§ 2. Quotient d’un espace par un groupe ; espaces homogènes.
1. Résultats généraux.
Soit X un espace localement compact dans lequel un groupe localement compact H opère à droite, continûment et proprement, par (). La relation d’équivalence définie par H dans X est ouverte (Top. Gén., chap. III, 3e éd., § 2, no 4, lemme 2) et X/H est séparé (loc. cit., § 4, no 2, prop. 3) donc localement compact (Top. Gén., chap. I, 3e éd., § 10, no 4, prop. 10). On notera l’application canonique de X sur X/H. Le saturé d’une partie Y de X est . Si K est une partie compacte de X, est compact, et le saturé est fermé dans X. Toute partie compacte de X/H est l’image par d’une partie compacte de X (Top. Gén., chap. I, 3e éd., § 10, no 4, prop. 10). On suppose donnée une fois pour toutes une mesure de Haar à gauche sur H.
Soit une représentation continue de H dans . Si une fonction sur X satisfait à quels que soient et , son support S est invariant par H et s’écrit donc . On désignera par l’espace de Riesz formé des fonctions numériques continues sur X qui satisfont à (), et dont le support est le saturé d’une partie compacte de X ; on notera l’ensemble des éléments de . En particulier, n’est autre que l’ensemble des fonctions continues sur X, constantes sur les orbites, et dont le support est le saturé d’une partie compacte.
Proposition 1
Soit f une fonction numérique continue sur X dont le support S ait une intersection compacte avec le saturé de toute partie compacte de X.
Cite 2 · Cité par 5
Cite Théorème 1, III § 4, Lemme 1, VII § 1
Cité par Lemme 1, Proposition 3, Proposition 7, Proposition 8, Proposition 3, VII § 3
a) Pour tout , la fonction sur H appartient à ; on pose
b) La fonction est continue, est nulle hors de SH, et satisfait à .
c) Si est une fonction numérique continue sur et satisfait à , on a ( étant donné par la formule (1) où on remplace par la représentation de dans ).
d) Si , on a .
Soient et un voisinage compact de dans . L’ensemble des tels que rencontre est aussi l’ensemble des tels que rencontre , donc est compact dans puisque est compact et que opère proprement dans (Top. Gén., chap. III, 3e éd., § 4, no 5, th. 1); alors le lemme 1 du § 1, no 1 prouve a) et la continuité de . Le reste de b) est évident. Enfin c) et d) résultent des calculs suivants :
Proposition 2
L’application de dans est linéaire, et l’image de (resp. ) est (resp. ).
La linéarité est immédiate. Il est clair que pour . Il suffit alors d’appliquer le lemme suivant :
Lemme 1
Soient une partie compacte de , une fonction de , avec pour . Soit telle que .
Cite 3 · Cité par 2
Cite Proposition 1, II § 2. Formes linéaires sur un espace de Riesz, Proposition 2
Cité par Exercice 20, § 1, Remarque 1
a) On a .
b) La fonction h égale à dans KH, à 0 dans , appartient à .
c) .
On a pour , donc .
L’assertion b) en résulte aussitôt. Enfin, d’après la prop. 1 c), on a , et il est clair que .
Soit I une forme linéaire relativement bornée (chap. II, § 2, n° 2) sur . Alors est une forme linéaire relativement bornée sur , c’est-à-dire une mesure sur X. L’application est injective d’après la prop. 2. Les mesures ainsi obtenues sur X peuvent être caractérisées comme suit :
Proposition 3
Soit une mesure sur X. Les conditions suivantes sont équivalentes :
Cite 4 · Cité par 3
Cite Proposition 1, III § 4. Produits de mesures, Théorème 2, Proposition 2
Cité par Exercice 1, § 2, Remarque 2, Proposition 4
a) Il existe une forme linéaire relativement bornée I sur telle que pour toute .
b) pour tout .
c) Quelles que soient dans , on a
d) Si est telle que , alors .
: si , on a, compte tenu de la prop. 1 d) :
donc .
: supposons l’hypothèse b) satisfaite. Observons que les fonctions et sur sont continues à support compact (parce que H opère proprement dans X) ; ceci posé, le th. 2 du chap. III, § 5, n° 1 permet d’écrire :
ce qui prouve c).
c) d) : si c) est vérifiée et si , on a pour toute , donc en choisissant telle que sur Supp (ce qui est possible d'après la prop. 2 appliquée avec ).
d) a) : si la condition d) est satisfaite, il existe une forme linéaire I sur telle que pour , et cette forme est relativement bornée en vertu de la prop. 2.
2. Cas où .
Si est une fonction sur , est une fonction sur constante sur les orbites, continue si et seulement si est continue. L’application définit en particulier une bijection de sur .
Nous pouvons alors, dans le cas où , reformuler de la manière suivante certains résultats du no 1 :
Soit une fonction numérique continue dans dont le support ait une intersection compacte avec le saturé de toute partie compacte de . La formule
(3)
définit une fonction continue sur . Si est une fonction continue sur , on a
(4)
Si , on a
(5)
On n’oubliera pas que la définition de dépend du choix de . Si est compact et normalisée, la fonction s’appelle parfois moyenne orbitale de .
Si , on a . L’application de dans est linéaire, et l’image de (resp. ) est (resp. ).
