition.
Si et sont deux graphes, on a , et
. Pour démontrer par exemple la seconde de ces relations, il suffit de remarquer que la relation équivaut à , donc à
mais cette dernière est équivalente à .
Si est un graphe, un ensemble tel que , on a .
En effet, la relation entraîne par hypothèse ; mais est équivalente à , et d’autre part entraîne
donc entraîne , c'est-à-dire .
Il est clair que si sont des graphes, les relations et entraînent .
Soient maintenant et deux correspondances telles que l’ensemble d’arrivée de soit identique à l’ensemble de départ de . D’après ce qui précède, on a et
Définition 7 03PO
Soient et deux correspondances telles que l’ensemble d’arrivée de soit identique à l’ensemble de départ de . On appelle composée de et de , et on note (ou parfois ), la correspondance .
Il résulte aussitôt de la prop. 5 que, si est une partie de , on a . En outre, comme l’ensemble d’arrivée de est identique à l’ensemble de départ de , la correspondance réciproque de est , en vertu de la prop. 3.
Définition 8 03PP
Si est un ensemble, l’ensemble des objets de la forme , pour , s’appelle la diagonale de .
Il est clair que l’on a . La correspondance est appelée la correspondance identique de ; elle est sa propre réciproque.
Si est une correspondance entre et , la correspondance identique de , la correspondance identique de , on a .
4. Fonctions
Définition 9 03HN
On dit qu’un graphe est un graphe fonctionnel si, pour tout , il existe au plus un objet correspondant à par (I, p. 40). On dit qu’une correspondance est une fonction si son graphe est un graphe fonctionnel, et si son ensemble de départ est égal à son ensemble de définition . Autrement dit, une correspondance est une fonction si, pour tout appartenant à l’ensemble de départ de , la relation est fonctionnelle en (I, p. 41); l’objet unique correspondant à par s’appelle la valeur de pour l’élément de , et se désigne par ou (ou ).
Si est une fonction, son graphe et un élément de l’ensemble de définition de , la relation est donc équivalente à (I, p. 41, critère C46).
CORRESPONDANCES
E II.14
Remarque 03HO
Il faut prendre garde aux confusions que risque d’entraîner l’emploi simultané de la notation et de la notation (synonyme de ) introduite dans la déf. 3 (cf. II, p. 50, exerc. 11).
Soient A et B deux ensembles; on appelle application de A dans B une fonction dont l’ensemble de départ (égal à l’ensemble de définition) est égal à A et dont l’ensemble d’arrivée est égal à B; on dit aussi qu’une telle fonction est définie dans A et prend ses valeurs dans B.
Au lieu de dire « soit une application de A dans B », on emploiera souvent les phrases suivantes: « soit une application » ou même « soit . » Pour faciliter la lecture d’un raisonnement où interviennent plusieurs applications, on fera usage de diagrammes tels que
où un groupe de signes tel que doit s’interpréter comme signifiant que est une application de A dans B.
On dit encore qu’une fonction définie dans A transforme en (pour tout ), ou que est le transformé de par , ou (par abus de langage) l’image de par .
Dans certains cas, un graphe fonctionnel s’appelle aussi une famille; l’ensemble de définition s’appelle alors l’ensemble des indices, et l’ensemble des valeurs s’appelle, par abus de langage, l’ensemble des éléments de la famille; c’est surtout dans ce cas qu’on utilise la notation indicielle pour désigner la valeur de pour l’élément . Lorsque l’ensemble des indices est le produit de deux ensembles, on dit souvent qu’il s’agit d’une famille double.
De même, une fonction dont l’ensemble d’arrivée est E s’appelle parfois une famille d’éléments de E. Lorsque tout élément de E est une partie d’un ensemble F, on dit aussi qu’on a une famille de parties de F.
Nous emploierons souvent, dans la suite de ce Traité, le mot « fonction » à la place de « graphe fonctionnel ».
Exemples de fonctions. — 1) L’ensemble vide est un graphe fonctionnel; toute fonction dont le graphe est vide a pour ensemble de définition et pour ensemble des valeurs l’ensemble vide; celle de ces fonctions dont l’ensemble d’arrivée est vide (autrement dit la fonction ) est appelée la fonction vide.
2) Soit A un ensemble; la correspondance identique de A (II, p. 13) est une fonction qu’on appelle l’application identique de A.
A tout ensemble A est ainsi associée une famille, constituée par l’application identique de A, dont A est l’ensemble des indices et l’ensemble des éléments. Par abus de langage, on désigne parfois un ensemble sous le nom de « famille »; c’est alors de la famille ainsi associée à l’ensemble considéré qu’il est question.
