Bourbaki

§ 5. Revêtements principaux

1. Espaces fibrés principaux

Définition 1 01Q5

Soient G un groupe topologique et B un espace topologique. On appelle espace fibré principal (à droite) de base B et de groupe G un B-espace (E,p)(E, p) muni d’une opération à droite de G sur E (A, I, p. 50) ayant la propriété suivante :

(FP) Pour tout point bb de B, il existe un voisinage U de bb et un

U-isomorphisme f:U×G→p−1(U)f: U\times G\rightarrow \overset{-1}{p}(U) tels que pour tous u∈Uu\in U

et g,g′∈Gg,g'\in G, on ait f(u,gg′)=f(u,g)⋅g′f(u, gg') =f(u, g)\cdot g'.

Au lieu de dire que (E,p)(E, p) est un espace fibré principal de base B et de groupe G, on dit parfois que le quadruplet (E,G,B,p)(E,G,B, p) est une fibration principale (cf. VAR, R, § 6), ou par abus que l’application p:E→Bp: E\rightarrow B est une fibration principale de base B et de groupe G.

Lorsqu’aucun doute n’est possible quant à la base B, au groupe G et à l’opération de G sur E, on dira simplement que (E,p)(E, p) est un espace fibré principal.

Soit G un groupe topologique. Soit (E,p)(E, p) un B-espace muni d’une opération de G à gauche. Si, pour l’opération à droite du groupe G∘G^{\circ}, opposée à l’opération donnée (A, I, p. 50), (E,p)(E, p) est un espace fibré principal à droite de groupe G∘G^{\circ}, on dit que (E,p)(E, p) est un espace fibré principal à gauche de groupe G.

Un espace fibré principal est un espace fibré localement trivial (I, p. 68, déf. 1).

Il résulte de la propriété (FP) que le groupe G opère continûment (TG, III, p. 9) et librement dans E et que les orbites de cette opération sont les fibres du B-espace (E,p)(E, p). L’application p′:E/G→Bp': E/G\rightarrow B déduite de pp est continue et bijective. Toujours d’après la propriété (FP), l’application pp est ouverte (TG, I, p. 30, prop. 2 et p. 26, prop. 5) ; par suite, p′p' est un homéomorphisme (TG, I, p. 32, prop. 3).

Soient (E,p)(E, p) et (E′,p′)(E', p') des espaces fibrés principaux de base B et de groupe G. On dit qu’une application f:E→E′f: E\rightarrow E' est un morphisme d’espaces fibrés principaux (de base B et de groupe G) si ff est un B-morphisme et que l’on a f(x⋅g)=f(x)⋅gf(x\cdot g) =f(x)\cdot g pour tout x∈Ex\in E et tout g∈Gg\in G. Soit (E′′,p′′)(E'', p'') un espace fibré principal de base B et de groupe G. Si f:E→E′f: E\rightarrow E' et g:E′→E′′g: E'\rightarrow E'' sont des morphismes d’espaces fibrés principaux, l’application g∘f:E→E′′g\circ f: E\rightarrow E'' est un morphisme d’espaces fibrés principaux. Conformément aux définitions générales (E, IV, p. 11), on peut prendre pour morphismes de la structure d’espace fibré principal de base B et de groupe G ceux définis ci-dessus. On note CBG(E;E′)\mathscr{C}_B^G(E; E') l’ensemble des morphismes d’espaces fibrés principaux de (E,p)(E, p) dans (E′,p′)(E', p').

On appelle espace fibré principal trivial de base B et de groupe G le B-espace (B×G(B\times G, pr1)_1) muni de la loi d’opération à droite de G sur B×GB\times G définie par (b,g)⋅h=(b,gh)(b, g)\cdot h= (b, gh).

On dit qu’un espace fibré principal (E,p)(E, p) de base B et de groupe G est trivialisable s’il existe un isomorphisme de (E,p)(E, p) sur l’espace fibré principal trivial (B×G(B\times G, pr1)_1) ; un tel isomorphisme est appelé trivialisation de l’espace fibré principal (E,p)(E, p). La propriété (FP) exprime qu’il existe un recouvrement ouvert (Ui)i∈I(U_i)_{i\in I} de B tel que, pour tout i∈Ii\in I, le UiU_i-espace (p−1(Ui),p∣Ui)(\overset{-1}{p}(U_i), p|U_i), muni de l’opération à droite de G déduite de celle de G sur E, soit un espace fibré principal trivialisable.

Exemple 1 01Q6

Soit (E,p)(E, p) un espace fibré principal de base B et de groupe G et soit A un sous-espace de B. Le sous-espace EA=p−1(A)E_A=\overset{-1}{p}(A) de E est stable pour l’opération de G et l’application pA:EA→Ap_A: E_A\rightarrow A en fait un espace fibré principal de base A et de groupe G. On dit que (EA,pA)(E_A, p_A) est l’espace fibré principal induit par (E,p)(E, p) au-dessus de A.

Exemple 2 01Q7

Soit (E,p)(E, p) un espace fibré principal de base B et de groupe G ; soit (E′,p′)(E', p') un espace fibré principal de base B′B' et de groupe G′G'. On définit une loi d’opération à droite du groupe G×G′G\times G' sur l’espace E×E′E\times E' en posant (x,x′)⋅(g,g′)=(x⋅g,x′⋅g′)(x, x')\cdot (g, g') = (x\cdot g, x'\cdot g') pour x∈E,x′∈E′,g∈Gx\in E,x'\in E',g\in G et g′∈G′g'\in G'; cette opération est continue. Soit U une partie ouverte de B et f:U×G→p−1(U)f: U\times G\rightarrow \overset{-1}{p}(U) une trivialisation du U-espace (p−1(U),pU)(\overset{-1}{p}(U), p_U) ;

soit U′U' une partie ouverte de B′B' et f′:U′×G′→(−p′1)(U′)f': U'\times G'\rightarrow (^-{p'}^1)(U') une trivialisation du U′U'-espace ((−p′1)(U′),pU′(^-{p'}^1)(U'), p'_U). L’application ((b,b′),(g,g′))↦((b, b'),(g, g'))\mapsto (f(b,g),f′(b′,g′))(f(b, g), f'(b', g')) est un (U×U′)(U\times U')-isomorphisme f′′f'' de (U×U′)×(G×G′)(U\times U')\times (G\times G')

sur p−1(U)×(−p′1)(U′)\overset{-1}{p}(U)\times (^-{p'}^1)(U') et l’on a

f′′((b,b′),(gh,g′h′))=(f(b,gh),f′(b′,g′h′))=f′′((b,b′),(g,g′))⋅(h,h′) f''((b, b'),(gh, g'h')) = (f(b, gh), f'(b', g'h')) =f''((b, b'),(g, g'))\cdot (h, h')

On en déduit que le (B×B′)(B\times B')-espace E×E′E\times E', muni de la loi d’opération de G×G′G\times G' définie ci-dessus est un espace fibré principal, appelé produit des espaces fibrés principaux E et E′E'.

Exemple 3 01Q8

En particulier, lorsque B=B′B = B', le B-espace E×BE′E\times_BE' s’identifie à l’espace fibré principal de groupe G×G′G\times G' induit par E×E′E\times E' au-dessus de la diagonale ΔB\Delta_B de B×BB\times B. Muni de cette structure d’espace fibré principal, le B-espace E×BE′E\times_BE' est appelé produit fibré des espaces fibrés principaux E et E′E'.

Exemple 4 01Q9

Soit E un espace fibré principal de base B et de groupe G et soit F un espace topologique. Le (B×F)(B\times F)-espace E×FE\times F muni de la loi d’opération (x,y)⋅g=(x⋅g,y)(x, y)\cdot g= (x\cdot g, y), pour x∈E,y∈Fx\in E,y\in F et g∈Gg\in G, est un espace fibré principal de groupe G. C’est le cas particulier de l’exemple 2, où p′p' est l’application identique de F et G′G' est un groupe réduit à l’élément neutre.

Exemple 5 01QA

Soient B un espace topologique et (E,p)(E, p) un espace fibré principal de base B et de groupe G. Soient B′B' un espace topologique et f:B′→Bf: B'\rightarrow B une application continue. Le groupe G opère à droite dans le produit fibré B′×BEB'\times_BE par la loi (b′,x)⋅g=(b′,x⋅g)(b', x)\cdot g= (b', x\cdot g), pour b′∈B′,x∈Eb'\in B',x\in E et g∈Gg\in G. Cette opération est continue et libre ; les orbites sont les fibres de l’application pr1:B′×BE→B′_1: B'\times_BE\rightarrow B'. Il résulte des exemples 1 et 4 ci-dessus et de la remarque 2 de I, p. 16 que le B′B'-espace B′×BEB'\times_BE est un espace fibré principal de groupe G. On l’appelle l’espace fibré principal déduit de (E,p)(E, p) par le changement de base ff, ou encore l’image réciproque de (E,p)(E, p) par ff.

Proposition 1 01QB

Tout morphisme d’espaces fibrés principaux est un isomorphisme.

Soit f:B×G→B×Gf: B\times G\rightarrow B\times G un morphisme de l’espace fibré principal trivial (B×G(B\times G, pr1)_1) dans lui-même et soit φ:B×G→G\varphi : B\times G\rightarrow G l’application continue pr2∘f_2\circ f, de sorte que f(b,g)=(b,φ(b,g))f(b, g) = (b, \varphi (b, g)). Pour tout b∈Bb\in B et tous g,h∈Gg,h\in G, on a φ(b,gh)=φ(b,g)⋅h\varphi (b, gh) =\varphi (b, g)\cdot h, d’où φ(b,g)=φ(b,e)⋅g\varphi (b, g) =\varphi (b, e)\cdot g, où ee désigne l’élément neutre de G. Le morphisme ff est donc un isomorphisme dont le morphisme réciproque f−1f^{-1} est défini par f−1(b,g)=f^{-1}(b, g) = (b,φ(b,e)−1g)(b, \varphi (b, e)^{-1}g) pour (b,g)∈B×G(b, g)\in B\times G.

Soient maintenant E et E′E' des espaces fibrés principaux et soit f:E→E′f: E\rightarrow E' un morphisme d’espaces fibrés principaux. Compte tenu de la propriété (FP), pour tout point b∈Bb\in B, il existe un voisinage ouvert U de bb tel que les fibrés principaux EUE_U et EU′E'_U soient trivialisables. Par passage aux sous-espaces, ff induit un morphisme fU:EU→EU′f_U: E_U\rightarrow E'_U d’espaces fibrés principaux ; d’après ce qui précède, ce morphisme fUf_U est un isomorphisme. En particulier, fb:Eb→Eb′f_b: E_b\rightarrow E'_b est une bijection. Il existe alors une unique application g:E′→Eg: E'\rightarrow E qui induise la bijection fb−1f_b^{-1} par passage aux sous-espaces. D’après la proposition 4 de I, p. 19, l’application gg est continue, donc ff est un isomorphisme d’espaces fibrés principaux.

Corollaire 01QC

Soient G un groupe topologique, (E,p)(E, p) et (E′,p′)(E', p') des espaces fibrés principaux de groupe G et de bases B et B′B' respectivement. Soient f:B′→f: B'\rightarrow B et f′:E′→f': E'\rightarrow E des applications continues telles que p∘f′=f∘p′p\circ f'=f\circ p' et telles que, pour tout x′∈E′x'\in E' et tout g∈Gg\in G, f′(x′⋅g)=f′(x′)⋅gf'(x'\cdot g) =f'(x')\cdot g. Alors le carré

E′f′{E'}^{f'} E

p′pp'p

B′f{B'}^f B

est un carré cartésien.

En effet, l’application h:E′→B′×BEh: E'\rightarrow B'\times_BE définie par h(x′)=h(x') = (p′(x′),f′(x′))(p'(x'), f'(x')) pour x′∈E′x'\in E', est un B′B'-morphisme de revêtements principaux, donc un isomorphisme ; on a de plus pr2∘h=f′_2\circ h=f', d’où le résultat (I, p. 8, prop. 2).

Sous les hypothèses du corollaire précédent, on dit parfois que f′f' est un ff-morphisme d’espaces fibrés principaux.

