Bourbaki

§ 4. Réunion et intersection d’une famille d’ensembles

1. Définition de la réunion et de l’intersection d’une famille d’ensembles

Soient X une famille (II, p. 14), I son ensemble d’indices; pour faciliter l’interprétation intuitive de ce qui suit, nous dirons que X est une famille d’ensembles.

Si (X,I,G)(X, I, \mathfrak{G}) est une famille de parties d’un ensemble E (c’est-à-dire une famille d’éléments dont l’ensemble d’arrivée G\mathfrak{G} est tel que la relation Y∈GY \in \mathfrak{G} entraîne Y⊂EY \subset E), nous la noterons (Xi)i∈I(X_i)_{i\in I} (Xi∈GX_i \in \mathfrak{G}), ou simplement (Xi)i∈I(X_i)_{i\in I} (II, p. 16); par abus de notation, nous noterons aussi (Xi)i∈I(X_i)_{i\in I} une famille d’ensembles quelconque, ayant I pour ensemble d’indices.

Comme la relation (∀x)((i∈I et x∈Xi)⇒(x∈X))(\forall x)((i \in I \text{ et } x \in X_i) \Rightarrow (x \in X)) est vraie, il résulte de S5 (I, p. 33) que la relation

(∀x)(∃Z)(∀x)(((i∈I et x∈Xi)⇒(x∈Z)) (\forall x)(\exists Z)(\forall x)(((i \in I \text{ et } x \in X_i) \Rightarrow (x \in Z))

est vraie. En vertu du schéma S8 (II, p. 4), la relation (∃i)(i∈I et x∈Xi)(\exists i)(i \in I \text{ et } x \in X_i) est donc collectivisante en x.

Définition 1 03I1

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i\in I} une famille d’ensembles (resp. une famille de parties d’un ensemble E). On appelle réunion de cette famille, et on désigne par ⋃i∈IXi\bigcup_{i\in I} X_i, l’ensemble

{x∣(∃i)(i∈I et x∈Xi)}, \{x \mid (\exists i)(i \in I \text{ et } x \in X_i)\},

c’est-à-dire l’ensemble des x qui appartiennent à un ensemble au moins de la famille (Xi)i∈I(X_i)_{i\in I}.

Si (Xi)i∈I(X_i)_{i\in I} est une famille de parties d’un ensemble E, sa réunion est une partie de E; on observera qu’elle ne dépend pas de E, ni de l’ensemble d’arrivée G\mathfrak{G} de l’application i↦Xii \mapsto X_i.

Il est immédiat que si I=∅I = \varnothing, on a ⋃i∈IXi=∅\bigcup_{i\in I} X_i = \varnothing, puisque la relation (∃i)(i∈I et x∈Xi)(\exists i)(i \in I \text{ et } x \in X_i) est alors fausse.

Supposons maintenant I≠∅I \neq \varnothing. Si α\alpha est un élément de I, la relation (∀i)((i∈I)⇒(x∈Xi))(\forall i)((i \in I) \Rightarrow (x \in X_i)) entraîne x∈Xαx \in X_\alpha, donc, en vertu de C52 (II, p. 5), cette relation est collectivisante en x.

Définition 2 03PT

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i\in I} une famille d’ensembles dont l’ensemble d’indices I n’est pas vide. On appelle intersection de cette famille, et on désigne par ⋂i∈IXi\bigcap_{i\in I} X_i, l’ensemble

{x∣(∀i)((i∈I)⇒(x∈Xi))}, \{x \mid (\forall i)((i \in I) \Rightarrow (x \in X_i))\},

c’est-à-dire l’ensemble des x qui appartiennent à tous les ensembles de la famille (Xi)i∈I(X_i)_{i\in I}.

Si I=∅I = \varnothing, la relation (∀i)((i∈I)⇒(x∈Xi))(\forall i)((i \in I) \Rightarrow (x \in X_i)) n’est pas collectivisante en x: en effet, c’est une relation vraie et il n’existe pas d’ensemble Y tel que x∈Yx \in Y soit une relation vraie, car ce serait l’ensemble de tous les objets (cf. II, p. 6, Remarque).

Si (Xt)t∈I(X_t)_{t \in I} est une famille de parties d’un ensemble EE, et si I≠∅I \neq \varnothing, la relation « x∈Ex \in E et (∀t)((t∈I)⇒(x∈Xt))(\forall t)((t \in I) \Rightarrow (x \in X_t)) » est équivalente à (∀t)((t∈I)⇒(x∈Xt))(\forall t)((t \in I) \Rightarrow (x \in X_t)); par suite elle est collectivisante en xx et l’ensemble des xx vérifiant cette relation est égal à ⋂t∈IXt\bigcap_{t \in I} X_t. Lorsque I=∅I = \varnothing, la relation « x∈Ex \in E et (∀t)((t∈I)⇒(x∈Xt))(\forall t)((t \in I) \Rightarrow (x \in X_t)) » est équivalente à x∈Ex \in E; elle est donc encore collectivisante en xx, et l’ensemble des xx vérifiant cette relation est EE. On pose par suite la définition suivante:

Définition 3 03PU

Soit (Xt)t∈I(X_t)_{t \in I} une famille de parties d’un ensemble EE. On appelle intersection de cette famille, et on désigne par ⋂t∈IXt\bigcap_{t \in I} X_t, l’ensemble

{x∣x∈E et (∀t)((t∈I)⇒(x∈Xt))}, \{x \mid x \in E \text{ et } (\forall t)((t \in I) \Rightarrow (x \in X_t))\},
autrement dit l’ensemble des xx qui appartiennent à EE et à tous les ensembles de la famille (Xt)t∈I(X_t)_{t \in I}.

