Bourbaki

§ 5. Produit d’une famille d’ensembles

1. L’axiome de l’ensemble des parties

A3.

(∀X)Coll⁡Y(Y⊂X).(\forall X) \operatorname{Coll}_Y(Y \subset X).

Cet axiome signifie que, pour tout ensemble XX, il existe un ensemble dont les éléments sont toutes les parties de XX, savoir l’ensemble {Y∣(Y⊂X)}\{Y \mid (Y \subset X)\} (II, p. 3); on le désigne par P(X)\mathfrak{P}(X), et on l’appelle l’ensemble des parties de XX. Il est clair que, si X⊂X′X \subset X', on a P(X)⊂P(X′)\mathfrak{P}(X) \subset \mathfrak{P}(X').

Soient AA et BB deux ensembles, Γ\Gamma une correspondance entre AA et BB. La fonction X↦Γ⟨X⟩X \mapsto \Gamma\langle X \rangle (X∈P(A),Γ⟨X⟩∈P(B)X \in \mathfrak{P}(A), \Gamma\langle X \rangle \in \mathfrak{P}(B)) s’appelle l’extension canonique (ou simplement extension) de Γ\Gamma aux ensembles de parties, et se note Γ^\hat{\Gamma}; c’est une application de P(A)\mathfrak{P}(A) dans P(B)\mathfrak{P}(B). Si Γ′\Gamma' est une correspondance entre BB et un ensemble CC, la formule (Γ′∘Γ)⟨X⟩=Γ′⟨Γ⟨X⟩⟩(\Gamma' \circ \Gamma)\langle X \rangle = \Gamma'\langle \Gamma\langle X \rangle \rangle montre que l’extension de Γ′∘Γ\Gamma' \circ \Gamma aux ensembles de parties est l’application Γ^′∘Γ^\hat{\Gamma}' \circ \hat{\Gamma}.

Proposition 1 03IJ

1° Si ff est une surjection d’un ensemble EE sur un ensemble FF, l’extension canonique f^\hat{f} est une surjection de P(E)\mathfrak{P}(E) sur P(F)\mathfrak{P}(F).

Cite 1 · Cité par 1

Cite II § 3. Correspondances

Cité par IV § 1. Structures et isomorphismes

2° Si ff est une injection de EE dans FF, l’extension canonique f^\hat{f} est une injection de P(E)\mathfrak{P}(E) dans P(F)\mathfrak{P}(F).

1° Si ss est une section associée à ff, f∘sf \circ s est l’application identique de FF, donc f^∘s^\hat{f} \circ \hat{s} est l’application identique de P(F)\mathfrak{P}(F), ce qui montre que ff est une surjection et s^\hat{s} une section associée (II, p. 18).

2° La proposition est immédiate si E=∅E = \varnothing, puisqu’alors P(E)={∅}\mathfrak{P}(E) = \{\varnothing\}. Si E≠∅E \neq \varnothing et si rr est une rétraction associée à ff, r∘fr \circ f est l’application identique de EE, donc r^∘f^\hat{r} \circ \hat{f} est l’application identique de P(E)\mathfrak{P}(E), ce qui montre que f^\hat{f} est une injection et r^\hat{r} une rétraction associée (II, p. 18).

2. Ensemble des applications d’un ensemble dans un ensemble

Soient E et F des ensembles. Le graphe d’une application de E dans F est une partie de E×FE \times F. L’ensemble des éléments de P(E×F)\mathfrak{P}(E \times F) qui possèdent la propriété d’être des graphes d’applications de E dans F est donc une partie de P(E×F)\mathfrak{P}(E \times F) que l’on désigne par FEF^E. L’ensemble des triplets f=(G,E,F)f = (G, E, F), pour G∈FEG \in F^E est donc l’ensemble des applications de E dans F ; on le désigne par F(E;F)\mathscr{F}(E; F). Il est clair que G↦(G,E,F)G \mapsto (G, E, F) est une bijection (dite canonique) de FEF^E sur F(E;F)\mathscr{F}(E; F). L’existence de cette bijection permet de traduire aussitôt toute proposition relative à l’ensemble FEF^E en une proposition relative à F(E;F)\mathscr{F}(E; F), et vice-versa.

Soient E, E’, F, F’ des ensembles. Soient u une application de E’ dans E, et v une application de F dans F’. La fonction f↦v∘f∘uf \mapsto v \circ f \circ u (f∈F(E;F)f \in \mathscr{F}(E; F)) est une application de F(E;F)\mathscr{F}(E; F) dans F(E′;F′)\mathscr{F}(E'; F').

Proposition 2 03Q5

1° Si u est une surjection de E’ sur E, et v une injection de F dans F’, l’application f↦v∘f∘uf \mapsto v \circ f \circ u est injective.

Cite 1 · Cité par 2

Cite Définition 11, II § 3

Cité par Proposition 4, Proposition 9, III § 3

2° Si u est une injection de E’ dans E, et v une surjection de F sur F’, l’application f↦v∘f∘uf \mapsto v \circ f \circ u est surjective.

Bornons-nous au cas où les ensembles E’, F sont non vides, la proposition se vérifiant trivialement dans les autres cas.

1° Soient s une section associée à u, r une rétraction associée à v (II, p. 18, déf. 11). On a r∘(v∘f∘u)∘s=IdF∘f∘IdE=fr \circ (v \circ f \circ u) \circ s = \mathrm{Id}_F \circ f \circ \mathrm{Id}_E = f, ce qui montre que f↦v∘f∘uf \mapsto v \circ f \circ u est injective.

