Bourbaki

§ 7. Anneaux simples

1. Anneaux simples

Proposition 1 0081

Soit A un anneau non nul. Les conditions suivantes sont équivalentes :

Cite 4 · Cité par 6

Cite Proposition 10, VIII § 4, Proposition 6, VIII § 5, Proposition 5, VIII § 3, Proposition 2, VIII § 4

Cité par Définition 1, Lemme 1, Remarque 1, Remarque 2, Proposition 3, Lemme 1, VIII § 8

(i) Le A-module AsA_s est isotypique ;

(ii) L’anneau A est artinien à gauche et tout idéal bilatère de A est égal à 0 ou à A ;

(iii) L’anneau A est artinien à gauche et il existe un A-module à gauche S qui est simple et fidèle.

Si ces conditions sont satisfaites, le A-module AsA_s est de longueur finie et isotypique de type S, et tout A-module simple est isomorphe à S.

Démontrons que (i) entraîne (ii). Sous les hypothèses de (i), le A-module de type fini AsA_s est semi-simple, donc de longueur finie et artinien (VIII, p. 67, prop. 10) ; par suite, l’anneau A est artinien à gauche. Les endomorphismes du A-module à gauche AsA_s sont les multiplications à droite par les éléments de A. Comme le A-module à gauche AsA_s est isotypique, il résulte de la prop. 6, b) de VIII, p. 81, que le (A,A)(A,A)-bimodule sAd_sA_d est simple. Les sous-bimodules de sAd_sA_d sont les idéaux bilatères de A, donc (i) implique (ii).

Démontrons que (ii) entraîne (iii). L’anneau A n’est pas réduit à 0 ; par suite, il existe un A-module simple S. L’annulateur de S est un idéal bilatère de A, distinct de A. Sous les hypothèses de (ii), il est égal à 0. Le A-module S est alors fidèle et (ii) entraîne (iii).

Démontrons que (iii) entraîne (i). Sous les hypothèses de (iii), il existe un entier m⩾1m\geqslant 1 tel que AsA_s soit isomorphe à un sous-module de SmS^m (VIII, p. 46, prop. 5, a)). Puisque SmS^m est un A-module isotypique de type S, il en est de même de AsA_s (VIII, p. 57, prop. 2) ; donc (iii) implique (i).

Supposons les conditions (i) à (iii) satisfaites. Nous avons vu au cours de la démonstration que le A-module AsA_s est de longueur finie et isotypique de type S. Tout A-module à gauche simple est isomorphe à un quotient de AsA_s, donc à S.

Définition 1 0082

On dit que l’anneau A est simple s’il satisfait aux conditions équivalentes (i), (ii) et (iii) de la proposition 1. Soit K un corps commutatif ; une K-algèbre est dite simple si son anneau sous-jacent est simple.

Cite 1 · Cité par 2

Cite Proposition 1

Cité par Corollaire 1, VIII § 12, Théorème 1 (Wedderburn), VIII § 8

Remarque 1 0083

Rappelons que d’après le th. 1 de I, p. 109, les conditions suivantes sont équivalentes :

(i) Le A-module AsA_s est simple ;

(ii) L’anneau A n’est pas réduit à 0, et il n’existe aucun idéal à gauche de A distinct de 0 et de A ;

(iii) L’anneau A est un corps.

Par conséquent, compte tenu de la condition (ii) de la prop. 1, les anneaux simples commutatifs ne sont autres que les corps commutatifs.

Cite 1 · Cité par 1

Cite Proposition 1

Cité par Proposition 3, VIII § 8

Remarque 2 0084

☡ On dit parfois qu’un anneau A est quasi-simple s’il n’est pas réduit à 0 et si ses seuls idéaux bilatères sont 0 et A. On dit que A est primitif s’il possède un module simple et fidèle. D’après la prop. 1, tout anneau simple est quasi-simple. Comme tout anneau non réduit à 0 possède un module simple et que l’annulateur d’un module simple est un idéal bilatère, on voit que tout anneau quasi-simple est primitif. Cependant, il existe des anneaux quasi-simples qui ne sont pas simples, et des anneaux primitifs qui ne sont pas quasi-simples (VIII, p. 124, exerc. 2) ; de tels anneaux ne sont pas artiniens à gauche.

