Bourbaki

§ 3. Modules libres sur un anneau principal

Théorème 1

Soit AA un anneau tel que tout idéal à gauche de AA soit un AA-module projectif (II, p. 39, déf. 1). Tout sous-module MM d’un AA-module à gauche libre LL est somme directe de modules isomorphes à des idéaux de AA.

Cite 3 · Cité par 8

Cite Définition 1, II § 2, Proposition 4, II § 2, E III § 2. Ensembles bien ordonnés

Cité par Exercice 24, § 3, Corollaire 2, AC V § 1, Exercice 20, § 4, Exercice 2, § 3, Corollaire 1, Corollaire 2, Corollaire 3, Proposition 8, LIE VIII § 2

Soit (ei)i∈I(e_i)_{i \in I} une base de LL, et soient pip_i les fonctions coordonnées relatives à cette base. Munissons II d’une structure d’ensemble bien ordonné (E, III, p. 20, th. 1), et désignons par LiL_i le sous-module engendré par les eλe_\lambda pour λ≤i\lambda \leq i; nous poserons Mi=M∩LiM_i = M \cap L_i. La fonction coordonnée pip_i applique MiM_i sur un idéal aia_i de AA; puisque aia_i est un AA-module projectif, il existe (II, p. 39, prop. 4) un sous-module NiN_i de MiM_i tel que l’application x↦pi(x)x \mapsto p_i(x) de NiN_i dans aia_i soit bijective. Soit Mi′M'_i le sous-module de LL engendré par les NλN_\lambda pour λ≤i\lambda \leq i; nous allons montrer que Mi′=MiM'_i = M_i pour tout ii, ce qui impliquera que MM est engendré par la famille (Ni)i∈I(N_i)_{i \in I}. Supposons en effet que l’on ait Mλ′=MλM'_\lambda = M_\lambda pour tout λ<i\lambda < i; alors, pour tout x∈Mix \in M_i, on a pi(x)∈aip_i(x) \in a_i; il existe donc y∈Niy \in N_i tel que x−yx - y soit combinaison linéaire d’un nombre fini d’éléments eλe_\lambda avec λ<i\lambda < i; autrement dit, x−yx - y est élément d’un MλM_\lambda avec λ<i\lambda < i; l’hypothèse de récurrence montre que x−y∈Mλ′⊂Mi′x - y \in M'_\lambda \subset M'_i c’est-à-dire x∈Mi′x \in M'_i, d’où Mi′=MiM'_i = M_i. Reste à montrer que la somme des NiN_i est directe ; or, supposons qu’il existe une relation linéaire ∑iai=0\sum_i a_i = 0, avec ai∈Nia_i \in N_i où les aia_i (nuls sauf un nombre fini d’entre eux) ne sont pas tous nuls. Soit μ\mu le plus grand des indices ii tels que ai≠0a_i \neq 0; comme pμ(aλ)=0p_\mu(a_\lambda) = 0 pour λ<μ\lambda < \mu, on a pμ(aμ)=pμ(∑iai)=0p_\mu(a_\mu) = p_\mu(\sum_i a_i) = 0 donc aμ=0a_\mu = 0, ce qui est contraire à l’hypothèse.

Corollaire 1

Si tout idéal à gauche de AA est projectif, tout sous-module d’un AA-module à gauche projectif est projectif.

Cite 2

Cite Proposition 4, II § 2, Théorème 1

En effet, tout AA-module projectif est isomorphe à un sous-module d’un module libre (II, p. 39, prop. 4) et on applique le th. 1.

Corollaire 2

Sur un anneau principal, tout sous-module d’un module libre est libre.

Cite 1 · Cité par 1

Cite Théorème 1

Cité par Corollaire 3

Tous les idéaux d’un anneau principal étant des modules libres, cela résulte directement du th. 1.

Corollaire 3

Tout module projectif sur un anneau principal est libre.

Cite 2 · Cité par 1

Cite Théorème 1, Corollaire 2

Cité par Proposition 2, VIII § 14

Remarque

La démonstration du th. 1 montre que tout sous-module de A(I)A^{(I)} est isomorphe à une somme directe ⨁i∈Iai\bigoplus_{i \in I} a_i, où chaque aia_i est un idéal de AA.

Proposition 1

Si LL est un module libre de rang fini nn sur un anneau principal AA, tout sous-module MM de LL est un module libre de rang ≤n\leq n.

En effet, MM est un module libre d’après le cor. 2 au th. 1, et il est de rang ≤n\leq n d’après la remarque précédente ou le lemme suivant :

Lemme 1

Soient L un module sur un anneau commutatif A, ayant un système générateur de n éléments, et M un sous-module libre de L ; alors M est de rang ≤n\leq n.

Cite 4

Cite Proposition 21, II § 1, III § 7. Algèbre extérieure, Proposition 6, III § 7, Corollaire 1, III § 7

Supposons tout d’abord L libre. Notons i l’injection canonique de M dans L. D’après III, p. 88, cor., l’homomorphisme Λn+1i:Λn+1M→Λn+1L\Lambda^{n+1}i : \Lambda^{n+1}M \to \Lambda^{n+1}L est injectif ; d’après III, p. 80, prop. 6, Λn+1L={0}\Lambda^{n+1}L = \{0\}, donc Λn+1M={0}\Lambda^{n+1}M = \{0\}; il en résulte que M est de rang ≤n\leq n (III, p. 87, cor. 1). Passons maintenant au cas général ; L est un quotient d’un module libre L’ de rang n. Il existe un sous-module M’ de L’ isomorphe à M (II, p. 27, prop. 21). D’après la première partie du raisonnement, M’ est de rang ≤n\leq n, d’où le résultat.

Corollaire

Soit E un module sur un anneau principal A, engendré par n éléments. Tout sous-module F de E admet un système générateur ayant au plus n éléments.

Cite 1

Cite Corollaire 3, II § 1

Il existe en effet un homomorphisme f de AnA^n sur E (II, p. 25, cor. 3), et fˉ(F)\bar{f}(F), qui est un module libre de rang m≤nm \leq n, est engendré par m éléments ; les images de ceux-ci par f engendrent F.

Exercices

See the exercises for § 3.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.