On dit qu'une fonction est constante si, quels que soient et dans l'ensemble de définition de , on a .
Soit une application de l'ensemble dans l'ensemble . On dit qu'un élément de est invariant par si .
5. Restrictions et prolongements de fonctions
On dit que deux fonctions et coïncident dans un ensemble si est contenu dans les ensembles de définition de et de , et si pour tout . Deux fonctions ayant même graphe coïncident dans leur ensemble de définition. Dire que revient à dire que et ont même ensemble de définition , même ensemble d'arrivée , et coïncident dans .
Soient et deux fonctions. Dire que revient à dire que l'ensemble de définition de est contenu dans l'ensemble de définition de , et que coïncide avec dans . Si en outre , on dit que est un prolongement de (ou, de façon plus précise, un prolongement de à ), ou que prolonge (à ). Lorsque est appelée une famille d'éléments de , on dit aussi que est une sous-famille de .
Soient une fonction, une partie de l'ensemble de définition de . Il est immédiat que la relation « et » admet un graphe par rapport à et , que ce graphe est fonctionnel et que est son ensemble de définition ; on dit que la fonction de graphe , qui a le même ensemble d'arrivée que , est la restriction de à , et on la note parfois . Une fonction est un prolongement d'une quelconque de ses restrictions. Si deux fonctions ont même ensemble d'arrivée et coïncident dans un ensemble , leurs restrictions à sont égales.
*Avec les notations précédentes, si , est égal à , (II, p. 26); on dit encore que est déduite de par passage au sous-ensemble de . Soit une partie de contenant ; on dit que la fonction
est déduite de par passage aux sous-ensembles de et de .*
6. Définition d'une fonction par un terme
C54. Soient et deux termes, et des lettres distinctes. On suppose que ne figure pas dans , et que ne figure ni dans ni dans . Soit la relation « et ». La relation admet un graphe par rapport aux lettres et . Ce graphe est fonctionnel ; sa première projection est , sa deuxième projection est l'ensemble des objets de la forme pour (II, p. 6). Pour tout , on a .
En effet, soit l'ensemble des objets de la forme pour . On a ; comme l'assemblage désigné par ne contient ni ,
Nº 7 CORRESPONDANCES E II.16
ni y, R admet un graphe F par rapport aux lettres x et y (II, p. 9). Il est clair que la relation « et » entraîne , donc F est un graphe fonctionnel. Le reste du critère est évident.
Si C est un ensemble contenant l'ensemble B des objets de la forme T pour (y ne figurant pas dans C), la fonction se désigne aussi par la notation (, ); l'assemblage correspondant de la mathématique formelle ne contient ni x ni y et ne dépend pas du choix de la lettre y vérifiant les conditions précédentes. Quand le contexte est suffisamment explicite, on se contente des notations (), , ou , et parfois simplement ou . \* Ainsi, on peut parler de « la fonction », si le contexte indique clairement qu'il s'agit de l'application de l'ensemble des nombres complexes dans lui-même.\*
Exemples
1) Si f est une application de A dans B, la fonction f est égale à la fonction (, ), qu'on écrit simplement , ou aussi (c'est surtout quand on utilise la dernière notation qu'on parle de « famille d'éléments » au lieu de « fonction »).
2) Soit G un ensemble de couples. Les fonctions
et
s'appellent respectivement la première et la seconde fonction coordonnée sur G; on les désigne par et quand il n'en résulte pas de confusion.
7. Composée de deux fonctions. Fonction réciproque
Proposition 6 03HP
Si f est une application de A dans B, et g une application de B dans C, est une application de A dans C.
Soient F et G les graphes de f et g; montrons que est un graphe fonctionnel. Soient x, z, z' des objets tels que , . Il existe des objets y, y' tels que , , , . Puisque F est un graphe fonctionnel, on a , donc . Puisque G est un graphe fonctionnel, on en déduit que , ce qui prouve notre assertion. D'autre part, l'ensemble de définition de est évidemment A, ce qui achève la démonstration.
La fonction s'écrit aussi (II, p. 16), et parfois lorsqu'il ne peut en résulter de confusion.
Définition 10 03HQ
Soit f une application de A dans B. On dit que f est une injection, ou que f est une application injective, si deux éléments distincts de A ont des images distinctes par f. On dit que f est une surjection, ou que f est une application surjective, si .
