§ 3. Groupes de Poincaré des groupes topologiques
1. Prolongement des homomorphismes locaux de groupes
Définition 1 021M
Étant donnés un groupe topologique G et un groupe , on appelle homomorphisme local de G dans une application d’un voisinage V de l’élément neutre de G dans telle que, pour tout couple de points de V tels que , on ait .
Si est un groupe topologique et si est une application continue, on dit que est un homomorphisme local continu (ou morphisme local de groupes topologiques).
Si G et sont des groupes topologiques, on a défini (TG, III, p. 6, déf. 2) la notion d’isomorphisme local de G à . Un isomorphisme local de G à est un homéomorphisme d’un voisinage V de l’élément neutre de G sur un voisinage de l’élément neutre de tel que et l’application réciproque de soient des homomorphismes locaux.
Proposition 1 021N
Soient G et des groupes topologiques et soit un homomorphisme de groupes. Pour que fasse de G un revêtement de , il faut et il suffit que la restriction de à un voisinage convenable de l’élément neutre de G soit un isomorphisme local de G à .
La condition est nécessaire d’après la proposition 3 de TG, III, p. 6. Inversement, supposons que induise un homéomorphisme d’un voisinage ouvert V de l’élément neutre de G sur un voisinage de l’élément neutre de . L’application est alors continue (TG, III, p. 15, prop. 23) et ouverte (TG, III, p. 16, prop. 24). L’image H de est un sous-groupe de contenant V, donc ouvert et fermé dans (TG, III, p. 7, corollaire). Soit N le noyau de ; on a , donc N est discret (loc. cit., prop. 5). Par suite, fait de G un revêtement de H, principal de groupe N (I, p. 100, cor. 3 du th. 1). Comme H est ouvert et fermé dans , le -espace est un revêtement.
Proposition 2 021O
Soit G un groupe topologique connexe, soit un groupe et soit un homomorphisme local de G dans , où V est un voisinage connexe de l’élément neutre de G. Il existe alors un groupe topologique connexe H, un morphisme de groupes topologiques tel que soit un revêtement de G et un homomorphisme de groupes tel que l’ensemble des vérifiant soit un voisinage de l’élément neutre dans H.
Si est un groupe topologique et si l’application est continue, un tel homomorphisme est continu.
Lemme 1 021P
Soit G un groupe topologique et soit V un voisinage connexe de l’élément neutre de G. Pour tout voisinage U de dans G et tout , il existe un entier et des éléments dans U tels que et pour tout entier tel que .
On peut supposer que U est ouvert et contenu dans V. Notons A l’ensemble des satisfaisant la condition du lemme. Si et si , alors , d’où AU ; cela montre que A est ouvert dans V. Soit tel que ; on a alors AU, donc . Par conséquent, si et et A est fermé dans V. Comme et que V est connexe, il en résulte que A = V.
Démontrons maintenant la proposition. Notons l’application de V dans et soit H le sous-groupe de engendré par .
Soit U un voisinage de dans G, contenu dans V. Soit ; d’après le lemme 1, il existe tels que et tels que pour tout entier tel que . Par récurrence, on a pour tout entier . En particulier, appartient au sous-groupe engendré par . Il en résulte que H est engendré par .
Soit l’ensemble des parties de H de la forme , où U est un voisinage de dans V. Montrons qu’il existe une unique topologie sur H, compatible avec sa structure de groupe, pour laquelle est une base du filtre des voisinages de l’élément neutre. Pour cela, il suffit de démontrer que l’ensemble satisfait aux conditions (GV), (GV) et (GV) de III, p. 4.
Soit donc U un voisinage de dans G, contenu dans V ; il existe un voisinage de tel que . Pour tout couple de points de , on a et . Par suite, et . Cela montre que la condition (GV) est vérifiée.
L’ensemble est alors un voisinage de dans V et, pour , on a et . Par suite, , ce qui montre la condition (GV).
Fixons enfin un voisinage U de dans V tel que et . Soit W un voisinage de dans U et soit un élément de . Il existe un voisinage de contenu dans W tel que . Alors, et , car on a , pour .