Proposition 2 01QD

Soit (E,p)(E, p) un espace fibré principal de base B et de groupe G, et soit ε\varepsilon la section b↦(b,e)b\mapsto (b, e) de l’espace fibré principal trivial (B×G(B\times G, pr1)_1), où ee désigne l’élément neutre de G. L’application h↦h∘εh\mapsto h\circ \varepsilon est une bijection de CBG(B×G;E)\mathscr{C}_B^G(B\times G; E) sur l’ensemble S(B;E)\mathscr{S}(B; E) des sections continues de pp. La bijection réciproque associe à une section continue ss de pp le B-morphisme (b,g)↦s(b)⋅g(b, g)\mapsto s(b)\cdot g.

Corollaire 01QE

Un espace fibré principal est trivialisable si et seulement s’il admet une section continue.

Proposition 3 01QF

Soient E et B des espaces topologiques, p:E→Bp: E\rightarrow B une application continue et G un groupe topologique opérant à droite sur E. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) Muni de l’application pp, E est un espace fibré principal de base B et de groupe G;

(ii) Pour tout x∈Ex\in E et tout g∈Gg\in G, on a p(x⋅g)=p(x)p(x\cdot g) =p(x), l’application θ:(x,g)↦(x,x⋅g)\theta : (x, g)\mapsto (x, x\cdot g) est un homéomorphisme de E×GE\times G sur E×BEE\times_BE et tout point de B possède un voisinage sur lequel existe une section continue de l’application pp.

(i)⇒\Rightarrow(ii) : Supposons que (E,p)(E, p) soit un espace fibré principal. Le groupe G opère continûment et librement dans E avec pour orbites les fibres de pp. Par suite, l’application θ\theta est bijective et continue. Plus précisément, si l’on munit E×BEE\times_BE de l’opération de G définie par (x,y)⋅g=(x,y⋅g)(x, y)\cdot g= (x, y\cdot g), l’application θ\theta est un E-morphisme de l’espace fibré principal trivial E×GE\times G dans l’espace fibré principal (E×BE→E(E\times_BE\rightarrow E, pr1)_1) (exemple 5), donc un isomorphisme (prop. 1). Les autres assertions de (ii) résultent immédiatement de la définition.

(ii)⇒\Rightarrow(i) : Posons φ=\varphi = pr2∘θ−1_2\circ \theta^{-1}, de sorte que, pour tout (x,y)∈(x, y)\in E×BEE\times_BE, on a

θ−1(x,y)=(x,φ(x,y))(1) \theta^{-1}(x, y) = (x, \varphi (x, y)) \tag{1}

L’application φ:E×BE→G\varphi : E\times_BE\rightarrow G est continue et, pour (x,y)∈E×BE(x, y)\in E\times_BE, l’élément φ(x,y)\varphi (x, y) est l’unique élément gg de G tel que y=x⋅gy=x\cdot g. Soit bb un point de B; soit U un voisinage de bb et soit ss une section continue de pp au-dessus de U. Pour (u,g)∈U×G(u, g)\in U\times G, posons f(u,g)=s(u)⋅f(u, g) =s(u)\cdot gg; l’application ff est un U-morphisme de U×GU\times G dans p−1(U)\overset{-1}{p}(U). Pour y∈p−1(U)y\in \overset{-1}{p}(U), posons f′(y)=(p(y),φ(s(p(y)),y))f'(y) = (p(y), \varphi (s(p(y)), y)). L’application f′f' est un U-morphisme de p−1(U)\overset{-1}{p}(U) dans U×GU\times G. On a

(f∘f′)(y)=s(p(y))⋅φ(s(p(y)),y)=y (f\circ f')(y) =s(p(y))\cdot \varphi (s(p(y)), y) =y

D’autre part, pour (u,g)∈U×G(u, g)\in U\times G, on a

(f′∘f)(u,g)=f′(s(u)⋅g)=(u,φ(s(u),s(u)⋅g))=(u,g) (f'\circ f)(u, g) =f'(s(u)\cdot g) = (u, \varphi (s(u), s(u)\cdot g)) = (u, g)

Par suite, ff est un U-isomorphisme. Il en résulte que (E,p)(E, p) est un espace fibré principal de base B et de groupe G.

Remarque 1 01QG

Soit (E,p)(E, p) un espace fibré principal de base B et de groupe G. Avec les notations de la proposition 3, l’application θ−1:E×BE→E×G\theta^{-1}: E\times_BE\rightarrow E\times G est une trivialisation de l’espace fibré principal pr1:E×BE→E_1: E\times_BE\rightarrow E. On dit que θ−1\theta^{-1} est la trivialisation canonique de cet espace fibré principal.

Corollaire 1 01QH

Soit G un groupe topologique opérant continûment à droite dans un espace topologique E. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) L’espace des orbites E/GE/G est séparé et l’espace E, muni de l’application canonique p:E→E/Gp: E\rightarrow E/G, est un espace fibré principal de groupe G;

(ii) Le groupe G opère proprement (TG, III, p. 27) et librement dans E et tout point de E/GE/G possède un voisinage sur lequel existe une section continue de l’application pp.

Posons B=E/GB = E/G. Sous chacune des hypothèses (i) et (ii), le groupe G opère continûment et librement dans E, de sorte que l’application θ:(x,g)↦(x,x⋅g)\theta : (x, g)\mapsto (x, x\cdot g) est une bijection continue de E×GE\times G sur E×BEE\times_BE. Plaçons-nous sous cette hypothèse et notons φ:E×BE→G\varphi : E\times_BE\rightarrow G l’application pr2∘θ−1_2\circ \theta^{-1}. Compte tenu de la formule (1), pour que θ\theta soit un homéomorphisme, il faut et il suffit que l’application φ\varphi soit continue. D’autre part, comme la relation d’équivalence définie par G est ouverte (TG, III, p. 10, lemme 2), pour que l’espace E/GE/G soit séparé, il faut et il suffit que le graphe E×BEE\times_BE de cette relation d’équivalence soit fermé dans E×EE\times E (TG, I, p. 55, prop. 8). Enfin (TG, III, p. 31, prop. 6), pour que G opère proprement dans E, il faut et il suffit que E×BEE\times_BE soit fermé dans E×EE\times E et que l’application φ\varphi soit continue. L’équivalence des conditions (i) et (ii) résulte alors de la prop. 3.

Corollaire 2 01QI

Soit G un groupe topologique, soient H un sous-groupe de G et p:G→G/Hp: G\rightarrow G/H l’application canonique. Si l’application pp possède une section continue au-dessus d’un ensemble ouvert non vide de G/HG/H, l’application pp fait de G un espace fibré principal de base G/HG/H et de groupe H.

Par translations à gauche, tout point de G/HG/H possède un voisinage au-dessus duquel l’application pp possède une section continue. D’autre part, pour (g,g′)(g, g') appartenant à G×GG\times G, posons φ(g,g′)=\varphi (g, g') = g−1g′g^{-1}g'. Si p(g)=p(g′),φ(g,g′)p(g) =p(g'),\varphi (g, g') appartient à H. L’application (g,g′)↦(g, g')\mapsto (g,φ(g,g′))(g, \varphi (g, g')) de G×G/HGG\times_{G/H}G dans G×HG\times H est continue et c’est la réciproque de l’application continue θ:G×H→G×G/HG\theta : G\times H\rightarrow G\times_{G/H}G définie par θ(g,h)=(g,gh)\theta (g, h) = (g, gh), d’où le corollaire.

Remarque 2 01QJ

Cette situation se présente notamment lorsque G est un groupe de Lie réel, de dimension finie, dénombrable à l’infini, opérant transitivement et analytiquement sur une variété analytique X. Si l’on prend pour H le fixateur d’un point de X, l’application pp est une submersion de G sur l’espace homogène de Lie G/HG/H, isomorphe à X (LIE, III, p. 109, corollaire). Elle possède donc des sections locales (VAR, p. 50).

2. Revêtements principaux

Définition 2 01QK

Soit B un espace topologique et soit G un groupe. Munissons G de la topologie discrète. Un espace fibré principal de base B et de groupe G est appelé un revêtement principal de B de groupe G.

Cette terminologie est légitime car un tel B-espace est un revêtement de B.

Un revêtement principal de groupe G d’un espace topologique non vide possède un degré, égal à Card G.

Proposition 4 01QL

Soient B un espace topologique, (E,p)(E, p) un B-espace et G un groupe topologique discret opérant à droite sur E. Les assertions suivantes sont équivalentes :

(i) Le B-espace E est un revêtement principal de groupe G ;

(ii) Pour tout g∈Gg\in G et tout x∈Ex\in E, on a p(x⋅g)=p(x)p(x\cdot g) =p(x), l’application pp induit un homéomorphisme de E/GE/G sur B et l’application θ:(x,g)↦(x,x⋅g)\theta : (x, g)\mapsto (x, x\cdot g) est un homéomorphisme de E×GE\times G sur E×BEE\times_BE ;

(iii) Le groupe G opère continûment et librement dans E, l’application pp est étale et ses fibres sont les orbites de G.

(i)⇒\Rightarrow(ii) : Cela résulte de I, p. 91 et de la proposition 3 de I, p. 94.

(ii)⇒\Rightarrow(iii) : Sous l’hypothèse (ii), la loi d’action de G est continue, et l’application pp est surjective et ouverte (TG, III, p. 10, lemme 2). Soit x∈Ex\in E; l’application θ\theta induit une bijection de {x}×G\{x\} \times G sur {x}×\{x\} \times p−1(p(x))\overset{-1}{p}(p(x)), donc le groupe G opère librement et ses orbites sont les fibres de pp. Si ee désigne l’élément neutre de G, la diagonale de E×BEE\times_BE est l’image de E×{e}E\times \{e\} par l’homéomorphisme θ\theta. Comme le groupe G est discret, l’ensemble {e}\{e\} est ouvert dans G, donc la diagonale ΔE\Delta_E est ouverte dans E×BEE\times_BE. D’après la proposition 7 de I, p. 31, l’application pp est étale.

(iii)⇒\Rightarrow(i) : Toute fibre de pp étant une orbite de l’opération de G dans E, l’application pp est surjective. Comme l’application pp est étale, pour tout point bb de B, il existe un voisinage ouvert U de bb et une section continue ss de pp au-dessus de U. L’ensemble s(U)s(U) est ouvert dans E et ss induit un homéomorphisme de U sur s(U)s(U) (I, p. 30, cor. 3). Pour tout g∈Gg\in G, l’ensemble s(U)⋅gs(U)\cdot g est ouvert dans E et la réunion des ensembles s(U)⋅gs(U)\cdot g, pour tout g∈Gg\in G, est égale à p−1(U)\overset{-1}{p}(U). Si gg et g′g' sont deux éléments de G distincts, les ensembles s(U)⋅gs(U)\cdot g et s(U)⋅g′s(U)\cdot g' sont disjoints, car G opère librement dans E. L’application f:U×G→f: U\times G\rightarrow p−1(U)\overset{-1}{p}(U) définie par f(u,g)=s(u)⋅gf(u, g) =s(u)\cdot g pour (u,g)∈U×G(u, g)\in U\times G est donc un homéomorphisme de U×GU\times G sur p−1(U)\overset{-1}{p}(U), compatible avec les opérations à droite de G. Par définition, E est donc un revêtement principal de B de groupe G.

Exemple 1 01QM

Soient E un espace topologique, G un groupe topologique discret opérant continûment et librement dans E à droite. Pour que l’application canonique p:E→E/Gp: E\rightarrow E/G fasse de E un revêtement principal de E/GE/G, il faut et il suffit qu’elle soit étale (condition (iii) de la proposition 4). Par exemple, supposons qu’il existe un espace topologique X et une application étale q:E→Xq: E\rightarrow X compatible avec l’opération de G dans E, alors E est un revêtement principal de E/GE/G. En effet, notons q′:E/G→Xq': E/G\rightarrow X l’application déduite de qq; on a q=q′∘pq=q'\circ p, donc pp est étale d’après la proposition 6, d) de I, p. 29.

