§ 14. Algèbres centrales et simples
Dans ce paragraphe, K désigne un corps commutatif.
1. Algèbres centrales et simples
Définition 1 00GE
On dit qu’une algèbre A sur le corps K est centrale si l’application est une bijection de K sur le centre de A.
Une algèbre centrale n’est pas réduite à 0. Pour tout entier , la K-algèbre de matrices est centrale (VIII, p. 78, cor. 2) et simple (VIII, p. 116, th. 1). Plus généralement, soit D une K-algèbre centrale de degré fini, alors est également centrale. Soit A un anneau simple ; son centre Z est un corps (VIII, p. 117, cor. 1), et A est donc une algèbre centrale et simple sur Z. Si le corps K est algébriquement clos, une algèbre simple de degré fini sur K est centrale (VIII, p. 118, cor. 3). L’algèbre opposée d’une algèbre centrale et simple est centrale et simple.
Remarque 1 00GF
Soient A et B des K-algèbres. Si l’algèbre est centrale et simple, il en est de même de A et B (III, p. 41, cor. de la prop. 6 et VIII, p. 217, prop. 6). Réciproquement, si les algèbres A et B sont centrales et simples et si l’une d’elles est de degré fini sur K, alors l’algèbre est centrale et simple (III, p. 41, cor. de la prop. 6 et VIII, p. 217, cor. 2).
Remarque 2 00GG
Soit A une K-algèbre et soit L une extension du corps K. Si la L-algèbre est centrale et simple, alors la K-algèbre A est centrale et simple. Réciproquement, si l’un des degrés [A : K] ou [L : K] est fini et si la K-algèbre A est centrale et simple, la L-algèbre est centrale et simple. Cela résulte du cor. 2 de VIII, p. 218.
Remarque 3 00GH
Soient A et B des K-algèbres équivalentes au sens de Morita. L’algèbre A est centrale simple si et seulement s’il en est de même de B (VIII, p. 101, prop. 6, p. 106, cor. et p. 98, cor. 1).
Remarque 4 00GI
En particulier, si A est une K-algèbre centrale et simple et si , alors est une K-algèbre centrale et simple (VIII, p. 98, exemple 1).
Théorème 1 00GJ
Soit A une K-algèbre de degré fini. Les propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) L’algèbre A est centrale et simple ;
(ii) L’algèbre A est centrale et sans radical ;
(iii) L’homomorphisme canonique de la K-algèbre dans la K-algèbre Endqui transforme en l’application K-linéaire de A dans A est bijectif ;
(iv) Il existe une extension L du corps K et un entier tels que les L-algèbres et soient isomorphes ;
(v) Pour toute clôture séparable de K, il existe un entier tel que les -algèbres et soient isomorphes ;
(vi) Il existe une extension L du corps K, galoisienne et de degré fini, et un entier tels que les L-algèbres et soient isomorphes ;
(vii) Il existe une K-algèbre de degré fini D qui est un corps de centre K et un entier tel que l’algèbre A soit isomorphe à l’algèbre .
Pour qu’un anneau soit simple, il faut et il suffit qu’il soit semi-simple et que son centre soit un corps (VIII, p. 138, cor. de la prop. 10). Comme A est une algèbre de degré fini sur le corps K, c’est un anneau artinien à gauche ; il est donc semi-simple si et seulement s’il est sans radical (VIII, p. 150, prop. 4). L’équivalence de (i) et (ii) résulte de là.
Posons et F = End; notons l’homomorphisme canonique de E dans F défini par la relation pour dans A. Si l’algèbre A est centrale et simple, il en est de même de et donc de E (remarque 1), et est donc injectif. Or on a , donc est bijectif. Réciproquement, supposons bijectif ; comme l’algèbre F est centrale et simple (car elle est isomorphe à une algèbre de matrices (K)), il en est de même de E, donc aussi de A (remarque 1). On a donc prouvé l’équivalence de (i) et (iii).
Par la remarque 4, l’assertion (vii) entraîne l’assertion (i). L’implication réciproque résulte du cor. 3 de VIII, p. 118 et du cor. 2 de VIII, p. 78.
Il est clair que (vi) entraîne (iv), et (iv) entraîne (i) d’après la remarque 2.
Il reste à prouver les implications (i)(v)(vi). Supposons que A soit centrale et simple et notons une clôture séparable de K (V, p. 44). Alors est une algèbre centrale, simple et de degré fini sur (VIII, p. 247, remarque 2). D’après le corollaire de VIII, p. 227, il existe donc un entier et un isomorphisme de -algèbres de sur ; remarquons que les -algèbres et sont isomorphes. D’après le lemme 4 de VIII, p. 229, il existe une sous-extension L de , de type fini K telle que les L-algèbres et soient isomorphes. Alors L est séparable et de degré fini sur K, donc contenue dans une sous-extension de , galoisienne et de degré fini sur K (V, p. 55, prop. 2). Les -algèbres et sont alors isomorphes.
