Bourbaki

§ 8. Transformation de Fourier

On conserve les notations et conventions du paragraphe précédent.

1. Transformées de Fourier des fonctions intégrables

Dans ce numéro, on rappelle des définitions et résultats de TS 2^2. Notons G^\hat{G} l’ensemble des classes de représentations irréductibles de G (dans des espaces vectoriels complexes de dimension finie). Pour tout u∈G^u \in \hat{G}, notons EuE_u l’espace

1^1 La démonstration de loc. cit., qui n’est énoncée que pour les algèbres de Lie semi-simples déployées, est valable directement dans le cas des algèbres réductives déployées. 2^2 Voir note 1^1, § 7, p. 66.

de uu et d(u)d(u) sa dimension. Il existe des formes hermitiennes positives séparantes sur EuE_u invariantes pour uu, et deux telles formes sont proportionnelles. On note A∗A^* (resp. ∥A∥∞\|A\|_\infty) l’adjoint (resp. la norme) d’un élément AA de End(Eu)\mathrm{End}(E_u) relativement à l’une quelconque de ces formes ; pour tout g∈Gg \in G, on a u(g)∗=u(g)−1=u(g−1)u(g)^* = u(g)^{-1} = u(g^{-1}) et ∥u(g)∥∞=1\|u(g)\|_\infty = 1; pour tout x∈gx \in g, on a u(x)∗=−u(x)=u(−x)u(x)^* = -u(x) = u(-x).

On munit End(Eu)\mathrm{End}(E_u) de la structure d’espace hilbertien pour laquelle le produit scalaire est

(1)

⟨A∣B⟩=d(u)Tr⁡(A∗B)=d(u)Tr⁡(BA∗), \langle A|B \rangle = d(u) \operatorname{Tr}(A^*B) = d(u) \operatorname{Tr}(BA^*) ,
et on pose

(2)

∥A∥2=⟨A∣A⟩1/2=(d(u)Tr⁡(A∗A))1/2. \|A\|_2 = \langle A|A \rangle^{1/2} = (d(u) \operatorname{Tr}(A^*A))^{1/2} .

On a

(3)

d(u)∥A∥∞≤∥A∥2≤d(u)∥A∥∞, \sqrt{d(u)} \|A\|_\infty \leq \|A\|_2 \leq d(u) \|A\|_\infty ,
donc

(4)

∣⟨A∣B⟩∣≤d(u)2∥A∥∞∥B∥∞. |\langle A|B \rangle| \leq d(u)^2 \|A\|_\infty \|B\|_\infty .

Pour tout g∈Gg \in G, on a ∥u(g)∥2=d(u)\|u(g)\|_2 = d(u).

Notons F(G^)F(\hat{G}) l’algèbre ∏u∈G^End(Eu)\prod_{u \in \hat{G}} \mathrm{End}(E_u). On note L2(G^)L^2(\hat{G}) la somme hilbertienne des espaces hilbertiens End(Eu)\mathrm{End}(E_u); c’est l’espace des familles A=(Au)∈F(G^)A = (A_u) \in F(\hat{G}) telles que ∑u∥Au∥22<∞\sum_u \|A_u\|_2^2 < \infty, muni du produit scalaire

(5)

⟨A∣B⟩=∑u∈G^⟨Au∣Bu⟩=∑u∈G^d(u)Tr⁡(Au∗Bu). \langle A|B \rangle = \sum_{u \in \hat{G}} \langle A_u|B_u \rangle = \sum_{u \in \hat{G}} d(u) \operatorname{Tr}(A_u^*B_u) .

On note encore ∥⋅∥2\| \cdot \|_2 la norme hilbertienne sur L2(G^)L^2(\hat{G}), de sorte qu’on a ∥A∥22=∑u∈G^∥Au∥22\|A\|_2^2 = \sum_{u \in \hat{G}} \|A_u\|_2^2 pour A∈L2(G^)A \in L^2(\hat{G}).

Si ff est une fonction complexe intégrable sur GG, on pose pour tout u∈G^u \in \hat{G},

(6)

u(f)=∫Gf(g)u(g)dg∈End(Eu). u(f) = \int_G f(g) u(g) dg \in \mathrm{End}(E_u) .

On a ∥u(f)∥∞≤∫G∣f(g)∣dg=∥f∥1\|u(f)\|_\infty \leq \int_G |f(g)| dg = \|f\|_1. On appelle cotransformée de Fourier de ff et on note F‾(f)\overline{\mathscr{F}}(f) la famille (u(f))u∈G^∈F(G^)(u(f))_{u \in \hat{G}} \in F(\hat{G}). Si f∈L2(G)f \in L^2(G), on a

∥f∥22=∑u∈G^⟨u(f)∣u(f)⟩=∥F‾(f)∥22, \|f\|_2^2 = \sum_{u \in \hat{G}} \langle u(f)|u(f) \rangle = \|\overline{\mathscr{F}}(f)\|_2^2 ,
de sorte que F‾\overline{\mathscr{F}} induit une application linéaire isométrique de l’espace hilbertien L2(G)L^2(G) dans l’espace hilbertien L2(G^)L^2(\hat{G}) : autrement dit pour ff et f′f' dans L2(G)L^2(G), on a

(7)

∫Gf(g)‾f′(g)dg=⟨F‾(f)∣F‾(f′)⟩=∑u∈G^d(u)Tr⁡(u(f)∗u(f′)). \int_G \overline{f(g)} f'(g) dg = \langle \overline{\mathscr{F}}(f)|\overline{\mathscr{F}}(f') \rangle = \sum_{u \in \hat{G}} d(u) \operatorname{Tr}(u(f)^*u(f')) .

