Bourbaki

§ 14. Algèbres centrales et simples

Dans ce paragraphe, K désigne un corps commutatif.

1. Algèbres centrales et simples

Définition 1 00GE

On dit qu’une algèbre A sur le corps K est centrale si l’application λ→λ1\lambda \rightarrow \lambda 1est une bijection de K sur le centre de A.

Une algèbre centrale n’est pas réduite à 0. Pour tout entier n⩾1n\geqslant 1, la K-algèbre de matrices Mn(K)\mathbf{M}_n(K) est centrale (VIII, p. 78, cor. 2) et simple (VIII, p. 116, th. 1). Plus généralement, soit D une K-algèbre centrale de degré fini, alors Mn(D)\mathbf{M}_n(D) est également centrale. Soit A un anneau simple ; son centre Z est un corps (VIII, p. 117, cor. 1), et A est donc une algèbre centrale et simple sur Z. Si le corps K est algébriquement clos, une algèbre simple de degré fini sur K est centrale (VIII, p. 118, cor. 3). L’algèbre opposée d’une algèbre centrale et simple est centrale et simple.

Remarque 1 00GF

Soient A et B des K-algèbres. Si l’algèbre A⊗KBA\otimes_KB est centrale et simple, il en est de même de A et B (III, p. 41, cor. de la prop. 6 et VIII, p. 217, prop. 6). Réciproquement, si les algèbres A et B sont centrales et simples et si l’une d’elles est de degré fini sur K, alors l’algèbre A⊗KBA\otimes_KB est centrale et simple (III, p. 41, cor. de la prop. 6 et VIII, p. 217, cor. 2).

Remarque 2 00GG

Soit A une K-algèbre et soit L une extension du corps K. Si la L-algèbre A(L)A_{(L)} est centrale et simple, alors la K-algèbre A est centrale et simple. Réciproquement, si l’un des degrés [A : K] ou [L : K] est fini et si la K-algèbre A est centrale et simple, la L-algèbre A(L)A_{(L)} est centrale et simple. Cela résulte du cor. 2 de VIII, p. 218.

Remarque 3 00GH

Soient A et B des K-algèbres équivalentes au sens de Morita. L’algèbre A est centrale simple si et seulement s’il en est de même de B (VIII, p. 101, prop. 6, p. 106, cor. et p. 98, cor. 1).

Remarque 4 00GI

En particulier, si A est une K-algèbre centrale et simple et si n⩾1n\geqslant 1, alors Mn(A)\mathbf{M}_n(A) est une K-algèbre centrale et simple (VIII, p. 98, exemple 1).

Théorème 1 00GJ

Soit A une K-algèbre de degré fini. Les propriétés suivantes sont équivalentes :

(i) L’algèbre A est centrale et simple ;

(ii) L’algèbre A est centrale et sans radical ;

(iii) L’homomorphisme canonique de la K-algèbre A⊗KAoA\otimes_KA^o dans la K-algèbre EndK(A)_K(A)qui transforme a⊗a′a\otimes a' en l’application K-linéaire x→axa′x\rightarrow axa' de A dans A est bijectif ;

(iv) Il existe une extension L du corps K et un entier n⩾1n\geqslant 1tels que les L-algèbres A(L)A_{(L)} et Mn(L)\mathbf{M}_n(L)soient isomorphes ;

(v) Pour toute clôture séparable K′K' de K, il existe un entier n⩾1n\geqslant 1tel que les K′K'-algèbres A(K′)A_{(K')} et Mn(K′)\mathbf{M}_n(K')soient isomorphes ;

(vi) Il existe une extension L du corps K, galoisienne et de degré fini, et un entier n⩾1n\geqslant 1tels que les L-algèbres A(L)A_{(L)} et Mn(L)\mathbf{M}_n(L)soient isomorphes ;

(vii) Il existe une K-algèbre de degré fini D qui est un corps de centre K et un entier n⩾1n\geqslant 1tel que l’algèbre A soit isomorphe à l’algèbre Mn(D)\mathbf{M}_n(D).

Pour qu’un anneau soit simple, il faut et il suffit qu’il soit semi-simple et que son centre soit un corps (VIII, p. 138, cor. de la prop. 10). Comme A est une algèbre de degré fini sur le corps K, c’est un anneau artinien à gauche ; il est donc semi-simple si et seulement s’il est sans radical (VIII, p. 150, prop. 4). L’équivalence de (i) et (ii) résulte de là.

Posons E=A⊗KAoE = A\otimes_KA^o et F = EndK(A)_K(A); notons φ\varphi l’homomorphisme canonique de E dans F défini par la relation φ(a⊗a′)(x)=axa′\varphi (a\otimes a')(x) =axa' pour x,a,a′x, a, a' dans A. Si l’algèbre A est centrale et simple, il en est de même de AoA^o et donc de E (remarque 1), et φ\varphi est donc injectif. Or on a [E:K]=[A:K]2=[F:K][E : K] = [A : K]^2= [F : K], donc φ\varphi est bijectif. Réciproquement, supposons φ\varphi bijectif ; comme l’algèbre F est centrale et simple (car elle est isomorphe à une algèbre de matrices Mm\mathbf{M}_m(K)), il en est de même de E, donc aussi de A (remarque 1). On a donc prouvé l’équivalence de (i) et (iii).

Par la remarque 4, l’assertion (vii) entraîne l’assertion (i). L’implication réciproque résulte du cor. 3 de VIII, p. 118 et du cor. 2 de VIII, p. 78.

Il est clair que (vi) entraîne (iv), et (iv) entraîne (i) d’après la remarque 2.

Il reste à prouver les implications (i)⇒\Rightarrow(v)⇒\Rightarrow(vi). Supposons que A soit centrale et simple et notons K′K' une clôture séparable de K (V, p. 44). Alors A(K′)A_{(K')} est une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K′K' (VIII, p. 247, remarque 2). D’après le corollaire de VIII, p. 227, il existe donc un entier n⩾1n\geqslant 1 et un isomorphisme de K′K'-algèbres de A(K′)A_{(K')} sur Mn(K′)\mathbf{M}_n(K'); remarquons que les K′K'-algèbres Mn(K′)\mathbf{M}_n(K') et Mn(K)(K′)\mathbf{M}_n(K)_{(K')} sont isomorphes. D’après le lemme 4 de VIII, p. 229, il existe une sous-extension L de K′K', de type fini K telle que les L-algèbres A(L)A_{(L)} et Mn(K)(L)\mathbf{M}_n(K)_{(L)} soient isomorphes. Alors L est séparable et de degré fini sur K, donc contenue dans une sous-extension L′L' de K′K', galoisienne et de degré fini sur K (V, p. 55, prop. 2). Les L′L'-algèbres A(L′)A_{(L')} et Mn(L′)\mathbf{M}_n(L') sont alors isomorphes.

Corollaire 1 00GK

Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur un corps séparablement clos K. Il existe un entier n⩾1n\geqslant 1tel que A soit isomorphe à l’algèbre de matrices Mn(K)\mathbf{M}_n(K).

En effet, toute extension galoisienne de K est égale à K ; il suffit d’appliquer l’équivalence des propriétés (i) et (v) du th. 1.

Corollaire 2 00GL

Soit A une algèbre centrale, simple, et de degré fini sur K (par exemple, un corps de centre K et de degré fini sur K). Il existe un entier n⩾1n\geqslant 1tel que [A:K]=n2[A : K] =n^2.