Corollaire 1 00GK
Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur un corps séparablement clos K. Il existe un entier tel que A soit isomorphe à l’algèbre de matrices .
En effet, toute extension galoisienne de K est égale à K ; il suffit d’appliquer l’équivalence des propriétés (i) et (v) du th. 1.
Corollaire 2 00GL
Soit A une algèbre centrale, simple, et de degré fini sur K (par exemple, un corps de centre K et de degré fini sur K). Il existe un entier tel que .
Soient L une extension de K et un entier strictement positif tels que les L-algèbres et soient isomorphes. On a
Avec les notations du corollaire 2, l’entier s’appelle le degré réduit de A.
Remarque 5 00GM
Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K, dont le degré réduit est un nombre premier . Alors A est un corps ou A est isomorphe à . En effet, A est isomorphe à une algèbre de la forme (D), où D est un corps de centre K et l’on a
si A n’est pas un corps, alors , donc et D = K.
2. Deux lemmes sur les bimodules
Soient A et B des anneaux. Pour tout homomorphisme de B dans A, on note le , A)-bimodule dont le A-module à droite sous-jacent est et dont la loi d’action de B-module à gauche est donnée par .
Lemme 1 00GN
Soient et des homomorphismes de B dans A. Les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) Les -bimodules et sont isomorphes ;
(ii) Il existe un automorphisme intérieur (I, p. 97, exemple ) de A tel que .
Les automorphismes du A-module à droite sont les applications , où est un élément inversible de A. Pour qu’un tel automorphisme soit une application B-linéaire de dans , il faut et il suffit que l’on ait
pour tout dans A et tout dans B. Cette relation équivaut à pour tout dans B, c’est-à-dire à , où est l’automorphisme intérieur de A.
Lemme 2 00GO
Supposons que B soit un anneau semi-simple et un module de type fini sur son centre Z. Soient M et N des -bimodules. Supposons-les de longueur finie (ce qui a lieu en particulier si ce sont des A-modules à droite de longueur finie). Si M et N sont isomorphes comme -bimodules, ils sont isomorphes comme -bimodules.
A) Considérons d’abord le cas où B est l’anneau des endomorphismes d’un espace vectoriel S de dimension finie sur un corps commutatif L. On a alors Z = L ; on considère S comme un , Z)-bimodule. L’anneau B est simple, S est un B-module simple et Z est le commutant de S ; tout B-module est isotypique de type S (VIII, p. 118, prop. 2 a)). Soit (resp. ) une description du B-module M (resp. N). L’ensemble V (resp. W) est muni d’une structure de -bimodule de sorte que (resp. ) soit un isomorphisme de , A)-bimodules (VIII, p. 60, remarque 2). Comme , A)-bimodule, M est isomorphe à et N à , et il existe un isomorphisme de l’ensemble des sous-(Z, A)-bimodules de V, ordonné par inclusion, sur celui des sous-(B, A)-bimodules de M (loc. cit.). Donc V est un , A)-bimodule de longueur finie et il en est de même de W. Comme les -bimodules et sont isomorphes, les , A)-bimodules V et W sont isomorphes d’après le th. 2, d) de VIII, p. 34 appliqué à l’anneau . Finalement, les , A)-bimodules M et N sont isomorphes.
B) Considérons maintenant le cas où B est un anneau simple, de type fini en tant que Z-module. Alors Z est un corps et B est une algèbre centrale, simple, et de degré fini sur le corps Z. D’après le th. 1 de VIII, p. 248 il existe une extension de Z, de degré fini sur Z, telle que la -algèbre soit isomorphe à l’algèbre des endomorphismes d’un espace vectoriel de dimension finie sur . Posons et . Alors et sont des , A)-bimodules de longueur finie ; considérés comme , A)-bimodules, et sont isomorphes. D’après le cas traité en et sont isomorphes comme , A)-bimodules et a fortiori comme , A)-bimodules. Posons ; le , A)-bimodule est isomorphe à et, de même, le , A)-bimodule est isomorphe à ; comme M et N sont des , A)-bimodules de longueur finie, il résulte du th. 2, d) de VIII, p. 34 que les , A)-bimodules M et N sont isomorphes.
C) Considérons enfin le cas général, où B est un anneau semi-simple, de type fini en tant que Z-module. Soit l’ensemble des classes de B-modules simples ; il est fini (VIII, p. 132, prop. 1). Pour tout , notons (resp. ) le composant isotypique de type du B-module M (resp. N) ; c’est un sous-(B, A)-bimodule de M (resp. N) (remarque, VIII, p. 63). Pour , notons l’annulateur du B-module et posons ; soit le centre de . Pour , les -bimodules et sont de longueur finie. On peut alors identifier B au produit des anneaux simples , et Z au produit des (VIII, p. 137, prop. 8). De plus, on peut identifier M à et N à ,. Par hypothèse, M et N sont isomorphes comme , A)-bimodules ; il en résulte que pour et sont des , A)-bimodules isomorphes. D’après le cas traité en B), les , A)-bimodules et sont isomorphes, donc les , A)-bimodules M et N sont isomorphes.