Pour ff et f′f' dans L1(G)L^1(G), le produit de convolution f∗f′f * f' de ff et f′f' est défini par

(f∗f′)(h)=∫Gf(hg−1)f′(g) dg=∫Gf(g)f′(g−1h) dg (f * f')(h) = \int_G f(hg^{-1}) f'(g) \, dg = \int_G f(g) f'(g^{-1}h) \, dg

(l'intégrale ayant un sens pour presque tout h∈Gh \in G).

On a f∗f′∈L1(G)f * f' \in L^1(G) et, pour tout u∈G^u \in \hat{G}, u(f∗f′)=u(f)u(f′)u(f * f') = u(f) u(f'), donc

(8)

F‾(f∗f′)=F‾(f)⋅F‾(f′) \overline{\mathscr{F}}(f * f') = \overline{\mathscr{F}}(f) \cdot \overline{\mathscr{F}}(f')

Inversement, soit A=(Au)u∈G^A = (A_u)_{u \in \hat{G}} un élément de F(G^)F(\hat{G}); pour tout u∈G^u \in \hat{G}, soit FuA\mathscr{F}_u A la fonction (analytique) sur GG définie par

(9)

(FuA)(g)=⟨u(g)∣Au⟩=d(u)Tr⁡(Auu(g)−1) (\mathscr{F}_u A)(g) = \langle u(g)|A_u \rangle = d(u) \operatorname{Tr}(A_u u(g)^{-1})

Si A∈L2(G^)A \in L^2(\hat{G}), la famille (FuA)u∈G^(\mathscr{F}_u A)_{u \in \hat{G}} est sommable dans L2(G)L^2(G); on appelle alors transformée de Fourier de AA, et on note F(A)\mathscr{F}(A), la somme de cette famille. Les applications F‾\overline{\mathscr{F}} et F\mathscr{F} sont des isomorphismes réciproques entre les espaces hilbertiens L2(G)L^2(G) et L2(G^)L^2(\hat{G}).

En d'autres termes :

Proposition 1 01GZ

Toute fonction complexe ff de carré intégrable sur GG est somme dans l'espace hilbertien L2(G)L^2(G) de la famille (fu)u∈G^(f_u)_{u \in \hat{G}}, où pour tout h∈Gh \in G et tout u∈G^u \in \hat{G}, on a

Cite 1 · Cité par 1

Cite III § 3. Passage d’un groupe de Lie à son algèbre de Lie

Cité par Proposition 4

(10)

fu(h)=⟨u(h)∣u(f)⟩=d(u)∫Gf(g)Tr⁡(u(gh−1)) dg=d(u)∫Gf(gh)Tr⁡(u(g)) dg. f_u(h) = \langle u(h)|u(f) \rangle = d(u) \int_G f(g) \operatorname{Tr}(u(gh^{-1})) \, dg = d(u) \int_G f(gh) \operatorname{Tr}(u(g)) \, dg .

Choisissons pour tout u∈G^u \in \hat{G} une base orthonormale BuB_u de EuE_u, et notons (uij(g))(u_{ij}(g)) la matrice de u(g)u(g) dans cette base. La prop. 1 signifie aussi que la famille des fonctions d(u) uij\sqrt{d(u)} \, u_{ij}, pour uu dans G^\hat{G} et i,ji, j dans BuB_u, est une base orthonormale de l'espace L2(G)L^2(G).

Si ff est une fonction intégrable sur GG telle que la famille (fu)(f_u) soit uniformément sommable, alors la somme de cette famille est une fonction continue, qui coïncide presque partout avec ff; en d'autres termes, si on suppose en outre ff continue, on a pour tout h∈Gh \in G

(11)

f(h)=∑u∈G^d(u)∫Gf(gh)Tr⁡(u(g)) dg. f(h) = \sum_{u \in \hat{G}} d(u) \int_G f(gh) \operatorname{Tr}(u(g)) \, dg .

Inversement, soit A∈F(G^)A \in F(\hat{G}); si la famille (FuA)u∈G^(\mathscr{F}_u A)_{u \in \hat{G}} est uniformément sommable, alors la fonction

g↦∑u∈G^(FuA)(g)=∑u∈G^d(u)Tr⁡(Auu(g)−1) g \mapsto \sum_{u \in \hat{G}} (\mathscr{F}_u A)(g) = \sum_{u \in \hat{G}} d(u) \operatorname{Tr}(A_u u(g)^{-1})
est une fonction continue sur GG, dont AA est la cotransformée de Fourier.

Soit ff une fonction intégrable sur GG, et soit s∈Gs \in G. Notons γ(s) f\gamma(s)\ f et δ(s) f\delta(s)\ f les fonctions sur GG définies par γ(s) f=εs∗f,δ(s) f=f∗εs−1\gamma(s)\ f = \varepsilon_s * f,\quad \delta(s)\ f = f * \varepsilon_{s^{-1}}, c'est-à-dire

(γ(s) f)(g)=f(s−1 g),(δ(s) f)(g)=f(gs) pour g∈G, (\gamma(s)\ f)(g) = f(s^{-1}\ g),\quad (\delta(s)\ f)(g) = f(gs) \text{ pour } g \in G ,

(III, § 3, no 4 et INT, VII, § 1, no 1). On a

u(γ(s) f)=∫Gf(s−1g) u(g) dg=∫Gf(g) u(sg) dg, u(\gamma(s)\ f) = \int_G f(s^{-1}g)\ u(g)\ dg = \int_G f(g)\ u(sg)\ dg ,

donc

(12)u(γ(s) f)=u(s) u(f),(12)\qquad u(\gamma(s)\ f) = u(s)\ u(f) ,

et de même,

(13)u(δ(s−1) f)=u(f) u(s).(13)\qquad u(\delta(s^{-1})\ f) = u(f)\ u(s) .

