Soit H un carquois, soit G un groupoïde, soient φ et ψ des morphismes de carquois de H dans G, et soit h: Som(H) → Fl(G) une homotopie reliant φ à ψ. Soit G′ le groupoïde déduit de G par contraction des flèches de l’image de h(II, p. 175, no11) et soit β:G→G′ le morphisme canonique.
Notons Γ le carquois (Som(G), Som(H), Som(φ ), Som(ψ )). Par définition d’une homotopie, le couple (IdSom(G),h) est un morphisme de carquois de Γ dans G ; il se prolonge en un unique morphisme de groupoïdes η: Grp(Γ) → G. Par construction, l’ensemble des sommets de G′ est l’ensemble des composantes connexes du carquois Γ.
Dans toute la suite de ce no, nous supposerons que le groupoïde G est transitif. D’après la remarque 1 de II, p. 170, cela revient à supposer que le groupoïde G′ l’est. On fixe aussi un sommet a0 de G.
Notons Γ le graphe associé au carquois Γ (cf. II, p. 156). L’ensemble des lacets de longueur ⩾1 dans Γ s’identifie à l’ensemble Ω(Γ) des suites finies (z1,...,zn), où n est un entier tel que n⩾1 et z1,...,zn sont des éléments de Fl(Γ) tels que t(zi)=o(zi+1) pour tout entier i tel que 1⩽i<n et t(zn)=o(z1).
Soit z=((b1,ε1),...,(bn,εn)) un élément de Ω(Γ). La classe de conjugaison de l’élément
Int(g)(η(z))=gh(b1)ε1...h(bn)εng−1
dans Ga0 ne dépend pas du choix de la flèche g de G reliant le sommet a0 à l’origine de (b1,ε). On note c(z) cette classe de conjugaison.
Le morphisme de groupes βa0:Ga0→Gβ(a0)′ est surjectif, son noyau est le plus petit sous-groupe de Ga0 contenant les classes de conjugaison c(z) pour z∈Ω(Γ).
Soit K le plus petit sous-groupoïde distingué de G dont l’ensemble des flèches contient l’image de h. Le morphisme Ga0→Gβ(a0)′ est surjectif et son noyau est égal à Ka0(II, p. 170, prop. 2). La proposition résulte alors de la prop. 8 de II, p. 176.
On dit qu’une partie Z de Ω(Γ) est distinguée (relativement au couple (φ,ψ)) si elle vérifie les propriétés suivantes :
(i) Pour toute flèche z de Γ, on a (z,z)∈Z ;
(ii) Pour tout (z1,...,zn)∈ Z, on a (zn,...,z2,z1)∈ Z et (zn,z1,...,zn−1)∈Z ;
(iii) Soient z=(z1,...,zn) et z′=(z1′,...,zm′) des éléments de Z tels que t(zn)=o(z1′). Posons zz′=(z1,...,zn,z1′,...,zm′). Si deux éléments parmi z,z′,zz′ appartiennent à Z, il en est de même du troisième ;
(iv) Pour toute flèche f de H, posons φ(f,1)=ψ(f,−1)=φ(f) et φ(f,−1)=ψ(f,1)=ψ(f). Soient n un entier ⩾ 1 et (f1,ε1),...,(fn,εn) une suite d’éléments de Fl(H) ×{−1,1} telle que ψ(fi,εi)=φ(fi+1,εi+1) pour 1⩽i<n et ψ(fn,εn)=φ(f1,ε1) ; notons ai l’origine de fi et bi son terme. Pour que ((a1,ε1),...,(an,εn)) appartienne à Z, il faut et il suffit que ((b1,ε1),...,(bn,εn)) appartienne à Z.
L’intersection dans Ω(Γ) de toute famille de parties distinguées (relativement à (φ,ψ)) l’est encore. En particulier, il existe une plus petite partie distinguée contenant une partie Z donnée de Ω(Γ).
Si N est un sous-groupe distingué de Ga, l’ensemble des éléments z∈Ω(Γ) tels que c(z) soit contenu dans N est une partie distinguée de Ω(Γ).
Notons Z l’ensemble des éléments z∈Ω(Γ) tels que c(z)⊂N.
Soit z∈ Fl(Γ). On a c(z,z)={ea} par définition, d’où (z,z)∈Z.
Soit (z1,...,zn)∈Z. Par définition de c, la classe de conjugaison c(z1,...,zn) est égale à c(zn,z1,...,zn−1) et est formée des inverses des éléments de c(zn,...,z1). Cela montre que Z vérifie la condition (ii).
Avec les notations de la condition (iii), on peut choisir des éléments u∈c(z),v∈c(z′) et w∈c(zz′) tels que uv=w. Si deux des éléments u,v et w appartiennent à N, il en est de même du troisième, donc N satisfait à (iii).
Les notations étant celles de (iv), on a, pour tout entier i tel que 1⩽i⩽n, la relation
φ(fi)h(bi)=h(ai)ψ(fi)
car h est une homotopie reliant φ à ψ. Cette égalité s’écrit aussi
φ(fi,εi)h(bi)εi=h(ai)εiψ(fi,εi)
Compte tenu des relations ψ(fi,εi)=φ(fi+1,εi+1) pour 1⩽i<n et ψ(fn,εn)=φ(f1,ε1), on en déduit
si bien que les classes de conjugaison c((a1,ε1),...,(an,εn)) et c((b1,ε1),...,(bn,εn)) sont égales. Cela montre que Z satisfait à la condition (iv) et termine la démonstration de la proposition.
Soit Z une partie de Ω(Γ); pour que les classes de conjugaison c(z), pour z∈ Z, engendrent le noyau de l’homomorphisme canonique βa0:Ga0→Gβ(a0)′, il suffit que la plus petite partie distinguée de Ω(Γ) contenant Z soit égale à Ω(Γ).