Soit . Comme U est un voisinage de contenu dans V engendre H ; puisque U est symétrique, il existe des éléments dans U tels que . Par récurrence sur , il existe un voisinage de contenu dans W tel que . Par suite, la condition (GV) est vérifiée.
Munissons alors le groupe G de cette topologie.
Notons G la restriction à H de la première projection . C’est un homomorphisme de groupes. Pour tout voisinage U de contenu dans V, l’ensemble contient le voisinage de l’élément neutre de H, donc est un homomorphisme continu de groupes topologiques. Pour tout voisinage U de contenu dans V, on a , donc est une application ouverte. Comme G est connexe, est surjective. Son noyau est discret car il ne rencontre qu’en l’élément neutre. Il résulte alors du corollaire 3 (I, p. 100) que le G-espace est un revêtement.
Soit la restriction à H de la seconde projection . Si , on a et , si bien que pour .
Supposons de plus que soit un groupe topologique et que l’application soit continue en . Alors, l’homomorphisme est continu en l’élément neutre de H, donc est continu (TG, III, p. 15, prop. 23).
Corollaire 1 021Q
Soit G un groupe topologique simplement connexe et soit un groupe. Soit V un voisinage connexe de l’élément neutre dans G et soit un homomorphisme local. Il existe un unique homomorphisme de groupes prolongeant . Si est un groupe topologique et si l’application est continue, l’homomorphisme est continu.
Le groupe G est connexe. Soient H et comme dans la proposition 2. Comme G est simplement connexe, H est un revêtement trivialisable de G (I, p. 124, déf. 3) ; comme H est connexe et non vide, l’application est un isomorphisme de groupes topologiques. Posons ; l’application est un homomorphisme de groupes et il existe un voisinage ouvert U de l’élément neutre de G contenu dans V tel que . Il résulte du lemme 1 que et coïncident sur V. Autrement dit, l’application prolonge l’application .
Si est un groupe topologique et si l’application est continue, l’homomorphisme est continu donc l’est aussi.
Démontrons l’unicité d’un tel prolongement. L’ensemble des points de G où coïncident deux homomorphismes de G dans est un sous-groupe de G. Comme le groupe G est connexe, tout sous-groupe de G contenant un voisinage de l’élément neutre est égal à G (TG, III, p. 8, prop. 6). L’unicité de en résulte.
Remarque 1 021R
Lorsque , ce corollaire résulte de la proposition 6 de TG, V, p. 3.
Corollaire 2 021S
Deux groupes topologiques localement connexes et simplement connexes qui sont localement isomorphes sont isomorphes.
Soient G et des groupes topologiques localement connexes, soient V et des voisinages connexes de l’élément neutre de G et de respectivement et soit un homéomorphisme qui est un isomorphisme local de G à . D’après le corollaire 1, il existe un unique homomorphisme de groupes continu qui prolonge et un unique homomorphisme de groupes continu G qui prolonge . Les homomorphismes et Id coïncident sur un voisinage de dans G, donc sont égaux, car G est connexe. De même, Id, d’où le corollaire.
Corollaire 3 021T
Soit G un groupe topologique simplement connexe et soit V un voisinage connexe de l’élément neutre de G. On définit une présentation de G en prenant pour ensemble générateur l’ensemble V et pour ensemble de relateurs la famille des , où parcourt les triplets d’éléments de V tels que .
Soit le groupe quotient du groupe libre F(V) par le plus petit sous-groupe distingué contenant les éléments , où et (A, I, p. 86). Notons et les applications canoniques. Par construction, l’application est un homomorphisme local de G dans . D’après le corollaire 1, il existe un unique homomorphisme de groupes prolongeant . Comme le groupe est engendré par , l’homomorphisme est surjectif. Pour , on a ; comme V engendre G Id, ce qui démontre que est injectif. C’est donc un isomorphisme.
2. Espaces de Hopf
Définition 2 021U
On appelle espace de Hopf un espace topologique pointé muni d’une loi de composition continue telle que
(i) ;
(ii) il existe des homotopies pointées en reliant les applications et à l’application Id.
On exprime parfois les propriétés (i) et (ii) en disant que est un élément neutre à homotopie près pour la loi de composition .