Lorsque GG est commutatif, G^\hat{G} est l'ensemble sous-jacent au groupe dual de GG (TS, II, § 1, no 1), on a d(u)=1d(u) = 1 pour tout u∈G^u \in \hat{G}, et on retrouve les définitions de la transformation de Fourier données en TS, II.

2. Transformées de Fourier des fonctions indéfiniment dérivables

Rappelons (III, § 3, no 1, déf. 2) qu'on note U(G)U(G) l'algèbre des distributions sur GG à support contenu dans {e}\{e\}. L'injection canonique de gg dans U(G)U(G) se prolonge en un isomorphisme de l'algèbre enveloppante de l'algèbre de Lie gg sur U(G)U(G) (loc. cit., no 7, prop. 25); nous identifierons dans la suite ces deux algèbres par cet isomorphisme. Si ff est une fonction complexe indéfiniment dérivable sur GG et si t∈U(G)t \in U(G), on note LtfL_t f et RtfR_t f les fonctions sur GG définies par

Ltf(g)=⟨εg∗t,f⟩,Rtf(g)=⟨t∗εg,f⟩ L_t f(g) = \langle \varepsilon_g * t, f \rangle ,\quad R_t f(g) = \langle t * \varepsilon_g, f \rangle

(cf. loc. cit., no 6). On a pour tout g∈Gg \in G,

Lt∘γ(g)=γ(g)∘Lt,Rt∘δ(g)=δ(g)∘Rt. L_t \circ \gamma(g) = \gamma(g) \circ L_t ,\quad R_t \circ \delta(g) = \delta(g) \circ R_t .

Soit u∈G^u \in \hat{G}; notons EuE_u l'espace de uu. Le morphisme de groupes de Lie u:G→GL(Eu)u : G \to \mathbf{GL}(E_u) donne par dérivation un homomorphisme d'algèbres de Lie (réelles) g→End(Eu)g \to \mathrm{End}(E_u), d'où un homomorphisme d'algèbres, encore noté uu, de U(G)U(G) dans End(Eu)\mathrm{End}(E_u). Si t∈U(G)t \in U(G) et si ff est une fonction indéfiniment dérivable sur GG, on a

(14)u(Ltf)=u(f) u(t∨),u(Rtf)=u(t∨) u(f),(14)\qquad u(L_t f) = u(f)\ u(t^\vee) ,\quad u(R_t f) = u(t^\vee)\ u(f) ,

où t∨t^\vee désigne l'image de tt par l'anti-automorphisme principal de U(G)U(G) (I, § 2, no 4); en effet il suffit de le vérifier pour t∈gt \in g, auquel cas cela résulte par dérivation des formules (12) et (13) (*cf. III, § 3, no 7, prop. 27).

Pour tout u∈G^u \in \hat{G}, notons λ(u)\lambda(u) le plus grand poids de uu (§ 7, n° 2, th. 1), de sorte que u↦λ(u)u \mapsto \lambda(u) est une application bijective de G^\hat{G} dans l’ensemble X++X_{++} des éléments dominants de X(T)X(T).

Soit Γ∈U(G)\Gamma \in U(G) un élément de Casimir de GG (§ 7, n° 6); pour tout u∈G^u \in \hat{G}, l’endomorphisme u(Γ)u(\Gamma) de EuE_u est une homothétie, dont nous noterons Γ~(u)\tilde{\Gamma}(u) le rapport, d’où une application u↦Γ~(u)u \mapsto \tilde{\Gamma}(u) de G^\hat{G} dans C\mathbf{C}.

Si φ\varphi et ψ\psi sont deux fonctions à valeurs réelles positives sur G^\hat{G}, on note « φ≼ψ\varphi \preccurlyeq \psi » ou « φ(u)≼ψ(u)\varphi(u) \preccurlyeq \psi(u) » la relation « il existe M>0M > 0 tel que φ(u)≤Mψ(u)\varphi(u) \leq M \psi(u) pour tout u∈G^u \in \hat{G} »; c’est une relation de préordre sur l’ensemble des fonctions sur G^\hat{G} à valeurs réelles positives.

Proposition 2 01H0

Soient* m↦∥m∥m \mapsto \|m\| une norme sur le R\mathbf{R}-*espace vectoriel* R⊗X(T)\mathbf{R} \otimes X(T) et Γ\Gamma un élément de Casimir de GG. Soit φ\varphi une fonction sur G^\hat{G} *à valeurs réelles positives.

Cite 2

Cite Proposition 4, IX § 7, Corollaire 1, IX § 7

a) Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) Il existe un entier n>0n > 0 tel que φ(u)≼(∥λ(u)∥+1)n\varphi(u) \preccurlyeq (\|\lambda(u)\| + 1)^n (resp. pour tout entier n>0n > 0, on a φ(u)≼(∥λ(u)∥+1)−n\varphi(u) \preccurlyeq (\|\lambda(u)\| + 1)^{-n}).