Soient L une extension de K et nn un entier strictement positif tels que les L-algèbres A(L)A_{(L)} et Mn(L)\mathbf{M}_n(L) soient isomorphes. On a

[A:K]=[A(L):L]=[Mn(L):L]=n2 [A : K] = [A_{(L)}: L] = [\mathbf{M}_n(L) : L] =n^2

Avec les notations du corollaire 2, l’entier nn s’appelle le degré réduit de A.

Remarque 5 00GM

Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K, dont le degré réduit est un nombre premier ℓ\ell. Alors A est un corps ou A est isomorphe à Mℓ(K)\mathbf{M}_{\ell}(K). En effet, A est isomorphe à une algèbre de la forme Mn\mathbf{M}_n(D), où D est un corps de centre K et l’on a

ℓ2=[A:K]=n2[D:K] \ell^2= [A : K] =n^2[D : K]

si A n’est pas un corps, alors n≠1n\not= 1, donc n=ℓn=\ell et D = K.

2. Deux lemmes sur les bimodules

Soient A et B des anneaux. Pour tout homomorphisme ff de B dans A, on note AfA^f le (B(B, A)-bimodule dont le A-module à droite sous-jacent est AdA_d et dont la loi d’action de B-module à gauche est donnée par (b,a)→f(b)a(b, a)\rightarrow f(b)a.

Lemme 1 00GN

Soient ff et gg des homomorphismes de B dans A. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) Les (B,A)(B,A)-bimodules AfA^f et AgA^g sont isomorphes ;

(ii) Il existe un automorphisme intérieur (I, p. 97, exemple 22)θ\theta de A tel que g=θ∘fg=\theta \circ f.

Les automorphismes du A-module à droite AdA_d sont les applications x→axx\rightarrow ax, où aa est un élément inversible de A. Pour qu’un tel automorphisme soit une application B-linéaire de AfA^f dans AgA^g, il faut et il suffit que l’on ait

g(b)ax=af(b)x g(b)ax=af(b)x

pour tout xx dans A et tout bb dans B. Cette relation équivaut à g(b)=af(b)a−1g(b) =af(b)a^{-1} pour tout bb dans B, c’est-à-dire à g=θ∘fg=\theta \circ f, où θ\theta est l’automorphisme intérieur x→axa−1x\rightarrow axa^{-1} de A.

Lemme 2 00GO

Supposons que B soit un anneau semi-simple et un module de type fini sur son centre Z. Soient M et N des (B,A)(B,A)-bimodules. Supposons-les de longueur finie (ce qui a lieu en particulier si ce sont des A-modules à droite de longueur finie). Si M et N sont isomorphes comme (Z,A)(Z,A)-bimodules, ils sont isomorphes comme (B,A)(B,A)-bimodules.

A) Considérons d’abord le cas où B est l’anneau des endomorphismes d’un espace vectoriel S de dimension finie dd sur un corps commutatif L. On a alors Z = L ; on considère S comme un (B(B, Z)-bimodule. L’anneau B est simple, S est un B-module simple et Z est le commutant de S ; tout B-module est isotypique de type S (VIII, p. 118, prop. 2 a)). Soit (V,α)(V, \alpha ) (resp. (W,β)(W, \beta )) une description du B-module M (resp. N). L’ensemble V (resp. W) est muni d’une structure de (Z,A)(Z,A)-bimodule de sorte que α\alpha (resp. β\beta ) soit un isomorphisme de (B(B, A)-bimodules (VIII, p. 60, remarque 2). Comme (Z(Z, A)-bimodule, M est isomorphe à VdV^d et N à WdW^d, et il existe un isomorphisme de l’ensemble des sous-(Z, A)-bimodules de V, ordonné par inclusion, sur celui des sous-(B, A)-bimodules de M (loc. cit.). Donc V est un (Z(Z, A)-bimodule de longueur finie et il en est de même de W. Comme les (Z,A)(Z,A)-bimodules VdV^d et WdW^d sont isomorphes, les (Z(Z, A)-bimodules V et W sont isomorphes d’après le th. 2, d) de VIII, p. 34 appliqué à l’anneau Z⊗ZAoZ\otimes_{\mathbf{Z}}A^o. Finalement, les (B(B, A)-bimodules M et N sont isomorphes.

B) Considérons maintenant le cas où B est un anneau simple, de type fini en tant que Z-module. Alors Z est un corps et B est une algèbre centrale, simple, et de degré fini sur le corps Z. D’après le th. 1 de VIII, p. 248 il existe une extension Z′Z' de Z, de degré fini sur Z, telle que la Z′Z'-algèbre B′=B(Z′)B'= B_{(Z')} soit isomorphe à l’algèbre des endomorphismes d’un espace vectoriel de dimension finie sur Z′Z'. Posons M′=M(Z′)M'= M_{(Z')} et N′=N(Z′)N'= N_{(Z')}. Alors M′M' et N′N' sont des (B′(B', A)-bimodules de longueur finie ; considérés comme (Z′(Z', A)-bimodules, M′M' et N′N' sont isomorphes. D’après le cas traité en A),M′A), M' et N′N' sont isomorphes comme (B′(B', A)-bimodules et a fortiori comme (B(B, A)-bimodules. Posons r=[Z′:Z]r= [Z': Z]; le (B(B, A)-bimodule M′=Z′⊗ZMM'= Z'\otimes_ZM est isomorphe à MrM^r et, de même, le (B(B, A)-bimodule N′N' est isomorphe à NrN^r; comme M et N sont des (B(B, A)-bimodules de longueur finie, il résulte du th. 2, d) de VIII, p. 34 que les (B(B, A)-bimodules M et N sont isomorphes.

C) Considérons enfin le cas général, où B est un anneau semi-simple, de type fini en tant que Z-module. Soit S\mathscr{S} l’ensemble des classes de B-modules simples ; il est fini (VIII, p. 132, prop. 1). Pour tout λ∈S\lambda \in \mathscr{S}, notons MλM_{\lambda} (resp. NλN_{\lambda}) le composant isotypique de type λ\lambda du B-module M (resp. N) ; c’est un sous-(B, A)-bimodule de M (resp. N) (remarque, VIII, p. 63). Pour λ∈S\lambda \in \mathscr{S}, notons bλ\mathfrak{b}_{\lambda} l’annulateur du B-module λ\lambda et posons Bλ=B/bλB_{\lambda}= B/\mathfrak{b}_{\lambda}; soit ZλZ_{\lambda} le centre de BλB_{\lambda}. Pour λ∈S\lambda \in \mathscr{S}, les (Bλ,A)(B_{\lambda},A)-bimodules MλM_{\lambda} et NλN_{\lambda} sont de longueur finie. On peut alors identifier B au produit des anneaux simples BλB_{\lambda}, et Z au produit des ZλZ_{\lambda} (VIII, p. 137, prop. 8). De plus, on peut identifier M à ∏λ∈SMλ\prod_{\lambda\in\mathscr{S}}M_{\lambda} et N à ∏λ∈SNλ\prod_{\lambda\in\mathscr{S}}N_{\lambda},. Par hypothèse, M et N sont isomorphes comme (Z(Z, A)-bimodules ; il en résulte que pour λ∈S,Mλ\lambda \in \mathscr{S}, M_{\lambda} et NλN_{\lambda} sont des (Zλ(Z_{\lambda}, A)-bimodules isomorphes. D’après le cas traité en B), les (Bλ(B_{\lambda}, A)-bimodules MλM_{\lambda} et NλN_{\lambda} sont isomorphes, donc les (B(B, A)-bimodules M et N sont isomorphes.