Exemple 2 01QN

Soit q:E→q: E\rightarrow X une application étale et séparée. Le groupe AutX(E)_X(E), muni de la topologie discrète, opère continûment à gauche dans E. Si l’espace E est connexe, cette opération est libre (I, p. 34, corollaire 2). Notons G le groupe AutX(E)∘_X(E)^{\circ} et munissons E de l’opération à droite opposée à celle de AutX(E)_X(E). D’après l’exemple précédent, l’espace E, muni de l’application canonique p:E→E/Gp: E\rightarrow E/G, est un revêtement principal de groupe G.

3. Opérations propres et libres de groupes discrets

Théorème 1 01QO

Soit G un groupe discret opérant continûment à droite dans un espace topologique E. Supposons que tout point de E possède un voisinage U tel que U∩(U⋅g)=∅U\cap (U\cdot g) =\emptyset pour tout élément gg de G autre que l’élément neutre. Alors, l’application canonique p:E→E/Gp: E\rightarrow E/G fait de E un revêtement principal de E/GE/G de groupe G.

L’opération de G dans E est libre par hypothèse, donc il suffit de démontrer que l’application pp est étale (I, p. 98, exemple 1). Soit xx un point de E et soit U un voisinage ouvert de xx tel que U∩U⋅g=∅U\cap U\cdot g=\emptyset pour tout élément gg de G distinct de l’élément neutre. L’application pp est ouverte (TG, III, p. 10, lemme 2) et induit une application injective, continue et ouverte de U sur p(U)p(U), donc un homéomorphisme, ce qui prouve que l’application pp est étale.

Exemple 1 01QP

Soit nn un entier ⩾0\geqslant 0, soit Pn(R)\mathbf{P}_n(\mathbf{R}) l’espace projectif à nn dimensions (TG, VI, p. 13) et soit Sn\mathbf{S}_n la sphère unité de Rn+1\mathbf{R}^{n+1} (TG, VI, p. 9). L’application canonique de Sn\mathbf{S}_n sur Pn(R)\mathbf{P}_n(\mathbf{R}) fait de Sn\mathbf{S}_n un revêtement principal de groupe {1,−1}\{1,-1\}, ce groupe opérant par homothéties ; les orbites sont les paires de points diamétralement opposés.

Exemple 2 01QQ

Tout revêtement de degré 2 possède une unique structure de revêtement principal de groupe Z/2Z\mathbf{Z}/2\mathbf{Z}.

Exemple 3 01QR

Soient X une variété différentielle séparée localement de dimension finie sur R\mathbf{R} et X~\widetilde{X} la variété des orientations du fibré tangent de X (VAR, R, 10.2.4). L’espace X~\widetilde{X}, muni de sa projection canonique sur X, est un revêtement principal de X de groupe {1,−1}\{1,-1\}.

Corollaire 1 01QS

Soit G un groupe topologique discret opérant continûment à droite dans un espace topologique E. Les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) Le groupe G opère proprement et librement dans E ;

(ii) L’espace E/GE/G est séparé et l’espace E est un revêtement principal de base E/GE/G et de groupe G.

En outre, sous ces conditions, l’espace E est séparé.

Supposons la condition (i) satisfaite. Alors les espaces E et E/GE/G sont séparés (TG, III, p. 29, prop. 3) et il existe pour tout x∈Ex\in E un voisinage ouvert U de xx dans E tel que U∩(U⋅g)=∅U\cap (U\cdot g) =\emptyset pour tout élément gg de G autre que l’élément neutre (TG, III, p. 32, prop. 8). D’après le th. 1, la condition (ii) est alors satisfaite.

L’implication (ii)⇒\Rightarrow(i) résulte du corollaire 1 de I, p. 96.

Corollaire 2 01QT

Soit G un groupe topologique et soit H un sous-groupe discret de G. Faisons opérer H sur G par translations à droite. Alors, l’application canonique de G dans l’espace G/HG/H des classes à gauche suivant H munit G d’une structure de revêtement principal de G/HG/H de groupe H.

Soit V un voisinage de l’élément neutre ee de G tel que H∩V={e}H\cap V =\{e\}. Il existe un voisinage ouvert U de ee dans G tel que U−1⋅U⊂VU^{-1}\cdot U\subset V (TG, III, p. 3) et, par suite, U∩U⋅h=∅U\cap U\cdot h=\emptyset pour tout h∈H,h=e̸h\in H,h=\not e. Le corollaire 2 de I, p. 100 résulte donc du théorème 1.

Exemple 4 01QU

Muni de l’application canonique de R\mathbf{R} sur T=R/Z\mathbf{T}=\mathbf{R}/\mathbf{Z} (TG, V, p. 22),R,\mathbf{R} est un revêtement principal de R/Z\mathbf{R}/\mathbf{Z} de groupe Z\mathbf{Z}.

Remarque 1 01QV

Soient G un groupe topologique séparé, K un sous-groupe compact de G et H un sous-groupe discret de G. Le groupe G opère continûment et proprement à droite dans l’espace K\GK\backslash G des classes à droite suivant K (TG, III, p. 30, corollaire). Comme le groupe H est fermé dans G, il opère aussi proprement dans K\GK\backslash G (TG, III, p. 27, exemple 1). Si, de plus, on a H∩gKg−1={e}H\cap gKg^{-1}=\{e\} pour tout g∈Gg\in G, le groupe H opère librement dans K\GK\backslash G. L’espace K\GK\backslash G est alors un revêtement principal de groupe H de K\G/HK\backslash G/H d’après le corollaire 1.

Corollaire 3 01QW

Soient G et G′G' des groupes topologiques, soit φ:G→G′\varphi : G\rightarrow G' un homomorphisme continu, ouvert et surjectif. On suppose que le noyau H de φ\varphi est discret. Alors, pour l’opération de H dans G par translations à droite, φ\varphi fait de G un revêtement principal de G′G' de groupe H.

Si de plus le groupe G est connexe, H est contenu dans le centre de G.

L’homomorphisme φ\varphi induit un isomorphisme de groupes topologiques de G/HG/H sur G′G' (TG, III, p. 16, prop. 24), d’où la première assertion d’après le corollaire 2. Supposons le groupe G connexe. Pour tout h∈Hh\in H, l’application continue de G dans H définie par g↦ghg−1g\mapsto ghg^{-1} est constante, de valeur hh. Le groupe H est donc contenu dans le centre de G.

Remarque 2 01QX

Soient G et G′G' des groupes topologiques et soit φ:G→G′\varphi : G\rightarrow G' un homomorphisme continu et ouvert. Si le groupe G′G' est connexe, l’homomorphisme φ\varphi est surjectif. En effet, φ(G)\varphi (G) est un sous-groupe ouvert, donc fermé, de G′G', et par suite, égal à G′G'.

Remarque 3 01QY

Soit G un groupe localement compact dénombrable à l’infini et soit G′G' un groupe topologique séparé dont l’espace sous-jacent est un espace de Baire. Tout homomorphisme continu et surjectif de G dans G′G' est ouvert (TG, IX, p. 56, corollaire et TG, III, p. 16, prop. 24).

Exemple 5 01QZ

Pour tout entier n>n > 0, notons μn\mu_n le groupe des racines nn-ièmes de l’unité dans C\mathbf{C} (A, V, p. 75). L’application z↦znz\mapsto z^n fait de C∗\mathbf{C}^* un revêtement principal de C∗\mathbf{C}^* de groupe μn\mu_n, ce groupe opérant dans C∗\mathbf{C}^* par multiplication.

Exemple 6 01R0

Muni de l’application z↦e2πizz\mapsto e^{2\pi iz} (TG, VIII, p. 8, remarque), l’espace C\mathbf{C} est un revêtement principal de C∗\mathbf{C}^* de groupe Z\mathbf{Z}. L’application x↦e2πix=e(x)x\mapsto e^{2\pi ix}=\mathbf{e}(x) de R\mathbf{R} sur S1\mathbf{S}_1 fait de R\mathbf{R} un revêtement principal de S1\mathbf{S}_1 de groupe Z\mathbf{Z}.

4. Revêtements galoisiens

Définition 3 01R1

Soit B un espace topologique non vide. On dit qu’un revêtement E de B est galoisien s’il est connexe et si, pour tout point bb de B, l’opération du groupe AutB(E)_B(E) des B-automorphismes de E sur la fibre EbE_b est transitive.

Soit E un revêtement galoisien d’un espace topologique B et soit pp sa projection. L’application pp est surjective (A, I, p. 56, déf. 6) donc l’espace B est connexe. Par suite, le revêtement (E,p)(E, p) possède un degré, non nul.

Proposition 5 01R2

Soit B un espace topologique non vide et soit E un revêtement galoisien de B. L’application (h,x)↦h(x)(h, x)\mapsto h(x) de AutB(E)×E_B(E)\times E dans E est une loi d’opération à droite du groupe AutB(E)∘_B(E)^{\circ} sur E qui fait de E un revêtement principal de groupe AutB(E)∘_B(E)^{\circ}.

Munissons le groupe AutB(E)∘_B(E)^{\circ} de la topologie discrète ; la loi d’opération (h,x)↦h(x)(h, x)\mapsto h(x) est alors continue. Cette opération est libre (I, p. 34, corollaire 2 de la proposition 11). Comme E est un revêtement galoisien de B, ses fibres sont les orbites de cette opération. D’après la proposition 4 de I, p. 97, E est un revêtement principal de groupe AutB(E)∘_B(E)^{\circ}.

Théorème 2 01R3

Soit B un espace topologique connexe, soit E un revêtement de B, connexe et non vide. Les propriétés suivantes sont équivalentes :

(i) Le revêtement E est galoisien ;

(ii) Il existe un groupe topologique discret G et une opération continue à droite de G dans E qui fasse de E un revêtement principal de groupe G ;

(iii) Le revêtement E×BEE\times_BE de E défini par la projection pr1_1 est trivialisable.

Lorsque ces conditions sont réalisées, l’application canonique G→G\rightarrow AutB(E)∘_B(E)^{\circ} définie par l’opération de G est un isomorphisme de groupes.

Si, de plus, l’espace B est localement connexe, les propriétés précédentes sont équivalentes à la propriété suivante :

(i′') Il existe un point bb de B tel que l’opération du groupe AutB(E)_B(E) dans la fibre EbE_b soit transitive.

L’implication (i)⇒\Rightarrow(ii) résulte de la proposition 5 et l’implication (ii)⇒\Rightarrow(iii) de la remarque 1 de I, p. 95. Démontrons (iii)⇒\Rightarrow(i). Notons p:E→Bp: E\rightarrow B la projection du revêtement E. Comme B est connexe, ce revêtement possède un degré, et ce degré n’est pas nul car E n’est pas vide. Soit bb un point de B. Démontrons que l’opération de AutB(E)_B(E) sur la fibre EbE_b est transitive. D’après ce qui précède, cette fibre n’est pas vide. Soient xx et x′x' des points de EbE_b. Les B-morphismes h:E→Eh: E\rightarrow E tels que h(x)=x′h(x) =x' correspondent bijectivement aux sections continues ss de l’application pr1:E×BE→E_1: E\times_BE\rightarrow E telles que s(x)=(x,x′)s(x) = (x, x') (I, p. 9, prop. 3). Sous l’hypothèse (iii), une telle section existe (I, p. 70, cor. 2) et est unique (I, p. 34, cor. 1 de la prop. 11) car l’espace E est connexe. Ainsi, pour tout couple (x,x′)∈E×BE(x, x')\in E\times_BE, il existe un unique B-morphisme h:E→Eh: E\rightarrow E tel que h(x)=x′h(x) =x'. Si h′:E→Eh': E\rightarrow E est l’unique B-morphisme tel que h′(x′)=xh'(x') =x, on a h′(h(x))=xh'(h(x)) =x et h(h′(x′))=x′h(h'(x')) =x', d’où h′∘h=h'\circ h= IdE_E et h∘h′=h\circ h'= IdE′_{E'}. Cela prouve que hh est un B-automorphisme de E. Le revêtement E est donc galoisien.

