Bourbaki

Livre TG · Français

Index des énoncés

Les 1206 énoncés de Topologie générale, par chapitre et paragraphe. Choisissez un type, filtrez par un mot, ou mettez les plus cités en tête.

I. Structures topologiques

§ 1. Ensembles ouverts; voisinages; ensembles fermés

  • Définition 1 On appelle structure topologique (ou plus brièvement topologie) sur un ensemble X une structure constituée par la donnée d’un ensemble O de parties de X possédant les propriétés su… 0AZ1
  • Définition 2 On appelle espace topologique un ensemble muni d’une structure topologique. 0AZ2
  • Définition 3 On appelle homéomorphisme d’un espace topologique X sur un espace topologique X' un isomorphisme de la structure topologique de X sur celle de X'; c’est-à-dire, conformément aux dé… 0AZ3
  • Exemple Si X et X' sont deux espaces discrets, toute bijection de X sur X' est un homéomorphisme. 0AZ4
  • Définition 4 Dans un espace topologique X, on appelle voisinage d’une partie A de X tout ensemble qui contient un ensemble ouvert contenant A. Les voisinages d’une partie x réduite à un seul po… ↩ 1 0AZ5
  • Proposition 1 Pour qu’un ensemble soit un voisinage de chacun de ses points, il faut et il suffit qu’il soit ouvert. ↩ 6 0AZ6
  • Proposition 2 Si, à chaque élément x d’un ensemble X, on fait correspondre un ensemble 𝔙(x) de parties de X de sorte que les propriétés (VI), (V{II}), (V{III}) et (V{IV}) soient vérifiées, il ex… ↩ 1 0AZ7
  • Exemple On définit une topologie sur l’ensemble Q des nombres rationnels en prenant pour ensembles ouverts de cette topologie les réunions d’intervalles ouverts bornés; en effet, l’ensembl… 0AZ8
  • Définition 5 Dans un espace topologique X, on appelle système fondamental de voisinages d’un point x (resp. d’une partie A de X) tout ensemble 𝔊 de voisinages de x (resp. A) tel que pour tout v… ↩ 1 0AZ9
  • Définition 6 On appelle base de la topologie d’un espace topologique X tout ensemble 𝔅 de parties ouvertes de X tel que tout ensemble ouvert de X soit réunion d’ensembles appartenant à 𝔅. 0AZA
  • Proposition 3 Dans un espace topologique, pour qu’un ensemble 𝔅 de parties ouvertes de X soit une base de la topologie de X, il faut et il suffit que pour tout x ∈ X, l’ensemble des V ∈ 𝔅 tels q… ↩ 2 0AZB
  • Exemple 1 La topologie discrète a pour base l’ensemble des parties réduites à un seul élément. 0AZC
  • Exemple 2 L’ensemble des intervalles ouverts bornés est par définition une base de la topologie de la droite rationnelle (I, p. 4). L’ensemble des intervalles ouverts bornés est de même une… 0AZD
  • Définition 7 Dans un espace topologique X, on appelle ensembles fermés les complémentaires des ensembles ouverts de X. 0AZE
  • Définition 8 On dit qu’une famille (Aᵢ)_i ∈ I de parties d’un espace topologique X est localement finie si, pour tout x ∈ X, il existe un voisinage V de x tel que V ∩ Aᵢ = ∅ sauf pour un nombre… 0AZF
  • Proposition 4 La réunion d'une famille localement finie de parties fermées d'un espace topologique X est fermée dans X. ↩ 6 0AZG
  • Définition 9 Dans un espace topologique X, on dit qu'un point x est intérieur à une partie A de X lorsque A est un voisinage de x. L'ensemble des points intérieurs à A s'appelle l'intérieur de… 0AZH
  • Remarque L'intérieur d'un ensemble non vide peut être vide; c'est le cas pour un ensemble réduit à un seul point lorsqu'il n'est pas ouvert, par exemple dans la droite rationnelle (ou la dr… 0AZI
  • Définition 10 Dans un espace topologique X, on dit qu’un point x est adhérent à un ensemble A lorsque tout voisinage de x rencontre A. L’ensemble des points adhérents à A s’appelle adhérence de… ↩ 1 0AZJ
  • Proposition 5 Soit A un ensemble ouvert dans X; pour toute partie B de X, on a ↩ 3 0AZK
  • Définition 11 Dans un espace topologique X, un point x est dit point frontière d’un ensemble A, s’il est à la fois adhérent à A et à overlineCA; l’ensemble des points frontières de A s’appelle f… 0AZL
  • Définition 12 On dit qu’une partie A d’un espace topologique X est dense dans X (ou encore est partout dense, lorsqu’il n’en résulte pas de confusion sur X) si overlineA = X, autrement dit si po… 0AZM
  • Exemple On verra dans IV, p. 3 que l’ensemble des nombres rationnels et son complémentaire sont partout denses dans la droite numérique. \ Dans un espace discret X, il n’existe pas d’ensem… 0AZN
  • Proposition 6 Si 𝔅 est une base de la topologie d’un espace topologique X, il existe dans X un ensemble partout dense D tel que Card(D) leqslant Card(𝔅). ↩ 1 0AZO

§ 2. Fonctions continues

  • Définition 1 On dit qu’une application f d’un espace topologique X dans un espace topologique X' est continue en un point x₀ ∈ X si, quel que soit le voisinage V' de f(x₀) dans X', il existe un… ↩ 2 0AZY
  • Proposition 1 Soit f une application d’un espace topologique X dans un espace topologique X'. Si f est continue au point x, et si x est adhérent à une partie A de X, alors f(x) est adhérent à f(… ↩ 1 0AZZ
  • Proposition 2 Soient X, X', X'' trois espaces topologiques, f une application de X dans X' continue au point x ∈ X, g une application de X' dans X'' continue au point f(x). Alors l’application c… ↩ 3 0B00
  • Définition 2 On dit qu’une application d’un espace topologique X dans un espace topologique X' est continue dans X (ou simplement qu’elle est continue) si elle est continue en tout point de X. 0B01
  • Exemple 1 L’application identique d’un espace topologique X sur lui-même est continue. 0B02
  • Exemple 2 Une application constante d’un espace topologique dans un espace topologique est continue. 0B03
  • Exemple 3 Toute application d’un espace discret dans un espace topologique est continue. 0B04
  • Théorème 1 Soit f une application d’un espace topologique X dans un espace topologique X'; les propriétés suivantes sont équivalentes: a) f est continue dans X; b) pour tout partie A de X, f(… ↩ 25 0B05
  • Remarque 1 Soit 𝔅 une base (I, p. 5) de la topologie de X'; pour que f : X → X' soit continue, il faut et il suffit que f⁻¹(U') soit un ensemble ouvert dans X pour tout U' ∈ 𝔅. ↩ 1 0B09
  • Exemple Soit a un nombre rationnel quelconque; l’application x ↦ a + x de la droite rationnelle Q dans elle-même est continue dans Q, car l’image réciproque par cette application d’un inte… 0B06
  • Remarque 2 L’image directe d’un ensemble ouvert (resp. fermé) de X par une application continue f : X → X' n’est pas nécessairement un ensemble ouvert (resp. fermé) dans X' (cf. I, p. 30). 0B0A
  • Exemple L’application f : x ↦ 1/(1 + x²) de R dans lui-même est continue, mais f(R) est l’intervalle semi-ouvert ]0, 1], qui n’est ni ouvert ni fermé dans R. 0B07
  • Théorème 2 1° Si f : X → X' et g : X' → X'' sont deux applications continues, alors g ∘ f : X → X'' est continue. ↩ 4 0B08
  • Remarque 3 Il peut exister une bijection continue d’un espace topologique X sur un espace topologique X' qui ne soit pas bicontinue; on en a un exemple en prenant pour X' la droite rationnell… 0B0B
  • Remarque 4 Pour vérifier qu’une bijection continue f : X → X' est un homéomorphisme, il suffit de prouver que pour tout x ∈ X et tout voisinage V de x, f(V) est un voisinage de f(x) dans X'. 0E95
  • Remarque 5 Soient X un espace topologique, et pour tout x ∈ X, soit 𝔙(x) l’ensemble des voisinages de x. Soit x₀ un point de X; pour tout x ∈ X, définissons un ensemble 𝔙₀(x) de parties de X… 0E96
  • Définition 3 Étant données deux topologies T₁, T₂ sur un même ensemble X, on dit que T₁ est plus fine que T₂ (et que T₂ est moins fine que T₁) si, en désignant par Xᵢ l’ensemble X muni de la to… 0B0C
  • Proposition 3 Étant données deux topologies T₁, T₂ sur un ensemble X, les propositions suivantes sont équivalentes: a) T₁ est plus fine que T₂. b) Pour tout x ∈ X, tout voisinage de x pour T₂ es… ↩ 1 0B0D
  • Exemple Dans l’espace de Hilbert H des suites x = (xₙ) de nombres réels tels que |x|² = ∑ₙ₌₀^∞ xₙ² < +∞, les voisinages d’un point x₀ pour la topologie forte sur H sont les ensembles conte… 0B0E
  • Remarque 1 Dans l’ensemble ordonné des topologies sur un ensemble X, la topologie dont les seuls ensembles ouverts sont ∅ et X est la topologie la moins fine et la topologie discrète est la t… 0B0F
  • Remarque 2 D’une manière plus imagée, plus une topologie est fine, plus il y a d’ensembles ouverts, d’ensembles fermés, de voisinages; l’adhérence (resp. l’intérieur) d’un ensemble est d’auta… 0B0G
  • Remarque 3 Si f : X → X' est une application continue, elle reste continue lorsqu’on remplace la topologie de X par une topologie plus fine et la topologie de X’ par une topologie moins fine… 0B0H
  • Proposition 4 Soient X un ensemble, (Yᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces topologiques, et pour chaque i ∈ I, soit fᵢ une application de X dans Yᵢ. Soit S l’ensemble des parties de X de la forme fᵢ⁻¹… ↩ 11 0B0I
  • Proposition 5 Soient X un ensemble, (Zᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces topologiques, (J_λ)_λ ∈ L une partition de I et (Y_λ)_λ ∈ L une famille d’ensembles ayant L pour ensembles d’indices. Enfin… ↩ 2 0B0J
  • Exemple I : Image réciproque d’une topologie. — Soient X un ensemble, Y un espace topologique, f une application de X dans Y; la topologie la moins fine T sur X rendant continue f est appe… ↩ 2 0B0K
  • Proposition 6 Soient X un ensemble, (Yᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces topologiques, et pour chaque i ∈ I, soit fᵢ une application de Yᵢ dans X. Soit O l’ensemble des parties U de X telles que, po… ↩ 6 0B0N
  • Corollaire Sous les hypothèses de la prop. 6, pour qu’une partie F de X soit fermée pour T, il faut et il suffit que pour tout i ∈ I, fᵢ⁻¹(F) soit fermé dans Yᵢ. 0B0O
  • Proposition 7 Soient X un ensemble, (Zᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces topologiques, (J_λ)_λ ∈ L une partition de I et (Y_λ)_λ ∈ L une famille d’ensembles ayant L pour ensemble d’indices. Enfin, p… ↩ 1 0B0P
  • Exemple I: Topologie quotient. — Soient X un espace topologique, R une relation d’équivalence sur X, Y = X/R l’ensemble quotient de X par cette relation, φ : X → Y l’application canonique… 0E97
  • Proposition 8 Soient X un ensemble, (X_λ)_λ ∈ L une famille de parties de X. Supposons chaque X_λ munie d’une topologie T_λ telle que, pour tout couple (λ, μ) d’indices: 1° X_λ ∩ X_μ soit ouvert… ↩ 1 0B0Q
  • Proposition 9 Supposons que les h_λμ soient des homéomorphismes et que chaque A_λμ soit ouvert (resp. fermé) dans X_λ; alors chaque φ(X_λ) est ouvert (resp. fermé) dans X/R et la restriction de… 0B0R

§ 3. Sous-espaces; espaces quotients

  • Définition 1 Soit A une partie d’un espace topologique X. On appelle topologie induite sur A par la topologie de X la topologie dont les ensembles ouverts sont les traces sur A des ensembles ou… ↩ 1 0B13
  • Exemple Sur l’ensemble Z des entiers rationnels, la topologie induite par celle de la droite rationnelle est la topologie discrète, car la trace sur Z de l’intervalle ouvert ]n-1/2,n+1/2[… 0B14
  • Proposition 1 Si A et B sont deux parties d’un espace topologique X telles que B ⊂ A, l’adhérence de B par rapport au sous-espace A est la trace sur A de l’adhérence overlineB de B par rapport à… ↩ 1 0B15
  • Corollaire Pour qu’une partie B de A soit dense par rapport à A, il faut et il suffit que overlineB = overlineA dans X (ou, ce qui revient au même, que A ⊂ overlineB). 0B16
  • Proposition 2 Soit A une partie partout dense d’un espace topologique X ; pour tout x ∈ A et tout voisinage V de x par rapport à A, l’adhérence overlineV de V dans X est un voisinage de x par ra… ↩ 1 0B17
  • Proposition 3 Soit (Aᵢ)_i ∈ I une famille de parties d’un espace topologique X, ayant l’une des propriétés suivantes : a) les intérieurs des Aᵢ forment un recouvrement de X ; b) (Aᵢ)_i ∈ I est u… ↩ 6 0B18
  • Remarque Soit (Uₜ)_t ∈ I un recouvrement ouvert d’un espace topologique X, et pour tout t ∈ I, soit 𝔅ₜ une base de la topologie de sous-espace Uₜ de X; il est clair que 𝔅 = ⋃_t ∈ I 𝔅ₜ est u… 0B19
  • Proposition 4 Soit (Aₜ)_t ∈ I une famille de parties d’un espace topologique X, dont les intérieurs forment un recouvrement ouvert de X, ou qui est un recouvrement fermé localement fini de X. So… 0B1A
  • Définition 2 On dit qu’une partie L d’un espace topologique X est localement fermée en un point x ∈ L s’il existe un voisinage V de x dans X tel que L ∩ V soit une partie fermée du sous-espace… ↩ 1 0B1B
  • Remarque Soit F une partie de X telle que pour tout point x de X, il y ait un voisinage V de x dans X tel que V ∩ F soit fermé dans le sous-espace V; il résulte alors de la prop. 3 de I, p… 0B1C
  • Proposition 5 Soit L une partie d’un espace topologique X. Les conditions suivantes sont équivalentes: a) L est localement fermée; b) L est une partie ouverte du sous-espace overlineL, adhérence… ↩ 2 0B1D
  • Corollaire Soit f : X → X' une application continue; pour toute partie localement fermée L' de X', overlinef⁻¹(L') est localement fermée dans X. Cela résulte aussitôt de la prop. 5 ci-dessus… 0B1E
  • Définition 3 Soient X un espace topologique, R une relation d’équivalence dans X. On appelle espace quotient de X par R l’ensemble quotient X/R, muni de la topologie quotient de la topologie de… 0B1F
  • Proposition 6 Soient X un espace topologique, R une relation d’équivalence dans X, φ l’application canonique de X sur X/R; pour qu’une application f de X/R dans un espace topologique Y soit cont… ↩ 6 0B1G
  • Exemple Considérons, sur la droite numérique R, la relation d’équivalence x ≡ y (mod. 1); l’espace quotient de R par cette relation est appelé tore à une dimension et se désigne par T. La… 0B1H
  • Corollaire Soient X, Y, deux espaces topologiques, R (resp. S) une relation d’équivalence dans X (resp. Y), f : X → Y une application continue compatible avec les relations d’équivalence R et… ↩ 1 0B1I
  • Proposition 7 (transitivité des espaces quotients) Soient R et S deux relations d’équivalence dans un espace topologique X, telles que R entraîne S, et soit S/R la relation d’équivalence quotient dans l’espace quotient X/R (E, II… ↩ 2 0B1J
  • Proposition 8 Soient f = ψ ∘ g ∘ φ la décomposition canonique d’une application continue f : X → Y, R la relation d’équivalence f(x) = f(y). Les trois conditions suivantes sont équivalentes: a)… ↩ 1 0B1K
  • Exemple Soient X un espace topologique, (Xₜ)_t ∈ I un recouvrement de X, Y l’espace somme des sous-espaces Xₜ de X; il y a donc une partition (Yₜ)_t ∈ I de Y en sous-espaces à la fois ouve… 0B1L
  • Proposition 9 Soient f : X → Y une application continue surjective, R la relation d’équivalence f(x) = f(y). S’il existe une section continue s : Y → X associée à f (E, II, p. 18, déf. 11), l’ap… 0B1M
  • Proposition 10 La bijection canonique h : A/RA → f(A) est continue. En outre, les trois propriétés suivantes sont équivalentes: ↩ 5 0B1N
  • Corollaire 1 Si A est un ensemble saturé pour R et ouvert (resp. fermé) dans X, l’application canonique h : A/RA → f(A) est un homéomorphisme. 0B1O
  • Corollaire 2 S’il existe une application continue u : X → A telle que, pour tout x ∈ X, u(x) soit congru à x mod. R, alors f(A) = X/R et l’application canonique h : A/RA → X/R est un homéomorph… ↩ 1 0B1P
  • Exemple Désignons par R la relation d’équivalence x ≡ y (mod. 1) dans la droite numérique R (I, p. 21, Exemple), par A l’intervalle fermé [0, 1]; A contient un point au moins de toute clas… 0B1Q

§ 4. Produit d’espaces topologiques

  • Définition 1 Étant donnée une famille (Xᵢ)_i ∈ I d’espaces topologiques, on appelle espace produit de cette famille l’ensemble produit X = ∏_i ∈ I Xᵢ muni de la topologie produit des topologies… 0B27
  • Exemple Le produit Rⁿ de n espaces identiques à la droite numérique R est appelé espace numérique à n dimensions; R² est aussi appelé plan numérique (cf. VI, § 1, n° 1). On définit de même… 0B28
  • Proposition 1 Soit f = (fᵢ) une application d’un espace topologique Y dans un espace produit X = ∏_i ∈ I Xᵢ. Pour que f soit continue en un point a ∈ Y, il faut et il suffit que, pour tout i ∈ I… ↩ 11 0B29
  • Corollaire 1 Soient (Xᵢ)_i ∈ I, (Yᵢ)_i ∈ I deux familles d’espaces topologiques ayant même ensemble d’indices. Pour tout i ∈ I, soit fᵢ une application de Xᵢ dans Yᵢ. Pour que l’application pro… ↩ 5 0B2A
  • Corollaire 2 Soient X, Y deux espaces topologiques. Pour qu’une application f : X → Y soit continue, il faut et il suffit que l’application g : x ↦ (x, f(x)) soit un homéomorphisme de X sur le… ↩ 1 0B2B
  • Proposition 2 (associativité des produits topologiques) Soient (Xᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces topologiques, (J_κ)_κ ∈ K une partition de l’ensemble I, et, pour tout κ ∈ K, soit X'_κ = ∏_i ∈ J_κ Xᵢ le produit des espaces Xᵢ pour i ∈ J_… ↩ 4 0B2C
  • Corollaire Soit σ une permutation de l’ensemble I. L’application (xᵢ) ↦ (x_σ(i)) est un homéomorphisme de ∏_i ∈ I Xᵢ sur ∏_i ∈ I X_σ(i). 0B2D
  • Proposition 3 Soient X un ensemble, (Yᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces topologiques, et pour chaque i ∈ I, soit fᵢ une application de X dans Yᵢ. Soit f l’application x ↦ (fᵢ(x)) de X dans Y = ∏_i… ↩ 4 0B2E
  • Corollaire Pour tout i ∈ I, soit Aᵢ un sous-espace de Yᵢ. La topologie induite sur A = ∏_i ∈ I Aᵢ par la topologie produit sur ∏_i ∈ I Yᵢ est la topologie produit des topologies des sous-espa… 0B2F
  • Proposition 4 Soient X₁, X₂ deux espaces topologiques; pour tout a₁ ∈ X₁, l’application x₂ ↦ (a₁, x₂) est un homéomorphisme de X₂ sur le sous-espace a₁ × X₂ de X₁ × X₂. ↩ 2 0B2G
  • Corollaire La coupe A(x₁) d’un ensemble ouvert (resp. fermé) A du produit X₁ × X₂, suivant un point quelconque x₁ ∈ X₁, est un ensemble ouvert (resp. fermé) dans X₂. ↩ 2 0B2H
  • Proposition 5 La projection sur un espace facteur d’un ensemble ouvert U du produit X₁ × X₂ est un ensemble ouvert. ↩ 4 0B2I
  • Remarque 1 La projection sur un espace facteur d’une partie fermée d’un espace produit X₁ × X₂ peut fort bien ne pas être un ensemble fermé. Par exemple, dans le plan rationnel Q², l’hyperbol… ↩ 1 0B2J
  • Proposition 6 Soient X₁, X₂, Y trois espaces topologiques, f une application de l’espace produit X₁ × X₂ dans Y. Si f est continue au point (a₁, a₂), l’application partielle x₂ ↦ f(a₁, x₂) de X₂… 0B2K
  • Remarque 2 Il se peut que toutes les applications partielles déterminées par une application f : X₁ × X₂ → Y soient continues sans que f soit continue dans X₁ × X₂ (cf. IX, § 5, exerc. 21 et… ↩ 1 0B2L
  • Proposition 7 Dans un espace produit ∏_i ∈ I Xᵢ, l’adhérence d’un produit d’ensembles ∏_i ∈ I Aᵢ est identique au produit ∏_i ∈ I overlineAᵢ de leurs adhérences. ↩ 3 0B2M
  • Corollaire Pour qu’un produit ∏ᵢ Aᵢ d’ensembles non vides soit fermé dans l’espace ∏ᵢ Xᵢ, il faut et il suffit que, pour tout i, Aᵢ soit fermé dans Xᵢ. ↩ 2 0B2N
  • Proposition 8 Soit a = (aᵢ) un point d’un espace produit X = ∏_i ∈ I Xᵢ; l’ensemble D des points x ∈ X tels que prᵢ x = aᵢ sauf pour un nombre fini d’indices i, est partout dense dans X. ↩ 2 0B2O
  • Proposition 9 Soit I un ensemble préordonné filtrant à droite. Soient (X_α, f_α β) un système projectif d’espaces topologiques ayant I pour ensemble d’indices, X = lim_← X_α, J une partie cofina… ↩ 4 0B2P
  • Corollaire Supposons I filtrant. Soit A une partie de X = lim_← X_α, et pour tout α ∈ I, posons A_α = f_α(A). Alors: (i) Les A_α (resp. les overlineA_α) forment un système projectif de partie… ↩ 2 0B2Q
  • Exemple Soit (X_α)_α ∈ I une famille filtrante (pour ⊇) de parties d’un ensemble Y, et pour chaque α ∈ I, soit T_α une topologie sur X_α, telle que pour α ≤ β, T_β soit plus fine que la to… 0B2R

§ 5. Applications ouvertes et applications fermées

  • Définition 1 Soient X, X' deux espaces topologiques. On dit qu'une application f : X → X' est ouverte (resp. fermée) si l'image par f de toute partie ouverte (resp. fermée) de X est ouverte (re… ↩ 1 0B32
  • Exemple 1 Soit A un sous-espace d'un espace topologique X; pour que l'injection canonique j : A → X soit ouverte (resp. fermée), il faut et il suffit que A soit ouvert (resp. fermé) dans X (… 0B33
  • Exemple 2 Pour qu'une bijection f d'un espace topologique X sur un espace topologique X' soit un homéomorphisme, il faut et il suffit que f soit continue et ouverte, ou continue et fermée. 0B34
  • Exemple 3 Soit f une surjection d'un ensemble X dans un espace topologique X'; si on munit X de la topologie image réciproque de celle de X' par f (I, p. 13, Exemple I), f est une applicatio… ↩ 1 0B35
  • Exemple 4 Dans un espace produit X = ∏_i ∈ I Xᵢ, toute projection prᵢ : X → Xᵢ est une application continue ouverte, mais non nécessairement fermée (I, p. 26, prop. 5). ↩ 1 0B36
  • Exemple 5 Une fonction holomorphe non constante f, définie dans une partie ouverte connexe A de C, est une application ouverte de A dans C. 0B37
  • Exemple 6 Soient X, X' deux espaces topologiques, f une bijection continue de X sur X', qui n'est pas bicontinue; alors la bijection réciproque g : X' → X est une application ouverte et ferm… 0B38
  • Proposition 1 Soient X, X', X'' trois espaces topologiques, f : X → X', g : X' → X'' deux applications. Alors : a) Si f et g sont ouvertes (resp. fermées), g ∘ f est ouverte (resp. fermée). b) S… ↩ 4 0B39
  • Proposition 2 Soient X, Y deux espaces topologiques, f une application de X dans Y. ↩ 3 0B3A
  • Corollaire Soit (T(ι))_ι ∈ I une famille de parties de Y dont les intérieurs forment un recouvrement de Y, ou qui est un recouvrement fermé localement fini de Y. Si f : X → Y est continue et… 0B3B
  • Définition 2 On dit qu’une relation d’équivalence R dans un espace topologique X est ouverte (resp. fermée) si l’application canonique de X sur X/R est ouverte (resp. fermée). 0B3C
  • Exemple 1 Soient X un espace topologique, Γ un groupe d’homéomorphismes de X sur lui-même, R la relation d’équivalence 0B3D
  • Exemple 2 Soit X un espace somme d’une famille (X_ι) de sous-espaces de X, et soit X/R l’espace obtenu par recollement des X_ι le long d’ensembles ouverts A_ι k au moyen de bijections h_kℓ (… ↩ 1 0B3E
  • Exemple 3 Avec les notations de l’Exemple 2), supposons maintenant que les A_tκ soient fermés et que les h_kℓ soient des homéomorphismes; en outre, nous supposerons que, pour tout indice t… ↩ 1 0B3F
  • Proposition 3 Soient X, Y deux espaces topologiques, f : X → Y une application continue, R la relation d’équivalence f(x) = f(y) dans X, X xrightarrowp X/R xrightarrowh f(X) xrightarrowi Y la dé… ↩ 4 0B3G
  • Proposition 4 Soient R une relation d’équivalence ouverte (resp. fermée) dans un espace topologique X, f l’application canonique X → X/R, A une partie de X. Supposons que l’une des deux conditio… ↩ 3 0B3H
  • Proposition 5 Soient X, Y deux espaces topologiques, f une application de X dans Y, 𝔅 une base de la topologie de X. Les propriétés suivantes sont équivalentes: a) f est une application ouverte… ↩ 6 0B3I
  • Proposition 6 Soit R une relation d’équivalence dans un espace topologique X. Les trois conditions suivantes sont équivalentes: a) La relation R est ouverte. b) L’intérieur de tout ensemble satu… ↩ 1 0B3J
  • Proposition 7 Soient R une relation d’équivalence dans un espace topologique X, φ l’application canonique X → X/R. Si R est ouverte: (i) Pour tout ensemble A ⊂ X saturé pour R, l’adhérence (resp… ↩ 1 0B3K
  • Corollaire Les notations étant celles de la prop. 7, si la relation R est ouverte, alors, pour qu’une partie Z de X/R soit localement fermée, il faut et il suffit que φ⁻¹(Z) soit localement f… ↩ 4 0B3M
  • Proposition 8 Soient (Xᵢ)_i ∈ I, (Yᵢ)_i ∈ I deux familles d’espaces topologiques ayant même ensemble d’indices. Pour tout i ∈ I, soit fᵢ une application ouverte de Xᵢ dans Yᵢ, et supposons que f… ↩ 1 0B3L
  • Corollaire Soit (Xᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces topologiques, et pour chaque i ∈ I, soient Rᵢ une relation d’équivalence dans Xᵢ, fᵢ l’application canonique Xᵢ → Xᵢ/Rᵢ. Soit R la relation d’… 0E99
  • Proposition 9 Soient X, X' deux espaces topologiques. Pour qu’une application f : X → X' soit continue et fermée, il faut et il suffit que f(overlineA) = overlinef(A) pour toute partie A de X. ↩ 1 0B3N
  • Proposition 10 Soit R une relation d’équivalence dans un espace topologique X. Pour que R soit fermée, il faut et il suffit que toute classe d’équivalence M suivant R admette un système fondament… ↩ 5 0B3O
  • Remarque La prop. 10 entraîne la propriété suivante: Si R est fermée, en désignant par φ l’application canonique X → X/R, pour tout x ∈ X et tout voisinage U de la classe d’équivalence de x… 0B3P

§ 6. Filtres

  • Définition 1 On appelle filtre sur un ensemble X un ensemble 𝔉 de parties de X qui possède les propriétés suivantes: 0B3X
  • Définition 2 Étant donnés deux filtres 𝔉, 𝔉' sur un même ensemble X, on dit que 𝔉' est plus fin que 𝔉, ou que 𝔉 est moins fin que 𝔉', si 𝔉 ⊂ 𝔉'. Si de plus 𝔉 ≠ 𝔉', on dit que 𝔉' est strictement… 0B3Y
  • Proposition 1 Pour qu’il existe un filtre sur X contenant un ensemble 𝔊 de parties de X, il faut et il suffit qu’aucune des intersections finies d’ensembles de 𝔊 ne soit vide. ↩ 7 0B3Z
  • Exemple Soit 𝔊 un ensemble quelconque de parties d’un ensemble X, et considérons la topologie T sur X engendrée par 𝔊 (I, p. 13, Exemple II). Comme l’ensemble des intersections finies d’en… 0B40
  • Corollaire 1 Soient 𝔉 un filtre sur un ensemble X, A une partie de X. Pour qu’il existe un filtre 𝔉' plus fin que 𝔉 et tel que A ∈ 𝔉' il faut et il suffit que A rencontre tous les ensembles de… ↩ 3 0B41
  • Corollaire 2 Pour qu’un ensemble Φ de filtres sur un ensemble non vide X admette une borne supérieure dans l’ensemble de tous les filtres sur X, il faut et il suffit que pour toute suite finie… ↩ 3 0B42
  • Corollaire 3 L’ensemble ordonné des filtres sur un ensemble non vide X est inductif. ↩ 1 0B43
  • Proposition 2 Étant donné un ensemble de parties 𝔅 d’un ensemble X, pour que l’ensemble des parties de X contenant un ensemble de 𝔅 soit un filtre, il faut et il suffit que 𝔅 possède les deux pr… 0B44
  • Définition 3 On dit qu’un ensemble de parties 𝔅 d’un ensemble X qui satisfait aux axiomes (B_I) et (B_II) est une base du filtre qu’il engendre. On dit que deux bases de filtre sont équivalente… ↩ 1 0B45
  • Proposition 3 Pour qu’une partie 𝔅 d’un filtre 𝔉 sur X soit une base de 𝔉, il faut et il suffit que tout ensemble de 𝔉 contienne un ensemble de 𝔅. ↩ 5 0B46
  • Proposition 4 Sur un ensemble X, pour qu’un filtre 𝔉' de base 𝔅' soit plus fin qu’un filtre 𝔉 de base 𝔅, il faut et il suffit que tout ensemble de 𝔅 contienne un ensemble de 𝔅'. ↩ 2 0B47
  • Corollaire Pour que deux bases de filtre 𝔅, 𝔅' sur un ensemble X soient équivalentes, il faut et il suffit que tout ensemble de 𝔅 contienne un ensemble de 𝔅' et que tout ensemble de 𝔅' contie… ↩ 1 0B48
  • Définition 4 On appelle ultrafiltre sur un ensemble X un filtre tel qu’il n’existe aucun filtre strictement plus fin que lui (en d’autres termes, un élément maximal de l’ensemble ordonné des fi… 0B49
  • Théorème 1 Pour tout filtre 𝔉 sur un ensemble X, il existe un ultrafiltre plus fin que 𝔉. ↩ 3 0B4A
  • Proposition 5 Soit 𝔉 un ultrafiltre sur un ensemble X. Si A et B sont deux parties de X telles que A ∪ B ∈ 𝔉, on a A ∈ 𝔉 ou B ∈ 𝔉. ↩ 5 0B4B
  • Corollaire Si la réunion d’une suite finie (Aᵢ)_1 ≤ i ≤ n de parties de X appartient à un ultrafiltre 𝔉, l’un au moins des Aᵢ appartient à 𝔉. ↩ 2 0B4C
  • Proposition 6 Soit 𝔊 un système générateur d’un filtre sur un ensemble X; si, pour toute partie Y de X, on a Y ∈ 𝔊 ou complement Y ∈ 𝔊, 𝔊 est un ultrafiltre sur X. ↩ 1 0B4D
  • Remarque Si X est un ensemble contenant au moins deux éléments, il y a au moins deux ultrafiltres distincts sur X, donc l’ensemble ordonné des filtres sur X n’a pas de plus grand élément. 0B4E
  • Proposition 7 Tout filtre 𝔉 sur un ensemble X est l’intersection des ultrafiltres plus fins qui lui. ↩ 2 0B4F
  • Proposition 8 Soient 𝔉 un filtre sur un ensemble X, A une partie de X. Pour que la trace 𝔉_A de 𝔉 sur A soit un filtre sur A, il faut et il suffit que tout ensemble de 𝔉 rencontre A. ↩ 1 0B4G
  • Définition 5 Si la trace, sur une partie A d’un ensemble X, d’un filtre 𝔉 sur X, est un filtre sur A, on dit que ce filtre est induit par 𝔉 sur A. 0B4H
  • Exemple Soient X un espace topologique, A une partie de X, x un point de X; pour que la trace sur A du filtre des voisinages de x soit un filtre sur A, il faut et il suffit que tout voisin… 0B4I
  • Proposition 9 Pour qu’un ultrafiltre 𝔘 sur un ensemble X induise un filtre sur une partie A de X, il faut et il suffit que A ∈ 𝔘; si cette condition est remplie, 𝔘_A est un ultrafiltre sur A. 0B4J
  • Proposition 10 Si 𝔅 est une base d’ultrafiltre sur un ensemble X, f une application de X dans X', f(𝔅) est une base d’ultrafiltre sur X'. ↩ 2 0B4K
  • Définition 6 Étant donné un filtre 𝔉ᵢ sur chacun des ensembles Xᵢ d’une famille (Xᵢ)_i ∈ I on appelle produit des filtres 𝔉ᵢ et on note ∏_i ∈ I 𝔉ᵢ (si aucune confusion n’en résulte) le filtre s… 0B4L
  • Définition 7 Soit (xₙ)_n ∈ N une suite infinie d’éléments d’un ensemble X; on appelle filtre élémentaire associé à la suite (xₙ) le filtre engendré par l’image du filtre de Fréchet (I, p. 36) p… 0B4M
  • Proposition 11 Si un filtre 𝔉 possède une base dénombrable, il est le filtre intersection des filtres élémentaires plus fins que 𝔉. ↩ 2 0B4N
  • Remarque Un filtre moins fin qu’un filtre à base dénombrable peut fort bien ne pas posséder de base dénombrable; par exemple, si X est un ensemble infini non dénombrable, le filtre des comp… 0B4O
  • Remarque 1 Toute application f d’une partie M ∈ 𝔉 de X dans X' est équivalente mod. S à une application f₁ de X dans X' (ce qui justifie la terminologie précédente): il suffit en effet de pro… 0B4P
  • Remarque 2 Pour que les fonctions caractéristiques φ_M et φ_N de deux parties M, N de X aient même germe suivant 𝔉, il faut et il suffit que les parties M et N aient même germe suivant 𝔉. 0B4Q

