Bourbaki

Livre FVR · Français

Index des énoncés

Les 371 énoncés de Fonctions d’une variable réelle, par chapitre et paragraphe. Choisissez un type, filtrez par un mot, ou mettez les plus cités en tête.

I. Dérivées

§ 1. Dérivée première

  • Définition 1 Soit f une fonction vectorielle définie dans un intervalle I ⊂ R, non réduit à un point. On dit que f est dérivable en un point x₀ ∈ I si lim_x → x₀, x ∈ I, x ≠ x₀ (f(x) - f(x₀))/(… 082P
  • Remarque 1 En Cinématique, si le point f(t) est la position d’un point mobile dans l’espace R³ à l’instant t, fracf(t) - f(t₀)t - t₀ est ce qu’on appelle la vitesse moyenne du mobile entre le… 082Q
  • Remarque 2 Si une fonction f, définie dans I, est dérivable en un point x₀ ∈ I, elle est nécessairement continue par rapport à I en ce point. 082R
  • Définition 2 Soit f une fonction vectorielle définie dans un intervalle I ⊂ R, et soit x₀ un point de I tel que l’intervalle I ∩ (x₀, +∞[ (resp. I ∩ ]-∞, x₀]) ne soit pas réduit à un point. On… 082S
  • Exemple 1 Une fonction constante a en tout point une dérivée nulle. 082T
  • Exemple 2 Une fonction linéaire affine x ↦ ax + b a en tout point une dérivée égale à a, donc constante. 082U
  • Exemple 3 La fonction numérique 1/x (définie pour x ≠ 0) est dérivable en tout point x₀ ≠ 0, car on a ( 1/x - 1/x₀ )/(x - x₀) = -1/xx₀, et comme 1/x est continue au point x₀, la limite de l’… 082V
  • Exemple 4 La fonction numérique |x|, définie dans R, admet au point x = 0 une dérivée à droite égale à +1 et une dérivée à gauche égale à -1; elle n’est donc pas dérivable en ce point. 082W
  • Exemple 5 La fonction numérique égale à 0 pour x = 0, à x sin 1/x pour x ≠ 0, est définie et continue dans R, mais elle n’admet ni dérivée à droite ni dérivée à gauche au point x = 0. On peu… 082X
  • Définition 3 On dit qu’une fonction vectorielle f définie dans un intervalle I ⊂ R est dérivable (resp. dérivable à droite, dérivable à gauche) dans I si elle est dérivable (resp. 082Y
  • Remarque Une fonction peut être dérivable dans un intervalle, sans que sa dérivée soit continue en tout point de cet intervalle (cf. I, p. 43, exerc. 5); \ c’est ce que montre l’exemple de… 082Z
  • Proposition 1 L’ensemble des fonctions vectorielles définies dans un intervalle I ⊂ R, prenant leurs valeurs dans un même espace vectoriel topologique E, et dérivables au point x₀, est un espace… 0830
  • Corollaire L’ensemble des fonctions vectorielles définies dans un intervalle I, prenant leurs valeurs dans un même espace vectoriel topologique E, et dérivables dans I, est un espace vectorie… 0831
  • Remarque Si on munit de la topologie de la convergence simple (ou de la topologie de la convergence uniforme) l’espace vectoriel des applications de I dans E et le sous-espace des applicati… 0832
  • Proposition 2 Soient E et F deux espaces vectoriels topologiques sur R, u une application linéaire continue de E dans F. Si f est une fonction vectorielle définie dans un intervalle I ⊂ R, prena… 0833
  • Corollaire Si φ est une forme linéaire continue dans E, la fonction numérique φ ∘ f admet au point x₀ une dérivée égale à φ(f'(x₀)). 0834
  • Exemple 1 Soit f = (fᵢ)_1 ≤ i ≤ n une fonction à valeurs dans Rⁿ, définie dans un intervalle I ⊂ R; chacune des fonctions numériques fᵢ n’est autre que la fonction composée prᵢ ∘ f, donc est… 0835
  • Exemple 2 \ En Cinématique, si f(t) est la position d’un mobile M à l’instant t, g(t) la position au même instant de la projection M’ de M sur un plan P (resp. une droite D) parallèlement à… 0836
  • Exemple 3 Soit f une fonction à valeurs complexes, définie dans un intervalle I ⊂ R, et soit a un nombre complexe quelconque; la prop. 2 montre que si f est dérivable en un point x₀ ∈ I, il… 0837
  • Proposition 3 Pour chaque indice i (1 ≤ i ≤ p), soit fᵢ une fonction définie dans un intervalle I ⊂ R, prenant ses valeurs dans Eᵢ, dérivable au point x₀ ∈ I. Alors la fonction x ↦ [f₁(x) . f₂(x… 0838
  • Exemple 1 Soient f une fonction numérique, g une fonction vectorielle, toutes deux dérivables en un point x₀; la fonction g/f admet au point x₀ une dérivée égale à g'(x₀)f(x₀) + g(x₀)f'(x₀)… 0839
  • Exemple 2 La fonction numérique xⁿ provient de la fonction multilinéaire 083A
  • Exemple 3 Le produit scalaire euclidien (x| y) (TG, VI, p. 8) est une application bilinéaire (nécessairement continue) de Rⁿ × Rⁿ dans R. Si f et g sont deux fonctions vectorielles à valeurs… 083B
  • Exemple 4 Si E est une algèbre topologique sur R (cf. Introduction), le produit xy de deux éléments de E est fonction bilinéaire continue de (x, y); si f et g prennent leurs valeurs dans E e… 083C
  • Exemple 5 Le déterminant det(x₁, x₂, …, xₙ) de n vecteurs xᵢ = (xᵢⱼ)_1 ≤ i ≤ n de l’espace Rⁿ (A, III, p. 90) étant une fonction multilinéaire (continue) des xᵢ, on voit que si les n² foncti… 083D
  • Remarque Si U(x) est une matrice carrée dérivable et inversible au point x₀, la dérivée de son déterminant Δ(x) = det(U(x)) s’exprime encore à l’aide de la dérivée de U(x) par la formule 083E
  • Proposition 4 Soit E une algèbre normée complète sur R, ayant un élément unité et soit f une fonction définie dans un intervalle I ⊂ R, prenant ses valeurs dans E, et dérivable au point x₀ ∈ I… 083F
  • Exemple 1 Le cas particulier le plus important est celui où E est l’un des corps R ou C: si f est une fonction à valeurs réelles ou complexes, dérivable au point x₀ et telle que f(x₀) ≠ 0, 1… 083G
  • Exemple 2 Si U = (zᵢⱼ(x)) est une matrice carrée d’ordre n, dérivable au point x₀ et inversible en ce point, U⁻¹ admet au point x₀ une dérivée égale à -\ U⁻¹U'U⁻¹. 083H
  • Proposition 5 Soient f une fonction numérique définie dans un intervalle I ⊂ R, et g une fonction vectorielle définie dans un intervalle de R contenant f(I). Si f est dérivable au point x₀ et g… ↩ 1 083I
  • Proposition 6 Soit f un homéomorphisme d’un intervalle I ⊂ R sur un intervalle J = f(I) ⊂ R, et soit g l’homéomorphisme réciproque.\footnote{Pour que f soit un homéomorphisme de I sur une partie… 083J
  • Corollaire Si f est dérivable dans I et si f'(x) ≠ 0 dans I, g est dérivable dans J et sa dérivée en tout point y ∈ J est égale à 1/f'(g(y)). 083K
  • Remarque 1 Toutes les propositions qui précèdent, énoncées pour des fonctions dérivables en un point x₀, donnent aussitôt des propositions pour des fonctions dérivables à droite (resp. à gauc… 083L
  • Remarque 2 Les définitions et propositions qui précèdent (à l’exception de ce qui concerne les dérivées à droite et dérivées à gauche) s’étendent aisément au cas où on remplace R par un corps… 083M
  • Exemple Au point x = 0, la fonction x^1/2 (fonction réciproque de x³, homéomorphisme de R sur lui-même) admet une dérivée égale à +∞; la fonction |x|^1/2 admet au point x = 0 une dérivée à… 083N
  • Définition 4 On dit qu’une fonction numérique finie f, définie dans une partie A d’un espace topologique E, admet un maximum relatif (resp. maximum relatif strict, minimum relatif, minimum rela… 083O
  • Proposition 7 Soit f une fonction numérique finie, définie dans un intervalle I ⊂ R. Si, en un point x₀, intérieur à I, f admet un maximum relatif (resp. un minimum relatif) et a en ce point une… 083P