Soit N le plus petit sous-groupe de Ga0 contenant c(z) pour tout z∈Z ; il est distingué. Soit Z′ l’ensemble des éléments z de Ω(Γ) tels que c(z)∈N. D’après la proposition 2, Z′ est une partie distinguée de Ω(Γ). Elle contient Z. Par hypothèse, elle est donc égale à Ω(Γ). Il résulte alors de la prop. 1 (II, p. 197) que N est le noyau de l’homomorphisme βa.
2. Définition du coégalisateur
Soit H un carquois, soit G un groupoïde et soient φ,ψ des morphismes de carquois de H dans G. Notons Coh(φ,ψ ) le cohomotopeur du couple (φ,ψ) (II, p. 185, déf. 3),α:G→ Coh(φ,ψ ) le morphisme de groupoïdes canonique et h l’homotopie canonique reliant α∘φ à α∘ψ.
Soit Coeg(φ,ψ ) le groupoïde déduit de Coh(φ,ψ ) par contraction des flèches appartenant à l’image de h (II, p. 196, no 1), notons β: Coh(φ,ψ )→ Coeg(φ,ψ ) le morphisme canonique et posons γ=β∘α.
On dit que le groupoïde Coeg(φ,ψ ) est le coégalisateur du couple (φ,ψ) ; le morphisme de groupoïdes γ s’appelle le morphisme canonique de G dans Coeg(φ,ψ ).
Le couple (Coeg(φ,ψ ),γ ) possède la propriété universelle suivante :
a) On a γ∘φ=γ∘ψ.
b) Soient G′ un groupoïde et θ:G→G′ un morphisme de groupoïdes tel que θ∘φ=θ∘ψ. Il existe un unique morphisme de groupoïdes θ: Coeg(φ,ψ )→G′ tel que θ∘γ=θ.
Soit a un sommet de H. La flèche h(a) de Coh(φ,ψ ) relie α(φ(a)) à α(ψ(a)). Par définition du groupoïde Coeg(φ,ψ ), l’origine et le terme de la flèche β(h(a)) sont égaux ; on a donc γ(φ(a))=γ(ψ(a)).
Soit f une flèche de H ; si a désigne son origine et b son terme, on a ainsi
α(φ(f))⋅h(b)=h(a)⋅α(ψ(b))
En prenant l’image par β des deux membres de cette égalité, on obtient la relation γ(φ(f))=γ(ψ(f)). Cela démontre l’assertion a).
Démontrons b). L’application η: Som(H) → Fl(G′) qui à tout sommet a de H associe la flèche eθ(φ(a)) de G′ est une homotopie reliant θ∘φ à θ∘ψ. D’après la propriété universelle des cohomotopeurs (II, p. 185, prop. 3), il existe un unique morphisme de groupoïdes θ1: Coh(φ,ψ )→G′ tel que θ1∘α=θ et θ1(h(a))=eθ(φ(a)) pour tout sommet a de H. D’après la prop. 7 de II, p. 176, cette dernière propriété implique l’existence d’un unique morphisme de groupoïdes θ: Coeg(φ,ψ )→G′ tel que θ∘β=θ1. On a alors θ∘γ=θ1∘α=θ.
Inversement, si θ′: Coeg(φ,ψ )→G′ est un morphisme de groupoïdes tel que θ′∘γ=θ, on a (θ′∘β)∘α=(θ∘β)∘α, d’où θ′∘β=θ∘β d’après II, p. 185, prop. 3, d’où θ′=θ d’après la prop. 7 de II, p. 176. Cela démontre l’unicité de θ, d’où l’assertion b).
Le groupoïde Coeg(φ,ψ ) est engendré par l’image du morphisme γ.
Soit C le sous-groupoïde de Coeg(φ,ψ ) engendré par l’image de G ; notons i le morphisme canonique de C dans Coeg(φ,ψ ) et θ:G→C le morphisme tel que i∘θ=γ. D’après la proposition 2, il existe un unique morphisme de groupoïdes θ: Coeg(φ,ψ )→C tel que θ∘γ=θ. Alors, γ=i∘θ∘γ, donc i∘θ est le morphisme identique de Coeg(φ,ψ ) (loc. cit.). En particulier, les applications Som(i) et Fl(i) sont surjectives, donc C = Coeg(φ,ψ ).
L’ensemble des sommets de Coeg(φ,ψ ) est l’ensemble des composantes connexes du carquois
Γ = (Som(G), Som(H), Som(φ ), Som(ψ ))
(II, p. 197). Autrement dit, c’est l’ensemble quotient de Som(G) par la relation d’équivalence la plus fine telle que φ(a) soit équivalent à ψ(a) pour tout a∈ Som(G).
L’application Orb(γ ), déduite de γ par passage aux orbites, définit par passage au quotient une bijection de l’ensemble des composantes connexes de l’armature du couple (φ,ψ) sur l’ensemble des orbites du coégalisateur. Cela résulte de II, p. 185, prop. 4 et de ce que l’application déduite de β par passage aux orbites est bijective ( II, p. 170, remarque 1).
Par suite, l’application de Som(G) dans Orb(Coeg(φ,ψ )) déduite de γ identifie l’ensemble des orbites de Coeg(φ,ψ ) à l’ensemble quotient de Som(G) par la relation d’équivalence engendrée par les couples (φ(x),ψ(x)) pour x∈ Som(H) et les couples (o(f),t(f)) pour f∈ Fl(G).
L’application Fl(γ ) de Fl(G) dans Fl(Coeg(φ,ψ )) n’est en général pas surjective.