2° Soient r′r' une rétraction associée à u, s′s' une section associée à v. Pour toute application f′:E′→F′f': E' \to F', on a v∘(s′∘f′∘r′)∘u=f′v \circ (s' \circ f' \circ r') \circ u = f', ce qui montre que f↦v∘f∘uf \mapsto v \circ f \circ u est surjective.

Corollaire 03Q6

Si u est une bijection de E’ sur E et v une bijection de F sur F’, f↦v∘f∘uf \mapsto v \circ f \circ u est bijective.

Cite 1

Cite II § 3. Correspondances

Soient A, B, C trois ensembles, et f une application de B×CB \times C dans A. Pour tout y∈Cy \in C, soit fyf_y l’application partielle x↦f(x,y)x \mapsto f(x, y) de B dans A (II, p. 21); la fonction y↦fyy \mapsto f_y est une application de C dans F(B;A)\mathscr{F}(B; A). Inversement, pour toute application g de C dans F(B;A)\mathscr{F}(B; A), il existe une application et une seule f de B×CB \times C dans A telle que g(y)=fyg(y) = f_y pour tout y∈Cy \in C, savoir l’application (x,y)↦(g(y))(x)(x, y) \mapsto (g(y))(x). Donc:

Proposition 3 03Q7

Si, pour toute application f de B×CB \times C dans A, on désigne par f~\tilde{f} l’application y↦fyy \mapsto f_y de C dans F(B;A)\mathscr{F}(B; A), la fonction f↦f~f \mapsto \tilde{f} est une bijection (dite canonique) de F(B×C;A)\mathscr{F}(B \times C; A) sur F(C;F(B;A))\mathscr{F}(C; \mathscr{F}(B; A)).

Cité par 1

Cité par Définition 1, A I § 3

On définit de la même manière une bijection (dite canonique) de F(B×C;A)\mathscr{F}(B \times C; A) sur F(B;F(C;A))\mathscr{F}(B; \mathscr{F}(C; A)). En raison de la correspondance biunivoque entre applications et graphes fonctionnels, les bijections précédentes fournissent des bijections (dites canoniques) de AB×CA^{B \times C} sur (AB)C(A^B)^C (resp. (AC)B(A^C)^B).

3. Définition du produit d'une famille d'ensembles

Soient (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d'ensembles, F un graphe fonctionnel ayant I pour ensemble de définition, et tel que, pour tout i∈Ii \in I, on ait F(i)∈XiF(i) \in X_i; on en déduit que, pour tout i∈Ii \in I, on a F(i)∈A=⋃i∈IXiF(i) \in A = \bigcup_{i \in I} X_i, et par suite que F est un élément de P(I×A)\mathfrak{P}(I \times A). Les graphes fonctionnels ayant la propriété précédente forment donc une partie de P(I×A)\mathfrak{P}(I \times A).

Définition 1 03Q8

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d'ensembles. L'ensemble des graphes fonctionnels F, ayant I pour ensemble de définition, et tels que F(i)∈XiF(i) \in X_i pour tout i∈Ii \in I, s'appelle le produit de la famille d'ensembles (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} et se désigne par ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i. Pour tout i∈Ii \in I, XiX_i s'appelle le facteur d'indice ii du produit ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i; l'application

F↦F(i)(F∈∏i∈IXi,F(i)∈Xi) F \mapsto F(i) \quad (F \in \prod_{i \in I} X_i, F(i) \in X_i)

s'appelle la fonction coordonnée (ou projection) d'indice ii, et se note pri\mathrm{pr}_i.

Cite 2

Cite II § 3. Correspondances, Example 1, II § 3

On dit que F(i)F(i) est la coordonnée d'indice ii (ou projection d'indice ii) de F ; l'image pri(A)\mathrm{pr}_i(A) d'une partie A de ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i par la fonction coordonnée d'indice ii s'appelle la projection d'indice ii de A ; on vérifie aisément que A⊂∏i∈Ipri(A)A \subset \prod_{i \in I} \mathrm{pr}_i(A).

On utilise souvent la notation (xi)i∈I(x_i)_{i \in I} pour désigner les éléments de ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i (II, p. 16).

Si I=∅I = \varnothing, l'ensemble ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i ne possède qu'un seul élément, savoir l'ensemble vide (II, p. 14, Exemple 1).

Lorsque tous les facteurs XiX_i du produit ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i sont égaux à un même ensemble E, on a ∏i∈IXi=EI\prod_{i \in I} X_i = E^I, comme il résulte aussitôt des définitions.

Si (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} est une famille d'ensembles quelconque, E un ensemble tel que ⋃i∈IXi⊂E\bigcup_{i \in I} X_i \subset E, la déf. 1 montre que ∏i∈IXi⊂EI\prod_{i \in I} X_i \subset E^I; il y a donc correspondance biunivoque entre ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i et un ensemble d'applications de I dans E (partie de F(I;E)\mathscr{F}(I; E)).

Si I={α}I = \{\alpha\} est un ensemble à un seul élément, on a ∏i∈IXi=Xα{α}\prod_{i \in I} X_i = X_{\alpha}^{\{\alpha\}}; l'application

F ↦ F(α) est alors une application bijective de ∏ι∈{α}Xι\prod_{\iota \in \{\alpha\}} X_\iota sur XαX_\alpha (dite canonique, ainsi que l’application réciproque).