Remarque 00GP
Il résulte de la démonstration du lemme 2 que M et N sont des -bimodules de longueur finie. Par conséquent, si B et A sont deux anneaux semi-simples qui sont des modules de type fini sur leurs centres respectifs Z(B) et Z(A), deux , A)-bimodules de longueur finie qui sont isomorphes comme (Z(B),Z(A))bimodules sont isomorphes.
3. Théorèmes de conjugaison
Théorème 2 00GQ
Soient B un anneau semi-simple et Z son centre ; on suppose que B est un Z-module de type fini. Soit A un anneau artinien à droite et soient et des homomorphismes d’anneaux de B dans A ; notons et les restrictions de et à Z. Les propriétés suivantes sont équivalentes :
(i) Il existe un automorphisme intérieur de A tel que ;
(ii) Il existe un automorphisme intérieur de A tel que .
Comme l’anneau A est artinien à droite, est un A-module à droite de longueur finie (VIII, p. 5, th. 1). Ainsi et sont des , A)-bimodules de longueur finie. D’après le lemme 1 (VIII, p. 250), l’assertion (i) signifie que et sont des , A)-bimodules isomorphes et l’assertion (ii) que ce sont des , A)-bimodules isomorphes. L’équivalence de (i) et (ii) résulte donc du lemme 2 (VIII, p. 250).
Corollaire 00GR
Soient A et B des algèbres sur le corps K. On suppose que B est centrale, simple et de degré fini et que A est artinienne à droite. Soient et des homomorphismes de K-algèbres de B dans A. Il existe un automorphisme intérieur de A tel que .
Avec les notations du théorème 2, on a en effet Z = K, d’où .
Théorème 3 (Skolem-Noether) 00S9
Soient A et B des K-algèbres simples, Z(A) et Z(B) leurs centres. On suppose que l’algèbre B est de degré fini sur K, et que l’algèbre est un corps (ce qui a lieu en particulier si A ou B est centrale). Soient et des homomorphismes de K-algèbres de B dans A. Il existe un automorphisme intérieur de A tel que .
D’après le lemme 1 de VIII, p. 250 il suffit de prouver que les , A)-bimodules et sont isomorphes. Or, on peut considérer et comme des modules à gauche sur l’algèbre , et cette dernière est simple d’après la prop. 7 de VIII, p. 217. Comme A-modules à droite, et sont isomorphes à , donc de longueur finie puisque l’anneau A est simple (VIII, p. 117, cor. 1). A fortiori et sont des C-modules de longueur finie. Soit S un C-module simple ; il existe des entiers strictement positifs et tels que soit isomorphe à et à . Le A-module à droite S est donc de longueur finie non nulle. Comme les A-modules à droite sous-jacents à et sont isomorphes, ils ont même longueur ; on a donc , de sorte que les C-modules et sont isomorphes.
Corollaire 1 00GS
Soit A une algèbre centrale et simple sur K, et soit L une extension de degré fini de K. Si et sont des homomorphismes de K-algèbres de L dans A, il existe un automorphisme intérieur de A tel que .
Corollaire 2 00GT
Soit A une algèbre centrale et simple sur K et soit L une sous-algèbre de A qui est un corps. Tout homomorphisme de K-algèbre de L dans A se prolonge en un automorphisme intérieur de A.
Corollaire 3 00GU
Soit D un corps, de centre K, et de degré fini sur K. Tout élément de D est algébrique sur K. Soient et des éléments de D ; pour qu’il existe un élément de tel que , il faut et il suffit que et aient même polynôme minimal sur K.
La première assertion résulte du cor. 1 de V, p. 16.
Supposons qu’il existe un élément de tel que ; pour tout polynôme P de K[X], on a , et en particulier on a si et seulement si . Par suite et ont le même polynôme minimal sur K (V, p. 15, th. 1).
Réciproquement, supposons que et aient le même polynôme minimal. D’après loc. cit., il existe un K-isomorphisme de sur tel que , et est un corps. D’après le cor. 2 se prolonge en un automorphisme intérieur de D, et l’on a donc .
Proposition 1 00GV
Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit B une K-algèbre, soient et des homomorphismes d’algèbres de B dans A. Les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) Il existe un automorphisme intérieur de A tel que ;
(ii) En tant que B-modules à gauche, et sont isomorphes.
D’après le lemme 1 (VIII, p. 250), la propriété (i) équivaut au fait que et sont isomorphes comme , A)-bimodules. Comme A est de dimension finie sur K, et sont des B-modules de longueur finie. Comme le centre de A est égal à K , l’équivalence de (i) et (ii) résulte du lemme 2 de VIII, p. 250, appliqué au )-bimodules et .