Cite 2 · Cité par 3

Cite Exercice 2, § 7, Proposition 1

Cité par Exercice 5, § 12, Exercice 2, § 7, Exercice 3, § 7

Théorème 1 (Wedderburn) 00S3

Pour qu’un anneau soit simple, il faut et il suffit qu’il soit isomorphe à un anneau de matrices Mr(D)\mathbf{M}_r(D), où r⩾1r\geqslant 1est un entier et D un corps.

Cité par 13

Cité par Corollaire 2, AC VI § 8, VIII, p. 120, Theorem 1, VIII § 11. Groupes de Grothendieck, Définition 1, VIII § 14, Lemme 4, VIII § 14, Proposition 3, VIII § 15, Proposition 4, VIII § 15, Exemple 1, VIII § 17, Corollaire 1, VIII § 18, Proposition 4, VIII § 19, Proposition 5, VIII § 19, Lemme 2, Théorème 1 (Wedderburn), VIII § 8

Lemme 1 0085

Soient A un anneau simple, S un A-module à gauche simple et D l’anneau opposé du corps EndA(S)_A(S). Alors S est un (A,D)(A,D)-bimodule inversible. C’est aussi un espace vectoriel à droite de dimension finie sur D et l’application a→aSa\rightarrow a_S est un isomorphisme d’anneaux de A sur EndD(S)_D(S).

Cite 2 · Cité par 5

Cite Théorème 1, VIII § 5, Proposition 1

Cité par Corollaire 3, Lemme 3, Remarque 3, Proposition 2, Proposition 5, VIII § 8

D’après la prop. 1 de VIII, p. 115, le A-module AsA_s est de longueur finie, et isotypique de type S. Il existe donc un entier m⩾1m\geqslant 1 tel que les A-modules AsA_s et SmS^m soient isomorphes. Alors le A-module S est projectif et de type fini. Il est générateur (VIII, p. 76, th. 1) et le lemme 1 résulte du th. 1 de VIII, p. 97, (ii)⇒\Rightarrow(i) et (ii)⇒\Rightarrow(iii) appliqué au (A,D)Z(A,D)_{\mathbf{Z}}-bimodule S.

Lemme 2 00R7

Soient D un corps et V un espace vectoriel à droite de dimension finie r⩾1r\geqslant 1sur le corps D. Alors V est un module simple sur l’anneau E = EndD(V)_D(V)et son commutant est égal à DVD_V. L’anneau E est simple et sa longueur à gauche est égale à rr.

Cite 5 · Cité par 6

Cite Exemple 3, VIII § 3, Corollaire 1, VIII § 5, II § 10. Matrices, II § 7. Espaces vectoriels, Théorème 1 (Wedderburn)

Cité par Exemple 1, VIII § 17, Corollaire 1, Corollaire 2, Remarque 3, Proposition 4, Proposition 11, VIII § 8

On sait que V est un E-module simple (VIII, p. 41, exemple 3) et que son commutant est égal à DVD_V (VIII, p. 78, cor. 1). Soit (xi)1⩽i⩽r(x_i)_{1\leqslant i\leqslant r} une base de V sur le corps D. L’application u→(u(xi))1⩽i⩽ru\rightarrow (u(x_i))_{1\leqslant i\leqslant r} est un isomorphisme du E-module EsE_s sur le E-module VrV^r; par suite, le E-module EsE_s est isotypique de longueur rr, donc l’anneau E est simple.

Démontrons maintenant le théorème 1. Rappelons (II, p. 150) que l’anneau Mr(D)\mathbf{M}_r(D) s’identifie à l’anneau des endomorphismes du D-espace vectoriel à droite DdrD^r_d; de plus, tout espace vectoriel à droite de dimension finie rr sur un corps D est isomorphe à DdrD^r_d (II, p. 97). Le théorème 1 résulte donc des lemmes 1 et 2.

Remarque 3 0086

Soit A un anneau simple, soient S un A-module simple et D l’anneau opposé du corps EndA(S)_A(S). Alors le A-module AsA_s est de longueur finie et dimD(S)_D(S) est égal à long(A). En effet, par le lemme 1, l’anneau A est isomorphe à EndD(S)_D(S) et on applique le lemme 2.

