Bourbaki

§ 2. Représentations des groupes localement compacts

Dans ce paragraphe, les espaces vectoriels sont sur le corps K=RK =\mathbf{R} ou C\mathbf{C}. On note G un groupe localement compact muni d’une mesure de Haar à gauche μ\mu. On notera Lp(G)=LCp(G,μ)\mathscr{L}^p(G) =\mathscr{L}_{\mathbf{C}}^p(G, \mu) et Lp(G)=LCp(G,μ)L^p(G) = L^p_{\mathbf{C}}(G, \mu) pour tout p∈[1,+∞]p\in [1,+\infty ].

1. Continuité de certaines représentations

Proposition 1 03A4

Soit H un groupe localement compact. Soit ϱ1\varrho_1 (resp. ϱ2\varrho_2) une représentation continue de G (resp. de H) dans un K-espace vectoriel localement convexe séparé E1E_1 (resp. E2E_2). Notons F l’espace L(E1;E2)\mathscr{L}(E_1; E_2) muni de la topologie de la convergence compacte. La représentation ϱ\varrho de G×HG\times H dans F définie par ϱ(g,h)u=ϱ2(h)∘u∘ϱ1(g−1)\varrho (g, h)u=\varrho_2(h)\circ u\circ \varrho_1(g^{-1}) pour (g,h)∈G×H(g, h)\in G\times H est continue.

Notons Lc(E1;E2)\mathscr{L}_c(E_1; E_2) l’espace L(E1;E2)\mathscr{L}(E_1; E_2) muni de la topologie de la convergence compacte. Soient F1\mathfrak{F}_1 (resp. F2,F3\mathfrak{F}_2,\mathfrak{F}_3) un filtre dans G convergeant vers ee (resp. un filtre dans Lc(E1;E2)\mathscr{L}_c(E_1; E_2) convergeant vers 0, un filtre dans H convergeant vers ee). Comme G et H sont localement compacts, il existe des éléments C∈F1C\in \mathfrak{F}_1 et D∈F3D\in \mathfrak{F}_3 qui sont relativement compacts. L’ensemble ϱ1(C−1)\varrho_1(C^{-1}) est équicontinu dans L(E1)(\mathscr{L}(E_1) (cf. INT, VIII, p. 129, § 2, no1^o1, rem. 2, a′))')). D’après la prop. 9 de EVT, III, p. 33 et la prop. 4 de EVT, III, p. 31, l’application définie par (u,v)↦u∘v(u, v)\mapsto u\circ v de Lc(E1;E2)×ϱ1(C−1)\mathscr{L}_c(E_1; E_2)\times \varrho_1(C^{-1}) dans Lc(E1;E2)\mathscr{L}_c(E_1; E_2) est continue. La base de filtre F2∘ϱ1(F1−1)\mathfrak{F}_2\circ \varrho_1(\mathfrak{F}^{-1}_1) converge donc vers 0 dans Lc(E1;E2)\mathscr{L}_c(E_1; E_2). L’ensemble ϱ2(D)\varrho_2(D) est équicontinu dans L(E2)(\mathscr{L}(E_2) (cf. INT, VIII, p. 129, § 2, no1^o1, rem. 2), et pour tout x∈E2x\in E_2, l’ensemble ϱ2(D)x⊂E2\varrho_2(D)x\subset E_2 est relativement compact. Par conséquent, ϱ2(D)\varrho_2(D) est relativement compact dans L(E2)\mathscr{L}(E_2) muni de la topologie de la convergence compacte (TG, X, p. 18, cor. 1). L’application définie par (u,v)↦u∘v(u, v)\mapsto u\circ v de ϱ2(D)‾×Lc(E1;E2)\overline{\varrho_2(D)}\times \mathscr{L}_c(E_1; E_2) dans Lc(E1;E2)\mathscr{L}_c(E_1; E_2) est continue d’après la prop. 9 de EVT, III, p. 33 et la prop. 4 de EVT, III, p. 31. Donc la base de filtre ϱ(F1×F3)(F2)\varrho (\mathfrak{F}_1\times \mathfrak{F}_3)(\mathfrak{F}_2) converge vers 0 dans Lc(E1;E2)\mathscr{L}_c(E_1; E_2). Cela entraîne l’assertion.

Corollaire 03A5

Soit ϱ\varrho une représentation continue de G un K-espace vectoriel localement convexe séparé E. La représentation contragrédiente ϱ˘\breve{\varrho} est continue lorsque E′E' est muni de la topologie de la convergence compacte.

Cela résulte de la proposition en prenant H={e},ϱ1=ϱH =\{e\},\varrho_1=\varrho et ϱ2\varrho_2 la représentation triviale sur K.

Remarque 03A6

La représentation contragrédiente n’est pas nécessairement continue lorsque E′E' est muni de la topologie forte (cf. INT, VIII, p. 191, § 2, exercice 3, d)). On peut montrer qu’elle l’est si l’espace E est semi-réflexif (loc. cit., c)).

2. Extension de représentations à des espaces de mesures

Dans ce numéro, on suppose que K=CK =\mathbf{C}.

Soit ϱ\varrho une représentation linéaire continue de G dans un espace localement convexe séparé quasi-complet E. Notons Mc(G)\mathscr{M}_c(G) l’espace des mesures à support compact sur G muni de la topologie de la convergence compacte ; c’est le dual de l’espace C(G)\mathscr{C}(G). Pour toute mesure ν∈Mc\nu \in \mathscr{M}_c(G), posons

ϱ(ν)=∫Gϱ(g)dν(g) \varrho (\nu ) =\int_G\varrho (g)d\nu (g)

C’est un élément de L(E)\mathscr{L}(E). En particulier, on a ϱ(εg)=ϱ(g)\varrho (\varepsilon_g) =\varrho (g) pour tout g∈Gg\in G.

D’après INT, VIII, p. 136, § 2, no6^o6, l’application ν↦ϱ(ν)\nu \mapsto \varrho (\nu ) est une application linéaire continue de Mc(G)\mathscr{M}_c(G) dans l’espace L(E)\mathscr{L}(E) muni de la topologie de la convergence compacte. D’après INT, VIII, p. 145, § 3, no3^o3, prop. 11, c’est un morphisme d’algèbres unifères.

Soit x∈Ex\in E. L’application de Mc(G)\mathscr{M}_c(G) dans E définie par ν↦ϱ(ν)x\nu \mapsto \varrho (\nu )x est continue lorsque Mc(G)\mathscr{M}_c(G) est muni de la topologie de la convergence compacte (INT, VI, p. 27, § 1, no^o 7, prop. 16 et EVT, III, p. 31, prop. 4).

Pour f∈L1(G)f\in \mathscr{L}^1(G) nulle en dehors d’une partie compacte de G, la mesure f⋅μf\cdot \mu est à support compact et l’on notera ϱμ(f)\varrho^\mu(f), ou ϱ(f)\varrho (f) lorsqu’aucune ambiguïté n’est possible, l’endomorphisme ϱ(f⋅μ)\varrho (f\cdot \mu) de E. Cet endomorphisme ne dépend que de la classe f~\widetilde{f} de ff dans L1L^1(G), et on le notera aussi ϱμ(f~)\varrho^\mu(\widetilde{f}) ou ϱ(f~)\varrho (\widetilde{f}).

De manière analogue, soit ϱ\varrho une représentation linéaire continue et bornée de G dans un espace de Banach E. Pour toute mesure bornée ν∈M1\nu \in \mathscr{M}^1(G), on pose

ϱ(ν)=∫Gϱ(g)dν(g) \varrho (\nu ) =\int_G\varrho (g)d\nu (g)

D’après INT, VIII, loc. cit., l’application ν↦ϱ(ν)\nu \mapsto \varrho (\nu ) est un morphisme unifère continu d’algèbres de Banach de l’algèbre M1(G)\mathscr{M}^1(G) des mesures complexes bornées sur G dans l’algèbre de Banach L(E)\mathscr{L}(E).

Soit ρ\rho la fonction g↦∥ϱ(g)∥g\mapsto \|\varrho (g)\| sur G ; l’algèbre notée Mρ\mathscr{M}^{\rho} dans INT, VIII, p. 145, prop. 11 (dont les éléments sont les mesures ν\nu telles que ρ∈L1(ν)\rho \in \mathscr{L}^1(\nu )) coïncide avec l’algèbre de Banach M1(G)\mathscr{M}^1(G). En effet, posons M = sup ρ\rho. On a M>0M>0 puisque ρ(e)=1\rho (e) = 1, et M−1⩽ρ⩽MM^{-1}\leqslant \rho \leqslant M puisque ∥ϱ(e)∥⩽∥ϱ(g)∥∥ϱ(g−1)∥\|\varrho (e)\|\leqslant \|\varrho (g)\| \|\varrho (g^{-1})\| pour tout g∈Gg\in G; ainsi ρ∈L1(ν)\rho \in \mathscr{L}^1(\nu ) si et seulement si ν\nu est une mesure bornée.

Si f∈L1f\in \mathscr{L}^1(G), on notera aussi ϱμ(f)\varrho^\mu(f) ou simplement ϱ(f)\varrho (f) l’endomorphisme ϱ(f⋅μ)\varrho (f\cdot \mu), et de même pour la classe f~\widetilde{f} de ff dans L1(G)L^1(G).

Lemme 1 03A7

Soit ϱ\varrho une représentation unitaire de G dans un espace hilbertien E. L’application ν↦ϱ(ν)\nu \mapsto \varrho (\nu ) de M1(G)\mathscr{M}^1(G) dans L(E)\mathscr{L}(E) est un morphisme unifère d’algèbres de Banach involutives.

D’après ce qui précède, il suffit de démontrer que le morphisme ν↦ϱ(ν)\nu \mapsto \varrho (\nu ) est involutif. Soit ν∈M1(G)\nu \in \mathscr{M}^1(G). La mesure ν∗\nu^* est la mesure conjuguée de la mesure νˇ(\check{\nu}(I, p. 99, exemple 4). D’après la définition de la mesure conjuguée (INT, III, p. 52, § 1, no5^o5), on calcule

⟨x∣ϱ(ν)y⟩=∫⟨x∣ϱ(g)y⟩dν(g) \langle x|\varrho (\nu )y\rangle =\int\langle x|\varrho (g)y\rangle d\nu (g)
=∫GG⟨ϱ(g−1)x∣y⟩dν(g)=∫G⟨ϱ(g)x∣y⟩dνˇ(g) =\int^G_G\langle \varrho (g^{-1})x|y\rangle d\nu (g) =\int_G\langle \varrho (g)x|y\rangle d\check{\nu}(g)
=∫G⟨y∣ϱ(g)x⟩dν∗(g)=⟨ϱ(ν∗)x∣y⟩ =\int_G\langle y|\varrho (g)x\rangle d\nu^*(g) =\langle \varrho (\nu^*)x|y\rangle

pour tous xx et yy dans E, d’où ϱ(ν)∗=ϱ(ν∗)\varrho (\nu )^*=\varrho (\nu^*).

Soit ϱ\varrho une représentation linéaire continue (resp. continue et bornée) de G dans un espace localement convexe quasi-complet E (resp. un espace de Banach E). Si F est un sous-espace fermé de E définissant une sous-représentation ϱF\varrho_F de ϱ\varrho, alors pour toute mesure ν∈Mc(G)\nu \in \mathscr{M}_c(G) (resp. ν∈M1(G)\nu \in \mathscr{M}^1(G)) l’application linéaire ϱ(ν)\varrho (\nu ) laisse stable le sous-espace F et coïncide avec ϱF(ν)\varrho_F(\nu ) sur F.

Réciproquement, soit F⊂EF\subset E un sous-espace fermé, stable par les applications linéaires ϱ(f)\varrho (f) pour toute fonction f∈K(G)f\in \mathscr{K}(G). Alors F définit une sous-représentation de ϱ\varrho (INT, VIII, p. 139, § 2, no7^o7, prop. 10).

Rappelons (A, VIII, p. 388) qu’une fonction f:G→Cf: G\rightarrow \mathbf{C} est dite centrale si, pour tous gg et hh dans G, on a f(gh)=f(hg)f(gh) =f(hg). Cela revient à dire que ff est invariante par conjugaison.

Définition 1 03A8

Une mesure bornée ν∈M1(G)\nu \in \mathscr{M}^1(G) est dite centrale si on a εg∗ν=ν∗εg\varepsilon_g*\nu =\nu *\varepsilon_g pour tout g∈Gg\in G.

Si G est unimodulaire et f∈C(G)f\in \mathscr{C}(G) est μ\mu-intégrable, la mesure f⋅μf\cdot \mu est centrale si et seulement si ff est centrale.

Soit ϱ\varrho une représentation continue bornée de G dans un espace de Banach E (resp. une représentation continue de G dans un espace localement convexe séparé quasi-complet E). Pour toute mesure centrale bornée ν\nu sur G (resp. toute mesure centrale à support compact ν\nu sur G), l’application linéaire ϱ(ν)\varrho (\nu ) est un G-morphisme de ϱ\varrho dans ϱ\varrho. En effet, pour tout g∈Gg\in G, on a

ϱ(ν)ϱ(g)=ϱ(ν∗εg)=ϱ(εg∗ν)=ϱ(g)ϱ(ν) \varrho (\nu )\varrho (g) =\varrho (\nu *\varepsilon_g) =\varrho (\varepsilon_g*\nu ) =\varrho (g)\varrho (\nu )

3. Critère de semi-simplicité

Proposition 2 03A9

Soit ϱ\varrho une représentation unitaire de G dans un espace hilbertien complexe E. Soit F\mathfrak{F} une base de filtre sur Mc(G)\mathscr{M}_c(G) convergeant vers la mesure εe\varepsilon_e pour la topologie de la convergence compacte. On suppose qu’il existe M∈FM\in \mathfrak{F} tel que ϱ(ν)\varrho (\nu ) soit un endomorphisme compact de E pour tout ν∈M\nu \in M.

La représentation unitaire ϱ\varrho est alors semi-simple et toute représentation unitaire irréductible de G est de multiplicité finie dans ϱ\varrho.

Démontrons d’abord un lemme.

Lemme 2 03AA

Soit ϱ1\varrho_1 une représentation unitaire non nulle de G isomorphe à une sous-représentation de ϱ\varrho. Il existe une mesure ν∈M\nu \in M telle que ϱ1(νˇ∗ν)\varrho_1(\check{\nu}*\nu ) soit un endomorphisme compact hermitien non nul de l’espace de ϱ1\varrho_1. En particulier, il existe un nombre réel λ\lambda non nul tel que le sous-espace propre de ϱ1(νˇ∗ν)\varrho_1(\check{\nu}*\nu ) relatif à λ\lambda n’est pas nul.

On peut supposer que ϱ1\varrho_1 est une sous-représentation de ϱ\varrho. Soit E1E_1 son espace. Pour toute mesure ν∈M\nu \in M, l’endomorphisme ϱ1(ν)\varrho_1(\nu ) est déduit de ϱ(ν)\varrho (\nu ) par passage aux sous-espaces. L’hypothèse et la prop. 3 de III, p. 5 impliquent donc que ϱ1(ν)\varrho_1(\nu ) est compact.

Puisque F\mathfrak{F} converge vers la mesure εe\varepsilon_e dans Mc(G)\mathscr{M}_c(G) muni de la topologie de la convergence compacte et que l’espace E1E_1 n’est pas nul, il existe ν∈M\nu \in M telle que v=ϱ1(ν)v=\varrho_1(\nu ) est un endomorphisme non nul de E1E_1 (cf. no2^o2 de V, p. 400). L’endomorphisme u=ϱ1(νˇ∗ν)u=\varrho_1(\check{\nu}*\nu ) est égal à v∗∘vv^*\circ v (lemme 1 de V, p. 401) ; il est donc non nul (EVT, V, p. 39, prop. 2), hermitien et compact, puisque vv est compact.

Comme uu est hermitien et non nul, son spectre n’est pas réduit à zéro (exemple 1 de I, p. 110). Enfin, puisque uu est compact, tout λ∈\lambda \in Sp(uu)−{0}-\{0\} est une valeur propre de uu (prop. 2 de III, p. 83).

Démontrons maintenant la proposition.