4. Automorphismes des algèbres semi-simples
Théorème 4 00GW
Soient A un anneau semi-simple, Z son centre et un automorphisme de A. On suppose que A est un Z-module de type fini et que l’on a pour tout dans Z. Alors est un automorphisme intérieur.
Cela résulte du th. 2 de VIII, p. 252 appliquée avec Id et .
Exemple 00RH
Le th. 4 s’applique dans les deux cas particuliers suivants :
☡ a) Soient D un corps et Z son centre. Si D est de degré fini sur Z, tout automorphisme de D qui laisse fixes les éléments de Z est intérieur. L’hypothèse que D est de degré fini sur Z est essentielle (VIII, p. 265, exerc. 4).
b) Soit V un espace vectoriel de dimension finie sur le corps K. Tout automorphisme de la K-algèbre End est intérieur ; ce résultat s’étend au cas où l’espace V n’est pas de dimension finie sur K (VIII, p. 268, exerc. 13).
En particulier, tout automorphisme d’une algèbre de matrices (avec ) est intérieur. Ce résultat admet la généralisation suivante :
Proposition 2 00GX
Soient L un anneau commutatif et V un L-module libre de dimension finie . On suppose que tout L-module M tel que soit isomorphe à est isomorphe à L. Alors tout automorphisme de la L-algèbre Endest intérieur.
Posons B = End. Soit un automorphisme de la L-algèbre B. Considérons V comme un B-module à gauche ; soit le B-module à gauche associé à , dont la loi d’action est (II, p. 30). Soit une base du L-module V ; étant donnés des éléments de V, il existe un unique élément de B tel que l’on ait pour . Autrement dit, l’élément de fournit une base du B-module . Comme est un automorphisme, donne aussi une base du B-module , qui est donc isomorphe à . Le , L)-bimodule V est inversible (VIII, p. 98, exemple 1) D’après le th. 2, b) de VIII, p. 99, il existe donc un L-module M tel que le B-module soit isomorphe à . Les B-modules et , respectivement isomorphes à et à sont donc isomorphes. D’après loc. cit., les L-modules et sont isomorphes. Vu l’hypothèse faite, M est isomorphe à L ; par suite le B-module (V), qui est isomorphe à , est isomorphe à V. Soit un isomorphisme de B-modules de V sur ; c’est en particulier un automorphisme du L-module V, c’est-à-dire un élément inversible de B. Pour dans B et dans V, on a , d’où .
Les hypothèses de la prop. 2 sont satisfaites notamment lorsque l’anneau commutatif L est principal (VII, p. 14, cor. 3), ou artinien (VIII, p. 34, th. 2 d)), ou local (VIII, p. 33, cor. 6).
5. Sous-algèbres simples des algèbres simples
Théorème 5 00GY
Soit A une K-algèbre centrale et simple et soit B une sous-algèbre de A, semi-simple et de degré fini sur K.
a) Le commutant de B dans A est une sous-algèbre semi-simple et B est le commutant de dans A. De plus l’algèbre est une algèbre commutative semi-simple de degré fini sur K et c’est le centre commun de B et de .
b) Supposons que B soit simple. Alors est simple et l’on a les égalités
(voir VIII, p. 120, déf. 2 pour la définition du degré ).
La K-algèbre est centrale et simple et la K-algèbre B est semi-simple et de degré fini. D’après le cor. 1 de VIII, p. 217, l’algèbre est semi-simple. Soit M le C-module ayant même groupe additif que A, avec la loi d’action caractérisée par la formule , pour dans A et dans B. Soit un élément de End. Alors appartient au commutant du C-module M si et seulement si est A-linéaire à droite et B-linéaire à gauche, ce qui revient à dire que apprtient au commutant de dans l’anneau des homothéties du A-module . On définit donc un isomorphisme de sur par la relation pour dans et dans M. Or l’anneau C est semi-simple et le C-module M est engendré par l’élément 1 de A. D’après la prop. 6 de VIII, p. 135 l’anneau est semi-simple, donc l’algèbre est semi-simple.
Soit l’homomorphisme de K-algèbres de dans End qui associe à l’application K-linéaire de M dans M. Comme les K-algèbres A et sont centrales et simples, les seuls idéaux bilatères de sont 0 et (VIII, p. 214, cor.). On a et . L’homomorphisme n’est pas nul ; il est donc injectif. L’anneau C étant semi-simple, on a d’après la prop 5 de VIII, p. 135. Il en résulte que la sous-algèbre de est le commutant de la sous-algèbre . Le commutant de dans est donc égal à , c’est-à-dire à d’après la prop. 19 de II, p. 113. Donc le commutant de dans A est égal à B. L’algèbre est le centre de B. Comme B est une algèbre semi-simple de degré fini sur K, l’algèbre L est commutative, semi-simple et de degré fini sur K. Comme B est le commutant de dans A, le centre de est aussi égal à (VIII, p. 73). On a prouvé a).