Soient A et B des ensembles, et soient α,β\alpha, \beta deux objets distincts (il en existe, par exemple ∅\varnothing et {∅}\{\varnothing\}). Considérons le graphe {(α,A),(β,B)}\{(\alpha, A), (\beta, B)\}, qui est évidemment fonctionnel, et n’est autre que la famille (Xι)ι∈{α,β}(X_\iota)_{\iota \in \{\alpha, \beta\}} telle que Xα=AX_\alpha = A, Xβ=BX_\beta = B. Pour tout couple (x,y)∈A×B(x, y) \in A \times B, soit fx,yf_{x, y} le graphe fonctionnel {(α,x),(β,y)}\{(\alpha, x), (\beta, y)\}. Il est immédiat que la fonction (x,y)↦fx,y(x, y) \mapsto f_{x, y} est une application bijective de A×BA \times B sur ∏ι∈{α,β}Xι\prod_{\iota \in \{\alpha, \beta\}} X_\iota, dont l’application réciproque est g↦(g(α),g(β))g \mapsto (g(\alpha), g(\beta)); ces deux applications sont dites canoniques. Nous utiliserons dans la suite cette correspondance biunivoque pour démontrer des propriétés du produit de deux ensembles à partir de propriétés du produit d’une famille d’ensembles.

Soit (Xι)ι∈I(X_\iota)_{\iota \in I} une famille d’ensembles dont chacun est un ensemble à un seul élément, soit Xι={aι}X_\iota = \{a_\iota\}; alors le produit ∏ι∈IXι\prod_{\iota \in I} X_\iota est un ensemble réduit au seul élément (aι)ι∈I(a_\iota)_{\iota \in I}.

Soit E un ensemble ; les graphes des applications constantes ι↦x\iota \mapsto x de I dans E forment une partie Δ\Delta du produit EIE^I appelée diagonale; si xˉ\bar{x} désigne le graphe de l’application ι↦x\iota \mapsto x (pour x∈Ex \in E), l’application x↦xˉx \mapsto \bar{x} est une injection de E dans EIE^I dite application diagonale.

Proposition 4 03IK

Soient* (Xι)ι∈I(X_\iota)_{\iota \in I} une famille d’ensembles, u une bijection d’un ensemble K sur l’ensemble I, U son graphe. L’application F↦F∘UF \mapsto F \circ U de ∏ι∈IXι\prod_{\iota \in I} X_\iota dans ∏κ∈KXu(κ)\prod_{\kappa \in K} X_{u(\kappa)} *est bijective.

Cite 2 · Cité par 2

Cite Proposition 1, II § 4, Proposition 2

Cité par Remarque 2, Proposition 5, III § 3

Soit A=⋃ι∈IXι=⋃κ∈KXu(κ)A = \bigcup_{\iota \in I} X_\iota = \bigcup_{\kappa \in K} X_{u(\kappa)} (II, p. 22, prop. 1). L’application F↦F∘UF \mapsto F \circ U (F∈AIF \in A^I) est une application bijective de AIA^I sur AKA^K (II, p. 31, prop. 2). Il est évident que la condition « pour tout ι∈I\iota \in I, F(ι)∈XιF(\iota) \in X_\iota » est équivalente à « pour tout κ∈K\kappa \in K, (F∘U)(κ)∈Xu(κ)(F \circ U)(\kappa) \in X_{u(\kappa)} », ce qui démontre la proposition.

4. Produits partiels

Soient (Xι)ι∈I(X_\iota)_{\iota \in I} une famille d’ensembles, et J une partie de I ; on dit que ∏ι∈JXι\prod_{\iota \in J} X_\iota est un produit partiel de ∏ι∈IXι\prod_{\iota \in I} X_\iota. Si ff est une fonction de graphe F∈∏ι∈IXιF \in \prod_{\iota \in I} X_\iota, F∘ΔJF \circ \Delta_J (où ΔJ\Delta_J est la diagonale de J×JJ \times J) est le graphe de la restriction de ff à J. On a évidemment F∘ΔJ∈∏ι∈JXιF \circ \Delta_J \in \prod_{\iota \in J} X_\iota; l’application F↦F∘ΔJF \mapsto F \circ \Delta_J de ∏ι∈IXι\prod_{\iota \in I} X_\iota dans ∏ι∈JXι\prod_{\iota \in J} X_\iota s’appelle la projection d’indice J et se note prJ\mathrm{pr}_J.

Proposition 5 03Q9

Soient* (Xι)ι∈I(X_\iota)_{\iota \in I} une famille d’ensembles, et J une partie de I. Si, pour tout ι∈I\iota \in I, on a Xι≠∅X_\iota \neq \varnothing, la projection prJ\mathrm{pr}_J est une application de ∏ι∈IXι\prod_{\iota \in I} X_\iota sur ∏ι∈JXι\prod_{\iota \in J} X_\iota.

Cité par 1

Cité par Corollaire 1

D’après les remarques faites ci-dessus, il revient au même de démontrer la proposition suivante:

Proposition 6 03QA

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles telle que Xi≠∅X_i \neq \varnothing pour tout i∈Ii \in I. Etant donnée une application gg de J⊂IJ \subset I dans A=⋃i∈IXiA = \bigcup_{i \in I} X_i, telle que g(i)∈Xig(i) \in X_i pour tout i∈Ji \in J, il existe un prolongement ff de gg à II, tel que f(i)∈Xif(i) \in X_i pour tout i∈Ii \in I.

Cite 1 · Cité par 6

Cite I § 4. Théories quantifiées

Cité par Corollaire 3, Proposition 8, Corollaire 1, Proposition 14, III § 3, Proposition 7, III § 3, Proposition 6, III § 6

En effet, pour tout i∈I−Ji \in I - J, désignons par TiT_i le terme τy(y∈Xi)\tau_y(y \in X_i). Comme Xi≠∅X_i \neq \varnothing par hypothèse, on a Ti∈XiT_i \in X_i pour tout i∈I−Ji \in I - J (I, p. 32). Si GG est le graphe de gg, le graphe G∪(⋃i∈I−J{(i,Ti)})G \cup (\bigcup_{i \in I - J} \{(i, T_i)\}) est le graphe d’une fonction ff répondant à la question, comme on le vérifie aussitôt.