Nous utiliserons la prop. 7 de V, p. 391 pour établir que ϱ\varrho est semi-simple. Soit ϱ1\varrho_1 une sous-représentation non nulle de ϱ\varrho et E1⊂EE_1\subset E son espace ; nous devons démontrer que ϱ1\varrho_1 contient une sous-représentation irréductible.

Soit ν∈M\nu \in M tel que u=ϱ1(νˇ∗ν)u=\varrho_1(\check{\nu}*\nu ) est un endomorphisme compact hermitien non nul de l’espace de ϱ1\varrho_1, et soit λ\lambda non nul tel que le sous-espace propre F de uu relatif à λ\lambda est non nul (lemme 2). L’espace F est de dimension finie (prop. 5 de III, p. 90). Il existe une sous-représentation ϱ2\varrho_2 de ϱ1\varrho_1 sur un sous-espace E2E_2 de E1E_1 tel que E2∩FE_2\cap F est non nul et de dimension minimale. Soit xx un élément non nul de E2∩FE_2\cap F, et soit E3E_3 la sous-représentation de ϱ1\varrho_1 engendrée par xx. On a alors E3⊂E2E_3\subset E_2, d’où E3∩F=E2∩FE_3\cap F = E_2\cap F par minimalité de la dimension de E2∩FE_2\cap F.

Démontrons que la représentation E3E_3 est irréductible. Soit E4⊂E3E_4\subset E_3 un sous-espace fermé stable par G. On a E2∩F=(E4∩F)⊕(E4∘∩F)E_2\cap F = (E_4\cap F)\oplus (E^{\circ}_4\cap F), où E4∘E^{\circ}_4 désigne l’orthogonal de E4E_4 dans E3E_3 (en effet, si y∈E2∩Fy\in E_2\cap F, soit y4∈E4y_4\in E_4 sa projection orthogonale sur E4E_4; puisque E4E_4 et E4∘E^{\circ}_4 sont stables par uu, le vecteur u(y4)u(y_4) est la projection orthogonale de u(y)=λyu(y) =\lambda y sur E4E_4, d’où u(y4)=λy4u(y_4) =\lambda y_4, ce qui signifie que y4∈E4∩Fy_4\in E_4\cap F, et l’assertion en résulte). La minimalité de la dimension de E2∩FE_2\cap F implique alors que, soit E4∩F=E2∩FE_4\cap F = E_2\cap F, soit E4∘∩F=E2∩FE^{\circ}_4\cap F = E_2\cap F. Dans le premier cas, on a x∈E4x\in E_4, d’où E4=E3E_4= E_3, et dans le second, on a x∈E4∘x\in E^{\circ}_4, d’où E4∘=E3E^{\circ}_4= E_3 et E4={0}E_4=\{0\}. La représentation E3E_3 est donc irréductible.

On conclut d’après la prop. 7 de V, p. 391 que la représentation ϱ\varrho est semi-simple.

Soit π\pi une représentation unitaire irréductible de G dont la multiplicité dans ϱ\varrho est non nulle ; soit EπE_{\pi} son espace. Il existe une mesure ν∈M\nu \in M et un nombre réel λ\lambda non nul tels que u=π(νˇ∗ν)u=\pi (\check{\nu}*\nu ) est un endomorphisme compact hermitien non nul de EπE_{\pi} et que le sous-espace propre de uu relatif à λ\lambda est non nul (lemme 2). Soit F le sous-espace propre de v=ϱ(νˇ∗ν)v=\varrho (\check{\nu}*\nu ) relatif à λ\lambda. Pour toute sous-représentation E1E_1 de E isomorphe à π\pi, l’endomorphisme de E1E_1 déduit de vv par passage aux sous-espaces s’identifie à uu, donc l’intersection de E1E_1 et de F n’est pas nulle. Ainsi, la multiplicité de π\pi dans ϱ\varrho est inférieure à la dimension de l’espace F, qui est finie (prop. 5 de III, p. 90).

Exemple 03AB

On suppose que G est unimodulaire, par exemple que G est un groupe de Lie réel semi-simple. Soit Γ⊂G\Gamma \subset G un sous-groupe discret tel que le quotient X=Γ\GX = \Gamma \backslash G est compact. Le groupe G agit à droite par multiplication sur X. On note β\beta la mesure de comptage sur Γ et on pose μ~=μ/β\widetilde{\mu}=\mu/\beta (INT, VII, p. 44, § 2, no2^o2, déf. 1) ; c’est une mesure bornée G-invariante sur X.

Pour tout f∈L2(X,μ~)f\in \mathscr{L}^2(X,\widetilde{\mu}) et tout g∈g\in G, on définit la fonction ϱ(g)f∈L2(X,μ~)\varrho (g)f\in \mathscr{L}^2(X,\widetilde{\mu}) par ϱ(g)f(x)=f(x⋅g)\varrho (g)f(x) =f(x\cdot g). L’application ϱ(g)\varrho (g) est une application linéaire continue, qui induit par passage aux quotients une application unitaire sur L2(X,μ~)L^2(X,\widetilde{\mu}), encore notée ϱ(g)\varrho (g). L’application ϱ\varrho est une représentation unitaire de G dans L2(X,μ~)L^2(X,\widetilde{\mu}) (INT, VII, p. 135, § 2, no5^o5, prop. 8).

Soit φ∈K(G)\varphi \in \mathscr{K}(G). Pour toutes parties compactes L1L_1 et L2L_2 de G, l’intersection T de Γ et de l’ensemble compact L1L_1Supp(φ\varphi )L2−1L^{-1}_2 est finie. Pour tout (g,h)∈L1×L2(g, h)\in L_1\times L_2, la série ∑γ∈Γφ(g−1γh)\sum_{\gamma\in\Gamma}\varphi (g^{-1}\gamma h) coïncide avec la somme

finie ∑γ∈Tφ(g−1γh)\sum_{\gamma\in T}\varphi (g^{-1}\gamma h). Puisque G est localement compact, la somme de

cette série, notée kφ(g,h)k_{\varphi}(g, h), est une fonction continue sur G×GG\times G.

Soit g∈Gg\in G et soit (γ,η)∈Γ×Γ(\gamma , \eta )\in \Gamma \times \Gamma. On a kφ(γg,ηh)=kφ(g,h)k_{\varphi}(\gamma g, \eta h) =k_{\varphi}(g, h), donc kφk_{\varphi} définit par passage au quotient une fonction continue sur X×XX\times X, que l’on note k~φ\widetilde{k}_{\varphi}. On a de plus k~φ∈L2(X×X,μ~⊗μ~)\widetilde{k}_{\varphi}\in \mathscr{L}^2(X\times X,\widetilde{\mu}\otimes \widetilde{\mu}), puisque l’espace X est supposé compact.

On note x˙\dot{x} l’image dans X d’un élément xx de G par la projection canonique. Soit φ∈K(G)\varphi \in \mathscr{K}(G). Pour f∈L2(X,μ~)f\in \mathscr{L}^2(X,\widetilde{\mu}) et x∈Gx\in G, on a

ϱ(φ)f(x˙)=∫Gφ(g)(ϱ(g)f)(x˙)dμ(g)=∫Gφ(g)f(x˙⋅g)dμ(g) \varrho (\varphi )f( \dot{x}) =\int_G\varphi (g) (\varrho (g)f)( \dot{x})d\mu(g) =\int_G\varphi (g)f( \dot{x}\cdot g)d\mu(g)
=∫Gφ(x−1y)f(y˙)dμ(y)=∫Γ\G((∑γ∈Γφ(x−1γy))f(y˙)dμ~(y˙) =\int_G\varphi (x^{-1}y)f( \dot{y})d\mu(y) =\int_{\Gamma\backslash G}((\sum_{\gamma\in\Gamma}\varphi (x^{-1}\gamma y))f( \dot{y})d\widetilde{\mu}( \dot{y})

(INT, VII, p. 46, § 2, no3^o3, prop. 5). Comme k~φ\widetilde{k}_{\varphi} appartient à l’espace L2(X×X,μ~⊗μ~)\mathscr{L}^2(X\times X,\widetilde{\mu}\otimes \widetilde{\mu}), il en résulte que l’endomorphisme ϱ(φ)\varrho (\varphi ) de L2(X,μ~)L^2(X,\widetilde{\mu}) coïncide avec l’endomorphisme de Hilbert–Schmidt de noyau k~φ\widetilde{k}_{\varphi}; cet endomorphisme est donc compact (cor. 1 de III, p. 33)

Il existe une suite (φn)n∈N(\varphi_n)_{n\in\mathbf{N}} de fonctions dans K+(G)\mathscr{K}_+(G) d’intégrale 1 telle que φn⋅μ\varphi_n\cdot \mu converge vers εe\varepsilon_e dans Mc(G)\mathscr{M}_c(G) muni de la topologie de la convergence compacte (INT, VIII, p. 139, § 2, no7^o7, cor. 2). La prop. 2 implique par conséquent que la représentation ϱ\varrho est semi-simple et que les multiplicités des représentations unitaires irréductibles de G dans ϱ\varrho sont finies.

Les représentations unitaires irréductibles de G dont la multiplicité dans ϱ\varrho n’est pas nulle sont appelées représentations Γ-automorphes du groupe G.

4. Représentations régulières

Soient pp un nombre réel ⩾1\geqslant 1 et μ′\mu' une mesure de Haar à droite sur G.

Pour tout g∈Gg\in G et toute fonction f∈Lp(G,μ)f\in \mathscr{L}^p(G, \mu), on note γG(p)(g)f\boldsymbol{\gamma }^{(p)}_G(g)f la fonction x↦f(g−1x)x\mapsto f(g^{-1}x) sur G. L’application g↦γG(p)(g)g\mapsto \boldsymbol{\gamma }^{(p)}_G(g) est une représentation linéaire continue de G dans Lp(G)\mathscr{L}^p(G). Elle induit par passage aux quotients une représentation linéaire continue isométrique de G dans Lp(G)L^p(G) (INT, VIII, p. 135, § 2, no5^o5, prop. 8), notée γG(p)\boldsymbol{\gamma }^{(p)}_G.

De même, pour tout g∈Gg\in G et toute fonction f∈Lp(G,μ′)f\in \mathscr{L}^p(G, \mu'), on note δG(p)(g)f\boldsymbol{\delta }^{(p)}_G(g)f la fonction x↦f(xg)x\mapsto f(xg) sur G. L’application g↦δG(p)(g)g\mapsto \boldsymbol{\delta }^{(p)}_G(g) est une représentation linéaire continue de G dans Lp(G,μ′)\mathscr{L}^p(G, \mu'). Elle induit par passage aux quotients une représentation linéaire continue isométrique de G dans Lp(G,μ′)(L^p(G, \mu') (cf. INT, VIII, p. 136, § 2, no5)^o5).

On dit que γG(p)\boldsymbol{\gamma }_G^{(p)} est la représentation régulière gauche de G dans Lp(G)\mathscr{L}^p(G) ou Lp(G)L^p(G) et que δG(p)\boldsymbol{\delta }^{(p)}_G est la représentation régulière droite de G dans Lp(G,μ′)\mathscr{L}^p(G, \mu') ou Lp(G,μ′)L^p(G, \mu').

Lemme 3 03AC

Soit pp un nombre réel ⩾1\geqslant 1. La représentation régulière gauche (resp. droite) de G dans Lp(G,μ)(L^p(G, \mu) (resp. dans Lp(G,μ′))L^p(G, \mu')) est fidèle.

Plus précisément, soit qq l’exposant conjugué de pp et soit gg un élément de G tel que g≠eg\not =e.

a) Il existe une fonction φ∈K(G)\varphi \in \mathscr{K}(G), positive et non nulle dans Lq(G,μ)L^q(G, \mu), telle que ⟨φ,γG(p)(g)φ⟩=0\langle \varphi ,\boldsymbol{\gamma }^{(p)}_G(g)\varphi \rangle = 0;

b) Il existe une fonction φ∈K(G)\varphi \in \mathscr{K}(G), positive et non nulle dans Lq(G,μ′)L^q(G, \mu'), telle que ⟨φ,δG(p)(g)φ⟩=0\langle \varphi ,\boldsymbol{\delta }^{(p)}_G(g)\varphi \rangle = 0.

Considérons le cas de la représentation régulière gauche γG(p)\boldsymbol{\gamma }^{(p)}_G, celui de la représentation régulière droite étant similaire. L’assertion a) implique que γG(p)\boldsymbol{\gamma }^{(p)}_G est fidèle, car si g≠eg\not =e est un élément de G, et si φ\varphi est comme dans a), on a φ≠γG(p)(g)φ\varphi \not =\boldsymbol{\gamma }^{(p)}_G(g)\varphi puisque ⟨φ,φ⟩=∫Gφ2>0\langle \varphi , \varphi \rangle =\int_G\varphi^2>0.

Démontrons donc a). Soit g≠eg\not =e dans G. Soit C un voisinage compact symétrique de ee tel que g∉C2g \notin C^2 et soit φ∈K(G)\varphi \in \mathscr{K}(G) une fonction continue positive d’intégrale 1 à support contenu dans C ; la fonction φ\varphi est non nulle dans Lp(G,μ)L^p(G, \mu). Comme C∩g−1C=∅C\cap g^{-1}C =\emptyset, on a

⟨φ,γG(p)(g)φ⟩=∫Gφ(x)φ(g−1x)dμ(x)=0 \langle \varphi ,\boldsymbol{\gamma }^{(p)}_G(g)\varphi \rangle =\int_G\varphi (x)\varphi (g^{-1}x)d\mu(x) = 0

Soit ϱ\varrho une représentation continue et bornée de G dans un espace de Banach E. Pour tout f∈L1(G)f\in L^1(G) (resp. f′∈L1(G,μ′)f'\in L^1(G, \mu')) et tout g∈Gg\in G, on a

(1) ϱ(g)ϱ(f⋅μ)=ϱ(εg∗(f⋅μ))=ϱ(γG(1)(g)f⋅μ)\varrho (g)\varrho (f\cdot \mu) =\varrho (\varepsilon_g*(f\cdot \mu)) =\varrho (\boldsymbol{\gamma }^{(1)}_G(g)f\cdot \mu),

(2) ϱ(f′⋅μ′)ϱ(g)=ϱ((f′⋅μ′)∗εg)=ϱ(δG(1)(g−1)f′⋅μ′)\varrho (f'\cdot \mu')\varrho (g) =\varrho ((f'\cdot \mu')*\varepsilon_g) =\varrho (\boldsymbol{\delta }^{(1)}_G(g^{-1})f'\cdot \mu')

(INT, VIII, p. 144, § 3, no2^o2, formule (5)).

Supposons G unimodulaire, et posons μ′=μ\mu'=\mu. La représentation birégulière de G dans Lp(G)\mathscr{L}^p(G) (resp. dans Lp(G)L^p(G)) est la représentation ϱG(p)\boldsymbol{\varrho }^{(p)}_G de G×GG\times G dans Lp(G)\mathscr{L}^p(G) (resp. dans Lp(G)L^p(G)) telle que

ϱG(p)(g1,g2)=γG(p)(g1)δG(p)(g2)=δG(p)(g2)γG(p)(g1) \boldsymbol{\varrho }_G^{(p)}(g_1, g_2) =\boldsymbol{\gamma }_G^{(p)}(g_1)\boldsymbol{\delta }_G^{(p)}(g_2) =\boldsymbol{\delta }_G^{(p)}(g_2)\boldsymbol{\gamma }_G^{(p)}(g_1)

C’est une représentation linéaire continue (lemme 1 de V, p. 377). Elle vérifie

(ϱG(p)(g1,g2)f)(x)=f(g1−1xg2) (\boldsymbol{\varrho }_G^{(p)}(g_1, g_2)f)(x) =f(g_1^{-1}xg_2)

pour tout f∈Lpf\in \mathscr{L}^p(G), tout (g1,g2)∈G×G(g_1, g_2)\in G\times G et tout x∈Gx\in G.

Remarque 03AD

La représentation birégulière de G dans Lp(G,μ)L^p(G, \mu) n’est pas nécessairement fidèle ; son noyau est l’image du centre de G par l’application g↦(g,g)g\mapsto (g, g) (exercice 4 de V, p. 487).