Remarque 00GP

Il résulte de la démonstration du lemme 2 que M et N sont des (Z,A)(Z,A)-bimodules de longueur finie. Par conséquent, si B et A sont deux anneaux semi-simples qui sont des modules de type fini sur leurs centres respectifs Z(B) et Z(A), deux (B(B, A)-bimodules de longueur finie qui sont isomorphes comme (Z(B),Z(A))bimodules sont isomorphes.

3. Théorèmes de conjugaison

Théorème 2 00GQ

Soient B un anneau semi-simple et Z son centre ; on suppose que B est un Z-module de type fini. Soit A un anneau artinien à droite et soient ff et gg des homomorphismes d’anneaux de B dans A ; notons fZf_Z et gZg_Z les restrictions de ff et gg à Z. Les propriétés suivantes sont équivalentes :

(i) Il existe un automorphisme intérieur θ\theta de A tel que g=θ∘fg=\theta \circ f;

(ii) Il existe un automorphisme intérieur θ\theta de A tel que gZ=θ∘fZg_Z=\theta \circ f_Z.

Comme l’anneau A est artinien à droite, AdA_d est un A-module à droite de longueur finie (VIII, p. 5, th. 1). Ainsi AfA^f et AgA^g sont des (B(B, A)-bimodules de longueur finie. D’après le lemme 1 (VIII, p. 250), l’assertion (i) signifie que AfA^f et AgA^g sont des (B(B, A)-bimodules isomorphes et l’assertion (ii) que ce sont des (Z(Z, A)-bimodules isomorphes. L’équivalence de (i) et (ii) résulte donc du lemme 2 (VIII, p. 250).

Corollaire 00GR

Soient A et B des algèbres sur le corps K. On suppose que B est centrale, simple et de degré fini et que A est artinienne à droite. Soient ff et gg des homomorphismes de K-algèbres de B dans A. Il existe un automorphisme intérieur θ\theta de A tel que g=θ∘fg=\theta \circ f.

Avec les notations du théorème 2, on a en effet Z = K, d’où fZ=gZf_Z=g_Z.

Théorème 3 (Skolem-Noether) 00S9

Soient A et B des K-algèbres simples, Z(A) et Z(B) leurs centres. On suppose que l’algèbre B est de degré fini sur K, et que l’algèbre Z(A)⊗KZ(B)Z(A)\otimes_KZ(B)est un corps (ce qui a lieu en particulier si A ou B est centrale). Soient ff et gg des homomorphismes de K-algèbres de B dans A. Il existe un automorphisme intérieur θ\theta de A tel que g=θ∘fg=\theta \circ f.

D’après le lemme 1 de VIII, p. 250 il suffit de prouver que les (B(B, A)-bimodules AfA^f et AgA^g sont isomorphes. Or, on peut considérer AfA^f et AgA^g comme des modules à gauche sur l’algèbre C=B⊗KAoC = B\otimes_KA^o, et cette dernière est simple d’après la prop. 7 de VIII, p. 217. Comme A-modules à droite, AfA^f et AgA^g sont isomorphes à AdA_d, donc de longueur finie puisque l’anneau A est simple (VIII, p. 117, cor. 1). A fortiori,Af, A^f et AgA^g sont des C-modules de longueur finie. Soit S un C-module simple ; il existe des entiers strictement positifs mm et nn tels que AfA^f soit isomorphe à SmS^m et AgA^g à SnS^n. Le A-module à droite S est donc de longueur finie non nulle. Comme les A-modules à droite sous-jacents à AfA^f et AgA^g sont isomorphes, ils ont même longueur ; on a donc m=nm=n, de sorte que les C-modules AfA^f et AgA^g sont isomorphes.

Corollaire 1 00GS

Soit A une algèbre centrale et simple sur K, et soit L une extension de degré fini de K. Si ff et gg sont des homomorphismes de K-algèbres de L dans A, il existe un automorphisme intérieur θ\theta de A tel que g=θ∘fg=\theta \circ f.

Corollaire 2 00GT

Soit A une algèbre centrale et simple sur K et soit L une sous-algèbre de A qui est un corps. Tout homomorphisme de K-algèbre de L dans A se prolonge en un automorphisme intérieur de A.

Corollaire 3 00GU

Soit D un corps, de centre K, et de degré fini sur K. Tout élément de D est algébrique sur K. Soient xx et yy des éléments de D ; pour qu’il existe un élément aa de D∗D^* tel que y=axa−1y=axa^{-1}, il faut et il suffit que xx et yy aient même polynôme minimal sur K.

La première assertion résulte du cor. 1 de V, p. 16.

Supposons qu’il existe un élément aa de D∗D^* tel que y=axa−1y=axa^{-1}; pour tout polynôme P de K[X], on a P(y)=aP(x)a−1P(y) =aP(x)a^{-1}, et en particulier on a P(x)=0P(x) = 0 si et seulement si P(y)=0P(y) = 0. Par suite xx et yy ont le même polynôme minimal sur K (V, p. 15, th. 1).

Réciproquement, supposons que xx et yy aient le même polynôme minimal. D’après loc. cit., il existe un K-isomorphisme uu de K[x]K[x] sur K[y]K[y] tel que u(x)=yu(x) =y, et K[x]K[x] est un corps. D’après le cor. 2,u,u se prolonge en un automorphisme intérieur θ:z→aza−1\theta :z\rightarrow aza^{-1} de D, et l’on a donc y=θ(x)=axa−1y=\theta (x) =axa^{-1}.

Proposition 1 00GV

Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit B une K-algèbre, soient ff et gg des homomorphismes d’algèbres de B dans A. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) Il existe un automorphisme intérieur θ\theta de A tel que g=θ∘fg=\theta \circ f;

(ii) En tant que B-modules à gauche, AfA^f et AgA^g sont isomorphes.

D’après le lemme 1 (VIII, p. 250), la propriété (i) équivaut au fait que AfA^f et AgA^g sont isomorphes comme (B(B, A)-bimodules. Comme A est de dimension finie sur K, AfA^f et AgA^g sont des B-modules de longueur finie. Comme le centre de A est égal à K , l’équivalence de (i) et (ii) résulte du lemme 2 de VIII, p. 250, appliqué au (Ao,Bo(A^o,B^o)-bimodules AfA^f et AgA^g.

4. Automorphismes des algèbres semi-simples

Théorème 4 00GW

Soient A un anneau semi-simple, Z son centre et uu un automorphisme de A. On suppose que A est un Z-module de type fini et que l’on a u(z)=zu(z) =z pour tout zz dans Z. Alors uu est un automorphisme intérieur.

Cela résulte du th. 2 de VIII, p. 252 appliquée avec f=f= IdA_A et g=ug=u.

