Bourbaki

§ 3. Modules simples

1. Modules simples

Rappelons la définition suivante (II, p. 21) :

Définition 1 0035

Soit A un anneau. Un A-module M est dit simple s’il n’est pas nul et ne contient pas d’autre sous-module que 0 et M.

Pour qu’un A-module M soit simple, il faut et il suffit que M soit un module simple sur l’anneau AMA_M de ses homothéties. Tout module simple est indécomposable, de longueur 1, donc primordial (VIII, p. 28, prop. 4 b)).

Exemple 1 0036

Pour que AsA_s soit un A-module simple, il faut et il suffit que A soit un corps (I, p. 109, th. 1). Les A-modules simples sont alors les espaces vectoriels de dimension 1 sur le corps A.

Exemple 2 0037

Soit A un anneau principal (VII, p. 1, déf. 1) qui n’est pas un corps. Pour tout élément extrémal π\pi de A, le A-module As/(π)A_s/(\pi ) est simple, et tout A-module simple est isomorphe à un tel module (VII, p. 25, remarque 4). Pour n⩾2n\geqslant 2, le A-module As/(πn)A_s/(\pi^n) est indécomposable (VII, p. 23, prop. 8), mais n’est pas simple.

Exemple 3 0038

Soient K un corps, V un espace vectoriel à droite non nul sur le corps K et A un sous-anneau de l’anneau EndK(V)_K(V) qui contient les endomorphismes de rang fini de V (par exemple A = EndK(V)_K(V)). Démontrons que V est un A-module simple : soient W un sous-A-module non nul de V et xx un élément non nul de W ; il existe une forme linéaire φ\varphi sur V telle que φ(x)≠0\varphi (x)\not= 0 (II, p. 103, th. 6). Pour tout yy dans V, l’application z→yφ(z)z\rightarrow y\varphi (z), linéaire de rang ⩽1\leqslant 1, appartient à A ; on a donc Ax=VAx= V, d’où a fortiori W = V, ce qui prouve que V est un A-module simple.

Proposition 1 00QZ

Soit A un anneau.

a) Soit m\mathfrak{m} un idéal à gauche de A. Pour que le A-module As/mA_s/\mathfrak{m} soit simple, il faut et il suffit que m\mathfrak{m} soit un idéal à gauche maximal.

b) Soit M un A-module simple et soit xx un élément non nul de M. On a l’égalité M=AxM = Ax, l’annulateur m\mathfrak{m} de xx est un idéal à gauche maximal de A, et l’application a→axa\rightarrow ax définit par passage au quotient un isomorphisme de As/mA_s/\mathfrak{m} sur M.

c) Soit M un A-module non nul. Si l’on a M=AxM = Ax pour tout élément non nul xx de M, alors M est simple.

Les sous-modules de As/mA_s/\mathfrak{m} sont de la forme n/m\mathfrak{n}/\mathfrak{m}, où n\mathfrak{n} est un idéal à gauche de A contenant m\mathfrak{m} (I, p. 39, th. 4) ; par suite le A-module As/mA_s/\mathfrak{m} est simple si et seulement si l’on a m≠A\mathfrak{m}\not= A et tout idéal à gauche n\mathfrak{n} de A contenant m\mathfrak{m} satisfait à n/m=0\mathfrak{n}/\mathfrak{m}= 0 ou n/m=As/m\mathfrak{n}/\mathfrak{m}= A_s/\mathfrak{m}, c’est-à-dire à n=m\mathfrak{n}=\mathfrak{m} ou n=A\mathfrak{n}= A. Ceci prouve a).

Sous les hypothèses de b), AxAx est un sous-module non nul de M, donc égal à M. Par suite, l’application a→axa\rightarrow ax définit par passage au quotient un isomorphisme de As/mA_s/\mathfrak{m} sur M ; le A-module As/mA_s/\mathfrak{m} est donc simple et l’idéal à gauche m\mathfrak{m} est maximal d’après a). Ceci prouve b).

Sous les hypothèses de c), soit N un sous-module non nul de M. Si xx est un élément non nul de N, on a Ax⊂NAx\subset N et Ax=MAx= M, d’où M = N. Donc M est simple.