Cite 2

Cite Lemme 1, Lemme 2

b) L’anneau opposé d’un anneau simple est simple.

c) La longueur à gauche d’un anneau simple est égale à sa longueur à droite.

Soient D un corps, Z son centre et V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie r⩾1r\geqslant 1. On note E l’anneau des endomorphismes de V.

L’application z→zVz\rightarrow z_V est un isomorphisme de Z sur le centre de E d’après le corollaire 2 de VIII, p. 78. L’assertion a) résulte de là. Le dual V∗V^* de V est un espace vectoriel à droite sur le corps DoD^o opposé de D et sa dimension est égale à rr. L’application u→tuu\rightarrow^tu est un isomorphisme de l’anneau EoE^o opposé de E sur l’anneau EndDo(V∗)_{D^o}(V^*). Par suite, l’anneau EoE^o est simple et les anneaux E et EoE^o ont la même longueur à gauche, égale à rr (lemme 2).

Corollaire 2 0088

Soient rr et r′r' des entiers strictement positifs et soient D et D′D' des corps. Pour que les anneaux Mr(D)\mathbf{M}_r(D)et Mr′(D′)\mathbf{M}_{r'}(D')soient isomorphes, il faut et il suffit que l’on ait r=r′r=r' et que les corps D et D′D' soient isomorphes.

Cite 3 · Cité par 2

Cite Exemple 1, VIII § 6, Proposition 13, VIII § 6, Lemme 2

Cité par Proposition 3, VIII § 15, LIE I § 4. Algèbres de Lie nilpotentes

La condition est évidemment suffisante.

Réciproquement, supposons que les anneaux B=Mr(D)B = \mathbf{M}_r(D) et B′=Mr′(D′)B'= \mathbf{M}_{r'}(D') soient isomorphes. Comme rr est la longueur de BsB_s et r′r' celle de Bs′B'_s (lemme 2), on a r=r′r=r'. De plus, B est équivalent à D au sens de Morita et B′B' à D′D' (VIII, p. 98, exemple 1). Par suite, les corps D et D′D' sont équivalents au sens de Morita, donc isomorphes (VIII, p. 107, prop. 13, c)).

Corollaire 3 0089

Soit K un corps commutatif et soit A une K-algèbre de degré fini dont l’anneau sous-jacent est simple. Il existe un entier rr et une K-algèbre D de degré fini sur K qui est un corps tels que A soit isomorphe à Mr(D)M_r(D). En particulier, si K est algébriquement clos, A est isomorphe à une algèbre de matrices sur K.

Cite 2 · Cité par 2

Cite Théorème 1, VIII § 3, Lemme 1

Cité par Définition 1, VIII § 14, Théorème 1, VIII § 14

Soit S un A-module à gauche simple ; c’est un K-espace vectoriel de dimension finie sur K. Son commutant est donc une algèbre de degré fini sur K. La première assertion résulte alors du lemme 1. Si K est algébriquement clos, alors D = K par le th. 1 de VIII, p. 43.

Remarque 4 008A

Soit K un corps commutatif algébriquement clos et soit A une algèbre de degré fini sur K. L’algèbre A est simple si et seulement s’il existe un entier n⩾1n\geqslant 1 tel que A soit isomorphe à Mn(K)M_n(K). Son centre est alors isomorphe à K.

Cité par 1

Cité par Remarque 2, VIII § 8

2. Modules sur un anneau simple

Lemme 3 008B

Soit A un anneau simple et soit S un A-module simple. Notons D le corps opposé du commutant de S. Tout A-module est isomorphe à un A-module de la forme S⊗DVS\otimes_DV, où V est un espace vectoriel à gauche sur le corps D.

Cite 2 · Cité par 2

Cite VIII § 6. Équivalence de Morita des modules et des algèbres, Lemme 1

Cité par Proposition 2, Proposition 4

Cela résulte du lemme 1 de VIII, p. 116 et du théorème de Morita (VIII, p. 99).

Proposition 2 008C

Soient A un anneau simple et S un A-module simple.

Cite 4 · Cité par 5

Cite Lemme 1, Lemme 3, VIII § 6. Équivalence de Morita des modules et des algèbres, Corollary 3, E III § 6

Cité par Lemme 2, VIII § 14, Définition 2, Corollaire, Proposition 3, Proposition 4

a) Tout A-module est projectif et isotypique de type S, donc semi-simple. Si a\mathfrak{a} est sa longueur, il est isomorphe à S(a)S^{(\mathfrak{a})}.

b) Tout A-module non nul est générateur.

c) Deux A-modules sont isomorphes si et seulement s’ils ont même longueur.