(ii) Il existe un entier n>0n > 0 tel que φ(u)≼(Γ~(u)+1)n\varphi(u) \preccurlyeq (\tilde{\Gamma}(u) + 1)^n (resp. pour tout entier n>0n > 0, on a φ(u)≼(Γ~(u)+1)−n\varphi(u) \preccurlyeq (\tilde{\Gamma}(u) + 1)^{-n}).

b) Si GG est semi-simple, les conditions (i) et (ii) ci-dessus équivalent aussi à :

(iii) Il existe un entier n>0n > 0 tel que φ(u)≼d(u)n\varphi(u) \preccurlyeq d(u)^n (resp. pour tout entier n>0n > 0, on a φ(u)≼d(u)−n\varphi(u) \preccurlyeq d(u)^{-n}).

Notons d’abord que la condition (i) est évidemment indépendante de la norme choisie. On peut donc prendre pour norme celle qui est définie par la forme quadratique QΓQ_\Gamma associée à Γ\Gamma (§ 7, n° 6, prop. 4). On a alors

0≤Γ~(u)=∥λ(u)+ρ∥2−∥ρ∥2, 0 \leq \tilde{\Gamma}(u) = \|\lambda(u) + \rho\|^2 - \|\rho\|^2,

donc Γ~(u)+1≼(∥λ(u)∥+1)2≼Γ~(u)+1\tilde{\Gamma}(u) + 1 \preccurlyeq (\|\lambda(u)\| + 1)^2 \preccurlyeq \tilde{\Gamma}(u) + 1, d’où a).

Par ailleurs, si GG est semi-simple, on a (§ 7, n° 5, cor. 1 au th. 3)

∥λ(u)+ρ∥≼d(u)≼∥λ(u)+ρ∥N,ouˋ N=1/2 (dim⁡G−dim⁡T), \|\lambda(u) + \rho\| \preccurlyeq d(u) \preccurlyeq \|\lambda(u) + \rho\|^N,\quad \text{où } N = 1/2\ (\dim G - \dim T),

donc ∥λ(u)∥+1≼d(u)≼(∥λ(u)∥+1)N\|\lambda(u)\| + 1 \preccurlyeq d(u) \preccurlyeq (\|\lambda(u)\| + 1)^N, d’où b).

Il résulte de la prop. 2 que la condition (i) est indépendante du tore maximal, de la chambre, et de la norme choisie, et que la condition (ii) est indépendante de l’élément de Casimir choisi. Une fonction φ\varphi satisfaisant aux conditions (i) et (ii) est dite à croissance modérée (resp. à décroissance rapide). Le produit de deux fonctions à croissance modérée est à croissance modérée ; le produit d’une fonction à croissance modérée par une fonction à décroissance rapide est à décroissance rapide. Si φ\varphi est à décroissance rapide, la famille (φ(u))u∈G^(\varphi(u))_{u \in \hat{G}} est sommable.

Exemple 01H1

La fonction u↦d(u)u \mapsto d(u) est à croissance modérée (§ 7, n° 5, cor. 1 au th. 3); pour toute norme ∥\| sur R⊗X(T)\mathbf{R} \otimes X(T), la fonction u↦∥λ(u)∥u \mapsto \|\lambda(u)\| est à croissance modérée. Pour tout élément de Casimir Γ\Gamma, la fonction u↦Γ~(u)u \mapsto \tilde{\Gamma}(u) est à croissance modérée ; plus généralement :

Cite 1

Cite Corollaire 1, IX § 7

Proposition 3 01H2

Pour tout t∈U(G)t \in \mathrm{U}(G), les fonctions u↦∥u(t)∥∞u \mapsto \|u(t)\|_{\infty} et u↦∥u(t)∥2u \mapsto \|u(t)\|_2 sont à croissance modérée sur G^\hat{G}.

Cite 1 · Cité par 1

Cite IX § 7. Représentations irréductibles des groupes de Lie compacts connexes

Cité par Théorème 1

Puisque le produit de deux fonctions à croissance modérée est à croissance modérée, il suffit de le démontrer lorsque t∈gt \in g; dans ce cas l’assertion résulte de la remarque du § 7, no 6 et de l’inégalité

∥u(t)∥2≤d(u)∥u(t)∥∞. \|u(t)\|_2 \leq d(u) \|u(t)\|_{\infty}.

Théorème 1 01H3

a) Soit ff une fonction complexe indéfiniment dérivable sur GG. Alors la famille (fu)u∈G^(f_u)_{u \in \hat{G}}, où fu(g)=⟨u(g)∣u(f)⟩f_u(g) = \langle u(g)|u(f) \rangle, est uniformément sommable sur GG, et on a pour tout h∈Gh \in G

f(h)=∑u∈G^⟨u(h)∣u(f)⟩=∑u∈G^d(u)∫Gf(g)Tr⁡(u(gh−1)) dg. f(h) = \sum_{u \in \hat{G}} \langle u(h)|u(f) \rangle = \sum_{u \in \hat{G}} d(u) \int_G f(g) \operatorname{Tr}(u(gh^{-1})) \, dg.
Cite 3

Cite Proposition 27, III § 3, Proposition 3, IX § 6. Intégration dans les groupes de Lie compacts

b) Soit ff une fonction intégrable sur GG; pour que ff soit presque partout égale à une fonction indéfiniment dérivable, il faut et il suffit que la fonction u↦∥u(f)∥∞u \mapsto \|u(f)\|_{\infty} soit à décroissance rapide sur G^\hat{G}.

