§ 4. Système de racines associé à un groupe compact
Dans les paragraphes 4 à 8, on désigne par un groupe de Lie compact connexe et par un tore maximal de . On note (resp. ) l’algèbre de Lie de (resp. ), (resp. ) l’algèbre de Lie complexifiée de (resp. ), et le groupe de Weyl de relativement à (, no 5).
1. Le groupe
Soit un groupe de Lie compact. On note le groupe (commutatif) des homomorphismes continus de dans le groupe topologique . D’après III, , no 1, th. 1, les éléments de sont des morphismes de groupes de Lie ; pour tout , la différentielle de est une application -linéaire . Nous identifierons désormais l’algèbre de Lie de à de façon que l’application exponentielle de coïncide avec l’application de dans . A tout élément de est alors associé un élément ; on note l’élément de qui lui correspond (c’est-à-dire dont la restriction à est égale à ).
Pour tout et tout , on a
On notera le plus souvent additivement le groupe ; en ce cas, on notera l’élément de . Avec cette notation, on a les formules
Puisque est compact, les éléments de prennent leurs valeurs dans le sous-groupe des nombres complexes de valeur absolue 1, de sorte que s’identifie au groupe des homomorphismes continus (ou analytiques) de dans . Il en résulte que, pour tout , l’application prend ses valeurs dans le sous-espace de , donc applique dans .
Si est commutatif, n’est autre que le groupe (discret) dual de (TS, II, , no 1). Si est commutatif et fini, s’identifie au groupe fini dual (où conformément à A, VII, p. 27, exemple 1, on identifie à un sous-groupe de par l’homomorphisme ).
Pour tout morphisme de groupes de Lie compacts, on note l’homomorphisme de dans . Si est un sous-groupe distingué fermé du groupe de Lie compact , on a une suite exacte de -modules .
Proposition 1 01JH
Pour tout groupe de Lie compact* , le -module est de type fini. Il est libre si est connexe.
Supposons d’abord connexe ; tout élément de s’annule sur le groupe dérivé de , d’où un isomorphisme . Mais est connexe et commutatif, donc est un tore, et est un -module libre de type fini (TS, II, § 2, no 1, cor. 2 à la prop. 1). Dans le cas général, il résulte de l’exactitude de la suite
où est libre de type fini et fini, que est de type fini.
Proposition 2 01JI
Soient* un groupe de Lie compact commutatif, et une famille d’éléments de ; pour que les engendrent , il faut et il suffit que l’intersection des soit réduite à l’élément neutre.
D’après TS, II, § 1, no 7, th. 4, l’orthogonal du noyau de est le sous-groupe de engendré par ; d’après loc. cit., cor. 2 au th. 4, l’orthogonal de est le sous-groupe de engendré par les , d’où la proposition.
2. Le groupe nodal d’un tore
On appelle groupe nodal du tore et on note le noyau de l’application exponentielle . C’est un sous-groupe discret de , dont le rang est égal à la dimension de , et l’application -linéaire qui prolonge l’injection canonique de dans est bijective. Elle induit par passage au quotient un isomorphisme .
Par exemple, le groupe nodal de est le sous-groupe de .
Pour tout morphisme de tores, on note l’homomorphisme déduit de . On a un diagramme commutatif
Soit ; appliquant ce qui précède au morphisme de dans défini par , on voit que l’application -linéaire du no 1 applique dans . On définit donc une forme -*bilinéaire* sur en posant
Proposition 3 01BP
La forme bilinéaire* sur est inversible.
Rappelons (A, IX) que par définition cela signifie que les applications linéaires et associées à cette forme bilinéaire sont bijectives.
On voit aussitôt que si la conclusion de la proposition est vraie pour deux tores, elle est aussi vraie pour leur produit. Comme tout tore de dimension est isomorphe à , on est donc ramené au cas où . Dans ce cas particulier, l’assertion est immédiate.
Soit un morphisme de tores. Alors les applications linéaires et sont transposées l’une de l’autre : pour tout et tout , on a
Proposition 4 01BQ
Soient S et S' deux tores. Notons M(S, S') le groupe des morphismes de groupes de Lie de S dans S'. Les applications et sont des isomorphismes de groupes de M(S, S') sur et respectivement.
Si est un morphisme de groupes de Lie de S dans S', l’homomorphisme n’est autre que l’homomorphisme dual de au sens de TS, II, § 1, no 7. L’application de dans définie dans loc. cit. est réciproque de l’application de dans ; cette dernière est donc bijective. Si l’on identifie (resp. ) au -module dual de (resp. ) (prop. 3), coïncide avec l’homomorphisme transposé de , d’où la proposition.
