Bourbaki

§ 4. Homotopies

1. Définition des homotopies

Définition 1 01U3

Soient G un groupoïde, H un carquois, φ\varphi et φ′\varphi ' des morphismes de carquois de H dans G. Une homotopie reliant φ\varphi à φ′\varphi ' est une application hh de l’ensemble des sommets de H dans l’ensemble des flèches de G possédant les propriétés suivantes :

(i) Pour tout sommet aa de H, la flèche h(a)h(a) a pour origine φ(a)\varphi (a) et pour terme φ′(a)\varphi '(a) ;

(ii) Pour toute flèche ff de H, d’origine aa et de terme bb, on a φ(f)h(b)=h(a)φ′(f)\varphi (f)h(b) =h(a)\varphi '(f).

On dit que φ\varphi et φ′\varphi ' sont homotopes s’il existe une homotopie reliant φ\varphi à φ′\varphi '.

Soit G un groupoïde, soit H un carquois et soient φ,φ′,φ′′\varphi ,\varphi ',\varphi '' des morphismes de carquois de H dans G. L’application a↦eφ(a)a\mapsto e_{\varphi(a)} est une homotopie reliant φ\varphi à φ\varphi. Si hh est une homotopie reliant φ\varphi à φ′\varphi ', l’application a↦h(a)−1a\mapsto h(a)^{-1} est une homotopie reliant φ′\varphi ' à φ\varphi. Soient hh et h′h' des homotopies reliant φ\varphi à φ′\varphi ' et φ′\varphi ' à φ′′\varphi '' respectivement. Pour tout sommet aa de H, les flèches h(a)h(a) et h′(a)h'(a) sont composables. L’application a↦h(a)h′(a)a\mapsto h(a)h'(a) est une homotopie reliant φ\varphi à φ′′\varphi ''.

Il en résulte que la relation « φ\varphi est homotope à φ′\varphi ' » est une relation d’équivalence dans l’ensemble des morphismes de carquois de H dans G.

Soient G un groupoïde, H un carquois et φ,φ′\varphi ,\varphi ' des morphismes de carquois de H dans G qui sont homotopes. D’après la condition (i) de la définition 1, pour tout sommet aa de H, les sommets φ(a)\varphi (a) et φ′(a)\varphi '(a) appartiennent à une même orbite de G.

Supposons de plus que H soit un groupoïde et soit hh une homotopie reliant φ\varphi à φ′\varphi '. Les applications Orb(φ\varphi ) et Orb(φ′\varphi ') déduites de φ\varphi et φ′\varphi ' par passage aux orbites sont donc égales. Pour tout sommet aa de H et toute flèche f∈Haf\in H_a, on a φ(f)=h(a)φ′(f)h(a)−1=\varphi (f) =h(a)\varphi '(f)h(a)^{-1}= Int(h(a)h(a))(φ′(f))(\varphi '(f)), d’après la condition (ii) de la définition 1. Autrement dit, l’homomorphisme φa\varphi_a est égal à Int(h(a)h(a))∘φa′\circ \varphi '_a. En particulier, si l’homomorphisme φa\varphi_a est injectif (resp. bijectif, resp. surjectif), il en est de même de l’homomorphisme φa′\varphi '_a.

Remarque 1 01U4

Soient G, G′G' des groupoïdes, H, H′H' des carquois, soient u:H′→Hu: H'\rightarrow H un morphisme de carquois et v:G→G′v: G\rightarrow G' un morphisme de groupoïdes. Si des morphismes de carquois φ,φ′\varphi ,\varphi ' de H dans G sont homotopes, les morphismes de carquois v∘φ∘uv\circ \varphi \circ u et v∘φ′∘uv\circ \varphi '\circ u de H′H' dans G′G' sont homotopes. Plus précisément, si hh est une homotopie reliant φ\varphi à φ′\varphi ', l’application Fl(vv)∘h∘\circ h\circ Som(uu) est une homotopie reliant v∘φ∘uv\circ \varphi \circ u à v∘φ′∘uv\circ \varphi '\circ u.

Remarque 2 01U5

Soit G un groupoïde, soit H un carquois et soient φ,ψ\varphi , \psi des morphismes de carquois de H dans G. Notons jj le morphisme canonique de H dans Grp(H), soient φ‾\overline{\varphi} et ψ‾\overline{\psi} les morphismes de groupoïdes de Grp(H) dans G tels que φ‾∘j=φ\overline{\varphi}\circ j=\varphi et ψ‾∘j=ψ\overline{\psi}\circ j=\psi.

Rappelons que Som(H) = Som(Grp(H)).

Une homotopie h:h: Som(H) →\rightarrow Fl(G) reliant φ\varphi à ψ\psi est une homotopie reliant φ‾\overline{\varphi} à ψ‾\overline{\psi}.

2. Homotopismes de groupoïdes

Dans ce no^o, nous utiliserons la notation u∼vu\sim v pour exprimer que deux morphismes de groupoïdes uu et vv sont homotopes.

Définition 2 01U6

Soient G, G′G' des groupoïdes et soit φ\varphi un morphisme de G dans G′G'. On appelle inverse à homotopie près de φ\varphi un morphisme de groupoïdes ψ\psi de G′G' dans G tel que les morphismes ψ∘φ\psi \circ \varphi et φ∘ψ\varphi \circ \psi soient respectivement homotopes à IdG_G et à IdG′_{G'}. On dit que φ\varphi est un homotopisme s’il existe un inverse de φ\varphi à homotopie près.

Un isomorphisme de groupoïdes est un homotopisme.

Soient G et G′G' des groupoïdes. Soient φ,φ′\varphi ,\varphi ' des morphismes de groupoïdes de G dans G′G' qui sont homotopes. Si φ\varphi est un homotopisme, il en est de même de φ′\varphi '. En effet, si ψ\psi désigne un inverse de φ\varphi à homotopie près, on a ψ∘φ′∼ψ∘φ∼\psi \circ \varphi '\sim \psi \circ \varphi \sim IdG_G et φ′∘ψ∼φ∘ψ∼\varphi '\circ \psi \sim \varphi \circ \psi \sim IdG′_{G'}, ce qui démontre que ψ\psi est inverse à homotopie près de φ′\varphi '.

Soient G, G′,G′′G',G'' des groupoïdes et soient φ:G→G′,φ′:G′→G′′\varphi : G\rightarrow G',\varphi ': G'\rightarrow G'', ψ:G′→G,ψ′:G′′→G′\psi : G'\rightarrow G,\psi ': G''\rightarrow G' des morphismes de groupoïdes. Alors, des conditions suivantes :

(i) ψ\psi est inverse à homotopie près de φ\varphi;

(ii) ψ′\psi ' est inverse à homotopie près de φ′\varphi ';

(iii) ψ∘ψ′\psi \circ \psi ' est inverse à homotopie près de φ′∘φ\varphi '\circ \varphi; deux quelconques entraînent la troisième. En effet, supposons d’abord que (i) et (ii) soient satisfaites ; on a alors

ψ∘ψ′∘φ′∘φ∼ψ∘\psi \circ \psi '\circ \varphi '\circ \varphi \sim \psi \circ IdG′∘φ∼ψ∘φ∼_{G'}\circ \varphi \sim \psi \circ \varphi \sim IdG_G

et, de même, φ′∘φ∘ψ∘ψ′∼\varphi '\circ \varphi \circ \psi \circ \psi '\sim IdG′_{G'}, d’où (iii). Si (i) et (iii) sont satisfaites,

φ′∘ψ′∼φ′∘φ∘ψ∘ψ′∼\varphi '\circ \psi '\sim \varphi '\circ \varphi \circ \psi \circ \psi '\sim IdG′′_{G''}

et

ψ′∘φ′∼(φ∘ψ)∘ψ′∘φ′∘(φ∘ψ)∼φ∘ψ∼\psi '\circ \varphi '\sim (\varphi \circ \psi )\circ \psi '\circ \varphi '\circ (\varphi \circ \psi )\sim \varphi \circ \psi \sim IdG′_{G'},

d’où la condition (ii). La démonstration que les conditions (ii) et (iii) entraînent la condition (i) est analogue.