Exemple 00RH

Le th. 4 s’applique dans les deux cas particuliers suivants :

☡ a) Soient D un corps et Z son centre. Si D est de degré fini sur Z, tout automorphisme de D qui laisse fixes les éléments de Z est intérieur. L’hypothèse que D est de degré fini sur Z est essentielle (VIII, p. 265, exerc. 4).

b) Soit V un espace vectoriel de dimension finie sur le corps K. Tout automorphisme de la K-algèbre EndK(V)_K(V) est intérieur ; ce résultat s’étend au cas où l’espace V n’est pas de dimension finie sur K (VIII, p. 268, exerc. 13).

En particulier, tout automorphisme d’une algèbre de matrices Mn(K)\mathbf{M}_n(K) (avec n⩾1n\geqslant 1) est intérieur. Ce résultat admet la généralisation suivante :

Proposition 2 00GX

Soient L un anneau commutatif et V un L-module libre de dimension finie mm. On suppose que tout L-module M tel que MmM^m soit isomorphe à LmL^m est isomorphe à L. Alors tout automorphisme de la L-algèbre EndL(V)_L(V)est intérieur.

Posons B = EndL(V)_L(V). Soit uu un automorphisme de la L-algèbre B. Considérons V comme un B-module à gauche ; soit u∗(V)u_*(V) le B-module à gauche associé à uu, dont la loi d’action est (b,v)→u(b)(v)(b, v)\rightarrow u(b)(v) (II, p. 30). Soit (e1,...,em)(e_1, . . . , e_m) une base du L-module V ; étant donnés des éléments v1,...,vmv_1, . . . , v_m de V, il existe un unique élément bb de B tel que l’on ait b(ei)=vib(e_i) =v_i pour 1⩽i⩽m1\leqslant i\leqslant m. Autrement dit, l’élément e=(e1,...,em)e= (e_1, . . . , e_m) de VmV^m fournit une base du B-module VmV^m. Comme uu est un automorphisme, ee donne aussi une base du B-module u∗(Vm)=u∗(V)mu_*(V^m) =u_*(V)^m, qui est donc isomorphe à VmV^m. Le (B(B, L)-bimodule V est inversible (VIII, p. 98, exemple 1) D’après le th. 2, b) de VIII, p. 99, il existe donc un L-module M tel que le B-module u∗(V)u_*(V) soit isomorphe à V⊗LMV\otimes_LM. Les B-modules V⊗LLmV\otimes_LL^m et V⊗LMmV\otimes_LM^m, respectivement isomorphes à VmV^m et à u∗(V)mu_*(V)^m sont donc isomorphes. D’après loc. cit., les L-modules LmL^m et MmM^m sont isomorphes. Vu l’hypothèse faite, M est isomorphe à L ; par suite le B-module u∗u_*(V), qui est isomorphe à V⊗LMV\otimes_LM, est isomorphe à V. Soit hh un isomorphisme de B-modules de V sur u∗(V)u_*(V); c’est en particulier un automorphisme du L-module V, c’est-à-dire un élément inversible de B. Pour bb dans B et vv dans V, on a h(b(v))=u(b)(h(v))h(b(v)) =u(b)(h(v)), d’où u(b)=hbh−1u(b) =hbh^{-1}.

Les hypothèses de la prop. 2 sont satisfaites notamment lorsque l’anneau commutatif L est principal (VII, p. 14, cor. 3), ou artinien (VIII, p. 34, th. 2 d)), ou local (VIII, p. 33, cor. 6).

5. Sous-algèbres simples des algèbres simples

Théorème 5 00GY

Soit A une K-algèbre centrale et simple et soit B une sous-algèbre de A, semi-simple et de degré fini sur K.

a) Le commutant B′B' de B dans A est une sous-algèbre semi-simple et B est le commutant de B′B' dans A. De plus l’algèbre B∩B′B\cap B' est une algèbre commutative semi-simple de degré fini sur K et c’est le centre commun de B et de B′B'.

b) Supposons que B soit simple. Alors B′B' est simple et l’on a les égalités

[A:B′]s=[B:K],[A:B]s=[B′:K],[A:K]=[B:K][B′:K] [A : B']_s= [B : K],[A : B]_s= [B': K],[A : K] = [B : K][B': K]

(voir VIII, p. 120, déf. 2 pour la définition du degré [A:B]s[A : B]_s).

La K-algèbre AoA^o est centrale et simple et la K-algèbre B est semi-simple et de degré fini. D’après le cor. 1 de VIII, p. 217, l’algèbre C=B⊗KAoC = B\otimes_KA^o est semi-simple. Soit M le C-module ayant même groupe additif que A, avec la loi d’action caractérisée par la formule (b⊗a)a′=ba′a(b\otimes a)a'=ba'a, pour a,a′a, a' dans A et bb dans B. Soit uu un élément de EndZ(A)_{\mathbf{Z}}(A). Alors uu appartient au commutant CM′C'_M du C-module M si et seulement si uu est A-linéaire à droite et B-linéaire à gauche, ce qui revient à dire que uu apprtient au commutant de BMB_M dans l’anneau des homothéties du A-module AsA_s. On définit donc un isomorphisme γ\gamma de B′B' sur CM′C'_M par la relation γ(b′)(x)=b′x\gamma (b')(x) =b'x pour b′b' dans B′B' et xx dans M. Or l’anneau C est semi-simple et le C-module M est engendré par l’élément 1 de A. D’après la prop. 6 de VIII, p. 135 l’anneau CM′C'_M est semi-simple, donc l’algèbre B′B' est semi-simple.

Soit φ\varphi l’homomorphisme de K-algèbres de A⊗KAoA\otimes_KA^o dans EndK(M)_K(M) qui associe à a⊗a′a\otimes a' l’application K-linéaire x→axa′x\rightarrow axa' de M dans M. Comme les K-algèbres A et AoA^o sont centrales et simples, les seuls idéaux bilatères de A⊗KAoA\otimes_KA^o sont 0 et A⊗KAoA\otimes_KA^o (VIII, p. 214, cor.). On a CM=φ(B⊗Ao)C_M=\varphi (B\otimes A^o) et CM′=φ(B′⊗K)C'_M=\varphi (B'\otimes K). L’homomorphisme φ\varphi n’est pas nul ; il est donc injectif. L’anneau C étant semi-simple, on a CM′′=CMC''_M= C_M d’après la prop 5 de VIII, p. 135. Il en résulte que la sous-algèbre B⊗KAoB\otimes_KA^o de A⊗KAoA\otimes_KA^o est le commutant de la sous-algèbre B′⊗KKB'\otimes_KK. Le commutant de B′⊗KKB'\otimes_KK dans A⊗KKA\otimes_KK est donc égal à (B⊗KAo)∩(A⊗KK)(B\otimes_KA^o)\cap (A\otimes_KK), c’est-à-dire à B⊗KB\otimes K d’après la prop. 19 de II, p. 113. Donc le commutant de B′B' dans A est égal à B. L’algèbre L=B∩B′L = B\cap B' est le centre de B. Comme B est une algèbre semi-simple de degré fini sur K, l’algèbre L est commutative, semi-simple et de degré fini sur K. Comme B est le commutant de B′B' dans A, le centre de B′B' est aussi égal à L=B∩B′L = B\cap B' (VIII, p. 73). On a prouvé a).