Lorsque p=2p= 2, la représentation régulière gauche γG(2)\boldsymbol{\gamma }^{(2)}_G de G dans l’espace hilbertien complexe L2(G,μ)L^2(G, \mu) est unitaire, puisqu’elle est isométrique. De même, la représentation régulière droite δG(2)\boldsymbol{\delta }^{(2)}_G dans L2(G,μ′)L^2(G, \mu') est unitaire.

On notera simplement γG=γG(2)\boldsymbol{\gamma }_G=\boldsymbol{\gamma }^{(2)}_G et δG=δG(2)\boldsymbol{\delta }_G=\boldsymbol{\delta }^{(2)}_G, et on appellera ces représentations les représentations régulières gauche et droite de G.

Si G est unimodulaire, la représentation birégulière ϱG(2)\boldsymbol{\varrho }^{(2)}_G de G×GG\times G dans L2(G,μ)L^2(G, \mu) est unitaire. On la notera simplement ϱG\boldsymbol{\varrho }_G.

Lemme 4 03AE

Soit pp un nombre réel ⩾1\geqslant 1. Pour f∈L1(G)f\in \mathscr{L}^1(G), l’application linéaire γG(p)(f)\boldsymbol{\gamma }^{(p)}_G(f) coïncide avec l’endomorphisme de Lp(G)L^p(G) défini par φ↦f∗μφ\varphi \mapsto f*^\mu\varphi.

Cela résulte de INT, VIII, p. 157, § 4, no2^o2, prop. 6, compte tenu de la formule (14) de INT, VIII, p. 165.

Remarque 03AF

Rappelons que, pour toute fonction ff sur G, on définit la fonction fˇ\check{f} sur G par fˇ(g)=f(g−1)\check{f}(g) =f(g^{-1}) pour tout g∈Gg\in G (INT, VII, p. 12, § 1, no1^o1, formule (12)).

On vérifie que si f∈L1f\in \mathscr{L}^1(G), l’application linéaire u=δG(p)(f)u=\boldsymbol{\delta }^{(p)}_G(f) vérifie la relation

u(φˇ)=f∗φˇ u(\widecheck{\varphi}) =f*\check{\varphi}

pour tout φ∈Lp(G,μ′)\varphi \in L^p(G, \mu').

5. Fonctions équivariantes

Dans ce numéro, on fixe un sous-groupe fermé H de G. On note ϖ\varpi la projection canonique de G dans G/HG/H.

En sus de la mesure de Haar μ\mu sur G, on fixe une mesure de Haar à gauche β\beta sur H.

D’après INT, VII, p. 56, § 2, no5^o5, th. 2, il existe une fonction continue κ:G→R+∗\kappa : G\rightarrow \mathbf{R}_+^* telle que κ(xh)=ΔH(h)ΔG(h)−1κ(x)\kappa (xh) = \Delta_H(h)\Delta_G(h)^{-1}\kappa (x) quel que soit (x,h)∈G×H(x, h)\in G\times H. On fixe une telle fonction κ\kappa. On note ν\nu la mesure (κ⋅μ)/β(\kappa \cdot \mu)/\beta sur G/HG/H; d’après loc. cit., c’est une mesure positive non nulle quasi-invariante par G. Son support est égal à G/HG/H (INT, VII, p. 10, § 1, no1^o1). D’après INT, VII, p. 43, § 2, no2^o2, prop. 4, la mesure ν\nu est l’unique mesure sur G/HG/H telle que la mesure ν♯\nu^{\sharp} sur G soit égale à κ⋅μ\kappa \cdot \mu. On munit l’espace G/HG/H de la mesure ν\nu (de sorte qu’on note, par exemple, Lp(G/H)=Lp(G/H,ν)\mathscr{L}^p(G/H) =\mathscr{L}^p(G/H, \nu )).

On dira qu’un ensemble S⊂GS\subset G est négligeable modulo H si ϖ(S)\varpi (S) est ν\nu-négligeable. Cette condition ne dépend pas du choix des mesures de Haar sur G et sur H. Elle implique que S est localement μ\mu-négligeable (INT, VII, p. 47, § 2, no3^o3, prop. 6, a)). On dira qu’une propriété d’un élément de G est vraie presque partout modulo H si l’ensemble des éléments de G pour lesquels cette propriété ne vaut pas est négligeable modulo H.

Soit π\pi une représentation unitaire de H dans un espace hilbertien E. On note Fπ(G)\mathscr{F}_{\pi}(G) l’espace vectoriel des fonctions ff sur G à valeurs dans E telles que f(xh)=π(h)f(x)f(xh) =\pi (h)f(x) pour tout (x,h)∈G×H(x, h)\in G\times H. On dit que les éléments de Fπ(G)\mathscr{F}_{\pi}(G) sont les fonctions π\pi-équivariantes sur G.

L’espace F1(G)\mathscr{F}_1(G) associé à la représentation triviale de G sur C\mathbf{C} s’identifie à l’espace F(G/H)\mathscr{F}(G/H) des fonctions à valeurs complexes sur G/HG/H par l’application f↦f∘ϖf\mapsto f\circ \varpi de F(G/H)\mathscr{F}(G/H) dans F1(G)\mathscr{F}_1(G).

Pour toute fonction ff dans Fπ\mathscr{F}_{\pi}(G), la fonction ∥f∥\|f\| appartient à F1(G)\mathscr{F}_1(G) puisque π\pi est unitaire. Ceci permet d’identifier ∥f∥\|f\| à une fonction sur G/HG/H, et on écrira par exemple ∥f(xH)∥\|f(xH)\| pour la valeur de cette fonction en un élément xHxH de G/HG/H.

Une fonction ff de Fπ(G)\mathscr{F}_{\pi}(G) sera dite nulle en dehors d’un compact modulo H si ∥f∥\|f\| est nulle en dehors d’une partie compacte de G/HG/H. Il revient au même de dire qu’il existe une partie compacte K de G telle que ff est nulle en dehors de K⋅HK\cdot H (TG, III, p. 33, prop. 10).

On note Kπ(G)\mathscr{K}_{\pi}(G) l’espace des fonctions continues sur G appartenant à Fπ(G)\mathscr{F}_{\pi}(G) qui sont à support compact modulo H.

Un espace analogue à Kπ(G)\mathscr{K}_{\pi}(G) a été défini dans INT, VII, p. 39, §2, no1^o1, lorsque π\pi est un homomorphisme continu de H dans R+∗\mathbf{R}^*_+.

Soit p∈[1,+∞[p\in [1,+\infty [. Pour tout f∈Fπf\in \mathscr{F}_{\pi}(G), on note

Np(f)=(∫G/H∗∥f∥pdν)1/p N_p(f) =(\int_{G/H}^*\|f\|^pd\nu )^{1/p}

C’est un nombre réel ou +∞+\infty. On note Fπp(G,ν)\mathscr{F}_{\pi}^p(G, \nu ), ou simplement Fπp\mathscr{F}_{\pi}^p(G), le sous-espace des fonctions f∈Fπ(G)f\in \mathscr{F}_{\pi}(G) telles que Np(f)N_p(f) est fini. L’espace Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G) muni de l’application NpN_p est un espace semi-normé.

L’espace Kπ(G)\mathscr{K}_{\pi}(G) est contenu dans Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G). Son adhérence dans Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G) est notée Lπp(G,ν)\mathscr{L}_{\pi}^p(G, \nu ), ou simplement Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G); on dit que c’est l’espace des fonctions π\pi-équivariantes sur G de puissance pep^e intégrable modulo H.

Les assertions de la proposition suivante sont, lorsque π\pi est la représentation triviale de dimension 1, conséquences de INT, IV, p. 128, § 3, no3^o3, prop. 6 et p. 131, §3, no4^o4, th. 3.

Proposition 3 03AG

a) Soit (fn)n∈N(f_n)_{n\in\mathbf{N}} une suite dans Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G) telle que la série

∑n=0+∞Np(fn) \sum_{n=0}^{+\infty}N_p(f_n)

converge. Alors la série de terme général fn(g)f_n(g) est absolument convergente pour gg en dehors d’un ensemble T qui est négligeable modulo H. Soit ff la fonction sur G à valeurs dans E qui est égale à la somme de cette série sur G - T et égale à 0 sur T. On a alors f∈Fπp(G)f\in \mathscr{F}_{\pi}^p(G) et la série de terme général fnf_n converge vers ff dans l’espace Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G);

b) Soit (fn)(f_n) une suite convergeant dans Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G) vers une fonction ff. Il existe une suite (fnk)(f_{n_k}) extraite de (fn)(f_n) telle que fnk(g)f_{n_k}(g) converge vers f(g)f(g) pour tout gg en dehors d’un ensemble négligeable modulo H ;

c) Les espaces semi-normés Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G) et Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G) sont complets.

Dans l’assertion a), dire que la série de terme général fnf_n converge vers ff dans l’espace Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G) signifie que la suite des sommes partielles f0+⋯+fnf_0+\cdots +f_n converge vers ff dans Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G). On dit alors aussi que ff est une somme de cette série.

Démontrons a). D’après la prop. 6 de INT, IV, p. 128, § 3, no3^o3, il existe un ensemble ν\nu-négligeable S⊂G/HS\subset G/H tel que la série de terme général ∥fn(gH)∥\|f_n(gH)\| converge absolument pour gH∉SgH\notin S. De plus, la fonction hh qui est égale à la somme de cette série pour gH∉SgH\notin S et qui est nulle pour gH∈SgH\in S vérifie Np(h)<+∞N_p(h)<+\infty.

L’ensemble T=ϖ−1(S)T =\overset{-1}{\varpi}(S) est négligeable modulo H. Pour tout g∉Tg \notin T, la série de terme général fn(g)f_n(g) est absolument convergente dans E. Définissons f(g)=∑fn(g)f(g) =\sum f_n(g) pour g∉Tg \notin T et f(g)=0f(g) = 0 sinon. On a f∈f\in Fπ(G)\mathscr{F}_{\pi}(G). Notons que ∥f(gH)∥⩽h(gH)\|f(gH)\|\leqslant h(gH) pour tout g∈Gg\in G, d’où Np(f)⩽N_p(f)\leqslant Np(h)<+∞N_p(h)<+\infty. On a donc f∈Fπp(G)f\in \mathscr{F}_{\pi}^p(G). De manière similaire, il vient

Np(f−∑n=0kfn)⩽∑n=k+1+∞Np(fn) N_p(f-\sum_{n=0}^kf_n)\leqslant \sum_{n=k+1}^{+\infty}N_p(f_n)

pour tout k∈Nk\in \mathbf{N}, donc la série ∑fn\sum f_n converge vers ff dans Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G). L’assertion a) est démontrée.

Démontrons b). La suite (∥fn−f∥)n∈N(\|f_n-f\|)_{n\in\mathbf{N}} converge vers 0 dans l’espace Lp(G/H)\mathscr{L}^p(G/H). D’après INT, IV, p. 131, § 4, no3^o3, th. 3, il existe une suite extraite (∥fnk−f∥)k∈N(\|f_{n_k}-f\|)_{k\in\mathbf{N}} qui converge ν\nu-presque partout vers 0. La suite (fnk(g))k∈N(f_{n_k}(g))_{k\in\mathbf{N}} converge alors vers f(g)f(g) pour tout gg en dehors d’un ensemble négligeable modulo H.

Démontrons finalement c). Soit (fn)n∈N(f_n)_{n\in\mathbf{N}} une suite de Cauchy dans Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G). Il existe une suite strictement croissante d’entiers (nk)k∈N(n_k)_{k\in\mathbf{N}} telle que Np(fnk+1−fnk)⩽2−kN_p(f_{n_{k+1}}-f_{n_k})\leqslant 2^{-k} pour tout k∈Nk\in \mathbf{N}. Pour tout k∈Nk\in \mathbf{N}, posons hkh_k = fnk+1−fnk∈Fπp(G)f_{n_{k+1}}-f_{n_k}\in \mathscr{F}_{\pi}^p(G). D’après a), la série de terme général hkh_k converge dans Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G); notons hh sa somme. Pour tout ℓ∈N\ell \in \mathbf{N}, il vient

fn0+∑k=0ℓhk=fnℓ+1 f_{n_0}+\sum_{k=0}^{\ell}h_k=f_{n_{\ell+1}}

donc fn0+hf_{n_0}+h est valeur d’adhérence de la suite (fn)(f_n). Celle-ci est donc convergente (TG, II, p. 14, cor. 2 de la prop. 5). Ainsi l’espace Fπp(G)\mathscr{F}_{\pi}^p(G) est complet ; comme l’espace Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G) est fermé dans Fπp\mathscr{F}_{\pi}^p(G), il est également complet.

Corollaire 03AH

Soit (fn)n∈N(f_n)_{n\in\mathbf{N}} une suite de Cauchy dans Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G) et soit f∈Fπ(G)f\in \mathscr{F}_{\pi}(G) tels que fn(g)f_n(g) converge vers f(g)f(g) presque partout modulo H. Alors f∈Lπp(G)f\in \mathscr{L}_{\pi}^p(G) et (fn)n∈N(f_n)_{n\in\mathbf{N}} converge vers ff dans Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G).

En effet, la fonction ff coïncide presque partout modulo H avec la limite de la suite (fn)(f_n) dans Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G).

On note Lπp(G)L^p_{\pi}(G) l’espace vectoriel topologique séparé normé associé à l’espace semi-normé Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G); c’est un espace de Banach.

Soit ff une fonction sur G à valeurs dans E. On note SfS_f l’ensemble des x∈Gx\in G tels que la fonction h↦f(xh)h\mapsto f(xh) sur H n’appartient pas à LE1(H)\mathscr{L}_E^1(H). On a Sf⋅h=SfS_f\cdot h= S_f pour tout h∈Hh\in H.

Soit x∈x\in G - SfS_f. Comme π\pi est une représentation unitaire, la fonction h↦π(h)∗f(xh)h\mapsto \pi (h)^*f(xh) est mesurable (comme composition de l’application h↦(h,f(xh))h\mapsto (h, f(xh)) de H dans H×EH\times E qui est alors mesurable et de l’application continue (g,x)↦π(g)∗x(g, x)\mapsto \pi (g)^*x de H×EH\times E dans E, cf. INT, IV, p. 174, § 5, no3^o3, th. 1), et elle est intégrable sur H.

On définit une fonction fπf^{\pi} sur G en posant

fπ(x)=∫Hπ(h)∗f(xh)dβ(h)(3) f^{\pi}(x) =\int_H\pi (h)^*f(xh)d\beta (h) \tag{3}

pour x∈Gx\in G - SfS_f et fπ(x)=0f^{\pi}(x) = 0 si x∈Sfx\in S_f.

Proposition 4 03AI

Soit f∈LE1(G)f\in \mathscr{L}_E^1(G).

a) L’ensemble SfS_f est négligeable modulo H et fπ∈Fπ(G)f^{\pi}\in \mathscr{F}_{\pi}(G);

b) Soit C une partie compacte de G. Si ff est continue et à support contenu dans C, alors SfS_f est vide, la fonction fπf^{\pi} appartient à Kπ(G)\mathscr{K}_{\pi}(G) et son support est contenu dans C⋅HC\cdot H.

La première partie de a) résulte de INT, VII, p. 57, § 2, no5^o5, c). Soit w∈Hw\in H. Si x∈Gx\in G - SfS_f, alors xw∈Gxw\in G - SfS_f et

fπ(xw)=∫Hπ(h)∗f(xwh)dβ(h) f^{\pi}(xw) =\int_H\pi (h)^*f(xwh)d\beta (h)
=∫Hπ(w−1y)∗f(xy)dβ(y)=π(w)fπ(x) =\int_H\pi (w^{-1}y)^*f(xy)d\beta (y) =\pi (w)f^{\pi}(x)

tandis que si x∈Sfx\in S_f, alors fπ(xw)=0=π(w)∗fπ(x)f^{\pi}(xw) = 0 =\pi (w)^*f^{\pi}(x). La fonction fπf^{\pi} appartient donc à Fπ(G)\mathscr{F}_{\pi}(G).

Supposons maintenant que ff est continue et à support contenu dans C. Pour tout x∈Gx\in G, l’application h↦f(xh)h\mapsto f(xh) appartient alors à K\mathscr{K} (H), donc est intégrable, ce qui démontre que Sf=∅S_f=\emptyset.

