Bourbaki

Livre AC · Français

Index des énoncés

Les 1716 énoncés de Algèbre commutative, par chapitre et paragraphe. Choisissez un type, filtrez par un mot, ou mettez les plus cités en tête.

I. Modules plats

§ 1. Diagrammes et suites exactes

  • Définition 1 Soient A un anneau, F, G, H trois A-modules à droite (resp. à gauche), f un homomorphisme de F dans G et g un homomorphisme de G dans H. On dit que le couple (f, g) est une suite e… 0421
  • Proposition 1 Considérons un diagramme commutatif de groupes commutatifs : ↩ 3 0422
  • Lemme 1 Considérons un diagramme commutatif de groupes commutatifs : 0423
  • Proposition 2 Supposons que dans le diagramme commutatif (10), les suites (u, v) et (u', v') soient exactes. Alors : ↩ 10 0424
  • Remarque Lorsque les groupes du diagramme (10) sont tous des modules (à droite par exemple) sur un anneau A et les homomorphismes des homomorphismes de A-modules, on vérifie aussitôt que l’… 0425
  • Corollaire 1 Supposons que le diagramme (10) soit commutatif et ait ses lignes exactes. Alors : (i) Si u', a et c sont injectifs, b est injectif. (ii) Si v, a et c sont surjectifs, b est surjec… ↩ 2 0426
  • Corollaire 2 Supposons que le diagramme (10) soit commutatif et ait ses lignes exactes. Dans ces conditions : (i) Si b est injectif et si a et v sont surjectifs, alors c est injectif. (ii) Si b… ↩ 5 0427

§ 2. Modules plats

  • Lemme 1 Soit M' xrightarrowv M xrightarroww M'' → 0 une suite exacte de A-modules à gauche, et soit E un A-module à droite. La suite ↩ 11 042F
  • Lemme 2 Si v : M' → M est injectif et si v(M') est facteur direct de M, l’homomorphisme 1_E ⊗ v est injectif, et son image est facteur direct de E ⊗_A M. ↩ 3 042G
  • Définition 1 Soient A un anneau, E un A-module à droite et M un A-module à gauche. On dit que E est plat pour M (ou M-plat) si, pour tout A-module à gauche M' et tout homomorphisme injectif v… ↩ 3 042H
  • Lemme 3 Pour qu’un A-module à droite E soit M-plat, il suffit que pour tout sous-module de type fini M' de M, l’homomorphisme canonique 1_E ⊗ j : E ⊗_A M' → E ⊗_A M ( j étant l’injection c… ↩ 2 042I
  • Lemme 4 Soient E un A-module à droite et M un A-module à gauche tel que E soit M-plat. Si N est, soit un sous-module, soit un module quotient de M, alors E est N-plat. ↩ 3 042J
  • Lemme 5 Soit (Mᵢ)_i ∈ I une famille de A-modules à gauche, M = ⨁_i ∈ I Mᵢ leur somme directe, et E un A-module à droite. Si, pour tout i ∈ I, E est plat pour Mᵢ, alors E est plat pour M. ↩ 1 042K
  • Proposition 1 Soit E un A-module à droite. Les trois propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 9 042L
  • Lemme 6 Si M' \xrightarrow{v} M \xrightarrow{w} M'' est une suite exacte de A-modules à gauche et si E est un A-module à droite plat pour M'', la suite 042M
  • Définition 2 On dit qu’un A-module à droite E est plat s’il vérifie les propriétés équivalentes de la prop. 1. ↩ 1 042N
  • Remarque 1 En vertu du n° 2, lemme 3, pour qu’un A-module à droite E soit plat, il faut et il suffit que, pour tout idéal à gauche α de A, de type fini, l’application canonique E ⊗A α → E (pr… 0CFZ
  • Remarque 2 Soit E un A-module à droite plat. Si M’ est un sous-module d’un A-module à gauche M, l’injection canonique E ⊗A M’ → E ⊗A M permet d’identifier E ⊗A M’ à un sous-groupe de E ⊗A M… 0CG0
  • Proposition 2 (i) Soit (Eᵢ)_i ∈ I une famille de A-modules à droite. Pour que E = ⨁_i ∈ I Eᵢ soit plat, il faut et il suffit que chacun des Eᵢ soit plat. ↩ 7 042O
  • Proposition 3 Soient A un anneau, E un A-module à droite. ↩ 5 042P
  • Exemple Appliquant la prop. 3 à l’anneau Z, on voit que Q est un Z-module plat, mais que Z/nZ (pour n ≥ 2) n’est pas un Z-module plat. 042Q
  • Proposition 4 Soit E un A-module à droite. Les trois propriétés suivantes sont équivalentes : a) E est plat. b) Pour toute suite exacte de A-modules à droite de la forme (1) 0 → G xrightarrowv H… ↩ 3 042R
  • Proposition 5 Soit 0 → E' xrightarrowv E xrightarroww E'' → 0 une suite exacte de A-modules à droite. Supposons que E'' soit plat. Alors, pour que E soit plat, il faut et il suffit que E' soit p… 042S
  • Remarque 1 Il peut se faire que E et E' soient plats sans que E'' le soit, comme le montre l’exemple des Z-modules E = Z,\ E' = nZ,\ E'' = Z/nZ\ (n ≥ 2). 0CG1
  • Remarque 2 Un sous-module d’un module plat n’est pas nécessairement un module plat (exerc. 3). 0CG2
  • Lemme 7 Soient E un A-module à droite, F un A-module à gauche, F’, F'' deux sous-modules de F tels que F = F' + F''. Alors l’intersection des images canoniques de E ⊗ F’ et E ⊗ F'' dans E… ↩ 1 042T
  • Proposition 6 Soient E un A-module à droite et F un A-module à gauche tels que E soit plat pour F. Pour tout sous-module F’ de F, notons v(F') l’image de E ⊗ F' par l’application canonique de E… ↩ 6 042U
  • Remarque 1 Les hypothèses étant celles de la prop. 6, on identifie d’ordinaire E ⊗ F' à v(F') pour tout sous-module F' de F, ce qui donne la formule 042V
  • Proposition 7 Soient E un A-module à droite, E' un sous-module de E, F un A-module à gauche et F' un sous-module de F. Supposons que E/E' ou F/F' soit un module plat. Alors l’image canonique de… ↩ 5 042W
  • Corollaire Soient E un A-module à droite, E' un sous-module de E. ↩ 3 042X
  • Remarque 2 La conclusion de la prop. 7 reste vraie si l’on suppose seulement que E/E’ est plat pour F ou que F/F’ est plat pour E. ↩ 2 042Y
  • Proposition 8 Soient A, B deux anneaux, E un A-module à droite, F un (A, B)-bimodule. Supposons que E soit plat, et que F soit plat en tant que B-module. Alors le B-module E ⊗A F est plat. ↩ 4 042Z
  • Corollaire 1 Soient C un anneau commutatif, E, F deux C-modules plats. Alors E ⊗_C F est un C-module plat. ↩ 1 0430
  • Corollaire 2 Soit ρ un homomorphisme d’un anneau A dans un anneau B. Si E est un A-module à droite plat, le B-module à droite ρ^*(E) = E_(B) obtenu par extension à B de l’anneau des scalaires (… ↩ 4 0431
  • Corollaire 3 Soient R, S deux anneaux, φ : R → S un homomorphisme d’anneaux. Si M est un S-module à droite plat et si φ(Sd) est un R-module à droite plat, alors φ(M) est un R-module à droite pl… ↩ 4 0432
  • Proposition 9 Soient (Aα, f{βα}) un système inductif filtrant d’anneaux, A = lim → Aα sa limite inductive, (Eα, g{βα}) un système inductif de Aα-modules à droite ayant même ensemble d’indices, E… ↩ 2 0433
  • Lemme 8 (i) Tout module admettant une présentation finie est de type fini. ↩ 5 0434
  • Lemme 9 Soient A un anneau, E un A-module de présentation finie. Pour toute suite exacte ↩ 5 0435
  • Proposition 10 Soient A, B deux anneaux, E un A-module à droite, F un B-module à droite, G un (B, A)-bimodule. Supposons que F soit plat. Alors, si E est de type fini (resp. de présentation finie… ↩ 1 0436
  • Proposition 11 Soient A un anneau commutatif, B un anneau, ρ un homomorphisme de A dans le centre de B, E et F deux A-modules. On suppose que B est un A-module plat, et que E est de type fini (re… ↩ 6 0437
  • Proposition 12 Soient A, B des anneaux commutatifs, ρ un homomorphisme de A dans B, E₁, E₂, E₃ trois A-modules, f : E₁ × E₂ → E₃ une application A-bilinéaire, f_B : E_1(B) × E_2(B) → E_3(B) son e… ↩ 4 0438
  • Corollaire 1 Soient A, B deux anneaux commutatifs, ρ : A → B un homomorphisme tel que B soit un A-module plat, E un A-module de présentation finie. Pour tout sous-module de type fini F de E, l'… 0439
  • Corollaire 2 Soient A, B, deux anneaux commutatifs, ρ : A → B un homomorphisme tel que B soit un A-module plat. Alors, pour tout A-module de type fini E, l'annulateur de E{(u)} est l'idéal aB d… ↩ 1 043A
  • Remarque Lorsqu’il n’y a pas d’ambiguïté sur les modules Eᵢ et sur l’application bilinéaire f, on note parfois F₃ : F₂ le module désigné par T dans la prop. 12, et on l’appelle le transport… 043B
  • Lemme 10 Soient (f_λ)_λ ∈ L une famille de générateurs de F, (e_λ)_λ ∈ L une famille d’éléments de E, de support fini. Pour que ∑_λ ∈ L e_λ ⊗ f_λ = 0, il faut et il suffit qu’il existe un e… ↩ 2 043C
  • Proposition 13 Pour que E soit plat pour F (no 2, déf. 1), il faut et il suffit que la condition suivante soit satisfaite: ↩ 2 043D
  • Corollaire 1 Pour qu’un A-module à droite E soit plat, il faut et il suffit qu’il vérifie la condition suivante: ↩ 1 043E
  • Corollaire 2 Pour que l’anneau B soit un A-module à droite plat, il faut et il suffit qu’il vérifie la condition suivante : (RP') Toute solution (yₖ)_1 ≤ k ≤ n, formée d’éléments de B, d’un sys… ↩ 1 043F

§ 3. Modules fidèlement plats

  • Proposition 1 Soit E un A-module à droite. Les quatre propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 12 0444
  • Définition 1 On dit qu’un A-module à droite E est fidèlement plat s’il vérifie les quatre propriétés équivalentes de la prop. 1. 0445
  • Remarque Si E est un A-module fidèlement plat, E est un A-module fidèle : en effet, si un élément a ∈ A est tel que xa = 0 pour tout x ∈ E, l’homothétie h : b → ba dans A est telle que 1E ⊗… 0446
  • Exemple 1 La somme directe d’un module plat et d’un module fidèlement plat est un module fidèlement plat en vertu de la propriété d) de la prop. 1 et du § 2, n° 3, prop. 2. 0CG3
  • Exemple 2 Comme As est fidèlement plat en vertu du critère d) de la prop. 1 et du § 2, n° 4, Exemple 1, il résulte de 1) que tout module libre non réduit à 0 est fidèlement plat. Par contre… 0CG4
  • Exemple 3 Soit A un anneau principal. Pour qu’un A-module E soit fidèlement plat, il faut et il suffit qu’il soit sans torsion et que E ≠ Ep pour tout élément extrémal (Alg., chap. VII, § 1… 0CG5
  • Exemple 4 L’exemple 3) montre que le Z-module Q est un module plat et fidèle, mais non fidèlement plat. 0CG6
  • Proposition 2 Soient E un A-module à droite fidèlement plat, et u : N' → N un homomorphisme de A-modules à gauche. Pour que u soit injectif (resp. surjectif, bijectif), il faut et il suffit que… ↩ 6 0447
  • Proposition 3 Soit 0 → E' → E → E'' → 0 une suite exacte de A-modules à droite. On suppose que E' et E'' sont plats, et que l'un d'eux est fidèlement plat. Alors E est fidèlement plat. On sait d… ↩ 2 0448
  • Proposition 4 Soient R, S deux anneaux, E un R-module à droite, F un (R, S)-bimodule. On suppose que E est fidèlement plat. Alors, pour que F soit un S-module plat (resp. fidèlement plat), il fa… ↩ 4 0449
  • Corollaire Soient C un anneau commutatif, E et F deux C-modules fidèlement plats. Alors le C-module E ⊗_C F est fidèlement plat. 044A
  • Proposition 5 Soit ρ un homomorphisme d’un anneau A dans un anneau B. Si E est un A-module à droite fidèlement plat, le B-module à droite ρ^*(E) = E_(B) = E ⊗_A B est fidèlement plat. ↩ 4 044B
  • Corollaire Si E est un A-module à droite fidèlement plat, et si a est un idéal bilatère de A, le (A/a)-module à droite E/Ea est fidèlement plat. 044C
  • Proposition 6 Soient A un anneau commutatif, B une algèbre sur A, ρ : a → a.1 l’homomorphisme canonique de A dans B. Supposons que B soit un A-module fidèlement plat. Alors, pour qu’un A-module… 044D
  • Proposition 7 Soient A, B deux anneaux, ρ un homomorphisme de A dans B. Soit E un B-module à droite fidèlement plat. Pour que ρ_*(E) soit un A-module à droite plat (resp. fidèlement plat), il fa… 044E
  • Remarque 1° La prop. 7 montre que pour que B soit un A-module fidèlement plat, il suffit qu’il existe un B-module fidèlement plat qui soit aussi un A-module fidèlement plat. 0CG7
  • Proposition 8 Soient A, B deux anneaux, ρ un homomorphisme de A dans B. On suppose qu’il existe un B-module à droite E tel que ρ_*(E) soit un A-module fidèlement plat. Alors : ↩ 5 044F
  • Corollaire Sous les hypothèses de la prop. 8, si B est noethérien (resp. artinien) à gauche, il en est de même de A. 044G
  • Proposition 9 Soient A, B deux anneaux, ρ un homomorphisme de A dans B. Les cinq propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 3 044H
  • Proposition 10 Soient B un anneau et A un sous-anneau de B tel que B soit un A-module à droite fidèlement plat. Soient F un A-module à gauche, F', F'' deux sous-modules de F. Alors : (i) L’applic… ↩ 2 044I
  • Proposition 11 Soient B un anneau et A un sous-anneau de B tel que B soit un A-module à droite fidèlement plat. Pour qu’un ↩ 2 044J
  • Proposition 12 Soient B un anneau et A un sous-anneau commutatif du centre de B tel que B soit un A-module fidèlement plat. Pour qu’un A-module F soit projectif et de type fini, il faut et il suf… ↩ 3 044K
  • Proposition 13 Soit A un sous-anneau d’un anneau B. Pour que le couple (A, B) vérifie la propriété d’extension linéaire, il faut et il suffit que B soit un A-module à droite fidèlement plat. 044L

§ 4. Modules plats et foncteurs « Tor »

  • Proposition 1 Soit E un A-module à droite. Les quatre propriétés suivantes sont équivalentes : 044W
  • Proposition 2 Soient R, S deux anneaux, ρ : R → S un homomorphisme et F un R-module à gauche. Les deux propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 3 044X
  • Remarque La proposition 2 découle aussi de l’existence de la suite exacte 044Y

II. Localisation

§ 1. Idéaux premiers

  • Définition 1 On dit qu’un idéal p d’un anneau A est premier si l’anneau A/p est intègre. ↩ 1 0450
  • Proposition 1 Soient A un anneau, a₁, a₂, ..., aₙ des idéaux de A, p un idéal premier de A. Si p contient le produit a₁ a₂ ... aₙ, il contient l’un au moins des aᵢ. ↩ 7 0451
  • Corollaire Soit m un idéal maximal de A; pour tout entier n > 0, le seul idéal premier contenant mⁿ est m. 0452
  • Proposition 2 Soient A un anneau, a un sous-ensemble non vide de A stable par addition et multiplication, et (pᵢ)_i ∈ I une famille finie non vide d’idéaux de A. On suppose que a est contenu dan… ↩ 5 0453
  • Proposition 3 Soient a et b deux idéaux étrangers d’un anneau A. Soient a' et b' deux idéaux de A tels que tout élément de a (resp. b) ait une puissance dans a' (resp. b'). Alors a' et b' sont é… ↩ 3 0454
  • Proposition 4 Soient a, b₁, ..., bₙ des idéaux d’un anneau A. Si a est étranger à chacun des bᵢ (1 ≤ i ≤ n), il est étranger à b₁ b₂ ... bₙ. ↩ 2 0455
  • Proposition 5 Soit (aᵢ)_i ∈ I une famille finie non vide d’idéaux d’un anneau A. Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) Pour i ≠ j, aᵢ et aⱼ sont étrangers. b) L’homomorphisme canonique… ↩ 8 0456
  • Proposition 6 Soit (aᵢ)_i ∈ I une famille finie non vide d’idéaux d’un anneau A, étrangers deux à deux ; soit a l’intersection des aᵢ. Pour tout A-module M, l’application canonique M → ∏_i ∈ I (… ↩ 2 0457
  • Exemple Soient K un corps, aᵢ (1 ≤ i ≤ m) des éléments deux à deux distincts de K, et pour chaque i, soit gᵢ un polynôme dans K[X]; l’idéal principal (X - aᵢ) = mᵢ est maximal dans K[X], d… 0458

§ 2. Anneaux et modules de fractions

  • Définition 1 Soit A un anneau. On dit qu’une partie S de A est multiplicative si tout produit fini d’éléments de S appartient à S. 045K
  • Exemple 1 Pour tout a ∈ A, l’ensemble des aⁿ, pour n ∈ N, est une partie multiplicative de A. 0CG8
  • Exemple 2 Soit p un idéal de A. Pour que A - p soit une partie multiplicative de A, il faut et il suffit que p soit premier. 0CG9
  • Exemple 3 L’ensemble des éléments de A non diviseurs de zéro est une partie multiplicative de A. 0CGA
  • Exemple 4 Si S et T sont deux parties multiplicatives de A, l’ensemble ST des produits st, où s ∈ S et t ∈ T, est une partie multiplicative. 0CGB
  • Exemple 5 Soit S un ensemble filtrant (pour la relation ⊂) de parties multiplicatives de A. Alors T = ⋃_S ∈ S S est une partie multiplicative de A, car deux éléments quelconques de T apparti… 0CGC
  • Exemple 6 Toute intersection de parties multiplicatives de A est une partie multiplicative. 0CGD
  • Proposition 1 Soient A un anneau, S une partie de A. Il existe un anneau A’ et un homomorphisme h de A dans A’ ayant les propriétés suivantes : ↩ 8 045L
  • Définition 2 Soient A un anneau, S une partie de A, overlineS la partie multiplicative engendrée par S. On appelle anneau de fractions de A défini par S et on désigne par A[S⁻¹] l’ensemble quot… 045M
  • Remarque 1 Il est clair que l’on a A[overlineS⁻¹] = A[S⁻¹]. 0CGE
  • Remarque 2 Deux éléments de A[S⁻¹] peuvent toujours s’écrire sous la forme a/s et a'/s (a, a' dans A, s ∈ overlineS) avec le même « dénominateur » s, car si b/t et b'/t' sont deux éléments de… 0CGF
  • Remarque 3 Le noyau de i_A^S est l’ensemble des a ∈ A tels qu’il existe s ∈ overlineS vérifiant sa = 0; pour que i_A^S soit injectif, il faut et il suffit que S ne contienne aucun diviseur de… 0CGG
  • Remarque 4 S’il existe dans S un élément nilpotent, on a 0 ∈ overlineS, et l’anneau A[S⁻¹] est réduit à 0; cela résulte aussitôt de la déf. 2. 0CGH
  • Remarque 5 Pour que i_A^S soit une application bijective, il faut et il suffit que tout élément s ∈ S soit inversible dans A : la condition est évidemment nécessaire, puisque s/1 est inversib… 0CGI
  • Proposition 2 Soient A, B deux anneaux, S une partie de A, T une partie de B, f un homomorphisme de A dans B tel que f(S) ⊂ T. Il existe un homomorphisme f' et un seul de A[S⁻¹] dans B[T⁻¹] tel… ↩ 12 045N
  • Corollaire 1 Soient A un anneau, S une partie de A, u un homomorphisme injectif de A dans un anneau B tel que les éléments de u(S) soient inversibles dans B. L’unique homomorphisme u' de A[S⁻¹]… ↩ 3 045O
  • Corollaire 2 Soient A un anneau, S et T deux parties de A telles que S ⊂ T. Il existe un homomorphisme i_A^T,S et un seul de A[S⁻¹] dans A[T⁻¹] tel que i_Aᵀ = i_A^T,S ∘ i_A^S. ↩ 2 045P
  • Corollaire 3 Soient A, B, C trois anneaux, S (resp. T, U) une partie multiplicative de A (resp. B, C), f : A → B, g : B → C deux homomorphismes, h : A → C l’homomorphisme composé g ∘ f; on supp… ↩ 1 045Q
  • Corollaire 4 Soient S une partie d’un anneau A, B un sous-anneau de A[S⁻¹] contenant i_A^S(A), S’ l’ensemble i_A^S(S). Soit j l’injection canonique de B dans A[S⁻¹]; l’unique homomorphisme g de… ↩ 1 045R
  • Proposition 3 Soient A un anneau, S une partie de A, M un A-module, M' le A-module M ⊗_A A[S⁻¹], f le A-homomorphisme canonique x → x ⊗ 1 de M dans M'. Alors : ↩ 5 045S
  • Définition 3 Soient A un anneau, S une partie de A, overlineS la partie multiplicative de A engendrée par S, M un A-module. On appelle module des fractions de M défini par S et on note M[S⁻¹] o… 045T
  • Remarque 1 Il est clair que l’on a M[overlineS⁻¹] = M[S⁻¹]. 0CGJ
  • Remarque 2 Pour m ∈ M et s ∈ overlineS, on écrit encore m/s l’élément m ⊗ (1/s) de M[S⁻¹]. Tout élément de M[S⁻¹] est de cette forme, car un tel élément s’écrit ∑ᵢ mᵢ ⊗ (aᵢ/s) avec mᵢ ∈ M, aᵢ… 0CGK
  • Remarque 3 Lorsque S est le complémentaire d’un idéal premier p de A, on écrit Mp au lieu de S^{-1}M. 0CGL
  • Remarque 4 Soit M un A[S^{-1}]-module ; lorsque M est considéré canoniquement comme un A-module, iM^s est une application bijective, car le couple formé de M et de l’application identique 1M… 0CGM
  • Proposition 4 Soient S une partie multiplicative de A, M un A-module. Pour que m/s = 0 (m \in M, s \in S), il faut et il suffit qu’il existe s' \in S tel que s'm = 0. ↩ 3 045U
  • Corollaire 1 Pour que m/s = m'/s' dans S^{-1}M, il faut et il suffit qu’il existe t \in S tel que t(s'm - sm') = 0. ↩ 1 045V
  • Corollaire 2 Soit M un A-module de type fini. Pour que S^{-1}M = 0, il faut et il suffit qu’il existe s \in S tel que sM = 0. ↩ 3 045W
  • Corollaire 3 Soit M un A-module de type fini. Pour qu’un idéal a de A soit tel que aM = M, il faut et il suffit qu’il existe a ∈ a tel que (1 + a)M = 0. ↩ 2 045X
  • Lemme 1 Pour tout idéal a de A, l’ensemble S des éléments 1 + a pour a ∈ a, est une partie multiplicative de A, et l’ensemble a' des éléments de S⁻¹A de la forme a/s, où a ∈ a et s ∈ S, es… ↩ 1 045Y
  • Proposition 5 Soient A, B deux anneaux, S une partie multiplicative de A, T une partie multiplicative de B, et f un homomorphisme de A dans B tel que f(S) ⊂ T. Soient M un A-module, N un B-modul… ↩ 3 045Z
  • Proposition 6 Soient f un homomorphisme d’un anneau A dans un anneau B, S une partie multiplicative de A. Il existe une application j et une seule de (f(S))⁻¹B dans S⁻¹B (où B est considéré comm… ↩ 2 0460
  • Proposition 7 Soient A un anneau, S, T deux parties multiplicatives de A. Posons T' = i_Aˢ(T). ↩ 7 0461
  • Proposition 8 Soient A un anneau, S, T deux parties multiplicatives de A telles que S ⊂ T. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 1 0462
  • Proposition 9 Soient I un ensemble préordonné filtrant croissant, (S_α)_α ∈ I une famille croissante de parties multiplicatives d’un anneau A, S = ⋃_α ∈ I S_α. Posons ρ_β α = i_A^S_β, S_α pour α… ↩ 1 0463
  • Corollaire Les hypothèses étant celles de la prop. 9, soit M un A-module. Posons f_β α = i_M^s_β, s_α pour α ≤ β, f_α = i_M^s_α, s_α pour tout α ∈ I, et soit f'_α l’application canonique de S… 0464
  • Théorème 1 L’anneau S⁻¹A est un A-module plat (chap. I, § 2, no 3, déf. 2). ↩ 16 0465
  • Proposition 10 Soit M un A-module. Pour tout sous-module N’ du S⁻¹A-module S⁻¹M, soit φ(N') l’image réciproque de N’ par i_M^S. Alors : (i) On a S⁻¹φ(N') = N'. (ii) Pour tout sous-module N de M… ↩ 3 0466
  • Corollaire 1 Soient N₁, N₂ deux sous-modules d'un A-module M. Pour que S⁻¹N₁ ⊂ S⁻¹N₂, il faut et il suffit que le saturé de N₁ pour S soit contenu dans celui de N₂. 0467
  • Corollaire 2 Si M est un A-module noethérien (resp. artinien), S⁻¹M est un S⁻¹A-module noethérien (resp. artinien). En particulier, si l'anneau A est noethérien (resp. artinien), il en est de m… ↩ 3 0468
  • Proposition 11 Soient A un anneau, S une partie multiplicative de A. Pour tout idéal b' de S⁻¹A, soit b = (i_A^S)⁻¹(b'), de sorte que b' = S⁻¹b. ↩ 16 0469
  • Remarque Pour qu'un idéal a de A soit tel que S^{-1}a = S^{-1}A (ou, ce qui revient au même en vertu du n° 4, th. 1, que S^{-1}(A/a)=0), il faut et il suffit que a ∩ S ≠ Ø, comme il résulte… 046A
  • Corollaire 1 Soient A un anneau, S une partie multiplicative de A. Tout idéal p de A, maximal parmi ceux qui sont disjoints de S, est premier. 046B
  • Corollaire 2 Soient A un anneau, S une partie multiplicative de A. Pour tout idéal a de A ne rencontrant pas S, il existe un idéal premier contenant a et ne rencontrant pas S. ↩ 4 046C
  • Corollaire 3 Soient A, B deux anneaux, ρ un homomorphisme de A dans B, et p un idéal premier de A. Pour qu'il existe un idéal premier p' de B tel que ρ^{-1}(p') = p, il faut et il suffit que ρ^… ↩ 1 046D
  • Corollaire 4 Soient A et B deux anneaux, ρ un homomorphisme de A dans B. ↩ 3 046E
  • Corollaire 5 Soient A un anneau, S une partie multiplicative de A, B un anneau tel que i_A^S(A) ⊂ B ⊂ S⁻¹A. Soit q un idéal premier de B tel que l'idéal premier p = (i_A^S)⁻¹(q) de A ne rencont… 046F
  • Définition 4 On appelle nilradical d’un anneau (commutatif) A l’idéal des éléments nilpotents de A. On appelle racine d’un idéal a de A l’image réciproque, par l’application canonique A → A/a… 046G
  • Proposition 12 Soient p un idéal premier minimal d’un anneau A. Pour tout x ∈ p, il existe un s ∈ A - p et un entier k > 0 tels que sxᵏ = 0. ↩ 2 046H
  • Proposition 13 Le nilradical d’un anneau A est l’intersection de tous les idéaux premiers de A, et c’est aussi l’intersection des idéaux premiers minimaux de A. ↩ 1 046I
  • Lemme 2 Tout idéal premier p d’un anneau A contient un idéal premier minimal de A. 046J
  • Remarque Au § 4, n° 3, cor. 3 de la prop. 14, nous montrerons que dans un anneau noethérien l’ensemble des idéaux premiers minimaux est fini ; nous verrons en outre plus tard que toute suit… 046K
  • Corollaire 1 La racine d’un idéal a d’un anneau A est l’intersection des idéaux premiers contenant a, et c’est aussi l’intersection des éléments minimaux de cet ensemble d’idéaux premiers. ↩ 2 046L
  • Corollaire 2 Pour tout idéal a d’un anneau A, notons r(a) la racine de a. Alors, pour deux idéaux a, b de A, on a r(a ∩ b) = r(ab) = r(a) ∩ r(b); en particulier, si a ⊂ b, on a r(a) ⊂ r(b). ↩ 1 046M
  • Proposition 14 Pour que deux idéaux a, b d’un anneau A soient étrangers, il faut et il suffit que leurs racines r(a) et r(b) le soient. 046N
  • Proposition 15 Dans un anneau A, soient a un idéal et b un idéal de type fini contenu dans la racine de a. Alors il existe un entier k > 0 tel que bᵏ ⊂ a. ↩ 3 046O
  • Corollaire Dans un anneau noethérien, le nilradical est un idéal nilpotent. 046P
  • Proposition 16 Soient B un anneau, A un sous-anneau de B. Pour tout idéal premier minimal p de A, il existe un idéal premier minimal q de B tel que q ∩ A = p. 046Q
  • Définition 5 On dit qu’un anneau A est réduit si son nilradical est réduit à 0, autrement dit si aucun élément ≠ 0 de A n’est nilpotent. 046R
  • Proposition 17 Soient A un anneau, 𝔑 son nilradical. Pour toute partie multiplicative S de A, S⁻¹𝔑 est le nilradical de S⁻¹A. En particulier, si A est réduit, S⁻¹A est réduit. 046S
  • Proposition 18 Soient A un anneau, S une partie multiplicative de A. ↩ 2 046T
  • Corollaire Soient M un A-module, a un idéal de A. Les sous-S^{-1}A-modules (S^{-1}a)(S^{-1}M), a(S^{-1}M), (S^{-1}a)j(M) (où j : M → S^{-1}M est l’application canonique) et S^{-1}(aM) de S^{-… ↩ 2 046U
  • Remarque Soient M, N, P trois A-modules, f : M × N → P une application A-bilinéaire, S^{-1}f : (S^{-1}M) × (S^{-1}N) → S^{-1}P l’application S^{-1}A-bilinéaire obtenue à partir de f par ext… 046V
  • Proposition 19 Soient A un anneau, S une partie multiplicative de A. ↩ 2 046W
  • Proposition 20 Soient A, A' deux anneaux, ρ : A → A' un homomorphisme, S une partie multiplicative de A, S' = ρ(S), ρ' : S⁻¹A → S'⁻¹A' l’homomorphisme correspondant à ρ (n° 1, prop. 2). 046X
  • Proposition 21 L’anneau S⁻¹A muni de la famille ((S⁻¹A)ᵢ) est un anneau gradué, et S⁻¹M muni de la famille ((S⁻¹M)ᵢ) est un module gradué sur l’anneau gradué S⁻¹A. Les applications canoniques i^S… 046Y
  • Proposition 22 Soient A (resp. B) un anneau gradué de type Δ, M (resp. N) un module gradué sur l’anneau gradué A (resp. B), S (resp. T) une partie multiplicative de A (resp. B) dont tous les élém… 046Z

§ 3. Anneaux locaux. Passage du local au global

  • Proposition 1 Soient A un anneau, I l’ensemble des éléments non inversibles de A. L’ensemble I est la réunion des idéaux de A distincts de A. En outre, les conditions suivantes sont équivalentes… ↩ 2 047R
  • Définition 1 On dit qu’un anneau A est un anneau local s’il vérifie les conditions équivalentes a), b), c) de la prop. 1. Le quotient de A par son radical (qui est alors l’unique idéal maximal… 047S
  • Définition 2 Soient A, B deux anneaux locaux, m, n leurs idéaux maximaux respectifs. On dit qu’un homomorphisme u : A → B est local si u(m) ⊂ n. 047T
  • Exemple 1 Un corps est un anneau local. Un anneau réduit à 0 n’est pas un anneau local. 0CGN
  • Exemple 2 Soient A un anneau local, k son corps résiduel. L’anneau de séries formelles B = A[[X₁, ..., Xₙ]] est un anneau local, car les éléments non inversibles de B sont les séries formell… 0CGO
  • Exemple 3 Soit b un idéal d’un anneau A qui n’est contenu que dans un seul idéal maximal m; alors A/b est un anneau local d’idéal maximal m/b et de corps résiduel canoniquement isomorphe à A… 0CGP
  • Exemple 4 Soient X un espace topologique, x₀ un point de X, A l’anneau des germes au point x₀ des fonctions numériques continues dans un voisinage de x₀ (Top. gén., chap. I, 3e éd., § 6, no… 0CGQ
  • Proposition 2 Soient A un anneau, p un idéal premier de A. L’anneau Aₚ^mₚ est local ; son idéal maximal est l’idéal pAₚ = pₚ, engendré par l’image canonique de p dans Aₚ; son corps résiduel est… ↩ 2 047U
  • Définition 3 Soient A un anneau, p un idéal premier de A. L’anneau Aₚ s’appelle l’anneau local de A en p, ou l’anneau local de p lorsqu’aucune confusion n’est à craindre. 047V
  • Exemple 5 Soit p un nombre premier. L’anneau local Z₍ₚ₎ est l’ensemble des nombres rationnels a/b, où a, b sont des entiers rationnels tels que b soit étranger à p; le corps résiduel de Z₍ₚ₎… 0CGR
  • Exemple 6 Soient V une variété algébrique affine, A l’anneau des fonctions régulières sur V, W une sous-variété irréductible de V, et p l’idéal (nécessairement premier) de A formé par les fo… 0CGS
  • Proposition 3 Soient A un anneau, p un idéal premier de A, S = A - p. Pour tout idéal b' de Aₚ distinct de Aₚ, soit b l’idéal (i_A^S)⁻¹(b') de A, de sorte que b' = bAₚ. ↩ 4 047W
  • Remarque 3 Si a est un idéal de A non contenu dans p, on a aAₚ = Aₚ et (A/a)ₚ = 0 (§ 2, no 5, Remarque). 0CGT
  • Remarque 4 Soient A, B deux anneaux, ρ : A → B un homomorphisme, q un idéal premier de B, p l’idéal premier barρ⁻¹(q) de A. Comme ρ(A - p) ⊂ B - q, on déduit canoniquement de ρ un homomorphis… 0CGU
  • Proposition 4 Soient A un anneau non nécessairement commutatif, m un idéal à droite de A contenu dans le radical de A, M un A-module à gauche. On suppose vérifiée l’une des conditions suivantes… ↩ 6 047X
  • Corollaire 1 Soient A un anneau non nécessairement commutatif, m un idéal à droite de A contenu dans le radical de A, M et N deux A-modules à gauche, u : M → N une application A-linéaire. Si N… ↩ 5 047Y
  • Corollaire 2 Soient A un anneau non nécessairement commutatif, m un idéal bilatère de A contenu dans le radical de A, M un A-module à gauche, (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de M. Si M est de… ↩ 5 047Z
  • Proposition 5 Soient A un anneau non nécessairement commutatif, m un idéal bilatère de A contenu dans le radical de A, M un A-module à gauche. On suppose vérifiée l’une des conditions suivantes… ↩ 7 0480
  • Corollaire 1 Soient A un anneau non nécessairement commutatif, m le radical de A, M un A-module à gauche. On suppose que A/m est un corps, que l’homomorphisme canonique de m \otimesA M dans M e… ↩ 3 0481
  • Corollaire 2 Soient A un anneau non nécessairement commutatif, m le radical de A, M un A-module à gauche. On suppose que A/m est un corps, et que l’une des conditions suivantes est vérifiée : ↩ 3 0482
  • Proposition 6 Soient A un anneau non nécessairement commutatif, m son radical ; supposons que A/m soit un corps. Soient M et N deux A-modules libres de type fini, et soit u : M → N un homomorphi… ↩ 5 0483
  • Corollaire Sous les hypothèses de la prop. 6, les propriétés suivantes sont équivalentes : a) u est un isomorphisme de M sur N ; b) M et N ont même rang (Alg., chap. II, 3e éd., § 7; n° 2) et… ↩ 1 0484
  • Proposition 7 Soient A un anneau local réduit, m son idéal maximal, (𝔭ᵢ)_i ∈ I la famille des idéaux premiers minimaux de A, Kᵢ le corps des fractions de A/𝔭ᵢ, M un A-module de type fini. Pour q… ↩ 1 0485
  • Proposition 8 Soient A un anneau, m un idéal maximal de A, M un A-module. S’il existe un idéal a de A tel que m soit le seul idéal maximal de A contenant a, et que aM = 0, alors l’homomorphisme… ↩ 2 0486
  • Proposition 9 Soient A un anneau, m un idéal maximal de A, M un A-module, k un entier geqslant 0. L’homomorphisme canonique M → Mₘ / mᵏ Mₘ est surjectif, admet mᵏ M pour noyau, et définit un iso… ↩ 5 0487
  • Corollaire Soient A un anneau, m₁, m₂, ..., mₙ des idéaux maximaux de A deux à deux distincts, M un A-module, k₁, k₂, ..., kₙ des entiers geqslant 0. L’homomorphisme canonique de M dans ∏ᵢ₌₁ⁿ… ↩ 1 0488
  • Proposition 10 Le A-module ⨁_m ∈ Ω Aₘ, somme directe des Aₘ pour m ∈ Ω, est fidèlement plat. ↩ 2 0489
  • Théorème 1 Soient M, N deux A-modules, u : M → N un A-homomorphisme et pour tout m ∈ Ω, soit uₘ : Mₘ → Nₘ le Aₘ-homomorphisme correspondant (§ 2, n° 2, Remarque 5). Pour que u soit injectif (… ↩ 11 048A
  • Corollaire 1 Soient M un A-module, N un sous-module de M, x un élément de M. Pour que x ∈ N, il faut et il suffit que, pour tout m ∈ Ω, l’image canonique de x dans Mₘ appartienne à Nₘ. ↩ 5 048B
  • Corollaire 2 Soit M un A-module et, pour tout m ∈ Ω, soit fₘ l’homomorphisme canonique M → Mₘ. L’homomorphisme x → (fₘ(x)) de M dans ∏_m ∈ Ω Mₘ est injectif. ↩ 3 048C
  • Corollaire 3 (i) Soient b un idéal de A, a un élément de A. Pour que a ∈ b, il faut et il suffit que, pour tout m ∈ Ω, l’image canonique de a dans Aₘ appartienne à bAₘ. 048D
  • Corollaire 4 Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions, M un A-module sans torsion, de sorte que M s’identifie canoniquement à un sous-A-module de K ⊗_A M. Alors, pour tout m ∈ Ω, M… 048E
  • Corollaire 5 Soit A un anneau. Tout système de générateurs du A-module Aⁿ ayant n éléments est une base de Aⁿ. 048F
  • Proposition 11 Soient M un A-module, N un A-module de type fini, u : M → N un homomorphisme. Pour que u soit surjectif, il faut et il suffit que, pour tout m ∈ Ω, l’homomorphisme M/mM → N/mN dédu… ↩ 2 048G
  • Proposition 12 Soient E, F, G trois A-modules, v : G → F et u : E → F des homomorphismes. On suppose que E est de présentation finie. Pour qu’il existe un homomorphisme w : E → G tel que u se fac… ↩ 3 048H
  • Corollaire 1 Soient M un A-module, N un sous-module de M tel que M/N admette une présentation finie. Pour que N soit facteur direct de M, il faut et il suffit que, pour tout m ∈ Ω, Nₘ soit fact… ↩ 1 048I
  • Corollaire 2 Soient M un A-module libre de type fini, N un sous-module de M qui est un A-module libre de type fini. Pour que N soit facteur direct de M, il faut et il suffit que, pour tout m ∈… 048J
  • Proposition 13 Soient S une partie multiplicative d’un anneau A, et M un A-module. Si M est plat (resp. fidèlement plat), S⁻¹M est un S⁻¹A-module plat (resp. fidèlement plat), et un A-module plat… ↩ 4 048K
  • Remarque Si N est un S⁻¹A-module, S⁻¹N s’identifie à N, et il est par suite équivalent de dire que N est un S⁻¹A-module plat ou un A-module plat. 048L
  • Proposition 14 Soient A un anneau, B une A-algèbre commutative, T une partie multiplicative de B. Si N est un B-module qui est plat en tant que A-module, T⁻¹N est un A-module plat. ↩ 1 048M
  • Proposition 15 Soient A, B deux anneaux, φ : A → B un homomorphisme, N un B-module. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 1 048N
  • Corollaire Pour qu’un A-module M soit plat (resp. fidèlement plat) il faut et il suffit que, pour tout idéal maximal m de A, Mₘ soit un Aₘ-module plat (resp. fidèlement plat). ↩ 2 048O
  • Proposition 16 Soit A un anneau. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 048P
  • Définition 4 On dit qu’un anneau est semi-local s’il satisfait aux conditions équivalentes a), b) de la prop. 16. 048Q
  • Exemple Tout anneau local est semi-local. Tout quotient d’un anneau semi-local est semi-local. Tout produit fini d’anneaux semi-locaux est semi-local. Si A est un anneau semi-local noethér… 048R
  • Proposition 17 Soient A un anneau, p₁, ..., pₙ des idéaux premiers de A. Posons S = ⋂ᵢ₌₁ⁿ (A - pᵢ) = A - ⋃ᵢ₌₁ⁿ pᵢ. ↩ 2 048S
  • Corollaire Soient A un anneau intègre, p₁, ..., pₙ des idéaux premiers de A, non comparables deux à deux pour la relation d’inclusion. Si A = ⋂ᵢ₌₁ⁿ A_pᵢ dans le corps des fractions de A, les… ↩ 1 048T

