Appendice 2 déterminants sur un corps non commutatif
Dans cet appendice, la lettre D désigne un corps et Dab∗ le quotient du groupe multiplicatif D∗ de D par son sous-groupe dérivé (I, p. 67). Le groupe Dab∗ est commutatif et Dab∗ s’identifie à D∗ si le corps D est commutatif. On note π l’homomorphisme canonique de D∗ sur Dab∗.
1. Une généralisation des formes multilinéaires alternées
Soit V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie n⩾0. On note B(V) l’ensemble des bases de V et Ω(V) l’ensemble des applications ω de B(V) dans Dab∗ qui satisfont aux deux conditions suivantes :
Comme le groupe symétrique Sn est engendré par les transpositions de deux éléments consécutifs de l’intervalle [1,n] (I, p. 61, prop. 9), la formule (3) se généralise en
ω(vσ(1),...,vσ(n))=π(ε(σ))ω(v1,...,vn)(4)
où σ appartient à Sn et ε(σ) désigne sa signature (I, p. 62).
La formule (2) se généralise comme suit. Tout d’abord, pour tout λ dans D∗, on a
ω(v1,...,vn)=π(λ)ω(v1,...,viλ−1,...,vn)
=π(λ)ω(v1,...,viλ−1+vj,...,vn)
=ω(v1,...,(viλ−1+vj)λ,...,vn)
c’est-à-dire
ω(v1,...,vn)=ω(v1,...,vi+vjλ,...,vn)(5)
Par une récurrence immédiate, on en déduit
ω(v1,...,vn)=ω(v1,...,vi+w,...,vn)(6)
pour toute combinaison linéaire w=∑j=ivjλj des vecteurs vj pour j distinct de i dans l’intervalle [1,n].
2. Un théorème d’unicité
Dans ce numéro, pour tout entier strictement positif m, tout entier i de l’intervalle [1,m] et toute suite (v1,...,vm) de Vm, on notera (v1,...,vi,...,vm) la suite (v1,...,vi−1,vi+1,...,vm) de Vm−1.
Soient W un hyperplan de V et e un vecteur de V - W. Soit φ un élément de Ω(W). Il existe un élément ω de Ω(V), et un seul, tel que l’on ait (7) ω(w1,...,wn−1,e)=φ(w1,...,wn−1)
pour toute base de (w1,...,wn−1)de W.
A) Unicité de ω: Soit ω un élément de Ω(V). Soit (v1,...,vn) une base de V, et soient μ1,...,μn les coordonnées de e dans cette base. Désignons par I l’ensemble des entiers compris entre 1 et n tels que μi=0; il n’est pas vide. Soit i un élément de I ; la suite (v1,...,vi,...,vn,e) est une base de V et, comme e−viμi est combinaison linéaire de la suite (v1,...,vi,...,vn), la formule (6) entraîne
Il résulte des formules (1) et (3) que le premier membre de cet égalité est égal à π(−1)n−iπ(μi)ω(v1,...,vn). Notons p le projecteur de V d’image W et de noyau eD. Les vecteurs vj−p(vj) sont proportionnels à e, et une application répétée de la formule (6) montre que le second membre de la formule (8) est égal à ω(p(v1),...,p(vi),...,p(vn),e).
De tout ceci il résulte que si ω satisfait à la relation (7), on a
B) Construction de ω: Soit (v1,...,vn) une base de V ; on définit μ1,...,μn et I comme ci-dessus. Pour tout i dans I, l’hypothèse μi=0 entraîne que la suite (v1,...,vi,...,vn,e) engendre l’espace V, donc la suite (p(v1),...,p(vi),...,p(vn)) engendre l’espace W=p(V). Autrement dit, cette dernière suite est une base de W, et l’on peut définir l’élément
Soient i et j deux éléments de I tels que i<j; démontrons l’égalité ti=tj. Par définition, le vecteur viμi+vjμj−e est combinaison linéaire des vecteurs p(vk) pour k distinct de i et j; par suite p(vi)μi+p(vj)μj est combinaison linéaire des vecteurs p(vk) pour k distinct de i et j. D’après la formule (6), on a donc
Par application des formules (1) et (3), on en déduit
φ(p(v1),...,p(vj),...,p(vn))π(μi)π(−1)n−i−1
=φ(p(v1),...,p(vi),...,p(vn))π(−μj)π(−1)n−j
d’où ti=tj.
