Bourbaki

§ 5. Classes de conjugaison

On conserve les notations du § 4.

1. Éléments réguliers

D’après le cor. 4 au th. 2 du § 2, n° 2, les éléments réguliers gg de GG peuvent être caractérisés par l’une ou l’autre des propriétés suivantes : a) La sous-algèbre de gg fixée par Ad g\mathrm{Ad}\,g est une sous-algèbre de Cartan. b) Z(g)0Z(g)_0 est un tore maximal de GG.

L’ensemble des éléments réguliers de GG est ouvert et dense dans GG. Dans la suite de ce paragraphe, on note GrG_r (resp. TrT_r) l’ensemble des points de GG (resp. TT) qui sont réguliers dans GG. Pour qu’un élément gg de GG appartienne à TrT_r, il faut et il suffit que Z(g)0Z(g)_0 soit égal à TT; tout élément de GrG_r est conjugué à un élément de TrT_r (§ 2, n° 2, th. 2). Pour qu’un élément tt de TT appartienne à TrT_r, il faut et il suffit que, pour toute racine α∈R(G,T)\alpha \in R(G, T), on ait tα≠1t^\alpha \neq 1; par conséquent T−TrT - T_r est réunion des sous-tores Ker α\mathrm{Ker}\,\alpha lorsque α\alpha parcourt R(G,T)R(G, T).

Proposition 1 01DV

Posons n=dim⁡Gn = \dim G. Il existe une variété analytique réelle compacte VV de dimension n−3n - 3 et une application analytique φ:V→G\varphi : V \to G dont l’image est G−GrG - G_r.

Soit α∈R(G,T)\alpha \in R(G, T); posons Vα=(G/Z(Ker α))×(Ker α)V_\alpha = (G/Z(\mathrm{Ker}\ \alpha)) \times (\mathrm{Ker}\ \alpha), et soit φα\varphi_\alpha le morphisme de VαV_\alpha dans GG tel que, pour tout g∈Gg \in G et tout t∈Ker αt \in \mathrm{Ker}\ \alpha, on ait φα(g‾,t)=gtg−1\varphi_\alpha(\overline{g}, t) = gtg^{-1} (on désigne par g‾\overline{g} la classe de gg modulo Z(Ker α)Z(\mathrm{Ker}\ \alpha)). Alors VαV_\alpha est une variété analytique réelle compacte de dimension

dim⁡Vα=dim⁡G−dim⁡Z(Ker α)+dim⁡Ker α=n−(dim⁡T+2)+(dim⁡T−1)=n−3 \dim V_\alpha = \dim G - \dim Z(\mathrm{Ker}\ \alpha) + \dim \mathrm{Ker}\ \alpha = n - (\dim T + 2) + (\dim T - 1) = n - 3
(§ 4, no 5, th. 1); φα\varphi_\alpha est un morphisme de variétés analytiques réelles, et l’image de φα\varphi_\alpha est formée des éléments de GG conjugués à un élément de Ker α\mathrm{Ker}\ \alpha. Il suffit alors de prendre pour VV la somme des variétés VαV_\alpha, et pour φ\varphi le morphisme induisant φα\varphi_\alpha sur chaque VαV_\alpha.

Remarque 01DW

Appelons très réguliers les éléments gg de GG tels que Z(g)Z(g) soit un tore maximal de GG. Si g∈Tg \in T, gg est très régulier si et seulement si w(g)≠gw(g) \neq g pour tout élément non neutre ww de WG(T)W_G(T) (§ 4, no 7, prop. 14). L’ensemble des éléments très réguliers de GG est donc un ouvert dense de GG (§ 2, no 5, cor. 2 à la prop. 5).

2. Chambres et alcôves

Notons trt_r l’ensemble des éléments x∈tx \in t tels que exp⁡x\exp x soit régulier, c’est-à-dire appartienne à TrT_r. Pour qu’un élément xx de tt appartienne à t−trt - t_r, il faut et il suffit qu’il existe une racine α∈R(G,T)\alpha \in R(G, T) telle que δ(α)(x)∈2πiZ\delta(\alpha)(x) \in 2\pi i \mathbf{Z}. Pour chaque racine α∈R(G,T)\alpha \in R(G, T) et chaque entier nn, notons Hα,nH_{\alpha, n} l’ensemble des x∈tx \in t tels que δ(α)(x)=2πin\delta(\alpha)(x) = 2\pi i n. Les Hα,nH_{\alpha, n} sont appelés les hyperplans singuliers de tt, et t−trt - t_r est réunion des hyperplans singuliers. On appelle alcôves de tt les composantes connexes de trt_r, et chambres les composantes connexes du complémentaire dans tt de la réunion de ceux des hyperplans singuliers qui passent par l’origine (c’est-à-dire des Hα,0=Ker δ(α)H_{\alpha, 0} = \mathrm{Ker}\ \delta(\alpha), α∈R(G,T)\alpha \in R(G, T)).