On notera qu’il peut exister plusieurs éléments neutres à homotopie près pour une loi de composition continue sur un espace topologique X. Par exemple, pour et , tout est élément neutre à homotopie près.
Exemple 1 021V
Soient G un groupe topologique et sa loi de composition. L’élément neutre de G est élément neutre à homotopie près et est un espace de Hopf.
Exemple 2 021W
Soient X un espace topologique et un point de X. Muni de la juxtaposition des lacets en , l’espace pointé est un espace de Hopf. En effet, on a d’abord . D’autre part, soit la fonction définie par pour et pour (cf. III, p. 291) et soit une homotopie stricte reliant à IdIII, p. 289, exemple). Alors, pour tout lacet , l’application est une homotopie stricte reliant à dans .
Soit l’application définie par . Démontrons que est continue. D’après la proposition 1 de III, p. 257, il suffit de montrer que l’application de dans X est continue, soit encore puisque est compact, que l’application de dans est continue. Cette dernière assertion résulte alors du lemme, I, p. 132, b). Par suite, l’application est une homotopie reliant l’application à l’application identique de . On a pour tous , donc est une homotopie pointée en . On raisonne de même pour l’application .
Proposition 3 021X
Soient un espace de Hopf et sa loi de composition. Pour tous lacets de X en , on a :
où désigne la relation d’homotopie stricte. La loi de composition du groupe est l’homomorphisme composé de l’isomorphisme canonique (III, p. 297, corollaire) et de l’homomorphisme de dans . Le groupe est commutatif.
Soit l’homomorphisme de groupes composé de l’isomorphisme canonique de sur et de l’homomorphisme . Il s’agit de démontrer que l’on a
pour tous . Compte tenu de la remarque 2 de III, p. 297, on a :
Soit un lacet de classe , notons l’application définie par ; alors, est la classe de . Par définition d’un espace de Hopf, les applications pointées en et Id, ont même classe d’homotopie pointée en . Par suite, les lacets en et sont strictement homotopes (III, p. 296, cor. 1 de la prop. 3) et l’on a . On démontre de façon analogue que l’on a . La relation (1) résulte alors de la relation (2).
Remarque 021Y
Soit un espace de Hopf. D’après la prop. 3, l’application de composition des classes de chemins, est continue si est muni de la topologie quotient de la topologie de la convergence compacte sur . C’est en effet la composée de l’isomorphisme continu (III, p. 298, remarque 3) et de l’application continue (III, p. 294, remarque 1).
3. Groupe de Poincaré des groupes topologiques
Si G est un groupe topologique, pour tout , la translation à gauche est un homéomorphisme de G sur lui-même (TG, III, p. 2) et elle induit un isomorphisme de sur .
Soit G un groupe topologique, soit son élément neutre et notons la composante connexe par arcs de dans G. Notons R la relation d’équivalence dans G dont les classes d’équivalence sont les composantes connexes par arcs de G et soit l’application canonique. Puisque toute translation, à gauche ou à droite, est un homéomorphisme de G, la relation R est compatible à gauche et à droite avec la loi de groupe de G. D’après le th. 2 de A, I, p. 35, le groupe est un sous-groupe distingué de G, le groupe quotient est égal à muni de la loi de composition quotient de celle de G et l’application est un homomorphisme de groupes.
On appelle groupe de Poincaré de G, et on note , le groupe . L’injection canonique de dans G induit un isomorphisme de sur (III, p. 293, remarque 2).
Soit un élément de G ; la translation à droite induit un isomorphisme . Supposons que appartienne à et soit un chemin reliant à . L’application définie par est une homotopie reliant Id à . D’après la prop. 3 de III, p. 295, on a donc, pour tout , , où est la classe du chemin . Si l’on désigne par la translation à gauche, , on a de même .
Pour tout , l’application Int() induit un automorphisme (Int()) de . On définit ainsi une loi d’opération de G sur . Pour tout , on a (Int()) , si bien que le sous-groupe opère trivialement ; il en résulte une loi d’opération de sur . Lorsque G est un groupe commutatif, cette opération est triviale, mais ce n’est pas toujours le cas (IV, p. 459, exerc. 1).