§ 2. Le théorème des accroissements finis

  • Proposition 1 (« théorème de Rolle ») Soit f une fonction numérique finie et continue dans un intervalle fermé I = [a, b] (où a < b), admettant en tout point de ]a, b[ une dérivée (finie ou non), et telle que f(a) = f(… 083Z
  • Corollaire Soit f une fonction numérique finie et continue dans [a, b] (où a < b), admettant en tout point de ]a, b[ une dérivée (finie ou non). Il existe alors un point c (au moins) de ]a, b… 0840
  • Proposition 2 Soit f une fonction numérique finie et continue dans un intervalle fermé borné I = [a, b] (où a < b), et admettant une dérivée à droite (finie ou non) en tous les points du complém… ↩ 2 0841
  • Corollaire Soit f une fonction numérique finie et continue dans [a, b] (où a < b) et admettant une dérivée à droite en tous les points du complémentaire par rapport à [a, b[ d’une partie déno… 0842
  • Remarque 1 La prop. 2 reste valable quand on remplace dans son énoncé l’intervalle [a, b[ par ]a, b] et les mots « dérivée à droite » par « dérivée à gauche ». 0843
  • Remarque 2 L’hypothèse de la continuité de f dans l’intervalle fermé I (et non seulement sa continuité à droite¹ en tout point de [a, b[) est essentielle pour la validité de la prop. 2 (cf. I… 0844
  • Remarque 3 La conclusion de la prop. 2 devient inexacte si on suppose seulement que l’ensemble A des points « exceptionnels » est rare dans I, mais non dénombrable (cf. I, p. 44, exerc. 3). 0845
  • Théorème 1 (théorème des accroissements finis) Soient f et g deux fonctions numériques finies et continues dans un intervalle fermé borné I = [a, b], et admettant une dérivée à droite (finie ou non) en tous les points du complé… 0E5C
  • Remarque Le th. 1 est inexact si on suppose dans l’énoncé que f'_d et g'_d peuvent simultanément infinis aux points d’une partie non dénombrable de I (cf. I, p. 44, exerc. 3). 0846
  • Corollaire Soit f une fonction numérique finie et continue dans [a, b] (où a < b) et admettant une dérivée à droit (finie ou non) en tous les points du complémentaire B par rapport à [a, b[ d… 0847
  • Remarque Les inégalités (5) prouvent qu’une fonction continue ne peut avoir une dérivée à droite égale à +∞ en tout point d’un intervalle (cf. I, p. 43, exerc. 6). 0848
  • Théorème 2 Soit f une fonction vectorielle définie et continue dans un intervalle fermé borné I = [a, b] de R (où a < b) et prenant ses valeurs dans un espace normé E sur R; soit g une foncti… ↩ 1 0849
  • Remarque 1 Ici encore, on peut remplacer dans l'énoncé du th. 2 l'intervalle [a, b] par ]a, b] et « dérivée à droite » par « dérivée à gauche ». 084A
  • Remarque 2 Nous montrerons plus tard comment on peut préciser les cas d'égalité dans la relation (7), et aussi comment on peut généraliser le th. 2 au cas où E est un espace localement convex… 084B
  • Corollaire Pour qu'une fonction vectorielle continue dans un intervalle I ⊂ R, à valeurs dans un espace normé E sur R, soit constante dans I, il suffit qu'elle ait une dérivée à droite nulle… 084C
  • Remarque Les démonstrations des th. 1 et 2 font intervenir de façon essentielle les propriétés topologiques particulières au corps R; on peut en effet donner des exemples de corps valués K… 084D
  • Proposition 3 Soit f une fonction vectorielle à valeurs dans un espace normé E sur R, définie et continue dans un intervalle I ⊂ R, dérivable à droite dans le complémentaire B (par rapport à I)… 084E
  • Proposition 4 Soit f une fonction vectorielle d’une variable complexe définie, continue et dérivable dans une partie ouverte convexe A du corps C, à valeurs dans un espace normé E sur le corps C… 084F
  • Corollaire Pour qu’une fonction vectorielle f d’une variable complexe, définie et continue dans un ensemble A ⊂ C, à valeurs dans un espace normé sur C, soit constante, il suffit qu’elle ait… 084G
  • Proposition 5 Soit f une fonction vectorielle d’une variable complexe, définie, continue et dérivable dans un ensemble ouvert convexe A ⊂ C, à valeurs dans un espace normé sur le corps C; quels… 084H
  • Proposition 6 Soient I un intervalle ouvert de R, x₀ une des extrémités de I, f une fonction vectorielle définie et continue dans I, prenant ses valeurs dans un espace normé complet E sur R; on… 084I
  • Remarque Un raisonnement analogue, basé sur le th. 1, montre que si f est une fonction numérique telle que f'_d(x) tende vers +∞ au point x₀, le rapport (f(y) - f(x))/(y - x) tend aussi ver… 084J

§ 3. Dérivées d'ordre supérieur

  • Proposition 1 L’ensemble des fonctions vectorielles définies dans un intervalle I ⊂ R, prenant leurs valeurs dans un même espace vectoriel topologique E, et admettant une dérivée n-ème dans I, e… 084Y
  • Proposition 2 (« formule de Leibniz ») Soient E, F, G trois espaces vectoriels topologiques sur R, (x, y) ↦ [x, y] une application bilinéaire continue de E × F dans G. Si f (resp. g) est définie dans un intervalle I ⊂ R… 084Z
  • Théorème 1 Si la fonction f admet une dérivée n-ème au point a, on a 0850
  • Proposition 3 Si |f^(n+1)(x)| ≤ M dans I, on a |rₙ(x)| ≤ M frac|x-a|ⁿ⁺¹(n+1)! dans I. 0851
  • Corollaire Si f est une fonction numérique finie admettant une dérivée (n + 1)-ème dans I, et si m ≤ f^(n+1)(x) ≤ M dans I, on a, pour tout x ≥ a dans I 0852
  • Remarque 1 On a déjà noté, au cours de la démonstration du th. 1, que si f admet une dérivée n-ème dans I, et si 0853
  • Remarque 2 Dans les mêmes hypothèses, les coefficients aᵢ de (11) sont déterminés par récurrence par les relations 0854
  • Remarque 3 La définition de la dérivée d’ordre n et les résultats qui précèdent se généralisent de façon immédiate aux fonctions d’une variable complexe; nous n’insistons pas davantage ici su… 0855

§ 4. Fonctions convexes d'une variable réelle

  • Lemme Soient A = (a, a'), B = (b, b'), C = (c, c') trois points de R² tels que a < b < c. Les propositions suivantes sont équivalentes: a) B est au-dessous de AC; b) C est au-dessus de l… 085O
  • Définition 1 On dit qu’une fonction numérique finie f, définie dans un intervalle (I ⊂ R), est convexe dans I, si, quels que soient les points x, x' de I (x < x'), tout point Mₓ du graphe G de… 085P
  • Remarque On voit de même que l’ensemble des points situés strictement au-dessus de G est convexe. Réciproquement, si cet ensemble est convexe, on a λ y + (1 - λ)y' > f(λ x + (1 - λ)x') pour… 085Q
  • Exemple 1 Toute fonction linéaire affine (numérique) ax + b est convexe dans R. 085R
  • Exemple 2 La fonction x² est convexe dans R, car on a λ x² + (1 - λ)x'² - (λ x + (1 - λ)x')² = λ(1 - λ)(x - x')² ≥ 0 pour 0 ≤ λ ≤ 1. 085S
  • Exemple 3 La fonction |x| est convexe dans R, car on a |λ x + (1 - λ)x'| ≤ λ |x| + (1 - λ)|x'| pour 0 ≤ λ ≤ 1. 085T
  • Définition 2 On dit qu’une fonction numérique finie f, définie dans un intervalle I ⊂ R, est strictement convexe dans I, si quels que soient les points x, x' de I (x < x'), tout point M_z du gr… 085U
  • Proposition 1 Soit f une fonction numérique finie, convexe (resp. strictement convexe) dans un intervalle I ⊂ R. Pour toute famille (xᵢ)_1 ≤ i ≤ p de p ≥ 2 points distincts de I, et toute famill… 085V
  • Proposition 2 Soient fᵢ (1 ≤ i ≤ p) p fonctions convexes dans un intervalle I ⊂ R, et cᵢ (1 ≤ i ≤ p) p nombres positifs quelconques ; la fonction f = ∑ᵢ₌₁ᵖ cᵢ fᵢ est convexe dans I. En outre, si… 085W
  • Proposition 3 Soit (f_α) une famille de fonctions convexes dans un intervalle I ⊂ R; si l’enveloppe supérieure g de cette famille est finie en tout point de I, g est convexe dans I. 085X
  • Proposition 4 Soit H un ensemble de fonctions convexes dans un intervalle I ⊂ R; si 𝔉 est un filtre sur H qui converge simplement dans I vers une fonction numérique finie f₀, cette fonction est… 085Y
  • Proposition 5 Pour qu’une fonction numérique finie f soit convexe (resp. strictement convexe) dans un intervalle I, il faut et il suffit que pour tout a ∈ I, la pente 085Z
  • Proposition 6 Soit f une fonction numérique finie, convexe dans un intervalle I ⊂ R. En tout point a intérieur à I, f est continue, admet une dérivée à droite et une dérivée à gauche finies, et… 0860
  • Corollaire 1 Soit f une fonction convexe (resp. strictement convexe) dans I; si a et b sont deux points intérieurs à I tels que a < b, on a (fig. 3) 0861
  • Corollaire 2 Si f est convexe (resp. strictement convexe) dans I, f'ₐ et f'_g sont croissantes (resp. strictement croissantes) dans l’intérieur de I; l’ensemble des points de I où f n’est pas d… 0862
  • Remarque Si f est une fonction strictement convexe dans un intervalle ouvert I, f'ₐ est strictement croissante dans I, donc trois cas seulement sont possibles, d’après la prop. 2 de I, p. 2… 0863
  • Proposition 7 Soit f une fonction numérique finie, définie dans un intervalle I ⊂ R. Pour que f soit convexe dans I, il faut et il suffit que, pour tout couple de nombres a, b de I tels que a <… 0864
  • Proposition 8 Pour qu’une fonction numérique finie f soit convexe (resp. strictement convexe) dans un intervalle ouvert I ⊂ R, il faut et il suffit qu’elle soit continue dans I, admette une déri… 0865
  • Corollaire Soit f une fonction numérique finie, continue et deux fois dérivable dans un intervalle I ⊂ R; pour que f soit convexe dans I, il faut et il suffit que f''(x) ≥ 0 pour tout x ∈ I… 0866
  • Exemple \ Dans l’intervalle ]0, +∞[, la fonction xʳ (r réel quelconque) a une dérivée seconde égale à r(r-1)xʳ⁻²; donc, elle est strictement convexe si r > 1 ou r < 0, strictement concave… 0867
  • Proposition 9 Soit f une fonction numérique finie, semi-continue supérieurement dans un intervalle ouvert I ⊂ R. Pour que f soit convexe dans I, il faut et il suffit que, pour tout point Mₓ du g… 0868
  • Corollaire 1 Pour qu’une fonction numérique finie f, définie dans un intervalle ouvert I ⊂ \mathbf{R}, et semi-continue supérieurement dans I, soit convexe dans I, il faut et il suffit que, pou… 0869
  • Corollaire 2 Soit f une fonction numérique finie, définie dans un intervalle ouvert I ⊂ R. Si, pour tout point x ∈ I, il existe un intervalle ouvert Jₓ ⊂ I contenant x et tel que la restriction… 086A