§ 7. Limites

  • Définition 1 Soient X un espace topologique, 𝔉 un filtre sur X. On dit qu’un point x ∈ X est point limite (ou simplement limite) de 𝔉, si 𝔉 est plus fin que le filtre 𝔙(x) des voisinages de x… ↩ 1 0B5B
  • Proposition 1 Pour qu’une base de filtre 𝔅 sur un espace topologique X converge vers x ∈ X, il faut et il suffit que tout ensemble d’un système fondamental de voisinages de x contienne un ensemb… 0B5C
  • Proposition 2 Pour qu’un filtre 𝔉 sur un espace topologique X converge vers un point x, il faut et il suffit que tout ultrafiltre plus fin que 𝔉 converge vers x. 0B5D
  • Définition 2 Dans un espace topologique X, on dit qu’un point x est adhérent à une base de filtre 𝔅 sur X, s’il est adhérent à tous les ensembles de 𝔅. 0B5E
  • Proposition 3 Pour qu’un point x soit adhérent à une base de filtre 𝔅, il faut et il suffit que tout ensemble d’un système fondamental de voisinages de x rencontre chacun des ensembles de 𝔅. 0B5F
  • Proposition 4 Pour qu’un point x soit adhérent à un filtre 𝔉, il faut et il suffit qu’il existe un filtre plus fin que 𝔉 et qui converge vers x. ↩ 1 0B5G
  • Corollaire Pour qu’un ultrafiltre 𝔘 soit convergent vers un point x, il faut et il suffit que x soit adhérent à 𝔘. ↩ 1 0B5H
  • Proposition 5 L’ensemble des points adhérents à une base de filtre sur un espace topologique X est fermé dans X. ↩ 1 0B5I
  • Proposition 6 Soit 𝔅 une base de filtre sur une partie A d’un espace topologique X. Tout point adhérent à 𝔅 dans X appartient à overlineA. Inversement, tout point de overlineA est limite dans X… 0B5J
  • Remarque Un filtre sur un espace topologique n’a pas nécessairement de point adhérent (ni a fortiori de point limite) : par exemple, sur un espace discret infini, le filtre des complémentai… 0B5K
  • Définition 3 Soit f une application d’un ensemble X dans un espace topologique Y, et soit 𝔉 un filtre sur X; on dit qu’un point y ∈ Y est valeur limite (ou simplement limite) de f suivant le fi… 0B5L
  • Proposition 7 Pour que y ∈ Y soit limite de f suivant le filtre 𝔉, il faut et il suffit que, pour tout voisinage V de y dans Y, il existe un ensemble M ∈ 𝔉 tel que f(M) ⊂ V (ou encore, que overs… ↩ 2 0B5M
  • Exemple 1 Une suite de points (xₙ)_n ∈ N d’un espace topologique X est une application n ↦ xₙ de N dans X. On a souvent à considérer, en Analyse, la notion de valeur limite ou de valeur d’ad… 0B5N
  • Exemple 2 Plus généralement, soit f une application d’un ensemble filtrant A dans un espace topologique X. Si x ∈ X est valeur limite (resp. valeur d’adhérence) de f suivant le filtre des se… 0B5O
  • Proposition 8 Soit f une application d’un ensemble X dans un espace topologique Y; pour que y ∈ Y soit valeur d’adhérence de f suivant 𝔉, il faut et il suffit qu’il existe sur X un filtre 𝔊 plus… 0B5P
  • Remarque Si y ∈ Y est limite (resp. valeur d’adhérence) d’une application f : X → Y suivant un filtre 𝔉 sur X, y est aussi limite (resp. valeur d’adhérence) de toute fonction g : X → Y ayan… 0B5Q
  • Proposition 9 Pour qu’une application f d’un espace topologique X dans un espace topologique Y soit continue en un point a ∈ X, il faut et il suffit que lim_x → a f(x) = f(a). ↩ 6 0B5R
  • Corollaire 1 Soient X, Y deux espaces topologiques, f une application de X dans Y. Supposons f continue en un point a ∈ X; alors, pour toute base de filtre B sur X qui converge vers a, la base… 0E9A
  • Corollaire 2 Soit g une application d’un ensemble Z dans un espace topologique X, admettant une limite a suivant un filtre 𝔉 sur Z; si l’application f : X → Y est continue au point a, la foncti… 0E9B
  • Proposition 10 Soient X un ensemble, (Yᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces topologiques, et pour chaque i ∈ I, soit fᵢ une application de X dans Yᵢ. On munit X de la topologie T la moins fine rendant… ↩ 3 0B5U
  • Corollaire 1 Pour qu’un filtre 𝔉 sur un espace produit X = ∏_i ∈ I Xᵢ converge vers un point x, il faut et il suffit que, pour tout i ∈ I, la base de filtre prᵢ(𝔉) converge vers prᵢ x. ↩ 5 0B5V
  • Corollaire 2 Soit f = (fᵢ) une application d’un ensemble X dans un espace produit Y = ∏_i ∈ I Yᵢ. Pour que f ait une limite y = (yᵢ) suivant un filtre 𝔉 sur X, il faut et il suffit que, pour to… 0B5W
  • Proposition 11 Soient R une relation d’équivalence ouverte dans un espace topologique X, φ l’application canonique X → X/R. Pour tout x ∈ X et toute base de filtre 𝔅' sur X/R qui converge vers φ(… ↩ 1 0B5X

§ 8. Espaces séparés et espaces réguliers

  • Proposition 1 Soit X un espace topologique. Les propositions suivantes sont équivalentes: ↩ 13 0B65
  • Définition 1 On dit qu’un espace topologique X qui vérifie les conditions de la prop. 1 est un espace séparé (ou un espace de Hausdorff); la topologie d’un tel espace est dite séparée (ou de Ha… 0B66
  • Exemple Tout espace discret est séparé. La droite rationnelle Q est séparée, car si x, y sont deux nombres rationnels tels que x < y, et z un nombre rationnel tel que x < z < y, les voisin… 0B67
  • Proposition 2 Soient f, g deux applications continues d’un espace topologique X dans un espace séparé Y; alors l’ensemble des x ∈ X tels que f(x) = g(x) est fermé dans X. En effet, cet ensemble… ↩ 16 0B68
  • Corollaire 1 (Principe de prolongement des identités) Soient f, g deux applications continues d’un espace topologique X dans un espace séparé Y. Si f(x) = g(x) en tous les points d’une partie partout dense de X, on a f = g. ↩ 10 0B69
  • Corollaire 2 Si f est une application continue d’un espace topologique X dans un espace séparé Y, le graphe de f est fermé dans X × Y. En effet, ce graphe est l’ensemble des points (x, y) ∈ X ×… ↩ 4 0B6A
  • Proposition 3 Dans un espace séparé X, soit (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille finie de points distincts; il existe alors pour chaque indice i un voisinage Vᵢ de xᵢ dans X tel que les Vᵢ (1 ≤ i ≤ n) soi… 0B6B
  • Corollaire Tout espace fini séparé est discret. 0B6C
  • Proposition 4 Dans un espace séparé, tout ensemble fini est fermé. ↩ 1 0B6D
  • Proposition 5 Si, pour tout couple de points distincts x, y d’un espace topologique X, il existe une application continue f de X dans un espace séparé X' telle que f(x) ≠ f(y), alors X est sépar… ↩ 5 0B6E
  • Corollaire Toute topologie plus fine qu’une topologie séparée est séparée. 0B6F
  • Proposition 6 Si, dans un espace topologique X, tout point possède un voisinage fermé qui soit un sous-espace séparé de X, X est séparé. ↩ 2 0B6G
  • Proposition 7 Tout produit d’espaces séparés est séparé. Réciproquement, si un produit d’espaces non vides est séparé, chacun des espaces facteurs est séparé. ↩ 5 0B6H
  • Corollaire 1 Soient X un ensemble, (Yᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces topologiques séparés, et pour chaque i ∈ I, soit fi une application de X dans Yi. On munit X de la topologie T la moins fine… 0B6I
  • Corollaire 2 Soit (X_α, f_αβ) un système projectif d’espaces topologiques. Si les X_α sont séparés, X = lim_← X_α est séparé et est un sous-espace fermé de ∏_α X_α. ↩ 3 0B6J
  • Proposition 8 Pour qu’un espace quotient X/R soit séparé, il est nécessaire que le graphe C de R soit fermé dans X × X. Cette condition est suffisante lorsque la relation R est ouverte. ↩ 7 0B6K
  • Proposition 9 Si f est une application continue d’un espace topologique X dans un espace séparé X', et R la relation d’équivalence f(x) = f(y), l’espace quotient X/R est séparé. 0B6L
  • Proposition 10 Si X est un espace séparé, et s’il existe une section continue s de X pour la relation R, X/R est séparé et s(X/R) est fermé dans X. ↩ 1 0B6M
  • Proposition 11 Dans un espace topologique X, les propriétés suivantes sont équivalentes : 0B6N
  • Définition 2 On dit qu’un espace topologique est régulier s’il est séparé et vérifie l’axiome (O{III}) ; sa topologie est alors dite régulière. 0B6O
  • Proposition 12 Tout sous-espace d’un espace régulier est régulier. 0B6P
  • Proposition 13 Si, dans un espace topologique X, tout point possède un voisinage fermé qui soit un sous-espace régulier de X, X est régulier. ↩ 2 0B6Q
  • Remarque 1 On peut donner des exemples d’espaces non séparés, dont tout point admet un voisinage régulier (I, p. 101, exerc. 7). 0B6R
  • Remarque 2 On peut donner des exemples d’espaces séparés non réguliers (I, p. 103, exerc. 20). 0B6S
  • Remarque 3 Une topologie plus fine qu’une topologie régulière n’est pas nécessairement régulière (I, p. 103, exerc. 20). 0B6T
  • Théorème 1 Soient X un espace topologique, A une partie partout dense de X, f : A → Y une application de A dans un espace régulier Y. Pour qu’il existe une application continue tildef : X → Y… ↩ 3 0B6U
  • Corollaire Soit 𝔉₁ × 𝔉₂ le filtre produit (I, p. 42), sur un ensemble X = X₁ × X₂, d’un filtre 𝔉₁ sur X₁ et d’un filtre 𝔉₂ sur X₂. Soit f une application de X dans un espace régulier Y. On su… 0B6V
  • Proposition 14 Soient X un espace régulier, R une relation d’équivalence fermée dans X; alors le graphe C de R dans X × X est fermé. ↩ 2 0B6W
  • Corollaire Dans un espace régulier, toute relation d’équivalence à la fois ouverte et fermée est séparée. 0B6X
  • Proposition 15 Soient X un espace régulier, F une partie fermée non vide de X, R la relation d’équivalence obtenue en identifiant entre eux tous les points de F (autrement dit, la relation d’équi… ↩ 2 0B6Y

§ 9. Espaces compacts et espaces localement compacts

  • Définition 1 On dit qu’un espace topologique X est quasi-compact s’il vérifie l’axiome suivant: (C) Tout filtre sur X possède au moins un point adhérent. On dit qu’un espace topologique est com… ↩ 1 0B7S
  • Exemple 1 Tout espace fini est quasi-compact et plus généralement tout espace dans lequel il n’y a qu’un nombre fini d’ensembles ouverts est quasi-compact; pour qu’un espace fini soit compac… 0B7T
  • Exemple 2 Soit X un ensemble; munissons X de la topologie pour laquelle les parties fermées sont X et les parties finies de X (cet ensemble de parties vérifiant de façon évidente les axiomes… ↩ 1 0B7U
  • Remarque Les espaces quasi-compacts non séparés sont surtout utiles dans les applications de la Topologie à la Géométrie algébrique, mais n’interviennent guère dans les autres théories math… 0B7V
  • Théorème 1 Soit 𝔉 un filtre sur un espace quasi-compact X, et soit A l’ensemble des points adhérents à 𝔉. Tout voisinage de A appartient alors à 𝔉. ↩ 3 0B7W
  • Corollaire Pour qu’un filtre sur un espace compact soit convergent il faut et il suffit qu’il ait un seul point adhérent. ↩ 3 0B7X
  • Proposition 1 Soient X un espace compact, x un point de X. Pour qu’une base de filtre 𝔅 formée de voisinages fermés de x soit un système fondamental de voisinages de x, il faut et il suffit que… ↩ 2 0B7Y
  • Corollaire Tout espace compact est régulier. En effet, il résulte de l’axiome (Hi) (I, p. 52, prop. 1) que la base de filtre formée de tous les voisinages fermés d’un point quelconque de l’es… ↩ 1 0B7Z
  • Définition 2 On dit qu’une partie A d’un espace topologique X est un ensemble quasi-compact (resp. compact) si le sous-espace A est quasi-compact (resp. compact). 0B81
  • Exemple 1 Dans un espace topologique X, tout ensemble fini est quasi-compact; l’ensemble vide et tout ensemble réduit à un point sont compacts. 0B82
  • Exemple 2 Dans un espace topologique X, soit (xₙ)_n ∈ N une suite infinie de points qui converge vers un point a. L’ensemble A formé des xₙ (n ∈ N) et de a est quasi-compact. En effet, si (U… ↩ 1 0B83
  • Proposition 2 Dans un espace quasi-compact (resp. compact), tout ensemble fermé est quasi-compact (resp. compact). ↩ 3 0B80
  • Proposition 3 Soient X un espace séparé, A et B deux parties compactes de X sans point commun. Alors il existe un voisinage V de A et un voisinage W de B qui ne se rencontrent pas. ↩ 6 0B84
  • Proposition 4 Dans un espace séparé, tout ensemble compact est fermé. ↩ 8 0B85
  • Corollaire Dans un espace compact X, pour qu’un ensemble A soit compact, il faut et il suffit qu’il soit fermé dans X. 0B86
  • Proposition 5 Dans un espace topologique, la réunion d’une famille finie d’ensembles quasi-compacts est un ensemble quasi-compact. ↩ 3 0B87
  • Définition 3 On dit qu’une partie A d’un espace topologique X est relativement quasi-compacte (resp. relativement compacte) dans X si A est contenue dans une partie quasi-compacte (resp. compac… 0B88
  • Proposition 6 Dans un espace séparé X, pour qu’un ensemble A soit relativement compact, il faut et il suffit que A soit compact. 0B89
  • Proposition 7 Si A est un ensemble relativement quasi-compact dans un espace topologique X, toute base de filtre sur A possède au moins un point adhérent dans X. ↩ 1 0B8A
  • Remarque Dans un espace non séparé, un ensemble compact n’est pas nécessairement fermé, et son adhérence n’est pas nécessairement quasi-compacte (I, p. 105, exerc. 5); l’intersection de deu… 0B8B
  • Théorème 2 Si f est une application continue d’un espace quasi-compact X dans un espace topologique X', l’ensemble f(X) est quasi-compact. ↩ 17 0B8C
  • Corollaire 1 Soit f une application continue d’un espace topologique X dans un espace séparé X'; l’image par f de tout ensemble quasi-compact (resp. relativement quasi-compact) dans X est un en… ↩ 9 0B8D
  • Corollaire 2 Toute application continue f d’un espace quasi-compact X dans un espace séparé X' est fermée; si en outre f est bijective, f est un homéomorphisme. Cela résulte aussitôt du cor. 1… ↩ 9 0B8E
  • Corollaire 3 Une topologie séparée moins fine qu’une topologie d’espace quasi-compact lui est nécessairement identique. ↩ 1 0B8F
  • Corollaire 4 Soient X un espace topologique, R une relation d’équivalence séparée dans X. a) S’il existe dans X un ensemble quasi-compact K tel que toute classe d’équivalence suivant R rencontr… ↩ 2 0B8G
  • Théorème 3 (Tychonoff) Tout produit d’espaces quasi-compacts (resp. compacts) est quasi-compact (resp. compact). Réciproquement, si un produit d’espaces non vides est quasi-compact (resp. compact), chacu… ↩ 6 0B8H
  • Corollaire Pour qu’une partie d’un produit d’espaces topologiques soit relativement quasi-compacte, il faut et il suffit que chacune de ses projections soit relativement quasi-compacte dans l… 0B8I
  • Proposition 8 Soient (X_α, f_αβ) un système projectif d’espaces compacts relatif à un ensemble d’indices filtrant I, tel que f_αα soit l’application identique pour tout α ∈ I, X = lim_← X_α sa l… ↩ 4 0B8J
  • Corollaire 1 Soit (X_α, f_αβ) un système projectif d’espaces topologiques relatif à un ensemble d’indices filtrant, tel que, pour tout couple d’indices α, β tels que α ≤ β, et pour tout x_α ∈ X… ↩ 2 0B8K
  • Corollaire 2 Soient (X_α, f_αβ), (X'_α, f'_αβ) deux systèmes projectifs d’espaces topologiques relatifs au même ensemble d’indices filtrant I, et soit (u_α) un système projectif d’applications… ↩ 2 0B8L
  • Définition 4 On dit qu’un espace topologique X est localement compact s’il est séparé et si tout point de X possède un voisinage compact. 0B8M
  • Proposition 9 Tout espace localement compact est régulier. 0B8N
  • Corollaire Dans un espace localement compact, tout point admet un système fondamental de voisinages compacts. 0B8O
  • Proposition 10 Dans un espace localement compact X, tout ensemble compact K admet un système fondamental de voisinages compacts. ↩ 5 0B8P
  • Proposition 11 Dans un espace localement compact X, soit F un ensemble tel que pour toute partie compacte K de X, F ∩ K soit compact; alors F est fermé dans X. Compte tenu de la prop. 4 de I, p… 0B8Q
  • Proposition 12 Dans un espace séparé X, tout sous-espace localement compact A est localement fermé. En effet, pour tout x ∈ A, il y a par hypothèse un voisinage V de x dans X tel que V ∩ A soit c… ↩ 1 0B8R
  • Proposition 13 Dans un espace localement compact X, tout sous-espace localement fermé est localement compact. En effet, supposons A localement fermé dans X; pour tout x ∈ A il existe un voisinage… ↩ 5 0B8S
  • Proposition 14 a) Soit (Xₜ)_t ∈ I une famille d’espaces localement compacts, telle que Xₜ soit compact sauf pour un nombre fini d’indices. Alors l’espace produit X = ∏_t ∈ I Xₜ est localement com… ↩ 1 0B8T
  • Théorème 4 (Alexandroff) Pour tout espace localement compact X, il existe un espace compact X' et un homéomorphisme f de X sur le complémentaire d’un point de X'. En outre, si X'₁ est un second espace comp… ↩ 8 0B8U
  • Exemple Si on applique le th. d’Aleksandroff au plan numérique R², on obtient un espace compact, dont on peut définir comme suit un homéomorphisme sur la sphère S₂ d’équation x₁² + x₂² + x… 0E9C
  • Définition 5 On dit qu’un espace localement compact X est dénombrable à l’infini s’il est réunion dénombrable d’ensembles compacts. 0B8V
  • Exemple 1 Pour qu’un espace discret soit dénombrable à l’infini, il faut et il suffit qu’il soit dénombrable. 0B8W
  • Exemple 2 La droite numérique R est un espace localement compact dénombrable à l’infini, car elle est réunion des intervalles compacts {−n, +n} pour n ∈ N. 0B8X
  • Remarque Un espace topologique séparé peut être réunion dénombrable de sous-espaces compacts sans être localement compact. Il en est ainsi par exemple de l’espace de Hilbert muni de la topo… 0B8Y
  • Proposition 15 Si X est un espace localement compact dénombrable à l’infini, il existe une suite (Un) d’ensembles ouverts relativement compacts dans X, formant un recouvrement de X et tels que ov… ↩ 7 0B8Z
  • Corollaire 1 Avec les notations de la prop. 15, pour toute partie compacte K de X, il existe un entier n tel que K ⊂ Un. ↩ 3 0B90
  • Corollaire 2 Soient X un espace localement compact, X' l’espace compact obtenu en adjoignant à X un point à l’infini ω (I, p. 68). Pour que X soit dénombrable à l’infini, il faut et il suffit q… ↩ 1 0B91
  • Définition 6 Un espace topologique X est dit paracompact s’il est séparé, et s’il vérifie l’axiome suivant: (PC) Pour tout recouvrement ouvert R de X, il existe un recouvrement ouvert localemen… 0B92
  • Proposition 16 Dans un espace paracompact X, tout sous-espace fermé F est paracompact. ↩ 1 0B93
  • Proposition 17 Le produit d’un espace paracompact et d’un espace compact est paracompact. ↩ 2 0B94
  • Proposition 18 Un espace X somme (I, p. 15, Exemple III) d’une famille (X_ι)_ι ∈ I d’espaces paracompacts est paracompact. ↩ 1 0B95
  • Théorème 5 Pour qu’un espace localement compact X soit paracompact il, faut et il suffit qu’il soit somme d’une famille d’espaces localement compacts dénombrables à l’infini. ↩ 3 0B96
  • Corollaire Soit X un espace localement compact et paracompact; pour tout recouvrement ouvert R de X, il existe un recouvrement ouvert localement fini R' de X plus fin que R et formé d’ensembl… 0B97

§ 10. Applications propres

  • Exemple Toute application constante dans un espace séparé est fermée. Mais si f est l’application constante Q → 0, f × Id_Q est l’application (x, y) ↦ (0, y) de Q² dans Q², qui s’identifie… 0BA1
  • Définition 1 Soit f une application d’un espace topologique X dans un espace topologique Y. On dit que f est propre si f est continue et si, pour tout espace topologique Z, l’application f × Id… ↩ 1 0BA2
  • Proposition 1 Toute application propre est fermée. ↩ 7 0BA3
  • Proposition 2 Soit f : X → Y une application continue injective. Les trois propriétés suivantes sont équivalentes: a) f est propre. b) f est fermée. c) f est un homéomorphisme de X sur une parti… ↩ 9 0BA4
  • Proposition 3 Soit f : X → Y une application continue; pour toute partie T de Y, désignons par f_T l’application de f⁻¹(T) dans T qui coïncide avec f dans f⁻¹(T). a) Si f est propre, f_T est pro… ↩ 8 0BA5
  • Proposition 4 Soit I un ensemble fini, et pour tout i ∈ I, soit fᵢ : Xᵢ → Yᵢ une application continue. Posons X = ∏ᵢ Xᵢ, Y = ∏ᵢ Yᵢ, et soit f : X → Y l’application produit (xᵢ) ↦ (fᵢ(xᵢ)) des fᵢ… ↩ 4 0BA6
  • Proposition 5 Soient f : X → X' et g : X' → X'' deux applications continues. Alors: a) Si f et g sont propres, g ∘ f est propre. b) Si g ∘ f est propre et si f est surjective, g est propre. c) S… ↩ 15 0BA7
  • Remarque Si X' n’est pas séparé, il peut se faire que g ∘ f soit propre sans que f le soit: il suffit de prendre pour X et X'' (resp. X') des ensembles à un (resp. deux) éléments et de muni… 0BA8
  • Corollaire 1 Si f : X → Y est une application propre, la restriction de f à une partie fermée F de X est une application propre de F dans Y. ↩ 1 0BA9
  • Corollaire 2 Soit f : X → Y une application propre. Si X est séparé, le sous-espace f(X) de Y est séparé. ↩ 2 0BAA
  • Corollaire 3 Soit I un ensemble fini, et pour tout i ∈ I, soit fᵢ : X → Yᵢ une application propre. Si X est séparé, l’application x ↦ (fᵢ(x)) de X dans ∏ᵢ Yᵢ est propre. ↩ 2 0BAB
  • Corollaire 4 Soient X, Y deux espaces topologiques, f : X → Y une application continue, R la relation d’équivalence f(x) = f(y) dans X, X xrightarrowp X/R xrightarrowh f(X) xrightarrowi Y la dé… ↩ 1 0BAC
  • Lemme 1 Soit X un espace topologique tel que l’application constante X → P soit propre. Alors X est quasi-compact. ↩ 1 0BAD
  • Théorème 1 Soit f : X → Y une application continue. Les quatre propriétés suivantes sont équivalentes: ↩ 19 0BAE
  • Lemme 2 Si (fᵢ)_i ∈ I est une famille d’applications continues fᵢ : Xᵢ → Yᵢ dont chacune vérifie la condition d), alors l’application produit f : (xᵢ) ↦ (fᵢ(xᵢ)) vérifie aussi la condition… ↩ 1 0BAF
  • Corollaire 1 Pour qu’un espace topologique X soit quasi-compact, il faut et il suffit que l’application X → P soit propre. ↩ 4 0BAG
  • Corollaire 2 Toute application continue f d’un espace quasi-compact X dans un espace séparé Y est propre. ↩ 2 0BAH
  • Corollaire 3 Si (fᵢ) est une famille d’applications propres, l’application produit (xᵢ) ↦ (fᵢ(xᵢ)) est propre. ↩ 2 0BAI
  • Corollaire 4 Soit X un espace séparé. Pour toute famille d’applications propres fᵢ : X → Yᵢ, l’application x ↦ (fᵢ(x)) de X dans ∏ᵢ Yᵢ est propre. 0BAJ
  • Corollaire 5 Pour tout espace quasi-compact X et tout espace topologique Y, la projection pr₂ : X × Y → Y est propre. ↩ 7 0BAK
  • Exemple Soient X un ensemble, f : X → X' une application surjective de X dans un espace topologique X'; on munit X de la topologie image réciproque de celle de X' par f. Alors f est propre… 0BAL
  • Remarque Lorsque Y est séparé, la condition d) du th. 1 est équivalente à: 0BAM
  • Proposition 6 Soit f : X → Y une application propre, et soit K une partie quasi-compacte de Y. Alors l’ensemble f⁻¹(K) est quasi-compact. ↩ 4 0BAN
  • Proposition 7 Soit f une application continue d’un espace séparé X dans un espace localement compact Y. Pour que f soit propre, il faut et il suffit que pour toute partie compacte K de Y, f⁻¹(K)… ↩ 3 0BAO
  • Corollaire Soient X, X' deux espaces localement compacts, Y, Y' les espaces compacts obtenus en adjoignant à X, X' respectivement des points à l’infini ω, ω' (I, p. 68). Pour qu’une applicati… ↩ 2 0BAP
  • Proposition 8 Soient X un espace compact, R une relation d’équivalence dans X, C son graphe dans X × X, f l’application canonique X → X/R. Les conditions suivantes sont équivalentes: a) C est fe… ↩ 8 0BAQ
  • Proposition 9 Soient X un espace localement compact, R une relation d’équivalence dans X, C son graphe dans X × X, f l’application canonique X → X/R; soit X' l’espace compact obtenu en adjoignan… ↩ 2 0BAR
  • Corollaire Soient X un espace séparé, Y un espace topologique, f : X → Y une application propre. Pour que X soit compact (resp. localement compact), il faut et il suffit que f(X) soit compact… 0BAS
  • Remarque Si X est localement compact et non compact, une relation d’équivalence fermée R dans X peut être non séparée (IX, §4, exerc. 8); et même si elle est séparée, X/R n’est pas nécessai… 0BAT
  • Proposition 10 Soient X un espace localement compact, R une relation d’équivalence ouverte et séparée dans X, f l’application canonique X → X/R. Alors X/R est localement compact, et pour toute pa… ↩ 1 0BAU