3. Comparaison des groupes d’isotropie du cohomotopeur et du coégalisateur
Soit H un carquois, soit G un groupoïde, soient φ et ψ des morphismes de carquois de H dans G. Notons α:G→ Coh(φ,ψ ), β: Coh(φ,ψ )→ Coeg(φ,ψ ) et γ:G→ Coeg(φ,ψ ) les morphismes canoniques de groupoïdes, et h l’homotopie canonique reliant α∘φ à α∘ψ. On résume ces notations par le diagramme suivant
γ
H ψφ G α Coh(φ,ψ )β Coeg(φ,ψ ) .
Dans toute la suite de ce no, on suppose que l’armature du couple (φ,ψ) est un carquois connexe et on fixe un sommet a0 de G. Par suite, les groupoïdes Coh(φ,ψ ) et Coeg(φ,ψ ) sont transitifs.
Notons Γ le carquois (Som(G), Som(H), Som(φ ), Som(ψ )), Γ le graphe associé à Γ et soit Ω(Γ) l’ensemble des suites finies (z1,...,zn) de flèches de Γ, avec n⩾1, telles que le terme de zi soit l’origine de zi+1 si 1⩽i<n et que le terme de zn soit l’origine de z1. On a construit au no1 une application z↦c(z) de l’ensemble Ω(Γ) dans l’ensemble des classes de conjugaison du groupe Coh(φ,ψ )a0.
Notons H×GH l’égalisateur dans H×H des morphismes de carquois ψ∘pr1 et φ∘pr2. L’ensemble de ses sommets est l’ensemble des couples (a,b) de sommets de H tels que ψ(a)=φ(b) ; l’ensemble de ses flèches est l’ensemble des couples (f,g) de flèches de H telles que ψ(f)=φ(g) ; l’origine d’une flèche (f,g) est le sommet (o(f),o(g)) et son terme est le sommet (t(f),t(g)) (cf. II, p. 153).
Notons enfin Ker(φ,ψ ) l’égalisateur de φ et ψ; rappelons (II, p. 165, exemple 2) que c’est le sous-carquois de H dont les sommets a sont ceux tels que φ(a)=ψ(a) et dont les flèches sont les f∈ Fl(H) telles que φ(f)=ψ(f).
Soit μ:H×GH→H un morphisme de carquois tel que φ∘μ=φ∘ pr1 et ψ∘μ=ψ∘ pr2. Supposons que, pour tout couple (a,b) de sommets de H tels que φ(a)=φ(b), il existe un sommet c de H tel que φ(c)=ψ(b) et a=μ(b,c).
Soit A1 un ensemble de sommets de Ker(φ,ψ ) rencontrant chacune de ses composantes connexes et soit Z1 l’ensemble des éléments de Ω(Γ) de la forme ((a,1)), où a∈A1. Soit aussi A2 un ensemble de sommets de H×GH rencontrant chaque composante connexe de H×GH et soit Z2 l’ensemble des triplets de la forme ((a,1),(b,1),(μ(a,b),−1)), pour (a,b) décrivant A2.
Alors, Ω(Γ) est la plus petite partie distinguée de Ω(Γ) qui contient Z1∪Z2. En particulier, les classes de conjugaison c(z) dans Coh(φ,ψ )a0, où z parcourt Z1∪Z2, engendrent le noyau de l’homomorphisme canonique βa de Coh(φ,ψ )a0 dans Coeg(φ,ψ )β(a0).
Notons Z1′,Z2′ et Z′ les plus petites parties distinguées de Ω(Γ) contenant respectivement Z1,Z2 et Z1∪Z2(II, p. 197, déf. 1). Il s’agit de démontrer que Z′ est égal à Ω(Γ); D’après II, p. 199, corollaire 1 de la prop. 1 de II, p. 197, la dernière assertion de la proposition en découlera.
a) Pour tout sommet a de Ker(φ,ψ ), ((a,1)) appartient à Z1′.
b) Pour tout sommet (a,b) de H×GH, ((a,1),(b,1),(μ(a,b),−1)) appartient à Z2′.
a) Soit A1′ l’ensemble des sommets a de Ker(φ,ψ ) tels que ((a,1)) appartienne à Z1′. On a A1⊂A1′, par définition de Z1′. Soit f une flèche de Ker(φ,ψ ), soit a son origine et b son terme. Il résulte de la propriété (iv) dans la définition d’une partie distinguée (II, p. 197, déf. 1) appliquée à la suite ((f,1)) que a∈A1′ équivaut à b∈A1′. Puisque A1 rencontre toute composante connexe de Ker(φ,ψ ), on a A1′= Som(Ker(φ,ψ )), ce qu’il fallait démontrer.
b) Soit A2′ l’ensemble des sommets (a,b) de H×GH tels que le triplet ((a,1),(b,1),(μ(a,b),−1)) appartienne à Z2′. Par hypothèse, on a A2⊂A2′. Comme A2 rencontre chaque composante connexe de H×GH, il suffit d’établir que, s’il existe une flèche (f,f′) reliant un sommet (a′,b′) à un sommet (a,b), alors (a,b) appartient à A2′ si et seulement s’il en est de même de (a′,b′).
Posons f′′=μ(f,f′) ; c’est une flèche reliant μ(a′,b′) à μ(a,b) et l’on a φ(f′′)=φ(f) et ψ(f′′)=ψ(f′). D’après la condition (iv) dans la définition d’une partie distinguée de Ω(Γ) (loc. cit.) appliquée à la suite ((f,1),(f′,1),(f′′,−1)), les deux conditions
(i) le triplet ((a,1),(b,1),(μ(a,b),−1)) appartient à Z′;
(ii) le triplet ((a′,1),(b′,1),(μ(a′,b′),−1)) appartient à Z′;
sont équivalentes. Cela montre que (a,b) appartient à A2′ si et seulement si (a′,b′) appartient à A2′ et conclut la démonstration du lemme.
