§ 7. Représentations irréductibles des groupes de Lie compacts connexes
On conserve les notations du § 6. On appelle représentation de G tout homomorphisme continu (donc analytique) de G dans un groupe , où V est un espace vectoriel complexe de dimension finie. Toute représentation de G est semi-simple (§ 1, n° 1).
On choisit une chambre C de t (§ 5, n° 2), et on pose .
1. Caractères dominants
On note l’ensemble des éléments de tels que pour tout , c’est-à-dire tels que la forme linéaire applique la chambre C de t dans .
On munit de la structure de groupe ordonné pour laquelle les éléments positifs sont ceux de ; on pose et . Les éléments de sont appelés racines positives, ceux de racines négatives; toute racine est, soit positive, soit négative (VI, § 1, n° 6, th. 3). Une racine positive qui n’est pas somme de deux racines positives est dite simple; toute racine positive est somme de racines simples (loc. cit.); les racines simples forment une base du sous-groupe de engendré par les racines, sous-groupe qui s’identifie à (§ 4, n° 4); les réflexions par rapport aux racines simples engendrent le groupe de Weyl (VI, § 1, n° 5, th. 2).
Lemme 1 01FZ
Soit un élément de . Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) On a (resp. ) pour tout tel que ; (ii) pour tout tel que , est combinaison linéaire à coefficients positifs (resp. positifs et non tous nuls) des racines simples; (iii) on a (resp. ) pour toute racine positive ; (iv) on a (resp. ) pour toute racine simple .
L’équivalence de (iii) et (iv) est immédiate. Puisque l’ensemble des s’identifie au système de racines inverse de (§ 4, n° 5), l’équivalence de (i) et (iii) résulte de VI, § 1, n° 6, prop. 18 et corollaire. L’implication (ii) (i) est triviale, et l’implication opposée résulte de loc. cit.
Dans ce paragraphe et le suivant, nous référons par le sigle TS à un chapitre à paraître du livre de Théories Spectrales et consacré aux représentations linéaires des groupes compacts.
On note l’ensemble des éléments de tels que pour toute racine positive . Les éléments de sont dits dominants. Ils forment un domaine fondamental pour l’action de dans (VI, § 1, n° 10). On a .
Si est simplement connexe, il existe pour chaque racine simple un élément de tel que pour toute racine simple , c’est-à-dire pour toute racine simple ; les sont appelés les poids dominants fondamentaux ; ils forment une base du groupe commutatif et du monoïde commutatif : plus précisément, tout élément de s’écrit sous la forme .
On note l’élément de tel que
2. Le plus grand poids d’une représentation irréductible
A toute représentation , associons l’homomorphisme de la -algèbre de Lie dans prolongeant la représentation linéaire de dans l’espace vectoriel réel sous-jacent à (III, § 3, n° 11). D’après la prop. 7 du § 4, n° 3, l’application de dans applique bijectivement l’ensemble des poids de relativement à sur l’ensemble des poids de relativement à la sous-algèbre de Cartan de .
Lemme 2 01G0
Soit une représentation linéaire de l’algèbre de Lie complexe dans un espace vectoriel complexe de dimension finie. Pour qu’il existe une représentation de dans telle que , il faut et il suffit que soit semi-simple et que les poids de dans appartiennent à .
S’il existe une représentation de telle que , alors est semi-simple car est connexe et semi-simple (III, § 6, n° 5, cor. 2 à la prop. 13), et les poids de dans appartiennent à l’image de . La condition est donc nécessaire ; démontrons qu’elle est suffisante. Si est semi-simple, est somme directe des , où parcourt l’ensemble des poids de dans (VII, § 2, n° 4, cor. 3 au th. 2) ; si tous ces poids appartiennent à l’image de , il existe une représentation de dans telle que : il suffit en effet de poser pour et . Le lemme résulte alors de la prop. 8 du § 2, n° 6.
Théorème 1 01G1
a) Soit une représentation irréductible de . Alors l’ensemble des poids de (relativement à ) possède un plus grand élément , celui-ci est dominant, et l’espace est de dimension 1.
b) Pour que deux représentations irréductibles de soient équivalentes, il faut et il suffit que leurs plus grands poids soient égaux.
c) Pour tout élément dominant de , il existe une représentation irréductible de de plus grand poids .