En particulier, si deux des morphismes φ,φ′,φ′∘φ\varphi ,\varphi ',\varphi '\circ \varphi sont des homotopismes, il en est de même du troisième.

Proposition 1 01U7

Soient G, G′G' des groupoïdes, soit φ\varphi un morphisme de G dans G′G', et soit A une partie de l’ensemble des sommets de G qui rencontre chaque orbite de G. Pour que φ\varphi soit un homotopisme, il faut et il suffit que les conditions suivantes soient satisfaites :

(i) l’application Orb(φ\varphi ) de Orb(G) dans Orb(G′'), déduite de φ\varphi par passage aux orbites, est bijective ;

(ii) pour tout a∈Aa\in A, l’homomorphisme φa:Ga→Gφ(a)′\varphi_a: G_a\rightarrow G'_{\varphi(a)} est bijectif.

Supposons d’abord que φ\varphi soit un homotopisme et soit ψ\psi un inverse de φ\varphi à homotopie près. Alors,

Orb(ψ\psi )∘\circ Orb(φ\varphi ) == Orb(ψ∘φ\psi \circ \varphi ) == Orb(IdG_G) == IdOrb(G)_{Orb(G)},

car deux morphismes de groupoïdes homotopes induisent la même application par passage aux orbites. De même, Orb(φ\varphi )∘\circ Orb(ψ\psi ) == IdOrb(G′)_{Orb(G')}. L’application Orb(φ\varphi ) est donc bijective, d’où l’assertion (i). On a aussi, pour tout sommet aa de G,

ψφ(a)∘φa=(ψ∘φ)a \psi_{\varphi(a)}\circ \varphi_a= (\psi \circ \varphi )_a

comme ψ∘φ\psi \circ \varphi est homotope à IdG_G, l’homomorphisme (ψ∘φ)a(\psi \circ \varphi )_a est bijectif (cf. p. 180), si bien que φa\varphi_a est injectif et ψφ(a)\psi_{\varphi(a)} est surjectif. En échangeant les rôles de φ\varphi et ψ\psi, on voit que φa\varphi_a est aussi surjectif, d’où la condition (ii).

Supposons maintenant que les conditions (i) et (ii) soient satisfaites et démontrons que φ\varphi est un homotopisme.

Traitons d’abord le cas où chaque orbite de G′G' est réduite à un point.

Pour chaque sommet bb de G′G', choisissons un sommet u(b)u(b) de G appartenant à A et dont l’image par φ\varphi soit bb. C’est possible car l’application Orb(φ\varphi ) est surjective et que A rencontre chaque orbite de G. Soit ff une flèche de G′G'; on a o(f)=t(f)o(f) =t(f) par hypothèse ; posons b=o(f)b=o(f) et a=u(b)a=u(b). D’après la condition (ii), il existe une unique flèche v(f)∈Gav(f)\in G_a dont l’image par φ\varphi soit ff. Le couple ψ=(u,v)\psi = (u, v) est un morphisme de groupoïdes de G′G' dans G. Démontrons que ψ\psi est inverse de φ\varphi à homotopie près. On a déjà φ∘ψ=\varphi \circ \psi = IdG′_{G'} par construction de ψ\psi.

Soit xx un sommet de G. Posons a=ψ(φ(x))a=\psi (\varphi (x)); c’est un élément de A tel que φ(a)=φ(x)\varphi (a) =\varphi (x). Puisque Orb(φ\varphi ) est injectif, aa appartient à l’orbite de xx dans G et il existe une flèche ff dans G reliant aa à xx. La flèche h(x)=ψ(φ(f))−1fh(x) =\psi (\varphi (f))^{-1}f relie alors aa à xx et l’on a φ(h(x))=eφ(a)\varphi (h(x)) =e_{\varphi(a)}.

Montrons que l’application h:h: Som(G) →\rightarrow Fl(G) ainsi définie est une homotopie qui relie ψ∘φ\psi \circ \varphi à IdG_G. La condition (i) de la définition 1 est satisfaite, par construction. Soient ff une flèche de G,x,x son origine et yy son terme. On a φ(x)=φ(y)\varphi (x) =\varphi (y) ; posons a=ψ(φ(x))=ψ(φ(y))a=\psi (\varphi (x)) =\psi (\varphi (y)). Les flèches h(x)fh(y)−1h(x)f h(y)^{-1} et ψ∘φ(f)\psi \circ \varphi (f) appartiennent à GaG_a et ont toutes deux pour image φ(f)\varphi (f) dans Gφ(a)′G'_{\varphi(a)}. Comme l’application φa\varphi_a est injective, on a h(x)fh(y)−1=ψ∘φ(f)h(x)f h(y)^{-1}=\psi \circ \varphi (f). La condition (ii) de la définition 1 est ainsi satisfaite.

Démontrons maintenant la proposition 1 dans le cas général. Soit X une forêt orientée maximale de G′(G'(II, p. 157, prop. 1). Soit G′′G'' le groupoïde déduit de G′G' par contraction des flèches de X et soit φ′:G′→G′′\varphi ': G'\rightarrow G'' le morphisme canonique. Le morphisme φ′\varphi ' satisfait aux conditions de la prop. 1 (II, p. 170, remarque 1 et p. 178, cor. 2), et il en est donc de même du morphisme φ′∘φ\varphi '\circ \varphi.

Comme les orbites de G′′G'' sont réduites à des points, il résulte du cas particulier déjà démontré que φ′\varphi ' et φ′∘φ\varphi '\circ \varphi sont des homotopismes, si bien que φ\varphi en est un également. Cela termine la démonstration de la proposition.

Corollaire 1 01U8

Soit G un groupoïde, soit A un ensemble et soit f:A→f: A\rightarrow Som(G) une application. Si l’image de ff rencontre chaque orbite de G, le morphisme de groupoïdes canonique φ\varphi de f∗Gf^*G dans G est un homotopisme.

Par définition du groupoïde image réciproque (II, p. 166, exemple 4), A est l’ensemble des sommets du groupoïde f∗Gf^*G et l’on a Fla,b(f∗G)=_{a,b}(f^*G) = Flf(a),f(b)(G)_{f(a),f(b)}(G) pour tout couple (a,b)(a, b) d’éléments de A. Par ailleurs, on a Som(φ\varphi ) =f=f et Fl(φ\varphi ) induit l’application identique de Fla,b(f∗G)_{a,b}(f^*G) dans Flf(a),f(b)(G)_{f(a),f(b)}(G). Par suite, l’application Orb(φ\varphi ) est bijective et l’homomorphisme φa:(f∗G)a→Gf(a)\varphi_a: (f^*G)_a\rightarrow G_{f(a)} est un isomorphisme, pour tout a∈Aa\in A. Les hypothèses de la proposition 1 sont donc vérifiées.

Corollaire 2 01U9

Soit G un groupoïde, soit X une forêt orientée de G, soit G′G' le groupoïde déduit de G par contraction des flèches de X. Le morphisme canonique de G dans G′G' est un homotopisme.

Il résulte en effet de la remarque 1 de II, p. 170 et du corollaire 2 de II, p. 178 que les hypothèses de la proposition 1 sont vérifiées.

3. Cohomotopeur

Soit H un carquois, soit G un groupoïde et soient φ\varphi et ψ\psi des morphismes de carquois de H dans G.

