Bourbaki

§ 5. Algèbres de Banach commutatives régulières

Dans cette section, le corps de base est C\mathbf{C}.

1. Définition

Proposition 1 02BV

Soit A une algèbre de Banach commutative. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) La topologie faible et la topologie de Jacobson sur X(A)\mathsf{X}(A) coïn-cident ;

(ii) Pour tout χ∈X(A)\chi \in \mathsf{X}(A) et toute partie faiblement fermée F de X(A)\mathsf{X}(A) telle que χ∉F\chi \notin F, il existe un x∈Ax\in A tel que G(x)\mathscr{G}(x) soit égale à 1 en χ\chi et à 0 sur F;

(iii) Pour toute partie faiblement compacte K et toute partie faiblement fermée F de X(A)\mathsf{X}(A) telles que K∩F=∅K\cap F =\emptyset, il existe un élément x∈Ax\in A tel que G(x)\mathscr{G}(x) soit égale à 1 sur K et à 0 sur F.

Soit M⊂X(A)M\subset \mathsf{X}(A). Dire que M est fermé pour la topologie de Jacobson signifie que, pour tout χ∈X(A)\chi \in \mathsf{X}(A) - M, il existe un x∈Ax\in A tel que G(x)\mathscr{G}(x) s’annule sur M mais pas en χ\chi (lemme 2 de I, p. 39). La condition (ii) signifie donc que toute partie de X(A)\mathsf{X}(A) faiblement fermée est fermée pour la topologie de Jacobson, ce qui montre que (ii) =⇒=\Rightarrow (i). Par ailleurs (iii) =⇒=\Rightarrow (ii) puisque la partie {χ}\{\chi \} est faiblement compacte dans X(A)\mathsf{X}(A). Enfin (i) =⇒=\Rightarrow (iii) d’après le cor. de la prop. 15 de I, p. 81.

Définition 1 02BW

Soit A une algèbre de Banach commutative. Elle est dite régulière si elle vérifie les conditions équivalentes de la proposition 1.

Remarque 02BX

Soit A~\widetilde{A} l’algèbre de Banach déduite de A par adjonction d’un élément unité ee. La condition (ii) de la prop. 1 montre que si A~\widetilde{A} est régulière, alors A est régulière. Supposons A régulière et montrons que A~\widetilde{A} est régulière. Considérons des parties F et F′F' de X(A~)\mathsf{X}(\widetilde{A}) qui sont disjointes et faiblement fermées (donc faiblement compactes) et construisons un x∈A~x\in \widetilde{A} tel que G(x)\mathscr{G}(x) s’annule sur F, et soit égale à 1 sur F′F'. Soit χ0∈X(A~)\chi_0\in \mathsf{X}(\widetilde{A}) le caractère nul sur A. Si χ0∉F′\chi_0\notin F', il existe, d’après la condition (iii) de la prop. 1 et l’hypothèse sur A, un élément x∈Ax\in A tel que G(x)\mathscr{G}(x) s’annule sur F et soit égale à 1 sur F′F'. Si χ0∈F′\chi_0\in F', on a χ0∉F\chi_0\notin F; il existe donc un élément y∈Ay\in A tel que G(y)\mathscr{G}(y) s’annule sur F′F' et soit égale à 1 sur F. L’élément x=e−yx=e-y de A~\widetilde{A} a alors la propriété demandée.

Exemple 02BY

Reprenons les exemples du no2^o2 de I, p. 17.

L’algèbre des fonctions continues à valeurs complexes tendant vers 0 à l’infini sur un espace localement compact X (exemple 3 de I, p. 17) est régulière (cf. I, p. 36, exemple 1).

L’algèbre des fonctions nn fois dérivables sur [0,1][0,1] (exemple 4 de I, p. 18) est régulière (cf. I, p. 36, exemple 2).

Si G est un groupe localement compact commutatif et μ\mu une mesure de Haar sur G, alors l’algèbre L1(G,μ)L^1(G, \mu) (exemple 7 de I, p. 19) est régulière (cf. II, p. 219, cor. 2).