Pour une famille (Xt)t∈∅(X_t)_{t \in \varnothing} de parties de EE, on a donc ⋂t∈∅Xt=E\bigcap_{t \in \varnothing} X_t = E. Mais pour une famille (Xt)t∈I(X_t)_{t \in I} de parties de EE dont l’ensemble d’indices n’est pas vide, l’intersection ⋂t∈IXt\bigcap_{t \in I} X_t ne dépend ni de EE, ni de l’ensemble d’arrivée de t↦Xtt \mapsto X_t, ce qui justifie l’emploi de la même notation dans les déf. 2 et 3.

Proposition 1 03PV

Soit (Xt)t∈I(X_t)_{t \in I} une famille d’ensembles, et soit ff une application d’un ensemble KK sur II. On a alors ⋃κ∈KXf(κ)=⋃t∈IXt\bigcup_{\kappa \in K} X_{f(\kappa)} = \bigcup_{t \in I} X_t, et, si I≠∅I \neq \varnothing, ⋂κ∈KXf(κ)=⋂t∈IXt\bigcap_{\kappa \in K} X_{f(\kappa)} = \bigcap_{t \in I} X_t.

Soit xx un élément de ⋃t∈IXt\bigcup_{t \in I} X_t. Il existe un indice t∈It \in I tel que x∈Xtx \in X_t. Puisque f(K)=If(K) = I, il existe un indice κ∈K\kappa \in K tel que t=f(κ)t = f(\kappa), d’où x∈Xf(κ)x \in X_{f(\kappa)}, et par suite x∈⋃κ∈KXf(κ)x \in \bigcup_{\kappa \in K} X_{f(\kappa)}. Réciproquement, si x∈⋃κ∈KXf(κ)x \in \bigcup_{\kappa \in K} X_{f(\kappa)}, il existe un κ∈K\kappa \in K tel que x∈Xf(κ)x \in X_{f(\kappa)}, d’où, puisque f(κ)∈If(\kappa) \in I, x∈⋃t∈IXtx \in \bigcup_{t \in I} X_t. On a donc ⋃κ∈KXf(κ)=⋃t∈IXt\bigcup_{\kappa \in K} X_{f(\kappa)} = \bigcup_{t \in I} X_t.

Supposons maintenant I≠∅I \neq \varnothing, et soit xx un élément de ⋂t∈IXt\bigcap_{t \in I} X_t. Pour tout élément κ\kappa de KK, on a f(κ)∈If(\kappa) \in I, d’où x∈Xf(κ)x \in X_{f(\kappa)} et x∈⋂κ∈KXf(κ)x \in \bigcap_{\kappa \in K} X_{f(\kappa)}. Soit réciproquement xx un élément de ⋂κ∈KXf(κ)\bigcap_{\kappa \in K} X_{f(\kappa)}. Si tt est un élément quelconque de II, il existe un élément κ\kappa de KK tel que t=f(κ)t = f(\kappa), d’où x∈Xtx \in X_t, et par suite x∈⋂t∈IXtx \in \bigcap_{t \in I} X_t. On a donc ⋂κ∈KXf(κ)=⋂t∈IXt\bigcap_{\kappa \in K} X_{f(\kappa)} = \bigcap_{t \in I} X_t.

Pour les familles de parties d’un ensemble donné, il est clair que la seconde partie de la prop. 1 est encore valable sans la restriction I≠∅I \neq \varnothing.

Corollaire 03I2

Soit (Xt)t∈I(X_t)_{t \in I} une famille d’ensembles telle que Xt=XκX_t = X_\kappa pour tout couple d’indices (t,κ)(t, \kappa). Alors, pour tout α∈I\alpha \in I, on a ⋃t∈IXt=Xα\bigcup_{t \in I} X_t = X_\alpha, et (si I≠∅I \neq \varnothing) ⋂t∈IXt=Xα\bigcap_{t \in I} X_t = X_\alpha.

Il suffit d’appliquer la prop. 1 à l’application constante t↦αt \mapsto \alpha de II sur {α}\{\alpha\}.

Définition 4 03I3

Soit F\mathfrak{F} un ensemble d’ensembles, et soit Φ\Phi la famille d’ensembles

N° 2 RÉUNION ET INTERSECTION D’UNE FAMILLE D’ENSEMBLES E II.24

constituée par l’application identique de F\mathfrak{F}. La réunion des ensembles de Φ\Phi, et (si F\mathfrak{F} est non vide) l’intersection des ensembles de Φ\Phi, s’appellent respectivement la réunion et l’intersection des ensembles de F\mathfrak{F}, et se désignent par ⋃X∈FX\bigcup_{X\in\mathfrak{F}}X et ⋂X∈FX\bigcap_{X\in\mathfrak{F}}X.