On a Γ(T)⊂t−tr\Gamma(T) \subset t - t_r; on note N(G,T)N(G, T) le sous-groupe de Γ(T)\Gamma(T) engendré par les vecteurs nodaux (§ 4, no 5); d’après la prop. 11 du § 4, no 6, le quotient Γ(T)/N(G,T)\Gamma(T)/N(G, T) s’identifie au groupe fondamental de GG.

Enfin, on note WW le groupe de Weyl de GG relativement à TT, considéré comme groupe d’automorphismes de TT et de tt, et on note WaW_a (resp. Wa′W'_a) le groupe d’automorphismes de l’espace affine tt engendré par WW et par les translations tγ:x↦x+γt_\gamma : x \mapsto x + \gamma pour γ∈N(G,T)\gamma \in N(G, T) (resp. pour γ∈Γ(T)\gamma \in \Gamma(T)).

Soient w∈Ww \in W, γ∈Γ(T)\gamma \in \Gamma(T), α∈R(G,T)\alpha \in R(G, T) et n∈Zn \in \mathbf{Z}. On a :

w(Hα,n)=Hwα,n,tγ(Hα,n)=Hα,n+<γ,α>. w(H_{\alpha, n}) = H_{w\alpha, n}, \quad t_\gamma(H_{\alpha, n}) = H_{\alpha, n + <\gamma, \alpha>}.

Il en résulte que pour toute chambre CC et tout w∈Ww \in W, w(C)w(C) est une chambre et que pour toute alcôve AA et tout w∈Wa′w \in W'_a, w(A)w(A) est une alcôve. On notera que lorsqu’on identifie X(T)⊗RX(T) \otimes \mathbf{R} à t∗t^* via l’isomorphisme (2πi)−1δ(2\pi i)^{-1} \delta, les alcôves de tt et le groupe WaW_a sont les alcôves et le groupe de Weyl affine associés au système de racines R(G,T)R(G, T) (VI, § 2, no 1).

Proposition 2 01DX

a) Le groupe WaW_a (resp. Wa′W'_a) est produit semi-direct de WW par N(G,T)N(G, T) (resp. Γ(T)\Gamma(T)); le sous-groupe WaW_a de Wa′W'_a est distingué.

b) Le groupe WW (resp. WaW_a) opère de façon simplement transitive dans l’ensemble des chambres (resp. alcôves).

c) Soient CC une chambre et AA une alcôve. Alors C‾\overline{C} (resp. A‾\overline{A}, resp. AA) est un domaine fondamental pour l’action de WW dans tt (resp. de WaW_a dans tt, resp. de WaW_a dans t−trt - t_r). Si x∈trx \in t_r et w∈Waw \in W_a sont tels que w(x)=xw(x) = x, alors w=Idw = \mathrm{Id}.

d) Pour toute chambre CC, il existe une unique alcôve AA telle que A⊂CA \subset C et 0∈A‾0 \in \overline{A}. Pour toute alcôve AA, il existe un unique γ∈N(G,T)\gamma \in N(G, T) tel que γ∈A‾\gamma \in \overline{A}.

Si w∈Ww \in W et γ∈Γ(T)\gamma \in \Gamma(T), on a wtγw−1=tw(γ)wt_\gamma w^{-1} = t_{w(\gamma)} et wtγw−1tγ−1=tw(γ)−γwt_\gamma w^{-1} t_\gamma^{-1} = t_{w(\gamma) - \gamma}, avec w(γ)−γ∈N(G,T)w(\gamma) - \gamma \in N(G, T); cela implique aussitôt a). Le reste de la proposition résulte de VI, § 1, n° 5 et § 2, n°s 1 et 2.

Corollaire 1 01DY

Soient AA une alcôve de tt, A‾\overline{A} son adhérence, et HAH_A le stabilisateur de AA dans Wa′W'_a.

a) Le groupe Wa′W'_a est produit semi-direct de HAH_A par WaW_a.

b) L’application exponentielle A‾→T\overline{A} \to T et l’injection canonique T→GT \to G induisent par passage aux quotients et aux sous-ensembles des homéomorphismes

A‾/HA→T/W→G/Int(G) \overline{A}/H_A \to T/W \to G/\mathrm{Int}(G)
A/HA→Tr/W→Gr/Int(G). A/H_A \to T_r/W \to G_r/\mathrm{Int}(G).

Soit w′∈Wa′w' \in W'_a; alors w′(A)w'(A) est une alcôve de tt, et il existe (prop. 2, b)) un unique élément ww de WaW_a tel que w(A)=w′(A)w(A) = w'(A), c’est-à-dire w−1w′∈HAw^{-1} w' \in H_A. Puisque WaW_a est distingué dans Wa′W'_a, ceci démontre a).

L’injection canonique de A‾\overline{A} dans tt induit une bijection continue θ:A‾→t/Wa\theta : \overline{A} \to t/W_a (prop. 2, c)), qui est un homéomorphisme puisque A‾\overline{A} est compact. Comme WaW_a est distingué dans Wa′W'_a, le groupe HAH_A opère de façon canonique dans t/Wat/W_a (A, I, p. 55) et t/Wa′t/W'_a s’identifie au quotient (t/Wa)/HA(t/W_a)/H_A; l’application θ\theta est compatible avec les opérations de HAH_A, donc induit par passage aux quotients un homéomorphisme A‾/HA→t/Wa′\overline{A}/H_A \to t/W'_a. Par ailleurs exp⁡T\exp_T induit un homéomorphisme de t/Γ(T)t/\Gamma(T) sur TT, donc aussi un homéomorphisme de t/Wa′t/W'_a sur T/WT/W. L’assertion b) résulte de là et du cor. 1 à la prop. 5 du § 2, n° 4.

