§ 7. Anneaux simples
1. Anneaux simples
Proposition 1 0081
Soit A un anneau non nul. Les conditions suivantes sont équivalentes :
Cite 4 · Cité par 6
Cite Proposition 10, VIII § 4, Proposition 6, VIII § 5, Proposition 5, VIII § 3, Proposition 2, VIII § 4
Cité par Définition 1, Lemme 1, Remarque 1, Remarque 2, Proposition 3, Lemme 1, VIII § 8
(i) Le A-module est isotypique ;
(ii) L’anneau A est artinien à gauche et tout idéal bilatère de A est égal à 0 ou à A ;
(iii) L’anneau A est artinien à gauche et il existe un A-module à gauche S qui est simple et fidèle.
Si ces conditions sont satisfaites, le A-module est de longueur finie et isotypique de type S, et tout A-module simple est isomorphe à S.
Démontrons que (i) entraîne (ii). Sous les hypothèses de (i), le A-module de type fini est semi-simple, donc de longueur finie et artinien (VIII, p. 67, prop. 10) ; par suite, l’anneau A est artinien à gauche. Les endomorphismes du A-module à gauche sont les multiplications à droite par les éléments de A. Comme le A-module à gauche est isotypique, il résulte de la prop. 6, b) de VIII, p. 81, que le -bimodule est simple. Les sous-bimodules de sont les idéaux bilatères de A, donc (i) implique (ii).
Démontrons que (ii) entraîne (iii). L’anneau A n’est pas réduit à 0 ; par suite, il existe un A-module simple S. L’annulateur de S est un idéal bilatère de A, distinct de A. Sous les hypothèses de (ii), il est égal à 0. Le A-module S est alors fidèle et (ii) entraîne (iii).
Démontrons que (iii) entraîne (i). Sous les hypothèses de (iii), il existe un entier tel que soit isomorphe à un sous-module de (VIII, p. 46, prop. 5, a)). Puisque est un A-module isotypique de type S, il en est de même de (VIII, p. 57, prop. 2) ; donc (iii) implique (i).
Supposons les conditions (i) à (iii) satisfaites. Nous avons vu au cours de la démonstration que le A-module est de longueur finie et isotypique de type S. Tout A-module à gauche simple est isomorphe à un quotient de , donc à S.
Définition 1 0082
On dit que l’anneau A est simple s’il satisfait aux conditions équivalentes (i), (ii) et (iii) de la proposition 1. Soit K un corps commutatif ; une K-algèbre est dite simple si son anneau sous-jacent est simple.
Cite 1 · Cité par 2
Cite Proposition 1
Cité par Corollaire 1, VIII § 12, Théorème 1 (Wedderburn), VIII § 8
Remarque 1 0083
Rappelons que d’après le th. 1 de I, p. 109, les conditions suivantes sont équivalentes :
(i) Le A-module est simple ;
(ii) L’anneau A n’est pas réduit à 0, et il n’existe aucun idéal à gauche de A distinct de 0 et de A ;
(iii) L’anneau A est un corps.
Par conséquent, compte tenu de la condition (ii) de la prop. 1, les anneaux simples commutatifs ne sont autres que les corps commutatifs.
Remarque 2 0084
☡ On dit parfois qu’un anneau A est quasi-simple s’il n’est pas réduit à 0 et si ses seuls idéaux bilatères sont 0 et A. On dit que A est primitif s’il possède un module simple et fidèle. D’après la prop. 1, tout anneau simple est quasi-simple. Comme tout anneau non réduit à 0 possède un module simple et que l’annulateur d’un module simple est un idéal bilatère, on voit que tout anneau quasi-simple est primitif. Cependant, il existe des anneaux quasi-simples qui ne sont pas simples, et des anneaux primitifs qui ne sont pas quasi-simples (VIII, p. 124, exerc. 2) ; de tels anneaux ne sont pas artiniens à gauche.
Cite 2 · Cité par 3
Cite Exercice 2, § 7, Proposition 1
Cité par Exercice 5, § 12, Exercice 2, § 7, Exercice 3, § 7
Théorème 1 (Wedderburn) 00S3
Pour qu’un anneau soit simple, il faut et il suffit qu’il soit isomorphe à un anneau de matrices , où est un entier et D un corps.