Il résulte tout de suite de la prop. 1 que, si (Xt)t∈I(X_t)_{t\in I} est une famille d’ensembles, la réunion et (si I≠∅I\neq\varnothing) l’intersection de cette famille sont respectivement égales à la réunion et à l’intersection des ensembles de l’ensemble des éléments de cette famille.

2. Propriétés de la réunion et de l’intersection

Si (Xt)t∈I(X_t)_{t\in I} et (Yt)t∈I(Y_t)_{t\in I} sont des familles d’ensembles ayant le même ensemble d’indices II, et si on a Yt⊂XtY_t\subset X_t pour tout t∈It\in I, il est immédiat que l’on a

⋃t∈IYt⊂⋃t∈IXt, \bigcup_{t\in I}Y_t\subset\bigcup_{t\in I}X_t,
et (si I≠∅I\neq\varnothing)
⋂t∈IYt⊂⋂t∈IXt. \bigcap_{t\in I}Y_t\subset\bigcap_{t\in I}X_t.

Soit (Xt)t∈I(X_t)_{t\in I} une famille d’ensembles. Si J⊂IJ\subset I, on a

⋃t∈JXt⊂⋃t∈IXt, \bigcup_{t\in J}X_t\subset\bigcup_{t\in I}X_t,
et (si J≠∅J\neq\varnothing)
⋂t∈JXt⊃⋂t∈IXt. \bigcap_{t\in J}X_t\supset\bigcap_{t\in I}X_t.

Proposition 2 03I4

Soit (Xt)t∈I(X_t)_{t\in I} une famille d’ensembles dont l’ensemble d’indices II est réunion d’une famille (Jλ)λ∈L(J_\lambda)_{\lambda\in L} d’ensembles. On a alors

⋃t∈IXt=⋃λ∈L(⋃t∈JλXt) \bigcup_{t\in I}X_t=\bigcup_{\lambda\in L}\left(\bigcup_{t\in J_\lambda}X_t\right)
et (si L≠∅L\neq\varnothing et Jλ≠∅J_\lambda\neq\varnothing pour tout λ∈L\lambda\in L)
⋂t∈IXt=⋂λ∈L(⋂t∈JλXt) \bigcap_{t\in I}X_t=\bigcap_{\lambda\in L}\left(\bigcap_{t\in J_\lambda}X_t\right)
(« associativité » de la réunion et de l’intersection).

Soit xx un élément de ⋃t∈IXt\bigcup_{t\in I}X_t. Il existe un indice t∈It\in I tel que x∈Xtx\in X_t. Puisque II est la réunion de la famille (Jλ)λ∈L(J_\lambda)_{\lambda\in L}, il existe un indice λ∈L\lambda\in L tel que t∈Jλt\in J_\lambda, d’où

x∈⋃t∈JλXt, x\in\bigcup_{t\in J_\lambda}X_t,
et par suite
x∈⋃λ∈L(⋃t∈JλXt). x\in\bigcup_{\lambda\in L}\left(\bigcup_{t\in J_\lambda}X_t\right).
Soit inversement xx un élément de l’ensemble
⋃λ∈L(⋃t∈JλXt). \bigcup_{\lambda\in L}\left(\bigcup_{t\in J_\lambda}X_t\right).
Il existe un indice λ∈L\lambda\in L tel que
x∈⋃t∈JλXt, x\in\bigcup_{t\in J_\lambda}X_t,
d’où il résulte qu’il existe un indice t∈Jλt\in J_\lambda (donc t∈It\in I) tel que x∈Xtx\in X_t; on en conclut que
x∈⋃t∈IXt. x\in\bigcup_{t\in I}X_t.

Supposons maintenant que L≠∅L\neq\varnothing et Jλ≠∅J_\lambda\neq\varnothing pour tout λ∈L\lambda\in L; alors I≠∅I\neq\varnothing. Soit xx un élément de

⋂t∈IXt. \bigcap_{t\in I}X_t.
Si λ∈L\lambda\in L, on a x∈Xtx\in X_t pour tout t∈Jλt\in J_\lambda (puisque Jλ⊂IJ_\lambda\subset I), d’où
x∈⋂t∈JλXt. x\in\bigcap_{t\in J_\lambda}X_t.
Ceci étant vrai pour tout λ∈L\lambda\in L, on en conclut que xx appartient à
⋂λ∈L(⋂t∈JλXt). \bigcap_{\lambda\in L}\left(\bigcap_{t\in J_\lambda}X_t\right).
Soit réciproquement xx un élément de ce dernier ensemble, et soit tt un élément quelconque de II. Il existe un λ∈L\lambda\in L tel que t∈Jλt\in J_\lambda; puisque
x∈⋂t∈JλXt, x\in\bigcap_{t\in J_\lambda}X_t,
on a x∈Xtx\in X_t. Ceci étant vrai pour tout t∈It\in I, on a
x∈⋂t∈IXt. x\in\bigcap_{t\in I}X_t.
La prop. 2 est donc démontrée.