II. Primitives et intégrales

§ 1. Primitives et intégrales

  • Définition 1 Etant donnée une fonction vectorielle f, définie dans un intervalle I ⊂ R, on dit qu’une fonction g définie dans I est une primitive de f si g est continue dans I et admet une déri… 0870
  • Proposition 1 Soit f une fonction vectorielle définie dans I, à valeurs dans E ; si f admet une primitive g dans I, l’ensemble des primitives de f dans I est identique à l’ensemble des fonctions… 0871
  • Théorème 1 Soient A un ensemble filtré par un filtre 𝔉, (f_α)_α ∈ A une famille de fonctions vectorielles à valeurs dans un espace normé complet E sur R, définies dans un intervalle I ⊂ R; po… ↩ 1 0872
  • Corollaire 1 L’ensemble H des applications de I dans E qui admettent une primitive dans un intervalle I est un sous-espace vectoriel fermé (donc complet) de l’espace vectoriel complet F_c(I; E)… ↩ 1 0873
  • Corollaire 2 Soit x₀ un point de I, et pour chaque fonction f ∈ H, soit P(f) la primitive de f qui s’annule au point x₀; l’application f ↦ P(f) de H dans F_c(I; E) est une application linéaire… 0874
  • Définition 2 On dit qu’une application f d’un intervalle I ⊂ R dans un ensemble E est une fonction en escalier s’il existe une partition de I en un nombre fini d’intervalles Jₖ telle que f soit… 0875
  • Proposition 2 L’ensemble des fonctions en escalier définies dans I, à valeurs dans un espace vectoriel E sur R, est un sous-espace vectoriel E de l’espace vectoriel F(I; E) de toutes les applica… 0876
  • Corollaire Le sous-espace vectoriel E est engendré par les fonctions caractéristiques d’intervalles. 0877
  • Définition 3 On dit qu’une fonction vectorielle, définie dans un intervalle I, à valeurs dans un espace normé complet E sur R, est une fonction réglée si, dans toute partie compacte de I, elle… 0878
  • Théorème 2 Toute fonction réglée dans un intervalle I admet une primitive dans I. 0879
  • Théorème 3 Pour qu’une fonction vectorielle f définie dans un intervalle I, à valeurs dans un espace normé complet E sur R, soit réglée, il faut et il suffit qu’elle ait une limite à droite e… 087A
  • Corollaire 1 Soit f une fonction réglée dans I; en tout point de I, sauf l’extrémité (resp. l’origine) de I, toute primitive de f a une dérivée à droite égale à f(x+) (resp. une dérivée à gauch… 087B
  • Corollaire 2 Soient fᵢ (1 ≤ i ≤ n) n fonctions réglées dans un intervalle I, fᵢ prenant ses valeurs dans un espace normé complet Eᵢ sur R (1 ≤ i ≤ n). Si g est une application continue du sous-… 087C
  • Remarque 1.) Si f est une fonction numérique réglée dans I, g une fonction vectorielle réglée dans un intervalle contenant f(I), la fonction composée g ∘ f n’est pas nécessairement réglée (… 087D
  • Proposition 3 Toute fonction vectorielle continue dans un intervalle I ⊂ R, prenant ses valeurs dans un espace normé complet E sur R, est réglée et admet dans I une primitive, dont elle est la d… 087E
  • Proposition 4 Toute fonction numérique f monotone dans un intervalle I ⊂ R est réglée, et toute primitive de f est convexe dans I. 087H
  • Proposition 5 Soient f une fonction réglée dans un intervalle I, g une primitive de f dans I, (x₀, x) un intervalle compact contenu dans I. Pour tout ε 0, il existe un nombre ρ 0 tel que, pour t… 087J
  • Remarque 2 Pour une fonction quelconque h définie dans I, à valeurs dans E, l’élément h(x) - h(x₀) s’écrit aussi h(t)|_x₀ˣ; avec cette notation, on voit que, si g est une primitive quelconque… 087L
  • Remarque 3 Les expressions ∫_x₀ˣ f(t) dt,\ g(t)|_x₀ˣ sont des « symboles abréviateurs » représentant des assemblages dans lesquels figurent les lettres x,\ x₀,\ f,\ g, mais non la lettre t (c… 087M
  • Remarque 4 L’approximation d’une intégrale par des sommes de Riemann se rattache étroitement à l’une des origines historiques de la notion d’intégrale, le problème de la mesure des aires. Nou… 087N
  • Proposition 6 (théorème de la moyenne) Soit f une fonction numérique réglée dans un intervalle compact I = (a, b); si J est l’ensemble des points de I où f est continue, et m = inf_x ∈ J f(x), M = sup_x ∈ J f(x), on a 087O
  • Corollaire 1 Si une fonction numérique f réglée dans I est telle que f(x) ≥ 0 aux points où f est continue, on a 1/(b - a) ∫ₐᵇ g(t) dt > 0 sauf si f(x) = 0 aux points ou f est continue. 0E5D
  • Corollaire 2 Soient f et g deux fonctions numériques réglées dans I, telles que g(x) geqslant 0 aux points où g est continue ; si m et M sont les bornes inférieure et supérieure de f dans l’ens… 0E5E
  • Proposition 7 Soit f une fonction vectorielle réglée dans un intervalle compact I = [a,\ b], à valeurs dans un espace normé complet E, et soit g une fonction numérique réglée dans I, telle que g… 087R

§ 2. Intégrales dans les intervalles non compacts

  • Définition 1 On dit qu’une fonction vectorielle f réglée par morceaux dans un intervalle (a, b) de R admet une intégrale dans cet intervalle si f admet une primitive dans (a, b); si g est une q… 088F
  • Exemple 1 L’intégrale ∫₁^+∞ dt/t² est convergente et égale à 1, car ∫₁ˣ dt/t² = 1 - 1/x. 088G
  • Exemple 2 L’intégrale ∫₀¹ dt/sqrtt est convergente et égale à 2, car ∫ₓ¹ fracdtsqrtt = 2(1 - sqrtx) pour x > 0. 088J
  • Exemple 3 Soit (uₙ)_n ≤ 1 une suite infinie de points de E, et soit f la fonction en escalier définie dans l’intervalle (1, +∞) par les conditions: f(x) = uₙ pour n ≤ x < n + 1. Pour que l’i… 0E5F
  • Proposition 1 (Critère de Cauchy pour les intégrales) Soit f une fonction réglée dans un intervalle I ⊂ R, de bornes a et b (a < b). Pour que l’intégrale ∫ₐᵇ f(t)\ dt existe, il faut et il suffit que pour tout ε > 0, il existe un inte… 088H
  • Lemme Soit J₀ = [α, β] un intervalle compact contenu dans I. Pour qu’on ait | ∫_J f(t)\ dt - ∫_J' f(t)\ dt | ≤ ε, pour tout couple d’intervalles compacts J, J' contenus dans I et contena… 088I
  • Exemple Si l’intervalle I est borné, et si f est bornée dans I, l’intégrale ∫_I f(t)\ dt existe toujours, car d’après le th. de la moyenne, on a pour y ≤ α ≤ β ≤ z | ∫_y^α f(t)\ dt | ≤ (α… 0E5G
  • Proposition 2 Soit f une fonction numérique réglée et ≥ 0 dans un intervalle I ⊂ R, de bornes a et b (a < b). Pour que l’intégrale ∫ₐᵇ f(t)\ dt existe, il faut et il suffit que l’ensemble des no… 088K
  • Définition 2 On dit que l’intégrale d’une fonction f réglée dans un intervalle I ⊂ R est absolument convergente, si l’intégrale de la fonction positive |f(x)| est convergente. 088L
  • Proposition 4 Si l’intégrale de f dans I est absolument convergente, elle est convergente, et on a | ∫_I f(t) dt | ≤ ∫_I |f(t)| dt. En effet, pour tout intervalle compact J ⊂ I, on a (II, p. 12… 088M
  • Corollaire Soient E, F, G trois espaces normés complets sur R, (x, y) ↦ [x, y] une application bilinéaire continue de E × F dans G. Soient f, g deux fonctions réglées dans I, à valeurs dans E… 088N
  • Remarque Une intégrale peut être convergente sans l’être absolument; c’est ce que montre l’Exemple 3 de II, p. 14, lorsque la série de terme général uₙ est convergente sans être absolument… 088O

§ 3. Dérivées et intégrales de fonctions dépendant d'un paramètre

  • Proposition 1 Soient A un ensemble filtré par un filtre 𝔉, (f_α)_α ∈ A une famille de fonctions réglées dans un intervalle compact I = (a, b); si les fonctions f_α convergent uniformément dans I… 088Y
  • Corollaire 1 Soit (fₙ) une suite de fonctions réglées dans un intervalle compact I = (a, b). Si la suite (fₙ) converge uniformément dans I vers une fonction (réglée) f, on a lim_n → ∞ ∫ₐᵇ fₙ(t)… 088Z
  • Corollaire 2 Soient A une partie d’un espace topologique F, f une application de I × A dans un espace normé complet E sur R, telle que, pour tout α ∈ A, la fonction x ↦ f(x, α) soit réglée dans… 0890
  • Proposition 2 (« continuité d’une intégrale par rapport au paramètre ») Soient F un espace compact, I = (a, b) un intervalle compact de R, f une application continue de I × F dans un espace normé complet E sur R; la fonction h(α) = ∫ₐᵇ f(α, x) dx est c… 0891
  • Définition 1 On dit que l’intégrale ∫_I f_α(t)\ dt est uniformément convergente pour α ∈ A (ou uniformément convergente dans A) si, pour tout ε > 0, il existe un intervalle compact J₀ ⊂ I tel q… 0892
  • Proposition 3 Soit (f_α) une famille de fonctions réglées dans un intervalle I, telles que: 1° suivant le filtre 𝔉, la famille (f_α) converge uniformément vers une fonction f (réglée dans I) dan… 0893
  • Corollaire 1 Soit (fₙ) une suite de fonctions réglées dans un intervalle quelconque I, uniformément convergente vers une fonction f dans tout intervalle compact contenu dans I; si l’intégrale ∫… 0894
  • Remarque Les hypothèses faites dans ce corollaire sont suffisantes, mais non nécessaires pour la validité de la formule (9); nous généraliserons plus tard cette formule en même temps que la… 0895
  • Corollaire 2 Soient A une partie d’un espace topologique F, f une application de I × A dans un espace normé complet E sur R, telle que, pour tout α ∈ A, la fonction x ↦ f(x, α) soit réglée dans… 0896
  • Proposition 4 (« continuité d’une intégrale impropre par rapport au paramètre ») Soient F un espace compact, I un intervalle quelconque de R, f une application continue de I × F dans un espace normé complet E sur R ; si l’intégrale h(α) = ∫I f(x, α) dx est unif… 0897
  • Proposition 5 On suppose que la dérivée partielle f'_α(x,\ x) existe pour tout x ∈ I et tout α appartenant à un voisinage ouvert V de x₀, et que, pour tout α ∈ V, l’application x ↦ f'_α(x,\ α) s… 0898
  • Corollaire Si la dérivée partielle f'_α(x, α) existe dans I × V et est fonction continue de (x, α) dans cet ensemble, la fonction g admet au point α₀ une dérivée donnée par la formule (12). 0899
  • Proposition 6 Les conditions de la prop. 5 étant supposées vérifiées, soient a(α), b(α) deux fonctions définies dans V, à valeurs dans I; si les dérivées a'(α₀), b'(α₀) existent et sont finies… 089A
  • Proposition 7 Soit I un intervalle quelconque de R, f une fonction continue dans I × V. On suppose que: 1° la dérivée partielle f'_α(x, α) existe pour tout x ∈ I et tout α ∈ V, et, pour tout α ∈… 089B
  • Remarque 1 Les conditions 1° et 2° de la prop. 7 sont remplies a fortiori lorsque f'_α(x, α) est fonction continue de (x, α) dans I × V. 089C
  • Remarque 2 Lorsque, dans une intégrale ∫_a(α)^b(α) f(t, α) dt, les extrémités de l’intervalle d’intégration sont des fonctions finies du paramètre, l’étude de cette intégrale en fonction de α… 089D
  • Proposition 8 Si f est continue dans I × A, on a ∫_cᵈ dα ∫ₐᵇ f(x, α) dx = ∫ₐᵇ dx ∫_cᵈ f(x, α) dα (« formule d’interversion des intégrations »). 089E
  • Proposition 9 Si la fonction f est continue dans I × A, et si l’intégrale ∫_I f(t, α) dt est uniformément convergente dans A, l’intégrale ∫_I dt ∫_cᵈ f(t, α) dα est convergente, et on a ∫_cᵈ dα… 089F

