Bourbaki

§ 3. Formes compactes des algèbres de Lie semi-simples complexes

1. Formes réelles

Si aa est une algèbre de Lie complexe, on note a[R]a_{[\mathbf{R}]} (ou parfois aa) l’algèbre de Lie réelle obtenue par restriction des scalaires. Si gg est une algèbre de Lie réelle, on note g(C)g_{(\mathbf{C})} (ou parfois gCg_{\mathbf{C}}) l’algèbre de Lie complexe C⊗Rg\mathbf{C} \otimes_{\mathbf{R}} g obtenue par extension des scalaires. Les homomorphismes d’algèbres de Lie réelles g→a[R]g \to a_{[\mathbf{R}]} correspondent bijectivement aux homomorphismes d’algèbres de Lie complexes g(C)→ag_{(\mathbf{C})} \to a : si f:g→a[R]f : g \to a_{[\mathbf{R}]} et g:g(C)→ag : g_{(\mathbf{C})} \to a se correspondent, on a f(x)=g(1⊗x)f(x) = g(1 \otimes x) et g(λ⊗x)=λf(x)g(\lambda \otimes x) = \lambda f(x) pour x∈g,λ∈Cx \in g, \lambda \in \mathbf{C}.

Définition 1 01B1

Soit aa une algèbre de Lie complexe. On appelle forme réelle de aa toute sous-algèbre réelle gg de aa qui est une R\mathbf{R}-structure sur le C\mathbf{C}-espace vectoriel aa (A, II, p. 119, déf. 1).

Cite 1

Cite Définition 1, A II § 8

Cela signifie donc que l’homomorphisme d’algèbres de Lie complexes g(C)→ag_{(\mathbf{C})} \to a associé à l’injection canonique g→a[R]g \to a_{[\mathbf{R}]} est bijectif. Une sous-algèbre réelle gg de aa est donc une forme réelle de aa si et seulement si les sous-espaces gg et igig de l’espace vectoriel réel aa sont supplémentaires. On appelle alors conjugaison de aa relativement à la forme réelle gg l’application σ:a→a\sigma : a \to a telle que

σ(x+iy)=x−iy,x,y∈g. \sigma(x + iy) = x - iy, \quad x, y \in g.

Proposition 1 01JF

a) Soient gg une forme réelle de aa et σ\sigma la conjugaison de aa relativement à gg. On a alors :

σ2=Ida,σ(λx+μy)=λ‾σ(x)+μ‾σ(y),[σ(x),σ(y)]=σ[x,y] \sigma^2 = \mathrm{Id}_a, \quad \sigma(\lambda x + \mu y) = \overline{\lambda} \sigma(x) + \overline{\mu} \sigma(y), \quad [\sigma(x), \sigma(y)] = \sigma[x, y]

pour λ,μ∈C,x,y∈a\lambda, \mu \in \mathbf{C}, x, y \in a. Pour qu’un élément xx de aa appartienne à gg, il faut et il suffit que σ(x)=x\sigma(x) = x.

Cite 1 · Cité par 3

Cite IX § 1. Algèbres de Lie compactes

Cité par Proposition 1, III § 1, Proposition 2, IX § 3, Proposition 4

b) Soit σ:a→a\sigma : a \to a une application satisfaisant à (2). Alors l’ensemble gg des points fixes de σ\sigma est une forme réelle de aa, et σ\sigma est la conjugaison de aa relativement à gg.

La démonstration est immédiate.

Notons que si l’on désigne par BB la forme de Killing de aa, et si gg est une forme réelle de aa, la restriction de BB à gg est la forme de Killing de gg; en particulier BB est à valeurs réelles sur g×gg \times g. Supposons aa réductive ; pour que l’algèbre de Lie réelle gg soit compacte, il faut et il suffit que la restriction de BB à gg soit négative (§ 1, no 3). On dit alors que gg est une forme réelle compacte de aa.

2. Formes réelles associées à un système de Chevalley

Dans ce numéro, on considère une algèbre de Lie semi-simple déployée (a,h\mathfrak{a}, \mathfrak{h}) sur le corps C\mathbf{C} (VIII, § 2, n° 1), de système de racines R(a,h)=RR(\mathfrak{a}, \mathfrak{h}) = \mathbf{R}, et un système de Chevalley (Xα)α∈R(X_\alpha)_{\alpha \in \mathbf{R}} de (a,h)(\mathfrak{a}, \mathfrak{h}) (VIII, § 2, n° 4, déf. 3).

Rappelons (loc. cit.) que l’application linéaire θ:a→a\theta : \mathfrak{a} \to \mathfrak{a} qui coïncide avec −Idh-\mathrm{Id}_{\mathfrak{h}} sur h\mathfrak{h} et applique XαX_\alpha sur X−αX_{-\alpha} pour tout α∈R\alpha \in \mathbf{R} est un automorphisme de a\mathfrak{a}. Par ailleurs (loc. cit., prop. 7), si α,β,α+β\alpha, \beta, \alpha + \beta sont des racines, on a

[Xα,Xβ]=Nα,βXα+β [X_\alpha, X_\beta] = N_{\alpha, \beta} X_{\alpha + \beta}
avec Nα,β∈R∗N_{\alpha, \beta} \in \mathbf{R}^* et
N−α−β=Nα,β. N_{-\alpha - \beta} = N_{\alpha, \beta}.