L’algèbre des fonctions qui sont continues dans le disque ∣z∣⩽1|z|\leqslant 1 et analytiques à l’intérieur (exemple 9 de I, p. 20) n’est pas régulière (cf. I, p. 193, exerc. 6).

Proposition 2 02BZ

Soit A une algèbre de Banach unifère commutative régulière. Soient n⩾1n\geqslant 1 un entier et (U1,...,Un)(U_1, . . . ,U_n) un recouvrement ouvert de X(A)\mathsf{X}(A). Il existe des éléments x1,...,xnx_1, . . . , x_n de A de somme 1 tels que Supp(G(xi)\mathscr{G}(x_i))⊂Ui\subset U_i pour i=1,...,ni= 1, . . . ,n.

Démontrons la proposition par récurrence sur nn. L’assertion est valide si n=1n= 1. Supposons que n⩾2n\geqslant 2 et que l’assertion est établie pour n−1n-1.

Il existe un recouvrement ouvert (V1,...,Vn)(V_1, . . . ,V_n) de X(A)\mathsf{X}(A) tel que V‾i⊂\overline{V}_i\subset UiU_i pour tout ii. D’après l’hypothèse de récurrence, il existe des éléments x,x3,...,xn∈Ax, x_3, . . . , x_n\in A tels que x+x3+⋯+xn=1x+x_3+\cdots +x_n= 1 et Supp(G(x)\mathscr{G}(x))⊂V1∪V2\subset V_1\cup V_2, Supp(G(xi)\mathscr{G}(x_i))⊂Vi\subset V_i pour i⩾3i\geqslant 3. Notons K = Supp(G(x)\mathscr{G}(x))⊂V1∪V2\subset V_1\cup V_2. Soit K1K_1 (resp. K2K_2) l’ensemble des éléments de K qui n’appartiennent pas à V1V_1 (resp. V2V_2). Alors K1K_1 et K2K_2 sont des parties compactes disjointes de K. Puisque l’algèbre de Banach A est régulière, il existe donc y∈Ay\in A tel que G(y)=1\mathscr{G}(y) = 1 sur K1K_1 et G(y)=0\mathscr{G}(y) = 0 sur K2K_2. Alors G(xy)\mathscr{G}(xy) est nulle sur X(A)−K\mathsf{X}(A)-K et sur K2K_2, donc Supp G(xy)⊂V‾2⊂U2\mathscr{G}(xy)\subset \overline{V}_2\subset U_2. De même, G(x(1−y))\mathscr{G}(x(1-y)) est nulle sur X(A)\mathsf{X}(A) - K et sur K1K_1, donc Supp G(x(1−y))⊂V‾1⊂U1\mathscr{G}(x(1-y))\subset \overline{V}_1\subset U_1. Les éléments x1=x(1−y),x2=xyx_1=x(1-y),x_2=xy, et x3,...,xnx_3, . . . ,x_n vérifient alors les propriétés de la proposition.

Corollaire 1 02C0

Soit A une algèbre de Banach unifère commutative régulière, soit I un idéal de A et soit f:X(A)→Cf:\mathsf{X}(A)\rightarrow \mathbf{C} une fonction continue. On suppose que, pour tout χ∈X(A)\chi \in \mathsf{X}(A), il existe un élément yχ∈Iy_{\chi}\in I tel que f=G(yχ)f=\mathscr{G}(y_{\chi}) au voisinage de χ\chi. Alors il existe un élément y∈Iy\in I tel que f=G(y)f=\mathscr{G}(y).