On dit que est une bijection, ou que est une application bijective, si est à la fois injective et surjective.
Au lieu de dire que est injective, on dit aussi que est biunivoque. Au lieu de dire que est surjective, on dit aussi que est une application de sur , ou une représentation paramétrique de au moyen de (dans ce dernier cas, s'appelle l'ensemble des paramètres de cette représentation, et ses éléments prennent le nom de paramètres). Si est bijective, on dit aussi que met et en correspondance biunivoque. Une bijection de sur s'appelle aussi une permutation de .
Exemples
1) Si , l'application de dans dont le graphe est la diagonale de est injective et s'appelle l'application canonique ou l'injection canonique (ou simplement l'injection) de dans .
2) Soit un ensemble. L'application de dans est une application injective appelée application diagonale de .
3) Soit un ensemble de couples. L'application (resp. ) de dans (resp. ) est surjective; pour que soit injective, il faut et il suffit que soit un graphe fonctionnel.
4) Soit un ensemble de couples. L'application de dans est une bijection (dite canonique).
5) Soient un ensemble, un objet. L'application de dans est une bijection.
6) Si est une application de dans , l'application déduite de par passage aux sous-ensembles et est surjective.
Proposition 7 03PQ
Soit une application de dans . Pour que soit une fonction, il faut et il suffit que soit bijective.
En effet, si est une fonction, son ensemble de départ est égal à son ensemble de définition, c'est-à-dire à . D'autre part, soient et deux éléments de tels que . Si désigne le graphe de , on a et , donc , donc , de sorte que est injective, et par suite bijective. Réciproquement, si est bijective, il est immédiat que est fonctionnel, et que l'ensemble de définition de est égal à .
Lorsque est bijective, est appelée l'application réciproque de ; est bijective, est l'application identique de et est l'application identique de .
Si une permutation est identique à la permutation réciproque, elle est dite involutive.
Remarque 03HR
Soit une application de dans ; pour toute partie de , on a vu (II, p. 12) que l’on a . En outre, pour toute partie de , on a : en effet, la relation équivaut à
et elle entraîne donc la relation , et par suite aussi la relation .
Si est une surjection, on a pour toute partie de , car la relation entraîne par hypothèse la relation , donc aussi ; mais « et » entraîne , d’où notre assertion.
Si est une injection, pour toute partie de , on a . En effet, la relation équivaut à , donc à ; mais l’hypothèse signifie que entraîne , donc entraîne .
8. Rétractions et sections
Proposition 8 03HS
Soit une application de dans . S’il existe une application (resp. ) de dans telle que (resp. ) soit l’application identique de (resp. ), est injective (resp. surjective). Réciproquement, si est surjective, il existe une application de dans telle que soit l’application identique de . Si est injective et si , il existe une application de dans telle que soit l’application identique de .
En effet, s’il existe une application de dans telle que soit l’application identique de , l’égalité , où et , entraîne , donc est injective. S’il existe une application de dans telle que soit l’application identique de , on a , donc est surjective. Si est surjective, désignons par le terme ; on a pour ; si on désigne par l’application (), est l’application identique de . Enfin, supposons injective et ; soit un élément de ; la relation
entraîne , donc admet un graphe par rapport aux lettres et . Ce graphe est fonctionnel en raison de l’hypothèse faite sur , et a pour ensemble de définition ; enfin on a si et si . Donc la fonction est telle que soit l’application identique de .
Corollaire 03HT
Soient et des ensembles, une application de dans , une application de dans . Si est l’application identique de et l’application identique de , et sont bijectives et on a .
Définition 11 03HU
Soit une application injective (resp. surjective) de dans . Toute application (resp. ) de dans telle que (resp. ) soit l’application identique de (resp. ) est appelée une rétraction (resp. section) associée à .
Au lieu de rétraction (resp. section), on dit parfois inverse à gauche (resp. à droite).
Si est injective (resp. surjective), et si (resp. ) est une rétraction (resp. section) associée à , est une section (resp. rétraction) associée à (resp. ). Donc une rétraction est surjective, une section est injective.
Si est surjective, et si sont deux sections associées à , telles que , on a ; en effet, si , il existe un que , et on a , donc , de sorte que . Ainsi une section est déterminée de manière unique par l’ensemble , de sorte que, par abus de langage, l’ensemble lui-même s’appelle parfois une section associée à .