III. Fonctions élémentaires

§ 1. Dérivées des fonctions exponentielles et circulaires

  • Théorème 1 Soit E une algèbre normée complète sur le corps R, ayant un élément unité e, et soit f un homomorphisme continu du groupe additif R dans le groupe multiplicatif G des éléments inve… 089Q
  • Proposition 1 Pour tout nombre a > 0 et ≠ 1, la fonction exponentielle aˣ admet en tout point x ∈ R une dérivée égale à (logₑ a)aˣ où e est un nombre > 1 (indépendant de a). 089R
  • Définition 1 Les logarithmes de base e sont appelés logarithmes népériens (ou logarithmes naturels). 089S
  • Proposition 2 (« inégalité de la moyenne géométrique ») Quels que soient les nombres zᵢ > 0 (1 ≤ i ≤ n) et les nombres pᵢ > 0 tels que ∑ᵢ₌₁ⁿ pᵢ = 1, on a (6) z₁^p₁z₂^p₂… zₙ^pₙ ≤ p₁z₁ + p₂z₂ + ⋯ + pₙzₙ. En outre les deux membres de (6) n… 089T
  • Exemple Si u est une fonction ≠ 0 dans un intervalle I, v une fonction numérique quelconque, on a log(|u|ᵛ) = v log |u|, donc si u et v sont dérivables 1/|u|ᵛ D(|u|ᵛ) = v' log |u| + v u'/u… 089U
  • Proposition 3 La fonction e(x) admet en tout point de R une dérivée égale à 2π i e(x), où π est une constante > 0. 089V
  • Définition 2 On appelle exponentielle complexe l’homomorphisme x + iy ↦ eˣ e(y/2π) de C sur C^*; sa valeur pour un nombre complexe quelconque z se note eᶻ ou exp z. 089W
  • Remarque Si, dans la formule (27), on restreint la fonction eᵃˣ (a complexe) à l’axe réel, on obtient encore, pour x réel D(eᵃˣ) = aeᵃˣ. 089X
  • Exemple On a sin²ⁿ x = frac(-1)ⁿ2²ⁿ (eⁱˣ - e⁻ⁱˣ)²ⁿ = frac(-1)ⁿ2²ⁿ ( e²ⁿⁱˣ - binom2n1 e^(2n-2)ix + … + e^-2nix ) 089Y
  • Remarque Pour z complexe, on écrit aussi parfois chz = 1/2(eᶻ + e⁻ᶻ) = cos iz \\ shz = 1/2(eᶻ - e⁻ᶻ) = -i sin iz. 089Z

IV. Équations différentielles

§ 1. Théorèmes d'existence

  • Lemme 1 Soit f une application de I × H dans E telle que, en désignant par fx (pour tout x ∈ H) l’application t ↦ f(t, x) de I dans E, les conditions suivantes soient réalisées: 1° fx est… 08BD
  • Proposition 1 Soient t₀ un point de I, x₀ un point de H ; pour qu’une fonction continue u soit une solution de l’équation (1) dans I et prenne la valeur x₀ au point t₀, il faut et il suffit qu’e… 08BE
  • Corollaire En tout point de I distinct de l’origine (resp. de l’extrémité) de cet intervalle, toute solution u de (1) dans I admet une dérivée à gauche (resp. à droite) égale à la limite à ga… 08BF
  • Proposition 2 Si f est une application continue de I × H dans E, toute solution de l’équation (1) dans I est une solution stricte. 08BG
  • Proposition 3 Dans tout intervalle compact d’origine (ou d’extrémité) t₀, contenu dans J et de longueur < r/(M + ε), il existe une solution approchée à ε près de l’équation (1), à valeurs dans S… 08BH
  • Proposition 4 L’ensemble des solutions approchées de (1) à ε près définies dans un même intervalle K ⊂ J, et prenant leurs valeurs dans S, est uniformément équicontinu. 08BI
  • Corollaire (théorème de Peano) Si E est de dimension finie sur R, dans tout intervalle compact K d’origine (ou d’extrémité) t₀, contenu dans J et de longueur < r/M, il existe une solution de (1) à valeurs dans S… 08BJ
  • Remarque 1 Il peut exister une infinité d’intégrales d’une équation différentielle (1), prenant la même valeur en un point donné. Par exemple, l’équation différentielle scalaire x' = 2 sqrt|x… 08BK
  • Remarque 2 Le th. de Peano n’est plus exact lorsque E est un espace normé complet quelconque de dimension infinie (IV, p. 41, exerc. 18). 08BL
  • Définition 1 Etant donnée une fonction numérique positive t ↦ k(t) définie dans I, on dit qu’une application f de I × H dans E est lipschitzienne pour la fonction k(t) si, pour tout x ∈ H, la f… 08BM
  • Exemple Lorsque E = R, et que H est un intervalle dans R, si en tout point (t, x) de I × H la fonction f(t, x) admet une dérivée partielle f'ₓ (II, p. 24) telle que |f'ₓ(t, x)| ≤ k(t) dans… 08BN
  • Proposition 5 Soient k(t) une fonction numérique réglée et > 0 dans I, f(t, x) une fonction définie et lipschitzienne pour la fonction k(t) dans I × H. Si u et v sont deux solutions approchées d… 08BO
  • Lemme 2 Si, dans l’intervalle [t₀, t₁], w est une fonction numérique continue satisfaisant à l’inégalité w(t) ≤ φ(t) + ∫_t₀ᵗ k(s)w(s)\ ds où φ est une fonction réglée ≥ 0 dans [t₀, t₁], on… 08BP
  • Corollaire Soit f une fonction lipschitzienne pour la constante k > 0, définie dans I × H. Si u et v sont deux solutions approchées de (1) à ε₁ et ε₂ près respectivement, définies dans I et p… 08BQ
  • Remarque 1 Lorsque k = 0, l’inégalité (15) est remplacée par l’inégalité 08BR
  • Remarque 2 Lorsque E est de dimension finie, et que f est lipschitzienne dans I × H, on peut démontrer l’existence de solutions approchées de l’équation (1) (IV, p. 5, prop. 3) sans utiliser… 08BS
  • Proposition 6 Soient f et g deux fonctions définies dans I × H, satisfaisant aux conditions du lemme 1 de IV, p. 3, et telles que, dans I × H, ↩ 1 08BT
  • Théorème 1 (Cauchy) Soient f une fonction lipschitzienne dans I × H, J un intervalle compact contenu dans I et non réduit à un point, t₀ un point de J, S une boule ouverte de centre x₀ et de rayon r… 08BU
  • Théorème 2 Soient I ⊂ R un intervalle (non réduit à un point) d’origine t₀ ∈ I, H une partie ouverte non vide de E, f une fonction localement lipschitzienne dans I × H. 08BV
  • Corollaire 1 Si H = E et J ≠ I, f(t, u(t)) n’est pas bornée dans J; si de plus E est de dimension finie, |u(t)| a pour limite à gauche +∞ à l’extrémité de J. 08BW
  • Corollaire 2 Si, dans I × H, f est lipschitzienne pour une fonction réglée k(t), et si l’extrémité β de J appartient à I, u a une limite à gauche au point β; si H = E et si f est lipschitzienne… 08BX
  • Exemple 1 Pour une équation différentielle de la forme x' = g(t), où g est réglée dans I, toute intégrale u est évidemment définie dans I tout entier. On notera que u peut être bornée dans I… 08BY
  • Exemple 2 Pour l’équation scalaire x' = sqrt1 - x², on a I = R, H = ]-1, 1[. Si on prend t₀ = x₀ = 0, l’intégrale correspondante est sin t dans le plus grand intervalle contenant 0, où la dé… 08BZ
  • Exemple 3 Pour l’équation scalaire x' = 1 + x², on a I = H = R; l’intégrale nulle pour t = 0 est tg t, et le plus grand intervalle contenant 0, où cette fonction est continue, est J = ]-π/2… 08C0
  • Exemple 4 Pour l’équation scalaire x' = sin tx, on a I = H = R et le second membre est borné dans I × H, donc (IV, p. 12, cor. 1) toute intégrale est définie dans R tout entier. ↩ 1 08C1
  • Proposition 7 Soient f et g deux fonctions définies dans I × H, satisfaisant aux conditions du lemme 1 de IV, p. 3, et telles que, dans I × H 08C2
  • Théorème 3 Soient F un espace topologique, f une application de I × H × F dans E telle que, pour tout ξ ∈ F, (t, x) ↦ f(t, x, ξ) soit lipschitzienne dans I × H, et que, lorsque ξ tend vers ξ₀… 08C3
  • Remarque Lorsque H = E et que la condition (16) de IV, p. 13, est vérifiée dans I × E, la prop. 7 de IV, p. 13, s’applique à toute solution u de x' = g(t, x), dans un intervalle quelconque… 08C4
  • Théorème 4 Soient f une fonction localement lipschitzienne dans I × H, (a, b) un point quelconque de I × H. 08C5