Comme X(A)\mathsf{X}(A) est compact, il existe un recouvrement ouvert fini (U1,...,Un)(U_1, . . . ,U_n) de X(A)\mathsf{X}(A), et des éléments y1,...,yny_1, . . . , y_n de I tels que f=G(yi)f=\mathscr{G}(y_i) sur UiU_i. D’après la prop. 2, il existe des éléments x1,...,xnx_1, . . . , x_n de A de somme 1 tels que Supp(G(xi)\mathscr{G}(x_i))⊂Ui\subset U_i pour tout ii. Soit y=x1y1+⋯+y=x_1y_1+\cdots + xnynx_ny_n. C’est un élément de I qui a la propriété demandée. En effet, soit χ∈X(A)\chi \in \mathsf{X}(A). Pour 1⩽i⩽n1\leqslant i\leqslant n, on a G(xi)(χ)G(yi)(χ)=G(xi)(χ)f(χ)\mathscr{G}(x_i)(\chi )\mathscr{G}(y_i)(\chi ) =\mathscr{G}(x_i)(\chi )f(\chi ) puisque G(yi)(χ)=f(χ)\mathscr{G}(y_i)(\chi ) =f(\chi ) si χ∈Ui\chi \in U_i, et G(xi)(χ)=0\mathscr{G}(x_i)(\chi ) = 0 si χ∉Ui\chi \notin U_i. Il vient donc

G(y)(χ)=∑i=1nG(xi)(χ)G(yi)(χ)=f(χ)∑i=1nG(xi)(χ)=f(χ) \mathscr{G}(y)(\chi ) =\sum_{i=1}^n\mathscr{G}(x_i)(\chi )\mathscr{G}(y_i)(\chi ) =f(\chi )\sum_{i=1}^n\mathscr{G}(x_i)(\chi ) =f(\chi )

Corollaire 2 02C1

Soient A une algèbre de Banach commutative régulière, I un idéal de A et f:X′(A)→Cf:\mathsf{X}'(A)\rightarrow \mathbf{C} une fonction continue. On suppose que, pour tout χ∈X′(A)\chi \in \mathsf{X}'(A), il existe un élément yχ∈Iy_{\chi}\in I tel que f=G′(yχ)f=\mathscr{G}'(y_{\chi}) au voisinage de χ\chi. Alors il existe un élément y∈Iy\in I tel que f=G′(y)f=\mathscr{G}'(y).

Soit A~\widetilde{A} l’algèbre de Banach déduite de A par adjonction d’un élément unité. Alors A~\widetilde{A} est régulière (remarque 1), et X′(A)=X(A~)\mathsf{X}'(A) =\mathsf{X}(\widetilde{A}); il suffit donc d’appliquer le cor. 1 à A~\widetilde{A} et à l’idéal I.

Si I est un idéal d’une algèbre de Banach commutative, rappelons (cf. I, p. 30) que nous notons V(I) l’ensemble des χ∈X(A)\chi \in \mathsf{X}(A) dont le noyau contient I, autrement dit l’ensemble des χ∈X(A)\chi \in \mathsf{X}(A) où s’annulent toutes les fonctions G(x)\mathscr{G}(x) pour x∈Ix\in I. C’est une partie de X(A)\mathsf{X}(A) fermée pour la topologie de Jacobson.

Proposition 3 02C2

Soient A une algèbre de Banach commutative régulière, I un idéal de A et K une partie de X(A)\mathsf{X}(A) compacte et disjointe de V(I). Il existe un élément x∈Ix\in I tel que G(x)=1\mathscr{G}(x) = 1 pour tout xx dans K.

C’est un cas particulier de la prop. 15 de I, p. 81 compte tenu du fait que la topologie de Jacobson coïncide avec la topologie faible sur X(A)\mathsf{X}(A).

2. Synthèse harmonique

Soit A une algèbre de Banach commutative. Rappelons que si M est une partie de X(A)\mathsf{X}(A), nous notons Υ(M) l’intersection des noyaux des éléments de M (cf. I, p. 30) ; c’est un idéal de A.

Proposition 4 02C3

Soit A une algèbre de Banach commutative régulière sans radical. Soit F une partie fermée de X(A)\mathsf{X}(A). L’ensemble des idéaux I de A tels que V(I) = F, ordonné par l’inclusion, admet un plus grand élément, à savoir Υ(F), et un plus petit élément, à savoir l’ensemble J des x∈Ax\in A tels que G(x)\mathscr{G}(x) soit à support compact disjoint de F.