§ 11. Connexion

  • Définition 1 On dit qu’un espace topologique X est connexe s’il n’est pas réunion de deux ensembles ouverts non vides disjoints. 0BBG
  • Exemple 1 On verra dans IV, p. 8 que la droite numérique est connexe, et la droite rationnelle non connexe. 0BBH
  • Exemple 2 Un espace discret contenant plus d’un point n’est pas connexe. 0BBI
  • Définition 2 On dit qu’une partie A d’un espace topologique X est un ensemble connexe, si le sous-espace A de X est connexe. 0BBJ
  • Exemple Dans un espace topologique, l’ensemble vide et tout ensemble réduit à un point sont connexes; dans un espace séparé, tout ensemble fini comprenant plus d’un point, et plus générale… 0BBK
  • Proposition 1 Si A est un ensemble connexe, tout ensemble B tel que A ⊂ B ⊂ overlineA est connexe. ↩ 6 0BBL
  • Proposition 2 La réunion d’une famille d’ensembles connexes, dont l’intersection n’est pas vide, est un ensemble connexe. ↩ 4 0BBM
  • Corollaire Soit (Aₙ)_n ≥ 0 une suite infinie d’ensembles connexes tels que Aₙ₋₁ ∩ Aₙ ≠ ∅ pour tout n ≥ 0; alors la réunion ⋃ₙ₌₀^∞ Aₙ est connexe. 0BBN
  • Proposition 3 Soit A une partie d’un espace topologique X. Si B est une partie connexe de X qui rencontre à la fois A et overlineA, B rencontre la frontière de A. ↩ 2 0BBO
  • Corollaire Dans un espace connexe X, tout ensemble non vide et distinct de X a au moins un point frontière. 0BBP
  • Proposition 4 Soient A une partie connexe d’un espace topologique X, f une application continue de X dans un espace topologique X’ ; alors f(A) est connexe. ↩ 11 0BBQ
  • Proposition 5 Pour qu’un espace topologique X soit non connexe, il faut et il suffit qu’il existe une application continue surjective de X dans un espace discret contenant plus d’un point. ↩ 1 0BBR
  • Proposition 6 Tout espace quotient d’un espace connexe est connexe. ↩ 1 0BBS
  • Proposition 7 Soient X un espace topologique, R une relation d’équivalence dans X. Si l’espace quotient X/R est connexe, et si chaque classe d’équivalence suivant R est connexe, alors X est conn… ↩ 1 0BBT
  • Proposition 8 Tout produit d’espaces connexes est connexe. Réciproquement, si un produit d’espaces non vides est connexe, chacun des espaces facteurs est connexe. ↩ 5 0BBU
  • Définition 3 On appelle composante connexe d’un point d’un espace X la plus grande partie connexe de X contenant ce point. On appelle composantes connexes d’une partie A de X les composantes co… ↩ 1 0BBV
  • Proposition 9 Dans un espace topologique X, la composante connexe d’un point quelconque est un ensemble fermé. La relation « y appartient à la composante connexe de x » est une relation d’équiva… ↩ 1 0BBW
  • Proposition 10 Dans un espace produit X = ∏_t ∈ I Xₜ, la composante connexe d’un point x = (xₜ) est le produit des composantes connexes des points xₜ dans les espaces facteurs Xₜ. 0BBX
  • Définition 4 On dit qu’un espace topologique X est localement connexe si tout point de X possède un système fondamental de voisinages connexes. 0BBY
  • Proposition 11 Pour qu’un espace X soit localement connexe, il faut et il suffit que toute composante connexe d’un ensemble ouvert dans X soit un ensemble ouvert dans X. ↩ 4 0BBZ
  • Corollaire Soient U un ensemble ouvert dans un espace localement connexe X, V une composante connexe de U ; la frontière de V (relativement à X) est alors contenue dans la frontière de U. 0BC0
  • Proposition 12 Tout espace quotient d’un espace localement connexe est localement connexe. ↩ 2 0BC1
  • Proposition 13 a) Soit (Xᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces localement connexes, telle que Xᵢ soit connexe sauf pour un nombre fini d’indices. Alors l’espace produit X = ∏_i ∈ I Xᵢ est localement con… ↩ 1 0BC2
  • Théorème 1 Soit X un espace topologique satisfaisant à l’axiome (O_III) (mais non nécessairement séparé), connexe et localement connexe. Soit Y un espace topologique dont la topologie admet u… ↩ 3 0BC3
  • Lemme 1 Pour tout point x ∈ X, il existe un couple distingué (W, U) tel que x ∈ W. ↩ 1 0BC4
  • Lemme 2 Étant donné un couple distingué (W, U), l’ensemble des couples distingués (W', U') tels que W ∩ W' ≠ ∅ est dénombrable. 0BC5
  • Corollaire 1 Soit Y un espace régulier dont la topologie possède une base dénombrable.¹ Soit X un espace connexe et localement connexe, et soit p : X → Y une application continue ayant la propr… ↩ 2 0BC6
  • Corollaire 2 Soit X un espace localement compact, connexe et localement connexe, dont chaque point admet un voisinage ayant une base dénombrable. Soit Y un espace séparé, dont la topologie adme… 0BC7
  • Corollaire 3 (théorème de Poincaré–Volterra) Soit Y un espace localement compact, localement connexe et dont la topologie admet une base dénombrable. Soit X un espace séparé et connexe, et soit p : X → Y une application conti… 0BC8

II. Structures uniformes

§ 1. Espaces uniformes

  • Définition 1 On appelle structure uniforme sur un ensemble X une structure constituée par la donnée d’un ensemble 𝔘 de parties de X × X qui satisfait aux axiomes (F_I) et (F_II) de I, p. 36, et… 0BCY
  • Remarque 1 Pour rendre le langage plus imagé, on pourra employer les expressions « x et y sont assez voisins » et « x et y sont aussi voisins qu’on veut » dans certains énoncés. Par exemple… 0BCZ
  • Remarque 2 La conjonction des axiomes (U{II}) et (U{III}) est (compte tenu des autres axiomes des structures uniformes) équivalente à l’axiome: 0BD0
  • Remarque 3 Si X est non vide, l’axiome (UI) entraîne qu’aucun ensemble de 𝔘 n’est vide, donc que 𝔘 est un filtre sur X × X. Sur l’ensemble vide, il n’y a qu’une seule structure uniforme, ayan… 0BD1
  • Définition 2 On appelle système fondamental d’entourages d’une structure uniforme tout ensemble 𝔅 d’entourages tel que tout entourage contienne un ensemble appartenant à 𝔅. ↩ 1 0BD2
  • Proposition 1 Soit X un ensemble muni d’une structure uniforme 𝔘. Pour tout x ∈ X, soit 𝔙(x) l’ensemble des parties V(x) de X, où V parcourt l’ensemble des entourages de 𝔘; il existe sur X une t… ↩ 1 0BD3
  • Définition 3 On dit que la topologie définie dans la prop. 1 est la topologie déduite de la structure uniforme 𝔘. 0BD4
  • Exemple 1 La topologie déduite de la structure uniforme additive sur l’ensemble des nombres réels est la topologie de la droite numérique (I, p. 4); de même, la topologie déduite de la struc… 0BD5
  • Exemple 2 Sur un ensemble quelconque X, la topologie déduite de la structure uniforme discrète (II, p. 3, Exemple 2) est la topologie discrète. ↩ 2 0BD6
  • Proposition 2 Soit X un espace uniforme. Pour tout entourage symétrique V de X et toute partie M de X × X, VMV est un voisinage de M dans l’espace topologique produit X × X, et l’adhérence de M… ↩ 5 0BD7
  • Corollaire 1 Pour toute partie A de X et tout entourage symétrique V de X, V(A) est un voisinage de A dans X, et l’on a ↩ 1 0BD8
  • Corollaire 2 Les intérieurs (resp. les adhérences) dans X × X des entourages de X forment un système fondamental d’entourages de X. ↩ 8 0BD9
  • Corollaire 3 Tout espace uniforme vérifie l’axiome (O_III). ↩ 2 0BDA
  • Proposition 3 Pour qu’un espace uniforme X soit séparé, il faut et il suffit que l’intersection des entourages de sa structure uniforme soit la diagonale Δ de X × X. Tout espace uniforme séparé… ↩ 1 0BDB

§ 2. Fonctions uniformément continues

  • Définition 1 On dit qu’une application f d’un espace uniforme X dans un espace uniforme X' est uniformément continue si, pour tout entourage V' de X', il existe un entourage V de X tel que la r… ↩ 3 0BDH
  • Exemple 1 L’application identique d’un espace uniforme sur lui-même est uniformément continue. 0BDI
  • Exemple 2 Une application constante d’un espace uniforme dans un espace uniforme est uniformément continue. 0BDJ
  • Exemple 3 Toute application d’un espace uniforme discret dans un espace uniforme est uniformément continue. 0BDK
  • Proposition 1 Toute application uniformément continue est continue. ↩ 1 0BDL
  • Proposition 2 1° Si f : X → X' et g : X' → X'' sont deux applications uniformément continues, alors g ∘ f : X → X'' est uniformément continue. 2° Pour qu’une bijection f d’un espace uniforme X s… ↩ 4 0BDM
  • Définition 2 Étant données deux structures uniformes 𝔘₁, 𝔘₂ sur un même ensemble X, on dit que 𝔘₁ est plus fine que 𝔘₂ (et que 𝔘₂ est moins fine que 𝔘₁) si, en désignant par Xᵢ l’ensemble X mun… 0BDN
  • Exemple Dans l’ensemble ordonné des structures uniformes sur un ensemble X, la structure uniforme discrète est la structure uniforme la plus fine, et la structure uniforme la moins fine es… 0BDO
  • Proposition 3 Étant données deux structures uniformes 𝔘₁, 𝔘₂ sur un ensemble X, pour que 𝔘₁ soit plus fine que 𝔘₂, il faut et il suffit que tout entourage de 𝔘₂ soit un entourage de 𝔘₁. ↩ 1 0BDP
  • Corollaire Sur un ensemble X, soit 𝔘₁ une structure uniforme plus fine qu’une structure uniforme 𝔘₂; alors la topologie déduite de 𝔘₁ est plus fine que la topologie déduite de 𝔘₂. 0BDQ
  • Remarque 1 Il peut se faire qu’une structure uniforme 𝔘₁ soit strictement plus fine qu’une structure uniforme 𝔘₂, mais que les topologies déduites de ces deux structures uniformes soient iden… ↩ 3 0BDR
  • Remarque 2 Si f : X → X' est une application uniformément continue, elle reste uniformément continue lorsqu’on remplace la structure uniforme de X par une structure uniforme plus fine et cell… 0BDS
  • Proposition 4 Soient X un ensemble, (Yᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces uniformes, et pour chaque i ∈ I, soit fᵢ une application de X dans Yᵢ; pour tout i ∈ I, on pose gᵢ = fᵢ × fᵢ. ↩ 6 0BDT
  • Corollaire La topologie sur X déduite de la structure uniforme la moins fine rendant uniformément continues les fᵢ est la topologie la moins fine rendant continues les fᵢ. ↩ 2 0BDU
  • Proposition 5 Soient X un ensemble, (Zᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces uniformes, (J_λ)_λ ∈ L une partition de I et (Y_λ)_λ ∈ L une famille d’ensembles ayant L pour ensemble d’indices. Enfin, pour… ↩ 4 0BDV
  • Remarque Si f : X → Y est surjective, les entourages de Y sont alors les images directes par g des entourages de X. 0BDW
  • Définition 3 Soit A une partie d’un espace uniforme X. On appelle structure uniforme induite sur A par la structure uniforme de X la structure uniforme dont l’ensemble des entourages est la tra… 0BDX
  • Proposition 6 Soit A une partie partout dense d’un espace uniforme X; les adhérences, dans X × X, des entourages du sous-espace uniforme A, forment un système fondamental d’entourages de X. ↩ 1 0BDY
  • Exemple Pour toute partition finie varpi = (Aᵢ)_1 ≤ i ≤ n d’un ensemble non vide X, l’ensemble V_varpi = ⋃ᵢ (Aᵢ × Aᵢ) constitue à lui seul un système fondamental d’entourages d’une structu… 0BDZ
  • Remarque Une famille (𝔘ᵢ) de structures uniformes sur X admet aussi une borne inférieure dans l’ensemble de toutes les structures uniformes sur X, savoir la borne supérieure des structures… 0BE0
  • Définition 4 Étant donnée une famille (Xᵢ)_i ∈ I d’espaces uniformes, on appelle espace uniforme produit de cette famille l’ensemble produit X = ∏_i ∈ I Xᵢ muni de la structure uniforme la moin… 0BE1
  • Proposition 7 Soit f = (fᵢ) une application d’un espace uniforme Y dans un espace uniforme produit X = ∏_i ∈ I Xᵢ. Pour que f soit uniformément continue, il faut et il suffit que, pour tout i ∈… ↩ 2 0BE2
  • Corollaire Soient (Xᵢ)_i ∈ I, (Yᵢ)_i ∈ I deux familles d’espaces uniformes ayant même ensemble d’indices. Pour tout i ∈ I, soit fᵢ une application de Xᵢ dans Yᵢ. Si chacune des fᵢ est uniform… 0BE3
  • Proposition 8 Soient X un ensemble, (Yᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces uniformes, et pour chaque i ∈ I, soit fᵢ une application de X dans Yᵢ. Soit f l’application x ↦ (fᵢ(x)) de X dans Y = ∏_i ∈ I… ↩ 2 0BE4
  • Corollaire Pour tout i ∈ I, soit Aᵢ un sous-espace de Yᵢ. La structure uniforme induite sur A = ∏_i ∈ I Aᵢ par la structure uniforme produit sur ∏_i ∈ I Yᵢ est la structure uniforme produit d… 0BE5
  • Proposition 9 Soit f une application uniformément continue d’un espace uniforme produit X₁ × X₂ dans un espace uniforme Y; toute application partielle x₂ ↦ f(x₁, x₂) de X₂ dans Y est alors unifo… ↩ 1 0BE6
  • Proposition 10 Soient I un ensemble préordonné filtrant, (X_α, f_α β) un système projectif d’espaces uniformes ayant I pour ensemble d’indices, J une partie cofinale de I. Pour tout α ∈ I, soit f… 0BE7

§ 3. Espaces complets

  • Définition 1 Étant donné un espace uniforme X, et un entourage V de X, on dit qu’une partie A de X est un ensemble petit d’ordre V lorsque deux quelconques des points de A sont voisins d’ordre… 0BEE
  • Proposition 1 Dans un espace uniforme X, si deux ensembles A et B sont petits d’ordre V et se rencontrent, leur réunion A ∪ B est un ensemble petit d’ordre overlineV². ↩ 1 0BEF
  • Définition 2 On dit qu’un filtre 𝔉 sur un espace uniforme X est un filtre de Cauchy si, pour tout entourage V de X, il existe un ensemble petit d’ordre V et appartenant à 𝔉. 0BEG
  • Proposition 2 Sur un espace uniforme X, tout filtre convergent est un filtre de Cauchy. ↩ 1 0BEH
  • Proposition 3 Soit f : X → X' une application uniformément continue. L’image par f d’une base de filtre de Cauchy sur X est une base de filtre de Cauchy sur X'. ↩ 3 0BEI
  • Proposition 4 Soient X un ensemble, (Y_ι)_ι ∈ I une famille d’espaces uniformes, et pour chaque ι ∈ I, soit f_ι une application de X dans Y_ι. On munit X de la structure uniforme 𝔘 la moins fine… ↩ 5 0BEJ
  • Corollaire 1 Si un filtre de Cauchy sur un espace uniforme X induit un filtre sur une partie A de X, ce filtre est un filtre de Cauchy sur le sous-espace uniforme A. 0BEK
  • Corollaire 2 Pour qu’une base de filtre 𝔅 sur un produit ∏_i ∈ I Xᵢ d’espaces uniformes soit une base de filtre de Cauchy, il faut et il suffit que, pour tout i ∈ I, prᵢ(𝔅) soit une base de fil… ↩ 1 0BEL
  • Proposition 5 Soit X un espace uniforme. Pour tout filtre de Cauchy 𝔉 sur X, il existe un et un seul filtre de Cauchy minimal 𝔉₀ moins fin que 𝔉; si 𝔅 est une base de 𝔉, 𝔊 un système fondamental… ↩ 8 0BEM
  • Corollaire 1 Pour tout x ∈ X, le filtre 𝔅(x) des voisinages de x dans X est un filtre de Cauchy minimal. ↩ 1 0BEN
  • Corollaire 2 Tout point x adhérent à un filtre de Cauchy 𝔉 est point limite de 𝔉. ↩ 5 0BEO
  • Corollaire 3 Toute filtre de Cauchy moins fin qu’un filtre convergent vers un point x converge aussi vers x. ↩ 2 0BEP
  • Corollaire 4 Si 𝔉 est un filtre de Cauchy minimal, tout ensemble de 𝔉 a un intérieur non vide, qui appartient à 𝔉 (en d’autres termes il existe une base de 𝔉 formée d’ensembles ouverts). ↩ 2 0BEQ
  • Exemple 1 Considérons, sur la droite rationnelle Q, la suite (uₙ) définie par uₙ = ∑ₚ₌₀ⁿ 2^-p(p+1)/2; si m > n, on a |uₘ - uₙ| ≤ 2^-n(n+3)/2 donc (uₙ) est une suite de Cauchy. Mais cette sui… 0BER
  • Exemple 2 Soit X un ensemble infini, et considérons sur X la structure uniforme des partitions finies (II, p. 7, Remarque 1); tout ultrafiltre 𝔉 sur X est un filtre de Cauchy pour cette stru… 0BES
  • Définition 3 On appelle espace complet un espace uniforme tel que tout filtre de Cauchy sur cet espace soit convergent. 0BET
  • Exemple Sur un espace uniforme discret X, un filtre de Cauchy est un ultrafiltre trivial (I, p. 39), donc convergent, et par suite X est complet. 0BEU
  • Proposition 6 Soit 𝔉 un filtre sur un ensemble X, et soit f une application de X dans un espace uniforme complet X'; pour que f admette une limite suivant 𝔉, il faut et il suffit que l’image de… ↩ 1 0BEV
  • Proposition 7 Soient 𝔘₁, 𝔘₂ deux structures uniformes sur un ensemble X, T₁, T₂ les topologies déduites respectivement de ces structures uniformes. On suppose que 𝔘₁ est plus fine que 𝔘₂, et en… ↩ 2 0BEW
  • Corollaire On suppose vérifiées les hypothèses de la prop. 7. Si en outre 𝔘₂ est une structure uniforme d’espace complet, il en est de même de 𝔘₁. 0BEX
  • Proposition 8 Tout sous-espace fermé d’un espace complet est complet; tout sous-espace complet d’un espace uniforme séparé (complet ou non) est fermé. ↩ 6 0BEY
  • Proposition 9 Soient X un espace uniforme, A une partie partout dense de X telle que toute base de filtre de Cauchy sur A soit convergente dans X; dans ces conditions, X est complet. ↩ 2 0BEZ
  • Proposition 10 Tout produit d’espaces uniformes complets est complet. Réciproquement, si un produit d’espaces uniformes non vides est complet, chacun des espaces uniformes facteurs est complet. ↩ 5 0BF0
  • Corollaire Soit (X_α, f_αβ) un système projectif d’espaces uniformes. Si les X_α sont séparés et complets, il en est de même de X = lim_← X_α. ↩ 2 0BF1
  • Théorème 1 (Mittag-Leffler) Soit (X_α, f_αβ) un système projectif d’espaces uniformes séparés et complets, relatif à un ensemble d’indices préordonné filtrant I qui admet un sous-ensemble cofinal dénombrable… ↩ 3 0BF2
  • Corollaire 1 Soit (X_α, f_αβ) un système projectif d’ensembles tel que I soit filtrant et admette un sous-ensemble cofinal dénombrable, et que les f_αβ soient surjectives; si X = lim_← X_α, l’a… 0E9N
  • Corollaire 2 Soit I un ensemble préordonné filtrant ayant un ensemble cofinal dénombrable. Soient (X_α, f_αβ), (X'_α, f'_αβ) deux systèmes projectifs d’ensembles relatifs à I, et pour tout α ∈… 0E9O
  • Exemple Supposons donnés, dans C: 1° une suite (aₙ) de points distincts tels que la suite (|aₙ|) soit croissante et tende vers +∞; 2° pour chaque n, une fonction rationnelle z ↦ Rₙ(z) défi… 0BF5
  • Proposition 11 Soient A une partie partout dense d’un espace topologique X, et f une application de A dans un espace uniforme séparé et complet X'. Pour que f puisse être prolongée par continuité… ↩ 3 0BF6
  • Théorème 2 Soit f une fonction définie dans un sous-espace partout dense A d’un espace uniforme X, prenant ses valeurs dans un espace uniforme séparé et complet X', et uniformément continue d… ↩ 7 0BF7
  • Corollaire Soient X₁, X₂ deux espaces uniformes séparés et complets, Y₁, Y₂ des sous-espaces partout denses de X₁, X₂ respectivement. Tout isomorphisme f de Y₁ sur Y₂ se prolonge en un isomor… ↩ 3 0BF8
  • Théorème 3 Soit X un espace uniforme. Il existe un espace uniforme séparé et complet hatX, et une application uniformément continue i : X → hatX, ayant la propriété suivante: ↩ 6 0BF9
  • Définition 4 On dit que l’espace uniforme séparé et complet hatX défini dans la démonstration du th. 3 est l’espace séparé complété de X et que l’application i : X → hatX est l’application cano… 0BFA
  • Proposition 12 1° Le sous-espace i(X) est dense dans hatX. 2° Le graphe de la relation d’équivalence i(x) = i(x') est l’intersection des entourages de X. 3° La structure uniforme de X est l’image… ↩ 5 0BFB
  • Corollaire Si X est un espace uniforme séparé, l’application canonique i : X → hatX est un isomorphisme de X sur un sous-espace partout dense de hatX. ↩ 2 0BFC
  • Remarque Lorsqu’on fait cette identification, les filtres de Cauchy minimaux de X ne sont autres que les traces sur X des filtres de voisinages des points de hatX, comme il résulte de la dé… 0BFD
  • Proposition 13 Si Y est un espace séparé et complet, X un sous-espace partout dense de Y, l’injection canonique X → Y se prolonge en un isomorphisme de hatX sur Y. 0BFE
  • Proposition 14 Soient X un espace uniforme séparé et complet, 𝔘 sa structure uniforme, Z un sous-espace partout dense dans X. Si 𝔘' est une structure uniforme sur X, moins fine que 𝔘 et induisant… ↩ 1 0BFF
  • Proposition 15 Soient X, X' deux espaces uniformes; pour toute application uniformément continue f : X → X', il existe une application uniformément continue et une seule hatf : hatX → hatX' renda… ↩ 5 0BFG
  • Corollaire Soient f : X → X' et g : X' → X'' deux applications uniformément continues; si h = g ∘ f, on a hath = hatg ∘ hatf. Cela résulte aussitôt de la propriété d’unicité de la prop. 15. 0BFH
  • Proposition 16 Soient X un espace uniforme, i l’application canonique de X dans son séparé complété hatX. Pour toute application uniformément continue f de X dans un espace uniforme séparé Y, il… ↩ 2 0BFI
  • Définition 5 On dit que l’espace uniforme séparé i(X) défini dans la démonstration du th. 3 (II, p. 21) est l’espace uniforme séparé associé à X. 0BFJ
  • Corollaire Soient X, Y deux espaces uniformes, X', Y' les espaces séparés associés; pour toute application uniformément continue f : X → Y, il existe une application uniformément continue et… ↩ 1 0BFK
  • Proposition 17 Soient X un espace uniforme, i(X) son espace séparé associé, f une application de X sur un espace uniforme séparé X', telle que la structure uniforme de X soit l’image réciproque p… ↩ 1 0BFL
  • Remarque Soit R la relation d’équivalence i(x) = i(x') dans X; on a vu (II, p. 23, prop. 12) que son graphe C est l’intersection des entourages de X. Il est clair que tout ensemble ouvert (… 0BFM
  • Proposition 18 Soient X un ensemble, (Y_λ)_λ ∈ L une famille d’espaces uniformes, et pour chaque λ ∈ L, soit f_λ une application de X dans Y_λ; on munit X de la structure uniforme la moins fine 𝔘… ↩ 2 0BFN
  • Corollaire 1 Soient X un espace uniforme, i l’application canonique de X dans son séparé complété hatX; si A est un sous-espace de X, j : A → X l’injection canonique, alors hatj : hatA → hatX e… ↩ 3 0BFO
  • Corollaire 2 Soit (Y_λ)_λ ∈ L une famille d’espaces uniformes. Le séparé complété de l’espace produit ∏_λ ∈ L Y_λ est canoniquement isomorphe au produit ∏_λ ∈ L hatY_λ. ↩ 1 0BFP

§ 4. Relations entre espaces uniformes et espaces compacts

  • Définition 1 On dit qu’une structure uniforme sur un espace topologique X est compatible avec la structure de X si cette dernière est identique à la topologie déduite de la structure uniforme c… 0BFX
  • Théorème 1 Sur un espace compact X, il existe une structure uniforme et une seule compatible avec la topologie de X; l’ensemble des entourages de cette structure est identique à l’ensemble de… ↩ 8 0BFY
  • Remarque 1 Pour tout recouvrement ouvert fini ℜ = (Uᵢ)_1 ≤ i ≤ n de X, V_ℜ = ⋃ᵢ₌₁ⁿ (Uᵢ × Uᵢ) est un voisinage de Δ dans X × X; ces ensembles forment un système fondamental de voisinages de Δ… 0BFZ
  • Corollaire 1 Tout sous-espace d’un espace compact est uniformisable. 0BG0
  • Corollaire 2 Tout espace localement compact est uniformisable. ↩ 1 0BG1
  • Remarque 2 On notera qu’il peut exister plusieurs structures uniformes distinctes compatibles avec la topologie d’un espace localement compact. 0BG2
  • Théorème 2 Toute application continue f d’un espace compact X dans un espace uniforme X' est uniformément continue. ↩ 5 0BG3
  • Corollaire Soient A un sous-espace partout dense d’un espace compact X, f une application de A dans un espace uniforme séparé et complet X'; pour que f puisse être prolongée par continuité à… 0BG4
  • Définition 2 On dit qu’un espace uniforme X est précompact si son séparé complété hatX est compact. On dit qu’une partie A d’un espace uniforme X est un ensemble précompact si le sous-espace un… 0BG5
  • Exemple Dans tout espace uniforme X, l’ensemble des points d’une suite de Cauchy (xₙ) est précompact: en effet, comme les images des xₙ dans hatX forment encore une suite de Cauchy, on peu… 0BG6
  • Théorème 3 Pour qu’un espace uniforme X soit précompact, il faut et il suffit que, pour tout entourage V de X, il existe un recouvrement fini de X dont tous les ensembles sont petits d’ordre… ↩ 3 0BG7
  • Corollaire Pour qu’un espace uniforme X soit compact, il faut et il suffit qu’il soit séparé et complet, et que pour tout entourage V de X, il existe un recouvrement fini de X par des ensembl… ↩ 1 0BG8
  • Remarque 1 Un espace quasi-compact non séparé n’est pas nécessairement uniformisable, puisqu’il ne vérifie pas nécessairement l’axiome (O_III) (cf. I, p. 61); par exemple la plupart des espac… 0BG9
  • Proposition 1 Dans un espace uniforme, toute partie d’un ensemble précompact, toute réunion finie d’ensembles précompacts, toute adhérence d’ensemble précompact, est un ensemble précompact. 0BGA
  • Remarque 2 Dans un espace uniforme X, un ensemble relativement compact A est précompact, puisque A est contenu dans un ensemble compact. Par contre, même si X est séparé, un ensemble précompa… 0BGB
  • Proposition 2 Soit f : X → Y une application uniformément continue. Pour toute partie précompacte A de X, f(A) est une partie précompacte de Y. ↩ 4 0BGC
  • Proposition 3 Soient X un ensemble, (Y_λ)_λ ∈ L une famille d’espaces uniformes, et pour chaque λ ∈ L, soit f_λ une application de X dans Y_λ; on munit X de la structure uniforme la moins fine r… ↩ 5 0BGD
  • Proposition 4 Dans un espace uniforme X, soient A un ensemble compact, B un ensemble fermé tels que A ∩ B = ∅. Il existe alors un entourage V de X tel que V(A) ∩ V(B) = ∅. ↩ 5 0BGE
  • Corollaire Soit A un ensemble compact dans un espace uniforme X; lorsque V parcourt l’ensemble des entourages de X, les ensembles V(A) forment un système fondamental de voisinages de A. ↩ 2 0BGF
  • Définition 3 Dans un espace uniforme X, soit V un entourage symétrique; on dit qu’une suite finie (xᵢ)_0 ≤ i ≤ n de points de X est une V-chaîne si, pour tout indice i tel que 0 ≤ i < n, xᵢ et… 0BGG
  • Proposition 5 Dans un espace uniforme X, l’ensemble A_x,v des points qui peuvent être joints à un point donné x par une V-chaîne, est à la fois ouvert et fermé. ↩ 3 0BGH
  • Proposition 6 Dans un espace compact X, la composante connexe d’un point x, l’ensemble Aₓ et l’intersection des voisinages de x à la fois ouverts et fermés sont identiques. ↩ 8 0BGI
  • Corollaire Soient X un espace localement compact, K une composante connexe compacte de X. Alors les voisinages à la fois ouverts et fermés de K forment un système fondamental de voisinages de… ↩ 4 0BGJ
  • Proposition 7 Soient X un espace compact, R la relation d’équivalence dans X dont les classes sont les composantes connexes de X. L’espace quotient X/R est compact et totalement discontinu. 0BGK

III. Groupes topologiques

§ 1. Topologies de groupes

  • Définition 1 On appelle groupe topologique un ensemble G muni d’une structure de groupe et d’une topologie satisfaisant aux deux axiomes suivants : (GTI) L’application (x, y) ↦ xy de G × G dans… 0BH8
  • Exemple 1 Sur un groupe G, la topologie discrète est compatible avec la structure du groupe ; un groupe topologique dont la topologie est discrète est appelé groupe discret. De même, la topo… 0BH9
  • Exemple 2 Au chap. IV, on verra que la topologie de la droite rationnelle Q (resp. de la droite numérique R) est compatible avec la structure de groupe additif de Q (resp. R). 0BHA
  • Exemple 3 Si G est un groupe topologique, sa topologie est compatible avec la structure du groupe G⁰ opposé à G (A, I, p. 2g) ; on dit que G⁰, muni de cette topologie, est le groupe topologi… 0BHB
  • Proposition 1 Soient G un groupe, et 𝔙 un filtre sur G satisfaisant aux axiomes (GVI), (GV{II}) et (GV{III}). Il existe une topologie et une seule compatible avec la structure de groupe de G, et… 0BHC
  • Remarque Lorsque G est commutatif, on a x.A.x⁻¹ = A pour toute partie A et tout élément x de G; la condition (GV_III) (resp. (GV'_III)) est automatiquement vérifiée pour tout filtre (resp… 0BHD
  • Proposition 2 Pour qu’un groupe topologique G soit séparé, il faut et il suffit que l’ensemble {e} soit fermé. ↩ 3 0BHE
  • Corollaire Pour qu’un groupe topologique G soit séparé, il faut et il suffit que l’intersection des voisinages de e se réduise au point e. ↩ 1 0BHF
  • Exemple Définition d’une topologie de groupe par un ensemble de sous-groupes. 0BHG
  • Définition 2 Étant donnés deux groupes topologiques G, G', on appelle isomorphisme local de G à G' un homéomorphisme f d’un voisinage V de l’élément neutre de G sur un voisinage V' de l’élément… ↩ 2 0BHH
  • Proposition 3 Soient G et G' deux groupes topologiques, et f un homéomorphisme d’un voisinage V de l’élément neutre de G sur un voisinage V' de l’élément neutre de G', satisfaisant à la conditio… ↩ 2 0BHI

§ 2. Sous-groupes; groupes quotients; homomorphismes; espaces homogènes; groupes produits