Supposons maintenant que l’algèbre B soit simple. D’après le cor. 2 de VIII, p. 217, l’anneau C est simple. D’après la prop. 4 de VIII, p. 119 appliquée au C-module M, dont le commutant est isomorphe à , l’anneau est simple et M est un -module de longueur finie. Autrement dit, est un sous-anneau simple de l’anneau simple A et le degré à gauche est un entier . Considéré comme -module à gauche, A possède une base finie . De plus (loc. cit.) induit par restriction un isomorphisme de C sur End(A), et l’application de C sur est donc bijective. Par suite, C est un A-module à droite libre de dimension . Or on a , donc C est un A-module à droite libre de dimension [B : K], d’où . De la prop. 6 de VIII, p. 121, on déduit
comme on a aussi
et que [B : K] est fini et non nul, on conclut à l’égalité (E, III, p. 49). On a prouvé b).
☡ Soit A une K-algèbre simple, centrale, de degré fini. Il peut exister des sous-algèbres commutatives semi-simples B de A satisfaisant à (exerc. 1 de VIII, p. 265).
Théorème 6 00GZ
Soient A une K-algèbre centrale et simple, B une sous-algèbre de degré fini de A et son commutant dans A.
a) Supposons que B soit centrale et simple. Alors est centrale et simple et l’homomorphisme de K-algèbres qui transforme en est un isomorphisme.
b) Supposons que B soit semi-simple et soit . Alors est une algèbre semi-simple. Le commutant de L dans A est un anneau semi-simple de centre L, et l’homomorphisme d’anneaux qui transforme en est un isomorphisme.
Prouvons a). Si B est centrale et simple, est centrale et simple d’après le th. 5 de VIII, p. 255. Alors la K-algèbre est simple (VIII, p. 217, cor. 2) et l’homomorphisme est injectif. Or, d’après l’égalité de et [B : K] (VIII, p. 255, th. 5), les -modules à gauche et A sont libres de même dimension finie ; ce sont donc des -modules ayant la même longueur finie. D’après le corollaire 2 de II, p. est bijectif.
Prouvons b). D’après le th. 5 de VIII, p. 255, l’algèbre L est commutative, de degré fini sur K et semi-simple. D’après loc. cit. appliqué à L, son commutant dans A est une algèbre semi-simple et L est le commutant de dans A, donc L est le centre de . Comme L est le centre des anneaux semi-simples et , on peut identifier à un produit fini d’anneaux simples , de sorte que l’on ait
où est le centre de , et où et sont des sous-algèbres de , de centre , commutante l’une de l’autre dans . Considérons comme une algèbre centrale et simple sur le corps commutatif , et comme une -algèbre centrale, simple et de degré fini. D’après l’assertion a), l’application canonique qui transforme en est un isomorphisme d’anneaux. Or on peut identifier à de sorte que soit le produit de la famille d’applications . Donc est un isomorphisme d’anneaux.
Corollaire 00H0
Supposons que le corps K soit algébriquement clos et que A soit une algèbre simple et de degré fini sur K. Soit B une sous-algèbre simple de A et soit le commutant de B dans A. Alors est une K-algèbre simple, B est le commutant de , on a et l’homomorphisme canonique de dans A est un isomorphisme de K-algèbres.
Comme toute algèbre simple de degré fini sur K est centrale, le corollaire résulte des théorèmes 5 et 6.
6. Sous-algèbres commutatives maximales
On dit qu’une sous-algèbre d’une K-algèbre A est une sous-algèbre commutative maximale de A si c’est un élément maximal de l’ensemble des sous-algèbres commutatives de A.
Lemme 3 00H1
Soient A une K-algèbre et L une sous-algèbre de A.
a) Pour que L soit une sous-algèbre commutative maximale de A, il faut et il suffit que L soit égale à son commutant dans A.
b) Soit une K-algèbre commutative non nulle. Pour que L soit une sous-algèbre commutative maximale de A, il faut et il suffit que soit une sous-algèbre commutative maximale de .
Prouvons a). Supposons d’abord que L soit égale à . Alors L est commutative ; si M est une sous-algèbre commutative de A contenant L, on a pour dans L et dans M, d’où et donc M = L. Par suite, L est une sous-algèbre commutative maximale de A.
Réciproquement, supposons que L soit une sous-algèbre commutative maximale de A et soit un élément de . La sous-algèbre M de A engendrée par est alors commutative et contient L. Vu le caractère maximal de L, on a M = L, d’où et finalement , d’où a).
D’après la prop. 6 de III, p. 40, le commutant de dans est . Comme les égalités et sont équivalentes (II, p. 113, prop. 19), l’assertion b) résulte de a).