Pour les familles de parties d’un ensemble, la seconde partie de la prop. 2 est encore valable sans les restrictions sur L et J_λ.

3. Images d’une réunion et d’une intersection

Proposition 3 03I5

Soient (X_i)_{i \in I} une famille de parties d’un ensemble A, et Γ une correspondance entre A et B. On a alors Γ⟨⋃i∈IXi⟩=⋃i∈IΓ⟨Xi⟩\Gamma \langle \bigcup_{i \in I} X_i \rangle = \bigcup_{i \in I} \Gamma \langle X_i \rangle, et

Γ⟨⋂i∈IXi⟩⊂⋂i∈IΓ⟨Xi⟩. \Gamma \langle \bigcap_{i \in I} X_i \rangle \subset \bigcap_{i \in I} \Gamma \langle X_i \rangle.
La relation (∃x)(x∈⋃i∈IXi et y∈Γ(x))(\exists x)(x \in \bigcup_{i \in I} X_i \text{ et } y \in \Gamma(x)) est équivalente à (∃x)(∃i)(i∈I et x∈Xi et y∈Γ(x))(\exists x)(\exists i)(i \in I \text{ et } x \in X_i \text{ et } y \in \Gamma(x)), donc à (∃i)(i∈I et y∈Γ⟨Xi⟩)(\exists i)(i \in I \text{ et } y \in \Gamma \langle X_i \rangle), c’est-à-dire à y∈⋃i∈IΓ⟨Xi⟩y \in \bigcup_{i \in I} \Gamma \langle X_i \rangle, ce qui démontre la première formule. D’autre part, pour tout i∈Ii \in I, on a ⋂i∈IXi⊂Xi\bigcap_{i \in I} X_i \subset X_i, d’où (II, p. 10, prop. 2) Γ⟨⋂i∈IXi⟩⊂Γ⟨Xi⟩\Gamma \langle \bigcap_{i \in I} X_i \rangle \subset \Gamma \langle X_i \rangle, et par suite
Γ⟨⋂i∈IXi⟩⊂⋂i∈IΓ⟨Xi⟩. \Gamma \langle \bigcap_{i \in I} X_i \rangle \subset \bigcap_{i \in I} \Gamma \langle X_i \rangle.
Si Γ est une correspondance quelconque (et en particulier une fonction quelconque), la formule Γ⟨⋂i∈IXi⟩=⋂i∈IΓ⟨Xi⟩\Gamma \langle \bigcap_{i \in I} X_i \rangle = \bigcap_{i \in I} \Gamma \langle X_i \rangle est en général fausse.

\* Par exemple, dans le plan R2\mathbf{R}^2, les premières projections des droites y=xy = x et y=x+1y = x + 1 sont identiques à R\mathbf{R}, mais l’intersection de ces droites est vide, et par suite aussi la première projection de cette intersection.¹ \*

On a cependant l’important résultat suivant:

Proposition 4 03I6

Soient f une application de A dans B, et (Yi)i∈I(Y_i)_{i \in I} une famille de parties de B. On a alors f−1⟨⋂i∈IYi⟩=⋂i∈If−1⟨Yi⟩f^{-1} \langle \bigcap_{i \in I} Y_i \rangle = \bigcap_{i \in I} f^{-1} \langle Y_i \rangle.

En effet, soit x un élément de ⋂i∈If−1⟨Yi⟩\bigcap_{i \in I} f^{-1} \langle Y_i \rangle. On a f(x)∈Yif(x) \in Y_i pour tout i∈Ii \in I, d’où f(x)∈⋂i∈IYif(x) \in \bigcap_{i \in I} Y_i, et par suite x∈f−1⟨⋂i∈IYi⟩x \in f^{-1} \langle \bigcap_{i \in I} Y_i \rangle. Donc ⋂i∈If−1⟨Yi⟩⊂f−1⟨⋂i∈IYi⟩\bigcap_{i \in I} f^{-1} \langle Y_i \rangle \subset f^{-1} \langle \bigcap_{i \in I} Y_i \rangle, ce qui, avec la prop. 3, achève la démonstration.

Corollaire 03I7

Si f est une injection de A dans B et si (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} est une famille de parties de A dont l’ensemble d’indices n’est pas vide, on a f⟨⋂i∈IXi⟩=⋂i∈If⟨Xi⟩f \langle \bigcap_{i \in I} X_i \rangle = \bigcap_{i \in I} f \langle X_i \rangle.

On peut en effet écrire f=i∘gf = i \circ g, où i est l’injection canonique de f⟨A⟩f \langle A \rangle dans B et g une bijection de A sur f⟨A⟩f \langle A \rangle. Alors, pour toute partie X de A, on a f⟨X⟩=h−1⟨X⟩f \langle X \rangle = h^{-1} \langle X \rangle, en désignant par h l’application réciproque de g; on est donc ramené à la prop. 4.