Remarque 1 01DZ

Le groupe HAH_A s’identifie naturellement à Γ(T)/N(G,T)\Gamma(T)/N(G, T), donc aussi à π1(G)\pi_1(G). Il est donc réduit à l’élément neutre lorsque GG est simplement connexe.

Remarque 2 01E0

Soit x∈Ax \in A; on a alors exp⁡x∈Tr\exp x \in T_r, donc Z(exp⁡x)0=TZ(\exp x)_0 = T. Pour que exp⁡x\exp x soit très régulier (n° 1, remarque), il faut et il suffit qu’on ait w(x)≠xw(x) \neq x pour tout w∈Wa′w \in W'_a, distinct de l’identité. D’après le cor. 1, cela signifie aussi que h(x)≠xh(x) \neq x pour tout h∈HAh \in H_A distinct de l’identité. En particulier, si GG est simplement connexe, on a ZG(t)=TZ_G(t) = T pour tout t∈Trt \in T_r, et tout élément régulier de GG est très régulier.

Remarque 3 01E1

Les points spéciaux de WaW_a (VI, § 2, n° 2) sont les éléments xx de tt tels que δ(α)(x)∈2πiZ\delta(\alpha)(x) \in 2\pi i \mathbf{Z} pour tout α∈R(G,T)\alpha \in R(G, T) (loc. cit., prop. 3), c’est-à-dire tels que exp x∈C(G)x \in C(G) (§ 4, n° 4, prop. 8). Pour un tel élément xx on a wx−x∈N(G,T)wx - x \in N(G, T) quel que soit w∈Ww \in W (VI, § 1, n° 9, prop. 27), de sorte que les stabilisateurs de xx dans WaW_a et dans Wa′W'_a coïncident. Soit SS l’ensemble des points spéciaux de AA; il résulte de ce qui précède et du cor. 1 que le groupe HAH_A opère librement dans SS, et que l’application exponentielle induit une bijection de S/HAS/H_A sur C(G)C(G).

Corollaire 2 01E2

Soient CC une chambre de tt et C‾\overline{C} son adhérence. Les injections canoniques C‾→t→g\overline{C} \to t \to g induisent par passage aux quotients des homéomorphismes

C‾→t/W→g/Ad(G). \overline{C} \to t/W \to g/\mathrm{Ad}(G) .
Les applications canoniques C‾→t\overline{C} \to t et t→t/Wt \to t/W sont propres (TG, III, p. 28, prop. 2, c)). L’application C‾→t/W\overline{C} \to t/W est continue, propre et bijective (prop. 2, c)); c’est donc un homéomorphisme, d’où le corollaire compte tenu du cor. à la prop. 6 du § 2, n° 5.

Remarque 4 01E3

Notons gregg_{reg} l’ensemble des éléments réguliers de gg (VII, § 2, n° 2, déf. 2) et posons treg=t∩gregt_{reg} = t \cap g_{reg}. Pour x∈tx \in t, on a

det⁡(X−adgx)=Xdim⁡t∏α∈R(G,T)(X−δ(α)(x)), \det(X - \mathrm{ad}_g x) = X^{\dim t} \prod_{\alpha \in R(G, T)} (X - \delta(\alpha)(x)) ,
et par suite tregt_{reg} est l’ensemble des éléments xx de tt tels que δ(α)(x)≠0\delta(\alpha)(x) \neq 0 pour tout α∈R(G,T)\alpha \in R(G, T), c’est-à-dire la réunion des chambres de tt (de sorte que tr⊂tregt_r \subset t_{reg}). On a par conséquent C‾∩treg=C\overline{C} \cap t_{reg} = C, d’où des homéomorphismes
C→treg/W→greg/Ad(G). C \to t_{reg}/W \to g_{reg}/\mathrm{Ad}(G) .

Corollaire 3 01E4

Supposons GG simplement connexe ; soit gg un élément régulier de GG. Il existe un tore maximal SS de GG et une alcôve AA de L(S)L(S), uniquement déterminés, tels que g∈exp⁡(A)g \in \exp(A) et 0∈A‾0 \in \overline{A}.

On peut supposer que gg appartient à TrT_r (§ 2, n° 2, th. 2). Soit xx un élément de trt_r tel que exp⁡x=g\exp x = g, et soit A′A' l’alcôve de tt contenant xx. Les alcôves AA de tt telles que g∈exp⁡(A)g \in \exp(A) sont les alcôves A′−γA' - \gamma pour γ∈Γ(T)\gamma \in \Gamma(T); l’assertion résulte donc de la prop. 2, d).