§ 4. Spectres d’anneaux et supports de modules

  • Définition 1 On dit qu’un espace topologique X est irréductible si toute intersection finie d’ensembles ouverts non vides de X est non vide. 0498
  • Proposition 1 Soit X un espace topologique non vide. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) X est irréductible ; b) tout ensemble ouvert non vide de X est dense dans X ; c) tout ensembl… ↩ 2 0499
  • Proposition 2 Dans un espace topologique X, pour qu’un ensemble E soit irréductible, il faut et il suffit que son adhérence \overline{E} le soit. ↩ 5 049A
  • Proposition 3 (i) Si X est un espace irréductible, tout ensemble ouvert non vide de X est irréductible. ↩ 1 049B
  • Proposition 4 Soient X et Y deux espaces topologiques, f une application continue de X dans Y. Pour toute partie irréductible E de X, f(E) est une partie irréductible de Y. 049C
  • Définition 2 On appelle composante irréductible d’un espace topologique X toute partie irréductible maximale de X. 049D
  • Proposition 5 Soit X un espace topologique. Toute partie irréductible de X est contenue dans une composante irréductible de X, et X est réunion de ses composantes irréductibles. 049E
  • Corollaire Toute composante connexe d’un espace topologique X est réunion de composantes irréductibles de X. ↩ 1 049F
  • Proposition 6 Soient X un espace topologique, (Pᵢ)_1 ≤ i ≤ n un recouvrement fini de X formé d’ensembles fermés irréductibles. Alors les composantes irréductibles de X sont les éléments maximaux… ↩ 2 049G
  • Corollaire Soient X un espace topologique, E un sous-espace de X n’ayant qu’un nombre fini de composantes irréductibles distinctes Qᵢ (1 ≤ i ≤ n); alors les composantes irréductibles de l’adh… 049H
  • Remarque Supposons que X n’ait qu’un nombre fini de composantes irréductibles distinctes Xᵢ (1 ≤ i ≤ n); alors Uᵢ = C ( ⋃_j ≠ i Xⱼ ) est ouvert dans X et dense dans Xᵢ puisque Xᵢ ∉ ⋃_j ≠ i… 049I
  • Proposition 7 Soit U une partie ouverte d’un espace topologique X. L’application V → overlineV (adhérence dans X) est une bijection de l’ensemble des parties irréductibles de U, fermées dans U… 049J
  • Définition 3 On dit qu’un espace topologique X est nœthérien si tout ensemble non vide de parties fermées de X, ordonné par inclusion, possède un élément minimal. 049K
  • Proposition 8 (i) Tout sous-espace d’un espace nœthérien est nœthérien. ↩ 1 049L
  • Proposition 9 Pour qu’un espace topologique X soit nœthérien, il faut et il suffit que tout ensemble ouvert dans X soit quasi-compact. 049M
  • Lemme 1 (« principe de récurrence nœthérienne ») Soient E un ensemble ordonné dont toute partie non vide admet un élément minimal. Soit F une partie de E ayant la propriété suivante : si a ∈ E est tel que la relation x < a entraî… 049N
  • Proposition 10 Si X est un espace nœthérien, l’ensemble des composantes irréductibles de X (et a fortiori l’ensemble des composantes connexes de X) est fini. 049O
  • Définition 4 Soit A un anneau. On appelle spectre premier de A et on note Spec (A) l’ensemble X des idéaux premiers de A, muni de la topologie pour laquelle les ensembles fermés sont les ensemb… ↩ 1 049P
  • Proposition 11 Soient A un anneau, a un idéal de A, Y une partie de X = Spec (A). ↩ 8 049Q
  • Corollaire 1 Pour toute famille (Y_λ)_λ ∈ L de parties fermées de X, 𝔍(⋂_λ ∈ L Y_λ) est la racine de la somme des idéaux 𝔍(Y_λ). 049R
  • Corollaire 2 Désignons par r(a) la racine d’un idéal a de A ; si a et b sont deux idéaux de A, la relation V(a) ⊂ V(b) est équivalente à b ⊂ r(a) et à r(b) ⊂ r(a). ↩ 4 049S
  • Corollaire 3 Soit (f_λ)_λ ∈ L une famille d’éléments de A. Pour qu’un élément g ∈ A soit tel que X_g ⊂ ⋃_λ ∈ L X_f_λ, il faut et il suffit qu’il existe un entier n > 0 tel que gⁿ appartienne à… ↩ 2 049T
  • Corollaire 4 Pour que deux éléments f,\ g de A soient tels que X_f = X_g, il faut et il suffit qu’il existe deux entiers m > 0,\ n > 0 tels que fᵐ ∈ Ag et gⁿ ∈ Af. 0CGX
  • Corollaire 5 Pour que f ∈ A soit tel que X_f = ∅, il faut et il suffit que f soit nilpotent. 049U
  • Corollaire 6 L’adhérence d’un ensemble réduit à un point p ∈ X = Spec(A) est l’ensemble V(p) des idéaux premiers contenant p. Pour que l’ensemble p soit fermé dans X (ou, comme on dit encore pa… 049V
  • Corollaire 7 Si A est un anneau noethérien, X = Spec(A) est un espace noethérien. ↩ 1 049W
  • Proposition 12 Pour tout f ∈ A, l’ensemble ouvert X_f dans X = Spec(A) est quasi-compact ; en particulier, l’espace X est quasi-compact. 049X
  • Proposition 13 Soient A, A' deux anneaux, X = Spec(A), X' = Spec(A'), h un homomorphisme de A dans A' ; l’application ᵃ h : p' → overlineh(p') de X' dans X est continue. ↩ 3 049Y
  • Remarque Si h est surjective et si a est son noyau, il résulte de la définition de la topologie spectrale que ᵃ h est un homéomorphisme de X' sur le sous-espace fermé V(a) de X ; en effet… 049Z
  • Corollaire Soient S une partie multiplicative de A, A' = S⁻¹A, h l’homomorphisme canonique i_A^S; alors ᵃ h est un homéomorphisme de X' = Spec(A') sur le sous-espace de X = Spec(A) formé des… ↩ 1 04A0
  • Proposition 14 Soit A un anneau. Pour qu’une partie Y de X = Spec(A) soit irréductible, il faut et il suffit que l’idéal 𝔍(Y) soit premier. ↩ 1 04A1
  • Corollaire 1 Pour qu’un anneau A soit tel que X = Spec(A) soit irréductible, il faut et il suffit que le quotient de A par son nilradical 𝔑 soit intègre. 04A2
  • Corollaire 2 L’application p → V(p) est une bijection de X = Spec(A) sur l’ensemble des parties fermées irréductibles de X; en particulier les composantes irréductibles d’une partie fermée Y de… ↩ 2 04A3
  • Corollaire 3 L’ensemble des idéaux premiers minimaux d’un anneau noethérien A est fini. ↩ 1 04A4
  • Proposition 15 Soient A un anneau, I un ensemble fini, E l’ensemble des familles orthogonales (eᵢ)_i ∈ I d’idempotents eᵢ ≠ 0 de A, telles que ∑_i ∈ I eᵢ = 1. Pour tout (eᵢ)_i ∈ I ∈ E, posons var… ↩ 2 04A5
  • Lemme 2 Si e, f sont deux idempotents de A tels que Ae et Af aient même racine, on a e = f. ↩ 1 04A6
  • Corollaire 1 Soient A un anneau, 𝔯 un nilidéal de A, h : A → A/𝔯 l’homomorphisme canonique. Pour toute famille orthogonale finie (e'ᵢ)_i ∈ I d’idempotents de A/𝔯, telle que ∑_i ∈ I e'ᵢ = 1, il… 04A7
  • Corollaire 2 Pour que le spectre premier X = Spec(A) d’un anneau A soit connexe, il faut et il suffit qu’il n’existe dans A aucun idempotent autre que 0 et 1. ↩ 1 04A8
  • Définition 5 Soient A un anneau, M un A-module. On appelle support de M, et on note Supp(M), l’ensemble des idéaux premiers 𝔭 de A tels que M_𝔭 ≠ 0. ↩ 1 04A9
  • Exemple Soit a un idéal de A; avec les notations du no 3, on a V(a) = Supp(A/a). En effet, si 𝔭 est un idéal premier de A tel que a ∉ 𝔭, on sait que (A/a)_𝔭 = 0 (§ 3, no 1, Remarque 3); si… 04AA
  • Proposition 16 Soient A un anneau, M un A-module. (i) Si N est un sous-module de M, on a Supp(M) = Supp(N) ∪ Supp(M/N). (ii) Si M est somme d’une famille (Nᵢ)_i ∈ I de sous-modules, on a Supp(M)… ↩ 2 04AB
  • Corollaire Soient A un anneau, M un A-module, (mᵢ)_i ∈ I un système de générateurs de M, et aᵢ l’annulateur de mᵢ. On a alors Supp(M) = ⋃_i ∈ I V(aᵢ). En effet, Supp(M) = ⋃_i ∈ I Supp(Amᵢ) en… ↩ 1 04AC
  • Proposition 17 Soient A un anneau, M un A-module, a son annulateur ; si M est de type fini, on a Supp(M) = V(a), et Supp(M) est donc fermé dans Spec(A). Soit (mᵢ)_1 ≤ i ≤ n un système de générate… ↩ 6 04AD
  • Corollaire 1 Soient A un anneau, M un A-module de type fini, a un élément de A. Pour que a appartienne à tout idéal premier du support de M, il faut et il suffit que l’homothétie de M, de rappo… 04AE
  • Corollaire 2 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini, a un idéal de A. Pour que Supp(M) ⊂ V(a), il faut et il suffit qu’il existe un entier k tel que aᵏ M = 0. 04AF
  • Proposition 18 Soient M, M' deux modules de type fini sur un anneau A; on a alors 04AG
  • Lemme 3 Soient B un anneau local, E et E' deux B-modules de type fini. Si E ≠ 0 et E' ≠ 0, on a E ⊗_B E' ≠ 0. 04AH
  • Corollaire Soient M un A-module de type fini, n son annulateur. Pour tout idéal a de A, on a Supp (M/aM) = V(a) ∩ V(n) = V(a + n). 04AI
  • Proposition 19 Soient A, B deux anneaux, φ : A → B un homomorphisme, aφ : Spec(B) → Spec(A) l’application continue associée à φ (prop. 13). Pour tout A-module M, on a Supp (MB) ⊂ aφ^{-1}(Supp (M)… ↩ 1 04AJ
  • Lemme 4 Soient A, B deux anneaux locaux, ρ : A → B un homomorphisme local, E un A-module de type fini. Si E ≠ 0, on a EB ≠ 0. ↩ 1 04AK
  • Proposition 20 Soient A un anneau, M un A-module de type fini. Pour tout idéal premier p ∈ Supp (M), il existe un A-homomorphisme non nul w : M → A/p. ↩ 1 04AL

§ 5. Modules projectifs de type fini. Idéaux fractionnaires inversibles

  • Proposition 1 Soit f un élément d’un anneau A, et soit φ : A → A_f l’application canonique. L’application ᵃφ : Spec(A_f) → Spec(A) est un homéomorphisme de Spec(A_f) sur le sous-espace ouvert X_… 04BE
  • Proposition 2 Soient A un anneau, u : M → N un homomorphisme de A-modules, et p un idéal premier de A. ↩ 2 04BF
  • Corollaire Si N est de présentation finie et si Np est un Ap-module libre de rang p, il existe f ∈ A - p tel que Nf soit un Af-module libre de rang p. ↩ 1 04BG
  • Proposition 3 Soit (fi){i ∈ I} une famille finie d’éléments d’un anneau A, engendrant l’idéal A de A. L’anneau B = ∏_i ∈ I A_fᵢ est alors un A-module fidèlement plat. ↩ 3 04BH
  • Corollaire Sous les hypothèses de la prop. 3, pour qu’un A-module M soit de type fini (resp. de présentation finie), il faut et il suffit que, pour tout indice i, le A_fᵢ-module M_fᵢ soit de… ↩ 1 04BI
  • Théorème 1 Soient A un anneau, P un A-module. Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) P est un module projectif de type fini. b) P est un module de présentation finie, et pour tout id… ↩ 15 04BJ
  • Corollaire 1 Supposons vérifiées les propriétés équivalentes de l’énoncé du th. 1. Soit m un entier > 0 tel que, pour toute famille (xᵢ)_1 ≤ i ≤ m d’éléments de P, il existe une famille (aᵢ)_1… 04BK
  • Corollaire 2 Tout module plat de présentation finie est projectif. ↩ 1 04BL
  • Remarque 1 Il existe des modules plats de type fini qui ne sont pas projectifs (exerc. 7). 0CGY
  • Remarque 2 Le cor. 2 du th. 1 s’étend aux modules sur un anneau non commutatif (chap. I, § 2, exerc. 15). 0CGZ
  • Définition 1 Soit P un A-module projectif de type fini. Pour tout idéal premier p de A, le rang du Aₚ-module libre Pₚ s'appelle le rang de P en p et se note rgₚ(P). ↩ 1 04BM
  • Définition 2 Soit n un entier geqslant 0. On dit qu'un A-module projectif P est de rang n s'il est de type fini et si rgₚ(P) = n pour tout idéal premier p de A. ↩ 3 04BN
  • Théorème 2 Soient P un A-module et n un entier geqslant 0. Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) P est projectif de rang n. b) P est de type fini et, pour tout idéal maximal m de A… ↩ 4 04BO
  • Remarque Si A est un anneau intègre, un A-module projectif admet un rang bien défini (au sens de la déf. 2), comme on l’a observé plus haut ; en outre ce rang coïncide avec le rang défini e… 04BP
  • Corollaire Pour qu’un A-module projectif de type fini P soit de rang n, il faut et il suffit que ∧ⁿ P soit de rang 1. 04BQ
  • Proposition 4 Soient B une A-algèbre commutative, P un A-module projectif de rang n. Le B-module P_(B) = B ⊗_A P est alors projectif de rang n. ↩ 4 04BR
  • Proposition 5 Soient A un anneau semi-local, P un A-module projectif de type fini. Si le rang de P est défini, P est un A-module libre. ↩ 1 04BS
  • Théorème 3 Soient A un anneau, M un A-module de type fini. ↩ 2 04BT
  • Proposition 6 Soient M et N des A-modules projectifs de rang 1. Alors M ⊗_A N, Hom_A(M, N) et le dual M^* de M sont projectifs de rang 1. 04BU
  • Proposition 7 L’ensemble P(A) des classes de A-modules projectifs de rang 1, muni de la loi de composition (6), est un groupe commutatif. Si M est un A-module projectif de rang 1 et M^* son dual… 04BV
  • Définition 3 Soit M un sous-A-module de B. On dit que M est non dégénéré si B.M = B. 04BW
  • Proposition 8 Soit M un sous-A-module de B. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) M est non dégénéré. b) M rencontre S. c) Si j : M → B est l’injection canonique, l’homomorphisme u = S… ↩ 4 04BX
  • Corollaire Si M et N sont deux sous-A-modules non dégénérés de B, les A-modules M + N, M.N et M ∩ N sont non dégénérés. L’assertion est triviale pour M + N; d’autre part, si s ∈ S ∩ M et t ∈… 04BY
  • Proposition 9 Soient M, N deux sous-A-modules de B. Si M est non dégénéré, l’homomorphisme canonique de N : M dans Hom_A(M, N) est bijectif. ↩ 2 04BZ
  • Remarque En particulier, A : M s’identifie canoniquement au dual M^* de M, la forme bilinéaire canonique sur M × M^* s’identifiant à la restriction à M × (A : M) de la multiplication B × B… 04C0
  • Définition 4 On dit qu’un sous-A-module M de B est inversible s’il existe un sous-A-module N de B tel que M.N = A. 04C1
  • Exemple Si b est un élément inversible de B, le A-module Ab est inversible, comme on le voit en prenant N = Ab⁻¹. 04C2
  • Proposition 10 Soit M un sous-A-module inversible de B. Alors : ↩ 3 04C3
  • Théorème 4 Soit M un sous-A-module non dégénéré de B. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 5 04C4
  • Corollaire Tout sous-A-module inversible de B est plat et de présentation finie. Cela résulte du th. 4 c). ↩ 1 04C5
  • Proposition 11 Soient M, N deux sous-A-modules de B. On suppose M inversible. Alors : (i) L’homomorphisme canonique M ⊗A N → M.N est bijectif. (ii) On a N : M = N.(A : M) et N = (N : M).M. Soit j… ↩ 3 04C6
  • Remarque La démonstration de (i) dans la prop. 11 utilise seulement le fait que M est plat et non dégénéré. 04C7
  • Proposition 12 L’application cl : 𝔍 → P(A) définit, par passage au quotient, un isomorphisme de ℭ = 𝔍/θ(B^*) sur le noyau de l’homomorphisme canonique φ : P(A) → P(B) (no 4). 04C8
  • Corollaire 1 Pour que deux sous-A-modules inversibles de B aient même image dans ℭ, il faut et il suffit qu’ils soient isomorphes. 04C9
  • Corollaire 2 Si l’anneau B est semi-local, le groupe ℭ des classes de sous-A-modules inversibles de B s’identifie canoniquement au groupe P(A) des classes de A-modules projectifs de rang 1. ↩ 2 04CA
  • Remarque L’hypothèse du cor. 2 est remplie dans les deux cas suivants : 04CB

III. Graduations, filtrations et topologies

§ 1. Algèbres graduées de type fini

  • Définition 1 Dans une algèbre commutative B sur un anneau commutatif A, on dit qu’une famille (xᵢ)_i ∈ I d’éléments de B 04D1
  • Définition 2 On dit qu’une algèbre commutative B sur un anneau commutatif A est de type fini si elle est engendrée par une famille finie d’éléments. 04D2
  • Proposition 1 Soient A = ⨁_i ∈ Z Aᵢ un anneau commutatif gradué à degrés positifs, m l’idéal gradué ⨁_i ≥ 1 Aᵢ, (x_λ)_λ ∈ L une famille d’éléments homogènes de A, de degrés ≥ 1. Les conditions s… ↩ 1 04D3
  • Corollaire Soient A = ⨁_i ∈ Z Aᵢ un anneau commutatif gradué à degrés positifs et m l’idéal gradué ⨁_i ≥ 1 Aᵢ. ↩ 3 04D4
  • Proposition 2 Soient A = ⨁_i ∈ Z Aᵢ un anneau commutatif gradué à degrés positifs, M = ⨁_i ∈ Z Mᵢ un A-module gradué. On suppose que A est une A₀-algèbre de type fini et M un A-module de type fi… 04D5
  • Lemme 1 Soient A un anneau commutatif gradué tel que A = A₀[A₁], M un A-module gradué, (y_λ)_λ ∈ L un système de générateurs homogènes de M tels que deg(y_λ) leqslant n₀ pour tout λ ∈ L. A… ↩ 2 04D6
  • Lemme 2 Soit A un anneau commutatif gradué tel que A = A₀[A₁], et soit S = ⨁_i ≥ 0 Sᵢ une A-algèbre commutative graduée à degrés positifs, qui soit un A-module de type fini. Il existe alor… ↩ 1 04D7
  • Proposition 3 Soit R = ⨁_i ≥ 0 Rᵢ un anneau commutatif gradué à degrés positifs qui soit une R₀-algèbre de type fini. Il existe un entier e ≥ 1 tel que R⁽ᵐᵉ⁾ = R₀[Rₘₑ] pour tout m ≥ 1. 04D8
  • Proposition 4 Soit p = ⨁_i ≥ 0 pᵢ un idéal gradué de A ; pour que p soit premier, il faut et il suffit que si x ∈ Aₘ, y ∈ Aₙ sont tels que x ∉ p et y ∉ p, on ait xy ∉ p. ↩ 2 04D9
  • Proposition 5 Soient a = ⨁_i ≥ 0 aᵢ un idéal gradué de A, n₀ un entier > 0. Pour qu’il existe un idéal premier gradué p = ⨁_i ≥ 0 pᵢ tel que pₙ = aₙ pour n ≥ n₀, il faut et il suffit que, pour t… ↩ 1 04DA
  • Proposition 6 Soit d un entier ≥ 1. (i) Pour tout idéal premier gradué essentiel p de A, p ∩ A⁽ᵈ⁾ est un idéal premier gradué essentiel de A⁽ᵈ⁾. (ii) Inversement, pour tout idéal premier gradué… 04DB
  • Proposition 7 Soient p un idéal premier gradué de A, d un entier geqslant 1, p' l’idéal premier gradué p ∩ A⁽ᵈ⁾ de A⁽ᵈ⁾; pour tout A-module gradué M, l’homomorphisme (M⁽ᵈ⁾)_(p') → M₍ₚ₎ déduit de… ↩ 1 04DC
  • Proposition 8 Soit m = ⨁_t geqslant 1 Aₜ; soient (p⁽ᵏ⁾)_1 leqslant k leqslant n une famille finie d’idéaux premiers gradués de A et a un idéal gradué de A tel que a ∩ m ∉ p⁽ᵏ⁾ pour tout k; alors… 04DD

§ 2. Généralités sur les anneaux et modules filtrés

  • Définition 1 On appelle filtration croissante (resp. décroissante) sur un groupe G une suite croissante (resp. décroissante) (Gₙ)_n ∈ Z de sous-groupes de G. 04DH
  • Définition 2 Etant donné un anneau A, on dit qu’une filtration (Aₙ)_n ∈ Z sur le groupe additif A est compatible avec la structure d’anneau de A si l’on a (1) Aₘ Aₙ ⊂ Aₘ₊ₙ pour m ∈ Z, n ∈ Z (2)… 04DI
  • Définition 3 Soient A un anneau filtré, (Aₙ)_n ∈ Z sa filtration, E un A-module. On dit qu’une filtration (Eₙ)_n ∈ Z sur E est compatible avec sa structure de module sur l’anneau filtré A, si l… 04DJ
  • Exemple 1 Soit A un anneau gradué de type Z; pour tout i ∈ Z, soit A₍ᵢ₎ le sous-groupe des éléments homogènes de degré i dans A. Posons Aₙ = ∑_i ≥ n A₍ᵢ₎; alors il est immédiat que (Aₙ) est… 0CH0
  • Exemple 2 Soient A un anneau filtré, (Aₙ)_n ∈ Z sa filtration, E un A-module. Posons Eₙ = Aₙ E; il résulte de (1) que l’on a 0CH1
  • Exemple 3 Soient A un anneau, m un idéal bilatère de A. Posons Aₙ = mⁿ pour n ≥ 0, Aₙ = A pour n < 0; il est immédiat que (Aₙ) est une filtration exhaustive sur A, dite filtration m-adique… 0CH2
  • Exemple 4 Si A est un anneau filtré, (Aₙ) sa filtration, le A-module à gauche Aₛ est un A-module filtré pour la filtration (Aₙ). Il est clair d’autre part que (Aₙ) est une filtration compati… 0CH3
  • Exemple 5 Sur un anneau A, les ensembles Aₙ tels que Aₙ = 0 pour n > 0, Aₙ = A pour n ≤ 0 forment une filtration dite triviale, associée (Exemple 1) à la graduation triviale de A ; sur un A-… 0CH4
  • Exemple 1 Soient A un anneau commutatif, t un élément de A non diviseur de 0. Munissons A de la filtration (t)-adique (n° 1, Exemple 3). Alors l’anneau gradué associé gr(A) est canoniquement… ↩ 1 04DK
  • Exemple 2 Soient K un anneau commutatif, A l’anneau de séries formelles K[[X₁, ..., Xᵣ]] (Alg., chap. IV, § 5), m l’idéal de A dont les éléments sont les séries formelles sans terme constant… 04DL
  • Exemple 3 Plus généralement, soient A un anneau commutatif, b un idéal de A, et munissons A de la filtration b-adique. Si on pose B = gr0(A), F = gr1(A) = b/b^2, on sait (Alg., chap. III, 3e… ↩ 9 04DM
  • Exemple 4 Soient K un anneau commutatif, g une algèbre de Lie sur K, U l’algèbre enveloppante de g. On définit sur U une filtration croissante (Un){n∈\mathbf{Z}} en prenant Un = {0} pour n <… ↩ 1 04DN
  • Exemple 5 Soient A un anneau gradué de type \mathbf{Z}, E un A-module gradué de type Z; soit A₍ᵢ₎ (resp. E₍ᵢ₎) le sous-groupe des éléments homogènes de degré i de A (resp. E). Munissons A et… 04DO
  • Proposition 1 Soient A un anneau filtré, (Aₙ)_n ∈ Z sa filtration, v sa fonction d’ordre. Supposons que gr(A) soit un anneau sans diviseur de zéro. Alors, pour tout couple d’éléments a, b de l’a… ↩ 1 04DP
  • Corollaire Soient A un anneau filtré, (Aₙ)_n ∈ Z sa filtration ; posons B = ⋃_n ∈ Z Aₙ, n = ⋂_n ∈ Z Aₙ. Si l’anneau gr(A) est sans diviseur de zéro, il en est de même de l’anneau B/n. ↩ 2 04DQ
  • Remarque Soit G un groupe non nécessairement commutatif, muni d’une filtration (Gₙ)_n ∈ Z telle que Gₙ₊₁ soit distingué dans Gₙ pour tout n ∈ Z; posons encore grₙ(G) = Gₙ / Gₙ₊₁. On appelle… 04DR
  • Proposition 2 Soient G un groupe commutatif filtré, H un sous-groupe de G; on munit H de la filtration induite et G/H de la filtration quotient. Si j : H → G est l’injection canonique et p : G →… ↩ 3 04DS
  • Remarque 1 Il est clair que les homomorphismes d’anneaux filtrés (resp. de modules filtrés sur un anneau filtré donné A) compatibles avec les filtrations peuvent être pris comme morphismes po… 0CH5
  • Remarque 2 Soient E et F deux modules sur un anneau filtré A, et munissons-les des filtrations déduites de la filtration (An) de A (n° 1, Exemple 2). Alors toute application A-linéaire u : E… 0CH6
  • Remarque 3 On notera qu’un homomorphisme u : E → F de A-modules filtrés, compatible avec les filtrations, peut être tel que gr(u) = 0 sans être nul ; il en est ainsi par exemple de l’endomorp… 0CH7
  • Remarque 4 Les définitions du début de ce n° s’étendent immédiatement à deux groupes non nécessairement commutatifs G, G′, filtrés par des sous-groupes Gₙ, G'ₙ, tels que Gₙ₊₁ (resp. G'ₙ₊₁) so… 0CH8
  • Proposition 3 Soient A un anneau filtré, (Aₙ) sa filtration, B le sous-anneau ⋃_n ∈ Z Aₙ de A, E un B-module filtré, (Eₙ) sa filtration, F le sous-B-module ⋃_n ∈ Z Eₙ de E. Alors l’application (… ↩ 2 04DT
  • Corollaire L’anneau B est un anneau topologique et le B-module F un B-module topologique. ↩ 1 04DU
  • Proposition 4 Soient A un anneau commutatif filtré par une filtration exhaustive (Aₙ), p un idéal de A. Supposons que l’idéal gr(p) = \bigoplus{n \in \mathbf{Z}} (p \cap An)/(p \cap A{n+1})\ de\… 04DV
  • Proposition 5 Soit G un groupe filtré, dont la filtration (Gₙ) est formée de sous-groupes distingués de G. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) G est un groupe topologique complet. b)… ↩ 1 04DW
  • Proposition 6 Les notations étant comme ci-dessus, supposons que α₀ = A, et désignons par h l’application P → (α_e,P)_e ∈ Nˢ. Alors h est un isomorphisme du groupe additif topologique A' sur le… ↩ 3 04DZ
  • Corollaire Soient A un anneau commutatif, A' = A[[X₁, ..., Xₛ]] l’anneau de séries formelles à s indéterminées sur A, 𝔫 l’idéal de A' formé des séries formelles sans terme constant. L’anneau… ↩ 5 04E0
  • Proposition 7 Soient A un anneau filtré, E un A-module filtré, (Eₙ) la filtration de E; on suppose que E₀ = E, que les Eₙ sont des sous-modules de E, que les A-modules E/Eₙ sont artiniens, et en… ↩ 1 04E1
  • Proposition 8 On suppose que A et E vérifient les hypothèses de la prop. 7. Soit (Fₚ) une suite décroissante de sous-modules fermés de E tels que ⋂ₚ Fₚ = 0. Alors, pour tout voisinage V de 0 dan… ↩ 4 04E2
  • Théorème 1 Soient X, Y deux groupes filtrés dont les filtrations (Xₙ), (Yₙ) sont formées de sous-groupes distingués ; soit u : X → Y un homomorphisme compatible avec les filtrations. ↩ 4 04E3
  • Corollaire 1 Supposons que X soit séparé et sa filtration exhaustive. Alors, si gr(u) est injectif, u est injectif. ↩ 4 04E4
  • Corollaire 2 Supposons vérifiée l'une des hypothèses suivantes : α) X est complet, Y est séparé et sa filtration est exhaustive ; β) Y est discret et sa filtration est exhaustive. Alors, si gr(… ↩ 2 04E5
  • Corollaire 3 Supposons X et Y séparés, les filtrations de X et Y exhaustives et X complet. Alors, si gr(u) est bijectif, u est bijectif. 04E6
  • Proposition 9 Soient A un anneau local, m son idéal maximal, M, N deux A-modules, u : N → M un A-homomorphisme. On munit M et N des filtrations m-adiques, et on suppose que : 1^∘ M vérifie la pr… ↩ 1 04E7
  • Corollaire Sous les hypothèses de la prop. 9, si on suppose en outre N séparé pour la filtration m-adique, alors u est injectif. 04E8
  • Remarque Supposons vérifiées les hypothèses de la prop. 9, et en outre l’une des conditions suivantes : 1° m est nilpotent ; 2° A est noethérien, et P idéalement séparé (cf. § 5, n° 1) ; al… 0CH9
  • Proposition 10 Soient A un anneau commutatif filtré, (Aₙ) sa filtration ; on suppose qu’il existe un sous-anneau C de A₀ tel que C ∩ A₁ = 0 et on identifie C à un sous-anneau de gr₀(A). Soit (xᵢ)… ↩ 1 04E9
  • Proposition 11 Soient A un anneau commutatif filtré, séparé et complet, C un sous-anneau de A₀ tel que C ∩ A₁ = 0, (xᵢ)_1 ≤ i ≤ q une famille finie d’éléments de A telle que xᵢ ∈ A_nᵢ avec nᵢ > 0… ↩ 3 04EA
  • Proposition 12 Soient A un anneau filtré, E un A-module filtré, (An) et (En) les filtrations respectives de A et E. On suppose A complet, et la filtration (En) exhaustive et séparée. Soit (xi){i… ↩ 5 04EB
  • Corollaire 1 Soient A un anneau filtré complet, E un A-module filtré dont la filtration est exhaustive et séparée. Si gr(E) est un gr(A)-module de type fini (resp. noethérien), alors E est un A… ↩ 4 04EC
  • Corollaire 2 Soit A un anneau filtré séparé et complet, dont la filtration est exhaustive. Si gr(A) est un anneau noethérien à gauche, il en est de même de A. ↩ 2 04ED
  • Corollaire 3 Soient A un anneau filtré complet, (Aₙ) sa filtration, E un A-module filtré séparé, (Eₙ) sa filtration, F un sous-module de type fini de E; on suppose A₀ = A et E₀ = E. ↩ 3 04EE
  • Proposition 13 Soient A un anneau, m un idéal bilatère de A contenu dans le radical de A, E un A-module. On munit A et E des filtrations m-adiques (no 1, Exemple 3). On suppose que l’une des cond… ↩ 2 04EF
  • Lemme 1 Soit A un anneau gradué de type Z, dont la graduation (Aₙ) est telle que Aₙ = 0 pour tout n < 0, ou Aₙ = 0 pour tout n > 0. Soit M un A-module gradué de type Z. Pour que M soit un… ↩ 1 04EG
  • Théorème 2 Soient A un anneau gradué de type N, M un A-module gradué de type N, (Aₙ) et (Mₙ) leurs graduations respectives. On suppose qu’il existe un élément a ∈ A₁ tel que Aₙ = A₀ aⁿ et Mₙ… ↩ 2 04EH
  • Corollaire 1 (théorème de Hilbert) Pour tout anneau commutatif noethérien C, l’anneau de polynômes C[X] est noethérien (cf. exerc. 10). ↩ 1 04EI
  • Corollaire 2 Pour tout anneau commutatif noethérien C et tout entier n > 0, l’anneau de polynômes C[X₁, …, Xₙ] est noethérien. ↩ 1 04EJ
  • Corollaire 3 Si C est un anneau commutatif noethérien, toute C-algèbre commutative de type fini est un anneau noethérien. En effet, une telle algèbre est isomorphe à un quotient d'une algèbre d… ↩ 5 04EK
  • Corollaire 4 Soit A un anneau commutatif gradué de type N, et soit (Aₙ) sa graduation. Pour que A soit noethérien, il faut et il suffit que A₀ soit noethérien et que A soit une A₀-algèbre de ty… ↩ 2 04EL
  • Corollaire 5 Soient A un anneau commutatif, m un idéal de A tel que A/m soit noethérien, que m/m² soit un (A/m)-module de type fini et que A soit séparé et complet pour la topologie m-adique. A… ↩ 4 04EM
  • Corollaire 6 Pour tout anneau commutatif noethérien C et tout entier n > 0, l'anneau de séries formelles C[[X₁, ..., Xₙ]] est noethérien. Cela résulte du cor. 5 et du no 6, cor. de la prop. 6… 04EN
  • Remarque 1 Les corollaires 2, 3 et 6 s'appliquent en particulier lorsque C est un corps commutatif. 0CHA
  • Remarque 2 Soit g une algèbre de Lie sur un anneau commutatif noethérien C, et supposons que g soit un C-module de type fini. Munissons l'algèbre enveloppante U de g de la filtration croissan… 0CHB
  • Proposition 14 Soit (Aᵢ, hᵢⱼ) un système projectif d’anneaux commutatifs discrets, dont l’ensemble d’indices est N, et soit (Mᵢ, uᵢⱼ) un système projectif de modules sur le système projectif d’an… ↩ 4 04EO
  • Corollaire 1 Les notations et hypothèses étant celles de la prop. 14, supposons de plus que M₀ soit un A₀-module de type fini et que l'idéal n₁ de A₁ soit de type fini. Soit m₁ le noyau de h₀… ↩ 1 04EP
  • Corollaire 2 Les hypothèses étant celles du cor. 1, pour que A soit noethérien, il faut et il suffit que A₀ le soit. ↩ 1 04EQ
  • Proposition 15 Soient A un anneau filtré, E un A-module filtré, les filtrations respectives (Aₙ), (Eₙ) de A et de E étant exhaustives. Alors (hatAₙ) est une filtration compatible avec la structur… ↩ 2 04ER
  • Lemme 2 Soit X xrightarrowf Y xrightarrowg Z une suite exacte de morphismes stricts de groupes topologiques (Alg., chap. II, 3e éd., § 1, no 4, Remarque). Supposons que X, Y, Z admettent d… ↩ 3 04ES
  • Proposition 16 Soient A un anneau filtré, (Aₙ) sa filtration, E un A-module, (Eₙ) la filtration sur E déduite de celle de A, formée des Eₙ = Aₙ E. On suppose la filtration (Aₙ) exhaustive et le m… ↩ 5 04ET
  • Corollaire 1 Sous les conditions de la prop. 16, si A est complet, il en est de même de E. ↩ 1 04EU
  • Corollaire 2 Soient A un anneau commutatif, m un idéal de A de type fini, hatA le séparé complété de A pour la topologie m-adique. On a alors widehatmⁿ = (hatm)ⁿ = mⁿ . hatA pour tout entier n… ↩ 2 04EV
  • Proposition 17 Soient A un anneau commutatif, (mλ)λ∈L une famille d’idéaux de A, distincts de A, tels que mλ et mμ soient étrangers pour λ ≠ μ. Pour tout famille s = (s(λ))λ∈L d’entiers ≥ 0, à su… ↩ 3 04EW
  • Corollaire Soient A un anneau principal, P un système représentatif d’éléments extrémaux de A (Alg., chap. VII, § 1, n° 3). La topologie sur A pour laquelle les idéaux ≠ 0 de A forment un sys… 04EX
  • Remarque 1 Il est clair que sous les conditions de la prop. 17, la topologie G est la borne supérieure des topologies m_λ-adiques sur A. 0CHC
  • Remarque 2 Tout idéal fermé a de ∏_λ ∈ L hatA_λ est identique au produit de ses projections a_λ = pr_λ(a), qui sont des idéaux fermés dans les hatA_λ; en effet, hatA_λ s’identifie canoniqueme… 0CHD
  • Proposition 18 Soient A un anneau commutatif, (mᵢ)_1 ≤ i ≤ q une famille finie d’idéaux maximaux distincts de A, x l’idéal produit m₁ m₂ … m_q = m₁ ∩ m₂ ∩ … ∩ m_q, S la partie multiplicative ⋂ᵢ₌₁… ↩ 1 04EY
  • Proposition 19 Soient A un anneau commutatif, m un idéal maximal de A. Le séparé complété hatA de A pour la topologie m-adique est un anneau local, dont l’idéal maximal est hatm. 04EZ
  • Lemme 3 Soit A un anneau topologique séparé et complet, dans lequel il existe un système fondamental S de voisinages de 0 formé de sous-groupes additifs de A. ↩ 3 04F0
  • Corollaire Soient A un anneau semi-local (chap. II, § 3, no 5), mᵢ ses idéaux maximaux distincts (1 ≤ i ≤ q), r = m₁ ∩ m₂ ∩ … ∩ m_q son radical. Le séparé complété hatA de A pour la topologie… ↩ 3 04F1