¹ Une erreur célèbre provenant de l’application de la formule précédente est celle commise par H. Lebesgue dans sa tentative pour démontrer que la projection sur un axe d’un ensemble borélien du plan est encore un ensemble borélien (résultat depuis reconnu inexact, et dont la discussion est à l’origine de la théorie des ensembles « sousliniens »): il écrit que la projection de l’intersection d’une suite décroissante d’ensembles est égale à l’intersection de leurs projections (Journal de Mathématiques, (6), t, I (1905), p. 191–192).

4. Complémentaire d'une réunion ou d'une intersection

Proposition 5 03I8

Pour toute famille (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} de parties d'un ensemble EE, on a

CE(⋃i∈IXi)=⋂i∈I(CEXi)etCE(⋂i∈IXi)=⋃i∈I(CEXi). \mathscr{C}_E(\bigcup_{i \in I} X_i) = \bigcap_{i \in I} (\mathscr{C}_E X_i) \quad \text{et} \quad \mathscr{C}_E(\bigcap_{i \in I} X_i) = \bigcup_{i \in I} (\mathscr{C}_E X_i).

Soit x∈CE(⋃i∈IXi)x \in \mathscr{C}_E(\bigcup_{i \in I} X_i). On a x∈Ex \in E, et, pour tout i∈Ii \in I, x∉Xix \notin X_i, donc x∈CEXix \in \mathscr{C}_E X_i; par suite x∈⋂i∈I(CEXi)x \in \bigcap_{i \in I} (\mathscr{C}_E X_i). Réciproquement, soit x∈⋂i∈I(CEXi)x \in \bigcap_{i \in I} (\mathscr{C}_E X_i); par définition de l'intersection (II, p. 23, déf. 3), on a x∈Ex \in E. En outre, si on avait x∈⋃i∈IXix \in \bigcup_{i \in I} X_i, il existerait κ∈I\kappa \in I tel que x∈Xκx \in X_\kappa, ce qui est contraire à l'hypothèse x∈⋂i∈I(CEXi)x \in \bigcap_{i \in I} (\mathscr{C}_E X_i); donc x∈CE(⋃i∈IXi)x \in \mathscr{C}_E(\bigcup_{i \in I} X_i). Ceci achève la démonstration de la première formule. La seconde en résulte immédiatement, compte tenu de la relation CE(CEX)=X\mathscr{C}_E(\mathscr{C}_E X) = X pour toute partie XX de EE.

5. Réunion et intersection de deux ensembles

Si AA et BB sont des ensembles, on pose

A∪B=⋃X∈{A,B}X,A∩B=⋂X∈{A,B}X. A \cup B = \bigcup_{X \in \{A, B\}} X, \qquad A \cap B = \bigcap_{X \in \{A, B\}} X.

Il est clair que A∪BA \cup B est l'ensemble des objets qui appartiennent soit à AA, soit à BB (et éventuellement à tous deux), tandis que A∩BA \cap B est l'ensemble des objets qui appartiennent à la fois à AA et à BB. En particulier {x,y}={x}∪{y}\{x, y\} = \{x\} \cup \{y\}.

Posons {x,y,z}={x,y}∪{z}\{x, y, z\} = \{x, y\} \cup \{z\}. L'ensemble {x,y,z}\{x, y, z\} est l'ensemble dont les seuls éléments sont x,yx, y et zz. On pose de même {x,y,z,t}={x,y,z}∪{t}\{x, y, z, t\} = \{x, y, z\} \cup \{t\}. Etc.

Si maintenant A,B,C,DA, B, C, D sont des ensembles, on pose

A∪B∪C=⋃X∈{A,B,C}X,A∩B∩C=⋂X∈{A,B,C}X A \cup B \cup C = \bigcup_{X \in \{A, B, C\}} X, \qquad A \cap B \cap C = \bigcap_{X \in \{A, B, C\}} X
A∪B∪C∪D=⋃X∈{A,B,C,D}X,A∩B∩C∩D=⋂X∈{A,B,C,D}X. Etc. A \cup B \cup C \cup D = \bigcup_{X \in \{A, B, C, D\}} X, \qquad A \cap B \cap C \cap D = \bigcap_{X \in \{A, B, C, D\}} X. \text{ Etc.}

Soient A,B,CA, B, C des ensembles. Les prop. 1 et 2 entraînent les formules

A∪B=B∪A,A∩B=B∩A A \cup B = B \cup A, \qquad A \cap B = B \cap A
A∪(B∪C)=(A∪B)∪C=A∪B∪C A \cup (B \cup C) = (A \cup B) \cup C = A \cup B \cup C
A∩(B∩C)=(A∩B)∩C=A∩B∩C. A \cap (B \cap C) = (A \cap B) \cap C = A \cap B \cap C.

Ces formules sont d'ailleurs des conséquences immédiates de théorèmes énoncés dans le critère C24 (I, p. 31); on démontre de la même façon les formules

A∪(B∩C)=(A∪B)∩(A∪C),A∩(B∪C)=(A∩B)∪(A∩C) A \cup (B \cap C) = (A \cup B) \cap (A \cup C), \qquad A \cap (B \cup C) = (A \cap B) \cup (A \cap C)

(« distributivité » de la réunion par rapport à l'intersection et de l'intersection par rapport à la réunion; cf. II, p. 35).