Supposons maintenant que l’algèbre B soit simple. D’après le cor. 2 de VIII, p. 217, l’anneau C est simple. D’après la prop. 4 de VIII, p. 119 appliquée au C-module M, dont le commutant est isomorphe à B′B', l’anneau B′B' est simple et M est un B′B'-module de longueur finie. Autrement dit, B′B' est un sous-anneau simple de l’anneau simple A et le degré à gauche [A:B′]s[A : B']_s est un entier m⩾1m\geqslant 1. Considéré comme B′B'-module à gauche, A possède une base finie (a1,...,am)(a_1, . . . , a_m). De plus (loc. cit.),φ,\varphi induit par restriction un isomorphisme de C sur CM′′=C''_M= EndB′_{B'}(A), et l’application c→(ca1,...,cam)c\rightarrow (ca_1, . . . , ca_m) de C sur AmA^m est donc bijective. Par suite, C est un A-module à droite libre de dimension mm. Or on a C=B⊗AoC = B\otimes A^o, donc C est un A-module à droite libre de dimension [B : K], d’où [A:B′]s=m=[B:K][A : B']_s=m= [B : K]. De la prop. 6 de VIII, p. 121, on déduit

[A:K]=[A:B′]s[B′:K]=[B:K][B′:K] [A : K] = [A : B']_s[B': K] = [B : K][B': K]

comme on a aussi

[A:K]=[A:B]s[B:K] [A : K] = [A : B]_s[B : K]

et que [B : K] est fini et non nul, on conclut à l’égalité [A:B]s=[B′:K][A : B]_s= [B': K] (E, III, p. 49). On a prouvé b).

☡ Soit A une K-algèbre simple, centrale, de degré fini. Il peut exister des sous-algèbres commutatives semi-simples B de A satisfaisant à [A:K]≠[A : K]\not= [B:K][B′:K][B : K][B': K] (exerc. 1 de VIII, p. 265).

Théorème 6 00GZ

Soient A une K-algèbre centrale et simple, B une sous-algèbre de degré fini de A et B′B' son commutant dans A.

a) Supposons que B soit centrale et simple. Alors B′B' est centrale et simple et l’homomorphisme de K-algèbres θ:B⊗KB′→A\theta : B\otimes_KB'\rightarrow Aqui transforme b⊗b′b\otimes b' en bb′bb' est un isomorphisme.

b) Supposons que B soit semi-simple et soit L=B∩B′L = B\cap B'. Alors B′B' est une algèbre semi-simple. Le commutant L′L' de L dans A est un anneau semi-simple de centre L, et l’homomorphisme d’anneaux ψ:B⊗LB′→L′\psi : B\otimes_LB'\rightarrow L' qui transforme b⊗b′b\otimes b' en bb′bb' est un isomorphisme.

Prouvons a). Si B est centrale et simple, B′B' est centrale et simple d’après le th. 5 de VIII, p. 255. Alors la K-algèbre B⊗KB′B\otimes_KB' est simple (VIII, p. 217, cor. 2) et l’homomorphisme θ:B⊗KB′→A\theta : B\otimes_KB'\rightarrow A est injectif. Or, d’après l’égalité de [A:B′]s[A : B']_s et [B : K] (VIII, p. 255, th. 5), les B′B'-modules à gauche B⊗KB′B\otimes_KB' et A sont libres de même dimension finie ; ce sont donc des B′B'-modules ayant la même longueur finie. D’après le corollaire 2 de II, p. 22,θ22,\theta est bijectif.

Prouvons b). D’après le th. 5 de VIII, p. 255, l’algèbre L est commutative, de degré fini sur K et semi-simple. D’après loc. cit. appliqué à L, son commutant L′L' dans A est une algèbre semi-simple et L est le commutant de L′L' dans A, donc L est le centre de L′L'. Comme L est le centre des anneaux semi-simples L′,BL', B et B′B', on peut identifier L′L' à un produit fini d’anneaux simples Li′(i∈I)L'_i(i\in I), de sorte que l’on ait

L=∏i∈ILi,B=∏i∈IBi,B′=∏i∈IBi′ L =\prod_{i\in I}L_i,B =\prod_{i\in I}B_i,B'=\prod_{i\in I}B'_i

où LiL_i est le centre de Li′L'_i, et où BiB_i et Bi′B'_i sont des sous-algèbres de Li′L'_i, de centre LiL_i, commutante l’une de l’autre dans Li′L'_i. Considérons Li′L'_i comme une algèbre centrale et simple sur le corps commutatif LiL_i, et BiB_i comme une LiL_i-algèbre centrale, simple et de degré fini. D’après l’assertion a), l’application canonique ψi:Bi⊗LiBi′→Li′\psi_i: B_i\otimes_{L_i}B'_i\rightarrow L'_i qui transforme bi⊗bi′b_i\otimes b'_i en bibi′b_ib'_i est un isomorphisme d’anneaux. Or on peut identifier B⊗LB′B\otimes_LB' à ∏i∈I(Bi⊗LiBi′)\prod_{i\in I}(B_i\otimes_{L_i}B'_i) de sorte que ψ\psi soit le produit de la famille d’applications (ψi)i∈I(\psi_i)_{i\in I}. Donc ψ\psi est un isomorphisme d’anneaux.

Corollaire 00H0

Supposons que le corps K soit algébriquement clos et que A soit une algèbre simple et de degré fini sur K. Soit B une sous-algèbre simple de A et soit B′B' le commutant de B dans A. Alors B′B' est une K-algèbre simple, B est le commutant de B′B', on a [A:K]=[B:K][B′:K][A : K] = [B : K][B': K]et l’homomorphisme canonique de B⊗KB′B\otimes_KB' dans A est un isomorphisme de K-algèbres.

Comme toute algèbre simple de degré fini sur K est centrale, le corollaire résulte des théorèmes 5 et 6.

6. Sous-algèbres commutatives maximales

On dit qu’une sous-algèbre d’une K-algèbre A est une sous-algèbre commutative maximale de A si c’est un élément maximal de l’ensemble des sous-algèbres commutatives de A.

Lemme 3 00H1

Soient A une K-algèbre et L une sous-algèbre de A.

a) Pour que L soit une sous-algèbre commutative maximale de A, il faut et il suffit que L soit égale à son commutant L′L' dans A.

b) Soit K′K' une K-algèbre commutative non nulle. Pour que L soit une sous-algèbre commutative maximale de A, il faut et il suffit que L(K′)L_{(K')} soit une sous-algèbre commutative maximale de A(K′)A_{(K')}.

Prouvons a). Supposons d’abord que L soit égale à L′L'. Alors L est commutative ; si M est une sous-algèbre commutative de A contenant L, on a xy=yxxy=yx pour xx dans L et yy dans M, d’où M⊂L′M\subset L' et donc M = L. Par suite, L est une sous-algèbre commutative maximale de A.

Réciproquement, supposons que L soit une sous-algèbre commutative maximale de A et soit xx un élément de L′L'. La sous-algèbre M de A engendrée par L∪{x}L\cup \{x\} est alors commutative et contient L. Vu le caractère maximal de L, on a M = L, d’où x∈Lx\in L et finalement L=L′L = L', d’où a).

D’après la prop. 6 de III, p. 40, le commutant de L(K′)L_{(K')} dans A(K′)A_{(K')} est L(K′)′L'_{(K')}. Comme les égalités L=L′L = L' et L(K′)=L(K′)′L_{(K')}= L'_{(K')} sont équivalentes (II, p. 113, prop. 19), l’assertion b) résulte de a).