Par construction, Υ(F) est un idéal de A tel que V(Υ(F)) contient F, et c’est le plus grand idéal de A ayant cette propriété. Puisque F est fermé, il existe un idéal I de A tel que V(I) = F ; on a donc I⊂Υ(F)I\subset \Upsilon (F), d’où V(Υ(F))⊂V(I)=FV(\Upsilon (F))\subset V(I) = F, si bien que V(Υ(F)) = F. Cela prouve la première assertion.

L’ensemble J est un idéal de A et V(J) contient F. Montrons que V(J) = F. Soit χ∈X(A)\chi \in \mathsf{X}(A) n’appartenant pas à F. Soit U un voisinage compact de χ\chi ne rencontrant pas F (TG, I, p. 65, cor. de la prop. 9). D’après l’assertion (ii) de la prop. 1 de I, p. 88, il existe x∈Ax\in A tel que G(x)\mathscr{G}(x) soit égale à 1 en χ\chi et à 0 hors de U. On a alors x∈Jx\in J et donc χ∉V(J)\chi \notin V(J). Cela montre que V(J)⊂FV(J)\subset F et donc V(J) = F.

Enfin, soit I un idéal de A tel que V(I) = F. Montrons que J⊂IJ\subset I. Soit x∈Jx\in J et soit C le support de G(x)\mathscr{G}(x) ; la partie C est une partie compacte de X(A)\mathsf{X}(A) disjointe de F. D’après la prop. 3, il existe un élément u∈Iu\in I tel que G(u)=1\mathscr{G}(u) = 1 sur C. On a alors G(x)=G(ux)\mathscr{G}(x) =\mathscr{G}(ux), et donc x=uxx=ux puisque A est sans radical (prop. 8 de I, p. 38). Par conséquent, on a x∈Ix\in I, ce qui montre que J⊂IJ\subset I.

Corollaire 1 02C4

Soit A une algèbre de Banach commutative régulière sans radical. Soit J l’ensemble des x∈Ax\in A tels que G(x)\mathscr{G}(x) soit à support compact. On suppose que J = A. Alors tout idéal fermé de A et distinct de A est contenu dans un idéal maximal régulier.

Si I est un idéal fermé de A qui n’est contenu dans aucun idéal maximal régulier, alors V(I)=∅V(I) =\emptyset, donc I⊃JI\supset J (prop. 4 appliquée à F = ∅\emptyset ), d’où I⊃J‾=AI\supset \overline{J}= A.

Corollaire 2 02C5

Soit A une algèbre de Banach commutative régulière sans radical. Soient x,y∈Ax, y\in A. Si le support de G(x)\mathscr{G}(x) est compact et contenu dans l’ensemble des caractères χ\chi tels que G(y)(χ)≠0\mathscr{G}(y)(\chi )\not= 0, alors xx est un multiple de yy dans A.

Soit I l’idéal AyAy de A. Alors V(I) est l’ensemble des zéros de G(y)\mathscr{G}(y). Puisque le support F de G(x)\mathscr{G}(x) est compact et disjoint de V(I), on a x∈Ix\in I (prop. 4 appliquée à F).

Définition 2 02C6

Soit A une algèbre de Banach commutative.

Soient I un idéal de A,x∈A,x\in A, et χ∈X′(A)\chi \in \mathsf{X}'(A). On dit que xx appartient à I au voisinage de χ\chi s’il existe un élément y∈Iy\in I tel que G′(y)\mathscr{G}'(y) et G′(x)\mathscr{G}'(x) coïncident au voisinage de χ\chi.

On dit que A vérifie la condition de Ditkin si, pour tout χ∈X′(A)\chi \in \mathsf{X}'(A) et tout x∈Ax\in A tel que G′(x)\mathscr{G}'(x) s’annule en χ\chi, il existe une suite (xn)(x_n) dans A telle que x=x= limn→∞xnx_{n\rightarrow \infty}x_nx et telle que chaque G′(xn)\mathscr{G}'(x_n) s’annule dans un voisinage VnV_n de χ\chi.

Remarque 02C7

Soit A une algèbre de Banach commutative.

1) Si χ\chi est tel que G′(x)\mathscr{G}'(x) s’annule au voisinage de χ\chi, alors xx appartient à I au voisinage de χ\chi.