§ 3. Topologies m-adiques sur les anneaux nœthériens

  • Définition 1 Soient A un anneau commutatif, m un idéal de A, E un A-module, (Eₙ) une filtration sur le groupe additif E, formée de sous-modules de E. On dit que la filtration (Eₙ) est m-bonne s… 04FX
  • Théorème 1 Soient A un anneau commutatif, m un idéal de A, E un A-module, (Eₙ) une filtration du groupe additif E, formée de sous-A-modules de type fini. On suppose que m Eₙ ⊂ Eₙ₊₁ pour tout… ↩ 2 04FY
  • Lemme 1 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A. Alors le sous-anneau A' = ∑_n ≥ 0 mⁿ Xⁿ de A[X] est noethérien. ↩ 1 04FZ
  • Proposition 1 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A; on munit A de la filtration m-adique. Soient E, F deux A-modules filtrés, j : F → E un homomorphisme injectif compatible… ↩ 3 04G0
  • Corollaire 1 (lemme d’Artin-Rees) Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, E un A-module de type fini, F un sous-module de E. La filtration induite sur F par la filtration m-adique de E est m-bonn… ↩ 2 04G1
  • Corollaire 2 Soient A un anneau commutatif noethérien, a, b deux idéaux de A. Il existe un entier h > 0 tel que aʰ ∩ b ⊂ ab. 04G2
  • Corollaire 3 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, x un élément de A non diviseur de 0. Il existe un entier k > 0 tel que, pour tout n ≥ k, la relation xy ∈ mⁿ entraîne y ∈… 04G3
  • Corollaire 4 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, E un A-module de type fini, (Eₙ) et (E'ₙ) deux filtrations formées de sous-modules de E. On suppose que les filtrations (… 04G4
  • Lemme 2 Soient A, B deux anneaux commutatifs noethériens, φ : A → B un homomorphisme d’anneaux, E un A-module de type fini, F un B-module de type fini. Alors Hom_A(E, φ_*(F)) est un B-modu… ↩ 1 04G5
  • Proposition 2 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, E, F deux A-modules de type fini. Si (Fₙ) est une filtration m-bonne sur F, les sous-modules Hom_A(E, Fₙ) forment une fil… ↩ 1 04G6
  • Proposition 3 Soient A un anneau noethérien, m un idéal de A tel que A soit séparé et complet pour la topologie m-adique. Soit E un A-module filtré sur l’anneau filtré A, la filtration (En) de E… 04G7
  • Proposition 4 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, E un A-module de type fini. Toutes les filtrations m-bonnes sur E définissent la même topologie (savoir la topologie m-ad… ↩ 1 04G8
  • Théorème 2 (Krull) Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, E un A-module de type fini, F un sous-module de E. Alors la topologie m-adique de F est induite par la topologie m-adique… ↩ 6 04G9
  • Corollaire Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, E un A-module, F un A-module de type fini. Toute application A-linéaire u : E → F est un morphisme strict (Top. gén., cha… ↩ 1 04GA
  • Proposition 5 Soient A un anneau commutatif nœthérien, m un idéal de A, E un A-module de type fini. L’adhérence ⋂ₙ₌₁^∞ mⁿ E de 0 dans E pour la topologie m-adique est l’ensemble des x ∈ E pour l… ↩ 6 04GB
  • Corollaire (Krull) Soient A un anneau commutatif nœthérien, m un idéal de A. L’idéal ⋂ₙ₌₁^∞ mⁿ est l’ensemble des éléments x ∈ A pour lesquels il existe un m ∈ m tel que (1 - m)x = 0. En particulier… ↩ 3 04GC
  • Remarque L’hypothèse que A est nœthérien est essentielle dans ce corollaire. Par exemple, soit A l’anneau des applications indéfiniment différentiables de R dans lui-même, et soit m l’idéal… 04GD
  • Définition 1 Soit A un anneau topologique. Si un idéal bilatère m de A est tel que la topologie donnée sur A soit la topologie m-adique, on dit que m est un idéal de définition de la topologie… 04GE
  • Proposition 6 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A. Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) m est contenu dans le radical de A. b) Tout A-module de type fini est sép… ↩ 6 04GF
  • Définition 2 On dit qu’un anneau topologique A est un anneau de Zariski s’il est commutatif et nœthérien et s’il existe un idéal de définition m pour la topologie de A, satisfaisant aux conditi… 04GG
  • Proposition 7 Soient A, A' deux anneaux commutatifs, h : A → A' un homomorphisme d’anneaux. On suppose que A est nœthérien et que A' est un A-module de type fini (pour la structure de module déf… ↩ 2 04GK
  • Théorème 3 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, E, F, G trois A-modules de type fini. Alors : (i) Si E xrightarrowu F xrightarrowv G est une suite exacte d'applications… ↩ 7 04GL
  • Corollaire 1 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, E un A-module de type fini, F et G deux sous-modules de E. Munissons A, E, F et G des topologies m-adiques, et soit i l’a… ↩ 2 04GM
  • Corollaire 2 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, hatA le séparé complété de A pour la topologie m-adique. Si un élément a ∈ A est non diviseur de 0 dans A, son image cano… ↩ 1 04GN
  • Corollaire 3 Si A est un anneau commutatif noethérien, l’anneau de séries formelles A[[X₁, ..., Xₙ]] est un A-module plat. 04GO
  • Proposition 8 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, hatA le séparé complété de A pour la topologie m-adique, j l’application canonique de A dans hatA. Alors : (i) hatA est u… ↩ 3 04GP
  • Corollaire Soient A un anneau local (resp. semi-local) noethérien, m son radical. Alors hatA est un anneau local (resp. semi-local) noethérien dont le radical est hatm. 04GQ
  • Proposition 9 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A; munissons A de la topologie m-adique. Pour que hatA soit un A-module fidèlement plat, il faut et il suffit que A soit un… ↩ 3 04GR
  • Corollaire 1 Soient A un anneau de Zariski, E un A-module de type fini, F un sous-module de E. Alors F = hatF ∩ E = (hatAF) ∩ E. 04GS
  • Corollaire 2 Soient A un anneau de Zariski, E un A-module de type fini. Si hatE est un hatA-module libre, E est un A-module libre. ↩ 1 04GT
  • Corollaire 3 Soient A un anneau de Zariski tel que hatA soit intègre, a un idéal de A. Si l’idéal ahatA de hatA est principal, a est principal. C’est un cas particulier du cor. 2. ↩ 1 04GU
  • Corollaire 4 Soient A un anneau de Zariski tel que hatA soit intègre, L le corps des fractions de hatA, K ⊂ L le corps des fractions de A; on a hatA ∩ K = A. ↩ 1 04GV
  • Corollaire 5 Soient A un anneau commutatif nœthérien, E, F deux A-modules de type fini, u : E → F un A-homomorphisme. Pour tout idéal maximal m de A, notons A(m) (resp. E(m), F(m)) le séparé co… 04GW
  • Proposition 10 Soient A, B deux anneaux de Zariski, hatA, hatB leurs complétés, f : A → B un homomorphisme continu d’anneaux, hatf : hatA → hatB l’homomorphisme déduit de f par passage aux complé… ↩ 1 04GX
  • Proposition 11 Soient A un anneau local noethérien, m son idéal maximal, hatA son complété m-adique, B un anneau tel que A ⊂ B ⊂ hatA. Supposons que B soit un anneau local noethérien dont l’idéal… 04GY
  • Remarque Un anneau local B tel que A ⊂ B ⊂ hatA, dont l'idéal maximal n est égal à mB et dont la topologie n-adique est induite par la topologie hatm-adique de hatA, n'est pas nécessairemen… 04GZ
  • Proposition 12 Soient A un anneau commutatif noethérien, m un idéal de A, S la partie multiplicative 1 + m de A, E un A-module de type fini. Dans ces conditions : 04H0

§ 4. Relèvement dans les anneaux complets

  • Lemme 1 (« lemme d’Euclide ») Soient x, y deux éléments fortement étrangers dans R ; si z ∈ R est tel que x divise yz, alors x divise z. ↩ 1 04HS
  • Proposition 1 Soient A un anneau commutatif, P et P’ deux polynômes fortement étrangers dans A[X]. On suppose que P est unitaire et de degré s. Alors tout polynôme T dans A[X] s’écrit d’une mani… ↩ 3 04HT
  • Exemple Pour qu'un polynôme P ∈ A[X] soit fortement étranger à X - a (où a ∈ A), il faut et il suffit que P(a) soit inversible dans A. En effet, si P et X - a sont fortement étrangers, il… 04HU
  • Proposition 2 Soient A et B deux anneaux commutatifs, f un homomorphisme de A dans B, P, P' deux polynômes dans A[X]. Si P et P' sont fortement étrangers dans A[X], alors barf(P) et barf(P') son… ↩ 2 04HV
  • Définition 1 On dit qu'un anneau topologique commutatif A est linéairement topologisé (et que sa topologie est linéaire) s'il existe un système fondamental B de voisinages de 0 formé d'idéaux d… 04HW
  • Définition 2 Étant donné un anneau topologique commutatif A, on dit qu’une série formelle T = ∑_(nᵢ) c_n₁ n₂ … nₚ X₁^n₁ X₂^n₂ … Xₚ^nₚ de l’anneau A[[X₁, …, Xₚ]] est restreinte si, pour tout voi… 04HX
  • Proposition 3 Si l’anneau commutatif linéairement topologisé A est séparé et complet, l’homomorphisme canonique π est un isomorphisme d’anneaux topologiques. ↩ 1 04HY
  • Proposition 4 Soient A, B deux anneaux commutatifs linéairement topologisés, B étant séparé et complet, u : A → B un homomorphisme continu. Pour toute famille b = (bᵢ)_1 ≤ i ≤ p d’éléments de B… ↩ 3 04HZ
  • Remarque 1 La prop. 4 prouve que pour tout idéal fermé a d’un anneau A supposé séparé et complet, les relations bᵢ ∈ a pour 1 ≤ i ≤ p entraînent f(b₁, …, bₚ) ∈ a pour toute série formelle res… ↩ 1 04I0
  • Remarque 2 Supposons A linéairement topologisé ; soit r un entier tel que 1 ≤ r ≤ p, et munissons l’anneau AX₁, …, Xᵣ de la topologie définie ci-dessus. Alors l’anneau topologique AX₁, ..., X… ↩ 1 04I1
  • Remarque 3 Avec les notations de la Remarque 2, supposons en outre A séparé et complet, et écrivons toute série formelle restreinte f ∈ AX₁, ..., Xₚ sous la forme ↩ 1 04I2
  • Théorème 1 (Hensel) Soit A un anneau commutatif linéairement topologisé, séparé et complet. Soit m un idéal fermé de A, dont les éléments sont topologiquement nilpotents. Soient B = A/m l’anneau topol… 0CHE
  • Proposition 5 Soient A un anneau commutatif, hatf = (f₁, ..., fₙ) un système sans terme constant de n séries de A[[X₁, ..., Xₙ]]. Supposons que J_f(0) soit inversible dans A. Alors il existe un… ↩ 1 04I3
  • Proposition 6 Soient A un anneau commutatif, B un anneau satisfaisant aux conditions de Hensel, u : A → B un homomorphisme. Pour toute famille x = (x₁, ..., xₙ) d’éléments topologiquement nilpot… ↩ 3 04I4
  • Corollaire Soient A un anneau satisfaisant aux conditions de Hensel, x = (x₁, …, xₙ) une famille d’éléments topologiquement nilpotents dans A. Soient g = (g₁, …, g_q) un système sans terme co… ↩ 1 04I5
  • Proposition 7 Soient A un anneau, m un idéal de A tels que le couple (A, m) satisfasse aux conditions de Hensel. Soit f = (f₁, ..., fₙ) un système sans terme constant de séries de A[[X₁, ..., Xₙ… ↩ 1 04I6
  • Corollaire Soit q un idéal fermé de A contenu dans m. Alors la relation x ≡ x' pmodq^xⁿ est équivalente à f(x) ≡ f(x') pmodq^xⁿ. 04I7
  • Théorème 2 Soient A un anneau, m un idéal de A tels que le couple (A, m) satisfasse aux conditions de Hensel. Soit f = (f₁, ..., fₙ) un système de n éléments de A X₁, ..., Xₙ et soit a ∈ Aⁿ… ↩ 1 04I8
  • Corollaire 1 Soient A un anneau, m un idéal de A tels que le couple (A, m) satisfasse aux conditions de Hensel. Soient f ∈ AX, a ∈ A, et posons e = f'(a). Si f(a) ≡ 0 (mod. e² m), alors il exis… ↩ 2 04I9
  • Remarque Le corollaire s’applique notamment lorsque e est inversible dans A; on peut alors déduire aussi l’existence de b du th. de Hensel, car l’image canonique de f(X) dans (A/m)X est de… 04IA
  • Exemple 1 Soient p un nombre premier ≠ 2 et n un entier dont la classe mod. p soit un carré ≠ 0 dans le corps premier Fₚ. Si Zₚ est l’anneau des entiers p-adiques (S 2, no 12, Exemple 3), l’… 0CHF
  • Exemple 2 Soit A = K[[Y]] l’anneau des séries formelles à une indéterminée à coefficients dans un corps commutatif K; muni de la topologie (Y)-adique, l’anneau A est séparé et complet (S 2… 0CHG
  • Corollaire 2 Soient A un anneau, m un idéal de A tels que le couple (A, m) satisfasse aux conditions de Hensel. Soient r, n des entiers tels que 0 ≤ r < n, f = (fᵣ₊₁, ..., fₙ) un système de n -… ↩ 1 04IB
  • Corollaire 3 Les notations étant celles du cor. 2, soit a ∈ Aⁿ; posons e = Jᵢ^(n-r)(a) (non nécessairement inversible dans A) et supposons que l'on ait f(a) ≡ 0 (mod. e² m^x(n-r)). Alors il exi… 04IC
  • Lemme 2 Soient A un anneau, m un idéal de A tels que le couple (A, m) satisfasse aux conditions de Hensel. Soient B l'anneau quotient A/m, π : A → B l'homomorphisme canonique. Pour tout id… ↩ 1 04ID
  • Proposition 8 Soient A un anneau, m un idéal de A tels que le couple (A, m) satisfasse aux conditions de Hensel. Soient B l’anneau quotient A/m, π : A → B l’homomorphisme canonique. Si B est com… ↩ 3 04IE
  • Remarque La prop. 8 redonne la structure d’un anneau semi-local A séparé et complet pour la topologie r-adique (r radical de A), déjà obtenue comme conséquence du § 2, n° 13, cor. de la pro… 04IF

§ 5. Propriétés de platitude des modules filtrés

  • Définition 1 Soient A un anneau commutatif, 𝔍 un idéal de A. On dit qu’un A-module M est idéalement séparé pour 𝔍 (ou simplement idéalement séparé s’il n’en résulte pas de confusion) si, pour t… 04IO
  • Exemple 1 Si A est noethérien, et si 𝔍 est contenu dans le radical de A (autrement dit si A est un anneau de Zariski pour la topologie 𝔍-adique), tout A-module de type fini est idéalement sé… ↩ 1 04IP
  • Exemple 2 Toute somme directe de modules idéalement séparés est un module idéalement séparé, en vertu des relations 𝔍ⁿ(a ⊗_A ⨁_λ ∈ L M_λ) = 𝔍ⁿ ⨁_λ ∈ L (a ⊗_A M_λ) = ⨁_λ ∈ L 𝔍ⁿ(a ⊗_A M_λ). 04IQ
  • Exemple 3 Si un A-module M est plat et séparé pour la topologie 𝔍-adique il est idéalement séparé, car a ⊗_A M s’identifie alors à un sous-module de M, et la topologie 𝔍-adique sur a ⊗_A M e… 04IR
  • Théorème 1 Soient A un anneau commutatif, 𝔍 un idéal de A, M un A-module. Considérons les propriétés suivantes : (i) M est un A-module plat. (ii) Tor₁ᴬ(N, M) = 0 pour tout A-module N annulé p… ↩ 5 04IS
  • Remarque Lorsque A/𝔍 est un corps (cas fréquent dans les applications) la condition « M/𝔍M est un (A/𝔍)-module plat » est automatiquement vérifiée pour tout A-module M, ce qui simplifie l’é… 0CHH
  • Proposition 1 Soient A un anneau commutatif, 𝔍 un idéal de A, M un A-module. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) Pour tout n ≥ 1, on a Tor₁ᴬ(A/𝔍ⁿ, M) = 0. b) Pour tout n ≥ 1, l'homom… 04IU
  • Proposition 2 Soient A un anneau commutatif, 𝔍 un idéal de A, B une A-algèbre commutative noethérienne telle que 𝔍B soit contenu dans le radical de B. Alors tout B-module de type fini M est un A… ↩ 2 04IV
  • Proposition 3 Soient A un anneau commutatif, B une A-algèbre commutative, 𝔍 un idéal de A, M un B-module. On suppose que B est un anneau noethérien et un A-module plat, et que M est idéalement s… 04IW
  • Corollaire Soient A un anneau commutatif noethérien, 𝔍 un idéal de A, hatA le séparé complété de A pour la topologie 𝔍-adique, M un hatA-module idéalement séparé pour 𝔍hatA. Pour que M soit u… ↩ 1 04IX
  • Proposition 4 Soient A et B deux anneaux commutatifs noethériens, h : A → B un homomorphisme d’anneaux, 𝔍 un idéal de A, 𝔏 un idéal de B contenant 𝔍B et contenu dans le radical de B. Soient hatA… 04IY

IV. Idéaux premiers associés et décomposition primaire

§ 1. Idéaux premiers associés à un module

  • Définition 1 Soit M un module sur un anneau A. On dit qu’un idéal premier p de A est associé à M s’il existe x ∈ M tel que p soit égal à l’annulateur de x. On note Ass_A(M), ou simplement Ass(M… ↩ 1 04J7
  • Exemple Soient a un idéal de l’anneau de polynômes A = C[X₁, ..., Xᵣ], V la variété algébrique affine correspondante, V₁, ..., Vₚ les composantes irréductibles de V. Si on prend pour M l’a… 0CHI
  • Proposition 1 Pour tout idéal premier p d’un anneau A et tout sous-module M ≠ 0 de A/p, on a Ass(M) = p . ↩ 2 04J8
  • Proposition 2 Soit M un module sur un anneau A. Tout élément maximal de l’ensemble des idéaux Ann(x) de A, où x parcourt l’ensemble des éléments ≠ 0 de M, appartient à Ass(M). ↩ 6 04J9
  • Corollaire 1 Soit M un module sur un anneau noethérien A. Alors la condition M ≠ 0 équivaut à Ass(M) ≠ ∅. ↩ 8 04JA
  • Corollaire 2 Soient A un anneau noethérien, M un A-module, a un élément de A. Pour que l’homothétie de M, de rapport a, soit injective , il faut et il suffit que a n’appartienne à aucun idéal p… ↩ 1 04JB
  • Corollaire 3 L’ensemble des diviseurs de zéro dans un anneau noethérien A est la réunion des idéaux p ∈ Ass(A). ↩ 2 04JC
  • Proposition 3 Soient A un anneau, M un A-module, N un sous-module de M. On a ↩ 9 04JD
  • Corollaire 1 Si un A-module M est somme directe d’une famille (Mᵢ)_i ∈ I de sous-modules, on a Ass(M) = ⋃_i ∈ I Ass(Mᵢ). ↩ 2 04JE
  • Corollaire 2 Soient M un A-module, (Qᵢ)_i ∈ I une famille finie de sous-modules de M. Si ⋂_i ∈ I Qᵢ = 0, on a Ass(M) ⊂ ⋃_i ∈ I Ass(M/Qᵢ). En effet, l’application canonique M → ⨁_i ∈ I (M/Qᵢ) es… ↩ 1 04JF
  • Proposition 4 Soient M un A-module, Φ une partie de Ass(M). Il existe alors un sous-module N de M tel que Ass(N) = Ass(M) − Φ et Ass(M/N) = Φ. ↩ 3 04JG
  • Proposition 5 Soient A un anneau, S une partie multiplicative de A, Φ l’ensemble des idéaux premiers de A qui ne rencontrent pas S, M un A-module. Alors : ↩ 2 04JH
  • Corollaire Si l’anneau A est noethérien, l’application p → S⁻¹p est une bijection de Ass_A(M) ∩ Φ sur Ass_S⁻¹A(S⁻¹M). ↩ 7 04JI
  • Proposition 6 Soient A un anneau noethérien, M un A-module, S une partie multiplicative de A, et Ψ l’ensemble des éléments de Ass_A(M) qui ne rencontrent pas S. Alors le noyau N de l’application… ↩ 4 04JJ
  • Proposition 7 Soient A un anneau, M un A-module. ↩ 3 04JK
  • Corollaire 1 Si M est un module sur un anneau nœthérien, on a Ass(M) ⊂ Supp(M), et ces deux ensembles ont mêmes éléments minimaux. ↩ 2 04JL
  • Corollaire 2 Le nilradical d’un anneau nœthérien A est l’intersection des idéaux p ∈ Ass(A). ↩ 1 04JM
  • Théorème 1 Soient A un anneau nœthérien, M un A-module de type fini. Il existe une suite de composition (Mᵢ)_0 ≤ i ≤ n de M telle que, pour 0 ≤ i ≤ n - 1, Mᵢ / Mᵢ₊₁ soit isomorphe à A / pᵢ, o… ↩ 3 04JN
  • Théorème 2 Soient M un module de type fini sur un anneau noethérien A, et (Mᵢ)_0 ≤ i ≤ n une suite de composition de M telle que, pour 0 ≤ i ≤ n - 1, Mᵢ / Mᵢ₊₁ soit isomorphe à A / pᵢ, où pᵢ… ↩ 2 04JO
  • Corollaire Si M est un module de type fini sur un anneau noethérien A, Ass(M) est fini. ↩ 1 04JP
  • Proposition 8 Soient A un anneau noethérien, a un idéal de A, M un A-module de type fini. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 04JQ
  • Proposition 9 Soient A un anneau noethérien, a un idéal de A, M un A-module de type fini. Pour qu’il existe un entier n > 0 tel que aⁿ M = 0, il faut et il suffit que a soit contenu dans l’inter… ↩ 2 04JR
  • Définition 2 Étant donné un A-module M, on dit qu’un endomorphisme u de M est presque nilpotent si, pour tout x ∈ M, il existe un entier n(x) > 0 tel que uⁿ⁽ˣ⁾(x) = 0. 04JS
  • Corollaire Soient A un anneau noethérien, M un A-module, a un élément de A. Pour que l’homomorphisme a_M : x → ax de M soit presque nilpotent, il faut et il suffit que a appartienne à tout id… 04JT
  • Proposition 10 Soient A un anneau noethérien, E un A-module de type fini, F un A-module. On a alors ↩ 1 04JU

§ 2. Décomposition primaire

  • Proposition 1 Soient A un anneau noethérien et M un A-module. ↩ 5 04KE
  • Définition 1 Soient A un anneau noethérien, N un A-module, Q un sous-module de N. Si le module M = N/Q satisfait aux conditions de la prop. 1, on dit que Q est p-primaire par rapport à N (ou da… ↩ 2 04KF
  • Remarque Soit Q un sous-module p-primaire d’un A-module N. Si N/Q est de type fini, il existe un entier k 0 tel que pᵏ N ⊂ Q, en vertu du § 1, no 4, prop. 9. 04KG
  • Exemple 1 Si p est un idéal premier de A, p est p-primaire (§ 1, no 1, prop. 1). 04KH
  • Exemple 2 Soit q un idéal de A tel qu’il existe un seul idéal premier m (nécessairement maximal) contenant q ; alors, si M est un A-module tel que qM ≠ M, qM est m-primaire par rapport à M… ↩ 1 04KI
  • Exemple 3 Soit m un idéal maximal de A ; les idéaux m-primaires sont alors les idéaux q de A pour lesquels il existe un entier n ≥ 1 tel que mⁿ ⊂ q ⊂ m. En effet, si mⁿ ⊂ q ⊂ m, m est le seu… ↩ 1 04KJ
  • Exemple 4 Dans un anneau principal A, les idéaux primaires sont (0) et les idéaux de la forme Ap^n, où p est un élément extrémal et n ≥ 1 ; cela résulte aussitôt de l’Exemple 3. ↩ 2 04KK
  • Exemple 5 Les puissances d’un idéal premier quelconque ne sont pas nécessairement des idéaux primaires (exerc. 1). D’autre part, il existe des idéaux primaires qui ne sont pas des puissances… 04KL
  • Proposition 2 Soient M un module sur un anneau noethérien A, p un idéal premier de A, et (Qi){i \in I} une famille finie non vide de sous-modules de M, p-primaires par rapport à M. Alors ⋂_i ∈ I… ↩ 4 04KM
  • Proposition 3 Soient A un anneau noethérien, S une partie multiplicative de A, p un idéal premier de A, M un A-module, N un sous-module de M, et i = i_M^S l’application canonique de M dans S⁻¹M. ↩ 5 04KN
  • Définition 2 Soient A un anneau noethérien, M un A-module, N un sous-module de M. On appelle décomposition primaire de N dans M une famille finie (Qᵢ)_i ∈ I de sous-modules de M, primaires par… 04KO
  • Exemple Prenons A = Z, M = Z, N = nZ pour un entier n > 0. Si n = p₁^α₁ ... pₖ^αₖ est la décomposition de n en facteurs premiers, nZ = (p₁^α₁Z) ∩ ... ∩ (pₖ^αₖZ) est une décomposition prima… 04KP
  • Théorème 1 Soit M un module de type fini sur un anneau noethérien, et soit N un sous-module de M. Il existe une décomposition primaire de N dans M de la forme ↩ 4 04KQ
  • Définition 3 Soient M un module sur un anneau noethérien, N un sous-module de M. On dit qu'une décomposition primaire N = ⋂_i ∈ I Qᵢ de N dans M est réduite si les conditions suivantes sont rem… 04KR
  • Proposition 4 Soient M un module sur un anneau noethérien, N un sous-module de M, N = ⋂_i ∈ I Qᵢ une décomposition primaire de N dans M, et pour tout i ∈ I, soit pᵢ = Ass(M/Qᵢ). Pour que cette d… ↩ 7 04KS
  • Corollaire Soient A un anneau noethérien, M un A-module, N un sous-module de M, (Qᵢ)_i ∈ I une décomposition primaire de N dans M. On a alors Card(I) geqslant Card(Ass(M/N)) ; pour que (Qᵢ)_i… ↩ 2 04KT
  • Proposition 5 Soient A un anneau noethérien, M un A-module, N un sous-module de M, N = ⋂_i ∈ I Qᵢ une décomposition primaire réduite de N dans M, et pour tout i ∈ I, soit pᵢ = Ass(M/Qᵢ). Si pᵢ e… ↩ 3 04KU
  • Remarque Les idéaux premiers pᵢ ∈ Ass(M/N) qui ne sont pas des éléments minimaux de cet ensemble sont parfois appelés les idéaux premiers immergés associés à M/N ; lorsque M/N est de type f… 04KV
  • Proposition 6 Soient A un anneau noethérien, M un A-module, N un sous-module de M, I = Ass(M/N). Soient S une partie multiplicative de A, J la partie de I formée des indices i tels que S \cap pi… ↩ 3 04KW
  • Corollaire Les applications D_I(M/N) → D_J(M/N') et D_I(M/N) → D_J(S⁻¹M/S⁻¹N) définies dans la prop. 6, (i), sont surjectives. 04KX
  • Proposition 7 Soit M un module de type fini sur un anneau noethérien A. Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) M est de longueur finie. b) Tout idéal p ∈ Ass(M) est un idéal maximal de… ↩ 6 04KY
  • Corollaire 1 Pour tout module de longueur finie M sur un anneau noethérien A, on a Ass(M) = Supp(M). 04KZ
  • Corollaire 2 Soient M un module de type fini sur un anneau noethérien A, et p un idéal premier de A. Pour que Mₚ soit un Aₚ-module de longueur finie non nulle, il faut et il suffit que p soit u… ↩ 1 04L0
  • Remarque 1 Soit M un module de type fini sur un anneau noethérien A; soit (Mᵢ)_0 ≤ i ≤ n une suite de composition de M telle que pour 0 ≤ i ≤ n - 1, Mᵢ / Mᵢ₊₁ soit isomorphe à A/pᵢ, où pᵢ est… 04L1
  • Proposition 8 Soit M un module de longueur finie sur un anneau noethérien A. ↩ 3 04L2
  • Corollaire Si M est un module de longueur finie sur un anneau noethérien A, on a 04L3
  • Proposition 9 Soit A un anneau noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 8 04L4
  • Remarque 2 Les conditions de la prop. 9, pour un anneau nœthérien A, entraînent que le spectre de A est fini et discret, tout point de Spec(A) étant alors fermé (chap. II, § 4, no 3, cor. 6 d… 04L5
  • Corollaire 1 Tout anneau artinien A est isomorphe au composé direct d'une famille finie d'anneaux artiniens locaux. 04L6
  • Remarque 3 Ce corollaire peut aussi se déduire du fait que Spec(A) est fini et discret, et du chap. II, § 4, no 3, prop. 15. 04L7
  • Corollaire 2 Soient A un anneau nœthérien, m un idéal de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 2 04L8
  • Corollaire 3 Soient A, A' deux anneaux, h un homomorphisme de A dans A'. On suppose que A est semi-local et nœthérien, et que A' est un A-module de type fini. Alors l'anneau A' est semi-local e… ↩ 1 04L9
  • Corollaire 4 Soient A un anneau noethérien, semi-local et complet, m un idéal de définition de A, E un A-module de type fini, (Fn) une suite décroissante de sous-modules de E telle que ⋂ₙ Fₙ =… ↩ 1 04LA
  • Corollaire 5 Dans un anneau noethérien, semi-local et complet, toute suite décroissante d'idéaux dont l'intersection est 0 est une base de filtre qui converge vers 0. 04LB
  • Proposition 10 Soient A un anneau noethérien, p₁, ..., pₙ les idéaux premiers associés au A-module A, avec pᵢ ≠ pⱼ pour i ≠ j. ↩ 1 04LC
  • Lemme 1 Soient A un anneau noethérien, p un idéal premier de A, E un A-module dont l’annulateur contient une puissance de p et tel que Ass(E) = p, F un B-module tel que ρ_*(F) soit un A-mo… ↩ 2 04LD
  • Théorème 2 Soient ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux, E un A-module, F un B-module tel que ρ_*(F) soit un A-module plat. On a alors ↩ 6 04LE
  • Corollaire 1 Si A est noethérien et si 𝔓 ∈ Ass_B(E ⊗_A F), on a ρ⁻¹(𝔓) ∈ Ass_A(E) et ρ⁻¹(𝔓) est le seul idéal premier p de A tel que 𝔓 ∈ Ass_B(F/pF). Cela résulte du th. 2 et du lemme 1 appliqu… ↩ 1 04LF
  • Corollaire 2 On suppose que A et B sont noethériens et que E est un A-module plat. Soient p un idéal premier de A, Q ⊂ E un sous-module p-primaire, 𝔓 un idéal premier de B. Pour que Q ⊗_A B soi… ↩ 1 04LG
  • Remarque Supposons A et B noethériens. Soit 𝔓 un idéal premier de B, et soit p = ρ⁻¹(𝔓); posons S = A - p, et soit k(p) = S⁻¹(A/p) le corps des fractions de A/p. Puisque 𝔓 contient pB, 𝔓/pB… 04LH
  • Proposition 11 On suppose que A et B sont noethériens et que B est un A-module plat. Soient E un A-module, E' un sous-module de E tel que pour tout idéal p ∈ Ass_A(E/E'), pB soit un idéal premier… ↩ 2 04LI
  • Corollaire Supposons que pB soit premier pour tout p ∈ Ass_A(E/E'). Alors, si p₁, ..., pₙ sont les éléments minimaux de Ass_A(E/E'), les pᵢB sont les éléments minimaux de Ass_A((E ⊗_A B)/(E'… 04LJ
  • Exemple 1 Prenons B = S⁻¹A, où S est une partie multiplicative de A; si A est nœthérien, les hypothèses de la prop. 11 sont vérifiées, et on retrouve une partie de la prop. 6 du no 4. 0CHJ
  • Exemple 2 Soient A un anneau nœthérien, m un idéal de A, B le séparé complété de A pour la topologie m-adique; alors B est un A-module plat et on peut appliquer à F = B le th. 2 ; mais en gé… 0CHK
  • Exemple 3 Soient A un anneau nœthérien, B l’algèbre de polynômes A[X₁,...,Xₙ]; B est nœthérien et est un A-module libre, donc plat. En outre, si p est un idéal premier de A, B/pB est isomorp… 0CHL
  • Exemple 4 Soient A une algèbre de type fini sur un corps k, K une extension de k, B = A ⊗ₖ K l’algèbre sur K obtenue par extension des scalaires ; A et B sont nœthériens et B est un A-module… 0CHM

§ 3. Décomposition primaire dans les modules gradués

  • Proposition 1 Soient Δ un groupe commutatif sans torsion, A un anneau gradué de type Δ, M un A-module gradué de type Δ. Tout idéal premier associé à M est gradué, et est l’annulateur d’un élémen… ↩ 4 04MJ
  • Corollaire Pour tout idéal premier (nécessairement gradué) 𝔭 associé à un A-module gradué M, il existe un indice k ∈ Δ tel que le A-module gradué (A/𝔭)(k) obtenu par décalage des degrés de k… ↩ 1 04MK
  • Proposition 2 Soient Δ un groupe commutatif sans torsion, A un anneau noethérien gradué de type Δ, M un A-module de type fini, gradué de type Δ. Il existe une suite de composition (Mᵢ)_0 ≤ i ≤ n… 04ML
  • Proposition 3 Soient Δ un groupe commutatif sans torsion, A un anneau noethérien gradué de type Δ, p un idéal gradué de A, M un A-module gradué de type Δ, non réduit à 0. On suppose que pour tou… ↩ 1 04MM
  • Proposition 4 Soient Δ un groupe commutatif sans torsion, A un anneau noethérien gradué de type Δ, M un A-module gradué de type Δ. Soient p un idéal premier de A, N un sous-module de M, p-primai… ↩ 1 04MN
  • Proposition 5 Soient Δ un groupe commutatif sans torsion, A un anneau noethérien gradué de type Δ, M un A-module gradué de type Δ, N un sous-module gradué de M, et soit N = ⋂_i ∈ I Qᵢ une décomp… 04MO

V. Entiers

§ 1. Notion d’élément entier

  • Théorème 1 Soient A un anneau (commutatif), R une algèbre sur A (non nécessairement commutative), x un élément de R. Les propriétés suivantes sont équivalentes : (E_I) x est racine d’un polyn… ↩ 4 04MS
  • Lemme 1 Soient A un anneau, R une algèbre (non nécessairement commutative) sur A, x un élément de R. Soit M un module fidèle sur A[x] qui soit un A-module de type fini. Si q est un idéal d… 04MT
  • Définition 1 Soient A un anneau, R une A-algèbre (non nécessairement commutative). On dit qu’un élément x ∈ R est entier sur A s’il vérifie les propriétés équivalentes (E₁), (E_II), (E_III) du… 04MU
  • Exemple 1 Soient K un corps (commutatif), R une K-algèbre; dire qu’un élément x ∈ R est entier sur K équivaut à dire que x est racine d’un polynôme non constant de l’anneau K[X]; généralisan… ↩ 2 04MV
  • Exemple 2 \ Les éléments de Q(i) entiers sur l’anneau Z sont les éléments de la forme a + ib avec a ∈ Z et b ∈ Z (« entiers de Gauss »); les éléments de Q(sqrt5) entiers sur Z sont les éléme… 04MW
  • Exemple 3 Les nombres complexes entiers sur Z sont encore appelés entiers algébriques. 0CHN
  • Remarque 1 Soit A' le sous-anneau de R (contenu dans le centre de R) image de A par l’homomorphisme d’anneaux A → R qui définit la structure de A-algèbre de R. Il est clair qu’il est équivale… 0CHO
  • Remarque 2 Soit R' une sous-A-algèbre de R; les éléments de R' qui sont entiers sur A ne sont autres que les éléments de R qui sont entiers sur A et appartiennent à R'; ceci permet souvent de… 0CHP
  • Proposition 1 Soient A un anneau, R une algèbre sur A (non nécessairement commutative), x un élément de R. Pour que x soit entier sur A, il faut et il suffit que A[x] soit contenu dans une sous-… ↩ 3 04MX
  • Corollaire Soient A un anneau noethérien, R une A-algèbre (non nécessairement commutative), x un élément de R. Pour que x soit entier sur A, il faut et il suffit qu’il existe un sous-A-module… ↩ 1 04MY
  • Définition 2 Soit A un anneau. On dit qu’une A-algèbre R (non nécessairement commutative) est entière sur A si tout élément de R est entier sur A. On dit que R est finie sur A si R est un A-mod… 04MZ
  • Exemple 4 Si M est un A-module de type fini, l’algèbre End_A(M) des endomorphismes de M est entière sur A en vertu de (E_III); en particulier, pour tout entier n, l’algèbre de matrices Mₙ(A)… 0CHQ
  • Proposition 2 Soient A, A' deux anneaux, R une A-algèbre, R' une A'-algèbre (non nécessairement commutatives), f : A → A' et g : R → R' deux homomorphismes d’anneaux tels que le diagramme ↩ 12 04N0
  • Corollaire 1 Soient A un anneau, B une A-algèbre (commutative), C une B-algèbre (non nécessairement commutative). Alors tout élément x ∈ C qui est entier sur A est entier sur B. 04N1
  • Corollaire 2 Soient K un corps, L une extension de K, x, x' deux éléments de L conjugués sur K (Alg., chap. V, § 6, no 2). Si A est un sous-anneau de K et si x est entier sur A, x' est aussi en… 04N2
  • Corollaire 3 Soient A un anneau, B une A-algèbre (commutative), C une B-algèbre (non nécessairement commutative). Si C est entière sur A, C est entière sur B. 04N3
  • Proposition 3 Soit (Rᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille finie de A-algèbres (non nécessairement commutatives) et soit R = ∏ᵢ₌₁ⁿ Rᵢ leur produit. Pour qu’un élément x = (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n de R soit entier sur… ↩ 1 04N4
  • Proposition 4 Soient A un anneau, R une A-algèbre (non nécessairement commutative), (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille finie d’éléments de R, deux à deux permutables. Si, pour tout i, xᵢ est entier sur… ↩ 10 04N5
  • Corollaire 1 Soient A un anneau, R une A-algèbre (commutative). L’ensemble des éléments de R entiers sur A est une sous-algèbre de R. 04N6
  • Corollaire 2 Soient A un anneau, R une A-algèbre (non nécessairement commutative), E un ensemble d’éléments de R, deux à deux permutables et entiers sur A. Alors la sous-A-algèbre B de R engend… 04N7
  • Remarque 3 Il résulte de la prop. 4 que toute A-algèbre commutative entière sur A est réunion d’une famille filtrante croissante de sous-algèbres finies sur A. 0CHR
  • Proposition 5 Soient A un anneau, A' et R deux A-algèbres (commutatives). Si R est entière sur A, R ⊗_A A' est entière sur A'. ↩ 6 04N8
  • Corollaire Soient R un anneau, A, B, C des sous-anneaux de R tels que A ⊂ B. Si B est entier sur A, C[B] est entier sur C[A]. ↩ 1 04N9
  • Proposition 6 Soient A un anneau, B une A-algèbre (commutative), C une B-algèbre (non nécessairement commutative). Si B est entière sur A et si C est entière sur B, alors C est entière sur A. ↩ 6 04NA
  • Corollaire Soient A un anneau, R, R' deux A-algèbres (commutatives) entières sur A. Alors R ⊗_A R' est entière sur A. 04NB
  • Définition 3 Soient A un anneau, R une A-algèbre (commutative). La sous-A-algèbre A' de R formée des éléments de R entiers sur A (no 1, cor. 1 de la prop. 4) est appelée la fermeture intégrale… ↩ 2 04NC
  • Remarque 1 Si h : A → R est l’homomorphisme d’anneaux définissant la structure de A-algèbre de R, la fermeture intégrale de A dans R est aussi celle de h(A) dans R. D’autre part, si R' est un… 0CHS
  • Remarque 2 Si A est un corps, la fermeture intégrale A' de A dans R est formée des éléments de R algébriques sur A (no 1, Exemple 1); généralisant la terminologie en usage pour les extensions… 0CHT
  • Définition 4 Si A est un anneau intègre, on appelle clôture intégrale de A la fermeture intégrale de A dans son corps des fractions. On dit qu’un anneau est intégralement clos s’il est intègre… 04ND
  • Proposition 7 Soient A un anneau, R une A-algèbre. La fermeture intégrale A' de A dans R est un sous-anneau intégralement fermé dans R. ↩ 3 04NE
  • Corollaire La clôture intégrale d’un anneau intègre A est un anneau intégralement clos. 04NF
  • Proposition 8 Soient R un anneau, (B\lambda){\lambda \in L} une famille de sous-anneaux de R et pour chaque \lambda \in L, soit A\lambda un sous-anneau de B\lambda. Si chaque A\lambda est intégr… ↩ 1 04NG
  • Corollaire Toute intersection d’une famille non vide de sous-anneaux intégralement clos d’un anneau intègre est un anneau intégralement clos. ↩ 3 04NH
  • Proposition 9 Soient A un anneau, (Rᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille finie de A-algèbres, A'ᵢ la fermeture intégrale de A dans Rᵢ (1 ≤ i ≤ n). Alors la fermeture intégrale de A dans R = ∏ᵢ₌₁ⁿ Rᵢ est éga… 04NI
  • Corollaire 1 Soient A un anneau noethérien réduit, pᵢ (1 ≤ i ≤ n) ses idéaux premiers minimaux distincts, Kᵢ le corps des fractions de l’anneau intègre A/pᵢ (canoniquement isomorphe à l’anneau… 04NJ
  • Corollaire 2 Pour qu’un anneau noethérien réduit soit intégralement fermé dans son anneau total des fractions il faut et il suffit qu’il soit composé direct d’anneaux (noethériens) intégralemen… 04NK
  • Proposition 10 Tout anneau principal est intégralement clos. ↩ 4 04NL
  • Lemme 2 Soient R un anneau, P un polynôme unitaire dans R[X]. Il existe un anneau R’ contenant R tel que, dans l’anneau de polynômes R'[X], le polynôme P soit produit de polynômes unitaire… ↩ 1 04NM
  • Proposition 11 Soient A un anneau, R une A-algèbre, P et Q deux polynômes unitaires dans R[X]. Si les coefficients de PQ sont entiers sur A, les coefficients de P et de Q sont entiers sur A. ↩ 4 04NN
  • Corollaire Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions, x un élément d’une K-algèbre K' (non nécessairement commutative). Si x est entier sur A, les coefficients du polynôme minimal… ↩ 3 04NO
  • Proposition 12 Soient A un anneau, R une A-algèbre, P un polynôme dans R[X₁, …, Xₙ]. Pour que P soit entier sur A[X₁, …, Xₙ], il faut et il suffit que les coefficients de P soient entiers sur A. ↩ 3 04NP
  • Proposition 13 Soient A un anneau, R une A-algèbre, A' la fermeture intégrale de A dans R. Alors la fermeture intégrale de A[X1, ..., Xn] dans R[X1, ..., Xn] est égale à A'[X1, ..., Xn]. Cela rés… ↩ 2 04NQ
  • Corollaire 1 Soient A un anneau intègre, A' sa clôture intégrale. Alors la clôture intégrale de l’anneau de polynômes A[X1, ..., Xn] est A'[X1, ..., Xn]. 04NR
  • Corollaire 2 Soit A un anneau intègre. Pour que l’anneau de polynômes A[X₁, …, Xₙ] soit intégralement clos, il faut et il suffit que A soit intégralement clos. ↩ 2 04NS
  • Corollaire 3 Si K est un corps, toute algèbre de polynômes K[X₁, …, Xₙ] est un anneau intégralement clos. 04NT
  • Définition 5 On dit qu’un anneau A est complètement intégralement clos s’il est intègre, et si la condition suivante est vérifiée : tout élément x du corps des fractions K de A tel que toutes l… ↩ 1 04NU
  • Proposition 14 Soit A un anneau complètement intégralement clos. Alors tout anneau de polynômes A[X₁, …, Xₙ] (resp. tout anneau de séries formelles A[[X₁, …, Xₙ]]) est complètement intégralement… ↩ 1 04NV
  • Proposition 15 Soit A un anneau filtré dont la filtration est exhaustive, et tel que tout idéal principal de A soit fermé pour la topologie définie par la filtration. Si l’anneau gradué associé g… 04NW
  • Proposition 16 Soient A un anneau, R une A-algèbre, A' la fermeture intégrale de A dans R, S une partie multiplicative de A. Alors la fermeture intégrale de S^{-1}A dans S^{-1}R est S^{-1}A'. ↩ 6 04NX
  • Corollaire 1 Soient A un anneau intègre, A' sa clôture intégrale, S une partie multiplicative de A telle que 0 ∉ S. Alors la clôture intégrale de S⁻¹A est S⁻¹A'. ↩ 4 04NY
  • Corollaire 2 Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions, R une algèbre sur K, B la fermeture intégrale de A dans R. Les éléments de R algébriques sur K (no 1, Exemple 1) sont les élé… ↩ 1 04NZ
  • Corollaire 3 Soient A un anneau intègre, Ω l’ensemble des idéaux maximaux de A. Pour que A soit intégralement clos, il faut et il suffit que, pour tout m ∈ Ω, Aₘ soit intégralement clos. 04O0
  • Corollaire 4 Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions, S une partie multiplicative de A telle que 0 ∉ S. (i) Soient B un sous-anneau de K entier sur A, et soit f l’annulateur du A-… 04O1
  • Corollaire 5 Soient A un anneau intègre, A' sa clôture intégrale, et f l’annulateur du A-module A'/A. Supposons que A' soit un A-module de type fini. Les idéaux premiers 𝔭 de A tels que A_𝔭 ne… 04O2
  • Proposition 17 Soient A un anneau, B une A-algèbre (commutative), X une matrice carrée d’ordre n sur B; les propriétés suivantes sont équivalentes: ↩ 3 04O3
  • Corollaire 1 Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions, K' une K-algèbre de dimension finie (non nécessairement commutative). Si x ∈ K' est entier sur A, les coefficients du polynôm… ↩ 1 04O4
  • Corollaire 2 Avec les mêmes hypothèses et notations que dans le cor. 1, Tr_K'/K(x) et N_K'/K(x) sont entiers sur A. ↩ 1 04O5
  • Remarque 1 Si K' est une algèbre centrale simple sur K et x ∈ K' est entier sur A, les coefficients du polynôme caractéristique réduit de x (Alg., chap. VIII, , n° 3) sont entiers sur A. En e… 04O6
  • Proposition 18 Soient A un anneau intégralement clos, K son corps des fractions, K' une K-algèbre commutative séparable (A, V, p. 114) de dimension finie, A' la fermeture intégrale de A dans K'… ↩ 1 04O7
  • Lemme 3 Sous les hypothèses de la prop. 18, soit (w₁, …, wₙ) une base de K' sur K, contenue dans A' (n° 5, cor. 2 de la prop. 16); il y a alors une base unique (w₁^*, …, wₙ^*) de K' sur K… ↩ 1 04O8
  • Corollaire 1 Si A est un anneau noethérien, le A-module A' est de type fini, et en particulier l’anneau A' est noethérien. En effet A' est un sous-module d’un A-module de type fini. ↩ 2 04O9
  • Corollaire 2 Si A est un anneau principal, A' est un A-module libre de rang n. En effet, tout sous-module d’un A-module libre est alors libre (Alg., chap. VII, § 3, th. 1). ↩ 2 04OA
  • Corollaire 3 Soit E une extension de degré n du corps Q des nombres rationnels. Le groupe additif de la fermeture intégrale dans E de l’anneau Z des entiers rationnels est un groupe commutatif… 04OB
  • Remarque 2 Les conclusions du cor. 1 ne sont pas nécessairement vraies si on ne suppose pas K' séparable sur K, même si K' est un surcorps de K (exerc. 20). Par contre, lorsque A est une K₀-a… 0CHU
  • Proposition 19 Soient k un corps, L une extension séparable de k, R une k-algèbre intégralement close. Si l’anneau L ⊗ₖ R est intègre, il est intégralement clos. Soit K le corps des fractions de… ↩ 1 04OC
  • Corollaire Soient k un corps, R et S deux k-algèbres intégralement closes. On suppose que l’anneau R ⊗ₖ S est intègre et que les corps des fractions K et L de R et S respectivement sont sépar… 04OD
  • Proposition 20 Soient A = ⨁_i ∈ Z Aᵢ un anneau gradué et B une A-algèbre graduée (commutative). L’ensemble A' des éléments de B entiers sur A est une sous-algèbre graduée de B. Si Aᵢ = 0 pour i <… ↩ 2 04OE
  • Lemme 4 Soient A = ⨁_i ∈ Z Aᵢ un anneau gradué intègre, S l’ensemble des éléments homogènes ≠ 0 de A. ↩ 2 04OF
  • Proposition 21 Soient A = ⨁_i ∈ Z Aᵢ un anneau gradué intègre, S l’ensemble des éléments homogènes ≠ 0 de A. La clôture intégrale A' de A est alors un sous-anneau gradué de S⁻¹A. Si en outre Aᵢ =… ↩ 3 04OG
  • Corollaire 1 Les hypothèses et notations étant celles de la prop. 21, si tout élément homogène de S⁻¹A qui est entier sur A appartient à A, alors A est intégralement clos. ↩ 1 04OH
  • Corollaire 2 Si A = ⨁_i ∈ Z Aᵢ est un anneau gradué intégralement clos, l’anneau A₀ est intégralement clos. 04OI
  • Corollaire 3 Soit A = ⨁_i ∈ Z Aᵢ un anneau gradué intégralement clos. Alors, pour tout entier d > 0, l’anneau A⁽ᵈ⁾ (chap. III, § 1, no 3) est intégralement clos. 04OJ
  • Proposition 22 Soient A une K-algèbre (commutative), G un groupe d’opérateurs localement fini sur A. Alors A est entière sur la sous-algèbre Aᴳ_g. ↩ 2 04OK
  • Théorème 2 Soient A une K-algèbre de type fini, G un groupe d’opérateurs localement fini sur A. Alors A est un Aᴳ_g-module de type fini; si de plus K est noethérien, Aᴳ_g est une K-algèbre de… 04OL
  • Lemme 5 Soient K un anneau noethérien, B une K-algèbre de type fini, C une sous-K-algèbre de B telle que B soit entière sur C. Alors C est une K-algèbre de type fini. 04OM
  • Remarque L’ensemble des σ ∈ G tels que σ aⱼ = aⱼ pour 1 ≤ j ≤ m laisse évidemment invariant tout élément de A. Le sous-groupe distingué H de G laissant invariant tout élément de A est donc… 04ON
  • Proposition 23 Soient A une K-algèbre, G un groupe d’opérateurs localement fini sur A, S une partie multiplicative de A stable pour G, S_G l’ensemble S ∩ A_G. Alors l’application canonique de (S_… ↩ 5 04OO
  • Corollaire Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions, G un groupe d’opérateurs localement fini sur A. Alors G opère sur K et K_G est le corps des fractions de A_G. 04OP