Remarques. — 1) Soit un morphisme de tores. Le diagramme du serpent (A, X, § 1, no 2) associé à (1) donne une suite exacte
2) D’après la prop. 4, l’application de dans est un isomorphisme ; si et , alors le composé est l’endomorphisme , où . On identifiera dans la suite à , l’élément de étant associé à l’endomorphisme ; avec les notations ci-dessus, on a donc
3. Poids d’une représentation linéaire
Dans ce numéro, on désigne par l’un des corps ou . Soient un espace vectoriel sur de dimension finie, et une représentation continue (donc analytique réelle, III, § 8, no 1, th. 1) du groupe de Lie compact connexe dans . Définissons un espace vectoriel complexe et une représentation continue comme suit : si , on pose , ; si , on pose , et est le composé de et de l’homomorphisme canonique . Pour tout , on note le sous-espace vectoriel de formé des tels que pour tout (cf. VII, § 1, no 1). D’après loc. cit., prop. 3, la somme des (pour parcourant ) est directe. De plus :
Lemme 1 01BV
Si est commutatif, est la somme directe des pour . Comme est semi-simple (§ 1, no 1), il suffit de démontrer le lemme dans le cas où est simple. En ce cas, le commutant de dans est réduit aux homothéties (A, VIII, § 3, no 2, th. 1); l’homomorphisme se factorise donc par le sous-groupe de , et il existe tel que .
Définition 1 01BW
On appelle poids de la représentation de , relativement au tore maximal de , les éléments de tels que .
On note , ou s'il n'y a aucune confusion possible sur le choix de , l'ensemble des poids de relativement à . On a d'après le lemme 1
(7)
Soient un autre tore maximal de et un élément de tel que (§ 2, no 2, th. 2). Pour tout , on a
(8)
Par conséquent
(9)
Le groupe de Weyl opère à gauche sur le -module par l'opération ; pour , on a donc .
Proposition 5 01BX
L'ensemble est stable pour l'opération du groupe de Weyl . Soit , et soit sa classe dans ; pour , on a et .
La formule (9), avec , entraîne que est stable par ; de plus induit un isomorphisme de sur (formule (8)), d'où la proposition.
Proposition 6 01BY
Pour que l'homomorphisme soit injectif, il faut et il suffit que engendre le -module .
Pour que soit injectif, il est nécessaire et suffisant que sa restriction à le soit (§ 2, no 6, prop. 9). Par ailleurs, comme l'homomorphisme canonique est injectif, on peut remplacer par . Il résulte alors de (7) que le noyau de la restriction de à est l'intersection des noyaux des éléments de . La conclusion résulte donc de la prop. 2 du no 1.
La représentation linéaire de dans s'étend en un homomorphisme de C-algèbres de Lie
On déduit alors de (7) et de loc. cit., prop. 3 :
Proposition 7 01BZ
a) Pour tout , on a .
b) L’application induit une bijection de sur l’ensemble des poids de dans .
Notons d’ailleurs que, si l’on fait opérer W sur en associant à tout élément de W l’endomorphisme de , l’application est compatible avec l’action de W sur et .
Supposons maintenant . Notons la conjugaison de relativement à V, définie par pour dans V ; pour tout sous-espace vectoriel complexe E de , le plus petit sous-espace rationnel sur de contenant E est . En particulier, pour tout , il existe un sous-espace vectoriel réel de V tel que le sous-espace de soit (noter que ). On a , et les sont les composants isotypiques de la représentation de T dans V déduite de .
4. Racines
On appelle racines de G relativement à T les poids non nuls de la représentation adjointe de G. L’ensemble des racines de G relativement à T est noté , ou simplement R s’il n’y a pas de confusion possible. D’après la prop. 6, l’application
(on note le dual de l’espace vectoriel complexe ) applique bijectivement sur l’ensemble des racines de l’algèbre réductive déployée (VIII, § 2, no 2, remarque 4). Si l’on pose, pour tout
chaque est de dimension 1 sur (loc. cit., th. 1) et on a
Pour chaque , désignons par le sous-espace de dimension 2 de g tel que ; les composants isotypiques non nuls de g pour la représentation adjointe de T sont t et les . Soit par ailleurs K la forme quadratique associée à la forme de Killing de g ; elle est négative (§ 1, no 3, prop. 1) et sa restriction à est négative et séparante. Pour chaque élément de T, Ad laisse stable , d’où un morphisme de groupes de Lie
Il existe alors un unique isomorphisme tel que . En effet, soit un élément non nul de , et soit l’image de par la conjugaison de relativement à g ; alors , et on obtient une base de en posant ; sur la base , la matrice de l’endomorphisme de induit par , est
d’où l’assertion.
Proposition 8 01C0
Soit Q(R) le sous-groupe de X(T) engendré par les racines de G.
a) Le centre C(G) de G est un sous-groupe fermé de T, égal à l’intersection des noyaux des racines. L’application canonique est injective et d’image Q(R).
b) Le groupe compact C(G) est isomorphe au dual du groupe discret X(T)/Q(R) (TS, II, § 1, no 1, déf. 2).
c) Pour que C(G) soit réduit à l’élément neutre, il faut et il suffit que Q(R) soit égal à X(T).