2) Si xx appartient à I au voisinage de χ\chi et y∈Ay\in A est un élément quelconque, alors xyxy appartient à I au voisinage de χ\chi.

3) L’ensemble des χ\chi tels que xx appartient à I au voisinage de χ\chi est ouvert dans X′(A)\mathsf{X}'(A).

4) Supposons que A est régulière et sans radical. Si xx appartient à I au voisinage de χ\chi pour tout χ∈X′(A)\chi \in \mathsf{X}'(A), alors xx appartient à I (cor. 2 de I, p. 91 appliqué à la fonction f=G′(x)f=\mathscr{G}'(x) et prop. 8 de I, p. 38).

5) Supposons que A est régulière. Soient I un idéal de A et χ\chi un élément de X(A)\mathsf{X}(A) tel que χ∉V(I)\chi \notin V(I). Alors tout élément xx de A appartient à I au voisinage de χ\chi. En effet, d’après la déf. 1 de I, p. 89, il existe un z∈Az\in A tel que G′(z)\mathscr{G}'(z) soit égale à 1 au voisinage de χ\chi, et égale à 0 au voisinage de V(I). Le support de G(z)\mathscr{G}(z) est compact et donc on a z∈Iz\in I (prop. 4 appliquée à V(I)), donc xz∈Ixz\in I, et G′(xz)=G′(x)\mathscr{G}'(xz) =\mathscr{G}'(x) au voisinage de χ\chi.

Rappelons qu’un sous-espace K d’un espace topologique X est dit parfait s’il est fermé sans point isolé (TG, I, p. 8).

Lemme 1 02C8

Soit A une algèbre de Banach commutative régulière sans radical, vérifiant la condition de Ditkin. Soient I un idéal fermé de A et xx un élément de Υ(V(I)). Soit K l’ensemble des χ∈X′(A)\chi \in \mathsf{X}'(A) tels que xx n’appartienne pas à I au voisinage de χ\chi. Alors l’ensemble K est une partie parfaite de X′(A)\mathsf{X}'(A).

Notons G le complémentaire de K dans X′(A)\mathsf{X}'(A). L’ensemble G est ouvert dans X′(A)\mathsf{X}'(A) (remarque 3) donc K est fermé.

Procédons par contradiction, et supposons que K admette un point isolé χ0\chi_0. Notons U un voisinage de χ0\chi_0 tel que U −{χ0}⊂G-\{\chi_0\} \subset G. Comme xx n’appartient pas à I au voisinage de χ0\chi_0, la remarque 5 démontre que χ0∈V(I)\chi_0\in V(I). En particulier, on a χ0(x)=0\chi_0(x) = 0 puisque x∈Υ(V(I))x\in \Upsilon (V(I)).

Nous allons montrer qu’il existe un élément yy de A qui appartient à I au voisinage de tout point de X′(A)−{χ0}\mathsf{X}'(A)-\{\chi_0\}, qui n’appartient pas à I au voisinage de χ0\chi_0, et tel que χ0(y)=0\chi_0(y) = 0.

Supposons tout d’abord démontrée l’existence d’un tel élément yy. Puisque A vérifie la condition de Ditkin, il existe alors une suite (xn)(x_n) dans A telle que xnyx_ny tende vers yy et telle que chaque G′(xn)\mathscr{G}'(x_n) s’annule dans un voisinage de χ0\chi_0. Pour tout nn, l’élément xnyx_ny appartient alors à I au voisinage de tout point de X′(A)\mathsf{X}'(A) (remarques 1 et 2) et donc xny∈Ix_ny\in I (remarque 4). Puisque I est fermé, on en déduit que y∈Iy\in I, ce qui contredit le fait que yy n’appartient pas à I au voisinage de χ0\chi_0.