§ 2. Relèvement des idéaux premiers

  • Définition 1 Soient A, A' deux anneaux, h : A → A' un homomorphisme d’anneaux. On dit qu’un idéal a' de A' est au-dessus d’un idéal a de A si a = h⁻¹(a'). 04PJ
  • Lemme 1 Soient h : A → A' un homomorphisme d’anneaux, S une partie multiplicative de A, i = i_A^S : A → S⁻¹A, i' = i_A'^h(S) : A' → S⁻¹A' = (h(S))⁻¹A' les homomorphismes canoniques, h₁ = S… ↩ 3 04PK
  • Proposition 1 Soient h : A → A' un homomorphisme d’anneaux tel que A' soit entier sur A, 𝔭' un idéal premier de A', et 𝔭 = h⁻¹(𝔭'). Pour que 𝔭 soit maximal, il faut et il suffit que 𝔭' le soit. ↩ 12 04PL
  • Lemme 2 Soient B un anneau intègre, A un sous-anneau de B tel que B soit entier sur A. Pour que B soit un corps, il faut et il suffit que A soit un corps. ↩ 1 04PM
  • Corollaire 1 Soient h : A → A' un homomorphisme d’anneaux tel que A' soit entier sur A, 𝔭 un idéal premier de A, 𝔭' et a' deux idéaux de A' au-dessus de 𝔭 tels que 𝔭' ⊂ a'. Si 𝔭' est premier, o… ↩ 5 04PN
  • Corollaire 2 Soient A' un anneau intègre, A un sous-anneau de A' tel que A' soit entier sur A, f un homomorphisme de A' dans un anneau B. Si la restriction de f à A est injective, f est injecti… ↩ 1 04PO
  • Corollaire 3 Soient h : A → A' un homomorphisme d’anneaux tel que A' soit entier sur A, m un idéal maximal de A, et supposons qu’il n’y ait dans A' qu’un nombre fini d’idéaux maximaux distincts… 04PP
  • Remarque 1 Si A' est noethérien, il résulte de (i) et (ii) que (qⱼ')_1 ≤ j ≤ n est l’unique décomposition primaire de mA' (chap. IV, § 2, no 3). 04PQ
  • Théorème 1 Soient h : A → A' un homomorphisme injectif d’anneaux, tel que A' soit entier sur A, 𝔭 un idéal premier de A. Il existe un idéal premier 𝔭' de A' au-dessus de 𝔭. ↩ 15 04PR
  • Corollaire 1 Avec les hypothèses et notations du th. 1, on a h⁻¹(𝔭A') = 𝔭. 04PS
  • Corollaire 2 Soient h : A → A' un homomorphisme d’anneaux tel que A' soit entier sur A, a et 𝔭 deux idéaux de A tels que a ⊂ 𝔭, a' un idéal de A' au-dessus de a. On suppose 𝔭 premier. Il existe… ↩ 3 04PT
  • Corollaire 3 Soient A un anneau, A' un anneau contenant A et entier sur A. Si ℜ' est le radical de A', ℜ' ∩ A est le radical de A. 04PU
  • Corollaire 4 Soient A un anneau, A' un anneau contenant A et entier sur A, et f un homomorphisme de A dans un corps algébriquement clos L. Alors f se prolonge en un homomorphisme de A' dans L. ↩ 2 04PV
  • Remarque 2 Soit h : A → A' un homomorphisme d’anneaux tel que A' soit entier sur A; alors l’application continue associée ᵃh : Spec(A') → Spec(A) est fermée. En effet, pour tout idéal a' de A… ↩ 2 04PW
  • Proposition 2 Soient h : A → A' un homomorphisme d’anneaux tel que A' soit entier sur A, 𝔭 un idéal premier de A, S = A - 𝔭, (𝔭'ᵢ)_i ∈ I la famille de tous les idéaux premiers de A' au-dessus de… ↩ 3 04PX
  • Proposition 3 Soit h : A → A' un homomorphisme d’anneaux tel que A' soit un A-module de type fini; alors, pour tout idéal premier 𝔭 de A, l’ensemble des idéaux premiers de A' au-dessus de 𝔭 est… 04PY
  • Définition 2 Soient A' un anneau, G un groupe opérant sur A' (§ 1, n° 9). Étant donné un idéal premier 𝔭' de A', le sous-groupe des éléments σ ∈ G tels que σ.𝔭' = 𝔭' s’appelle le groupe de déco… ↩ 3 04PZ
  • Définition 3 Avec les notations de la déf. 2, le sous-groupe de Gᶻ(p') formé des σ tels que l’endomorphisme z → σ.z de A'/p' soit l’identité, s’appelle le groupe d’inertie de p' (par rapport à… 04Q0
  • Lemme 3 Soient A' un anneau, G un groupe opérant sur A', A l’anneau des invariants de G, p' un idéal premier de A', ↩ 2 04Q1
  • Théorème 2 Soient A' un anneau, G un groupe fini opérant sur A', A l’anneau des invariants de G, de sorte que A' est entier sur A (§ 1, no 9, prop. 22). ↩ 9 04Q2
  • Corollaire Les hypothèses et les notations étant celles du th. 2, soient f1, f2 deux homomorphismes de A′ dans un corps L, ayant même restriction à A. Alors il existe σ ∈ Gf tel que ↩ 1 04Q3
  • Remarque 1 On notera que sous les hypothèses du th. 2, il se peut que k′ soit de degré infini sur k lorsque k′ n’est pas séparable sur k (exerc. 9). 0CHV
  • Remarque 2 Il est clair que k′ est une extension galoisienne de k lorsque le corps k est parfait. Elle est alors de degré fini sur k. 0CHW
  • Proposition 4 Soient A′ un anneau, Gf un groupe fini opérant sur A′, H un sous-groupe de Gf, A et B les anneaux d’invariants de Gf et H respectivement, p′ un idéal premier de A′; posons p = A ∩… ↩ 6 04Q4
  • Remarque 3 Si A' est intègre et noethérien, la condition ⋂_n ≥ 1 𝔭ⁿ A'_𝔭' = 0 est toujours vérifiée (chap. III, § 3, no 2, cor. de la prop. 5). On peut montrer que cette condition est aussi s… 0CHX
  • Remarque 4 Lorsque 𝔭 n’est pas un idéal maximal de A, on n’a pas nécessairement la relation (3) sous les hypothèses de (ii) et par suite A/𝔭 et B/𝔭(B) ne sont pas nécessairement isomorphes, m… 0CHY
  • Corollaire 1 Sous les hypothèses du th. 2, les anneaux A/𝔭 et Aᶻ/(𝔭' ∩ Aᶻ) ont même corps de fractions, et l’idéal maximal de l’anneau local (Aᶻ)_𝔭' ∩ Aᶻ est engendré par 𝔭. 04Q5
  • Corollaire 2 Soient A' un anneau intègre, G un groupe fini opérant sur A', A l’anneau des invariants de G, 𝔭' un idéal premier de A'; soient K, Kᶻ et K' les corps des fractions de A, Aᶻ et A' r… ↩ 1 04Q6
  • Définition 4 Les hypothèses et notations étant celles du cor. 2 de la prop. 4, on dit qu’un idéal premier 𝔭 de A se décompose complètement dans K' si le nombre des idéaux premiers de A' au-dess… 04Q7
  • Corollaire 3 Soient A' un anneau intègre, G un groupe commutatif fini opérant sur A', A l’anneau des invariants de G, 𝔭 un idéal premier de A, K et K' les corps des fractions de A et A' respect… 04Q8
  • Proposition 5 Les hypothèses et notations étant celles du th. 2, le corps des fractions kᵀ de Aᵀ / (𝔭' ∩ Aᵀ) est égal à la plus grande extension séparable k'ₛ de k contenue dans k'. ↩ 4 04Q9
  • Corollaire Si l’ordre du groupe d’inertie Gᵀ(p') est étranger à l’exposant caractéristique p de k, le corps k' est une extension galoisienne de k. 04QA
  • Lemme 4 Soient A un anneau intégralement clos, K son corps des fractions, p l’exposant caractéristique de K, K’ une extension radicielle de K et A’ un sous-anneau de K’ contenant A et enti… ↩ 2 04QB
  • Remarque 1 Il résulte du § 1, n° 3, cor. de la prop. 11 que la fermeture intégrale de A dans K' est l’ensemble des x ∈ K' tels qu’il existe m geqslant 0 pour lequel x^pᵐ ∈ A (Alg., chap. V, §… 04QC
  • Proposition 6 Soient A un anneau intégralement clos, K son corps des fractions, K' une extension quasi-galoisienne de K, A' la fermeture intégrale de A dans K'. Alors : (i) Pour tout idéal premi… ↩ 7 04QD
  • Remarque 2 Supposons que K' soit une extension galoisienne de K et gardons les notations de la démonstration de la prop. 6; pour tout α, soit Gᶻ_α (resp. Gᵀ_α) le sous-groupe de G formé des σ… 0CHZ
  • Corollaire 1 Les hypothèses étant celles de la prop. 6, soient f un homomorphisme de A dans un corps L, g₁, g₂ deux homomorphismes de A' dans L qui prolongent f. Il existe alors un K-automorphi… ↩ 1 04QE
  • Corollaire 2 Soient A un anneau intégralement clos, K son corps des fractions, K' une extension algébrique de degré fini de K, A' un sous-anneau de K' contenant A et entier sur A. ↩ 1 04QF
  • Corollaire 3 Les hypothèses et notations étant celles du cor. 2, si A est semi-local, il en est de même de A'. 04QG
  • Corollaire 4 Soient A un anneau intégralement clos, K son corps des fractions, K' une extension galoisienne de K, A' la fermeture intégrale de A dans K', 𝔭' un idéal premier de A', 𝔭 = A ∩ 𝔭'… ↩ 1 04QH
  • Définition 5 Les hypothèses et notations étant celles de la prop. 6, le corps des invariants Kᶻ(p') (resp. Kᵀ(p')) du groupe Gᶻ(p') (resp. Gᵀ(p')) dans le corps K' s’appelle le corps de décompo… 04QI
  • Remarque 3 Sous les conditions du cor. 4 de la prop. 6, et en supposant [K':K]\ fini, le nombre des idéaux premiers distincts au-dessus de p est [Kᶻ:K], ce degré étant égal à l’indice (G:Gᶻ)… 0CI0
  • Remarque 4 Soient A un anneau intégralement clos, K son corps des fractions, K' une extension algébrique de degré fini de K, A' la fermeture intégrale de A dans K'. Alors, pour tout idéal pre… 0CI1
  • Proposition 7 Soient A un anneau intégralement clos, K son corps des fractions, K' une extension galoisienne de K, G son groupe de Galois, A' la fermeture intégrale de A dans K', 𝔭' un idéal pre… 04QJ
  • Théorème 3 Soient A un anneau intégralement clos, A' un anneau contenant A et entier sur A. On suppose que 0 est le seul élément de A qui soit diviseur de 0 dans A'. Soient p, q deux idéaux p… ↩ 4 04QK
  • Corollaire Les hypothèses sur A et A' étant celles du th. 3, soit p un idéal premier de A. Les idéaux premiers de A' au-dessus de p sont les éléments minimaux de l’ensemble E des idéaux premi… 04QL

§ 3. Algèbres de type fini sur un corps

  • Théorème 1 (Lemme de normalisation.) Soit A une k-algèbre de type fini, et soit a₁ ⊂ a₂ ⊂ … ⊂ aₚ une suite finie croissante d’idéaux de A telle que p geqslant 1 et aₚ ≠ A. Il existe une suite… ↩ 4 04R8
  • Corollaire 1 Soient A un anneau intègre, B une A-algèbre de type fini contenant A comme sous-anneau. Il existe alors un élément s ≠ 0 de A et une sous-algèbre B' de B isomorphe à une algèbre de… ↩ 4 04R9
  • Corollaire 2 Soient K un corps, A un sous-anneau de K et L le corps des fractions de A. Si K est une A-algèbre de type fini, [K : L] est fini et il existe a ≠ 0 dans A tel que L = A[a⁻¹]. ↩ 1 04RA
  • Corollaire 3 Soient A un anneau intègre, B une A-algèbre de type fini, b un élément de B tel que zbⁿ ≠ 0 pour tout z ≠ 0 dans A et tout entier n > 0. Soit ρ : A → B l’homomorphisme canonique; i… ↩ 2 04RB
  • Théorème 2 Soient A une k-algèbre intègre de type fini, K son corps des fractions, A' la fermeture intégrale de A dans un corps K', extension algébrique de degré fini de K. Alors A' est un A-… ↩ 2 04RC
  • Proposition 1 Soient A une algèbre de type fini sur un corps k et L une clôture algébrique de k. ↩ 2 04RD
  • Lemme 1 Soient A une algèbre de type fini sur un corps k, (aᵢ)_1 ≤ i ≤ n un système de générateurs de cette algèbre, r l’idéal des relations algébriques entre les aᵢ à coefficients dans k… 04RE
  • Proposition 2 (théorème des zéros de Hilbert) Soient k un corps, L une clôture algébrique de k. 04RF
  • Définition 1 On dit qu’un anneau A est un anneau de Jacobson si tout idéal premier de A est intersection d’une famille d’idéaux maximaux. 04RG
  • Exemple 1 Tout corps est un anneau de Jacobson. 0CI2
  • Exemple 2 L’anneau Z est un anneau de Jacobson, l’unique idéal premier non maximal (0) étant l’intersection des idéaux maximaux (p) de Z, où p parcourt l’ensemble des nombres premiers (cf. p… 0CI3
  • Exemple 3 Soit A un anneau de Jacobson et soit a un idéal de A. Alors A/a est un anneau de Jacobson, car les idéaux de A/a sont de la forme b/a, où b est un idéal de A contenant a, et b/a es… 0CI4
  • Proposition 3 Pour qu’un anneau A soit un anneau de Jacobson, il faut et il suffit que, pour tout idéal a de A, le radical de A/a soit égal à son nilradical (chap. II, § 2, no 6). ↩ 1 04RH
  • Corollaire Soit A un anneau de Jacobson; pour tout idéal a de A, la racine de a est l’intersection des idéaux maximaux de A contenant a. ↩ 1 04RI
  • Proposition 4 Soient A un anneau principal, (p_λ)_λ ∈ L un système représentatif d’éléments extrémaux de A (Alg., chap. VII, § 1, no 3, déf. 2). Pour que A soit un anneau de Jacobson, il faut et… ↩ 2 04RJ
  • Proposition 5 Soient A un anneau, B une A-algèbre entière sur A. Si A est un anneau de Jacobson, il en est de même de B. ↩ 1 04RK
  • Théorème 3 Soient A un anneau de Jacobson, B une A-algèbre de type fini, ρ : A → B l’homomorphisme canonique. Alors : ↩ 3 04RL
  • Corollaire 1 Toute algèbre A de type fini sur Z est un anneau de Jacobson; pour qu’un idéal premier 𝔭 de A soit maximal, il faut et il suffit que l’anneau A/𝔭 soit fini. ↩ 1 04RM
  • Corollaire 2 Soit (P_λ)_λ ∈ L une famille de polynômes de Z[X₁, …, Xₙ], et soit Q un polynôme de Z[X₁, …, Xₙ] tel que pour tout système d’éléments (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n appartenant à un corps fini et… 04RN
  • Corollaire 3 Soit A un anneau de Jacobson. S’il existe une A-algèbre de type fini B contenant A, et qui soit un corps, alors A est un corps et B est une extension algébrique de A. En effet, il… 04RO

VI. Valuations

§ 1. Anneaux de valuation

  • Définition 1 Soient A et B deux anneaux locaux. On dit que B domine A si A est un sous-anneau de B et si m(A) = A ∩ m(B). 04RZ
  • Proposition 1 Soient A et B des anneaux locaux tels que A soit un sous-anneau de B. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 04S0
  • Exemple 1 Soient A un anneau local noethérien, hatA son complété; l’anneau local hatA domine alors A (Chap. III, § 3, no 5, prop. 9). 0CI5
  • Exemple 2 Soient B un anneau intègre, A un sous-anneau de B, 𝔭' un idéal premier de B, et 𝔭 = A ∩ 𝔭'. On a 𝔭A_𝔭 ⊂ 𝔭'B_𝔭', de sorte que B_𝔭' domine A_𝔭. 0CI6
  • Théorème 1 Soient K un corps, et V un sous-anneau de K. Les conditions suivantes sont équivalentes: ↩ 7 04S1
  • Lemme 1 Soient A un sous-anneau d’un anneau B, x un élément de B non entier sur A; alors l’anneau de fractions Bₓ (chap. II, § 5, no 1) n’est pas réduit à 0, et il existe dans le sous-anne… ↩ 1 04S2
  • Définition 2 Les notations étant celles du th. 1, on dit que V est un anneau de valuation pour le corps K si les conditions équivalentes a), b), c), d), e) sont satisfaites. On dit qu’un anneau… ↩ 1 04S3
  • Théorème 2 Soient K un corps, et h un homomorphisme d’un sous-anneau A de K dans un corps algébriquement clos L. Il existe alors un anneau de valuation V pour K et un homomorphisme h' de V da… ↩ 2 04S4
  • Corollaire Tout sous-anneau local A d’un corps K est dominé par au moins un anneau de valuation pour K. ↩ 3 04S5
  • Théorème 3 Soit A un sous-anneau d’un corps K. La fermeture intégrale A' de A dans K est l’intersection des anneaux de valuation pour K qui contiennent A; si A est local, A' est l’intersectio… ↩ 5 04S6
  • Corollaire 1 Tout anneau de valuation est intégralement clos. 04S7
  • Corollaire 2 Pour qu’un anneau intègre soit intégralement clos, il faut et il suffit qu’il soit l’intersection d’une famille d’anneaux de valuation pour son corps des fractions. 04S8
  • Corollaire 3 Soient K un corps, K’ une extension de K, et A un anneau de valuation pour K. La fermeture intégrale de A dans K’ est l’intersection des anneaux de valuation V’ pour K’ tels que V’… ↩ 3 04S9
  • Proposition 2 Soit A un anneau local dont l’idéal maximal soit un idéal principal Ap. Si ⋂ₙ₌₁^∞ Apⁿ = (0) (par exemple si A est noethérien, cf. chap. III, § 3, no 2, cor. de la prop. 5), les seu… ↩ 3 04SA
  • Proposition 3 Soient A un anneau principal et K son corps des fractions. Les anneaux de valuation pour K contenant A et distincts de K sont les anneaux de la forme A_Ap, où p est un élément extr… ↩ 3 04SB
  • Corollaire 1 Tout anneau de valuation pour le corps Q et distinct de Q est de la forme Z₍ₚ₎ où p est un nombre premier. ↩ 1 04SC
  • Corollaire 2 Soient K un corps, K(X) le corps des fractions rationnelles en une indéterminée sur K, et V un anneau de valuation pour K(X) contenant K et distinct de K(X). Si X ∈ V, il existe un… ↩ 1 04SD

§ 2. Places

  • Définition 1 Soient E et E' deux ensembles munis chacun d’une loi de composition interne notée (x, y) → x * y, non nécessairement partout définie. On dit qu’une application f : E → E' est un mo… 04SN
  • Définition 2 Soient E et E' deux ensembles, munis chacun d’une famille de lois de composition internes (x, y) → x *_α y, α ∈ I. On dit qu’une application f : E → E' est un morphisme si c’est un… 04SO
  • Définition 3 Soient K et L deux corps. On appelle place de K à valeurs dans L tout morphisme f de widetildeK dans widetildeL (pour l’addition et la multiplication) tel que f(1) = 1. 04SP
  • Proposition 1 Soient K un corps, A un anneau de valuation pour K, et κ(A) le corps résiduel de A. Prolongeons l’application canonique de A sur κ(A) en une application h_A : widetildeK → (κ(A)) ∼… ↩ 1 04SQ
  • Proposition 2 Soient K et L deux corps, et f une place de K à valeurs dans L. Il existe alors un anneau de valuation A pour K et un isomorphisme j de κ(A) sur un sous-corps de L tels que f = j ∘… 04SR
  • Proposition 3 Soient K un corps, S un sous-anneau de K, et f un homomorphisme de S dans un corps algébriquement clos L. Il existe alors une place de K à valeurs dans L qui prolonge f. ↩ 1 04SS
  • Proposition 4 Soient K un corps, f une place de K à valeurs dans un corps L, et K' une extension de K. Il existe alors une extension L' de L et une place f' de K' à valeurs dans L' qui prolonge… ↩ 1 04ST
  • Proposition 5 Soient K un corps, S un sous-anneau de K, h un homomorphisme de S dans un corps, et p le noyau de h. Pour qu’un élément x de K soit entier sur l’anneau local Sp, il faut et il suff… 04SU
  • Proposition 6 Soient K un corps, S un sous-anneau de K. Pour qu’un élément x de K soit entier sur S, il faut et il suffit que toute place de K finie sur S soit finie en x. ↩ 1 04SV

§ 3. Valuations

  • Définition 1 Soient C un anneau (non nécessairement commutatif), Γ un groupe commutatif totalement ordonné, noté additivement. On appelle valuation de C à valeurs dans Γ toute application v : C… 04T2
  • Proposition 1 Soit v une valuation d’un anneau C (non nécessairement commutatif). Quels que soient les éléments xᵢ ∈ C (1 ≤ i ≤ n), on a ↩ 3 04T3
  • Corollaire Si une suite finie d’éléments (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n de C (pour n ≥ 2) est telle que ∑ᵢ₌₁ⁿ xᵢ = 0, il existe au moins deux indices distincts j, k tels que v(xⱼ) = v(xₖ) = inf_1 ≤ i ≤ n v(x… 04T4
  • Remarque 1 Si v : C → Γ_∞ est une valuation de C et u : B → C un homomorphisme d’un anneau B dans C, il est immédiat que l’application composée B xrightarrowu C xrightarrowv Γ_∞ est une valua… 0CI7
  • Remarque 2 Les conditions (VL_I) et (VL_II) montrent aussitôt que l’ensemble barv¹(+∞) est un idéal bilatère 𝔭 dans C distinct de C en vertu de (VL_III); en outre, si x, y sont deux éléments… 0CI8
  • Proposition 2 Soient K un corps (non nécessairement commutatif), v une valuation de K, à valeurs dans Γ. Alors: ↩ 1 04T5
  • Proposition 3 Pour que deux valuations v, v' sur un corps (non nécessairement commutatif) K soient équivalentes, il faut et il suffit qu’il existe un isomorphisme λ du groupe ordonné v(K^*) sur… 04T6
  • Proposition 4 Soient C un anneau intègre, K son corps des fractions, C^* = C - 0, et v : C → Γ_∞ une valuation de C telle que v(x) ≠ +∞ pour x ∈ C^*. Il existe alors une valuation w et une seule… ↩ 3 04T7
  • Proposition 5 Soient K un corps, v une valuation de K et K' une extension de K. Il existe une valuation v' de K' dont la restriction à K est équivalente à v. ↩ 1 04T8
  • Proposition 6 Soient K un corps, A un sous-anneau de K, et x un élément de K. Pour que x soit entier sur A, il faut et il suffit que toute valuation de K positive dans A soit positive en x. ↩ 1 04T9
  • Exemple 1 Toute valuation d’un corps fini F est impropre, puisque tout élément de F est une racine de l’unité. 04TA
  • Exemple 2 Si K est un sous-corps d’un corps K’, la restriction à K d’une valuation de K’ est une valuation de K. 04TB
  • Exemple 3 Soient k un corps, et K = k((T)). L’application v qui, à toute série formelle non nulle, fait correspondre son ordre (Alg., chap. IV, § 5, no 7), est une valuation de K dont le gro… ↩ 4 04TC
  • Exemple 4 Soient A un anneau principal, K son corps des fractions, et p un élément extrémal de A. Pour x ∈ K, notons vp(x) l’exposant de p dans la décomposition de x en éléments extrémaux (A… ↩ 3 04TD
  • Exemple 5 L’application P(X, Y) → P(T, eᵀ) de C[X, Y] dans C((T)) est injective (Fonc. Var. Réelle, chap. IV, , prop. 9), donc se prolonge en un isomorphisme de C(X, Y) sur un sous-corps de… 04TE
  • Exemple 6 Soient Γ un groupe totalement ordonné, et k un corps. Soient Γ₊ le monoïde des éléments positifs de Γ, et C l’algèbre de Γ₊ sur k. Par définition, C possède une base (x_α)_α ∈ Γ₊ s… ↩ 1 04TF
  • Définition 2 Soit G un ensemble ordonné. Un sous-ensemble M de G est dit majeur si les relations x ∈ M et y ≥ x entraînent y ∈ M. 04TG
  • Proposition 7 L’application M → a(M) est une bijection croissante de l’ensemble des sous-ensembles majeurs de G sur l’ensemble des sous-A-modules de K. 04TH
  • Corollaire Soit G₊ l’ensemble des éléments positifs de G. L’application M → a(M) est une bijection de l’ensemble des sous-ensembles majeurs de G₊ sur l’ensemble des idéaux de A. ↩ 1 04TI
  • Définition 3 Soient K un corps (non nécessairement commutatif), v une valuation de K, et Γ le groupe des ordres de v. On dit que v est discrète s’il existe un isomorphisme (nécessairement uniqu… ↩ 1 04TJ
  • Proposition 8 Soient K un corps (non nécessairement commutatif), v une valuation discrète de K, A l’anneau de v, et u une uniformisante pour v. Les idéaux non nuls de A sont bilatères et de la f… ↩ 1 04TK
  • Proposition 9 Soit A un anneau local intègre distinct de son corps des fractions. Les conditions suivantes sont équivalentes: ↩ 6 04TL
  • Lemme 1 Soit A un anneau de valuation. Tout A-module sans torsion de type fini est libre. Tout idéal de type fini de A est principal. Tout A-module sans torsion est plat. ↩ 1 04TM

§ 4. Hauteur d’une valuation

  • Proposition 1 Soient K un corps, et A un anneau de valuation pour K. Alors: a) Tout anneau B tel que A ⊂ B ⊂ K est un anneau de valuation pour K; b) L’idéal maximal m(B) d’un tel anneau est cont… ↩ 3 04TV
  • Corollaire L’ensemble des sous-anneaux de K contenant A est totalement ordonné par inclusion. ↩ 2 04TW
  • Proposition 2 Soient K un corps, B un anneau de valuation pour K, et h_B la place de K associée à B (à valeurs dans κ(B)). Alors l’application A → h_B(A) définit une bijection de l’ensemble A de… ↩ 1 04TX
  • Corollaire Soient A et B deux anneaux de valuation pour K, avec A ⊂ B; posons A' = h_B(A), qui est un anneau de valuation pour κ(B). Le corps résiduel κ(A') de A' est canoniquement isomorphe… ↩ 1 04TY
  • Remarque Réciproquement, soient f une place de K à valeurs dans K', et f' une place de K' à valeurs dans K''. Alors f' ∘ f est une place de K dont l’anneau est contenu dans l’anneau de la p… 04TZ
  • Définition 1 Un sous-groupe H d’un groupe ordonné G est dit isolé si les relations 0 ≤ y ≤ x et x ∈ H entraînent y ∈ H. ↩ 1 04U0
  • Exemple 1 Soient A et B deux groupes ordonnés ; munissons A × B de l’ordre lexicographique (i.e. « (a, b) ≤ (a', b') » équivaut à « (a < a') ou (a = a' et b ≤ b') »). Le deuxième facteur B d… 04U1
  • Proposition 3 Soient G un groupe ordonné, et P l’ensemble de ses éléments positifs. ↩ 3 04U2
  • Exemple 2 Si nous reprenons l’exemple où G est un produit lexicographique A × B et où H = B, le groupe ordonné G/H s’identifie canoniquement à A. ↩ 1 04U3
  • Proposition 4 L’application B → H_B est une bijection croissante de l’ensemble des sous-anneaux de K contenant A sur l’ensemble des sous-groupes isolés de Γ_A. ↩ 1 04U4
  • Remarque Avec les hypothèses précédentes, notons f l’homomorphisme canonique de B sur κ(B), et posons A' = f(A); c’est un anneau de valuation pour κ(B) (prop. 2, no 1). On a overlinef(κ(B))… 04U5
  • Exemple Soient k un corps, 04U6
  • Définition 2 Soit G un groupe totalement ordonné. Si le nombre des sous-groupes isolés de G distincts de G est fini et égal à n, on dit que G est de hauteur n. Si ce nombre est infini, on dit q… 04U7
  • Exemple 1 La hauteur du groupe G = {0} est 0. 0CI9
  • Exemple 2 Les groupes Z et R sont de hauteur 1. 0CIA
  • Exemple 3 Soient G un groupe totalement ordonné et H un sous-groupe isolé de G. Si l’on désigne par h(H) et h(G/H) les hauteurs des groupes totalement ordonnés H et G/H, on a h(G) = h(H) + h… 0CIB
  • Définition 3 On appelle hauteur d’une valuation la hauteur du groupe des ordres de cette valuation. 04U8
  • Proposition 5 La hauteur d’une valuation est égale au nombre des idéaux premiers non nuls de son anneau. ↩ 1 04U9
  • Proposition 6 Soient K un corps, A un sous-anneau de K. Supposons que A ne soit pas un corps. Alors les conditions suivantes sont équivalentes : a) A est l’anneau d’une valuation de hauteur 1 de… ↩ 3 04UA
  • Proposition 7 Pour qu’une valuation d’un corps soit de hauteur 1, il faut et il suffit que son groupe des ordres soit isomorphe à un sous-groupe ordonné non nul de R. 04UB
  • Proposition 8 Soit G un groupe totalement ordonné non réduit à 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) G est de hauteur 1 ; b) quels que soient x > 0 et y geqslant 0 dans G, il existe… ↩ 2 04UC
  • Proposition 9 Soient K un corps, v une valuation non impropre de K, et A l’anneau de v. Pour que A soit complètement intégralement clos (chap. V, § 1, n° 4, déf. 5), il faut et il suffit que v s… 04UD
  • Corollaire Soient K un corps, (v_α)_α ∈ I une famille de valuations de hauteur 1 de K, et A l’intersection des anneaux des v_α. Alors A est complètement intégralement clos. ↩ 1 04UE

§ 5. Topologie définie par une valuation

  • Lemme 1 Soient x ∈ K^*, y ∈ K^*, et α ∈ G. Si v(x - y) > sup(α + 2v(y), v(y)), on a v(x⁻¹ - y⁻¹) > α. En effet on a x⁻¹ - y⁻¹ = x⁻¹(y - x)y⁻¹, donc v(x⁻¹ - y⁻¹) = v(x - y) - v(x) - v(y). S… ↩ 2 04UQ
  • Proposition 1 La topologie Tᵥ est séparée et compatible avec la structure de corps de K. L’application v : K^* → G est continue si l’on munit G de la topologie discrète. Soient x ∈ K^* et α = v(… ↩ 1 04UR
  • Proposition 2 Soient K un corps non nécessairement commutatif, v une valuation non impropre de K, A l’anneau de v, m l’idéal de v. Pour que K, muni de la topologie Tᵥ, soit localement compact, i… ↩ 4 04US
  • Remarque On notera qu’il suffit dans cette démonstration de supposer que A est complet. 04UT
  • Proposition 3 Soit E un espace vectoriel topologique à gauche sur K, séparé et de dimension 1. On suppose v non impropre. Pour tout x₀ ≠ 0 dans E, l’application a → ax₀ de Kₛ sur E est un isomor… ↩ 1 04UU
  • Corollaire Soient E un espace vectoriel topologique à gauche sur K, H un hyperplan fermé de E, et D un sous-espace vectoriel de dimension 1 de E supplémentaire algébrique de H. On suppose v n… 04UV
  • Proposition 4 On suppose v non impropre et K complet. Soit E un espace vectoriel topologique à gauche sur K, séparé et de dimension finie n. Pour toute base (eᵢ)_1 ≤ i ≤ n de E sur K, l’applicat… ↩ 1 04UW
  • Corollaire On suppose v non impropre et K complet. Soient E un espace vectoriel topologique séparé sur K, et F un sous-espace vectoriel de dimension finie de E. Alors F est fermé. En effet, F… ↩ 2 04UX
  • Proposition 5 Soient K un corps non nécessairement commutatif, v une valuation de K, et G le groupe v(K^*) muni de la topologie discrète. ↩ 2 04UY
  • Remarque Pour tout x ∈ hatK n’appartenant pas à hatA, il existe x₀ ∈ K tel que hatv(x - x₀) > 0, hatv(x) = hatv(x₀) = v(x₀) < 0; on a donc x₀⁻¹ x ∈ hatA, et comme x₀⁻¹ ∈ A, on voit que si l… 04UZ