Cité par 13
Cité par Corollaire 2, AC VI § 8, VIII, p. 120, Theorem 1, VIII § 11. Groupes de Grothendieck, Définition 1, VIII § 14, Lemme 4, VIII § 14, Proposition 3, VIII § 15, Proposition 4, VIII § 15, Exemple 1, VIII § 17, Corollaire 1, VIII § 18, Proposition 4, VIII § 19, Proposition 5, VIII § 19, Lemme 2, Théorème 1 (Wedderburn), VIII § 8
Lemme 1 0085
Soient A un anneau simple, S un A-module à gauche simple et D l’anneau opposé du corps End. Alors S est un -bimodule inversible. C’est aussi un espace vectoriel à droite de dimension finie sur D et l’application est un isomorphisme d’anneaux de A sur End.
Cite 2 · Cité par 5
Cite Théorème 1, VIII § 5, Proposition 1
Cité par Corollaire 3, Lemme 3, Remarque 3, Proposition 2, Proposition 5, VIII § 8
D’après la prop. 1 de VIII, p. 115, le A-module est de longueur finie, et isotypique de type S. Il existe donc un entier tel que les A-modules et soient isomorphes. Alors le A-module S est projectif et de type fini. Il est générateur (VIII, p. 76, th. 1) et le lemme 1 résulte du th. 1 de VIII, p. 97, (ii)(i) et (ii)(iii) appliqué au -bimodule S.
Lemme 2 00R7
Soient D un corps et V un espace vectoriel à droite de dimension finie sur le corps D. Alors V est un module simple sur l’anneau E = Endet son commutant est égal à . L’anneau E est simple et sa longueur à gauche est égale à .
Cite 5 · Cité par 6
Cite Exemple 3, VIII § 3, Corollaire 1, VIII § 5, II § 10. Matrices, II § 7. Espaces vectoriels, Théorème 1 (Wedderburn)
Cité par Exemple 1, VIII § 17, Corollaire 1, Corollaire 2, Remarque 3, Proposition 4, Proposition 11, VIII § 8
On sait que V est un E-module simple (VIII, p. 41, exemple 3) et que son commutant est égal à (VIII, p. 78, cor. 1). Soit une base de V sur le corps D. L’application est un isomorphisme du E-module sur le E-module ; par suite, le E-module est isotypique de longueur , donc l’anneau E est simple.
Démontrons maintenant le théorème 1. Rappelons (II, p. 150) que l’anneau s’identifie à l’anneau des endomorphismes du D-espace vectoriel à droite ; de plus, tout espace vectoriel à droite de dimension finie sur un corps D est isomorphe à (II, p. 97). Le théorème 1 résulte donc des lemmes 1 et 2.
Remarque 3 0086
Soit A un anneau simple, soient S un A-module simple et D l’anneau opposé du corps End. Alors le A-module est de longueur finie et dim est égal à long(A). En effet, par le lemme 1, l’anneau A est isomorphe à End et on applique le lemme 2.
Corollaire 1 0087
a) Le centre d’un anneau simple est un corps.
Cite 2 · Cité par 6
Cite Corollaire 2, VIII § 5, Lemme 2
Cité par Corollaire, VIII § 12, Corollaire 1, VIII § 12, Définition 1, VIII § 14, Théorème 3 (Skolem-Noether), VIII § 14, Lemme 6, VIII § 17, Proposition 2, VIII § 8
b) L’anneau opposé d’un anneau simple est simple.
c) La longueur à gauche d’un anneau simple est égale à sa longueur à droite.
Soient D un corps, Z son centre et V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie . On note E l’anneau des endomorphismes de V.
L’application est un isomorphisme de Z sur le centre de E d’après le corollaire 2 de VIII, p. 78. L’assertion a) résulte de là. Le dual de V est un espace vectoriel à droite sur le corps opposé de D et sa dimension est égale à . L’application est un isomorphisme de l’anneau opposé de E sur l’anneau End. Par suite, l’anneau est simple et les anneaux E et ont la même longueur à gauche, égale à (lemme 2).
Corollaire 2 0088
Soient et des entiers strictement positifs et soient D et des corps. Pour que les anneaux et soient isomorphes, il faut et il suffit que l’on ait et que les corps D et soient isomorphes.
Cite 3 · Cité par 2
Cite Exemple 1, VIII § 6, Proposition 13, VIII § 6, Lemme 2
Cité par Proposition 3, VIII § 15, LIE I § 4. Algèbres de Lie nilpotentes
La condition est évidemment suffisante.