Démontrons maintenant par récurrence sur l’entier n⩾1 que tout élément ((a1,ε1),(a2,ε2),...,(an,εn)) de Ω(Γ) appartient à Z′.
A) Cas où n=1.
Soit ((a,ε)) un élément de Ω(Γ) de longueur 1. On a φ(a)=ψ(a), d’où ((a,1))∈Z′ d’après le lemme 1. La condition (ii) dans la définition d’une partie distinguée entraîne alors que ((a,−1)) appartient à Z′.
B) Cas où n⩾2.
Grâce à la condition (ii) d’une partie distinguée, il suffit de traiter le cas où ε2=1. Supposons que ε1=1; alors, (a1,a2) est un sommet de H×GH ; posons a=μ(a1,a2) ; d’après le lemme 1, le triplet ((a1,1),(a2,1),(a,−1)) appartient donc à Z′. Dans le cas où ε1=−1, on a φ(a1)=φ(a2) ; on peut donc choisir un sommet a de H tel que μ(a2,a)=a1 et le triplet ((a2,1),(a,1),(a1,−1)) appartient à Z′, donc le triplet ((a1,−1),(a2,1),(a,1)) aussi, grâce à la condition (ii) dans la définition d’une partie distinguée.
Alors, ((a,ε1),(a3,ε3),...,(an,εn)) appartient à Ω(Γ) et est de longueur n−1. Par récurrence, c’est un élément de Z′. Grâce aux conditions (i), (ii) et (iii) de la définition d’une partie distinguée, on en déduit successivement que les éléments
a) Avec les notations de la proposition 4, supposons en outre que l’application (Som(φ ), Som(ψ )) de Som(H) dans Som(G) × Som(G) soit injective et que son image soit le graphe d’une relation d’équivalence dans Som(G). Alors, pour tout sommet (a,b) de H×GH, il existe un unique sommet ca,b de H tel que φ(ca,b)=φ(a) et ψ(ca,b)=ψ(b).
b) Supposons de plus que pour toute flèche (f,f′) de H×GH, il existe une flèche f′′ de H telle que φ(f′′)=φ(f) et ψ(f′′)=ψ(f′).
Soit A un ensemble de sommets de H×GH rencontrant chacune de ses composantes connexes. Alors, le noyau du morphisme βa0 est le plus petit sous-groupe distingué de Coh(φ,ψ )a0 qui contient les classes de conjugaison c((a,1),(b,1),(ca,b,−1)), pour (a,b)∈A.
Soit R la relation d’équivalence dans Som(G) dont le graphe est l’image de l’application (Som(φ ), Som(ψ )). Soit (a,b) un sommet de H×GH. On a ainsi R{φ(a),ψ(a)} et R{φ(b),ψ(b)}, d’où R{φ(a),ψ(b)} puisque ψ(a)=φ(b). Par suite, il existe un unique sommet c de H tel que φ(c)=φ(a) et ψ(c)=ψ(b) ; on le note μ(a,b).
Pour toute flèche (f,f′) de H×GH, choisissons une flèche f′′ de H telle que φ(f′′)=φ(f) et ψ(f′′)=ψ(f) et notons-la μ(f,f′).
On a ainsi défini un morphisme de carquois μ:H×GH→H tel que φ∘μ=φ∘ pr1 et ψ∘μ=ψ∘ pr2.
Soit (a,b) un couple de sommets de H tel que φ(a)=φ(b). On a R{φ(a),ψ(a)} et R{φ(b),ψ(b)}, donc R{ψ(b),ψ(a)}. Il existe par suite un unique sommet c de H tel que φ(c)=ψ(b) et ψ(c)=ψ(a). Le sommet μ(b,c) vérifie φ(μ(b,c))=φ(b)=φ(a) et ψ(μ(b,c))=ψ(c)=ψ(a). On a donc μ(b,c)=a car l’application (Som(φ ), Som(ψ )) de Som(H) dans Som(G) × Som(G) est injective.
Soit A1 l’ensemble des sommets de Ker(φ,ψ ) et soit Z1 l’ensemble des éléments de Ω(Γ) de la forme ((a,1)), pour a∈A1. Posons A2=A et soit Z2 l’ensemble des éléments ((a,1),(b,1),(μ(a,b),−1)) de Ω(Γ), pour (a,b)∈A2. Notons Z (resp. Z1, resp. Z2) la plus petite partie distinguée de Ω(Γ) contenant Z1∪Z2 (resp. Z1, resp. Z2).
Soit a∈A1; on a φ(a)=ψ(a) ; posons x=φ(a). Le sommet a est l’unique sommet de H tel que φ(a)=ψ(a)=x; en particulier, on a μ(a,a)=a. Le triplet ((a,1),(a,1),(a,−1)) appartient donc à Z2. Il résulte alors des conditions (i) et (iii) dans la définition d’une partie distinguée que ((a,1)) appartient à Z2. Par suite, on a Z1⊂Z2, d’où Z=Z2.
D’après la proposition 4, Ω(Γ) est la plus petite partie distinguée de Ω(Γ) contenant Z2 et le noyau de βa0 est le plus petit sous-groupe distingué de Coh(φ,ψ )a0 qui contient les classes de conjugaison c(z), pour z∈Z2, d’où le corollaire.
Soient X et R des espaces topologiques, soient o et t des applications continues de R dans X, soit C l’ensemble des couples (f,g)∈R2 tels que t(f)=o(g) dans R et soit m une application continue de C dans R qui fait du carquois (X,R,o,t) un groupoïde ; supposons en outre que l’application f↦f−1 de R dans R est continue. Les hypothèses de la proposition sont alors vérifiées si l’on pose H=ϖ(R), G=ϖ(X),φ=ϖ(o),ψ=ϖ(t) et μ=ϖ(m).