Corollaire 1 03QB

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles telle que, pour tout i∈Ii \in I, on ait Xi≠∅X_i \neq \varnothing. Alors, pour tout α∈I\alpha \in I, la projection prα\mathrm{pr}_\alpha est une application de ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i sur XαX_\alpha.

Cite 1 · Cité par 2

Cite Proposition 5

Cité par Corollaire 2, Corollaire 3

Il suffit d’appliquer la prop. 5 à la partie J={α}J = \{\alpha\} de II, et de remarquer que prα\mathrm{pr}_\alpha est composée de l’application canonique de Xα(α)X_\alpha^{(\alpha)} sur XαX_\alpha et de l’application pr{α}\mathrm{pr}_{\{\alpha\}}.

Corollaire 2 03QC

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles. Pour que ∏i∈IXi=∅\prod_{i \in I} X_i = \varnothing, il faut et il suffit qu’il existe un i∈Ii \in I tel que Xi=∅X_i = \varnothing.

Cite 2 · Cité par 4

Cite Corollaire 1, ER § 4. Union, intersection, product of a family of sets

Cité par Proposition 8, Proposition 9, Corollaire 1, Proposition 7, III § 3

En effet, si, pour tout i∈Ii \in I, on a Xi≠∅X_i \neq \varnothing, on a aussi ∏i∈IXi≠∅\prod_{i \in I} X_i \neq \varnothing comme il résulte du cor.1; inversement, si ∏i∈IXi≠∅\prod_{i \in I} X_i \neq \varnothing, la relation prα(∏i∈IXi)⊂Xα\mathrm{pr}_\alpha(\prod_{i \in I} X_i) \subset X_\alpha montre que l’on a Xα≠∅X_\alpha \neq \varnothing pour tout α∈I\alpha \in I.

On voit donc que, si on a une famille (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} d’ensembles non vides, on peut introduire (à titre de constante auxiliaire) une fonction ff dont II est l’ensemble de définition, et qui est telle que f(i)∈Xif(i) \in X_i pour tout i∈Ii \in I. On dira en pratique: « Prenons dans chaque ensemble XiX_i un élément xix_i ». Intuitivement, on a donc « choisi » un élément xix_i dans chacun des XiX_i; l’introduction du signe logique τ\tau et des critères qui en gouvernent l’emploi nous a dispensés d’avoir à formuler ici un « axiome de choix » pour légitimer cette opération (cf. Ens. R, p. 21).

Corollaire 3 03QD

Soient (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} et (Yi)i∈I(Y_i)_{i \in I} deux familles d’ensembles ayant le même ensemble d’indices II. Si, pour tout i∈Ii \in I, on a Xi⊂YiX_i \subset Y_i, on a aussi ∏i∈IXi⊂∏i∈IYi\prod_{i \in I} X_i \subset \prod_{i \in I} Y_i.

Cite 2 · Cité par 1

Cite Proposition 6, Corollaire 1

Cité par Proposition 14, III § 3

Réciproquement, si ∏i∈IXi⊂∏i∈IYi\prod_{i \in I} X_i \subset \prod_{i \in I} Y_i et si, pour tout i∈Ii \in I, on a Xi≠∅X_i \neq \varnothing, on a Xi⊂YiX_i \subset Y_i pour tout i∈Ii \in I.

La première assertion est évidente, et la seconde résulte du cor. 1 de la prop. 6, car on a alors, pour tout α∈I\alpha \in I,

Xα=prα(∏i∈IXi)⊂prα(∏i∈IYi)=Yα. X_\alpha = \mathrm{pr}_\alpha(\prod_{i \in I} X_i) \subset \mathrm{pr}_\alpha(\prod_{i \in I} Y_i) = Y_\alpha.

5. Associativité des produits d’ensembles

Proposition 7 03IN

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles. Soit (Jλ)λ∈L(J_\lambda)_{\lambda \in L} une partition de II; l’application f↦(prJλf)λ∈Lf \mapsto (\mathrm{pr}_{J_\lambda} f)_{\lambda \in L} de ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i dans l’ensemble produit ∏λ∈L(∏i∈JλXi)\prod_{\lambda \in L} (\prod_{i \in J_\lambda} X_i) est bijective (« associativité » des produits d’ensembles).

Cite 1 · Cité par 2

Cite Proposition 8, II § 4

Cité par Proposition 5, III § 3, III § 7. Limites projectives et limites inductives

D’après l’interprétation de prJλf\mathrm{pr}_{J_\lambda} f comme graphe de la restriction d’une fonction de graphe ff (II, p. 33), dire que l’application f↦(prJλf)λ∈Lf \mapsto (\mathrm{pr}_{J_\lambda} f)_{\lambda \in L} est bijective signifie que, pour toute famille (vλ)λ∈L(v_\lambda)_{\lambda \in L}, où vλv_\lambda est une application de JλJ_\lambda dans ⋃i∈IXi\bigcup_{i \in I} X_i, il existe une application et une seule uu de II dans ⋃i∈IXi\bigcup_{i \in I} X_i telle que, pour tout λ∈L\lambda \in L, vλv_\lambda soit la restriction de uu à JλJ_\lambda; or, cela résulte de ce que (Jλ)λ∈L(J_\lambda)_{\lambda \in L} est une partition de II (II, p. 29, prop. 8).

L’application définie dans la prop. 7 et sa réciproque sont dites canoniques.