§ 2. Équations différentielles linéaires

  • Exemple 1 Lorsque E est de dimension finie n sur R, on peut identifier l'endomorphisme A(t) à sa matrice (aᵢⱼ(t)) par rapport à une base (quelconque) de E (A, II, p. 144); lorsqu'on identifi… 08CO
  • Exemple 2 Soient G une algèbre normée complète sur R, a(t), b(t) et c(t), trois applications de J dans G; l'équation fracdxdt = a(t)x + xb(t) + c(t) est une équation différentielle linéaire… 08CP
  • Théorème 1 Soient t ↦ A(t) une application réglée de J dans L(E), t ↦ b(t) une application réglée de J dans E. Pour tout point (t₀, x₀) de J × E, l'équation linéaire (2) admet une solution et… 08CQ
  • Proposition 1 L’ensemble I des intégrales de l’équation linéaire homogène (4), définies dans J, est un sous-espace vectoriel de l’espace C(J; E) des applications continues de J dans E. 08CR
  • Théorème 2 Pour tout point (t₀, x₀) de J × E, soit u(t, t₀, x₀) l’intégrale de l’équation homogène (4), définie dans J et égale à x₀ au point t₀. 08CS
  • Corollaire 1 L’application qui, à tout point x₀ ∈ E, fait correspondre la fonction continue t ↦ C(t, t₀) · x₀, définie dans J, est un isomorphisme de l’espace normé E sur l’espace vectoriel I d… 08CT
  • Corollaire 2 L’application (s, t) ↦ C(s, t) de J × J dans L(E) est continue. 08CU
  • Corollaire 3 Soit K un intervalle compact contenu dans J, et soit k = sup_t ∈ K |A(t)|. Quels que soient t et t₀ dans K, on a |C(t, t₀) - I| ≤ e^k|t-t₀| - 1. 08CV
  • Proposition 2 Soit B un endomorphisme continu de E, indépendant de t, et permutable avec A(t) pour tout t \in J; alors B est permutable avec C(t, t0) quels que soient t et t0 dans J. 08CW
  • Proposition 3 Avec les notations du th. 2 (IV, p. 18), pour tout point (t₀, x₀) de J × E, l’intégrale de l’équation linéaire (2) définie dans J et égale à x₀ au point t₀, est donnée par la formu… 08CX
  • Proposition 4 Pour que n intégrales uⱼ (1 ≤ j ≤ n) de l’équation (4) forment un système fondamental, il faut et il suffit que leurs valeurs uⱼ(t₀) en un point t₀ ∈ J soient des vecteurs linéaire… 08CY
  • Proposition 5 Le déterminant de la matrice C(t, t₀) est donné par la formule det (C(t, t₀)) = exp ( ∫_t₀ᵗ Tr(A(s)) ds ). 08CZ
  • Remarque 1 Tout ce qui précède s’applique encore au cas où E est de dimension n sur le corps R et A(t) un endomorphisme de E pour tout t ∈ J: il suffit de remplacer partout C par R. 08D0
  • Remarque 2 Soit A(t) = (aᵢⱼ(t)) une matrice carrée d’ordre n dont les éléments sont des fonctions réglées réelles (resp. complexes) de t dans J, et soit C(t, t₀) = (cᵢⱼ(t, t₀)) la matrice rés… 08D1
  • Proposition 6 Pour qu'une application t ↦ v(t) de J dans E^*, primitive d'une fonction réglée dans J, soit telle que ⟨ u(t), v(t) ⟩ soit constante dans J pour toute solution u de l’équation (4)… 08D2
  • Remarque Soient E et F deux espaces normés complets sur R (ou sur C), (x, y) ↦ ⟨ x, y ⟩ une forme bilinéaire continue dans E × F, telle que la relation « ⟨ x, y ⟩ = 0 pour tout y ∈ F » (res… 08D3
  • Définition 1 Étant donné un endomorphisme continu A de E, on désigne par eᴬ ou exp A l’automorphisme de E égal à la valeur au point t = 1 de l’intégrale de l’équation (20) qui prend la valeur I… 08D4
  • Proposition 7 1° L’application X ↦ e^X est une application continue de L(E) dans le groupe des automorphismes de E (éléments inversibles de L(E)). 08D5
  • Remarque Lorsqu’il existe une base de E telle que la matrice de A par rapport à cette base ait ses éléments réels (cf. IV, p. 24, Remarque 2), l’équation caractéristique de A a ses coeffici… 08D6
  • Proposition 8 L’ensemble des intégrales de l’équation linéaire homogène (37), définies dans J, est un espace vectoriel de dimension n sur le corps C. 08D7
  • Proposition 9 Soient rⱼ (1 ≤ j ≤ q) les racines distinctes de l’équation caractéristique (40), et soit nⱼ l’ordre de multiplicité de la racine rⱼ (1 ≤ j ≤ q). Les n fonctions tᵏ e^rⱼ t (1 ≤ k ≤… 08D8
  • Proposition 10 Soient g et h deux polynômes premiers entre eux tels que f = gh. Le sous-espace des solutions de (42) est somme directe des sous-espaces des solutions des deux équations g(D) x = 0… 08D9
  • Remarque 1 Certains des polynômes fⱼ(D) peuvent se réduire à des constantes non nulles; les yⱼ correspondants sont alors entièrement déterminés. 08DA
  • Remarque 2 Lorsque les bⱼ sont tous nuls, c’est-à-dire que le système (47) est homogène, les conditions (52) sont toujours vérifiées; si en outre r = n, on voit que l’ensemble des solutions d… 08DB
  • Remarque 3 Les polynômes pⱼₖ(D) étant donnés, un système (47) qui admet des solutions lorsque les seconds membres sont indéfiniment dérivables (ou dérivables jusqu’à un certain ordre) peut ne… 08DC

V. Étude locale des fonctions

§ 1. Comparaison des fonctions dans un ensemble filtré

  • Exemple Si f et g sont deux fonctions de H(𝔉, R), la relation « il existe un ensemble X ∈ 𝔉 tel que f et g soient définies dans X, et que f(t) ≤ g(t) pour tout t ∈ X » est de caractère loc… 0E5H
  • Remarque 1 Soient Vᵢ (1 ≤ i ≤ n) n espaces vectoriels normés sur K, φ une fonction définie dans V₁ × V₂ × ⋯ × Vₙ, à valeurs dans V par passage aux quotients suivant R\infty, la fonction φ déf… 08DY
  • Remarque 2 Avec les mêmes notations, soit ψ une application d’une partie de ∏ᵢ₌₁ⁿ Vᵢ dans V; nous désignerons par ψ(f₁, f₂, …, fₙ) la fonction égale à ψ(f₁(t), …, fₙ(t)) en tout point t ∈ E o… 08DZ
  • Définition 1 Étant données deux fonctions numériques f, g appartenant à H(𝔉, R) et qui sont geqslant 0 dans un ensemble de 𝔉, on dit que f est dominée par g, ou que g domine f (suivant 𝔉), et o… 08DO
  • Exemple 1 La relation f leqslant 1 signifie que f est bornée dans un ensemble de 𝔉. 08DU
  • Exemple 2 Pour toute fonction f de H(𝔉, V) et tout scalaire λ ≠ 0, on a f leqslant fλ. 08DV
  • Exemple 3 Lorsque x tend vers +∞, on a sin² x leqslant sin x. 08DW
  • Exemple 4 Lorsque (x, y) tend vers (0, 0) dans R², on a xy leqslant x² + y². 08DX
  • Proposition 1 Si f, g, h sont trois fonctions de H(𝔉, R), les relations f leqslant g et g leqslant h entraînent f leqslant h. 08DP
  • Proposition 2 Soient f₁, f₂ deux fonctions de H(𝔉, V) et g une fonction de H(𝔉, R). Les relations f₁ leqslant g et f₂ leqslant g entraînent f₁ + f₂ leqslant g. 08DQ
  • Proposition 3 Soient V₁, V₂, V trois espaces normés sur un même corps valué, (x, y) ↦ [x · y] une application bilinéaire continue de V₁ × V₂ dans V. Si f₁ et f₂ sont des fonctions de H(𝔉, V₁) et… 08DR
  • Corollaire Si V est une algèbre normée, f₁, f₂ deux fonctions de H(𝔉, V), g₁, g₂ deux fonctions de H(𝔉, R), les relations f₁ preccurlyeq g₁, f₂ preccurlyeq g₂ entraînent f₁ f₂ preccurlyeq g₁… 08DS
  • Définition 2 Étant données deux fonctions f, g de H(𝔉, V), on dit que f et g sont semblables (suivant 𝔉) et on écrit f asymp g si on a f preccurlyeq g et g preccurlyeq f. 08DT
  • Exemple 5 Pour une fonction numérique f ∈ H(𝔉, R), la relation f asymp 1 signifie qu’il existe deux nombres a > 0, b > 0 tels que a ≤ |f(x)| ≤ b dans un ensemble de 𝔉, ou encore que la fonct… 08DN
  • Exemple 6 Soit V un espace normé sur un corps valué non discret K, et soit f(x) = a₀ xⁿ + a₁ xⁿ⁻¹ + ⋯ + aₙ un polynôme par rapport à x ∈ K, à coefficients dans V, tel que a₀ ≠ 0. Pour tout v… 0E5I
  • Exemple 7 Nous avons vu qu’on a sin² x preccurlyeq sin x lorsque x tend vers +∞, mais on n’a pas sin² x asymp sin x, bien que ces deux fonctions s’annullent aux mêmes points. 0E5J
  • Exemple 8 On a x² + xy + y² asymp x² + y² lorsque (x, y) tend vers (0, 0) dans R², mais non xy asymp x² + y². 0E5K
  • Remarque 3 Deux fonctions de H(𝔉, R) ne sont pas nécessairement faiblement comparables, comme le montre l’exemple des fonctions 1 et x sin x lorsque x tend vers +∞. 0E5L
  • Remarque 4 Désignons par R₀ la relation f asymp g dans (H(𝔉, V), H₀(𝔉, V)), et par H₀(𝔉, V) l’ensemble quotient H(𝔉, V)/R₀; on notera que la relation R_∞ entraîne R₀. Par passage au quotient… 0E5M
  • Définition 3 Étant données deux fonctions numériques f, g appartenant à H(𝔉, R) et qui sont geqslant 0 dans un ensemble de 𝔉, on dit que f est négligeable devant g, ou que g est prépondérante s… 08E0
  • Exemple 1 La relation f ll 1 signifie que f tend vers 0 suivant 𝔉. 08E7
  • Exemple 2 Lorsque α et β sont deux nombres réels tels que α < β, on a x^α ll x^β lorsque x tend vers +∞. De même, lorsque m et n sont deux entiers rationnels tels que m < n, on a zᵐ ll zⁿ lo… 08E8
  • Exemple 3 Lorsque x tend vers +∞, on a xⁿ ll eˣ pour tout entier n (III, p. 16). 08E9
  • Exemple 4 Dans R², on a, lorsque (x, y) tend vers (0, 0) x² + y² ll |x| + |y|. 08EA
  • Proposition 4 Si f, g, h sont trois fonctions de H(𝔉, R), les relations f leqslant g et g ll h (resp. f ll g et g leqslant h) entraînent f ll h. ↩ 1 08E1
  • Proposition 5 Soient f₁, f₂ deux fonctions de H(𝔉, V), g une fonction de H(𝔉, R). Les relations f₁ ll g et f₂ ll g entraînent f₁ + f₂ ll g. 08E2
  • Proposition 6 Avec les notations de la prop. 3, les relations f₁ ll g₁ et f₂ ll g₂ (resp. f₁ leqslant g₁ et f₂ leqslant g₂) entraînent [f₁, f₂] ll g₁ g₂. 08E3
  • Proposition 7 Si f et g sont deux fonctions de H(𝔉, V), la relation f - g ll f est équivalente à f - g ll g. 08E4
  • Corollaire La relation f - g ll f est une relation d’équivalence dans H(𝔉, V). 08E5
  • Définition 4 Étant données deux fonctions f, g de H(𝔉, V), on dit que f et g sont équivalentes (suivant 𝔉) et on écrit f ∼ g si on a f - g ll f. 08E6
  • Exemple 5 Si a est une fonction constante et ≠ 0 dans E, la relation f ∼ a signifie que f tend vers a suivant 𝔉. 08EB
  • Exemple 6 Soit V un espace normé sur un corps valué non discret K, et soit f(x) = a₀ xⁿ + a₁ xⁿ⁻¹ + ⋯ + aₙ un polynôme par rapport à x ∈ K, à coefficients dans V, tel que a₀ ≠ 0. On a f(x) ∼… 08EC
  • Exemple 7 Lorsque x réel tend vers +∞, on a (1 + 1/x) sin x ∼ sin x. 08ED
  • Exemple 8 Lorsque la variable complexe z tend vers 0, on a eᶻ - 1 ∼ z. Plus généralement, si V est un espace normé sur un corps valué K, f une fonction définie dans un voisinage de x₀ ∈ K, à… 0E5N
  • Exemple 9 Lorsque (x, y) tend vers (0, 0) dans R², on a sqrtsin² x + sin² y ∼ sqrtx² + y². 0E5O
  • Exemple 10 Soit f(x, y) un polynôme à coefficients réels par rapport à deux variables réelles x, y, n’ayant pas de terme constant. Si, lorsque x tend vers 0 en restant > 0, il existe une fonc… 0E5P
  • Exemple 11 Pour tout x > 0, soit π(x) le nombre des nombres premiers qui sont ≤ x; on a démontré que, lorsque x tend vers +∞, on a π(x) ∼ x/log x². 0E5Q
  • Remarque On notera que la relation f ∼ g ne signifie nullement que la différence f - g tende vers 0 suivant 𝔉; cette différence peut même être non bornée, comme le montre l’exemple x² + x ∼… 08EE
  • Proposition 8 Soient K un corps valué, f₁, f₂, g₁, g₂ quatre fonctions de H(𝔉, K); les relations f₁ ∼ g₁ et f₂ ∼ g₂ entraînent f₁ f₂ ∼ g₁ g₂. 08EF
  • Remarque 1 Deux fonctions peuvent être faiblement comparables sans être fortement comparables, par exemple les fonctions 1 et sin x lorsque x tend vers +∞. 08EG
  • Remarque 2 La définition des relations de comparaison f₁ leqslant f₂ et f₁ ll f₂ ne fait intervenir qu’en apparence les normes sur les espaces V₁, V₂ où f₁ et f₂ prennent respectivement leurs… 08EH
  • Proposition 9 Soient f et g deux fonctions de H(𝔉, R) strictement positives dans un ensemble de 𝔉. Pour que f et g soient comparables, il faut et il suffit que pour tout nombre t geqslant 0, sau… 08EI
  • Proposition 10 Soient f et g deux fonctions de H(𝔉, R) strictement positives dans un ensemble de 𝔉; pour tout α réel et ≠ 0, la relation f asymp g (resp. f ∼ g) est équivalente à f^α asymp g^α (r… 08EJ
  • Proposition 11 Soit g une fonction de H(𝔉, R) telle que lim_x → 𝔉 g = +∞; la relation f ll g entraîne eᶠ ll eᵍ; la relation f ∼ g entraîne log f ∼ log g. 08EK
  • Définition 5 Soit g une fonction de H(𝔉, R), strictement positive dans un ensemble de 𝔉, et telle que lim_𝔉 g = 0 ou lim_𝔉 g = +∞. On dit qu’une fonction f ∈ H(𝔉, R) est d’ordre φ (fini ou infi… 08EL
  • Proposition 12 Soit g une fonction de H(𝔉, R) telle que lim_𝔉 g = +∞; soit f une fonction de H(𝔉, R). 08EM
  • Remarque 1 On observera que lorsque f est d’ordre fini φ par rapport à g, le rapport f/g^φ ne tend pas nécessairement vers une limite; par exemple, toute fonction logarithmiquement bornée est… 08EN
  • Remarque 2 Une fonction f définie dans un ensemble de 𝔉 n’a pas nécessairement un ordre déterminé (fini ou non) par rapport à g, car les fonctions ayant un ordre déterminé par rapport à g son… 08EO