D’après le lemme 2, les classes d’équivalence de représentations irréductibles de correspondent bijectivement aux classes de représentations irréductibles de dimension finie de dont les poids appartiennent à .
Notons le centre et l’algèbre de Lie dérivée de , de sorte que . Pour toute forme linéaire sur , notons le -module simple introduit en VIII, § 6, n° 3 ; pour toute forme linéaire sur , notons le -module de dimension 1 sur associé. Alors les -modules sont simples, et d’après VIII, § 7, n° 2, cor. 2 au th. 1 et A, VIII, § 11, n° 1, th. 1, tout -module simple de dimension finie est isomorphe à un -module ; de plus (loc. cit.) est de dimension finie si et seulement si est entier positif pour toute racine simple . Si l’on note la forme linéaire sur qui induit sur et sur , on a ; de plus, les poids de sont les , où parcourt les poids de , donc sont de la forme , avec (VIII, § 6, n° 2, lemme 2).
On en conclut que le -module est de dimension finie si et seulement si est entier positif pour toute racine simple , et que ses poids appartiennent à si et seulement si appartient à . La conjonction de ces deux conditions signifie que appartient à ; dans ce cas, est le plus grand poids de . On a donc construit pour tout élément dominant de une représentation irréductible de dont est le plus grand poids, et obtenu ainsi, à équivalence près, toutes les représentations irréductibles de . Comme les vecteurs de poids dans forment un sous-espace de dimension 1, on a ainsi achevé la démonstration.
Corollaire 01G2
Le groupe* possède une représentation linéaire fidèle (de dimension finie).
Observons d’abord que tout élément de est égal à la différence de deux éléments dominants : plus précisément, soit un élément de tel que pour toute racine simple ; pour tout , il existe un entier positif tel qu’on ait pour toute racine simple , c’est-à-dire (n° 1, lemme 1) .
Par conséquent, il existe une famille finie d’éléments de engendrant le -module . Pour , soit une représentation irréductible de de plus grand poids (th. 1); soit la représentation somme directe des . Par construction l’ensemble des poids de (relativement à ) engendre le -module . Il résulte alors de la prop. 6 du § 4, n° 3, que l’homomorphisme est injectif, d’où le corollaire.
Remarque 1 01G3
Soit la sous-algèbre de somme des pour . Soient une représentation irréductible, son plus grand poids et la représentation déduite de . Alors est le sous-espace formé des vecteurs de tels que pour tout .
Cela résulte en effet de l’énoncé correspondant pour les -modules (VIII, § 6, n° 2, prop. 3).
Remarque 2 01G4
Soit l’algèbre des fonctions représentatives continues de à valeurs dans (A, VIII). On fait opérer sur par translations à droite et à gauche. Pour chaque , soit une représentation irréductible de de plus grand poids (th. 1), et la représentation contragrédiente (III, § 3, n° 11); alors d’après TS, la représentation de dans est isomorphe à la somme directe, pour parcourant , des représentations . On déduit alors de la remarque 1 l’énoncé suivant : Soit , et soit le sous-espace vectoriel de formé des fonctions représentatives continues sur telles que pour tout et tout , et que pour tout . Alors est stable par les translations à gauche, et la représentation de dans par translations à gauche est irréductible, de plus grand poids .
Remarque 3 01G5
Soit une représentation irréductible. Il existe un élément de tel que pour , : en effet est contenu dans le commutant de , qui est égal à . (A, VIII, § 3, n° 2, th. 1). Pour tout poids de , la restriction de à est égale à .
Remarque 4 01G6
On généralise sans peine à la situation actuelle les définitions et énoncés de VIII, § 7, n°s 2 à 5 ; nous en laissons les détails au lecteur.
Proposition 1 01G7
Soit une représentation irréductible de , de plus grand poids . Soit l’entier , et soit l’élément du groupe de Weyl tel que (VI, § 1, n° 6, cor. 3 de la prop. 17). On est alors dans l’un des trois cas suivants :
a) et est pair. Il existe alors une forme bilinéaire symétrique séparante sur , invariante par ; la représentation est de type réel (Appendice II).
b) . Toute forme bilinéaire sur invariante par est nulle ; la représentation est de type complexe (loc. cit.).
c) et est impair. Il existe une forme bilinéaire alternée séparante sur invariante par ; la représentation est de type quaternionien (loc. cit.).
Si la restriction de à n’est pas triviale, on est alors dans le cas b).