Notons G1G_1 le carquois défini de la façon suivante : les sommets de G1G_1 sont ceux de G ; les flèches de G1G_1 sont les éléments de l’ensemble somme des ensembles Fl(G) et Som(H) ; l’application origine de G1G_1 coïncide avec celle de G dans Fl(G) et avec Som(φ\varphi ) dans Som(H) ; l’application terme de G1G_1 coïncide avec celle de G dans Fl(G) et avec Som(ψ\psi ) dans Som(H). Notons α1\alpha_1 le morphisme de carquois de G dans G1G_1 défini par l’application identique de Som(G) et par l’injection canonique de Fl(G) dans Fl(G1_1). Notons h1h_1 l’injection canonique Som(H) →\rightarrow Fl(G1_1).

Considérons le groupoïde libre Grp(G1_1) construit sur G1(G_1(II, p. 174, déf. 9) et notons θ1\theta_1 le morphisme canonique de carquois de G1G_1 dans Grp(G1_1). Désignons enfin par Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) le groupoïde déduit de Grp(G1_1) par contraction des lacets (en l’origine de xx)

α1(x)α1(y)α1(xy)−1(1) \alpha_1(x)\alpha_1(y)\alpha_1(xy)^{-1} \tag{1}

pour tout couple (x,y)(x, y) de flèches composables de G, ainsi que des lacets (en φ(a)\varphi (a))

α1(φ(f))h1(b)α1(ψ(f))−1h1(a)−1(2) \alpha_1(\varphi (f))h_1(b)\alpha_1(\psi (f))^{-1}h_1(a)^{-1} \tag{2}

pour a,ba,b dans Som(H) et f∈f\in Flab(H)_{ab}(H). Notons π:\pi : Grp(G1_1)→\rightarrow Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) le morphisme canonique ; posons α\alpha = π∘θ1∘α1\pi \circ \theta_1\circ \alpha_1 et h=h= Fl(π∘θ1\pi \circ \theta_1)∘h1\circ h_1.

Proposition 2 01UA

Le groupoïde Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) est engendré par le sous-carquois dont l’ensemble des sommets est Som(G) et celui des flèches est la réunion des images des applications Fl(α\alpha ) et hh.

Ce sous-carquois étant l’image du carquois G1G_1 par le morphisme de carquois π∘θ1\pi \circ \theta_1, la proposition résulte aussitôt de la construction de Coh(φ,ψ\varphi , \psi ).

Proposition 3 01UB

Le morphisme de carquois α\alpha est un morphisme de groupoïdes de G dans Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) et l’application hh est une homotopie reliant α∘φ\alpha \circ \varphi à α∘ψ\alpha \circ \psi.

Le triplet (Coh(φ,ψ\varphi , \psi ),α,h, \alpha , h) possède la propriété universelle suivante : si G′G' est un groupoïde, α′\alpha ' un morphisme de groupoïdes de G dans G′G' et h′:h': Som(H) →\rightarrow Fl(G′') une homotopie reliant α′∘φ\alpha '\circ \varphi à α′∘ψ\alpha '\circ \psi, il existe un unique morphisme de groupoïdes η:\eta : Coh(φ,ψ\varphi , \psi )→G′\rightarrow G' tel que

(3) α′=η∘α\alpha '=\eta \circ \alpha et h′=h'= Fl(η\eta )∘h\circ h.

Compte tenu de la définition du groupoïde déduit par contraction de flèches, la contraction des lacets (1) entraîne que α\alpha est un morphisme de groupoïdes, la contraction des lacets (2) que hh est une homotopie reliant α∘φ\alpha \circ \varphi à α∘ψ\alpha \circ \psi.

Soient G′,α′,h′G',\alpha ',h' comme dans l’énoncé. Soit η1\eta_1 le morphisme de carquois de G1G_1 dans G′G' tel que Som(η1\eta_1) soit égal à Som(α′\alpha ') et tel que Fl(η1\eta_1) coïncide avec Fl(α′\alpha ') dans Fl(G) et avec h′h' dans Som(H). Il existe un unique morphisme de groupoïdes η2:\eta_2: Grp(G1_1)→G′\rightarrow G' tel que η1=η2∘θ1\eta_1=\eta_2\circ \theta_1. Comme α′\alpha ' est un morphisme de groupoïdes et h′h' est une homotopie reliant α′∘φ\alpha '\circ \varphi à α′∘ψ,η2\alpha '\circ \psi ,\eta_2 définit par passage au quotient un morphisme de groupoïdes η\eta de Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) dans G′(G'(II, p. 170, prop. 3). Ce morphisme satisfait aux relations (3) et c’est le seul (II, p. 185, prop. 2).

Définition 3 01UC

Le groupoïde Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) s’appelle le cohomotopeur du couple (φ,ψ)(\varphi , \psi ). On dit que α\alpha est le morphisme canonique de G dans Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) et que hh est l’homotopie canonique reliant α∘φ\alpha \circ \varphi à α∘ψ\alpha \circ \psi.

On appelle armature du couple (φ,ψ)(\varphi , \psi ) le carquois dont l’ensemble des sommets est l’ensemble des orbites de G, l’ensemble des flèches est l’ensemble des composantes connexes de H et dont les applications origine et terme sont déduites de φ\varphi et ψ\psi par passage aux quotients.

Proposition 4 01UD

L’application Orb(α\alpha ):: Orb(G) →\rightarrow Orb(Coh(φ,ψ\varphi , \psi )) est surjective, ses fibres sont les composantes connexes de l’armature du couple (φ,ψ)(\varphi , \psi ).

Le morphisme α\alpha est le composé des morphismes α1:G→G1\alpha_1: G\rightarrow G_1, θ1:G1→\theta_1: G_1\rightarrow Grp(G1_1) et π:\pi : Grp(G1_1)→\rightarrow Coh(φ,ψ\varphi , \psi ). L’application θ1\theta_1 induit une bijection de l’ensemble des composantes connexes du carquois G1G_1 sur l’ensemble des orbites de Grp(G1_1) et l’application Orb(π\pi ):: Orb(Grp(G1_1))→\rightarrow Orb(Coh(φ,ψ\varphi , \psi )) est bijective (II, p. 170, remarque 1). Il suffit donc de démontrer que l’application de Orb(G) dans π0(G1)\pi_0(G_1) déduite de α1\alpha_1 est surjective et que ses fibres sont les composantes connexes de l’armature du couple (φ,ψ)(\varphi , \psi ). La surjectivité résulte de ce que l’application Som(α1\alpha_1) est l’application identique. La relation d’équivalence dans Som(G) donnée par « aa et bb sont dans la même composante connexe de G1G_1 » est engendrée par les relations « il existe une flèche de G reliant aa à bb » et « il existe un sommet hh de H tel que φ(h)=a\varphi (h) =a et ψ(h)=b\psi (h) =b ». Cette relation d’équivalence est compatible avec l’application de Som(G) dans Orb(G) et la relation qui s’en déduit dans Orb(G) est engendrée par la relation « il existe une orbite η\eta de H telle que Orb(φ\varphi )(η)=α(\eta ) =\alpha et Orb(ψ\psi )(η)=β(\eta ) =\beta ». C’est donc la relation « α\alpha et β\beta sont dans la même composante connexe de l’armature du couple (α,β)(\alpha , \beta ) ».

Proposition 5 01UE

Soit G′G' un groupoïde, soient η,η′\eta ,\eta ' des morphismes de groupoïdes de Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) dans G′G' et soit kk une application de Som(G) dans Fl(G′'). Pour que kk soit une homotopie reliant η\eta à η′\eta ', il faut et il suffit que les deux conditions suivantes soient satisfaites :

(i) L’application kk est une homotopie reliant η∘α\eta \circ \alpha à η′∘α\eta '\circ \alpha;

(ii) Pour tout sommet aa de H, on a

η(h(a))k(ψ(a))=k(φ(a))η′(h(a)) \eta (h(a))k(\psi (a)) =k(\varphi (a))\eta '(h(a))

Par définition, pour que kk soit une homotopie reliant η\eta à η′\eta ', il faut et il suffit que les deux conditions suivantes soient réalisées (rappelons que Som(G) = Som(Coh(φ,ψ\varphi , \psi ))) :

a) Pour tout sommet xx de Coh(φ,ψ\varphi , \psi ),k(x),k(x) relie η(x)\eta (x) à η′(x)\eta '(x) ;

b) Pour tout couple (x,y)(x, y) de sommets de Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) et toute flèche f∈f\in Flx,y_{x,y}(Coh(φ,ψ\varphi , \psi )), on a η(f)k(y)=k(x)η′(f)\eta (f)k(y) =k(x)\eta '(f).