Ceci étant prouvé, on définit ω(v1,...,vn) comme la valeur commune des ti pour i parcourant I. On a ainsi construit une application ω de B(V) dans Dab∗ qui satisfait à la relation (9). Soit (w1,...,wn−1) une base de W ; si l’on pose vi=wi pour 1⩽i⩽n−1 et vn=e, on a I={n} et μn=1; on a par ailleurs p(vi)=wi pour 1⩽i⩽n−1 et la formule ω(w1,...,wn−1,e)=φ(w1,...,wn−1) est un cas particulier de (9).
Il s’agit maintenant de prouver que ω appartient à Ω(V).
C) Preuve de la formule (1) : Soient λ1,...,λn des éléments de D∗ et (v1,...,vn) une base de V. On définit μ1,...,μn et I comme ci-dessus ; choisissons i dans I. Comme on a e=∑j=1n(vjλj)(λj−1μj), la formule (9) entraîne
la comparaison des formules (9) et (11) établit la relation cherchée
ω(v1λ1,...,vnλn)=ω(v1,...,vn)π(λ1...λn)
D) Preuve de la formule (2) : Soient (v1,...,vn) une base de V et i,j deux entiers distincts dans l’intervalle [1,n]; définissonsμ1,...,μn comme précédemment. Considérons la base (v1′,...,vn′) de V définie par vi′=vi+vj et vk′=vk pour k=i, et introduisons les coordonnées μ1′,...,μn′ de e par rapport à cette base ; elles satisfont à μj′=μj−μi et μk′=μk pour k=j. On pose t=ω(v1,...,vn) et t′=ω(v1′,...,vn′). Il s’agit de prouver l’égalité de t et t′.
a) Si μi=0, les suites (p(v1),...,p(vk),...,p(vn)) et (p(v1′),...,p(vk′),...,p(vn′))
sont égales et l’on a μi=μi′, d’où t=t′.
b) S’il existe un indice k, distinct de i et de j, tel que μk=0, on a p(vl′)=p(vl) pour l=i et p(vi′)=p(vi)+p(vj); les éléments p(vi) et p(vj) appartiennent tous les deux à la suite (p(v1),...,p(vk),...,p(vn)). Comme φ appartient à Ω(W) la formule (2) de VIII, p. 437 s’applique et donne
c) Il reste à examiner le cas où le seul indice k tel que μk=0 est j. On a alors μj′=μj,e=vjμj et p(vj)=0. Faisons k=j dans les formules (12) et (13). Comme les suites (p(v1),...,p(vj),...,p(vn)) et (p(v1′),...,p(vj′),...,p(vn′)) sont égales, on
Soient (e1,...,en)une base de V et t un élément de Dab∗. Il existe un élément ω de Ω(V), et un seul, tel que ω(e1,...,en)=t.
Démontrons le corollaire par récurrence sur n. Si n=0,V admet pour seule base la base vide, de sorte que l’assertion est vérifiée. Supposons donc n⩾1; notons W le sous-espace de V engendré par e1,...,en−1. D’après la prop. 1, il existe une bijection Λ de Ω(V) sur Ω(W) satisfaisant à
(Λ(ω))(w1,...,wn−1)=ω(w1,...,wn−1,en)
pour toute base (w1,...,wn−1) de W et tout ω dans Ω(V). Par hypothèse de récurrence, il existe un unique élément φ de Ω(W) tel que φ(e1,...,en−1)=t. La relation ω(e1,...,en)=t, pour ω dans Ω(V) équivaut à Λ(ω)=φ, d’où le corollaire 1.
Supposons le corps D commutatif. Par définition, B(V) est une partie de Vn. Il est clair que la restriction à B(V) d’une forme n-linéaire alternée non nulle f:Vn→D appartient à Ω(V). Par ailleurs, si (e1,...,en) est une base de V et t un élément non nul de D, il existe une unique forme n-linéaire alternée f telle que f(e1,...,en)=t (III, p. 80 et p. 87). D’après le cor. 1, Ω(V) se compose des restrictions à B(V) des formes n-linéaires alternées non nulles.