§ 2. Développements asymptotiques

  • Définition 1 On dit qu’une partie E de H(𝔉, K) formée de fonctions non équivalentes à 0 modulo R_∞ est une échelle de comparaison lorsque E est totalement ordonnée par la relation « f ll g ou f… 08ES
  • Exemple 1 Pour x réel tendant vers +∞, l’ensemble des fonctions x^α (α nombre réel arbitraire) est une échelle de comparaison. Il en est de même des fonctions (x-a)^α lorsque 𝔉 est l’ensembl… 08ET
  • Exemple 2 Pour z complexe tendant vers ∞, l’ensemble des fonctions zⁿ (n entier rationnel) est une échelle de comparaison; il en est de même des fonctions (z-a)ⁿ lorsque 𝔉 est la trace sur l… ↩ 1 08EU
  • Exemple 3 Soit F un espace normé; l’ensemble des fonctions |x - a|^α (α nombre réel arbitraire) est une échelle de comparaison lorsque 𝔉 est la trace sur le complémentaire de a du filtre des… 08EV
  • Exemple 4 Pour x réel tendant vers +∞, l’ensemble E des fonctions de la forme exp(p(x)), où p(x) parcourt l’ensemble des polynômes sans terme constant (à coefficients réels), est une échelle… 08EW
  • Exemple 5 Pour x réel tendant vers +∞, l’ensemble E des fonctions de la forme x^α(log x)^β (définies pour x > 1), où α et β sont des nombres réels arbitraires, est une échelle de comparaison… 08EX
  • Exemple 1 Pour x réel (resp. complexe) tendant vers +∞ (resp. vers ∞), tout polynôme a₀ xⁿ + a₁ xⁿ⁻¹ + ⋯ + aₙ à coefficients dans V, tels que a₀ ≠ 0, a pour partie principale a₀ xⁿ par rappo… 08EY
  • Exemple 2 Une fonction peut être comparable à toutes les fonctions d’une échelle de comparaison sans admettre de partie principale par rapport à cette échelle. Par exemple, pour x réel tenda… 08EZ
  • Définition 2 On dit qu’une fonction f ∈ H(𝔉, V) admet un développement asymptotique à la précision g_α (relativement à l’échelle E) s’il existe une famille (a_λ)_λ ≤ α d’éléments de V, nuls sau… 08F0
  • Exemple On a (1 + x)^1/x = exp ( 1/x log (1 + x) ); lorsque x tend vers +∞, on a log (1 + x) = log x + log ( 1 + 1/x ), d’où le développement asymptotique de 1/x log (1 + x) par rapport à… 08F1
  • Exemple On a x^x^1/x = exp ( log x . exp ( 1/x log x ) ); lorsque x tend vers +∞, on a log x ll x, d’où le développement asymptotique de log x . exp ( 1/x log x ) par rapport à l’échelle d… 08F2
  • Exemple Pour x réel tendant vers +∞, les fonctions périodiques et bornées dans R, ayant une même période τ, satisfont aux conditions (COI), (CO{II}) et (CO{III}): en effet si lim_x → +∞ a(… 0E5R

§ 3. Développements asymptotiques des fonctions d'une variable réelle

  • Proposition 1 Dans un intervalle ]a, +∞[, soient f une fonction vectorielle réglée, g une fonction réglée geqslant 0 et telle que ∫ₐ^+∞ g(t)\ dt > 0. La relation f preccurlyeq g pour x tendant v… 08F4
  • Corollaire 1 Si f et g sont des fonctions réglées geqslant 0 dans l’intervalle ]a, +∞[, telles que f succeq g, et si ∫ₐ^+∞ g(t)\ dt = +∞, on a ∫ₐ^+∞ f(t)\ dt = +∞. 08F5
  • Corollaire 2 Si f et g sont geqslant 0 et non identiquement nulles dans [a, +∞[ et telles que f asymp g, on a ∫ₐˣ f(t)\ dt asymp ∫ₐˣ g(t)\ dt. 08F6
  • Proposition 2 (« critère logarithmique d’ordre 0 ») Soit f une fonction réglée geqslant 0 dans l’intervalle [a, +∞[; si f(x) leqslant x^μ pour un μ < -1, l’intégrale ∫ₐ^+∞ f(t)\ dt est convergente ; si f(x) geqslant x^μ pour un μ ge… 08F7
  • Proposition 3 (« critère logarithmique d’ordre 1 ») Soit f une fonction réglée geqslant 0 dans l’intervalle [a, +∞[; si f(x) leqslant 1/x(log x)^μ pour un μ > 1, l’intégrale ∫ₐ^+∞ f(t)\ dt est convergente ; si f(x) geqslant 1/x(log… 08F8
  • Proposition 4 (« critère logarithmique d’ordre $n$ ») Soit f une fonction réglée geqslant 0 dans l’intervalle [a, +∞[; si f(x) leqslant frac1x.l₁(x).l₂(x)… lₙ₋₁(x)\ (lₙ(x))^μ pour un μ > 1, l’intégrale ∫ₐ^+∞ f(t) dt est convergente; s… 08F9
  • Proposition 5 (« critère logarithmique d’ordre 0 ») Si, au voisinage de α, on a f(x) leqslant 1/(x-α)^μ pour un μ < 1, l’intégrale ∫ₐᵃ f(t) dt est convergente; si f(x) geqslant 1/(x-α)^μ pour un μ geqslant 1, l’intégrale ∫ₐᵃ f(t) dt… 08FA
  • Exemple 1 La fonction tᵖ(1-t)^q est non bornée dans ]0,1[ lorsque p < 0 ou q < 0; d’après les critères logarithmiques d’ordre 0 appliqués au voisinage des points 0 et 1, pour que l’intégrale… 08FB
  • Exemple 2 Considérons l’intégrale ∫₀^∞ tˣ⁻¹e⁻ᵗ dt. Comme e⁻ᵗ ∼ 1 au voisinage de 0, pour que cette intégrale converge, il faut que x > 0; cette condition est aussi suffisante car au voisinag… 08FC
  • Proposition 6 Soient f une fonction vectorielle réglée, g une fonction numérique réglée et geqslant 0 dans ]a, +∞[. 08FD
  • Exemple 1 En appliquant la prop. 6 de V, p. 20, à la relation 1/x ll x^α-1 où α > 0, on retrouve la relation log x ll x^α pour tout α > 0, équivalente à la relation y^1/α ll eʸ démontrée dan… 08FE
  • Exemple 2 On a ( eˣ/x )' = eˣ/x ( 1 - 1/x ) ∼ eˣ/x; comme eˣ/x tend vers +∞ avec x, on déduit de la prop. 6 de V, p. 20, que ∫₁ˣ eᵗ/t dt ∼ eˣ/x. 08FF
  • Remarque Lorsque g n’est pas supposée rester ≥ 0 dans un intervalle (a, +∞) (ou rester ≤ 0 dans un tel intervalle), et que ∫ₐ^+∞ g(t) dt n’est pas convergente, la relation f ∼ g n’entraîne… 08FG
  • Proposition 7 Si deux fonctions numériques f, g, sont comparables d’ordre 1, elles sont comparables ; en outre, la relation f ll g (resp. f ∼ cg, c constante) entraîne f' ll g' (resp. f' ∼ cg')… 08FH
  • Corollaire Si deux fonctions numériques f, g sont comparables d’ordre k geqslant 1, elles sont comparables d’ordre p pour 0 leqslant p leqslant k; en outre, la relation f ll g (resp. f ∼ cg)… 08FI
  • Remarque 1 La restriction de l’énoncé de la prop. 7 concernant g est essentielle. Par exemple, on a 1/x ll 1 + 1/x bien que les dérivées des deux membres soient équivalentes; de même 1 + 1/x… 08FJ
  • Remarque 2 Si f et g sont comparables d’ordre k, une fonction f₁ équivalente à f n’est pas nécessairement comparable d’ordre k à g; elle l’est toutefois si on suppose que f₁ est comparable d’… 08FK
  • Remarque 3 Si f et g sont comparables d’ordre k, il n’en pas nécessairement de même de hf et hg, même pour une fonction monotone h aussi simple que h(x) = x (V, p. 49, exerc. 3); de même, 1/f… 08FL
  • Proposition 8 On pose F(x) = ∫ₓ^+∞ f(t) dt si ∫ₐ^+∞ f(t) dt est convergente, F(x) = ∫ₐˣ f(t) dt si ∫ₐ^+∞ f(t) dt est infinie. On suppose que log |f| et log x sont comparables d’ordre 1. ↩ 3 08FM
  • Exemple 1 La fonction 1/log x est d’ordre 0 par rapport à x, et satisfait aux conditions de la prop. 8 de V, p. 23; donc ∫ₐˣ dt/(log t) ∼ x/(log x). 08FN
  • Exemple 2 La fonction e^x² est d’ordre +∞ par rapport à x et satisfait aux conditions de la prop. 8, donc ∫ₐˣ e^t² dt ∼ 1/2x e^x². Dans l’Appendice (V, p. 41), nous définirons un ensemble de… 08FO
  • Remarque La prop. 8 n’est pas directement applicable à une fonction f d’ordre –1 par rapport à x. Mais on peut alors écrire f(x) = f₁(x)/x, f₁ étant d’ordre 0 par rapport à x. Supposons par… 08FP
  • Exemple 1 Soit f(x) = 1/log x (x > 1); on a vu que ∫ₐˣ dt/log t ∼ x/log x, et la différence ∫ₐˣ dt/(log t) - x/(log x) est une primitive de 1/(log x)²; on peut de nouveau appliquer à cette f… 08FQ
  • Exemple 2 Soit f(x) = eˣ/(x² + 1); on peut écrire f(x) = eˣ/x² - eˣ/x⁴ + o₁( eˣ/x⁴ ). La prop. 8 donne les développements ∫ₐˣ eᵗ/t² dt = eˣ/x² + 2eˣ/x³ + 6eˣ/x⁴ + o₂( eˣ/x⁴ ) ∫ₐˣ eᵗ/t⁴ dt =… 08FR