D’après § 2, no 2, cor. 2 au th. 2, C(G) est contenu dans T. Comme c’est le noyau de la représentation adjointe, c’est l’intersection des noyaux des racines, c’est-à-dire l’orthogonal du sous-groupe Q(R) de X(T). La proposition résulte alors de TS, II, § 1, no 7, th. 4 et no 5, th. 2.
Proposition 9 01C1
Tout automorphisme du groupe de Lie G qui induit l’identité sur T est de la forme Int t, avec .
Supposons d’abord C(G) réduit à l’élément neutre, c’est-à-dire (prop. 8). Soient un automorphisme de G induisant l’identité sur T, et ; alors est un automorphisme de induisant l’identité sur . D’après VIII, § 5, no 2, prop. 2, il existe un unique homomorphisme tel que induise sur chaque l’homothétie de rapport . Comme laisse stable la forme réelle g de , il commute à la conjugaison de par rapport à g ; mais on a , donc pour tout . Cela implique . Il en résulte que est à valeurs dans U, donc correspond par dualité à un élément de T tel que , donc Int .
Dans le cas général, ce qui précède s’applique au groupe , dont le centre est réduit à l’élément neutre, et à son tore maximal . On en déduit que, si est un automorphisme de G induisant l’identité sur T, il existe un élément de T tel que et Int induisent par passage au quotient le même automorphisme de . Alors, comme le morphisme canonique est un revêtement fini (\§ 1, no 4, cor. 1 à la prop. 4), et Int induisent le même automorphisme de , donc de , donc aussi de G (loc. cit.).
Corollaire 01C2
Soient u un automorphisme de G et H le sous-groupe fermé de G formé des points fixes de u. Pour que l’automorphisme u soit intérieur, il faut et il suffit que soit de rang maximum.
Si est égal à Int , avec , le sous-groupe est de rang maximum ( 2, no 2, cor. 3). Inversement, si contient un tore maximal , l’automorphisme est de la forme Int avec (prop. 9).
5. Vecteurs nodaux et racines inverses
Lemme 2 01C3
Soient un sous-groupe fermé de et son centralisateur dans . (i) est l’ensemble des tels que ; (ii) Le centre de est l’intersection des Ker pour ; (iii) Si est connexe, est connexe.
L’algèbre de Lie est formée des invariants de dans (III, 9, no 3, prop. 8), donc est somme directe de et des pour lesquels , d’où (i). L’assertion (ii) résulte alors de la prop. 8 (no 4), et l’assertion (iii) a déjà été démontrée ( 2, no 2, cor. 5 au th. 2).
Théorème 1 01C4
Soit . Le centralisateur du noyau de est un sous-groupe fermé connexe de ; son centre est Ker ; son groupe dérivé est un sous-groupe fermé connexe semi-simple de rang 1 de . On a et .
Soit le centralisateur de . D’après le lemme 2, c’est un sous-groupe fermé connexe de , et est l’ensemble des tels que . On a évidemment . Inversement, soit ; puisque est d’indice fini dans Ker , il existe un entier tel que pour . De l’exactitude de la suite
correspondant par dualité à la suite exacte
il résulte que est un multiple de ; d’après VIII, 2, no 2, th. 2, (i), cela implique . On a donc . Il s’ensuit (lemme 2) que le centre de est Ker , donc que . Enfin, d’après le cor. 1 à la prop. 4 ( 1, no 4), est un sous-groupe fermé connexe semi-simple de ; il est de rang 1 puisque .
Corollaire 01C7
Il existe un morphisme de groupes de Lie ayant les propriétés suivantes : a) L’image de et le noyau de commutent. b) Pour tout , on a et .
Si et sont deux morphismes de dans possédant les propriétés précédentes, il existe tel que .
D’après le th. 1 et la prop. 6 du § 3, no 6, il existe un morphisme de groupes de Lie , surjectif à noyau discret. Alors est un tore maximal de (, no 3, prop. 1). Puisque les tores maximaux de sont conjugués (, no 2, th. 2), on peut supposer, quitte à remplacer par (avec ), que est le groupe des matrices diagonales de . On a alors pour tout , et l’application
est une racine de , donc est égale à l’une des deux applications ou (, no 6, formules (19)). Dans le premier cas, l’homomorphisme convient ; dans le second cas, l’homomorphisme convient (loc. cit., formules (18)).
Si et sont deux morphismes de dans répondant aux conditions exigées, ils appliquent tous deux dans (condition a)), donc sont tous deux des revêtements universels de . Il existe donc un automorphisme de tel que , et on conclut par la prop. 9 du no 4.