Une forme bilinéaire sur est invariante par si et seulement si elle est invariante par (III, § 6, n° 5, cor. 3). Si est semi-simple, la proposition résulte donc de VIII, § 7, n° 5, prop. 12 et de la prop. 3 de l’Appendice II.
Dans le cas général, posons , et identifions à un sous-groupe de (stable par ). Si , induit par passage au quotient une représentation , de plus grand poids ; la proposition résulte dans ce cas de ce qui précède, appliqué à .
Supposons . Il existe un élément non nul de tel que pour tout (remarque 3). Alors est l’image de par l’homomorphisme de restriction ; puisque opère trivialement sur , l’égalité entraînerait , ce qui est impossible : on a donc .
D'autre part, si B est une forme bilinéaire sur V, invariante par G, on a, pour x, y dans V et s dans S,
ce qui entraîne , d'où la proposition.
Soit l'ensemble des classes de représentations continues irréductibles de G dans des espaces vectoriels réels de dimension finie. La prop. 1 et les résultats de l'Appendice II établissent une bijection , où désigne le sous-groupe de Aut(X(T)). Plus précisément, soit , et soit une représentation de G de plus grand poids ; on a
où est une -structure sur invariante par G.
3. L'anneau
Soit l'anneau des représentations (continues dans des espaces vectoriels complexes de dimension finie) de G (A, VIII, § 10, n° 6). Si est une représentation de G, on note sa classe dans ; si et sont deux représentations de G, on a donc par définition
Puisque toute représentation de G est semi-simple, le -module est libre et admet comme base l'ensemble des classes de représentations irréductibles de G, ensemble qui s'identifie à par le th. 1. L'application induit un homomorphisme d'anneaux de dans l'anneau des représentations de (VIII, § 7, n° 6).
Soit une représentation de G; considérons la graduation du C-espace vectoriel V. On note Ch(V), ou Ch(\tau), le caractère de l'espace vectoriel gradué V (VIII, § 7, n° 7); si l'on désigne par la base canonique de l'algèbre , on a par définition
On définit ainsi (loc. cit.) un homomorphisme d’anneaux, encore noté Ch, de R(G) dans . Si G est semi-simple, on a un diagramme commutatif
où P désigne le groupe des poids de , et l’homomorphisme déduit de .
Le groupe de Weyl W opère par automorphismes dans le groupe X(T), donc dans l’anneau . D’après la prop. 5 du § 4, no 3, l’image de Ch est contenue dans le sous-anneau formé des éléments invariants par W.
Proposition 2 01G8
L’homomorphisme Ch induit un isomorphisme de R(G) sur *.
Pour , notons la classe dans R(G) de la représentation irréductible de plus grand poids . Puisque la famille est une base du -module R(G), il s’agit de démontrer l’assertion suivante :
La famille est une base du -module .
Pour tout élément de , appelons termes maximaux de les tels que soit un élément maximal de l’ensemble des avec . Le th. 1 implique que possède un unique terme maximal, à savoir . La proposition résulte donc du lemme suivant.
Lemme 3 01G9
Pour chaque , soit un élément de ayant pour unique terme maximal . Alors la famille est une base de .
La démonstration est identique à celle de la prop. 3 de VI, § 3, no 4, en y remplaçant A par , P par X(T) et par .
Soit (resp. ) la C-algèbre des fonctions représentatives continues sur G (resp. T), et soit (resp. ) la sous-algèbre formée de celles de ces fonctions qui sont centrales (resp. invariantes par W). L’application de restriction induit un homomorphisme d’anneaux . D’autre part, l’application qui à une représentation associe son caractère (c’est-à-dire la fonction ) se prolonge en un homomorphisme de C-algèbres , qui, d’après TS, est un isomorphisme. De même, on déduit de l’injection canonique un isomorphisme de C-algèbres , qui induit un isomorphisme . Le diagramme
est commutatif : en effet pour toute représentation et tout on a
Corollaire 01GA
L’application de restriction* est bijective.
4. La formule des caractères
Dans ce numéro, on note le groupe multiplicativement, et on considère ses éléments comme des fonctions sur à valeurs complexes. On suppose que l’élément de appartient à .
On désigne par l’espace hilbertien des classes de fonctions complexes de carré intégrable sur , et par le sous-espace formé des fonctions représentatives continues. D’après TS, est une base orthonormale de et une base algébrique de .