La relation A⊂BA \subset B est équivalente à A∪B=BA \cup B = B et à A∩B=AA \cap B = A. Si AA et BB sont des parties d’un ensemble EE, on déduit de la prop. 5 (ou du critère C24) les formules

CE(A∪B)=(CEA)∩(CEB),CE(A∩B)=(CEA)∪(CEB); \mathscr{C}_E(A \cup B) = (\mathscr{C}_E A) \cap (\mathscr{C}_E B), \qquad \mathscr{C}_E(A \cap B) = (\mathscr{C}_E A) \cup (\mathscr{C}_E B);

on a en outre

A∪(CEA)=E,A∩(CEA)=∅. A \cup (\mathscr{C}_E A) = E, \qquad A \cap (\mathscr{C}_E A) = \varnothing.

Si Γ\Gamma est une correspondance entre EE et FF, AA et BB des parties de EE, on déduit de la prop. 3 (II, p. 25) que

Γ⟨A∪B⟩=Γ⟨A⟩∪Γ⟨B⟩,Γ⟨A∩B⟩⊂Γ⟨A⟩∩Γ⟨B⟩ \Gamma \langle A \cup B \rangle = \Gamma \langle A \rangle \cup \Gamma \langle B \rangle, \qquad \Gamma \langle A \cap B \rangle \subset \Gamma \langle A \rangle \cap \Gamma \langle B \rangle

et si ff est une application de FF dans EE

f−1⟨A∩B⟩=f−1⟨A⟩∩f−1⟨B⟩ f^{-1} \langle A \cap B \rangle = f^{-1} \langle A \rangle \cap f^{-1} \langle B \rangle

en vertu de la prop. 4.

Notons aussi la proposition correspondante pour les complémentaires:

Proposition 6 03PW

Soit ff une application de AA dans BB; pour toute partie YY de BB, on a

f−1⟨B−Y⟩=f−1⟨B⟩−f−1⟨Y⟩. f^{-1} \langle B - Y \rangle = f^{-1} \langle B \rangle - f^{-1} \langle Y \rangle.

En effet, pour que xx appartienne à f−1⟨B−Y⟩f^{-1} \langle B - Y \rangle, il faut et il suffit que f(x)f(x) appartienne à BB mais non à YY, c’est-à-dire que xx appartienne à f−1⟨B⟩f^{-1} \langle B \rangle, mais non à f−1⟨Y⟩f^{-1} \langle Y \rangle.

Corollaire 03PX

Soit ff une injection de AA dans BB; pour toute partie XX de AA, on a

f⟨A−X⟩=f⟨A⟩−f⟨X⟩. f \langle A - X \rangle = f \langle A \rangle - f \langle X \rangle.

En écrivant f=i∘gf = i \circ g, où ii est l’injection canonique de f⟨A⟩f \langle A \rangle dans BB, on se ramène à la prop. 6 appliquée à g−1g^{-1}.

L’intersection X∩AX \cap A s’appelle quelquefois trace de XX sur AA. Si F\mathfrak{F} est une famille d’ensembles, on appelle encore trace de F\mathfrak{F} sur AA l’ensemble des traces sur AA des ensembles appartenant à F\mathfrak{F}.

6. Recouvrements

Définition 5 03PY

On dit qu’une famille d’ensembles (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} est un recouvrement d’un ensemble EE si E⊂⋃i∈IXiE \subset \bigcup_{i \in I} X_i. Si (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} et (Yκ)κ∈K(Y_\kappa)_{\kappa \in K} sont des recouvrements de EE, on dit que le second de ces recouvrements est plus fin que le premier (ou que le premier est moins fin que le second) si, pour tout κ∈K\kappa \in K, il existe un i∈Ii \in I tel que Yκ⊂XiY_\kappa \subset X_i.

Un ensemble d’ensembles F\mathfrak{F} est un recouvrement de EE si la famille d’ensembles constituée par l’application identique de F\mathfrak{F} est un recouvrement de EE, autrement dit si E⊂⋃X∈FXE \subset \bigcup_{X \in \mathfrak{F}} X.

Si R,R′,R′′\mathfrak{R}, \mathfrak{R}', \mathfrak{R}'' sont trois recouvrements de EE tels que R′\mathfrak{R}' soit plus fin que R\mathfrak{R}, et R′′\mathfrak{R}'' plus fin que R′\mathfrak{R}', il est clair que R′′\mathfrak{R}'' est plus fin que R\mathfrak{R}.

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} un recouvrement de EE; si JJ est une partie de II telle que (Xi)i∈J(X_i)_{i \in J} soit encore un recouvrement de EE, ce recouvrement est évidemment plus fin que (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I}.