3. Déterminant d’un automorphisme
Supposons d’abord le corps D commutatif. Compte tenu de la remarque ci-dessus, le déterminant d’un automorphisme u de V est l’unique élément det u de D∗ tel que l’on ait
(14) ω(u(v1),...,u(vn))= (det u)ω(v1,...,vn) pour toute base (v1,...,vn) de V et tout élément ω de Ω(V).
Revenons au cas où D n’est plus supposé commutatif.
a) Soit u un automorphisme de V. Il existe un unique élément de Dab∗ noté det u et appelé le déterminant de u, tel que l’on ait
(15) ω(u(v1),...,u(vn))= (det u)ω(v1,...,vn)
pour toute base (v1,...,vn)de V et tout ω dans Ω(V).
b) L’application u→ det u de GL(V)dans Dab∗ est un homomorphisme de groupes.
Soit ω0 un élément de Ω(V). L’application (v1,...,vn)→ω0(u(v1),...,u(vn)) de B(V) dans Dab∗ appartient à Ω(V) ; d’après le cor. 2 de VIII, p. 441, il existe un unique élément t de Dab∗ tel que l’on ait
ω0(u(v1),...,u(vn))=tω0(v1,...,vn)
pour (v1,...,vn) dans B(V). Si ω est un autre élément de Ω(V), il existe un élément s de Dab∗ tel que
ω(v1,...,vn)=sω0(v1,...,vn)
pour toute base (v1,...,vn) de V (loc. cit.). On en déduit aussitôt la relation
ω(u(v1),...,u(vn))=tω(v1,...,vn)
Ceci prouve a) ; l’assertion b) est une conséquence immédiate de a).
4. Déterminant d’une matrice carrée
Soit n un entier positif. Appliquons ce qui précède à l’espace vectoriel à droite Ddn sur le corps D ; les éléments de Ddn sont interprétés comme des matrices à n lignes et une colonne. Soit (ε1,...,εn) la base canonique de Ddn. D’après le cor. 2 de VIII, p. 441, il existe un unique élément ω0 de Ω(Ddn) tel que ω0(ε1,...,εn)=1. Si A est un élément de GLn(D), ses colonnes a1,...,an forment une base de Ddn; l’élément ω0(a1,...,an) de Dab∗ d’appelle le déterminant de A et se note det(A). Comme on a ai=Aεi pour 1⩽i⩽n, le déterminant de A n’est autre que le déterminant de l’automorphisme x→Ax de Ddn. En particulier, si le corps D est commutatif, le déterminant de A coïncide avec celui qu’on a défini en III, p. 92.
Soit V un espace vectoriel à droite, de dimension finie n sur le corps D, et soit (e1,...,en) une base de V. Si u est un automorphisme de V et A la matrice de u par rapport à la base (e1,...,en), on a det(u) = det(A).
On note (Eij) la famille des unités matricielles de Mn(D) (II. p. 142). Pour tout élément λ de D et tout couple (i,j) d’entiers distincts dans [1,n], on pose (II, p. 161)
Bij(λ)=In+λEij
c’est un élément de GLn(D). Si λ1,...,λn sont des éléments de D∗, la matrice diagonale diag(λ1,...,λn) appartient aussi à GLn(D).
L’application det est l’unique homomorphisme de GLn(D) dans Dab∗ qui satisfait aux relations
(16) det(Bij(1)) =1
pour i=j et
(17) det(diag(λ1,...,λn)) =π(λ1...λn),
pour λ1,...,λn∈D∗
Soient A un élément de GLn(D) et a1,...,an ses colonnes. On a
det(A) =ω0(a1,...,an).