Il reste à démontrer l’existence de yy. Si χ0≠0\chi_0\not= 0, d’après l’assertion (iii) de la prop. 1 de I, p. 88, il existe un u∈Au\in A tel que G′(u)\mathscr{G}'(u) soit égale à 1 au voisinage de χ0\chi_0 et égale à 0 au voisinage de X′(A)\mathsf{X}'(A) - U. Soit y=uxy=ux. Puisque xx appartient à I au voisinage de χ\chi pour tout χ∈U−{χ0}\chi \in U-\{\chi_0\}, il en est de même de yy. De plus, si χ∈X′(A)\chi \in \mathsf{X}'(A) - U, alors G′(y)\mathscr{G}'(y) s’annule au voisinage de χ\chi. Donc (remarque 5) l’élément y=uxy=ux appartient à I au voisinage de tout χ≠χ0\chi \not=\chi_0. Comme G′(y)\mathscr{G}'(y) coïncide avec G′(x)\mathscr{G}'(x) au voisinage de χ0\chi_0, le fait que χ0\chi_0 appartienne à K implique que yy n’appartient pas à I au voisinage de χ0\chi_0. Finalement, on a χ0(y)=χ0(u)χ0(x)=0\chi_0(y) =\chi_0(u)\chi_0(x) = 0.

Si χ0=0\chi_0= 0, il existe similairement un élément v∈Av\in A tel que G′(v)\mathscr{G}'(v) soit nulle au voisinage de χ0\chi_0 et égale à 1 au voisinage de X′(A)\mathsf{X}'(A)- U ; comme précédemment, on en déduit que l’élément y=x−vxy=x-vx appartient à I au voisinage de tout χ≠χ0\chi \not=\chi_0, qu’il n’appartient pas à I au voisinage de χ0\chi_0, et que χ0(y)=0\chi_0(y) = 0.

Lemme 2 02C9

Soit X un espace topologique. Soient F et D des sous-espaces de X disjoints tels que F soit fermé et D discret. Si F ne contient pas de sous-espace parfait non vide, il en est de même de F∪DF\cup D.

Supposons en effet que K est un sous-espace parfait non vide de F∪DF\cup D. Soit xx un point de K. Si xx appartient à D, il est isolé dans D, donc également dans F∪DF\cup D puisque F est fermé. Donc xx est isolé dans K, ce qui contredit les hypothèses.

Proposition 5 02CA

Soit A une algèbre de Banach commutative régulière sans radical, vérifiant la condition de Ditkin. Soit I un idéal fermé de A tel que la frontière F de V(I) ne contienne aucun ensemble parfait non vide. Alors I = Υ(V(I)), c’est-à-dire que I est l’ensemble des x∈Ax\in A tels que G(x)\mathscr{G}(x) s’annule sur V(I). En particulier, si V(I) se réduit à un point χ\chi, on a I = Ker(χ\chi ).

On a I⊂Υ(V(I))I\subset \Upsilon (V(I)). Soit maintenant x∈Υ(V(I))x\in \Upsilon (V(I)). Soit G l’ensemble des caractères χ∈X′(A)\chi \in \mathsf{X}'(A) tels que xx appartienne à I au voisinage de χ\chi. Il est ouvert et son complémentaire K est parfait (lemme 1). Comme G′(x)\mathscr{G}'(x) est nulle sur V(I), l’ensemble G contient l’intérieur de V(I)∪{0}V(I)\cup \{0\} (remarque 1). Il contient également X(A)\mathsf{X}(A)- V(I) d’après la remarque 5. Donc K=X′(A)K =\mathsf{X}'(A) - G est contenu dans la frontière F0F_0 de V(I)∪{0}V(I)\cup \{0\}. On a F0⊂F∪{0}F_0\subset F\cup \{0\}. L’hypothèse implique donc que F0F_0 ne contient pas d’ensemble parfait non vide (lemme 2). Il découle donc du lemme 1 que l’ensemble parfait K est vide. Donc xx appartient à I au voisinage de tout χ∈X′(A)\chi \in \mathsf{X}'(A), ce qui signifie que x∈Ix\in I (remarque 4). Ainsi Υ(V(I))⊂\Upsilon (V(I))\subset I, ce qui conclut la preuve.

Exercices

Dans les exercices ci-dessous, toutes les algèbres considérées sont sur C\mathbf{C}.

See the exercises for § 5.

Transcribed from the printed volume. Not translated.