Il résulte du corollaire précédent que l’homomorphisme de dans , défini par pour , est indépendant du choix de . On note l’image par de l’élément de ; on dit que c’est le vecteur nodal associé à la racine . On a , c’est-à-dire (no 2, formule (2)) ; comme appartient à l’intersection de et de , on a donc
où est la racine inverse associée à la racine de (VIII, § 2, no 2). Autrement dit, lorsqu’on identifie au dual de via l’accouplement , s’identifie à la racine inverse .
Remarque 01C5
Pour tout , on a
En particulier :
Il en résulte que est injectif si et seulement si , c’est-à-dire s’il existe tel que . Lorsque est simple, est injectif sauf lorsque est de type , et est une racine courte (cf. VI, planches).
On note dans la suite de ce paragraphe l’ensemble des vecteurs nodaux pour . C’est une partie de que l’injection canonique de dans identifie à l’homothétique de rapport du système de racines inverse de . Il en résulte que engendre le -espace vectoriel , donc que son orthogonal dans est .
Notons le groupe des automorphismes du groupe de Lie ; le groupe de Weyl (§ 2, no 5) s’identifie à un sous-groupe de . Rappelons d’autre part (VIII, § 2, no 2, remarque 4) que le groupe de Weyl de l’algèbre réductive déployée opère dans , et s’identifie donc canoniquement à un sous-groupe de .
Proposition 10 01C6
L’application* de dans induit un isomorphisme de sur le groupe de Weyl de l’algèbre réductive déployée . Pour tout , est d’ordre 2, et l’image par l’isomorphisme précédent de l’élément non neutre de est la réflexion .
L’application considérée est injective. Il s’agit de montrer que son image est égale à .
Soit . Avec les notations de VIII, § 5, no 2, on a , donc (loc. cit., no 5, prop. 11). D’après loc. cit., no 2, prop. 4, l’automorphisme de induit par appartient à . L’image de dans est donc contenue dans .
Soit , et soit un morphisme de groupes de Lie ayant les propriétés du cor. au th. 1. L’image par de l’élément de a les propriétés suivantes (§ 3, no 6, formules (17)) :
si ,
si .
Il s’ensuit que induit l’identité sur , et induit l’application sur , donc coïncide avec la réflexion . Ainsi l’image de contient tous les , donc est égale à . En particulier est d’ordre 2, donc formé de l’identité et de . Ceci achève la démonstration de la proposition.
Corollaire 01JJ
Supposons* semi-simple. Alors tout élément de est le commutateur de deux éléments de .
Soit une transformation de Coxeter du groupe de Weyl (V, § 6, no 1), et soit un élément de dont la classe dans s’identifie à par l’isomorphisme défini dans la proposition. Notons le morphisme de dans ; pour , on a .
D’après le th. 1 de V, § 6, no 2, l’endomorphisme de n’a pas de valeur propre égale à 1. Par suite, est surjectif, et il en est de même de . Il en résulte que tout élément de est le commutateur de deux éléments de , ce qui entraîne le corollaire compte tenu du th. 2, § 2, no 2.
6. Groupe fondamental
Dans la proposition qui suit, on note l’homomorphisme de dans composé de l’isomorphisme canonique de sur (n° 2, remarque 3) et de l’homomorphisme , où est l’injection canonique .
Proposition 11 01C8
L’homomorphisme* est surjectif. Son noyau est le sous-groupe de engendré par la famille des vecteurs nodaux .
L’homomorphisme est surjectif d’après la prop. 3 (§ 2, n° 4). Notons l’assertion : « le noyau de est engendré par les » qu’il nous reste à démontrer, et distinguons plusieurs cas :
a) G est simplement connexe. Soit une représentation linéaire de dans un espace vectoriel complexe de dimension finie. Par restriction à , on en déduit une représentation de dans l’espace vectoriel réel ; puisque est simplement connexe, il existe une représentation linéaire analytique de dans telle que . On déduit alors de la prop. 7 du n° 3 que l’image de dans contient tous les poids de dans . Ceci étant vrai pour toute représentation de , il résulte de VIII, § 7, n° 2, th. 1 que contient le groupe des poids de , qui est par définition l’ensemble des tels que pour tout , c’est-à-dire pour tout . Le groupe contient donc tous les éléments de tels que pour tout , ce qui entraîne par dualité que est engendré par les , d’où l’assertion .
b) G est produit direct d’un groupe simplement connexe par un tore S. Alors est le produit direct d’un tore maximal de par , s’identifie à , à , et à l’homomorphisme de composantes et . Comme est bijectif, l’application canonique applique bijectivement sur . Par ailleurs, les appartiennent à l’algèbre de Lie du groupe dérivé de , donc à l’image de , et il est alors immédiat que implique , d’où l’assertion , vu a.
c) Cas général. Il existe un morphisme surjectif de noyau fini , où est produit direct d’un groupe simplement connexe par un tore (§ 1, n° 4, prop. 4). Si est l’image réciproque de dans (c’est un tore maximal de d’après § 2, n° 3, prop. 1), et le noyau de , on a des suites exactes et , d’où un diagramme commutatif à lignes exactes (n° 2, remarque 1 et TG, XI, à paraître)
Il résulte alors aussitôt du diagramme du serpent (A, X, p. 4, prop. 2) que entraîne , d’où la proposition, vu b).