§ 6. Valeurs absolues

  • Proposition 1 Pour qu’une application f de K dans R₊ vérifiant (VA_I) et (VA_II) appartienne à V(K), il faut et il suffit que f(1 + x) soit borné dans l’ensemble des x ∈ K tels que f(x) leqslant… ↩ 1 04VA
  • Proposition 2 Soit f une application de K dans R₊ appartenant à V(K); s’il existe C > 0 tel que f(n.1) leqslant C.n pour tout entier n > 0, f est une valeur absolue sur K. Par récurrence sur r >… ↩ 4 04VB
  • Corollaire 1 Pour qu’une application f de K dans R₊ soit une valeur absolue, il faut et il suffit qu’elle vérifie les conditions (VA_I), (VA_II) et (U₂). ↩ 1 04VC
  • Corollaire 2 Pour qu’une application f de K dans R₊ appartienne à V(K), il faut et il suffit qu’elle soit de la forme gᵗ, où t > 0 et g est une valeur absolue sur K. ↩ 1 04VD
  • Proposition 3 Soit f une application de K dans R₊. Les propriétés suivantes sont équivalentes: ↩ 3 04VE
  • Corollaire Si K est un corps (non nécessairement commutatif) de caractéristique p > 0, toute fonction de V(K) est une valeur absolue ultramétrique. ↩ 1 04VF
  • Proposition 4 Soit f une application de Q dans R₊ appartenant à V(Q). Alors: ↩ 2 04VG
  • Théorème 1 (Gelfand-Mazur) Soit K une algèbre sur le corps R ayant les deux propriétés suivantes: ↩ 3 04VH
  • Lemme 1 Soit D un corps de centre L, tel que pour tout x ∈ D, L(x) soit une extension de L de degré ≤ m. Alors le rang de D sur L est ≤ m². ↩ 1 04VI
  • Théorème 2 (Ostrowski) Soient K un corps (non nécessairement commutatif), f un élément de V(K) qui n’est pas une valeur absolue ultramétrique. Il existe alors un nombre réel s > 0 et un seul et un isomor… ↩ 2 04VJ
  • Lemme 2 Soient L un corps (non nécessairement commutatif), K un sous-corps de L tel que L soit un espace vectoriel à gauche de dimension finie sur K. Soient g une valeur absolue sur L, f s… 04VK
  • Remarque 2 Si K est un corps et une algèbre normée sur R, la norme n’est pas nécessairement une valeur absolue sur K; par exemple, ξ + iη → |ξ| + |η| est une norme sur C compatible avec sa st… 0CIC
  • Remarque 3 Pour une démonstration du cas C) du th. 1 qui n’utilise pas les résultats généraux d'Alg., chap. VIII, voir exerc. 2. 0CID

§ 7. Théorème d’approximation

  • Proposition 1 Soient K un corps, (Aᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille finie d’anneaux de valuation pour K, et B = ⋂ᵢ₌₁ⁿ Aᵢ. Posons 𝔭ᵢ = B ∩ m(Aᵢ). Alors Aᵢ = B_𝔭ᵢ pour tout i, et le corps des fractions de… ↩ 5 04VN
  • Lemme 1 Soient vᵢ (1 ≤ i ≤ n) des valuations d’un corps K, et x ∈ K^*. Il existe alors un polynôme f(X) de la forme ↩ 1 04VO
  • Proposition 2 Les hypothèses étant celles de la prop. 1, supposons de plus que Aᵢ not⊂ Aⱼ pour i ≠ j. Alors les pᵢ sont des idéaux maximaux de B deux à deux distincts, et tout idéal maximal de B… ↩ 2 04VP
  • Corollaire 1 Supposons que Aᵢ not⊂ Aⱼ pour i ≠ j. Pour toute famille d’éléments aᵢ ∈ Aᵢ \ (1 ≤ i ≤ n), il existe x ∈ B tel que x ≡ aᵢ \ (mod.\ m(Aᵢ)) pour 1 ≤ i ≤ n. ↩ 1 04VQ
  • Corollaire 2 Supposons que Aᵢ subsetneq Aⱼ pour i ≠ j. Il existe des éléments xᵢ (1 ≤ i ≤ n) de K tels que vᵢ(xᵢ) = 0 et vⱼ(xᵢ) > 0 pour i ≠ j. Pour chaque indice i, on applique le cor. 1 à la… 04VR
  • Corollaire 3 Tout anneau de valuation pour K contenant B contient l’un des Aᵢ. On peut se borner au cas où Aᵢ subsetneq Aⱼ pour i ≠ j. Soit V un anneau de valuation pour K contenant B. Posons 𝔭… 04VS
  • Définition 1 Soient A et A' deux anneaux de valuation pour un même corps K. On dit que A et A' sont indépendants si K est l’anneau engendré par A et A'. Deux valuations de K sont dites indépend… ↩ 1 04VT
  • Théorème 1 (Théorème d’approximation pour les valuations) Soient vᵢ (1 ≤ i ≤ n) des valuations deux à deux indépendantes d’un corps K, et Γᵢ le groupe des ordres de vᵢ. Soient aᵢ ∈ K et αᵢ ∈ Γᵢ (1 ≤ i ≤ n). Il existe alors x ∈ K tel que v… ↩ 7 04VU
  • Lemme 2 Soient A un anneau de valuation, et 𝔟 un idéal de A distinct de A. Alors la racine r de 𝔟 est un idéal premier. 04VV
  • Corollaire 1 Pour toute famille d’éléments γᵢ ∈ Γᵢ (1 ≤ i ≤ n), il existe x ∈ K tel que vᵢ(x) = γᵢ (1 ≤ i ≤ n). ↩ 2 04VW
  • Corollaire 2 Soit Tᵢ la topologie définie sur K par vᵢ; munissons Kⁿ de la topologie produit des Tᵢ. Si les vᵢ sont non impropres, la diagonale de Kⁿ est dense dans Kⁿ. ↩ 1 04VX
  • Proposition 3 Soient v et v' deux valuations non impropres d’un même corps K. Pour que v et v' définissent la même topologie sur K, il faut et il suffit qu’elles soient dépendantes. ↩ 1 04VY
  • Remarque 1 La prop. 3 montre que la relation « v et v' sont dépendantes » est une relation d’équivalence. 0CIE
  • Remarque 2 Compte tenu des relations entre valuations de hauteur 1 et valeurs absolues ultramétriques (§ 6, n° 2), la prop. 3 résulte aussi, dans le cas des valuations de hauteur 1, de la car… 0CIF
  • Proposition 4 Soient v₁, …, vₙ (n ≥ 2) des valuations deux à deux dépendantes d’un même corps K. Alors les anneaux A₁, …, Aₙ de v₁, …, vₙ engendrent un sous-anneau de K distinct de K. ↩ 1 04VZ
  • Théorème 2 (Théorème d’approximation pour les valeurs absolues) Soient fᵢ (1 ≤ i ≤ n) des valeurs absolues non impropres et deux à deux inéquivalentes sur un même corps K. Soient aᵢ (1 ≤ i ≤ n) des éléments de K, et ε un nombre réel > 0. Il exi… ↩ 1 04W0

§ 8. Prolongements d’une valuation à une extension algébrique

  • Définition 1 On appelle indice de ramification de v' par rapport à v (ou par rapport à K), et l’on note e(v'/v), (ou e(A'/A), ou parfois e(L/K)) l’indice (Γ_v' : Γᵥ). 04W4
  • Définition 2 On appelle degré résiduel de v' par rapport à v (ou par rapport à K), et l’on note f(v'/v) (ou f(A'/A), ou parfois f(L/K)), le degré [κ(A') : κ(A)]. 04W5
  • Lemme 1 Soient K, K', K'' trois corps tels que K ⊂ K' ⊂ K''; v'' une valuation de K'', v et v' ses restrictions à K et K'. On a les relations : ↩ 4 04W6
  • Lemme 2 Soient K un corps, L une extension de degré fini n de K, v' une valuation de L, et v sa restriction à K. On a l’inégalité ↩ 8 04W7
  • Proposition 1 Soient K un corps, L une extension algébrique de K, v' une valuation de L, v sa restriction à K, A et A' les anneaux de v et v'. Alors Γ_v'/Γᵥ est un groupe de torsion, et κ(A') es… ↩ 4 04W8
  • Corollaire 1 La hauteur de v' est égale à celle de v. 04W9
  • Lemme 3 Soient G' un groupe totalement ordonné, G un sous-groupe de G' et 𝔖' (resp. 𝔖) l’ensemble des sous-groupes isolés de G' (resp. G). L’application H' → H' ∩ G applique 𝔖' sur 𝔖. Cett… ↩ 1 04WA
  • Corollaire 2 Pour que v' soit impropre (resp. de hauteur 1), il faut et il suffit que v soit impropre (resp. de hauteur 1). ↩ 4 04WB
  • Corollaire 3 Supposons que L soit une extension de degré fini de K. Pour que v' soit discrète, il faut et il suffit que v soit discrète. ↩ 3 04WC
  • Définition 3 Soient K un corps, v une valuation de K, et L une extension de K. On appelle système complet de prolongements de v à L une famille (v'ᵢ)_i ∈ I de valuations de L prolongeant v, tel… 04WD
  • Proposition 2 Soient K un corps, v une valuation de K, hatK le complété de K pour v, hatv le prolongement continu de v à hatK, et L une extension de degré fini n de K. ↩ 5 04WE
  • Corollaire 1 Si K est complet pour v, et si v est non impropre, deux valuations de L prolongeant v sont dépendantes. En effet, on a hatK ⊗_K L = L. ↩ 1 04WF
  • Corollaire 2 Si hatK ou L est séparable sur K, l’application canonique φ : hatK ⊗_K L → ∏ᵢ₌₁ˢ hatLᵢ est un isomorphisme. En effet le radical de hatK ⊗_K L est alors nul (Alg., chap. VIII, § 7… 04WG
  • Remarque La prop. 2, b) montre que toute extension composée de hatK et L sur K (Alg., chap. VIII, § 8) est isomorphe à l’un des complétés hatLᵢ, et que ceux-ci sont des extensions composées… 04WH
  • Théorème 1 Soient K un corps, v une valuation de K, et L une extension de degré fini n de K. Alors : a) Tout système complet (v'ᵢ)_i ∈ I de prolongements de v à L est fini. b) On a ∑_i ∈ I e(… ↩ 2 04WI
  • Remarque L’intersection C des anneaux A'ᵢ des valuations v'ᵢ (i ∈ I) est la fermeture intégrale de A dans L (§ 1, nᵒ 3, cor. 3 du th. 3); il résulte en outre de c) et du § 7, nᵒ 1, prop. 1… 04WJ
  • Définition 4 Soient G un groupe commutatif totalement ordonné, et H un sous-groupe d’indice fini de G. On appelle indice initial de H dans G, et l’on note ε(G, H), le nombre des sous-ensembles… ↩ 1 04WK
  • Proposition 3 Les hypothèses sont celles de la déf. 4. Si l’ensemble des éléments strictement positifs de G n’a pas de plus petit élément, on a ε(G, H) = 1 quel que soit H. S’il existe un plus p… ↩ 1 04WL
  • Corollaire L’indice initial ε(G, H) divise l’indice (G : H), et lui est égal si G est isomorphe à Z. En particulier, on a ε(G, H) ≤ (G : H). ↩ 1 04WM
  • Définition 5 Soient K un corps, L une extension de degré fini de K, w une valuation de L, v sa restriction à K, ↩ 1 04WN
  • Proposition 4 Les hypothèses sont celles de la déf. 5. Soient A et m (resp. A' et m') l’anneau et l’idéal de la valuation v (resp. w). On a ↩ 5 04WO
  • Proposition 5 Soient K un corps, v une valuation de K, A son anneau, m son idéal, L une extension de degré fini n de K, B la fermeture intégrale de A dans L, et (v'i){1 \leq i \leq s} un système… ↩ 2 04WP
  • Corollaire Avec les mêmes hypothèses et notations, on a ↩ 1 04WQ
  • Théorème 2 Les hypothèses et notations étant celles de la prop. 5, les conditions suivantes sont équivalentes: ↩ 4 04WR
  • Remarque 1 Lorsque v est discrète, on a ε(vᵢ'/v) = e(vᵢ'/v) (no 4), et la condition d) se réduit à ∑ᵢ₌₁ˢ e(vᵢ'/v)f(vᵢ'/v) = n. 04WS
  • Corollaire 1 Avec les mêmes hypothèses et notations, on suppose de plus v discrète et L séparable. Alors 04WT
  • Corollaire 2 Soient K un corps, v une valuation discrète de K pour laquelle K est complet, et L une extension de degré fini n de K. Alors v admet un prolongement v' et un seul à L (à une équiva… ↩ 1 04WU
  • Corollaire 3 Supposons que v soit de hauteur 1 et que les conditions équivalentes du th. 2 soient vérifiées; si hatLᵢ est le complété de L pour vᵢ', le degré nᵢ = [hatLᵢ : hatK] est égal à e(vᵢ… 0CIG
  • Corollaire 4 Sous les hypothèses du cor. 3, si L est une extension séparable de K, chacun des hatLᵢ est une extension séparable de hatK. Si de plus L est une extension galoisienne de K, de grou… 04WV
  • Remarque 2 Une partie des résultats précédents s’étend au cas des valuations sur un corps K non nécessairement commutatif (cf. § 3, no 1). Soit L un surcorps de K, et soient v' une valuation… 0CIH
  • Proposition 6 Soient K un corps, v une valuation de K, A son anneau, L une extension algébrique de K, A' la fermeture intégrale de A dans L. Soient B l’ensemble des anneaux des valuations de L q… ↩ 2 04WW
  • Proposition 7 Soient K un corps, L une extension quasi-galoisienne de K, f et f' des places de L à valeurs dans un même corps F. On suppose que les restrictions de f et f' à K coïncident. Il exi… ↩ 2 04WX
  • Corollaire 1 Soient K un corps, v une valuation de K, L une extension quasi-galoisienne de K, et v', v'' deux extensions de v à L. Il existe alors un K-automorphisme s de L tel que v'' soit équ… ↩ 3 04WY
  • Corollaire 2 Soient K un corps, f une place (resp. v une valuation) de K, et L une extension radicielle de K. Alors toutes les extensions de f (resp. v) à L sont équivalentes. 04WZ
  • Proposition 8 Soient K un corps, v une valuation de K, L une extension quasi-galoisienne de degré fini n de K, et (v'ᵢ)_1 ≤ i ≤ g un système complet de prolongements de v à L. Alors e(v'ᵢ/v) et… 04X0
  • Proposition 9 Soient K un corps, L une extension algébrique de K, et f une valeur absolue sur K. Alors f se prolonge en une valeur absolue sur L. ↩ 1 04X1
  • Proposition 10 Soient K un corps, f une valeur absolue sur K telle que K soit complet et non discret pour f, et L une extension algébrique de K. Alors f se prolonge de manière unique en une valeu… 04X2
  • Proposition 11 Soient K un corps, f une valeur absolue non ultramétrique sur K, hatK le complété de K pour f, hatf le prolongement continu de f à hatK, et L une extension de degré fini n de K. ↩ 1 04X3
  • Remarque 1 La prop. 11 b) montre que toute extension composée de hatK et L sur K est isomorphe à l’un des complétés hatLᵢ, et que ceux-ci sont des extensions composées deux à deux non isomorp… 0CII
  • Remarque 2 Nous savons que les complétés hatK et hatLᵢ sont isomorphes à R ou C (§ 6, no 4, th. 2). Lorsque hatK est isomorphe à C, il en est de même de hatLᵢ pour tout i, et (10) montre que… 0CIJ
  • Proposition 12 Soient K un corps, f une valeur absolue sur K, L une extension quasi-galoisienne de K, f' et f'' deux prolongements de f à L. Il existe alors un K-automorphisme s de L tel que f''… 04X4
  • Remarque 3 Lorsque hatK est isomorphe à R, la prop. 12 montre que tous les complétés hatLᵢ de L (notations de la prop. 11) sont isomorphes entre eux. Ainsi, avec les notations de la Remarque… 0CIK

§ 9. Application : corps localement compacts

  • Proposition 1 Si K est un corps localement compact, la fonction modK appartient à V(K) (§ 6, no 1). En outre : (i) Si s 0 est tel que (mod_K)ˢ = g soit une valeur absolue, alors g définit la top… ↩ 1 04XQ
  • Proposition 2 Soient K, K' deux corps localement compacts (non nécessairement commutatifs) tels que K soit un sous-corps topologique de K' et que K soit non discret. Alors : (i) K' est un espace… ↩ 1 04XR
  • Corollaire 1 Tout corps localement compact dont le centre est non discret est de rang fini sur son centre. En effet, le centre Z d’un corps localement compact K est fermé dans K, donc localemen… 04XS
  • Corollaire 2 Soient K' un corps localement compact et K un sous-corps fermé de K' (non nécessairement commutatifs). Si K' est un espace vectoriel à gauche (resp. à droite) de dimension finie n… 04XT
  • Proposition 3 Soit K un corps (non nécessairement commutatif) localement compact non discret dont la topologie soit définie par une valuation discrète v; soient A l’anneau et m l’idéal de v, et… ↩ 1 04XU
  • Lemme 1 Soient x, y deux éléments permutables de A tels que x - y ∈ mʲ (j ≥ 1); alors x^pⁿ - y^pⁿ ∈ mʲ⁺ⁿ pour tout entier n ≥ 0. 04XV
  • Théorème 1 Soit K un corps (non nécessairement commutatif) localement compact non discret. ↩ 1 04XW
  • Corollaire 1 Tout corps localement compact non discret est de rang fini sur son centre. ↩ 1 04XX
  • Corollaire 2 Tout corps localement compact est connexe ou totalement discontinu; s’il est connexe, il est isomorphe à R, C ou H. 04XY
  • Remarque Soit s un entier > 0; le sous-corps F_q((Tˢ)) = L de K = F_q((T)) est fermé dans K et l’on a e(K/L) = s et f(K/L) = 1. On voit donc qu’il y a des sous-corps fermés non discrets L d… 04XZ

§ 10. Prolongements d’une valuation à une extension transcendante

  • Lemme 1 Soient K un corps, v une valuation de K, Γ son groupe des ordres, Γ' un groupe totalement ordonné contenant Γ, et ξ un élément de Γ'. Il existe une valuation w et une seule de K(X)… ↩ 5 04Y5
  • Proposition 1 Soient K un corps, v une valuation de K, Γ son groupe des ordres, Γ' un groupe totalement ordonné contenant Γ, et ξ un élément de Γ' tel que les relations nξ ∈ Γ, n ∈ Z, entraînent… ↩ 1 04Y6
  • Proposition 2 Soient K un corps, v une valuation de K, Γ son groupe des ordres, et k son corps résiduel. Il existe une valuation w et une seule de K(X) prolongeant v, telle que w(X) = 0 et que l… ↩ 3 04Y7
  • Remarque Il ne faudrait pas croire que les deux types de prolongements de v à K(X) que nous venons de rencontrer soient les seuls ; il peut exister un troisième type de prolongement, où Γ'/… 04Y8
  • Définition 1 On appelle rang rationnel d’un groupe commutatif G la dimension du Q-espace vectoriel G ⊗_Z Q. 04Y9
  • Proposition 3 Soient G un groupe commutatif totalement ordonné, et H un sous-groupe de G. Si l’on note h(G) et h(H) les hauteurs de G et H (§ 4, no 4), on a l’inégalité ↩ 2 04YA
  • Corollaire Pour tout groupe commutatif totalement ordonné G, on a h(G) ≤ r(G). On fait H = 0 dans la prop. 3. ↩ 1 04YB
  • Proposition 4 Soit G un groupe commutatif totalement ordonné. On suppose que G est de type fini, et qu’on a h(G) = r(G). Alors G est isomorphe à Zʳ⁽ᴳ⁾ ordonné lexicographiquement. ↩ 1 04YC
  • Lemme 2 Soit H un sous-groupe isolé d’un groupe commutatif totalement ordonné G. Si H est facteur direct dans G, le groupe ordonné G est isomorphe au groupe (G/H) × H ordonné lexicographiq… ↩ 1 04YD
  • Théorème 1 Soient x₁, …, xₛ des éléments de l’anneau de v' dont les images canoniques overlinexᵢ dans k' soient algébriquement indépendantes sur k, et y₁, …, yᵣ des éléments de K' tels que le… ↩ 1 04YE
  • Corollaire 1 On a l’inégalité 04YF
  • Corollaire 2 Soient h et h' les hauteurs de v et v'. On a alors 04YG
  • Corollaire 3 Supposons que K' soit une extension de type fini de K, que Γ soit isomorphe à Zʰ (ordonné lexicographiquement), et qu’il y ait égalité dans la formule (10). Alors Γ' est isomorphe… 04YH
  • Corollaire 4 Supposons que v soit impropre (auquel cas k = K). On a alors 04YI

VII. Diviseurs

§ 1. Anneaux de Krull

  • Définition 1 Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions. On appelle idéal fractionnaire de A (ou de K, par abus de langage) tout sous-A-module a de K tel qu’il existe un élément d ≠… ↩ 1 04YL
  • Définition 2 On appelle idéal fractionnaire divisoriel de A tout élément a de I(A) tel que a = tildea. ↩ 1 04YM
  • Proposition 1 a) Si b est un idéal divisoriel, et si a ∈ I(A), b : a est divisoriel. ↩ 6 04YN
  • Remarque Au cours de la démonstration précédente, on a prouvé que A : a = A : (A : (A : a)) pour tout idéal a ∈ I(A), ce qui est un cas particulier de Ens., chap. III, 3e éd., § 1, n° 5, pr… 04YO
  • Proposition 2 (i) Dans D(A), tout ensemble majoré non vide admet une borne supérieure. Plus précisément, si (αᵢ) est une famille majorée non vide d’éléments de I(A), on a ↩ 5 04YP
  • Corollaire Si x, y et x + y sont dans K^*, on a div(x + y) ≥ inf(div(x), div(y)). En effet A(x + y) ⊂ Ax + Ay, donc div(x + y) ≥ div(Ax + Ay). 04YQ
  • Proposition 3 Soient a, a', b, b' des éléments de I(A). Les relations a > a' et b > b' impliquent ab > a'b'. On peut se borner au cas où b = b'. Soit alors Ax un idéal principal fractionnaire co… 04YR
  • Proposition 4 Soient a, b deux idéaux fractionnaires divisoriels de A. Les propriétés suivantes sont équivalentes: a) div\ a et div\ b sont des diviseurs équivalents; b) il existe x ∈ K^* tel qu… 04YS
  • Théorème 1 Soit A un anneau intègre. Pour que le monoïde D(A) des diviseurs de A soit un groupe, il faut et il suffit que A soit complètement intégralement clos. ↩ 1 04YT
  • Corollaire Soient A un anneau complètement intégralement clos, a un idéal fractionnaire divisoriel de A. Alors, pour tout idéal fractionnaire b ≠ 0 de A, on a div(a : b) = div a - div b. ↩ 1 04YU
  • Définition 3 On dit qu’un anneau A est un anneau de Krull s’il est intègre, et s’il existe une famille (vᵢ)_i ∈ I de valuations du corps des fractions K de A possédant les propriétés suivantes… ↩ 5 04YV
  • Exemple 1 Tout anneau de valuation discrète est un anneau de Krull. 0CIM
  • Exemple 2 Plus généralement, tout anneau principal A est un anneau de Krull. En effet soit (pᵢ)_i ∈ I un système représentatif d’éléments extrémaux de A, et soit vᵢ la valuation du corps des… 0CIN
  • Exemple 3 Soient F un corps, et (Rᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille finie de sous-anneaux de F qui soient des anneaux de Krull. Alors leur intersection S = ⋂ⱼ₌₁ⁿ Rⱼ est un anneau de Krull. En effet… 0CIO
  • Exemple 4 En particulier, si A est un anneau de Krull et K’ un sous-corps du corps des fractions K de A, K' ∩ A est un anneau de Krull. 0CIP
  • Théorème 2 Soit A un anneau intègre. Pour que A soit un anneau de Krull, il faut et il suffit que les deux conditions suivantes soient satisfaites: ↩ 3 04YW
  • Lemme 1 Si A est un anneau de Krull, et (vᵢ)_i ∈ I une famille de valuations normées de K vérifiant (AK_I), (AK_II) et (AK_III), l’application a → (vᵢ(a))_i ∈ I est une application injecti… ↩ 1 04YX
  • Corollaire Pour qu’un anneau noethérien soit un anneau de Krull, il faut et il suffit qu’il soit intégralement clos. ↩ 1 04YY
  • Proposition 5 Soient A un anneau de Krull, K son corps des fractions, et (v_P)_P ∈ P(A) la famille de ses valuations essentielles. Soit (n_P)_P ∈ P(A) une famille d’entiers rationnels, nuls sauf… ↩ 5 04YZ
  • Proposition 6 Soient A un anneau de Krull, K son corps des fractions, (vᵢ)_i ∈ I une famille de valuations de K possédant les propriétés de la déf. 3, et Aᵢ l’anneau de vᵢ. Soient S une partie m… ↩ 8 04Z0
  • Corollaire 1 Soient P un diviseur extrémal de A, et p l’idéal divisoriel correspondant. Alors p est premier, l’anneau de vₚ est Aₚ et le corps résiduel de vₚ s’identifie au corps des fractions… ↩ 7 04Z1
  • Corollaire 2 Soient A un anneau de Krull, K son corps des fractions, et (vᵢ)_i ∈ I une famille de valuations possédant les propriétés de la déf. 3. Alors toute valuation essentielle de A est éq… ↩ 4 04Z2
  • Proposition 7 Soient A un anneau de Krull, (vₚ)_P ∈ P(A) la famille de ses valuations essentielles, et a ∈ I(A). Alors le coefficient de P dans div a est inf_y ∈ a (vₚ(y)). Si p est l’idéal prem… ↩ 1 04Z3
  • Proposition 8 Soit A un anneau noethérien intégralement-clos. ↩ 3 04Z4
  • Proposition 9 Soient v₁, …, vᵣ des valuations essentielles, deux à deux distinctes, d’un anneau de Krull A, et n₁, …, nᵣ des entiers rationnels. Il existe un élément x du corps des fractions K d… ↩ 8 04Z5
  • Corollaire 1 Soient A un anneau de Krull, K son corps des fractions, a, b, c trois idéaux fractionnaires divisoriels de A tels que a ⊂ b. Il existe x ∈ K tel que a = b ∩ xc. ↩ 1 04Z6
  • Corollaire 2 Soit A un anneau de Krull. Pour qu’un idéal fractionnaire a de A soit divisoriel, il faut et il suffit qu’il soit intersection de deux idéaux principaux fractionnaires. ↩ 2 04Z7
  • Définition 4 Soit A un anneau intègre. Un idéal premier p de A est dit de hauteur 1 s’il est minimal parmi les idéaux premiers non nuls de A. 04Z8
  • Théorème 3 Soient A un anneau de Krull, et p un idéal entier de A. Pour que p soit l’idéal divisoriel correspondant à un diviseur extrémal, il faut et il suffit que p soit un idéal premier de… ↩ 5 04Z9
  • Corollaire 1 Dans un anneau de Krull, tout idéal premier non nul m contient un idéal premier de hauteur 1. Si m n’est pas de hauteur 1, on a div m = 0 et A : m = A. ↩ 1 04ZA
  • Corollaire 2 Soient A un anneau de Krull, K son corps des fractions, v une valuation de K positive sur A, et p l’ensemble des x ∈ A tels que v(x) > 0. Si l’idéal premier p est de hauteur 1, v e… ↩ 2 04ZB
  • Théorème 4 Soient A un anneau intègre, M l’ensemble de ses idéaux premiers de hauteur 1. Pour que A soit un anneau de Krull, il faut et il suffit que les propriétés suivantes soient vérifiées… ↩ 6 04ZC
  • Proposition 10 Soient A un anneau noethérien intégralement clos, et a un idéal entier de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) a est divisoriel ; b) les idéaux premiers associés à A/… 04ZD
  • Proposition 11 Soient A un anneau de Krull local (en particulier un anneau noethérien local et intégralement clos) et m son idéal maximal. Les conditions suivantes sont équivalentes: a) A est un… ↩ 1 04ZE
  • Proposition 12 Soient A un anneau de Krull, K son corps des fractions, K' une extension de degré fini de K, et A' la fermeture intégrale de A dans K'. Alors A' est un anneau de Krull. Les valuati… ↩ 3 04ZF
  • Corollaire Soient p (resp. p') un idéal premier de hauteur 1 de A (resp. A'), et v (resp. v') la valuation essentielle de A (resp. A') qui lui correspond. Pour que p' soit au-dessus de p, il… ↩ 1 04ZG
  • Proposition 13 Soient A un anneau de Krull, X₁, X₂, …, Xₙ des indéterminées. L’anneau A[X₁, …, Xₙ] est un anneau de Krull. ↩ 2 04ZH
  • Remarque Les valuations v_f et barw introduites dans la démonstration de la prop. 13 sont les valuations essentielles de A[X]. Il nous suffira de montrer que si V est l’ensemble des valuati… 04ZI
  • Proposition 14 Soient A un anneau de Krull, et B un anneau de Krull contenant A. On suppose vérifiée la condition suivante: (PDE) Pour tout idéal premier 𝔓 de hauteur 1 de B, l’idéal premier 𝔓 ∩… ↩ 3 04ZJ
  • Proposition 15 Soient A et B des anneaux de Krull tels que B contienne A et soit un A-module plat. Alors : a) la condition (PDE) de la prop. 14 est satisfaite ; ↩ 1 04ZK
  • Corollaire Soient A un anneau de Krull local, et B un anneau de valuation discrète tel que B domine A et soit un A-module plat. Alors A est un corps ou un anneau de valuation discrète. 04ZL
  • Remarque Dans le premier des deux cas précédents, l’application i : D(A) → D(B) est injective : comme les éléments de P(B) forment une base de D(B) et que deux idéaux distincts de P(A) ne p… 04ZM
  • Proposition 16 Soit A un anneau de Zariski tel que son complété hatA soit un anneau de Krull. Alors A est un anneau de Krull, et l’homomorphisme canonique i de C(A) dans C(hatA) (qui est défini p… ↩ 2 04ZN
  • Proposition 17 Soient A un anneau de Krull, et S une partie multiplicative de A ne contenant pas 0. Alors l’homomorphisme canonique i de C(A) dans C(S⁻¹A) est surjectif. Si, de plus, S est engend… ↩ 4 04ZO
  • Proposition 18 Soient R un anneau de Krull, et A l’anneau de polynômes R[X]. L’homomorphisme canonique de C(R) dans C(R[X]) est bijectif. ↩ 1 04ZP

§ 2. Anneaux de Dedekind

  • Définition 1 On appelle anneau de Dedekind un anneau de Krull dont tous les idéaux premiers non nuls sont maximaux. 050M
  • Théorème 1 Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 6 050N
  • Proposition 1 Un anneau de Dedekind semi-local est principal. ↩ 3 050O
  • Proposition 2 Soient A un anneau de Dedekind, K son corps des fractions, et P l’ensemble des idéaux premiers non nuls de A; pour p ∈ P, notons vₚ la valuation essentielle correspondante de A. So… ↩ 2 050P
  • Proposition 3 L’anneau A₀ (resp. A) s’identifie au complété de A (resp. K) pour la topologie d’anneau dont un système fondamental de voisinages de 0 est formé de tous les idéaux entiers ≠ (0) de… ↩ 1 050Q
  • Proposition 4 Le groupe SL(n, K) est dense dans SL(n, A). 050R
  • Lemme 1 Soient A un anneau noethérien intègre dans lequel tout idéal premier non nul est maximal, et M un A-module de torsion de type fini. Alors la longueur long_A(M) de M est finie. ↩ 1 050S
  • Lemme 2 Soient A un anneau, T un A-module, (Tⱼ) une famille filtrante croissante de sous-modules de T, de réunion T. Alors long_A(T) = sup (long_A(Tⱼ)). ↩ 1 050T
  • Remarque Cette démonstration ne suppose pas A commutatif. 050U
  • Lemme 3 Soient A un anneau intègre noethérien tel que tout idéal premier non nul de A soit maximal, M un A-module sans torsion de rang fini r, et a un élément non nul de A. Alors A/Aa est… ↩ 1 050V
  • Proposition 5 (Krull-Akizuki) Soient A un anneau intègre noethérien dont tout idéal premier non nul est maximal, K son corps des fractions, L une extension de degré fini de K, et B un sous-anneau de L contenant… ↩ 3 050W
  • Corollaire 1 Pour tout idéal premier p de A, l’ensemble des idéaux premiers de B au-dessus de p est fini. ↩ 2 050X
  • Corollaire 2 La fermeture intégrale de A dans L est un anneau de Dedekind. 050Y
  • Corollaire 3 La fermeture intégrale d’un anneau de Dedekind dans une extension de degré fini de son corps des fractions est un anneau de Dedekind. ↩ 2 050Z
  • Proposition 6 Soient A un anneau de Dedekind, K son corps des fractions, L une extension de degré fini de K, et B la fermeture intégrale de A dans L. Soient p un idéal premier non nul de A, v la… 0510

§ 3. Anneaux factoriels

  • Définition 1 On appelle anneau factoriel un anneau de Krull dont tous les idéaux divisoriels sont principaux. ↩ 4 051N
  • Exemple 1 Tout anneau principal est factoriel (et, rappelons-le, est un anneau de Dedekind). Réciproquement tout anneau de Dedekind factoriel est principal en vertu du § 2, n° 2, th. 1, c). 0CIQ
  • Exemple 2 En particulier, si K est un corps, les anneaux K[X] et K[[X]] sont factoriels (voir th. 2 et prop. 8 ci-dessous pour des généralisations). 0CIR
  • Exemple 3 \ L’anneau local d’un point simple d’une variété algébrique est factoriel. L’anneau des germes de fonctions analytiques à l’origine de Cⁿ est factoriel. \ 0CIS
  • Théorème 1 Soit A un anneau intègre. Les conditions suivantes sont équivalentes: a) A est factoriel; ↩ 4 051O
  • Proposition 1 Soit A un anneau de Krull. Si tout idéal divisoriel de A est inversible, alors, pour tout idéal maximal m de A, Aₘ est factoriel. La réciproque est vraie si on suppose en outre que… ↩ 1 051P
  • Proposition 2 Soit A un anneau intègre. Pour que A soit factoriel, il faut et il suffit qu’il existe une partie P de A telle que tout a ∈ A - 0 s’écrive de manière unique sous la forme a = u ∏_p… 051Q
  • Proposition 3 Soient A un anneau de Krull, S une partie multiplicative de A ne contenant pas 0. (i) Si A est factoriel, S⁻¹A est factoriel. (ii) Si S est engendrée par une famille d’éléments pᵢ… ↩ 5 051R
  • Lemme 1 (Gauss) Soient f, f' des éléments non nuls de K[X], c, c' des contenus de f, f'. Alors cc' est un contenu de ff'. Soit d un contenu de ff'. Pour toute valuation v de K essentielle pour A… ↩ 1 051S
  • Théorème 2 Soient A un anneau factoriel, K son corps des fractions, (p_λ) un système représentatif d’éléments extrémaux de A, et (P_λ) un système représentatif de polynômes irréductibles de K… ↩ 3 051T
  • Corollaire Si A est un anneau factoriel, l’anneau A[X₁, …, Xₙ] est factoriel. On raisonne par récurrence sur n. 051U
  • Proposition 4 Soient A un anneau de Zariski, hatA son complété. Si hatA est factoriel, A est factoriel. Cela résulte du n° 1, déf. 1, et du § 1, n° 10, prop. 16. 051V
  • Corollaire Si le complété d’un anneau local noethérien A est factoriel, A est factoriel. ↩ 1 051W
  • Lemme 2 Soit f(X₁, X₂, …, Xₙ) une série formelle ≠ 0 à coefficients dans un anneau E. Il existe des entiers u(i) geqslant 1 (1 leqslant i leqslant n - 1) tels que f(Tᵘ⁽¹⁾, …, T^u(n-1), T)… ↩ 1 051X
  • Lemme 3 Soit f un élément non nul de E' = E[[X₁, ..., Xₙ]]. Il existe des entiers u(i) ≥ 1 (1 ≤ i ≤ n-1) tels que l’automorphisme s de E' défini par s(Xᵢ) = Xᵢ + Xₙᵘ⁽ⁱ⁾ (1 ≤ i ≤ n-1) et s(… ↩ 1 051Y
  • Proposition 5 Soit f ∈ B une série dont la série réduite n’est pas nulle. Notons s son ordre réduit, et M le sous-A-module de B ayant 1, X, ..., Xˢ⁻¹ pour base. Alors B est somme directe de M et… ↩ 3 051Z
  • Corollaire Les hypothèses et notations étant celles de la prop. 5, on suppose que s geqslant 1, de sorte que f ∈ Bm + BX. Alors le A-homomorphisme h de B' = A[[T]] dans B = A[[X]] tel que h(T… 0520
  • Définition 2 On dit qu’un polynôme F = A[X] est distingué s’il est de la forme F = Xˢ + aₛ₋₁ Xˢ⁻¹ + ⋯ + a₀, avec aᵢ ∈ m pour 0 leqslant i leqslant s-1. ↩ 1 0521
  • Proposition 6 (Théorème de préparation) Soient f ∈ B une série dont la série réduite n’est pas nulle, et s son ordre réduit. Il existe alors un couple (u, F) et un seul tel que u soit un élément inversible de B, F un pol… ↩ 3 0522
  • Proposition 7 Soient F un polynôme distingué, et g, h deux séries formelles de B telles que F = gh. Il existe alors un élément inversible u de B tel que ug et u⁻¹h soient des polynômes distingué… ↩ 2 0523
  • Corollaire Supposons en outre que A soit intègre, et soit F un polynôme distingué de degré s. Pour que F soit extrémal dans A[X], il faut et il suffit qu’il soit extrémal dans B = A[[X]]. ↩ 2 0524
  • Proposition 8 Soit C un anneau qui est, soit un corps, soit un anneau de valuation discrète. Alors l’anneau de séries formelles C[[X₁, …, Xₙ]] est factoriel. ↩ 3 0525
  • Remarque 1 Il existe des anneaux factoriels A tels que l’anneau A[[X]] ne soit pas factoriel (exerc. 8). Cependant, si A est principal, A[[X₁, …, Xₙ]] est factoriel (exerc. 9). 0CIT
  • Remarque 2 \ Nous verrons plus tard, par des méthodes homologiques, que tout anneau local régulier est factoriel (cf. § 4, n° 7, cor. 3 de la prop. 16). Cela donnera une autre démonstration… 0CIU