  • Proposition 1 L’adhérence overlineH d’un sous-groupe H d’un groupe topologique G est un sous-groupe de G. Si H est un sous-groupe distingué, overlineH est aussi un sous-groupe distingué. ↩ 4 0BHS
  • Proposition 2 Dans un groupe séparé G, l’adhérence d’un sous-groupe commutatif H est un sous-groupe commutatif. 0BHT
  • Proposition 3 Dans un groupe séparé G, l’ensemble M’ des éléments permutables aux éléments d’une partie quelconque M de G est un sous-groupe fermé. En particulier, le centre de G est fermé dans… 0BHU
  • Proposition 4 Dans un groupe topologique G, tout sous-groupe H localement fermé en un point (I, p. 20, déf. 2) est fermé. ↩ 4 0BHV
  • Corollaire Dans un groupe topologique, pour qu’un sous-groupe soit ouvert, il faut et il suffit qu’il ait un point intérieur. Tout sous-groupe ouvert est fermé. ↩ 7 0BHW
  • Proposition 5 Dans un groupe topologique G, pour qu’un sous-groupe H soit discret, il faut et il suffit qu’il ait un point isolé. Tout sous-groupe discret d’un groupe séparé est fermé. ↩ 1 0BHX
  • Remarque Soit H un sous-groupe quelconque d’un groupe topologique G. Pour tout x ∈ overlineH, on a xoverlineH = x.overlineH = overlineH, puisque les translations sont des homéomorphismes de… 0BHY
  • Proposition 6 Tout groupe connexe est engendré par chacun des voisinages de l’élément neutre. ↩ 1 0BHZ
  • Proposition 7 Soient G un groupe topologique, M une partie de G contenant l’élément neutre e, H le sous-groupe de G engendré par M. Si M est connexe, H est connexe. ↩ 1 0BI0
  • Corollaire Le groupe des commutateurs d’un groupe topologique connexe est connexe. 0E9S
  • Proposition 8 Dans un groupe topologique G, la composante connexe K de l’élément neutre e est un sous-groupe distingué fermé; la composante connexe d’un point x est la classe x.K = K.x. ↩ 3 0BI1
  • Proposition 9 (i) Soit H un sous-groupe partout dense d’un groupe topologique G; si K est un sous-groupe distingué de H, l’adhérence overlineK de K dans G est un sous-groupe distingué de G. ↩ 1 0BI2
  • Lemme 1 Si un groupe topologique G opère continûment dans un espace topologique E, alors, pour tout s ∈ G, l’application x ↦ s.x est un homéomorphisme de E sur lui-même. ↩ 2 0BI3
  • Lemme 2 Si un groupe topologique G opère continûment dans un espace topologique E, la relation d’équivalence R définie par G est ouverte. ↩ 10 0BI4
  • Exemple 1 Soit H un sous-groupe d’un groupe topologique G; H opère continûment dans G par la loi externe (s, x) ↦ sx. Il opère aussi continûment dans G par la loi externe (s, x) ↦ sxs⁻¹. 0BI5
  • Exemple 2 Si K est un corps topologique (III, p. 54), le groupe multiplicatif K^* opère continûment dans K par la loi externe (s, x) ↦ sx. 0BI6
  • Exemple 3 Soient G un groupe topologique, E un espace topologique; l’application (s, x) ↦ x de G × E dans E est une loi externe sur E et G opère continûment dans E pour cette loi; on dit alo… 0BI7
  • Remarque Au lieu de dire qu’un groupe topologique G opère continûment dans un espace topologique E, on dit aussi parfois que G opère continûment à gauche dans E. Lorsque le groupe topologiq… 0BI8
  • Proposition 10 La bijection canonique du sous-espace φ(A) de E/G sur l’espace des orbites A’/G est un homéomorphisme. ↩ 1 0BI9
  • Proposition 11 Si la relation d’équivalence S dans E est ouverte et compatible avec G, G opère continûment dans E/S. ↩ 2 0BIA
  • Remarque Soit G’ un second groupe topologique opérant continûment dans E, et supposons que l’on ait s.(s’.x) = s’.(s.x) quels que soient s ∈ G, s’ ∈ G’, x ∈ E; alors la relation d’équivalen… 0BIB
  • Proposition 12 Le groupe G opère continûment dans tout espace homogène G/H. ↩ 1 0BIC
  • Proposition 13 Soient G un groupe topologique, H un sous-groupe de G. Pour que l’espace homogène G/H soit séparé, il faut et il suffit que H soit fermé dans G. ↩ 3 0BID
  • Proposition 14 Soient G un groupe topologique, H un sous-groupe de G. Pour que l’espace homogène G/H soit discret, il faut et il suffit que H soit ouvert dans G. 0BIE
  • Proposition 15 Pour qu’un espace topologique E, dans lequel un groupe topologique G opère continûment et transitivement, soit un espace homogène topologique (relativement à G), il suffit que, pou… ↩ 1 0BIF
  • Proposition 16 Soient G un groupe topologique, H un sous-groupe distingué de G. La topologie quotient de celle de G par H est compatible avec la structure de groupe de G/H. 0BIG
  • Proposition 17 Soit φ l’application canonique d’un groupe topologique G sur un groupe quotient G/H. Si 𝔙 est un système fondamental de voisinages de e dans G, φ(𝔙) est un système fondamental de v… ↩ 3 0BIH
  • Proposition 18 Soient G un groupe topologique, H un sous-groupe distingué de G. a) Pour que le groupe quotient G/H soit séparé, il faut et il suffit que H soit fermé dans G. b) Pour que le groupe… ↩ 3 0BII
  • Proposition 19 Si H est un sous-groupe distingué discret d’un groupe topologique G, G/H est localement isomorphe (III, p. 6) à G. ↩ 3 0BIJ
  • Proposition 20 Soient A un sous-groupe d’un groupe topologique G, H un sous-groupe distingué de G, φ l’application canonique de G sur G/H. La bijection canonique de φ(A) sur AH/H est un isomorphi… ↩ 4 0BIK
  • Proposition 21 Soient G un groupe topologique, G0 un sous-groupe partout dense, H0 un sous-groupe distingué fermé de G0, H son adhérence dans G, φ l’application canonique G → G/H; la bijection ca… ↩ 1 0BIL
  • Proposition 22 Soient G un groupe topologique opérant continûment dans un espace topologique E, H un sous-groupe distingué de G. La bijection canonique de E/G sur (E/H)/(G/H) est un homéomorphism… ↩ 2 0BIM
  • Corollaire Soient G un groupe topologique, H un sous-groupe distingué de G, K un sous-groupe distingué de G contenant H; la bijection canonique de G/K sur (G/H)/(K/H) est un isomorphisme de g… ↩ 2 0BIN
  • Proposition 23 Pour qu’un homomorphisme f d’un groupe topologique G dans un groupe topologique G' soit continu dans G, il faut et il suffit qu’il soit continu en un point. 0BIO
  • Définition 1 On dit qu’un homomorphisme continu f d’un groupe topologique G dans un groupe topologique G' est un morphisme strict de G dans G', si l’homomorphisme bijectif dotf de G/overlinef(e… ↩ 1 0BIP
  • Proposition 24 Soit f un homomorphisme continu d’un groupe topologique G dans un groupe topologique G'; les trois propositions suivantes sont équivalentes: a) f est un morphisme strict; b) l’imag… ↩ 6 0BIQ
  • Remarque 1 D’après la condition b) de la prop. 24, tout homomorphisme continu d’un groupe topologique dans un groupe discret est un morphisme strict. ↩ 1 0BIR
  • Remarque 2 Soient f un morphisme strict de G dans G', g un morphisme strict de G' dans G"; si f est surjectif, ou si g est injectif, il résulte aussitôt de la prop. 24 que g ∘ f est un morphi… ↩ 1 0BIS
  • Remarque 3 Soit f un homomorphisme continu d’un groupe topologique G dans un groupe topologique G', et soit H un sous-groupe distingué de G; par passage aux quotients, on déduit de f un homom… ↩ 5 0BIT
  • Définition 2 On dit que le groupe topologique obtenu en munissant l’ensemble produit G = ∏_i ∈ I Gᵢ de la structure de groupe produit des structures de groupe des Gᵢ, et de la topologie produit… 0BIU
  • Proposition 25 Soit (Gᵢ)_i ∈ I une famille de groupes topologiques, et soit H le sous- groupe distingué de G = ∏_i ∈ I Gᵢ formé des x = (xᵢ) tels que les xᵢ soient égaux à l’élément neutre eᵢ de… ↩ 2 0BIV
  • Proposition 26 La bijection de E/G sur ∏_i ∈ I (Eᵢ / Gᵢ) canoniquement associée à (φᵢ) est un homéomorphisme. 0BIW
  • Corollaire Soit (Gᵢ)_i ∈ I une famille de groupes topologiques, et pour chaque i ∈ I, soit Hᵢ un sous-groupe distingué de Gᵢ; on désigne par φᵢ l’application canonique de Gᵢ sur Gᵢ / Hᵢ. Poso… ↩ 3 0BIX
  • Remarque Si G est un groupe topologique commutatif noté additivement, l’application (x, y) ↦ x + y de G × G sur G est un morphisme strict; c’est en effet un homomorphisme de G × G sur G, pu… 0BIY
  • Proposition 27 Soient L, N deux groupes topologiques, y ↦ σ_y un homomorphisme de L dans le groupe des automorphismes Γ de la structure de groupe (non topologique) de N. On suppose que l’applicat… ↩ 1 0BIZ

§ 3. Structures uniformes de groupes

  • Définition 1 On appelle structure uniforme droite (resp. gauche) sur un groupe topologique G, la structure uniforme dont un système fondamental d’entourages est obtenu en faisant correspondre à… ↩ 1 0BJX
  • Proposition 1 Les translations à droite et à gauche sont des isomorphismes de la structure uniforme droite sur elle-même. 0BJY
  • Proposition 2 La symétrie x ↦ x⁻¹ est un isomorphisme de la structure uniforme droite sur la structure uniforme gauche. ↩ 3 0BJZ
  • Proposition 3 Tout homomorphisme continu f d’un groupe topologique G dans un groupe topologique G' est uniformément continu lorsqu’on le considère comme une application de Gd dans G'd (ou de Gs… ↩ 3 0BK0
  • Définition 2 On dit qu’un groupe topologique est complet si sa structure uniforme droite et sa structure uniforme gauche sont des structures d’espace complet. 0BK1
  • Proposition 4 Si, dans un groupe topologique G, il existe un voisinage V de e qui est complet pour la structure uniforme droite ou la structure uniforme gauche, G est complet. ↩ 5 0BK2
  • Corollaire 1 Un groupe localement compact est complet. ↩ 2 0BK3
  • Corollaire 2 Tout sous-groupe localement compact d’un groupe topologique séparé G est fermé dans G. 0BK4
  • Proposition 5 Soient G1 un groupe topologique, G2 un groupe topologique séparé et complet, H1 (resp. H2) un sous-groupe partout dense de G1 (resp. G2). Tout homomorphisme continu u de H1 dans H2… ↩ 7 0BK5
  • Remarque Lorsque l’homomorphisme continu u est bijectif, il n’en résulte pas en général que baru soit injectif ni surjectif (cf. III, p. 73, exerc. 12); voir toutefois III, p. 26, prop. 10. 0BK6
  • Proposition 6 Soient 𝔉 et 𝔊 deux filtres-de Cauchy sur G_d; l’image, par l’application (x, y) ↦ xy, du filtre 𝔉 × 𝔊, est une base de filtre de Cauchy sur G_d. 0BK7
  • Théorème 1 Pour qu’un groupe topologique séparé G soit isomorphe à un sous-groupe partout dense d’un groupe complet hatG, il faut et il suffit que l’image, par la symétrie x ↦ x⁻¹, d’un filtr… ↩ 2 0BK8
  • Proposition 7 Soit G un groupe topologique séparé admettant un groupe complété hatG. Les adhérences, dans hatG, des voisinages de l’élément neutre dans G, forment un système fondamental de voisi… ↩ 2 0BK9
  • Proposition 8 Soient G un groupe admettant un groupe séparé complété hatG'. Tout homomorphisme continu u de G dans un groupe séparé complet H se factorise d’une seule manière en u = v ∘ φ, où v… ↩ 2 0BKA
  • Corollaire Soient G₁, G₂ deux groupes topologiques admettant des groupes séparés complétés hatG₁, hatG₂ respectivement. Pour tout homomorphisme continu f : G₁ → G₂, il existe un homomorphisme… 0E9T
  • Proposition 9 Soit G un groupe topologique séparé. S’il existe un voisinage V₀ de l’élément neutre tel que l’application x ↦ x⁻¹ de V₀ dans G soit uniformément continue pour la structure uniform… ↩ 5 0BKC
  • Théorème 2 Soit G un groupe topologique commutatif; les fonctions x⁻¹ et xy sont uniformément continues dans G et G × G respectivement; en outre G admet un groupe séparé complété hatG, qui es… ↩ 2 0BKB
  • Proposition 10 Soient G un groupe commutatif, T₁, T₂ deux topologies séparées compatibles avec la structure de groupe de G; on suppose que T₁ est plus fine que T₂ et qu’il existe un système fonda… 0E9U
  • Corollaire 1 Sous les hypothèses de la prop. 10, si A est une partie de G qui est un sous-espace complet pour la structure uniforme 𝔘₂ correspondant à T₂, A est aussi un sous-espace complet pou… 0E9V
  • Corollaire 2 Soient G un groupe commutatif, T₁, T₂ deux topologies séparées compatibles avec la structure de groupe de G. On suppose que T₁ est plus fine que T₂ et qu’il existe un système fonda… 0E9W

§ 4. Groupes opérant proprement dans un espace topologique. Compacité dans les groupes topologiques et les espaces à opérateurs

  • Définition 1 Soit G un groupe topologique opérant continûment dans un espace topologique E. On dit que G opère proprement dans E si l’application θ : (s, x) ↦ (x, s.x) de G × E dans E × E est p… ↩ 1 0BKR
  • Exemple 1 Soit H un sous-groupe fermé d’un groupe topologique G. Si G opère proprement dans E, il en est de même de H, puisque H × E est fermé dans G × E (I, p. 74, cor. 1). Si l’on prend pa… 0BKS
  • Exemple 2 Si G opère proprement dans E, il opère proprement dans tout sous-espace E' de E réunion d’orbites de points de E (autrement dit, saturé pour la relation d’équivalence définie par G… 0BKT
  • Proposition 1 Soient G un groupe topologique opérant continûment dans un espace topologique E, K une partie quasi-compacte de G. L’application ρ : (s, x) ↦ s.x de K × E dans E est propre. ↩ 7 0BKU
  • Corollaire 1 Si A est une partie fermée (resp. compacte) de E, alors K.A est fermé dans E (resp. compact si E est séparé). En particulier, si F est une partie fermée et K une partie quasi-compa… ↩ 9 0BKV
  • Corollaire 2 Si K est un sous-groupe quasi-compact d’un groupe topologique G, la relation d’équivalence x⁻¹y ∈ K est fermée, et l’application canonique φ : G → G/K est propre. ↩ 1 0BKW
  • Corollaire 3 Soient K un sous-groupe distingué quasi-compact d’un groupe topologique G, φ l’application canonique G → G/K. Pour tout sous-groupe fermé A de G, la bijection canonique de A/(A ∩ K… ↩ 2 0BKX
  • Proposition 2 Soit K un groupe compact opérant continûment dans un espace séparé E. Alors: ↩ 4 0BKY
  • Corollaire 1 Les hypothèses étant celles de la prop. 2, pour que E soit compact (resp. localement compact), il faut et il suffit que E/K le soit. Cela résulte de ce que l’application canonique… ↩ 1 0BKZ
  • Corollaire 2 Soient G un groupe topologique séparé, K un sous-groupe compact de G. Pour que G soit compact (resp. localement compact) il faut et il suffit que G/K soit compact (resp. localement… ↩ 3 0BL0
  • Proposition 3 Si un groupe topologique G opère proprement dans un espace topologique E, l’espace des orbites E/G est séparé. Si de plus G est séparé, alors E est séparé. Soit C ⊂ E × E le graphe… ↩ 4 0BL1
  • Proposition 4 Soit G un groupe topologique opérant proprement dans un espace topologique E, et soit x un point de E. Désignons par G.x l’orbite de x, par Kx le stabilisateur de x. Alors: a) L’ap… ↩ 6 0BL2
  • Proposition 5 Soit G (resp. G’) un groupe topologique opérant continûment dans un espace topologique E (resp. E'). Soient φ un homomorphisme continu de G dans G', ψ une application continue de E… ↩ 2 0BL4
  • Corollaire Soient G un groupe topologique, K un sous-groupe de G. Pour que G opère proprement dans G/K, il faut et il suffit que K soit quasi-compact. 0E9X
  • Définition 2 Soit G un groupe opérant dans un ensemble E. On dit que G opère librement dans E si le stabilisateur de tout point de E est réduit à e, autrement dit si les relations s.x = x, x ∈… 0BL5
  • Exemple Soit G un groupe et soit H un sous-groupe de G. Le groupe H opère librement par translations (à droite ou à gauche) dans G. 0BL6
  • Proposition 6 Soit G un groupe topologique opérant continûment dans un espace topologique E. On suppose que G opère librement dans E. Alors, pour que G opère proprement, il faut et il suffit que… 0BL7
  • Proposition 7 Soit G un groupe localement compact opérant continûment dans un espace séparé E. Pour que G opère proprement, il faut et il suffit que, pour tout couple de points x, y de E, il exi… ↩ 5 0BL8
  • Proposition 8 Soit G un groupe discret opérant proprement dans un espace séparé E. Soit x un point de E et soit Kₓ le stabilisateur de x. ↩ 1 0BL9
  • Corollaire Si l’on suppose en outre que Kₓ = e , le point x possède un voisinage ouvert U tel que U ∩ s · U = ∅ pour tout s ≠ e dans G, et que la restriction à U de l’application canonique E… 0BLA
  • Proposition 9 Soit G un groupe topologique opérant continûment dans un espace localement compact E. Si E/G est séparé, il est localement compact. ↩ 3 0BLB
  • Proposition 10 Soit G un groupe topologique opérant continûment dans un espace localement compact E, et supposons E/G séparé; soit φ l’application canonique de E sur E/G. Pour toute partie compac… ↩ 3 0BLC
  • Proposition 11 Soit G un groupe topologique séparé opérant proprement dans un espace non vide E. Si E est compact (resp. localement compact), il en est de même de G et de E/G. ↩ 2 0BLD
  • Théorème 1 Soit G un groupe topologique séparé, opérant continûment dans un espace topologique E. Soient K une partie compacte de E, L une partie fermée de E. Alors: a) L’ensemble P(K, L) est… ↩ 5 0BLE
  • Remarque On a évidemment P(K, L) ⊂ P(K ∪ L, K ∪ L); donc, pour que G opère proprement dans un espace localement compact E, il suffit que pour toute partie compacte K de E, l’ensemble P(K, K… 0BLF
  • Exemple Soit X une variété analytique complexe, analytiquement isomorphe à une partie ouverte bornée de Cⁿ, et soit G le groupe des automorphismes analytiques de X; la topologie de la conv… 0BLG
  • Proposition 12 Soit G un groupe topologique séparé opérant continûment dans un espace topologique E. Soit K une partie compacte de E, et soit ρ_K l’application (s, x) ↦ s.x de G × K dans E. Alors… ↩ 2 0BLH
  • Corollaire Soit G un groupe topologique séparé opérant proprement dans un espace topologique E. Pour toute partie compacte K de E et toute partie fermée F de G, F.K est une partie fermée de E… ↩ 1 0BLI
  • Proposition 13 Soient G un groupe localement compact, H un sous-groupe fermé de G. L’espace homogène G/H est localement compact et paracompact. Comme G/H est séparé (III, p. 12, prop. 13), il est… ↩ 2 0BLJ
  • Proposition 14 Dans un groupe localement compact G, la composante neutre C est l’intersection des sous-groupes ouverts de G. Comme C est un sous-groupe distingué fermé de G (III, p. 8, prop. 8)… ↩ 3 0BLK
  • Corollaire 1 Si G est un groupe localement compact totalement discontinu, tout voisinage de e dans G contient un sous-groupe ouvert de G. ↩ 3 0BLL
  • Corollaire 2 Un groupe localement compact qui est engendré par chacun des voisinages de l’élément neutre est connexe. 0BLM
  • Corollaire 3 Soient G un groupe localement compact, H un sous-groupe fermé de G, φ l’application canonique de G sur G/H. Les composantes connexes de G/H sont les adhérences des images par φ des… ↩ 1 0BLN

§ 5. Sommes infinies dans les groupes commutatifs

  • Définition 1 Soit (xᵢ)_i ∈ I une famille de points d’un groupe commutatif séparé G; soit 𝔉(I) l’ensemble des parties finies de l’ensemble d’indices I; pour tout partie-finie J de I, soit s_J la… ↩ 3 0BMB
  • Remarque 1 Lorsque I est fini, la déf. 1 redonne la définition ordinaire de la somme d’une famille finie. Plus généralement, si I est quelconque, et si xᵢ = 0 sauf pour les indices i apparten… 0BMC
  • Remarque 2 La définition d’une famille sommable ne fait intervenir aucune relation d’ordre sur l’ensemble d’indices I; on peut donc dire que la notion de somme ainsi définie est commutative… 0BMD
  • Remarque 3 La déf. 1, ainsi que les conventions et remarques qui la suivent, s’appliquent, plus généralement, à toute famille de points d’un espace topologique séparé E, muni d’une loi de mon… ↩ 2 0BME
  • Théorème 1 (critère de Cauchy) Dans un groupe commutatif séparé G, pour qu’une famille (xᵢ)_i ∈ I soit sommable, il faut que, pour tout voisinage V de l’origine, il existe une partie finie J₀ de I telle que, pou… ↩ 6 0BMF
  • Proposition 1 Si la famille (xᵢ) est sommable, tout voisinage de 0 contient tous les xᵢ, à l’exception d’une sous-famille finie (en d’autres termes, si I est infini, on a lim xᵢ = 0 suivant le f… ↩ 4 0BMG
  • Corollaire 1 Soit (xᵢ)_i ∈ I une famille sommable dans un groupe commutatif dont l’élément neutre admet un système fondamental dénombrable de voisinages; l’ensemble des indices i tels que xᵢ ≠… 0EA0
  • Corollaire 2 Soit G un groupe topologique commutatif séparé et complet, tel qu’un système fondamental de voisinages de 0 soit formé de sous-groupes de G (cf. III, p. 5, Exemple); pour qu’une fa… 0EA1
  • Remarque Lorsque G est noté multiplicativement, le critère de Cauchy s’exprime de la manière suivante: pour que la famille (xᵢ)_i ∈ I soit multipliable, il faut que, pour tout voisinage V d… 0BMI
  • Proposition 2 Dans un groupe complet G, toute sous-famille d’une famille sommable est sommable. ↩ 1 0BMJ
  • Théorème 2 (associativité de la somme) Soit (xᵢ)_i ∈ I une famille sommable dans un groupe complet G, et soit (I_λ)_λ ∈ L une partition quelconque de I; si on pose s_λ = ∑_i ∈ I_λ xᵢ, la famille (s_λ)_λ ∈ L est sommable… ↩ 2 0BMK
  • Proposition 3 Soit (xᵢ)_i ∈ I une famille de points d’un groupe G, et (I_λ)_λ ∈ L une partition finie de I; si chacune des sous-familles (xᵢ)_i ∈ I_λ est sommable, la famille (xᵢ)_i ∈ I est somm… ↩ 2 0BML
  • Proposition 4 Soit G = ∏_λ ∈ L G_λ un produit d’une famille de groupes commutatifs séparés. Pour qu’une famille (xᵢ)_i ∈ I de points de G soit sommable, il faut et il suffit que, pour tout λ ∈ L… ↩ 2 0BMM
  • Proposition 5 Soit f un homomorphisme continu d’un groupe commutatif G dans un groupe commutatif G'. Si (xᵢ) est une famille sommable dans G, (f(xᵢ)) est une famille sommable dans G', et on a 0BMN
  • Proposition 6 Soient (xᵢ), (yᵢ) deux familles sommables dans un groupe G, correspondant au même ensemble d’indices ; les familles (-xᵢ), (nxᵢ) (n ∈ Z), (xᵢ + yᵢ) sont sommables, et on a ↩ 1 0BMO
  • Remarque Les prop. 4 et 5 s’appliquent encore au cas, signalé plus haut, des familles sommables dans un espace topologique E muni d’une loi de monoïde commutatif il en est de même de la pro… 0BMP
  • Proposition 7 Si les séries définies par les suites (xₙ) et (yₙ) sont convergentes, il en est de même des séries définies par les suites (-xₙ) et (xₙ + yₙ), et on a ↩ 1 0BMQ
  • Corollaire Si (xₙ), (yₙ) sont deux suites de points de G telles que xₙ = yₙ sauf pour un nombre fini d’indices, et si la série de terme général xₙ converge, il en est de même de la série de t… 0BMR
  • Proposition 8 (associativité restreinte des séries) Soit (kₙ) une suite strictement croissante d’entiers ≥ 0 avec k₀ = 0; si la série de terme général xₙ converge, et si on pose 0BMS
  • Définition 2 On dit qu’une série définie par une suite (xₙ) est commutativement convergente si, pour toute permutation σ de N, la série définie par la suite (x_σ(n)) est convergente. 0BMT
  • Proposition 9 Pour que la série définie par la suite (xₙ) soit commutativement convergente, il faut et il suffit que la suite (xₙ) soit sommable; pour toute permutation σ de N, on a alors ↩ 6 0BMU
  • Remarque Soit G un groupe topologique séparé et complet, tel qu’un système fondamental de voisinages de 0 soit formé de sous-groupes de G (cf. III, p. 5, Exemple); alors, pour toute suite (… 0EA2

§ 6. Groupes topologiques à opérateurs ; anneaux topologiques ; corps topologiques

  • Proposition 1 Si H est un sous-groupe stable d’un groupe topologique à opérateurs G, l’adhérence overlineH de H dans G est un sous-groupe stable de G. ↩ 1 0BN2
  • Définition 1 Soit E un groupe topologique commutatif à opérateurs et soit (Mᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille finie de sous-groupes stables de E, telle que E soit somme directe des Mᵢ. On dit que E est… 0BN3
  • Proposition 2 Soit E un groupe topologique commutatif à opérateurs somme directe des sous-groupes stables Mᵢ (1 ≤ i ≤ n); soit (pᵢ)_1 ≤ i ≤ n la famille de projecteurs associée à la décompositio… ↩ 1 0BN4
  • Corollaire Soient E un groupe topologique commutatif à opérateurs, M un sous-groupe stable de E. Les conditions suivantes sont équivalentes: a) M admet dans E un supplémentaire topologique. b… ↩ 2 0BN5
  • Remarque 1 Pour éviter toute confusion, on dit parfois qu’un sous-groupe stable de E supplémentaire de M (au sens de la structure de groupe à opérateurs sans topologie) est un supplémentaire… 0BN6
  • Remarque 2 Lorsqu’un groupe topologique commutatif à opérateurs séparé E est somme directe topologique d’une famille (Mᵢ)_1 ≤ i ≤ n de sous-groupes stables, chacun des sous-groupes Mᵢ est fer… 0BN7
  • Proposition 3 Soient E, F deux groupes topologiques commutatifs à opérateurs, u une application linéaire continue de E dans F. Pour qu’il existe une application linéaire continue v de F dans E t… ↩ 1 0BN8
  • Proposition 4 Soient E, F deux groupes topologiques commutatifs à opérateurs, u une application linéaire continue de E dans F. Pour qu’il existe une application linéaire continue v de F dans E t… 0BN9
  • Définition 2 On appelle anneau topologique un ensemble A muni d’une structure d’anneau et d’une topologie satisfaisant aux axiomes suivants: 0BNA
  • Exemple 1 Sur un anneau A, la topologie discrète est compatible avec la structure d’anneau; un anneau topologique dont la topologie est discrète est dit anneau discret. 0BNB
  • Exemple 2 On verra dans IV, p. 10 (resp. p. 11) que la topologie de la droite rationnelle Q (resp. de la droite numérique R) est compatible avec la structure d’anneau de Q (resp. R). 0BNC
  • Remarque On rencontre assez souvent en Analyse des anneaux vérifiant les axiomes (AT_I), (AT_II) et (AT_IIIa), mais non (AT_IIIb). Un exemple est l’anneau des mesures sur un groupe compact… 0BND
  • Proposition 5 Soit H un sous-anneau partout dense d’un anneau topologique A, et K un sous-anneau (resp. idéal à gauche, idéal à droite, idéal bilatère) de H. L’adhérence overlineK de K dans A es… ↩ 2 0BNE
  • Théorème 1 Soient E, F, G trois groupes commutatifs séparés et complets, A un sous-groupe partout dense de E, B un sous-groupe partout dense de F. Si f est une application ↩ 2 0BNF
  • Proposition 6 Un anneau topologique séparé A est isomorphe à un sous-anneau partout ↩ 2 0BNG
  • Définition 3 Étant donné un anneau topologique A, on appelle module topologique à gauche sur A un ensemble E, muni : 0BNH
  • Exemple 1 Un espace vectoriel topologique sur R (resp. C) est un module topologique sur R (resp. C) (cf. EVT, I, §1, n° 1). 0BNI
  • Exemple 2 Soient A un anneau, 𝔅 une base de filtre sur A formée d’idéaux bilatères de A, E un A-module à gauche. Si on munit A de la topologie (compatible avec sa structure d’anneau) pour la… 0BNJ
  • Remarque Étant donné un anneau topologique A, considérons sur un A-module à gauche E une topologie compatible avec la structure de groupe additif de E. En vertu de l’identité 0BNK
  • Définition 4 On appelle corps topologique un ensemble K muni d’une structure de corps et d’une topologie compatible avec la structure d’anneau de K, et satisfaisant en outre à l’axiome suivant: ↩ 1 0BNL
  • Exemple 1 Sur un corps K, la topologie discrète est compatible avec la structure de corps; un corps topologique dont la topologie est discrète est dit corps discret. 0BNM
  • Exemple 2 La topologie de la droite rationnelle Q (resp. de la droite numérique R) est compatible avec la structure de corps de Q (resp. R; voir IV, p. 10, resp. p. 11). 0BNN
  • Proposition 7 Pour que l’anneau complété hatK d’un corps topologique séparé K soit un corps topologique, il faut et il suffit que l’image, par l’application x ↦ x⁻¹, de tout filtre de Cauchy (po… ↩ 2 0BNO
  • Proposition 8 Si la structure uniforme additive d’un corps topologique commutatif K est une structure d’espace séparé et complet, la structure multiplicative sur K^* est une structure d’espace c… ↩ 3 0BNP

§ 7. Limites projectives de groupes et d’anneaux topologiques

  • Proposition 1 Les E_α et G_α étant supposés vérifier les hypothèses précédentes: ↩ 1 0BOG
  • Corollaire 1 Si les G_α sont compacts et les E_α séparés, les conclusions de a) et de b) sont valables. ↩ 1 0BOH
  • Corollaire 2 Si, pour tout α ∈ I, le groupe G_α opère transitivement dans l’espace E_α, et si le stabilisateur de tout point de E_α est un sous-groupe compact de G_α, alors G opère transitiveme… 0BOI
  • Corollaire 3 On suppose les G_α séparés. Pour tout α ∈ I, soit K_α un sous-groupe compact de G_α et supposons que l’on ait f_α β(K_β) ⊂ K_α pour α ≤ β. Alors, si K = lim_← K_α, l’application ca… 0BOJ
  • Proposition 2 Soient G un groupe topologique, (H_α)_α ∈ I une famille filtrante décroissante de sous-groupes distingués de G vérifiant la condition suivante : ↩ 8 0BOK
  • Corollaire 1 Si la condition (AP) est vérifiée et si en outre les groupes (séparés) G/H_α sont complets, le groupe G admet un groupe séparé complété, qui s’identifie à tildeG, l’application i… ↩ 1 0BOL
  • Corollaire 2 Soient G un groupe, (H_α) une famille filtrante décroissante de sous-groupes distingués de G. Si l’on munit G de la topologie de groupe pour laquelle les H_α forment un système fon… 0BOM
  • Corollaire 3 Soient G un groupe, G₀ un sous-groupe de G, (H_α) une famille filtrante décroissante de sous-groupes distingués de G₀. On suppose que les H_α forment un système fondamental de vois… 0EA6
  • Lemme 1 Sous les hypothèses de la prop. 2 (III, p. 60), pour toute partie fermée E de G, on a E = ⋂_α EH_α. ↩ 1 0BON
  • Proposition 3 On suppose G séparé, les Hα compacts et vérifiant (AP). ↩ 3 0BOO
  • Proposition 4 On suppose G séparé, les Hα compacts et vérifiant (AP). Si Cα est la composante neutre de Gα = G/Hα, la composante neutre C de G s’identifie à lim ← Cα et on a fα(C) = Cα. ↩ 1 0BOP
  • Lemme 2 Soient G un groupe topologique séparé, H un sous-groupe distingué compact de G, φ l’application canonique G → G/H. Si C est la composante neutre de G, φ(C) est la composante neutre… 0BOQ
  • Remarque Si le sous-groupe H_α est compact pour un α ∈ I, alors H_β est compact pour β ≥ α, puisque c’est un sous-groupe fermé de H_α. Comme l’ensemble des β ∈ I tels que β ≥ α est cofinal… 0EA7
  • Proposition 5 Soit (G_α, f_αβ) un système projectif de groupes topologiques séparés, tel que les f_αβ soient des morphismes stricts surjectifs, de noyaux compacts. Alors, pour tout α ∈ I, l’appl… ↩ 3 0BOS
  • Corollaire 1 Soient (G_α, f_βα) un système projectif de groupes topologiques vérifiant les hypothèses de la prop. 5, (G'_α, f'_αβ) un système projectif de groupes topologiques, et pour chaque α… 0BOT
  • Corollaire 2 Soit (G_α, f_αβ) un système projectif de groupes topologiques vérifiant les conditions de la prop. 5, et soit G' un groupe topologique dans lequel il existe un voisinage V' de l’él… 0BOU