Corollaire 1 0039

Si l’anneau A n’est pas réduit à 0, il existe des A-modules simples.

En effet, il existe d’après le théorème de Krull (I, p. 99, th. 1) des idéaux à gauche maximaux de A.

Corollaire 2 003A

Soient A un anneau local (VIII, p. 24, déf. 1) et r\mathfrak{r} son idéal maximal. Le A-module As/rA_s/\mathfrak{r} est simple et tout A-module simple est isomorphe à As/rA_s/\mathfrak{r}.

Remarque 1 003B

Soient A un anneau commutatif, et m\mathfrak{m} un idéal de A. Alors m\mathfrak{m} est l’annulateur (II, p. 28, déf. 11) du A-module As/mA_s/\mathfrak{m}. Ainsi, si m\mathfrak{m} et m′\mathfrak{m}' sont des idéaux de A distincts, les A-modules As/mA_s/\mathfrak{m} et As/m′A_s/\mathfrak{m}' ne sont pas isomorphes. Pour qu’il existe un A-module simple et fidèle (II, p. 28), il faut et il suffit que (0) soit un idéal maximal de A, c’est-à-dire que A soit un corps.

Remarque 2 003C

On peut donner un exemple d’anneau non commutatif A et de deux idéaux à gauche maximaux distincts m\mathfrak{m} et m′\mathfrak{m}' de A tels que les A-modules As/mA_s/\mathfrak{m} et As/m′A_s/\mathfrak{m}' soient isomorphes (VIII, p. 48, exerc. 3).

2. Le lemme de Schur

Proposition 2 003D

Soient A un anneau, M et N deux A-modules et ff un homomorphisme non nul de M dans N.

a) Si M est simple, ff est injectif.

b) Si N est simple, ff est surjectif.

c) Si M et N sont simples, ff est un isomorphisme.

Le noyau de ff est un sous-module de M distinct de M, et l’image de ff est un sous-module non nul de N.

a) Si M est simple, on a Ker(ff) =0= 0, donc ff est injectif.

b) Si N est simple, on a Im(ff) =N= N, donc ff est surjectif.

c) Si M et N sont simples, ff est à la fois injectif et surjectif.

Corollaire (Lemme de Schur) 00RZ

L’anneau des endomorphismes d’un module simple est un corps.

Si M est un A-module simple, tout élément non nul de l’anneau non nul EndA(M)_A(M) est inversible (prop. 2, c)), donc EndA(M)_A(M) est un corps.

Théorème 1 003E

Soient K un corps commutatif algébriquement clos, A une K-algèbre et M un A-module simple. On suppose que la dimension de M comme espace vectoriel sur K est finie, ou plus généralement strictement inférieure au cardinal de K. Alors l’anneau des endomorphismes du A-module M se compose des homothéties αM\alpha_M avec α∈K\alpha \in K.

Soit E l’anneau des endomorphismes du A-module M ; c’est un corps d’après le cor. de la prop. 2, et une algèbre sur le corps K. Si l’on considère M comme un espace vectoriel à gauche sur le corps E, on a dimKM=_KM = (dimEM_EM)[E:K][E : K] d’après la prop. 25 de II, p. 31, donc dimKM⩾[E:K]_KM\geqslant [E : K]. Comme dimKM<_KM< Card(K) par hypothèse, l’égalité E=K⋅1ME = K\cdot 1_M résulte alors du lemme suivant :

Lemme 1 003F

Soient E un corps et K un sous-corps du centre de E, distinct de E. Si le corps K est algébriquement clos, on a [E:K]⩾[E : K]\geqslant Card(K).

Soient xx un élément de E- K et L le sous-corps (commutatif) de E engendré par K∪{x}K\cup \{x\}. Comme K est algébriquement clos, xx est transcendant sur K. D’après VII, p. 10, th. 2 et p. 11, les éléments (x−α)−1(x-\alpha )^{-1} de L, où α\alpha parcourt K, sont linéairement indépendants sur K. On a donc [E:K]⩾[L:K]⩾[E : K]\geqslant [L : K]\geqslant Card(K).