Corollaire 1 01C9
Pour que G soit simplement connexe, il faut et il suffit que la famille engendre .
Cela résulte de A, X, p. 4, prop. 2 (diagramme du serpent), appliqué au diagramme commutatif
Remarque 01CB
On peut montrer (cf. exercice 2 du § 5) que est nul. On déduit alors de l’exactitude de la suite précédente un isomorphisme de sur .
Corollaire 3 01CC
L’homomorphisme déduit de l’inclusion de D(G) dans G induit un isomorphisme de sur le sous-groupe de torsion de .
En effet, est un tore maximal de D(G) ( prop. 1, c)) ; de la suite exacte
et de la proposition 11, on tire une suite exacte
d’où le corollaire, puisque est fini et libre.
7. Sous-groupes de rang maximum
Rappelons (VI, § 1, n° 7) qu’une partie P de est dite close si , et symétrique si .
Proposition 12 01CD
Soit l’ensemble des sous-groupes fermés connexes de G contenant T, ordonné par inclusion. L’application est une bijection croissante de sur l’ensemble des parties closes et symétriques de , ordonné par inclusion.
Si , alors est somme directe de et des pour ; comme c’est une sous-algèbre réductive dans , la partie de R satisfait aux conditions énoncées (VIII, § 3, n° 1, lemme 2 et prop. 2). Inversement, si P est une partie de R satisfaisant à ces conditions, alors est une sous-algèbre de (loc. cit.) qui est rationnelle sur (n° 3), donc de la forme , où est une sous-algèbre de g. Soit le sous-groupe intégral de G défini par ; il est fermé (, remarque 1). On vérifie aussitôt que les applications et sont croissantes et réciproques l'une de l'autre.
Corollaire 1 01CE
Les sous-groupes fermés de contenant sont en nombre fini. Soit un tel sous-groupe ; on a , et est fini. Par ailleurs, est un sous-groupe de contenant , et est fini (§ 2, no 4, prop. 4 et remarque 2).
Corollaire 2 01CF
Soit un sous-groupe fermé connexe de contenant , et soit le stabilisateur dans de la partie de . Le groupe est isomorphe au groupe quotient . Il résulte en effet de la prop. 7 du § 2, no 5, appliquée à , que est isomorphe à , où est l'ensemble des éléments de dont les représentants dans normalisent . Soit , et soit sa classe dans . D'après III, § 9, no 4, prop. 11, normalise si et seulement si on a ; compte tenu de la prop. 5 du no 3, cela signifie aussi que la partie de est stable par , d'où le corollaire.
Remarque 1 01CG
Le groupe est aussi le stabilisateur dans du sous-groupe de : cela résulte de la prop. 8 du no 4.
Proposition 13 01CH
Soient un sous-groupe fermé connexe de de rang maximum, son centre. Alors contient le centre de , et est la composante neutre du centralisateur de . Soit un tore maximal de . Puisque le centre de est contenu dans , il est contenu dans . Posons ; c'est un sous-groupe fermé connexe de contenant , donc de rang maximum, et son centre est égal à . Notons et les systèmes de racines de et respectivement, relativement à ; on a . Puisque , la prop. 8 (no 4) entraîne l'égalité ; mais on a (VI, § 1, no 7, prop. 23), d'où et (prop. 12).
Remarque 2 01CI
Disons qu'un sous-groupe de est radiciel s'il existe un tore maximal de et une partie de tels que . Il résulte de la prop. 13 et du lemme 2 du no 5 que l'application induit une bijection de l'ensemble des sous-groupes fermés connexes de rang maximum sur l'ensemble des sous-groupes radiciels de . La bijection réciproque est l'application .
Corollaire 01CJ
L'ensemble des tels que est une réunion finie de sous-variétés analytiques fermées de distinctes de . En effet, posons ; on a et . Il existe donc tel que (§ 2, no 2, th. 2), ce qui implique . Notons l'ensemble fini (cor. 1) des sous-groupes fermés de contenant et distincts de , et posons ; c'est une réunion finie de sous-variétés fermées de G, distinctes de G. Si , on a , et appartient à X. Inversement si , avec , alors contient , donc (prop. 13).
Proposition 14 01CK
Soit X une partie de T, et soit l’ensemble des racines telles que . Le groupe est isomorphe au quotient du fixateur de X dans par le sous-groupe engendré par les réflexions pour .