4. Revêtements des groupes topologiques
Proposition 4 021Z
Soit un espace de Hopf (IV, p. 373, définition 2) et soit sa loi de composition. On suppose l’espace X connexe et localement connexe par arcs. Soit un revêtement connexe de X ; notons sa projection et soit un point de la fibre .
a) Le revêtement est galoisien et le groupe de ses automorphismes est commutatif.
b) Il existe une loi de composition continue et une seule telle que l’on ait et . Muni de cette loi de composition, l’espace pointé est un espace de Hopf.
c) Munie de la loi de composition induite par , la fibre est un groupe d’élément neutre . L’application de dans donnée par est un homorphisme de groupes surjectif de noyau . L’application est un isomorphisme du groupe Aut sur le groupe .
a) Le groupe est commutatif (prop. 3). Comme le revêtement de X est connexe, c’est alors un revêtement galoisien et le groupe Aut est isomorphe au groupe quotient (III, p. 312, corollaire 4 de la proposition 2) ; ce groupe est commutatif.
b) Notons l’application . L’application requise est un relèvement continu de à tel que . L’espace est localement connexe par arcs ; il suffit donc, pour démontrer l’existence d’un tel relèvement continu, de vérifier que est contenu dans (III, p. 308, prop. 1). D’après la prop. 3, l’application s’identifie à la loi de composition du groupe lorsqu’on identifie à . Le groupe est donc égal au groupe , d’où l’existence de . Comme est connexe, l’unicité de résulte de I, p. 34, corollaire 1 de la prop. 11.
Démontrons que l’application munit l’espace pointé d’une structure d’espace de Hopf. Soit l’application et soit une homotopie pointée en reliant à Id. Posons , Id. L’application définie par relève l’application ; soit le relèvement de qui est une homotopie d’origine III, p. 301, prop. 2). L’application est un relèvement à de l’application constante ; comme , on a donc pour tout . L’application est alors un relèvement à de l’application qui applique sur . Comme est connexe, Id est l’unique X-morphisme de dans lui-même qui fixe le point ; on a donc Id. Cela montre que est une homotopie pointée en qui relie l’application à l’application Id. De même, il existe une homotopie pointée en reliant l’application à l’application Id. Ceci prouve que l’espace pointé , muni de la loi de composition , est un espace de Hopf.
c) Comme est un revêtement connexe de X, l’application orbitale de induite par l’opération de sur est surjective et induit une bijection de sur III, p. 305, théorème 1).
Soient et des lacets de X en , soient et leurs classes. Soient et les chemins d’origine dans qui relèvent et . On a et (III, p. 304). D’après la proposition 3 de IV, p. 374, le lacet est strictement homotope au lacet ; on a donc . Or, le chemin est un relèvement d’origine du chemin ; on a donc
L’application est donc un homomorphisme de dans l’ensemble muni de la loi de composition induite par . Par suite, est un groupe pour la loi de composition induite par et l’application orbitale de est un isomorphisme du groupe quotient sur sur .
La dernière partie de l’assertion c) résulte alors du corollaire 3 de III, p. 311.
Proposition 5 0220
Conservons les notations et les hypothèses de la proposition 4.
a) Si est une loi de composition associative ( resp. commutative), il en est de même de .
b) Si est élément neutre à droite ( resp. à gauche) pour la loi , alors est élément neutre à droite ( resp. à gauche) pour la loi .
c) Si X est un groupe topologique, sa loi de composition et son élément neutre, la loi de composition munit d’une structure de groupe compatible avec la topologie de dont est l’élément neutre. L’application est un homomorphisme de groupes dont le noyau est discret et contenu dans le centre de .
a) Supposons que la loi est associative. Alors les applications de dans X qui appliquent sur et respectivement sont égales. Les applications et de dans en sont des relèvements continus qui coïncident au point . Comme est connexe, elles sont égales (I, p. 34, cor. 1 de la prop. 11), ce qui montre que la loi est associative.
Supposons maintenant la loi commutative ; les applications et sont des relèvements continus à de l’application qui coïn-cident au point . Comme est connexe, elles sont égales (loc. cit.) et la loi est commutative.