Remarque 1
On va montrer que l’application est un morphisme strict (Top. gén., chap. III, 3e éd., § 2, n° 8) de sur .
a) Cette application est continue : il suffit de prouver que, pour toute partie compacte de , la restriction à de est une application continue de dans (Esp. vect. top., chap. II, § 2, n° 2, cor. de la prop. 1) ; comme opère proprement dans , l’ensemble des tels que rencontre est compact ; on conclut de (3) que , et ceci prouve notre assertion.
b) Soit une partie compacte de . Choisissons une partie compacte de telle que , et montrons que la restriction de à est un morphisme strict de sur . Il suffit de construire pour cette restriction un inverse à droite (Esp. vect. top., chap. I, § 1, n° 8, prop. 13). Or, d’après le lemme 1 du n° 1 (dont nous adoptons les notations), on obtient un tel inverse en composant les applications suivantes :
α) l’application de dans l’ensemble des fonctions de dont le support est contenu dans ; β) l’application de dans qui, à toute , fait correspondre la fonction égale à dans , à 0 dans ; γ) l’application de dans qui, à toute fonction , fait correspondre .
c) Ceci posé, si est un voisinage convexe de 0 dans , est un voisinage convexe de 0 dans , donc est un voisinage convexe de 0 dans d’après b), donc est un voisinage de 0 dans (Esp. vect. top., chap. II, § 2, n° 4). Ceci achève la démonstration.
Cite 2
Proposition 4
a) Soit une mesure sur . Il existe une mesure et une seule sur telle que
Cite 1 · Cité par 5
Cite Proposition 3
Cité par § 2. Quotient d'un espace par un groupe ; espaces homogènes, Définition 1, Lemme 5, Corollaire 2, Théorème 3
(6)
quelle que soit . On a pour tout .
b) Réciproquement, soit une mesure sur telle que pour tout . Il existe une mesure et une seule sur telle que .
C'est un cas particulier du no 1.
Définition 1
Les hypothèses et les notations étant celles de la prop. 4, s'appelle le quotient de par et se note ou .
Cite 1
Cite Proposition 4
L'application de dans n'est autre que la transposée de l'application de dans . Soit un filtre sur ; dire que pour toute équivaut à dire que pour toute ; l'application est donc, pour les topologies vagues, un isomorphisme de sur un sous-espace vectoriel de . Ce sous-espace est vaguement fermé, puisqu'il est l'ensemble des telles que pour tout . Il est clair que les conditions et sont équivalentes.
La formule (6) s'écrit, par analogie avec la notation usuelle pour les intégrales doubles
Il s'agit d'un abus de notations, l'intégrale étant considérée comme fonction de et non de ; cette manière d'écrire s'emploiera souvent par la suite quand elle ne pourra prêter à confusion.
Remarque 2
Soit un espace vectoriel localement convexe et soit une mesure vectorielle sur , à valeurs dans . L'application de dans est alors une mesure vectorielle sur , à valeurs dans , que nous noterons encore . L'application est encore un isomorphisme de sur un sous-espace vectoriel de (si on munit ces espaces de la topologie de la convergence simple). De plus, comme l'application est un morphisme strict surjectif, le sous-espace se compose exactement des mesures vectorielles sur qui sont nulles sur le noyau de l’application . Pour que , il est donc nécessaire et suffisant que les mesures scalaires soient nulles sur pour tout . On déduit alors de la prop. 3 que si et seulement si l’on a
Cite 1
Cite Proposition 3
3. Autre interprétation de .
Pour tout , l’application de dans est propre (Top. Gén., chap. III, 3e éd., § 4, no 2, prop. 4), donc admet une mesure image dans par cette application, image qui est concentrée sur l’orbite (chap. V, § 6, no 2, cor. 3 de la prop. 2); comme est invariante à gauche, cette mesure image ne dépend que de la classe de dans , et sera notée . Par définition, pour , on a
Lemme 2
Soit une fonction sur , à valeurs dans un espace topologique.* a) Si est une fonction numérique , on a, pour
Cite 4 · Cité par 1
Cite Proposition 2, V § 4, Proposition 3, V § 4, Théorème 2, V § 4, VI § 1. Intégration des fonctions vectorielles
Cité par Proposition 5
Puisque pour , la formule (8) prouve que l’application de dans est vaguement continue, que la famille est -adéquate quelle que soit la mesure positive sur , et que
ce qui fournit une nouvelle interprétation de .
Proposition 5
Soit une mesure positive sur .
Cite 4 · Cité par 6
Cite Proposition 4, V § 3, Proposition 5, V § 3, Théorème 1, V § 3, Lemme 2
Cité par Remarque 2, Corollaire, Proposition 6, Proposition 9, Théorème 4, Proposition 5, VIII § 5
a) Soit une fonction -mesurable sur , à valeurs dans un espace topologique, constante hors d’une réunion dénombrable d’ensembles -intégrables. Alors, l’ensemble des tels que la fonction ne soit pas -mesurable est localement -négligeable.
b) Soit une fonction -mesurable sur , nulle hors d’une réunion dénombrable d’ensembles -intégrables. Alors la fonction sur est -mesurable, et l’on a
c) Soit une fonction -intégrable sur , à valeurs dans un espace de Banach ou dans . Alors l’ensemble des tels que ne soit pas -intégrable est -négligeable ; la fonction sur définie presque partout par la formule
est -intégrable, et l’on a
et
d) Soit une fonction -mesurable sur , à valeurs dans un espace de Banach ou dans , et nulle hors d'une réunion dénombrable d'ensembles -intégrables. Alors, pour que soit -intégrable, il faut et il suffit que
Compte tenu du lemme 2, a), b), c) résultent du chap. V, § 3, prop. 3, prop. 4 et th. 1 (à l’exception de (13) qui résulte de (12), car il est clair que ) ; d) résulte de b).