Posons ; puisque est l’ensemble des points de fixes par , c’est la somme de et des pour . On a par conséquent , de sorte que est engendré par les réflexions pour . Il suffit alors d’appliquer la prop. 7 du § 2, n° 5.
On verra ci-dessous (§ 5, n° 3, th. 1) que si G est simplement connexe et X réduit à un point, le centralisateur est connexe.
8. Diagrammes radiciels
Définition 2 01CL
On appelle diagramme radiciel (ou simplement diagramme si aucune confusion n’en peut résulter) un triplet où :
(DR₀) est un -module libre de type fini et un sous-module facteur direct de ; (DR₁) est une partie finie de ; engendre le -espace vectoriel ; (DR₂) pour tout , il existe un élément de tel que , et que l’endomorphisme de laisse stable .
D’après VI, § 1, n° 1, pour tout , l’élément de est uniquement déterminé par ; on note l’endomorphisme de . De plus (loc. cit.), le -espace vectoriel est somme directe de et du sous-espace vectoriel engendré par , et est un système de racines dans (loc. cit., déf. 1).
Les éléments de s’appellent les racines du diagramme radiciel , et les éléments de les racines inverses. Le groupe engendré par les automorphismes de s’appelle le groupe de Weyl de et se note ; les éléments de induisent l’identité sur , et induisent sur les transformations du groupe de Weyl du système de racines .
Exemple 1 01CM
Pour tout -module libre de type fini , le triplet est un diagramme radiciel.
Exemple 2 01CN
Si est un diagramme radiciel, soit l’orthogonal de dans , et soit l’ensemble des racines inverses de . Alors est un diagramme radiciel, dit inverse de . Pour tout , la symétrie de est l’automorphisme contragrédient de la symétrie de ; l’application est un isomorphisme de sur . De plus, s’identifie naturellement au dual du Q-espace vectoriel V(R), s’identifiant alors au système de racines inverse de R.
Si l’on identifie le dual de à M, le diagramme inverse de s’identifie à D.
Exemple 3 01CO
Soient une Q-algèbre de Lie réductive déployée, et un réseau permis (VIII, § 12, n° 6, déf. 1). Soient le sous-groupe de M orthogonal aux racines de et l’ensemble des , . Alors est un diagramme radiciel, et en est le diagramme inverse.
Exemple 4 01CP
Soient V un espace vectoriel sur Q et R un système de racines dans V ; notons P(R) le groupe des poids de R et Q(R) le groupe des poids radiciels de R (VI, § 1, n° 9). Alors et sont des diagrammes radiciels. Pour qu’un diagramme soit isomorphe à un diagramme de la forme (resp. )), il faut et il suffit que M soit engendré par S (resp. que soit engendré par ).
Pour tout sous-groupe X de P(R) contenant Q(R), est un diagramme radiciel, et on obtient ainsi, à isomorphisme près, tous les diagrammes tels que , c’est-à-dire tels que S engendre un sous-groupe d’indice fini de M.
On dit que le diagramme radiciel est réduit si le système de racines R l’est (c’est-à-dire (VI, § 1, n° 4) si les relations impliquent ou ). Les diagrammes des exemples 1) et 3) sont réduits.
9. Groupes de Lie compacts et diagrammes radiciels
Avec la terminologie introduite au numéro précédent, on peut résumer une partie importante des résultats des numéros 4 et 5 dans le théorème suivant :
Théorème 2 01CQ
a) est un diagramme radiciel réduit ; son groupe de Weyl est formé des , pour ; le groupe est isomorphe au quotient de par le sous-groupe engendré par .
b) est un diagramme radiciel réduit ; son groupe de Weyl est formé des , pour ; le groupe est isomorphe au quotient de par le sous-groupe engendré par .
c) Si l’on identifie chacun des -modules et au dual de l’autre (n° 2, prop. 3), chacun des diagrammes radiciels précédents s’identifie au diagramme inverse de l’autre.
On note le diagramme et le diagramme ; on dit que ce sont respectivement le diagramme contravariant et le diagramme covariant de G (relativement à T).
Exemple 1 01CR
Si G est semi-simple de rang 1, alors et sont nécessairement isomorphes à l’un des deux diagrammes , . Si G est isomorphe à SU(2, C), est isomorphe à (puisque G est simplement connexe), donc isomorphe à . Si G est isomorphe à , est isomorphe à (puisque ), donc est isomorphe à .
Exemple 2 01CS
Si et sont deux groupes de Lie compacts connexes, de tores maximaux respectifs et , et si et , alors s’identifie à . De même pour les diagrammes covariants.
Exemple 3 01CT
Soit un sous-groupe fermé de , central dans , et soit le diagramme contravariant de relativement à . Alors le diagramme contravariant de relativement à s’identifie à , où est le sous-groupe de formé des tels que et .