Proposition 3 00H2

Soit A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini et soit L une sous-algèbre commutative semi-simple de A. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) L’algèbre L est une sous-algèbre commutative maximale de A ;

(ii) Le L-module à gauche A est libre, de dimension égale à [L : K] ;

(iii) On a [A:K]=[L:K]2[A : K] = [L : K]^2.

Supposons de plus que A soit l’algèbre EndK(V)_K(V), où V est un espace vectoriel de dimension finie non nulle sur K. Alors les conditions précédentes équivalent aussi à la suivante :

(iv) V est un L-module libre de dimension 1.

A) Supposons que A soit de la forme EndK_K(V), où V est un espace vectoriel de dimension finie non nulle sur le corps K. Nous établirons l’équivalence des conditions (i) à (iv) selon le schéma logique

(i) =⇒=\Rightarrow (iv) =⇒=\Rightarrow (ii) =⇒=\Rightarrow (iii) =⇒=\Rightarrow (i) .

Comme L est une algèbre commutative, semi-simple, de degré fini sur K, on peut l’identifier à un produit fini ∏i∈ILi\prod_{i\in I}L_i d’extensions de degré fini de K (VIII, p. 133, prop. 3). Pour tout i∈Ii\in I, soit ViV_i le composant isotypique de type LiL_i du L-module V, c’est un espace vectoriel de dimension finie non nulle sur LiL_i car V est un L-module fidèle (VIII, p. 140, cor.). On peut alors identifier V à ∏i∈IVi\prod_{i\in I}V_i. Dans ces conditions, le commutant L′L' de L dans A, qui n’est autre que l’algèbre EndL_L(V), s’identifie au produit ∏i∈I\prod_{i\in I} EndLi(Vi)_{L_i}(V_i).

Supposons que L soit une sous-algèbre commutative maximale de EndK(V)_K(V). D’après le lemme 3 a), on a L=L′L = L', donc L′L' est commutative et l’on a dimLi(Vi)=1_{L_i}(V_i) = 1 pour tout i∈Ii\in I. Ainsi (i) entraîne (iv).

Supposons que le L-module V soit libre de dimension 1. Soit (e1,...,er)(e_1, . . . , e_r) une base de V sur K. L’application a→(ae1,...,aer)a\rightarrow (ae_1, . . . , ae_r) est un isomorphisme de A-modules à gauche de A sur VrV^r et donc de L-modules. Par suite, A est un L-module à gauche libre de dimension rr, et l’on a r=r= dimK(V)=[L:K]_K(V) = [L : K]. Donc (iv) entraîne (ii).

Il est clair que (ii) entraîne (iii).

Supposons enfin qu’on ait [A:K]=[L:K]2[A : K] = [L : K]^2, autrement dit dimK(V)=[L:K]_K(V) = [L : K]. On a donc ∑i\sum_i dimLi(Vi)[Li:K]=∑i[Li:K]_{L_i}(V_i)[L_i: K] =\sum_i[L_i: K], de sorte que pour tout i,Vii, V_i est de dimension 1 sur LiL_i. On a alors EndLi(Vi)=Li_{L_i}(V_i) = L_i pour tout ii, d’où L′=LL'= L. D’après le lemme 3 a), L est une sous-algèbre commutative maximale de A. Donc (iii) entraîne (i).

B) Passons au cas général. D’après le th. 1 de VIII, p. 248, il existe une extension K′K' de K, séparable et de degré fini, telle que la K′K'-algèbre A(K′)A_{(K')} soit isomorphe à une algèbre EndK′(V′)_{K'}(V'), où V′V' est un espace vectoriel de dimension finie non nulle sur K′K'. Alors la K′K'-algèbre L(K′)L_{(K')} est commutative et semi-simple (VIII, p. 218, cor. 2). D’après la première partie de la démonstration, les conditions suivantes sont équivalentes :

(i′') L’algèbre L(K′)L_{(K')} est une sous-algèbre commutative maximale de A(K′)A_{(K')};

(ii′') Le L(K′)L_{(K')}-module à gauche A(K′)A_{(K')} est libre, de dimension [L(K′):K′][L_{(K')}: K'];

(iii′') On a [A(K′):K′]=[L(K′):K′]2[A_{(K')}: K'] = [L_{(K')}: K']^2.

D’après le lemme 3 b), les conditions (i) et (i’) sont équivalentes.

Posons n=[L:K]n= [L : K], d’où n=[L(K′):K′]n= [L_{(K')}: K']; la condition (ii) signifie que les L-modules à gauche A et LnL^n sont isomorphes ; d’après le th. 3 de VIII, p. 34, ceci équivaut à l’isomorphisme des L(K′)L_{(K')}-modules A(K′)A_{(K')} et (L(K′))n(L_{(K')})^n, d’où l’équivalence de (ii) et (ii′').

Enfin, on a [A:K]=[A(K′):K′][A : K] = [A_{(K')}: K'] et [L:K]=[L(K′):K′][L : K] = [L_{(K')}: K'], d’où l’équivalence des conditions (iii) et (iii′').

On a ainsi prouvé l’équivalence des conditions (i), (ii) et (iii).

Corollaire 00H3

Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K et soit L une K-algèbre commutative semi-simple telle que [A : K] soit égal à [L:K]2[L : K]^2;soient ff et gg des homomorphismes injectifs de L dans A. Il existe un automorphisme intérieur θ\theta de A tel que g=θ∘fg=\theta \circ f.

Posons n=[L:K]n= [L : K]. Considéré comme un module à gauche sur le sous-anneau ff(L), A est libre de dimension n:n: cela résulte de l’équivalence des conditions (ii) et (iii) de la prop. 3. Comme ff est un isomorphisme de L sur ff(L), le L-module à gauche AfA^f (dont la loi d’action est donnée par (x,a)→f(x)a(x, a)\rightarrow f(x)a) est libre de dimension nn. Il en est de même de AgA^g, qui est donc isomorphe à AfA^f. On conclut en utilisant l’équivalence des conditions (i) et (ii) de la prop. 1 (VIII, p. 253).

☡ Supposons que A soit une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Il peut exister des sous-algèbres commutatives maximales L de A, non semi-simples, telles que [A:K]≠[L:K]2[A : K]\not= [L : K]^2 (VIII, p. 266, exerc. 5).

7. Sous-algèbres étales maximales

Lemme 4 00H4

Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K, distincte de K. Il existe une sous-algèbre étale (V, p. 28, déf. 1) de A, distincte de K.

D’après le théorème de Wedderburn (VIII, p. 116, th. 1), on peut supposer que A est de la forme Mn\mathbf{M}_n(D), où nn est un entier strictement positif et D un corps de centre K.

Supposons n>1n >1. L’algèbre des matrices diagonales à éléments dans K est une sous-algèbre étale de A distincte de K.

Supposons n=1n= 1. Soit pp l’exposant caractéristique de D. Par le lemme 1 de VIII, p. 226, il existe un élément aa de D tel que apma^{p^m} n’appartienne à K pour aucun entier positif mm. Pour mm assez grand, l’élément x=apmx=a^{p^m} est séparable sur K (V, p. 42, prop. 13), mais n’appartient pas à K ; la sous-algèbre K(x)K(x) de A est une extension séparable de degré fini du corps K, donc une sous-algèbre étale sur K ; elle est distincte de K.