Remarque 1 03SA

Soient α,β\alpha, \beta deux objets distincts, et (Jλ)λ∈{α,β}(J_\lambda)_{\lambda \in \{\alpha, \beta\}} une partition de II en deux ensembles Jα,JβJ_\alpha, J_\beta. On obtient une application bijective (dite encore canonique) du produit ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i sur (∏i∈JαXi)×(∏i∈JβXi)(\prod_{i \in J_\alpha} X_i) \times (\prod_{i \in J_\beta} X_i) en composant l’application canonique de ∏λ∈{α,β}(∏i∈JλXi)\prod_{\lambda \in \{\alpha, \beta\}} (\prod_{i \in J_\lambda} X_i) sur (∏i∈JαXi)×(∏i∈JβXi)(\prod_{i \in J_\alpha} X_i) \times (\prod_{i \in J_\beta} X_i) et l’application canonique de ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i sur ∏λ∈{α,β}(∏i∈JλXi)\prod_{\lambda \in \{\alpha, \beta\}} (\prod_{i \in J_\lambda} X_i). Lorsque, pour tout i∈Jβi \in J_\beta, XiX_i est un ensemble à un seul élément, on en déduit que prJα\mathrm{pr}_{J_\alpha} est une application bijective de ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i sur ∏i∈JαXi\prod_{i \in J_\alpha} X_i.

Cité par 1

Cité par Proposition 6, III § 3

Remarque 2 03SB

Soient α,β,γ\alpha, \beta, \gamma des objets deux à deux distincts (il en existe, par exemple ∅\varnothing, {∅}\{\varnothing\} et {{∅}}\{\{\varnothing\}\}), et soient A,B,CA, B, C des ensembles. Considérons le graphe fonctionnel {(α,A),(β,B),(γ,C)}\{(\alpha, A), (\beta, B), (\gamma, C)\}, c’est-à-dire la famille d’ensembles (Xi)i∈{α,β,γ}(X_i)_{i \in \{\alpha, \beta, \gamma\}} telle que Xα=AX_\alpha = A, Xβ=BX_\beta = B, Xγ=CX_\gamma = C. A la partition de {α,β,γ}\{\alpha, \beta, \gamma\} formée des deux ensembles {α,β}\{\alpha, \beta\} et {γ}\{\gamma\} correspond une bijection canonique de ∏i∈{α,β,γ}Xi\prod_{i \in \{\alpha, \beta, \gamma\}} X_i sur le produit (∏i∈{α,β}Xi)×X{γ}(\prod_{i \in \{\alpha, \beta\}} X_i) \times X_{\{\gamma\}}, et par suite une bijection (qu’on appelle encore canonique) de ∏i∈{α,β,γ}Xi\prod_{i \in \{\alpha, \beta, \gamma\}} X_i sur A×B×CA \times B \times C (II, p. 9), faisant correspondre à tout graphe f∈∏i∈{α,β,γ}Xif \in \prod_{i \in \{\alpha, \beta, \gamma\}} X_i l’élément (f(α),f(β),f(γ))(f(\alpha), f(\beta), f(\gamma)) de A×B×CA \times B \times C. Tenant compte de la prop. 4 (II, p. 33), on peut ainsi mettre en correspondance biunivoque deux quelconques des ensembles A×B×C,B×C×A,C×A×B,B×A×C,A×C×B,C×B×AA \times B \times C, B \times C \times A, C \times A \times B, B \times A \times C, A \times C \times B, C \times B \times A.

Cite 2

Cite II § 2. Couples, Proposition 4

6. Formules de distributivité

Proposition 8 03IO

Soit ((Xλ,i)i∈Jλ)λ∈L((X_{\lambda, i})_{i \in J_\lambda})_{\lambda \in L} une famille (admettant LL pour ensemble d’indices) de familles d’ensembles. On suppose L≠∅L \neq \varnothing et Jλ≠∅J_\lambda \neq \varnothing pour tout λ∈L\lambda \in L. Soit I=∏λ∈LJλ≠∅I = \prod_{\lambda \in L} J_\lambda \neq \varnothing. On a

⋃λ∈L(⋂i∈JλXλ,i)=⋂f∈I(⋃λ∈LXλ,f(λ)) \bigcup_{\lambda \in L} (\bigcap_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}) = \bigcap_{f \in I} (\bigcup_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)})
et
⋂λ∈L(⋃i∈JλXλ,i)=⋃f∈I(⋂λ∈LXλ,f(λ)) \bigcap_{\lambda \in L} (\bigcup_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}) = \bigcup_{f \in I} (\bigcap_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)})

Cite 2 · Cité par 2

Cite Proposition 6, Corollaire 2

Cité par Corollaire, Proposition 5, III § 3

(« distributivité » de la réunion par rapport à l’intersection et de l’intersection par rapport à la réunion).

Soit xx un élément de ⋃λ∈L(⋂i∈JλXλ,i)\bigcup_{\lambda \in L} (\bigcap_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}). Soit ff un élément quelconque de II. Il existe un indice λ\lambda tel que x∈⋂i∈JλXλ,ix \in \bigcap_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}; on a par suite x∈Xλ,f(λ)x \in X_{\lambda, f(\lambda)}, d’où x∈⋃λ∈LXλ,f(λ)x \in \bigcup_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)}. Ceci étant vrai pour tout f∈If \in I, on a x∈⋂f∈I(⋃λ∈LXλ,f(λ))x \in \bigcap_{f \in I} (\bigcup_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)}). Soit maintenant xx un objet qui n’appartient pas à l’ensemble ⋃λ∈L(⋂i∈JλXλ,i)\bigcup_{\lambda \in L} (\bigcap_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}). Il en résulte que, pour tout λ∈L\lambda \in L, on a x∉⋂i∈JλXλ,ix \notin \bigcap_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}, ce qui signifie que, pour tout λ∈L\lambda \in L, l’ensemble Jλ′J'_\lambda des i∈Jλi \in J_\lambda tels que x∉Xλ,ix \notin X_{\lambda, i} est non vide. D’après le cor. 2 de la prop. 5 (II, p. 34), il existe un graphe fonctionnel ff dont l’ensemble de définition est LL et qui est tel que, pour tout λ∈L\lambda \in L, f(λ)∈Jλ′f(\lambda) \in J'_\lambda. On a donc f∈If \in I et, pour tout λ∈L\lambda \in L, x∉Xλ,f(λ)x \notin X_{\lambda, f(\lambda)}. On en déduit que x∉⋃λ∈LXλ,f(λ)x \notin \bigcup_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)}, et par suite x∉⋂f∈I(⋃λ∈LXλ,f(λ))x \notin \bigcap_{f \in I} (\bigcup_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)}).