Exemple 003G

∗*Soit A une C\mathbf{C}-algèbre engendrée par une famille dénombrable d’éléments ; elle est de dimension dénombrable sur C\mathbf{C}. Soit M un A-module simple ; il est monogène, donc admet une base dénombrable sur C\mathbf{C}. Puisque le corps C\mathbf{C}n’est pas dénombrable (TG, IV, p. 44), on a [M:C]<[M : \mathbf{C}]< Card(C\mathbf{C}). Donc les endomorphismes du A-module M sont les homothéties αM\alpha_M, avec α∈C\alpha \in \mathbf{C}. Ceci s’applique en particulier lorsque A est l’algèbre enveloppante d’une algèbre de Lie de dimension finie sur C\mathbf{C} (LIE, I, corollaire 3, p. 3333).∗.*

Corollaire 1 003H

Conservons les hypothèses du théorème 1, et supposons de plus l’algèbre A commutative. Alors M est de dimension 1 sur K.

Comme l’anneau A est commutatif, aMa_M est un endomorphisme du A-module M pour tout a∈Aa\in A. D’après le th. 1, on a donc AM=K⋅1MA_M= K\cdot 1_M et M est un K-module simple, c’est-à-dire un espace vectoriel de dimension 1 sur le corps K.

Corollaire 2 003I

Soient K un corps commutatif, A une K-algèbre et M un A-module. On suppose que pour toute extension L de K, le A(L)A_{(L)}-module M(L)M_{(L)} est simple. Alors l’anneau des endomorphismes de M se compose des homothéties αM\alpha_M avec α∈K\alpha \in K.

Soit I un ensemble de cardinal strictement supérieur à la dimension de M sur K (par exemple l’ensemble des parties de M). Soit L une clôture algébrique du corps K((Xi)i∈I)K((X_i)_{i\in I}) (V, p. 22, th. 2). Choisissons une forme K-linéaire φ\varphi sur L telle que φ(1)=1\varphi (1) = 1 et notons v:M(L)→Mv: M_{(L)}\rightarrow M l’application K-linéaire caractérisée par v(α⊗m)=φ(α)mv(\alpha \otimes m) =\varphi (\alpha )m. Soit uu un endomorphisme de M. La dimension de M(L)M_{(L)} sur L est égale à celle de M sur K et est strictement inférieure au cardinal de L. D’après le th. 1, l’endomorphisme 1L⊗u1_L\otimes u du A(L)A_{(L)}-module M(L)M_{(L)} est de la forme λ⊗1M\lambda \otimes 1_M, avec λ∈L\lambda \in L. Pour tout x∈Mx\in M, on a

u(x)=v(1⊗u(x))=v((1L⊗u)(1⊗x)) u(x) =v(1\otimes u(x))=v((1_L\otimes u)(1\otimes x))
=v((λ⊗1M)(1⊗x))=v(λ⊗x)=φ(λ)x =v((\lambda \otimes 1_M)(1\otimes x))=v(\lambda \otimes x) =\varphi (\lambda )x

de sorte que uu est l’homothétie φ(λ)M\varphi (\lambda )_M.

3. Sous-modules maximaux

Définition 2 003J

Soient A un anneau et M un A-module. On appelle sous-module maximal de M un élément maximal, pour la relation d’inclusion, de l’ensemble des sous-modules de M distincts de M.

Un sous-module maximal de AsA_s n’est autre qu’un idéal maximal à gauche de A.

Soit N un sous-module de M. Les sous-modules de M/NM/N sont de la forme P/NP/N où P est un sous-module de M contenant N (I, p. 39, th. 4). Par suite, N est un sous-module maximal de M si et seulement si le module M/NM/N est simple.

Proposition 3 003K

Soit M un A-module de type fini. Tout sous-module de M distinct de M est contenu dans un sous-module maximal.