Nous avons démontré que les conditions (i), (ii), (iii) sont équivalentes. Supposons-les satisfaites. Soit δ:G→\delta : G\rightarrow AutB(E)_B(E) l’application qui à g∈Gg\in G associe le B-automorphisme x↦x⋅gx\mapsto x\cdot g de E. L’application δ\delta est un homomorphisme de groupes de G dans AutB(E)∘_B(E)^{\circ}. Comme G opère librement dans E, l’application δ\delta est injective. Soit h∈h\in AutB(E)_B(E), soit x∈x\in E et soit gg l’unique élément de G tel que x⋅g=h(x)x\cdot g=h(x). Les B-morphismes hh et δ(g)\delta (g) coïncident en xx, donc partout, car l’espace E est connexe (I, p. 34, cor. 1 de la prop. 11), ce qui prouve que δ\delta est un isomorphisme.

Supposons maintenant l’espace B localement connexe et démontrons, sous l’hypothèse (i′'), que le revêtement E est galoisien. Soit E′E' l’espace quotient de E par l’opération à droite de AutB(E)∘_B(E)^{\circ} et notons q:E→E′q: E\rightarrow E' l’application canonique. Elle fait de E un revêtement surjectif de E′(E'(I, p. 98, exemple 2) ; l’application p:E→Bp: E\rightarrow B définit par passage au quotient une application continue p′:E′→Bp': E'\rightarrow B telle que p′∘q=pp'\circ q=p. Comme l’espace B est localement connexe, le B-espace (E′,p′)(E', p') est un revêtement (I, p. 81, prop. 7). Sous l’hypothèse (i′'), il existe un point bb de B tel que la fibre Eb′E'_b ait exactement un élément ; comme l’espace B est connexe, il en est alors de même pour tout point bb de B (I, p. 74, prop. 4), ce qui démontre que E est un revêtement galoisien de B.

Proposition 6 01R4

Soient B un espace topologique et G un groupe. Soit (E,p)(E, p) un revêtement de B, principal de groupe G. Supposons l’espace B connexe et localement connexe. Soit E0E_0 une composante connexe de E et soit G0G_0 le sous-groupe de G stabilisateur de E0E_0 (A, I, p. 51). Le B-espace (E0,p∣E0)(E_0, p|E_0) est un revêtement principal pour l’opération à droite de G0G_0 dans E0E_0. Ce revêtement est galoisien.

Comme l’espace B est localement connexe, il en est de même de E, de sorte que E0E_0 est un sous-espace ouvert de E (TG, I, p. 85, prop. 11). Comme il est aussi fermé (TG, I, p. 83), l’espace E0E_0 est donc un revêtement de B (I, p. 80, cor. 1). Puisque B est connexe, ce revêtement a un degré ; comme E0E_0 n’est pas vide, toutes les fibres de p∣E0p|E_0 sont donc non vides. Soit xx un point de E0E_0, soit x′∈E0x'\in E_0 tel que p(x′)=p(x)p(x') =p(x) ; il existe un élément g∈Gg\in G tel que x⋅g=x′x\cdot g=x'. Comme les composantes connexes E0E_0 et E0⋅gE_0\cdot g ont alors un point commun, elles sont égales, ce qui entraîne g∈G0g\in G_0. Ainsi, le groupe G0G_0 opère transitivement dans la fibre du B-espace E0E_0 en p(x)p(x). La prop. 6 en résulte.

Remarque 01R5

Si, dans la proposition 6, on ne suppose pas l’espace B localement connexe, il peut arriver que l’espace E0E_0 ne soit pas un revêtement de B (I, p. 147, exerc. 1).

5. Espaces fibrés associés

Soient E et F des ensembles et soit G un groupe opérant à droite sur E et à gauche sur F. Le groupe G opère à droite sur le produit E×FE\times F par la loi (x,y)⋅g=(x⋅g,g−1⋅y)(x, y)\cdot g= (x\cdot g, g^{-1}\cdot y), pour g∈Gg\in G, (x,y)∈E×F(x, y)\in E\times F. L’ensemble quotient de E×FE\times F par cette opération est noté E×GFE\times^GF.

Lorsque E et F sont des espaces topologiques, on munit l’ensemble E×GFE\times^GF de la topologie quotient de celle de E×FE\times F. L’application canonique de E×FE\times F sur E×GFE\times^GF est continue. Si le groupe G opère continûment dans E et F, elle est ouverte.

De plus, soit F′F' un ensemble sur lequel G opère à gauche et soit h:F→F′h: F\rightarrow F' une application compatible avec les opérations de G sur F et F′F' (A, I, p. 50). L’application IdE×h:E×F→E×F′_E\times h: E\times F\rightarrow E\times F' est compatible avec les opérations de G et définit par passage aux quotients une application notée IdE×Gh_E\times^Gh de E×GFE\times^GF dans E×GF′E\times^GF'.

Si h:F→F′h: F\rightarrow F' est une application continue (compatible avec les opérations de G sur F et F′F'), l’application IdE×Gh_E\times^Gh est continue (TG, I, p. 21, prop. 6).

Exemple 1 01R6

Soit F un espace topologique et soit G un groupe topologique opérant continûment à gauche dans F. Si l’on munit l’espace topologique G de l’opération de G par translations à droite, l’espace G×GFG\times^GF s’identifie canoniquement à F de la façon suivante. Les applications continues φ:F→G×F\varphi : F\rightarrow G\times F et ψ:G×F→\psi : G\times F\rightarrow F définies par φ(f)=(e,f)\varphi (f) = (e, f) (où ee désigne l’élément neutre de G) et ψ(g,f)=g⋅f\psi (g, f) =g\cdot f induisent des applications continues φ‾:F→G×GF\overline{\varphi}: F\rightarrow G\times^GF et ψ‾:G×GF→F\overline{\psi}: G\times^GF\rightarrow F qui sont réciproques l’une de l’autre.

Exemple 2 01R7

L’exemple 1 se généralise comme suit. Soient B et F des espaces topologiques et soit G un groupe topologique opérant continûment à gauche dans F. Par passage aux quotients, l’application de B×FB\times F dans (B×G)×F(B\times G)\times F donnée par (b,f)↦((b,e),f)(b, f)\mapsto ((b, e), f) et l’application de (B×G)×F(B\times G)\times F dans B×FB\times F donnée par ((b,g),f)↦(b,gf)((b, g), f)\mapsto (b, gf) définissent des B-isomorphismes B×F→(B×G)×GFB\times F\rightarrow (B\times G)\times^GF et (B×G)×GF→B×F(B\times G)\times^GF\rightarrow B\times F réciproques l’un de l’autre.

Exemple 3 01R8

De façon analogue, soit E un espace topologique et soit G un groupe topologique opérant continûment à droite dans E. Si l’on munit l’espace topologique G de l’opération de G par translations à gauche, l’espace E×GGE\times^GG s’identifie à E.

Soient E et F des espaces topologiques et soit G un groupe topologique opérant continûment à droite dans E et à gauche dans F. Soient B un espace topologique et p:E→Bp: E\rightarrow B une application continue telle que p(x⋅g)=p(x)p(x\cdot g) =p(x) pour x∈Ex\in E et g∈Gg\in G. L’application p∘p\circ pr1:E×F→B_1: E\times F\rightarrow B définit, par passage au quotient, une application continue pF:E×GF→Bp^F: E\times^GF\rightarrow B et l’application canonique π:E×F→E×GF\pi : E\times F\rightarrow E\times^GF est un B-morphisme.

Soit B′B' un espace topologique et soit h:B′→Bh: B'\rightarrow B une application continue. Le groupe G opère continûment à droite dans B′×BEB'\times_BE par la loi d’opération ((b′,x),g)↦(b′,x⋅g)((b', x), g)\mapsto (b', x\cdot g). En composant l’isomorphisme canonique ((b′,x),y)↦(b′,(x,y))((b', x), y)\mapsto (b',(x, y)) de (B′×BE)×F(B'\times_BE)\times F sur B′×B(E×F)B'\times_B(E\times F) et l’application IdB′×π_{B'}\times \pi de B′×B(E×F)B'\times_B(E\times F) dans B′×B(E×GF)B'\times_B(E\times^GF), on obtient une application continue λ0:(B′×BE)×F→B′×B(E×GF)\lambda_0: (B'\times_BE)\times F\rightarrow B'\times_B(E\times^GF). Elle définit par passage au quotient une application continue

λ:(B′×BE)×GF→B′×B(E×GF) \lambda : (B'\times_BE)\times^GF\rightarrow B'\times_B(E\times^GF)

Lemme 01R9

L’application λ\lambda est un homéomorphisme.

L’application λ0\lambda_0 est surjective et deux éléments de (B′×BE)×F(B'\times_BE)\times F ont même image par λ0\lambda_0 si et seulement s’ils appartiennent à une même orbite pour l’opération de G dans (B′×BE)×F(B'\times_BE)\times F. Il en résulte que l’application λ\lambda est bijective. Comme l’application π\pi est ouverte, il en est de même de l’application IdB′×Bπ(_{B'}\times_B\pi (I, p. 17, prop. 8), donc de λ0\lambda_0 et de λ\lambda (TG, I, p. 32, prop. 3), ce qui démontre que λ\lambda est un homéomorphisme.

Proposition 7 01RA

Soit B un espace topologique, soit G un groupe topologique, soit (E,p)(E, p) un B-espace fibré principal de groupe G et soit F un espace topologique dans lequel le groupe G opère continûment à gauche.

a) L’espace topologique E×GFE\times^GF muni de l’application continue pF:E×GF→Bp^F: E\times^GF\rightarrow B déduite de l’application p∘p\circpr1:E×F→B_1: E\times F\rightarrow B par passage au quotient est un espace fibré localement trivial de fibre-type F; il est trivialisable si le B-espace fibré E est trivialisable.

b) Soit π:E×F→E×GF\pi : E\times F\rightarrow E\times^GF la surjection canonique. L’application μ:E×F→E×B(E×GF)\mu: E\times F\rightarrow E\times_B(E\times^GF) qui à (x,f)(x, f) associe (x,π(x,f))(x, \pi (x, f)) est un homéomorphisme dont l’application réciproque est une trivialisation du E-espace fibré localement trivial (E×B(E×GF)(E\times_B(E\times^GF), pr1)_1).

Supposons d’abord que E soit le B-espace fibré principal trivial B×GB\times G. D’après l’exemple 2, l’espace E×GFE\times^GF s’identifie alors à B×FB\times F et l’application pFp^F à la première projection pr1:B×F→B_1: B\times F\rightarrow B, ce qui démontre que (E×GF,pF)(E\times^GF, p^F) est un B-espace fibré trivialisable dans ce cas. Dans le cas général, tout point de B possède un voisinage U tel que l’application pU:p−1(U)→Up_U:\overset{-1}{p}(U)\rightarrow U fasse de p−1(U)\overset{-1}{p}(U) un U-espace fibré principal trivialisable. D’après ce qui précède, (p−1(U)×GF→U,(pU)F)(\overset{-1}{p}(U)\times^GF\rightarrow U,(p_U)^F) est un U-espace fibré trivialisable. D’après le lemme ci-dessus, appliqué au cas où B′=UB'= U et h:U→Bh: U\rightarrow B est l’injection canonique, il en est de

même du U-espace ((p−F1)(U),(pF)U(p^{-F1})(U),(p^F)_U) déduit de (E×GF,pF)(E\times^GF, p^F) par restriction au-dessus de U. Ceci démontre que (E×GF,pF)(E\times^GF, p^F) est un B-espace fibré localement trivial et conclut la preuve de l’assertion a).

L’application θ:E×G→E×BE\theta : E\times G\rightarrow E\times_BE définie par θ(x,g)=(x,x⋅g)\theta (x, g) = (x, x\cdot g) est un homéomorphisme (I, p. 94, prop. 3) compatible avec les opérations de G sur E×GE\times G et sur E×BEE\times_BE données par ((x,g),g′)↦(x,gg′)((x, g), g')\mapsto (x, gg') et ((x,y),g′)↦(x,yg′)((x, y), g')\mapsto (x, yg') respectivement. Par passage aux quotients, θ\theta induit donc un homéomorphisme θ′\theta ' de (E×G)×GF(E\times G)\times^GF sur (E×B(E\times_B E)×GFE)\times^GF. L’application μ\mu est composée de l’homéomorphisme E×F→E\times F\rightarrow (E×G)×GF(E\times G)\times^GF (exemple 2), de θ′\theta ' et de l’homéomorphisme canonique (E×BE)×GF→E×B(E×GF)(E\times_BE)\times^GF\rightarrow E\times_B(E\times^GF) (I, p. 105, lemme), d’où b).