§ 4. Modules sur les anneaux noethériens intégralement clos

  • Définition 1 Soit V un espace vectoriel de dimension finie sur le corps K. On appelle réseau de V par rapport à A (ou simplement réseau de V) tout sous-A-module M de V vérifiant la condition su… 052X
  • Exemple 1 Si on prend V = K, les réseaux de K ne sont autres que les idéaux fractionnaires ≠ (0) de K (§ 1, n° 1, déf. 1). 0CIV
  • Exemple 2 Si rg_K(V) = n, tout sous-A-module libre L de V possède une base ayant au plus n éléments, toute partie de V libre sur A étant libre sur K; pour que L soit un réseau de V, il faut… 0CIW
  • Exemple 3 Si A est un anneau principal, tout réseau M de V est un A-module de type fini (puisque A est noethérien) et sans torsion, donc est un A-module libre (Alg., chap. VII, § 4, n° 3, co… 0CIX
  • Proposition 1 Pour qu’un sous-A-module M de V soit un réseau de V, il faut et il suffit que KM = V et que M soit contenu dans un sous-A-module de type fini de V. ↩ 5 052Y
  • Corollaire Supposons A noethérien; pour qu’un sous-A-module M de V soit un réseau de V, il faut et il suffit que KM = V et que M soit de type fini. ↩ 1 052Z
  • Remarque 1 Rappelons que pour tout sous-A-module M de V, l’application canonique M ⊗_A K → V est injective et a pour image KM (Alg., chap. II, 3e éd., § 7, n° 10, prop. 26); dire que KM = V s… 0530
  • Proposition 2 Soient M un réseau de V, M₁ un sous-A-module de V. S’il existe deux éléments x, y de K^* tels que xM ⊂ M₁ ⊂ yM, M₁ est un réseau de V; inversement, si M₁ est un réseau de V, il exi… ↩ 3 0531
  • Proposition 3 (i) Si M₁, et M₂ sont des réseaux de V, il en est de même de M₁ ∩ M₂ et de M₁ + M₂. ↩ 5 0532
  • Remarque 2 La prop. 3, (i), montre que l’ensemble R(V) des réseaux de V est réticulé pour la relation d’inclusion; de plus, si M est un réseau fixe de V, les xM, où x parcourt K, forment une… 0CIY
  • Remarque 3 Avec les notations de la prop. 3, (iv), l’application canonique N : M → HomA(M, N) qui à toute application K-linéaire f ∈ N : M associe l’application A-linéaire de M dans N qui a m… 0CIZ
  • Corollaire Soient U, V, W trois espaces vectoriels de rang fini sur K, f : U × V → W une application K-bilinéaire non dégénérée à gauche (Alg., chap. IX, § 1, n° 1, déf. 3). Si M est un résea… 0533
  • Exemple 4 Soit S une K-algèbre de rang fini (non nécessairement associative) ayant un élément unité; alors l’application bilinéaire (x, y) → xy de S × S dans S est non dégénérée (à gauche et… 0CJ0
  • Exemple 5 Soient V un espace vectoriel de dimension finie sur K, f une forme bilinéaire non dégénérée sur V. Si M est un réseau de V, il résulte du cor. de la prop. 3 que l’ensemble M_f^* de… 0CJ1
  • Proposition 4 Soient B un anneau commutatif intègre, A un sous-anneau de B, K et L les corps des fractions respectifs de A et de B. Soit V un espace vectoriel de dimension finie sur K. ↩ 3 0534
  • Corollaire Supposons que A soit un anneau de valuation discrète. Soit hatA son complété, et soit hatK le corps des fractions de hatA (chap. VI, § 5, n° 3). L’application φ qui, à tout réseau… 0535
  • Exemple 6 Soient S une partie multiplicative de A ne contenant pas 0 ; appliquons la prop. 4 à B = S⁻¹A; on a alors L = K, BM = S⁻¹M; donc S⁻¹M est un réseau de V par rapport à S⁻¹A. En outr… 0CJ2
  • Proposition 5 Soient V, W deux espaces vectoriels de rang fini sur K, M un réseau de V, N un réseau de W. Si M est de type fini, on a (avec les notations de la prop. 3): ↩ 3 0536
  • Théorème 1 Si M est un réseau de V, on a M = ⋂_p ∈ P Mₚ^*. 0537
  • Corollaire On a M = ⋂_p ∈ P Mₚ. 053A
  • Remarque 1 Soit M un A-module de type fini; il est immédiat que le dual M de M, identifié à un sous-A-module de HomA(M, K), est un réseau du K-espace vectoriel HomA(M, K); en particulier, tou… ↩ 1 0538
  • Théorème 2 Si M est un réseau de V, les conditions suivantes sont équivalentes: a) M est réflexif. b) M = ⋂_p ∈ P Mₚ. c) On a Ass(V/M) ⊂ P. ↩ 6 0539
  • Corollaire Soient M, N deux réseaux de V par rapport à A, tels que N soit réflexif. Pour que M ⊂ N, il faut et il suffit que, pour tout p ∈ P, on ait Mₚ ⊂ Nₚ. 0CJ3
  • Exemple 1 Tout réseau libre est réflexif. 0CJ4
  • Exemple 2 Prenons V = K. Pour qu’un idéal fractionnaire a de K soit un réseau réflexif, il faut et il suffit qu’il soit un idéal divisoriel, en vertu du critère b) du th. 2 et du § 1, n° 4… 0CJ5
  • Exemple 3 Soit M un réseau par rapport à A; si S est une partie multiplicative de A ne contenant pas 0, la prop. 5 du n° 1 montre que S⁻¹(M^*) = (S⁻¹M)^*; si M est réflexif, S⁻¹M est donc un… 0CJ6
  • Proposition 6 (i) Si M₁ et M₂ sont des réseaux réflexifs de V, il en est de même de M₁ ∩ M₂. 053B
  • Remarque 2 Si M₁ et M₂ sont des réseaux réflexifs de V, le réseau M₁ + M₂ n’est pas nécessairement réflexif (cf. § 1, exerc. 2). 0CJ7
  • Remarque 3 Si M est un A-module de type fini, T son sous-module de torsion, le dual M^* de M est le même que le dual de M/T, car pour toute forme linéaire f sur M, l’image f(T) est un sous-mo… 0CJ8
  • Proposition 7 Soit 0 → M → N → Q → 0 une suite exacte de A-modules. On suppose que N est de type fini et est sans torsion. ↩ 4 053C
  • Proposition 8 Soient R et S deux anneaux commutatifs, ρ : R → S un homomorphisme d’anneaux, M un R-module de type fini. On suppose que R est noethérien et que S est un R-module plat. Alors, si M… ↩ 2 053D
  • Théorème 3 Soient V un espace vectoriel de rang fini sur K, M un réseau de V par rapport à A. ↩ 2 053E
  • Lemme 1 Soient p et p' deux idéaux premiers de A tels que (0) soit le seul idéal premier de A contenu dans p ∩ p'. Pour tout sous-A-module E de V, on a alors (Eₚ)_p' = K.E. 053F
  • Remarque Soit L un réseau libre de V par rapport à A. Puisque Aₚ est un anneau principal pour p ∈ P, N(p) est un Aₚ-module libre de même rang que L, et il existe u(p) ∈ GL(V) tel que u(p)(L… 053G
  • Proposition 9 Soit M un A-module de type fini. Les conditions suivantes sont équivalentes: a) Mₚ = 0 pour tout idéal premier p de hauteur ≤ 1. b) L’annulateur a de M est un idéal ≠ (0), et on a… ↩ 3 053H
  • Remarque 1 Les conditions équivalentes de la prop. 9 signifient aussi que Ass(M) ne contient aucun idéal premier de hauteur ≤ 1. On peut les interpréter en disant que Supp(M) est de codimensi… 053I
  • Définition 2 On dit qu’un A-module M est pseudo-nul s’il est de type fini et s’il vérifie les conditions équivalentes de la prop. 9. ↩ 3 053J
  • Exemple 1 Si A est un anneau de Dedekind, tout idéal premier de A est de hauteur ≤ 1; dire que M est pseudo-nul signifie alors que Supp(M) = φ, donc que M = 0 (chap. II, § 4, n° 4). 0CJ9
  • Exemple 2 Soient k un corps, A = k[X, Y] l’anneau des polynômes sur k à deux indéterminées ; si m est l’idéal maximal AX + AY de A, le A-module A/m est pseudo-nul ; en effet, son annulateur… 0CJA
  • Définition 3 Soient M et N deux A-modules, et f : M → N un homomorphisme. On dit que f est pseudo-injectif (resp. pseudo-surjectif, pseudo-nul), si Ker(f) (resp. Coker(f), Im(f)), est pseudo-nu… 053K
  • Exemple 3 Soit M un A-module sans torsion de type fini ; alors l’application canonique c_M : M → M^** de M dans son bidual est un pseudo-isomorphisme. En effet, M s’identifie à un réseau de… 0CJB
  • Théorème 4 Soient E un A-module de type fini, T le sous-module de torsion de E, et M = E/T. Il existe un pseudo-isomorphisme : ↩ 3 053L
  • Lemme 2 Soit (pᵢ)_1 ≤ i ≤ k une famille finie non vide d’idéaux premiers de A de hauteur 1, et soit S = ⋂ᵢ (A - pᵢ); alors l’anneau S⁻¹A est principal. ↩ 3 053M
  • Lemme 3 Il existe un homomorphisme g : E → T dont la restriction à T est à la fois une homothétie et un pseudo-isomorphisme. 053N
  • Théorème 5 Soit T un A-module de torsion de type fini. Il existe deux familles finies (nᵢ)_i ∈ I et (pᵢ)_i ∈ I, où les nᵢ sont des entiers geqslant 1 et les pᵢ des idéaux premiers de hauteur… ↩ 3 053O
  • Remarque 2 Dans l’énoncé du th. 5, on peut remplacer les modules A/pi^{ni} par A/pi^{(ni)} (§ 1, n° 4, prop. 8). En effet, pour tout p \in P, l’application canonique g : A/p^n \to A/p^{(n)} =… ↩ 1 053P
  • Définition 4 Si T est un A-module de torsion de type fini, on appelle contenu de T, et l’on note χ(T), le diviseur : ↩ 3 053Q
  • Proposition 10 (i) Soit 0 → T₁ → T₂ → T₃ → 0 une suite exacte de A-modules de torsion de type fini. On a alors : χ(T₂) = χ(T₁) + χ(T₃). (ii) S’il existe un pseudo-isomorphisme f : T₁ → T₂, on a χ… ↩ 2 053R
  • Corollaire Soit 0 → Tₙ → Tₙ₋₁ → ⋯ → T₀ → 0 une suite exacte de A-modules de torsion de type fini. On a ∑ᵢ₌₀ⁿ (-1)ⁱ χ(Tᵢ) = 0. ↩ 1 053S
  • Proposition 11 Soient G un groupe commutatif, noté additivement, et φ : T(A) → G une application; pour tout A-module de torsion de type fini T, on pose encore, par abus de langage, φ(T) = φ(cl(T)… ↩ 3 053T
  • Proposition 12 Si 𝔞 est un idéal ≠ 0 de A, ↩ 1 053U
  • Proposition 13 Soient M un réseau de V, u un K-auto-morphisme de V. Alors on a : 053V
  • Proposition 14 Si M, M' sont deux réseaux de V tels que M' ⊂ M, M/M' est un A-module de torsion de type fini, et l’on a: (7) χ(M, M') = - χ(M/M'). En effet, il est clair que M/M' ⊂ V/M' est un mo… ↩ 1 053W
  • Corollaire Soient L₁, L₂ deux A-modules libres de même rang fini n et soit f : L₁ → L₂ un homomorphisme. Soit U la matrice de f par rapport à des bases de L₁ et de L₂. Pour que Coker(f) soit… ↩ 1 053X
  • Exemple Si A = Z, le groupe des diviseurs de A s’identifie au groupe multiplicatif Q₊^* des nombres rationnels > 0. Pour tout groupe commutatif fini T, χ(T) est l’ordre de T ; le corollair… ↩ 1 053Y
  • Proposition 15 Soit M un A-module de type fini. Il existe un sous-module libre L de M tel que M/L soit un module de torsion, et l’élément c(χ(M/L)) de C ne dépend pas du sous-module libre L chois… ↩ 1 053Z
  • Proposition 16 (i) Soit 0 → M₁ xrightarrowf M₂ xrightarrowg M₃ → 0 une suite exacte de A-modules de type fini. On a: ↩ 7 0540
  • Corollaire 1 Soit 0 → Mₙ xrightarrowu Mₙ₋₁ → ⋯ → M₀ → 0 une suite exacte de A-modules de type fini. On a alors ↩ 3 0541
  • Corollaire 2 Si un idéal fractionnaire divisoriel a ≠ 0 de A admet une résolution libre finie, il est principal. ↩ 2 0542
  • Corollaire 3 Si tout idéal divisoriel ≠ 0 de A admet une résolution libre finie, A est factoriel. ↩ 1 0543
  • Proposition 17 Soient G un groupe commutatif, noté additivement, et φ une application de l’ensemble F(A) des classes de A-modules de type fini dans G; pour tout A-module de type fini M, on pose e… 0544
  • Proposition 18 (i) Pour que R soit un B-module pseudo-nul, il faut et il suffit que le A-module R_[A] soit pseudo-nul. ↩ 1 0545
  • Proposition 19 Soit R un B-module de type fini. Pour que R soit réflexif, il faut et il suffit que R_[A] soit un A-module réflexif. ↩ 1 0546
  • Lemme 4 Soit W un espace vectoriel de rang fini sur L et soit R un réseau de W par rapport à B. Pour tout p ∈ P(A), on a alors (R_[A])ₚ = ⋂_𝔓|p R_𝔓. ↩ 1 0547
  • Corollaire L’anneau B est un A-module réflexif. 0548
  • Proposition 20 (i) Pour qu’un A-module de type fini M soit pseudo-nul, il faut et il suffit que M \otimesA B soit un B-module pseudo-nul. 0549
  • Lemme 5 Soient M1, M2 deux A-modules de type fini, f : M1 \to M2 un homomorphisme injectif. Alors le noyau de f ⊗ 1_B : M₁ ⊗_A B → M₂ ⊗_A B est pseudo-nul. 054A
  • Remarque 1 Si M est un A-module réflexif, M ⊗_A B n’est pas nécessairement réflexif (exerc. 6). Il en est toutefois ainsi lorsque B est un A-module plat (n° 2, prop. 8). 0CJC
  • Remarque 2 Soit C un troisième anneau noethérien intégralement clos, tel que B ⊂ C et que C soit un B-module de type fini (donc aussi un A-module de type fini). On a alors les formules de tra… 0CJD
  • Lemme 6 Soient R un anneau commutatif, pᵢ (1 leqslant i leqslant n) des idéaux premiers de R, deux à deux distincts. ↩ 1 054B
  • Théorème 6 Soit M un A-module sans torsion de type fini. Il existe un sous-module libre L de M tel que M/L soit isomorphe à un idéal de A. ↩ 2 054C
  • Lemme 7 Soient xᵢ (1 ≤ i ≤ m) des éléments de M linéairement indépendants (sur A ou sur K, ce qui revient au même), et soit L le sous-A-module de M engendré par les xᵢ. Alors, pour presque… ↩ 1 054D
  • Lemme 8 Supposons que le rang n de M soit geqslant 2; alors il existe un élément x ≠ 0 de M tel que M/Ax soit sans torsion. 054E
  • Remarque Si M est réflexif, il n’en est pas nécessairement de même de M/L (exerc. 9). 054F
  • Proposition 21 Soit A un anneau de Dedekind. Tout A-module pseudo-nul est nul. Tout homomorphisme pseudo-injectif (resp. pseudo-surjectif, pseudo-bijectif, pseudo-nul) de A-modules est injectif (… 054G
  • Proposition 22 Soient A un anneau de Dedekind, M un A-module de type fini. Les propriétés suivantes sont équivalentes: a) M est sans torsion. b) M est réflexif. c) M est projectif. ↩ 2 054H
  • Corollaire Soit M un A-module de type fini, et soit T son sous-module de torsion. Alors T est facteur direct dans M. En effet, comme M/T est sans torsion et de type fini, il est projectif en… ↩ 1 054I
  • Proposition 23 Soient A un anneau de Dedekind, T un A-module de torsion de type fini. Il existe deux familles finies (ni){i∈I} et (pi){i∈I}, où les ni sont des entiers ≥ 1 et les pi des éléments… 054J
  • Proposition 24 Soient A un anneau de Dedekind, M un A-module sans torsion de type fini, de rang n ≥ 1. Il existe alors un idéal 𝔅 ≠ 0 de A tel que M soit isomorphe à la somme directe des modules… 054K
  • Remarque 1 Les prop. 23, 24 et le cor. de la prop. 22 déterminent complètement la structure des A-modules de type fini. La prop. 24 montre qu’un A-module sans torsion de type fini est détermi… 0CJE
  • Remarque 2 On peut montrer que sur un anneau de Dedekind, un module projectif qui n’est pas de type fini est nécessairement libre (exerc. 21) et que tout sous-module d’un module projectif est… 0CJF

VIII. Dimension

§ 1. Dimension de Krull d’un anneau

  • Définition 1 Soit I un ensemble ordonné. Une partie finie non vide et totalement ordonnée de I est appelée une chaîne de I. Soit c une chaîne de I; le plus petit et le plus grand élément de c s… 0CJG
  • Définition 2 On appelle dimension de Krull de l’espace topologique X et on note dim kr(X) ou simplement dim(X) la borne supérieure dans overlineR de l’ensemble des longueurs des chaînes de part… 0CJH
  • Proposition 1 Soit X un espace topologique. a) Si Y est un sous-espace de X, on a dim(Y) ≤ dim(X), et dim_y(Y) ≤ dim_y(X) pour tout point y de Y. b) Soient x un point de X et V un voisinage de x… 0CJI
  • Corollaire a) La dimension de l’espace topologique X est la borne supérieure des dimensions de ses composantes irréductibles (II, § 4, no 1, déf. 2). 0CJJ
  • Proposition 2 Soit X un espace topologique. On a dim(X) = sup_x ∈ X dimₓ(X). 0CJK
  • Corollaire Si (X_α)_α ∈ A est un recouvrement ouvert, ou un recouvrement fermé localement fini, d’un espace topologique X, on a dim(X) = sup_α ∈ A dim(X_α). 0CJL
  • Définition 3 Soit X un espace topologique. 0CJM
  • Remarque 1 La codimension d’une partie fermée Y de X est donc la borne inférieure des codimensions des parties fermées irréductibles de Y. On a codim(∅, X) = +∞ et, si X n’est pas vide, codim… 0CJN
  • Remarque 2 Si Y est une partie fermée non vide de X, on a codim(Y, X) ≤ dim(X). On a dim(X) = sup_Y codim(Y, X), où Y parcourt l’ensemble des parties fermées irréductibles de X. Si Y et Y’ so… 0CJO
  • Remarque 3 Soient Y une partie fermée de l’espace topologique X et (X_α)_α ∈ A (resp. (Y_β)_β ∈ B) la famille des composantes irréductibles de X (resp. de Y). Pour tout β ∈ B, notons A(β) l’e… 0CJP
  • Remarque 4 Soient (Yᵢ)_i ∈ I une famille finie de parties fermées de X et Y = ⋃_i ∈ I Yᵢ; on a 0CJQ
  • Proposition 3 Soit X un espace topologique. 0CJR
  • Définition 4 Un espace topologique X est dit caténaire si, pour tout couple (Y, Z) de parties fermées irréductibles de X telles que Y ⊂ Z, toute chaîne saturée de parties fermées irréductibles… 0CJS
  • Proposition 4 Soit X un espace topologique. Pour que X soit caténaire, il faut et il suffit que, pour tout triplet (Y, Z, T) de parties fermées irréductibles de X tel que Y ⊂ Z ⊂ T, on ait : 0CJT
  • Corollaire Soit X un espace topologique irréductible et de dimension finie. Pour que X soit caténaire, il faut et il suffit que, pour tout couple (Y, Z) de parties fermées irréductibles de X… 0CJU
  • Proposition 5 Soit X un espace topologique de dimension finie. Supposons que toutes les chaînes maximales de parties fermées irréductibles de X aient même longueur. Alors X est caténaire ; pour… 0CJV
  • Définition 5 On appelle dimension de Krull, ou simplement dimension, d’un anneau (commutatif) A et l’on note \dim(A), la dimension de Krull de l’espace topologique Spec(A) (II, § 4, n° 3, déf… 0CJW
  • Exemple 1 On a dim(A) < 0 si et seulement si A est réduit à 0. Pour que l’on ait dim(A) leqslant 0, il faut et il suffit que tout idéal premier de A soit maximal. Les anneaux intègres de dim… 0CJX
  • Exemple 2 Les anneaux de Dedekind sont les anneaux noethériens intégralement clos de dimension leqslant 1 (VII, § 2, no 2, th. 1). Plus généralement, d’après V, § 1, no 2, cor. 2 à la prop… 0CJY
  • Exemple 3 Si A est un anneau de valuation (VI, § 1, no 2, déf. 2), sa dimension est égale à la hauteur de la valuation (VI, § 4, no 4, prop. 5). 0CJZ
  • Exemple 4 Soit A un anneau. On a dim(A[X]) geqslant dim(A) + 1 . En effet, si p₀ ⊂ ... ⊂ pₙ est une chaîne d’idéaux premiers de A, de longueur n, on obtient une chaîne p'₀ ⊂ ... ⊂ p'ₙ₊₁ d’id… 0CK0
  • Exemple 5 \ Soit X une variété analytique complexe. Si X est de dimension complexe n en un point x de X, l’anneau local des germes en x de fonctions analytiques sur X est de dimension n. \ 0CK1
  • Exemple 6 Soient k un corps et A une k-algèbre entière non nulle. Alors on a dim(A) = 0. Cela résulte du cor. 1 à la prop. 1 de V, § 2, no 1, et du fait que dim(k) = 0. 0CK2
  • Exemple 7 Si 𝔫 est un nilidéal de A, Spec(A) est homéomorphe à Spec(A/𝔫) (II, § 4, no 3, remarque). On a donc dim(A/𝔫) = dim(A); en particulier, on a dim(A) = dim(A_red) où A_red est le quot… 0CK3
  • Exemple 8 Il existe des anneaux noethériens de dimension infinie (p. 83, exerc. 13). Nous verrons ci-dessous (§ 3, n° 1, cor. 1 à la prop. 2) que tout anneau local noethérien est de dimensio… 0CK4
  • Proposition 6 Soit A un anneau. a) Si a est un idéal de A, on a dim(A/a) ≤ dim(A). b) Si S est une partie multiplicative de A, on a dim(S⁻¹A) ≤ dim(A). c) On a dim(A) = sup dim(A/p), où p parcou… 0CK5
  • Remarque 1 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux. Alors dim(B) est la borne supérieure des nombres dim(B/ρ(p).B), où p parcourt l’ensemble des idéaux premiers minimaux de A : en effet, po… 0CK6
  • Définition 6 Soit a un idéal d’un anneau A. La codimension de V(a) dans Spec(A) est appelée hauteur de l’idéal a et notée ht(a). 0CK7
  • Proposition 7 a) La hauteur d’un idéal premier p de A est la borne supérieure des longueurs des chaînes d’idéaux premiers p₀ ⊂ ... ⊂ pₙ telles que pₙ = p. 0CK8
  • Corollaire Soient p un idéal premier de A et S une partie multiplicative de A ne rencontrant pas p. Alors ht(p) = ht(S⁻¹p). 0CK9
  • Proposition 8 Soit A un anneau. 0CKA
  • Définition 7 On dit qu’un anneau A est caténaire si l’espace topologique Spec(A) est caténaire (n° 2, déf. 4). 0CKB
  • Remarque 2 Tout anneau quotient d’un anneau caténaire est caténaire. Pour que l’anneau A soit caténaire, il faut et il suffit que, pour tout idéal premier p de A, l’anneau Aₚ soit caténaire. 0CKC
  • Remarque 3 D’après la prop. 7, b) et la prop. 4 du n° 2, l’anneau A est caténaire si et seulement si, pour tout triplet (p, q, r) d’idéaux premiers de A tel que r ⊂ q ⊂ p, on a dim(Ap/qAp) +… 0CKD
  • Remarque 4 Soit A un anneau de dimension finie, dont toutes les chaînes maximales d’idéaux premiers ont même longueur. Alors A est caténaire, on a ht(p) + dim(A/p) = dim(A) pour tout idéal pr… 0CKE
  • Remarque 5 Nous verrons au § 2, n° 4, que toute algèbre de type fini sur un corps est un anneau caténaire. Il existe des anneaux locaux noethériens qui ne sont pas caténaires (p. 83, exerc. 1… 0CKF
  • Définition 8 Soient A un anneau et M un A-module de type fini. On appelle dimension de Krull (ou simplement dimension ¹) du A-module M et on note dim_A(M) (ou dim(M) s’il n’y a pas d’ambiguïté)… 0CKG
  • Remarque 1 Soient A un anneau noethérien et M un A-module de type fini. Il est équivalent de dire que dim_A(M) ≤ 0, ou que les éléments de Supp(M) sont des idéaux maximaux de A, ou que M est… 0CKH
  • Remarque 2 Si M est un module de type fini sur un anneau noethérien A, dim_A(M) est la borne supérieure des nombres dim(A/p), où p parcourt l’ensemble Ass_A(M) des idéaux premiers de A associ… 0CKI
  • Proposition 9 Soient A un anneau et M un A-module de type fini. 0CKJ
  • Remarque 3 Sous les conditions de la prop. 9, c), on a codim(Supp(M), Spec(A)) = inf(codim(Supp(M'), Spec(A)), codim(Supp(M/M'), Spec(A))). Cela résulte de la formule Supp(M) = Supp(M') ∪ Sup… 0CKK
  • Remarque Pour tout p ∈ Spec(A), on a z(A/p) = [V(p)]. Plus généralement, soit M un A-module de type fini, et soit (Mᵢ)_0 ≤ i ≤ n une suite de composition de M telle que pour 0 ≤ i ≤ n-1, le… 0CKL
  • Lemme 1 Soient M un A-module de type fini et d un entier. a) Pour que M soit de type C_≤ d, il faut et il suffit que z(M) ∈ Z_≤ d; la projection z_d(M) de z(M) sur Z_d parallèlement à Z_≤… 0CKM
  • Proposition 10 Les suites de Z-modules et d’homomorphismes 0CKN
  • Exemple 1 Supposons A noethérien et intègre. Alors on a Z⁰ = Z.[Spec(A)]; on a C^>0 = C et z⁰(M) = rg(M).[Spec(A)]. Les modules de type C^>1 sont donc les modules de torsion. 0CKO
  • Exemple 2 Supposons A noethérien et intégralement clos. Alors Z¹ s’identifie au groupe D(A) des diviseurs de A introduit au chapitre VII (§ 1, no 3, th. 2, et no 6, th. 3). Les modules de ty… 0CKP
  • Exemple 3 Les modules de type C_≤ 0 sont les modules de dimension ≤ 0, c’est-à-dire les modules de longueur finie (no 4, remarque 1). On a long_A(M) = ε(z₀(M)) pour tout A-module de longueur… 0CKQ
  • Exemple 4 Supposons A intègre et de dimension finie. Posons d = dim(A). Alors on a C_≤ d = C, Z_d = Z.[Spec(A)] = Z⁰, z_d(M) = rg(M).[Spec(A)] = z⁰(M), et les modules de type C_≤ d-1 sont le… 0CKR

§ 2. Dimension des algèbres

  • Remarque 1 La condition (PM) est satisfaite lorsqu’il existe un B-module de type fini, fidèlement plat sur A et de support égal à Spec(B). C’est le cas, en particulier, si le A-module B est f… 0CL9
  • Remarque 2 L’existence d’un B-module N fidèlement plat sur A implique l’injectivité de ρ (I, § 3, n° 5, prop. 8), et la surjectivité de l’application “ρ : Spec(B) → Spec(A) (II, § 2, n° 5, co… 0CLA
  • Remarque 3 Supposons que ρ : A → B soit un homomorphisme local d’anneaux locaux et qu’il existe un B-module N plat sur A et tel que N ⊗B κ(q) ≠ 0 pour tout idéal premier q de B. Alors N est f… 0CLB
  • Proposition 1 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux satisfaisant à la condition (PM). 0CLC
  • Corollaire Soit F une partie fermée de Spec(A). Si Y est une composante irréductible de l’image réciproque de F par l’application “ρ : Spec(B) → Spec(A), alors l’adhérence de “ρ(Y) est une co… 0CLD
  • Proposition 2 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux non nuls possédant la propriété (PM). On a l’inégalité 0CLE
  • Remarque 4 Soit ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens satisfaisant à la condition (PM). On verra plus loin (§ 3, no 4, prop. 7) qu’on a dans ce cas égalité dans (1). D… 0CLF
  • Corollaire Pour tout idéal a de A, on a ht(a) ≤ ht(ρ(a)B). 0CLG
  • Lemme 1 Soient ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux et p un idéal premier de A. L’application continue ᵃ h : Spec(B ⊗_A κ(p)) → Spec(B), associée à l’homomorphisme canonique h : B → B ⊗_A… 0CLH
  • Remarque 5 D’après la prop. 2 et le lemme 1, on a donc, sous les hypothèses de la prop. 2, l’inégalité dim(Spec(B)) ≥ dim(Spec(A)) + inf_p ∈ Spec(A) dim(αρ⁻¹(p)) . 0CLI
  • Proposition 3 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux. Posons n = sup_p ∈ Spec(A) dim(B ⊗_A κ(p)). On a l’inégalité dim(B) + 1 ≤ (dim(A) + 1).(n + 1) . 0CLJ
  • Remarque 1 Si les anneaux A et B sont noethériens, nous verrons ci-dessous (§ 3, no 4, cor. 2 à la prop. 7) qu’on a l’inégalité dim(B) ≤ dim(A) + n, plus forte que celle de la prop. 3. 0CLK
  • Corollaire 1 Supposons qu’on ait dim(A) < +∞ et qu’il existe un entier n tel que dim(B ⊗_A κ(p)) ≤ n pour tout p ∈ Spec(A). Alors on a dim(B) < +∞. 0CLL
  • Corollaire 2 Soient A un anneau et B = A[X] l’anneau des polynômes en une indéterminée à coefficients dans A. On a : 1 + dim(A) ≤ dim(B) ≤ 1 + 2dim(A) . 0CLM
  • Remarque 2 Nous verrons plus loin ( , no 4, cor. 3 à la prop. 7) que, si A est noethérien, on a dim(A[X]) = 1 + dim(A) 0CLN
  • Corollaire 3 Si A est de dimension finie, toute A-algèbre non nulle de type fini est de dimension finie. 0CLO
  • Lemme 2 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux tel que, pour tout idéal premier p de A, la κ(p)-algèbre B ⊗ₓₐ κ(p) soit entière (V, § 1, no 1, déf. 2). Soient q et q’ deux idéaux premie… 0CLP
  • Théorème 1 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux faisant de B une A-algèbre entière. 0CLQ
  • Théorème 2 Soient A un anneau intégralement clos, et B un anneau contenant A, entier sur A. On suppose que B est un A-module sans torsion. Pour tout idéal a de A, on a ht(a) = ht(aB). Soient… 0CLR
  • Remarque Soient A un anneau intègre et B un anneau contenant A, entier sur A. Soit p un idéal premier de A tel que la clôture intégrale de Aₚ soit un anneau local. On peut démontrer que, po… 0CLS
  • Lemme 3 Soient A une k-algèbre de type fini et p₀ ⊂ ... ⊂ pₘ une chaîne maximale d’idéaux premiers de A. Il existe un entier n ≥ m, une suite (x₁, ..., xₙ) d’éléments de A, algébriquement… 0CLT
  • Théorème 3 Soit A une k-algèbre de type fini. a) Pour tout idéal premier minimal p de A, toutes les chaînes maximales d’idéaux premiers de A d’origine p ont pour longueur l’entier deg.trₖ κ(p… 0CLU
  • Corollaire 1 Soit n un entier positif. On a 0CLV
  • Corollaire 2 Soit A une k-algèbre intègre de type fini. Pour tout idéal premier p de A, on a 0CLW
  • Corollaire 3 Soit A une k-algèbre de type fini et soit f un élément de A qui n’appartienne à aucun idéal premier minimal de A (par exemple un élément de A non diviseur de zéro, cf. IV, § 1, no… 0CLX
  • Corollaire 4 Soient A une k-algèbre de type fini et p un idéal premier de A. 0CLY
  • Corollaire 5 Soient A une k-algèbre de type fini, p un idéal premier de A et (𝔭ᵢ)_i ∈ I la famille des idéaux premiers minimaux de A contenus dans p. On a : 0CLZ
  • Corollaire 6 Soit A une k-algèbre de type fini non réduite à 0, et soit n un entier geqslant 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0CM0
  • Remarque 1 D’après le cor. 5, les conditions a), b), c) du cor. 6 impliquent qu’on a dimₚ(A) = dim(A) pour tout idéal premier p de A. 0CM1
  • Proposition 4 Soient A et B deux k-algèbres de type fini et ρ : A → B un homomorphisme d’algèbres. Supposons que A soit intègre et que le A-module B soit sans torsion, et notons K le corps des f… 0CM2
  • Corollaire Soit ρ : A → B un homomorphisme injectif de k-algèbres de type fini. On a dim(A) ≤ dim(B). 0CM3
  • Lemme 4 Soient A et B deux k-algèbres intègres, M un A-module sans torsion, N un B-module sans torsion. Si l’anneau A ⊗ₖ B est intègre, alors M ⊗ₖ N est un module sans torsion sur A ⊗ₖ B. 0CM4
  • Proposition 5 Soient k' une extension de k, A une k-algèbre de type fini et B une k'-algèbre de type fini. 0CM5
  • Corollaire Soient A une k-algèbre de type fini, k' une extension de k, et A' la k'-algèbre A \otimesk k'. 0CM6
  • Remarque 2 Supposons l’extension k' de k radicielle. Alors l’application canonique f : Spec(A') → Spec(A) est un homéomorphisme. 0CM7

§ 3. Dimension des anneaux noethériens

  • Proposition 1 Soient A un anneau intègre noethérien, x un élément non nul de A et p un élément minimal de l’ensemble des idéaux premiers de A contenant x. Alors p est de hauteur 1. 0CMQ
  • Proposition 2 Soient A un anneau noethérien, m un entier positif et a un idéal contenu dans le radical de A et engendré par m éléments. On a 0CMR
  • Lemme 1 Soient A un anneau noethérien, p₀ ⊂ ... ⊂ pₙ une chaîne d’idéaux premiers de A de longueur n geqslant 1 et x un élément de pₙ. Il existe une chaîne p'₀ ⊂ ... ⊂ p'ₙ avec p'₀ = p₀, p… 0CMS
  • Corollaire 1 a) Tout anneau local noethérien est de dimension finie. Plus généralement, tout anneau semi-local (II, § 3, no 5, déf. 4) noethérien non nul est de dimension finie. b) Soit A un an… 0CMT
  • Corollaire 2 Soit A un anneau local noethérien. a) Soit x ∈ m_A. Alors dim(A/xA) est égal à dim(A) ou à dim(A) - 1. Pour que l’on ait dim(A/xA) = dim(A) - 1, il faut et il suffit que x n’appart… 0CMU
  • Définition 1 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de type fini et S une partie de l’idéal maximal m_A de A. On dit que S est sécante pour M si l’on a 0CMV
  • Remarque 1 Il résulte des formules (6) et (7) que S est sécante pour M si et seulement si elle est sécante pour A/α, où α est l’annulateur de M. 0CMW
  • Remarque 2 Soient S et S’ deux parties disjointes de m_A. Pour que S ∪ S' soit sécante pour M, il faut et il suffit que S soit sécante pour M et S’ sécante pour M' = M/SM. Cela résulte de l’i… 0CMX
  • Remarque 3 Soient x ∈ m_A et n ≥ 1 un entier. Il est immédiat que les modules M/xM et M/xⁿM ont même support, donc même dimension. Par suite, x est sécant pour M si et seulement si xⁿ est séc… 0CMY
  • Proposition 3 Soient A un anneau local noethérien et M un A-module non nul de type fini. Pour qu’un élément x de m_A soit sécant pour M, il faut et il suffit qu’il n’appartienne à aucun des élém… 0CMZ
  • Corollaire Toute suite d’éléments de m_A qui est complètement sécante pour M (A, X, p. 157, déf. 2) est sécante pour M. Soit (x₁, ..., xᵣ) une suite d’éléments de m_A qui est complètement séc… 0CN0
  • Remarque 4 Il n’est pas vrai en général qu’une suite sécante pour M soit complètement sécante pour M (p. 87, exerc. 6). Nous étudierons plus tard les modules sur un anneau local noethérien po… 0CN1
  • Théorème 1 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de type fini et S une partie de l’idéal maximal m_A de A. 0CN2
  • Corollaire La dimension de M est le plus petit des entiers d geqslant 0 pour lesquels il existe une suite (x₁, ..., x_d) d’éléments de m_A telle que le A-module M / ∑ᵢ₌₁ᵈ xᵢ M soit de longueu… 0CN3
  • Lemme 2 Soient A un anneau local noethérien et q un idéal de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0CN4
  • Scholie La dimension d’un anneau local noethérien A est le plus petit des entiers d ≥ 0 pour lesquels il existe un idéal de définition de A engendré par d éléments. 0CN5
  • Proposition 4 Soient X une partie fermée de V, et H₁, ..., Hₘ des hypersurfaces dans V. Posons X' = X ∩ H₁ ∩ ... ∩ Hₘ. 0CN6
  • Corollaire 1 Soit H une hypersurface non vide dans V. La codimension de H dans V est égale à 0 ou 1. 0CN7
  • Corollaire 2 Soient X une partie fermée irréductible de V et H une hypersurface dans V. Trois cas seulement sont possibles : 0CN8
  • Corollaire 3 Si A est factoriel (VII, § 3, n° 3, prop. 2), les idéaux premiers de hauteur 1 de A sont les idéaux principaux engendrés par les éléments extrémaux de A. Si de plus A est local, on… 0CN9
  • Remarque 1 Supposons que A soit un anneau local, noethérien et intègre de dimension d ; soit x un élément non nul de mA et soit H = V(x). D’après le cor. 2 de la prop. 4, toute composante irr… 0CNA
  • Remarque 2 Soient x₁, ..., xₙ des éléments de A, et posons Hᵢ = V(xᵢ) pour 1 ≤ i ≤ n. Supposons qu’il existe un A-module M de type fini de support V = Spec(A), tel que (x₁, ..., xₙ) soit une… 0CNB
  • Remarque 3 Si l’idéal α de l’anneau noethérien A est engendré par m éléments, on a ht(α) ≤ m. Cela résulte aussitôt de la prop. 4. 0CNC
  • Proposition 5 Soient A un anneau noethérien et p ⊂ q une chaîne non saturée d’idéaux premiers de A. L’ensemble E des idéaux premiers r de A tels que p ⊂ r ⊂ q soit une chaîne est infini. On a ⋃_… 0CND
  • Proposition 6 Soient A un anneau noethérien de dimension ≥ 2, et h un entier tel que 0 < h < dim(A). 0CNE
  • Proposition 7 Soient ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens, M un A-module de type fini et N un B-module de type fini. Posons overlineB = B ⊗_A κ_A = B/ρ(m_A).B et overlin… 0CNF
  • Corollaire 1 Soit ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens. 0CNG
  • Corollaire 2 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens. On a 0CNH
  • Corollaire 3 Soient A un anneau noethérien et n un entier geqslant 0. On a 0CNI
  • Corollaire 4 Soient ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens, et a un idéal de A. On a l’inégalité 0CNJ
  • Proposition 8 Soient A un anneau noethérien, a un idéal de A, M un A-module de type fini, hatA et hatM les séparés complétés de A et M respectivement pour la topologie a-adique. 0CNK
  • Corollaire 1 Soit A un anneau de Zariski (III, § 3, no 3, déf. 2). Pour tout A-module M de type fini, on a dim_hatA(hatM) = dim_A(M). 0CNL
  • Corollaire 2 Soient A un anneau noethérien, a un idéal de A, et hatA le séparé complété de A pour la topologie a-adique. On a dim(hatA) leqslant dim(A), avec égalité lorsque A est local et a di… 0CNM
  • Corollaire 3 Soient A un anneau noethérien et n un entier geqslant 0. On a 0CNN
  • Remarque 1 Soient A un anneau noethérien et a un idéal de A. Supposons A séparé et complet pour la topologie a-adique, et considérons l’anneau R = A X₁, ..., Xₙ des séries formelles restreint… 0CNO
  • Remarque 2 Soient A un anneau local noethérien, identifié à un sous-anneau de son complété hatA, et B un sous-anneau de hatA contenant A. Supposons que B soit local noethérien et que l’on ait… 0CNP
  • Proposition 9 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini, a une partie de A stable par addition et multiplication, q₁, ..., qₘ des idéaux premiers de A ne contenant pas a et r ≥ 1… 0CNQ
  • Corollaire 1 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini, p₁, ..., pₙ, q₁, ..., qₘ des idéaux premiers de A et r un entier geqslant 1. On suppose qu’on a pᵢ not⊂ qⱼ pour 1 leqslan… 0CNR
  • Corollaire 2 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de type fini et α une partie de m_A, stable par addition et multiplication et telle que long(M/α M) < +∞. Il existe une p… 0CNS