Notons h0\mathfrak{h}_0 le sous-espace vectoriel réel de h\mathfrak{h} formé des H∈hH \in \mathfrak{h} tels que α(H)∈R\alpha(H) \in \mathbf{R} pour tout α∈R\alpha \in \mathbf{R}. Alors h0\mathfrak{h}_0 est une R\mathbf{R}-structure sur l’espace vectoriel complexe h\mathfrak{h}, on a [Xα,X−α]∈h0[X_\alpha, X_{-\alpha}] \in \mathfrak{h}_0 pour tout α∈R\alpha \in \mathbf{R}, et la restriction de la forme de Killing BB de a\mathfrak{a} à h0\mathfrak{h}_0 est positive séparante (VIII, § 2, n° 2, remarque 2). De plus, on a

B(H,Xα)=0,B(Xα,Xβ)=0 si α+β≠0,B(Xα,X−α)<0 B(H, X_\alpha) = 0,\quad B(X_\alpha, X_\beta) = 0 \text{ si } \alpha + \beta \neq 0,\quad B(X_\alpha, X_{-\alpha}) < 0
(VIII, § 2, n° 2, prop. 1 et n° 4, lemme 3).

Proposition 2. — a) Le sous-espace vectoriel réel a0=h0+∑α∈RRXα\mathfrak{a}_0 = \mathfrak{h}_0 + \sum_{\alpha \in \mathbf{R}} \mathbf{R} X_\alpha de a\mathfrak{a} est une forme réelle de a\mathfrak{a}, dont h0\mathfrak{h}_0 est une sous-algèbre de Cartan. Le couple (a0,h0)(\mathfrak{a}_0, \mathfrak{h}_0) est une algèbre de Lie réelle semi-simple déployée, dont (Xα)(X_\alpha) est un système de Chevalley.

b) Soit σ\sigma la conjugaison de a\mathfrak{a} relativement à a0\mathfrak{a}_0. On a σ∘θ=θ∘σ\sigma \circ \theta = \theta \circ \sigma. L’ensemble des points fixes de σ∘θ\sigma \circ \theta est une forme réelle compacte au\mathfrak{a}_u de a\mathfrak{a}, dont ih0i \mathfrak{h}_0 est une sous-algèbre de Cartan.

La partie a) résulte immédiatement de ce qui précède. Démontrons b). Comme σ∘θ\sigma \circ \theta et θ∘σ\theta \circ \sigma sont deux applications semi-linéaires de a\mathfrak{a} dans a\mathfrak{a} qui coïncident sur a0\mathfrak{a}_0, elles coïncident. Alors σ∘θ\sigma \circ \theta satisfait aux conditions (2) du n° 1, donc est la conjugaison de a\mathfrak{a} relativement à la forme réelle au\mathfrak{a}_u formée des x∈ax \in \mathfrak{a} tels que σ∘θ(x)=x\sigma \circ \theta(x) = x (prop. 1). Posons pour tout α∈R\alpha \in \mathbf{R}

uα=Xα+X−α,vα=i(Xα−X−α). u_\alpha = X_\alpha + X_{-\alpha},\quad v_\alpha = i(X_\alpha - X_{-\alpha}).
Alors le R\mathbf{R}-espace vectoriel au\mathfrak{a}_u est engendré par ih0i \mathfrak{h}_0, les uαu_\alpha et les vαv_\alpha. Plus précisément, si on choisit une chambre CC de R\mathbf{R}, on a
au=ih0⊕⨁α∈R+(C)(Ruα+Rvα). \mathfrak{a}_u = i \mathfrak{h}_0 \oplus \bigoplus_{\alpha \in \mathbf{R}_+(C)} (\mathbf{R} u_\alpha + \mathbf{R} v_\alpha).

Il est clair que ih0i\mathfrak{h}_0 est une sous-algèbre de Cartan de αu\alpha_u, et il reste à prouver que la restriction de BB à αu\alpha_u est négative. Or ih0i\mathfrak{h}_0 et les différents sous-espaces Ruα⊕RvαR u_\alpha \oplus R v_\alpha sont orthogonaux pour BB, vu (5); la restriction de BB à ih0i\mathfrak{h}_0 est négative et l’on a

B(uα,uα)=B(vα,vα)=2B(Xα,X−α)<0,B(uα,vα)=0, B(u_\alpha, u_\alpha) = B(v_\alpha, v_\alpha) = 2B(X_\alpha, X_{-\alpha}) < 0 , \quad B(u_\alpha, v_\alpha) = 0 ,

d’où la conclusion.