§ 4. Application aux séries à termes positifs

  • Proposition 1 Soient (uₙ) et (vₙ) deux séries à termes positifs. Si uₙ ll vₙ, et si la série (vₙ) est convergente, la série (uₙ) est convergente; si uₙ gg vₙ et si ∑ₙ₌₁^∞ vₙ = +∞, on a ∑ₙ₌₁^∞ uₙ… 08FZ
  • Proposition 2 Soient (uₙ) et (vₙ) deux séries à termes positifs: 1° Si la série (vₙ) est convergente, la relation uₙ ll vₙ (resp. uₙ ∼ vₙ) entraîne ∑ₚ₌ₙ^∞ uₚ ll ∑ₚ₌ₙ^∞ vₚ (resp. ∑ₚ₌ₙ^∞ uₚ ∼ ∑ₚ₌ₙ… 08G0
  • Proposition 3 (critère de Cauchy-Maclaurin) Si f est une fonction geqslant 0 et décroissante dans [x₀, +∞[, pour que la série de terme général vₙ = f(n) soit convergente, il faut et il suffit que l’intégrale ∫_x₀^+∞ f(t) dt… 08G1
  • Proposition 4 (critère logarithmique d’ordre 0) Soit (uₙ) une série à termes positifs; si uₙ ≤ n^μ pour un μ < -1, la série (uₙ) est convergente; si uₙ ≥ n^μ pour un μ ≥ -1, la série (uₙ) a une somme infinie. 08G2
  • Proposition 5 (critère logarithmique d’ordre $p$) Soit (uₙ) une série à termes positifs. Si uₙ ≤ frac1n.l₁(n).l₂(n)… lₚ₋₁(n) (lₚ(n))^μ pour un μ > 1, la série (uₙ) est convergente; si uₙ ≥ frac1n.l₁(n)… lₚ₋₁(n) (lₚ(n))^μ pour un μ… 08G3
  • Proposition 6 Soit g une fonction numérique 0 et monotone définie dans un intervalle [x₀, +∞[ (où x₀ ≤ 1), et telle que log g et x soient comparables d’ordre 1. 08G4
  • Exemple Soit g(x) = xˣ = exp(x log x), d’ordre +∞ par rapport à eˣ. En prenant p = 2, on a (n-1) log (n-1) = (n-1) log n - 1 + 1/2n + o(1/n) d’où (V, p. 16) (n-1)ⁿ⁻¹ = 1/e nⁿ⁻¹ + 1/2e nⁿ⁻²… 08G5
  • Exemple Soit g(n) = 1/n; on a sₙ = ∑ₘ₌₁ⁿ 1/m ∼ ∫₁ⁿ dt/t = log n puis 1/n - (log n - log (n-1)) ∼ - 1/2n² d’où sₙ = log n + γ + 1/2n + o(1/n). La constante γ qui s’introduit dans cette form… 08G6
  • Exemple formule de Stirling. — Cherchons un développement asymptotique de n!; on est ramené à développer sₙ = ∑ₚ₌₁ⁿ log p, puis exp(sₙ). La méthode du no 2 donne successivement sₙ = ∑ₚ₌₁ⁿ… 08G7
  • Proposition 7 (critère de Raabe) Soit (uₙ) une série à termes > 0 à partir d’un certain rang. Si, à partir d’un certain rang, uₙ₊₁/uₙ ≤ 1 - α/n pour un α > 1, la série (uₙ) est convergente ; si à partir d’un certa… 08G8
  • Proposition 8 Soit (uₙ) une série à termes > 0 à partir d’un certain rang. Si, à partir d’un certain rang, on a fracuₙ₊₁uₙ ≤ 1 - 1/n - 1/n.l₁(n) - … - frac1n.l₁(n).l₂(n) … lₚ₋₁(n) - α/(n.l₁(n).l… 08G9
  • Exemple Considérons la série hypergéométrique, de terme général uₙ = (α(α + 1) … (α + n - 1) β(β + 1) … (β + n - 1))/(1.2 … n. γ(γ + 1) … (γ + n - 1)) où α, β, γ sont des nombres réels que… 08GA
  • Remarque 1 Comme cas particulier du critère de Raabe, on voit que si limsup_n → ∞ uₙ₊₁/uₙ < 1, la série (uₙ) est convergente ; si au contraire liminf_n → ∞ uₙ₊₁/uₙ > 1, la série a une somme i… 08GB
  • Remarque 2 Les critères de seconde espèce ne peuvent s’appliquer qu’à des séries dont le terme général se comporte de façon très régulière lorsque n tend vers +∞ ; autrement dit, leur champ d… 08GC

App. 0. Corps de Hardy. Fonctions (H)

  • Définition 1 Étant donné un sous-ensemble 𝔄 de H(𝔉, R), on dit que 𝔄/R_∞ (image canonique de 𝔄 dans H(𝔉, R)/R_∞) est un corps de Hardy, si 𝔄 satisfait aux conditions suivantes: 1° 𝔄/R_∞ est un… 08GO
  • Exemple 1 Tout corps de Hardy contient le corps des constantes rationnelles (plus petit corps de caractéristique 0, cf. A, V, § 1), qu’on peut identifier au corps Q; d’ailleurs, comme deux c… 08GP
  • Exemple 2 Un exemple plus important de corps de Hardy est l’ensemble des fonctions rationnelles à coefficients réels, que nous noterons R(x) par abus de langage; si f(x) = p(x)/q(x) est une… 08GQ
  • Lemme 1 Soient a(x), b(x) des fonctions numériques continues et ne changeant pas de signe dans un intervalle (x₀, +∞[. Si, dans cet intervalle, la fonction y(x) est continue et dérivable e… 08GR
  • Remarque Cette propriété si élémentaire ne s’étend pas aux équations différentielles linéaires d’ordre > 1; par exemple, la fonction y = sin x satisfait à y'' + y = 0, mais change de signe… 08GS
  • Lemme 2 Soient a(x) et b(x) deux fonctions appartenant à un même corps de Hardy 𝔎, y(x) une fonction satisfaisant à l’identité (1) dans un intervalle (x₀, +∞[ où a et b sont définies et co… 08GT
  • Théorème 1 Soient a(x) et b(x) deux fonctions appartenant à un même corps de Hardy A, y(x) une fonction satisfaisant à (1) dans un intervalle (x₀, +∞[. Lorsque r(u) = p(u)/q(u) parcourt l’ens… 08GU
  • Corollaire 1 Si y est une fonction de A non identiquement nulle dans un voisinage de +∞, A(log|y|) est un corps de Hardy. 08GV
  • Corollaire 2 Si y est une fonction quelconque de A, A(eʸ) est un corps de Hardy. 0E5S
  • Corollaire 3 Si A contient les constantes réelles, et si y est une fonction de A non identiquement nulle dans un voisinage de +∞, g(|y|^α) est un corps de Hardy pour tout nombre réel α. 0E5T
  • Proposition 1 Deux fonctions appartenant à un même corps de Hardy sont comparables d’ordre quelconque (V, p. 22). 08GW
  • Proposition 2 Soit f une fonction appartenant à un corps de Hardy 𝔄. 1° Si f est d’ordre infini par rapport à x, on a, pour tout entier n > 0, f⁽ⁿ⁾(x) ∼ frac(f'(x))ⁿ(f(x))ⁿ⁻¹. 2° Si f est d’ordr… 08GX
  • Proposition 3 Si ℜ₀ est un corps de Hardy, il existe un corps de Hardy ℜ, contenant ℜ₀ et tel que, pour toute fonction z ∈ ℜ, non identiquement nulle dans un voisinage de +∞, eᶻ et log |z| appar… 08GY
  • Définition 2 On appelle corps des fonctions (H) l’extension (H) du corps de Hardy R(x) des fonctions rationnelles à coefficients réels. Toute fonction appartenant à cette extension est dite fon… 08GZ
  • Remarque Malgré l’utilité pratique de l’échelle E que nous venons de définir, il est facile de donner des exemples de fonctions (H) qui n’ont pas de partie principale par rapport à E. En ef… 08H0
  • Proposition 4 Soient p et q deux fonctions (H) strictement positives dans un intervalle (x₀, +∞). ↩ 1 08H1
  • Remarque Les conditions imposées à q(x) ne peuvent être améliorées, comme le montrent les exemples suivants: 08H2
  • Proposition 5 Soit g une fonction (H) non équivalente à une constante ≠ 0 et telle que g(x) ll x, et soit u(x) la fonction réciproque de x - g(x), définie dans un voisinage de +∞. Soit (uₙ) la s… 08H3
  • Remarque 1 Si g est d’ordre < 1 par rapport à x, la fonction u(x) - uₙ(x) tend vers 0 avec 1/x dès que n est assez grand. En effet, dans le cas contraire, on aurait ggⁿ gg 1 pour tout n, donc… 08H4
  • Remarque 2 Lorsque g(x) est une fonction (H) équivalente à une constante k ≠ 0, on a g(x) = k + g₁(x), avec g₁ ll 1; la fonction u₁(x) = u(x) - k est fonction réciproque de x - g₁(x + k), et… 08H5
  • Exemples 1) Cherchons un développement asymptotique de la fonction réciproque v(x) de x⁵ + x (pour x tendant vers +∞); en posant x⁵ = t, on est ramené à chercher un développement de la fonc… 08H6
  • Remarque On notera que deux fonctions (H) équivalentes peuvent avoir des fonctions réciproques non équivalentes, comme le montre l’exemple des deux fonctions log x et 1 + log x. 08H8