Proposition 6
Soit une mesure positive sur . a) Soit une partie de . Pour que soit localement -négligeable, il faut et il suffit que soit localement -négligeable. b) Soit une fonction sur , à valeurs dans un espace topologique. Pour que soit -mesurable, il faut et il suffit que soit -mesurable. c) Soit une fonction sur à valeurs dans un espace de Banach ou dans . Pour que soit localement -intégrable, il faut et il suffit que soit localement -intégrable, et l’on a alors . Supposons localement -intégrable. Pour toute , est -intégrable, donc (prop. 5) la fonction est -intégrable et l’on a
Cite 4 · Cité par 6
Cite Proposition 5, Proposition 2, Corollaire 1, V § 6, Proposition 10
Cité par Lemme 4, Remarque 1, Remarque 4, Corollaire 1, Corollaire 2, Proposition 9
Comme est une application surjective de sur , cela montre que est localement -intégrable et que
En particulier, si est localement -négligeable, est localement -négligeable, donc , et par suite et est localement -négligeable. Maintenant, supposons que soit -mesurable. Soit une partie compacte de X/H. Soit , telle que dans (no 1, prop. 2), et soit ; on a . Il existe une partition de K formée d’un ensemble -négligeable M et d’une suite d’ensembles compacts tels que soit continue pour tout n. Alors est continue. Soit P l’ensemble des points de K n’appartenant pas à ; alors est contenu dans M, donc est -négligeable ; donc est -négligeable ; on en déduit (prop. 5)
donc P est -négligeable, et g est -mesurable.
Si N est localement -négligeable, est localement -négligeable (App. 2). Si g est -mesurable, est -mesurable (ibid.). Enfin, supposons h localement -intégrable. Alors on sait déjà que est -mesurable. Pour toute , on a, d’après la prop. 5,
donc est localement -intégrable.
Corollaire 1
Soient deux mesures positives sur X/H. Pour que soit de base , il faut et il suffit que soit de base . Pour que et soient équivalentes, il faut et il suffit que et soient équivalentes.
La première assertion résulte de la prop. 6, a) et c). La deuxième résulte de la première.
Corollaire 2
Soient une mesure positive sur X/H, et f une fonction numérique -mesurable sur X. On suppose que, pour tout , on ait localement -presque partout. Alors il existe une fonction -mesurable g sur X/H telle que localement -presque partout.
En remplaçant f par , on se ramène au cas où f est bornée, donc localement -intégrable. Soit . L’hypothèse sur f entraîne que pour tout . Il existe alors (prop. 4) une mesure sur telle que . D’après le cor. 1, il existe une fonction localement -intégrable sur telle que . D’après la prop. 6, on a , d’où localement -presque partout.
Corollaire 3
a) Soit une famille de mesures réelles sur . Pour que la famille soit majorée dans , il faut et il suffit que la famille soit majorée dans , *et on a alors
b) Soit une mesure réelle sur . On a et .
Cité par 2
Cité par Remarque 3, Remarque 4
c) Soit une mesure complexe sur . On a . Supposons la famille majorée et posons . Puisque entraîne , on a pour tout ce qui montre que la famille est majorée et que
Réciproquement, supposons la famille majorée et soit . Puisque pour tout , on a évidemment , donc il existe une mesure telle que . Comme entraîne , on a pour tout , ce qui montre que la famille est majorée et que , d’où
ce qui achève la démonstration de a). L’assertion b) en résulte aussitôt, puisque par exemple n’est autre que . Pour démontrer c), il suffit de remarquer que pour nombre complexe de module 1, et d’autre part que pour toute .
Remarque 1
La prop. 6 a) peut s’exprimer en disant que est une mesure pseudo-image de par (chap. VI, § 3, no 2, déf. 1).
Cite 2
Remarque 2
Supposons compact et normalisée. Le saturé de toute partie compacte de est compact. Donc, si , on a ; et, pour toute mesure positive sur , la prop. 5c) donne
Autrement dit, est l’image de par .
Remarque 3
Le cor. 3 c) de la prop. 6 montre aussitôt que les résultats de ce n° restent valables dans le cas des mesures complexes (sauf ceux qui font intervenir l’intégrale supérieure).
Cite 1
Cite Corollaire 3
Remarque 4
Soit une mesure vectorielle sur à valeurs dans et soit une semi-norme semi-continue inférieurement sur . Pour que soit -majorable (chap. VI, § 2, n° 3, déf. 3), il faut et il suffit que le soit, et on a alors . Ceci résulte aussitôt des définitions et du cor. 3 a).
Soit d’autre part une mesure positive sur . Pour que soit scalairement de base , il faut et il suffit que soit scalairement de base : cela résulte du cor. 1.
Enfin, si est de base , de densité par rapport à (chap. VI, § 2, n° 4, déf. 4), alors est de base , de densité : cela résulte de la prop. 6 c).
4. Cas où est paracompact.
Si est paracompact, on va voir d’abord que les espaces vectoriels , pour variable, sont tous isomorphes entre eux, et en particulier isomorphes à .