La première formule est donc démontrée. La seconde s’en déduit, en appliquant la première formule à la famille ((CAXλ,i)i∈Jλ)λ∈L((\mathscr{C}_A X_{\lambda, i})_{i \in J_\lambda})_{\lambda \in L}, où AA désigne la réunion ⋃λ∈L(⋃i∈JλXλ,i)\bigcup_{\lambda \in L} (\bigcup_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}).

Corollaire 03IP

Soient* (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} et (Yk)k∈K(Y_k)_{k \in K} deux familles d’ensembles dont les ensembles d’indices sont non vides. *On a

Cite 2 · Cité par 1

Cite Proposition 1, II § 4, Proposition 8

Cité par Corollaire 2

(⋂i∈IXi)∪(⋂k∈KYk)=⋂(i,k)∈I×K(Xi∪Yk) (\bigcap_{i \in I} X_i) \cup (\bigcap_{k \in K} Y_k) = \bigcap_{(i, k) \in I \times K} (X_i \cup Y_k)

et

(⋃i∈IXi)∩(⋃k∈KYk)=⋃(i,k)∈I×K(Xi∩Yk). (\bigcup_{i \in I} X_i) \cap (\bigcup_{k \in K} Y_k) = \bigcup_{(i, k) \in I \times K} (X_i \cap Y_k).

Soient α\alpha et β\beta deux objets distincts; il suffit d’appliquer les formules de la prop. 8 au cas où L={α,β}L = \{\alpha, \beta\}, Jα=IJ_\alpha = I, Jβ=KJ_\beta = K, et à la famille ((Zλ,μ)μ∈Jλ)λ∈L((Z_{\lambda, \mu})_{\mu \in J_\lambda})_{\lambda \in L} telle que Zα,i=XiZ_{\alpha, i} = X_i pour tout i∈Ii \in I et Zβ,k=YkZ_{\beta, k} = Y_k pour tout k∈Kk \in K; tenant compte de l’existence de la bijection canonique de ∏λ∈LJλ\prod_{\lambda \in L} J_\lambda sur I×KI \times K (II, p. 33) et de la prop. 1 de II, p. 30, on obtient les formules énoncées.

Proposition 9 03IQ

Soit* ((Xλ,i)i∈Jλ)λ∈L((X_{\lambda, i})_{i \in J_\lambda})_{\lambda \in L} une famille (admettant LL comme ensemble d’indices) de familles d’ensembles. Soit I=∏λ∈LJλI = \prod_{\lambda \in L} J_\lambda. *On a

Cite 1 · Cité par 2

Cite Corollaire 2

Cité par Corollaire 1, Proposition 5, III § 3

∏λ∈L(⋃i∈JλXλ,i)=⋃f∈I(∏λ∈LXλ,f(λ)) \prod_{\lambda \in L} (\bigcup_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}) = \bigcup_{f \in I} (\prod_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)})

et (si L≠∅L \neq \varnothing et Jλ≠∅J_\lambda \neq \varnothing pour tout λ∈L\lambda \in L)

∏λ∈L(⋂i∈JλXλ,i)=⋂f∈I(∏λ∈LXλ,f(λ)). \prod_{\lambda \in L} (\bigcap_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}) = \bigcap_{f \in I} (\prod_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)}).

(« distributivité » du produit par rapport à la réunion et à l’intersection).

La première formule est immédiate si L=∅L = \varnothing ou si Jλ=∅J_\lambda = \varnothing pour un indice λ ∈ L. Sinon, soit g un élément de ∏λ∈L(⋃i∈JλXλ,i)\prod_{\lambda \in L} (\bigcup_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}); pour tout λ ∈ L, il existe donc un i ∈ J_λ tel que g(λ)∈Xλ,ig(\lambda) \in X_{\lambda, i}; autrement dit, l’ensemble H_λ des i ∈ J_λ tels que g(λ)∈Xλ,ig(\lambda) \in X_{\lambda, i} n’est pas vide. D’après II, p. 34, cor. 2, il existe donc un graphe fonctionnel f dont l’ensemble de définition est L et qui est tel que, pour tout λ ∈ L, f(λ)∈Hλf(\lambda) \in H_\lambda, ce qui signifie que g(λ)∈Xλ,f(λ)g(\lambda) \in X_{\lambda, f(\lambda)}. On a donc g∈∏λ∈LXλ,f(λ)g \in \prod_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)}, et par suite g∈⋃f∈I(∏λ∈LXλ,f(λ))g \in \bigcup_{f \in I} \left( \prod_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)} \right). Inversement, si g∈⋃f∈I(∏λ∈LXλ,f(λ))g \in \bigcup_{f \in I} \left( \prod_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)} \right), il existe un graphe fonctionnel f∈If \in I tel que, pour tout λ∈L\lambda \in L, on ait g(λ)∈Xλ,f(λ)g(\lambda) \in X_{\lambda, f(\lambda)} et a fortiori g(λ)∈⋃i∈JλXλ,ig(\lambda) \in \bigcup_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}, ce qui achève de démontrer la première formule. La seconde se démontre de façon analogue mais plus simple encore, comme nous laissons au lecteur le soin de le vérifier.