Soient (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} et (Yκ)κ∈K(Y_\kappa)_{\kappa \in K} des recouvrements d’un ensemble EE. La famille d’ensembles (Xi∩Yκ)(i,κ)∈I×K(X_i \cap Y_\kappa)_{(i, \kappa) \in I \times K} est encore un recouvrement de EE. En effet, si x∈Ex \in E, il existe des indices i∈Ii \in I et κ∈K\kappa \in K tels que x∈Xix \in X_i et x∈Yκx \in Y_\kappa, d’où x∈Xi∩Yκx \in X_i \cap Y_\kappa. De plus, il est clair que le recouvrement (Xi∩Yκ)(i,κ)∈I×K(X_i \cap Y_\kappa)_{(i, \kappa) \in I \times K} est plus fin que chacun des recouvrements (Xi)i∈I,(Yκ)κ∈K(X_i)_{i \in I}, (Y_\kappa)_{\kappa \in K}. Soit réciproquement (Zλ)λ∈L(Z_\lambda)_{\lambda \in L} un recouvrement de EE qui est plus fin que chacun des recouvrements (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} et (Yκ)κ∈K(Y_\kappa)_{\kappa \in K}; si λ∈L\lambda \in L, il existe alors des indices i∈Ii \in I et κ∈K\kappa \in K tels que Zλ⊂XiZ_\lambda \subset X_i et Zλ⊂YκZ_\lambda \subset Y_\kappa, d’où Zλ⊂Xi∩YκZ_\lambda \subset X_i \cap Y_\kappa, ce qui montre que le recouvrement (Zλ)λ∈L(Z_\lambda)_{\lambda \in L} est plus fin que le recouvrement (Xi∩Yκ)(i,κ)∈I×K(X_i \cap Y_\kappa)_{(i, \kappa) \in I \times K}.

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} un recouvrement d’un ensemble AA, et soit ff une application de AA sur un ensemble BB. La famille (f⟨Xi⟩)i∈I(f \langle X_i \rangle)_{i \in I} est alors un recouvrement de BB (II, p. 25, prop. 3) qui s’appelle l’image du recouvrement (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} par ff. Si gg est une application d’un ensemble CC dans l’ensemble AA, la famille (g‾−1⟨Xi⟩)i∈I(\overline{g}^{-1}\langle X_i \rangle)_{i \in I} est un recouvrement de CC, qu’on appelle l’image réciproque du recouvrement (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} par gg.

Soient EE et FF des ensembles, (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} un recouvrement de EE et (Yκ)κ∈K(Y_\kappa)_{\kappa \in K} un recouvrement de FF. La famille (Xi×Yκ)(i,κ)∈I×K(X_i \times Y_\kappa)_{(i, \kappa) \in I \times K} est alors un recouvrement de E×FE \times F qu’on appelle le produit des recouvrements (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} de EE et (Yκ)κ∈K(Y_\kappa)_{\kappa \in K} de FF.

Proposition 7 03PZ

1° Soient EE un ensemble et (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} un recouvrement de EE. Si deux fonctions f,gf, g, ayant EE pour ensemble de définition, sont telles que, pour tout i∈Ii \in I, ff et gg coïncident dans E∩XiE \cap X_i, alors ff et gg coïncident dans EE.

2° Soient (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles, (fi)i∈I(f_i)_{i \in I} une famille de fonctions ayant même ensemble d’arrivée FF, telle que, pour tout i∈Ii \in I, l’ensemble de définition de fif_i soit XiX_i, et que, pour tout couple (i,κ)∈I×I(i, \kappa) \in I \times I, fif_i et fκf_\kappa coïncident dans Xi∩XκX_i \cap X_\kappa. Il existe alors une fonction ff et une seule, ayant A=⋃i∈IXiA = \bigcup_{i \in I} X_i pour ensemble de définition et FF pour ensemble d’arrivée, et qui prolonge toutes les fonctions fif_i (i∈Ii \in I).

1° Soit xx un élément quelconque de EE; il existe un i∈Ii \in I tel que x∈Xix \in X_i, d’où f(x)=g(x)f(x) = g(x) par hypothèse.

2° Soit GiG_i le graphe de fif_i, et G=⋃i∈IGiG = \bigcup_{i \in I} G_i; montrons que GG est un graphe fonctionnel. En effet, si (x,y)∈G(x, y) \in G et (x,y′)∈G(x, y') \in G, il existe deux indices i,κi, \kappa dans II tels que (x,y)∈Gi(x, y) \in G_i et (x,y′)∈Gκ(x, y') \in G_\kappa. Cela entraîne x∈Xi,x∈Xκ,y=fi(x),y′=fκ(x)x \in X_i, x \in X_\kappa, y = f_i(x), y' = f_\kappa(x); mais comme x∈Xi∩Xκx \in X_i \cap X_\kappa, on a fi(x)=fκ(x)f_i(x) = f_\kappa(x), c’est-à-dire y=y′y = y'. Le graphe GG a pour ensemble de définition pr⁡1G=⋃i∈Ipr⁡1Gi=A\operatorname{pr}_1 G = \bigcup_{i \in I} \operatorname{pr}_1 G_i = A; la fonction f=(G,A,F)f = (G, A, F) répond donc à la question. Son unicité résulte de la première partie de la proposition.