Proposition 4 00H5

Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit L une sous-algèbre de A et soit L′L' le commutant de L dans A.

a) Si L est maximale parmi les sous-algèbres commutatives semi-simples de A, on a L=L′L = L' et L est une sous-algèbre commutative maximale de A.

b) Si L est maximale parmi les sous-algèbres étales de A, on a L=L′L = L', et L est une sous-algèbre commutative maximale de A.

On sait que la relation L=L′L = L' signifie que L est une sous-algèbre commutative maximale de A (VIII, p. 257, lemme 3 a)). Supposons que L soit semi-simple, commutative et distincte de L′L'. D’après le th. 5 de VIII, p. 255, L′L' est semi-simple, et L est le commutant de L′L', donc le centre de L′L'; par suite, L′L' n’est pas commutative. Il nous suffit de prouver qu’il existe une sous-algèbre semi-simple commutative M de A, distincte de L et contenant L, et qui est étale si L est étale.

D’après le théorème de structure des anneaux semi-simples (VIII, p. 131, th. 1), il existe des anneaux simples B1,...,BrB_1, . . . ,B_r et un isomorphisme φ\varphi de L′L' sur B1×⋯×BrB_1\times \cdots \times B_r. Pour 1 ⩽i⩽r\leqslant i\leqslant r, notons EiE_i le centre de BiB_i; on a donc φ(L)=E1×⋯×Er\varphi (L) = E_1\times \cdots \times E_r. Comme L′L' n’est pas commutative, on peut supposer que B1B_1, par exemple, n’est pas commutative ; on a donc B1≠E1B_1\not= E_1, et d’après le lemme 4, il existe une sous-algèbre M1M_1 de B1B_1, commutative, distincte de E1E_1, et étale sur E1E_1. Posons M=φ−1(M1×E2×⋯×Er)M =\varphi^{-1}(M_1\times E_2\times \cdots \times E_r); c’est une sous-algèbre commutative semi-simple de A, contenant L et distincte de L. Supposons que L soit étale sur K et démontrons que M est étale. Les extensions EiE_i de K sont séparables (V, p. 29, prop. 3). De plus, comme la E1E_1-algèbre M1M_1 et la K-algèbre E1E_1 sont étales, la K-algèbre M1M_1 est étale (V, p. 32, cor. 2). Ainsi la K-algèbre M1×E2×⋯×ErM_1\times E_2\times \cdots \times E_r est étale, donc M a la même propriété.

Soit A une algèbre simple centrale et de degré fini sur K. Une sous-algèbre de A maximale parmi les sous-algèbres commutatives semi-simples de A est appelée une sous-algèbre semi-simple commutative maximale de A. D’après la prop. 4, le qualificatif « maximal » se rapporte donc au choix à la propriété d’être commutative, ou semi-simple et commutative. Une sous-algèbre de A maximale parmi les sous-algèbres étales de A est appelée une sous-algèbre semi-simple étale maximale de A.

Corollaire 1 00H6

Soit A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini. Toute sous-algèbre semi-simple (resp. étale) commutative de A est contenue dans une sous-algèbre commutative maximale de A qui est semi-simple (resp. étale).

Corollaire 2 00H7

Soit D un corps de centre K et de degré fini sur K.

a) Les sous-corps commutatifs maximaux de D sont les sous-algèbres commutatives maximales de D et aussi les sous-algèbres semi-simples commutatives maximales de D. Tout sous-corps commutatif L de D est contenu dans un sous-corps commutatif maximal.

b) Soit L un sous-corps commutatif de D qui est une extension séparable de K, alors il est contenu dans un sous-corps commutatif maximal de D qui est une extension séparable de K.

c) Soit L un sous-corps commutatif de D. Pour que L soit un sous-corps commutatif maximal de D, il faut et il suffit qu’on ait [D:K]=[L:K]2[D : K] = [L : K]^2.

Une sous-algèbre de D est un corps (V, p. 10, prop. 1) et donc semi-simple. De plus, un sous-corps commutatif maximal de D contient K. Les assertions a) et b) résultent alors du cor. 1 et l’assertion c) de la prop. 3 (VIII, p. 258).

Proposition 5 00H8

Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit B une sous-algèbre semi-simple de A et soit B′B' le commutant de B.

a) Pour que B contienne une sous-algèbre semi-simple commutative maximale de A, il faut et il suffit que B contienne B′B'.

b) Supposons que B contienne B′B' et soit gg un homomorphisme de K-algèbres de B dans A. Il existe un automorphisme intérieur θ\theta de A qui coïncide avec gg sur B.

Soit L une sous-algèbre commutative maximale de A ; d’après le lemme 3 de VIII, p. 257, L est égale à son commutant L′L' dans A. Si B contient L, son commutant B′B' est contenu dans L′L' et donc dans B.

Réciproquement, supposons que B′B' soit contenu dans B. Alors B′B' est le centre de B et c’est une algèbre semi-simple commutative (VIII, p. 133, prop. 2). D’après le corollaire 1 ci-dessus, il existe une sous-algèbre semi-simple commutative maximale L de A, contenant B′B'. Le commutant de L est L (VIII, p. 257, lemme 3 a)) et celui de B′B' est égal à B (VIII, p. 255, th. 5). La relation L⊃B′L\supset B' entraîne donc L⊂BL\subset B. On a prouvé a).

Prouvons b). Supposons que B contienne B′B' et choisissons, d’après a), une sous-algèbre semi-simple commutative maximale L de A, contenue dans B. Soit gg un homomorphisme de B dans A. D’après la prop. 3 de VIII, p. 258 on a l’égalité [A:K]=[L:K]2[A : K] = [L : K]^2; d’après le cor. de VIII, p. 259, il existe un automorphisme intérieur θ1\theta_1 de A, qui coïncide avec gg sur L. Si ff est l’injection canonique de B dans A, les homomorphismes gg et θ1∘f\theta_1\circ f ont même restriction au centre B′B' de B car B′B' est contenu dans L. D’après le th. 2 de VIII, p. 252, il existe un automorphisme intérieur θ\theta de A tel que g=θ∘fg=\theta \circ f; autrement dit, θ\theta prolonge gg.

8. Sous-algèbres diagonalisables des algèbres simples

Soit D une K-algèbre qui est un corps et soit V un espace vectoriel à droite de dimension finie sur D. Soit L une sous-K-algèbre de EndD(V)_D(V) qui est une K-algèbre diagonalisable (V, p. 28). Par définition, L est de degré fini sur K, et il existe une base (εi)i∈I(\varepsilon_i)_{i\in I} de L sur K, avec les propriétés suivantes :

εi2=εi,εiεj=0\varepsilon^2_i=\varepsilon_i, \varepsilon_i\varepsilon_j= 0 si i≠j,∑i∈Iεi=1i\not=j,\sum_{i\in I}\varepsilon_i= 1.

Posons Vi=εi(V)V_i=\varepsilon_i(V) pour tout ii dans I ; alors (Vi)i∈I(V_i)_{i\in I} est une famille de sous-espaces vectoriels de V non nuls, dont V est la somme directe (II, p. 18, prop. 12). Soit uu un endomorphisme de V ; pour que uu appartienne à L, il faut et il suffit que, pour tout i∈Ii\in I, il existe un élément λi\lambda_i de K tel que u(x)=λixu(x) =\lambda_ix pour tout x∈Vix\in V_i.