Démontrons que fπf^{\pi} est continue. Soit x∈Gx\in G. Soit U un voisinage ouvert relativement compact de xx dans G.

Pour tout y∈Uy\in U, on a

∥fπ(y)−fπ(x)∥⩽∫H∥f(yh)−f(xh)∥dβ(h) \|f^{\pi}(y)-f^{\pi}(x)\|\leqslant \int_H\|f(yh)-f(xh)\|d\beta (h)
=∫∥f(yh)−f(xh)∥dβ(h) =\int\|f(yh)-f(xh)\|d\beta (h)
H∩(y−1C∪x−1C)H\cap (y^{-1}C\cup x^{-1}C)

⩽β(H∩U−1C)\leqslant \beta (H\cap U^{-1}C) suph∈U−1C∥f(yh)−f(xh)∥_{h\in U^{-1}C}\|f(yh)-f(xh)\|,

et la continuité de fπf^{\pi} résulte alors de la continuité uniforme de ff sur G.

Enfin, si x∈Gx\in G vérifie fπ(x)≠0f^{\pi}(x)\not = 0, il existe h∈Hh\in H tel que f(xh)≠0f(xh)\not = 0; ainsi xhxh appartient à C et xx appartient à C⋅HC\cdot H. Comme C⋅HC\cdot H est fermé dans G, on en conclut que le support de fπf^{\pi} est inclus dans C⋅HC\cdot H.

Soit C une partie compacte de G. Soit u∈K+(G)u\in \mathscr{K}_+(G) une fonction telle que u(x)>0u(x)>0 pour tout x∈Cx\in C. Soit vv la fonction sur G définie par

v(x)=∫Hu(xh)dβ(h)(4) v(x) =\int_Hu(xh)d\beta (h) \tag{4}

pour tout x∈Gx\in G; avec les notations précédentes, on a v=u1v=u^1, correspondant à la représentation triviale de dimension 1 de H. La fonction vv est continue et positive ; elle appartient à F1\mathscr{F}_1(G), son support est contenu dans Supp(uu)⋅H\cdot H et on a

(5) xxinfC⋅H∈v(x)>0^{\in}_{C\cdot H}v(x)>0

(INT, VII, p. 39–40, § 2, no1^o1, prop. 1 et lemme 1, a)).

Lemme 5 03AJ

Soit f∈Fπ(G)f\in \mathscr{F}_{\pi}(G) une fonction μ\mu-mesurable nulle en dehors de C⋅HC\cdot H telle que la fonction ∥f∥\|f\| est ν\nu-intégrable sur G/HG/H. Soit ss la fonction sur G à valeurs dans E telle que

v(x)−1f(x)v(x)^{-1}f(x) si x∈C⋅Hx\in C\cdot H

s(x)= s(x) =

0 si x∈Gx\in G - C⋅HC\cdot H.

a) La fonction ss est μ\mu-mesurable ; elle appartient à Fπ(G)\mathscr{F}_{\pi}(G) et est nulle en dehors de C⋅HC\cdot H;

b) La fonction usus appartient à L1(G)\mathscr{L}^1(G) et (us)π=f(us)^{\pi}=f presque partout modulo H.

La fonction ss est nulle en dehors de C⋅HC\cdot H par définition ; elle est μ\mu-mesurable puisque la fonction ff est μ\mu-mesurable et que v(x)>0v(x)>0 pour tout x∈C⋅Hx\in C\cdot H (INT, IV, p. 193, § 5, no10^o10, prop. 16). On a s∈Fπ(G)s\in \mathscr{F}_{\pi}(G) parce que v∈F1(G)v\in \mathscr{F}_1(G).

La fonction ff est localement μ\mu-intégrable, puisque ∥f∥\|f\| est une fonction ν\nu-intégrable (INT, VII, p. 47, § 2, no3^o3, prop. 6, c), en notant que la mesure ν♯=κ⋅μ\nu^{\sharp}=\kappa \cdot \mu est équivalente à μ)\mu), donc la fonction ss l’est également d’après la formule (5). La fonction usus est mesurable et nulle en dehors d’une partie compacte de G ; puisque uu est bornée, il en résulte que usus est μ\mu-intégrable.

Pour tout x∈Gx\in G - SusS_{us}, on a

(us)π(x)=∫Hπ(h)∗(u(xh)s(xh))dβ(h) (us)^{\pi}(x) =\int_H\pi (h)^*(u(xh)s(xh))d\beta (h)
=∫Hu(xh)s(x)dβ(h)=v(x)s(x) =\int_Hu(xh)s(x)d\beta (h) =v(x)s(x)

puisque s(xh)=π(h)s(x)s(xh) =\pi (h)s(x); la dernière assertion en résulte d’après la prop. 4, a).

Lorsque H={e}H =\{e\} et π\pi est de dimension 1, la proposition suivante n’est autre que INT, IV, p. 184, § 5, no6^o6, th. 5.

Proposition 5 03AK

Soit p∈[1,+∞[p\in [1,+\infty [. L’espace Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G) est l’espace des fonctions f∈Fπ(G)f\in \mathscr{F}_{\pi}(G) telles que ff est μ\mu-mesurable et que la fonction ∥f∥\|f\| appartient à Lp(G/H)\mathscr{L}^p(G/H).

Soit f∈Lπp(G)f\in \mathscr{L}_{\pi}^p(G). C’est la limite dans Lπp(G)\mathscr{L}_{\pi}^p(G) d’une suite d’éléments de Kπ(G)\mathscr{K}_{\pi}(G). D’après la prop. 3, b) et le théorème d’Egoroff (INT, IV, p. 175, § 5, no4^o4, th. 2), la fonction ff est donc μ\mu-mesurable ; par conséquent, la fonction ∥f∥\|f\| sur G/HG/H est ν\nu-mesurable (INT, VII, p. 47, § 2, no3^o3, prop. 6, b)). Comme Np(f)N_p(f) est fini, la fonction ∥f∥\|f\| appartient à Lp(G/H)\mathscr{L}^p(G/H) (INT, IV, p. 184, § 5, no6^o6, th. 5).

Démontrons l’assertion réciproque. Soit ff une fonction μ\mu-mesurable appartenant à Fπ(G)\mathscr{F}_{\pi}(G) telle que ∥f∥∈Lp(G/H)\|f\| \in \mathscr{L}^p(G/H). Soit ε>0\varepsilon >0. Démontrons qu’il existe f~∈Kπ(G)\widetilde{f}\in \mathscr{K}_{\pi}(G) telle que

Np(f−f~)p=∫G/H∗∥f−f~∥pdν⩽ε N_p(f-\widetilde{f})^p=\int_{G/H}^*\|f-\widetilde{f}\|^pd\nu \leqslant \varepsilon

ce qui conclura la démonstration.

Supposons d’abord qu’il existe une partie compacte C de G telle que ff est nulle en dehors de C⋅HC\cdot H. Soit u∈K+(G)u\in \mathscr{K}_+(G) une fonction telle que u(x)>0u(x)>0 pour tout x∈Cx\in C et définissons v=u1v=u^1 comme ci-dessus. Notons φ\varphi la fonction caractéristique du support de uu.

Soit qq l’exposant conjugué de pp. Si p=1p= 1, soit ww la fonction constante sur G égale à supx∈Gu(x)_{x\in G}u(x). Si p>1p >1, définissons

w(x)=(∫Hu(xh)q dβ(h))1/q w(x)=\left(\int_Hu(xh)^q\,d\beta(h)\right)^{1/q}

pour tout x∈Gx\in G. Dans tous les cas, la fonction ww est continue et positive ; elle appartient à K1(G)\mathscr{K}_1(G) (prop. 4 appliquée à la représentation triviale de dimension 1 et à la fonction uqu^q) donc elle est bornée sur G. On pose W = supx∈Gw(x)_{x\in G}w(x).

Soit ss la fonction sur G à valeurs dans E définie par le lemme 5 appliqué à ff. Posons g=φsg=\varphi s. La fonction gg est μ\mu-mesurable, et vérifie ∥g∥⩽∥f∥/\|g\|\leqslant \|f\|/ infx∈C⋅Hv(x)_{x\in C\cdot H}v(x). Puisque gg est nulle en dehors du support de uu et que κ\kappa est continue, on a g∈LEp(G,κ⋅μ)g\in \mathscr{L}_E^p(G, \kappa \cdot \mu). Soit g~\widetilde{g} une fonction dans KE(G)\mathscr{K}_E(G) telle que

∫∗∥g−g~∥pκdμ⩽εp \int^*\|g-\widetilde{g}\|^p\kappa d\mu\leqslant \varepsilon_p

G_G W

On a us=ugus=ug, donc f=(us)π=(ug)πf= (us)^{\pi}= (ug)^{\pi} presque partout modulo H (lemme 5, b)). Soit f~=(ug~)π\widetilde{f}= (u\widetilde{g})^{\pi}; on a f~∈Kπ(G)\widetilde{f}\in \mathscr{K}_{\pi}(G) (prop. 4, b)). Pour tout x∈Gx\in G - SugS_{ug}, on obtient

∥(ug)π(x)−(ug~)π(x)∥⩽∫H∗u(xh)∥g(xh)−g~(xh)∥dβ(h) \|(ug)^{\pi}(x)-(u\widetilde{g})^{\pi}(x)\|\leqslant \int_H^*u(xh)\|g(xh)-\widetilde{g}(xh)\|d\beta (h)

d’où

∥(ug)π(x)−(ug~)π(x)∥p⩽w(x)p∫H∗∥g(xh)−g~(xh)∥pdβ(h) \|(ug)^{\pi}(x)-(u\widetilde{g})^{\pi}(x)\|^p\leqslant w(x)^p\int_H^*\|g(xh)-\widetilde{g}(xh)\|^pd\beta (h)

grâce à l’inégalité de Hölder dans le cas p>1p >1. Comme SugS_{ug} est négligeable modulo H, il vient alors

∫G/H∗∥f−f~∥pdν⩽Wp∫G/H∗(∫H∗∥g(xh)−g~(xh)∥dβ(h))pdν(xH) \int_{G/H}^*\|f-\widetilde{f}\|^pd\nu \leqslant W^p\int_{G/H}^*(\int_H^*\|g(xh)-\widetilde{g}(xh)\|d\beta (h))^pd\nu (xH)
=Wp∫G∗∥g−g~∥pκdμ⩽ε = W^p\int_G^*\|g-\widetilde{g}\|^p\kappa d\mu\leqslant \varepsilon

d’après INT, VII, p. 46, § 2, no3^o3, prop. 5, b), qui est applicable car g−g~g-\widetilde{g} est nulle en dehors d’une partie compacte de G. Cela implique la propriété demandée lorsque ff est nulle en dehors d’une partie compacte modulo H.

Considérons maintenant le cas général. Comme ∥f∥∈Lp(G/H)\|f\| \in \mathscr{L}^p(G/H) par hypothèse, il existe une partie compacte L de G/HG/H telle que

∫∗pε \int^*p\varepsilon
∥f∥dν⩽ \|f\|d\nu \leqslant

(G/H)−L(G/H)-L 2

(cf. INT, IV, p. 152, § 4, no6^o6, th. 4). Soit φL\varphi_L la fonction caractéristique de L et posons fL=(φL∘ϖ)ff_L= (\varphi_L\circ \varpi )f. On a

∫∗p∫∗pε \int^*p\int^*p\varepsilon
∥f−fL∥dν=∥f∥dν⩽ \|f-f_L\|d\nu =\|f\|d\nu \leqslant

G/H(G/H)−LG/H(G/H)-L 2

La fonction fLf_L est μ\mu-mesurable et nulle en dehors d’un ensemble compact modulo H. Elle appartient à Lπp\mathscr{L}_{\pi}^p(G), donc d’après le cas précédent, il existe f~∈Kπ(G)\widetilde{f}\in \mathscr{K}_{\pi}(G) telle que Np(fL−f~)⩽(ε2)1/pN_p(f_L-\widetilde{f})\leqslant (\frac{\varepsilon}{2})^{1/p}, d’où

∫G/H∗∥f−f~∥pdν⩽ε \int_{G/H}^*\|f-\widetilde{f}\|^pd\nu \leqslant \varepsilon

comme désiré.

Considérons le cas p=2p= 2. Pour f1f_1 et f2f_2 dans Fπ\mathscr{F}_{\pi}(G), la fonction x↦⟨f1(x)∣f2(x)⟩x\mapsto \langle f_1(x)|f_2(x)\rangle appartient à F1(G)\mathscr{F}_1(G) puisque la représentation π\pi est unitaire, et définit donc par passage au quotient une fonction sur G/HG/H, que l’on identifie comme précédemment à ⟨f1∣f2⟩\langle f_1|f_2\rangle. On a la majoration ∣⟨f1∣f2⟩∣⩽∥f1∥∥f2∥|\langle f_1|f_2\rangle |\leqslant \|f_1\|\|f_2\| dans F(G/H)\mathscr{F}(G/H).

Si f1f_1 et f2f_2 appartiennent à Lπ2\mathscr{L}_{\pi}^2(G), alors la fonction ⟨f1∣f2⟩\langle f_1|f_2\rangle appartient à L11(G)\mathscr{L}_1^1(G). En particulier, elle est intégrable sur G/HG/H. L’application

(f1,f2)↦∫G/H⟨f1∣f2⟩dν (f_1, f_2)\mapsto \int_{G/H}\langle f_1|f_2\rangle d\nu

est une forme hermitienne positive sur Lπ2(G)\mathscr{L}_{\pi}^2(G); la semi-norme associée est la semi-norme N2N_2. En particulier, l’espace Lπ2(G)\mathscr{L}_{\pi}^2(G) est un espace préhilbertien et Lπ2(G)L^2_{\pi}(G) est l’espace hilbertien associé à Lπ2(G)\mathscr{L}_{\pi}^2(G).

6. Représentations induites

On garde les notations et conventions du numéro précédent concernant les mesures β\beta sur H et ν\nu sur G/HG/H, ainsi que la fonction κ:G→R+∗\kappa : G\rightarrow \mathbf{R}^*_+.

Il existe une fonction continue η\eta de G×G/HG\times G/H dans R+∗\mathbf{R}_+^* telle que

η(x,yH)=κ(xy)κ(x) \eta (x, yH) =\frac{\kappa(xy)}{\kappa(x)}

pour tout (x,y)∈G×G(x, y)\in G\times G, et γG/H(x)ν=(y↦η(x−1,y))⋅ν\boldsymbol{\gamma }_{G/H}(x)\nu = (y\mapsto \eta (x^{-1}, y))\cdot \nu pour x∈Gx\in G (INT, VII, p. 56, § 2, no5^o5, th. 2, c)).

Soit p∈[1,+∞[p\in [1,+\infty [ et soit π\pi une représentation unitaire de H dans un espace hilbertien complexe E.

Lemme 6 03AL

Soit f∈Kπ‾(G)f\in \mathscr{K}_{\overline{\pi}}(G). Pour tout g∈Gg\in G, la fonction

f~:x↦η(g−1,xH)1/pf(g−1x) \widetilde{f}:x\mapsto \eta (g^{-1}, xH)^{1/p}f(g^{-1}x)

de G dans E appartient à Kπ‾(G)\mathscr{K}_{\overline{\pi}}(G) et vérifie Np(f~)=Np(f)N_p(\widetilde{f}) = N_p(f).

On vérifie sans peine que f~∈Kπ‾(G)\widetilde{f}\in \mathscr{K}_{\overline{\pi}}(G). Comme

Np(f~)p=∫G/H∗∥f~∥pdν=∫G/H∗γG/H(g)(∥f∥p)(y)η(g−1,y)dν(y) N_p(\widetilde{f})^p=\int_{G/H}^*\|\widetilde{f}\|^pd\nu =\int_{G/H}^*\gamma_{G/H}(g)(\|f\|^p)(y)\eta (g^{-1}, y)d\nu (y)

et que (y↦η(g−1,y))⋅ν=γG/H(g)ν(y\mapsto \eta (g^{-1}, y))\cdot \nu =\boldsymbol{\gamma }_{G/H}(g)\nu, on obtient Np(f~)=Np(f)N_p(\widetilde{f}) = N_p(f).