§ 4. Séries de Hilbert-Samuel

  • Remarque L’anneau A((T)) s’identifie naturellement à l’anneau de fractions A[[T]]_T de l’anneau A[[T]] défini par la partie multiplicative formée des puissances de T. 0CO0
  • Lemme 1 L’élément 1 - T de Z((T)) est inversible. Pour tout entier r > 0 on a 0CO1
  • Lemme 2 a) Soit F un élément non nul de Z((T)) tel qu’il existe r ∈ Z, avec (1-T)ʳ F ∈ Z[T, T⁻¹]; alors F s’écrit de manière unique sous la forme F = (1-T)⁻ᵈ.Q, où Q ∈ Z[T, T⁻¹], Q(1) ≠ 0… 0CO2
  • Théorème 1 L’élément Q_M de Z((T)) appartient à Z[T, T⁻¹]. 0CO3
  • Exemple 1 Supposons H₀ artinien et prenons M = H. Alors, avec les notations précédentes, on a R = 0 et S = H', donc d’après (5), on a Q_H = Q_H'; comme on a Q_H₀ = long(H₀), on en tire par r… 0CO4
  • Corollaire a) Si r = 0, alors on a long_H₀(M) = c_M. 0CO5
  • Remarque 1 L’entier c_M est positif d’après le lemme 2. On peut avoir M ≠ 0 et c_M = 0 (cf. prop. 2). 0CO6
  • Remarque 2 Soit 0 → M' → M → M'' → 0 une suite exacte de H-modules gradués et d’homomorphismes de degré 0 telle que M soit de type fini sur H et Mₙ de longueur finie sur H₀ pour chaque n. Alo… 0CO7
  • Remarque 3 Soit M(p) le module déduit de M par décalage de p de la graduation (A, II, p. 165, exemple 3). Comme on a M(p)ₙ = Mₚ₊ₙ, on a P_M(p) = T⁻ᵖP_M, Q_M(p) = T⁻ᵖQ_M et c_M(p) = c_M. 0CO8
  • Exemple 2 Supposons H₀ artinien, et soit M un H-module gradué libre engendré par s éléments homogènes, linéairement indépendants, de degrés respectifs δ₁, ..., δₛ. Alors M est isomorphe à H(… 0CO9
  • Exemple 3 Supposons toujours H₀ artinien ; soit M un H-module gradué, et supposons qu’il existe une suite exacte de H-modules gradués et d’homomorphismes de degré 0 0 → Lₙ → Lₙ₋₁ → ⋯ → L₀ →… 0COA
  • Remarque 4 On peut prouver (p. 88, exerc. 4) que sous les hypothèses du th. 1, les H₀-modules Torⱼᴴ(H₀, M) sont de longueur finie, nuls pour j > r, et qu’on a c_M = ∑ⱼ₌₀ʳ (-1)ʲ long_H₀(Torⱼᴴ(… 0COB
  • Proposition 1 Soit M un H-module gradué. On suppose que M est engendré par M₀ et que M₀ est un H₀-module de longueur finie. Alors on a P_M ≤ (1 - T)⁻ʳ long_H₀(M₀), c_M ≤ long_H₀(M₀). De plus, le… 0COC
  • Remarque 5 D’après A, X, p. 160, th. 1, la condition (iii) signifie que (X₁, ..., Xᵣ) est une suite complètement sécante pour le H-module M. 0COD
  • Proposition 2 Supposons que H₀ soit un corps, et soit M un H-module gradué de type fini. Soit K le corps des fractions de H. Alors c_M est égal au rang du H-module M, c’est-à-dire à la dimension… 0COE
  • Remarque 6 Sous les hypothèses de la prop. 2, on a donc c_M = 0 si et seulement si M est un H-module de torsion, ou encore si et seulement si dim_H(M) < r (§ 1, no 5, exemple 4). 0COF
  • Lemme 3 Si F et F' sont deux filtrations q-bonnes sur M, il existe un entier m tel que F'ₙ ⊂ Fₙ₋ₘ pour tout n ∈ Z. En effet, il existe n₂ tel que F'ₙ ⊂ q^n-n₂M pour tout n, donc F'ₙ ⊂ F_n-… 0COG
  • Lemme 4 Soit F une filtration q-bonne sur M. Si M/qM est de longueur finie, M/Fₙ₊₁ et Fₙ/Fₙ₊₁ sont de longueur finie pour tout n ∈ Z. Avec les notations de (7), on a long(M/Fₙ₊₁) ≤ long(M/… 0COH
  • Définition 1 On appelle H_M,F la série de Hilbert-Samuel du A-module M (relativement à la filtration q-bonne F). 0COI
  • Proposition 3 a) Si F est une filtration q-bonne sur M, on a 0COJ
  • Théorème 2 Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A, M un A-module de type fini tel que M/qM soit non nul et de longueur finie et F une filtration q-bonne sur M. 0COK
  • Remarque 1 Avec les notations de a), écrivons R = ∑_i ∈ Z aᵢ Tⁱ, et supposons d > 0. D’après le n° 1, la relation H_M,F = (1 - T)⁻ᵈ R s’écrit aussi (11) long_A(Fₙ/Fₙ₊₁) = ∑_i ∈ Z aᵢ binomn -… 0COL
  • Remarque 2 Dire que M/qM est de longueur finie signifie que Supp(M/qM) = Supp(M) ∩ V(q) est formé d’idéaux maximaux (IV, § 2, n° 5, prop. 7). Nous verrons ci-dessous (n° 4, corollaire au th… 0COM
  • Corollaire Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A, M un A-module de type fini tel que M/qM soit de longueur finie et F une filtration q-bonne sur M. a) Pour que l’on ait d_q(M) ≤ 0, i… 0CON
  • Remarque 3 Supposons q contenu dans le radical de A. Alors, d’après le lemme de Nakayama, la suite (q^nM) est stationnaire si et seulement si l’on a q^nM = 0 pour n assez grand. Il résulte al… 0COO
  • Proposition 4 Soient A un anneau noethérien, x1, ..., xr des éléments de A, x l’idéal qu’ils engendrent et M un A-module de type fini tel que M/xM soit non nul et de longueur finie. a) On a dx(M… 0COP
  • Proposition 5 Soient 0 \to M' \to M \to M'' \to 0 une suite exacte de modules de type fini sur un anneau noethérien A, et q un idéal de A. a) Pour que M/qM soit de longueur finie, il faut et il… 0COQ
  • Théorème 3 Soient A un anneau local noethérien, q un idéal de A distinct de A et M un A-module de type fini tel que M/qM soit de longueur finie. Alors l’entier d_q(M) est la dimension du A-mo… 0COR
  • Corollaire Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini et q un idéal de A tel que M/qM soit de longueur finie. Alors d_q(M) est la borne supérieure des dimensions dim_Aₘ(Mₘ), où… 0COS
  • Remarque 1 On a aussi d_q(M) = sup_m ∈ V(q) dim(Mₘ), c’est-à-dire d_q(M) = dim(hatM), où hatM est le complété de M pour la topologie q-adique (§ 3, no 4, prop. 8). 0COT
  • Remarque 2 Supposons q contenu dans le radical de A ; alors dim(hatM) = dim(M) (loc. cit., cor. 1), donc d(M) = dim(M). 0COU
  • Lemme 5 Soient A un anneau, M un A-module et (Pₙ), (Qₙ) deux filtrations décroissantes sur M formées de sous-modules. Supposons que l’on ait Pₙ ⊃ Qₙ et long_A(Pₙ/Qₙ) < +∞ pour tout n ∈ Z e… 0COV
  • Lemme 6 Soient A un anneau, M un A-module et (Fₙ) une filtration décroissante sur M formée de sous-modules ; on suppose qu’il existe un entier n₁ tel que F_n₁ = M. Soient f un endomorphism… 0COW
  • Lemme 7 Conservons les notations du lemme 6. 0COX
  • Proposition 6 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini et q un idéal de A tels que M/qM soit de longueur finie. Soit F une filtration q-bonne de M, et soit gr(A) = ⨁_n ≥ 0 (qⁿ/q… 0COY

§ 5. Anneaux locaux réguliers

  • Définition 1 On dit que l’anneau local noethérien A est régulier si l’on a dim(A) = [𝔪_A/𝔪_A² : κ_A]. On appelle alors système de coordonnées de A toute famille d’éléments de 𝔪_A dont les class… 0CPB
  • Exemple 1 Les anneaux locaux noethériens réguliers de dimension 0 (resp. 1) sont les corps (resp. les anneaux de valuation discrète) (VI, § 3, no 6, prop. 9 et cor. 1 du th. 1 ci-dessous). S… 0CPC
  • Exemple 2 Soit k un corps et soit n un entier positif. L’anneau de séries formelles k[[X₁, ..., Xₙ]] est un anneau local noethérien régulier de dimension n (§ 3, no 4, cor. 3 à la prop. 8)… 0CPD
  • Exemple 3 Soit A un anneau local noethérien régulier complet de dimension r. L’anneau A X₁, ..., Xₙ des séries formelles restreintes est local noethérien régulier de dimension r + n (§ 3, no… 0CPE
  • Exemple 4 \ Soit k un corps valué complet non discret. L’anneau des séries formelles à n variables qui convergent dans un voisinage de 0 dans kⁿ est un anneau local noethérien régulier de di… 0CPF
  • Exemple 5 Soient k un corps, A une k-algèbre intègre de type fini et m un idéal maximal de A. L’anneau local noethérien Aₘ est régulier si et seulement si l’on a dim(A) = [m/m² : A/m] : en e… 0CPG
  • Exemple 6 \ Soit X une variété algébrique sur un corps parfait k. Alors X est non singulière en un point x si et seulement si l’anneau local de X en x est régulier. 0CPH
  • Exemple 7 \ Soit A un anneau local noethérien régulier. On verra plus tard que l’anneau local noethérien Aₚ est régulier pour tout idéal premier p de A. 0CPI
  • Proposition 1 Soient A et B des anneaux locaux noethériens et ρ : A → B un homomorphisme local faisant de B un A-module plat. On suppose que l’on a mB = B.\rho(mA). On a alors dim(A) = dim(B) et… 0CPJ
  • Corollaire Un anneau local noethérien A est régulier si et seulement si son complété hatA l’est. 0CPK
  • Théorème 1 Soit A un anneau local noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) A est régulier. (ii) L’idéal m_A est engendré par une partie sécante pour A (§ 3, no 2, déf. 1)… 0CPL
  • Corollaire 1 Tout anneau local noethérien régulier est intégralement clos, et en particulier intègre. 0CPM
  • Corollaire 2 Soient A et B des anneaux locaux noethériens et σ un homomorphisme local de B dans A. On suppose A régulier et B complet. Pour que σ soit bijectif, il faut et il suffit qu’il indui… 0CPN
  • Corollaire 3 Soient k un corps et A une k-algèbre locale noethérienne, dont le corps résiduel est égal à k. Pour que A soit régulière, il faut et il suffit que son complété hatA soit isomorphe… 0CPO
  • Proposition 2 Soient A un anneau local noethérien, x = (x₁, ..., xᵣ) une suite d’éléments de m_A et x l’idéal engendré par x. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0CPP
  • Corollaire 1 Soient A un anneau local noethérien, et t un élément de m_A. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0CPQ
  • Corollaire 2 Soient A un anneau local noethérien régulier, et q un idéal de A. Alors A/q est régulier si et seulement si q est engendré par une partie d’un système de coordonnées de A. 0CPR
  • Exemple Soient k un corps, A = k[[X₁, ..., Xₙ]] et q un idéal de A, distinct de A. Pour que A/q soit régulier, il faut et il suffit qu’on puisse trouver un entier r geqslant 0 et des éléme… 0CPS
  • Remarque Soient A un anneau local noethérien régulier et q ⊂ m_A un idéal de A tel que A/q soit régulier. Soit (x₁, ..., xᵣ) une suite d’éléments de q dont les classes modulo m_A² engendren… 0CPT
  • Définition 2 Soient A un anneau, p un idéal premier de A, et P un polynôme de A[T]. On dit que P est un polynôme d’Eisenstein pour p s’il satisfait aux conditions suivantes : a) P est unitaire… 0CPU
  • Proposition 3 Soient A un anneau, p un idéal premier de A et P ∈ A[T] un polynôme d’Eisenstein pour p. a) Il n’existe pas de décomposition de la forme P = P₁ P₂ où P₁ et P₂ sont deux polynômes u… 0CPV
  • Proposition 4 a) L’anneau B est local et noethérien, d’idéal maximal 0CPW
  • Corollaire Soit A un anneau local noethérien régulier et soit P ∈ A[T] un polynôme d’Eisenstein pour m_A. L’anneau B = A[T]/(P) est local noethérien régulier, de même dimension que A, et l’on… 0CPX
  • Proposition 5 Soit A un anneau intègre, de corps des fractions K, et soit L une extension algébrique de degré fini de K. On note B la fermeture intégrale de A dans L et p un idéal premier de A. 0CPY
  • Corollaire Supposons que Ap soit un anneau de valuation discrète. Alors Bq est un anneau de valuation discrète, t est une uniformisante de Bq, et l’on a 0CPZ
  • Exemple 1 Posons A = \mathbf{Z} et L = \mathbf{Q}(p^{1/d}), où p est un nombre premier et d un entier \geqslant 2. Notons B la fermeture intégrale de \mathbf{Z} dans L. Comme le polynôme T^d… 0CQ0
  • Exemple 2 Posons A = \mathbf{Z} et L = R{pf}(\mathbf{Q}) où p est un nombre premier et f un entier \geqslant 1 (cf. A, V, p. 78). On a donc L = \mathbf{Q}(\zeta) avec \zeta = \exp(2\pi i/p^f… 0CQ1
  • Proposition 6 Soit A un anneau local noethérien régulier et complet, dont le corps résiduel κ_A est de caractéristique 0. Posons n = dim(A). Alors A est isomorphe à l’anneau de séries formelles… 0CQ2
  • Exemple 3 Soient k un corps de caractéristique p ≠ 0 et n un entier positif. L’anneau de séries formelles k[[X₁, ..., Xₙ]] est local noethérien régulier complet, de dimension n et k est un s… 0CQ3
  • Exemple 4 Soient V un anneau de valuation discrète complet et n un entier positif. L’anneau de séries formelles Vₙ = V[[X₁, ..., Xₙ]] est local noethérien régulier complet, de dimension n +… 0CQ4
  • Exemple 5 Gardons les notations précédentes. On dit qu’un polynôme P de Vₙ[T] de degré d ≥ 2 est spécial s’il est de la forme Tᵈ + ∑ᵢ₌₁ᵈ aᵢ Tᵈ⁻ⁱ, où a₁, ..., a_d-1 appartiennent à m_Vₙ, a_d… 0CQ5
  • Théorème 2 Soit A un anneau local noethérien régulier et complet dont le corps résiduel est de caractéristique ≠ 0, et soit V un sous-anneau de Cohen de A. Posons n = dim(A). 0CQ6

§ 6. Dimension des anneaux gradués

  • Proposition 1 a) Les idéaux S⁻¹H_≥ n forment une filtration exhaustive et séparée de l’anneau S⁻¹H. 0CR3
  • Remarque 1 Un élément h/s de S⁻¹H avec h ∈ H, s ∈ S, est inversible si et seulement si la composante de degré 0 de h est inversible dans H₀. Par conséquent, si l’anneau H₀ est local, l’anneau… 0CR4
  • Remarque 2 Supposons H engendré par H₀ et H₁; alors pour tout n, on a Hₙ₊₁ = H₁.Hₙ, donc H_≥ n+1 = H₁.H_≥ n et S⁻¹H_≥ n+1 = H₁.S⁻¹H_≥ n. Par suite, la filtration (S⁻¹H_≥ n) de S⁻¹H est la fil… 0CR5
  • Exemple 1 \ Soit p un idéal premier gradué de C[X₀, ..., Xₙ] différent de l’idéal engendré par les Xᵢ; soient V la sous-variété algébrique de Pⁿ(C) définie par p et C la sous-variété algébri… 0CR6
  • Exemple 2 Soient A un anneau local et a un idéal de A distinct de A. Alors H = ⨁ₙ aⁿ/aⁿ⁺¹ est un anneau gradué tel que H₀ = A/a soit local ; il est engendré par H₀ et H₁. L’anneau S⁻¹H est d… 0CR7
  • Proposition 2 a) On a dimgr(H) ≤ dim(S⁻¹H) ≤ dim(H). b) Pour tout idéal premier gradué p de H, on a htgr(p) ≤ ht(S⁻¹p) = ht(p). 0CR8
  • Lemme 1 a) Si p est un idéal premier de H, pᵍʳ est un idéal premier. 0CR9
  • Lemme 2 Soient p et q des idéaux premiers de H tels que q ⊂ p et q ≠ p. Si qᵍʳ = pᵍʳ, alors q est gradué, p ne l’est pas et ht(p/q) = 1. 0CRA
  • Proposition 3 Soit p un idéal premier de H. Si p ≠ pᵍʳ, on a ht(pᵍʳ) = ht(p) - 1. 0CRB
  • Théorème 1 Supposons H noethérien. 0CRC
  • Remarque 2 Il existe des anneaux gradués non noethériens H tels que dimgr(H) < dim(H) (p. 99, exercice 1). 0CRD
  • Lemme 3 Supposons H engendré par H₀ ∪ H₁ et M engendré par ⨁_i ≤ n₀ Mᵢ pour un entier n₀ convenable. Alors la filtration (S⁻¹M_≥ n) sur S⁻¹M est bonne pour l’idéal S⁻¹H_≥ 1 de S⁻¹H. 0CRE
  • Proposition 4 Supposons H noethérien et M de type fini. Alors dim_H(M) = dim_S⁻¹H(S⁻¹M). 0CRF
  • Proposition 5 Supposons H₀ local et artinien, H engendré par H₀ ∪ H₁, H₁ de type fini comme H₀-module, M non nul et de type fini comme H-module. Alors Mₙ est un H₀-module de longueur finie pour… 0CRG
  • Remarque A l’exception de la détermination de l’entier d, la prop. 5 résulte directement du th. 1 du § 4, n° 2. 0CRH
  • Corollaire Soient A un anneau local noethérien et q un idéal de définition de A. Alors on a dim(A) = dim(gr_q(A)). 0CRI
  • Proposition 6 Supposons H₀ local et artinien, H de type fini comme H₀-algèbre et M de type fini comme H-module. 0CRJ
  • Lemme 4 Soit b un élément de H, homogène de degré > 0, et n’appartenant à aucun des éléments minimaux p de Supp(M), tels que dim(H/p) = dim_H(M). On a alors dim_H(M/bM) = dim_H(M) - 1. 0CRK
  • Corollaire 1 Supposons que H₀ soit un corps et que H soit de type fini comme H₀-algèbre. Posons n = dim(H). Il existe des éléments homogènes a₁, ..., aₙ de H tous de même degré > 0, tels que le… 0CRL
  • Remarque Soit (h₁, ..., hᵣ) un système générateur fini du H₀-espace vectoriel H₁. Pour λ = (λ₁, ..., λᵣ) ∈ H₀ʳ, posons h_λ = λ₁ h₁ + ⋯ + λᵣ hᵣ. Les démonstrations de la prop. 6 et du cor. 1… 0CRM
  • Corollaire 2 Soient A un anneau local noethérien et n ∈ N. Pour que l’on ait dim(A) ≥ n, il faut et il suffit que pour tout entier r ≥ 0, on ait [m_Aʳ/m_Aʳ⁺¹ : κ_A] ≥ binomn+r-1n-1, ( resp. lon… 0CRN
  • Lemme 5 Soient A un anneau, r son radical, R = ⨁_i ∈ Z Rᵢ une A-algèbre graduée, M = ⨁_i ∈ Z Mᵢ un R-module gradué. On suppose que chaque Mᵢ est un A-module de type fini et que M/rM est un… 0CRO
  • Lemme 6 Soient ρ : B → C un homomorphisme d’anneaux et S une partie multiplicative de B. On suppose que C est une B-algèbre de type fini, et que S⁻¹C est une S⁻¹B-algèbre finie. Il existe… 0CRP
  • Proposition 7 Supposons que H soit une H₀-algèbre de type fini. Alors la fonction p ↦ dim(H ⊗_H₀ κ(p)) est semi-continue supérieurement sur Spec(H₀). 0CRQ
  • Remarque 1 \ En géométrie algébrique, la prop. 7 implique que la dimension des fibres d’un morphisme projectif de variétés algébriques est semi-continue supérieurement. \ 0CRR
  • Remarque 2 Nous verrons plus tard que si ρ : A → B est un homomorphisme d’anneaux qui fasse de B une A-algèbre de type fini, la fonction q ↦ dim_q(B ⊗_A κ(ρ⁻¹(q))) est semi-continue supérieur… 0CRS
  • Proposition 8 a) On a dim(H) ≤ [H₊/H₊² : H₀]. b) Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) dim(H) = [H₊/H₊² : H₀]; (ii) l’anneau local noethérien S⁻¹H est régulier ; (iii) H est engendré… 0CRT
  • Remarque 1 Avec les notations de c, soit dᵢ le degré de aᵢ (1 ≤ i ≤ n). Alors la série de Poincaré P_H = ∑_n ∈ Z [Hₙ : H₀]. Tⁿ est égale à ∏ᵢ (1 - T^dᵢ)⁻¹ (§ 4, n° 2, exemple 1). Par conséque… 0CRU
  • Remarque 2 Inversement, le fait qu’il existe des entiers dᵢ > 0 tels que P_H = ∏ᵢ (1 - T^dᵢ)⁻¹ n’implique pas que H soit une algèbre graduée de polynômes; par exemple, si H est engendrée par… 0CRV

§ 7. Multiplicités

  • Définition 1 L’entier e_q(M) s’appelle la multiplicité du A-module M relativement à l’idéal q. 0CS8
  • Remarque 1 Si q’ est un idéal de A contenu dans le radical de A et contenant q, on a e_q'(M) leqslant e_q(M) et, si la filtration q’-adique de M est q-bonne, on a e_q'(M) = e_q(M) (§ 4, no 3… 0CS9
  • Remarque 2 Si M est de longueur finie, on a e_q(M) = long_A(M) (§ 4, no 3, remarque 3). 0CSA
  • Remarque 3 Si d > 0, on a 0CSB
  • Remarque 4 On peut ramener le calcul des multiplicités au cas où A est local puisque, d’après § 4, no 4, corollaire au th. 3, on a 0CSC
  • Proposition 1 Soient hatA et hatM les complétés de A et M pour leurs topologies q-adiques ; alors e_qᴬ(M) = e_qhatA(hatM). 0CSD
  • Proposition 2 Supposons A local régulier (§ 5, no 1, déf. 1) ; on a e(A) = 1. Cela résulte du th. 1 du § 5, no 2. 0CSE
  • Remarque 5 On peut avoir e(A) = 1 sans que A soit régulier (p. 104, exerc. 5). En fait, un anneau local noethérien A est régulier si et seulement si hatA est intègre et si l’on a e(A) = 1 (p… 0CSF
  • Exemple On a par définition e_q,r(M) = rᵈ e_q(M) où d = dim_A(M). Par conséquent, si A est local régulier, on a e_m_Aʳ(A) = rᵈ. Par exemple, si A est un anneau de valuation discrète, on a… 0CSG
  • Proposition 3 Soit M un A-module de type fini, de dimension d ≥ 0. Soit Φ l’ensemble des éléments minimaux p de Supp(M) tels que dim(A/p) = d. Soit q un idéal de A, contenu dans le radical de A… 0CSH
  • Corollaire Supposons A semi-local et soit q un idéal de définition de A. a) On a e_q(A) = ∑ₚ e_q(A/p), où p parcourt l’ensemble des idéaux premiers minimaux de A tels que dim(A/p) = dim(A). b… 0CSI
  • Proposition 4 Soit ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens, et soit N un B-module de type fini, plat sur A, et tel que N ⊗A κA soit un B-module de longueur finie. Si M est… 0CSJ
  • Corollaire On suppose que B est plat sur A et que ρ(mA) B = mB. Alors 0CSK
  • Exemple \ Soient X une variété algébrique complexe, O_X,x l’anneau local de X en un point rationnel x, Xᵃⁿ l’espace analytique associé à X ; notons encore x le point de Xᵃⁿ correspondant à… 0CSL
  • Proposition 5 Supposons A semi-local et soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux faisant de B un A-module de type fini. Soit N un B-module non nul de type fini et soit q un idéal de A contenu d… 0CSM
  • Corollaire Si [B/mᵢ : A/ρ⁻¹(mᵢ)] = 1 pour tout i, on a e_qᴬ(N) = e_qBᴮ(N). 0CSN
  • Lemme 1 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux, et soit p un idéal premier de A. Considérons les deux propriétés suivantes : (i) l’homomorphisme canonique tildeρ de Aₚ dans Aₚ ⊗_A B est… 0CSO
  • Lemme 2 Supposons A semi-local ; soit q un idéal de définition de A, et soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux faisant de B un A-module de type fini. Supposons que, pour tout idéal prem… 0CSP
  • Proposition 6 Supposons A semi-local et réduit ; soit q un idéal de définition de A; soit A' l’anneau total des fractions de A, et soit B une sous-A-algèbre finie de A'. Alors B est semi-local e… 0CSQ
  • Exemple Soit k un corps de caractéristique ≠ 2 et prenons pour A l’anneau local k[[X, Y]]/(X² + Y²) de corps résiduel k. Prenons B = k[[X, T]]/(T² + 1) où T = Y/X. Distinguons deux cas : s… 0CSR
  • Proposition 7 Supposons A local. Soit s un entier ≥ 1 et, pour 1 ≤ i ≤ s, soient δᵢ un entier > 0, xᵢ un élément de m_A^δᵢ, et ξᵢ sa classe dans m_A^δᵢ/m_A^δᵢ+1. On suppose que (x₁, ..., xₛ) est… 0CSS
  • Remarque On peut montrer réciproquement (cf. p. 103, exerc. 4) que si A est régulier et e(A/x) = δ₁ ... δₛ, alors la suite (ξ₁, ..., ξₛ) est complètement sécante. 0CST
  • Exemple Prenons pour A un anneau de séries formelles k[[X₁, ..., Xₙ]] sur un corps k; soient F₁, ..., Fₛ des éléments de A, à l’idéal qu’ils engendrent et B = A/a. Notons P₁, ..., Pₛ ∈ k[X… 0CSU
  • Proposition 8 Soient δ > 0 un entier, x un élément de q^δ, ξ sa classe dans gr_δ(A) = q^δ/q^δ+1 et φ la multiplication par ξ dans le gr(A)-module gr(M). 0CSV
  • Lemme 3 Soient R un anneau noethérien gradué à degrés ≥ 0, E un R-module gradué de type fini tel que Eₙ soit un R₀-module de longueur finie pour tout n ∈ Z. Les conditions suivantes sont é… 0CSW
  • Proposition 9 Notons p₁, ..., pᵣ ceux des idéaux premiers de l’anneau gradué gr(A) = ⨁ₙ (qⁿ/qⁿ⁺¹) qui sont associés au module gradué gr(M) = ⨁ₙ (qⁿ M/qⁿ⁺¹ M) et ne contiennent pas gr₁(A) = q/q²… 0CSX
  • Définition 2 Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A contenu dans le radical de A et M un A-module de type fini tel que M/qM soit de longueur finie. Un élément x de A est dit superficiel… 0CSY
  • Remarque 1 Soit δ un entier > 0. On dit parfois qu’un élément x de A est superficiel d’ordre δ pour M relativement à q si x ∈ q^δ, et si, pour tout n assez grand, l’application qⁿ M/qⁿ⁺¹ M →… 0CSZ
  • Remarque 2 Avec les notations de la prop. 9, x est superficiel d’ordre δ si et seulement si sa classe ξ dans gr_δ(A) n’appartient à aucun des pᵢ. 0CT0
  • Remarque 3 D’après III, § 1, no 4, prop. 8, il existe un élément homogène de gr(A) de degré > 0 qui n’appartient à aucun des pᵢ. Par conséquent, il existe un entier δ > 0 et un élément superf… 0CT1
  • Remarque 4 Supposons A local de corps résiduel k, et considérons l’application surjective canonique λ : q → q ⊗_A k. Elle est la composée des applications canoniques q → q/q² et barλ : q/q² →… 0CT2
  • Théorème 1 Soient A un anneau noethérien, q un idéal de A contenu dans le radical de A et M un A-module de type fini tel que M/qM soit de longueur finie. Soit x₁, ..., xₘ une suite finie d’él… 0CT3
  • Corollaire Supposons A local, à corps résiduel infini, et posons d = dim_A(M). Il existe une suite x₁, ..., x_d d’éléments de q tels que, en posant x = Ax₁ + ⋯ + Ax_d, on ait 0CT4
  • Remarque 5 Dans la situation du corollaire précédent, on a 0CT5

IX. Anneaux locaux noethériens complets

§ 1. Vecteurs de Witt

  • Proposition 1 Soient A un anneau filtré et (Jₙ)_n ∈ Z sa filtration. On suppose que l’on a J₀ = A et p.1_A ∈ J₁. Soient m et n des entiers tels que m geqslant 1 et n geqslant 0, et a₀, ..., aₙ… 0CTV
  • Lemme 1 Si x et y sont deux éléments de A congrus modulo Jₘ, on a x^pⁿ ≡ y^pⁿ mod Jₘ₊ₙ . Par récurrence sur n, on se ramène au cas où n = 1. Notons P le polynôme ∑ᵢ₌₀ᵖ⁻¹ Xⁱ Y^p-1-i de Z[X… 0CTW
  • Lemme 2 Soit A un anneau muni d’un endomorphisme σ vérifiant σ(a) ≡ aᵖ mod. p · A pour tout a ∈ A. Soient n geqslant 1 un entier et a₀, ..., aₙ₋₁ des éléments de A. Posons uᵢ = Φᵢ(a₀… 0CTX
  • Proposition 2 Soit A un anneau. 0CTY
  • Remarque Soient a = (aₙ)_n ∈ N et u = (uₙ)_n ∈ N des éléments de Aᴺ tels que u = Φ_A(a), et m un entier geqslant 0. On déduit de (10) les assertions suivantes : 0CTZ
  • Exemple 1 On a 0CU0
  • Exemple 2 On a 0CU1
  • Exemple 3 Lorsque p ≠ 2, on a Iₙ = - Xₙ. Pour p = 2, on a 0CU2
  • Exemple 4 On a 0CU3
  • Remarque Soit J l’ensemble des entiers j ≥ 1. Pour tout élément j de J, définissons le polynôme φⱼ de Z[(Xⱼ)_j ∈ J] par la formule 0CU4
  • Lemme 3 Soit A un anneau. Il existe un homomorphisme surjectif d’anneaux ρ : B → A, où B est un anneau satisfaisant aux conditions suivantes : p n’est pas diviseur de 0 dans B, et il exist… 0CU5
  • Théorème 1 a) Soit A un anneau (commutatif). Muni de l’addition S_A et de la multiplication P_A, W(A) est un anneau (commutatif). L’élément neutre pour l’addition est la suite 0_A dont tous l… 0CU6
  • Définition 1 Soit A un anneau. L’anneau W(A) est appelé l’anneau des vecteurs de Witt à coefficients dans A. 0CU7
  • Remarque Reprenons les notations de la remarque du no 3. Soit A un anneau. Si a et b sont des éléments de Aᴶ et r = (rⱼ)_j ∈ J un élément de Aᴶ, on note r_A(a, b) l’élément (rⱼ(a, b))_j ∈ J… 0CU8
  • Proposition 3 Soit A un anneau. a) L’application F_A est un endomorphisme de l’anneau W(A). b) L’application V_A est un endomorphisme du groupe additif sous-jacent à l’anneau W(A). c) Pour tout… 0CU9
  • Remarque Pour la définition d’applications analogues aux applications F et V, dans le cas de l’anneau de Witt universel, voir les exerc. 36, 37 et 38, p. 52 et suivantes. 0CUA
  • Lemme 4 Soient A un anneau et m geqslant 1 un entier. On a 0CUB
  • Proposition 4 Soient a et b dans A et x = (xₙ)_n ∈ N un élément de W(A). 0CUC
  • Définition 2 Soient A un anneau et n ≥ 1 un entier. On note Wₙ(A) l’anneau quotient W(A)/Vₙ(A). 0CUD
  • Exemple 1 L’homomorphisme Φ₀ : W₁(A) → A est un isomorphisme. 0CUE
  • Exemple 2 Explicitons les opérations dans W₂(A). On a 0CUF
  • Exemple 3 Soit n ≥ 1 un entier. Si a₀, ..., aₙ₋₁, b₀, ..., bₙ₋₁ sont des entiers tels que aᵢ ≡ bᵢ bmod p pour 0 ≤ i < n, on a (n° 1, prop. 1) 0CUG
  • Proposition 5 Soit A un anneau de caractéristique p (A, V, p. 2). Quels que soient les éléments a et b de W(A), et les entiers positifs m, n, on a, si a = (aₙ)_n ∈ N, 0CUH
  • Corollaire Si m et n sont deux entiers positifs, on a 0CUI
  • Proposition 6 Soit A un anneau. 0CUJ
  • Proposition 7 Soit A un anneau parfait de caractéristique p. 0CUK
  • Proposition 8 Soit A un corps de caractéristique p. L’anneau W(A) est un anneau local intègre séparé et complet, d’idéal maximal V₁(A) et de corps résiduel isomorphe à A. Si le corps A est parfa… 0CUL
  • Remarque 1 Soit A un corps de caractéristique p. On peut montrer que l’anneau W(A) est noethérien si et seulement si A est parfait (p. 43, exerc. 9). 0CUM
  • Remarque 2 Soit A un anneau de caractéristique p. D’après la prop. 5, on a les formules 0CUN

§ 2. Anneaux de Cohen

  • Définition 1 On dit qu’un anneau C est un p-anneau si l’idéal pC de C est maximal, et si C est séparé et complet pour la topologie pC-adique. 0CWA
  • Proposition 1 Soit C un p-anneau. 0CWB
  • Corollaire 1 Si le p-anneau C est intègre, c’est un anneau de valuation discrète, ou un corps de caractéristique p. 0CWC
  • Corollaire 2 Soient C un p-anneau et a un idéal de C distinct de C. L’anneau C/a est un p-anneau. 0CWD
  • Exemple 1 Pour tout entier n geqslant 1, l’anneau Z/pⁿZ est un p-anneau de longueur n. L’anneau Zₚ des entiers p-adiques est un p-anneau de longueur infinie. 0CWE
  • Exemple 2 Soit K un corps parfait de caractéristique p. D’après la prop. 8 du § 1, no 8, l’anneau W(K) des vecteurs de Witt est un p-anneau de longueur infinie. L’application (aₙ)_n ∈ N ↦ a₀… 0CWF
  • Proposition 2 Soient C et C' deux p-anneaux et u un homomorphisme de C dans C'. Soit v l’homomorphisme de κ_C = C/pC dans κ_C' = C'/pC' déduit de u par passage aux quotients. 0CWG
  • Proposition 3 Soit (Cₙ, π_n,m) un système projectif d’anneaux relatif à l’ensemble d’indices N. On suppose que Cₙ est un p-anneau pour tout n ∈ N et que les homomorphismes π_n,m sont surjectifs… 0CWH
  • Définition 2 Soit A un anneau local séparé et complet, dont le corps résiduel est de caractéristique p. On appelle sous-anneau de Cohen de A un sous-anneau C de A qui est un p-anneau tel que A… 0CWI
  • Exemple Soit C un p-anneau. L’anneau de séries formelles A = C[[T₁, ..., Tₙ]] est un anneau noethérien, local, séparé et complet, dont l’idéal maximal est engendré par la suite (p, T₁… 0CWJ
  • Théorème 1 Soit A un anneau local, séparé et complet, dont le corps résiduel k est de caractéristique p. Soit π l’application canonique de A sur k, et soit S une partie de A, telle que π indu… 0CWK
  • Lemme 1 Soit A' un sous-anneau de A contenant S. Pour que A' contienne Cₙ, il faut et il suffit qu’on ait A' + m_A = A. 0CWL
  • Lemme 2 On a C ∩ m_A ⊂ pC. 0CWM
  • Remarque Supposons que p1_A ne soit pas nilpotent (ceci a lieu en particulier lorsque A est un anneau intègre dont le corps des fractions est de caractéristique 0). Alors C est un anneau de… 0CWN
  • Proposition 4 Soient C et C' deux p-anneaux tels que l(C) geqslant l(C'), π (resp. π') l’homomorphisme canonique de C (resp. C') sur κ_C (resp. κ_C'). Soit (x_λ)_λ ∈ Λ (resp. (x'_λ)_λ ∈ Λ) une f… 0CWO
  • Proposition 5 Soit k un corps de caractéristique p, et soit n un entier ≥ 1, ou + ∞. Il existe un p-anneau de longueur n dont le corps résiduel est isomorphe à k. 0CWP
  • Remarque 1 Soient n un entier ≥ 1 et S une p-base de k. On peut montrer que le sous-anneau de Wₙ(k) engendré par Wₙ(k^pⁿ) et par les éléments [ξ, 0, ..., 0] (ξ ∈ S), est un p-anneau de longue… 0CWQ
  • Remarque 2 Le lecteur trouvera en Appendice une démonstration de la prop. 5 qui n’utilise ni les résultats du § 1, ni le théorème d’existence de sous-anneaux de Cohen (no 2, th. 1). 0CWR
  • Corollaire Soit C un p-anneau de longueur finie n. Il existe un p-anneau C' de longueur infinie tel que C soit isomorphe à C'/pⁿC'. 0CWS
  • Proposition 6 Soit C un p-anneau, dont le corps résiduel k soit parfait. Supposons C de longueur finie n (resp. infinie). Il existe un unique isomorphisme u : Wₙ(k) → C (resp. u : W(k) → C) qui… 0CWT
  • Théorème 2 Soient A un anneau local séparé et complet, k son corps résiduel et π l’homomorphisme canonique de A sur k. On suppose que k est un corps parfait de caractéristique p. 0CWU
  • Proposition 7 Conservons les hypothèses et notations du th. 2. Il existe une unique partie multiplicative S de A telle que π induise une bijection de S sur k. Pour qu’un élément a de A appartien… 0CWV
  • Remarque 1 Conservons les hypothèses et notations précédentes. On a a = ∑ₙ₌₀^∞ pⁿ τₖ(aₙ^p⁻ⁿ) (a = (aₙ)_n ∈ N ∈ W(k)) d’après la prop. 7 du § 1, n° 8. On a donc (4) u(a) = ∑ₙ₌₀^∞ pⁿ φ(aₙ^p⁻ⁿ)… 0CWW
  • Remarque 2 Soient A un anneau local séparé et complet, k son corps résiduel et π l’homomorphisme canonique de A sur k. On peut montrer qu’il existe une partie multiplicative S de A (non uniqu… 0CWX
  • Exemple 1 Soit k un corps parfait de caractéristique p. Les représentants multiplicatifs de l’anneau W(k) sont les vecteurs de Witt τ(x) = (x, 0, 0, ...) pour x ∈ k. 0CWY
  • Exemple 2 Soit A un anneau local intègre, séparé et complet. On suppose que le corps résiduel k de A est fini, à q = pᶠ éléments, donc parfait de caractéristique p. On a x^q = x pour tout x… 0CWZ
  • Exemple 3 Plus particulièrement, considérons le cas A = Zₚ. Alors les représentants multiplicatifs sont 0 et les racines (p - 1)-ièmes de l’unité dans le corps des fractions Qₚ de Zₚ. 0CX0
  • Lemme 3 a) Il existe un unique homomorphisme v : B → A qui prolonge u et applique Tᵢ sur tᵢ pour 1 ≤ i ≤ n. 0CX1
  • Lemme 4 Supposons que l’anneau local noethérien C soit régulier, et que (p₁, ..., pₘ) soit un système de coordonnées de C (VIII, § 5, no 1, déf. 1). 0CX2
  • Théorème 3 Soit A un anneau local, noethérien et complet dont le corps résiduel k soit de caractéristique p. Soit C un p-anneau de longueur infinie, dont le corps résiduel soit isomorphe à k… 0CX3

§ 3. Corps de représentants

  • Proposition 1 Soient k₀ un corps, A une k₀-algèbre qui est un anneau local séparé et complet, K une sous-k₀-extension de κ_A qui possède une base de transcendance séparante (ξ_λ)_λ ∈ Λ sur k₀ (A… 0CXL
  • Remarque \ La démonstration précédente s’applique plus généralement au cas où on suppose seulement que A est un anneau local hensélien. La démonstration d’unicité utilise l’hypothèse que l’… 0CXM
  • Définition 1 Soit A un anneau local. On appelle corps de représentants de A tout sous-corps K de A tel que l’homomorphisme canonique de A sur κ_A induise un isomorphisme de K sur κ_A (autrement… 0CXN
  • Théorème 1 Soit A un anneau local séparé et complet de caractéristique p. 0CXO
  • Corollaire 1 Soit A un anneau local séparé et complet, dont le corps résiduel est une extension algébrique de Q. Il existe alors un unique corps de représentants de A. En effet l’anneau A est d… 0CXP
  • Corollaire 2 Soit A un anneau local séparé et complet de caractéristique p ≠ 0. Supposons que le corps résiduel κ_A soit parfait. Alors il existe un unique corps de représentants de A, à savoir… 0CXQ
  • Théorème 2 Soit A un anneau local noethérien complet de dimension d contenant un corps. Soit K un corps de représentants de A, et soit m la dimension de l’espace vectoriel m_A/m_A² sur le cor… 0CXR

§ 4. Fermeture intégrale d'un anneau local complet

  • Définition 1 Soit A un anneau noethérien intègre. On dit que A est japonais si la fermeture intégrale de A dans toute extension finie de son corps des fractions est une A-algèbre finie. 0CY1
  • Remarque 1 Il revient au même de dire que A satisfait à la condition suivante : toute A-algèbre intègre B entière sur A, contenue dans une extension de type fini du corps des fractions K de A… 0CY2
  • Remarque 2 Soient A un anneau noethérien intègre japonais et S une partie multiplicative de A ne contenant pas 0. L’anneau de fractions S⁻¹A est japonais. Soient en effet L une extension fini… 0CY3
  • Exemple Toute algèbre intègre de type fini sur un corps est un anneau japonais (V, § 3, no 2, th. 2). 0CY4
  • Proposition 1 Soient A un anneau noethérien intègre, K son corps des fractions. Supposons que pour toute extension finie radicielle L de K, la fermeture intégrale de A dans L soit une A-algèbre… 0CY5
  • Corollaire Supposons le corps K parfait (par exemple de caractéristique 0). Alors A est japonais si et seulement si sa clôture intégrale est une A-algèbre finie. 0CY6
  • Proposition 2 Soient B un anneau noethérien intègre et A un sous-anneau noethérien de B, tel que B soit une A-algèbre finie. Pour que A soit japonais, il faut et il suffit que B soit japonais. 0CY7
  • Théorème 1 (Tate) Soient A un anneau noethérien intégralement clos, a un élément de A. On suppose que l’idéal aA est premier, que l’anneau A/aA est japonais et que A est complet pour la topologie aA… 0CY8
  • Corollaire Soient R un anneau noethérien intègre et n un entier. Si R est japonais, l’anneau R[[T₁, ..., Tₙ]] est japonais. 0CY9
  • Théorème 2 (Nagata) Tout anneau A local noethérien intègre et complet est japonais. 0CYA
  • Corollaire Soit A un anneau semi-local noethérien dont le complété est réduit. Alors la fermeture intégrale A' de A dans son anneau total des fractions R est une A-algèbre finie. 0CYB
  • Proposition 3 Soient A un anneau semi-local noethérien intègre, K son corps des fractions. Si la K-algèbre K ⊗A Â est séparable, l’anneau A est japonais. 0CYC
  • Lemme 1 Soient A un anneau semi-local noethérien et B une A-algèbre finie. Alors l’anneau B est semi-local et noethérien ; soient m₁, ..., mₙ ses idéaux maximaux. 0CYD
  • Lemme 2 Soient A un anneau noethérien et M un A-module. L’application canonique de M dans le produit ∏_p ∈ Ass(M) Mₚ est injective. 0CYE
  • Lemme 3 Soient A un anneau noethérien, x un élément de A, M un A-module de type fini, et p un idéal premier de A associé à M. On suppose que l’homothétie x_M est injective. Soit q un idéal… 0CYF
  • Lemme 4 Soient A un anneau de valuation discrète, B un anneau local noethérien, et ρ : A → B un homomorphisme local et plat. Si l’anneau κ_A ⊗_A B est réduit, alors B est réduit. 0CYG
  • Définition 2 On dit qu’un anneau A est un anneau de Nagata s’il est noethérien et si, pour tout idéal premier p de A, l’anneau noethérien intègre A/p est japonais (no 1, déf. 1). 0CYH
  • Exemple 1 Toute algèbre de type fini sur un corps est un anneau de Nagata (no 1, exemple). 0CYI
  • Exemple 2 Tout anneau noethérien local complet est un anneau de Nagata (n° 2, th. 2). 0CYJ
  • Exemple 3 L’anneau Z est un anneau de Nagata (n° 1, exemple et corollaire de la prop. 1). 0CYK
  • Exemple 4 On peut montrer (exerc. 30) que toute algèbre de type fini sur un anneau de Nagata est un anneau de Nagata. 0CYL
  • Proposition 4 Soit A un anneau de Nagata. a) Toute A-algèbre finie est un anneau de Nagata. b) Pour toute partie multiplicative S de A, l’anneau S⁻¹A est un anneau de Nagata. a) Soit B une A-alg… 0CYM
  • Théorème 3 (Zariski-Nagata) Soit A un anneau semi-local noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) A est un anneau de Nagata ; (ii) pour tout idéal premier p de A, la κ(p)-algèbre κ(p) ⊗_A h… 0CYN
  • Corollaire 1 Le complété d’un anneau de Nagata local et réduit est réduit. Il suffit en effet de poser R = A dans le th. 3, (iii). 0CYO
  • Corollaire 2 (Chevalley) Soient A une algèbre réduite de type fini sur un corps, et p un idéal premier de A. Le complété de l’anneau local Aₚ est réduit. Comme A est réduit, l’anneau local Aₚ est réduit… 0CYP
  • Corollaire 3 Soient k un corps de caractéristique 0, et A une k-algèbre locale et noethérienne. Pour que A soit un anneau de Nagata, il faut et il suffit que, pour tout idéal premier p de A, l’… 0CYQ

App. 0.