IV. Nombres réels

§ 1. Définition des nombres réels

  • Définition 1 On appelle droite rationnelle l’espace topologique obtenu en munissant l’ensemble Q de la topologie de groupe dont un système fondamental de voisinages de 0 est formé par les inter… 0BP1
  • Définition 2 On désigne par R le groupe topologique complété du groupe additif Q de la droite rationnelle. Les éléments de R sont appelés nombres réels; en tant qu’espace topologique, R est app… 0BP2
  • Proposition 1 La relation y - x ∈ overlineQ₊ est une relation d’ordre dans R, qui fait de R un ensemble totalement ordonné, est compatible avec la structure de groupe additif de R, et induit sur… 0BP3
  • Proposition 2 Tout intervalle fermé (resp. ouvert) de R, est un ensemble fermé (resp. ouvert) dans R. ↩ 1 0BP4
  • Proposition 3 Lorsque r parcourt l’ensemble des nombres rationnels > 0, les intervalles Sᵣ = (-r, +r) de R forment un système fondamental de voisinages de 0. ↩ 2 0BP5
  • Corollaire Tout point de la droite numérique possède un système fondamental dénombrable de voisinages. ↩ 1 0BP6
  • Proposition 4 Pour tout couple (x, y) de nombres réels tels que x < y, il existe un nombre rationnel r tel que x < r < y. 0BP7
  • Proposition 5 Soit I un intervalle quelconque de R. La topologie induite sur I par celle de R est engendrée par l’ensemble des intervalles ouverts de I (I étant considéré comme ensemble totaleme… ↩ 1 0BP8
  • Remarque Si A est une partie partout dense de R, la topologie de R est encore engendrée par l’ensemble des intervalles ouverts dont les extrémités appartiennent à A. En effet, si ]x - a, x… 0BP9
  • Définition 3 On appelle longueur d’un intervalle borné d’origine a et d’extrémité b, le nombre réel positif b - a. 0BPA

§ 2. Propriétés topologiques fondamentales de la droite numérique

  • Théorème 1 Quels que soient les nombres réels x > 0 et y > 0, il existe un entier n > 0 tel que y < nx. ↩ 3 0BPF
  • Remarque On trouvera dans V, § 2 une construction axiomatique de la théorie des nombres réels dans laquelle l’énoncé ci-dessus figure en tant qu’axiome; pour plus de détails sur cet axiome… 0BPG
  • Théorème 2 (Borel–Lebesgue) Pour qu’une partie de la droite numérique R soit compacte, il faut et il suffit qu’elle soit fermée et bornée. ↩ 4 0BPH
  • Corollaire 1 Pour qu’une partie de la droite numérique R soit relativement compacte, il faut et il suffit qu’elle soit bornée. 0EA8
  • Corollaire 2 La droite numérique est un espace localement compact et non compact. 0EA9
  • Remarque Le th. 2 est souvent cité sous le nom de « théorème de Heine–Borel »; voir les Notes historiques des chap. II et IV. 0BPK
  • Théorème 3 Toute partie majorée (resp. minorée) et non vide de la droite numérique a une borne supérieure (resp. inférieure). ↩ 1 0BPL
  • Proposition 1 Pour qu’une partie non vide A de R soit un intervalle, il faut et il suffit que, quels que soient les points a, b de A tels que a < b, l’intervalle fermé [a, b] soit contenu dans A… ↩ 3 0BPM
  • Théorème 4 Pour qu’une partie A de R soit connexe, il faut et il suffit que A soit un intervalle. ↩ 4 0BPN
  • Corollaire 1 La droite numérique est un espace connexe et localement connexe. 0BPO
  • Corollaire 2 Les seules parties compactes et connexes de R sont les intervalles fermés bornés. 0BPP
  • Proposition 2 Tout ensemble ouvert non vide dans R est la réunion d’une famille dénombrable d’intervalles ouverts, sans point commun deux à deux. ↩ 2 0BPQ
  • Exemple Définissons par récurrence, une famille dénombrable (I_n,p) d’intervalles ouverts, deux à deux sans point commun, de la manière suivante: 0BPR
  • Théorème 5 Soit I un intervalle de R; pour qu’une application f de I dans R soit un homéomorphisme de I sur f(I), il faut et il suffit que f soit strictement monotone et continue dans I; f(I)… ↩ 4 0BPS
  • Remarque La première partie de la démonstration précédente établit en fait qu’une application continue et injective de I dans R est strictement monotone; d’après la seconde partie, on voit… 0BPT

§ 3. Le corps des nombres réels

  • Proposition 1 Les fonctions xy et 1/x, définies respectivement dans Q × Q et Q^*, se prolongent par continuité à R × R et R^* respectivement, et définissent sur R une structure de corps topologi… 0BQF
  • Proposition 2 Le groupe multiplicatif R^* des nombres réels ≠ 0 est un groupe topologique isomorphe au produit de ses sous-groupes R₊^* et U₀ = -1, +1. 0BQG

§ 4. La droite numérique achevée

  • Proposition 1 Tous les intervalles ouverts non vides de R sont homéomorphes à la droite R. ↩ 4 0BQK
  • Remarque Pour démontrer que tous les intervalles ouverts bornés sont homéomorphes entre eux, il suffirait de remarquer que, pour a ≠ b, a' ≠ b', il existe un homéomorphisme de R sur lui-mêm… 0BQL
  • Définition 1 On appelle droite numérique achevée l’ensemble overlineR muni de la structure d’ordre et de la topologie ainsi définies. ↩ 1 0BQM
  • Proposition 2 Tout homéomorphisme f de R sur un intervalle ]a, b[ se prolonge en un homéomorphisme tildef de overlineR sur [a, b]; si f est une fonction croissante, tildef est un isomorphisme de… ↩ 2 0BQN
  • Proposition 3 La droite numérique achevée est compacte. 0BQO
  • Proposition 4 Toute partie non vide de overlineR possède une borne supérieure et une borne inférieure. 0BQP
  • Proposition 5 Pour qu’une partie A de overlineR soit connexe, il faut et il suffit que A soit un intervalle. ↩ 1 0BQQ
  • Corollaire La droite numérique achevée est un espace connexe et localement connexe. 0BQR
  • Proposition 6 Pour qu’une application f dans overlineR d’un intervalle I de overlineR soit un homéomorphisme de I sur f(I), il faut et il suffit que f soit strictement monotone et continue dans… 0BQS
  • Proposition 7 La fonction x + y peut être prolongée par continuité à chacun des ensembles A' × A', A'' × A'', suivant les formules ↩ 1 0BQT
  • Proposition 8 La fonction xy peut être prolongée par continuité à l’ensemble overlineR^* × overlineR^*, suivant les formules 0BQU

§ 5. Fonctions numériques

  • Définition 1 Les applications d’un ensemble E dans la droite numérique sont appelées fonctions numériques (ou fonctions réelles) définies dans E. 0BR2
  • Proposition 1 Soient f et g deux fonctions numériques, définies dans un ensemble E, filtré par un filtre 𝔉. Si lim_𝔉 f et lim_𝔉 g existent, et si, pour toute partie A ∈ 𝔉, il existe x ∈ A tel qu… ↩ 1 0BR3
  • Proposition 2 Soient f et g deux fonctions numériques, définies dans un ensemble E, filtré par un filtre 𝔉. Si lim_𝔉 f et lim_𝔉 g existent, et si lim_𝔉 f > lim_𝔉 g, il existe un ensemble A ∈ 𝔉 t… 0BR4
  • Théorème 1 (principe de prolongement des inégalités) Soient f, g deux fonctions numériques, définies dans un ensemble E, filtré par un filtre 𝔉. Si lim_𝔉 f et lim_𝔉 g existent, et si f ≤ g, on a aussi lim_𝔉 f ≤ lim_𝔉 g. ↩ 6 0BR5
  • Remarque Si on a en particulier f(x) < g(x) pour tout x ∈ E (ou seulement pour tous les points d’un ensemble du filtre 𝔉), on peut en conclure, d’après le th. 1, que lim_𝔉 f ≤ lim_𝔉 g; mais… 0BR6
  • Théorème 2 (théorème de la limite monotone) Soient E un ensemble ordonné, A une partie de E filtrante à droite.\footnote{Cet énoncé suppose implicitement que la relation d’ordre dans E est notée x ≤ y. Si cette relation est… ↩ 6 0BR7
  • Corollaire Pour qu’une fonction numérique croissante (resp. décroissante), définie dans une partie filtrante A d’un ensemble ordonné E, ait une limite finie suivant A, il faut et il suffit qu… ↩ 1 0BR8
  • Proposition 3 Toute suite monotone de nombres réels a une limite dans overlineR. 0BR9
  • Définition 2 Soit f une fonction définie dans la partie A de overlineR, à valeurs dans un espace topologique E. Une limite de f suivant le filtre 𝔉, si elle existe, s’appelle limite à gauche de… 0BRA
  • Proposition 4 Soient A une partie de overlineR, a ≠ -∞ un point adhérent à l’intersection A ∩ (-∞, a[; si f est une fonction numérique monotone définie dans A, elle a une limite à gauche f(a-) a… 0BRB
  • Définition 3 Soit f une fonction numérique définie dans un ensemble E; on appelle borne supérieure (resp. borne inférieure) de f dans une partie non vide A de E, et on note sup_x ∈ A f(x) (resp… 0BRC
  • Proposition 5 Soit f une fonction numérique définie dans un ensemble E. Dans l’ensemble 𝔉(E) des parties finies de E, ordonné filtrant pour la relation ⊂, la fonction numérique H ↦ sup_x ∈ H f(x… ↩ 2 0BRD
  • Proposition 6 Soient f et g deux fonctions numériques définies dans E. Si f(x) ≤ g(x) en tout point d’une partie non vide A de E, on a 0BRE
  • Proposition 7 Soit f une fonction numérique définie dans E; si A et B sont deux parties non vides de E telles que A ⊂ B, on a ↩ 1 0BRF
  • Proposition 8 Soient f une fonction numérique définie dans E, et (Aᵢ)_i ∈ I une famille de parties non vides de E; on a 0BRG
  • Proposition 9 Soit f une fonction numérique définie dans un ensemble produit E₁ × E₂. Quelles que soient les parties non vides A₁ de E₁, A₂ de E₂, on a ↩ 2 0BRH
  • Définition 4 Soit (fᵢ)_i ∈ I une famille de fonctions numériques, définies dans un ensemble E. On appelle enveloppe supérieure (resp. enveloppe inférieure) de la famille (fᵢ), et on note sup_i… 0BRI
  • Proposition 10 Dans l’espace produit overlineRᴱ, l’enveloppe supérieure supᵢ fᵢ d’une famille de fonctions numériques (fᵢ)_i ∈ I est la limite, suivant l’ensemble filtrant 𝔉(I) des parties finies… 0BRJ
  • Définition 5 Une famille (fᵢ)_i ∈ I de fonctions numériques, définies dans un ensemble E, est dite uniformément majorée (resp. uniformément minorée) dans E, s’il existe un nombre fini a tel que… 0BRK
  • Définition 6 On appelle limite supérieure de f suivant le filtre 𝔊, et on note lim.sup_𝔊 f, ou lim.sup_x,𝔊 f(x), la limite de la fonction numérique X ↦ sup_x ∈ X f(x) suivant l’ensemble filtran… 0BRL
  • Théorème 3 La limite supérieure d’une fonction numérique f suivant un filtre 𝔊 est égale à la plus grande valeur d’adhérence de f suivant 𝔊. En effet, soit b une valeur d’adhérence de f suiva… 0BRM
  • Corollaire 1 Pour que lim.sup_𝔊 f = lim.inf_𝔊 f, il faut et il suffit que f ait une limite suivant le filtre 𝔊; on a alors lim_𝔊 f = lim.sup_𝔊 f = lim.inf_𝔊 f. En effet, comme overlineR est com… ↩ 1 0BRN
  • Corollaire 2 Si ℌ est un filtre plus fin que 𝔊, on a lim.inf_𝔊 f ≤ lim.inf_ℌ f ≤ lim.sup_ℌ f ≤ lim.sup_𝔊 f. En effet, toute valeur d’adhérence de f suivant ℌ est aussi valeur d’adhérence de f s… ↩ 1 0BRO
  • Corollaire 3 Soit A un ensemble du filtre 𝔊 et soient 𝔊_A le filtre induit sur A par 𝔊, f_A la restriction de f à A; on a limsup_𝔊_A f_A = limsup_𝔊 f. En effet, tout point adhérent à la base de… ↩ 1 0BRP
  • Proposition 11 Soient f et g deux fonctions numériques définies dans un ensemble filtré E. La relation f ≤ g entraîne begincases limsup f ≤ limsup g \\ liminf f ≤ liminf g. endcases (14) C’est un… 0BRQ
  • Proposition 12 Soient f et g deux fonctions numériques définies dans un ensemble E, et A une partie non vide de E. ↩ 1 0BRR
  • Corollaire 1 Soient f une fonction numérique définie dans E, et k un nombre réel. On a sup_x ∈ A (f(x) + k) = k + sup_x ∈ A f(x) lorsque les deux membres sont définis, et, pour k geqslant 0, 0BRS
  • Corollaire 2 Soient f₁ et f₂ deux fonctions numériques définies respectivement dans des ensembles E₁ et E₂; quelles que soient les parties non vides A₁ ⊂ E₁, A₂ ⊂ E₂, on a sup_(x₁, x₂) ∈ A₁ × A… 0BRT
  • Proposition 13 Soient f et g deux fonctions numériques définies dans un ensemble filtré E. 0BRU
  • Corollaire 1 Soient f et g deux fonctions numériques définies dans un ensemble filtré E. Si lim g existe, on a (33) lim . sup (f + g) = lim . sup f + lim g lorsque les deux membres sont définis… 0BRV
  • Corollaire 2 Soient f et g deux fonctions numériques définies dans un ensemble filtré E. Si lim f = +∞, lim . inf g > -∞, et si f + g est définie, on a lim (f + g) = +∞. Si lim f = +∞, lim . in… 0BRW

§ 6. Fonctions numériques continues et fonctions numériques semi-continues

  • Théorème 1 (Weierstrass) Soit f une fonction numérique définie et continue dans un espace quasi-compact non vide E. Il existe au moins un point a ∈ E tel que f(a) = sup_x ∈ E f(x), et au moins un point b ∈… ↩ 5 0BSF
  • Corollaire Si une fonction numérique f, définie dans un espace quasi-compact non vide E, est continue et finie dans E, elle est bornée dans E. 0BSG
  • Théorème 2 (Bolzano) Soit f une fonction numérique définie et continue dans un espace connexe E. Si a et b sont deux points quelconques de E, et α un nombre réel appartenant à l’intervalle fermé de bor… ↩ 1 0BSH
  • Définition 1 Une fonction numérique f, définie dans un espace topologique E, est dite semi-continue inférieurement (resp. semi-continue supérieurement) en un point a ∈ E, si quel que soit h < f… ↩ 1 0BSI
  • Exemple 1 Si en un point a, f admet un minimum relatif, c’est-à-dire s’il existe un voisinage V de a tel que, pour tout x ∈ V, f(a) ≤ f(x), f est semi-continue inférieurement au point a. En… 0BSJ
  • Exemple 2 Définissons une fonction numérique f dans R, en posant f(x) = 0 si x est irrationnel, f(x) = 1/q si x est rationnel et égal à la fraction irréductible p/q (q > 0). Pour tout n enti… 0BSK
  • Proposition 1 Pour qu’une fonction numérique f soit semi-continue inférieurement dans un espace topologique E, il faut et il suffit que, pour tout nombre fini k, overlinef([k, +∞]) (ensemble des… ↩ 3 0BSL
  • Corollaire Pour qu’une partie A d’un espace topologique E soit un ensemble ouvert (resp. fermé) dans E, il faut et il suffit que sa fonction caractéristique¹ φ_A soit semi-continue inférieure… ↩ 1 0BSM
  • Théorème 3 Soit f une fonction semi-continue inférieurement dans un espace quasi-compact non vide E ; il existe au moins un point a ∈ E tel que f(a) = inf_x ∈ E f(x) (autrement dit, f atteint… ↩ 1 0BSN
  • Corollaire Soit f une fonction semi-continue inférieurement dans un espace quasi-compact non vide E ; si f(x) > -∞ pour tout x ∈ E, f est minorée dans E. 0BSO
  • Proposition 2 Soient f et g deux fonctions numériques semi-continues inférieurement en un point a ∈ E. Les fonctions inf(f, g) et sup(f, g) sont semi-continues inférieurement au point a. Il en e… ↩ 1 0BSP
  • Théorème 4 L’enveloppe supérieure d’une famille (fᵢ) de fonctions semi-continues inférieurement en un point a ∈ E, est semi-continue inférieurement au point a. ↩ 2 0BSQ
  • Corollaire L’enveloppe supérieure d’une famille de fonctions numériques continues dans un espace E est semi-continue inférieurement dans E. ↩ 1 0BSR
  • Proposition 3 Soient E un espace topologique, f une fonction numérique ≥ 0 définie dans E et semi-continue inférieurement; alors f est limite d’une suite croissante (fₙ)_n ≥ 1 de fonctions semi-… ↩ 1 0BSS
  • Proposition 4 Pour qu’une fonction numérique f, définie dans un espace topologique E, soit semi-continue inférieurement en un point a ∈ E, il faut et il suffit que liminf_x → a f(x) = f(a) (ou… 0BST
  • Proposition 5 Soit f une fonction numérique quelconque, définie dans une partie partout dense A d’un espace topologique E; si, pour tout x ∈ E, on pose g(x) = liminf_y → x, y ∈ A f(y), g est sem… 0EAB

§ 7. Sommes et produits infinis de nombres réels

  • Théorème 1 Pour qu’une famille (xᵢ) de nombres réels finis geqslant 0 soit sommable dans R, il faut et il suffit que l’ensemble des sommes partielles finies de cette famille soit majoré dans… ↩ 5 0BT9
  • Remarque Soit (H_λ) une famille de parties finies de I telle que, pour toute partie finie H de I, il existe un indice λ tel que H ⊂ H_λ; pour que (xᵢ) soit sommable, il faut et il suffit év… 0BTA
  • Exemple 1 Pour tout nombre q tel que 0 leqslant q < 1, la suite (qⁿ) (« progression géométrique de raison q ») est sommable dans R, car sₙ = frac1 - qⁿ⁺¹1 - q leqslant 1/(1 - q); la somme de… 0BTC
  • Exemple 2 Soient a et b deux nombres tels que 0 leqslant a < 1,\ 0 leqslant b < 1; la famille (aᵐ bⁿ)_(m,n) ∈ N × N est sommable dans R. En effet, toute partie finie de N × N est contenue da… 0BTD
  • Exemple 3 Pour tout entier p > 1, la suite (n⁻ᵖ) (n > 0) est sommable, car on a s_2ⁿ+1 - s_2ⁿ = ∑ₖ₌₁^2ⁿ (2ⁿ + k)⁻ᵖ < 2ⁿ · (2ⁿ)⁻ᵖ d’où, en ajoutant membre à membre ces inégalités s_2ⁿ < frac1… 0BTE
  • Exemple 4 La suite (1/n) (n > 0) n’est pas sommable dans R, car on a s_2ⁿ+1 - s_2ⁿ = ∑ₖ₌₁^2ⁿ 1/(2ⁿ + k) > frac2ⁿ2ⁿ⁺¹ = 1/2 d’où, en ajoutant membre à membre s_2ⁿ > n/2 et le critère du th. 1… 0EAD
  • Exemple 5 Soit (Iₙ) une suite d’intervalles ouverts non vides, sans point commun deux à deux, contenus dans un intervalle de longueur finie l; la somme des longueurs d’un nombre fini d’inter… 0EAE
  • Théorème 2 (principe de comparaison) Soient (xᵢ)_i ∈ I et (yᵢ)_i ∈ I deux familles de nombres finis ≥ 0, telles que xᵢ ≤ yᵢ quel que soit i. Si (yᵢ) est sommable dans R, il en est de même de (xᵢ) et on a ∑ᵢ xᵢ ≤ ∑ᵢ yᵢ… ↩ 2 0BTB
  • Exemple 6 Considérons, pour un nombre réel fini a > 0, la suite ( aⁿ/n! ); soit n₀ le plus petit entier tel que a < n₀. Pour tout n ≥ n₀, on a aⁿ/n! ≤ fraca^n₀n₀! ( a/n₀ )^n-n₀ 0EAF
  • Exemple 7 Soit (aₙ) une suite sommable de nombres positifs; comme lim_n → ∞ aₙ = 0, il existe un entier n₀ tel que, pour n ≥ n₀, aₙ ≤ 1; par suite, pour tout n ≥ n₀, aₙ² ≤ aₙ, ce qui montre… 0EAG
  • Exemple 8 Soient a et b deux nombres tels que a > 1, b > 1; on a 0EAH
  • Corollaire Soit (xᵢ)_i ∈ I une famille sommable dans R de nombres finis ≥ 0; pour toute partie H de I, on a 0BTF
  • Théorème 3 Soit (xᵢ)_i ∈ I une famille de nombres réels finis. Les propriétés suivantes sont équivalentes: ↩ 2 0BTG
  • Proposition 1 Si les familles (x_λ)_λ ∈ L et (y_μ)_μ ∈ M de nombres réels finis sont sommables dans R, il en est de même de la famille (x_λ y_μ)_(λ, μ) ∈ L × M et on a ↩ 2 0BTH
  • Théorème 4 Pour que la famille (1 + uᵢ) soit multipliable dans R^*, il faut et il suffit que la famille (uᵢ) soit sommable dans R. ↩ 7 0BTI
  • Lemme 1° Si (aᵢ)_1 ≤ i ≤ p est une suite finie de nombres > 0, 0BTJ
  • Proposition 2 Toute famille (xᵢ) de nombres réels positifs est sommable dans overlineR. ↩ 1 0BTK
  • Proposition 3 Toute famille (1 + uᵢ) (resp. (1 - uᵢ)) de nombres ≥ 1 (resp. ≥ 0 et ≤ 1) est multipliable dans overlineR. 0BTL
  • Corollaire Pour que le produit ∏ᵢ (1 + uᵢ) (resp. ∏ᵢ (1 - uᵢ)) de nombres ≥ 1 (resp. strictement positifs et ≤ 1) soit égal à +∞ (resp. à 0), il faut et il suffit que ∑ᵢ uᵢ = +∞. 0BTM
  • Remarque Le théorème d’associativité (III, p. 39, th. 2) est encore valable quand on remplace G par overlineR et qu’on suppose les xᵢ ≥ 0. En effet, cela est évident si ∑_i ∈ I xᵢ est fini… 0BTN
  • Définition 1 Une série de nombres réels finis est dite absolument convergente si la série des valeurs absolues de ses termes est convergente. 0BTO
  • Proposition 4 Pour qu’une série de nombres réels finis soit commutativement convergente, il faut et il suffit qu’elle soit absolument convergente. 0BTP
  • Exemple Séries alternées. — Une série définie par une suite (uₙ) de nombres réels finis, est dite alternée si uₙ = (-1)ⁿ vₙ, avec vₙ ≥ 0 quel que soit n. Montrons qu’une condition suffisan… 0BTQ
  • Définition 2 Un produit infini de facteur général 1 + uₙ est dit absolument convergent si le produit de facteur général 1 + |uₙ| est convergent. 0BTR
  • Proposition 5 Pour qu’un produit infini de nombres réels finis soit commutativement convergent, il faut et il suffit qu’il soit absolument convergent. 0BTS
  • Exemple Si on prend, pour n ≥ 2, u₂ₙ₋₁ = -1/n, u₂ₙ = 1/n, le produit (1 + uₙ) n’est pas absolument convergent, puisque la série (uₙ) n’est pas absolument convergente; mais, comme 0BTT

§ 8. Développements usuels des nombres réels

  • Définition 1 Étant donné un nombre ε > 0, on dit qu’un nombre réel r est valeur approchée à ε près d’un nombre réel x, si |x - r| ≤ ε; r est dit valeur approchée par défaut si r ≤ x, par excès… 0BUG
  • Théorème 1 (Cantor) L’ensemble des nombres réels est équipotent à l’ensemble des parties d’un ensemble infini dénombrable. ↩ 1 0BUH
  • Corollaire L’ensemble des nombres réels a une puissance strictement supérieure à celle d’un ensemble dénombrable. 0BUI

V. Groupes à un paramètre

§ 1. Sous-groupes et groupes quotients de R

  • Proposition 1 Tout sous-groupe fermé du groupe additif R, distinct de R et de 0, est un groupe discret de la forme a.Z, où a > 0 (autrement dit, est formé des multiples entiers de a). ↩ 2 0BV0
  • Proposition 2 Les groupes quotients séparés de R, non réduits à l’élément neutre, sont les groupes R/aZ (a ≥ 0). 0BV1
  • Proposition 3 Tout groupe quotient séparé de R, distinct de R et non réduit à l’élément neutre, est isomorphe au groupe R/Z. ↩ 1 0BV2
  • Définition 1 Le groupe topologique R/aZ (a > 0) est appelé groupe additif des nombres réels modulo a. On désigne par T le groupe topologique R/Z; en tant qu’espace topologique, T est appelé tor… 0BV3
  • Remarque 1 La relation x ≡ y (mod. aZ) s’écrit plus souvent x ≡ y (mod. a) ou simplement x ≡ y (a), et se lit « x et y sont congrus modulo a »; elle signifie donc que x - y est un multiple en… 0BV4
  • Remarque 2 Comme nous le verrons dans VI, p. 12, l’espace topologique T est homéomorphe au cercle x² + y² = 1 du plan numérique R²; le produit T² est homéomorphe à un tore de révolution dans… 0BV5
  • Proposition 4 Le tore T est un espace homéomorphe à l’espace quotient d’un intervalle fermé quelconque [a, a + 1] de R, obtenu en identifiant les extrémités de cet intervalle; il est compact, co… ↩ 1 0BV6
  • Remarque On observera que l’application canonique φ de R sur T = R/Z, restreinte à l’intervalle semi-ouvert [a, a + 1[, est une application bijective et continue de cet intervalle sur T; so… 0BV7
  • Proposition 5 Tout homomorphisme continu f du groupe topologique R dans lui-même est de la forme x ↦ ax, où a ∈ R; c’est un automorphisme du groupe topologique R si a ≠ 0. ↩ 1 0BV8
  • Corollaire Soit G un groupe topologique isomorphe à R; pour tout a ∈ G, il existe un homomorphisme continu et un seul fₐ de R dans G, tel que fₐ(1) = a; cet homomorphisme est un isomorphisme… ↩ 1 0BV9
  • Proposition 6 Soit I un intervalle de R, contenant 0 et non réduit à ce point; soit f une application continue de I dans un groupe topologique G (noté multiplicativement), telle que f(x + y) = f… ↩ 3 0BVA
  • Corollaire Soit f un isomorphisme local de R à un groupe topologique G; il existe un morphisme strict et un seul de R sur un sous-groupe ouvert de G, qui coïncide avec f en tous les points d’… ↩ 1 0BVB
  • Proposition 7 Tout groupe topologique connexe G, localement isomorphe à R, est isomorphe à R ou à T. ↩ 1 0BVC

§ 2. Mesure des grandeurs

  • Proposition 1 Soit E un ensemble totalement ordonné, possédant un plus petit élément ω ; soit I une partie de E, telle que ω ∈ I, et que les relations x ∈ I, y ≤ x entraînent y ∈ I ; soit (x, y)… ↩ 3 0BVG
  • Remarque 1 Les relations x ∈ I, y ∈ I, xy ∈ I, yx ∈ I entraînent 0BVH
  • Remarque 2 Toute application g de I dans R₊, satisfaisant aux mêmes conditions que f, est de la forme x ↦ λf(x) où λ 0. En effet, soit λ = g(a) 0; les relations z^p ≤ x ≤ z^{p+1}, z^q ≤ a ≤ z… 0BVI
  • Proposition 2 Si un ensemble totalement ordonné E et une partie I satisfont aux axiomes (GRI), (GR{II}), (GR{IIIa}) et (GR{IVa}), il existe une application strictement croissante f de I sur un i… ↩ 2 0BVJ
  • Remarque Lorsque I = E, l’image f(I) = f(E) est R₊ tout entier, car pour un b > ω, bⁿ est défini pour tout n, donc n.f(b) appartient à f(E) quel que soit n, ce qui entraîne que f(E) n’est p… 0BVK

§ 3. Caractérisation topologique des groupes R et T

  • Théorème 1 Un groupe topologique G, dans lequel il existe un voisinage ouvert de l’élément neutre homéomorphe à un intervalle ouvert de R, est localement isomorphe à R. ↩ 1 0BVN
  • Théorème 2 Un groupe connexe G, dans lequel il existe un voisinage ouvert de l’élément neutre homéomorphe à un intervalle ouvert de R, est isomorphe à R ou à T. ↩ 3 0BVO
  • Remarque 1 Pour décider si un groupe G, qui remplit les conditions du th. 2, est isomorphe à T ou isomorphe à R, il suffit de voir si G est compact ou ne l’est pas. 0BVP
  • Remarque 2 Le th. 2 montre en particulier que tout groupe topologique homéomorphe au groupe R lui est nécessairement isomorphe. 0BVQ
  • Remarque 3 La caractérisation topologique précédente des groupes R et T fait intervenir l’espace topologique R comme ensemble auxiliaire. Il est possible de caractériser les structures de gro… 0BVR

§ 4. Exponentielles et logarithmes

  • Théorème 1 Le groupe multiplicatif R₊^* des nombres réels > 0 est un groupe topologique isomorphe au groupe additif R des nombres réels. ↩ 1 0BW0

VI. Espaces numériques et espaces projectifs

§ 1. L’espace numérique $\mathbf{R}^n$

  • Définition 1 On appelle espace numérique à n dimensions ou de dimension n (plan numérique lorsque n = 2), et on note Rⁿ, l’espace topologique produit de n espaces identiques à la droite numériq… 0BW3
  • Remarque L’espace R⁰ est réduit à un point. 0BW4
  • Définition 2 On appelle pavé ouvert (resp. pavé fermé) de Rⁿ toute partie de Rⁿ qui est le produit de n intervalles ouverts (resp. de n intervalles fermés) de R. 0BW5
  • Proposition 1 Pour qu’une partie A de Rⁿ soit relativement compacte, il faut et il suffit qu’elle soit bornée. 0BW6
  • Corollaire L’espace Rⁿ est localement compact, et, pour n ≥ 1, non compact. 0BW7
  • Proposition 2 Soit f : Rⁿ → R une fonction polynomiale. L’application f est continue. Si f n’est pas identiquement nulle, le complémentaire de l’ensemble f⁻¹(0) est un ouvert dense de Rⁿ. ↩ 1 0BW8
  • Proposition 3 Toute variété linéaire affine non vide de dimension p de Rⁿ est un ensemble fermé dans Rⁿ, homéomorphe à Rᵖ. ↩ 1 0BW9
  • Proposition 4 Dans Rⁿ, le complémentaire d’une variété linéaire affine V de dimension p < n est un ouvert dense. Si p < n - 1, il est connexe. Si p = n - 1, il a deux composantes connexes, homéo… 0BWB
  • Proposition 5 Soient E, F, G trois espaces vectoriels de dimensions finies sur le corps R; toute application bilinéaire¹ f de E × F dans G est continue. 0BWC
  • Proposition 6 Dans l’anneau Mₙ(R), le groupe GLₙ(R) des matrices inversibles est un ensemble ouvert dense, et la topologie induite sur cet ensemble est compatible avec sa structure de groupe. ↩ 2 0BWD

§ 2. Distance euclidienne ; boules et sphères

  • Définition 1 Étant donnés un point x₀ ∈ Rⁿ, et un nombre r > 0, on appelle boule euclidienne ouverte (resp. fermée) à n dimensions de centre x₀ et de rayon r, l’ensemble des points x ∈ Rⁿ tels… 0BWR
  • Proposition 1 Toute boule ouverte (resp. fermée) de Rⁿ est un ensemble ouvert (resp. compact). L’adhérence d’une boule ouverte est la boule fermée de même centre et de même rayon ; l’intérieur d… 0BWS
  • Corollaire Toute sphère euclidienne est un ensemble compact, frontière de la boule ouverte et de la boule fermée de même centre et de même rayon. 0BWT
  • Proposition 2 Toute boule ouverte à n dimensions est homéomorphe à Rⁿ. ↩ 1 0BWU
  • Proposition 3 L’application (t, z) ↦ tz est un homéomorphisme de R^* × Sₙ₋₁ sur Rₙ^*. ↩ 4 0BWV
  • Corollaire 1 La sphère Sₙ₋₁ est homéomorphe à l’espace quotient de Rₙ^* par la relation d’équivalence dont les classes sont les demi-droites ouvertes d’origine 0. 0BWW
  • Corollaire 2 L’espace Rₙ^* est homéomorphe à R × Sₙ₋₁. 0BWX
  • Remarque Les propositions précédentes ne sont pas particulières aux boules euclidiennes, mais peuvent s’étendre à toute une catégorie de voisinages compacts de 0 dans Rⁿ (voir VI, p. 24, ex… 0BWY
  • Proposition 4 Pour n ≥ 1, le complémentaire d’un point dans la sphère euclidienne S{n-1} est homéomorphe à l’espace numérique R^{n-1}. ↩ 4 0BWZ
  • Corollaire 1 Pour n ≥ 1, la sphère S{n-1} est homéomorphe à l’espace compact obtenu par adjonction à R^{n-1} d’un « point à l’infini » (I, p. 68). 0BX0
  • Corollaire 2 Pour n 1, la sphère euclidienne S{n-1} est un espace connexe et localement connexe dont tout point admet un voisinage ouvert homéomorphe à R^{n-1}. ↩ 1 0BX1
  • Corollaire 3 Pour n geqslant 1, la sphère Sₙ est homéomorphe à l’espace quotient de la boule Bₙ, obtenu en identifiant tous les points de la sphère Sₙ₋₁. 0EAJ
  • Corollaire 4 Le cercle S₁ est homéomorphe au tore T. 0EAK