Proposition 7
Supposons paracompact. Soit une représentation continue de dans .
a) Il existe sur une fonction continue , à valeurs , telle que quels que soient et .
b) L’application est un isomorphisme de l’espace vectoriel sur l’espace vectoriel .
Appliquons la prop. 1 du n° 1 en prenant pour une fonction non identiquement nulle sur chaque orbite (c’est possible d’après le lemme 1 de l’Appendice 1) ; alors vérifie les propriétés de . L’assertion est évidente.
Proposition 8
Supposons paracompact. Il existe une fonction continue dans , dont le support a une intersection compacte avec le saturé de toute partie compacte de , et telle que . Pour une telle fonction, on a quelle que soit la fonction continue dans .
Cite 1 · Cité par 5
Cite Proposition 1
Cité par § 2. Quotient d'un espace par un groupe ; espaces homogènes, Exercice 11, § 2, Corollaire, Remarque 2, Proposition 9
Appliquons la prop. 1 du n° 1, avec , en prenant pour une fonction non identiquement nulle sur chaque orbite. On a en tout point de . Posons . Alors , donc . Si est une fonction continue sur , on a donc .
Remarque 1
En particulier, soit un espace localement compact sur lequel opère à droite, continûment et proprement, un groupe discret ; supposons paracompact. Alors il existe sur une fonction continue , dont le support a une intersection compacte avec le saturé de toute partie compacte de , et telle que pour tout (tous les termes de la somme étant nuls sauf un nombre fini d'entre eux).
Remarque 2
Conservons les hypothèses et les notations de la prop. 8. L’application est une application continue de dans qui est inverse à droite de l’application . Par suite, toute partie bornée (resp. compacte) de est l’image d’une partie bornée (resp. compacte) de . On en déduit aussitôt que l’application est encore un isomorphisme de sur un sous-espace vectoriel fermé de quand on munit ces espaces de la topologie de la convergence bornée (resp. compacte).
Cite 1
Cite Proposition 8
Proposition 9
On conserve les hypothèses et les notations de la prop. 8. Soit une mesure positive sur .
Cite 4 · Cité par 3
Cite Proposition 8, Théorème 1, V § 3, Proposition 5, Proposition 6
Cité par Exercice 11, § 2, Corollaire, Remarque 3
a) Le couple est -adapté, et .
b) L’application est propre pour la mesure , et .
c) Soit une fonction sur , à valeurs dans un espace de Banach ou dans . Pour que soit mesurable (resp. localement intégrable, essentiellement intégrable, intégrable) pour , il faut et il suffit que le soit pour ; et, si est essentiellement intégrable pour , on a
Soit . Alors et l’on a
d’où a). L’assertion b) se démontre de même. Les assertions de c) concernant la mesurabilité, l’intégrabilité essentielle et la formule (14) s’obtiennent alors en appliquant les résultats du chap. V (§ 4, prop. 3, § 5, prop. 4, § 4, th. 2). Si est -intégrable, est -intégrable (chap. V, § 3, n° 4, th. 1). Si est -intégrable, la prop. 5 prouve que est -intégrable. Si est localement -intégrable, est localement -intégrable (prop. 6). Enfin, supposons localement -intégrable; pour toute , est à support compact, et
en posant ; donc est -intégrable, et par suite est -intégrable d’après ce qu’on a déjà démontré; ceci prouve bien que est localement -intégrable.
Corollaire
L’application linéaire continue* de dans définie par la prop. 5 est surjective.
Cite 3
Supposons d’abord paracompact et soit une fonction sur satisfaisant aux conditions de la prop. 8. Si est une fonction numérique essentiellement -intégrable, est essentiellement -intégrable, et évidemment .
Dans le cas général, soit . Il existe une fonction , de classe et nulle en dehors d’une réunion dénombrable d’ensembles compacts . Définissons par récurrence une suite d’ensembles ouverts relativement compacts de , tels que , et soit la réunion des . Alors est une partie ouverte de , réunion dénombrable de parties compactes , donc paracompacte (Top. gén., chap. I, 3e éd., § 9, no 10, th. 5). Posons et soit (resp. ) la mesure induite par (resp. ) sur (resp. ). Il est clair que s’identifie à (Top. gén., chap. I, 3e éd., § 3, prop. 10) et que s’identifie à . De plus, est nulle en dehors de et appartient à . Il existe donc telle que presque partout sur . En prolongeant par 0 sur , on obtient une fonction et il est clair que la classe de dans n’est autre que .
Remarque 3
Supposons paracompact et gardons les notations de la proposition 9. L’application de dans est alors isométrique d’après (14) et est inverse à droite de l’application de sur .
Cite 1
Cite Proposition 9
5. Mesures quasi-invariantes sur un espace homogène.
Lemme 3
Soient un groupe localement compact, une mesure de Haar à gauche sur , et deux mesures non nulles quasi-invariantes sur . Si, pour tout , les densités de par rapport à et de par rapport à sont égales localement -presque partout, et sont proportionnelles.
Ecrivons , où sont des fonctions localement -intégrables sur et partout non nulles (, no 9, prop. 11). Pour tout , on a
et l’hypothèse entraîne que localement -presque partout. Posons , qui est une fonction -mesurable sur . Pour tout , on a localement -presque partout. Donc est égale à une constante localement μ-presque partout, d’après le cor. 2 de la prop. 6 appliqué avec X = H = G.