Il résulte de ce lemme qu’il existe une représentation continue et isométrique π~\widetilde{\pi} de G dans Lπ‾p(G)L^p_{\overline{\pi}}(G) telle que pour f∈Kπ(G)f\in \mathscr{K}_{\pi}(G) et g∈Gg\in G, l’élément π~(g)f\widetilde{\pi}(g)f soit la classe de la fonction f~\widetilde{f} définie ci-dessus. Si p=2p= 2, alors cette représentation est unitaire.

Définition 2 03AM

On dit que la représentation unitaire de G dans l’espace Lπ‾2(G)L^2_{\overline{\pi}}(G) ainsi définie est la représentation unitaire de G induite par la représentation π\pi de H relativement à κ\kappa. On la note IndHG(π,κ)^G_H(\pi , \kappa ), ou simplement IndHG(π)^G_H(\pi ).

Remarque 1 03AN

Soit ϱ\varrho une représentation unitaire de H dans un espace hilbertien complexe F et soit u:π→ϱu:\pi \rightarrow \varrho un H-morphisme. Pour toute fonction f∈Kπ‾f\in \mathscr{K}_{\overline{\pi}}(G), notons v(f)v(f) la fonction g↦u(f(g))g\mapsto u(f(g)) de G dans F ; elle appartient à Kϱ‾(G)\mathscr{K}_{\overline{\varrho}}(G) et vérifie Np(v(f))⩽∥u∥Np(f)N_p(v(f))\leqslant \|u\|N_p(f). L’application linéaire de Kπ‾(G)\mathscr{K}_{\overline{\pi}}(G) dans Kϱ‾(G)\mathscr{K}_{\overline{\varrho}}(G) qui à ff associe v(f)v(f) s’étend donc en un H-morphisme continu de IndHG(π)^G_H(\pi ) dans IndHG(ϱ)^G_H(\varrho ) qui est noté IndHG(u)^G_H(u). On a IndHG(1π)=1IndHG(π)^G_H(1_{\pi}) = 1_{Ind^G_H(\pi)}. Soit σ\sigma une représentation unitaire de H et soit v:ϱ→σv:\varrho \rightarrow \sigma un H-morphisme ; on a IndHG(v∘u)=^G_H(v\circ u) = IndHG(v)∘^G_H(v)\circ IndHG(u)^G_H(u).

Autrement dit, la construction qui à π\pi associe IndHG(π)^G_H(\pi ) et à uu associe IndHG(u)^G_H(u) est un foncteur de la catégorie des représentations unitaires de H dans celle des représentations unitaires de G (cf. CAT, I, § 2, en préparation).

Remarque 2 03AO

Soit κ′:G→R+∗\kappa ': G\rightarrow \mathbf{R}_+^* telle que

κ′(xh)κ′(x)=ΔH(h)ΔG(h)=κ(xh)κ(x) \frac{\kappa'(xh)}{\kappa'(x)}=\frac{\Delta_H(h)}{\Delta_G(h)}=\frac{\kappa(xh)}{\kappa(x)}

pour tout (x,h)∈G×H(x, h)\in G\times H. Soit ν′\nu ' la mesure quasi-invariante (κ′⋅μ)/β(\kappa '\cdot \mu)/\beta sur G/HG/H. La fonction κ′κ−1\kappa '\kappa^{-1} définit par passage aux quotients une fonction continue ξ:G/H→R+∗\xi : G/H\rightarrow \mathbf{R}_+^* telle que ν′=ξ⋅ν\nu '=\xi \cdot \nu. L’endomorphisme α\alpha de Kπ(G)\mathscr{K}_{\pi}(G) défini par f↦(κ′κ−1)1/pff\mapsto (\kappa '\kappa^{-1})^{1/p}f vérifie

∫G/H∗∥f∥pdν′=∫G/H∗∥α(f)∥pdν \int_{G/H}^*\|f\|^pd\nu '=\int_{G/H}^*\|\alpha (f)\|^pd\nu

et permet d’identifier les espaces Lπp(G,ν′)\mathscr{L}_{\pi}^p(G, \nu ') et Lπp(G,ν)\mathscr{L}_{\pi}^p(G, \nu ), ainsi que les espaces Lπp(G,ν′)L^p_{\pi}(G, \nu ') et Lπp(G,ν)L^p_{\pi}(G, \nu ). De plus, α\alpha induit un isomorphisme isométrique des représentations IndHG(π,κ′)^G_H(\pi , \kappa ') et IndHG(π,κ)^G_H(\pi , \kappa ).

7. Cas d’un sous-groupe fermé central

Dans ce numéro, on suppose que le groupe G est unimodulaire.

On considère un sous-groupe fermé Z du centre de G, et on note dzdz une mesure de Haar sur Z. On munit le groupe quotient G/ZG/Z de la mesure de Haar ν=μ/dz\nu =\mu/dz. Soit χ\chi un caractère unitaire de Z. Le groupe quotient G/ZG/Z est unimodulaire d’après INT, VII, p. 61, § 2, no7^o7, cor. de la prop. 11.

Lemme 7 03AP

On a

N1(fˇ)=N1(f),⟨f1∣f2⟩=⟨fˇ1∣fˇ2⟩(6) N_1(\check{f}) = N_1(f),\langle f_1|f_2\rangle =\langle \check{f}_1|\check{f}_2\rangle \tag{6}

pour tout f∈Fχ(G)f\in \mathscr{F}_{\chi}(G) et tous f1f_1 et f2f_2 dans Lχ2(G)\mathscr{L}_{\chi}^2(G).

Ces formules sont conséquences des définitions.

Pour tout g∈Gg\in G et tout f∈Fχf\in \mathscr{F}_{\chi}(G), les fonctions x↦f(g−1x)x\mapsto f(g^{-1}x) et x↦f(xg)x\mapsto f(xg) appartiennent à Fχ(G)\mathscr{F}_{\chi}(G). On les note respectivement γG,χ(g)f\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f et δG,χ(g)f\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}(g)f. Les applications γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi} et δG,χ\boldsymbol{\delta }_{G,\chi} sont des représentations linéaires de G dans Fχ(G)\mathscr{F}_{\chi}(G). Pour tout z∈Zz\in Z, on a

γG,χ(gz)=χ(z)‾γG,χ(g),δG,χ(gz)=χ(z)δG,χ(g)(7) \boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(gz) =\overline{\chi(z)}\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g),\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}(gz) =\chi (z)\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}(g) \tag{7}

Soient f∈Fχ(G)f\in \mathscr{F}_{\chi}(G) et g∈Gg\in G; on a

∣γG,χ(g)f∣=γG/Z(gZ)∣f∣,∣δG,χ(g)f∣=δG/Z(gZ)∣f∣(8) |\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f|=\boldsymbol{\gamma }_{G/Z}(gZ)|f|,|\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}(g)f|=\boldsymbol{\delta }_{G/Z}(gZ)|f| \tag{8}

où toutes les fonctions apparaissant dans ces égalités sont identifiées à des fonctions sur G/ZG/Z.

Le sous-espace Kχ(G)\mathscr{K}_{\chi}(G) de Fχ(G)\mathscr{F}_{\chi}(G) est stable par γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi} et δG,χ\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}. Soit pp un nombre réel ⩾1\geqslant 1. Les formules (8) impliquent que les représentations γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi} et δG,χ\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}, restreintes à Kχ\mathscr{K}_{\chi}(G), s’étendent en des représentations linéaires continues et isométriques de G dans Lχp\mathscr{L}_{\chi}^p(G), qui seront

notées γG,χ(p)\boldsymbol{\gamma }^{(p)}_{G,\chi} et δG,χ(p)\boldsymbol{\delta }^{(p)}_{G,\chi}. Par passage aux quotients, ces représentations définissent également des représentations isométriques de G dans LχpL^p_{\chi}(G), notées de la même manière.

Les représentations γG,χ(2)\boldsymbol{\gamma }^{(2)}_{G,\chi} et δG,χ(2)\boldsymbol{\delta }^{(2)}_{G,\chi} dans Lχ2(G)L_{\chi}^2(G) sont unitaires, et seront notées simplement γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi} et δG,χ\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}, respectivement, lorsqu’aucune confusion avec les représentations dans Fχ(G)\mathscr{F}_{\chi}(G) ne sera possible. On note aussi ϱG,χ\boldsymbol{\varrho }_{G,\chi} la représentation continue de G×GG\times G dans Lχ2(G)\mathscr{L}_{\chi}^2(G) ou Lχ2(G)L^2_{\chi}(G) définie par

ϱG,χ(g,h)=γG,χ(g)∘δG,χ(h)=δG,χ(h)∘γG,χ(g) \boldsymbol{\varrho }_{G,\chi}(g, h) =\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)\circ \boldsymbol{\delta }_{G,\chi}(h) =\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}(h)\circ \boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)

pour tout (g,h)∈G×G((g, h)\in G\times G (cf. lemme 1 de V, p. 377).

La représentation γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi} sur Lχ2(G)L^2_{\chi}(G) n’est autre que la représentation induite IndZG(χ‾)^G_Z(\overline{\chi}).

Lorsque Z={e}Z =\{e\}, le lemme suivant résulte de INT, VIII, p. 166, § 4, no5^o5, prop. 12, puisque G est unimodulaire.

Lemme 8 03AQ

Soient f1∈Kχ(G)f_1\in \mathscr{K}_{\chi}(G) et f2∈Lχ2(G)f_2\in \mathscr{L}_{\chi}^2(G).

a) La fonction ff sur G définie par f(g)=⟨f1∣γG,χ(g)f2⟩f(g) =\langle f_1|\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2\rangle pour tout g∈Gg\in G appartient à Lχ‾2(G)\mathscr{L}_{\overline{\chi}}^2(G) et vérifie N2(f)⩽N1(f1)N2(f2)N_2(f)\leqslant N_1(f_1)N_2(f_2);

b) La fonction ff sur G définie par f(g)=⟨f1∣δG,χ(g)f2⟩f(g) =\langle f_1|\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}(g)f_2\rangle pour tout g∈Gg\in G appartient à Lχ2(G)\mathscr{L}_{\chi}^2(G) et vérifie N2(f)⩽N1(f1)N2(f2)N_2(f)\leqslant N_1(f_1)N_2(f_2).

Démontrons a), la preuve de l’assertion b) étant similaire. La fonction ff est continue, donc μ\mu-mesurable. Pour tout z∈Zz\in Z et tout g∈Gg\in G, on a

f(gz)=⟨f1∣γG,χ(gz)f2⟩=χ(z)‾⟨f1∣γG,χ(g)f2⟩ f(gz) =\langle f_1|\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(gz)f_2\rangle =\overline{\chi(z)}\langle f_1|\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2\rangle

(formule (7), p. 417), donc f∈Fχ‾(G)f\in \mathscr{F}_{\overline{\chi}}(G). La prop. 5 de V, p. 413 implique qu’il suffit maintenant de démontrer que N2(f)⩽N1(f1)N2(f2)N_2(f)\leqslant N_1(f_1)N_2(f_2).

Supposons d’abord que f2f_2 appartient à Kχ(G)\mathscr{K}_{\chi}(G). Pour tout g∈Gg\in G, on a par définition

f(g)=∫G/Zf1‾γG,χ(g)f2dν f(g) =\int_{G/Z}\overline{f_1}\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2d\nu

où la fonction f1‾γG,χ(g)f2\overline{f_1}\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2 est identifiée à une fonction sur G/ZG/Z.

Définissons une fonction f3f_3 sur G en posant f3(g)=0f_3(g) = 0 si f1(g)=0f_1(g) = 0 et f3(g)=f1(g)∣f1(g)∣−1/2f_3(g) =f_1(g)|f_1(g)|^{-1/2} sinon. La fonction f3f_3 appartient à Fχ(G)\mathscr{F}_{\chi}(G) et vérifie f1=∣f1∣1/2f3f_1=|f_1|^{1/2}f_3; elle est μ\mu-mesurable et nulle en dehors d’un compact modulo Z, puisque f1f_1 l’est. Comme ∣f1∣1/2∈K1|f_1|^{1/2}\in \mathscr{K}_1(G), il vient

f1‾γG,χ(g)f2=∣f1∣1/2f3‾γG,χ(g)f2 \overline{f_1}\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2=|f_1|^{1/2}\overline{f_3}\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2
∣f3‾γG,χ(g)f2∣=∣f3∣∣γG,χ(g)f2∣ |\overline{f_3}\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2|=|f_3| |\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2|

pour tout g∈Gg\in G.

Soit g∈Gg\in G. D’après l’inégalité de Cauchy–Schwarz, on a

∣f(g)∣2⩽(∫G/Z∣f1∣1/2∣f3∣∣γG,χ(g)f2∣dν)2 |f(g)|^2\leqslant (\int_{G/Z}|f_1|^{1/2}|f_3| |\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2|d\nu )^2
⩽(∫G/Z∣f1∣dν)(∫G/Z∣f3∣2∣γG,χ(g)f2∣2dν) \leqslant (\int_{G/Z}|f_1|d\nu )(\int_{G/Z}|f_3|^2|\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2|^2d\nu )

Comme on a ∣f3∣2=∣f1∣|f_3|^2=|f_1| dans K(G/Z)\mathscr{K}(G/Z), on en déduit en intégrant sur G/ZG/Z que

∫G/Z∣f(g)∣2dν(g)⩽N1(f1)∫G/Z(∫G/Z∣f1(x)∣∣f2(g−1x)∣2dν(x))dν(g) \int_{G/Z}|f(g)|^2d\nu (g)\leqslant N_1(f_1)\int_{G/Z}(\int_{G/Z}|f_1(x)| |f_2(g^{-1}x)|^2d\nu (x))d\nu (g)

La fonction sur G/Z×G/ZG/Z\times G/Z déduite de la fonction

(g,x)↦∣f1(x)∣∣f2(g−1x)∣2 (g, x)\mapsto |f_1(x)| |f_2(g^{-1}x)|^2

par passage aux quotients est (ν⊗ν(\nu \otimes \nu)-mesurable et à support compact, donc elle est (ν⊗ν(\nu \otimes \nu)-modérée (INT, V, p. 4, § 5, no2^o2, déf. 2). D’après la prop. 7 de INT, V, p. 93, § 8, no3^o3, il vient

∫G/Z(∫G/Z∣f1(x)∣∣f2(g−1x)∣2dν(x))dν(g) \int_{G/Z}(\int_{G/Z}|f_1(x)| |f_2(g^{-1}x)|^2d\nu (x))d\nu (g)
=∫G/Z∣f1(x)∣(∫G/Z∣f2(g−1x)∣2dν(g))dν(x)=N1(f1)N2(f2)2 =\int_{G/Z}|f_1(x)|(\int_{G/Z}|f_2(g^{-1}x)|^2d\nu (g))d\nu (x) = N_1(f_1)N_2(f_2)^2

Par conséquent, on a N2(f)2⩽N1(f1)2N2(f2)2N_2(f)^2\leqslant N_1(f_1)^2N_2(f_2)^2, ce qui établit la propriété demandée dans ce cas.

Considérons le cas général. Notons uu l’application linéaire de Kχ(G)\mathscr{K}_{\chi}(G) dans Lχ‾2(G)\mathscr{L}_{\overline{\chi}}^2(G) qui à f2f_2 associe ff. Soit f2∈Lχ2(G)f_2\in \mathscr{L}_{\chi}^2(G) et soit (f2,n)n∈N(f_{2,n})_{n\in\mathbf{N}} une suite dans Kχ(G)\mathscr{K}_{\chi}(G) qui converge vers f2f_2 dans Lχ2(G)\mathscr{L}_{\chi}^2(G). Soit fn=u(f2,n)f_n=u(f_{2,n}); la suite (fn)n∈N(f_n)_{n\in\mathbf{N}} est de Cauchy dans Lχ‾2(G)\mathscr{L}_{\overline{\chi}}^2(G) puisque le cas précédent implique que N2(fn−fm)⩽N1(f1)N2(f2,n−f2,m)N_2(f_n-f_m)\leqslant N_1(f_1)N_2(f_{2,n}-f_{2,m}) pour tous nn et mm dans N\mathbf{N}. Soit f∈Lχ‾2(G)f\in \mathscr{L}_{\overline{\chi}}^2(G) telle que (fn)(f_n) converge vers ff (prop. 3, c) de V, p. 409). Comme N2(fn)⩽N1(f1)N2(f2,n)N_2(f_n)\leqslant N_1(f_1)N_2(f_{2,n}) pour tout n∈Nn\in \mathbf{N}, il vient N2(f)⩽N1(f1)N2(f2)N_2(f)\leqslant N_1(f_1)N_2(f_2).