Supposons de plus que R soit le graphe d’une relation d’équivalence dans X, les applications o et t étant déduites des projections de X×X dans X par passage aux sous-espaces. Les hypothèses du corollaire sont alors satisfaites.
Plus généralement, les hypothèses de la proposition sont satisfaites lorsque (G,H,φ,ψ,μ) est un « groupoïde de groupoïdes. » Cela signifie que G et H sont des groupoïdes, φ et ψ sont des morphismes de groupoïdes de H dans G, faisant du quadruplet (G,H,φ,ψ) un « carquois en groupoïdes » ; enfin, μ est une loi de composition dans ce « carquois » donnée par un morphisme de groupoïdes H×GH→H, vérifiant un certain nombre de propriétés exprimant l’associativité de la loi et le fait que toute « flèche » soit inversible. Le lecteur remarquera d’ailleurs que les applications au groupoïde fondamental étudiées dans cet ouvrage se placent toutes dans ce cas.
4. Groupe d’isotropie d’un coégalisateur
Soient G et H des groupoïdes ; soient φ et ψ des morphismes de groupoïdes de H dans G. Le but de ce no est de résumer le calcul des groupes d’isotropie du cohomotopeur (II, p. 193, prop. 6) et la comparaison des groupes d’isotropie du cohomotopeur et du coégalisateur faite au no précédent pour en déduire le calcul des groupes d’isotropie du coégalisateur Coeg(φ,ψ ).
Notons α:G→ Coh(φ,ψ ),β: Coh(φ,ψ )→ Coeg(φ,ψ ) et γ=β∘α:G→ Coeg(φ,ψ ) les morphismes de groupoïdes canoniques. Notons h: Som(H) → Fl(Coh(φ,ψ )) l’homotopie canonique ; rappelons que l’ensemble des sommets de Coh(φ,ψ ) est égal à Som(G).
Notons Γ le carquois (Som(G), Som(H), Som(φ ), Som(ψ )), notons alors φ0 et ψ0 les applications déduites de φ et ψ par passage aux orbites et Γ0 l’armature (Orb(G), Orb(H),φ0,ψ0) du couple (φ,ψ). Nous supposerons que le carquois Γ0 est connexe et que l’ensemble de ses sommets n’est pas vide, ce qui revient à supposer que les groupoïdes Coh(φ,ψ ) et Coeg(φ,ψ ) sont transitifs.
Rappelons (cf. II, p. 192, définition 4) qu’un équipement de base consiste en la donnée d’une famille (a,b,c1,c2,T,i0) où : pour tout i∈ Orb(G),a(i) est un sommet dans l’orbite i de G; pour tout j∈ Orb(H),b(j) est un sommet dans l’orbite j de H,c1(j) et c2(j) sont des flèches de G reliant respectivement φ(b(j)) à a(φ0(j)) et ψ(b(j)) à a(ψ0(j)) ; T est un sous-carquois de Γ0 dont l’arbre associé est un arbre maximal du graphe Γ0; enfin, i0 est une orbite de G et on pose a0=a(i0).
On définit alors un morphisme de carquois τ0 de Γ0 dans Coh(φ,ψ ) tel que τ0(i)=β(a(i)) et τ0(j)=α(c1(j))−1h(b(j))α(c2(j)) pour i∈ Orb(G) et j∈ Orb(H). Si i appartient à Orb(G), soit di l’unique classe de chemins dans le graphe T reliant i0 à i et notons δi son image dans Coh(φ,ψ ) par le morphisme de groupoïdes τ0.
De ces données, la prop. 6 (II, p. 193) fournit un homomorphisme surjectif
et décrit des générateurs de son noyau, fournissant ainsi une présentation du groupe Coh(φ,ψ )a0.
L’ensemble des lacets de longueur ⩾1 dans le graphe Γ associé à Γ est identifié à l’ensemble Ω(Γ) des suites (z1,...,zn) de flèches de Γ, indexées par Z/nZ, où n parcourt l’ensemble des entiers ⩾1, telles que pour tout k∈Z/nZ, le terme de zk soit l’origine de zk+1. Soit Z une partie de Ω(Γ) telle que les classes de conjugaison c(z), pour z∈Z, engendrent le noyau de l’homomorphisme surjectif βa0. L’homomorphisme βa0∘Λ est surjectif ; pour en déduire son noyau, c’est-à-dire une présentation du groupe Coeg(φ,ψ )β(a0), il reste à choisir, pour tout z∈Z, un élément C(z) dans le groupe (∗Ga(i))∗F(π0(H))
i∈Orb(G)
tel que Λ(C(z)) appartienne à la classe de conjugaison c(z).
Soit donc z=(z1,...,zn) un élément de Ω(Γ); posons zk=(yk,εk), où yk∈ Fl(Γ) = Som(H) et εk∈{±1}. Par définition, c(z) est la classe de conjugaison de l’élément
gh(y1)ε1...h(yn)εng−1
du groupe Coh(φ,ψ )a0, où g est une flèche arbitraire dans Coh(φ,ψ ) reliant a0 à l’origine de z1. Pour k∈Z/nZ, soit jk l’orbite de yk dans H et choisissons une flèche fk de H reliant yk au sommet b(jk). Par définition d’une homotopie, on a alors la relation
h(yk)(α∘ψ)(fk)=(α∘φ)(fk)h(b(jk))
dans le groupoïde Coh(φ,ψ ). Par suite, utilisant la définition du morphisme de carquois τ0, on a
uk=α(φ(fk)c1(jk))⋅δφ0(jk)−1 et vk=δψ0(jk)⋅α(ψ(fk)c2(jk))−1. Pour tout élément k∈Z/nZ, définissons des flèches uk,vk dans G par
h(yk)εk=ukΛ(jk)εkvk
de sorte que
(uk,vk) si εk=1 ;
(uk,vk)=−−
(vk1,uk1) si εk=−1.