Remarque 01B2

Avec les notations précédentes, on a les formules suivantes :

(9)

[h,uα]=−iα(h)vα,[h,vα]=iα(h)uα,[uα,vα]=2iHα,(h∈h) [h, u_\alpha] = - i \alpha(h) v_\alpha , \quad [h, v_\alpha] = i \alpha(h) u_\alpha , \quad [u_\alpha, v_\alpha] = 2iH_\alpha , \quad (h \in \mathfrak{h})
(10)
[uα,uβ]=Nα,βuα+β+Nα,−βuα−β,α≠±β, [u_\alpha, u_\beta] = N_{\alpha, \beta} u_{\alpha + \beta} + N_{\alpha, -\beta} u_{\alpha - \beta} , \quad \alpha \neq \pm \beta ,
(11)
[vα,vβ]=−Nα,βuα+β+Nα,−βuα−β,α≠±β, [v_\alpha, v_\beta] = - N_{\alpha, \beta} u_{\alpha + \beta} + N_{\alpha, -\beta} u_{\alpha - \beta} , \quad \alpha \neq \pm \beta ,
(12)
[uα,vβ]=Nα,βvα+β−Nα−βvα,−β,α≠±β, [u_\alpha, v_\beta] = N_{\alpha, \beta} v_{\alpha + \beta} - N_{\alpha - \beta} v_{\alpha, -\beta} , \quad \alpha \neq \pm \beta ,

(dans les trois dernières formules, on convient, comme d’habitude, que Nγ,δ=0N_{\gamma, \delta} = 0 lorsque γ+δ\gamma + \delta n’est pas une racine).

On notera que ∑Ruα\sum R u_\alpha est une sous-algèbre réelle de α\alpha, qui n’est autre que α0∩αu\alpha_0 \cap \alpha_u.

Soit Q(R)Q(R) le groupe des poids radiciels de RR (VI, § 1, no 9). Rappelons qu’à tout homomorphisme γ:Q(R)→C∗\gamma : Q(R) \to \mathbf{C}^*, on associe un automorphisme élémentaire f(γ)f(\gamma) de α\alpha tel que f(γ)(h)=hf(\gamma)(h) = h pour h∈hh \in \mathfrak{h} et f(γ)Xα=γ(α)Xαf(\gamma) X_\alpha = \gamma(\alpha) X_\alpha (VIII, § 5, no 2).

Cite 2

Cite VI § 1. Systèmes de racines, VIII § 5. Automorphisms of a semi-simple Lie algebra

Proposition 3 01B3

Soit gg une forme réelle compacte de α\alpha telle que g∩h=ih0g \cap \mathfrak{h} = i\mathfrak{h}_0. Il existe un homomorphisme γ:Q(R)→R+∗\gamma : Q(R) \to \mathbf{R}_+^* tel que g=f(γ)(αu)g = f(\gamma)(\alpha_u).

Cite 1 · Cité par 2

Cite Corollaire 2, VI § 1

Cité par Théorème 1, Proposition 15, IX § 4

Soit τ\tau la conjugaison de α\alpha relativement à gg. On a par hypothèse τ(x)=x\tau(x) = x pour x∈ih0x \in i\mathfrak{h}_0, donc τ(x)=−x\tau(x) = -x pour x∈h0x \in \mathfrak{h}_0. Pour tout α∈R\alpha \in R, et tout h∈h0h \in \mathfrak{h}_0, on a donc

[h,τ(Xα)]=[−τ(h),τ(Xα)]=−τ([h,Xα])=−τ(α(h)Xα); [h, \tau(X_\alpha)] = [-\tau(h), \tau(X_\alpha)] = -\tau([h, X_\alpha]) = -\tau(\alpha(h) X_\alpha) ;

il s’ensuit que [h,τ(Xα)]=−α(h)τ(Xα)[h, \tau(X_\alpha)] = -\alpha(h) \tau(X_\alpha) pour tout h∈h0h \in \mathfrak{h}_0, donc aussi pour tout h∈hh \in \mathfrak{h}. Il existe donc cα∈C∗c_\alpha \in \mathbf{C}^* tel que τ(Xα)=cαX−α\tau(X_\alpha) = c_\alpha X_{-\alpha}. Puisque [Xα,X−α]∈h0[X_\alpha, X_{-\alpha}] \in \mathfrak{h}_0, on a [τ(Xα),τ(X−α)]=−[Xα,X−α][\tau(X_\alpha), \tau(X_{-\alpha})] = -[X_\alpha, X_{-\alpha}], donc cα⋅c−α=1c_\alpha \cdot c_{-\alpha} = 1; de même, on tire des formules (3) et (4) que cα+β=cαcβc_{\alpha + \beta} = c_\alpha c_\beta lorsque α,β,α+β\alpha, \beta, \alpha + \beta sont des racines. D’après VI, § 1, no 6, cor. 2 à la prop. 19, il existe un homomorphisme δ:Q(R)→C∗\delta : Q(R) \to \mathbf{C}^* tel que δ(α)=cα\delta(\alpha) = c_\alpha pour tout α∈R\alpha \in R.

Montrons maintenant que chaque cαc_\alpha est réel strictement positif. En effet, on a cαB(Xα,X−α)=B(Xα,τ(Xα))c_\alpha B(X_\alpha, X_{-\alpha}) = B(X_\alpha, \tau(X_\alpha)), et puisque B(Xα,X−α)B(X_\alpha, X_{-\alpha}) est négatif, il suffit de montrer qu’on a B(z,τ(z))<0B(z, \tau(z)) < 0 pour tout élément non nul zz de α\alpha; or tout élément de α\alpha s’écrit x+iyx + iy, avec xx et yy dans gg, et on a

B(x+iy,τ(x+iy))=B(x+iy,x−iy)=B(x,x)+B(y,y), B(x + iy, \tau(x + iy)) = B(x + iy, x - iy) = B(x, x) + B(y, y) ,

d’où l’assertion annoncée, la restriction de BB à gg étant par hypothèse négative et séparante.