3. Automorphismes et éléments réguliers

Lemme 1 01E5

Soient uu un automorphisme de GG, et HH l’ensemble de ses points fixes. a) HH est un sous-groupe fermé de GG. b) Si H0H_0 est central dans GG, alors GG est commutatif (donc G=TG = T).

L’assertion a) est claire. Pour démontrer b), on peut remplacer GG par D(G)D(G) (§ 1, cor. 1 à la prop. 4), donc supposer GG semi-simple. Alors, si H0H_0 est central dans GG, on a L(H)={0}L(H) = \{ 0 \}, de sorte que l’endomorphisme L(u)−IdL(u) - \mathrm{Id} de gg est bijectif. Soit ff l’endomorphisme de la variété GG défini par f(g)=u(g)−1gf(g) = u(g)^{-1}g pour g∈Gg \in G; il est étale, car si g∈Gg \in G et x∈gx \in g, on a T(f)(xg)=u(g)−1(x−L(u)(x))gT(f)(xg) = u(g)^{-1}(x - L(u)(x))g, de sorte que l’application tangente à ff en gg est bijective. Il s’ensuit que l’image de ff est ouverte et compacte, donc coïncide avec GG puisque GG est connexe. Soient alors EE un épinglage de GG (§\S 4, n° 10, déf. 3) et u(E)u(E) son image par uu. D’après la prop. 19 de loc. cit., il existe un élément hh de GG tel que (Int h) (E)=u(E)(\mathrm{Int}\ h)\ (E) = u(E). Soit g∈Gg \in G tel que h=f(g)=u(g)−1gh = f(g) = u(g)^{-1}g; on a

u∘Int g=(Int u(g))∘u=Int g∘(Int h)−1∘u, u \circ \mathrm{Int}\ g = (\mathrm{Int}\ u(g)) \circ u = \mathrm{Int}\ g \circ (\mathrm{Int}\ h)^{-1} \circ u ,
donc l’épinglage (Int g) (E)(\mathrm{Int}\ g)\ (E) est stable par uu. Si (Int g) (E)=(T1,B,(Uα)α∈B)(\mathrm{Int}\ g)\ (E) = (T_1, B, (U_\alpha)_{\alpha \in B}), on a donc ∑Uα∈L(H)\sum U_\alpha \in L(H); comme L(H)={0}L(H) = \{0\}, cela implique B=∅B = \varnothing, donc G=T1G = T_1, et GG est commutatif.

Lemme 2 01E6

Soient x un élément de T et S un sous-tore de T. Si la composante neutre de Z(x) ∩ Z(S) est réduite à T, il existe un élément s de S tel que xs soit régulier.

Pour tout α\alpha dans R(G,T)R(G, T), soit SαS_\alpha la sous-variété de SS formée des éléments ss de SS tels que l’on ait (xs)α=1(xs)^\alpha = 1. S’il n’existe aucun élément ss de SS tel que xsxs soit régulier, SS est la réunion des sous-variétés SαS_\alpha, donc est égale à l’une d’elles. Il existe alors α\alpha dans R(G,T)R(G, T) tel que (xs)α=1(xs)^\alpha = 1 pour tout s∈Ss \in S; mais cela implique xα=1x^\alpha = 1 et α∣S=1\alpha|S = 1, donc Z(x)∩Z(S)⊇Z(Ker α)Z(x) \cap Z(S) \supseteq Z(\mathrm{Ker}\ \alpha), d’où le lemme.

Lemme 3 01E7

Supposons G simplement connexe. Soient C une chambre de t, et u un automorphisme de G tel que T et C soient stables pour u. Alors l’ensemble des points de T fixés par u est connexe.

Puisque GG est simplement connexe, Γ(T)\Gamma(T) est engendré par les vecteurs nodaux KαK_\alpha (α∈R(G,T)\alpha \in R(G, T)), donc admet comme base la famille des KαK_\alpha, lorsque α\alpha parcourt la base B(C)B(C) définie par CC (VI, § 1, n° 10). Il suffit donc de prouver que si φ\varphi est un automorphisme du tore TT laissant stable une base de Γ(T)\Gamma(T), l’ensemble des points fixes de φ\varphi est connexe. Décomposant cette base en réunion disjointe d’orbites du groupe engendré par φ\varphi, on se ramène au cas où T=UnT = \mathbf{U}^n et où φ\varphi est l’automorphisme (z1,...,zn)↦(z2,...,zn,z1)(z_1, ..., z_n) \mapsto (z_2, ..., z_n, z_1); en ce cas les points fixes de φ\varphi sont les points (z,z,...,z)(z, z, ..., z) pour z∈Uz \in \mathbf{U}, qui forment un sous-groupe connexe de TT.

Proposition 3 01E8

Soit u un automorphisme de G, et soit x un point de G fixé par u.* a) Il existe un élément a de g, fixé par L(u) et par Ad x, tel que x exp a soit régulier. b) *Il existe un élément régulier g de G fixé par u et commutant à x.