Si est élément neutre à droite (resp. à gauche) pour la loi , l’application (resp. ) de dans est un X-morphisme de revêtements qui coïncide avec Id au point , donc en tout point de , puisque est connexe (loc. cit.), d’où b).
Démontrons enfin c). Supposons que X soit un groupe topologique. D’après ce qui précède, la loi est associative et en est un élément neutre. Notons l’application . Elle est continue (TG, III, p. 1) et l’homomorphisme n’est autre que l’application IV, p. 374, prop. 3). Par suite, le sous-groupe est égal à . D’après la prop. 1 de III, p. 308, il existe donc une application continue telle que et . Les applications et de dans sont des relèvements à de l’application constante d’image de dans X. Elles sont donc constantes et leur image est . Ainsi, tout élément de est inversible, d’inverse , ce qui montre que , muni de la loi de composition , est un groupe. Par construction de la loi , l’application est un homomorphisme de groupes. Comme les applications et sont continues, la structure de groupe de est compatible avec sa topologie (TG, III, p. 1). La fibre est un sous-groupe discret de qui est contenu dans le centre de I, p. 100, cor. 3) et X est isomorphe au groupe topologique quotient .
Corollaire 0221
Soit G un groupe topologique connexe et localement connexe par arcs. Soit un revêtement connexe de G, soit sa projection et soit un élément de la fibre N de l’élément neutre de G. Munissons de l’unique loi de composition continue telle que et . Si désigne l’injection canonique, est une extension centrale de G par N (A, I, p. 63).
5. Revêtement universel d’un groupe topologique délaçable
Soit G un groupe topologique localement connexe par arcs. Les translations de G sont des homéomorphismes (TG, III, p. 2). Pour que l’espace G soit délaçable (IV, p. 340, déf. 2), il faut et il suffit que G possède la propriété suivante :
Il existe un voisinage V de l’élément neutre de G tel que l’image de l’homomorphisme de dans déduit de l’injection canonique soit réduite à l’élément neutre.
Proposition 6 0222
Soit G un groupe topologique connexe et délaçable. Il existe un groupe topologique , d’élément neutre , et un homomorphisme continu qui vérifie les assertions suivantes :
a) L’espace est simplement connexe et simplement connexe par arcs. Muni de l’application , l’espace pointé est un revêtement universel de l’espace pointé .
b) Le noyau N de est un sous-groupe discret de , contenu dans le centre de . L’homomorphisme Aut qui, à , associe la translation à droite dans , est un isomorphisme de groupes. L’homomorphisme de dans N qui, à , associe l’unique élément de N tel que , est un isomorphisme de groupes.
c) Si est un groupe topologique, d’élément neutre et si G est un homomorphisme de groupes qui fait de un revêtement de G, l’unique application continue telle que et est un homomorphisme de groupes. Muni de l’application est un revêtement universel de .
D’après IV, p. 342, théorème 1, il existe un revêtement de G, simplement connexe et simplement connexe par arcs, galoisien de groupe , et un point de tel que le revêtement pointé soit un revêtement universel de .
D’après IV, p. 375, prop. 4 et IV, p. 377, prop. 5, il existe sur l’espace une unique structure de groupe compatible avec sa topologie pour laquelle soit un homomorphisme de groupes et un élément neutre. Il résulte de la prop. 4 que le groupe vérifie les assertions a) et b).
Démontrons l’assertion c). Soit un groupe topologique et soit un homomorphisme de groupes qui fait de un revêtement de G. Soit l’élément neutre de . L’existence et l’unicité d’une application telle que et résultent de ce que est un revêtement universel de l’espace pointé . Comme les applications et sont des homomorphismes de groupes surjectifs, est un homomorphisme de groupes. Muni de l’application est un revêtement de I, p. 81, prop. 7), donc est un revêtement universel de (IV, p. 345, cor. 2 du th. 1).
Sous les hypothèses de la proposition, on dira, par abus, que est un revêtement universel de G.
Exemple 0223
La proposition 6 s’applique notamment lorsque G est un groupe de Lie connexe sur ou . Il existe alors sur une unique structure de variété analytique telle que la projection soit un morphisme étale de variétés analytiques (VAR R, §1, 5.8.2, p. 48). Pour cette structure de variété, est un groupe de Lie (LIE, III, p. 113, corollaire).