Réciproquement, supposons que V soit somme directe d’une famille (Vi)i∈I(V_i)_{i\in I} de sous-espaces vectoriels non réduits à 0. Pour tout élément λ=(λi)i∈I\boldsymbol{\lambda }= (\lambda_i)_{i\in I} de KIK^I, notons uλu_{\boldsymbol{\lambda }} l’endomorphisme du D-espace vectoriel V tel que uλ(x)=λixu_{\boldsymbol{\lambda }}(x) =\lambda_ix pour x∈Vix\in V_i. L’ensemble L des endomorphismes uλu_{\boldsymbol{\lambda }}, pour λ∈KI\boldsymbol{\lambda }\in K^I, est une sous-algèbre diagonalisable de EndD_D(V), admettant pour base la famille (εi)i∈I(\varepsilon_i)_{i\in I}, où εi\varepsilon_i est le projecteur d’image ViV_i, de noyau ∑j≠iVj\sum_{j\not=i}V_j. On dit que L est la sous-algèbre diagonalisable de EndD(V)_D(V) associée à la décomposition en somme directe V=⊕i∈IViV =\oplus_{i\in I}V_i. On a [L : K] = Card(I) ⩽\leqslant dimD(V)_D(V).

Proposition 6 00H9

Soit L la sous-algèbre diagonalisable de EndD(V)_D(V)associée à une décomposition en somme directe V=⊕i∈IViV =\oplus_{i\in I}V_i.

a) Pour que L soit maximale parmi les sous-algèbres diagonalisables de la K-algèbre EndD(V)_D(V), il faut et il suffit que chacun des ViV_i soit de dimension 1 sur D.

b) Pour que L soit une sous-algèbre commutative maximale de EndD(V)_D(V), il faut et il suffit que l’on ait D = K et que chaque ViV_i soit de dimension 1 sur K.

Si chacun des espaces vectoriels ViV_i est de dimension 1 sur D, on a

[L : K] = Card(I) = dimD(V)_D(V),

donc L est maximal parmi les sous-algèbres diagonalisables de EndD(V)_D(V). Dans le cas contraire, il existe un indice j∈Ij\in I tel que dimD(Vj)⩾2_D(V_j)\geqslant 2. Choisissons deux sous-espaces vectoriels non nuls Vj′V'_j et Vj′′V''_j de VjV_j dont VjV_j soit somme directe. La sous-algèbre diagonalisable de EndD(V)_D(V) associée à la décomposition en somme directe V=(⊕i∈I−{j}Vi)⊕Vj′⊕Vj′′V = (\oplus_{i\in I-\{j\}}V_i)\oplus V'_j\oplus V''_j contient L et n’est pas égale à L, d’où a).

Le commutant L′L' de L dans EndD(V)_D(V) se compose des endomorphismes de la forme (xi)→(ui(xi))(x_i)\rightarrow (u_i(x_i)), avec (ui)∈∏i∈I(u_i)\in \prod_{i\in I} EndD(Vi)_D(V_i). Pour que L soit une sous-algèbre commutative maximale de EndD_D(V), il faut et il suffit que l’on ait L=L′L = L' (VIII, p. 257, lemme 3 a)). Cette relation équivaut donc à « EndD(Vi)=K_D(V_i) = K pour tout i∈Ii\in I », d’où l’assertion b).

Proposition 7 00HA

Soit L une algèbre commutative de degré fini sur K. Les assertions suivantes sont équivalentes :

(i) L’algèbre L est étale ;

(ii) Il existe une extension séparable de degré fini de K qui diagonalise K.

L’implication (ii)⇒\Rightarrow(i) résulte de V, p. 29, prop. 2.

Démontrons l’implication (i)⇒\Rightarrow(ii). Soit Ω une clôture séparable de K. D’après le th. 4 de V, p. 34, il existe des extensions de degré fini L1,...,LnL_1, . . . ,L_n de K, contenues dans Ω telles que L soit isomorphe au produit L1×⋯×LnL_1\times \cdots \times L_n. Soit N une extension galoisienne de K qui contient les LiL_i (V, p. 56) et démontrons que A(N)A_{(N)} est diagonalisable. Par le théorème de l’élément primitif, (V, p. 39, th. 1), pour tout i∈[1,n]i\in [1, n], il existe un polynôme séparable irréductible Pi∈K[X]P_i\in K[X] tel que LiL_i soit isomorphe à K[X]/(Pi)K[X]/(P_i). Comme N est une extension normale de K, dans laquelle PiP_i admet une racine, le polynôme PiP_i est scindé à racines simples dans N. Par conséquent, la N-algèbre Li(N)L_{i(N)}, qui est isomorphe à N[X]/(Pi)N[X]/(P_i) est isomorphe à N[Li:K]N^{[L_i:K]}. Par suite, A(N)A_{(N)} est diagonalisable.

Théorème 7 00HB

Soient A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini, et L une sous-algèbre de A. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) L’algèbre L est une sous-algèbre étale maximale de A ;

(ii) Il existe une extension K′K' de K, un entier n⩾1n\geqslant 1et un isomorphisme θ\theta de A(K′)A_{(K')} sur Mn(K′)\mathbf{M}_n(K')qui transforme L(K′)L_{(K')} en l’ensemble des matrices diagonales ;

(iii) Il existe K′,nK',n et θ\theta comme dans (ii), l’extension K′K' étant de plus supposée galoisienne et de degré fini.

Il est clair que (iii) entraîne (ii).

Si la condition (ii) est satisfaite, L(K′)L_{(K')} est une sous-algèbre commutative maximale de A(K′)A_{(K')} (prop. 6) et elle est diagonalisable. La K-algèbre L est alors étale (V, p. 28, déf. 1) et c’est une sous-algèbre commutative maximale de A (VIII, p. 257, lemme 3 b)). On a prouvé que (ii) entraîne (i).

Supposons la condition (i) satisfaite. Comme L est étale sur K, d’après la prop. 7 il existe une extension K1K_1 de K, galoisienne et de degré fini telle que la K1K_1-algèbre L(K1)L_{(K_1)} soit diagonalisable. L’algèbre A est centrale et simple ; d’après (VIII, p. 248, th. 1), il existe une extension galoisienne K2K_2, un espace vectoriel V de dimension finie nn sur K2K_2 et un isomorphisme θ\theta de A(K2)A_{(K_2)} sur EndK2(V)_{K_2}(V). Par la prop. 1 de V, p. 55, on peut supposer que K1=K2K_1= K_2. D’après la prop. 4, b) de VIII, p. 260 et le lemme 3, b) (VIII, p. 257), L(K′)L_{(K')} est une sous-algèbre commutative maximale de A(K′)A_{(K')}, donc θ(L(K′))\theta (L_{(K')}) en est une de EndK′(V′)_{K'}(V'). Appliquons la prop. 6 à l’algèbre diagonalisable θ(L(K′)):\theta (L_{(K')}) : il existe une base (e1,...,en)(e_1, . . . , e_n) de V′V' sur K′K' telle que θ(L(K′))\theta (L_{(K')}) se compose des endomorphismes de V′V' dont la matrice par rapport à cette base soit diagonale. Donc (i) entraîne (iii).

Exercices

See the exercises for § 14.

Transcribed from the printed volume. Not translated.