Pour et , on note l’élément de défini par ; pour , on a donc . On note la signature (unique homomorphisme tel que pour toute réflexion ); pour , on pose
On dit qu’un élément est anti-invariant si pour tout (c’est-à-dire si pour toute réflexion ). Montrons que est le projecteur orthogonal de sur le sous-espace des éléments anti-invariants. En effet, soient dans , avec anti-invariant ; alors est anti-invariant et l’on a
Proposition 3 01GB
Les éléments* , pour , forment une base orthonormale du sous-espace des éléments anti-invariants de , et une base algébrique du sous-espace des éléments anti-invariants de .
La démonstration est identique à celle de VI, § 3, n° 3, prop. 1.
D'après VI, loc. cit., prop. 2, on a
donc
D'après le cor. 2 au th. 1 (§ 6, n° 2), on en déduit :
Lemme 4 01GC
Si et sont deux fonctions continues centrales sur , on a
Pour tout , notons le caractère d'une représentation irréductible de de plus grand poids .
Théorème 2 (H. Weyl). — Pour tout , on a .
La fonction est anti-invariante par , et est combinaison linéaire à coefficients entiers des éléments de . D'après VI, § 3, n° 3, prop. 1, elle s'écrit donc , où parcourt , et où les sont entiers et tous nuls sauf un nombre fini d'entre eux ; puisque (TS), il résulte de la prop. 3 et du lemme 4 que l'on a ; les sont donc tous nuls, sauf l'un d'entre eux qui vaut 1 ou -1. Mais le coefficient de dans vaut 1 (th. 1), donc le coefficient de dans vaut 1 (VI, § 3, n° 3, remarque 2), ce qui implique , d'où le théorème.
Corollaire 1
Avec les notations du n° 3, on a dans
Cela résulte du théorème et de la commutativité du diagramme (2) (n° 3).
Corollaire 2
Pour tout et tout élément régulier de , on a
où les deux sommations sont étendues aux éléments de .
En effet, n'est pas nul, puisque est régulier (formule (4)).
Si est une fonction centrale sur , la restriction de à est invariante par , donc est anti-invariante par . Par ailleurs, d'après TS et le th. 1, la famille est une base algébrique de l’espace des fonctions représentatives centrales sur G et une base orthonormale de l’espace des classes de fonctions centrales de carré intégrable sur G.
On déduit donc de la prop. 3 et du th. 2 :
Corollaire 3
L’application qui, à chaque fonction continue centrale sur G, associe la fonction induit un isomorphisme de l’espace des fonctions représentatives centrales sur G sur l’espace des éléments anti-invariants de ; elle se prolonge par continuité en un isomorphisme d’espaces hilbertiens de sur le sous-espace des éléments anti-invariants de .
Corollaire 4
Soit une fonction continue centrale sur G. On a
En effet, d’après le lemme 4 et le th. 2, on a
Mais la fonction est anti-invariante et est la projection orthogonale de sur le sous-espace des éléments anti-invariants de , donc
enfin, d’après la formule (3), on a , d’où le corollaire.
Remarque 1 01GI
Pour tout , posons ; on a
(6)
Si est un élément régulier de T, on tire de (5)
(7)
Notons que est combinaison linéaire à coefficients entiers de racines, donc appartient à même si l’on ne suppose pas . Il en résulte que la formule (7) est valable sans l’hypothèse : on peut en effet pour la démontrer remplacer par un revêtement connexe convenable, et on est ramené au cor. 2.
Remarque 2 01GJ
De même, la première égalité du cor. 4 reste valable sans l’hypothèse .
Remarque 3 01GK
On peut déduire le th. 2 de l’énoncé infinitésimal analogue (VIII, § 9, n° 1, th. 1) ; c’est le cas également pour le th. 3 du numéro suivant (qui est l’analogue du th. 2 de loc. cit., n° 2).
5. Degré des représentations irréductibles
On revient à la notation additive pour le groupe et on ne suppose plus que appartienne à .
Théorème 3 01GL
La dimension de l’espace d’une représentation irréductible de de plus grand poids est donnée par
Posons , d’où pour toute racine simple (VI, § 1, n° 10, prop. 29). La droite n’est contenue dans aucun des hyperplans , donc est un élément régulier de pour tout assez petit ; pour tout et tout , on a
Admettons provisoirement le lemme suivant :
La fonction est donc le produit d’une fonction qui tend vers 1 lorsque tend vers 0 et de
où .