Exemple 4 01CU
De même, soit un groupe commutatif fini, et un homomorphisme surjectif. Soit le revêtement de associé à cet homomorphisme ; c’est un groupe de Lie compact connexe, dont est un sous-groupe central (TG, XI, à paraître), et s’identifie naturellement à . Soit le tore maximal de image réciproque de . Si est le diagramme covariant de relativement à , le diagramme covariant de relativement à s’identifie à , où est le noyau de l’homomorphisme composé (\emph{cf.} n° 6, prop. 11), et .
Remarque 1 01CV
Soit le centre de ; on a donc . On a les relations suivantes entre les diagrammes de relativement à et les systèmes de racines direct et inverse de l’algèbre réductive déployée :
a) L’isomorphisme canonique de sur induit une bijection de sur et une bijection de sur .
b) L’isomorphisme canonique de sur le dual de induit une bijection de sur l’orthogonal de , et une bijection de sur .
Remarque 2 01CW
Supposons le groupe semi-simple ; notons (resp. ) le système de racines (resp. ), de sorte qu’on a les inclusions
Les groupes commutatifs finis et sont en dualité (VI, § 1, n° 9); si on désigne par le groupe dual d’un groupe commutatif fini , on déduit de ce qui précède des *isomorphismes canoniques
En particulier, le produit des ordres de et de est égal à l’indice de connexion de (loc. cit.).
Soient maintenant un autre groupe de Lie compact connexe, un tore maximal de . Soit un isomorphisme de groupes de Lie tel que ; notons l’isomorphisme de sur qu’il définit. Alors est un isomorphisme de sur , noté , et est un isomorphisme de sur , noté . Si , et si on pose , alors , .
Proposition 15 01CX
Soit un isomorphisme de sur (resp. de sur ). Il existe un isomorphisme tel que et que (resp. et que ) ; si et sont deux tels isomorphismes, il existe un élément de tel que .
La seconde assertion résulte aussitôt de la prop. 9 (n° 4) ; démontrons la première, par exemple pour les diagrammes covariants. Notons (resp. ) l’algèbre de Lie de (resp. ), et (resp. ) son algèbre de Lie complexifiée. D’après VIII, § 4, n° 4, th. 2, (i), il existe un isomorphisme qui applique dans et induit sur l’isomorphisme donné. Alors et sont deux formes compactes de qui ont même intersection avec ; d’après le § 3, n° 2, prop. 3, il existe un automorphisme intérieur de induisant l’identité sur et tel que . Remplaçant par , on peut donc supposer que applique dans . Par ailleurs, d’après la prop. 4 du n° 2, il existe un unique morphisme tel que . Alors la restriction de à est , et d’après le § 2, n° 6, prop. 8, il existe un unique morphisme qui induise sur et sur . Appliquant ce qui précède à et , on construit un morphisme réciproque de , qui est donc un isomorphisme. On a , d’où la proposition.
Notons que, si et sont deux tores maximaux de , les diagrammes et sont isomorphes (si est tel que , alors est un isomorphisme de sur qui applique sur ). On note la classe d’isomorphisme de (cf. E, II, p. 47) ; c’est un diagramme radiciel qui ne dépend que de et qu’on appelle le diagramme contravariant de . On définit de même le diagramme covariant de , et on obtient :
Corollaire 01CY
Pour que les groupes de Lie compacts connexes et soient isomorphes, il faut et il suffit que les diagrammes et (resp. et ) soient égaux.
Proposition 16 01CZ
Pour tout diagramme radiciel réduit , il existe un groupe de Lie compact connexe tel que (resp. ) soit isomorphe à .
a) Remplaçant éventuellement par son diagramme inverse, on se ramène à construire tel que soit isomorphe à . Posons ; alors est somme directe de et du sous-espace vectoriel engendré par . De plus, puisque les racines inverses prennent des valeurs entières sur , la projection de dans parallèlement à est contenue dans le groupe des poids de , de sorte que est un sous-groupe d’indice fini de . Notons le diagramme .
b) Soit une algèbre de Lie semi-simple complexe dont le système de racines canonique soit isomorphe à (VIII, § 4, n° 3), et soit une forme réelle compacte de (, no 2, th. 1). Soit un groupe de Lie réel simplement connexe d’algèbre de Lie isomorphe à ; alors est compact (, no 4, th. 1). Soit un tore maximal de . D’après le th. 1, le diagramme est isomorphe à .
c) Soit un tore de dimension égale au rang de ; alors est isomorphe à , donc isomorphe à (exemple 2).
d) Enfin, soit le sous-groupe fini de orthogonal à . Posons . Alors est un groupe de Lie compact connexe, un tore maximal de , et est isomorphe à (exemple 3).
Scholie 01D0
La classification des groupes de Lie compacts connexes à isomorphisme près est ainsi ramenée à celle des diagrammes radiciels réduits. Les groupes de Lie compacts connexes semi-simples correspondent aux diagrammes radiciels réduits* tels que ; la donnée d’un tel diagramme est équivalente à celle d’un système de racines réduit dans un espace vectoriel sur et d’un sous-groupe de tel que .