Proposition 3 00H2
Soit A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini et soit L une sous-algèbre commutative semi-simple de A. Les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) L’algèbre L est une sous-algèbre commutative maximale de A ;
(ii) Le L-module à gauche A est libre, de dimension égale à [L : K] ;
(iii) On a .
Supposons de plus que A soit l’algèbre End, où V est un espace vectoriel de dimension finie non nulle sur K. Alors les conditions précédentes équivalent aussi à la suivante :
(iv) V est un L-module libre de dimension 1.
A) Supposons que A soit de la forme End(V), où V est un espace vectoriel de dimension finie non nulle sur le corps K. Nous établirons l’équivalence des conditions (i) à (iv) selon le schéma logique
(i) (iv) (ii) (iii) (i) .
Comme L est une algèbre commutative, semi-simple, de degré fini sur K, on peut l’identifier à un produit fini d’extensions de degré fini de K (VIII, p. 133, prop. 3). Pour tout , soit le composant isotypique de type du L-module V, c’est un espace vectoriel de dimension finie non nulle sur car V est un L-module fidèle (VIII, p. 140, cor.). On peut alors identifier V à . Dans ces conditions, le commutant de L dans A, qui n’est autre que l’algèbre End(V), s’identifie au produit End.
Supposons que L soit une sous-algèbre commutative maximale de End. D’après le lemme 3 a), on a , donc est commutative et l’on a dim pour tout . Ainsi (i) entraîne (iv).
Supposons que le L-module V soit libre de dimension 1. Soit une base de V sur K. L’application est un isomorphisme de A-modules à gauche de A sur et donc de L-modules. Par suite, A est un L-module à gauche libre de dimension , et l’on a dim. Donc (iv) entraîne (ii).
Il est clair que (ii) entraîne (iii).
Supposons enfin qu’on ait , autrement dit dim. On a donc dim, de sorte que pour tout est de dimension 1 sur . On a alors End pour tout , d’où . D’après le lemme 3 a), L est une sous-algèbre commutative maximale de A. Donc (iii) entraîne (i).
B) Passons au cas général. D’après le th. 1 de VIII, p. 248, il existe une extension de K, séparable et de degré fini, telle que la -algèbre soit isomorphe à une algèbre End, où est un espace vectoriel de dimension finie non nulle sur . Alors la -algèbre est commutative et semi-simple (VIII, p. 218, cor. 2). D’après la première partie de la démonstration, les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) L’algèbre est une sous-algèbre commutative maximale de ;
(ii) Le -module à gauche est libre, de dimension ;
(iii) On a .
D’après le lemme 3 b), les conditions (i) et (i’) sont équivalentes.
Posons , d’où ; la condition (ii) signifie que les L-modules à gauche A et sont isomorphes ; d’après le th. 3 de VIII, p. 34, ceci équivaut à l’isomorphisme des -modules et , d’où l’équivalence de (ii) et (ii).
Enfin, on a et , d’où l’équivalence des conditions (iii) et (iii).
On a ainsi prouvé l’équivalence des conditions (i), (ii) et (iii).
Corollaire 00H3
Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K et soit L une K-algèbre commutative semi-simple telle que [A : K] soit égal à ;soient et des homomorphismes injectifs de L dans A. Il existe un automorphisme intérieur de A tel que .
Posons . Considéré comme un module à gauche sur le sous-anneau (L), A est libre de dimension cela résulte de l’équivalence des conditions (ii) et (iii) de la prop. 3. Comme est un isomorphisme de L sur (L), le L-module à gauche (dont la loi d’action est donnée par ) est libre de dimension . Il en est de même de , qui est donc isomorphe à . On conclut en utilisant l’équivalence des conditions (i) et (ii) de la prop. 1 (VIII, p. 253).
☡ Supposons que A soit une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Il peut exister des sous-algèbres commutatives maximales L de A, non semi-simples, telles que (VIII, p. 266, exerc. 5).
7. Sous-algèbres étales maximales
Lemme 4 00H4
Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K, distincte de K. Il existe une sous-algèbre étale (V, p. 28, déf. 1) de A, distincte de K.
D’après le théorème de Wedderburn (VIII, p. 116, th. 1), on peut supposer que A est de la forme (D), où est un entier strictement positif et D un corps de centre K.
Supposons . L’algèbre des matrices diagonales à éléments dans K est une sous-algèbre étale de A distincte de K.
Supposons . Soit l’exposant caractéristique de D. Par le lemme 1 de VIII, p. 226, il existe un élément de D tel que n’appartienne à K pour aucun entier positif . Pour assez grand, l’élément est séparable sur K (V, p. 42, prop. 13), mais n’appartient pas à K ; la sous-algèbre de A est une extension séparable de degré fini du corps K, donc une sous-algèbre étale sur K ; elle est distincte de K.