Il existe une suite extraite (fnk)k∈N(f_{n_k})_{k\in\mathbf{N}} telle que fnk(g)f_{n_k}(g) converge vers f(g)f(g) pour tout g∈Gg\in G en dehors d’une partie de G négligeable modulo Z (loc. cit., b)). Mais par ailleurs, pour tout g∈Gg\in G, on a

fnk(g)=⟨f1∣γG,χ(g)f2,nk⟩→⟨f1∣γG,χ(g)f2⟩ f_{n_k}(g) =\langle f_1|\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_{2,n_k}\rangle \rightarrow \langle f_1|\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2\rangle

Par conséquent, on a f(g)=⟨f1∣γG,χ(g)f2⟩f(g) =\langle f_1|\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)f_2\rangle pour tout gg en dehors d’une partie de G négligeable modulo Z. Puisque f∈Lχ‾2(G)f\in \mathscr{L}_{\overline{\chi}}^2(G) et que N2(f)⩽N1(f1)N2(f2)N_2(f)\leqslant N_1(f_1)N_2(f_2), le lemme est démontré.

8. Représentations de carré intégrable

Dans ce numéro, les espaces hilbertiens considérés sont complexes. On suppose que G est unimodulaire et on note C son centre. Pour tout sous-groupe fermé Z de C, on note βZ\beta_Z une mesure de Haar sur Z, et on munit G/ZG/Z de la mesure de Haar νZ=μ/βZ\nu_Z=\mu/\beta_Z (INT, VII, p. 44, § 2, no2^o2, déf. 1).

Soient π\pi une représentation unitaire irréductible de G dans un espace hilbertien E et χ∈C^\chi \in \widehat{C} son caractère central (déf. 6 de V, p. 390). Pour tous xx et yy dans E, on note fx,yf_{x,y} le coefficient matriciel g↦⟨x∣π(g)y⟩g\mapsto \langle x|\pi (g)y\rangle; c’est une fonction continue sur G à valeurs complexes.

Soient xx et yy dans E. Pour z∈Cz\in C et g∈Gg\in G, on a

fx,y(zg)=⟨x∣π(zg)y⟩=⟨x∣χ(z)π(g)y⟩=χ(z)fx,y(g)(9) f_{x,y}(zg) =\langle x|\pi (zg)y\rangle =\langle x|\chi (z)\pi (g)y\rangle =\chi (z)f_{x,y}(g) \tag{9}

donc fx,yf_{x,y} appartient à l’espace Fχ(G)(\mathscr{F}_{\chi}(G) (V, p. 408). De plus, pour tout (g1,h1)∈G×G(g_1, h_1)\in G\times G et tout g∈Gg\in G, on a

fπ(g1)x,π(h1)y(g)=⟨π(g1)x∣π(g)π(h1)y⟩=fx,y(g1−1gh1)(10) f_{\pi(g_1)x,\pi(h_1)y}(g) =\langle \pi (g_1)x|\pi (g)\pi (h_1)y\rangle =f_{x,y}(g_1^{-1}gh_1) \tag{10}

La relation (9) justifie la définition qui suit.

Définition 3 03AR

Soit π\pi une représentation unitaire irréductible de G dans un espace hilbertien E. On dit que π\pi est de carré intégrable modulo le centre si la fonction sur G/CG/C déduite de la fonction ∣fx,y∣|f_{x,y}| par passage au quotient appartient à L2(G/C)\mathscr{L}^2(G/C) pour tout (x,y)∈E×E(x, y)\in E\times E.

Cette condition ne dépend pas du choix d’une mesure de Haar sur G/CG/C.

Si les coefficients matriciels de π\pi appartiennent à L2\mathscr{L}^2(G), on dit que π\pi est de carré intégrable ; l’existence d’une représentation unitaire irréductible de G de carré intégrable implique que le centre de G est compact (exercice 5 de V, p. 487).

Il existe des groupes G qui n’admettent aucune représentation de carré intégrable, même modulo le centre (cf. exercice 32 de V, p. 516).

Proposition 6 03AS

Soit π\pi une représentation unitaire irréductible de G dans un espace hilbertien E. Soit χ\chi le caractère central de π\pi. Alors π\pi est de carré intégrable modulo le centre si et seulement s’il existe des éléments non nuls x0x_0 et y0y_0 de E tels que la fonction sur G/CG/C déduite de ∣fx0,y0∣|f_{x_0,y_0}| par passage au quotient appartient à L2(G/C)\mathscr{L}^2(G/C).

Supposons qu’il existe des éléments x0x_0 et y0y_0 non nuls de E tels que ∣fx0,y0∣∈L2(G/C)|f_{x_0,y_0}| \in \mathscr{L}^2(G/C). Il suffit de démontrer que π\pi est alors de carré intégrable modulo le centre.

Soit F l’ensemble des éléments x∈Ex\in E tels que ∣fx,y0∣|f_{x,y_0}| appartient à L2(G/C)\mathscr{L}^2(G/C). C’est un sous-espace vectoriel de E ; il contient x0x_0, donc n’est pas nul. La relation (10) ci-dessus implique que F est stable par π\pi; comme la représentation π\pi est irréductible, l’espace F est donc dense dans E.

Soit x∈Fx\in F. Puisque fx,y0f_{x,y_0} appartient à Fχ(G)\mathscr{F}_{\chi}(G) et est μ\mu-mesurable, et que ∣fx,y0∣∈L2(G/C)|f_{x,y_0}| \in \mathscr{L}^2(G/C), on a fx,y0∈Lχ2(G)f_{x,y_0}\in \mathscr{L}_{\chi}^2(G) (prop. 5 de V, p. 413 appliquée à Z = C). Notons uu l’opérateur partiel de E dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G) dont le domaine est F et qui associe à x∈Fx\in F la classe de fx,y0f_{x,y_0} dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G).

Démontrons que l’opérateur partiel uu est fermé. Soit (xn,u(xn))n∈N(x_n, u(x_n))_{n\in\mathbf{N}} une suite d’éléments du graphe de uu qui converge dans E×Lχ2(G)E\times L^2_{\chi}(G). Soit xx la limite de (xn)(x_n) et soit f∈Lχ2(G)f\in \mathscr{L}_{\chi}^2(G) une fonction dont la classe est la limite de la suite (u(xn))(u(x_n)).

La fonction u(xn)u(x_n) est la classe du coefficient matriciel fxn,y0f_{x_n,y_0}. Pour tout g∈Gg\in G, on a

fxn,y0(g)=⟨xn∣π(g)y0⟩→⟨x∣π(g)y0⟩=fx,y0(g) f_{x_n,y_0}(g) =\langle x_n|\pi (g)y_0\rangle \rightarrow \langle x|\pi (g)y_0\rangle =f_{x,y_0}(g)

quand n→+∞n\rightarrow +\infty. On a donc fx,y0∈Lχ2(G)f_{x,y_0}\in \mathscr{L}_{\chi}^2(G) et f=fx0,yf=f_{x_0,y} presque partout modulo C (cor. de la prop. 3 de V, p. 409) ; cela signifie que u(x)u(x) est la classe de ff dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G). On a donc démontré que uu est fermé.

Le domaine F de uu est stable par π\pi, et la relation (10) démontre que uu vérifie u∘π(g)=γG,χ(g)∘uu\circ \pi (g) =\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)\circ u pour tout g∈Gg\in G. On a par conséquent aussi l’égalité u∗∘γG,χ(g)=π(g)∘u∗u^*\circ \boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g) =\pi (g)\circ u^* pour tout g∈Gg\in G (lemme 6 de V, p. 381), d’où (u∗∘u)∘π(g)=π(g)∘(u∗∘u)(u^*\circ u)\circ \pi (g) =\pi (g)\circ (u^*\circ u). Or l’opérateur partiel u∗∘uu^*\circ u est auto-adjoint (prop. 12 de IV, p. 241), et en particulier fermé (prop. 7 de IV, p. 236), donc le cor. 1 de V, p. 387 implique que le domaine de u∗∘uu^*\circ u est égal à E. A fortiori, on a F = E, c’est-à-dire que la fonction ∣fx,y0∣|f_{x,y_0}| appartient à L2(G/C)\mathscr{L}^2(G/C) pour tout x∈Ex\in E.

Soient (x,y)∈E×E(x, y)\in E\times E. On a fx,y0∈Lχ2(G)f_{x,y_0}\in \mathscr{L}_{\chi}^2(G). On démontre mutatis mutandis, en utilisant la représentation δG,χ\boldsymbol{\delta }_{G,\chi} au lieu de γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}, que l’ensemble des y∈Ey\in E tels que la fonction ∣fx,y∣|f_{x,y}| appartient à L2(G/C)\mathscr{L}^2(G/C) est égal à E. La proposition en résulte.

Dans la suite de ce numéro, on fixe un sous-groupe fermé Z de C tel que C/ZC/Z est compact.

Lemme 9 03AT

Soit π\pi une représentation unitaire irréductible de G dans un espace hilbertien E qui est de carré intégrable modulo le centre. Soit χ\chi la restriction à Z du caractère central de π\pi. Pour tous xx et yy dans E, on a fx,y∈Lχ2(G)f_{x,y}\in \mathscr{L}_{\chi}^2(G).

La fonction fx,yf_{x,y} est continue donc μ\mu-mesurable. On a fx,y∈Fχ(G)f_{x,y}\in \mathscr{F}_{\chi}(G) d’après la formule (9), p. 420. De plus, d’après INT, VII, p. 64, § 2, no8^o8, cor. 1, c), on a N2(fx,y)<+∞N_2(f_{x,y})<+\infty puisque C/ZC/Z est compact et que ∣fx,y∣∈L2(G/C)|f_{x,y}| \in \mathscr{L}^2(G/C). L’assertion résulte donc de la proposition 5 de V, p. 413.

Proposition 7 03AU

Soit π\pi une représentation unitaire irréductible de G dans un espace hilbertien E qui est de carré intégrable modulo le centre. Soit χ\chi la restriction à Z du caractère central de π\pi.

Il existe un nombre réel c>0c >0 et un unique (G×G)(G\times G)-morphisme isométrique ww de la représentation unitaire π‾⊠π\overline{\pi}\boxtimes \pi dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G) tels que, pour tout (x,y)∈E‾×E(x, y)\in \overline{E}\times E, l’élément w(x⊗y)w(x\otimes y) est la classe dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G) de la fonction c1/2fx,yc^{1/2}f_{x,y}.

Pour tout (x,y)∈E×E(x, y)\in E\times E, on a fx,y∈Lχ2(G)f_{x,y}\in \mathscr{L}_{\chi}^2(G) (lemme 9). Notons vv l’unique application linéaire de E‾⊗E\overline{E}\otimes E dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G) telle que v(x⊗y)v(x\otimes y) est la classe de fx,yf_{x,y} pour tout (x,y)∈E×E(x, y)\in E\times E.

Nous démontrerons ci-dessous le lemme suivant.

Lemme 10 03AV

Il existe un nombre réel c>0c >0 tel que l’application linéaire w=c1/2vw=c^{1/2}v est isométrique.

Ce lemme étant supposé valide, remarquons que la formule (10), p. 420, s’écrit

v(π‾(g1)x⊗π(h1)y)=ϱG,χ(g1,h1)v(x⊗y)(11) v(\overline{\pi}(g_1)x\otimes \pi (h_1)y) =\boldsymbol{\varrho }_{G,\chi}(g_1, h_1)v(x\otimes y) \tag{11}

pour tout (g1,h1)∈G×G(g_1, h_1)\in G\times G et tout (x,y)∈E‾×E(x, y)\in \overline{E}\times E. L’application linéaire isométrique ww de E‾⊗E\overline{E}\otimes E dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G) admet un prolongement continu, encore noté ww, à E⊗^2EE\widehat{\otimes}_2E. Par continuité et linéarité, la formule (11) implique que ww est un (G×(G\times G)-morphisme de π‾⊠π\overline{\pi}\boxtimes \pi dans Lχ2L^2_{\chi}(G), ce qui conclut la démonstration de la proposition.

Démontrons le lemme. Pour tout x∈Ex\in E, on note uxu_x l’application linéaire y↦v(x⊗y)=fx,yy\mapsto v(x\otimes y) =f_{x,y} de E dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G). On a ux∈u_x\in HomG(π,γG,χ)_G(\pi ,\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}) (formule (10)). D’après le cor. 5 de V, p. 388, il existe un nombre réel λx⩾0\lambda_x\geqslant 0 tel que λxux\lambda_xu_x est isométrique.

Soient xx et yy dans E. On a

∥fx,y∥2=∫G/Zf‾x,yfx,ydνZ=∫G/Zfˇ‾x,yfˇx,ydνZ \|f_{x,y}\|^2=\int_{G/Z}\overline{f}_{x,y}f_{x,y}d\nu_Z=\int_{G/Z}\overline{\check{f}}_{x,y}\check{f}_{x,y}d\nu_Z

puisque G/ZG/Z est unimodulaire (lemme 7 de V, p. 417). En notant que fˇx,y=fy,x\check{f}_{x,y}=f_{y,x}, on obtient

λx∥y∥2=∥fx,y∥2=∫G/Zfy,xf‾y,xdνZ=∥fy,x∥2=λy∥x∥2 \lambda_x\|y\|^2=\|f_{x,y}\|^2=\int_{G/Z}f_{y,x}\overline{f}_{y,x}d\nu_Z=\|f_{y,x}\|^2=\lambda_y\|x\|^2

Cela signifie que le nombre réel positif λx/∥x∥2\lambda_x/\|x\|^2 est indépendant du choix de l’élément non nul xx de E. Il est strictement positif puisque, pour tout xx non nul, la fonction fx,xf_{x,x} est continue et prend la valeur ∥x∥2>0\|x\|^2>0 en ee, d’où ∥ux(x)∥=∥fx,x∥>0\|u_x(x)\|=\|f_{x,x}\|>0. Notons c−1c^{-1} ce nombre réel.

Pour tout (x,y)∈E×E(x, y)\in E\times E, il vient

∥v(x⊗y)∥2=∥fx,y∥2=λx∥y∥2=c−1∥x∥2∥y∥2=c−1∥x⊗y∥2 \|v(x\otimes y)\|^2=\|f_{x,y}\|^2=\lambda_x\|y\|^2=c^{-1}\|x\|^2\|y\|^2=c^{-1}\|x\otimes y\|^2

En utilisant EVT, V, p. 29, cor. 1, on en déduit que l’application linéaire w=c1/2vw=c^{1/2}v de E‾⊗^2E\overline{E}\widehat{\otimes}_2E dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G) est isométrique, comme désiré.

Corollaire 03AW

Soit π\pi une représentation unitaire irréductible de G et soit χ\chi la restriction à Z de son caractère central. La représentation π\pi est de carré intégrable modulo le centre si et seulement si elle est isomorphe à une sous-représentation de la représentation γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi} de G dans Lχ‾2(G)L^2_{\overline{\chi}}(G) (resp. de la représentation δG,χ\boldsymbol{\delta }_{G,\chi} de G dans Lχ2(G)L^2_{\chi}(G)).

Démontrons l’assertion concernant γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}, la seconde étant démontrée de manière similaire.