Il s'ensuit que l'homomorphisme δ\delta est à valeurs dans R+∗\mathbf{R}_+^*; il existe donc un homomorphisme γ:Q(R)→R+∗\gamma : Q(\mathbf{R}) \to \mathbf{R}_+^* tel que δ=γ−2\delta = \gamma^{-2}. Alors f(γ)−1(g)f(\gamma)^{-1}(g) est une forme réelle de α\alpha; la conjugaison correspondante est τ′=f(γ)−1∘τ∘f(γ)\tau' = f(\gamma)^{-1} \circ \tau \circ f(\gamma). Pour tout α∈R\alpha \in \mathbf{R}, on a

τ′(Xα)=f(γ)−1(τ(cα−1/2Xα))=f(γ)−1(cα1/2X−α)=X−α, \tau'(X_\alpha) = f(\gamma)^{-1}(\tau(c_\alpha^{-1/2} X_\alpha)) = f(\gamma)^{-1}(c_\alpha^{1/2} X_{-\alpha}) = X_{-\alpha},
et τ′(h)=τ(h)=h\tau'(h) = \tau(h) = h pour h∈ih0h \in i\mathfrak{h}_0; il s'ensuit que τ′\tau' est la conjugaison par rapport à aua_u, donc que f(γ)−1(g)=auf(\gamma)^{-1}(g) = a_u.

3. Conjugaison des formes compactes

Théorème 1 01B4

Soit aa une algèbre de Lie semi-simple complexe. a) aa possède des formes réelles compactes (resp. déployables). b) Le groupe Int(a)\mathrm{Int}(a) opère transitivement dans l'ensemble des formes réelles compactes (resp. déployables) de aa.

Cite 8 · Cité par 2

Cite Proposition 1, IX § 1, Proposition 2, IX § 3, Proposition 3, Théorème 1, VII § 3, Remark 2, VIII § 2, VIII § 4. Split semi-simple Lie algebra defined by a reduced root system, Corollary, VIII § 4, Proposition 5, VIII § 5

Cité par Proposition 4, Proposition 16, IX § 4

Soit h\mathfrak{h} une sous-algèbre de Cartan de aa. Alors (α,h)(\alpha, \mathfrak{h}) est déployée (VIII, § 2, n° 1, remarque 2), et possède un système de Chevalley (Xα)(X_\alpha) (VIII, § 4, n° 4, cor. à la prop. 5). La partie a) résulte alors de la prop. 2. Soit gg une forme réelle compacte de aa; montrons qu'il existe v∈Int(a)v \in \mathrm{Int}(a) tel que v(au)=gv(a_u) = g. Soit tt une sous-algèbre de Cartan de gg; alors t(C)t_{(C)} est une sous-algèbre de Cartan de aa; comme Int(a)\mathrm{Int}(a) opère transitivement sur l'ensemble des sous-algèbres de Cartan de aa (VII, § 3, n° 2, th. 1), on peut se ramener au cas où t(C)=ht_{(C)} = \mathfrak{h}. Comme la forme gg est compacte, les valeurs propres des endomorphismes ad had\ h, pour h∈th \in t, sont imaginaires pures (§ 1, n° 3, prop. 1), donc les racines α∈R\alpha \in \mathbf{R} appliquent tt dans iRi\mathbf{R}; cela implique t=ih0t = i\mathfrak{h}_0. D'après la prop. 3 (n° 2), il existe alors v∈Int(a)v \in \mathrm{Int}(a) tel que v(au)=gv(a_u) = g, d'où b) dans le cas des formes compactes. Enfin, soient m1m_1 et m2m_2 deux formes réelles déployables de aa. Il existe des épingleages (m1,h1,B1,(Xα1))(m_1, \mathfrak{h}_1, B_1, (X_\alpha^1)) et (m2,h2,B2,(Xα2))(m_2, \mathfrak{h}_2, B_2, (X_\alpha^2)) (VIII, § 4, n° 1). Ceux-ci s'étendent de manière évidente en épingleages e1e_1 et e2e_2 de aa. Un automorphisme de aa qui applique e1e_1 sur e2e_2 applique m1m_1 sur m2m_2; il suffit donc d'appliquer la prop. 5 de VIII, § 5, n° 3, pour obtenir l'existence d'un élément uu de Aut0(a)=Int(a)\mathrm{Aut}_0(a) = \mathrm{Int}(a) tel que u(m1)=m2u(m_1) = m_2.

Remarque 01B5

Nous verrons plus tard une classification générale des formes réelles d'une algèbre de Lie semi-simple complexe.

Corollaire 1 01B6

Soient gg et g′g' deux algèbres de Lie réelles compactes. Pour que gg et g′g' soient isomorphes, il faut et il suffit que les algèbres de Lie complexes g(C)g_{(C)} et g(C)′g'_{(C)} soient isomorphes.