D’après la prop. 2, il suffit de vérifier la condition b) lorsque ff appartient à l’image de Fl(α\alpha ) ou à celle de hh, de sorte que b) équivaut à la conjonction des deux conditions c) et d) ci-dessous :

c) Pour x∈x\in Som(G), y∈y\in Som(G) et g∈g\in Flx,y(G)_{x,y}(G), on a η(α(g))k(y)=k(x)η′(α(g))\eta (\alpha (g))k(y) =k(x)\eta '(\alpha (g));

d) Pour tout a∈a\in Som(H), on a η(h(a))k(ψ(a))=k(φ(a))η′(h(a))\eta (h(a))k(\psi (a)) =k(\varphi (a))\eta '(h(a)). La condition (i) équivaut à la conjonction de a) et c), et la condition (ii) est la condition d), d’où le corollaire.

4. Comparaison de deux cohomotopeurs

Considérons un diagramme

H φ^{\varphi} G

uvψ(4) u^{\psi}_v \tag{4}
H′ψ′φ′G′ {H'}^{\varphi'}_{\psi'}G'

où H, H′H', G, G′G' sont des groupoïdes et u,v,φ,ψ,φ′,ψ′u,v,\varphi ,\psi ,\varphi ',\psi ' des morphismes de groupoïdes tels que v∘φ=φ′∘uv\circ \varphi =\varphi '\circ u et v∘ψ=ψ′∘uv\circ \psi =\psi '\circ u.

Notons α\alpha le morphisme canonique de G dans le cohomotopeur Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) et hh l’homotopie canonique reliant α∘φ\alpha \circ \varphi à α∘ψ\alpha \circ \psi; définissons de façon analogue α′\alpha ' et h′h'. Alors, α′∘v\alpha '\circ v est un morphisme de groupoïdes de G dans Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ') et h′∘h'\circ Som(uu) est une homotopie reliant α′∘φ′∘u\alpha '\circ \varphi '\circ u à α′∘ψ′∘u\alpha '\circ \psi '\circ u, c’est-à-dire α′∘v∘φ\alpha '\circ v\circ \varphi à α′∘v∘ψ\alpha '\circ v\circ \psi. D’après la propriété universelle des cohomotopeurs (II, p. 185, prop. 3), il existe un unique morphisme de groupoïdes ww de Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) dans Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ') tel que w∘α=α′∘vw\circ \alpha =\alpha '\circ v et Fl(ww)∘h=h′∘\circ h=h'\circ Som(uu). Nous avons en particulier étendu le diagramme (4) en un diagramme

H φ^{\varphi} G α^{\alpha} Coh(φ,ψ\varphi , \psi )

uvψw(5) u^{\psi}_vw \tag{5}

H′ψ′φ′G′α′{H'}^{\varphi'}_{\psi'}{G'}^{\alpha'} Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ')

dans lequel le second carré est commutatif.

Théorème 1 01UF

Faisons les hypothèses suivantes :

(i) le morphisme de groupoïdes vv est un homotopisme ;

(ii) l’application Orb(uu):: Orb(H) →\rightarrow Orb(H′'), déduite de uu par passage aux orbites, est bijective ;

(iii) il existe dans chaque orbite de H un point aa tel que l’homomorphisme ua:Ha→Hu(a)′u_a: H_a\rightarrow H'_{u(a)} soit surjectif.

Alors, le morphisme de groupoïdes w:w: Coh(φ,ψ\varphi , \psi )→\rightarrow Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ') est un homotopisme.

Soit G′′G'' le groupoïde déduit de G′G' par contraction des flèches d’une forêt orientée maximale. Le morphisme canonique v′:G′→G′′v': G'\rightarrow G'' est un homotopisme (II, p. 184, corollaire 2 de la prop. 1). Les deux diagrammes

H φ^{\varphi} G H′φ′G′{H'}^{\varphi'}G'

uψv′∘vu\psi v'\circ v et IdH′ψ′v′_{H'}\psi 'v'

H′vv′′∘∘ψφ′′G′H′vv′′∘∘ψφ′′G′′ H'vv''\circ \circ \psi \varphi ''G'H'vv''\circ \circ \psi \varphi ''G''

donnent lieu à des morphismes de groupoïdes w1′:w'_1: Coh(φ,ψ\varphi , \psi )→\rightarrow Coh(v′∘φ′,v′∘ψ′v'\circ \varphi ', v'\circ \psi ') et w2′:w'_2: Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ')→\rightarrow Coh(v′∘φ′,v′∘ψ′v'\circ \varphi ', v'\circ \psi ') ; on a w1′=w2′∘ww'_1=w'_2\circ w. Il suffit donc de démontrer que w1′w'_1 et w2′w'_2 sont des homotopismes. Comme les applications Som(v′∘vv'\circ v):: Som(G) →\rightarrow Som(G′′'') et Som(v′v'):: Som(G′')→\rightarrow Som(G′′'') sont surjectives, il suffit par conséquent de démontrer le théorème sous l’hypothèse supplémentaire que l’application Som(vv) est surjective, hypothèse que nous ferons dans toute la suite de la démonstration.

Démontrons successivement les assertions suivantes :

– L’application Orb(ww) est bijective ;

– Pour tout sommet aa de G, l’homomorphisme waw_a est surjectif ;

– Pour tout sommet aa de G, l’homomorphisme waw_a est injectif.

a) Par hypothèse, l’application Orb(uu) est bijective ; il en est de même de l’application Orb(vv) d’après II, p. 182, prop. 1, car vv est un homotopisme. Le morphisme de carquois de l’armature du couple (φ,ψ)(\varphi , \psi ) sur celle du couple (φ′,ψ′)(\varphi ', \psi ') défini par les applications Orb(uu) et Orb(vv) est donc un isomorphisme. En particulier, l’application qui s’en déduit par passage aux composantes connexes est bijective. La prop. 4 de II, p. 185 implique alors que l’application Orb(ww) est bijective.

b) Soit f′f' une flèche de G′G', notons a′a' son origine et b′b' son terme. Comme l’application Som(vv) est surjective, il existe des sommets aa et bb dans G tels que a′=v(a)a'=v(a) et b′=v(b)b'=v(b). Comme le morphisme vv est un homotopisme, il existe une flèche ff de G reliant aa à bb ainsi qu’un élément g∈Gag\in G_a tel que v(g)=f′v(f)−1(v(g) =f'v(f)^{-1}(II, p. 182, prop. 1), d’où f′=v(gf)f'=v(gf). Cela démontre que l’application Fl(vv) est surjective.

Démontrons alors que l’application Fl(ww) est surjective. Son image contient celle de Fl(α′\alpha '), car l’on a α′∘v=w∘α\alpha '\circ v=w\circ \alpha et l’application Fl(vv) est surjective. Soit bb un sommet de H′H'; soit aa un sommet de H tel que bb et u(a)u(a) soient dans la même orbite de H′H' et soit ff une flèche de H′H' reliant u(a)u(a) à bb. Alors,

h′(u(a))⋅(α′∘ψ′)(f)=(α′∘φ′)(f)⋅h′(b) h'(u(a))\cdot (\alpha '\circ \psi ')(f) = (\alpha '\circ \varphi ')(f)\cdot h'(b)

car h′h' est une homotopie reliant α′∘φ′\alpha '\circ \varphi ' à α′∘ψ′\alpha '\circ \psi '. La flèche h′(u(a))=h'(u(a)) = w(h(a))w(h(a)) appartient à l’image de Fl(ww), de même que les deux flèches α′(ψ′(f))\alpha '(\psi '(f)) et α′(φ′(f))\alpha '(\varphi '(f)) d’après ce qui précède. Il en résulte que la flèche h′(b)h'(b) appartient à l’image de Fl(ww), ce qui démontre que l’image de Fl(ww) contient celle de h′h'. D’après la prop. 2 de II, p. 185, l’application Fl(ww) est surjective.