Notons D le corps opposé du commutant de S. D’après le lemme 1 de VIII, p. 116, S est un (A(A, D)-bimodule inversible. Soit M un A-module ; d’après le lemme 3, il est isomorphe à un module de la forme S⊗DVS\otimes_DV, où V est un espace vectoriel à gauche sur le corps D.

Le D-module V est projectif et isotypique de type DsD_s; il est générateur si et seulement s’il n’est pas réduit à 0. Enfin, la longueur de S⊗DVS\otimes_DV est égale à la dimension du D-espace vectoriel V, et deux espaces vectoriels sont isomorphes si et seulement s’ils ont même dimension. La prop. 2 résulte de là, compte tenu de la prop. 10 de VIII, p. 104 et de la prop. 12 de VIII, p. 106.

Soit r⩾1r\geqslant 1 un entier. Nous dirons qu’un cardinal a\mathfrak{a} est divisible par rr s’il existe un cardinal b\mathfrak{b} tel que a=rb\mathfrak{a}=r\mathfrak{b}. Il en est ainsi si a\mathfrak{a} est infini, puisqu’on a ra=ar\mathfrak{a}=\mathfrak{a} (E, III, p. 49, cor. 3) ; il résulte de cette remarque que si le cardinal a\mathfrak{a} est divisible par rr, il existe un unique cardinal b\mathfrak{b} tel que a=rb\mathfrak{a}=r\mathfrak{b}.

Corollaire 008D

Soit kk un corps commutatif et soit A une kk-algèbre simple de degré fini sur kk. Tout A-module simple est de dimension finie sur kk;pour que deux A-modules soient isomorphes, il faut et il suffit que leur dimension sur kk soient égales.

Cite 1

Cite Proposition 2

Tout A-module simple sur A est isomorphe à un quotient de AsA_s, donc de dimension finie sur kk. Le corollaire résulte alors de la prop. 2, c) de VIII, p. 118.

Proposition 3 008E

Soit A un anneau simple. Pour qu’un A-module M soit libre, il faut et il suffit que sa longueur soit divisible par la longueur de A. S’il en est ainsi, toutes les bases de M ont le même cardinal, noté dimA(M)_A(M) (II, p. 98, remarque 2), et caractérisé par la relation

Cite 3 · Cité par 1

Cite VIII § 4. Modules semi-simples, Proposition 1, Proposition 2

Cité par Proposition 5

(1) longA(M)=_A(M) = long(A)⋅\cdot dimA(M)_A(M).

Supposons que M soit libre et soit (ei)i∈I(e_i)_{i\in I} une base de M. Le A-module M est somme directe des A-modules AeiAe_i, eux-mêmes isomorphes à AsA_s. Posons r=r= longA(As)_A(A_s); c’est un entier supérieur ou égal à 1 (VIII, p. 115, prop. 1). On a longA(M)=r_A(M) =r Card(I) d’après la formule (13) de VIII, p. 68.

Réciproquement, supposons que le cardinal longA(M)_A(M) soit divisible par rr. Soit a\mathfrak{a} le cardinal tel que longA(M)=ra_A(M) =r\mathfrak{a}. Alors le A-module M a même longueur que As(a)A^{(\mathfrak{a})}_s, donc lui est isomorphe d’après la prop. 2. Ceci prouve que M est libre.

Proposition 4 008F

Soient A un anneau simple et M un A-module non nul. Notons B l’anneau des endomorphismes du A-module M, et considérons M comme un B-module à gauche.

Cite 8 · Cité par 3

Cite Théorème 2, VIII § 5, Proposition 2, Remarque 1, VIII § 4, Théorème 3, VIII § 4, Lemme 2, Lemme 3, VIII § 4. Modules semi-simples, § 7. Anneaux simples

Cité par Proposition 12, VIII § 11, Théorème 5, VIII § 14, Remarque 1

a) L’application a→aMa\rightarrow a_M est un isomorphisme de A sur l’anneau des endomorphismes du B-module M.

b) Supposons que M soit de longueur finie comme A-module. Alors l’anneau B est simple et l’on a

(2) longA(M)=_A(M) = long(B) et longB(M)=_B(M) = long(A).

