§ 4. Eléments réguliers d’un groupe de Lie
Dans les n°s 1, 2 et 3 de ce paragraphe, on suppose que k est R, ou C, ou un corps ultramétrique complet non discret de caractéristique zéro. On désigne par G un groupe de Lie de dimension finie sur k, par g son algèbre de Lie, par e son élément neutre. Si a∈G, on note g1(a) le nilespace de Ad(a)−1, autrement dit l’espace g1(Ad(a)) (cf. § 1, n° 1).
1. Eléments réguliers pour une représentation linéaire
Soient M une variété analytique sur k et a=(a0,…,an−1,an=1) une suite de fonctions analytiques sur M. Pour tout x∈M, soit ra(x) la borne supérieure des i∈{0,n} tels que aj(x)=0 pour j<i et soit ra0(x) la borne supérieure des i∈{0,n} tels que aj soit nulle sur un voisinage de x pour j<i.
(i) La fonction ra est semi-continue supérieurement. (ii) Pour tout x∈M, ra0(x)=liminfy→xra(y). (iii) La fonction ra0 est localement constante. (iv) L’ensemble des points x∈M tels que ra0(x)=ra(x) est l’ensemble des points de M au voisinage desquels la fonction ra est constante. C’est un ouvert dense dans M. Si k=C et si M est connexe de dimension finie, cet ouvert est connexe.
(i) Si ra(x)=i, alors ai(x)=0 et pour tout y appartenant à un voisinage de x, on a ai(y)=0, donc ra(y)≤i. (ii) Si ra0(x)=i, alors les fonctions a0,…,ai−1 sont nulles sur un voisinage de x et, pour tout point y appartenant à ce voisinage, on a ra(y)≥i. Par conséquent, liminfy→xra(y)≥i. Tout voisinage de x contient un point y tel que ai(y)=0 et par suite ra(y)≤i. On a donc liminfy→xra(y)=i. (iii) Soit i=ra0(x) et soit V un voisinage de x tel que aj(y)=0 pour tout y∈V et tout j<i. On a x∈M−Z où Z désigne l’ensemble des points de M au voisinage desquels la fonction ai est nulle. Puisque Z est fermé dans M (VAR, R, 5.3.5), V∩(M−Z) est un voisinage de x. Pour tout point y appartenant à ce voisinage, on a ra0(y)=i. (iv) La fonction ra−ra0 est semi-continue supérieurement et sa valeur en tout point est ≥0. Si ra(x)=ra0(x), alors ra−ra0 est nulle au voisinage de x, ce qui montre que ra est constante au voisinage de x d’après (iii). Réciproquement, si ra est constante au voisinage de x, on a ra0(x)=ra(x) d’après (ii). L’ensemble des points x∈M tels que ra0(x)=ra(x) est donc un ouvert Ω de M. Si x∈M et si r_a^0(x) < r_a(x), tout voisinage de x contient un point y tel que ra(y)<ra(x) et ra0(y)=ra0(x). Tout voisinage de x contient donc un point y tel que
ra(y)−ra0(y)<ra(x)−ra0(x).
Il en résulte que Ω est dense dans M.
Si M est connexe et si p est la valeur de ra0 sur M, les points de Ω sont les points x∈M tels que ap(x)=0. Si k=C, ceci entraîne que Ω est connexe d’après le lemme 3 de l’Appendice II.
Soit ρ une représentation linéaire analytique de G dans un espace vectoriel V de dimension finie n sur k. Posons
det(T−ρ(g)+1)=a0(g)+a1(g)T+⋯+an−1(g)Tn−1+Tn.
Les fonctions ra et ra0 associées à la suite (a0,a1,…,an−1,1) seront notées respectivement rρ et rρ0. On a alors, pour tout g∈G:
rρ(g)=dimV1(ρ(g))rρ0(g)=g′→gliminfdimV1(ρ(g′)).
Soit 0→V′→V→V′′→0 une suite exacte de G-modules définis respectivement par les représentations linéaires analytiques ρ′,ρ,ρ′′ de G. On a alors:
rρ=rρ′+rρ′′etrρ0=rρ′0+rρ′′0.
En effet, pour tout g∈G, on a (§ 1, n° 1, cor. 3 du th. 1) une suite exacte
0→(V′)1(ρ′(g))→V1(ρ(g))→(V′′)1(ρ′′(g))→0,
ce qui prouve la première assertion. La seconde en résulte puisque, d’après le lemme 1 (iv), sur un ouvert dense de G, on a rρ0=rρ,rρ′0=rρ′, et rρ′′0=rρ′′.