Sous les hypothèses de la proposition 7, le B-espace fibré localement trivial (E×GF,pFE\times^GF, p^F) est appelé espace fibré localement trivial de fibre-type F associé à l’espace fibré principal (E,p)(E, p). Toutes les fibres du B-espace E×GFE\times^GF sont homéomorphes à l’espace F. En particulier, si l’espace F est discret, l’application pFp^F est un revêtement.

Exemple 4 01RB

Soient B un espace topologique, G un groupe topologique et soit (E,p)(E, p) un B-espace fibré principal de groupe G. Soit H un sous-groupe de G.

Notons φ:E→E×(G/H)\varphi : E\rightarrow E\times (G/H) et ψ:E×(G/H)→E/H\psi : E\times (G/H)\rightarrow E/H les applications définies par φ(x)=(x,H)\varphi (x) = (x,H) et ψ(x,gH)=(x⋅g)H\psi (x, gH) = (x\cdot g)H. Elles sont compatibles aux projections vers B et aux opérations de G et définissent par passage aux quotients des morphismes de B-espaces φ‾:E/H→E×G(G/H)\overline{\varphi}: E/H\rightarrow E\times^G(G/H) et ψ‾:E×G(G/H)→E/H\overline{\psi}: E\times^G(G/H)\rightarrow E/H, réciproques l’un de l’autre. On dit que φ‾\overline{\varphi} est l’homéomorphisme canonique de E/HE/H sur E×G(G/H)E\times^G(G/H). En particulier, l’espace topologique E/HE/H muni de l’application continue pH:E/H→Bp_H: E/H\rightarrow B est un B-espace fibré localement trivial de fibre-type G/HG/H.

Si de plus H est un sous-groupe distingué dans G, l’action de G munit, par passage aux quotients, le B-espace E/HE/H d’une structure d’espace fibré principal de groupe G/HG/H.

En particulier, si E est un revêtement principal de B de groupe G, E/HE/H est un revêtement de B ; si H est distingué dans G, c’est un revêtement principal de groupe G/HG/H.

Exemple 5 01RC

Soit B un espace topologique, soit G un groupe topologique et soit E un B-espace fibré principal de groupe G. Soit F un espace homogène topologique relativement à G (TG, III, p. 12). Soit yy un point de F et soit GyG_y son fixateur. L’application φy:x↦(x,y)\varphi_y:x\mapsto (x, y) de E dans E×FE\times F définit par passage aux quotients un homéomorphisme φ‾y\overline{\varphi}_y de E/GyE/G_y sur E×GFE\times^GF. Lorsque le groupe G est abélien, le sous-groupe GyG_y ne dépend pas du point yy, mais l’homéomorphisme φ‾y\overline{\varphi}_y, en général, en dépend.

Exemple 6 01RD

Soit B un espace topologique, soit G un groupe topologique, soit (E,p)(E, p) un B-espace fibré principal de groupe G. Soit H un groupe topologique et soit f:G→Hf: G\rightarrow H un morphisme de groupes topologiques ; munissons H de l’opération à gauche de G donnée par g⋅h=f(g)hg\cdot h=f(g)h.

Soit q:E×H→E×GHq: E\times H\rightarrow E\times^GH l’application canonique ; elle est ouverte, donc universellement stricte (I, p. 20, corollaire 11). L’application m:(x,h,h′)↦q(x,hh′)m: (x, h, h')\mapsto q(x, hh') de E×H×HE\times H\times H dans E×GHE\times^GH est continue. Soient (x,h)∈E×H,h′∈H(x, h)\in E\times H,h'\in H et g∈Gg\in G; on a m(xg,f(g)−1h,h′)=m(xg, f(g)^{-1}h, h') = q(xg,f(g)−1hh′)=q(x,hh′)=m(x,h,h′)q(xg, f(g)^{-1}hh') =q(x, hh') =m(x, h, h'). Par suite, il existe une unique application

m′:(E×GH)×H→E×GH m': (E\times^GH)\times H\rightarrow E\times^GH

telle que m′(q(x,h),h′)=q(x,h,h′)m'(q(x, h), h') =q(x, h, h') pour tout x∈Ex\in E et tous h,h′∈Hh, h'\in H. Puisque qq est universellement stricte, l’application m′m' est continue. C’est une opération à droite du groupe topologique H dans le B-espace E×GHE\times^GH.

Soit U un ouvert de B tel que EUE_U soit isomorphe au U-espace fibré principal U×GU\times G. Muni de l’opération de H, le U-espace (E×GH)U(E\times^GH)_U s’identifie à l’espace fibré principal U×HU\times H. Cela prouve que E×GHE\times^GH est un B-espace fibré principal de groupe H.

Définition 4 01RE

Soit B un espace topologique et soit G un groupe topologique. Un B-espace fibré localement trivial X est dit associable à un B-espace fibré E principal de groupe G s’il existe un espace topologique F sur lequel le groupe G opère continûment à gauche et un B-isomorphisme de E×GFE\times^GF sur X.

Soit E un B-espace fibré principal de groupe G et soit X un B-espace fibré localement trivial associable à E. Si l’espace fibré principal E est trivialisable, X est trivialisable (prop. 7). Si B′B' est un espace topologique et h:B′→Bh: B'\rightarrow B une application continue, le B′B'-espace fibré localement trivial B′×BXB'\times_BX déduit de X par changement de base est associable au B′B'-espace fibré principal B′×BEB'\times_BE (I, p. 105, lemme).

6. Revêtements associés

Soit B un espace topologique, soit G un groupe topologique discret et soit E un revêtement de B principal de groupe G. Soit F un G-ensemble ; si l’on munit F de la topologie discrète, le groupe G opère continûment dans F. Le B-espace E×GFE\times^GF est alors un revêtement. On l’appelle le revêtement de B de fibre-type F associé au revêtement principal E.

Définition 5 01RF

Soit B un espace topologique, soit G un groupe topologique discret et soit E un revêtement de B principal de groupe G. Un revêtement X de B est dit associable au revêtement principal E s’il existe un G-ensemble F et un B-isomorphisme de E×GFE\times^GF sur X.

Soit B un espace topologique, soit G un groupe topologique discret et soit E un revêtement de B, principal de groupe G.

Pour tout revêtement X de B, le groupe G opère à gauche sur CB(E;X)\mathscr{C}_B(E; X) par la loi définie par (g⋅h)(x)=h(x⋅g)(g\cdot h)(x) =h(x\cdot g) pour x∈Ex\in E, g∈G,h∈CB(E;X)g\in G,h\in \mathscr{C}_B(E; X).

Pour tout G-ensemble F muni de la topologie discrète, définissons une application αF:F→CB(E;E×GF)\alpha_F: F\rightarrow \mathscr{C}_B(E; E\times^GF) par :

(2) αF(y)(x)=π(x,y)\alpha_F(y)(x) =\pi (x, y) pour y∈Fy\in F et x∈Ex\in E,

où π:E×F→E×GF\pi : E\times F\rightarrow E\times^GF est la surjection canonique. L’application αF\alpha_F est compatible avec les opérations de G sur F et sur CB(E;E×GF)\mathscr{C}_B(E; E\times^GF).

Pour tout revêtement X de B, il existe une unique application βX\beta_X de E×GCB(E;X)E\times^G\mathscr{C}_B(E; X) dans X telle que :

(3) βX(π(x,h))=h(x)\beta_X(\pi (x, h)) =h(x) pour h∈CB(E;X)h\in \mathscr{C}_B(E; X) et x∈Ex\in E.

En effet, on a (g−1⋅h)(x⋅g)=h(x)(g^{-1}\cdot h)(x\cdot g) =h(x) pour x∈E,g∈Gx\in E,g\in G et h∈CB(E;X)h\in \mathscr{C}_B(E; X), par définition de l’opération de G dans CB(E;X)\mathscr{C}_B(E; X). Lorsqu’on munit l’ensemble CB(E;X)\mathscr{C}_B(E; X) de la topologie discrète, l’application βX\beta_X est un B-morphisme de revêtements.

Lorsque X=E×GFX = E\times^GF, on a

(4) βX(π(x,αF(y)))=π(x,y)\beta_X(\pi (x, \alpha_F(y))) =\pi (x, y) pour x∈Xx\in X et y∈Fy\in F.

Proposition 8 01RG

Soit B un espace topologique connexe et non vide. Soit G un groupe discret et soit (E,p)(E, p) un revêtement de B principal de groupe G. Supposons que E soit connexe. Avec les notations ci-dessus, on a :

a) Pour tout G-ensemble F muni de la topologie discrète, l’application αF\alpha_F est un isomorphisme du G-ensemble F sur le G-ensemble CB(E;E×GF)\mathscr{C}_B(E; E\times^GF).

b) Soit X un revêtement de B. Le B-morphisme βX\beta_X est un isomorphisme de E×GCB(E;X)E\times^G\mathscr{C}_B(E; X) sur X si et seulement si le revêtement (E×BX(E\times_BX, pr1)_1) de E est trivialisable.

a) Soient yy et y′y' des points de F tels que αF(y)=αF(y′)\alpha_F(y) =\alpha_F(y'). L’espace E n’est pas vide ; choisissons-en un point xx. On a π(x,y)=π(x,y′)\pi (x, y) =\pi (x, y') dans E×GFE\times^GF. Par suite, il existe g∈Gg\in G tel que x⋅g=xx\cdot g=x et g−1⋅y=y′g^{-1}\cdot y=y'. La première égalité implique que gg est l’élément neutre ee de G, donc y=y′y=y'. Ainsi, l’application αF\alpha_F est injective. D’autre part, soit h∈h\in CB(E;E×GF)\mathscr{C}_B(E; E\times^GF) et soit xx un point de E. Soient x′∈E,y′∈Fx'\in E,y'\in F tels que h(x)=π(x′,y′)h(x) =\pi (x', y'). En particulier, p(x)=p(x′)p(x) =p(x') ; il existe alors un élément gg de G tel que x′=x⋅gx'=x\cdot g et l’on a aussi h(x)=π(x,y)h(x) =\pi (x, y), où l’on a posé y=g⋅y′y=g\cdot y'. Les B-morphismes hh et αF(y)\alpha_F(y) coïncident au point xx de E ; ils sont donc égaux puisque l’espace E est connexe (I, p. 34, cor. 1 de la prop. 11), et ceci prouve que l’application αF\alpha_F est surjective.

b) D’après la proposition 7, b) de I, p. 105 appliquée à F=CB(E;X)F =\mathscr{C}_B(E; X), le revêtement p∗(E×GCB(E;X))p^*(E\times^G\mathscr{C}_B(E; X)) de E est isomorphe au revêtement trivial E×CB(E;X)E\times \mathscr{C}_B(E; X). Si βX\beta_X est un isomorphisme, le revêtement p∗(X)p^*(X) de E est donc trivialisable. Inversement, supposons le revêtement p∗(X)p^*(X) trivialisable et démontrons que le B-morphisme βX\beta_X est bijectif ; il en résultera que βX\beta_X est un B-isomorphisme (I, p. 30, cor. 2 de la prop. 6).

L’application βX\beta_X est déduite par passage au quotient de l’application γ:E×CB(E;X)→X\gamma : E\times \mathscr{C}_B(E; X)\rightarrow X définie par γ(x,h)=h(x)\gamma (x, h) =h(x). Démontrons que l’application γ\gamma est surjective. Soit xx un point de X. La projection du B-espace E est surjective, car c’est un revêtement principal ; il existe donc un point yy de E tel que (y,x)∈E×BX(y, x)\in E\times_BX. Il existe alors une section continue ss du revêtement trivialisable pr1:E×BX→E_1: E\times_BX\rightarrow E telle que s(y)=(y,x)s(y) = (y, x). L’application h=h= pr2∘s:E→X_2\circ s: E\rightarrow X est un B-morphisme et l’on a h(y)=xh(y) =x, d’où la surjectivité de l’application γ\gamma et, par conséquent, celle de l’application βX\beta_X.