Soient G un groupe localement compact, H un sous-groupe fermé de G. Considérons l’espace homogène G/H des classes à gauche suivant H, sur lequel G opère continûment à gauche. Nous allons montrer qu’il existe une classe et une seule de mesures quasi-invariantes non nulles sur G/H.
Remarquons que H opère sur G continûment et proprement par translations à droite ; et l’espace quotient, qui n’est autre que G/H, est paracompact (Top. Gén., chap. III, 3e éd., § 4, no 6, prop. 13). On peut ainsi appliquer les résultats des nos 1 à 4, avec X = G. On a donc des applications de sur , et de dans (une fois fixée une mesure de Haar à gauche dans H). Le fait que G opère à gauche dans G/H donne lieu à une propriété supplémentaire :
En effet, pour tout , on a
Lemme 4
Soient une mesure sur et une mesure de Haar à gauche sur . Les propriétés suivantes sont équivalentes :
a) est quasi-invariante par ; b) pour qu’une partie de soit localement -négligeable, il faut et il suffit que soit localement -négligeable ; c) la mesure est équivalente à .
Supposons qu’il en soit ainsi, et soit , étant une fonction localement -intégrable partout non nulle. Alors, pour tout , la densité de par rapport à est telle que
localement -presque partout sur .
c) b) : cela résulte aussitôt de la prop. 6 a).
b) a) : si la propriété b) est vérifiée, l’ensemble des parties de localement -négligeables est invariant par , donc est quasi-invariante par .
a) c) : supposons quasi-invariante par ; pour tout , et sont équivalentes, donc et
sont équivalentes (cor. 1 de la prop. 6) ; comme , est équivalente à (§ 1, no 9, prop. 11).
En outre, pour tout , on a
d’où (17).
L’équivalence de a) et b) entraîne d’abord le résultat d’unicité déjà annoncé, et même un résultat plus précis :
Théorème 1
Soient un groupe localement compact, un sous-groupe fermé de .
a) Deux mesures quasi-invariantes non nulles sur sont équivalentes ; les parties de localement négligeables pour ces mesures sont celles dont l’image réciproque dans sont localement négligeables pour une mesure de Haar.
b) Soient deux mesures quasi-invariantes non nulles sur . Si, pour tout , les densités de par rapport à et de par rapport à sont égales localement presque partout pour (ou ), et sont proportionnelles.
a) résulte aussitôt du lemme 4. Soient et deux mesures quasi-invariantes non nulles vérifiant la condition de b). Alors, pour tout , les densités de par rapport à et de par rapport à sont égales localement μ-presque partout, donc (lemme 3) et sont proportionnelles, donc λ et λ' sont proportionnelles.
D'autre part, le lemme 4 ramène la recherche des mesures quasi-invariantes non nulles sur G/H à celle des mesures sur G équivalentes à la mesure de Haar et de la forme . On a à ce sujet le lemme suivant :
Lemme 5
Soient μ une mesure de Haar à gauche sur G, et ρ une fonction localement μ-intégrable. Pour que ρ.μ soit de la forme , il faut et il suffit que, pour tout ξ ∈ H, on ait
localement μ-presque partout sur G.
Cite 1
Cite Proposition 4
Dire que ρ.μ est de la forme revient à dire que, pour tout ξ ∈ H, on a δ(ξ)(ρ.μ) = Δ_H(ξ)ρ.μ (prop. 4). Or
d'où le lemme.
Nous pouvons maintenant établir le résultat d'existence annoncé, et même un résultat plus précis :
Théorème 2
Soient G un groupe localement compact, H un sous-groupe fermé de G, μ une mesure de Haar à gauche sur G, β une mesure de Haar à gauche sur H.
a) Il existe des fonctions ρ continues > 0 sur G telles que
b) Etant donnée une telle fonction ρ, on peut former la mesure λ = (ρ.μ)/β sur G/H, et λ est une mesure positive non nulle quasi-invariante par G.
c) Pour s, x dans G, ρ(sx)/ρ(x) ne dépend que de s et π(x), donc définit une fonction χ continue > 0 sur G × (G/H) telle que
Alors on a
(20) pour tout .
a) résulte de la prop. 7. b) résulte des lemmes 5 et 4. c) résulte de (17).
Remarque 1
On déduit de la remarque 1 du n° 3 que les mesures quasi-invariantes non nulles sur ne sont autres que les mesures pseudo-images par d'une mesure de Haar sur .
Remarque 2
Si est un groupe de Lie, nous verrons plus tard qu'on peut choisir la fonction du th. 2 indéfiniment différentiable.
Dans les conditions du th. 2, certains résultats des n°s 3 et 4 se spécialisent ainsi (compte tenu du chap. V, § 4, th. 2 et prop. 2 pour passer des propriétés relatives à aux propriétés relatives à ):
a) Soit une fonction -mesurable sur , à valeurs dans un espace topologique, constante hors d'une réunion dénombrable d'ensembles -intégrables ; alors l'ensemble des tels que la fonction ne soit pas -mesurable est localement -négligeable.
b) Soit une fonction -mesurable sur , nulle hors d'une réunion dénombrable d'ensembles -intégrables. Alors la fonction sur est -mesurable et on a
c) Soit une fonction -intégrable sur , à valeurs dans un espace de Banach ou dans . Alors l'ensemble des tels que ne soit pas -intégrable est -négligeable ; la fonction est -intégrable, et
d) Il existe sur une fonction continue , dont le support a une intersection compacte avec le saturé KH de toute partie compacte K de G, et telle que pour tout . Pour qu'une fonction sur soit mesurable (resp. localement intégrable, essentiellement intégrable, intégrable) pour , il faut et il suffit que le soit pour ; et, quand est essentiellement intégrable pour , on a
Cite 3
6. Mesures relativement invariantes sur un espace homogène.
Soient toujours G un groupe localement compact, H un sous-groupe fermé, une mesure de Haar à gauche sur H.