Cité par 1

Cité par Corollaire 3

La condition est évidemment nécessaire. Inversement, supposons g(C)g_{(C)} et g(C)′g'_{(C)} isomorphes. Soient cc (resp. c′c') le centre de gg (resp. g′g') et ss (resp. s′s') l'algèbre dérivée de gg (resp. g′g'). Alors c(C)c_{(C)} et c(C)′c'_{(C)} sont respectivement les centres de g(C)g_{(C)} et g(C)′g'_{(C)}, donc sont isomorphes ; il s'ensuit que les algèbres commutatives cc et c′c' sont isomorphes.

De même s(c)s_{(c)} et s(c)′s'_{(c)} sont isomorphes, donc ss et s′s', qui sont des formes réelles compactes de deux algèbres semi-simples complexes isomorphes, sont isomorphes d’après le th. 1, b).

Corollaire 2 01B7

Soit aa une algèbre de Lie complexe. Les conditions suivantes sont équivalentes* : (i) aa est réductive. (ii) Il existe une algèbre de Lie réelle compacte gg telle que aa soit isomorphe à g(c)g_{(c)}. (iii) Il existe un groupe de Lie compact GG tel que aa soit isomorphe à L(G)(c)L(G)_{(c)}.

Cite 1

Cite Définition 1, IX § 1

D’après la déf. 1 du § 1, n° 3, les conditions (ii) et (iii) sont équivalentes et impliquent (i). Si aa est réductive, elle est produit direct d’une algèbre commutative, qui possède évidemment une forme réelle compacte, et d’une algèbre semi-simple qui en possède une d’après le th. 1, a), donc (i) implique (ii).

Corollaire 3 01B8

Soient a1a_1 et a2a_2 deux algèbres de Lie semi-simples complexes. Les formes réelles compactes de a1×a2a_1 \times a_2 sont les produits g1×g2g_1 \times g_2, où, pour i=1, 2i = 1,\ 2, gig_i est une forme réelle compacte de aia_i*.

Cite 3

Cite Corollaire 1, VIII § 2. Root system of a split semi-simple Lie algebra, Définition 3, III § 9

En effet, il existe une forme réelle compacte g1g_1 (resp. g2g_2) de a1a_1 (resp. a2a_2); alors g1×g2g_1 \times g_2 est une forme réelle compacte de a1×a2a_1 \times a_2. Le corollaire résulte alors du th. 1, b), appliqué à a1a_1, a2a_2 et a1×a2a_1 \times a_2.

Il résulte notamment du cor. 3 ci-dessus qu’une algèbre de Lie réelle compacte gg est simple si et seulement si l’algèbre de Lie complexe g(c)g_{(c)} est simple. On dit alors que gg est de type AnA_n, ou BnB_n, ..., si g(c)g_{(c)} est de type AnA_n, ou BnB_n, ... (VIII, § 2, n° 2). D’après le cor. 1 ci-dessus, deux algèbres de Lie réelles simples compactes sont isomorphes si et seulement si elles sont de même type.

Soit GG un groupe de Lie compact connexe presque simple (III, § 9, n° 8, déf. 3). On dit que GG est de type AnA_n, ou BnB_n, ... si son algèbre de Lie est de type AnA_n, ou BnB_n, .... Deux groupes de Lie compacts presque simples simplement connexes sont isomorphes si et seulement s’ils sont de même type.

4. Exemple I : algèbres compactes de type AnA_n

Soient VV un espace vectoriel complexe de dimension finie et Φ\Phi une forme hermitienne positive séparante sur VV. Le groupe unitaire associé à Φ\Phi (cf. A, IX) est le sous-groupe U(Φ)U(\Phi) de GL(V)\mathbf{GL}(V) formé des automorphismes de l’espace hilbertien complexe (V,Φ)(V, \Phi); c’est un sous-groupe de Lie (réel) du groupe GL(V)\mathbf{GL}(V), dont l’algèbre de Lie est la sous-algèbre u(Φ)u(\Phi) de l’algèbre de Lie réelle gl(V)\mathbf{gl}(V) formée des endomorphismes xx de VV tels que x∗=−xx^* = -x (III, § 3, n° 10, cor. 2 à la prop. 37), où l’on désigne par x∗x^* l’adjoint de xx relativement à Φ\Phi. Comme le groupe U(Φ)U(\Phi) est compact (§ 1, n° 1), u(Φ)u(\Phi) est donc une algèbre de Lie réelle compacte. De même, le groupe spécial unitaire SU(Φ)=U(Φ)∩SL(V)SU(\Phi) = U(\Phi) \cap \mathbf{SL}(V) est un sous-groupe de Lie compact de SL(V)\mathbf{SL}(V), dont l’algèbre de Lie est su(Φ)=u(Φ)∩sl(V)su(\Phi) = u(\Phi) \cap \mathfrak{sl}(V).