Or les colonnes de la matrice A diag(λ1,...,λn) sont a1λ1,...,anλn et celles de la matrice ABij(1) dont a1,...,aj+ai,aj+1,...,an. Comme ω0 est l’unique élément de Ω(Ddn) tel que ω0(ε1,...,εn)=1, on voit que le déterminant est l’unique application φ:GLn(D)→Dab∗ qui satisfait aux relations
(18) φ(A diag(λ1,...,λn)) =φ(A)π(λ1...λn)
(19) φ(ABij(1))=φ(A) pour i=j
φ(In)=1(20)
Cela prouve tout d’abord que que l’application déterminant satisfait aux relations (16) et (17). Nous savons déjà que cette application est un homomorphisme de GLn(D) dans Dab∗. Inversement, si φ est un homomorphisme de GLn(D) dans Dab∗ tel que φ(Bij(1))=1 pour i=j et φ(diag(λ1,...,λn)) =π(λ1...λn), alors φ satisfait aux relations (18) à (20) et est donc égal à det.
Soit σ une permutation de l’intervalle [1,n] de N, de signature ε(σ). Soit M (σ) la matrice de la permutation σ (II, p. 151). Les colonnes de la matrice M (σ) sont εσ(1),...,εσ(n). Par application de la formule (4) de VIII, p. 438, on a donc (22) det(M (σ)) =π(ε(σ)).
Supposons n⩾1. Pour toute matrice diagonale inversible de la forme Δ = diag(d1,...,dn), on a ΔBij(λ)Δ−1=Bij(diλdj−1). Soit A un élément de GLn(D). D’après le cor. 1 de II, p. 162 et la formule précédente, il existe des matrices P et Δ dans GLn(D) telles que A = PΔ, que P soit produit de matrices de la forme Bij(λ) et que Δ soit une matrice diagonale de la forme diag(1,...,1,d). On a det(P) = 1 d’après l’exemple 1, donc det(A) = det(Δ) =π(d) par la prop. 3.
Soit D′ un corps et soit u un homomorphisme de D dans D′. Par passage aux quotients, u définit un homomorphisme de groupes uab de Dab∗ dans Dab′∗. Soit un l’homomorphisme de GLn(D) dans GLn(D′) qui transforme une matrice A =(aij) en la matrice (u(aij)). La formule
Supposons que l’on ait n=2. Soit A=(acbd) un élément de GL2(D). Les éléments a et c de D ne sont pas tous deux nuls. Nous allons expliciter le déterminant de A.
Soit Do le corps opposé de D. L’application A→tAde Mn(D) dans Mn(Do) satisfait à t(AB)=tBtA. Pour toute matrice A dans GLn(D), la matrice transposée tAest donc inversible dans Mn(Do), mais elle n’est pas nécessairement inversible dans Mn(D). Il résulte de l’exemple 3 que si A appartient à GLn(D), les éléments A de GLn(D) et tAde GLn(Do) ont même déterminant. Par contre, même si la matrice tAappartient à GLn(D) son déterminant deans GLn(D) n’est pas nécessairement égal à celui de A (cf. exemple 6).
Soit V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie n. Considérons l’espace dual V∗= HomD(V,D) comme un espace vectoriel à droite sur le corps Do opposé de D. Soit u un automorphisme de V et soit tu l’automorphisme de V∗ transposé de u. Si u est représenté par une matrice A de Mn(D) par rapport à une base (e1,...,en) de V, l’automorphisme tu est représenté par la matrice tAde Mn(Do) par rapport à la base (e1∗,...,en∗) de V∗ duale de (e1,...,en) (II, p. 145, prop. 3). D’après l’exemple 7, le déterminant de tu est égal à celui de u.
Les résultats des numéros 1 à 4 se généralisent au cas où D est un anneau local (VIII, p. 448, exerc. 2).
5. Le groupe unimodulaire
Soit n un entier positif. On note SLn(D) le noyau de l’homomorphisme de groupes det:GLn(D)→Dab∗, et on l’appelle le groupe unimodulaire (cf. III, p. 104 pour le cas où le corps D est commutatif).
a) Le sous-groupe SLn(D)de GLn(D)est engendré par les matrices Bij(λ)où i et j sont des entiers distincts de l’intervalle [1,n] et λ parcourt D.
b) Supposons n⩾3ou Card(D) ⩾3. Le groupe dérivé de GLn(D)est égal à SLn(D).
c) Supposons n⩾3ou Card(D) ⩾4. Le groupe dérivé de SLn(D)est égal à SLn(D).