Réciproquement, supposons que les anneaux et soient isomorphes. Comme est la longueur de et celle de (lemme 2), on a . De plus, B est équivalent à D au sens de Morita et à (VIII, p. 98, exemple 1). Par suite, les corps D et sont équivalents au sens de Morita, donc isomorphes (VIII, p. 107, prop. 13, c)).
Corollaire 3 0089
Soit K un corps commutatif et soit A une K-algèbre de degré fini dont l’anneau sous-jacent est simple. Il existe un entier et une K-algèbre D de degré fini sur K qui est un corps tels que A soit isomorphe à . En particulier, si K est algébriquement clos, A est isomorphe à une algèbre de matrices sur K.
Cite 2 · Cité par 2
Cite Théorème 1, VIII § 3, Lemme 1
Cité par Définition 1, VIII § 14, Théorème 1, VIII § 14
Soit S un A-module à gauche simple ; c’est un K-espace vectoriel de dimension finie sur K. Son commutant est donc une algèbre de degré fini sur K. La première assertion résulte alors du lemme 1. Si K est algébriquement clos, alors D = K par le th. 1 de VIII, p. 43.
Remarque 4 008A
Soit K un corps commutatif algébriquement clos et soit A une algèbre de degré fini sur K. L’algèbre A est simple si et seulement s’il existe un entier tel que A soit isomorphe à . Son centre est alors isomorphe à K.
Cité par 1
Cité par Remarque 2, VIII § 8
2. Modules sur un anneau simple
Lemme 3 008B
Soit A un anneau simple et soit S un A-module simple. Notons D le corps opposé du commutant de S. Tout A-module est isomorphe à un A-module de la forme , où V est un espace vectoriel à gauche sur le corps D.
Cite 2 · Cité par 2
Cite VIII § 6. Équivalence de Morita des modules et des algèbres, Lemme 1
Cité par Proposition 2, Proposition 4
Cela résulte du lemme 1 de VIII, p. 116 et du théorème de Morita (VIII, p. 99).
Proposition 2 008C
Soient A un anneau simple et S un A-module simple.
Cite 4 · Cité par 5
Cite Lemme 1, Lemme 3, VIII § 6. Équivalence de Morita des modules et des algèbres, Corollary 3, E III § 6
Cité par Lemme 2, VIII § 14, Définition 2, Corollaire, Proposition 3, Proposition 4
a) Tout A-module est projectif et isotypique de type S, donc semi-simple. Si est sa longueur, il est isomorphe à .
b) Tout A-module non nul est générateur.
c) Deux A-modules sont isomorphes si et seulement s’ils ont même longueur.
Notons D le corps opposé du commutant de S. D’après le lemme 1 de VIII, p. 116, S est un , D)-bimodule inversible. Soit M un A-module ; d’après le lemme 3, il est isomorphe à un module de la forme , où V est un espace vectoriel à gauche sur le corps D.
Le D-module V est projectif et isotypique de type ; il est générateur si et seulement s’il n’est pas réduit à 0. Enfin, la longueur de est égale à la dimension du D-espace vectoriel V, et deux espaces vectoriels sont isomorphes si et seulement s’ils ont même dimension. La prop. 2 résulte de là, compte tenu de la prop. 10 de VIII, p. 104 et de la prop. 12 de VIII, p. 106.
Soit un entier. Nous dirons qu’un cardinal est divisible par s’il existe un cardinal tel que . Il en est ainsi si est infini, puisqu’on a (E, III, p. 49, cor. 3) ; il résulte de cette remarque que si le cardinal est divisible par , il existe un unique cardinal tel que .
Corollaire 008D
Soit un corps commutatif et soit A une -algèbre simple de degré fini sur . Tout A-module simple est de dimension finie sur ;pour que deux A-modules soient isomorphes, il faut et il suffit que leur dimension sur soient égales.
Cite 1
Cite Proposition 2
Tout A-module simple sur A est isomorphe à un quotient de , donc de dimension finie sur . Le corollaire résulte alors de la prop. 2, c) de VIII, p. 118.