Notons xk l’origine de la flèche h(yk)εk; son terme est alors xk+1; soit ik l’orbite de xk. Définissons alors un lacet λk(z) en a(ik) dans le groupoïde G par la formule
(1)
c2(jk−1)−1ψ(fk−1)−1φ(fk)c1(jk) si (εk−1,εk)=(1,1);
c2(jk−1)−1ψ(fk−1)−1ψ(fk)c2(jk) si (εk−1,εk)=(1,−1); λk(z)=
c1(jk−1)−1φ(fk−1)−1φ(fk)c1(jk) si (εk−1,εk)=(−1,1);
c1(jk−1)−1φ(fk−1)−1ψ(fk)c2(jk) si (εk−1,εk)=(−1,−1). Par construction, on a
Λ(λk(z))=vk−1uk
si bien que l’image par l’homomorphisme Λ de l’élément
Soient G et H des groupoïdes ; soient φ et ψ des morphismes de groupoïdes de H dans G. On suppose que le groupoïde Coeg(φ,ψ ) est transitif. Soit (a,b,c1,c2,T,i0) un équipement de base du couple (φ,ψ).
On appelle équipement complémentaire la donnée d’une partie Z de Ω(Γ) telle que les classes de conjugaison c(z) pour z∈ Z engendrent le noyau de l’homomorphisme βa(i0) et, pour tout élément z=((y1,ε1),...,(yn,εn)) de Z, d’une suite f(z)=(f1,...,fn) de flèches dans H telle que fk relie yk au sommet b(jk), jk désignant l’orbite de yk dans H.
Un équipement complet du couple (φ,ψ) est la donnée d’un équipement de base et d’un équipement complémentaire.
Soient G et H des groupoïdes ; soient φ et ψ des morphismes de groupoïdes de H dans G. Supposons que le groupoïde Coeg(φ,ψ ) soit transitif. Notons γ:G→ Coeg(φ,ψ ) le morphisme de groupoïdes canonique.
Munissons le couple (φ,ψ) d’un équipement complet
(a,b,c1,c2,T,i0,Z,(f(z))z∈Z)
Pour j∈ Orb(H), soient φj:Hb(j)→Ga(φ0(j)) et ψj:Hb(j)→Ga(ψ0(j)) les morphismes de groupes Int(c1(j))−1∘φb(j) et Int(c2(j))−1∘ψb(j) respectivement, où φ0 et ψ0 désignent les applications canoniques déduites de φ et ψ par passage aux orbites. Soit τ le morphisme de l’armature Γ0 du couple (φ,ψ) dans Coeg(φ,ψ ) défini par Som(τ )(i)=γ(a(i)) si i∈ Orb(G) et tel que Fl(τ )(j) soit le chemin γ(c1(j))−1γ(c2(j)) dans Coeg(φ,ψ ). Si i est une orbite de G, soit ci l’unique classe de chemins dans T reliant i0 à i et posons δi=τ(ci), où τ: Grp(G) → Coeg(φ,ψ ) est le morphisme de groupoïdes canonique déduit de τ.
Il existe alors un unique homomorphisme de groupes
λ:(∗Ga(i))∗ F(Orb(H)) → Coeg(φ,ψ )γ(a(i0))
i∈Orb(G)
tel que
λ(f)=δiγa(i)(f)δi−1 pour i∈ Orb(G) et f∈Ga(i),
λ(j)=δφ0(j)τ(j)δψ0(j)−1 pour j∈ Orb(H).
L’homomorphisme λ est surjectif ; son noyau est le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments suivants :
où les lacets λi(z) sont définis par la formule (1), p. 208.
L’existence et l’unicité d’un tel morphisme résulte de la propriété universelle du produit libre d’une famille de groupes (A, I, p. 85, prop. 8). Notons α:G→ Coh(φ,ψ ) et β: Coh(φ,ψ )→ Coeg(φ,ψ ) les morphismes canoniques, de sorte que γ = β∘α. Soit aussi h: Som(H) → Fl(Coh(φ,ψ )) l’homotopie canonique reliant α∘φ à α∘ψ. Comme β est le morphisme de groupoïdes obtenu par contraction des flèches de l’image de h, on a
Fl(τ )(j)=γ(c1(j))−1γ(c2(j))=γ(c1(j)−1)β(h(j))γ(c2(j))=β(τ0(j)) dans Coeg(φ,ψ ), où τ0:Γ0→ Coh(φ,ψ ) désigne le morphisme de carquois déduit de l’équipement de base (a,b,c1,c2,T,i0). Par suite, l’homomorphisme λ est le composé de l’homomorphisme Λ défini dans la prop. 6 (II, p. 193) et de l’homomorphisme surjectif βa(i0). Il est en particulier surjectif.
Soit z∈Z ; par construction, Λ(r3(z)) appartient à la classe de conjugaison c(z). Par définition d’un équipement complémentaire, le noyau de l’homomorphisme βa(i0) est donc le plus petit sous-groupe distingué de Coh(φ,ψ )a(i0) contenant les éléments Λ(r3(z)) pour z∈Z. Comme l’homomorphisme Λ est surjectif, le noyau de l’homomorphisme λ=βa(i0)∘Λ est donc le plus petit sous-groupe distingué du groupe (∗Ga(i))∗F(π0(H)) contenant les générateurs du noyau
i∈Orb(G)
de Λ donnés par les formules (R1),(R2), ainsi que les éléments définis par les formules (R3). La proposition est ainsi démontrée.