Soient HH le groupe des points fixes de uu, SS un tore maximal de Z(x)∩HZ(x) \cap H, et KK la composante neutre de Z(S)∩Z(x)Z(S) \cap Z(x). C’est un sous-groupe fermé connexe de GG; par ailleurs, d’après le cor. 5 au th. 2 du § 2, n° 2, il existe des tores maximaux de GG contenant SS et xx, donc KK est de rang maximum et contient SS et xx. D’autre part, KK est stable pour uu puisque SS et xx le sont ; notons VV l’ensemble des points fixes de uu dans KK. On a alors

S⊂V0⊂K∩H⊂Z(S)∩Z(x)∩H, S \subset V_0 \subset K \cap H \subset Z(S) \cap Z(x) \cap H ,
donc V0V_0 est contenu dans le centralisateur de SS dans (Z(x)∩H)0(Z(x) \cap H)_0; mais ce dernier est réduit à SS (loc. cit., cor. 6), d’où finalement V0=SV_0 = S. Le lemme 1 entraîne alors que KK est commutatif, donc est un tore maximal de GG (puisqu’il est connexe et de rang maximum). Il contient S et x, et est égal à la composante neutre de Z(S) ∩ Z(x); l’assertion a) résulte alors du lemme 2. On en déduit b) en prenant g = x exp a.

Corollaire 01E9

Soit s une algèbre de Lie compacte, et soit φ un automorphisme de s. Il existe un élément régulier de s fixé par φ.

Quitte à remplacer s par Ds\mathscr{D}s, on peut supposer s semi-simple. Soit S un groupe de Lie compact simplement connexe d’algèbre de Lie s, et soit u l’automorphisme de S tel que L(u) = φ. La prop. 3 entraîne l’existence d’un élément a de s, fixé par φ, tel que exp a soit régulier dans S ; en particulier a est régulier dans s (n° 2, remarque 4).

Théorème 1 01EA

Soit u un automorphisme du groupe de Lie compact connexe G. a) La composante neutre du groupe des points fixes de u contient un élément régulier de G. b) Il existe un tore maximal K de G et une chambre de L(K) stables par u. c) Si G est simplement connexe, l’ensemble des points fixes de u est connexe.

L’assertion a) est le cas particulier x = e de la prop. 3. Supposons maintenant G simplement connexe et démontrons b) et c). Soit x un élément de G fixé par u, et soit g un élément régulier de G, fixé par u et commutant à x (prop. 3). Le centralisateur K de g est un tore maximal de G (n° 2, remarque 2), stable par u, contenant x et g. D’après le cor. 3 à la prop. 2 du n° 2, il existe une unique alcôve A de L(K) telle que g∈exp⁡(A)g \in \exp(A) et 0∈A‾0 \in \overline{A}; comme g est fixé par u, L(u) laisse stable A, donc aussi la chambre de L(K) qui contient A. Cela démontre b) ; par ailleurs, l’ensemble des points de K fixés par u est connexe (lemme 3) et contient x et e, d’où c) (TG, I, p. 81, prop. 2).

Il nous reste à démontrer b) dans le cas général. Or, si D~(G)\tilde{D}(G) est le revêtement universel de D(G), et si f:D~(G)→Gf : \tilde{D}(G) \to G est le morphisme canonique, il existe un automorphisme u~\tilde{u} de D~(G)\tilde{D}(G) tel que f∘u~=u∘ff \circ \tilde{u} = u \circ f. Si K~\tilde{K} est un tore maximal de D~(G)\tilde{D}(G) et C~\tilde{C} une chambre de L(K~\tilde{K}), stables pour u~\tilde{u}(il en existe d’après ce qui a déjà été démontré), il existe (§ 2, n° 3, remarque 2) un unique tore maximal K de G et une unique chambre C de L(K) tels que K~=f−1(K)\tilde{K} = f^{-1}(K) et C~=L(f)−1(C)\tilde{C} = L(f)^{-1}(C), et on voit aussitôt que K et C sont stables pour u, d’où l’assertion b) dans le cas général.

Corollaire 1 01EB

Supposons le Z\mathbf{Z}-module π1(G)\pi_1(G) sans torsion. a) Le centralisateur de tout élément de G est connexe. b) Deux éléments de G qui commutent appartiennent à un même tore maximal.

D’après le cor. 3 à la prop. 11 du § 4, n° 6, D(G) est simplement connexe. On a G=C(G)0.D(G)G = C(G)_0 . D(G); soit x∈Gx \in G; écrivons x=uvx = uv, avec u∈C(G)0u \in C(G)_0 et v∈D(G)v \in D(G). Alors Z(x)=C(G)0.ZD(G)(v)Z(x) = C(G)_0 . Z_{D(G)}(v). D’après le th. 1, c), ZD(G)(v)Z_{D(G)}(v) est connexe, donc Z(x)Z(x) est connexe, d’où a). D’après le cor. 3 au th. 2 du § 2, n° 2, Z(x) est donc la réunion des tores maximaux de G contenant x, d’où b).

Corollaire 2 01EC

Soit Γ\Gamma un sous-groupe compact de Aut(G) possédant la propriété suivante : (*) Il existe des éléments u1,...,unu_1, ..., u_n de Γ\Gamma tels que, pour tout i, l’adhérence Γi\Gamma_i du sous-groupe de Γ\Gamma engendré par u1,...,uiu_1, ..., u_i soit un sous-groupe distingué de Γ\Gamma, et qu’on ait Γn=Γ\Gamma_n = \Gamma.