Soit N un sous-module de M, distinct de M. Notons S\mathscr{S} l’ensemble des sous-modules de M distincts de M et contenant N ordonné par la relation d’inclusion ; démontrons que S\mathscr{S} est inductif. Soit F\mathscr{F} une partie totalement ordonnée de S\mathscr{S}. Si F\mathscr{F} est vide, N est un majorant de F\mathscr{F} dans S\mathscr{S}. Dans le cas contraire, notons Q la réunion des éléments de F\mathscr{F}. Alors Q est un sous-module de M. Soit F une partie génératrice finie de M. Si Q était égal à M, F serait contenue dans un sous-module P∈FP\in \mathscr{F}, ce qui entraînerait P = M, contrairement à la définition de F\mathscr{F}. On a donc Q∈SQ\in \mathscr{S}, ce qui prouve que S\mathscr{S} est inductif. La prop. 3 résulte alors du cor. 1 de E, III, p. 21.

Corollaire 1 003L

Soit M un A-module de type fini non nul. Il existe un idéal bilatère a\mathfrak{a} de A, annulateur d’un A-module simple, tel que aM\mathfrak{a}Msoit distinct de M.

Soit N un sous-module maximal de M (prop. 3) et soit a\mathfrak{a} l’annulateur du A-module simple M/NM/N; c’est un idéal bilatère de A et l’on a a(M/N)=0\mathfrak{a}(M/N) = 0, d’où aM⊂N\mathfrak{a}M\subset N et par suite aM≠M\mathfrak{a}M\not= M.

Corollaire 2 003M

Soient A un anneau commutatif et B une A-algèbre. Soit M un B-module simple qui est un A-module de type fini et soit m\mathfrak{m} l’annulateur du A-module M. Alors m\mathfrak{m} est un idéal maximal de A et M est un espace vectoriel de dimension finie sur le corps A/mA/\mathfrak{m}.

Comme l’anneau A est commutatif, l’annulateur d’un A-module simple est un idéal maximal de A (VIII, p. 42, prop. 1). D’après le corollaire 1 appliqué au A-module M, il existe un idéal maximal a\mathfrak{a} de A tel que aM≠M\mathfrak{a}M\not= M. Mais aM\mathfrak{a}M est un sous-module du B-module simple M ; on a donc aM=0\mathfrak{a}M = 0, d’où a⊂m\mathfrak{a}\subset \mathfrak{m}. Comme l’idéal m\mathfrak{m} est distinct de A, il est égal à a\mathfrak{a}, de sorte que m\mathfrak{m} est maximal. Le module M est un module de type fini sur le corps A/mA/\mathfrak{m}, d’où la dernière assertion.

4. Modules simples sur un anneau artinien

Soit A un anneau. On dit par abus de langage qu’un idéal à gauche a\mathfrak{a} est un idéal à gauche minimal de A si c’est un élément minimal de l’ensemble des idéaux à gauche non nuls de A, ordonné par la relation d’inclusion. On définit de manière analogue les idéaux à droite minimaux et les idéaux bilatères minimaux.

Soit a\mathfrak{a} un idéal à gauche de A. Pour que a\mathfrak{a} soit un A-module simple, il faut et il suffit que ce soit un idéal à gauche minimal de A.

Tout idéal à gauche non nul d’un anneau artinien à gauche (VIII, p. 1, déf. 1) contient un idéal à gauche minimal.

Proposition 4 003N

Soit A un anneau possédant un idéal à gauche minimal a\mathfrak{a}. Tout A-module simple et fidèle est isomorphe au A-module a\mathfrak{a}.

Soit M un A-module simple et fidèle. Soit α\alpha un élément non nul de a\mathfrak{a}. Comme le A-module M est fidèle, il existe un élément xx de M tel que αx≠0\alpha x\not= 0. L’homomorphisme a→axa\rightarrow ax de a\mathfrak{a} dans M est alors non nul ; c’est donc un isomorphisme d’après la prop. 2 de VIII, p. 43.

Proposition 5 003O

Soient A un anneau artinien à gauche et M un A-module fidèle.

a) Il existe un entier naturel mm et un isomorphisme de AsA_s sur un sous-module de MmM^m.

b) Si M possède une suite de Jordan-Hölder (Mi)0⩽i⩽n(M_i)_{0\leqslant i\leqslant n}, tout A-module simple est isomorphe à l’un des quotients Mi/Mi+1M_i/M_{i+1}.