Lorsque V=CnV = \mathbf{C}^n et que Φ\Phi est la forme hermitienne usuelle (pour laquelle la base canonique de Cn\mathbf{C}^n est orthonormale), on écrit U(n,C),SU(n,C),u(n,C),su(n,C)U(n, \mathbf{C}), SU(n, \mathbf{C}), u(n, \mathbf{C}), su(n, \mathbf{C}) au lieu de U(Φ),SU(Φ),u(Φ),su(Φ)U(\Phi), SU(\Phi), u(\Phi), su(\Phi). Les éléments de U(n,C)U(n, \mathbf{C}) (resp. u(n,C)u(n, \mathbf{C})) sont les matrices A∈Mn(C)A \in M_n(\mathbf{C}) telles que A⋅tA‾=InA \cdot {}^t \overline{A} = I_n (resp. A=−tA‾A = - {}^t \overline{A}), qui sont dites unitaires (resp. antihermitiennes).

Proposition 4 01B9

a)* *Les formes réelles compactes de l’algèbre de Lie complexe sl(V) sont les algèbres su(Φ), où Φ parcourt l’ensemble des formes hermitiennes positives séparantes sur l’espace vectoriel complexe V.

Cite 3

Cite Proposition 1, Théorème 1, VIII § 13. Classical splittable simple Lie algebras

b) Les algèbres u(Φ) sont des formes réelles compactes de gl(V).

Soit Φ\Phi une forme hermitienne positive séparante sur VV. Pour tout x∈gl(V)x \in gl(V), posons σ(x)=−x∗\sigma(x) = - x^* (où x∗x^* est l’adjoint de xx relativement à Φ\Phi). Alors σ\sigma satisfait aux conditions (2) de la prop. 1 du no 1, donc l’ensemble u(Φ)u(\Phi) (resp. su(Φ)su(\Phi)) des points fixes de σ\sigma dans gl(V)gl(V) (resp. sl(V)sl(V)) est une forme réelle compacte de gl(V)gl(V) (resp. sl(V)sl(V)). Comme GL(V)GL(V) opère transitivement sur l’ensemble des formes hermitiennes positives séparantes sur VV (A, IX) et sur l’ensemble des formes réelles compactes de sl(V)sl(V) (no 3, th. 1 et VIII, § 13, no 1 (VII)), la prop. 4 est ainsi démontrée.

Corollaire 01BA

Toute algèbre de Lie réelle compacte simple de type AnA_n (n⩾1n \geqslant 1) est isomorphe à su(n+1,C)su(n+1, \mathbf{C}).

Cite 1 · Cité par 1

Cite VIII § 13. Classical splittable simple Lie algebras

Cité par Proposition 6

En effet, toute algèbre de Lie complexe de type AnA_n est isomorphe à sl(n+1,C)sl(n+1, \mathbf{C}) (VIII, § 13, no 1).

Remarque 1 01BB

On a gl(V)=sl(V)×C.1V,u(Φ)=su(Φ)×R.i1Vgl(V) = sl(V) \times \mathbf{C}.1_V, u(\Phi) = su(\Phi) \times \mathbf{R}.i1_V; les formes réelles compactes de gl(V)gl(V) sont les su(Φ)×R.α1V,α∈C∗su(\Phi) \times \mathbf{R}.\alpha 1_V, \alpha \in \mathbf{C}^*.

Remarque 2 01BC

Si l’on munit l’algèbre de Lie complexe a=sl(n,C)a = sl(n, \mathbf{C}) du déploiement et du système de Chevalley introduits en VIII, § 13, no 1 (IX), on a alors, avec les notations du no 2,

au=su(n,C),a0=sl(n,R),au∩a0=o(n,R). a_u = su(n, \mathbf{C}), \quad a_0 = sl(n, \mathbf{R}), \quad a_u \cap a_0 = o(n, \mathbf{R}).
Cite 1

Cite VIII § 13. Classical splittable simple Lie algebras

5. Exemple II : algèbres compactes de type BnB_n et DnD_n

Soient VV un espace vectoriel réel de dimension finie et QQ une forme quadratique positive séparante sur VV. Le groupe orthogonal associé à QQ (A, IX) est le sous-groupe O(Q)O(Q) de GL(V)GL(V) formé des automorphismes de l’espace hilbertien réel (V,Q)(V, Q); c’est un sous-groupe de Lie de GL(V)GL(V), dont l’algèbre de Lie est la sous-algèbre o(Q)o(Q) de gl(V)gl(V) formée des endomorphismes xx de VV tels que x∗=−xx^* = - x (III, § 3, no 10, cor. 2 à la prop. 37), x∗x^* désignant l’adjoint de xx relativement à QQ. Comme le groupe O(Q)O(Q) est compact, o(Q)o(Q) est donc une algèbre de Lie réelle compacte. On pose SO(Q)=O(Q)∩SL(V)SO(Q) = O(Q) \cap SL(V); c’est un sous-groupe fermé d’indice fini de O(Q)O(Q) (d’indice 2 si dim⁡V≠0\dim V \neq 0), donc aussi d’algèbre de Lie o(Q)o(Q).