Corollaire 1 03QE

Si, pour chaque indice* λ∈L\lambda \in L, la famille (Xλ,i)i∈Jλ(X_{\lambda, i})_{i \in J_\lambda} est une partition de Xλ=⋃i∈JλXλ,iX_\lambda = \bigcup_{i \in J_\lambda} X_{\lambda, i}, la famille (∏λ∈LXλ,f(λ))f∈I(\prod_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)})_{f \in I} est une partition de ∏λ∈LXλ\prod_{\lambda \in L} X_\lambda.

Cite 3 · Cité par 1

Cite Proposition 6, Corollaire 2, Proposition 9

Cité par Proposition 5, III § 3

Si on pose Pf=∏λ∈LXλ,f(λ)P_f = \prod_{\lambda \in L} X_{\lambda, f(\lambda)}, il suffit, en vertu de la première des formules de la prop. 9, de démontrer que, si f et g sont des éléments distincts de I, Pf∩Pg=∅P_f \cap P_g = \varnothing. Or, il existe alors un λ∈L\lambda \in L tel que f(λ)≠g(λ)f(\lambda) \neq g(\lambda), d’où, en vertu de l’hypothèse, Xλ,f(λ)∩Xλ,g(λ)=∅X_{\lambda, f(\lambda)} \cap X_{\lambda, g(\lambda)} = \varnothing. Il en résulte qu’il n’y a aucun graphe appartenant à Pf∩PgP_f \cap P_g; en effet, pour un tel graphe G, on devrait avoir

G(λ)∈Xλ,f(λ)∩Xλ,g(λ)=∅, G(\lambda) \in X_{\lambda, f(\lambda)} \cap X_{\lambda, g(\lambda)} = \varnothing,
ce qui est absurde.

Corollaire 2 03QF

Soient* (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} et (Yk)k∈K(Y_k)_{k \in K} deux familles d’ensembles. On a

(⋃i∈IXi)×(⋃k∈KYk)=⋃(i,k)∈I×K(Xi×Yk) (\bigcup_{i \in I} X_i) \times (\bigcup_{k \in K} Y_k) = \bigcup_{(i, k) \in I \times K} (X_i \times Y_k)
et (si I et K sont non vides)
(⋂i∈IXi)×(⋂k∈KYk)=⋂(i,k)∈I×K(Xi×Yk). (\bigcap_{i \in I} X_i) \times (\bigcap_{k \in K} Y_k) = \bigcap_{(i, k) \in I \times K} (X_i \times Y_k).

Cite 1

Cite Corollaire

Il suffit de raisonner comme dans la démonstration du corollaire de la prop. 8 (II, p. 36).

Proposition 10 03QG

Soit* (Xi,k)(i,k)∈I×K(X_{i, k})_{(i, k) \in I \times K} une famille d’ensembles dont l’ensemble d’indices est le produit de deux ensembles I et K. Si K≠∅K \neq \varnothing, on a

⋂k∈K(∏i∈IXi,k)=∏i∈I(⋂k∈KXi,k). \bigcap_{k \in K} \left( \prod_{i \in I} X_{i, k} \right) = \prod_{i \in I} \left( \bigcap_{k \in K} X_{i, k} \right).

Cité par 1

Cité par Corollaire

Les deux membres de l’égalité qu’il s’agit de démontrer sont des ensembles de graphes fonctionnels. Pour qu’un tel graphe f appartienne au premier membre, il faut et il suffit que, pour tout k∈Kk \in K, f∈∏i∈IXi,kf \in \prod_{i \in I} X_{i, k}, c’est-à-dire que, pour tout (ι, κ) ∈ I × K, f(ι) appartienne à X_{ι,κ}. Pour que f appartienne au second membre, il faut et il suffit que, pour tout ι ∈ I, on ait f(ι) ∈ ∩_{κ ∈ K} X_{ι,κ}, c'est-à-dire encore que, pour tout (ι, κ) ∈ I × K, f(ι) appartienne à X_{ι,κ}. La proposition est donc démontrée.

Corollaire 03IR

Soient (X_ι)_{ι ∈ I} et (Y_ι)_{ι ∈ I} deux familles d'ensembles ayant même ensemble d'indices I ≠ ∅. On a

(∏ι∈IXι)∩(∏ι∈IYι)=∏ι∈I(Xι∩Yι)(\prod_{\iota \in I} X_\iota) \cap (\prod_{\iota \in I} Y_\iota) = \prod_{\iota \in I} (X_\iota \cap Y_\iota)

et

(∩ι∈IXι)×(∩ι∈IYι)=∩ι∈I(Xι×Yι).(\cap_{\iota \in I} X_\iota) × (\cap_{\iota \in I} Y_\iota) = \cap_{\iota \in I} (X_\iota × Y_\iota).
Cite 1

Cite Proposition 10

Il suffit d'appliquer la prop. 10 au cas où K (resp. I) est un ensemble à deux éléments distincts.