Le A-module M est générateur d’après la prop. 2 de VIII, p. 118 ; on a par définition B=AM′B = A'_M et l’assertion a) résulte donc du th. 2 de VIII, p. 78.

Supposons que M soit un A-module de longueur finie. Choisissons un A-module simple S et notons D le corps opposé de l’anneau des endomorphismes de S. D’après le lemme 3 le A-module M est isomorphe à un module de la forme S⊗DVS\otimes_DV où V est un espace vectoriel à gauche sur le corps D. L’espace vectoriel V est de dimension finie. D’après le th. 3 de VIII, p. 60, l’anneau B est isomorphe à EndD(V)_D(V); d’après le lemme 2 (VIII, p. 117) l’anneau B est donc simple et, compte tenu de la remarque 1 de VIII, p. 59, on obtient les égalités

long(B) = dimD(V)=_D(V) = longA(M)_A(M).

Par la remarque 1 de VIII, p. 59 et la remarque 3 de VIII, p. 117, on a les relations

longB(M)=_B(M) = longEndD(V)(S⊗DV)=_{End_D(V)}(S\otimes_DV) = dimD(S)=_D(S) = long(A)

ce qui démontre la dernière formule.

3. Degrés

Considérons un anneau B et un sous-anneau A de B. On munit B de la structure de (A(A, A)-bimodule déduite par restriction des scalaires de la structure de (B,B)(B,B)-bimodule de sBd_sB_d.

Proposition 5 008G

Soit B un anneau, soit A un sous-anneau simple de B et soit S un A-module à gauche simple. Alors B est un A-module à gauche libre de dimension longA(B⊗AS)_A(B\otimes_AS).

Cite 3 · Cité par 3

Cite II § 3. Produits tensoriels, Proposition 7, II § 3, Proposition 3

Cité par VIII § 11. Groupes de Grothendieck, Lemme 6, VIII § 17, Définition 2

Soit rr la longueur de A ; le A-module AsA_s est isomorphe à SrS^r. Or le A-module à gauche B est isomorphe à B⊗AAsB\otimes_AA_s (II, p. 56), donc à (B⊗AS)r(B\otimes_AS)^r (II, p. 61, prop. 7). On a donc longA(B)=r_A(B) =r longA(B⊗AS)_A(B\otimes_AS), et la prop. 5 résulte de la prop. 3 de VIII, p. 119.

Définition 2 008H

Soient B un anneau, A un sous-anneau simple de B. On appelle degré (à gauche) de B sur A, et l’on note [^1] [B:A]s[B : A]_s, la dimension du A-module à gauche libre B.

Cite 2 · Cité par 1

Cite Proposition 2, Proposition 5

Cité par Théorème 5, VIII § 14

En remplaçant A et B par les anneaux opposés, on déduit de ce qui précède que B est un A-module à droite libre ; on notera [B:A]d[B : A]_d sa dimension, et on l’appellera le degré à droite de B sur A.

☡ On peut donner un exemple d’un corps B et d’un sous-corps A tels que les degrés [B:A]s[B : A]_s et [B:A]d[B : A]_d soient distincts[^2].

Soit B un anneau, soit A un sous-anneau simple de B et soit S un A-module à gauche simple. Soient M un A-module à gauche et a\mathfrak{a} sa longueur. Les A-modules M et S(a)S^{(\mathfrak{a})} sont isomorphes (VIII, p. 118, prop. 2), donc les B-modules B⊗AMB\otimes_AM et (B⊗AS)(a)(B\otimes_AS)^{(\mathfrak{a})} sont isomorphes. De la prop. 5 et de la définition 2, on déduit la relation

(3) longA(B⊗AM)=[B:A]s_A(B\otimes_AM) = [B : A]_s longA(M)_A(M).

Proposition 6 008I

Soient C un anneau, B un sous-anneau simple de C, et A un sous-anneau simple de B. On a alors [C:A]s=[C:B]s[B:A]s[C : A]_s= [C : B]_s[B : A]_s.