Définition 1 00VW
Un élément g∈G est dit régulier pour la représentation linéaire ρ si rρ(g)=rρ0(g).
Proposition 1 00VX
Les points réguliers pour une représentation linéaire analytique ρ de G sont les points de G au voisinage desquels la fonction rρ est constante. Ils forment un ouvert dense dans G. Si k=C et si G connexe, l’ensemble des points réguliers pour ρ est connexe.
Cela résulte du lemme 1 (iv).
2. Eléments réguliers d’un groupe de Lie
Définition 2 00VZ
On dit qu’un élément de G est régulier s’il est régulier pour la représentation adjointe de G.
En d’autres termes (prop. 1), un élément g∈G est régulier si, pour tous les éléments g′ d’un voisinage de g dans G, la dimension du nilespace de Ad(g′)−1 est égale à la dimension du nilespace de Ad(g)−1.
Proposition 2 00W0
Soient G′ un groupe de Lie de dimension finie sur k et f un morphisme surjectif de G dans G′. L’image par f d’un élément régulier de G est un élément régulier de G′. Si le noyau de f est contenu dans le centre de G, pour qu’un élément g∈G soit régulier, il faut et il suffit que f(g) soit régulier.
Soient en effet g′ l’algèbre de Lie de G′ et h l’idéal de g noyau de Tf∣g. Soit ρ la représentation linéaire de G dans h, définie par ρ(g)=Adg∣h pour tout g∈G, et soit Ad∘f la représentation linéaire de G dans g′ composée de f et de la représentation adjointe de G′. Ces représentations linéaires définissent une suite exacte de G-modules : 0→h→g→g′→0. D’après le lemme 2, on a rAd=rρ+rAd∘f et rAd0=rρ0+rAd∘f0. Puisque rAd∘f=rAd∘f et que f est une application ouverte, on a rAd∘f0=rAd0∘f. Par conséquent :
rAd−rAd0=rρ−rρ0+(rAd−rAd0)∘f.
Si g est régulier, on a donc (rAd−rAd0)(f(g))=0 ce qui signifie que f(g) est régulier. Si le noyau de f est contenu dans le centre de G, alors
rρ(g)=rρ0(g)=dimh
pour tout g∈G. Par suite, si f(g) est régulier, on a rAd(g)=rAd0(g), autrement dit, g est régulier.
Proposition 3 00W1
Soient G1 et G2 deux groupes de Lie de dimension finie sur k. Pour qu’un élément (g1,g2) de G1×G2 soit régulier, il faut et il suffit que g1 et g2 soient respectivement des éléments réguliers de G1 et G2.
La condition est nécessaire d’après la prop. 2. Montrons qu’elle est suffisante. Pour tout g=(g1,g2)∈G1×G2, on a rAd(g)=rAd(g1)+rAd(g2). Compte tenu du lemme 1, (ii), il en résulte que rAd0(g)=rAd0(g1)+rAd0(g2). Si g1 et g2 sont réguliers, rAd0(g1)=rAd(g1) et rAd0(g2)=rAd(g2), donc rAd0(g)=rAd(g), ce qui signifie que g est régulier.
Soient a∈G et m un supplémentaire de g1(a) dans g. Soient U un voisinage de 0 dans g et exp une application exponentielle de U dans G. L’application
f:(x,y)↦(expy)a(expx)(expy)−1
de (g1(a)×m)∩U dans G est étale en (0,0).
Les applications x↦a(expx) et y↦(expy)a(expy)−1 ont respectivement pour applications linéaires tangentes en 0 les applications x↦ax et y↦ya−ay=a(a−1ya−y) de g dans TaG=ag (III, § 3, n° 12, prop. 46). Par suite, l’application tangente à f en (0,0) est l’application (x,y)↦ax+a(a−1ya−y)=a(x+a−1ya−y) de g1(a)×m dans ag. Cette application est injective. En effet, si x∈g1(a),y∈m et si x+a−1ya−y=0, alors (Ad(a)−1)y=Ad(a)x∈g1(a) puisque Ad(a)g1(a)⊂g1(a). Ceci entraîne que y∈g1(a) et par suite que y=0. Puisque Ad(a) est injectif sur g1(a), il en résulte que x=0. Puisque dimg=dimg1(a)+dimm, ceci montre que f est étale en (0,0).