Soit ff une fonction indéfiniment dérivable sur GG, et soit Γ\Gamma un élément de Casimir pour GG; d’après la formule (14), on a pour tout entier n≥0n \geq 0

Γ~(u)nu(f)=u(f)u(Γ)n=u((LΓ)nf), \tilde{\Gamma}(u)^n u(f) = u(f) u(\Gamma)^n = u((L_{\Gamma})^n f),

et par conséquent

Γ~(u)n∥u(f)∥∞≤∥(LΓ)nf∥1≤sup⁡g∈G∣((LΓ)nf)(g)∣; \tilde{\Gamma}(u)^n \|u(f)\|_{\infty} \leq \|(L_{\Gamma})^n f\|_1 \leq \sup_{g \in G} |((L_{\Gamma})^n f)(g)|;

la fonction u↦∥u(f)∥∞u \mapsto \|u(f)\|_{\infty} est donc bien à décroissance rapide.

Inversement, soit A=(Au)u∈G^A = (A_u)_{u \in \hat{G}} un élément de F(G^)F(\hat{G}) tel que la fonction u↦∥Au∥∞u \mapsto \|A_u\|_{\infty} soit à décroissance rapide. Posons fu(g)=⟨u(g)∣Au⟩f_u(g) = \langle u(g)|A_u \rangle; la fonction g↦fu(g)g \mapsto f_u(g) est analytique, donc indéfiniment dérivable. Pour tout x∈gx \in g, on a d’après III, § 3, no 7, prop. 27 :

(Lxfu)(g)=⟨u(g) u(x)∣Au⟩. (L_x f_u)(g) = \langle u(g) \, u(x)|A_u \rangle.

Soit t∈U(G)t \in \mathrm{U}(G); d’après la formule précédente, on a

(Ltfu)(g)=⟨u(g) u(t)∣Au⟩ (L_t f_u)(g) = \langle u(g) \, u(t)|A_u \rangle

et par suite

∣(Ltfu)(g)∣=∣⟨u(g) u(t)∣Au⟩∣≤d(u)2∥u(t)∥∞∥u(g)∥∞∥Au∥∞=d(u)2∥u(t)∥∞∥Au∥∞. |(L_t f_u)(g)| = |\langle u(g) \, u(t)|A_u \rangle| \leq d(u)^2 \|u(t)\|_{\infty} \|u(g)\|_{\infty} \|A_u\|_{\infty} = d(u)^2 \|u(t)\|_{\infty} \|A_u\|_{\infty}.

La fonction u↦sup⁡g∣(Ltfu)(g)∣u \mapsto \sup_g |(L_t f_u)(g)| est donc à décroissance rapide, puisque d(u)d(u) et ∥u(t)∥∞\|u(t)\|_{\infty} sont à croissance modérée (prop. 3) et ∥Au∥∞\|A_u\|_{\infty} à décroissance rapide ; la famille

(L_{t}f_{u})_{u\in\hat{G}} est donc uniformément sommable. On en déduit 1^1 que la somme de la famille (fu)(f_{u}) est une fonction indéfiniment dérivable sur GG, dont la cotransformée de Fourier est (Au)(A_{u}), d'où le théorème.

Notons S(G^)\mathscr{S}(\hat{G}) le sous-espace vectoriel de L2(G^)L^{2}(\hat{G}) formé des familles A=(Au)u∈G^A = (A_{u})_{u\in\hat{G}} telles que la fonction u↦∥Au∥∞u \mapsto \|A_{u}\|_{\infty} soit à décroissance rapide sur G^\hat{G}. Il résulte du théorème que les applications F‾:f↦(u(f))u∈G^\overline{\mathscr{F}} : f \mapsto (u(f))_{u\in\hat{G}} et F:A↦∑u∈G^⟨u(g)∣Au⟩\mathscr{F} : A \mapsto \sum_{u\in\hat{G}} \langle u(g)|A_{u} \rangle induisent des isomorphismes réciproques entre les espaces vectoriels complexes C∞(G;C)\mathscr{C}^{\infty}(G ; \mathbf{C}) et S(G^)\mathscr{S}(\hat{G}). Munissons l'espace C∞(G;C)\mathscr{C}^{\infty}(G ; \mathbf{C}) de la topologie de la C∞C^{\infty}-convergence uniforme (§6§ 6, n° 4) qui peut être définie par la famille des semi-normes f↦sup⁡g∈G∣Ltf(g)∣f \mapsto \sup_{g\in G} |L_{t}f(g)| pour t∈U(G)t \in U(G), et l'espace S(G^)\mathscr{S}(\hat{G}) de la topologie définie par la suite des semi-normes pn:A↦sup⁡u∈G^(Γ~(u)+1)n∥Au∥∞p_{n} : A \mapsto \sup_{u\in\hat{G}} (\tilde{\Gamma}(u) + 1)^{n} \|A_{u}\|_{\infty}. La formule (15) de la démonstration précédente entraîne que F‾\overline{\mathscr{F}} est continue. Soient t∈U(G)t \in U(G), A=(Au)u∈G^A = (A_{u})_{u\in\hat{G}} un élément de S(G^)\mathscr{S}(\hat{G}); posons fu(g)=⟨u(g)∣Au⟩f_{u}(g) = \langle u(g)|A_{u} \rangle. Soit pp un entier tel que ∑u∈G^Γ~(u)−p=M<∞\sum_{u\in\hat{G}} \tilde{\Gamma}(u)^{-p} = M < \infty. D'après la démonstration précédente, il existe un entier positif mm tel qu'on ait, pour tout g∈Gg \in G,