Alors il existe un tore maximal de GG stable pour l’action de Γ\Gamma.

Raisonnons par récurrence sur la dimension de GG. On peut évidemment supposer que u1≠Idu_1 \neq \mathrm{Id}; alors le sous-groupe HH des points fixes de u1u_1 est distinct de GG, et est stable pour l’action de Γ\Gamma. De plus, puisque Γ\Gamma est compact, l’image de Γ\Gamma dans Aut(H0)\mathrm{Aut}(H_0) est un quotient de Γ\Gamma, donc satisfait aussi à la condition (*). D’après l’hypothèse de récurrence, il existe un tore maximal SS de HH stable par Γ\Gamma. Le centralisateur KK de SS dans GG est connexe (§ 2, n° 2, cor. 5) et stable par Γ\Gamma; c’est un tore maximal de GG, puisque H0H_0 contient un élément régulier de GG (th. 1, a)) et que celui-ci est conjugué à un élément de SS (loc. cit., cor. 4).

Corollaire 3 01ED

Soient HH un groupe de Lie et Γ\Gamma un sous-groupe compact de HH. On suppose que H0H_0 est compact et que Γ\Gamma satisfait à la condition (*) du cor. 2. Il existe alors un tore maximal TT de H0H_0 tel que Γ⊂NH(T)\Gamma \subset N_H(T).

Corollaire 4 01EE

Tout sous-groupe nilpotent d’un groupe de Lie compact est contenu dans le normalisateur d’un tore maximal.

Soient HH un groupe de Lie compact, NN un sous-groupe nilpotent de HH. Alors l’adhérence Γ\Gamma de NN est aussi un groupe nilpotent (III, § 9, n° 1, cor. 2 à la prop. 1), et il suffit, vu le cor. 3, de prouver que Γ\Gamma satisfait à la condition (*). Or Γ0\Gamma_0 est un groupe de Lie compact connexe nilpotent, donc est un tore (§ 1, n° 4, cor. 1 à la prop. 4), et il existe un élément u1u_1 de Γ0\Gamma_0 engendrant un sous-groupe dense de Γ0\Gamma_0 (TG, VII, p. 8, texte précédant la prop. 8). Le groupe fini Γ/Γ0\Gamma/\Gamma_0 est nilpotent et il existe u~2,...,u~n∈Γ/Γ0\tilde{u}_2, ..., \tilde{u}_n \in \Gamma/\Gamma_0 engendrant Γ/Γ0\Gamma/\Gamma_0 et tels que le sous-groupe de Γ/Γ0\Gamma/\Gamma_0 engendré par (u~2,...,u~r)(\tilde{u}_2, ..., \tilde{u}_r) soit distingué pour r=2,...,nr = 2, ..., n (A, I, p. 73, th. 1 et p. 76, th. 4). Alors, si u2,...,unu_2, ..., u_n sont des représentants de u~2,...,u~n\tilde{u}_2, ..., \tilde{u}_n dans Γ\Gamma, la suite (u1,...,un)(u_1, ..., u_n) possède la propriété exigée.

Exemple 01EF

Prenons G=U(n,C)G = U(n, \mathbf{C}). Nous verrons plus loin que le sous-groupe des matrices diagonales de GG est un tore maximal de GG et que son normalisateur est l’ensemble des matrices monomiales (A, II, p. 151) de GG.

On en conclut que si Φ\Phi est une forme hermitienne positive séparante sur un espace vectoriel complexe de dimension finie VV et Γ\Gamma un sous-groupe nilpotent de U(Φ)U(\Phi), il existe une base de VV pour laquelle les matrices des éléments de Γ\Gamma sont monomiales (« théorème de Blichfeldt »).

4. Les applications (G/T)×T→G(G/T) \times T \to G et (G/T)×A→Gr(G/T) \times A \to G_r

L’application (g,t)↦gtg−1(g, t) \mapsto gtg^{-1} de G×TG \times T dans GG induit par passage au quotient un morphisme de variétés analytiques

f:(G/T)×T→G, f : (G/T) \times T \to G,

qui est surjectif (§ 2, n° 2, th. 2). Par restriction, ff induit un morphisme surjectif

fr:(G/T)×Tr→Gr. f_r : (G/T) \times T_r \to G_r.

Par composition avec IdG/T×exp⁡T\mathrm{Id}_{G/T} \times \exp_T, on en déduit des morphismes, également surjectifs

φ:(G/T)×t→G, \varphi : (G/T) \times t \to G,
φr:(G/T)×tr→Gr; \varphi_r : (G/T) \times t_r \to G_r;
enfin, si AA est une alcôve de tt, on déduit de φr\varphi_r un morphisme surjectif
φA:(G/T)×A→Gr. \varphi_A : (G/T) \times A \to G_r.

On définit une opération à droite de WW dans G/TG/T comme suit : soient w∈Ww \in W et u∈G/Tu \in G/T; relevons ww en un élément nn de NG(T)N_G(T) et uu en un élément gg de GG. Alors l’image de gngn dans G/TG/T ne dépend pas du choix de nn et gg; on la note u.wu.w.