Proposition 3 008E
Soit A un anneau simple. Pour qu’un A-module M soit libre, il faut et il suffit que sa longueur soit divisible par la longueur de A. S’il en est ainsi, toutes les bases de M ont le même cardinal, noté dim (II, p. 98, remarque 2), et caractérisé par la relation
Cite 3 · Cité par 1
Cite VIII § 4. Modules semi-simples, Proposition 1, Proposition 2
Cité par Proposition 5
(1) long long(A) dim.
Supposons que M soit libre et soit une base de M. Le A-module M est somme directe des A-modules , eux-mêmes isomorphes à . Posons long; c’est un entier supérieur ou égal à 1 (VIII, p. 115, prop. 1). On a long Card(I) d’après la formule (13) de VIII, p. 68.
Réciproquement, supposons que le cardinal long soit divisible par . Soit le cardinal tel que long. Alors le A-module M a même longueur que , donc lui est isomorphe d’après la prop. 2. Ceci prouve que M est libre.
Proposition 4 008F
Soient A un anneau simple et M un A-module non nul. Notons B l’anneau des endomorphismes du A-module M, et considérons M comme un B-module à gauche.
Cite 8 · Cité par 3
Cite Théorème 2, VIII § 5, Proposition 2, Remarque 1, VIII § 4, Théorème 3, VIII § 4, Lemme 2, Lemme 3, VIII § 4. Modules semi-simples, § 7. Anneaux simples
Cité par Proposition 12, VIII § 11, Théorème 5, VIII § 14, Remarque 1
a) L’application est un isomorphisme de A sur l’anneau des endomorphismes du B-module M.
b) Supposons que M soit de longueur finie comme A-module. Alors l’anneau B est simple et l’on a
(2) long long(B) et long long(A).
Le A-module M est générateur d’après la prop. 2 de VIII, p. 118 ; on a par définition et l’assertion a) résulte donc du th. 2 de VIII, p. 78.
Supposons que M soit un A-module de longueur finie. Choisissons un A-module simple S et notons D le corps opposé de l’anneau des endomorphismes de S. D’après le lemme 3 le A-module M est isomorphe à un module de la forme où V est un espace vectoriel à gauche sur le corps D. L’espace vectoriel V est de dimension finie. D’après le th. 3 de VIII, p. 60, l’anneau B est isomorphe à End; d’après le lemme 2 (VIII, p. 117) l’anneau B est donc simple et, compte tenu de la remarque 1 de VIII, p. 59, on obtient les égalités
long(B) = dim long.
Par la remarque 1 de VIII, p. 59 et la remarque 3 de VIII, p. 117, on a les relations
long long dim long(A)
ce qui démontre la dernière formule.
3. Degrés
Considérons un anneau B et un sous-anneau A de B. On munit B de la structure de , A)-bimodule déduite par restriction des scalaires de la structure de -bimodule de .
Proposition 5 008G
Soit B un anneau, soit A un sous-anneau simple de B et soit S un A-module à gauche simple. Alors B est un A-module à gauche libre de dimension long.
Cite 3 · Cité par 3
Cite II § 3. Produits tensoriels, Proposition 7, II § 3, Proposition 3
Cité par VIII § 11. Groupes de Grothendieck, Lemme 6, VIII § 17, Définition 2
Soit la longueur de A ; le A-module est isomorphe à . Or le A-module à gauche B est isomorphe à (II, p. 56), donc à (II, p. 61, prop. 7). On a donc long long, et la prop. 5 résulte de la prop. 3 de VIII, p. 119.
Définition 2 008H
Soient B un anneau, A un sous-anneau simple de B. On appelle degré (à gauche) de B sur A, et l’on note [^1] , la dimension du A-module à gauche libre B.
En remplaçant A et B par les anneaux opposés, on déduit de ce qui précède que B est un A-module à droite libre ; on notera sa dimension, et on l’appellera le degré à droite de B sur A.
☡ On peut donner un exemple d’un corps B et d’un sous-corps A tels que les degrés et soient distincts[^2].
Soit B un anneau, soit A un sous-anneau simple de B et soit S un A-module à gauche simple. Soient M un A-module à gauche et sa longueur. Les A-modules M et sont isomorphes (VIII, p. 118, prop. 2), donc les B-modules et sont isomorphes. De la prop. 5 et de la définition 2, on déduit la relation
(3) long long.
Proposition 6 008I
Soient C un anneau, B un sous-anneau simple de C, et A un sous-anneau simple de B. On a alors .