Soit g′∈g'\in Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ')u(a)_{u(a)}. Soit gg une flèche de Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) telle que w(g)=g′w(g) =g'. Notons xx et yy l’origine et le terme de gg; on a u(x)=u(x) = u(y)=u(a)u(y) =u(a). Soit g1g_1 (resp. g2g_2) une flèche de G reliant aa à xx (resp. aa à yy) dont l’image par vv est eu(a)e_{u(a)}. Alors, α(g1)gα(g2)−1\alpha (g_1)g\alpha (g_2)^{-1} est un élément de Coh(φ,ψ\varphi , \psi )a_a dont l’image par waw_a est g′g'. Par suite, pour tout sommet aa de G, l’homomorphisme waw_a est surjectif.

c) Démontrons que, pour tout sommet aa de G, l’homomorphisme waw_a est injectif. En considérant successivement les diagrammes

H⇉φψGH⇉v∘φv∘ψG′IdH↓↓vetu↓↓IdG′H⇉v∘φv∘ψG′H′⇉φ′ψ′G′\begin{array}{ccccccc} H & \underset{\psi}{\overset{\varphi}{\rightrightarrows}} & G & & H & \underset{v\circ\psi}{\overset{v\circ\varphi}{\rightrightarrows}} & G' \\ {\scriptstyle \mathrm{Id}_H}\big\downarrow & & \big\downarrow{\scriptstyle v} & \text{et} & {\scriptstyle u}\big\downarrow & & \big\downarrow{\scriptstyle \mathrm{Id}_{G'}} \\ H & \underset{v\circ\psi}{\overset{v\circ\varphi}{\rightrightarrows}} & G' & & H' & \underset{\psi'}{\overset{\varphi'}{\rightrightarrows}} & G' \end{array}

on est alors ramené à traiter les deux cas suivants : 1) On a H′=HH'= H et u=u= IdH;2)_H; 2) On a G′=GG'= G et v=v= IdG_G.

1) Supposons que l’on a H′=HH'= H et u=u= IdH_H.

Considérons un morphisme de groupoïdes v′:G′→Gv': G'\rightarrow G qui est inverse de vv à homotopie près et une homotopie k:k: Som(G) →\rightarrow Fl(G) reliant v′∘vv'\circ v à IdG_G. D’après la remarque 1 de II, p. 181, les applications α∘k∘φ\alpha \circ k\circ \varphi et α∘k∘ψ\alpha \circ k\circ \psi sont des homotopies reliant respectivement α∘v′∘φ′\alpha \circ v'\circ \varphi ' à α∘φ\alpha \circ \varphi et α∘v′∘ψ′\alpha \circ v'\circ \psi ' à α∘ψ\alpha \circ \psi. Par suite (cf. II, p. 180), l’application

h1:h_1: Som(H) →\rightarrow Fl(Coh(φ,ψ\varphi , \psi )),

x↦(α∘k∘φ)(x)⋅h(x)⋅((α∘k∘ψ)(x))−1 x\mapsto (\alpha \circ k\circ \varphi )(x)\cdot h(x)\cdot ((\alpha \circ k\circ \psi )(x))^{-1}

est une homotopie reliant α∘v′∘φ′\alpha \circ v'\circ \varphi ' à α∘v′∘ψ′\alpha \circ v'\circ \psi '. D’après la propriété universelle des cohomotopeurs (II, p. 185, prop. 3), il existe un unique morphisme de groupoïdes w′:w': Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ')→\rightarrow Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) tel que α∘v′=\alpha \circ v'= w′∘α′w'\circ \alpha ' et h1=h_1= Fl(w′w')∘h′\circ h'.

H ψφ^{\varphi}_{\psi} G α^{\alpha} Coh(φ,ψ\varphi , \psi )

IdHvw_Hvw

H ψ′φ′G′α′^{\varphi'}_{\psi'}{G'}^{\alpha'} Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ')

IdHv′w′_Hv'w'

H ψφ^{\varphi}_{\psi} G α^{\alpha} Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) .

On a en particulier

α∘v′∘v=w′∘α′∘v=w′∘w∘α \alpha \circ v'\circ v=w'\circ \alpha '\circ v=w'\circ w\circ \alpha

Comme kk est une homotopie reliant v′∘vv'\circ v à IdG,α∘k_G,\alpha \circ k est une homotopie reliant w′∘w∘αw'\circ w\circ \alpha à α\alpha. Comme Fl(w′∘ww'\circ w)∘h=\circ h= Fl(w′w')∘h′=h1\circ h'=h_1, on a, pour tout sommet xx de H,

Fl(w′∘ww'\circ w)∘h(x)⋅(α∘k∘ψ)(x)=h1(x)⋅(α∘k∘ψ)(x)=(α∘k∘φ)(x)⋅h(x)\circ h(x)\cdot (\alpha \circ k\circ \psi )(x) =h_1(x)\cdot (\alpha \circ k\circ \psi )(x) = (\alpha \circ k\circ \varphi )(x)\cdot h(x),

par définition de h1h_1. D’après la prop. 5 de II, p. 186, appliquée aux morphismes de groupoïdes w′∘ww'\circ w et IdCoh(φ,ψ)_{Coh(\varphi ,\psi)}, l’application α∘k\alpha \circ k est une homotopie reliant w′∘ww'\circ w à IdG_G. En particulier, w′∘ww'\circ w est un homotopisme.

Pour tout sommet aa de G, l’homomorphisme de groupes (w′∘w)a(w'\circ w)_a est donc bijectif (II, p. 182, prop. 1). Il en résulte que l’homomorphisme waw_a est injectif, d’où le résultat dans le cas A).

2) Supposons que l’on a G′=GG'= G et v=v= IdG_G.

Soit xx un sommet de H′H'. L’application Orb(uu) étant surjective, il existe un sommet aa de H et une flèche ff de H′H' reliant u(a)u(a) à xx. Les flèches α(φ′(f))−1,h(a)\alpha (\varphi '(f))^{-1},h(a) et α(ψ′(f))\alpha (\psi '(f)) relient respectivement φ′(x)\varphi '(x) à φ′(u(a))=φ(a),φ(a)\varphi '(u(a)) =\varphi (a),\varphi (a) à ψ(a)\psi (a) et ψ′(u(a))=ψ(a)\psi '(u(a)) =\psi (a) à ψ′(x)\psi '(x), donc sont composables dans Coh(φ,ψ\varphi , \psi ). Posons

h2(x)=α(φ′(f))−1⋅h(a)⋅α(ψ′(f)) h_2(x) =\alpha (\varphi '(f))^{-1}\cdot h(a)\cdot \alpha (\psi '(f))