Proposition 4 00W3
Soient a∈G et H un sous-groupuscule de Lie de G ayant g1(a) pour algèbre de Lie. L’application (b,c)↦cabc−1 de H×G dans G est une submersion en (e,e)*.
Soient en effet m un supplémentaire de g1(a) dans g et exp une application exponentielle de G définie sur un voisinage ouvert U de 0 dans g. On peut choisir U de sorte que exp(U∩g1(a))⊂H. L’application f:(x,y)↦(expx,expy) est alors une application analytique d’un voisinage de (0,0) dans g1(a)×m à valeurs dans H×G. D’après le lemme 3, l’application composée de f et de l’application φ:(b,c)↦cabc−1 est étale en (0,0). Il en résulte que φ est une submersion en f(0,0)=(e,e).
Proposition 5 00W4
Soient a∈G et W un voisinage de e dans G. Il existe un voisinage V de a ayant la propriété suivante : pour tout a′∈V, il existe un élément g∈W tel que g1(a′)⊂Ad(g)g1(a)*.
Posons g1=g1(a) et soit g=g1+g+ la décomposition de Fitting de Ad(a)−1 (§ 1, n° 1). Soit H un sous-groupuscule de Lie de G ayant g1 pour algèbre de Lie. Pour tout h∈H, on a Ad(h)g1⊂g1. Puisque [g1,g+]⊂g+, il existe un voisinage U de e dans H tel que Ad(h)g+⊂g+ pour tout h∈U. Puisque la restriction de Ad(a)−1 à g+ est bijective, on peut choisir U de sorte que, pour tout h∈U, la restriction de Ad(ah)−1 à g+ soit bijective. On a alors g1(ah)⊂g1(a)=g1 pour tout h∈U. D’après la proposition 4, Int(W)(aU) est un voisinage de a dans G. Si a′∈Int(W)(aU), alors a′=g(ah)g−1 avec g∈W et h∈U; il en résulte que g1(a′)=Ad(g)g1(ah)⊂Ad(g)g1(a).
Corollaire 00W5
Soit G∗ un sous-groupe ouvert de G. Si a∈G est régulier, il existe un voisinage V de a tel que, pour tout a′∈V, g1(a′) soit conjugué de g1(a) par Ad(G∗)
3. Relations avec les éléments réguliers de l’algèbre de Lie
Proposition 6 00W6
Soient V un sous-groupe ouvert de g et exp:V→G une application exponentielle définie sur V.
(i) Il existe un voisinage W de 0 dans V tel que g1(expx)=g0(x) pour tout x∈W.
(ii) Si k=R ou C, on a g1(expx)⊇g0(x) pour tout x∈g.
D'après le cor. 3 à la prop. 8 du chap. III, § 4, n° 4, il existe un voisinage V′ de 0 dans V tel que, pour tout x∈V′, exp(ad(x))=∑n=0∞n!1ad(x)n soit défini et Ad(expx)=exp(ad(x)). Si P∈k[X] et si α∈End(g), on vérifie facilement que, pour tout λ∈k, on a gλ(α)⊂gP(λ)(P(α)). Par suite
g0(ad(x))⊂g1(exp(ad(x)))=g1(Ad(expx))=g1(expx) pour tout
x∈V′. Si
k=R ou
C, on a
V=g et on peut choisir
V′=V ce qui prouve (ii). Démontrons (i). Soit U un voisinage de 0 dans
End(g) tel que, pour tout
α∈U,
Log(1+α)=∑n>0(−1)n+1n1αn soit défini. On a
Log∘exp=1 sur un voisinage de 0 et, pour tout
α∈U,
g1(1+α)⊂g0(Log(1+α)). Soit W le voisinage de 0 dans g formé par les
x∈V′ tels que
expadx∈1+U et
Log(exp(ad(x)))=ad(x). Pour tout
x∈W, on a
g1(expx)=g1(Ad(expx))=g1(exp(ad(x))) ⊂g0(Log(exp(ad(x))))=g0(ad(x))=g0(x). Ceci montre que
g1(expx)=g0(x) pour tout
x∈W.
Soient U un voisinage de 0 dans g et exp une application exponentielle de U dans G, étale en tout point de U et telle que g1(expx)=g0(x) quel que soit x∈U.