Proposition 4 00H5
Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit L une sous-algèbre de A et soit le commutant de L dans A.
a) Si L est maximale parmi les sous-algèbres commutatives semi-simples de A, on a et L est une sous-algèbre commutative maximale de A.
b) Si L est maximale parmi les sous-algèbres étales de A, on a , et L est une sous-algèbre commutative maximale de A.
On sait que la relation signifie que L est une sous-algèbre commutative maximale de A (VIII, p. 257, lemme 3 a)). Supposons que L soit semi-simple, commutative et distincte de . D’après le th. 5 de VIII, p. 255, est semi-simple, et L est le commutant de , donc le centre de ; par suite, n’est pas commutative. Il nous suffit de prouver qu’il existe une sous-algèbre semi-simple commutative M de A, distincte de L et contenant L, et qui est étale si L est étale.
D’après le théorème de structure des anneaux semi-simples (VIII, p. 131, th. 1), il existe des anneaux simples et un isomorphisme de sur . Pour 1 , notons le centre de ; on a donc . Comme n’est pas commutative, on peut supposer que , par exemple, n’est pas commutative ; on a donc , et d’après le lemme 4, il existe une sous-algèbre de , commutative, distincte de , et étale sur . Posons ; c’est une sous-algèbre commutative semi-simple de A, contenant L et distincte de L. Supposons que L soit étale sur K et démontrons que M est étale. Les extensions de K sont séparables (V, p. 29, prop. 3). De plus, comme la -algèbre et la K-algèbre sont étales, la K-algèbre est étale (V, p. 32, cor. 2). Ainsi la K-algèbre est étale, donc M a la même propriété.
Soit A une algèbre simple centrale et de degré fini sur K. Une sous-algèbre de A maximale parmi les sous-algèbres commutatives semi-simples de A est appelée une sous-algèbre semi-simple commutative maximale de A. D’après la prop. 4, le qualificatif « maximal » se rapporte donc au choix à la propriété d’être commutative, ou semi-simple et commutative. Une sous-algèbre de A maximale parmi les sous-algèbres étales de A est appelée une sous-algèbre semi-simple étale maximale de A.
Corollaire 1 00H6
Soit A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini. Toute sous-algèbre semi-simple (resp. étale) commutative de A est contenue dans une sous-algèbre commutative maximale de A qui est semi-simple (resp. étale).
Corollaire 2 00H7
Soit D un corps de centre K et de degré fini sur K.
a) Les sous-corps commutatifs maximaux de D sont les sous-algèbres commutatives maximales de D et aussi les sous-algèbres semi-simples commutatives maximales de D. Tout sous-corps commutatif L de D est contenu dans un sous-corps commutatif maximal.
b) Soit L un sous-corps commutatif de D qui est une extension séparable de K, alors il est contenu dans un sous-corps commutatif maximal de D qui est une extension séparable de K.
c) Soit L un sous-corps commutatif de D. Pour que L soit un sous-corps commutatif maximal de D, il faut et il suffit qu’on ait .
Une sous-algèbre de D est un corps (V, p. 10, prop. 1) et donc semi-simple. De plus, un sous-corps commutatif maximal de D contient K. Les assertions a) et b) résultent alors du cor. 1 et l’assertion c) de la prop. 3 (VIII, p. 258).
Proposition 5 00H8
Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit B une sous-algèbre semi-simple de A et soit le commutant de B.
a) Pour que B contienne une sous-algèbre semi-simple commutative maximale de A, il faut et il suffit que B contienne .
b) Supposons que B contienne et soit un homomorphisme de K-algèbres de B dans A. Il existe un automorphisme intérieur de A qui coïncide avec sur B.
Soit L une sous-algèbre commutative maximale de A ; d’après le lemme 3 de VIII, p. 257, L est égale à son commutant dans A. Si B contient L, son commutant est contenu dans et donc dans B.
Réciproquement, supposons que soit contenu dans B. Alors est le centre de B et c’est une algèbre semi-simple commutative (VIII, p. 133, prop. 2). D’après le corollaire 1 ci-dessus, il existe une sous-algèbre semi-simple commutative maximale L de A, contenant . Le commutant de L est L (VIII, p. 257, lemme 3 a)) et celui de est égal à B (VIII, p. 255, th. 5). La relation entraîne donc . On a prouvé a).
Prouvons b). Supposons que B contienne et choisissons, d’après a), une sous-algèbre semi-simple commutative maximale L de A, contenue dans B. Soit un homomorphisme de B dans A. D’après la prop. 3 de VIII, p. 258 on a l’égalité ; d’après le cor. de VIII, p. 259, il existe un automorphisme intérieur de A, qui coïncide avec sur L. Si est l’injection canonique de B dans A, les homomorphismes et ont même restriction au centre de B car est contenu dans L. D’après le th. 2 de VIII, p. 252, il existe un automorphisme intérieur de A tel que ; autrement dit, prolonge .