Vérifions que la flèche h2(x)h_2(x) ainsi définie ne dépend pas des éléments aa et ff choisis. Soit a′a' un sommet de H et soit f′f' une flèche de H′H' reliant u(a′)u(a') à xx. Puisque l’application Orb(uu) est injective, les sommets aa et a′a' de H appartiennent à la même orbite et il existe une flèche c∈c\in Fl(H) reliant aa à a′a'. Alors, u(c)f′f−1u(c)f'f^{-1} est un lacet en u(a)u(a) dans H′H'. D’après l’hypothèse (iii), il existe un sommet bb de H tel que l’homomorphisme ubu_b soit surjectif et une flèche c′c' de H reliant bb à aa; alors, Int(u(c′)u(c'))(u(c)f′f−1)(u(c)f'f^{-1}) est un lacet en u(b)u(b) dans H, c’est donc l’image par ubu_b d’un lacet c′′c'' en bb. Par conséquent, la flèche g=(c′c)−1c′′c′g= (c'c)^{-1}c''c' de H relie le sommet a′a' au sommet aa et vérifie f′=u(g)ff'=u(g)f. On a alors

α(φ′(f′))−1h(a′)α(ψ′(f′)) \alpha (\varphi '(f'))^{-1}h(a')\alpha (\psi '(f'))
=α(φ′(f))−1α(φ′(u(g)))−1h(a′)α(ψ′(u(g)))α(ψ′(f)) =\alpha (\varphi '(f))^{-1}\alpha (\varphi '(u(g)))^{-1}h(a')\alpha (\psi '(u(g)))\alpha (\psi '(f))
=α(φ′(f))−1α(φ(g))−1h(a′)α(ψ(g))α(ψ′(f)) =\alpha (\varphi '(f))^{-1}\alpha (\varphi (g))^{-1}h(a')\alpha (\psi (g))\alpha (\psi '(f))
=α(φ′(f))−1⋅h(a)⋅α(ψ′(f)) =\alpha (\varphi '(f))^{-1}\cdot h(a)\cdot \alpha (\psi '(f))

puisque hh est une homotopie reliant α∘φ\alpha \circ \varphi à α∘ψ\alpha \circ \psi. Cela démontre l’indépendance annoncée.

Par construction, on a h2(u(x))=h(x)h_2(u(x)) =h(x) pour tout x∈x\in Som(H). Nous avons ainsi défini une application h2h_2 de Som(H′') dans Fl(Coh(φ,ψ\varphi , \psi )). Soit cc une flèche de H′H', notons xx son origine et yy son terme. Soit aa un sommet de H et ff une flèche de H′H' reliant u(a)u(a) à xx. Alors, fcf c est une flèche de H′H' qui relie u(a)u(a) à yy. Par définition de h2h_2, on a ainsi

h2(x)α(ψ′(c))=α(φ′(f))−1h(a)α(ψ′(f))α(ψ′(c)) h_2(x)\alpha (\psi '(c)) =\alpha (\varphi '(f))^{-1}h(a)\alpha (\psi '(f))\alpha (\psi '(c))
=α(φ′(c))α(φ′(fc))−1h(a)α(ψ′(fc)) =\alpha (\varphi '(c))\alpha (\varphi '(f c))^{-1}h(a)\alpha (\psi '(f c))
=α(φ′(c))h2(y) =\alpha (\varphi '(c))h_2(y)

Cela prouve que h2h_2 est une homotopie qui relie α∘φ′\alpha \circ \varphi ' à α∘ψ′\alpha \circ \psi '.

D’après la propriété universelle des cohomotopeurs, il existe un unique morphisme de groupoïdes w′:w': Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ')→\rightarrow Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) tel que w′∘α′=αw'\circ \alpha '=\alpha et h2h_2 = Fl(w′w')∘h′\circ h'. On a w′∘w∘α=w′∘α′=αw'\circ w\circ \alpha =w'\circ \alpha '=\alpha et Fl(w′∘ww'\circ w)∘h=\circ h= Fl(w′w')∘h′∘\circ h'\circ Som(uu) =h2∘u=h=h_2\circ u=h par définition de h2h_2. D’après la propriété universelle des cohomotopeurs, cela implique que l’on a w′∘w=w'\circ w= IdCoh(φ,ψ)_{Coh(\varphi ,\psi)}. En particulier, pour tout a∈a\in Som(G), l’homomorphisme waw_a est injectif.

Il résulte alors de la prop. 1 de II, p. 182 que le morphisme ww est un homotopisme, d’où le théorème.

5. Groupes d’isotropie d’un cohomotopeur

Soient G et H des groupoïdes et soient φ,ψ\varphi ,\psi des morphismes de groupoïdes de H dans G. Le but de ce no^o est de calculer les groupes d’isotropie du cohomotopeur Coh(φ,ψ\varphi , \psi ). On reprend les notations G1,h1,θ1,α,hG_1, h_1, \theta_1, \alpha , h du no3^o3.

Notons Γ0\Gamma_0 l’armature du couple (φ,ψ)(\varphi , \psi ) ; rappelons (II, p. 185, déf. 3) qu’il s’agit du carquois (Orb(G), Orb(H),φ0,ψ0, \varphi_0, \psi_0), où φ0\varphi_0 et ψ0\psi_0 sont les applications de Orb(H) dans Orb(G) déduites des applications φ\varphi et ψ\psi par passage aux orbites.

Dans toute la suite de ce no^o, nous supposerons en outre que le carquois Γ0\Gamma_0 est connexe et non vide ; d’après II, p. 185, prop. 4, cela revient à supposer que le groupoïde Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) est transitif, ou encore que le carquois G1G_1 est connexe et non vide (II, p. 185, prop. 2).

Définition 4 01UG

On appelle équipement de base du couple (φ,ψ)(\varphi , \psi ) la donnée :

(i) Pour tout i∈i\in Orb(G), d’un sommet a(i)a(i) dans l’orbite ii de G;

(ii) Pour tout j∈j\in Orb(H), d’un sommet b(j)b(j) dans l’orbite jj de H ;

(iii) Pour tout j∈j\in Orb(H), de flèches c1(j)c_1(j) et c2(j)c_2(j) de G reliant respectivement φ(b(j))\varphi (b(j)) à a(φ0(j))a(\varphi_0(j)) et ψ(b(j))\psi (b(j)) à a(ψ0(j))a(\psi_0(j)) ;

(iv) D’un sous-carquois T de l’armature Γ0\Gamma_0 dont le graphe associé est un arbre maximal du graphe Γ~0\widetilde{\Gamma}_0;

(v) D’une orbite i0i_0 de G.

Choisissons un équipement de base (a,b,c1,c2,T,i0)(a, b, c_1, c_2,T, i_0) du couple (φ,ψ)(\varphi , \psi ). On définit un morphisme de carquois τ1\tau_1 de Γ0\Gamma_0 dans Grp(G1_1) en posant τ1(i)=a(i)\tau_1(i) =a(i) pour i∈i\in Som(Γ0_0) == Orb(G) et

τ1(j)=c1(j)−1⋅h1(b(j))⋅c2(j) \tau_1(j) =c_1(j)^{-1}\cdot h_1(b(j))\cdot c_2(j)

pour j∈j\in Fl(Γ0_0) == Orb(H). Nous noterons τ0\tau_0 le composé de τ1\tau_1 et du morphisme canonique θ1\theta_1 de Grp(G1_1) dans Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) ; c’est un morphisme de carquois de Γ0\Gamma_0 dans Coh(φ,ψ\varphi , \psi ).

Pour i∈i\in Orb(G), notons αi:Ga(i)→\alpha_i: G_{a(i)}\rightarrow Coh(φ,ψ\varphi , \psi )a(i)_{a(i)} l’homomorphisme de groupes déduit du morphisme α:G→\alpha : G\rightarrow Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) par restriction aux groupes d’isotropie en a(i)a(i).

Pour j∈j\in Orb(H), notons

φj=\varphi_j= Int(c1(j)c_1(j))−1∘φb(j):Hb(j)→Ga(φ0(j))^{-1}\circ \varphi_{b(j)}: H_{b(j)}\rightarrow G_{a(\varphi_0(j))}

et

ψj=\psi_j= Int(c2(j)c_2(j))−1∘ψb(j):Hb(j)→Ga(ψ0(j))^{-1}\circ \psi_{b(j)}: H_{b(j)}\rightarrow G_{a(\psi_0(j))},

de sorte que l’on a, pour tout élément ff de Hb(j)H_{b(j)},

(6) φj(f)=c1(j)−1φ(f)c1(j)\varphi_j(f) =c_1(j)^{-1}\varphi (f)c_1(j) et ψj(f)=c2(j)−1ψ(f)c2(j)\psi_j(f) =c_2(j)^{-1}\psi (f)c_2(j).