7. Extension d'applications aux produits

Définition 2 03IS

Soient (X_ι^i)_{ι ∈ I}, (Y_ι)_{ι ∈ I} deux familles d'ensembles, et (g_ι)_{ι ∈ I} une famille de fonctions, admettant le même ensemble d'indices, et telles que, pour tout ι ∈ I, g_ι soit une application de X_ι dans Y_ι. Pour tout f ∈ \prod_{ι ∈ I} X_ι, soit u_f le graphe de la fonction ι ↦ g_ι(f(ι)) (ι ∈ I), qui est un élément de \prod_{ι ∈ I} Y_ι. On appelle extension canonique (ou simplement extension) de la famille d'applications (g_ι)_{ι ∈ I} aux produits, l'application f ↦ u_f de \prod_{ι ∈ I} X_ι dans \prod_{ι ∈ I} Y_ι; on dit aussi parfois que c'est le produit de la famille d'applications (g_ι)_{ι ∈ I}.

Cité par 2

Cité par Proposition 11, Corollaire 2, III § 7

Quand on utilise la notation indicelle, le produit de la famille (g_ι)_{ι ∈ I} est donc la fonction (x_ι)_{ι ∈ I} ↦ (g_ι(x_ι))_{ι ∈ I}; on la désigne parfois encore par (g_ι)_{ι ∈ I}.

Si I = {α, β}, où α et β sont distincts, l'extension aux produits de la famille d'applications (g_ι)_{ι ∈ I} n'est autre que ψ o (g_α × g_β) o φ, où φ désigne l'application canonique de \prod_{ι ∈ I} X_ι sur X_α × X_β (II, p. 33) et ψ l'application canonique de Y_α × Y_β sur \prod_{ι ∈ I} Y_ι.

Proposition 11 03IT

Soient (X_ι)_{ι ∈ I}, (Y_ι)_{ι ∈ I}, (Z_ι)_{ι ∈ I} trois familles d'ensembles, (g_ι)_{ι ∈ I}, (g'_ι)_{ι ∈ I} deux familles de fonctions, admettant le même ensemble d'indices, et telles que, pour tout ι ∈ I, g_ι soit une application de X_ι dans Y_ι, et g'_ι une application de Y_ι dans Z_ι. Soient g et g' les extensions des familles (g_ι)_{ι ∈ I} et (g'_ι)_{ι ∈ I} aux produits; alors l'extension aux produits de la famille (g'_ι o g_ι)_{ι ∈ I} est égale à g' o g.

Cite 1

Cite Définition 2

La proposition découle immédiatement de la déf. 2.

Corollaire 03IU

Soient (X_ι)_{ι ∈ I}, (Y_ι)_{ι ∈ I} deux familles d'ensembles, (g_ι)_{ι ∈ I} une famille de fonctions. Si, pour tout i∈Ii \in I, gig_i est une injection (resp. surjection) de XiX_i dans YiY_i, alors l’extension gg de (gi)i∈I(g_i)_{i \in I} aux ensembles produits est une injection (resp. une surjection) de ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i dans ∏i∈IYi\prod_{i \in I} Y_i.

Cite 3 · Cité par 1

Cite Définition 11, II § 3, Proposition 8, II § 3, II § 3. Correspondances

Cité par Proposition 4, III § 3

1∘1^\circ Bornons-nous au cas où Xi≠∅X_i \neq \varnothing pour tout i∈Ii \in I, le résultat étant trivial dans le cas contraire. Supposons que, pour tout i∈Ii \in I, gig_i soit une injection, et soit rir_i une rétraction associée à gig_i (II, p. 18, déf. 11), de sorte que ri∘gir_i \circ g_i est l’application identique de XiX_i. Soit rr l’extension aux produits de la famille (ri)i∈I(r_i)_{i \in I}; comme r∘gr \circ g est l’extension aux produits de la famille des applications identiques IdXi\mathrm{Id}_{X_i}, r∘gr \circ g est l’application identique de ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i, donc gg est une injection (II, p. 18, prop. 8).

2∘2^\circ Supposons que, pour tout i∈Ii \in I, gig_i soit une surjection de XiX_i sur YiY_i, et soit sis_i une section associée à gig_i (II, p. 18, déf. 11), de sorte que gi∘sig_i \circ s_i est l’application identique de YiY_i. Si ss est l’extension aux produits de la famille (si)i∈I(s_i)_{i \in I}, g∘sg \circ s est l’extension aux produits de la famille des applications identiques IdYi\mathrm{Id}_{Y_i}, donc est l’application identique de ∏i∈IYi\prod_{i \in I} Y_i, ce qui prouve que gg est une surjection (II, p. 18, prop. 8).

Soit (Xi)i∈I(X_i)_{i \in I} une famille d’ensembles, et soit EE un ensemble. Pour toute application ff de EE dans ∏i∈IXi\prod_{i \in I} X_i, pri∘f\mathrm{pr}_i \circ f est une application de EE dans XiX_i; si fˉ\bar{f} est l’extension aux produits de cette famille d’applications, et dd l’application diagonale (II, p. 33) de EE dans EIE^I, on voit aussitôt que l’on a f=fˉ∘df = \bar{f} \circ d. Inversement, soit (fi)i∈I(f_i)_{i \in I} une famille de fonctions telle que, pour tout i∈Ii \in I, fif_i soit une application de EE dans XiX_i, et soit fˉ\bar{f} l’extension aux produits de cette famille; on a alors, pour tout i∈Ii \in I, pri∘(fˉ∘d)=fi\mathrm{pr}_i \circ (\bar{f} \circ d) = f_i. Par abus de langage, l’application fˉ∘d\bar{f} \circ d se note encore (fi)i∈I(f_i)_{i \in I}. On définit ainsi une application bijective (dite canonique, ainsi que son application réciproque) de l’ensemble ∏i∈IXiE\prod_{i \in I} X_i^E sur l’ensemble (∏i∈IXi)E(\prod_{i \in I} X_i)^E.

Exercices

See the exercises for § 5.

Transcrit de l’édition imprimée, 2006, Springer. Non traduit.