D’après VIII, p. 2 appliqué au A-module AsA_s et aux annulateurs des éléments de M, il existe des éléments x1,...,xmx_1, . . . , x_m de M tels que l’annulateur de M soit l’intersection des annulateurs des xix_i. Comme le A-module M est fidèle, l’application A-linéaire a→(ax1,...,axm)a\rightarrow (ax_1, . . . , ax_m) de AsA_s dans MmM^m est injective, d’où a).

Sous les hypothèses de b), tout quotient simple de AsA_s est isomorphe à un quotient d’une suite de Jordan-Hölder de MmM^m (I, p. 41, cor.), donc à l’un des modules Mi/Mi+1M_i/M_{i+1} (I, p. 41, th. 6). Enfin, tout A-module simple est isomorphe à un quotient de AsA_s.

Remarque 003P

La proposition 5 s’applique en particulier dans les deux cas suivants :

a) Soit A une algèbre sur un corps commutatif K et soit M un module fidèle de dimension finie sur K. Alors M est un A-module de longueur finie et le contremodule de M est de type fini. L’anneau A est artinien à gauche (VIII, p. 8, prop. 6). Il existe une suite de Jordan-Hölder (Mi)0⩽i⩽n(M_i)_{0\leqslant i\leqslant n} du A-module M, et tout A-module simple est isomorphe à l’un des modules Mi/Mi+1M_i/M_{i+1} pour 0⩽i⩽n−10\leqslant i\leqslant n-1.

b) Soit A un anneau artinien à gauche. Le module AsA_s est de longueur finie (VIII, p. 5, th. 1). Comme le A-module AsA_s est de longueur finie, il existe une suite décroissante (ai)0⩽i⩽n(\mathfrak{a}_i)_{0\leqslant i\leqslant n} d’idéaux à gauche de A, telle que a0=A,an=0\mathfrak{a}_0= A,\mathfrak{a}_n= 0 et que les A-modules Si=ai−1/aiS_i=\mathfrak{a}_{i-1}/\mathfrak{a}_i soient simples pour 1⩽i⩽n1\leqslant i\leqslant n. Alors tout A-module simple est isomorphe à l’un des modules S1,...,SnS_1, . . . ,S_n.

5. Classes de modules simples

Notons IsA(X,Y)_A(X,Y) la relation

« A est un anneau et X,YX,Y sont des A-modules isomorphes ».

C’est une relation d’équivalence par rapport à X et Y. Si X est un A-module, on note cl(X), et on appelle classe du A-module X, la classe d’objets équivalents à X pour IsA_A (E, II, p. 47). Par définition, cl(X) est un A-module isomorphe à X ; de plus, deux A-modules X et Y sont isomorphes si et seulement si l’on a cl(X) = cl(Y).

Soit A un anneau. La relation

« λ\lambda est une classe de A-modules de type fini »

est collectivisante en λ\lambda (E, II, p. 3). En effet, tout A-module de type fini est isomorphe à un A-module de la forme Asn/RA^n_s/R, où nn est un entier naturel et R un sous-module de AsnA^n_s, de sorte que notre assertion résulte de E, II, p. 47.

On notera F(A)\mathscr{F}(A) l’ensemble des classes de A-modules de type fini. Tout A-module simple est monogène (VIII, p. 42, prop. 1), et par suite les classes des A-modules simples forment un sous-ensemble de F\mathscr{F}(A), noté dans la suite S(A)\mathscr{S}(A) (ou simplement S\mathscr{S}). Lorsque l’anneau A est commutatif, l’application m→\mathfrak{m}\rightarrow cl(A/m/\mathfrak{m}) est une bijection de l’ensemble des idéaux maximaux de A sur l’ensemble S(A)\mathscr{S}(A) (loc. cit. et VIII, p. 42, remarque 1). Lorsque A est artinien à gauche, l’ensemble S(A)\mathscr{S}(A) est fini (VIII, p. 47, remarque b)).

Exercices

See the exercises for § 3.

Transcribed from the printed volume. Not translated.