∣(Ltfu)(g)∣≤d(u)2∥u(t)∥∞∥Au∥∞≤m.(1+Γ~(u))mΓ~(u)−p∥Au∥∞ |(L_{t}f_{u})(g)| \leq d(u)^{2} \|u(t)\|_{\infty} \|A_{u}\|_{\infty} \leq m.(1 + \tilde{\Gamma}(u))^{m} \tilde{\Gamma}(u)^{-p} \|A_{u}\|_{\infty}

d'où ∣(LtF(A))(g)∣≤mMpm(A)|(L_{t}\mathscr{F}(A))(g)| \leq mM_{p_{m}}(A); ceci prouve que F\mathscr{F} est continue. Par conséquent :

Corollaire 01H4

Les applications F‾:f↦(u(f))u∈G^\overline{\mathscr{F}} : f \mapsto (u(f))_{u\in\hat{G}} et F:A↦∑u∈G^⟨u(g)∣Au⟩\mathscr{F} : A \mapsto \sum_{u\in\hat{G}} \langle u(g)|A_{u} \rangle induisent des isomorphismes réciproques entre les espaces vectoriels topologiques C∞(G;C)\mathscr{C}^{\infty}(G ; \mathbf{C}) et S(G^)\mathscr{S}(\hat{G}).

Cite 1

Cite IX § 6. Intégration dans les groupes de Lie compacts

3. Transformées de Fourier des fonctions centrales

Pour tout u∈G^u \in \hat{G}, notons χu\chi_{u} le caractère de uu; on a donc

(16)(16)
χu(g)=Tr⁡(u(g)),(g∈G). \chi_{u}(g) = \operatorname{Tr}(u(g)), \quad (g \in G).

Rappelons (TS) les formules

(17)(17)
χu∗χv=0(u,v∈G^,u≠v) \chi_{u} * \chi_{v} = 0 \qquad (u, v \in \hat{G}, u \neq v)
(18)(18)
χu∗χu=1d(u)χu(u∈G^). \chi_{u} * \chi_{u} = \frac{1}{d(u)} \chi_{u} \quad (u \in \hat{G}).

1^1 Cela résulte de ce que l'espace C∞(G;C)\mathscr{C}^{\infty}(G ; \mathbf{C}), muni de la topologie de la C∞C^{\infty}-convergence uniforme (§6§ 6, n° 4), est complet.

Pour tout u∈G^u \in \hat{G}, notons εu\varepsilon_u l’application identique de EuE_u. Rappelons (§ 7, n° 4) qu’on note ZL2(G)ZL^2(G) le sous-espace de L2(G)L^2(G) formé des classes de fonctions ff qui sont centrales, c’est-à-dire telles que f∘Int s=ff \circ \mathrm{Int}\ s = f pour tout s∈Gs \in G, ou de manière équivalente γ(s) f=δ(s−1) f\gamma(s)\ f = \delta(s^{-1})\ f pour tout s∈Gs \in G.

Proposition 4 01H5

Soit f∈L2(G)f \in L^2(G). Pour que ff soit centrale, il faut et il suffit que u(f)u(f) soit une homothétie pour tout u∈G^u \in \hat{G}. On a alors

Cite 1

Cite Proposition 1

u(f)=εud(u)∫Gf(g)χu(g) dg. u(f) = \frac{\varepsilon_u}{d(u)} \int_G f(g) \chi_u(g) \, dg .

D’après la prop. 1 (n° 1), dire que ff est centrale signifie qu’on a u(γ(s) f)=u(δ(s−1)f)u(\gamma(s)\ f) = u(\delta(s^{-1})f) pour tout s∈Gs \in G et tout u∈G^u \in \hat{G}; mais cela s’écrit aussi u(s) u(f)=u(f) u(s)u(s)\ u(f) = u(f)\ u(s) pour tout s∈Gs \in G et tout u∈G^u \in \hat{G} (formules (12) et (13)), d’où la première assertion de la prop. 4 (lemme de Schur). Si u(f)u(f) est une homothétie, on a u(f)=λuεuu(f) = \lambda_u \varepsilon_u avec

λu=1d(u)Tr (u(f))=1d(u)∫Gf(g)Tr (u(g)) dg=1d(u)∫Gf(g)χu(g) dg. \lambda_u = \frac{1}{d(u)} \mathrm{Tr}\,(u(f)) = \frac{1}{d(u)} \int_G f(g) \mathrm{Tr}\,(u(g)) \, dg = \frac{1}{d(u)} \int_G f(g) \chi_u(g) \, dg .

Pour f∈ZL2(G)f \in ZL^2(G), on a par conséquent

u(f)=⟨χu‾∣f⟩εud(u), u(f) = \langle \overline{\chi_u}|f\rangle \frac{\varepsilon_u}{d(u)} ,

donc

F‾(f)=(⟨χu‾∣f⟩εud(u))u∈G^. \overline{\mathscr{F}}(f) = \left( \langle \overline{\chi_u}|f\rangle \frac{\varepsilon_u}{d(u)} \right)_{u \in \hat{G}} .

avec

∥F‾(f)∥22=∑u∥⟨χu‾∣f⟩εud(u)∥22=∑u∣⟨χu‾∣f⟩∣2. \| \overline{\mathscr{F}}(f) \|_2^2 = \sum_u \left\| \langle \overline{\chi_u}|f\rangle \frac{\varepsilon_u}{d(u)} \right\|_2^2 = \sum_u | \langle \overline{\chi_u}|f\rangle |^2 .