Pour tout sommet ii de Γ0\Gamma_0, notons encore did_i l’unique classe de chemins reliant i0i_0 à ii dans l’arbre T~\widetilde{T}; on la considère comme une flèche de Grp(Γ0_0). Notons alors δi\delta_i la flèche de Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) image de did_i par le morphisme canonique de Grp(Γ0_0) dans Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) déduit de τ0\tau_0; l’origine de δi\delta_i est a(i0)a(i_0), son terme est a(i)a(i).

Le morphisme de carquois τ0\tau_0, les homomorphismes de groupes αi\alpha_i (pour i∈i\in Orb(G)),φj,\varphi_j et ψj\psi_j (pour j∈j\in Orb(H)), et les flèches δi\delta_i dans Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) (pour i∈i\in Orb(G)) seront dits déduits de l’équipement de base.

Si (Gi)i∈I(G_i)_{i\in I} est une famille de groupes, on note i∗∈IGi_i*_{\in I}G_i leur produit libre ; l’image d’un élément g∈Gig\in G_i par l’application canonique de GiG_i dans i∗∈IGi_i*_{\in I}G_i sera notée [g][g], voire gg s’il n’y a pas de confusion possible. Si S est un ensemble, on note F(S) le groupe libre construit sur S (A, I, p. 84).

Proposition 6 01UH

Il existe un unique homomorphisme de groupes

Λ:(∗Ga(i))∗\Lambda :(*G_{a(i)})* F(Orb(H)) →\rightarrow Coh(φ,ψ\varphi , \psi )a(i0)_{a(i_0)}

i∈i\inOrb(G)

tel que

(7) Λ(f)=δiαi(f)δi−1\Lambda (f) =\delta_i\alpha_i(f)\delta_i^{-1} pour i∈i\in Orb(G) et f∈Ga(i)f\in G_{a(i)},

(8) Λ(j)=δφ0(j)τ0(j)δψ0(j)−1\Lambda (j) =\delta_{\varphi_0(j)}\tau_0(j)\delta^{-1}_{\psi_0(j)} pour j∈j\in Orb(H).

L’homomorphisme Λ est surjectif ; son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de (∗iGa(i))∗(*_iG_{a(i)})* F(Orb(H)) contenant les éléments jj de Fl(T) et les éléments φj(f)jψj(f)−1j−1\varphi_j(f)j\psi_j(f)^{-1}j^{-1}, pour j∈j\in Orb(H) et f∈Hb(j)f\in H_{b(j)}.

L’existence et l’unicité de l’homomorphisme Λ résulte de la propriété universelle des produits libres et des groupes libres (A, I, p. 85, prop. 8).

Notons A l’ensemble des a(i)a(i) pour i∈i\in Orb(G) et GAG_A le sous-groupoïde plein de G dont l’ensemble des sommets est A. Pour tout x∈x\in Som(G), notons x‾\overline{x} l’orbite de xx dans G et choisissons une flèche dxd_x de G reliant xx à a(x‾)a(\overline{x}). Le couple vv formé de l’application x↦a(x‾)x\mapsto a(\overline{x}) de Som(G) dans A et de l’application qui à f∈f\in Flx,y(G)_{x,y}(G) associe l’élément dx−1fdyd^{-1}_xf d_y de Fla(x‾),a(y‾)(GA)_{a(\overline{x}),a(\overline{y})}(G_A) est un morphisme de groupoïdes. Il résulte de la prop. 1 de II, p. 182 que vv est un homotopisme. Notons φ′=v∘φ\varphi '=v\circ \varphi et ψ′=v∘ψ\psi '=v\circ \psi, puis ww le morphisme canonique de Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) dans Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi ') ; c’est un homotopisme (II, p. 187, théorème 1).

Les orbites de GAG_A sont les ensembles {a}\{a\}, pour a∈Aa\in A, et l’injection GA→GG_A\rightarrow G induit une bijection de Orb(GA_A) sur Orb(G) par laquelle nous identifierons ces deux ensembles. On définit un équipement de base (a′,b′,β1′,β2′,T′,i0)(a', b', \beta '_1, \beta '_2,T', i_0) du couple (φ′,ψ′)(\varphi ', \psi ') en posant a′(i)=a(i)a'(i) =a(i) pour i∈i\in Orb(G),b′(j)=b(j),β1′(j)=v(c1(j)),β2′(j)=v(c2(j)),b'(j) =b(j),\beta '_1(j) =v(c_1(j)),\beta '_2(j) =v(c_2(j)) pour j∈j\in Orb(H) et T′=TT'= T. Les homomorphismes de groupes φj′\varphi '_j et ψj′\psi '_j (pour j∈j\in Orb(H)), le morphisme de carquois τ0′\tau '_0, les flèches δi′\delta '_i (pour i∈i\in Orb(G)), et donc l’homomorphisme de groupes Λ′\Lambda ', déduits de cet équipement de base sont les composés avec ww des homomorphismes correspondants φj,ψj\varphi_j,\psi_j, du morphisme de carquois τ0\tau_0, des flèches correspondantes δi\delta_i et de l’homomorphisme Λ.

Soit B l’ensemble des b(j)b(j) pour j∈j\in Orb(H), soit HBH_B le sous-groupoïde plein de H d’ensemble de sommets B ; notons u:HB→Hu: H_B\rightarrow H l’injection canonique ; posons φ′′=φ′∘u\varphi ''=\varphi '\circ u et ψ′′=ψ′∘u\psi ''=\psi '\circ u. Le morphisme uu induit une bijection B →\rightarrow Orb(H) par laquelle nous identifierons ces deux ensembles. On déduit encore du théorème 1 de II, p. 187 un homotopisme canonique w′:w': Coh(φ′′,ψ′′\varphi '', \psi '')→\rightarrow Coh(φ′,ψ′\varphi ', \psi '). En outre, le couple (φ′′,ψ′′)(\varphi '', \psi '') est muni d’un équipement de base (a′′,b′′,β1′′,β2′′,T′′,i0)(a'', b'', \beta ''_1, \beta ''_2,T'', i_0), de sorte que Λ′,φj′,ψj′,τ0′,δi′(i,i′∈\Lambda ', \varphi '_j, \psi '_j, \tau '_0, \delta '_i(i, i'\in Orb(G), j∈j\in Orb(H)) soient les composés avec w′w' de Λ′′,φj′′,ψj′′,τ0′′,δi′′\Lambda '', \varphi ''_j, \psi ''_j, \tau ''_0, \delta ''_i.

On résume par le diagramme suivant les divers morphismes de groupoïdes introduits :

HBψ′′φ′′GAα′′H_{B\psi''}^{\varphi''}G_A^{\alpha''} Coh(φ′′,ψ′′\varphi '', \psi '')

w′w'

(9) H φ′GAα′^{\varphi'}G_A^{\alpha'} Coh(φ′′,ψ′′\varphi '', \psi '')

ψ′\psi '
vw vw

H ψφ^{\varphi}_{\psi} G α^{\alpha} Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) .

Pour démontrer la proposition, on peut donc supposer que A = Som(G) et B = Som(H), autrement dit que les applications canoniques Som(G) →\rightarrow Orb(G) et Som(H) →\rightarrow Orb(H) sont bijectives, hypothèses sous lesquelles nous nous placerons dans la suite de la démonstration.