Cite 1 · Cité par 2

Cite Proposition 25, II § 1

Cité par Théorème 5, VIII § 14, Remarque 2

Introduisons une base (ei)i∈I(e_i)_{i\in I} de C considéré comme B-module à gauche, et une base (fj)j∈J(f_j)_{j\in J} de B considéré comme A-module à gauche. Alors la famille (fjei)j∈J,i∈I(f_je_i)_{j\in J,i\in I} est une base de C considéré comme A-module à gauche (II, p. 31, prop. 25), d’où la prop. 6.

Remarque 1 008J

Supposons que A soit un sous-anneau simple d’un anneau simple B et que le degré à droite [B:A]d[B : A]_d soit fini. Soit C l’anneau des endomorphismes de B considéré comme A-module à droite ; c’est un anneau simple d’après la prop. 4, b) de VIII, p. 119. Pour tout bb dans B, soit γ(b)\gamma (b) l’application x→bxx\rightarrow bx de B dans B ; alors γ:b→γ(b)\gamma :b\rightarrow \gamma (b) est un isomorphisme de B sur un sous-anneau de C. De plus, si (x1,...,xm)(x_1, . . . , x_m) est une base du A-module à droite B, le morphisme qui applique cc sur (c(x1),...,c(xm))(c(x_1), . . . , c(x_m)) est un isomorphisme de B-modules à gauche de C sur BsmB^m_s, d’où la relation

[C:γ(B)]s=[B:A]d(4) [C :\gamma (B)]_s= [B : A]_d \tag{4}

Compte tenu de la formule (2) de VIII, p. 119 appliquée au A-module à droite B, on a

(5) long(C) =[B:A]d= [B : A]_d long(A).

Cite 2

Cite Proposition 4, § 7. Anneaux simples

Remarque 2 008K

Soit K un corps commutatif. Si A est une sous-algèbre simple d’une algèbre B, de degré fini sur K, le degré à gauche de B sur A satisfait à la relation [B:A]s[A:K]=[B : A]_s[A : K] = [B : K] d’après la prop. 6 de VIII, p. 121. On a de même [B:A]d[A:K]=[B:K][B : A]_d[A : K] = [B : K], d’où l’égalité [B:A]s=[B:A]d[B : A]_s= [B : A]_d.

Cite 1

Cite Proposition 6

4. Idéaux des anneaux simples

Soient D un corps et V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie n⩾1n\geqslant 1. On considère l’anneau simple A = EndD(V)_D(V). Pour tout sous-espace vectoriel W de V, on note a(W)\mathfrak{a}(W) (resp. b(W)\mathfrak{b}(W)) l’ensemble des éléments aa de A satisfaisant aW=0aW = 0 (resp. aV⊂WaV\subset W).

Proposition 7 008L

a) L’application W→a(W)W\rightarrow \mathfrak{a}(W)est une bijection de l’ensemble des sous-espaces vectoriels de V sur l’ensemble des idéaux à gauche de A.

Cite 1

Cite Exemple 1, VIII § 6

b) L’application W→b(W)W\rightarrow \mathfrak{b}(W)est une bijection de l’ensemble des sous-espaces vectoriels de V sur l’ensemble des idéaux à droite de A.

c) Soient W1W_1 et W2W_2 des sous-espaces vectoriels de V. Les relations W1⊂W2W_1\subset W_2, a(W1)⊃a(W2)\mathfrak{a}(W_1)\supset \mathfrak{a}(W_2)et b(W1)⊂b(W2)\mathfrak{b}(W_1)\subset \mathfrak{b}(W_2)sont équivalentes.

L’assertion b) résulte de l’exemple 1, b) de VIII, p. 100 appliquée au (Do,Ao)(D^o,A^o)-bimodule inversible V, de même que l’équivalence des relations W1⊂W2W_1\subset W_2 et b(W1)⊂\mathfrak{b}(W_1)\subset b(W2)\mathfrak{b}(W_2).