Supposons d’abord qu’il existe une sous-représentation E de la représentation γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi} isomorphe à π\pi. Comme l’espace E n’est pas nul, il existe une fonction f1∈Kχ‾(G)f_1\in \mathscr{K}_{\overline{\chi}}(G) dont la classe f~1\widetilde{f}_1 n’est pas orthogonale à E. On a f1∈Lχ‾1(G)f_1\in \mathscr{L}_{\overline{\chi}}^1(G). Notons f~1,E\widetilde{f}_{1,E} la projection orthogonale de f~1\widetilde{f}_1 sur E ; c’est un élément non nul de E. Soit par ailleurs f~2∈E\widetilde{f}_2\in E non nulle. L’application h:g↦⟨f~1,E∣γG,χ(g)f~2⟩h:g\mapsto \langle \widetilde{f}_{1,E}|\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}(g)\widetilde{f}_2\rangle est un coefficient matriciel de π\pi. Pour tout g∈Gg\in G, on a h(g)=⟨f~1∣γG,χ‾(g)f~2⟩h(g) =\langle \widetilde{f}_1|\boldsymbol{\gamma }_{G\overline{,\chi}}(g)\widetilde{f}_2\rangle puisque f~1−f~1,E\widetilde{f}_1-\widetilde{f}_{1,E} est orthogonale à E. D’après le lemme 8 de V, p. 418, la fonction hh appartient à Lχ2\mathscr{L}_{\chi}^2(G), donc la proposition 6 implique que π\pi est de carré intégrable modulo le centre.

Réciproquement, supposons que π\pi est de carré intégrable modulo le centre. Soit x0∈Ex_0\in E un vecteur non nul. D’après la prop. 7 et la formule (10), l’application y↦fˇx0,yy\mapsto \check{f}_{x_0,y} est un G-morphisme injectif de π\pi dans γG,χ\boldsymbol{\gamma }_{G,\chi}.

Définition 4 03AX

Soit Z un sous-groupe fermé de C tel que C/ZC/Z est compact. Soit π\pi une représentation unitaire irréductible de G qui est de carré intégrable modulo le centre. L’unique nombre réel c>0c >0 qui vérifie la propriété de la proposition 7 est appelé le degré formel de π\pi relatif à Z. On le note cZ(π)c_Z(\pi ).

Le degré formel dépend du choix de la mesure de Haar sur Z. Si la mesure de Haar βZ\beta_Z sur Z est multipliée par un nombre réel t>0t >0, alors la mesure νZ=μ/βZ\nu_Z=\mu/\beta_Z sur G/ZG/Z est multipliée par t−1t^{-1}, et le degré formel de π\pi est multiplié par tt.

Le degré formel est caractérisé par la propriété suivante :

Proposition 8 (Relations d’orthogonalité) 03AY

Soit π\pi une représentation unitaire irréductible de G dans un espace hilbertien E qui est de carré intégrable modulo le centre. On a

cZ(π)∫G/Z⟨x∣π(g)x′⟩⟨y∣π(g)y′⟩dνZ(g)=⟨x∣y⟩⟨x′∣y′⟩ c_Z(\pi )\int_{G/Z}\langle x|\pi (g)x'\rangle \langle y|\pi (g)y'\rangle d\nu_Z(g) =\langle x|y\rangle \langle x'|y'\rangle

pour tout (x,y,x′,y′)∈E4(x, y, x', y')\in E^4.

Notons ww le morphisme de la prop. 7. On a

∫G/Z⟨x∣π(g)x′⟩⟨y∣π(g)y′⟩dνZ(g)=⟨fx,x′∣fy,y′⟩ \int_{G/Z}\langle x|\pi (g)x'\rangle \langle y|\pi (g)y'\rangle d\nu_Z(g) =\langle f_{x,x'}|f_{y,y'}\rangle

et d’après loc. cit., il vient

⟨fx,x′∣fy,y′⟩=1cZ(π)⟨w(x⊗x′)∣w(y⊗y′)⟩ \langle f_{x,x'}|f_{y,y'}\rangle =\frac{1}{c_Z(\pi)}\langle w(x\otimes x')|w(y\otimes y')\rangle
=1cZ(π)⟨x⊗x′∣y⊗y′⟩=1cZ(π)⟨x∣y⟩E‾⟨x′∣y′⟩E =\frac{1}{c_Z(\pi)}\langle x\otimes x'|y\otimes y'\rangle =\frac{1}{c_Z(\pi)}\langle x|y\rangle_{\overline{E}}\langle x'|y'\rangle_E

d’où le résultat.

En complément de la proposition précédente, on a aussi les relations suivantes pour des représentations irréductibles de carré intégrable non isomorphes.

Proposition 9 03AZ

Soient π1\pi_1 et π2\pi_2 des représentations unitaires irréductibles non isomorphes de G dans des espaces hilbertiens E1E_1 et E2E_2. On suppose que π1\pi_1 et π2\pi_2 sont de carré intégrable modulo le centre et que les restrictions à Z de leurs caractères centraux coïncident. Alors

∫G/Z⟨x∣π1(g)x′⟩⟨y∣π2(g)y′⟩dνZ(g)=0 \int_{G/Z}\langle x|\pi_1(g)x'\rangle \langle y|\pi_2(g)y'\rangle d\nu_Z(g) = 0

pour tout (x,x′,y,y′)∈E12×E22(x, x', y, y')\in E^2_1\times E^2_2.

Pour i=1,2i= 1, 2, notons wiw_i le morphisme de la proposition 7 pour la représentation πi\pi_i. D’après le lemme 8, b) de V, p. 384 et l’assertion b) de la proposition 8 de V, p. 394, l’image de wiw_i est contenue dans la composante πi\pi_i-isotypique de δG,χ\boldsymbol{\delta }_{G,\chi}. D’après l’assertion a) de loc. cit., l’image de w1w_1 est donc orthogonale à l’image de w2w_2. Par conséquent, il vient ⟨w1(x⊗x′)∣w2(y⊗y′)⟩=0\langle w_1(x\otimes x')|w_2(y\otimes y')\rangle = 0 pour tout (x,x′,y,y′)∈E12×E22(x, x', y, y')\in E^2_1\times E^2_2, ce qui est la formule demandée.

Remarque 03B0

Les relations d’orthogonalité des prop. 8 et 9 généralisent celles de A, VIII, p. 399 (voir aussi le cas où G est compact dans le § 2 de V, p. 457).

9. Sous-représentations de la représentation régulière d’un groupe commutatif

Dans ce numéro, G est un groupe localement compact commutatif et μ\mu une mesure de Haar sur G. On note G^\widehat{G} le groupe dual de G (déf. 2 de II, p. 201) et μ^\widehat{\mu} la mesure de Haar duale de μ\mu sur G^\widehat{G} (déf. 4 de II, p. 214). Les notions de mesurabilité seront toujours relatives à μ\mu et μ^\widehat{\mu}.

On se propose de déterminer toutes les sous-représentations de la représentation régulière gauche γG\boldsymbol{\gamma }_G de G dans L2(G,μ)L^2(G, \mu). Comme G est commutatif, on a d’ailleurs δG(g)=γG(g−1)\boldsymbol{\delta }_G(g) =\boldsymbol{\gamma }_G(g^{-1}), donc ces sous-représentations sont aussi les sous-représentations de la représentation régulière droite.

Pour toute partie mesurable M de G^\widehat{G}, on note EME_M l’ensemble des f∈L2(G,μ)f\in L^2(G, \mu) telles que la transformée de Fourier FG(f)\mathscr{F}_G(f) est nulle presque partout sur M (cf. no3^o3 de II, p. 210). C’est le noyau de l’application linéaire continue f↦φMFG(f)f\mapsto \varphi_M\mathscr{F}_G(f) de L2(G,μ)L^2(G, \mu) dans L2(G^,μ^)L^2(\widehat{G},\widehat{\mu}), où φM\varphi_M désigne la fonction caractéristique de M (cf. th. 1 de II, p. 215), et c’est donc un sous-espace fermé dans L2(G,μ)L^2(G, \mu).

On dit que des parties mesurables M et N de G^\widehat{G} sont égales à un ensemble localement négligeable près si (M∪N)(M\cup N)- (M∩N)(M\cap N) est localement négligeable. De manière équivalente, des parties mesurables M et N sont égales à un ensemble localement négligeable près si et seulement si les fonctions caractéristiques de M et N sont égales dans L∞(G^,μ^)L^{\infty}(\widehat{G},\widehat{\mu}).

Proposition 10 03B1

a) Soit M une partie mesurable de G^\widehat{G}. L’espace EME_M est une sous-représentation de la représentation γG\boldsymbol{\gamma }_G;

b) Soient M et N des parties mesurables de G^\widehat{G}. On a EM=ENE_M= E_N si et seulement si M et N sont égales à un ensemble localement négligeable près;

c) Toute sous-représentation de γG\boldsymbol{\gamma }_G est de la forme EME_M pour une partie mesurable M de G^\widehat{G}.

Soit η\eta l’application canonique de G dans G^^(\widehat{\widehat{G}} (cf. II, p. 216, remarque 1). Comme EME_M est fermé, l’assertion a) découle des formules

γG(x)(f)=εx∗f,FG(εx∗f)=η(x)FG(f) \boldsymbol{\gamma }_G(x)(f) =\varepsilon_x*f,\mathscr{F}_G(\varepsilon_x*f) =\eta (x)\mathscr{F}_G(f)

pour x∈Gx\in G et f∈L2(G,μ)f\in L^2(G, \mu).

Soient M et N des parties mesurables égales à un ensemble localement négligeable près. Comme φM\varphi_M est alors égale à φN\varphi_N dans L∞(G^,μ^)L^{\infty}(\widehat{G},\widehat{\mu}), cette condition implique que EM=ENE_M= E_N.

Supposons réciproquement que M et N ne sont pas égales à un ensemble localement négligeable près. Quitte éventuellement à échanger le rôle de M et N, il existe alors un sous-ensemble compact K tel que l’ensemble L=K∩(ML = K\cap (M - (M∩N))(M\cap N)) n’est pas négligeable. Soit φL∈L2(G^,μ^)\varphi_L\in L^2(\widehat{G},\widehat{\mu}) la classe de la fonction caractéristique de L, et posons f=F‾G^(φL)∈L2(G,μ)f=\overline{\mathscr{F}}_{\widehat{G}}(\varphi_L)\in L^2(G, \mu); on a FG(f)=φL\mathscr{F}_G(f) =\varphi_L (cor. du th. 2 de II, p. 220). Alors ff appartient à ENE_N, puisque L∩NL\cap N est vide, mais pas à EME_M, puisque φMF(f)=φMφL=φL\varphi_M\mathscr{F}(f) =\varphi_M\varphi_L=\varphi_L. On a donc EM≠ENE_M\not = E_N, ce qui prouve b).

Soit maintenant E une sous-représentation de γG\boldsymbol{\gamma }_G. Soit pEp_E l’orthoprojecteur de L2(G,μ)L^2(G, \mu) d’image E et soit qE=FG∘pE∘FG−1q_E=\mathscr{F}_G\circ p_E\circ \mathscr{F}_G^{-1}. Le projecteur pEp_E appartient à HomG(γG,γG)_G(\boldsymbol{\gamma }_G,\boldsymbol{\gamma }_G) (prop. 4 de V, p. 383), donc il commute avec γG(f)\boldsymbol{\gamma }_G(f) pour tout f∈L1(G,μ)(f\in L^1(G, \mu) (cf. V, p. 401). Cela signifie qu’il commute avec les endomorphismes φ↦f∗φ\varphi \mapsto f*\varphi pour f∈L1(G,μ)f\in L^1(G, \mu) (lemme 4 de V, p. 407). Par conséquent, l’endomorphisme qEq_E de L2(G^,μ^)L^2(\widehat{G},\widehat{\mu}) commute avec l’endomorphisme de multiplication par gg pour toute fonction g∈C0(G^)g\in \mathscr{C}_0(\widehat{G}) appartenant à l’image de la transformation de Fourier de L1(G,μ)L^1(G, \mu) dans C0(G^)\mathscr{C}_0(\widehat{G}) (prop. 14 de II, p. 223). Puisque l’image de la transformation de Fourier est dense dans C0(G^)\mathscr{C}_0(\widehat{G}) (corollaire de la prop. 5 de II, p. 209), la continuité du morphisme g↦mgg\mapsto m_g implique que qEq_E commute avec mgm_g pour toute fonction g∈C0(G^)g\in \mathscr{C}_0(\widehat{G}).

D’après le corollaire de la proposition 7 de IV, p. 188, il existe donc une fonction φ∈L∞(G^,μ^)\varphi \in \mathscr{L}^{\infty}(\widehat{G},\widehat{\mu}) telle que qE=mφq_E=m_{\varphi}. Comme qE=qE2q_E=q^2_E, on a mφ=mφ2=mφ2m_{\varphi}=m^2_{\varphi}=m_{\varphi^2}, d’où φ=φ2\varphi =\varphi^2 dans L∞(G^,μ^)L^{\infty}(\widehat{G},\widehat{\mu}) (prop. 5 de IV, p. 186) ; cela signifie que φ\varphi est égale dans L∞(G^,μ^)L^{\infty}(\widehat{G},\widehat{\mu}) à la classe de la fonction caractéristique d’un sous-ensemble mesurable N de G^\widehat{G}. Posons M=G^−M =\widehat{G}- N. Soit f∈L2(G,μ)f\in L^2(G, \mu). On a f∈Ef\in E si et seulement si pE(f)=fp_E(f) =f, si et seulement si φFG(f)=FG(f)\varphi \mathscr{F}_G(f) =\mathscr{F}_G(f), ce qui équivaut à f∈EMf\in E_M.

Remarque 03B2

Soit χ\chi un caractère de G. Si G n’est pas compact, la composante χ\chi-isotypique de la représentation régulière de G dans L2(G)L^2(G) est triviale. Si G est compact, la composante χ\chi-isotypique de la représentation régulière de G est de dimension 1 et la fonction χ∈L2(G)\chi \in L^2(G) en est une base.

10. Représentations unitaires du groupe R

Dans ce numéro, E désigne un espace hilbertien complexe. On munit le groupe R\mathbf{R} de la mesure de Lebesgue.

Lemme 11 03B3

Soit uu un opérateur partiel auto-adjoint sur E. Pour t∈Rt\in \mathbf{R}, posons ϱ(t)=eitu∈L(E)\varrho (t) =e^{itu}\in \mathscr{L}(E). Alors l’application ϱ\varrho est une représentation unitaire de R\mathbf{R}.

L’opérateur ϱ(t)\varrho (t) est défini par le calcul fonctionnel universellement mesurable (déf. 5 de IV, p. 272) ; c’est un endomorphisme de E puisque la fonction x↦eitxx\mapsto e^{itx} est bornée sur Sp(uu) (prop. 5, a) de IV, p. 275).

D’après la prop. 5 de IV, p. 275, on a ϱ(0)=1E,ϱ(t)∗=ϱ(−t)\varrho (0) = 1_E,\varrho (t)^*=\varrho (-t) pour tout t∈Rt\in \mathbf{R} et ϱ(t1+t2)=ϱ(t1)ϱ(t2)\varrho (t_1+t_2) =\varrho (t_1)\varrho (t_2) pour tous t1t_1 et t2t_2 dans R\mathbf{R}. En particulier, l’endomorphisme ϱ(t)\varrho (t) est unitaire pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}. Pour tout x∈Ex\in E, l’application de R\mathbf{R} dans E définie par x↦ϱ(t)xx\mapsto \varrho (t)x est continue en t=0t= 0 d’après la prop. 6 de IV, p. 276, donc ϱ\varrho est une représentation unitaire de R\mathbf{R} dans E (V, p. 380, lemme 4).

Lemme 12 03B4

Soit ϱ\varrho une représentation unitaire de R\mathbf{R} dans E. Soit D l’ensemble des éléments xx de E tels que l’application ψx:t↦ϱ(t)x\psi_x:t\mapsto \varrho (t)x est dérivable en 0. L’application uu de D dans E donnée par x↦i−1ψx′(0)x\mapsto i^{-1}\psi '_x(0) définit un opérateur partiel symétrique sur E.