Supposons d’abord ; appliquant alors le cor. 2 au th. 2, on voit que, lorsque tend vers 0, tend vers
d’où le théorème en ce cas.
Dans le cas général, il suffit de remarquer qu’on peut toujours, pour démontrer le th. 3, remplacer G par un revêtement connexe convenable, et se réduire ainsi au cas précédent.
Démontrons maintenant le lemme 5. Soit ; notons l’application de t dans la C-algèbre App(X(T), C) des applications de X(T) dans C, qui à associe l’application
On a , de sorte qu’il existe un homomorphisme d’anneaux
tel que . D’autre part, d’après VI, § 3, n° 3, prop. 2, on a dans la relation
Appliquant l’homomorphisme , en tenant compte de l’égalité
on en déduit la formule annoncée.
Corollaire 1 01GN
Soit une norme sur . Pour tout , soit la dimension de l’espace d’une représentation irréductible de de plus grand poids .
a) *On a , où .
b) *Si est semi-simple, on a .
a) Pour tout , il existe avec , d’où .
b) Supposons semi-simple, notons les racines simples et posons . On a
comme , cela implique
Si est semi-simple, est une norme sur , nécessairement équivalente à la norme donnée, d’où b).
Corollaire 2 01GO
Supposons G semi-simple ; soit d un entier. L’ensemble des classes de représentations de G de dimension est fini.
Le cor. 1, b) entraîne que l’ensemble des éléments de tels que est fini. Pour tout dans , soit une représentation irréductible de plus grand poids ; toute représentation de dimension est isomorphe à une somme directe , avec , d’où le corollaire.
6. Éléments de Casimir
D’après la prop. 3 du § 1, no 3, il existe sur g des formes bilinéaires symétriques négatives, séparantes et invariantes par Ad(G) (si G est semi-simple, on peut par exemple prendre la forme de Killing de g). Soit F une telle forme. Rappelons (I, § 3, no 7) qu’on appelle élément de Casimir associé à F l’élément du centre de l’algèbre enveloppante tel que pour toute base de g satisfaisant à , on ait .
On appellera dans la suite de ce chapitre éléments de Casimir de G les éléments de obtenus ainsi à partir des formes bilinéaires symétriques invariantes séparantes et négatives sur g. Si est un élément de Casimir de G et une représentation irréductible de G, alors l’endomorphisme de V est une homothétie (A, VIII, § 3, no 2, th. 1), dont nous noterons le rapport.
Proposition 4 01GP
Soit un élément de Casimir de G.
a) Si est une représentation irréductible de G, est réel et positif. Si n’est pas la représentation unité, on a même .
b) Il existe une forme quadratique sur , et une seule, telle que, pour toute représentation irréductible de G, on ait
où est le plus grand poids de . La forme est positive, séparante et invariante par W.
Soit F une forme bilinéaire symétrique négative et séparante sur g définissant . Soit une représentation irréductible de G ; soient un produit scalaire hilbertien sur V invariant par G ( no 1), et une base de g telle que . Alors, pour tout élément de V non invariant par G, on a
d’où a).
Soit B la forme inverse sur de la restriction à de la forme bilinéaire sur déduite de F par extension des scalaires. D’après le corollaire à la prop. 7 de VIII, § 6, n° 4, on a . Étendons en une application R-linéaire de dans et soit la forme quadratique sur ; elle est séparante et invariante par W, et on a
Montrons maintenant que la forme est positive. En effet, si , l’élément de prend des valeurs imaginaires pures sur t, donc des valeurs réelles sur ; on conclut en remarquant que, pour , on a .
Il nous reste à prouver l’assertion d’unicité de b). Soit Q une forme quadratique sur satisfaisant à la condition exigée, et soit (resp. ) la forme bilinéaire associée à Q (resp. ). Pour , on a
Comme engendre le R-espace vectoriel , on a donc , d’où .
Remarque 01GQ
Soit . Il existe un nombre réel strictement positif A tel que, pour toute représentation irréductible et toute structure hilbertienne sur V invariante par G, on ait
En effet, avec les notations de la démonstration précédente, on peut choisir la base de g de façon que . Alors, pour , on a
Exercices
See the exercises for § 7.