Lorsque V=RnV = \mathbf{R}^n et que QQ est la forme quadratique usuelle (pour laquelle la base canonique de Rn\mathbf{R}^n est orthonormale), on écrit O(n,R),SO(n,R),o(n,R)\mathbf{O}(n, \mathbf{R}), \mathbf{SO}(n, \mathbf{R}), \mathfrak{o}(n, \mathbf{R}) au lieu de O(Q),SO(Q),o(Q)\mathbf{O}(Q), \mathbf{SO}(Q), \mathfrak{o}(Q). Les éléments de O(n,R)\mathbf{O}(n, \mathbf{R}) (resp. o(n,R)\mathfrak{o}(n, \mathbf{R})) sont les matrices A∈Mn(R)A \in \mathbf{M}_n(\mathbf{R}) telles que A⋅tA=InA \cdot ^tA = I_n (resp. A=− tAA = -\ ^tA), qui sont dites orthogonales (resp. antisymétriques).

Soit V(c)V_{(c)} le C\mathbf{C}-espace vectoriel déduit de VV et soit Q(c)Q_{(c)} la forme quadratique sur V(c)V_{(c)} déduite de QQ. Identifions gl(V)(c)\mathrm{gl}(V)_{(c)} à gl(V(c))\mathrm{gl}(V_{(c)}); alors o(Q)(c)\mathfrak{o}(Q)_{(c)} s’identifie à o(Q(c))\mathfrak{o}(Q_{(c)}) : cela est clair puisque l’application x↦x∗+xx \mapsto x^* + x de gl(V(c))\mathrm{gl}(V_{(c)}) dans lui-même est C\mathbf{C}-linéaire. Comme o(Q(c))\mathfrak{o}(Q_{(c)}) est de type BnB_n si dim⁡V=2n+1, n⩾1\dim V = 2n + 1,\ n \geqslant 1, et de type DnD_n si dim⁡V=2n, n⩾3\dim V = 2n,\ n \geqslant 3 (VIII, § 13, nos 2 et 4), on en déduit :

Proposition 5 01BD

Toute algèbre de Lie réelle simple compacte de type Bn, n⩾1B_n,\ n \geqslant 1* (resp. de type Dn, n⩾3D_n,\ n \geqslant 3) est isomorphe à o(2n+1,R)\mathfrak{o}(2n + 1, \mathbf{R}) (resp. o(2n,R)\mathfrak{o}(2n, \mathbf{R})).

Cité par 1

Cité par Proposition 6

6. Groupes compacts de rang 1

D’après TG, VIII, p. 5, prop. 3, p. 6, prop. 4 et p. 7, remarque 4, le groupe topologique SU(2,C)\mathbf{SU}(2, \mathbf{C}) est isomorphe au groupe topologique S3S_3 des quaternions de norme 1, et le quotient de SU(2,C)\mathbf{SU}(2, \mathbf{C}) par le sous-groupe ZZ formé des matrices I2I_2 et −I2-I_2 est isomorphe au groupe topologique SO(3,R)\mathbf{SO}(3, \mathbf{R}). Notons que ZZ est le centre de SU(2,C)\mathbf{SU}(2, \mathbf{C}) : en effet, puisque H=R.S3H = \mathbf{R}.S_3, tout élément du centre du groupe S3S_3 est dans le centre R\mathbf{R} de l’algèbre HH donc appartient au groupe à deux éléments S3∩R={−1,1}S_3 \cap \mathbf{R} = \{ -1, 1 \}.

Proposition 6 01BE

Toute algèbre de Lie réelle compacte semi-simple de rang 1 est isomorphe à su(2,C)\mathfrak{su}(2, \mathbf{C}) et à o(3,R)\mathfrak{o}(3, \mathbf{R}).* *Tout groupe de Lie compact semi-simple connexe de rang 1 est isomorphe à SU(2,C)\mathbf{SU}(2, \mathbf{C}) s’il est simplement connexe, à SO(3,R)\mathbf{SO}(3, \mathbf{R}) sinon.

Cite 2 · Cité par 1

Cite Corollaire, Proposition 5

Cité par Corollaire, IX § 4

La première assertion résulte du cor. à la prop. 4 et de la prop. 5. Comme SU(2,C)\mathbf{SU}(2, \mathbf{C}) est homéomorphe à S3S_3 (TG, VIII, p. 7, remarque 4), donc simplement connexe (TG, XI, à paraître), tout groupe de Lie compact semi-simple simplement connexe de rang 1 est isomorphe à SU(2,C)\mathbf{SU}(2, \mathbf{C}); tout groupe de Lie compact semi-simple connexe de rang 1 non simplement connexe est isomorphe au quotient de SU(2,C)\mathbf{SU}(2, \mathbf{C}) par un sous-groupe de ZZ non réduit à l’élément neutre, donc à SO(3,R)\mathbf{SO}(3, \mathbf{R}).

Remarque 01BF

On a vu ci-dessus que SU(2,C)\mathbf{SU}(2, \mathbf{C}) est simplement connexe et que π1(SO(3,R))\pi_1(\mathbf{SO}(3, \mathbf{R})) est d’ordre 2. Nous verrons plus loin que ces résultats se généralisent respectivement à SU(n,C) (n⩾1)\mathbf{SU}(n, \mathbf{C})\ (n \geqslant 1) et SO(n,R) (n⩾3)\mathbf{SO}(n, \mathbf{R})\ (n \geqslant 3) (cf. aussi § 3, exerc. 4 et 5).