Inversement, si φ\varphi est une fonction complexe de carré intégrable sur G^\hat{G}, alors l’élément (φ(u)d(u)εu)u∈G^\left( \frac{\varphi(u)}{d(u)} \varepsilon_u \right)_{u \in \hat{G}} de F(G^)F(\hat{G}) appartient à L2(G^)L^2(\hat{G}), et on a (formule (9))

(Fu(φ(u)d(u)εu))(g)=d(u)Tr(φ(u)d(u)εuu(g)−1)=φ(u)χu‾(g), \left( \mathscr{F}_u \left( \frac{\varphi(u)}{d(u)} \varepsilon_u \right) \right)(g) = d(u) \mathrm{Tr} \left( \frac{\varphi(u)}{d(u)} \varepsilon_u u(g)^{-1} \right) = \varphi(u) \overline{\chi_u}(g) ,

donc

F((φ(u)d(u)εu))=∑u∈G^φ(u)χu‾. \mathscr{F} \left( \left( \frac{\varphi(u)}{d(u)} \varepsilon_u \right) \right) = \sum_{u \in \hat{G}} \varphi(u) \overline{\chi_u} .

Notons que les formules (20) et (21) donnent en particulier pour u,vu, v dans G^\hat{G}

u(χ‾v)=0siu≠v, u(\overline{\chi}_v) = 0 \quad \text{si} \quad u \neq v,
u(χ‾u)=εud(u)∈End(Eu), u(\overline{\chi}_u) = \frac{\varepsilon_u}{d(u)} \in \mathrm{End}(E_u),
F‾(χu)=εud(u)∈End(Eu)⊂F(G^).(25) \overline{F}(\chi_u) = \frac{\varepsilon_u}{d(u)} \in \mathrm{End}(E_u) \subset F(\hat{G}) . \tag{25}

Proposition 5 01H6

Soit ff une fonction continue centrale sur GG. Pour que ff soit indéfiniment dérivable, il faut et il suffit que la fonction u↦∣⟨χu∣f⟩∣u \mapsto |\langle \chi_u | f \rangle| soit à décroissance rapide sur G^\hat{G}; on a alors pour tout g∈Gg \in G

Cité par 1

Cité par Corollaire

f(g)=∑u∈G^⟨χu∣f⟩χu(g). f(g) = \sum_{u \in \hat{G}} \langle \chi_u | f \rangle \chi_u(g) .

D’après le th. 1, b), la fonction f‾\overline{f} est indéfiniment dérivable si et seulement si la fonction u↦∥u(f‾)∥∞u \mapsto \| u(\overline{f}) \|_\infty est à décroissance rapide ; mais d’après (20), on a

∥u(f‾)∥∞=1d(u)∣⟨χu∣f⟩∣, \| u(\overline{f}) \|_\infty = \frac{1}{d(u)} |\langle \chi_u | f \rangle| ,

d’où la première assertion, puisque les fonctions d(u)d(u) et 1d(u)\frac{1}{d(u)} sont à croissance modérée.

Supposons ff indéfiniment dérivable ; alors d’après le th. 1, a), on a pour tout g∈Gg \in G,

fu(g)=⟨u(g)∣u(f)⟩=d(u)Tr⁡(u(g)−1⋅u(f))=d(u)Tr⁡(u(g)−1⟨χ‾u∣f⟩εud(u)) f_u(g) = \langle u(g) | u(f) \rangle = d(u) \operatorname{Tr}(u(g)^{-1} \cdot u(f)) = d(u) \operatorname{Tr}\left( u(g)^{-1} \langle \overline{\chi}_u | f \rangle \frac{\varepsilon_u}{d(u)} \right)
=⟨χ‾u∣f⟩Tr⁡(u(g)−1)=⟨χ‾u∣f⟩χ‾u(g). = \langle \overline{\chi}_u | f \rangle \operatorname{Tr}(u(g)^{-1}) = \langle \overline{\chi}_u | f \rangle \overline{\chi}_u(g) .

Donc f(g)=∑u∈G^⟨χ‾u∣f⟩χ‾u(g)f(g) = \sum_{u \in \hat{G}} \langle \overline{\chi}_u | f \rangle \overline{\chi}_u(g); mais, pour tout u∈G^u \in \hat{G}, la représentation contragrédiente u′u' de uu satisfait à χ‾u=χu′\overline{\chi}_u = \chi_{u'} et l’application u↦u′u \mapsto u' est une permutation de G^\hat{G}; on a donc aussi f(g)=∑u∈G^⟨χu∣f⟩χu(g)f(g) = \sum_{u \in \hat{G}} \langle \chi_u | f \rangle \chi_u(g), d’où la proposition.

Corollaire 01H7

Soit ff une fonction continue centrale sur GG. Pour que ff soit indéfiniment dérivable, il faut et il suffit que la restriction de ff à TT soit indéfiniment dérivable.