Lemme 6
Soient une mesure sur , une représentation continue de G dans . Les propriétés suivantes sont équivalentes :
a) est relativement invariante sur de multiplicateur ; b) est relativement invariante sur G de multiplicateur à gauche ; c) est de la forme ().
La condition a) signifie que, pour tout , on a
ceci équivaut à , c'est-à-dire à
D'où l'équivalence de a) et b). L'équivalence de b) et c) résulte du § 1, no 8, cor. 1 de la prop. 10.
Théorème 3
Soient G un groupe localement compact, H un sous-groupe fermé de G, (resp. ) une mesure de Haar à gauche sur G (resp. H), une représentation continue de G dans .
a) Pour qu'il existe sur une mesure non nulle relativement invariante par G et de multiplicateur , il faut et il suffit que pour tout .
b) Cette mesure est alors unique à un facteur constant près ; plus précisément, elle est proportionnelle à .
Pour qu’il existe sur une mesure non nulle relativement invariante par de multiplicateur , il faut et il suffit (lemme 6) que soit de la forme , donc (n° 2, prop. 4) que pour tout . Cette condition s’écrit aussi , c’est-à-dire
pour tout . D’où a). L’assertion b) résulte aussitôt du lemme 6 et du fait que l’application est injective.
On verra au § 3 (n° 3, exemple 4) des exemples très simples où la représentation ne se prolonge pas en une représentation continue de dans . Dans ce cas, il n’existe donc aucune mesure complexe non nulle sur relativement invariante par .
Corollaire 1
Pour qu’il existe sur une mesure positive non nulle relativement invariante par , il faut et il suffit qu’il existe une représentation continue de dans prolongeant la représentation .
Cité par 1
Cité par Remarque, VII § 3
On notera que cette condition est remplie lorsque est unimodulaire.
Corollaire 2
Pour qu’il existe sur une mesure positive non nulle invariante par , il faut et il suffit que coïncide avec sur .
Cité par 1
Cité par Corollaire 3
Corollaire 3
On suppose que est unimodulaire et qu’il existe sur une mesure positive bornée non nulle relativement invariante par . Alors est invariante, et est unimodulaire.
Cite 3 · Cité par 1
Cite VII § 1. Construction d'une mesure de Haar, Proposition 2, VII § 1, Corollaire 2
Cité par Proposition 4, VIII § 5
Soit le multiplicateur de . Pour tout , et ont même masse totale finie (§ 1, n° 1, formule (6)) ; comme , on a . Donc est invariante. D’après le cor. 2, pour tout . Soit l’ensemble des tels que . C’est un sous-groupe fermé distingué de contenant . Soit l’application canonique de sur
G/G'. Alors est une mesure positive bornée non nulle invariante par G. Donc la mesure de Haar à gauche du groupe G/G, est bornée, de sorte que G/G' est compact (). Par suite l'image de G par est un sous-groupe compact de ; ce sous-groupe est réduit à , donc sur tout G.
7. Mesure de Haar sur un groupe quotient.
Proposition 10
Soient G un groupe localement compact, G' un sous-groupe distingué fermé, G'' le groupe G/G', l'application canonique de G sur G/G', des mesures de Haar à gauche sur G, G', G''.
Cite 1 · Cité par 7
Cite Théorème 3
Cité par Corollaire, VII § 1, Exercice 13, § 2, Proposition 11, Proposition 14, Proposition 6, Lemme 7, VII § 3, Example 5, VII § 3
a) En multipliant au besoin par un facteur constant, on a . En particulier, si ,
b) On a pour tout ; en particulier, si G est unimodulaire, G' l'est aussi.
c) Le noyau de la représentation de G dans est le plus grand sous-groupe distingué fermé unimodulaire de G.
En appliquant le th. 3 du n° 6 avec (et sachant qu'ici il existe une mesure sur G/G' invariante par G, à savoir ), on obtient a) et b); c) résulte aussitôt de b).
Proposition 11
On conserve les notations de la prop. 10. Soit u un automorphisme de G tel que . Soient la restriction de u à G', et l'automorphisme de G'' déduit de u par passage aux quotients. Alors
En effet, si , on a , c'est-à-dire
Corollaire
Pour tout , on a
en désignant par l’image canonique de dans et par l’automorphisme de .
Ceci résulte de la prop. 11, et de la formule (33) du § 1, no 4.
8. Une propriété de transitivité.
Soit un espace localement compact dans lequel un groupe localement compact opère à droite, continûment et proprement, par (). Soit un sous-groupe fermé de ; alors opère à droite, continûment et proprement, dans . Nous noterons les applications canoniques de sur , de sur , et de sur .