Pour cette opération, WW opère librement dans G/TG/T : avec les notations précédentes, supposons en effet u.w=uu.w = u; alors gn∈gTgn \in gT, donc n∈Tn \in T et w=1w = 1.

On définit une opération à droite de WW dans (G/T)×T(G/T) \times T par

(u,t).w=(u.w,w−1(t)),u∈G/T,t∈T,w∈W (u, t).w = (u.w, w^{-1}(t)) , \quad u \in G/T, \quad t \in T, \quad w \in W
et une opération à droite de Wa′W'_a dans (G/T)×t(G/T) \times t par
(u,x).ω=(u.ω‾,ω−1(x)),u∈G/T,x∈t,ω∈Wa′, (u, x).\omega = (u.\overline{\omega}, \omega^{-1}(x)) , \quad u \in G/T, \quad x \in t, \quad \omega \in W'_a,
où ω‾\overline{\omega} est l’image de ω\omega dans le quotient Wa′/Γ(T)=WW'_a/\Gamma(T) = W.

Si AA est une alcôve de tt, et si HAH_A est le sous-groupe de Wa′W'_a qui stabilise AA, on obtient par restriction une opération de HAH_A sur (G/T)×A(G/T) \times A.

Ces différentes opérations sont compatibles avec les morphismes ff, φ\varphi et φA\varphi_A : pour u∈G/T,t∈T,x∈t,y∈A,w∈W,ω∈Wa′,h∈HAu \in G/T, t \in T, x \in t, y \in A, w \in W, \omega \in W'_a, h \in H_A, on a

f((u,t).w)=f(u,t),φ((u,x).ω)=φ(u,x),φA((u,y).h)=φA(u,y). f((u, t).w) = f(u, t) , \quad \varphi((u, x).\omega) = \varphi(u, x) , \quad \varphi_A((u, y).h) = \varphi_A(u, y) .

Lemme 4 01EG

Soient g∈G,t∈Tg \in G, t \in T, et soit g‾\overline{g} l’image de gg dans G/TG/T. Identifions l’espace tangent à G/TG/T (resp. TT, resp. GG) en g‾\overline{g} (resp. tt, resp. gtg−1gtg^{-1}) à g/tg/t (resp. tt, resp. gg) par la translation à gauche γ(g)\gamma(g) par gg (resp. tt, resp. gtg−1gtg^{-1}). L’application linéaire tangente à ff en (g‾,t)(\overline{g}, t) s’identifie alors à l’application f′:(g/t)×t→gf' : (g/t) \times t \to g définie comme suit : si z∈g,x∈tz \in g, x \in t, et si z‾\overline{z} désigne l’image de zz dans g/tg/t, on a*

f′(z‾,x)=(Ad gt−1)(z−(Ad t) z+x). f'(\overline{z}, x) = (\mathrm{Ad}\ gt^{-1}) (z - (\mathrm{Ad}\ t)\ z + x) .

Soit FF l’application de G×TG \times T dans TT telle que F(g,t)=gtg−1F(g, t) = gtg^{-1}. Comme F∘(γ(g),IdT)=Int g∘FF \circ (\gamma(g), \mathrm{Id}_T) = \mathrm{Int}\ g \circ F, on a T(g,t)(F)(gz,tx)=Tt(Int g)∘T(e,t)(F)(z,tx)T_{(g,t)}(F)(gz, tx) = T_t(\mathrm{Int}\ g) \circ T_{(e,t)}(F)(z, tx); d’après III, § 3, no 12, prop. 46, on a

T(e,t)(F)(z,tx)=t((Ad t−1) z−z)+tx=t((Ad t−1) (z−(Ad t) z+x)) T_{(e,t)}(F)(z, tx) = t((\mathrm{Ad}\ t^{-1})\ z - z) + tx = t((\mathrm{Ad}\ t^{-1})\ (z - (\mathrm{Ad}\ t)\ z + x))

et par conséquent

T(g,t)(F)(gz,tx)=gtg−1((Ad gt−1)(z−(Ad t) z+x)). T_{(g,t)}(F)(gz, tx) = gtg^{-1}((\mathrm{Ad}\ gt^{-1})(z - (\mathrm{Ad}\ t)\ z + x)) .

Le lemme résulte aussitôt de cette formule par passage au quotient.