VI. Développements tayloriens généralisés. Formule sommatoire d’euler–maclaurin

§ 1. Développements tayloriens généralisés

  • Définition 1 On dit qu’un opérateur U dans K[X] est un opérateur de composition s’il est permutable avec l’opérateur de translation, c’est-à-dire si U_X T_Y = T_Y U. 08HO
  • Exemple 1 Pour tout λ ∈ K, l’opérateur qui, à tout polynôme f(X), fait correspondre le polynôme f(X + λ), est un opérateur de composition. ↩ 1 08HP
  • Exemple 2 La dérivation D dans K[X] est un opérateur de composition (cf. prop. 1). 08HQ
  • Remarque Comme K est un corps infini, pour que l’opérateur U dans K[X] soit un opérateur de composition, il faut et il suffit que pour tout polynôme f ∈ K[X] et tout élément α ∈ K, on ait… 08HR
  • Proposition 1 Pour qu’un opérateur U dans K[X] soit un opérateur de composition il faut et il suffit qu’il soit permutable avec la dérivation D dans K[X]. 08HS
  • Théorème 1 L’application qui, à toute série formelle u(S) = ∑ₖ₌₀^∞ αₖ Sᵏ à une indéterminée sur K, fait correspondre l’opérateur de composition u(D) = ∑ₖ₌₀^∞ αₖ Dᵏ dans K[X], est un isomorphi… 08HT
  • Corollaire L’algèbre Γ des opérateurs de composition dans K[X] est commutative. 08HU
  • Exemple Si U est l’opérateur qui, à tout polynôme f(X), fait correspondre f(X + λ) (où λ ∈ K), on a U₀(Xᵏ) = λᵏ, et par suite U = ∑ₖ₌₀^∞ 1/k! (λ D)ᵏ. Par analogie avec le développement en… 08HV
  • Scholie L’isomorphie de l’algèbre K[[S]] des séries formelles et de l’algèbre Γ des opérateurs de composition dans K[X], permet parfois de démontrer plus simplement des propositions relati… 08HW
  • Proposition 2 Tout opérateur de composition d’ordre 0 est inversible dans l’algèbre Γ des opérateurs de composition dans K[X]. 08HX
  • Proposition 3 Soit U un opérateur de composition d’ordre p; pour tout polynôme f de degré < p, U(f) = 0; pour tout polynôme f ≠ 0 de degré n ≥ p, U(f) est un polynôme ≠ 0 de degré n - p. 08HY
  • Définition 2 Soit U = Dᵖ V un opérateur de composition d’ordre p dans K[X]. On appelle polynôme d’Appell d’indice n attaché à l’opérateur U le polynôme uₙ(X) = V⁻¹(Xⁿ). 08HZ
  • Proposition 4 Les polynômes d’Appell attachés à U satisfont aux relations 08I0
  • Proposition 5 Pour tout polynôme f ∈ K[X] et tout opérateur de composition U d’ordre p, on a 08I1
  • Proposition 6 Soit U = DᵖV = u(D) un opérateur de composition d’ordre p dans K[X], u(S) étant une série d’ordre formelle p dans K[[S]]. On a alors les formules 08I2
  • Définition 3 On dit qu’un opérateur U dans E est un opérateur de composition si, pour tout a geqslant 0, il est permutable avec l’opérateur de translation par a. 08I3
  • Théorème 2 Soit f une fonction admettant une dérivée (n+1)-ème continue dans I, et appartenant à E ainsi que toutes ses dérivées f⁽ᵐ⁾ pour 1 ≤ m ≤ n. Si U est un opérateur de composition d’or… 08I4
  • Remarque On peut utiliser la formule (33) (resp. (34)) pour le calcul des βₙ (resp. des uₙ(x)) en utilisant le lemme suivant de la théorie des séries entières: 08I5
  • Lemme Si deux séries entières ∑ₙ₌₀^∞ cₙ λⁿ ∑ₙ₌₀^∞ dₙ λⁿ sont absolument convergentes pour tout λ dans un voisinage de 0, et si on a ∑ₙ₌₀^∞ cₙ λⁿ = ∑ₙ₌₀^∞ dₙ λⁿ pour ces valeurs de λ, alo… 0E5U
  • Exemple 1 Si U est l’application identique, on a u(λ) = 1, et l’opérateur U est évidemment régulier; comme uₙ(x) = xⁿ, la formule (27) de VI, p. 10, s’écrit, en posant t = ξ - η 08I6
  • Exemple 2 Prenons pour U l’opérateur de composition qui, à toute fonction f définie dans R₊, fait correspondre la fonction x ↦ f(x + 1) - f(x); on a donc 08I7
  • Exemple 3 Soit E l’espace vectoriel des fonctions f définies et continues dans R, telles en outre que l’intégrale ∫_-∞^+∞ f(x + ξ)e^-ξ²/2\ dξ soit convergente pour tout x geqslant 0. L’opéra… 08I8

§ 2. Développements eulériens des fonctions trigonométriques et nombres de Bernoulli

  • Proposition 1 Pour tout nombre complexe z et tout entier n, on a 08IC
  • Corollaire 1 Pour tout entier n, on a 08ID
  • Corollaire 2 Pour tout entier impair n = 2m + 1, et tout nombre complexe z tel que nz ne soit pas multiple entier de π, on a 08IE
  • Théorème 1 Pour tout nombre complexe z distinct d'un multiple entier de π, on a cotg z = 1/z + ∑ₙ₌₁^∞ 2z/(z² - n² π²) la série du second membre étant normalement convergente dans tout ensembl… ↩ 1 08IF
  • Théorème 2 Pour tout nombre complexe z, on a sin z = z ∏ₙ₌₁^∞ (1 - z²/n²π²) le produit infini du second membre étant absolument et uniformément convergent dans toute partie compacte de C (dév… 08IG

VII. La fonction gamma

§ 1. La fonction gamma dans le domaine réel

  • Proposition 1 Il existe une fonction convexe et une seule g, définie dans ]0, +∞[, satisfaisant à l’équation (3) et prenant la valeur 0 pour x = 1. 08IX
  • Définition 1 On désigne par Γ(x) la fonction > 0 définie dans l’intervalle ]0, +∞[, satisfaisant à l’équation 08IY
  • Proposition 2 Pour tout x > 0, on a 08IZ
  • Lemme 1 Soient f et g deux fonctions > 0 et deux fois dérivables dans un intervalle ouvert I. Si f et g sont logarithmiquement convexes dans I, f + g est logarithmiquement convexe dans I. 08J0
  • Lemme 2 Soit une fonction numérique finie et > 0, définie et continue dans le produit I × J de deux intervalles ouverts dans R et telle que, pour tout t ∈ J, la fonction x ↦ f(x, t) soit l… 08J1
  • Lemme 3 Soit φ une fonction continue et > 0 dans un intervalle ouvert J contenu dans ]0, +∞[. Si I est un intervalle ouvert tel que l’intégrale g(x) = ∫_J tˣ⁻¹φ(t)dt soit convergente pour… 08J2
  • Proposition 3 Pour tout x > 0, on a Γ(x) = ∫₀^∞ e⁻ᵗ tˣ⁻¹\ dt (seconde intégrale eulérienne). 08J3
  • Proposition 4 Pour x > 0 et y > 0, l’intégrale B(x, y) = ∫₀¹ tˣ⁻¹(1-t)ʸ⁻¹ dt (première intégrale eulérienne) a pour valeur B(x, y) = Γ(x)Γ(y)/(Γ(x+y)). En effet, l’intégrale est convergente pour… 08J4

§ 2. La fonction gamma dans le domaine complexe

  • Proposition 1 Pour tout z complexe, on a 08JB
  • Corollaire Pour tout t réel, on a 08JC
  • Proposition 2 Pour tout nombre complexe z distinct d’un entier ≤ 0 et pour tout entier p > 0, on a Γ(z/p) Γ((z+1)/p) … Γ((z+p-1)/p) = (2π)^(p-1)/2 p¹⁻ᶻ Γ(z) (formule de multiplication de Legendr… 08JD
  • Proposition 3 Pour tout nombre réel x > 0, on a ∫ₓˣ⁺¹ log Γ(t) dt = x(log x - 1) + 1/2 log 2π (intégrale de Raabe). 08JE
  • Proposition 4 Suivant le filtre 𝔉, on a (pour tout entier p ≥ 1) le développement asymptotique log Γ(z) ≡ z log z - z - 1/2 log z + 1/2 log 2π \\ + ∑ₖ₌₁ᵖ fracb₂ₖ2k(2k-1) frac1z²ᵏ⁻¹ + O ( frac1(ω… 08JF
  • Corollaire Suivant le filtre 𝔉, on a Γ(z) ∼ sqrt2π exp ( z log z - z - 1/2 log z ). En particulier, pour x réel et tendant vers +∞, la formule (20) s’écrit Γ(x) ∼ sqrt2π x^x-1/2 e⁻ˣ, 08JG
  • Proposition 5 Suivant le filtre 𝔉, on a (pour tout entier p geqslant 1), le développement asymptotique 08JH