Cite 2 · Cité par 1

Cite Corollary 4, IX § 7, Proposition 5

Cité par § 8. Transformation de Fourier

En effet, d’après le cor. 4 du § 7, n° 4, on a

⟨χu∣f⟩=∫Gλ(u)(t)‾φ(t) dt,ouˋφ(t)=∏α>0(1−α(t)−1)f(t). \langle \chi_u | f \rangle = \int_G \overline{\lambda(u)(t)} \varphi(t) \, dt , \quad \text{où} \quad \varphi(t) = \prod_{\alpha > 0} (1 - \alpha(t)^{-1}) f(t) .

1. On plonge End(Eu)\mathrm{End}(E_u) dans le produit F(G^)=∏v∈G^End(Ev)F(\hat{G}) = \prod_{v \in \hat{G}} \mathrm{End}(E_v) en associant à tout A∈End(Eu)A \in \mathrm{End}(E_u) la famille (Av)v∈G^(A_v)_{v \in \hat{G}} telle que Au=AA_u = A et Av=0A_v = 0 pour v≠uv \neq u.

Si f∣Tf|T est indéfiniment dérivable, φ\varphi l’est aussi ; d’après la prop. 5, appliquée au groupe T, la fonction μ↦∫Tμ(t)‾ φ(t) dt\mu \mapsto \int_T \overline{\mu(t)}\, \varphi(t)\, dt sur T^=X(T)\hat{T} = X(T) est alors à décroissance rapide, et il en est de même de la fonction u↦⟨χu∣f⟩u \mapsto \langle \chi_u | f \rangle; la fonction ff est donc indéfiniment dérivable (prop. 5). La réciproque est évidente.

4. Fonctions centrales sur G et fonctions sur T

Notons C(G)\mathscr{C}(G) l’espace des fonctions continues complexes sur G et C∞(G)\mathscr{C}^\infty(G) le sous-espace des fonctions indéfiniment dérivables. On a donc une suite d’inclusions

Θ(G)⊂C∞(G)⊂C(G)⊂L2(G). \Theta(G) \subset \mathscr{C}^\infty(G) \subset \mathscr{C}(G) \subset L^2(G).

Notons ZΘ(G),ZC∞(G),ZC(G),ZL2(G)Z\Theta(G), Z\mathscr{C}^\infty(G), Z\mathscr{C}(G), ZL^2(G) respectivement les sous-espaces formés des fonctions centrales dans ces divers espaces. Introduisons de même les espaces Θ(T),C∞(T),C(T)\Theta(T), \mathscr{C}^\infty(T), \mathscr{C}(T) et L2(T)L^2(T); pour tout espace E de cette liste, notons EWE^W (resp. E−WE^{-W}) le sous-espace formé des éléments invariants (resp. anti-invariants) pour l’action du groupe W. On a un diagramme commutatif

ZC(G)→acC(T)WZC∞(G)→a∞C∞(T)WZΘ(G)→aΘΘ(T)W \begin{array}{ccc} Z\mathscr{C}(G) & \xrightarrow{a_c} & \mathscr{C}(T)^W \\ & & \\ Z\mathscr{C}^\infty(G) & \xrightarrow{a_\infty} & \mathscr{C}^\infty(T)^W \\ & & \\ Z\Theta(G) & \xrightarrow{a_\Theta} & \Theta(T)^W \end{array}

où les flèches verticales représentent les injections canoniques, et où les applications ac,a∞,aΘa_c, a_\infty, a_\Theta sont induites par l’application de restriction de C(G)\mathscr{C}(G) dans C(T)\mathscr{C}(T).

Les applications ac,a∞,aΘa_c, a_\infty, a_\Theta sont bijectives (§ 2, no 5, cor. 1 à la prop. 5, § 8, no 3, cor. à la prop. 5, et § 7, no 3, cor. à la prop. 2).

Supposons maintenant que la demi-somme ρ\rho des racines positives appartienne à X(T)X(T) et considérons l’application bb qui à chaque fonction continue φ\varphi sur T associe φ.J(ρ)\varphi . J(\rho). On a un diagramme commutatif

ZL2(G)→uL2(T)−WZC(G)→acC(T)W→bcC(T)−WZC∞(G)→a∞C∞(T)W→b∞C∞(T)−WZΘ(G)→aΘΘ(T)W→bΘΘ(T)−W \begin{array}{cccccc} ZL^2(G) & \xrightarrow{u} & L^2(T)^{-W} \\ & & \\ Z\mathscr{C}(G) & \xrightarrow{a_c} & \mathscr{C}(T)^W & \xrightarrow{b_c} & \mathscr{C}(T)^{-W} \\ & & \\ Z\mathscr{C}^\infty(G) & \xrightarrow{a_\infty} & \mathscr{C}^\infty(T)^W & \xrightarrow{b_\infty} & \mathscr{C}^\infty(T)^{-W} \\ & & \\ Z\Theta(G) & \xrightarrow{a_\Theta} & \Theta(T)^W & \xrightarrow{b_\Theta} & \Theta(T)^{-W} \end{array}

où les flèches verticales sont les inclusions canoniques, les applications bc,b∞,bΘb_c, b_\infty, b_\Theta sont induites par bb, et où uu prolonge bc∘acb_c \circ a_c par continuité (§ 7, no 4, cor. 3 au th. 2). Les applications uu et bΘb_\Theta sont bijectives (loc. cit.); il en est de même pour b∞b_\infty (exerc. 5); en revanche, bcb_c n’est pas en général surjective (exerc. 6).

Exercices

See the exercises for § 8.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.