Proposition 4 01EH

a) Soient g∈Gg \in G, t∈Tt \in T, x∈tx \in t, et soit g‾\overline{g} l'image de gg dans G/TG/T. Les conditions suivantes sont équivalentes: (i) On a t∈Trt \in T_r (resp. x∈trx \in t_r). (i bis) L'élément f(g‾,t)f(\overline{g}, t) (resp. φ(g‾,x)\varphi(\overline{g}, x)) est régulier dans GG. (ii) L'application ff (resp. φ\varphi) est une submersion au point (g‾,t)(\overline{g}, t) (resp. (g‾,x)(\overline{g}, x)). (ii bis) L'application ff (resp. φ\varphi) est étale au point (g‾,t)(\overline{g}, t) (resp. (g‾,x)(\overline{g}, x)). b) L'application frf_r (resp. φr\varphi_r, resp. φA\varphi_A) fait de (G/T)×Tr(G/T) \times T_r (resp. (G/T)×tr(G/T) \times t_r, resp. (G/T)×A(G/T) \times A) un revêtement principal de GrG_r de groupe WW (resp. Wa′W'_a, resp. HAH_A).

a) L'équivalence de (i) et (i bis) est claire ; celle de (ii) et (ii bis) résulte des relations dim⁡((G/T)×T)=dim⁡((G/T)×t)=dim⁡(G)\dim((G/T) \times T) = \dim((G/T) \times t) = \dim(G). D'après le lemme 4, ff est une submersion au point (g‾,t)(\overline{g}, t) si et seulement si g=t+Im(Ad t−Id)g = t + \mathrm{Im}(\mathrm{Ad}\ t - \mathrm{Id}), ce qui signifie que tt est régulier. Enfin puisque φ=f∘(IdG/T×exp⁡T)\varphi = f \circ (\mathrm{Id}_{G/T} \times \exp_T), φ\varphi est étale au point (g‾,x)(\overline{g}, x) si et seulement si ff est étale au point (g‾,exp⁡x)(\overline{g}, \exp x), ce qui signifie d'après ce qui précède que xx appartient à trt_r.

b) Les morphismes fr,φr,φAf_r, \varphi_r, \varphi_A sont donc étales. D'autre part WW opère librement dans G/TG/T, et a fortiori dans (G/T)×T(G/T) \times T. Soient g,g′g, g' dans GG et t,t′t, t' dans TrT_r tels que f(g‾,t)=f(g′‾,t′)f(\overline{g}, t) = f(\overline{g'}, t'); alors Int g−1g′\mathrm{Int}\ g^{-1}g' applique t′t' sur tt, donc normalise TT, puisque T=Z(t)0=Z(t′)0T = Z(t)_0 = Z(t')_0, et la classe ww de g−1g′g^{-1}g' dans WW applique (g‾,t)(\overline{g}, t) sur (g′‾,t′)(\overline{g'}, t'). Il s'ensuit que frf_r est un revêtement principal de groupe WW; cela implique aussitôt que φr\varphi_r est un revêtement principal de groupe Wa′W'_a, donc par restriction à la composante connexe (G/T)×A(G/T) \times A de (G/T)×tr(G/T) \times t_r, que φA\varphi_A est un revêtement principal de groupe HAH_A.

Remarque 1 01EI

D'après la prop. 3 du § 2, n° 4, la variété (G/T)×A(G/T) \times A est simplement connexe. Il en résulte que φA\varphi_A est un revêtement universel de GrG_r; comme π1(Gr)\pi_1(G_r) est canoniquement isomorphe à π1(G)\pi_1(G) (n° 1, prop. 1 et TG, XI, à paraître), on retrouve ainsi le fait que π1(G)\pi_1(G) s'identifie à HAH_A (c'est-à-dire à Γ(T)/N(G,T)\Gamma(T)/N(G, T)).

Remarque 2 01EJ

La restriction de φA\varphi_A à W×A⊂(G/T)×AW \times A \subset (G/T) \times A fait de W×AW \times A un revêtement principal de TrT_r de groupe HAH_A. On retrouve ainsi le cor. 1 à la prop. 2 du n° 2.

Remarque 3 01EK

Notons grg_r l'image réciproque de GrG_r par l'application exponentielle et ε:gr→Gr\varepsilon : g_r \to G_r l'application déduite de exp⁡G\exp_G. L'application (g,x)↦(Ad g)(x)(g, x) \mapsto (\mathrm{Ad}\ g)(x) de G×trG \times t_r dans grg_r définit par passage au quotient une application ψr:(G/T)×tr→gr\psi_r : (G/T) \times t_r \to g_r. On a ε∘ψr=φr\varepsilon \circ \psi_r = \varphi_r. Soient w∈W, γ∈Γ(T)w \in W,\ \gamma \in \Gamma(T) et ω∈Wa′\omega \in W'_a tels que ω(z)=w(z)+γ\omega(z) = w(z) + \gamma pour tout z∈tz \in t; on a ψr((g‾,x) ω)=ψr(g‾,x)−(Ad g)(γ)\psi_r((\overline{g}, x)\ \omega) = \psi_r(\overline{g}, x) - (\mathrm{Ad}\ g)(\gamma) pour g∈G, x∈trg \in G,\ x \in t_r, de sorte que ψr((g‾,x) ω)=ψr(g‾,x)\psi_r((\overline{g}, x)\ \omega) = \psi_r(\overline{g}, x) si et seulement si γ=0\gamma = 0. Il en résulte (cf. TG, XI, à paraître) que ψr\psi_r est un revêtement principal de grg_r de groupe WW, et que ε:gr→Gr\varepsilon : g_r \to G_r est un revêtement associable au revêtement principal φr\varphi_r, de fibre isomorphe au Wa′W'_a-ensemble Wa′/WW'_a/W.

Exercices

See the exercises for § 5.

Transcribed from the printed volume. Not translated.