Soient des mesures de Haar à gauche sur ; on suppose que et coïncident sur ; on peut donc former la mesure sur , invariante à gauche par (no 6, th. 3). Soit d’autre part une mesure positive sur telle que
pour ; on peut donc former les mesures sur et sur (no 2, prop. 4). Nous allons écrire comme l’intégrale, par rapport à , d’une famille de mesures sur indexées par les points de . Lorsque , on retrouvera la situation du no 3.
L’application de dans est continue; comme pour tout , cette application définit par passage au quotient une application continue de dans ; d’où, pour chaque fixé dans , une application partielle de dans , déduite par passage au quotient de l’application de dans . Notons que , donc que pour tout .
Lemme 7
Soient K une partie compacte de , et L une partie compacte de . Alors* *est relativement compact dans .
Cite 3
Cite Théorème 1, III § 4, Lemme 1, VII § 1, Théorème 2, V § 4
Soit une partie compacte de telle que . Soit l’ensemble des tels que rencontre . Alors est compact (Top. Gén., chap. III, 3e éd., § 4, no 5, th. 1).
Soit tel que . Il existe donc un tel que , autrement dit tel que . Puisque , il existe tel que . Alors , donc . On a ainsi montré que .
Ce lemme montre d’abord que l’application est propre. On peut donc former la mesure sur , qui est concentrée sur . Si , le lemme 7, et le § 1, no 1, lemme 1 montrent que la fonction est continue dans ; en outre, est nul quand Supp ne rencontre pas , autrement dit quand n’appartient pas à l’image canonique de Supp dans .
Par ailleurs, si , on a
L’application de dans définit donc par passage au quotient une application de dans . Ce qui précède montre que, pour toute , l’application est continue à support compact. Par suite, l’application est une famille vaguement continue et *-adéquate de mesures sur* , l’ensemble d’indices étant .
Soient , et . Soit une fonction sur , à valeurs dans un espace de Banach ou dans . D’après le chap. V, § 4, th. 2, pour que soit -intégrable, il faut et il suffit que la fonction sur soit -intégrable, et l’on a alors
On a des propriétés analogues pour la mesurabilité, l’intégrale supérieure et l’intégrale essentielle.
Proposition 12. — On a
Soit , et soit , définie par
Il suffit de prouver (cf. n° 2) que a même intégrale par rapport aux deux membres de (22). Or, . D’autre part,
Or, soient et . On a
Donc
ce qui prouve la proposition.
Corollaire 1
a) Soit une fonction sur , à valeurs dans un espace de Banach ou dans , intégrable pour . Il existe une partie -négligeable de ayant la propriété suivante : si est tel que , la fonction sur , c'est-à-dire la fonction , est intégrable pour ; l'intégrale ne dépend que de , et est une fonction -intégrable de ; et l'on a
b) Soit une fonction sur , mesurable pour et nulle hors d'une réunion dénombrable d'ensembles -intégrables. Alors est -mesurable, et l'on a
c) Soit une fonction sur à valeurs dans un espace de Banach ou dans , mesurable pour et nulle hors d'une réunion dénombrable d'ensembles -intégrables. Alors, pour que soit -intégrable, il suffit que
Corollaire 2
Soient un groupe localement compact, et des sous-groupes fermés de tels que . On suppose qu'il existe, sur l'espace homogène des classes à gauche suivant , une mesure positive non nulle invariante par et bornée.
a) L’image canonique de dans est une mesure positive non nulle, invariante par , et bornée.
b) coïncide avec sur et avec sur .
c) Il existe, sur l’espace homogène des classes à gauche de suivant , une mesure positive non nulle invariante par et bornée.
L’assertion a) est immédiate. L’assertion b) résulte de a) et du no 6, cor. 2 du th. 3. D’après b), coïncide avec sur , et on peut donc appliquer les résultats du présent numéro en y faisant . La fonction 1 sur est -intégrable. D’après le a) du cor. 1, la fonction 1 sur est intégrable pour et désignant des mesures de Haar à gauche de et ; donc est bornée.
9. Construction de la mesure de Haar d’un groupe à partir des mesures de Haar de certains sous-groupes.
Soient un groupe localement compact, et deux sous-groupes fermés de tels que contienne un voisinage de . Alors est ouvert dans ; car, quels que soient et , on a , et est un voisinage de ; donc est un voisinage de chacun de ses points.
Lorsque est un groupe de Lie d’algèbre de Lie , la condition imposée à et est satisfaite si les sous-algèbres correspondant à et ont pour somme .
Le groupe opère continûment à gauche dans par la loi (). Soit . Le stabilisateur de dans est le sous-groupe de formé des couples , où , sous-groupe qui est canoniquement isomorphe à . Donc l’ensemble s’identifie à l’espace homogène des classes à gauche ; plus précisément, l’application de sur définit par passage au quotient une bijection continue de sur . Nous supposerons que cette application est un homéo-morphisme. (Il en est ainsi notamment si G est dénombrable à l'infini : cf. App. 1).
Proposition 13
Supposons en outre Z compact. Soient des mesures de Haar à gauche sur G, X, Y, et la restriction de à Y. Alors la restriction de à est, à un facteur constant près, l'image de par l'application de sur (application qui est propre). Pour , on a
Cite 2 · Cité par 5
Cite Lemme 6, Remarque 2
Cité par Lemme 3, Corollaire, Proposition 14, Lemme 7, VII § 3, Proposition 7, VII § 3
Corollaire
Soit une fonction définie dans , à valeurs dans un espace de Banach ou dans . Pour que soit -intégrable, il faut et il suffit que la fonction soit -intégrable ; on a alors
Cite 2
Proposition 14
Supposons que les conditions de la prop. 13 soient remplies et en outre que Y soit distingué. a) La restriction de à est, à un facteur constant près, l'image de par l'application de sur .