7. Partitions

Définition 6 03Q0

On dit que deux ensembles A,BA, B sont disjoints (ou sans élément commun) si A∩B=∅A \cap B = \varnothing; s’il n’en est pas ainsi, on dit que AA et BB se rencontrent. Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles; on dit que les ensembles de cette famille sont mutuellement (ou deux à deux) disjoints si les conditions i∈I,κ∈I,i≠κi \in I, \kappa \in I, i \neq \kappa entraînent Xi∩Xκ=∅X_i \cap X_\kappa = \varnothing.

Soit ff une application de AA dans BB, (Yi)i∈I(Y_i)_{i \in I} une famille de parties de BB, mutuellement disjointes; la prop. 4 (II, p. 25) montre que les ensembles de la famille (f−1(Yi))i∈I(f^{-1}(Y_i))_{i \in I} de parties de AA sont mutuellement disjoints. Par contre, si (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} est une famille de parties de AA, mutuellement disjointes, les ensembles de la famille (f(Xi))i∈I(f(X_i))_{i \in I} ne sont pas en général mutuellement disjoints.

Proposition 8 03Q1

Soient (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles mutuellement disjoints, (fi)i∈I(f_i)_{i \in I} une famille de fonctions ayant même ensemble d’arrivée FF, et telles que, pour tout i∈Ii \in I, l’ensemble de définition de fif_i soit XiX_i. Il existe alors une fonction ff et une seule, ayant ⋃i∈IXi\bigcup_{i \in I} X_i pour ensemble de définition et FF pour ensemble d’arrivée, et qui prolonge toutes les fonctions fif_i (i∈Ii \in I).

C’est un corollaire immédiat de la prop. 7 (II, p. 28), puisque fif_i et fκf_\kappa coïncident évidemment dans Xi∩Xκ=∅X_i \cap X_\kappa = \varnothing lorsque i≠κi \neq \kappa.

Définition 7 03Q2

On appelle partition d’un ensemble EE une famille de parties mutuellement disjointes de EE, qui est un recouvrement de EE.

Exemple 03I9

Pour tout ensemble non vide AA, la famille ({x})x∈A(\{x\})_{x \in A} des parties de AA réduites à un seul élément est une partition de AA.

Si (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} est une partition d’un ensemble EE formée d’ensembles non vides, l’application i↦Xii \mapsto X_i de II sur l’ensemble F\mathfrak{F} des éléments XiX_i de la partition est bijective. La donnée de F\mathfrak{F} définit donc la partition à une bijection près des ensembles d’indices. Lorsqu’on parle d’une partition en ensembles non vides, c’est de l’ensemble des éléments de la partition qu’il est question le plus souvent.

8. Somme d’une famille d’ensembles

Proposition 9 03Q3

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles. Il existe un ensemble XX possédant la propriété suivante : XX est réunion d’une famille (Xi′)i∈I(X'_i)_{i \in I} d’ensembles mutuellement disjoints, telle que, pour tout i∈Ii \in I, il existe une application bijective de XiX_i sur Xi′X'_i.

Soit A=⋃i∈IXiA = \bigcup_{i \in I} X_i. Si i∈Ii \in I, l’application x↦(x,i)x \mapsto (x, i) (x∈Xix \in X_i) est une application bijective de XiX_i sur une partie Xi′X'_i de A×IA \times I. De plus, l’image de Xi′X'_i par la seconde fonction coordonnée sur A×IA \times I est contenue dans l’ensemble {i}\{i\}; il en résulte que Xi′∩Xκ′=∅X'_i \cap X'_\kappa = \varnothing si i≠κi \neq \kappa. Il suffit alors de poser X=⋃i∈IXi′X = \bigcup_{i \in I} X'_i.

Définition 8 03Q4

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles. On appelle somme de cette famille d’ensembles la réunion de la famille des ensembles Xi×{i}(i∈I)X_i \times \{i\} (i \in I).

Proposition 10 03IA

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles mutuellement disjoints. Soient AA sa réunion et SS sa somme. Il existe une application bijective de AA sur SS.

Pour tout i∈Ii \in I, soit fif_i une bijection de XiX_i sur Xi×{i}X_i \times \{i\}. En vertu de la prop. 8 (II, p. 29), il existe une application ff de AA dans SS qui prolonge toutes les applications fkf_k. On vérifie aussitôt que ff est une application bijective de AA sur SS.

Par abus de langage, on dit qu’un ensemble EE est somme d’une famille d’ensembles (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} lorsqu’il existe une bijection de EE sur la somme de cette famille définie par la déf. 8.

On notera que, si (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} est une famille d’ensembles quelconque, le raisonnement de la prop. 10 montre qu’il existe une application de la somme SS de cette famille sur sa réunion AA.

On dit encore qu’un ensemble somme d’un ensemble XX et d’un ensemble {a}\{a\} réduit à un élément est obtenu par adjonction de aa à XX.

Exercices

See the exercises for § 4.

Transcribed from the printed edition, 2006, Springer. Not translated.