(i) La fonction rAd0 est constante et égale au rang de g sur exp(U).
(ii) Si x∈U, pour que expx soit régulier, il faut et il suffit que x soit un élément régulier de g.
(iii) Si a∈exp(U), pour que a soit régulier, il faut et il suffit que g1(a) soit une sous-algèbre de Cartan de g.
Soit l=rg(g). Si x∈U est un élément régulier de g, on a
rAd(expx)=dimg1(expx)=dimg0(x)=l. Puisque les éléments réguliers de g appartenant à U forment un voisinage de x et que exp est étale en x, ceci montre que
expx est régulier et que
rAd0(expx)=l. Les éléments réguliers de g appartenant à U étant denses dans U, on a
rAd0(a)=l pour tout
a∈exp(U). Soit
a∈exp(U) un élément régulier de G et soit
x∈U tel que
a=expx. Puisque
g0(x)=g1(a), on a
dimg0(x)=rAd0(a)=l. Par suite, x est un élément régulier de g et
g1(a) est une sous-algèbre de Cartan de g. Enfin si
a∈exp(U) et si
g1(a) est une sous-algèbre de Cartan de g, on a
rAd(a)=dimg1(a)=l=rAd0(a), donc a est régulier.
Proposition 7 00W8
Soit V un voisinage de e dans G. Toute sous-algèbre de Cartan de g est de la forme g1(a) où a est un élément régulier de G appartenant à V.
D’après la prop. 6, il existe un voisinage ouvert U de 0 dans g et une application exponentielle exp : U → G vérifiant les conditions du lemme 4. Si h est une sous-algèbre de Cartan de g, il existe un élément régulier x∈h tel que h=g0(x) (§ 3, th. 2). Il existe d’autre part un élément t∈k∗ tel que tx∈U et exp(tx)∈V. On a alors h=g0(x)=g0(tx)=g1(exp(tx)), et d’après le lemme 4 (ii), exp(tx) est un élément régulier de G.
Proposition 8 00W9
Soit l le rang de g. Il existe un sous-groupe ouvert G∗ de G tel que : (i) la fonction rAd0 est constante sur G∗ et sa valeur est l ; (ii) pour qu’un élément a∈G∗ soit régulier, il faut et il suffit que g1(a) soit une sous-algèbre de Cartan de g ; (iii) si a∈G∗, toute sous-algèbre de Cartan de g1(a) est une sous-algèbre de Cartan de g.
(i) D’après la prop. 6, il existe un voisinage ouvert U de 0 dans g et une application exp de U dans G vérifiant les conditions du lemme 4. Dans la suite, on désignera par G∗ la composante neutre de G si k=R ou C et un sous-groupe ouvert de G contenu dans exp(U) si k est ultramétrique. Puisque rAd0 est localement constante et que sa valeur en tout point de exp(U) est l (lemme 4 (i)), on voit que rAd0 est constante et égale à l sur G∗.
(ii) Soit R∗ (resp. S∗) l’ensemble des éléments réguliers de G∗ (resp. l’ensemble des éléments a∈G∗ tels que g1(a) soit une sous-algèbre de Cartan de g). On a S∗⊂R∗. En effet, si a∈S∗, alors rAd(a)=l=rAd0(a). Montrons que R∗⊂S∗. Si k est ultramétrique, cela résulte de l’inclusion G∗⊂exp(U) et du lemme 4 (iii). Supposons k=C. D’après le cor. à la prop. 5, si a∈R∗, alors pour tout a′ appartenant à un voisinage de a, g1(a′) est conjugué de g1(a) par un automorphisme de g. Ceci prouve que S∗ et R∗−S∗ sont ouverts dans G∗. On a vu que S∗ contient tous les éléments réguliers d’un voisinage de e (lemme 4 (iii)); par conséquent S∗ est non vide. Puisque G∗ est connexe, il en est de même de R∗ (prop. 1) et par conséquent S∗=R∗.