§ 3. Espaces projectifs réels

  • Lemme 1 Si tout ensemble ouvert (resp. fermé) dans A et saturé pour R_A est la trace sur A d’un ensemble ouvert (resp. fermé) dans E et saturé pour R, l’espace quotient A/R_A est homéomorp… ↩ 4 0BXG
  • Lemme 2 S’il existe une application continue g de E sur A, telle que, pour tout x ∈ E, g(x) appartienne à la classe d’équivalence de x, l’espace A/R_A est homéomorphe à E/R. ↩ 4 0BXH
  • Définition 1 On appelle espace projectif réel à n dimensions l’espace projectif Pₙ(R) muni de la topologie quotient de celle de Rₙ₊₁^* par la relation d’équivalence Δₙ(R). 0BXI
  • Proposition 1 L’espace projectif Pₙ est séparé. ↩ 1 0BXJ
  • Proposition 2 L’espace projectif Pₙ est un espace compact et connexe, homéomorphe à l’espace quotient de la sphère Sₙ par la relation d’équivalence induite sur cette sphère par Δₙ. ↩ 2 0BXK
  • Proposition 3 Pour n geqslant 0, l’espace projectif Pₙ est homéomorphe à l’espace quotient de la boule Bₙ obtenu en identifiant chaque point de Sₙ₋₁ à son opposé. ↩ 1 0BXL
  • Proposition 4 Toute variété linéaire projective à p dimensions de l’espace projectif Pₙ est un ensemble fermé dans Pₙ, homéomorphe à Pₚ; si p < n, son complémentaire est dense dans Pₙ. 0BXM
  • Proposition 5 Dans l’espace projectif Pₙ (pour n geqslant 0), le complémentaire d’un hyperplan projectif H est homéomorphe à Rⁿ. ↩ 2 0BXN
  • Corollaire Tout point de Pₙ possède un voisinage ouvert homéomorphe à Rⁿ. 0BXO
  • Définition 2 On appelle espace des variétés linéaires projectives à p ≥ 0 dimensions de l’espace projectif réel Pₙ, l’espace P_n, p quotient de l’espace topologique L_n+1, p+1 par la relation d… ↩ 1 0BXP
  • Proposition 6 Soit V une variété linéaire projective de dimension n - p - 1 de Pₙ; la partie U_V de P_n, p formée des éléments dont l’intersection avec V est vide, est un ouvert dense de P_n, p… ↩ 2 0BXQ
  • Corollaire L’espace P_n,p est un espace connexe et localement connexe, dont tout point possède un voisinage homéomorphe à R^(p+1)(n-p). 0EAM
  • Proposition 7 L’espace P_n,p est compact. ↩ 1 0BXR
  • Proposition 8 La grassmannienne G_n+1,p+1 est homéomorphe à l’espace P_n,p. ↩ 2 0BXS

VII. LES GROUPES ADDITIFS $\mathbf{R}^n$

§ 1. Sous-groupes et groupes quotients de $\mathbf{R}^n$

  • Proposition 1 Soient G un sous-groupe discret de Rⁿ, de rang p, (aᵢ)_1 ≤ i ≤ p un système libre de p points de G, P le parallélétope fermé de centre 0, construit sur les vecteurs aᵢ (VI, p. 3)… ↩ 3 0BY4
  • Corollaire Soient (aᵢ)_1 ≤ i ≤ p un système libre de p points de Rⁿ et b = ∑ᵢ₌₁ᵖ tᵢ aᵢ une combinaison linéaire à coefficients réels des aᵢ. Pour que le sous-groupe G de Rⁿ engendré par les p… 0BY5
  • Proposition 2 (Kronecker) Soient θ₁, θ₂, …, θₙ des nombres réels. Les conditions suivantes sont équivalentes: a) pour tout ε > 0, il existe un entier q et n entiers pᵢ (1 ≤ i ≤ n) tels que |q θᵢ - pᵢ| ≤ ε p… ↩ 1 0BY6
  • Théorème 1 Tout sous-groupe discret G de Rⁿ, de rang égal à p, est engendré par un système libre de p points. ↩ 4 0BY7
  • Proposition 3 Tout sous-groupe fermé non discret de Rⁿ contient une droite passant par 0. ↩ 1 0BY8
  • Théorème 2 Soit G un sous-groupe fermé de Rⁿ, de rang r (0 ≤ r ≤ n); il existe un plus grand sous-espace vectoriel V contenu dans G; pour tout espace vectoriel W supplémentaire de V, W ∩ G es… ↩ 5 0BY9
  • Corollaire 1 Il existe une base (aᵢ)_1 ≤ i ≤ n de Rⁿ, telle que aᵢ ∈ G pour 1 ≤ i ≤ r, aᵢ ∈ V pour 1 ≤ i ≤ p, et que G soit identique à l’ensemble des points ∑ᵢ₌₁ᵖ tᵢ aᵢ + ∑_j=p+1ʳ nⱼ aⱼ, où le… ↩ 2 0BYA
  • Corollaire 2 Il existe un automorphisme de Rⁿ qui applique G sur le groupe G', isomorphe à Rᵖ × Zʳ⁻ᵖ, somme directe du sous-espace vectoriel engendré par e₁, e₂, …, eₚ et du sous-groupe additif… 0BYB
  • Proposition 4 Le sous-groupe G^* associé à un sous-groupe G de Rⁿ est fermé, et on a (overlineG)^* = G^*. 0BYC
  • Proposition 5 Pour tout sous-groupe fermé G de Rⁿ, on a r(G^*) = n - d(G), et d(G^*) = n - r(G). ↩ 1 0BYD
  • Proposition 6 Pour tout sous-groupe G de Rⁿ, on a (G^*)^* = overlineG. ↩ 2 0BYE
  • Corollaire Pour qu’un point x soit adhérent à un sous-groupe G de Rⁿ, il faut et il suffit que (u | x) soit entier pour tout u ∈ Rⁿ tel que (u | y) soit entier pour tout y ∈ G. 0BYF
  • Proposition 7 (Kronecker) — Soient aᵢ = (aⱼᵢ) (1 ≤ i ≤ m, 1 ≤ j ≤ n) m points de Rⁿ, b = (bⱼ) (1 ≤ j ≤ n) un point de Rⁿ. Afin que, pour tout ε > 0, il existe m entiers qᵢ (1 ≤ i ≤ m) et n entiers pⱼ (1 ≤ j… 0BYG
  • Corollaire 1 Afin que, pour tout x = (xⱼ) (1 ≤ j ≤ n) et tout ε > 0, il existe m entiers qᵢ (1 ≤ i ≤ m) et n entiers pⱼ (1 ≤ j ≤ n) tels que |q₁ a₁ⱼ + q₂ a₂ⱼ + ⋯ + qₘ aₘⱼ - pⱼ - xⱼ| ≤ ε pour 1… 0EAO
  • Corollaire 2 Soient θ₁, θ₂, …, θₙ n nombres réels. Afin que, quels que soient les n nombres réels x₁, x₂, …, xₙ et le nombre ε > 0, il existe un entier q et n entiers pⱼ tels que |q θⱼ - pⱼ - x… 0EAP
  • Proposition 8 Quels que soient les sous-groupes fermés G₁, G₂ de Rⁿ, on a (G₁ + G₂)^* = G₁^* ∩ G₂^*, et (G₁ ∩ G₂)^* = overlineG₁^* + G₂^*. 0BYJ
  • Remarque Soient G₁, G₂ deux réseaux de Rⁿ (n° 1) tels que G₂ ⊂ G₁; alors (VII, p. 7, prop. 5) G₁^* et G₂^* sont des réseaux de Rⁿ tels que G₁^* ⊂ G₂^*. On a vu (VII, p. 2, prop. 1) qu’il ex… 0BYK
  • Proposition 9 Tout groupe quotient séparé de Rⁿ est isomorphe à un groupe produit Rʰ × Tᵏ (0 ≤ h + k ≤ n). ↩ 1 0BYL
  • Proposition 10 Le groupe topologique Tⁿ est localement isomorphe à Rⁿ. En effet, Tⁿ = (R/Z)ⁿ est isomorphe à Rⁿ/Zⁿ (III, p. 18, corollaire) et Zⁿ est un sous-groupe discret de Rⁿ d’où la conclusi… 0BYM
  • Proposition 11 Tout sous-groupe fermé de T, distinct de T, est un groupe cyclique fini. Pour tout entier n > 0, T contient un sous-groupe d’ordre n et un seul, qui est l’ensemble des éléments de… 0EAQ
  • Proposition 12 Soient T un groupe topologique isomorphe à Tⁿ et G un sous-groupe fermé de T. Il existe un isomorphisme de groupes topologiques f de T sur Tⁿ et des sous-groupes fermés G₁, …, Gₙ d… 0EAR
  • Remarque Il résulte notamment des prop. 11 et 12 qu’un sous-groupe fermé G de Tⁿ est le produit direct de sa composante neutre G⁰, qui est isomorphe à un groupe Tʰ (0 ≤ h ≤ n), et d’un sous… 0EAS
  • Définition 1 On dit qu’une fonction f, définie dans Rⁿ, et prenant ses valeurs dans un ensemble quelconque E, est périodique s’il existe un point a ≠ 0 de Rⁿ tel que 0EAT

§ 2. Homomorphismes continus de $\mathbf{R}^n$ et de ses groupes quotients

  • Proposition 1 Tout homomorphisme continu f du groupe additif Rᵐ dans le groupe additif Rⁿ est une application linéaire de Rᵐ dans Rⁿ. ↩ 1 0BZ3
  • Proposition 2 Soit A un parallélétope de Rⁿ tel que 0 ∈ A; soit f une application continue de A dans un groupe topologique G (noté multiplicativement), telle que f(x + y) = f(x)f(y) pour tout co… ↩ 3 0BZ4
  • Corollaire 1 Soient V un voisinage de 0 dans Rⁿ, f une application continue de V dans un groupe topologique G, telle que f(x + y) = f(x)f(y) pour tout couple de points x, y tels que x ∈ V, y ∈… ↩ 1 0BZ5
  • Corollaire 2 Soit f un isomorphisme local de Rⁿ à un groupe topologique G; il existe un morphisme strict et un seul de Rⁿ sur un sous-groupe ouvert de G, qui coïncide avec f en tous les points… ↩ 1 0BZ6
  • Corollaire 3 Lorsque n ≠ m, Rⁿ et Rᵐ ne sont pas localement isomorphes. 0EAX
  • Théorème 1 Soit G un groupe topologique connexe, localement isomorphe à Rⁿ; il est commutatif. Soit K l’adhérence dans G du sous-groupe de torsion de G (A, II, p. 115). Alors K est le plus gr… ↩ 1 0BZ7
  • Corollaire Tout groupe connexe G, localement isomorphe à Rⁿ, est isomorphe à un groupe Rᵖ × Tⁿ⁻ᵖ (0 ≤ p ≤ n). 0EAY
  • Proposition 3 Tout homomorphisme continu de Rᵐ dans Tⁿ est de la forme x ↦ φ(u(x)), où φ est l’homomorphisme canonique de Rⁿ sur Tⁿ (identifié à Rⁿ/Zⁿ), et u une application linéaire de Rᵐ dans… ↩ 2 0BZ8
  • Remarque Le même raisonnement montre, plus généralement, que si φ est un morphisme strict de Rⁿ dans un groupe G, dont la restriction à un voisinage convenable de 0 est un isomorphisme loca… 0BZ9
  • Proposition 4 Si φ est l’homomorphisme canonique de R sur T, tout homomorphisme continu de R dans T est de la forme x ↦ φ(ax) où a ∈ R; c’est un morphisme strict de R sur T si a ≠ 0. ↩ 1 0BZA
  • Proposition 5 Tout isomorphisme du groupe topologique Tⁿ sur un de ses sous-groupes est un automorphisme de Tⁿ, qui s’obtient par passage aux quotients à partir d’une application linéaire u de R… ↩ 3 0BZB
  • Proposition 6 Les seuls isomorphismes du groupe topologique T sur un de ses sous-groupes sont l’application identique et la symétrie x ↦ -x. ↩ 3 0BZC

§ 3. Sommes infinies dans les groupes $\mathbf{R}^n$

  • Proposition 1 Pour qu’une famille (xᵢ)_i ∈ I de points xᵢ = (x_i,k)_1 ≤ k ≤ n de Rⁿ soit sommable, il faut et il suffit que chacune des n familles (x_i,k)_i ∈ I de nombres réels soit sommable da… ↩ 2 0BZK
  • Théorème 1 Pour qu’une famille (xᵢ)_i ∈ I de points de Rⁿ soit sommable, il faut et il suffit que la famille (|xᵢ|) des normes euclidiennes des xᵢ soit sommable dans R. ↩ 2 0BZL
  • Proposition 2 Pour toute famille finie (xᵢ)_i ∈ I de points de Rⁿ, on a ↩ 3 0BZM
  • Corollaire Pour qu’une famille (xₜ) de points de Rⁿ soit sommable, il faut et il suffit que l’ensemble des sommes partielles finies de cette famille soit borné dans Rⁿ. D’après le th. 1 (VII… 0BZN
  • Proposition 3 Soient (x_λ)_λ ∈ L une famille sommable de points de Rᵐ, (y_μ)_μ ∈ M une famille sommable de points de Rⁿ, f une application bilinéaire de Rᵐ × Rⁿ dans Rᵖ. La famille (f(x_λ, y_μ))… 0BZO
  • Corollaire 1 Si (a_λ)_λ ∈ L est une famille sommable de nombres réels, (x_μ)_μ ∈ M une famille sommable de points de Rⁿ, la famille (a_λ x_μ)_(λ, μ) ∈ L × M est sommable, et l’on a ∑_(λ, μ) ∈ L… 0BZP
  • Corollaire 2 Si (x_λ)_λ ∈ L et (y_μ)_μ ∈ M sont deux familles sommables de points de Rⁿ, la famille (x_λ | y_μ) (cf. VI, p. 8) est sommable dans R, et l’on a ∑_(λ, μ) ∈ L × M (x_λ | y_μ) = ( ∑_… 0BZQ
  • Définition 1 Une série de points de Rⁿ est dite absolument convergente si la série des normes euclidiennes de ses termes est convergente. 0BZR
  • Proposition 4 Pour qu’une série de points de Rⁿ, soit commutativement convergente, il faut et il suffit qu’elle soit absolument convergente. 0BZS

VIII. Nombres complexes

§ 1. Nombres complexes; quaternions

  • Définition 1 On appelle corps des nombres complexes, et on désigne par C, le corps (commutatif) R[X]/(X² + 1); on désigne par i l’image canonique de X dans C, de sorte que C est obtenu par adjo… ↩ 1 0BZV
  • Théorème 1 (théorème de d’Alembert-Gauss) Le corps C des nombres complexes est algébriquement clos. ↩ 2 0BZW
  • Remarque 1 On peut démontrer le th. I sans utiliser la théorie des corps ordonnés, en se servant des propriétés de la topologie du corps C, qui va être définie ci-dessous (VIII, p. 3): voir V… 0BZX
  • Remarque 2 Comme C est de degré 2 par rapport à R, on voit que C est, à isomorphisme près, la seule extension algébrique de R distincte de R, et qu’il n’existe pas de corps contenu dans C et… 0BZY
  • Proposition 1 Le groupe topologique C^* est le produit direct de ses sous-groupes R₊^* et U. ↩ 3 0BZZ
  • Proposition 2 Le groupe topologique H^* des quaternions ≠ 0 est le produit direct de ses sous-groupes R₊^* et S₃. 0C00
  • Proposition 3 L’application qui associe à chaque q ∈ S₃ l’endomorphisme x ↦ xq⁻¹ = xoverlineq du C-espace vectoriel H est un isomorphisme du groupe S₃ sur le groupe spécial unitaire SU(N). 0EAZ
  • Proposition 4 L’application qui associe à chaque q ∈ S₃ l’endomorphisme x ↦ qxq⁻¹ = q x barq de l’espace H₀ des quaternions purs est un homomorphisme surjectif du groupe S₃ sur le groupe spécial… 0EB0
  • Corollaire L’application qui associe à chaque (q, q') ∈ S₃ × S₃ l’endomorphisme x ↦ qxq'⁻¹ = qxbarq' du R-espace vectoriel H est un homomorphisme surjectif du groupe produit S₃ × S₃ sur le gr… 0EB1
  • Remarque 1 A l’aide des relations | x + y | ≤ | x | + | y | et | xy | = | x | . | y |, on peut démontrer directement, comme plus haut pour le corps des nombres complexes, que la topologie de… 0C01
  • Remarque 2 Sur les sphères S₀, S₁ et S₃, il existe, d’après ce qui précède, une structure de groupe compatible avec leur topologie. Inversement, on peut montrer que tout groupe topologique ho… 0C02
  • Remarque 3 Tout point du groupe S₃ possède un voisinage homéomorphe à R³ (VI, p. 11, cor. 2), mais S₃ n’est pas localement isomorphe au groupe R³, sans quoi, étant connexe, il serait commutat… 0C03
  • Remarque 4 Si l’on munit les groupes SU(N), SO(N₀) et SO(N) des topologies induites par celle du groupe linéaire GL(4, R), et les groupes S₃/1, -1 et (S₃ × S₃)/(1, 1), (-1, -1) des topologies… 0EB2

§ 2. Mesure des angles; fonctions trigonométriques

  • Théorème 1 Le groupe topologique (multiplicatif) U des nombres complexes de valeur absolue 1 est isomorphe au groupe topologique (additif) T des nombres réels modulo 1. ↩ 2 0C09
  • Corollaire Le groupe multiplicatif C^* des nombres complexes ≠ 0 est isomorphe au groupe R × T (cf. VIII, p. 4, prop. 1). 0C0A
  • Remarque L’isomorphie des groupes C^* et R × T entraîne l’existence des racines de toute « équation binôme » zⁿ = a dans le corps C; en s’appuyant sur cette propriété (et sur la compacité l… 0C0B
  • Remarque L’application x + iy ↦ eˣ e(y) est un morphisme strict du groupe additif C sur le groupe multiplicatif C^*, et sa restriction à un voisinage convenable de 0 est un isomorphisme loc… 0C0C
  • Remarque On définit un homomorphisme de C^* sur 𝔄₀ en faisant correspondre à tout nombre complexe z ≠ 0 l’angle que fait la droite passant par 0 et z avec l’axe réel; il est clair que cet h… 0C0D

§ 3. Sommes et produits infinis de nombres complexes

  • Proposition 1 Si (u_λ)_λ ∈ L et (v_μ)_μ ∈ M sont deux familles sommables de nombres complexes, la famille (u_λ v_μ)_(λ, μ) ∈ L × M est sommable, et l’on a 0C0I
  • Proposition 2 Pour qu’une famille (zᵢ) de nombres complexes 0C0J
  • Théorème 1 Pour qu’une famille (1 + uᵢ)_i ∈ I soit multipliable dans C^*, il faut et il suffit que la famille (|uᵢ|) soit sommable dans R. ↩ 1 0C0K
  • Lemme 1 Pour toute partie finie J de I, soit φ(J) = sup_L ⊂ J |p_L - 1|. Pour toute partie L de J, on a |p_L - 1 - s_L| ≤ φ(J) σ_L. Le lemme est évident si L est vide; démontrons-le par ré… 0C0L
  • Lemme 2 Si J est une partie finie de I telle que φ(J) < 1/4, on a |σ_J| ≤ 4φ(J)/(1 - 4φ(J)). En effet, comme σ_L ≤ σ_J pour toute partie L de J, on a, d’après (2), |s_L| ≤ φ(J)σ_J + |p_L -… 0C0M
  • Définition 1 Un produit infini de nombres complexes, de facteur général 1 + uₙ, est dit absolument convergent, si le produit de facteur général 1 + |uₙ| est convergent (ou, ce qui revient au mê… 0C0N
  • Proposition 3 Pour qu’un produit infini de nombres complexes soit commutativement convergent, il faut et il suffit qu’il soit absolument convergent. ↩ 1 0C0O
  • Remarque 1 Le produit de facteur général |1 + uₙ| peut être convergent, et même absolument convergent dans R₊^*, sans que le produit de facteur général 1 + |uₙ| le soit (voir VIII, p. 26, exe… 0C0P
  • Remarque 2 Comme on l’a déjà signalé pour les produits de facteurs > 0, la convergence de la série de terme général uₙ n’est ni nécessaire ni suffisante pour assurer la convergence du produit… 0C0Q

§ 4. Espaces numériques et espaces projectifs complexes

  • Définition 1 On appelle espace projectif complexe à n dimensions l’espace projectif Pₙ(C) muni de la topologie quotient de celle de Cₙ₊₁^* par la relation d’équivalence Δₙ(C). 0C0W
  • Définition 2 On appelle espace des variétés linéaires projectives à p geqslant 0 dimensions de l’espace projectif Pₙ(C), l’espace P_n,p(C) quotient de l’espace topologique L_n+1,p+1(C) par la r… ↩ 1 0C0X
  • Remarque La plupart des propriétés communes aux espaces numériques (ou projectifs) réels et complexes sont encore exactes pour les espaces numériques (resp. projectifs) définis de manière a… 0C0Y
  • Proposition 1 L’application f de Σₙ(C) dans P(C[X]ₙ) définie ci-dessus est un homéomorphisme. 0EB4
  • Corollaire L’espace projectif complexe à n dimensions est homéomorphe à la puissance symétrique n-ième de la droite projective complexe. 0EB5
  • Proposition 2 Soit A une partie ouverte (resp. fermée) de P₁(C). La fonction numérique P ↦ v_A(P) est semi-continue inférieurement (resp. supérieurement) en tout point de C[X]ₙ - 0 (IV, p. 28). 0EB6
  • Corollaire 1 Soient U une partie ouverte de P₁(C), F sa frontière. L’ensemble des polynômes P ∈ C[X]ₙ - 0 tels que v_F(P) = 0 est ouvert, et la fonction v_U est localement constante dans cet ou… 0EB7
  • Corollaire 2 Soient U et F comme dans le corollaire 1, et soit V l’ouvert de C[X]ₙ - 0 formé des polynômes P tels que v_F(P) = 0, v_U(P) = 1. À chaque P ∈ V associons son unique racine dans U… 0EB8

IX. Utilisation des nombres réels en topologie générale

§ 1. Génération d’une structure uniforme par une famille d’écarts. Espaces uniformisables

  • Définition 1 Étant donné un ensemble X, on appelle écart sur X toute application f de X × X dans l’intervalle [0, +∞) de la droite achevée overlineR, satisfaisant aux conditions suivantes : 0EB9
  • Exemple 1 Sur l’espace numérique Rⁿ, la distance euclidienne (VI, p. 7) est un écart. 0C17
  • Exemple 2 Étant donné un ensemble quelconque X, la fonction f définie sur X × X par les conditions : f(x, x) = 0 pour tout x ∈ X, f(x, y) = +∞ si x ≠ y, est un écart sur X. ↩ 1 0C18
  • Exemple 3 Étant donnée une fonction numérique finie g définie dans un ensemble quelconque X, la fonction f définie dans X × X par f(x, y) = |g(x) - g(y)| est un écart sur X. ↩ 1 0C19
  • Exemple 4 Soit X l’ensemble des applications continues de l’intervalle [0, 1] de R dans R. Si, pour tout couple d’éléments x, y de X, on pose f(x, y) = ∫₀¹ |x(t) - y(t)| dt, f est un écart s… 0C1A
  • Remarque 1 L’exemple 2 ci-dessus montre qu’un écart peut prendre la valeur +∞ pour certains couples d’éléments de X. 0EBA
  • Remarque 2 Si f est un écart sur X, on peut en général avoir f(x, y) = 0 pour des couples (x, y) tels que x ≠ y; c’est ce que montre l’exemple 3 ci-dessus (cf. IX, p. 1). 0EBB
  • Définition 2 Étant donné un écart f sur un ensemble X, on appelle structure uniforme définie par f la structure uniforme sur X ayant pour système fondamental d’entourages la famille des ensembl… ↩ 2 0C1B
  • Remarque 1 Pour toute suite (aₙ) de nombres > 0 tendant vers 0, les U_aₙ forment un système fondamental d’entourages de la structure uniforme définie par f. 0C1C
  • Remarque 2 La définition d’une structure uniforme par un écart f revient à prendre comme système fondamental d’entourages de cette structure, l’image réciproque par f du filtre des voisinages… 0C1D
  • Définition 3 Étant donnée une famille (fᵢ)_i ∈ I d’écarts sur un ensemble X, on appelle structure uniforme définie par la famille (fᵢ) sur l’ensemble X, la borne supérieure de l’ensemble des st… 0C1E
  • Proposition 1 Soit X un espace uniforme séparé, dont la structure uniforme U est définie par une famille d’écarts finis (fᵢ); soit hatX le complété de X. Les fonctions fᵢ se prolongent par conti… ↩ 2 0C1F
  • Théorème 1 Étant donnée une structure uniforme U sur un ensemble X, il existe une famille d’écarts sur X telle que la structure uniforme définie par cette famille soit identique à U. ↩ 2 0C1G
  • Proposition 2 Si une structure uniforme U sur X possède un système fondamental dénombrable d’entourages, il existe un écart f sur X tel que U soit identique à la structure uniforme définie par f… ↩ 2 0C1H
  • Remarque Une structure uniforme U sur X est définie par la famille Φ de tous les écarts sur X qui sont uniformément continus dans X × X. En effet, il est clair que la structure uniforme déf… 0C1I
  • Théorème 2 Pour qu’un espace topologique X soit uniformisable, il faut et il suffit qu’il vérifie l’axiome suivant: (OIV) Quels que soient le point x₀ ∈ X et le voisinage V de x₀, il existe u… ↩ 4 0C1J
  • Définition 4 On dit qu’un espace topologique est complètement régulier s’il est uniformisable et séparé. 0C1K
  • Remarque L’axiome (O{IV}) entraîne (O{III}) (cf. I, p. 56, car si V est un voisinage de x₀, et f une fonction numérique continue dans X, à valeurs dans (0, 1), telle que f(x₀) = 0, f(x) = 1… 0C1L
  • Proposition 3 Pour qu’un espace topologique X soit complètement régulier, il faut et il suffit qu’il soit homéomorphe à un sous-espace d’un espace compact. ↩ 1 0C1M
  • Proposition 4 Si un espace topologique X est complètement régulier, il est homéomorphe à un sous-espace d’un cube. ↩ 1 0C1N
  • Définition 5 Étant donné un ensemble X, on dit qu’un ensemble H d’applications de X dans un ensemble Y sépare les éléments d’une partie A de X (ou est un ensemble séparant pour les éléments de… 0EBC
  • Proposition 5 Soient X un espace compact, H un ensemble de fonctions numériques continues dans X et séparant les points de X. Pour toute partie finie K de H et tout réel ε > 0, soit U_K,ε l’ense… ↩ 1 0C1O
  • Proposition 6 Soit X un espace topologique; il existe un espace compact Z et une application continue f : X → Z ayant la propriété suivante: pour toute application continue g de X dans un espace… 0EBD
  • Corollaire Pour que f soit injective, il faut et il suffit que l’ensemble des applications continues de X dans I = (0, 1) sépare les points de X. Pour que f soit un homéomorphisme de X sur f(… 0EBE
  • Proposition 7 Pour que toute fonction numérique f (finie ou non) semi-continue inférieurement dans un espace topologique X, soit l’enveloppe supérieure des fonctions numériques (finies ou non) c… 0EBF
  • Remarque Dans la démonstration précédente, on voit que la fonction g ne prend pas la valeur +1. Par transport de structure, on en déduit que toute fonction numérique f, semi-continue inféri… 0EBG

§ 2. Espaces métriques ; espaces métrisables

  • Définition 1 On appelle distance sur un ensemble X un écart fini d sur X tel que la relation d(x, y) = 0 entraîne x = y. On appelle espace métrique un ensemble X muni de la structure définie pa… ↩ 1 0C2C
  • Exemple 1 La distance euclidienne d(x, y) (VI, p. 7) est une distance sur l’espace numérique Rⁿ; il en est de même des fonctions sup_1 ≤ i ≤ n |xᵢ - yᵢ|, et ∑ᵢ₌₁ⁿ |xᵢ - yᵢ| Toutes ces distan… 0C2D
  • Exemple 2 Sur un ensemble quelconque X, l’écart d défini par les relations d(x, x) = 0, d(x, y) = 1 pour x ≠ y, est une distance ; la structure uniforme qu’elle définit sur X est la structur… 0C2E
  • Proposition 1 Soient X un espace métrique, d la distance sur X. Si hatX est le complété de X (pour la structure uniforme définie par d), la fonction d se prolonge par continuité à hatX × hatX; l… ↩ 3 0C2F
  • Remarque Si d(x, A) = a, il se peut qu’il n’existe aucun point de A dont la distance à x soit égale à a. Toutefois, cette circonstance ne peut se présenter si A est compact, car alors, en v… 0C2G
  • Proposition 2 Les propriétés d(x, A) = 0 et x ∈ overlineA sont équivalentes. ↩ 2 0C2H
  • Proposition 3 La fonction x ↦ d(x, A) est uniformément continue dans X. ↩ 3 0C2I
  • Remarque On peut avoir d(A, B) = 0 pour deux parties A, B de X telles que overlineA ∪ overlineB = ∅, lorsqu’aucune de ces deux parties n’est réduite à un point. Par exemple, sur la droite n… 0C2J
  • Proposition 4 L’oscillation ω(x; f) d’une fonction quelconque f définie dans une partie X d’un espace topologique Z, et prenant ses valeurs dans un espace métrique Y', est une fonction semi-cont… 0C2K
  • Proposition 5 Soit f une fonction définie dans une partie X d’un espace topologique Z, prenant ses valeurs dans un espace métrique complet Y'; pour qu’en un point x ∈ overlineX, f ait une limite… 0C2L
  • Définition 2 On dit qu’une distance sur un ensemble X est compatible avec une structure uniforme U sur X si la structure uniforme définie par cette distance est identique à U. 0C2M
  • Théorème 1 Pour qu’une structure uniforme soit métrisable, il faut et il suffit qu’elle soit séparée et que le filtre des entourages de cette structure ait une base dénombrable. ↩ 8 0C2N
  • Corollaire 1 Une structure uniforme séparée définie par une famille dénombrable d’écart est métrisable. 0C2O
  • Corollaire 2 Tout produit dénombrable d’espaces uniformes métrisables est métrisable. ↩ 5 0C2P
  • Définition 3 On dit qu’une distance sur un ensemble X est compatible avec une topologie T sur X si la topologie définie par cette distance est identique à T. On dit qu’un espace topologique X e… 0C2Q
  • Proposition 6 Tout point d’un espace métrisable possède un système fondamental dénombrable de voisinages. ↩ 1 0C2R
  • Proposition 7 Dans un espace métrisable, tout ensemble fermé est intersection d’une famille dénombrable d’ensembles ouverts; tout ensemble ouvert est réunion d’une famille dénombrable d’ensemble… ↩ 2 0C2S
  • Remarque 1 Les conditions nécessaires qui précèdent ne sont pas suffisantes (cf. IX, p. 92, exerc. 12). 0C2T
  • Remarque 2 On peut donner des exemples d’espaces où tout point a un système fondamental dénombrable de voisinages, mais où il existe des ensembles fermés qui ne sont pas des intersections dén… 0C2U
  • Proposition 8 Dans un espace métrisable E, pour qu’un point x soit adhérent à une partie non vide A de E, il faut et il suffit qu’il existe une suite de points de A qui converge vers x. ↩ 1 0C2V
  • Proposition 9 Pour qu’un espace métrique X soit complet, il faut et il suffit que toute suite de Cauchy dans X soit convergente. ↩ 3 0C2W
  • Proposition 10 Soient X un espace métrisable, f une application de X dans un espace topologique Y. Pour que f soit continue en un point a ∈ X, il faut et il suffit que pour toute suite (xₙ) de po… ↩ 1 0C2X
  • Proposition 11 Soient X un espace métrisable, f une fonction geqslant 0, semi-continue inférieurement dans X. Alors f est l’enveloppe supérieure d’une suite croissante de fonctions continues et f… ↩ 1 0C2Y
  • Définition 4 On dit qu’un espace métrisable est de type dénombrable si sa topologie admet une base dénombrable. 0C2Z
  • Proposition 12 Pour un espace topologique métrisable X, les propositions suivantes sont équivalentes : a) X est de type dénombrable ; ↩ 3 0C30
  • Corollaire (i) Tout sous-espace d’un espace métrisable de type dénombrable est métrisable de type dénombrable. (ii) Toute somme (resp. tout produit) d’une famille dénombrable d’espaces métris… 0EBK
  • Proposition 13 Soit X un espace topologique admettant une base dénombrable (Uₙ); pour tout recouvrement ouvert (Vᵢ)_i ∈ I de X il existe une partie dénombrable J de I telle que (Vᵢ)_i ∈ J soit un… 0C31
  • Proposition 14 Pour qu’un espace métrique X soit précompact, il faut et il suffit que, pour tout ε > 0, il existe un recouvrement fini de X dont tous les ensembles aient un diamètre ≤ ε. ↩ 2 0C32
  • Proposition 15 Pour qu’un espace topologique métrisable X soit compact, il faut et il suffit que toute suite infinie de points de X ait une valeur d’adhérence dans X. ↩ 2 0C33
  • Corollaire Pour qu’une partie A d’un espace topologique métrisable X soit relativement compacte, il faut et il suffit que toute suite infinie de points de A ait une valeur d’adhérence dans X. 0C34
  • Proposition 16 Pour qu’un espace compact X soit métrisable, il faut et il suffit que sa topologie admette une base dénombrable. ↩ 4 0C35
  • Corollaire Soient X un espace localement compact, X' l’espace compact obtenu par adjonction à X d’un point à l’infini ω (I, p. 68). Les propositions suivantes sont équivalentes: ↩ 1 0C36
  • Proposition 17 Tout espace quotient séparé d’un espace compact métrisable est un espace compact métrisable. 0C37
  • Proposition 18 Soient X un espace métrique complet, R une relation d’équivalence ouverte dans X, telle que X/R soit séparé, φ l’application canonique de X sur X/R. Pour toute partie compacte K de… 0C38