5. Quotient d’un groupoïde par l’action d’un groupe
Soit G un groupoïde transitif, soit K un groupe et soit θ:K→ Aut(G)∘ un homomorphisme de groupes de K dans le groupe opposé au groupe des automorphismes du groupoïde G. On dira que le groupe K agit à droite sur G. Si k∈K, on notera parfois k∗x (resp. k∗f) l’image d’un sommet x (resp. d’une flèche f) de G par l’automorphisme de groupoïdes θ(k).
Soit ∣K∣ le groupoïde dont l’ensemble des sommets est K et dont l’ensemble des flèches reliant deux sommets est vide si ces sommets sont distincts, et est réduit à un élément sinon. Soit H le groupoïde produit G×∣K∣; un sommet de H est un couple (a,k), où a est un sommet de G et k est un élément de K; si f est une flèche de G reliant un sommet a à un sommet b, on notera (f,k) l’unique flèche de H reliant (a,k) à (b,k). Soit φ:H→G le morphisme de groupoïdes donné par la première projection et soit ψ:H→G le morphisme de groupoïdes tel que Som(ψ )((a,k))=k∗a et Fl(ψ )((f,k))=k∗f si k∈K,a∈ Som(G) et f∈ Fl(G).
Notons G/K le coégalisateur Coeg(φ,ψ ) et soit γ:G→G/K le morphisme de groupoïdes canonique.
Soit o un sommet de G. Pour k∈K, choisissons une flèche ck reliant k∗o à o dans G; il en existe car G est transitif. Pour k∈K, notons Fix(k) le sous-groupoïde de G dont les sommets (resp. les flèches) sont les éléments de Som(G) (resp. de Fl(G)) fixés par k; choisissons un ensemble Ak de sommets de Fix(k) qui rencontrent toutes les orbites de ce groupoïde. Pour k∈K et a∈Ak, on choisit aussi une flèche f(a,k) dans G reliant le sommet a au sommet o.
tel que λ(f)=γo(f) pour f∈Go et λ([k])=γ(ck) pour k∈K est surjectif. Son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de Go∗F(K) contenant les éléments suivants :
Comme G est transitif, l’application qui à un élément k∈K associe l’orbite de (o,k) est une bijection de K dans l’ensemble des orbites de H. On identifie ainsi Orb(G) à {o} et Orb(H) à K. L’armature Γ0 du couple (φ,ψ) s’identifie alors au carquois ayant un unique sommet o et dont l’ensemble des flèches est K. Soit T le sous-carquois de Γ0 d’ensemble de sommets {o} et dont l’ensemble des flèches est vide ; le graphe associé est l’unique arbre maximal du graphe Γ0.
La famille (o,(o,k)k∈K,(eo)k∈K,(ck)k∈K,T,o) est un équipement de base du couple (φ,ψ).
L’application f↦(f,k) définit un isomorphisme du groupe d’isotropie Go sur le groupe d’isotropie H(o,k); par cet isomorphisme, les homomorphismes φk et ψk de H(o,k) dans Go définis par la prop. 5 de II, p. 208 sont donnés par
(3) φk(f,k)=f et ψk(f,k)=ck−1k∗(f)ck,
pour k∈K et f∈Go.
Le carquois H×GH est l’égalisateur dans H×H des morphismes de carquois ψ∘ pr1 et φ∘ pr2. Il a pour sommets les couples ((a,k),(b,h)) où a et b sont des sommets de G et k et h des éléments de K tels que b=k∗a, et pour flèches les couples ((f,k),(g,h)) où f et g sont des flèches de G, et k et h des éléments de K tels que g=k∗f; l’origine de la flèche ((f,k),(g,h)) est égale à ((o(f),k),(o(g),h)) ; son terme est égal à ((t(f),k),(t(g),h)).
On définit alors un morphisme de carquois μ de H×GH dans H en posant μ((a,k),(b,h))=(a,kh) et μ((f,k),(g,h))=(f,kh). On a φ∘μ=φ∘ pr1 et ψ∘μ=ψ∘ pr2.
Soient x et y des sommets de H tels que φ(x)=φ(y). Il existe ainsi un sommet a de G et des éléments k et h de K tels que x=(a,k) et y=(a,h). Posons z=(h∗a,h−1k) ; on a μ(y,z)=x. Cela montre que le couple (φ,ψ) vérifie les hypothèses de la prop. 4 (II, p. 202).
Un sommet (a,k) de H appartient au groupoïde Ker(φ,ψ ), égalisateur de φ et ψ, si et seulement si k∗a=a, c’est-à-dire si k appartient au fixateur du sommet a dans le groupe K. Soit A1 l’ensemble des couples (a,k), pour k∈K et a∈Ak; il rencontre toutes les orbites du sous-groupoïde Ker(φ,ψ ) de H. Soit Z1 la partie de Ω(Γ) formée des suites de la forme (((a,k),1)), pour (a,k)∈A1. Pour z=((a,k),1)∈Z1,(f(a,k),k) est une flèche de H qui relie (a,k) à (o,k). Posons f(z)=((f(a,k),k)).
L’ensemble A2 des sommets de H×GH de la forme ((o,k),(k∗o,h)), pour (k,h)∈K2, rencontre toutes les orbites de H×GH. Observons aussi que l’on a μ((o,k),(k∗o,h))=(o,kh). Les flèches (eo,k), (ck,h), (eo,kh) dans H relient respectivement (o,k), (k∗o,h), (o,kh) à (o,k), (o,h) et (o,kh). Notons Z2 l’ensemble des suites de la forme (((o,k),1),((k∗o,h),1),((o,kh),−1)) dans Ω(Γ) ; pour un tel élément z de Z2, posons f(z)=((eo,k),(ck,h),(eo,kh)).