A) Notons T le sous-groupe de GLn(D) engendré par les matrices Bij(λ). D’après l’exemple 1 de VIII, p. 443, on a det(Bij(λ)) =1, d’où T⊂SLn(D). Pour prouver que ces deux groupes sont égaux, il suffit alors, d’après l’exemple 3 de loc. cit., de prouver que toute matrice de la forme diag(1,...,1,d)avec π(d)=1appartient à T. La matrice diag(1,...,1,d) appartient à l’image de l’homomorphisme U→(In−200U) de GL2(D) dans GLn(D); il suffit donc de considérer le cas n=2. Comme le noyau de π est le groupe dérivé de D∗, on peut supposer d=uvu−1v−1 avec u,v dans D∗. Notre assertion résulte alors des égalités
B) Par construction, SLn(D) est le noyau d’un homomorphisme de GLn(D) dans un groupe commutatif, donc il contient le groupe dérivé (GLn(D),GLn(D)) de GLn(D). Vu ce qui précède, on a
SLn(D)⊃(GLn(D),GLn(D))⊃(SLn(D),SLn(D))
Pour prouver c), il suffit de démontrer que les matrices Bij(λ) sont des commutateurs dans SLn(D).
Supposons n⩾3. Si i,j,k sont des entiers distincts dans l’intervalle [1,n] et μ,ν des éléments de D, on a
Bij(μν)=Bik(μ)−1Bkj(ν)−1Bik(μ)Bkj(ν)(30)
En prenant μ=1 et ν=λ, on voit que la matrice Bij(λ) est un commutateur d’éléments de SLn(D).
Supposons maintenant n=2. Soient u et v des éléments de D avec u=0. On a les relations
On a det(u00u−1)=1; donc les matrices B12(v−uvu) et B21(v−uvu) sont des commutateurs d’éléments de SLn(D).
Supposons que le corps D ait au moins 4 éléments. Soit λ un élément de D. Si λ est égal à 0, 1 ou −1, choisissons un élément u arbitraire dans D−{0,1,−1}; sinon posons u=λ. Dans les deux cas, u est un élément non nul de D, il commute à λ, et l’on a u2=1. Posons v=λ(1−u2)−1. On a uv=vu d’où v−uvu=v(1−u2)=λ. Il résulte alors des relations (31) et (32) que les matrices B12(λ) et B21(λ) sont des commutateurs dans SLn(D) d’où c).
C) Il reste à prouver que SL2(D) est le groupe dérivé de GL2(D) lorsque D a 3 éléments. D’après A), le groupe SL2(D) est engendré par les matrices B12(1)=(1011) et B21(1)=(1101), et ces matrices sont des commutateurs d’éléments de GL2(D) puisque l’on a B21(1)=tB12(1) et
Si D est un corps à 2 éléments, alors GL2(D) est égal à SL2(D) et c’est un groupe d’ordre 6 dont le groupe dérivé est d’ordre 3. Si D est un corps à 3 éléments, le groupe SL2(D) est d’ordre 24 et son groupe dérivé est d’ordre 8. Supposons n⩾2; sauf dans les deux cas précédents, tout sous-groupe distingué de SLn(D) distinct de SLn(D) est contenu dans le centre Z(SLn(D)) de SLn(D) (II. p. 207, exerc. 13 et p. 208 exerc. 14). Le groupe SLn(D)/Z(SLn(D)) est alors simple.
Soit V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie n. On note SL(V) et on appelle groupe unimodulaire de V, le noyau de l’homomorphisme det:GL(V)→Dab∗. Le choix d’une base de V permet d’identifier ce groupe à SLn(D).
On dit qu’un automorphisme u de V est une transvection s’il existe un vecteur v de V et une forme linéaire φ sur V tels que φ(v)=0 et u(x)=x+vφ(x) pour tout x de V. Lorsque n⩾2,u est une transvection si et seulement s’il existe une base de V dans laquelle la matrice de u soit de la forme Bij(λ). Le th. 1 entraîne le corollaire suivant :