Remarque 3 01D1
Soient un autre tore maximal de , (resp. ) une base du système de racines (resp. ) (VI, , no 5, déf. 2). Il existe des éléments tels que applique sur et sur , et ces éléments forment une unique classe modulo (comme et sont conjugués, on peut supposer , et il suffit d’appliquer VI, , no 5, remarque 4 et la prop. 9 du no 4). Il en résulte que l’isomorphisme de sur déduit de est indépendant du choix de ; il en est par conséquent de même pour et . Paraphrasant alors VIII, , no 3, remarque 2, mutatis mutandis, on définit le tore maximal canonique de , les diagrammes radiciels covariant et contravariant canoniques de , ...
10. Automorphismes d’un groupe de Lie compact connexe
On note le groupe de Lie des automorphismes de (III, , no 2), et le sous-groupe fermé de formé des éléments tels que . On a vu (, no 4, cor. 5 à la prop. 4) que la composante neutre de est le sous-groupe des automorphismes intérieurs; on note l’image dans d’un sous-groupe de .
Soit le diagramme covariant de relativement à ; notons le groupe de ses automorphismes, et son groupe de Weyl. L’application est un homomorphisme de dans . La prop. 15 du no 9 donne aussitôt :
Proposition 17 01D2
L’homomorphisme* est surjectif, de noyau .
Notons que et que l’image de dans est (no 5, prop. 10). On déduit donc de la prop. 17 un isomorphisme :
Par ailleurs, on a . En effet, si appartient à , est un tore maximal de , donc est conjugué à , et il existe un automorphisme intérieur de tel que , c'est-à-dire . Il en résulte que s'identifie à , d'où en vertu de ce qui précède une suite exacte
(16)
Par conséquent :
Proposition 18 01K9
Le groupe* est isomorphe à .
Supposons en particulier semi-simple ; le groupe s'identifie alors au sous-groupe de (VI, § 1, no 1) formé des éléments tels que , et le sous-groupe s'identifie à .
Corollaire 01D3
Si* est simplement connexe, ou si est réduit à l’élément neutre, le groupe est isomorphe au groupe des automorphismes du graphe de Dynkin de .
Cela résulte de ce qui précède et de VI, § 4, no 2, cor. à la prop. 1.
Nous nous proposons maintenant de montrer que l’extension (16) admet des sections.
Pour tout , notons le sous-espace vectoriel de dimension 2 de tel que ; notons la forme quadratique associée à la forme de Killing de .
Définition 3 01D4
On appelle épinglage de* un couple , où est une base de (VI, § 1, no 5, déf. 2) et où, pour tout , est un élément de tel que .
On appelle épinglage de la donnée d’un tore maximal de et d’un épinglage de .
Lemme 3 01D5
Soit* une base de . Le groupe opère de façon simplement transitively dans l’ensemble des épinglages de de la forme .
Pour tout , notons la restriction à de la forme quadratique ; l’action de sur définit un morphisme . On a vu au no 4 que s’identifie à de façon que s’identifie à la racine . Comme est une base de , c’est une base du -module engendré par les racines, donc une base du sous-module de . Il en résulte que le morphisme produit des induit un isomorphisme de sur le groupe produit des . Or ce dernier opère de façon simplement transitive sur l’ensemble des épinglages de dont la première composante est .
Proposition 19 01D6
Le groupe* opère de façon simplement transitive dans l’ensemble des épinglages de .
Soient et deux épinglages de . Il existe des éléments dans tels que , et ces éléments forment une classe modulo . On peut donc supposer , et il faut prouver qu’il existe un unique élément de qui transforme en . D’après VI, § 1, n° 5, remarque 4, il existe un unique élément de tel que . Comme s’identifie à , il existe tel que , et est bien déterminé modulo . On peut donc supposer , et il faut prouver qu’il existe un unique élément de qui transforme en , ce qui n’est autre que le lemme 3.
Corollaire 01D7
Soit un épinglage de et soit le groupe des automorphismes de qui laissent stable. Alors est produit semi-direct de par , et est produit semi-direct de par .
En effet, tout élément de transforme en un épinglage de . D’après la prop. 19, toute classe de suivant rencontre en un point et un seul, d’où la première assertion. La seconde se démontre de la même manière.
Remarque 01D8
Soient et deux groupes de Lie compacts connexes, et soient et des épinglages de et respectivement. Soit l’ensemble des isomorphismes de sur qui appliquent sur . L’application (resp. ) est une bijection de sur l’ensemble des isomorphismes de sur (resp. sur ) qui appliquent sur (resp. sur ). Cela résulte en effet aussitôt de la prop. 15 et du lemme 3.
Exercices
See the exercises for § 4.