Démontrons enfin que βX\beta_X est injective. Soient (x,h)(x, h) et (x′,h′)(x', h') des éléments de E×CB(E;X)E\times \mathscr{C}_B(E; X) tels que h(x)=h′(x′)h(x) =h'(x'). Remarquons que xx et x′x' ont même projection dans B; il existe donc un élément gg de G tel que x′=x⋅gx'=x\cdot g. On a alors h(x)=h′(x⋅g)=(g⋅h′)(x)h(x) =h'(x\cdot g) = (g\cdot h')(x). Comme l’espace E est connexe, on a h=g⋅h′(h=g\cdot h'(I, p. 34, cor. 1 de la prop. 11). Ainsi, (x,h)(x, h) et (x′,h′)(x', h') ont même classe dans E×GCB(E;X)E\times^G\mathscr{C}_B(E; X), ce qui démontre que l’application βX\beta_X est injective, et achève la démonstration.

Corollaire 1 01RH

Soit (E,p)(E, p) un revêtement principal de B de groupe G ; supposons que E soit connexe et non vide. Un revêtement X de B est associable à E si et seulement si le revêtement p∗(X)p^*(X) est trivialisable.

Si le revêtement p∗(X)p^*(X) est trivialisable, il découle de la proposition 8, b), que le revêtement X est associable à E. Dans ce cas, l’application βX\beta_X identifie le revêtement X au revêtement de fibre-type CB(E;X)\mathscr{C}_B(E; X) associé à E. Inversement, soit F un G-ensemble muni de la topologie discrète et supposons que l’on ait X=E×GFX = E\times^GF. Alors, αF\alpha_F est un isomorphisme (loc. cit., a)) et la formule (4) entraîne que βX\beta_X est un isomorphisme. Par suite, le revêtement p∗(X)p^*(X) est trivialisable (prop. 8, b)), d’où le corollaire.

Corollaire 2 01RI

Soit B un espace topologique connexe et localement connexe, soit (E,p)(E, p) un revêtement de B principal de groupe G. Soit E0E_0 une composante connexe de E et soit G0G_0 le sous-groupe de G stabilisateur de E0E_0. Le B-espace (E0,p∣E0)(E_0, p|E_0) est un revêtement principal de groupe G0(G_0(I, p. 103, prop. 6).

Tout revêtement X de B qui est associable au revêtement principal E est associable au revêtement principal E0E_0. En particulier, le revêtement E est associable au revêtement principal E0E_0.

En effet, si le revêtement X est associable à E, le revêtement p∗(X)p^*(X) est trivialisable et le revêtement p0∗(X)p^*_0(X) induit par p∗(X)p^*(X) au-dessus de E0E_0 est donc trivialisable.

Plus précisément, notons que l’application (x,g)↦x⋅g(x, g)\mapsto x\cdot g de E0×GE_0\times G dans E induit, par passage au quotient, un B-isomorphisme de revêtements principaux de E0×G0GE_0\times^{G_0}G sur E.

Proposition 9 01RJ

Soit B un espace topologique, soit E un revêtement principal de B de groupe G, connexe et non vide. Soit F un G-ensemble non vide muni de la topologie discrète. Pour que l’espace E×GFE\times^GF soit connexe, il faut et il suffit que G opère transitivement dans F.

Soit U une partie ouverte et fermée de E×GFE\times^GF. Si π:E×F→\pi : E\times F\rightarrow E×GFE\times^GF désigne la surjection canonique, π−1(U)\overset{-1}{\pi}(U) est une partie ouverte et fermée de E×FE\times F qui est stable par G. Comme E est connexe, il existe une partie F′⊂FF'\subset F, stable par G, telle que π−1(U)=E×F′\overset{-1}{\pi}(U) = E\times F', d’où U=π(E×F′)U =\pi (E\times F'). Soient F′F' et F′′F'' des parties de F stables par G telles que π(E×F′)=π(E×F′′)\pi (E\times F') =\pi (E\times F'') ; comme E n’est pas vide, on a F′=F′′F'= F''. L’application F′↦π(E×F′)F'\mapsto \pi (E\times F') est une bijection de l’ensemble des parties de F stables par G sur l’ensemble des parties ouvertes et fermées de E×GFE\times^GF. La proposition en résulte.

Proposition 10 01RK

Soit B un espace topologique, soit (E,p)(E, p) un revêtement de B principal de groupe G et soit X un revêtement de B. Supposons que E et X soient connexes et non vides. Les propriétés suivantes sont équivalentes :

(i) Le revêtement X est associable au revêtement principal E ;

(ii) Il existe un sous-groupe H de G tel que X soit B-isomorphe à E/HE/H ;

(iii) Il existe un B-morphisme surjectif h:E→Xh: E\rightarrow X ;

(iv) Pour tout point (y,x)(y, x) de E×BXE\times_BX, il existe un B-morphisme r:E→Xr: E\rightarrow X tel que r(y)=xr(y) =x.

Supposons ces conditions satisfaites et soit H un sous-groupe de G tel que X soit B-isomorphe à E/HE/H. Le revêtement X est galoisien si et seulement si le sous-groupe H est distingué dans G.

(i)⇒\Rightarrow(ii) : Soit F un G-ensemble discret tel que le revêtement E×GFE\times^GF soit B-isomorphe à X. L’ensemble F n’est pas vide et l’espace E×GFE\times^GF est connexe, donc le groupe G opère transitivement dans F (prop. 9). Alors, l’espace E×GFE\times^GF est B-isomorphe à E/HE/H, où H est le sous-groupe de G fixateur d’un point de F (I, p. 106, exemple 4).

(ii)⇒\Rightarrow(iii) : En effet, la surjection canonique de E sur E/HE/H est un B-morphisme surjectif.

(iii)⇒\Rightarrow(iv) : Soit (y,x)(y, x) un point de E×BXE\times_BX. Comme l’application hh est surjective, il existe un point y′y' de E tel que h(y′)=xh(y') =x. Les points yy et y′y' ont même projection dans B. Comme le revêtement E est principal de groupe G, il existe g∈Gg\in G tel que y⋅g=y′y\cdot g=y'. L’application r:E→Xr: E\rightarrow X définie par z↦h(z⋅g)z\mapsto h(z\cdot g) est un B-morphisme et l’on a r(y)=xr(y) =x.

(iv)⇒\Rightarrow(i) : Comme X n’est pas vide et que la projection de E sur B est surjective, l’espace E×BXE\times_BX n’est pas vide. Il existe donc un B-morphisme rr de E dans X. L’application (IdE,r_E, r):E→E×BX: E\rightarrow E\times_BX est une section du revêtement p∗(X)p^*(X) de E. Comme l’espace E est connexe, il résulte du corollaire 2 de la prop. 1 de I, p. 69 que le revêtement p∗(X)p^*(X) est trivialisable, ce qui prouve que le revêtement X est associable au revêtement galoisien pp (proposition 8).

Supposons maintenant que ces conditions soient satisfaites. On note X le B-espace E/H,qE/H,q sa projection et h:E→E/Hh: E\rightarrow E/H l’application canonique.

Si le groupe H est distingué dans G, alors X est un revêtement principal de groupe G/HG/H (I, p. 106, exemple 4). Comme X et B sont connexes et non vides, X est un revêtement galoisien de B (I, p. 102, th. 2). Inversement, supposons que E/HE/H soit un revêtement galoisien de B et notons K = AutB(E/H)∘_B(E/H)^{\circ}. On définit une application α:E×G→K\alpha : E\times G\rightarrow K en associant à (t,g)∈E×G(t, g)\in E\times G l’unique élément kk de K tel que h(t⋅g)=h(t)⋅kh(t\cdot g) =h(t)\cdot k. Elle est continue car elle s’obtient en composant l’application continue (t,g)↦(h(t),h(t⋅g))(t, g)\mapsto (h(t), h(t\cdot g)) de E×GE\times G dans X×BXX\times_BX avec la trivialisation canonique (I, p. 95, remarque 1) X×BX→X×KX\times_BX\rightarrow X\times K de q∗(X)q^*(X). Comme E est connexe et K est un groupe discret, l’application continue t↦α(t,g)t\mapsto \alpha (t, g) est constante, pour tout g∈Gg\in G ; on note α(g)\alpha (g) sa valeur. Si t∈E,g∈Gt\in E,g\in G et g′∈Hg'\in H, on a alors

h(t)=h(t⋅g−1g)=h(t⋅g−1)⋅α(g)=h(t⋅g−1⋅g′)⋅α(g)=h(t⋅(g−1g′g)) h(t) =h(t\cdot g^{-1}g) =h(t\cdot g^{-1})\cdot \alpha (g) =h(t\cdot g^{-1}\cdot g')\cdot \alpha (g) =h(t\cdot (g^{-1}g'g))

Il en résulte que g−1g′gg^{-1}g'g appartient à H et donc que H est distingué dans G.

Corollaire 01RL

Soit E un revêtement galoisien de B et soit X un revêtement de B, connexe et non vide. Supposons que X soit un revêtement fini ou bien que l’espace B soit localement connexe. S’il existe un B-morphisme h:E→Xh: E\rightarrow X, le revêtement X est associable au revêtement principal E.

Dans les deux cas, le B-morphisme hh est un revêtement (I, p. 77, cor. 3 du th. 1, et I, p. 78, prop. 5), et un revêtement non vide d’un espace connexe est surjectif (I, p. 68).

Théorème 3 01RM

Soit B un espace topologique non vide, connexe et localement connexe. Tout revêtement de B est associable à un revêtement galoisien ; tout revêtement fini de B est associable à un revêtement fini galoisien.

Soit X un revêtement de B, notons qq sa projection. Comme l’espace B est connexe et non vide, le revêtement X possède un degré ; notons F ce degré et munissons l’ensemble F de la topologie discrète. Comme l’espace B est localement connexe, le faisceau I\mathscr{I} = I\mathscr{I}somB(B×F;X)_B(B\times F; X) est localement constant et en tout point bb de B, sa tige Ib\mathscr{I}_b est canoniquement isomorphe à l’ensemble B(F;Xb)\mathscr{B}(F; X_b) des bijections de F sur la fibre Xb(X_b(I, p. 89, prop. 12). Soit E=EIE = E_{\mathscr{I}} le revêtement associé au faisceau localement constant I(\mathscr{I}(I, p. 86, corollaire).

Soit G le groupe des permutations de F. Pour tout g∈Gg\in G, on définit comme suit un morphisme γ′(g)\gamma '(g) du faisceau I\mathscr{I} dans lui-même : pour tout ouvert U de B, l’application γ′(g)U\gamma '(g)_U associe à un U-isomorphisme φ:U×F→q−1(U)\varphi : U\times F\rightarrow \overset{-1}{q}(U) le U-isomorphisme défini par (b,f)↦φ(b,g(f))(b, f)\mapsto \varphi (b, g(f)) pour b∈Ub\in U et f∈Ff\in F. On a γ′\gamma '(IdF_F) == IdI_{\mathscr{I}} et γ′(g∘g′)=γ′(g′)∘γ′(g)\gamma '(g\circ g') =\gamma '(g')\circ \gamma '(g), pour g,g′∈Gg,g'\in G, de sorte que pour tout g∈G,γ′(g)g\in G,\gamma '(g) est un automorphisme du faisceau I\mathscr{I}. Le B-morphisme γ(g):E→E\gamma (g): E\rightarrow E associé à γ′(g)\gamma '(g) est un automorphisme (I, p. 50). Si x=[U,φ,b]x= [U, \varphi , b] est un élément de E, où U est un ouvert de B,b,b un point de U et φ\varphi un U-isomorphisme de U×FU\times F sur q−1(U)\overset{-1}{q}(U), on a γ(g)(x)=[U,ψ,b]\gamma (g)(x) = [U, \psi , b], où ψ\psi est défini par ψ(a,f)=φ(a,g(f))\psi (a, f) =\varphi (a, g(f)), pour a∈a\in U et f∈f\in F. Si gg et g′g' sont des éléments de G, on a γ(g∘g′)=γ(g′)∘γ(g)\gamma (g\circ g') =\gamma (g')\circ \gamma (g). On a γ\gamma(IdF_F) == IdE_E. On définit ainsi une loi d’opération à droite continue de G dans E en posant x⋅g=γ(g)(x)x\cdot g=\gamma (g)(x), pour x∈Ex\in E et g∈Gg\in G. Le groupe G opère de façon simplement transitive sur toute fibre de E, de sorte que le revêtement E muni de cette opération est un revêtement principal de groupe G (I, p. 97, prop. 4). Soit hh l’application de E×FE\times F dans X définie par h([U,φ,b],f)=φ(b,f)h([U, \varphi , b], f) =\varphi (b, f) pour tout ouvert U de B, tout point bb de U et tout U-isomorphisme φ\varphi de U×FU\times F sur q−1(U)\overset{-1}{q}(U). Par définition de la topologie de E, elle est continue ; c’est un B-morphisme. Pour tout élément gg de G et tout point (x,f)(x, f) de E×FE\times F, on a h(x,g(f))=h(x⋅g,f)h(x, g(f)) =h(x\cdot g, f). L’application hh définit donc, par passage au quotient, un B-morphisme h′:E×GF→Xh': E\times^GF\rightarrow X. Pour tout point bb de B, l’application hb:Eb×F→Xbh_b: E_b\times F\rightarrow X_b s’identifie à l’application (φ,f)↦φ(f)(\varphi , f)\mapsto \varphi (f) de B(F;Xb)×F\mathscr{B}(F; X_b)\times F dans XbX_b, de sorte que l’application hb′h'_b est bijective. Par suite, h′h' est un B-isomorphisme de E×GFE\times^GF sur X (I, p. 30, cor. 2 de la prop. 6).