Théorème 1 03PR
Soient une application de dans , une application de dans , et . Alors:
a) Si et sont des injections, est une injection ; si sont des rétractions associées à et , est une rétraction associée à .
b) Si et sont des surjections, est une surjection ; si sont des sections associées à et , est une section associée à .
c) Si est une injection, est une injection ; si est une rétraction associée à , est une rétraction associée à .
d) Si est une surjection, est une surjection ; si est une section associée à , est une section associée à .
e) Si est une surjection et une injection, est une surjection ; si est une section associée à , est une section associée à .
f) Si est une injection et une surjection, est une injection ; si est une rétraction associée à , est une rétraction associée à .
Pour tout ensemble , désignons par l’application identique de .
a) On a et , donc
Si et sont des injections, est donc une injection, d’après la prop. 8 si , et de façon évidente si .
b) On a et , donc
Si et sont des surjections, est donc une surjection d’après la prop. 8.
c) On a , donc . Si est une injection, est donc une injection, d’après la prop. 8 si , et de façon évidente si .
d) On a , donc . Si est une surjection, est donc une surjection d’après la prop. 8.
N° 8 CORRESPONDANCES E II.20
e) On a , et est une bijection d’après d). Donc
Si est une surjection et une injection, est donc une surjection d’après la prop. 8.
f) On a , et est une bijection d’après c). Donc
Si est une injection et une surjection, est donc une injection, d’après la prop. 8 si , et de façon évidente si (car on a alors ).
Proposition 9 03PS
a) Soient des ensembles, une application de sur , une application de dans . Pour qu’il existe une application de dans telle que (fig. 1), il faut et il suffit que la relation (où , ) entraîne la relation . L’application est uniquement déterminée; si est une section associée à , on a .
Fig. 1
Fig. 2
b) Soient des ensembles, une application injective de dans , une application de dans . Pour qu’il existe une application de dans telle que (fig. 2), il faut et il suffit que . L’application est uniquement déterminée; si est une rétraction associée à , on a .
a) Si , la relation (où , ) entraîne évidemment . Et l’on a, pour toute section associée à , , ce qui montre que est uniquement déterminée par . Réciproquement, supposons que la relation entraîne soit une section associée à , et posons ; pour tout , on a , donc , c’est-à-dire ; on a donc bien .
b) Si , on a évidemment , et pour toute rétraction associée à , , ce qui montre que est uniquement déterminée par . Réciproquement, supposons que ; soit une rétraction associée à , et posons ; pour tout , il existe un tel que g(y), donc on a ; on a donc bien .
9. Fonctions de deux arguments
On appelle fonction de deux arguments une fonction dont l’ensemble de définition est un ensemble de couples (ou, ce qui revient au même, une partie d’un produit). Soit une telle fonction; si est un élément de l’ensemble de définition de , la valeur de au point se désigne en général par .
Soient une fonction de deux arguments, son ensemble de définition, son ensemble d’arrivée. Pour tout , soit l’ensemble des tels que (c’est-à-dire la coupe de suivant (n° 1)). L’application () s’appelle l’application partielle déterminée par , relative à la valeur du second argument, et on la désigne par ou (ou parfois ); on a pour . De même, pour tout , soit l’ensemble des tels que . L’application () s’appelle l’application partielle déterminée par , relative à la valeur du premier argument, et on la désigne par ou (ou parfois ); on a pour .
Si, pour tout (resp. ), l’application partielle (resp. ) est une application constante, on dit que ne dépend pas de son premier (resp. second) argument; cela signifie donc que si et sont dans (resp. si et sont dans ). Pour tout appartenant à la seconde projection de , désignons par la valeur commune des pour ; l’application est une application de dans , telle que pour .
Réciproquement, soit une application d’un ensemble dans un ensemble , et soit un ensemble quelconque. L’application de dans ne dépend pas de son premier argument.
Soient une application de dans , une application de dans . L’application de dans s’appelle l’extension canonique (ou simplement extension) de et aux ensembles produits, ou encore produit de et (si aucune confusion n’est à craindre) et se désigne parfois par la notation ou ; l’ensemble de ses valeurs est . Si et sont des applications injectives (resp. surjectives), est une application injective (resp. surjective). Si et sont bijectives, est bijective et l’application réciproque de est . Si est une application de dans , une application de dans , on a
Si et sont les graphes respectifs de et , le graphe de est l’ensemble des couples de tels que et ; on le met en correspondance biunivoque avec le produit (partie de ) par l’application (cf. II, p. 35).
N° 1 RÉUNION ET INTERSECTION D’UNE FAMILLE D’ENSEMBLES E II.22
Exercices
See the exercises for § 3.