D’après la prop. 4 de II, p. 202, l’ensemble Z=Z1∪Z2 et la famille (f(z))z∈Z est un équipement complémentaire.
Soit k∈K et soit a∈Ak. L’élément C((a,k),1) du groupe Go∗F(K) défini par la formule (2) de II, p. 208 est égal à
du groupe Go∗F(K) défini par la formule (2) de II, p. 208 est égal à
[k][h](ch−1h∗(ck−1)ckh)[kh]−1(5)
Les éléments r3′(e,a) donnés par les relations (R3′) pour k=e sont tous égaux à [e]ce−1, élément du groupe Go∗F(K) qu’on obtient en appliquant la relation (R3′′) à k=h=e. Compte tenu des relations (3), (4) et (5), la proposition résulte donc de II, p. 208, prop. 5.
Supposons que le groupe K soit engendré par les fixateurs des sommets de G. Alors, l’homomorphisme de groupes γo:Go→(G/K)γ(o) est surjectif. En outre, si le groupoïde G est simplement transitif, il en est de même du groupoïde G/K.
La relation (R3′′) implique λ([e])=λ(ce)=γo(ce). Les relations (R3′′) entraînent alors que l’ensemble des k∈K tels que λ([k]) appartienne à l’image de γo est un sous-groupe de K. Enfin, les relations (R3′) montrent que, pour tout élément k∈K dont le fixateur n’est pas vide, λ([k]) appartient à l’image de γo. Le corollaire en résulte.
On peut donner une autre description, parfois plus commode, du groupe (G/K)γ(o). Pour cela, posons M=K×Go et définissons une loi de composition dans M par la formule
(k,a)⋅(h,b)=(kh,ckh−1h∗(cka)chb)
pour k,h∈K et a,b∈Go. On vérifie que cette loi de composition est associative, que (e,ce−1) est un élément neutre et que l’élément (k−1,ck−−11(k−1)∗(cka)−1ce) est l’inverse de (k,a). Elle munit donc M d’une structure de groupe. En outre, l’application λ′:M→(G/K)γ(o) définie par (k,a)↦λ([k]a) est un homomorphisme de groupes. Soit α′ l’unique morphisme de groupes de Go∗F(K) dans M tel que α′(f)=(e,f) si f∈Go et α′([k])=(k,eo) si k∈K ; on a λ′∘α′=λ.
Les relations (R2) et (R3′′) montrent que tout élément de (G/K)γ(o) est l’image par l’homomorphisme λ d’un élément de Go∗F(K) de la forme [k]f, avec f∈Go et k∈K. Par suite, l’homomorphisme λ′ est surjectif. On vérifie en outre que l’image par α′ d’un élément de Go∗ F(K) de la forme (R2) ou (R3′′) est nulle. Par conséquent, le noyau de l’homomorphisme λ′ est le plus petit sous-groupe distingué de M contenant les images par α′ des éléments de Go∗F(K) de la forme (R3′).
Supposons que le groupe K opère librement dans Som(G). Il existe alors un unique morphisme de groupes π:(G/K)γ(o)→ K dont le noyau contient l’image de γo et tel que π(λ([k]))=k pour tout k∈K. De plus, Go⟶γo(G/K)γ(o)−→π K est une extension de K par Go.
Si un tel homomorphisme de groupes π existe, l’homomorphisme de groupes π∘λ est nécessairement égal à l’unique homomorphisme de groupes p de Go∗F(K) dans K tel que p(f)=e pour f∈Go et p([k])=k. Il est immédiat de vérifier que les éléments de Go∗F(K) définis par les formules (R2) et (R3′′) appartiennent au noyau de p. Par hypothèse, il n’y a pas d’élément du type (R3′). Ainsi, le noyau du morphisme λ contient celui de p. Par suite, il existe un unique homomorphisme de groupes π:(G/K)γ(o)→K tel que π∘λ=p.
Il est évident que l’homomorphisme π est surjectif. Pour montrer que l’homomorphisme γo est injectif et que son image est exactement le noyau de π, remarquons que l’homomorphisme λ′:M→(G/K)γ(o) (II, p. 213, remarque 1) est un isomorphisme, car on a supposé que K opère librement dans Som(G). L’homomorphisme composé (λ′)−1∘γo de Go dans M est donné par f↦(e,f), tandis l’homomorphisme π∘λ′:M→K applique (k,f) sur k. Le corollaire en résulte.
Supposons que le groupoïde G soit simplement transitif. Soit K0 le sous-groupe de K engendré par les fixateurs des sommets de G. L’application de K dans (G/K)γ(o) qui à k∈K associe γ(ck) est un homomorphisme de groupes surjectif, de noyau K0.
Si un élément k∈K fixe un sommet a de G, l’élément g−1kg fixe le sommet g∗a; cela entraîne que K0 est un sous-groupe distingué de K.
D’après la proposition 5, l’unique homomorphisme λ:F(K)→(G/K)γ(o) tel que λ([k])=γ(ck) est surjectif, et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de F(K) contenant les éléments [k], où k est un élément de K qui fixe un sommet de G, et les éléments [kh]−1[k][h], où (k,h)∈K2. En particulier, l’application λ′:K→(G/K)γ(o), définie par λ′(k)=γ(ck)=λ([k]) pour k∈K, est un homomorphisme de groupes. On a λ=λ′∘p, où p:F(K)→K désigne l’homomorphisme de groupes surjectif canonique. Par suite, l’homomorphisme λ′ est surjectif et son noyau est le plus petit sous-groupe distingué de K qui contient les éléments k, pour k fixant un sommet de G, c’est-à-dire K0. Cela démontre la proposition.