Cite 2 · Cité par 3
Cite Proposition 13, Proposition 10
Cité par Remarque, Lemma 5, VII § 3, Exemple 4, VII § 3
b) On a, pour et ,
en désignant par l’automorphisme de .
On a sur (prop. 10 b)), donc a) résulte de (23). Soient . Notons l’application de sur . Comme
on a
d’où b).
Remarque
La prop. 14 s’applique en particulier quand G est produit semi-direct topologique de X par Y (Top. Gén., chap. III, 3e éd., § 2, n° 10). Dans ce cas, et . Comme pour , est aussi, à un facteur constant près, l’image de par l’application de dans G.
Cite 2
10. Intégration dans un domaine fondamental.
Soient X un espace localement compact, H un groupe discret opérant à droite continûment et proprement dans X. Soit l’application canonique de X sur X/H. Pour tout , on notera le stabilisateur de dans H ; c’est un sous-groupe fini de H (Top. gén., chap. III, 3e éd., § 4, n° 2, prop. 4) ; on notera son ordre. Pour tout , on a , donc . Il existe un voisinage ouvert U de tel que pour (loc. cit., n° 4, démonstration de la prop. 8) ; pour , on a ; donc la fonction sur X est semi-continue supérieurement. Lorsque X est dénombrable à l’infini, H est dénombrable ; en effet, soit un recouvrement de X par une suite de parties compactes, et soit x_0 \in X ; l'ensemble des s \in H tels que sx_0 \in K_i est fini (loc. cit., n° 5, th. 1), d'où notre assertion.
Définition 2
Soit F \subset X. On dit que F est un domaine fondamental (pour H) si la restriction de \pi à F est une bijection de F sur X/H (autrement dit si F est un système de représentants pour la relation d'équivalence définie par H).
Lemme 8
Soit F un domaine fondamental. Pour tout x \in X, on a
Cité par 3
Cité par Proposition 15, Théorème 4, Lemme 7, VII § 3
Comme \varphi_{F_s}(xt) = \varphi_{F_{st^{-1}}}(x) quels que soient s et t dans H, les deux membres de (24) restent invariants quand on remplace x par xt. On peut donc supposer que x \in F. Alors on a les équivalences
d'où (24).
Proposition 15
On suppose X dénombrable à l'infini. Soit \mu une mesure \geqslant 0 sur X. Soit F un domaine fondamental tel que Fs soit \mu-mesurable pour tout s \in H. Soit f une fonction \mu-intégrable sur X, à valeurs dans un espace de Banach ou dans \mathbf{R}. Alors la famille des \int_{Fs} n(x)^{-1}f(x)d\mu(x) (s \in H) est sommable, et l'on a
Si A est une partie finie de H, on a
d'après le lemme 8. Le lemme 8 prouve aussi que \sum_{s \in A} n^{-1}f \varphi_{F_s} converge simplement vers f suivant l'ensemble filtrant croissant
Théorème 4
Soient X un espace localement compact dénombrable à l'infini, H un groupe discret opérant à droite continûment et proprement dans X, π l'application canonique de X sur X/H, μ une mesure positive sur X invariante par H, β la mesure de Haar normalisée de H, et λ = μ/β. Soit F un domaine fondamental μ-mesurable.
Cite 4 · Cité par 2
Cite Proposition 5, Lemme 8, Proposition 3, V § 4, Théorème 2, V § 4
Cité par Corollaire, Exemple, VIII § 5
a) Le couple (π, n^{-1}φ_F) est μ-adapté, et
b) L'application π est propre pour n^{-1}φ_F · μ, et π(n^{-1}φ_F · μ) = λ.
c) Soit k une fonction sur X/H. Pour que k soit λ-mesurable (resp. λ-intégrable), il faut et il suffit que n^{-1}φ_F(k ∘ π) soit μ-mesurable (resp. μ-intégrable); et, si k est λ-intégrable, on a
On a μ = λ#. Soit f ∈ (X/H). Alors n^{-1}φ_F(f ∘ π) est μ-mesurable ≥ 0, et l'on a d'après la prop. 5 b) du no 3
et d'après le lemme 8. Donc est μ-intégrable et
Ceci prouve a). L'assertion b) se démontre de même. L'assertion c) se déduit de b) et du chap. V, § 4, prop. 3 et th. 2.
Corollaire
On conserve les hypothèses et les notations du th. 4. Soit F' un second domaine fondamental μ-mesurable.
Cite 1
Cite Théorème 4
Soit une fonction sur , à valeurs dans un espace de Banach ou dans , invariante par . On suppose que est -intégrable dans . Alors, est -intégrable dans , et
Comme et sont invariantes par , il existe une fonction sur telle que coïncide avec sur et sur . Alors , . D’après l’hypothèse est -intégrable. D’après le th. 4, est -intégrable, est -intégrable, et l’on a
Pour l’existence de domaines fondamentaux -mesurables, cf. exerc. 13.
Exercices
See the exercises for § 2.