Soit V∗V^* le dual de V, considéré comme espace vectoriel à droite sur le corps DoD^o opposé de D. Pour tout sous-espace W de V, notons W′W' l’orthogonal de W dans V∗V^*. L’application W→W′W\rightarrow W' est une bijection de l’ensemble des sous-espaces de V sur l’ensemble des sous-espaces de V∗V^*. Si W1W_1 et W2W_2 sont deux sous-espaces de V, les relations W1⊂W2W_1\subset W_2 et W1′⊃W2′W'_1\supset W'_2 sont équivalentes. Or, l’application u→tuu\rightarrow^tu est un isomorphisme de A sur l’anneau opposé de EndDo(V∗)_{D^o}(V^*); elle transforme idéaux à gauche de A en idéaux à droite de EndDo(V∗)_{D^o}(V^*), et a(W)\mathfrak{a}(W) en l’ensemble b(W′)\mathfrak{b}(W') des endomorphismes hh de V∗V^* tels que h(V∗)⊂W′h(V^*)\subset W'. L’assertion a), ainsi que l’équivalence des relations W1⊂W2W_1\subset W_2 et a(W1)⊃a(W2)\mathfrak{a}(W_1)\supset \mathfrak{a}(W_2), résultent alors de l’assertion analogue à b) pour le dual V∗V^* de V.

Corollaire 008M

a) Les idéaux à gauche minimaux de A sont les idéaux a(H)\mathfrak{a}(H), où H est un hyperplan de V ; les idéaux à gauche maximaux de A sont les idéaux a(L)\mathfrak{a}(L), où L est une droite de V ;

Cite 1

Cite II § 10. Matrices

b) Les idéaux à droite minimaux de A sont les idéaux b(L)\mathfrak{b}(L), où L est une droite de V ; les idéaux à droite maximaux de A sont les idéaux b(H)\mathfrak{b}(H), où H est un hyperplan de V.

Soit (Li)i∈I(L_i)_{i\in I} une famille de droites dont V soit somme directe. Soit (εi)i∈I(\varepsilon_i)_{i\in I} la famille de projecteurs associée à la décomposition V=⊕i∈ILiV =\oplus_{i\in I}L_i. Les εi\varepsilon_i sont des idempotents dans A, on a εiεj=0\varepsilon_i\varepsilon_j= 0 pour i≠ji\not=j et ∑i∈Iεi=1\sum_{i\in I}\varepsilon_i= 1. Notons HiH_i l’hyperplan ∑j≠iLj\sum_{j\not=i}L_j; c’est le noyau de εi\varepsilon_i. On a alors

a(Hi)=Aεi,b(Li)=εiA \mathfrak{a}(H_i) = A\varepsilon_i,\mathfrak{b}(L_i) =\varepsilon_iA

Le A-module AsA_s est somme directe de la famille (a(Hi))i∈I(\mathfrak{a}(H_i))_{i\in I} d’idéaux à gauche minimaux, et AdA_d est somme directe de la famille (b(Li))i∈I(\mathfrak{b}(L_i))_{i\in I} d’idéaux à droite minimaux.

Considérons le cas particulier V=(Dd)nV = (D_d)^n et identifions A à l’anneau de matrices Mn(D)\mathbf{M}_n(D). Notons I l’intervalle [1,n][1, n] de N\mathbf{N}et (vi)i∈I(v_i)_{i\in I} la base canonique de V ; posons Li=viDL_i=v_iD, et notons EijE_{ij} les unités matricielles (II, p. 142). On a alors εi=Eii\varepsilon_i= E_{ii}. L’idéal à gauche AEii_{ii} est égal à DE1i+⋯+_{1i}+\cdots + DEni_{ni} et se compose des matrices dont toutes les colonnes à l’exception de la ii-ème sont nulles. L’idéal à droite EiiAE_{ii}A est égal à DEi1+⋯+_{i1}+\cdots + DEin_{in} et se compose des matrices dont toutes les lignes à l’exception de la ii-ème sont nulles. On a aussi la relation

EiiAEjj=EiiA∩AEjj=DEij E_{ii}A E_{jj}= E_{ii}A\cap A E_{jj}= D E_{ij}

pour ii et jj compris entre 1 et nn.

Exercices

See the exercises for § 7.

[^1]: Si A et B sont des corps commutatifs, on prendra soin de ne pas confondre le degré qui est égal à [B : A] avec le degré séparable de l’extension B de A, défini en V, p. 30, et noté aussi [B:A]s[B : A]_s. [^2]: cf. A. H. Schofield, Artin’s problem for skew field extensions, Math. Proc. Cambridge Philos. Soc. 97 (1985), p. 1–6.

Transcrit du volume imprimé. Non traduit.