Il reste à étudier le cas k=R. Supposons d’abord que G∗ soit un sous-groupe intégral de GL(E) où E désigne un espace vectoriel réel de dimension finie. Soit Gc∗ le sous-groupe intégral de GL(E⊗RC) ayant pour algèbre de Lie gc=g⊗C. Il existe une fonction analytique sur Gc∗ dont l’ensemble des zéros est le complémentaire de l’ouvert des éléments réguliers de Gc∗. D’après VAR, R, 3.2.5, cette fonction ne peut être nulle en tout point de G∗. Par conséquent, G∗ contient des éléments réguliers de Gc∗. Soit Adc la représentation adjointe de Gc∗. Pour tout a∈G∗, on a gc1(a)=g1(a)⊗C, donc rAdc(a)=rAd(a). Si a∈G∗ est un élément régulier de Gc∗, alors c’est un élément régulier de G∗ et rAdc0(a)=rAd0(a). Les fonctions rAdc0 et rAd0 étant constantes respectivement sur Gc∗ et sur G∗, il en résulte que les éléments réguliers de G∗ sont les éléments réguliers de Gc∗ appartenant à
G*. D’après ce qui a été vu plus haut, si a est un élément régulier de G∗, alors gc1(a)=g1(a)⊗C est une sous-algèbre de Cartan de gc; ceci implique que g1(a) est une sous-algèbre de Cartan de g (§ 2, prop. 3).
Supposons maintenant G simplement connexe. Il existe un espace vectoriel réel de dimension finie E et un morphisme étale f de G sur un sous-groupe intégral G′ de GL(E) (III, § 6, no 1, cor. au th. 1). D’après la prop. 2, si a∈G est régulier, alors f(a) est régulier. D’après ce qui précède, g′1(f(a)) est une sous-algèbre de Cartan de l’algèbre de Lie g′ de G′. Puisque g′1(f(a))=(Tf)g1(a) et que Tf est un isomorphisme de g sur g′, ceci prouve que g1(a) est une sous-algèbre de Cartan de g.
Passons-enfin au cas général (k=R). Soient G~ un revêtement universel de G∗, g~=L(G~), et q l’application canonique de G~ sur G∗. Puisque le noyau de q est contenu dans le centre de G~, si a∈G∗ est régulier et si a′∈q−1(a), alors a′ est régulier (prop. 2). D’après ce qui précède, g~1(a′) est une sous-algèbre de Cartan de g~. Puisque g1(a)=(Tq)g~1(a′) et que Tq est un isomorphisme de g~ sur g, ceci prouve que g1(a) est une sous-algèbre de Cartan de g.
(iii) D’après la prop. 5, il existe un voisinage V de a tel que, pour tout a′∈V, g1(a′) soit conjugué d’une sous-algèbre de g1(a) par un automorphisme de g. Puisque tout voisinage de a contient un élément régulier de G∗, il résulte de (ii) que g1(a) contient une sous-algèbre de Cartan de g. D’après la prop. 3 du § 3, toute sous-algèbre de Cartan de g1(a) est donc une sous-algèbre de Cartan de g.
4. Application aux automorphismes élémentaires
Proposition 9 00WB
Soient k un corps de caractéristique 0 et g une algèbre de Lie sur k. Si a∈Aute(g), la dimension du nilspace de a−1 est au moins égale au rang de g.
D’après le « principe de Lefschetz » (A, V, § 14, no 7, prop. 18), k est réunion filtrante croissante d’une famille de sous-corps (ki)i∈I qui admettent C pour extension. Soient (eα) une base de g sur k et x1,…,xm des éléments de g tels que ad(x1),…,ad(xm) soient nilpotents et que a=ead(x1)…ead(xm). Soient cαβγ les constantes de structure de g par rapport à la base (eα) et (xrα) les composantes de xr par rapport à cette base (1≤r≤m). Il existe un indice j∈I tel que les cαβγ et les xrα appartiennent tous à kj. Soit gj=∑αkjeα; c'est une algèbre de Lie sur kj contenant x1,…,xm, et la restriction aj de a à gj est un automorphisme élémentaire de gj. L'extension de aj à gj⊗kjC est un automorphisme élémentaire aj⊗1 de gj⊗C. Soit alors Gj un groupe de Lie complexe connexe d'algèbre de Lie gj⊗C, et s un élément de Gj tel que Ad(s)=aj⊗1. La prop. 8, appliquée au couple (Gj,s), montre que le nilespace de aj⊗1−1 est de dimension n, où
n⩾rg(gj⊗C)=rg(gj)=rg(g). Or ce nilespace a même dimension que celui de
aj−1 et que celui de
a−1. D'où la proposition.
Exercices
Les notations et hypothèses sont celles des nos 1, 2, 3 du § 4.
See the exercises for § 4.