8. Sous-algèbres diagonalisables des algèbres simples
Soit D une K-algèbre qui est un corps et soit V un espace vectoriel à droite de dimension finie sur D. Soit L une sous-K-algèbre de End qui est une K-algèbre diagonalisable (V, p. 28). Par définition, L est de degré fini sur K, et il existe une base de L sur K, avec les propriétés suivantes :
si .
Posons pour tout dans I ; alors est une famille de sous-espaces vectoriels de V non nuls, dont V est la somme directe (II, p. 18, prop. 12). Soit un endomorphisme de V ; pour que appartienne à L, il faut et il suffit que, pour tout , il existe un élément de K tel que pour tout .
Réciproquement, supposons que V soit somme directe d’une famille de sous-espaces vectoriels non réduits à 0. Pour tout élément de , notons l’endomorphisme du D-espace vectoriel V tel que pour . L’ensemble L des endomorphismes , pour , est une sous-algèbre diagonalisable de End(V), admettant pour base la famille , où est le projecteur d’image , de noyau . On dit que L est la sous-algèbre diagonalisable de End associée à la décomposition en somme directe . On a [L : K] = Card(I) dim.
Proposition 6 00H9
Soit L la sous-algèbre diagonalisable de Endassociée à une décomposition en somme directe .
a) Pour que L soit maximale parmi les sous-algèbres diagonalisables de la K-algèbre End, il faut et il suffit que chacun des soit de dimension 1 sur D.
b) Pour que L soit une sous-algèbre commutative maximale de End, il faut et il suffit que l’on ait D = K et que chaque soit de dimension 1 sur K.
Si chacun des espaces vectoriels est de dimension 1 sur D, on a
[L : K] = Card(I) = dim,
donc L est maximal parmi les sous-algèbres diagonalisables de End. Dans le cas contraire, il existe un indice tel que dim. Choisissons deux sous-espaces vectoriels non nuls et de dont soit somme directe. La sous-algèbre diagonalisable de End associée à la décomposition en somme directe contient L et n’est pas égale à L, d’où a).
Le commutant de L dans End se compose des endomorphismes de la forme , avec End. Pour que L soit une sous-algèbre commutative maximale de End(V), il faut et il suffit que l’on ait (VIII, p. 257, lemme 3 a)). Cette relation équivaut donc à « End pour tout », d’où l’assertion b).
Proposition 7 00HA
Soit L une algèbre commutative de degré fini sur K. Les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) L’algèbre L est étale ;
(ii) Il existe une extension séparable de degré fini de K qui diagonalise K.
L’implication (ii)(i) résulte de V, p. 29, prop. 2.
Démontrons l’implication (i)(ii). Soit Ω une clôture séparable de K. D’après le th. 4 de V, p. 34, il existe des extensions de degré fini de K, contenues dans Ω telles que L soit isomorphe au produit . Soit N une extension galoisienne de K qui contient les (V, p. 56) et démontrons que est diagonalisable. Par le théorème de l’élément primitif, (V, p. 39, th. 1), pour tout , il existe un polynôme séparable irréductible tel que soit isomorphe à . Comme N est une extension normale de K, dans laquelle admet une racine, le polynôme est scindé à racines simples dans N. Par conséquent, la N-algèbre , qui est isomorphe à est isomorphe à . Par suite, est diagonalisable.
Théorème 7 00HB
Soient A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini, et L une sous-algèbre de A. Les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) L’algèbre L est une sous-algèbre étale maximale de A ;
(ii) Il existe une extension de K, un entier et un isomorphisme de sur qui transforme en l’ensemble des matrices diagonales ;
(iii) Il existe et comme dans (ii), l’extension étant de plus supposée galoisienne et de degré fini.
Il est clair que (iii) entraîne (ii).
Si la condition (ii) est satisfaite, est une sous-algèbre commutative maximale de (prop. 6) et elle est diagonalisable. La K-algèbre L est alors étale (V, p. 28, déf. 1) et c’est une sous-algèbre commutative maximale de A (VIII, p. 257, lemme 3 b)). On a prouvé que (ii) entraîne (i).
Supposons la condition (i) satisfaite. Comme L est étale sur K, d’après la prop. 7 il existe une extension de K, galoisienne et de degré fini telle que la -algèbre soit diagonalisable. L’algèbre A est centrale et simple ; d’après (VIII, p. 248, th. 1), il existe une extension galoisienne , un espace vectoriel V de dimension finie sur et un isomorphisme de sur End. Par la prop. 1 de V, p. 55, on peut supposer que . D’après la prop. 4, b) de VIII, p. 260 et le lemme 3, b) (VIII, p. 257), est une sous-algèbre commutative maximale de , donc en est une de End. Appliquons la prop. 6 à l’algèbre diagonalisable il existe une base de sur telle que se compose des endomorphismes de dont la matrice par rapport à cette base soit diagonale. Donc (i) entraîne (iii).
Exercices
See the exercises for § 14.