Comme l’espace B est connexe, localement connexe et non vide, le revêtement X, associable au revêtement principal E, est associable à un revêtement galoisien (I, p. 110, corollaire 2). Si le revêtement X est fini, il en est de même du revêtement E, donc X est associable à un revêtement fini galoisien (loc. cit.).

7. Espaces fibrés principaux définis par des cocycles

Définition 6 01RN

Soit B un espace topologique, soit G un groupe topologique et soit U=(Ui)i∈I\mathscr{U}= (U_i)_{i\in I} un recouvrement ouvert de B. On appelle 1-cocycle continu sur B à valeurs dans G, subordonné à U\mathscr{U}, la donnée, pour tout couple (i,j)(i, j) d’éléments de I d’une application continue gi,jg_{i,j} de Ui∩UjU_i\cap U_j dans G, telle que pour tout triplet (i,j,k)∈I×I×I(i, j, k)\in I\times I\times I et tout point bb de Ui∩Uj∩UkU_i\cap U_j\cap U_k, on ait

gi,k(b)=gi,j(b)gj,k(b) g_{i,k}(b) =g_{i,j}(b)g_{j,k}(b)

On note Zcont1(B,U,G)Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) l’ensemble des 1-cocycles continus sur B à valeurs dans G, subordonnés au recouvrement U\mathscr{U}.

Dans ce numéro, nous dirons simplement cocycle au lieu de 1-cocycle continu.

Soit (E,p)(E, p) un B-espace fibré principal de groupe G et soit U\mathscr{U} = (Ui)i∈I(U_i)_{i\in I} un recouvrement de B par des ouverts UiU_i. On dit que E est trivialisable au-dessus de U\mathscr{U} si, pour tout i∈Ii\in I, E est trivialisable au-dessus de UiU_i. On appelle alors U\mathscr{U} -trivialisation de E une famille (fi)i∈I(f_i)_{i\in I}, où fi:p−1(Ui)→Ui×Gf_i:\overset{-1}{p}(U_i)\rightarrow U_i\times G est une trivialisation de E au-dessus de UiU_i.

Soit U=(Ui)i∈I\mathscr{U}= (U_i)_{i\in I} un recouvrement de B par des ouverts et soit (E,p)(E, p) un B-espace fibré principal de groupe G muni d’une U\mathscr{U} -trivialisation (fi)i∈I(f_i)_{i\in I}. Pour tout couple (i,j)∈I×I(i, j)\in I\times I, notons gijg_{ij} l’application de Ui∩UjU_i\cap U_j dans G définie par

(b,gij(b))=fi∘fj−1(b,e) (b, g_{ij}(b)) =f_i\circ f_j^{-1}(b, e)

où ee désigne l’élément neutre de G. Elle est continue.

Comme fif_i et fjf_j sont compatibles avec les opérations de G, on a

(fi∘fj−1)(b,g)=(b,gij(b)g) (f_i\circ f_j^{-1})(b, g) = (b, g_{ij}(b)g)

pour b∈Ui∩Ujb\in U_i\cap U_j et g∈Gg\in G. Si bb est un point de Ui∩Uj∩UkU_i\cap U_j\cap U_k (où i,ji,j, k∈Ik\in I), on a

(fi∘fk−1)(b,e)=(b,gik(b)) (f_i\circ f_k^{-1})(b, e) = (b, g_{ik}(b))

et

(fi∘fk−1)(b,e)=(fi∘fj−1)∘(fj∘fk−1)(b,e) (f_i\circ f_k^{-1})(b, e) = (f_i\circ f_j^{-1})\circ (f_j\circ f_k^{-1})(b, e)
=(fi∘fj−1)(b,gjk(b))=(b,gij(b)gjk(b)) = (f_i\circ f_j^{-1})(b, g_{jk}(b)) = (b, g_{ij}(b)g_{jk}(b))

Il en résulte que

gik(b)=gij(b)gjk(b) g_{ik}(b) =g_{ij}(b)g_{jk}(b)

de sorte que la famille (gij)(g_{ij}) est un cocycle sur B à valeurs dans G, subordonné au recouvrement U\mathscr{U}. On l’appelle le cocycle défini par la famille de trivialisations (fi)i∈I(f_i)_{i\in I}.

Soient B, G et U\mathscr{U} comme dans la définition 6 et soit (gij)∈(g_{ij})\in Zcont1(B,U,G)Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) un cocycle. Pour tout couple (i,j)∈I×I(i, j)\in I\times I, l’application γij:(Ui∩Uj)×G→(Ui∩Uj)×G\gamma_{ij}: (U_i\cap U_j)\times G\rightarrow (U_i\cap U_j)\times G définie par

(5) γij(b,g)=(b,gij(b)g)\gamma_{ij}(b, g) = (b, g_{ij}(b)g) pour b∈Ui∩Ujb\in U_i\cap U_j et g∈Gg\in G

est un isomorphisme de fibrés principaux de base Ui∩UjU_i\cap U_j. Pour tout triplet (i,j,k)∈I×I×I(i, j, k)\in I\times I\times I et tout couple (b,g)∈(Ui∩Uj∩Uk)×G(b, g)\in (U_i\cap U_j\cap U_k)\times G, on a :

γik(b,g)=γij∘γjk(b,g) \gamma_{ik}(b, g) =\gamma_{ij}\circ \gamma_{jk}(b, g)

Soit F l’espace topologique obtenu par recollement des espaces Ui×GU_i\times G le long des (Ui∩Uj)×G(U_i\cap U_j)\times G au moyen des bijections γij\gamma_{ij} (TG, I, p. 16). Pour tout i∈Ii\in I, l’image de Ui×GU_i\times G dans F est un ensemble ouvert de F (TG, I, p. 17, prop. 9). Les projections canoniques pi:Ui×G→Uip_i: U_i\times G\rightarrow U_i se recollent en une application continue pp de F dans B. Les applications γij\gamma_{ij} étant compatibles avec les opérations de G à droite dans les espaces Ui×GU_i\times G, on en déduit une loi d’opération continue de G dans F à droite qui fait de F un espace fibré principal de base B, de groupe G, muni d’une trivialisation au-dessus de chaque UiU_i. On dit que F est l’espace fibré principal défini par le cocycle (gij)(g_{ij}).

Définition 7 01RO

Soient B un espace topologique, G un groupe topologique et U=(Ui)i∈I\mathscr{U}= (U_i)_{i\in I} un recouvrement ouvert de B. On dit que deux cocycles (gij)(g_{ij}) et (gij′)(g'_{ij}) de Zcont1(B,U,G)Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) sont cohomologues s’il existe une famille (hi)i∈I(h_i)_{i\in I} d’applications continues hi:Ui→Gh_i: U_i\rightarrow G telle que l’on ait

gij′(b)=hi(b)gij(b)hj(b)−1(6) g'_{ij}(b) =h_i(b)g_{ij}(b)h_j(b)^{-1} \tag{6}

pour tout couple (i,j)∈I×I(i, j)\in I\times I et tout b∈Ui∩Ujb\in U_i\cap U_j.

La relation « (gij)(g_{ij}) est cohomologue à (gij′)(g'_{ij}) » est une relation d’équivalence dans l’ensemble Zcont1(B,U,G)Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G). On note Hcont1(B,U,G)H^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) l’ensemble quotient de Zcont1(B,U,G)Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) pour cette relation d’équivalence.

Proposition 11 01RP

Soient B un espace topologique, G un groupe topologique et U=(Ui)i∈I\mathscr{U}= (U_i)_{i\in I} un recouvrement ouvert de B.

a) Tout B-espace fibré principal de groupe G qui est trivialisable au-dessus de U\mathscr{U} est isomorphe à un espace fibré principal défini par un cocycle de Zcont1(B,U,G)Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G).

b) Soient (E,p)(E, p) et (E′,p′)(E', p') des B-espaces fibrés principaux qui sont trivialisables au-dessus de U\mathscr{U}. Soit (fi)i∈I((f_i)_{i\in I}( resp. (fi′)i∈I)(f'_i)_{i\in I}) une trivialisation de (E,p)(E, p) ( resp. de (E′,p′)(E', p')) adaptée à U\mathscr{U} et notons (gij)(i,j)∈I×I(g_{ij})_{(i,j)\in I\times I} ( resp. (gi,j′)(i,j)∈I×I(g'_{i,j})_{(i,j)\in I\times I}) le cocycle défini par cette trivialisation. Alors, les espaces fibrés principaux (E,p)(E, p) et (E′,p′)(E', p') sont isomorphes si et seulement si ces cocycles sont cohomologues.

Démontrons b). Soit φ:E→E′\varphi : E\rightarrow E' un isomorphisme de fibrés principaux de base B et de groupe G. Pour tout i∈Ii\in I, soit hih_i l’application continue de UiU_i dans G définie par

(b,hi(b))=fi′∘φ∘fi−1(b,e) (b, h_i(b)) =f'_i\circ \varphi \circ f_i^{-1}(b, e)

Comme, pour tout i∈I,fii\in I,f_i et fi′f'_i sont compatibles avec les opérations de G, on a pour tout b∈Uib\in U_i et tout g∈Gg\in G,

(fi′∘φ∘fi−1)(b,g)=(b,hi(b)g) (f'_i\circ \varphi \circ f_i^{-1})(b, g) = (b, h_i(b)g)

et

(fi∘φ−1∘(fi′)−1)(b,g)=(b,hi(b)−1g) (f_i\circ \varphi^{-1}\circ (f'_i)^{-1})(b, g) = (b, h_i(b)^{-1}g)

Par suite, pour tout couple (i,j)∈I×I(i, j)\in I\times I et tout point bb de Ui∩Uj:U_i\cap U_j: fi′∘(fj′)−1(b,e)=(fi′∘φ∘fi−1)∘(fi∘fj−1)∘(fj∘φ−1∘(fj′)−1)(b,e)f'_i\circ (f'_j)^{-1}(b, e) = (f'_i\circ \varphi \circ f_i^{-1})\circ (f_i\circ f_j^{-1})\circ (f_j\circ \varphi^{-1}\circ (f'_j)^{-1})(b, e)

=(b,hi(b)gij(b)hj(b)−1) = (b, h_i(b)g_{ij}(b)h_j(b)^{-1})

de sorte que l’on a

gij′(b)=hi(b)gij(b)hj(b)−1 g'_{ij}(b) =h_i(b)g_{ij}(b)h_j(b)^{-1}

Cela démontre que les cocycles (gij)(g_{ij}) et (gij′)(g'_{ij}) sont cohomologues.