§ 3. Groupes métrisables ; corps valués ; espaces et algèbres normés

  • Proposition 1 Pour que les structures uniformes droite et gauche d’un groupe topologique G soient métrisables, il faut et il suffit que G soit séparé et que l’élément neutre e de G possède un sy… ↩ 1 0C3Y
  • Définition 1 Sur un groupe G, noté multiplicativement, on dit qu’une distance d est invariante à gauche (resp. invariante à droite) si, quels que soient x, y, z dans G, on a d(zx, zy) = d(x, y)… 0C3Z
  • Proposition 2 La structure uniforme gauche (resp. droite) d’un groupe métrisable G peut être définie par une distance invariante à gauche (resp. à droite). 0C40
  • Proposition 3 Soient G un groupe commutatif noté additivement, x ↦ |x| une application de G dans R₊ satisfaisant aux conditions a), b), c) précédentes. La fonction d(x, y) = |x - y| est une dist… ↩ 2 0C41
  • Proposition 4 Si G est un groupe métrisable, tout groupe quotient séparé G/H de G est métrisable; si en outre G est complet, G/H est complet.¹ ↩ 4 0C42
  • Corollaire Soient G un groupe métrisable complet, G₀ un sous-groupe partout dense dans G, H₀ un sous-groupe distingué fermé de G₀; si H est l’adhérence de H₀ dans G, le groupe quotient G₀/H₀… 0EBQ
  • Proposition 5 Soit X xrightarrowf Y xrightarrowg Z une suite exacte de morphismes stricts (III, p. 16) de groupes topologiques (A, II, p. 10, Remarque 5). Supposons que X, Y, Z admettent des gro… ↩ 6 0C4F
  • Lemme 1 Soient X un groupe topologique admettant un groupe séparé complété métrisable, N un sous-groupe distingué de X, Y = X/N, f : X → Y le morphisme canonique. Alors hatf : hatX → hatY… 0EBR
  • Corollaire Soient X, Y deux groupes commutatifs métrisables, u un morphisme strict de X dans Y, N son noyau, P son image. Alors hatu est un morphisme strict de hatX dans hatY, de noyau hatN =… 0EBS
  • Remarque Soit d une distance invariante à gauche définissant la topologie d’un groupe métrisable G; soit H un sous-groupe distingué fermé de G. Pour deux points quelconques dotx, doty de G/… 0C46
  • Définition 2 On appelle valeur absolue sur un corps K une application x ↦ |x| de K dans R₊, satisfaisant aux conditions suivantes : ↩ 1 0C48
  • Définition 3 On appelle corps valué un corps K muni de la structure définie par la donnée d’une valeur absolue sur K. ↩ 1 0C49
  • Exemple 1 Soit K un corps quelconque; pour tout x ∈ K, posons |x| = 1 si x ≠ 0, et |0| = 0; l’application x ↦ |x| ainsi définie est une valeur absolue sur K, dite valeur absolue impropre. Po… 0C4A
  • Exemple 2 La valeur absolue d’un nombre réel (IV, p. 5) vérifie les axiomes (VM₁), (VM₂), (VM₃) et définit sur le corps R la topologie de la droite numérique. Sur le corps C des nombres comp… 0C4B
  • Exemple 3 Sur un corps K, une valuation réelle est une fonction v, définie dans K^*, à valeurs dans R, satisfaisant aux conditions suivantes: a) pour x ∈ K^*,\ y ∈ K^*, v(xy) = v(x) + v(y)… 0C4C
  • Remarque Si, dans un corps valué, x est racine de l’unité, on a |x| = 1, car si xⁿ = 1 pour un entier n > 0, on en tire |x|ⁿ = 1 d’où |x| = 1. En particulier, la seule valeur absolue sur un… 0C4D
  • Définition 4 On dit que deux valeurs absolues sur un corps K sont équivalentes si elles définissent la même topologie sur K. 0C4E
  • Remarque La démonstration de la prop. 6 (IX, p. 29) prouve que, si la topologie définie sur K par |x|₂ est moins fine que celle définie par |x|₁, et si |x|₁ n’est pas impropre, |x|₁ et |x|₂… ↩ 1 0C4G
  • Proposition 7 L’anneau complété hatK d’un corps K valué par une valeur absolue |x| est un corps, et la fonction |x| se prolonge par continuité en une valeur absolue sur hatK, qui définit la topo… ↩ 3 0C4J
  • Définition 5 Étant donné un espace vectoriel E (à gauche par exemple) sur un corps valué non discret K, on appelle norme sur E une application x ↦ p(x) de E dans R₊, satisfaisant aux axiomes su… 0C4I
  • Définition 6 On appelle espace normé sur un corps valué non discret K un espace vectoriel E sur le corps K, muni de la structure définie par la donnée d’une norme sur E. 0EBT
  • Exemple 1 Sur un corps valué non discret K, considéré comme espace vectoriel (à gauche ou à droite) par rapport à lui-même, la valeur absolue |x| est une norme. 0C4K
  • Exemple 2 L’expression | x | = sqrt∑ᵢ₌₁ⁿ xᵢ², que nous avons appelée norme euclidienne sur l’espace Rⁿ (VI, p. 7) est évidemment une norme au sens de la déf. 5 (IX, p. 31). 0EBU
  • Exemple 3 Soit B(E) l’ensemble des fonctions f définies dans un ensemble E, prenant leurs valeurs dans un corps valué non discret K, et telles que la fonction numérique x ↦ |f(x)| soit borné… 0EBV
  • Exemple 4 Sur l’espace vectoriel C(I) des fonctions continues numériques (finies) définies dans l’intervalle I = [0, 1], la fonction p(x) = ∫₀¹ |x(t)|\ dt est une norme. 0EBW
  • Exemple 5 Lorsque K est un corps valué non discret ultramétrique (IX, p. 29), on appelle ultranorme sur un espace vectoriel E sur K, une norme sur E vérifiant l’inégalité (qui entraîne (NOII… 0EBX
  • Définition 7 On dit que deux normes sur un espace vectoriel E (sur un corps valué non discret K) sont équivalentes si elles définissent la même topologie sur E. 0EBY
  • Proposition 8 Pour que deux normes p, q sur un espace vectoriel E soient équivalentes, il faut et il suffit qu’il existe deux nombres a > 0, b > 0 tels que, pour tout x ∈ E, on ait ↩ 1 0C4L
  • Exemple Dans l’espace Rⁿ, les trois normes sqrt∑ᵢ₌₁ⁿ xᵢ², sup_1 ≤ i ≤ n |xᵢ| et ∑ᵢ₌₁ⁿ |xᵢ| sont équivalentes, car on a 0EBZ
  • Proposition 9 Soient E un espace normé sur un corps valué non discret K, p la norme sur E, hatE le groupe topologique additif complété du groupe additif E. La fonction (t, x) ↦ t x se prolonge p… ↩ 1 0C4M
  • Proposition 10 Soient E une espace normé sur un corps valué non discret K, H un sous-espace vectoriel fermé de E. Si, pour toute classe dotx ∈ E/H, on pose | dotx | = inf_x ∈ dotx |x|, la fonctio… ↩ 2 0C4N
  • Proposition 11 Soit (Eᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille finie d’espaces normés sur un corps valué non discret K; si, dans l’espace vectoriel produit E = ∏ᵢ₌₁ⁿ Eᵢ, on pose, pour tout x = (xᵢ), |x| = sup_1… ↩ 3 0C4R
  • Théorème 1 Soient Eᵢ (1 ≤ i ≤ n) et F des espaces normés sur un corps valué non discret K, et f une application multilinéaire de ∏ᵢ₌₁ⁿ Eᵢ dans F. Pour que f soit continue dans ∏ᵢ₌₁ⁿ Eᵢ, il fa… ↩ 5 0C4O
  • Remarque Ce théorème entraîne deux propositions démontrées plus haut: d’une part, la continuité de la fonction bilinéaire t x (IX, p. 31), en vertu de la relation | t x | = |t| · | x |; d’a… 0C4P
  • Corollaire 1 Pour que f soit continue dans ∏ᵢ₌₁ⁿ Eᵢ, il faut et il suffit que f soit bornée dans toute partie bornée de ∏ᵢ₌₁ⁿ Eᵢ. 0EC0
  • Corollaire 2 Soient E, F deux espaces normés sur un corps valué non discret K. Pour qu’une application linéaire surjective u de E dans F soit un homéomorphisme, il faut et il suffit qu’il exist… 0EC1
  • Définition 8 Dans un espace normé E, on dit qu’une famille (xᵢ) de points de E est absolument sommable, si la famille (|xᵢ|) des normes des xᵢ est sommable dans R. 0C4Q
  • Proposition 12 Dans un espace normé complet E, toute famille absolument sommable est sommable. 0C4X
  • Corollaire 1 Dans un espace normé complet E, toute série absolument convergente est commutativement convergente. 0EC2
  • Corollaire 2 Si dans un espace normé E toute série absolument convergente est convergente, alors E est complet. 0EC3
  • Définition 9 Étant donnée une algèbre A sur un corps valué commutatif non discret K, on dit qu’une norme |x| sur A (A étant considéré comme K-espace vectoriel) est compatible avec la structure… ↩ 2 0C4T
  • Exemple 1 Soient K un corps valué, K' un sous-corps du centre de K tel que la trace sur K' de la valeur absolue |x| de K ne soit pas la valeur absolue impropre sur K'; K, muni de la norme |x… 0C4U
  • Exemple 2 Soient K un corps commutatif valué non discret, Mₙ(K) l’anneau des matrices carrées d’ordre n sur K; on sait que, en tant qu’espace vectoriel sur K, Mₙ(K) est isomorphe à K^n²; si… 0C4V
  • Exemple 3 L’ensemble B(E) des fonctions f définies dans un ensemble E, prenant leurs valeurs dans un corps valué commutatif non discret K, et telles que x ↦ |f(x)| soit bornée dans E, est un… 0C4W
  • Proposition 13 Si, dans A, la série de terme général zⁿ est convergente, e - z est inversible, et on a ↩ 7 0C4Z
  • Corollaire Soit A une algèbre normée complète; pour tout z ∈ A tel que |z| < 1, e - z est inversible dans A. ↩ 2 0C4Y
  • Proposition 14 Soit G le groupe des éléments inversibles d’une algèbre normée complète A. Alors G est un ensemble ouvert dans A; la topologie induite sur G par celle de A est compatible avec la s… 0C50
  • Proposition 15 Dans un corps valué complet, le groupe multiplicatif des éléments ≠ 0 est un groupe complet. 0EC4
  • Remarque La prop. 14 est inexacte dans une algèbre normée non complète. Par exemple, dans l’algèbre C(I) des fonctions numériques finies et continues dans I = [0, 1] (la norme étant | x | =… 0C51

§ 4. Espaces normaux

  • Définition 1 On dit qu’un espace topologique X est normal s’il est séparé et s’il vérifie l’axiome suivant: 0C5F
  • Théorème 1 (Urysohn) — L’axiome (Oᵥ) est équivalent au suivant: (O'ᵥ) Quels que soient les ensembles fermés sans point commun A et B dans X, il existe deux ensembles ouverts sans point commun U et V te… ↩ 2 0C5G
  • Proposition 1 Un espace compact est normal. En effet, un tel espace vérifie l’axiome (O'_V), d’après la prop. 3 de I, p. 61. 0C5H
  • Proposition 2 Un espace métrisable est normal. Soient X un espace métrisable, d une distance compatible avec la topologie de X, A et B deux ensembles fermés sans point commun dans X; comme les f… ↩ 4 0C5I
  • Remarque 1 La prop. 2 donne une nouvelle condition nécessaire pour qu’un espace topologique soit métrisable; mais cette condition, même jointe à toutes les conditions nécessaires données au §… 0C5J
  • Remarque 2 On peut donner des exemples d’espaces normaux qui ne sont ni métrisables ni localement compacts (voir IX, p. 113, exerc. 15). 0C5K
  • Théorème 2 (Urysohn) L’axiome (OV) est équivalent à la propriété suivante: (O''V) Quels que soient l’ensemble A fermé dans X, et la fonction numérique (finie ou non) f, définie et continue dans A, il e… ↩ 4 0C5L
  • Lemme 1 Soit u une application continue de A dans (−1, +1); il existe une application continue v de X dans (−\frac{1}{3}, +\frac{1}{3}), telle que u(x) − v(x) ≤ \frac{2}{3} pour tout x ∈ A… 0C5M
  • Corollaire Si f est une fonction numérique finie, définie et continue dans A, il existe une fonction numérique finie g, définie et continue dans X, qui prolonge f. 0C5N
  • Remarque Si X est un espace normal, A une partie fermée de X, il existe aussi un prolongement, continu dans X, de toute application continue f de A dans un cube 0C5O
  • Définition 2 Soient X un espace topologique, f une fonction numérique définie dans X. On appelle support de f et on note Supp(f) le plus petit ensemble fermé S dans X, tel que f(x) = 0 dans C S… 0C5R
  • Définition 3 Etant donnée une famille (Aᵢ)_i ∈ I de parties d’un espace topologique X, on dit qu’une famille (fᵢ)_i ∈ I de fonctions numériques définies dans X est subordonnée (resp. faiblement… 0C5S
  • Définition 4 On appelle partition continue de l’unité sur un espace topologique X toute famille (fᵢ)_i ∈ I de fonctions numériques geqslant 0, continues dans X, telle que, pour tout x ∈ X, la f… 0EC5
  • Proposition 3 Soient X un espace topologique, (Uᵢ)_i ∈ I un recouvrement ouvert de X, (fᵢ)_i ∈ I une partition continue de l’unité sur X faiblement subordonnée à (Uᵢ)_i ∈ I. Alors il existe sur… 0C5T
  • Lemme 2 Pour tout x ∈ X et tout nombre a > 0, il existe un voisinage V de x et une partie finie J de I tels que, pour tout y ∈ V et tout i ∈ I - J, on ait fᵢ(y) < a. 0C5W
  • Lemme 3 La fonction sup_i ∈ I fᵢ est continue dans X. ↩ 2 0C60
  • Théorème 3 Soit X un espace normal. Pour tout recouvrement ouvert localement fini (Aᵢ)_i ∈ I de X, il existe sur X une partition continue de l’unité (fᵢ)_i ∈ I subordonnée au recouvrement (Aᵢ… ↩ 5 0C5P
  • Corollaire 1 Sous les hypothèses du th. 3, il existe un recouvrement ouvert (Bᵢ)_i ∈ I de X tel que Bᵢ ⊂ Aᵢ pour tout i ∈ I. 0EC6
  • Corollaire 2 Quel que soit le recouvrement ouvert localement fini (Aᵢ)_i ∈ I d’un ensemble fermé F dans un espace normal X, il existe une famille (fᵢ)_i ∈ I de fonctions numériques ≥ 0, définie… 0EC7
  • Proposition 4 Tout espace paracompact est normal. ↩ 1 0C5V
  • Lemme 4 Soient A, B deux parties fermées sans point commun d’un espace paracompact X. Si, pour tout x ∈ A, il existe un voisinage ouvert Vx de x et un voisinage Wx de B sans point commun… 0C61
  • Corollaire 1 Pour tout recouvrement ouvert (Ai){i∈I} d’un espace paracompact X, il existe une partition continue de l’unité (fi){i∈I} sur X, subordonnée au recouvrement (Ai). 0EC8
  • Corollaire 2 Si F est une partie fermée d’un espace paracompact X, tout voisinage de F dans X contient un voisinage fermé (donc paracompact) de F. Cela résulte de I, p. 69, prop. 16, de IX, p… 0EC9
  • Proposition 5 Soient X un espace localement compact, R une relation d’équivalence ouverte dans X, telle que l’espace quotient X/R soit paracompact (cf. III, p. 35, prop. 13); soit π l’applicatio… 0ECA
  • Théorème 4 Tout espace métrisable est paracompact. ↩ 2 0C5Z
  • Proposition 6 Soient X un espace métrisable, (Uᵢ)_i ∈ I un recouvrement ouvert de X. Il existe une partition continue de l’unité faiblement subordonnée à (Uᵢ)_i ∈ I. 0ECB

§ 5. Espaces de Baire

  • Définition 1 On dit qu’une partie A d’un espace topologique X est rare si son adhérence n’a pas de point intérieur. 0C6Y
  • Exemple 1 La partie vide de X est un ensemble rare. Dans un espace séparé, pour qu’un ensemble réduit à un point soit rare, il faut et il suffit que ce point ne soit pas isolé dans X. Un ens… 0C6Z
  • Exemple 2 La frontière d’un ensemble fermé, ou d’un ensemble ouvert, est toujours un ensemble rare. 0C70
  • Exemple 3 Dans l’espace numérique Rⁿ, toute variété linéaire affine de dimension p < n est un ensemble rare (VI, p. 4, prop. 2). 0C71
  • Remarque La frontière d’un ensemble quelconque n’est pas nécessairement un ensemble rare; par exemple, si A et complement A sont tous deux partout denses, la frontière de A est identique à… 0C72
  • Proposition 1 La réunion d’une famille localement finie d’ensembles rares est un ensemble rare. 0C73
  • Proposition 2 Soient Y un sous-espace de X, et A une partie de Y; si A est rare relativement à Y, A est rare relativement à X. Inversement, si Y est ouvert dans X, et si A est rare relativement… ↩ 1 0C74
  • Définition 2 On dit qu’une partie A d’un espace topologique X est maigre si elle est réunion d’une famille dénombrable d’ensembles rares. ↩ 1 0C75
  • Définition 3 On dit qu’un espace topologique X est un espace de Baire si l’une des deux conditions suivantes (qui sont équivalentes) est remplie : (EB) Toute intersection dénombrable d’ensemble… 0C76
  • Proposition 3 Tout sous-espace ouvert Y d’un espace de Baire X est un espace de Baire. ↩ 1 0C77
  • Proposition 4 Si tout point d’un espace topologique X possède un voisinage qui est un espace de Baire, X est un espace de Baire. ↩ 1 0C78
  • Proposition 5 Dans un espace de Baire X, le complémentaire d’un ensemble maigre est un espace de Baire. 0C79
  • Théorème 1 (Baire) 1° Tout espace localement compact X est un espace de Baire. 2° Tout espace topologique X sur lequel existe une distance, compatible avec la topologie de X, et définissant sur X une… ↩ 4 0C7A
  • Remarque Il y a des espaces de Baire qui ne rentrent dans aucune des deux catégories précédentes, en particulier des espaces de Baire qui ne sont ni métrisables, ni localement compacts (IX… 0C7B
  • Proposition 6 Soient G un groupe localement compact dénombrable à l’infini, M un espace de Baire séparé. Supposons que G opère à gauche continûment et transitivement dans M. Pour tout x \in M, s… 0ECI
  • Corollaire Soient G un groupe localement compact dénombrable à l’infini, G’ un groupe topologique séparé dont l’espace sous-jacent est un espace de Baire, f : G \to G’ un homomorphisme contin… 0ECJ
  • Théorème 2 Soit X un espace de Baire, et soit (f\alpha) une famille de fonctions numériques semi-continues inférieurement dans X, telles qu’en tout point x \in X, l’enveloppe supérieure \sup\… ↩ 1 0C7C
  • Remarque La conclusion du théorème peut être inexacte lorsqu’on ne suppose pas que X soit un espace de Baire. Par exemple, si pour tout nombre rationnel irréductible p/q, on pose f(p/q) = q… 0C7D

§ 6. Espaces polonais ; espaces sousliniens ; ensembles boréliens

  • Définition 1 On dit qu’un espace topologique X est polonais s’il est métrisable de type dénombrable (IX, p. 18), et s’il existe une distance compatible avec la topologie de X, pour laquelle X s… 0C88
  • Proposition 1 a) Tout sous-espace fermé d’un espace polonais est polonais. b) Le produit d’une famille dénombrable d’espaces polonais est polonais. c) La somme d’une famille dénombrable d’espace… ↩ 6 0C89
  • Proposition 2 Tout sous-espace ouvert d’un espace polonais est polonais. 0C8A
  • Corollaire Tout espace X localement compact, métrisable et dénombrable à l’infini, est polonais. 0C8B
  • Proposition 3 Soit X un espace topologique séparé; l’intersection d’une suite (Aₙ) de sous-espaces polonais de X est un sous-espace polonais. ↩ 2 0C8C
  • Lemme 1 Soit (Aₙ) une suite de parties de l’espace topologique séparé X; la restriction au sous-espace ⋂ₙ Aₙ de X de l’application diagonale f : X → Xᴺ est un homéomorphisme de ⋂ₙ Aₙ sur u… ↩ 2 0C8D
  • Corollaire L’espace des nombres irrationnels, muni de la topologie induite par celle de la droite numérique R, est polonais. ↩ 1 0C8E
  • Théorème 1 Pour qu’un sous-espace Y d’un espace polonais X soit polonais, il faut et il suffit que Y soit intersection d’une famille dénombrable d’ensembles ouverts dans X. ↩ 4 0C8F
  • Corollaire 1 Pour qu’un espace X soit polonais, il faut et il suffit que X soit homéomorphe à une intersection dénombrable d’ensembles ouverts du cube Iᴺ (où I désigne l’intervalle [0, 1] de R)… ↩ 2 0C8G
  • Corollaire 2 Soient X et Y deux espaces polonais, f une application continue de X dans Y. Pour tout sous-espace polonais Z de Y, f⁻¹(Z) est un sous-espace polonais de X 0C8H
  • Définition 2 On dit qu’un espace topologique X est un espace de Souslin, ou espace souslinien, s’il est séparé et s’il existe un espace polonais P et une application continue de P sur X. On dit… ↩ 2 0C8I
  • Remarque Il est clair que tout espace polonais est souslinien, et que l’image d’un espace souslinien X par une application continue de X dans un espace séparé Y est un espace souslinien. 0ECL
  • Proposition 4 Dans tout espace souslinien X, il existe un ensemble dénombrable dense. 0C8J
  • Proposition 5 Tout sous-espace fermé (resp. ouvert) d’un espace souslinien X est souslinien. ↩ 1 0C8K
  • Proposition 6 Soient X un espace souslinien, Y un espace séparé, f une application continue de X dans Y. L’image réciproque par f d’un sous-espace souslinien A de Y est un sous-espace souslinien… 0C8L
  • Proposition 7 Le produit et la somme d’une famille dénombrable d’espaces sousliniens sont des espaces sousliniens. 0C8M
  • Proposition 8 Soient X un espace séparé, (Aₙ) une suite de sous-espaces sousliniens de X. Alors la réunion et l’intersection des Aₙ sont des sous-espaces sousliniens. ↩ 2 0C8N
  • Définition 3 Soient A un ensemble, Σ un ensemble de parties de A. On dit que Σ est une tribu sur A si les conditions suivantes sont satisfaites: a) le complémentaire de tout ensemble de Σ appar… 0C8P
  • Définition 4 On appelle tribu borélienne sur un espace topologique X la tribu engendrée par l’ensemble des parties ouvertes de X; les ensembles de cette tribu sont appelés ensembles boréliens d… 0C8Q
  • Définition 5 Etant donnés deux espaces topologiques X, Y, on dit qu’une application f : X → Y est borélienne si, pour tout ensemble borélien B de Y, f⁻¹(B) est un ensemble borélien dans X. ↩ 1 0C8W
  • Proposition 9 Soient X, Y deux espaces topologiques, F une partie de 𝔓(Y) engendrant la tribu borélienne de Y. Pour qu’une application f : X → Y soit borélienne, il faut et il suffit que f⁻¹(F)… ↩ 1 0C8O
  • Corollaire 1 Toute application continue est borélienne. 0ECM
  • Corollaire 2 Soient (Xₙ) une suite d’espaces topologiques, X = ∏ₙ Xₙ leur produit. Si, pour chaque n, Aₙ est une partie borélienne de Xₙ, alors ∏ₙ Aₙ est une partie borélienne de X. 0ECN
  • Remarque Soint Y un espace topologique, X un sous-espace de Y; alors la tribu borélienne de X est l’ensemble des parties de la forme B ∩ X, où B parcourt la tribu borélienne de Y. En effet… 0C8U
  • Proposition 10 Dans un espace souslinien X, tout ensemble borélien est souslinien. 0C8R
  • Corollaire Soit f une application continue d’un espace souslinien X dans un espace séparé Y. Pour tout sous-ensemble borélien B de X, f(B) est souslinien. 0C8T
  • Remarque --- 2) Même lorsque X et Y sont polonais, il n’est pas vrai, en général, que l’image d’un ensemble borélien de X par une application continue de X dans Y soit un ensemble borélien… 0C8V
  • Définition 6 On dit qu’un espace topologique est éparpillé s’il est séparé et si tout point possède un système fondamental de voisinages à la fois ouverts et fermés. ↩ 2 0C8X
  • Définition 7 On dit qu’un espace topologique X est un espace de Lusin, ou un espace lusinien, s’il est séparé et s’il existe un espace polonais éparpillé P et une application continue bijective… 0C90
  • Proposition 11 Pour qu’un espace soit lusinien, il faut et il suffit qu’il existe un espace polonais P et une bijection continue de P sur X. 0C8S
  • Lemme 2 Si un espace séparé X est tel qu’il existe une partition dénombrable (An) de X formée de sous-espaces lusiniens, alors X est lusinien. ↩ 1 0C8Z
  • Corollaire Toute limite projective dénombrable (I, p. 28) d’espaces lusiniens est un espace lusinien. 0ECO
  • Définition 8 On appelle crible une suite C = (Cₙ, pₙ)_n ≥ 0 telle que, pour tout n, Cₙ soit un ensemble dénombrable et pₙ une surjection de Cₙ₊₁ sur Cₙ. ↩ 1 0C9D
  • Lemme 3 Tout espace métrique de type dénombrable X possède un criblage. Si de plus X est éparpillé, X possède un criblage strict. ↩ 2 0C91
  • Proposition 12 Pour tout espace lusinien (resp. souslinien) X, il existe un crible C et une bijection (resp. surjection) continue de L(C) sur X. ↩ 1 0C8Y
  • Théorème 2 Soit X un espace séparé. Étant donnée une suite (Xₙ) de sous-espaces sousliniens de X, deux à deux disjoints, il existe une suite (Bₙ) d’ensembles boréliens de X, deux à deux disjo… ↩ 5 0C93
  • Lemme 4 Soient (Aₙ), (A'ₘ) deux suites de parties d’un espace topologique X. Supposons que, pour tout couple (Aₙ, A'ₘ), il existe un ensemble borélien Bₙₘ de X tel que Bₙₘ ⊃ Aₙ et Bₙₘ ∩ A'… ↩ 1 0C94
  • Lemme 5 Soient X un espace séparé, A, A' deux sous-espaces sousliniens de X sans point commun. Il existe alors un ensemble borélien B de X tel que B ⊃ A et B ∩ A' = ∅. ↩ 1 0C95
  • Corollaire 1 Si une partition dénombrable d’un espace séparé est formée d’ensembles sousliniens, ces ensembles sont boréliens. En particulier, dans un espace séparé, tout ensemble souslinien do… 0ECP
  • Corollaire 2 Soient E et F deux espaces sousliniens et f : E → F une application continue surjective. Pour qu’un sous-ensemble B de F soit borélien, il faut et il suffit que f⁻¹(B) soit borélie… 0ECQ
  • Théorème 3 Soit X un espace lusinien régulier. Pour qu’un sous-espace de X soit lusinien, il faut et il suffit qu’il soit borélien dans X. ↩ 2 0C97
  • Lemme 6 Dans un espace lusinien X, tout ensemble borélien est un sous-espace lusinien de X. 0C98
  • Lemme 7 Tout sous-espace lusinien A d’un espace régulier X est un ensemble borélien dans X. 0C99
  • Corollaire Soit (Aₙ) une suite de sous-espaces lusiniens d’un espace topologique séparé E. La réunion des Aₙ est un sous-espace lusinien de E. 0C9A
  • Proposition 13 Soit (Xₙ)_n ∈ N une suite d’espaces lusiniens réguliers, X = ∏ₙ Xₙ leur produit. Alors la tribu borélienne sur X est engendrée par les ensembles de la forme ∏ₙ Aₙ, où Aₙ est boréli… ↩ 4 0C92
  • Corollaire Soient Y un espace topologique, (Xₙ)_n ∈ N une suite d’espaces lusiniens réguliers, et pour tout n, soit fₙ : Y → Xₙ une application borélienne. Alors l’application f = (fₙ) : Y →… 0ECR
  • Proposition 14 Soient X, Y des espaces lusiniens, Y étant de plus supposé régulier. Si f est une application borélienne injective de X dans Y, alors, pour tout ensemble borélien A dans X, f(A) es… ↩ 1 0C9G
  • Théorème 4 Soient G et H deux groupes topologiques séparés et u un homomorphisme de groupes de G dans H. On suppose que G est un espace de Baire et que le graphe Γ de u est un sous-espace sou… ↩ 2 0C9B
  • Lemme 8 Toute partie borélienne d’un espace topologique E est approchable. 0ECS
  • Remarque On peut montrer que toute partie souslinienne d’un espace séparé E est approchable (exerc. 14). 0C9C
  • Lemme 9 Soit G un groupe topologique et soit B une partie borélienne non maigre de G. Si G est un espace de Baire, BB⁻¹ est un voisinage de e. 0ECT
  • Théorème 5 Soient X un espace polonais, R une relation d’équivalence dans X; supposons que les classes d’équivalence suivant R soient fermées dans X, et que le saturé pour R de tout ensemble… ↩ 1 0C9H
  • Corollaire 1 La conclusion du th. 5 est encore valable lorsque le saturé pour R de tout ensemble fermé est borélien. 0ECU
  • Corollaire 2 Soit G un groupe topologique dont l’espace sous-jacent est polonais. Pour tout sous-groupe fermé H de G, il existe un ensemble borélien dans G qui rencontre toute classe à gauche x… 0ECV
  • Remarque 1 Dans l’énoncé du th. 5, on peut remplacer la tribu borélienne par une tribu quelconque contenant les ensembles ouverts de X; la démonstration est inchangée. 0C9J
  • Remarque 2 Lorsque X est un espace compact métrisable, le cor. 1 du th. 5 s’applique à toute relation d’équivalence séparée R dans X, puisqu’on sait qu’une telle relation est fermée (I, p. 63… 0ECW
  • Définition 9 Soit X un espace topologique séparé. On appelle capacité sur X une application f de l’ensemble des parties 𝔓(X) dans la droite numérique achevée overlineR, qui satisfait aux condit… 0C9F
  • Exemple Soit μ une mesure positive sur un espace séparé X; la mesure extérieure μ^* et la mesure extérieure essentielle μ^* sont alors des capacités continues à droite sur X (voir INT, IX… 0ECX
  • Remarque Soit f une capacité continue à droite sur X, et soit (Kₙ) une suite décroissante de parties compactes de X; si K = ⋂ₙ Kₙ, tout ouvert U contenant K contient les Kₙ à partir d’un ce… 0ECY
  • Définition 10 Soit f une capacité sur X; on dit qu’une partie A de X est capacitable (pour f) si f(A) = sup_K f(K), où K parcourt l’ensemble des parties compactes de A. 0ECZ
  • Théorème 6 Soient X un espace séparé, f une capacité continue à droite sur X. Tout sous-espace souslinien Y de X est alors capacitable pour f. 0ED0
  • Proposition 15 Soient X un espace séparé, f une capacité sur X (non nécessairement continue à droite), Y un sous-espace souslinien de X. Alors Y est capacitable pour f lorsque l’une des hypothèse… ↩ 1 0C9I