Soient f∈D(R)f\in \mathscr{D}(\mathbf{R}) et x∈Ex\in E. Posons y=ϱ(f)xy=\varrho (f)x. Pour tout h∈Rh\in \mathbf{R}, on a

ψy(h)=ϱ(h)ϱ(f)x=ϱ(f)ϱ(h)x \psi_y(h) =\varrho (h)\varrho (f)x=\varrho (f)\varrho (h)x
=∫Rf(t)ϱ(t+h)xdt=∫Rf(t−h)ψx(t)dt =\int_{\mathbf{R}}f(t)\varrho (t+h)x dt=\int_{\mathbf{R}}f(t-h)\psi_x(t)dt

La fonction de R2\mathbf{R}^2 dans C\mathbf{C} définie par (t,h)↦f(t−h)(t, h)\mapsto f(t-h) est indéfiniment dérivable ; sa dérivée par rapport à hh est la fonction définie par (t,h)↦(t, h)\mapsto −f′(t−h)-f'(t-h), qui est bornée par ∥f′∥∞\|f'\|_{\infty}. Lorsque h=0h= 0, cette dérivée est nulle pour tt en dehors d’un ensemble compact. Comme ∥ψx(t)∥=∥x∥\|\psi_x(t)\|=\|x\| pour tout tt, on déduit de la prop. 2 de IV, p. 197 que la fonction ψy\psi_y est dérivable en 0 et que sa dérivée est donnée par

ψy′(0)=−∫Rf′(t)ψx(t)dt=−ϱ(f′)x \psi '_y(0) =-\int_{\mathbf{R}}f'(t)\psi_x(t)dt=-\varrho (f')x

On a donc y∈Dy\in D. Comme l’espace D(R)\mathscr{D}(\mathbf{R}) est dense dans L1(R)L^1(\mathbf{R}) (prop. 4 de IV, p. 202) on déduit de INT, VIII, p. 139, § 2, no7^o7, prop. 10 que l’espace D est dense dans E.

Soient x1x_1 et x2x_2 dans D. On calcule

i i

⟨u(x1)∣x2⟩=\langle u(x_1)|x_2\rangle = lim ⟨(ϱ(h)−1E)x1∣x2⟩\langle (\varrho (h)-1_E)x_1|x_2\rangle

h→0h _{h\rightarrow 0}h
i i

= lim ⟨x1∣(ϱ(−h)−1E)x2⟩=⟨x1∣u(x2)⟩\langle x_1|(\varrho (-h)-1_E)x_2\rangle =\langle x_1|u(x_2)\rangle.

h→0h _{h\rightarrow 0}h

Par conséquent, l’opérateur partiel uu est symétrique.

Définition 5 03B5

Soit ϱ\varrho une représentation unitaire de R\mathbf{R} dans E. L’opérateur partiel symétrique défini dans le lemme 12 est appelé le générateur infinitésimal de ϱ\varrho.

Théorème 1 (Stone) 03B6

L’application σ\sigma qui à une représentation unitaire ϱ\varrho de R\mathbf{R} dans E associe son générateur infinitésimal uu définit une bijection de l’ensemble des représentations unitaires de R\mathbf{R} dans E dans l’ensemble des opérateurs partiels auto-adjoints sur E. La bijection réciproque τ\tau associe à un opérateur partiel auto-adjoint la représentation unitaire t↦eitut\mapsto e^{itu}.

Démontrons d’abord quelques lemmes.

Lemme 13 03B7

Soit ϱ\varrho une représentation unitaire de R\mathbf{R} dans E et soit uu son générateur infinitésimal.

a) Le domaine de uu est l’ensemble des x∈Ex\in E tels que l’application ψx:t↦ϱ(t)x\psi_x:t\mapsto \varrho (t)x est dérivable sur R\mathbf{R};

b) Pour tout t∈Rt\in \mathbf{R} et tout x∈x\in dom(uu), on a ϱ(t)x∈\varrho (t)x\in dom(uu) et ψx′(t)=iu(ϱ(t)x)\psi '_x(t) =iu(\varrho (t)x);

c) L’opérateur partiel uu est essentiellement auto-adjoint.

Pour tout x∈Ex\in E, notons ψx\psi_x l’application de R\mathbf{R} dans E définie par ψx(t)=ϱ(t)x\psi_x(t) =\varrho (t)x. Pour tout t∈Rt\in \mathbf{R} et tout h∈Rh\in \mathbf{R}, on a

ψx(t+h)−ψx(t)=ϱ(t)(ψx(h)−ψx(0)) \psi_x(t+h)-\psi_x(t) =\varrho (t)(\psi_x(h)-\psi_x(0))

ce qui démontre que dom(uu) est l’espace des éléments x∈Ex\in E tels que ψx\psi_x est dérivable sur R\mathbf{R} et établit que ψx′(t)=ϱ(t)ψx′(0)=iϱ(t)(u(x))\psi '_x(t) =\varrho (t)\psi '_x(0) =i\varrho (t)(u(x)) pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}.

Soient x∈x\in E et t∈Rt\in \mathbf{R}. On a ψϱ(t)x(s)=ψx(s+t)\psi_{\varrho(t)x}(s) =\psi_x(s+t) pour tout s∈Rs\in \mathbf{R}. Par conséquent, on a ϱ(t)x∈\varrho (t)x\in dom(uu) si x∈x\in dom(uu), et de plus u(ϱ(t)x)=i−1ψx′(t)=ϱ(t)u(x)u(\varrho (t)x) =i^{-1}\psi '_x(t) =\varrho (t)u(x) d’après a). On obtient alors l’assertion b).

Démontrons c). Soit x∈x\in Ker(u∗−i1Eu^*-i1_E). Démontrons que x=0x= 0. Soit y∈y\in dom(uu), et soit ff la fonction sur R\mathbf{R} définie par f(t)=⟨ψy(t)∣x⟩f(t) =\langle \psi_y(t)|x\rangle pour t∈Rt\in \mathbf{R}. La fonction ff est bornée puisque ∥ψy(t)∥=∥y∥\|\psi_y(t)\|=\|y\| pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}; elle est dérivable dans R\mathbf{R} et, pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}, l’assertion b) implique

f′(t)=⟨ψy′(t)∣x⟩=⟨iu(ϱ(t)y)∣x⟩ f'(t) =\langle \psi '_y(t)|x\rangle =\langle iu(\varrho (t)y)|x\rangle
=−i⟨ϱ(t)y∣u∗(x)⟩=−i⟨ψy(t)∣ix⟩=f(t) =-i\langle \varrho (t)y|u^*(x)\rangle =-i\langle \psi_y(t)|ix\rangle =f(t)

puisque u∗(x)=ixu^*(x) =ix. On a donc f(t)=f(0)etf(t) =f(0)e^t pour tout t∈Rt\in \mathbf{R} (FVR, IV, p. 27). Puisque ff est bornée, la fonction ff est nulle et, en particulier, on a ⟨y∣x⟩=f(0)=0\langle y|x\rangle =f(0) = 0. Comme l’espace dom(uu) est dense dans E, on conclut que x=0x= 0. De même, on démontre que Ker(u∗+i1Eu^*+i1_E) est réduit à 0. D’après le cor. 3 de IV, p. 261, l’opérateur partiel uu est donc essentiellement auto-adjoint.

Lemme 14 03B8

Soit uu un opérateur partiel auto-adjoint sur E et soit ϱ(t)=eitu\varrho (t) =e^{itu} la représentation unitaire de R\mathbf{R} définie par uu. Le générateur infinitésimal de ϱ\varrho est égal à uu.

Soit x∈x\in dom(uu). Posons ψx(t)=ϱ(t)x\psi_x(t) =\varrho (t)x pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}. Pour tout nombre réel hh non nul, on a

1h(ψx(t+h)−ψx(t))=(1h(eihu−1E))eitux=(1h(eihu−1E))ϱ(t)x \frac{1}{h}(\psi_x(t+h)-\psi_x(t)) =(\frac{1}{h}(e^{ihu}-1_E))e^{itu}x=(\frac{1}{h}(e^{ihu}-1_E))\varrho (t)x

Lorsque hh tend vers 0, on a

1 iht_{iht}

(e−1)→it (e-1)\rightarrow it
h h

pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}. De plus,

∣1h(eiht−1)∣=∣t∣∣1h∫0heitsds∣⩽∣t∣ |\frac{1}{h}(e^{iht}-1)|=|t||\frac{1}{h}\int_0^he^{its}ds|\leqslant |t|

Il résulte alors de la prop. 6 de IV, p. 276 que la fonction ψx\psi_x est dérivable sur R\mathbf{R} et vérifie ψx′(t)=iu(ϱ(t)x)\psi '_x(t) =iu(\varrho (t)x) pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}. Par conséquent, le domaine de uu est inclus dans l’ensemble des x∈Ex\in E tels que ψx\psi_x est dérivable en 0 et qu’on a alors ψx′(0)=iu(x)\psi '_x(0) =iu(x). Cela signifie par définition que le générateur infinitésimal de ϱ\varrho est une extension de uu. Ces deux opérateurs sont donc égaux puisqu’ils sont symétriques et que uu est auto-adjoint (IV, p. 238, remarque 5).

Lemme 15 03B9

Soit ϱ\varrho une représentation unitaire de R\mathbf{R} dans E. Alors le générateur infinitésimal uu de ϱ\varrho est auto-adjoint et ϱ(t)=eitu\varrho (t) =e^{itu} pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}.

D’après le lemme 13, c), l’opérateur partiel uu est essentiellement auto-adjoint. Sa fermeture u‾\overline{u} est donc un opérateur auto-adjoint. Notons π\pi la représentation unitaire de R\mathbf{R} définie par π(t)=eitu\pi (t) =e^{itu} (lemme 11).

Pour tout x∈Ex\in E, notons ψx\psi_x (resp. ψ~x\widetilde{\psi}_x) l’application de R\mathbf{R} dans E définie par ψx(t)=ϱ(t)x\psi_x(t) =\varrho (t)x (resp. par ψ~x(t)=π(t)x\widetilde{\psi}_x(t) =\pi (t)x).

D’après le lemme 13, a) et b), l’espace dom(uu) est le sous-espace de E formé des éléments x∈Ex\in E tels que l’application ψx\psi_x est dérivable sur R\mathbf{R}, et pour tout x∈x\in dom(uu) et tout t∈Rt\in \mathbf{R}, on a ψx′(t)=iu(ψx(t))\psi '_x(t) =iu(\psi_x(t)). De même, l’espace dom(u‾\overline{u}) est le sous-espace de E formé des éléments x∈Ex\in E tels que l’application ψ~x\widetilde{\psi}_x est dérivable sur R\mathbf{R}, et pour tout x∈x\in dom(u‾\overline{u}) et tout t∈Rt\in \mathbf{R}, on a ψ~x′(t)=iu(ψ~x(t))\widetilde{\psi}'_x(t) =iu(\widetilde{\psi}_x(t)).

Soit x∈x\in dom(uu)⊂\subset dom(u‾\overline{u}). Posons f=ψx−ψ~xf=\psi_x-\widetilde{\psi}_x. C’est une fonction dérivable de R\mathbf{R} dans E. Pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}, il vient

f′(t)=iu(ψx(t))−iu(ψ~x(t))=iu(f(t)) f'(t) =iu(\psi_x(t))-iu(\widetilde{\psi}_x(t)) =iu(f(t))

puisque ψx(t)∈\psi_x(t)\in dom(uu) et u⊂u‾u\subset \overline{u}. Posons g=∥f∥2g=\|f\|^2; c’est une application dérivable de R\mathbf{R} dans R\mathbf{R} telle que g(0)=0g(0) = 0. Pour t∈Rt\in \mathbf{R}, on obtient d’après FVR, I, p. 28, prop. 2

g′(t)=⟨f′(t)∣f(t)⟩+⟨f(t)∣f′(t)⟩ g'(t) =\langle f'(t)|f(t)\rangle +\langle f(t)|f'(t)\rangle
=⟨iu(f(t))∣f(t)⟩+⟨f(t)∣iu(f(t))⟩=0 =\langle iu(f(t))|f(t)\rangle +\langle f(t)|iu(f(t))\rangle = 0

puisque u‾\overline{u} est auto-adjoint. On a donc f=0f= 0, d’où ϱ(t)x=π(t)x\varrho (t)x=\pi (t)x pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}. Les endomorphismes continus ϱ(t)\varrho (t) et π(t)\pi (t) de E coïncident sur dom(uu), et sont donc égaux pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}. Ainsi, on a π=ϱ\pi =\varrho; comme u‾\overline{u} est le générateur infinitésimal de π\pi (lemme. 14), on a u‾=u\overline{u}=u, ce qui démontre que uu est auto-adjoint.

Nous pouvons maintenant démontrer le th. 1.

Les applications σ\sigma et τ\tau sont bien définies (lemme 15 et lemme 11, respectivement).

Soit ϱ\varrho une représentation unitaire de R\mathbf{R}. Notons uu son générateur infinitésimal. La relation ϱ(t)=eitu\varrho (t) =e^{itu} pour tout t∈Rt\in \mathbf{R} (lemme 15) démontre que τ∘σ\tau \circ \sigma est l’application identique.

Soit uu un opérateur partiel auto-adjoint sur E. Le lemme 14 démontre que le générateur infinitésimal de la représentation unitaire t↦eitut\mapsto e^{itu} est égal à uu, donc σ∘τ\sigma \circ \tau est l’application identique.

Soit uu un opérateur partiel auto-adjoint sur E et soit ϱ(t)=eitu\varrho (t) =e^{itu} pour t∈Rt\in \mathbf{R} la représentation unitaire de R\mathbf{R} dans E qui lui est associée. Soit x∈x\in dom(uu). L’équation ∂tϱ(t)x=iu(ϱ(t)x)\partial_t\varrho (t)x=iu(\varrho (t)x) qui est alors satisfaite (lemme 13, b)) est appelée l’équation de Schrödinger.

Corollaire 03BA

Soit ϱ\varrho une représentation unitaire de R\mathbf{R} dans un espace hilbertien E. Il existe un espace localement compact X, une mesure positive μ\mu sur X et une fonction continue gg sur X à valeurs réelles tels que ϱ\varrho est isomorphe à la représentation π\pi de R\mathbf{R} dans L2(X,μ)L^2(X, \mu) définie par π(t)f=eitgf\pi (t)f=e^{itg}f pour tout t∈Rt\in \mathbf{R} et tout f∈L2(X,μ)f\in L^2(X, \mu).

Soit uu l’opérateur auto-adjoint sur E tel que ϱ(t)=eitu\varrho (t) =e^{itu} pour tout t∈Rt\in \mathbf{R} (théorème 1). Il existe un espace localement compact X, une mesure positive μ\mu sur X, un isomorphisme isométrique θ\theta de L2(X,μ)L^2(X, \mu) sur E et une fonction continue gg sur X à valeurs réelles tels que u=θ∘mg∘θ−1u=\theta \circ m_g\circ \theta^{-1} (th. 1 de IV, p. 266). L’assertion résulte de la formule eitu=θ∘eitmg∘θ−1=θ∘meitg∘θ−1e^{itu}=\theta \circ e^{itm_g}\circ \theta^{-1}=\theta \circ m_{e^{itg}}\circ \theta^{-1} (lemme 4 de IV, p. 269).

Remarque 03BB

Supposons que uu est un endomorphisme de E. La représentation unitaire de R\mathbf{R} dans E définie par ϱ(t)=eitu\varrho (t) =e^{itu} vérifie alors l’inégalité ∥ϱ(t)−1E∥⩽∣t∣∥u∥\|\varrho (t)-1_E\|\leqslant |t| \|u\| pour tout t∈Rt\in \mathbf{R}, et l’application ϱ\varrho de R\mathbf{R} dans l’espace de Banach L(E)\mathscr{L}(E) est l’unique solution de l’équation différentielle linéaire

1dϱ 1d\varrho
=u∘ϱ =u\circ \varrho
idt idt

(cf. FVR, IV, p. 26, §6).

Exemple 03BC

Soit ϱ\varrho la représentation régulière de R\mathbf{R} dans L2(R)L^2(\mathbf{R}). Le générateur infinitésimal de ϱ\varrho est la fermeture de l’opérateur différentiel de domaine D(R)\mathscr{D}(\mathbf{R}) défini par f↦−if′f\mapsto -if'.

Exercices

Dans les exercices de ce paragraphe, sauf mention du contraire, G désigne un groupe topologique localement compact, muni d’une mesure de Haar à gauche qui est notée μ\mu.

See the exercises for § 2.

Transcribed from the printed volume. Not translated.