Scholie 0224
Soit G un groupe topologique connexe et délaçable, soit son élément neutre. Soit un groupe topologique simplement connexe par arcs, d’élément neutre , et un homomorphisme de groupes qui fait de un revêtement universel de G. Notons N le noyau de .
La translation à droite (resp. à gauche) par un élément est un G-automorphisme du revêtement principal et l’application est un isomorphisme du groupe N sur le groupe des automorphismes de ce revêtement principal.
Pour tout sous-groupe K de N, l’application G déduite de est un revêtement galoisien de G, et Aut s’identifie au groupe . Lorsqu’on identifie comme ci-dessus les groupes N et , le groupe s’identifie au sous-groupe K de N. En outre, est un revêtement de , car G est localement connexe (I, p. 81, prop. 7).
Inversement, tout revêtement connexe non vide E de G est G-isomorphe à un revêtement de ce type (I, p. 113, th. 3 et I, p. 111, prop. 10). Considérons en effet un point de la fibre et soit l’unique homomorphisme de dans E qui applique sur . Muni de est un revêtement galoisien de E ; le sous-groupe Aut de Aut s’identifie à qui est donc un sous-groupe de N. Par suite, induit un G-isomorphisme de sur E. Par transport de structure, il en résulte une structure de groupe topologique sur E pour laquelle est élément neutre et pour laquelle l’application est un homomorphisme surjectif. La projection du G-espace E est alors un homomorphisme de groupes et la loi de composition de E est donc la loi de composition définie par la prop. 4 de IV, p. 375.
Soient et des revêtements connexes de G, soient un point de et un point de . Pour qu’il existe un G-morphisme de E dans , il faut et il suffit que soit contenu dans . Si cette condition est satisfaite, il existe alors un unique G-morphisme tel que III, p. 311, cor. 2 de la prop. 1). Si l’on munit E et des lois de composition de groupes pour lesquelles et sont des homomorphismes et et des éléments neutres, l’application est un homomorphisme de groupes. En effet, s’identifie à l’homomorphisme canonique .
Proposition 7 0225
Pour que deux groupes topologiques connexes et délaçables soient localement isomorphes, il faut et il suffit que leurs revêtements universels soient des groupes topologiques isomorphes.
Un groupe topologique connexe et délaçable est localement isomorphe à son revêtement universel (IV, p. 369, prop. 1) ; la condition est donc suffisante. Elle est nécessaire d’après le corollaire 2 de la proposition 2 (IV, p. 372), car le revêtement universel d’un groupe topologique connexe et délaçable est simplement connexe (IV, p. 379, prop. 6).
Proposition 8 0226
Soit G un groupe topologique connexe et délaçable et soit un revêtement universel de G. Soit V un voisinage ouvert connexe de l’élément neutre de G tel que l’image de l’homomorphisme canonique de dans soit réduite à l’élément neutre. Notons le groupe défini par l’ensemble générateur V et par l’ensemble des relateurs , où parcourt l’ensemble des éléments de tels que . Notons l’application canonique.
Il existe un unique isomorphisme du groupe sur tel que soit un relèvement à de l’injection canonique de V dans G.
L’ensemble est connexe et ouvert, donc localement connexe par arcs. Soit la projection de . Il existe une section continue de au-dessus de telle que , où désigne l’élément neutre de III, p. 308, prop. 1). Posons ; l’ensemble est un voisinage ouvert connexe de dans et est un homéomorphisme de sur . Les applications et sont des relèvements à de l’application de dans G qui coïncident en ; comme est connexe, elles coïncident sur (I, p. 34, cor. 1). En outre, si , les conditions et sont équivalentes. L’existence d’un isomorphisme résulte alors du corollaire 3 (IV, p. 372) de la proposition 2.
Soit un isomorphisme de vérifiant les conditions de la proposition. L’égalité entraîne que , si bien que est l’élément neutre de . Comme V est connexe, est l’unique relèvement continu à de l’injection canonique de V dans G. Par suite, et coïncident sur . Comme engendre le groupe , .
Exercices
See the exercises for § 3.