Introduisons une base de C considéré comme B-module à gauche, et une base de B considéré comme A-module à gauche. Alors la famille est une base de C considéré comme A-module à gauche (II, p. 31, prop. 25), d’où la prop. 6.
Remarque 1 008J
Supposons que A soit un sous-anneau simple d’un anneau simple B et que le degré à droite soit fini. Soit C l’anneau des endomorphismes de B considéré comme A-module à droite ; c’est un anneau simple d’après la prop. 4, b) de VIII, p. 119. Pour tout dans B, soit l’application de B dans B ; alors est un isomorphisme de B sur un sous-anneau de C. De plus, si est une base du A-module à droite B, le morphisme qui applique sur est un isomorphisme de B-modules à gauche de C sur , d’où la relation
Compte tenu de la formule (2) de VIII, p. 119 appliquée au A-module à droite B, on a
(5) long(C) long(A).
Cite 2
Remarque 2 008K
Soit K un corps commutatif. Si A est une sous-algèbre simple d’une algèbre B, de degré fini sur K, le degré à gauche de B sur A satisfait à la relation [B : K] d’après la prop. 6 de VIII, p. 121. On a de même , d’où l’égalité .
Cite 1
Cite Proposition 6
4. Idéaux des anneaux simples
Soient D un corps et V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie . On considère l’anneau simple A = End. Pour tout sous-espace vectoriel W de V, on note (resp. ) l’ensemble des éléments de A satisfaisant (resp. ).
Proposition 7 008L
a) L’application est une bijection de l’ensemble des sous-espaces vectoriels de V sur l’ensemble des idéaux à gauche de A.
Cite 1
Cite Exemple 1, VIII § 6
b) L’application est une bijection de l’ensemble des sous-espaces vectoriels de V sur l’ensemble des idéaux à droite de A.
c) Soient et des sous-espaces vectoriels de V. Les relations , et sont équivalentes.
L’assertion b) résulte de l’exemple 1, b) de VIII, p. 100 appliquée au -bimodule inversible V, de même que l’équivalence des relations et .
Soit le dual de V, considéré comme espace vectoriel à droite sur le corps opposé de D. Pour tout sous-espace W de V, notons l’orthogonal de W dans . L’application est une bijection de l’ensemble des sous-espaces de V sur l’ensemble des sous-espaces de . Si et sont deux sous-espaces de V, les relations et sont équivalentes. Or, l’application est un isomorphisme de A sur l’anneau opposé de End; elle transforme idéaux à gauche de A en idéaux à droite de End, et en l’ensemble des endomorphismes de tels que . L’assertion a), ainsi que l’équivalence des relations et , résultent alors de l’assertion analogue à b) pour le dual de V.
Corollaire 008M
a) Les idéaux à gauche minimaux de A sont les idéaux , où H est un hyperplan de V ; les idéaux à gauche maximaux de A sont les idéaux , où L est une droite de V ;
Cite 1
Cite II § 10. Matrices
b) Les idéaux à droite minimaux de A sont les idéaux , où L est une droite de V ; les idéaux à droite maximaux de A sont les idéaux , où H est un hyperplan de V.
Soit une famille de droites dont V soit somme directe. Soit la famille de projecteurs associée à la décomposition . Les sont des idempotents dans A, on a pour et . Notons l’hyperplan ; c’est le noyau de . On a alors
Le A-module est somme directe de la famille d’idéaux à gauche minimaux, et est somme directe de la famille d’idéaux à droite minimaux.
Considérons le cas particulier et identifions A à l’anneau de matrices . Notons I l’intervalle de et la base canonique de V ; posons , et notons les unités matricielles (II, p. 142). On a alors . L’idéal à gauche AE est égal à DE DE et se compose des matrices dont toutes les colonnes à l’exception de la -ème sont nulles. L’idéal à droite est égal à DE DE et se compose des matrices dont toutes les lignes à l’exception de la -ème sont nulles. On a aussi la relation
pour et compris entre 1 et .
Exercices
See the exercises for § 7.
[^1]: Si A et B sont des corps commutatifs, on prendra soin de ne pas confondre le degré qui est égal à [B : A] avec le degré séparable de l’extension B de A, défini en V, p. 30, et noté aussi . [^2]: cf. A. H. Schofield, Artin’s problem for skew field extensions, Math. Proc. Cambridge Philos. Soc. 97 (1985), p. 1–6.