Inversement, supposons que ces cocycles soient cohomologues et soit (hi)i∈I(h_i)_{i\in I} une famille d’applications continues hi:Ui→Gh_i: U_i\rightarrow G telle que l’on ait gij′(b)=hi(b)gij(b)hj(b)−1g'_{ij}(b) =h_i(b)g_{ij}(b)h_j(b)^{-1} pour i,j∈Ii,j\in I et b∈Ui∩Ujb\in U_i\cap U_j. Pour

i∈Ii\in I, soit φi:p−1(Ui)→(−p′1)(Ui)\varphi_i:\overset{-1}{p}(U_i)\rightarrow (^-{p'}^1)(U_i) l’application définie par fi′∘φi∘f'_i\circ \varphi_i\circ fi−1(b,g)=(b,hi(b)g)f_i^{-1}(b, g) = (b, h_i(b)g), pour b∈Uib\in U_i et g∈Gg\in G. C’est un isomorphisme d’espaces fibrés principaux de base UiU_i et de groupe G. Pour (i,j)∈(i, j)\in I×II\times I, notons γij\gamma_{ij} et γij′\gamma '_{ij} les homéomorphismes de recollement associés comme ci-dessus aux cocycles (gij)(g_{ij}) et (gij′)(g'_{ij}) respectivement (I, p. 115, formule (5)), de sorte que fi(b,g)=γij∘fj(b,g)f_i(b, g) =\gamma_{ij}\circ f_j(b, g) et fi′(b,g)=γij′∘fj′(b,g)f'_i(b, g) =\gamma '_{ij}\circ f'_j(b, g) pour tout (b,g)∈(Ui∩Uj)×G(b, g)\in (U_i\cap U_j)\times G. Par suite, pour (i,j)∈I×I(i, j)\in I\times I et (b,g)∈(Ui∩Uj)×G(b, g)\in (U_i\cap U_j)\times G, on a les relations

fi′∘φj∘fi−1(b,g)=γij′∘(fj′∘φj∘fj−1)(b,gij(b)−1g) f'_i\circ \varphi_j\circ f_i^{-1}(b, g) =\gamma '_{ij}\circ (f'_j\circ \varphi_j\circ f_j^{-1})(b, g_{ij}(b)^{-1}g)
=γij′(b,hj(b)gij(b)−1g) =\gamma '_{ij}(b, h_j(b)g_{ij}(b)^{-1}g)
=(b,gij′(b)hj(b)gij(b)−1g) = (b, g'_{ij}(b)h_j(b)g_{ij}(b)^{-1}g)
=(b,hi(b)g)=fi′∘φi∘fi−1(b,g) = (b, h_i(b)g) =f'_i\circ \varphi_i\circ f_i^{-1}(b, g)

Cela démontre que φi\varphi_i et φj\varphi_j coïncident sur p−1(Ui∩Uj)\overset{-1}{p}(U_i\cap U_j). Les morphismes φi\varphi_i se recollent donc en un B-morphisme de fibrés principaux de E dans E′E'. L’assertion b) en résulte car tout morphisme de fibrés principaux de base B et de groupe G est un isomorphisme (I, p. 93, prop. 1).

Démontrons maintenant a). Soit (E,p)(E, p) un espace fibré principal de groupe G muni, pour tout i∈Ii\in I, d’une trivialisation fi:p−1(Ui)→f_i:\overset{-1}{p}(U_i)\rightarrow Ui×GU_i\times G au-dessus de UiU_i. Soit (gij)(g_{ij}) le cocycle défini par cette famille et soit alors F l’espace fibré principal défini par le cocycle (gij)(g_{ij}). Par construction, l’espace fibré principal F est muni d’une trivialisation au-dessus de U\mathscr{U}; cette trivialisation définit le cocycle (gij)(g_{ij}). D’après l’assertion b), l’espace fibré principal (E,p)(E, p) est isomorphe à F.

Soient B un espace topologique et G un groupe topologique. Soit (E,p)(E, p) un espace fibré principal de base B et de groupe G. Soit ss une section de l’application surjective pp (E, II, p. 19, prop. 8). L’application f:B×G→Ef: B\times G\rightarrow E définie par f(b,g)=s(b)⋅gf(b, g) =s(b)\cdot g est une bijection compatible avec l’action de G. Munissons B×GB\times G de la topologie obtenue par transport de structure ; (B×G(B\times G, pr1)_1) est alors un espace fibré principal de base B et de groupe G isomorphe à E. Il existe donc un ensemble T de fibrés principaux de base B et de groupe G tel que tout espace fibré principal de base B et de groupe G soit isomorphe à un élément de T. Notons P(B,G)P(B,G) l’ensemble des classes d’isomorphisme de fibrés principaux de base B et de groupe G (E, II, p. 47).

Soit U=(Ui)i∈I\mathscr{U}= (U_i)_{i\in I} un recouvrement ouvert de B. Notons P(B,U,G)P(B,\mathscr{U},G) le sous-ensemble de P(B,G)P(B,G) constitué des classes d’isomorphisme des fibrés principaux qui sont trivialisables au-dessus de U\mathscr{U}. D’après la proposition 11, il existe une application rUr_{\mathscr{U}} de Hcont1(B,U,G)H^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) dans P(B,U,G)P(B,\mathscr{U},G) qui à la classe d’un cocycle (gij)∈Zcont1(B,U,G)(g_{ij})\in Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) associe la classe d’isomorphisme de l’espace fibré principal défini par ce cocycle ; c’est une bijection (loc. cit.). La bijection réciproque sUs_{\mathscr{U}} associe à la classe d’isomorphisme dans Hcont1(B,U,G)H^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) d’un espace fibré principal E, trivialisable au-dessus de U\mathscr{U}, la classe du cocycle défini par une famille quelconque de trivialisations de E au-dessus de U\mathscr{U}. Dans cette correspondance, la classe d’isomorphisme de l’espace fibré principal trivial B×GB\times G correspond à la classe de cohomologie du cocycle constant gij=eg_{ij}=e, appelé aussi cocycle trivial.

En vertu de la définition d’un espace fibré principal, l’ensemble P(B,G)P(B,G) est la réunion des ensembles de la forme P(B,U,G)P(B,\mathscr{U},G), où U\mathscr{U} est un recouvrement ouvert de B.

Soit U=(Ui)i∈I\mathscr{U}= (U_i)_{i\in I} un recouvrement ouvert de B et soit V=(Vk)k∈K\mathscr{V}= (V_k)_{k\in K} un recouvrement ouvert de B plus fin que U\mathscr{U}. On a P(B,U,G)⊂P(B,\mathscr{U},G)\subset P(B,V,G)P(B,\mathscr{V},G) ; on note iVUi_{\mathscr{V} \mathscr{U}} l’injection canonique définie par cette inclusion. Choisissons une application φ:K→I\varphi : K\rightarrow I telle que Vk⊂Uφ(k)V_k\subset U_{\varphi(k)} pour tout k∈Kk\in K. Étant donné un cocycle (gij)∈Zcont1(B,U,G)(g_{ij})\in Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G), posons, pour tout couple (k,ℓ)∈K×K,g‾kℓ=gφ(k)φ(ℓ)∣Vk∩Vℓ(k, \ell )\in K\times K,\overline{g}_{k\ell}=g_{\varphi(k)\varphi(\ell)}|V_k\cap V_{\ell}.

La famille (g‾kℓ)(\overline{g}_{k\ell}) est un cocycle sur B, à valeurs dans G, subordonné à V\mathscr{V}. Si (gij′)∈Zcont1(B,U,G)(g'_{ij})\in Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) est un cocycle cohomologue au cocycle (gij)(g_{ij}), le cocycle (g‾kℓ′)(\overline{g}'_{k\ell}) déduit de (gkℓ′)(g'_{k\ell}) est cohomologue au cocycle (g‾kℓ)(\overline{g}_{k\ell}). Il en résulte une application

c(φ):Hcont1(B,U,G)→Hcont1(B,V,G) c(\varphi ): H^1_{cont}(B,\mathscr{U},G)\rightarrow H^1_{cont}(B,\mathscr{V},G)

qui à la classe de (gij)(g_{ij}) associe la classe de (g‾kℓ)(\overline{g}_{k\ell}).

Soit E un espace fibré principal de base B et de groupe G et, pour tout i∈i\in I, soit fi:EUi→Ui×Gf_i: E_{U_i}\rightarrow U_i\times G une trivialisation du UiU_i-espace fibré principal EUiE_{U_i}. Pour tout k∈k\in K, soit fk′:EVk→Vk×Gf'_k: E_{V_k}\rightarrow V_k\times G la trivialisation déduite de fφ(k)f_{\varphi(k)} par passage aux sous-ensembles. Soit (gij)∈Zcont1(B,U,G)(g_{ij})\in Z^1_{cont}(B,\mathscr{U},G) le cocycle défini par la famille (fi)(f_i) ; le cocycle défini par la famille (fk′)(f'_k) est précisément le cocycle (g‾kℓ)(\overline{g}_{k\ell}) défini ci-dessus. Ainsi, le diagramme suivant est commutatif :

Hcont1(B,U,G)c(φ)Hcont1(B,V,G) H^1_{cont}(B,\mathscr{U},G)^{c(\varphi)}H^1_{cont}(B,\mathscr{V},G)
rUrVr_{\mathscr{U}}r_{\mathscr{V}}
P(B,U,G)iVUP(B,V,G) P(B,\mathscr{U},G)^{i_{\mathscr{V} \mathscr{U}}}P(B,\mathscr{V},G)

Les applications rUr_{\mathscr{U}} et rVr_{\mathscr{V}} étant bijectives, l’application c(φ)c(\varphi ), de même que iVUi_{\mathscr{V} \mathscr{U}}, est une injection et ne dépend pas du choix de φ\varphi. Nous écrirons désormais cVUc_{\mathscr{V} \mathscr{U}} au lieu de c(φ)c(\varphi ).

Soit R\mathscr{R} l’ensemble des éléments de P(P(B))\mathfrak{P}(\mathfrak{P}(B)) qui sont des recouvrements ouverts de B. Pour tout recouvrement ouvert U\mathscr{U} de B, il existe un recouvrement ouvert V\mathscr{V} appartenant à R\mathscr{R} tel que U\mathscr{U} soit à la fois plus fin et moins fin que U\mathscr{U}. L’ensemble R\mathscr{R} est ordonné et filtrant pour la relation ⩽\leqslant définie par U⩽V\mathscr{U}\leqslant \mathscr{V} si V\mathscr{V} est un recouvrement plus fin que U\mathscr{U}. Il résulte de ce qui précède qu’on a défini un système inductif (Hcont1(B,U,G),cVU)(H^1_{cont}(B,\mathscr{U},G), c_{\mathscr{V} \mathscr{U}}) relatif à l’ensemble ordonné filtrant R\mathscr{R} et que la famille (rU)(r_{\mathscr{U}}) est un système inductif d’applications bijectives de (Hcont1(B,U,G),cVU)(H^1_{cont}(B,\mathscr{U},G), c_{\mathscr{V} \mathscr{U}}) dans (P(B,U,G),iVU)(P(B,\mathscr{U},G), i_{\mathscr{V} \mathscr{U}}). Si l’on note Hcont1(B,G)H^1_{cont}(B,G) la limite inductive du système (Hcont1(B,U,G),cVU)(H^1_{cont}(B,\mathscr{U},G), c_{\mathscr{V} \mathscr{U}}) et r:Hcont1(B,G)→P(B,G)r: H^1_{cont}(B,G)\rightarrow P(B,G) la limite inductive de la famille (rU)(r_{\mathscr{U}}), on a donc :

Théorème 4 01RQ

L’application r:Hcont1(B,G)→P(B,G)r: H^1_{cont}(B,G)\rightarrow P(B,G) est bijective.

Soit U=(Ui)i∈I\mathscr{U}= (U_i)_{i\in I} un recouvrement ouvert de B; notons cUc_{\mathscr{U}} l’application canonique Hcont1(B,U,G)→Hcont1(B,G)H^1_{cont}(B,\mathscr{U},G)\rightarrow H^1_{cont}(B,G). Si (gij)(g_{ij}) est un cocycle sur B, à valeurs dans G, subordonné au recouvrement ouvert U\mathscr{U}, l’élément cU((gij))c_{\mathscr{U}}((g_{ij})) de Hcont1(B,G)H^1_{cont}(B,G) est appelé classe de cohomologie du cocycle (gij)(g_{ij}).

Exercices

See the exercises for § 5.

Transcribed from the printed volume. Not translated.