App. 1. Espaces de Lindelöf

  • Définition 1 On dit qu’un espace topologique X (non nécessairement séparé) est un espace de Lindelöf si, de tout recouvrement ouvert de X, on peut extraire un recouvrement dénombrable de X. 0ED4
  • Proposition 1 Soit X un espace topologique. 0ED5
  • Corollaire Tout espace souslinien, et en particulier tout espace polonais ou lusinien, est un espace de Lindelöf. 0ED6
  • Proposition 2 Tout espace de Lindelöf régulier est paracompact. 0ED7
  • Corollaire Tout espace souslinien régulier est paracompact (et en particulier normal (IX, p. 49, prop. 4) et a fortiori complètement régulier). 0ED8
  • Proposition 3 Soit X un espace topologique (non nécessairement séparé). Les propriétés suivantes sont équivalentes: a) Tout sous-espace ouvert de X est un espace de Lindelöf. b) Tout ensemble de… 0ED9
  • Corollaire 1 Soient X un espace souslinien régulier, H un ensemble de fonctions numériques continues dans X, qui sépare les points de X (IX, p. 9, déf. 5). Il existe alors une partie dénombrabl… 0EDA
  • Corollaire 2 Tout espace compact souslinien est métrisable. 0EDB

App. 2. Produits infinis dans les algèbres normées

  • Définition 1 On dit que la suite (xₙ)_n ≥ N est multipliable dans l’algèbre normée A si l’application J ↦ p_J a une limite suivant le filtre des sections de l’ensemble F(N) des parties finies d… 0EDC
  • Remarque 1 Lorsque A est une algèbre commutative, la déf. 1 est identique à celle qui a été donnée dans III, p. 37 (Remarque 3); mais lorsque A n’est pas commutative, la structure d’ordre de… 0EDD
  • Remarque 2 La déf. 1 se généralise immédiatement au cas d’une famille (xₙ)_n ∈ I dont l’ensemble d’indices I est une partie de Z (totalement ordonnée par l’ordre induit par celui de Z) ; nous… 0EDE
  • Théorème 1 Soit (xₙ)_n ∈ N une suite de points d’une algèbre normée complète A. 0EDF
  • Remarque Lorsque (xₙ) est multipliable et a un produit non inversible, la condition du th. 1 n’est plus nécessairement vérifiée; par exemple, si tous les xₙ sont égaux à un même élément x t… 0EDG
  • Corollaire 1 Si (xₙ) est une suite multipliable dont le produit est inversible dans A, lim_n → ∞ xₙ = e. 0EDH
  • Corollaire 2 Si (xₙ) est une suite multipliable dont le produit est inversible dans A, toute suite (x_nₖ)_k ∈ N extraite de (xₙ) ((nₖ) étant une suite strictement croissante d’entiers) est mult… 0EDI
  • Théorème 2 Soit A une algèbre normée complète; si (uₙ) est une série absolument convergente de points de A, la suite (e + uₙ) est multipliable dans A; en outre, si tous les éléments e + uₙ so… 0EDJ
  • Corollaire Si la série de terme générale uₙ est absolument convergente, et si aucun des éléments e + uₙ n’est diviseur de 0 dans A, le produit ∏_n ∈ N (e + uₙ) n’est pas diviseur de 0 dans A. 0EDK
  • Proposition 1 Soit A une algèbre normée de rang fini sur R. Si (e + uₙ) est une suite multipliable dans A, dont le produit est inversible, la série de terme générale uₙ est absolument convergent… 0EDL
  • Lemme 1 Pour toute partie finie I de N, soit φ(I) = sup_J ⊂ I |p_J - e|. Pour toute partie J de I, on a |p_J - e - s_J| ≤ φ(I) σ_J. Le lemme est évident si J est vide; démontrons-le par ré… 0EDM
  • Lemme 2 Si I est une partie finie de N telle que φ(I) < 1/c, on a σ_I ≤ (c φ(I))/(1 - c φ(I)). 0EDN
  • Proposition 2 Soit (xₙ) une suite de points d’une algèbre normée complète A. 0EDO
  • Corollaire 1 Si le produit infini de facteur général xₙ est convergent, et si ∏ₙ₌₀^∞ xₙ est inversible, lim_n → ∞ xₙ = e. 0EDP
  • Corollaire 2 Si le produit infini de facteur général xₙ est convergent, et si ∏ₙ₌₀^∞ xₙ est inversible, le produit infini de facteur général yₙ = xₙ₊ₕ (n ≥ 0) est convergent. 0EDQ
  • Proposition 3 Soit (kₙ) une suite strictement croissante d’entiers geqslant 0 (k₀ = 0) : si le produit infini de facteur général xₙ converge, et si on pose uₙ = ∏_p=kₙ^kₙ₊₁-1 xₙ, le produit infi… 0EDR

X. Espaces fonctionnels

§ 1. La structure uniforme de la S-convergence

  • Définition 1 On dit que la structure uniforme sur l’ensemble F(X; Y) ayant pour système fondamental d’entourages l’ensemble des W(V), où V parcourt l’ensemble des entourages de Y, est la struct… 0CAR
  • Définition 2 Soient X un ensemble, Y un espace uniforme, 𝔖 un ensemble de parties de X. On appelle structure uniforme de la convergence uniforme dans les ensembles de 𝔖, ou simplement structure… 0CAS
  • Remarque 1 La définition générale des entourages d’une structure uniforme initiale (II, p. 8, prop. 4) montre qu’on obtient un système fondamental d’entourages de F_𝔖(X; Y) de la façon suivan… ↩ 1 0CAT
  • Remarque 2 Toutefois, on ne change pas la structure uniforme de la 𝔖-convergence en remplaçant 𝔖 par l’ensemble 𝔖' des parties de X dont chacune est contenue dans la réunion d’un nombre fini… ↩ 1 0CAU
  • Remarque 3 La structure uniforme de la 𝔖-convergence est l’image réciproque, par l’application u ↦ (u | A)_A ∈ 𝔖 de F(X; Y) dans ∏_A ∈ 𝔖 Fᵤ(A; Y), de la structure uniforme de cet espace produ… ↩ 1 0CAV
  • Proposition 1 Si Y est séparé et si 𝔖 est un recouvrement de X, l’espace F_𝔖(X; Y) est séparé. ↩ 3 0CAW
  • Remarque 4 Soit H une partie de F(X; Y); par abus de langage, on appelle structure uniforme (resp. topologie) de la 𝔖-convergence sur l’ensemble H, la structure uniforme (resp. la topologie)… 0CAX
  • Remarque 5 Si λ ↦ u_λ est une application, dans F_𝔖(X; Y), d’un ensemble L filtré par un filtre 𝔖, et si cette application admet une limite suivant 𝔖, on dit encore que, suivant le filtre 𝔖… ↩ 1 0CAY
  • Remarque 6 Les déf. 1 et 2 (X, p. 2) entraînent aussitôt que pour tout x ∈ ⋃_A ∈ 𝔖 A, l’application u ↦ u(x) de F_𝔖(X; Y) dans Y est uniformément continue. Il en résulte en particulier que, s… ↩ 8 0CAZ
  • Proposition 2 Soient X₁, X₂ deux ensembles, Y un espace uniforme, 𝔖ᵢ un ensemble de parties de Xᵢ (i = 1, 2), 𝔖₁ × 𝔖₂ l’ensemble des parties de la forme A₁ × A₂ de X₁ × X₂, avec Aᵢ ∈ 𝔖ᵢ, i = 1… ↩ 1 0CB0
  • Proposition 3 a) Soient X un ensemble, 𝔖 un ensemble de parties de X, Y, Y' deux espaces uniformes, f : Y → Y' une application uniformément continue. Alors l’application u ↦ f ∘ u de F_𝔖(X; Y) d… 0CB1
  • Proposition 4 Soient X, Y deux ensembles, (X_λ)_λ ∈ L une famille d’ensembles, (Y_μ)_μ ∈ M une famille d’espaces uniformes. Pour tout λ ∈ L, soit 𝔖_λ un ensemble de parties de X_λ, soit g_λ une… ↩ 1 0CB2
  • Corollaire 1 Soient X un ensemble, (Yᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces uniformes, S un ensemble de parties de X. Si on munit ∏_i ∈ I Yᵢ de la structure uniforme produit, la bijection canonique de… 0EE0
  • Corollaire 2 Soient X un ensemble, S un ensemble de parties de X et G un groupe topologique. Supposons que les structures uniformes droite et gauche (III, p. 19) de G soient identiques. Alors l… 0EE1
  • Remarque 1 L’hypothèse du corollaire est satisfaite si G est commutatif ou compact. 0EE2
  • Remarque 2 Pour tout partie A ∈ S et tout voisinage V de e dans G, notons L₀(A, V) l’ensemble des u ∈ F(X, G) tels que u(A) ⊂ V. Sous l’hypothèse du cor. 2, il résulte des définitions que, po… 0EE3
  • Proposition 5 Soient X un ensemble, Y un espace uniforme, S un ensemble de parties de X. Pour qu’un filtre Φ sur F_S(X; Y) converge vers u₀, il faut et il suffit que Φ soit un filtre de Cauchy p… ↩ 3 0CB4
  • Corollaire 1 Pour qu’un sous-espace H de F_𝔖(X; Y) soit complet, il faut et il suffit que, pour tout filtre de Cauchy Φ sur H, il existe u₀ ∈ H tel que Φ converge simplement vers u₀ dans B = ⋃_… ↩ 1 0CB5
  • Corollaire 2 Soient 𝔖₁, 𝔖₂ deux ensembles de parties de X ayant même réunion et tels que 𝔖₁ ⊂ 𝔖₂, et soit H une partie de F(X; Y); si H est complet pour la 𝔖₁-convergence, il est complet pour l… ↩ 1 0CB6
  • Corollaire 3 Soit H une partie de F(X; Y) telle que, pour tout x ∈ B = ⋃_A ∈ 𝔖 A, l’adhérence de H(x) dans Y soit un sous-espace complet. Alors l’adhérence overlineH de H dans F_𝔖(X; Y) est un… 0CB7
  • Théorème 1 Soient X un ensemble, 𝔖 un ensemble de parties de X, Y un espace uniforme complet; alors l’espace uniforme F_𝔖(X; Y) est complet. ↩ 2 0CB8
  • Proposition 6 Soient X un espace topologique, Y un espace uniforme, 𝔖 un ensemble de parties de X. Pour tout A ∈ 𝔖 et tout entourage fermé V de Y, les traces sur C(X; Y) × C(X; Y) de W(A, V) et… ↩ 2 0CB9
  • Corollaire Soit B une partie partout dense de X; sur C(X; Y), la structure de la convergence uniforme est identique à la structure de la convergence uniforme dans B. ↩ 1 0CBA
  • Proposition 7 Soient X un espace topologique, 𝔖 un ensemble de parties de X, Y un espace uniforme. Si Y est séparé et si la réunion B des ensembles de 𝔖 est dense dans X, alors C_𝔖(X; Y) est sép… 0CBB
  • Proposition 8 Soient X un ensemble, F un filtre sur X, Y un espace uniforme. L’ensemble H des applications u : X → Y telles que u(F) soit une base de filtre de Cauchy sur Y est fermé dans Fᵤ(X… ↩ 3 0CBC
  • Corollaire 1 Soient X un espace topologique, Y un espace uniforme. L’ensemble des applications de X dans Y, continues en un point x₀ ∈ X, est fermé dans Fᵤ(X; Y). ↩ 1 0CBD
  • Corollaire 2 Soient X, L deux ensembles filtrés par des filtres F, 𝔖 respectivement, et soit Y un espace uniforme complet. Pour tout λ ∈ L, soit u_λ une application de X dans Y. On suppose que… 0CBE
  • Théorème 2 Soient X un espace topologique, Y un espace uniforme. Alors l’ensemble C(X; Y) des applications continues de X dans Y est une partie fermée de F(X; Y) muni de la topologie de la co… ↩ 4 0CBF
  • Corollaire 1 Si Y est un espace uniforme complet, Cᵤ(X; Y) est complet. 0CBG
  • Corollaire 2 Soient X un espace topologique, 𝔖 un ensemble de parties de X, Y un espace uniforme ; on désigne par tildeC_𝔖(X; Y) l’ensemble des applications de X dans Y dont la restriction à to… ↩ 2 0CBH
  • Corollaire 3 Soient X un espace topologique métrisable ou localement compact, Y un espace uniforme. Alors C(X; Y) est fermé dans l’espace F_c(X; Y); si en outre Y est complet, l’espace uniforme… ↩ 1 0CBI
  • Remarque 1 En général, l’ensemble C(X; Y) n’est pas fermé dans F(X; Y) muni de la topologie de la convergence simple; en d’autres termes, une limite simple de fonctions continues n’est pas né… 0CBJ
  • Remarque 2 Un filtre sur C(X; Y) peut converger simplement vers une fonction continue sans converger uniformément vers cette fonction. ↩ 1 0CBK
  • Remarque 3 Si X est un espace uniforme, un raisonnement tout à fait analogue à celui de X, p. 8, prop. 8 montre que l’ensemble des applications uniformément continues de X dans Y est fermé da… 0CBL
  • Remarque 4 Supposons que l’espace uniforme Y soit muni d’une loi de composition associative et commutative, notée additivement, et telle que l’application (y, y') ↦ y + y' soit continue dans… 0CBM
  • Proposition 9 Soient X un espace topologique, Y un espace uniforme. Alors l’application (f, x) ↦ f(x) de Cᵤ(X; Y) × X dans Y est continue. ↩ 1 0CBN

§ 2. Ensembles équicontinus

  • Définition 1 Soient X un espace topologique, Y un espace uniforme. On dit qu’une partie H de F(X; Y) est équicontinue en un point x₀ ∈ X si, pour tout entourage V de Y, il existe un voisinage U… 0CC0
  • Définition 2 Soient X et Y deux espaces uniformes. On dit qu’une partie H de F(X; Y) est uniformément équicontinue si, pour tout entourage V de Y, il existe un entourage U de X tel que les rela… 0CC1
  • Exemple 1 Soient X un espace topologique (resp. un espace uniforme), Y un espace uniforme. Tout ensemble fini d’applications continues (resp. uniformément continues) de X dans Y est équicont… 0CC2
  • Exemple 2 Soient X, Y deux espaces métriques, d (resp. d') la distance sur X (resp. Y), k et α deux nombres 0. L’ensemble des applications f de X dans Y telles que, pour tout couple (x, x')… 0CC3
  • Exemple 3 Soient G un groupe topologique, Y un espace uniforme, f une application uniformément continue de G dans Y, quand G est muni de sa structure uniforme gauche (III, p. 19). Pour tout… 0CC4
  • Proposition 1 Soient T un ensemble, S un ensemble de parties de T, Y un espace uniforme, X un espace topologique (resp. un espace uniforme), et f une application de T × X dans Y. Pour tout A ∈ S… ↩ 5 0CC5
  • Corollaire 1 Soient X un espace topologique (resp. un espace uniforme), Y un espace uniforme, H une partie de F(X; Y). Pour tout x ∈ X, désignons par tildex l’application h ↦ h(x) de H dans Y… ↩ 1 0CC6
  • Corollaire 2 Soient X un espace compact, Y un espace uniforme. Toute partie équicontinue de F(X; Y) est uniformément équicontinue. ↩ 2 0CC7
  • Corollaire 3 Soient T et X des espaces topologiques, Y un espace uniforme, f une application de T × X dans Y. Pour que f soit continue, il suffit que les conditions suivantes soient remplies: 0CC8
  • Corollaire 4 Soient X un espace topologique, Y un espace uniforme, H un ensemble équicontinu d’applications de X dans Y. Si H est muni de la topologie de la convergence simple, l’application (h… ↩ 1 0CC9
  • Corollaire 5 Soient X un espace topologique, Y, Z deux espaces uniformes, H un ensemble équicontinu d’applications de Y dans Z. Si on munit H, C(X; Y) et C(X; Z) de la topologie de la convergen… ↩ 1 0CCA
  • Proposition 2 Soient T, X, Y des espaces uniformes, f une application de T × X dans Y. Pour que f soit uniformément continue, il faut et il suffit que les deux conditions suivantes soient rempli… 0CCB
  • Corollaire Soient X, Y deux espaces uniformes, H une partie de F(X; Y). Pour que H soit uniformément équicontinue, il faut et il suffit que l’application (h, x) ↦ h(x) de H × X dans Y soit un… 0CCC
  • Proposition 3 Soient X un espace topologique (resp. uniforme), (Yᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces uniformes, Y un ensemble, et pour chaque i ∈ I, soit fᵢ une application de Y dans Yᵢ. On munit Y d… ↩ 1 0CCD
  • Proposition 4 Soient X, Y deux espaces uniformes, H un ensemble d’applications uniformément continues de X dans Y. Soient hatX et hatY les séparés complétés respectifs de X et Y, et désignons pa… ↩ 1 0CCE
  • Proposition 5 Soient G, G' deux groupes topologiques, munis de leur structure uniforme gauche, et soit H un ensemble d’homomorphismes de G dans G'. Les conditions suivantes sont équivalentes: 0CCF
  • Proposition 6 Soient X un espace topologique (resp. uniforme), Y un espace uniforme, H une partie de F(X; Y). Pour que H soit équicontinue en un point x₀ ∈ X (resp. ↩ 2 0CCG
  • Théorème 1 Soient X un espace topologique (resp. uniforme), Y un espace uniforme, H une partie équicontinue (resp. uniformément équicontinue) de C(X; Y). Alors, sur H, les structures uniforme… ↩ 2 0CCH
  • Corollaire Sous les hypothèses du th. 1, l’adhérence overlineH de H dans l’espace F(X; Y) muni de la topologie de la convergence simple est identique à l’adhérence de H dans C(X; Y) muni de l… 0CCI
  • Théorème 2 (Ascoli) Soient X un espace topologique (resp. uniforme), 𝔖 un recouvrement de X, Y un espace uniforme, H un ensemble d’applications de X dans Y; on suppose que pour tout A ∈ 𝔖, la restrict… ↩ 4 0CCJ
  • Corollaire 1 Soient X un espace topologique (resp. uniforme), Y un espace uniforme séparé, H une partie équicontinue (resp. uniformément équicontinue) de C(X; Y). Supposons H(x) relativement co… 0EE4
  • Corollaire 2 Soient X un espace topologique (resp. uniforme), Y un espace uniforme séparé et complet, H une partie équicontinue (resp. uniformément équicontinue) de C(X; Y). On suppose que H(x)… 0EE5
  • Corollaire 3 Soient X un espace localement compact, Y un espace uniforme séparé, H une partie de C(X; Y). Pour que H soit relativement compact dans C_c(X; Y), il faut et il suffit que H soit éq… 0EE6
  • Remarque Soient X un espace topologique, Y un espace uniforme, S un ensemble de parties de X. Alors sur toute partie précompacte H de F_S(X; Y), la structure uniforme de la S-convergence es… 0CCN

§ 3. Espaces fonctionnels spéciaux

  • Proposition 1 Si Y est un espace uniforme métrisable, la structure uniforme de la convergence uniforme sur F(X; Y) est métrisable. 0CD8
  • Corollaire Soient X un espace topologique, Y un espace uniforme métrisable; on suppose qu’il existe une suite (Kₙ) de parties compactes de X telle que toute partie compacte de X soit contenue… 0CD9
  • Proposition 2 Soient X un ensemble, Y un espace métrique. Dans l’espace Fᵤ(X; Y), l’ensemble B(X; Y) des applications bornées est à la fois ouvert et fermé. ↩ 3 0CDA
  • Corollaire 1 Soient X un ensemble, Y un espace métrique, 𝔖 un ensemble de parties de X. Alors l’ensemble B_𝔖(X; Y) des applications de X dans Y transformant tout A ∈ 𝔖 en une partie bornée de Y… ↩ 2 0CDB
  • Corollaire 2 Soient X un espace topologique, Y un espace métrique. Alors l’espace des applications continues bornées de X dans Y est à fois ouvert et fermé dans l’espace Cᵤ(X; Y); il est comple… 0CDC
  • Proposition 3 Si l’espace normé Y est complet, toute série (uₙ) d’applications bornées de X dans Y, qui est absolument convergente dans l’espace normé B(X; Y) (c’est-à-dire telle que ∑ₙ₌₀^∞ |uₙ|… 0CDD
  • Remarque 1 Si ∑ₙ₌₀^∞ |uₙ| < +∞, on a pour tout x ∈ X, ∑ₙ₌₀^∞ |uₙ(x)| ≤ ∑ₙ₌₀^∞ |uₙ| < +∞; autrement dit, chacune des séries de terme général uₙ(x) (x ∈ X) est absolument convergente dans l’esp… 0CDE
  • Proposition 4 Soient Xᵢ (1 ≤ i ≤ n) et Y des espaces vectoriels normés sur un corps valué non discret K, et soit X = ∏ᵢ₌₁ⁿ Xᵢ. L’ensemble de toutes les applications multilinéaires de X dans Y es… ↩ 2 0CDF
  • Proposition 5 Sous les hypothèses de la prop. 4, l’ensemble L(X₁, …, Xₙ; Y) des applications multilinéaires continues de X dans Y est fermé dans F(X; Y) muni de la topologie de la convergence bo… 0CDG
  • Proposition 6 L’application multilinéaire (u, x₁, …, xₙ) → u(x₁, …, xₙ) de l’espace normé L(X₁, …, Xₙ; Y) × X₁ × ⋯ × Xₙ dans Y est continue. 0CDH
  • Proposition 7 Soient X, Y, Z trois espaces normés sur K. L’application canonique de l’espace normé L(X, Y; Z) dans l’espace des applications linéaires de X dans L(Y; Z) qui, à tout u ∈ L(X, Y; Z… 0CDI
  • Proposition 8 Soient X, Y, Z trois espaces normés sur K. L’application bilinéaire (u, v) ↦ v ∘ u de L(X; Y) × L(Y; Z) dans L(X; Z) est continue. 0CDJ
  • Remarque 2 L’ensemble L(Rᵐ; Rⁿ) des applications linéaires (nécessairement continues) de Rᵐ dans Rⁿ peut être identifié à l’ensemble M_n,m(R) des matrices à n lignes et m colonnes sur R, donc… 0CDK
  • Théorème 1 Soit X un espace compact. ↩ 1 0CDL
  • Corollaire Soient X un espace localement compact dont la topologie admet une base dénombrable, Y un espace uniforme métrisable de type dénombrable. 0CDM
  • Théorème 2 Soient X un espace topologique, Y un espace uniforme. Pour tout couple (K, U) formé d’une partie compacte K de X et d’une partie ouverte U de Y, soit T(K, U) l’ensemble des applica… ↩ 2 0CDN
  • Définition 1 Soient X, Y deux espaces topologiques (non nécessairement uniformisables). Pour tout couple (K, U) formé d’une partie compacte K de X et d’une partie ouverte 0CDO
  • Exemple Soit I l’intervalle [0, 1] dans R; pour tout espace topologique Y, l’espace C_c(I; Y) est appelé l’espace des chemins dans Y; pour tout y ∈ Y, le sous-espace Ω_y(Y) de C_c(I; Y) fo… 0CDP
  • Remarque 1 On dit de même que la topologie induite sur C(X; Y) par la topologie produit sur Y^X = F(X; Y) est la topologie de la convergence simple (Y n’étant pas nécessairement uniformisable… 0CDQ
  • Remarque 2 Soient 𝔖 un système générateur de la topologie de Y, ℜ un ensemble de parties compactes de X ayant la propriété suivante: (R) Pour toute partie compacte L de X et tout voisinage V… ↩ 1 0CDR
  • Théorème 3 Soient X, Y, Z trois espaces topologiques, f une application de X × Y dans Z. Si f est continue, tildef: x ↦ f(x,.) est une application continue de X dans C_c(Y; Z). La réciproque… ↩ 5 0CDS
  • Corollaire 1 Soient X un espace localement compact, Y un espace topologique, H une partie de C(X; Y). Alors, sur H, la topologie de la convergence compacte est la moins fine pour laquelle l’app… ↩ 5 0CDT
  • Remarque 3 Soient X un espace localement compact, Y un espace topologique séparé. Si T est une topologie sur une partie H de C(X; Y) telle que l’application (u, x) ↦ u(x) soit continue dans H… ↩ 2 0CDU
  • Corollaire 2 Soient X, Y, Z trois espaces topologiques, X étant supposé séparé et Y localement compact. Alors, la restriction à C(X × Y; Z) de la bijection canonique F(X × Y; Z) → F(X; F(Y; Z))… 0CDV
  • Proposition 9 Soient X, Y, Z trois espaces topologiques, Y étant localement compact. Alors l’application (u, v) ↦ v ∘ u de C_c(X; Y) × C_c(Y; Z) dans C_c(X; Z) est continue. ↩ 2 0CDW
  • Proposition 10 Soient X un espace uniforme, H un ensemble équicontinu d’homéomorphismes de X sur lui-même. Si on munit H et H⁻¹ de la topologie de la convergence simple dans X, l’application u ↦… ↩ 1 0CDX
  • Corollaire Soient X un espace uniforme, H un groupe équicontinu d’homéomorphismes de X sur lui-même. Alors la topologie de la convergence simple dans X est compatible (III, p. 1) avec la stru… ↩ 1 0CDY
  • Proposition 11 Soient X un espace compact, Γ le groupe de tous les homéomorphismes de X sur lui-même. Alors la topologie de la convergence uniforme dans X est compatible (III, p. 1) avec la struc… ↩ 1 0CDZ
  • Proposition 12 Sur le groupe Γ des homéomorphismes d’un espace localement compact X, la topologie T_β est la moins fine rendant continues les deux applications u ↦ u et u ↦ u⁻¹ de Γ dans l’espace… ↩ 2 0CE0
  • Théorème 4 Soit G un sous-groupe du groupe Γ des homéomorphismes d’un espace localement compact X. Supposons qu’il existe, dans l’espace C_c(X; X), un voisinage V de l’application identique e… ↩ 2 0CE1
  • Corollaire Soit G un groupe d’homéomorphismes d’un espace localement compact X. Si l’adhérence overlineG de G dans C_c(X; X) est compacte, overlineG est un groupe d’homéomorphismes de X, et l… ↩ 1 0CE2

§ 4. Approximation des fonctions continues numériques

  • Proposition 1 Soient X un espace compact, H un ensemble de fonctions continues numériques définies dans X. Soit f une fonction numérique continue dans X, et telle que, 0EE9
  • Théorème 1 (Dini) Soient X un espace compact, H un ensemble filtrant pour la relation ≤ (resp. ≥) de fonctions numériques continues dans X. Si l’enveloppe supérieure (resp. inférieure) f de H est fi… 0EEA
  • Corollaire Soit (uₙ) une suite croissante (resp. décroissante) de fonctions numériques continues dans X. Si l’enveloppe supérieure (resp. inférieure) f de la suite (uₙ) est finie et continue… 0CEW
  • Proposition 2 Soient X un espace compact, H un ensemble de fonctions continues numériques définies dans X, tel que, pour deux fonctions quelconques u ∈ H, v ∈ H, les fonctions sup(u, v) et inf(u… ↩ 2 0CEX
  • Remarque Lorsque l’ensemble H satisfait aux conditions de l’énoncé, il est réticulé pour la relation d’ordre f ≤ g. Mais on notera qu’un sous-ensemble H de C peut être réticulé pour cette r… 0CEY
  • Corollaire On suppose que H soit tel que, pour deux fonctions quelconques u ∈ H, v ∈ H, les fonctions sup(u, v) et inf(u, v) appartiennent à H, et en outre que, pour tout couple de points dis… ↩ 1 0CEZ
  • Théorème 2 (Stone) Soient X un espace compact, H un sous-espace vectoriel de C(X, R) tel que: 1° les fonctions constantes appartiennent à H; 2° la relation u ∈ H entraîne |u| ∈ H; 3° H sépare les poi… ↩ 2 0CF1
  • Théorème 3 (Weierstrass-Stone) Soient X un espace compact, H un ensemble de fonctions numériques continues dans X, séparant les points de X. Alors toute fonction numérique continue dans X peut être approchée uni… ↩ 5 0CF2
  • Lemme 1 Pour tout nombre ε > 0 et tout intervalle compact I ⊂ R, il existe un polynôme p(t) sans terme constant tel que |p(t) - |t|| ≤ ε dans I. 0CF3
  • Lemme 2 Soit (pₙ) la suite des polynômes sans terme constant définie par récurrence sur n par les conditions p₀(t) = 0, et pₙ₊₁(t) = pₙ(t) + 1/2(t - (pₙ(t))²) pour n ≥ 0; dans l’intervalle… 0CF4
  • Proposition 3 Soient (Kᵢ)_i ∈ I une famille d’intervalles compacts de R, K = ∏_i ∈ I Kᵢ l’espace produit de ces intervalles, X un sous-espace compact de K. Toute fonction numérique continue dans… 0CF5
  • Proposition 4 Soient X un espace compact, A une partie fermée de X, H un ensemble de fonctions numériques continues dans X, séparant les points de C A, et tel que A soit l’intersection des ensem… ↩ 2 0CF6
  • Théorème 4 Soient (Xᵢ)_i ∈ I une famille d’espaces compacts, X = ∏_i ∈ I Xᵢ leur produit. Toute fonction numérique continue dans X peut être approchée uniformément par des sommes d’un nombre… 0CF7
  • Proposition 5 Soient X un espace compact, Y un espace normé sur R, H une partie de C(X; R). Si toute fonction numérique continue dans X peut être approchée uniformément par des fonctions de H, t… 0CF8
  • Proposition 6 Soient X un espace compact, H un ensemble de fonctions numériques continues dans X, séparant les points de X. Dans ces conditions, toute application continue de X dans un espace no… ↩ 1 0CF9
  • Corollaire 1 Si X est une partie compacte de l’espace Cⁿ, toute application continue (z₁, z₂, …, zₙ) ↦ f(z₁, z₂, …, zₙ) de X dans un espace normé Y sur le corps C peut être approchée uniforméme… 0EEB
  • Corollaire 2 Soient X un espace localement compact, C₀(X) l’algèbre normée sur C des applications continues de X dans C, tendant vers 0 à l’infini. Soit A une sous-algèbre de C₀(X), séparant le… 0EEC
  • Proposition 8 Soit P l’ensemble des applications continues périodiques de Rᵐ dans C dont le groupe des périodes contient Zᵐ. Toute fonction appartenant à P peut être approchée uniformément, dans… 0CFD