Le carquois G1G_1 a alors pour ensemble de sommets A et pour flèches l’ensemble somme des ensembles Ga,a∈AG_a,a\in A, et de l’ensemble B. Les flèches de GaG_a sont des lacets en aa; si b∈Bb\in B, la flèche bb relie φ(b)\varphi (b) à ψ(b)\psi (b), les flèches c1(b)c_1(b) et c2(b)c_2(b) sont des lacets respectivement en φ(b)\varphi (b) et ψ(b)\psi (b). Le carquois T sera identifié à un arbre orienté de G1G_1; c’en est un arbre orienté maximal car l’ensemble de ses sommets est égal à l’ensemble des sommets de G1(G_1(II, p. 157, prop. 1). On posera a0=a(i0)a_0=a(i_0). L’ensemble des flèches de l’armature Γ0\Gamma_0 du couple (φ,ψ)(\varphi , \psi ) étant identifié à B, le morphisme de carquois τ1:Γ0→\tau_1: \Gamma_0\rightarrow Grp(G1_1) associe à la flèche bb la classe de chemins c1(b)−1bc2(b)c_1(b)^{-1}bc_2(b) dans le graphe G~1\widetilde{G}_1.

Rappelons que θ1\theta_1 désigne le morphisme canonique de carquois de G1G_1 dans Grp(G1_1). Notons

λ:a∗∈AF(Ga)∗F(B)→\lambda :_a*_{\in A}F(G_a)*F(B)\rightarrow Grp(G1_1)a0_{a_0}

l’unique homomorphisme de groupes tel que l’on ait

λ(f)=τ1(da)θ1(f)τ1(da)−1\lambda (f) =\tau_1(d_a)\theta_1(f)\tau_1(d_a)^{-1} si a∈Aa\in A et f∈Gaf\in G_a;

λ(b)=τ1(dφ(b))τ1(b)τ1(dψ(b))−1\lambda (b) =\tau_1(d_{\varphi(b)})\tau_1(b)\tau_1(d_{\psi(b)})^{-1} si b∈Bb\in B.

On a ainsi λ=λ′∘ε\lambda =\lambda '\circ \varepsilon, où λ′\lambda ' désigne l’homomorphisme de groupes canonique de a∗∈AF(Ga)∗F(B)_a*_{\in A}F(G_a)*F(B) dans Grp(G1_1)a0_{a_0} défini par l’arbre orienté maximal T (II, p. 179, prop. 9) et où ε\varepsilon est l’unique automorphisme du groupe a∗∈AF(Ga)∗F(B)_a*_{\in A}F(G_a)*F(B) tel que ε(f)=f\varepsilon (f) =f pour a∈Aa\in A et f∈Gaf\in G_a, et ε(b)=c1(b)−1h1(b)c2(b)\varepsilon (b) =c_1(b)^{-1}h_1(b)c_2(b) pour b∈Bb\in B. D’après la remarque 2 de II, p. 179, l’homomorphisme λ\lambda est surjectif et que son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de a∗∈AF(Ga)∗F(B)_a*_{\in A}F(G_a)*F(B) qui contient les flèches de T.

Notons π:\pi : Grp(G1_1)→\rightarrow Coh(φ,ψ\varphi , \psi ) le morphisme de groupoïdes canonique. D’après II, p. 177, cor. 1 de la prop. 8, le morphisme de groupes πa0\pi_{a_0} de Grp(G1_1)a0_{a_0} dans Coh(φ,ψ\varphi , \psi )a0_{a_0} est surjectif, et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de Grp(G1_1)a0_{a_0} qui contient les lacets Int(τ1(da)\tau_1(d_a))(α1(f)α1(g)α1(fg)−1)(\alpha_1(f)\alpha_1(g)\alpha_1(f g)^{-1}), pour a∈Aa\in A et f,g∈Gaf,g\in G_a, et les lacets Int(τ1(dφ(b))\tau_1(d_{\varphi(b)}))(φ(f)bψ(f)−1b−1)(\varphi (f)b\psi (f)^{-1}b^{-1}), pour b∈Bb\in B et f∈Hbf\in H_b.

Si p:F(⋃Ga∪B)→(a∗∈AGa)∗F(B)p: F(\bigcup G_a\cup B)\rightarrow (_a*_{\in A}G_a)*F(B) désigne l’homomorphisme surjectif canonique, on a ainsi Λ∘p=πa0∘λ\Lambda \circ p=\pi_{a_0}\circ \lambda. Cette formule entraîne que l’homomorphisme Λ est surjectif ; il reste à déterminer son noyau.

Pour a∈Aa\in A et f∈Gaf\in G_a, on note [f][f] l’image de f∈F(Ga)f\in F(G_a) dans le groupe a∗∈AF(Ga)∗F(B)_a*_{\in A}F(G_a)*F(B). Pour a∈A,f,g∈Gaa\in A,f, g\in G_a, on a alors

Int(τ1(da)\tau_1(d_a))(α1(f)α1(g)α1(fg)−1)=λ([f][g][fg]−1)(\alpha_1(f)\alpha_1(g)\alpha_1(f g)^{-1}) =\lambda ([f][g][f g]^{-1}).

De même, pour b∈Bb\in B et f∈Hbf\in H_b, la définition des homomorphismes φb\varphi_b et ψb\psi_b (formule (6) de II, p. 193) entraîne que l’on a

Int(τ1(dφ(b))\tau_1(d_{\varphi(b)}))(φ(f)h1(b)ψ(f)−1h1(b)−1)(\varphi (f)h_1(b)\psi (f)^{-1}h_1(b)^{-1})

=τ1(dφ(b))φ(f)(c1(b)τ1(b)c2(b)−1)ψ(f)−1 =\tau_1(d_{\varphi(b)})\varphi (f)(c_1(b)\tau_1(b)c_2(b)^{-1})\psi (f)^{-1}
(c2(b)τ1(b)−1c1(b)−1)τ1(dφ(b))−1 (c_2(b)\tau_1(b)^{-1}c_1(b)^{-1})\tau_1(d_{\varphi(b)})^{-1}
=τ1(dφ(b))c1(b)φb(f)τ1(b)ψb(f)−1τ1(b)−1c1(b)−1τ1(dφ(b))−1 =\tau_1(d_{\varphi(b)})c_1(b)\varphi_b(f)\tau_1(b)\psi_b(f)^{-1}\tau_1(b)^{-1}c_1(b)^{-1}\tau_1(d_{\varphi(b)})^{-1}
=λ(c1(b))λ(φb(f)[b]ψb(f)−1[b]−1)λ(c1(b))−1 =\lambda (c_1(b))\lambda (\varphi_b(f)[b]\psi_b(f)^{-1}[b]^{-1})\lambda (c_1(b))^{-1}

Par suite, le noyau de l’homomorphisme πa0∘λ\pi_{a_0}\circ \lambda est le plus petit sous-groupe distingué de a∗∈AF(Ga)∗F(B)_a*_{\in A}F(G_a)*F(B) qui contient les éléments [f][g][fg]−1[f][g][f g]^{-1} pour a∈Aa\in A et f,g∈Gaf,g\in G_a, les éléments φb(f)[b]ψb(f)−1[b]−1\varphi_b(f)[b]\psi_b(f)^{-1}[b]^{-1} pour b∈Bb\in B et f∈Hbf\in H_b, et les éléments [b][b], pour b∈b\in Fl(T).

Finalement, le noyau de l’homomorphisme Λ est le plus petit sous-groupe distingué de (a∗∈AGa)∗F(B)(_a*_{\in A}G_a)*F(B) qui contient les images par pp des éléments précédents, autrement dit, les éléments [b][b], pour b∈b\in Fl(T), et les éléments φb(f)[b]ψb(f)[b]−1\varphi_b(f)[b]\psi_b(f)[b]^{-1}, pour b∈Bb\in B et f∈Hbf\in H_b. La proposition est ainsi démontrée.

Transcribed from the printed volume. Not translated.