Rappelons (VIII, § 1, n° 1) qu’on appelle base canonique de sl(2,C)\mathfrak{sl}(2, \mathbf{C}) la base (X+,X−,H)(X_+, X_-, H), où

X+=(0100),X−=(00−10),H=(100−1). X_+ = \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 0 & 0 \end{pmatrix}, \quad X_- = \begin{pmatrix} 0 & 0 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}, \quad H = \begin{pmatrix} 1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}.

On obtient donc une base (U,V,iH)(U, V, iH) de su(2,C)su(2, \mathbf{C}) également dite canonique en posant

U=X++X−=(01−10),V=i(X+−X−)=(0ii0), U = X_+ + X_- = \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ -1 & 0 \end{pmatrix}, \quad V = i(X_+ - X_-) = \begin{pmatrix} 0 & i \\ i & 0 \end{pmatrix},
iH=(i00−i). iH = \begin{pmatrix} i & 0 \\ 0 & -i \end{pmatrix}.
On a (13)
[iH,U]=2V,[iH,V]=−2U,[U,V]=2iH. [iH, U] = 2V, \quad [iH, V] = -2U, \quad [U, V] = 2iH.
Si B désigne la forme de Killing de su(2,C)su(2, \mathbf{C}), un calcul immédiat donne (14)
B(aU+bV+ciH,a′U+b′V+c′iH)=−8(aa′+bb′+cc′), B(aU + bV + ciH, a'U + b'V + c'iH) = -8(aa' + bb' + cc'),
de sorte que, si l’on identifie su(2,C)su(2, \mathbf{C}) à R3\mathbf{R}^3 au moyen de sa base canonique, la représentation adjointe de SU(2,C)SU(2, \mathbf{C}) définit un homomorphisme SU(2,C)→SO(3,R)SU(2, \mathbf{C}) \to SO(3, \mathbf{R}) (cf. ci-dessus).

Notons par ailleurs que RiHRiH est une sous-algèbre de Cartan de su(2,C)su(2, \mathbf{C}), que le tore maximal T de SU(2,C)SU(2, \mathbf{C}) qui lui correspond est formé des matrices diagonales (a00a‾)\begin{pmatrix} a & 0 \\ 0 & \overline{a} \end{pmatrix}, où aa‾=1a \overline{a} = 1, et que l’application exponentielle

exp⁡:RiH→T \exp : RiH \to T
applique xHxH, pour x∈Rix \in \mathbf{R}i, sur la matrice (exp⁡(x)00exp⁡(−x))\begin{pmatrix} \exp(x) & 0 \\ 0 & \exp(-x) \end{pmatrix}, donc a pour noyau Z.KZ.K où KK est l’élément de su(2,C)su(2, \mathbf{C}) défini par (15)
K=2πiH=(2πi00−2πi). K = 2\pi iH = \begin{pmatrix} 2\pi i & 0 \\ 0 & -2\pi i \end{pmatrix}.
Par ailleurs, le centre de SU(2,C)SU(2, \mathbf{C}) est formé de l’identité et de exp⁡(K/2)\exp(K/2).

Posons (16)

θ=(0−110)∈SU(2,C). \theta = \begin{pmatrix} 0 & -1 \\ 1 & 0 \end{pmatrix} \in SU(2, \mathbf{C}).
D’après VIII, § 1, no 5, on a (17)
θ2=(−100−1),(Int θ) t=t−1,t∈T, \theta^2 = \begin{pmatrix} -1 & 0 \\ 0 & -1 \end{pmatrix}, \quad (\mathrm{Int}\ \theta)\ t = t^{-1}, \quad t \in T,
(18)
(Ad θ) X+=X−,(Ad θ) X−=X+,(Ad θ) U=U,(Ad θ) V=−V.(\mathrm{Ad}\ \theta)\ X_+ = X_-, \quad (\mathrm{Ad}\ \theta)\ X_- = X_+, \quad (\mathrm{Ad}\ \theta)\ U = U, \quad (\mathrm{Ad}\ \theta)\ V = -V.
Enfin, pour t=(a00a‾)∈Tt = \begin{pmatrix} a & 0 \\ 0 & \overline{a} \end{pmatrix} \in T, on a (19)
(Ad t) X+=a2X+,(Ad t) X−=a−2X−,(Ad t) H=H,(\mathrm{Ad}\ t)\ X_+ = a^2 X_+, \quad (\mathrm{Ad}\ t)\ X_- = a^{-2} X_-, \quad (\mathrm{Ad}\ t)\ H = H,
(20)
(Ad t) U=R(a2) U+I(a2) V,(Ad t) V=−I(a2) U+R(a2) V.(\mathrm{Ad}\ t)\ U = \mathscr{R}(a^2)\ U + \mathscr{I}(a^2)\ V, \quad (\mathrm{Ad}\ t)\ V = -\mathscr{I}(a^2)\ U + \mathscr{R}(a^2)\ V.

Cite 2

Cite Exercice 4, § 3, VIII § 1. The Lie algebra sl(2, k) and its representations

Exercices

See the exercises for § 3.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.