  • Proposition 1 a) L’anneau A est local, d’idéal maximal m = lim overrightarrowm_α. Pour tout α ∈ I, l’homomorphisme φ_α est local et plat, et on a φ_α(m_α) A = m. 0CZN
  • Lemme 1 Soit P ∈ A[X] un polynôme unitaire dont l’image overlineP dans κ_A[X] est irréductible. Alors la A-algèbre B = A[X]/(P) est locale et finie sur A, d’idéal maximal m_A B, l’homomorp… 0CZO
  • Définition 1 Soit A un anneau local. On dit qu’une A-algèbre B est un gonflement élémentaire de A si B est isomorphe à la A-algèbre A[X], ou bien s’il existe un polynôme unitaire P de A[X], d’i… 0CZP
  • Définition 2 Soit A un anneau local. On dit qu’une A-algèbre B est un gonflement de A s’il existe un ensemble bien ordonné Λ ayant un plus grand élément ω, et une famille croissante (B_λ)_λ ∈ Λ… 0CZQ
  • Exemple 1 Toute extension de corps est un gonflement. Soit en effet K une extension d’un corps k. Munissons K d’un bon ordre pour lequel 0 est le plus grand élément, et pour λ ∈ K, soit K_λ… 0CZR
  • Exemple 2 Soient A un anneau local, et I un ensemble d’indices. Notons A[(Xᵢ)_i ∈ I] l’anneau local de l’anneau de polynômes A[(Xᵢ)_i ∈ I] en l’idéal premier m_A A[(Xᵢ)_i ∈ I]. La A-algèbre… 0CZS
  • Remarque Avec les notations de la déf. 2, l’anneau B_μ est un gonflement de B_λ lorsque λ ≤ μ. 0CZT
  • Proposition 2 Soient A un anneau local et B un gonflement de A. 0CZU
  • Corollaire Supposons A noethérien. a) On a dim(A) = dim(B). b) Supposons A régulier, et soit (x₁, ..., xₙ) un système de coordonnées de A. Alors B est régulier et la suite (x₁ 1_B, ..., xₙ 1_… 0CZV
  • Proposition 3 Soient A, B, C trois anneaux locaux et u : A → B, v : B → C deux gonflements. Alors v ∘ u est un gonflement. Soient (B_λ)_λ ∈ Λ et (C_μ)_μ ∈ M des familles de sous-A-algèbres de B… 0CZW
  • Théorème 1 Soient f : A → A' un homomorphisme local surjectif d’anneaux locaux et B' un gonflement de A'. Il existe un gonflement B de A et un isomorphisme de A-algèbres de B ⊗_A A' sur B'. A… 0CZX
  • Corollaire Soient A un anneau local et K une extension de son corps résiduel κ_A. Il existe un anneau local B et un gonflement A → B tels que la κ_A-algèbre κ_B soit isomorphe à K. 0CZY
  • Proposition 4 Soient p un nombre premier, k un corps de caractéristique p, et soit n un entier ≥ 1, ou + ∞. Il existe un p-anneau (S 2, no 1, déf. 1) de longueur n dont le corps résiduel est iso… 0CZZ

X. Profondeur, régularité, dualité

§ 1. Profondeur

  • Proposition 1 Soient A un anneau, J un idéal de A et 0 → M' → M → M'' → 0 une suite exacte de A-modules. Posons 0D06
  • Remarque 5 Supposons que l’on ait p = p' et que l’injection u : M' → M qui intervient dans la suite exacte de la prop. 1 appartienne à J Hom_A(M', M). On a alors p'' = p - 1. En effet, l’hypo… 0D07
  • Proposition 2 Soient A un anneau, J un idéal de A, M un A-module et N un A-module annulé par une puissance de J. On a Ext_Aⁱ(N, M) = 0 pour tout entier i < prof_A(J; M). 0D08
  • Corollaire 1 Soit m un entier 0 et soit J' un idéal de A qui contient J^m. On a profA(J ; M) \leq profA(J' ; M). 0D09
  • Corollaire 2 Supposons l’idéal J de type fini, et soit J' un idéal de A tel que V(J) \supset V(J'). 0D0A
  • Proposition 3 Soient A un anneau, C un complexe borné à gauche de A-modules et p un entier. On suppose que pour tout couple d’entiers (m, n) avec m \geq n \geq p, la profondeur du A-module Cm re… 0D0B
  • Corollaire 1 Soient A un anneau, J un idéal de A, C un complexe borné à gauche de A-modules et p un entier. On suppose qu’on a JHm(C) = 0 et profA(J ; Cm) m - p pour m \geq p. On a alors Hn(C)… 0D0C
  • Corollaire 2 Soient A un anneau local, C un complexe borné à gauche de A-modules, p un entier. On suppose que pour m ≥ p, Hₘ(C) est de longueur finie et Cₘ de profondeur > m - p. On a alors Hₙ(… 0D0D
  • Théorème 1 Soient A un anneau, J un idéal de A, x = (xᵢ)_i ∈ I une famille génératrice de J, M un A-module. La profondeur de M relativement à J est la borne inférieure (dans N ∪ +∞) des entie… 0D0E
  • Corollaire 1 Supposons l’idéal J de type fini et JM ≠ M. Alors prof_A(J; M) est finie et ≤ Card(I) ; pour qu’elle soit égale à Card(I), il faut et il suffit que la famille x soit complètement s… 0D0F
  • Corollaire 2 Soient A un anneau local, J un idéal de type fini de A distinct de A, M un A-module non nul de type fini. Posons r = [J/m_AJ : κ_A]. On a prof_A(J; M) ≤ r ; il y a égalité si et se… 0D0G
  • Proposition 4 Soient ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux, J un idéal de A et N un B-module. On a l’égalité prof_A(J; N) = prof_B(JB; N). 0D0H
  • Corollaire Soient A un anneau local, a un idéal de A distinct de A et M un A-module annulé par a. On a prof_A(M) = prof_A/a(M). 0D0I
  • Lemme 1 Si le A-module B est plat, l’homomorphisme vᵖ est bijectif pour tout entier p. 0D0J
  • Proposition 5 Soient A un anneau, J un idéal de type fini de A et M un A-module. Notons Ω l’ensemble des idéaux maximaux de A appartenant à Supp(M) et contenant J. On a 0D0K
  • Proposition 6 Soient A un anneau, J un idéal de type fini de A et M un A-module. Soient B un anneau et ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux faisant de B un A-module plat. 0D0L
  • Corollaire Soient A un anneau noethérien, J un idéal de A, M un A-module de type fini, widehatA et widehatM les séparés complétés de A et M pour la topologie J-adique. On a alors prof_A(J; M)… 0D0M
  • Proposition 7 Soient A un anneau, J un idéal de A, M un A-module, et (x₁, …, xᵣ) une suite M-régulière d’éléments de J. On a prof_A(J; M) = r + prof_A(J; M/(x₁M + … + xᵣM)) et en particulier pro… 0D0N
  • Théorème 2 Soient A un anneau noethérien, J un idéal de A et M un A-module de type fini. 0D0O
  • Corollaire 1 Pour toute suite M-régulière (x₁, …, xᵣ) d’éléments de J, les propriétés suivantes sont équivalentes : 0D0P
  • Corollaire 2 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de type fini. On a prof_A(M) leqslant dim_A(M) < +∞ . 0D0Q
  • Remarque 1 Soit r un entier. D’après la prop. 2 du n° 1 et II, § 4, n° 4, cor. 2 de la prop. 17, l’inégalité prof_F(M) geqslant r équivaut à la propriété suivante : pour tout A-module N de ty… 0D0R
  • Remarque 2 Supposons que le A-module M soit de type fini. D’après la remarque 2 du n° 1 et le th. 2 du n° 4, on a les équivalences suivantes 0D0S
  • Proposition 8 Soient A un anneau noethérien, F une partie fermée de Spec(A), et M un A-module de type fini. On a 0D0T
  • Remarque 3 Si q est un point de Supp(M), on a donc prof_A(q;M) = inf_p ⊇ q prof_Aₚ(Mₚ). On a en particulier l’inégalité prof_A(q;M) leqslant prof_A_q(M_q) ; il y a égalité lorsque q est maxim… 0D0U
  • Proposition 9 Soient A un anneau noethérien, M et N deux A-modules de type fini et F le support de N. Alors prof_F(M) est la borne inférieure (dans N ∪ +∞) de l’ensemble des entiers n tels que E… 0D0V
  • Remarque 4 Soient A un anneau noethérien, N un A-module de type fini. On appelle parfois grade de N, et on note grade(N), la borne inférieure dans N ∪ +∞ de l’ensemble des entiers n tels que… 0D0W
  • Lemme 2 Soient ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens, N un B-module de type fini et y un élément de m_B. Les deux conditions suivantes sont équivalentes : 0D0X
  • Proposition 10 Soient ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens, N un B-module de type fini et y = (y₁, …, yₛ) une suite d’éléments de m_B. Notons 𝔶 l’idéal de B engendré par… 0D0Y
  • Proposition 11 Soient ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens, M un A-module de type fini et N un B-module de type fini ; on suppose que le A-module N est plat. 0D0Z
  • Remarque Rappelons qu’on a, sous les hypothèses précédentes, 0D10
  • Corollaire Soit ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens faisant de B un A-module plat. On a 0D11
  • Proposition 12 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de type fini et J un idéal de A distinct de A. On a la suite d’inégalités 0D12
  • Remarque 1 Considérons la chaîne d’inégalités de la prop. 12. 0D13
  • Lemme 3 Soient A un anneau noethérien, p ⊂ p1 ⊂ ... ⊂ p{r−1} ⊂ q une chaîne saturée de longueur r d’idéaux premiers de A, M un Λ-module de type fini et n un entier. Si le A-module Ext^n{Ap… 0D14
  • Proposition 13 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini, p et q deux idéaux premiers de Supp(M) avec p ⊂ q. On a 0D15
  • Corollaire 1 On a l'inégalité 0D16
  • Corollaire 2 Soient A un anneau local noethérien et M un A-module de type fini. On a l'inégalité 0D17
  • Remarque 2 On a sup_p ∈ Ass(M) dim(A/p) = dim(M) (VIII, § 1, n° 4, remarque 2) et on retrouve l'inégalité prof(M) ≤ dim(M) pour M ≠ 0 (n° 4, cor. 2 du th. 2). 0D18
  • Proposition 14 Soit A un anneau noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D19
  • Lemme 4 Soient A un anneau noethérien, F une partie fermée de Spec(A), U l’ouvert complémentaire, et u : M → N un homomorphisme de A-modules de type fini. 0D1A
  • Remarque 1 Soient A un anneau noethérien, F une partie fermée de Spec(A), U l’ouvert complémentaire. Pour qu’on ait prof_F(A) geqslant 1, il faut et il suffit qu’on ait Ass(A) ⊂ U (remarque 2… 0D1B
  • Théorème 3 (Hartshorne) Soient A un anneau noethérien, F une partie fermée de Spec(A) et U l’ouvert complémentaire. On suppose qu’on a prof_F(A) geqslant 2. Alors, pour toute composante connexe Y de Spec(… 0D1C
  • Corollaire 1 L’application qui associe à chaque composante connexe de U son adhérence dans Spec(A) est une bijection de l’ensemble des composantes connexes de U sur l’ensemble des composantes c… 0D1D
  • Corollaire 2 Pour tout anneau local noethérien B de profondeur ≥ 2, l’espace topologique Spec(B) - m_B est connexe. 0D1E
  • Corollaire 3 Sous les hypothèses du théorème 3, supposons que Spec(Aₚ) soit irréductible (resp. que Aₚ soit intègre) pour tout p ∈ U; alors Spec(Aₚ) est irréductible (resp. Aₚ est intègre) pour… 0D1F
  • Corollaire 4 Soit A un anneau noethérien dont le spectre est connexe. Supposons qu’il existe un entier d ≥ 1 tel qu’on ait prof(Aₚ) ≥ 2 pour tout idéal premier p de A de hauteur > d. 0D1G
  • Remarque 2 Lorsque A est un anneau de Macaulay, on peut appliquer le corollaire avec d = 1 (§ 2, n° 5). 0D1H
  • Exemple (Intersection complète formée par quatre plans de coordonnées d’un espace affine de dimension 4) Soit k un corps. Notons S l’anneau de polynômes k[T₁, T₂, T₃, T₄]. Rappelons (VIII, § 2, n° 4, th. 3) que toute chaîne maximale d’idéaux premiers de S est de longueur 4. Notons m l… 0D1I
  • Proposition 15 Soit A un anneau noethérien satisfaisant aux deux conditions suivantes : (i) pour tout idéal premier minimal p de A, l’anneau Aₚ est réduit ; (ii) pour tout idéal premier p de A de… 0D1J
  • Proposition 16 Soient A un anneau noethérien intégralement clos, J un idéal de A de hauteur geqslant 2, et M un A-module réflexif de type fini. On a prof_A(J; M) geqslant 2. 0D1K
  • Corollaire Un anneau local noethérien intégralement clos de dimension geqslant 2 est de profondeur geqslant 2. 0D1L
  • Théorème 4 (Serre) Soit A un anneau noethérien satisfaisant aux conditions suivantes: (i) pour tout idéal premier minimal 𝔭 de A, l’anneau A_𝔭 est réduit ; (ii) pour tout idéal premier 𝔭 de A de haut… 0D1M
  • Remarque 1 Une forme commode du th. 4 est la suivante : soit A un anneau noethérien, tel que pour tout idéal premier p de A l’anneau Aₚ soit intégralement clos ou de profondeur geqslant 2; al… 0D1N
  • Corollaire 1 Soient A un anneau noethérien, F une partie fermée de Spec(A), U l’ouvert complémentaire. On suppose que prof_F(A) est geqslant 2 (resp. geqslant 1) et que, pour tout p ∈ U, l’anne… 0D1O
  • Corollaire 2 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens faisant de B un A-module plat. 0D1P
  • Remarque 2 ht(p) = 1 et ht(q) leqslant 1. Alors Aₚ est un anneau de valuation discrète; soit π une uniformisante de Aₚ. Puisque B_q est fidèlement plat sur Aₚ, l’élément π 1_B_q de B_q n’est… 0D1Q
  • Remarque 3 ht(p) = 1 et ht(q) ≥ 2. Alors, d’après la relation dim(B_q) = dim(Aₚ) + dim(κ(p) ⊗_A B_q) (VIII, § 3, n° 4, cor. 1 de la prop. 7), l’anneau κ(p) ⊗_A B_q est de dimension ≥ 1. Il es… 0D1R
  • Remarque 4 ht(p) ≥ 2. Puisque Aₚ est de profondeur ≥ 2 (cor. de la prop. 16), il en est de même de B_q d’après loc. cit. 0D1S
  • Corollaire 3 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens. On suppose que B est un A-module plat, que A est normal et que κ(p) ⊗_A B est normal pour tout p ∈ Spec(A). Alors B est norma… 0D1T

§ 2. Modules et anneaux macaulayens

  • Définition 1 Soient A un anneau noethérien et M un A-module de type fini. On dit que M est macaulayen ou est un module de Macaulay si, pour tout idéal maximal m ∈ Supp(M), on a prof_Aₘ(Mₘ) = di… 0D2C
  • Exemple 1 Tout A-module de longueur finie est macaulayen. 0D2D
  • Exemple 2 Soit M' un sous-module facteur direct d’un A-module de type fini macaulayen M. Alors M' est macaulayen ; en effet, pour tout idéal maximal m de A, le Aₘ-module M'ₘ est facteur dire… 0D2E
  • Exemple 3 Soient M un A-module de type fini et macaulayen et (x₁, …, xₙ) une suite M-régulière d’éléments de A. Alors le A-module overlineM = M/(x₁M + ⋯ + xₙM) est macaulayen. Soit en effet… 0D2F
  • Exemple 4 Soient M un A-module de type fini, et a un idéal de A tel que aM = 0. Pour que le A-module M soit macaulayen, il faut et il suffit qu’il soit macaulayen comme (A/a)-module. En effe… 0D2G
  • Proposition 1 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini, p et q des idéaux premiers de Supp(M) tels que p ⊂ q. Supposons dim_A_q(M_q) = prof_A_q(M_q). On a alors dim_Aₚ(Mₚ) = pro… 0D2H
  • Corollaire Soient A un anneau noethérien et M un A-module de type fini. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) le A-module M est macaulayen ; (ii) on a prof_Aₚ(Mₚ) = dim_Aₚ(Mₚ) pour… 0D2I
  • Remarque Soient S une partie multiplicative de A et M un A-module de type fini et macaulayen. Alors S⁻¹M est un S⁻¹A-module macaulayen. En effet, soit q ∈ Spec(S⁻¹A) ; notons i_A^S : A → S⁻… 0D2J
  • Proposition 2 Soient A un anneau noethérien et M un A-module de type fini et macaulayen. a) Le A-module M n’a pas d’idéaux premiers associés immergés.\footnote{Rappelons (cf. IV, § 2, n° 3, rema… 0D2K
  • Remarque 1 Sous les hypothèses de la prop. 2, il peut arriver que deux composantes irréductibles X₁ et X₂ de Supp(M) aient une intersection Y réduite à un point et que l’on ait dim X₁ ≠ dim X… 0D2L
  • Corollaire Soient A un anneau local noethérien et M un A-module de type fini non nul et macaulayen. 0D2M
  • Remarque 2 Soient M un A-module de type fini et macaulayen, et p un élément de Supp(M). Compte tenu du th. 2 du § 1, n° 4, on a prof_A(p; M) < +∞, et il existe une suite M-régulière de longue… 0D2N
  • Proposition 3 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de type fini et d la dimension de M. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D2O
  • Lemme 1 — Soient A un anneau local noethérien, M un A-module de type fini et pur, et x un élément de mA. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D2P
  • Proposition 4 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de type fini et (x₁, ..., xr) une suite d’éléments de mA sécante pour M. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D2Q
  • Théorème 1 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module non nul de type fini, d la dimension de M, x = (x₁, ..., xd) une suite d’éléments de mA sécante pour M, et J l’idéal qu’elle enge… 0D2R
  • Lemme 2 Soit overlineG l’image de G dans A/Ann(M). On a ht(overlineG) = codim(Supp(M/SM), Supp(M)) . Lorsque de plus SM ≠ M, on a ht(overlineG) ≤ Card(S) . 0D2S
  • Définition 2 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini, et S une partie finie de A. On dit que S est fortement sécante pour M si l’on a Card(S) ≤ codim(Supp(M/SM), Supp(M)) . 0D2T
  • Remarque 1 Toute partie finie S de A telle que SM = M est fortement sécante pour M. Lorsque SM ≠ M, il résulte du lemme 2 que pour que S soit fortement sécante pour M, il faut et il suffit qu… 0D2U
  • Remarque 2 Si l’anneau A est local et le module M non nul, toute partie S de m_A fortement sécante pour M est sécante pour M. En effet, comme le A-module M/SM est non nul, on a 0D2V
  • Proposition 5 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini, et S une partie finie de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D2W
  • Corollaire Soient A un anneau noethérien et M un A-module de type fini. Toute suite M-régulière est fortement sécante pour M. 0D2X
  • Proposition 6 Soient A un anneau noethérien, M un A-module macaulayen de type fini, et S une partie finie de A fortement sécante pour M. Alors le A-module M/SM est macaulayen. 0D2Y
  • Définition 3 On dit qu’un anneau A est macaulayen, ou est un anneau de Macaulay, s’il est noethérien et que le A-module A est macaulayen. 0D2Z
  • Exemple 1 Tout anneau artinien est un anneau de Macaulay (n° 1, exemple 1). 0D30
  • Exemple 2 Un anneau de Macaulay ne possède pas d’idéaux premiers associés immergés (n° 2, prop. 2). Inversement, soit A un anneau noethérien de dimension leqslant 1 qui ne possède pas d’idéa… 0D31
  • Exemple 3 Un anneau noethérien normal de dimension leqslant 2 est un anneau de Macaulay (§ 1, n° 10, texte précédant le th. 4). Inversement, soit A un anneau de Macaulay dont l’anneau local… 0D32
  • Exemple 4 Si A est un anneau de Macaulay, il en est de même de S⁻¹A pour toute partie multiplicative S de A (n° 1, remarque). Inversement, si l’anneau Aₘ est un anneau de Macaulay pour tout… 0D33
  • Exemple 5 Soient A un anneau noethérien et J un idéal de A. Pour que A/J soit un anneau de Macaulay, il faut et il suffit que ce soit un A-module macaulayen (n° 1, exemple 4). 0D34
  • Exemple 6 Soient A un anneau local noethérien et J un idéal de A engendré par une suite A-régulière. Pour que A/J soit un anneau de Macaulay, il faut et il suffit que A en soit un (exemple 5… 0D35
  • Exemple 7 Pour qu’un anneau local noethérien A soit de Macaulay, il faut et il suffit qu’il possède un idéal de définition engendré par une suite A-régulière : cela résulte de la prop. 3 du… 0D36
  • Proposition 7 Soit A un anneau noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D37
  • Remarque Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux, et soit p ∈ Spec(A). Notons overlineB l’anneau κ(p) ⊗_A B. Il s’identifie à S⁻¹B/p(S⁻¹B), où S est la partie multiplicative ρ(A - p) de B… 0D38
  • Proposition 8 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens et soit N un B-module qui est un A-module de type fini. Pour que le A-module N soit macaulayen, il faut et il suffit que le B-… 0D39
  • Corollaire 1 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens. Si B est une A-algèbre finie et un A-module macaulayen, c’est un anneau de Macaulay. Si de plus ρ est injectif, on a ht(aB) =… 0D3A
  • Corollaire 2 Soient A un anneau noethérien intégralement clos et B un anneau contenant A. On suppose que B est un A-module sans torsion, de type fini. Si B est un anneau de Macaulay, le A-modul… 0D3B
  • Corollaire 3 Soient A un anneau intégralement clos, K son corps des fractions, L une K-algèbre finie telle que [L : K] 1_A soit inversible dans A, et B une sous-A-algèbre de L, finie sur A. 0D3C
  • Exemple Le corollaire 3 s’applique notamment dans les deux situations suivantes : 0D3D
  • Proposition 9 Soient ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens, M un A-module de type fini et N un B-module de type fini, plat sur A. Notons ᵃρ : Spec(B) longrightarrow Spec(A) l’applicat… 0D3E
  • Corollaire 1 Soient ρ : Λ → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens, M un A-module non nul de type fini et N un B-module non nul de type fini qui est un A-module plat. Pour que le… 0D3F
  • Corollaire 2 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens faisant de B un A-module fidèlement plat et soit M un A-module de type fini. Pour que le B-module M ⊗A B soit macaulayen, il f… 0D3G
  • Corollaire 3 Soient A un anneau noethérien, B une Λ-algèbre finie et plate, M un A-module de type fini et macaulayen. Le B-module M ⊗A B est macaulayen. 0D3H
  • Corollaire 4 Soient A un anneau noethérien, J un idéal de A et M un A-module de type fini. Notons Ā et Ĝ les séparés complétés de A et M pour la topologie J-adique, et S la partie multiplicativ… 0D3I
  • Proposition 10 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens faisant de B un A-module plat. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D3J
  • Corollaire 1 Toute algèbre finie et plate sur un anneau de Macaulay est un anneau de Macaulay. 0D3K
  • Corollaire 2 Soient A un anneau de Macaulay et n un entier positif ; alors A[X₁, …, Xₙ] et A[[X₁, …, Xₙ]] sont des anneaux de Macaulay. 0D3L
  • Corollaire 3 Toute algèbre de type fini sur un anneau noethérien de Macaulay est caténaire. 0D3M

§ 3. Profondeur et dimension homologique

  • Exemple Soit J un idéal de A engendré par une suite A-régulière x = (x₁, …, xᵣ). On a dpA(A/J) ≤ r. En effet, c’est clair si A est nul ; dans le cas contraire, le complexe de Koszul K_bull… 0D3Y
  • Proposition 1 Soient A un anneau, M un A-module et n un entier ≥ 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D3Z
  • Proposition 2 Soient A un anneau, M et N des A-modules, i un entier et S une partie multiplicative de A. On a un isomorphisme canonique de S⁻¹A-modules 0D40
  • Corollaire Soient A un anneau, M et N des A-modules, i un entier. 0D41
  • Proposition 3 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini et N un A-module. 0D42
  • Corollaire 1 Pour toute partie multiplicative S de A , on a dp_S⁻¹A(S⁻¹M) ≤ dp_A(M) , di_S⁻¹A(S⁻¹N) ≤ di_A(N) , dh(S⁻¹A) ≤ dh(A) . 0D43
  • Corollaire 2 Si on a dp{Am}(Mm) < +\infty pour tout idéal maximal m de Supp(M) , on a dpA(M) < +\infty . 0D44
  • Remarque Soit A un anneau noethérien régulier de dimension infinie (VIII, § 5, exerc. 6 c)). Nous verrons ci-dessous (n° 7, th. 2 et § 4, n° 1, prop. 1) qu’on a di{Am}(Am) = dh(Am) < +\inft… 0D45
  • Proposition 4 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module de type fini et n un entier ≥ 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D46
  • Corollaire 1 Soient A un anneau local noethérien et n un entier ≥ 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D47
  • Corollaire 2 On a dh(A) = dp_A(κ_A). 0D48
  • Remarque 1 Soit A un anneau local. Le A-module Tor₁ᴬ(κ_A, κ_A) est isomorphe à 𝔪_A / 𝔪_A² (A, X, p. 72, exemple). Par suite lorsque A est noethérien, pour que Tor₁ᴬ(κ_A, κ_A) soit nul, il fau… 0D49
  • Remarque 2 Soient A un anneau local noethérien, M un A-module de type fini et de dimension projective finie n, N un A-module non nul de type fini. Le A-module Ext_Aⁿ(M, N) n’est pas nul : soi… 0D4A
  • Remarque 3 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini et de dimension projective finie, N un A-module de type fini dont le support est égal à Spec(A). D’après la remarque précé… 0D4B
  • Proposition 5 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini et n un entier geqslant 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D4C
  • Remarque 4 Soient A un anneau noethérien et n un entier geqslant 0. Si m et m' sont deux idéaux maximaux de A distincts, les A-modules Ext_Aⁿ(A/m, A/m') et Torₙᴬ(A/m, A/m') sont annulés par m… 0D4D
  • Proposition 6 Soient A un anneau noethérien, N un A-module, n un entier geqslant 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D4E
  • Remarque 5 Soit N un A-module de type fini ; la condition Ext_Aⁿ(A/𝔪, N) = 0 pour tout idéal maximal 𝔪 de A n’entraîne pas nécessairement di_A(N) < n. Si par exemple l’anneau A est local et n… 0D4F
  • Proposition 7 Soient A un anneau, x un élément simplifiable de A, M un A-module tel que l’homothétie x_M soit injective, N un A-module annulé par x, n un entier. Les homomorphismes canoniques de… 0D4G
  • Corollaire Soient A un anneau local noethérien, M un A-module de type fini et J un idéal de A engendré par une suite (x₁, …, xᵣ) d’éléments de m_A qui est à la fois A-régulière et M-régulière… 0D4H
  • Théorème 1 (Auslander-Buchsbaum) Soient A un anneau local noethérien et M un A-module de type fini et de dimension projective finie. On a l’égalité 0D4I
  • Remarque Compte tenu du cor. 2 de la prop. 4 (n° 3), le th. 1 appliqué au A-module κ_A entraîne que l’on est dans l’un ou l’autre des cas suivants : 0D4J
  • Corollaire 1 Conservons les hypothèses du théorème 1. 0D4K
  • Corollaire 2 Conservons les hypothèses du théorème 1 et supposons de plus que A soit un anneau de Macaulay. Alors dp_A(M) est la somme des deux entiers positifs dim(A) - dim_A(M) et dim_A(M) -… 0D4L
  • Corollaire 3 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini et de dimension projective finie, i un entier ≥ 0, N un A-module de type fini et F le support du A-module Ext_Aⁱ(M, N) (re… 0D4M
  • Corollaire 4 Soient A un anneau noethérien de Macaulay et M un A-module de type fini et de dimension projective finie. 0D4N
  • Proposition 8 Soient A un anneau noethérien, M un A-module de type fini. On a dim_A(M) ≤ di_A(M). 0D4O
  • Proposition 9 Soient A un anneau local noethérien et M un A-module non nul de type fini et de dimension injective finie. On a di_A(M) = prof(A). 0D4P
  • Définition 1 On dit qu’un anneau A est un anneau de Gorenstein s’il est noethérien et que le Aₘ-module Aₘ est de dimension injective finie pour tout idéal maximal m de A. 0D4Q
  • Proposition 10 Soit A un anneau de Gorenstein ; alors A est un anneau de Macaulay, et satisfait à di_A(A) = dim(A). 0D4R
  • Exemple 1 Pour toute partie multiplicative S d’un anneau de Gorenstein A, l’anneau de fractions S⁻¹A est un anneau de Gorenstein : en effet, soit q un idéal maximal de S⁻¹A ; il est de la fo… 0D4S
  • Exemple 2 Soit A un anneau de Gorenstein et soit J un idéal de A, engendré par une suite A-régulière x. L’anneau quotient A/J est un anneau de Gorenstein : en effet, pour tout idéal maximal… 0D4T
  • Exemple 3 Soient A un anneau local noethérien, J un idéal de A engendré par une suite A-régulière d’éléments de m_A. Si A/J est un anneau de Gorenstein, il en est de même de A (n° 4, cor. de… 0D4U
  • Exemple 4 Soit A un anneau local noethérien régulier ; alors A est un anneau de Gorenstein. En effet, soit x un système de coordonnées de A (VIII, § 5, n° 1, déf. 1). La suite x est A-réguli… 0D4V
  • Exemple 5 Tout anneau quotient d’un anneau principal est un anneau de Gorenstein (exemple 2). En particulier, toute algèbre monogène sur un corps est un anneau de Gorenstein. 0D4W
  • Lemme 1 Soit A un anneau local artinien. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D4X
  • Lemme 2 Soit A un anneau local noethérien tel que di_A(A) = +∞. On a Ext_Aⁱ(κ_A, A) ≠ 0 pour tout entier i geqslant dim(A). 0D4Y
  • Théorème 2 (Bass) Soit A un anneau local noethérien ; posons d = dim(A). Soient x = (x₁, …, x_d) une suite sécante maximale d’éléments de m_A, et x l’idéal qu’elle engendre. Les conditions suivantes… 0D4Z
  • Corollaire Soit A un anneau local noethérien de dimension d. Le A-module Extᵈ_A(κ_A, A) n’est pas nul. 0D50
  • Proposition 11 Soit A un anneau noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D51
  • Proposition 12 Soit ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens, faisant de B un A-module plat. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D52
  • Corollaire 1 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens faisant de B un A-module plat. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D53
  • Corollaire 2 Soient A un anneau noethérien, J un idéal de A, hatA le séparé complété de A pour la topologie J-adique. Considérons les conditions suivantes : 0D54
  • Corollaire 3 Soient A un anneau de Gorenstein et (Tᵢ)_i ∈ I une famille finie d’indéterminées. Les anneaux A[(Tᵢ)_i ∈ I] et A[[Tᵢ]_i ∈ I] sont des anneaux de Gorenstein. 0D55

§ 4. Anneaux réguliers

  • Proposition 1 Soient A un anneau local noethérien régulier et n sa dimension. On a dh(A) = n et, pour tout entier i geqslant 0, 0D5M
  • Proposition 2 Un anneau local noethérien régulier est factoriel. 0D5N
  • Proposition 3 Soient A un anneau local noethérien régulier et M un A-module non nul de type fini. Sa dimension projective est finie et l’on a 0D5O
  • Corollaire 1 On a dp_A(M) geqslant dim(A) - dim(M); pour qu’il y ait égalité, il faut et il suffit que M soit macaulayen. 0D5P
  • Corollaire 2 Pour que le A-module M soit libre, il faut et il suffit qu’il soit macaulayen et de dimension dim(A), ou encore qu’il soit de profondeur geqslant dim(A). 0D5Q
  • Corollaire 3 Tout module réflexif de type fini sur un anneau local noethérien régulier de dimension 2 est libre. 0D5R
  • Corollaire 4 Soit ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens. On suppose que A est régulier et que ρ fait de B un A-module de type fini. On a alors dp_A(B) ≥ dim(A) - dim(B)… 0D5S
  • Remarque Le corollaire 4 permet de caractériser les anneaux locaux de Macaulay dans plusieurs cas importants. Soit A un anneau local noethérien ; c’est un anneau de Macaulay si et seulement… 0D5T
  • Théorème 1 (Serre) Pour qu’un anneau local noethérien soit régulier, il faut et il suffit que sa dimension homologique soit finie. 0D5U
  • Définition 1 On dit qu’un anneau A est régulier s’il est noethérien et que l’anneau local Aₘ est régulier pour tout idéal maximal m de A. 0D5V
  • Proposition 4 Soit A un anneau noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) A est régulier ; (ii) tout A-module de type fini est de dimension projective < +∞ ; (iii) pour tout id… 0D5W
  • Exemple 1 Si l’anneau A est régulier, l’anneau de fractions S⁻¹A est régulier pour toute partie multiplicative S de A : cela résulte par exemple de la caractérisation (iii) ci-dessus. 0D5X
  • Exemple 2 Pour qu’un anneau soit régulier, il faut et il suffit qu’il soit isomorphe au produit d’une famille finie d’anneaux réguliers intègres ; cela résulte en effet de ce que tout anneau… 0D5Y
  • Exemple 3 Les anneaux réguliers intègres de dimension ≤ 1 sont les anneaux de Dedekind (VIII, § 5, n° 1, exemple 1 et VII, § 2, n° 2, théorème 1). 0D5Z
  • Corollaire 1 Soit A un anneau noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D60
  • Corollaire 2 Un anneau régulier est normal, de Gorenstein et de Macaulay. 0D61
  • Corollaire 3 Soient A un anneau noethérien, J un idéal de A et hatA le séparé complété de A pour la topologie J-adique. 0D62
  • Corollaire 4 Soient A un anneau régulier et P un A-module projectif de type fini. L’algèbre symétrique S_A(P) est un anneau régulier. 0D63
  • Corollaire 5 Soient A un anneau régulier, et (Tᵢ)_i ∈ I une famille finie d’indéterminées. L’anneau de polynômes A[(Tᵢ)_i ∈ I] et l’anneau de séries formelles A[[Tᵢ]_i ∈ I] sont réguliers. 0D64
  • Proposition 5 Soient ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens et N un B-module. On suppose que a) l’anneau A est régulier, b) N est un A-module de type fini, c) le B-module N est macaula… 0D65
  • Corollaire Soit B un anneau noethérien intègre et soit A un sous-anneau régulier de B. Supposons que le A-module B soit de type fini. Pour que l’anneau B soit de Macaulay, il faut et il suffi… 0D66
  • Exemple Soit B une algèbre intègre non nulle de type fini sur un corps K. D’après VIII, § 2, n° 4, cor. 1 du th. 3, il existe une sous-algèbre A de B isomorphe à une algèbre de polynômes s… 0D67
  • Proposition 6 a) Tout anneau de fractions d’un anneau présentable est présentable. Toute algèbre de type fini sur un anneau présentable est un anneau présentable. 0D68
  • Proposition 7 Soit A un anneau présentable. 0D69
  • Proposition 8 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens faisant de B un A-module fidèlement plat. 0D6A
  • Corollaire Soit B un anneau régulier intègre et soit A un sous-anneau noethérien de B tel que B soit un A-module de type fini. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D6B
  • Lemme 1 On a 0D6C
  • Proposition 9 Soit ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D6D
  • Exemple Soient X, Y deux variétés analytiques complexes, localement de dimension finie, f un morphisme de X dans Y, et x un point de X. Considérons l’homomorphisme local ρ : O_Y, f(x) → O_… 0D6E
  • Corollaire Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens faisant de B un A-module plat. Si A est régulier et si κ(ρ⁻¹(𝔫)) ⊗_A B est régulier pour tout idéal maximal 𝔫 de B, l’anneau B… 0D6F

§ 5. Intersections complètes

  • Définition 1 Soient A un anneau, J un idéal de A. On dit que l’idéal J est complètement sécant au point p de V(J) si l’idéal Jₚ de Aₚ est engendré par une suite complètement sécante pour Aₚ. On… 0D6T
  • Proposition 1 Soient A un anneau, J un idéal de A, engendré par une suite finie x = (x₁, …, xᵣ) d’éléments de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D6U
  • Remarque 1 Lorsque l’anneau A est noethérien, on peut remplacer dans les conditions (ii) et (ii') « complètement sécante » par « régulière » (A, X, p. 160, cor. 1). 0D6V
  • Remarque 2 Soient A un anneau, J un idéal de type fini de A et p un idéal premier de A contenant J. D’après le cor. 2 du th. 1 du § 1, n° 3, on a 0D6W
  • Théorème 1 Soient A un anneau noethérien et J un idéal de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D6X
  • Remarque 1 Supposons l’idéal J complètement sécant ; soit (x1, ..., xr) une suite d’éléments de J, telle que pour tout idéal maximal m ∈ V(J) les images canoniques des xi dans J/mJ forment un… 0D6Y
  • Corollaire 1 Soient hatA l’anneau séparé complété de A pour la topologie J-adique et hatJ = JhatA le séparé complété de J. Pour que l’idéal hatJ de hatA soit complètement sécant, il faut et il… 0D6Z
  • Corollaire 2 Soient ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens faisant de B un A-module plat, et J un idéal de A. 0D70
  • Corollaire 3 Soient A un anneau noethérien et J un idéal complètement sécant de A. Si A est un anneau de Macaulay (resp. de Gorenstein), il en est de même de A/J. 0D71
  • Remarque 2 On dit qu’un anneau noethérien A est un anneau d’intersection complète si, pour tout idéal maximal m de A, l’anneau local complet widehatAₘ est isomorphe au quotient d’un anneau no… 0D72
  • Proposition 2 Soit A un anneau noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D73
  • Proposition 3 Soient A un anneau noethérien et J un idéal de A tel que A/J soit régulier. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D74
  • Proposition 4 Soient A un anneau régulier, J un idéal de A et A₀ un sous-anneau de A tel que l’homomorphisme canonique A₀ → A/J soit bijectif. 0D75
  • Théorème 2 Soit A un anneau régulier, gradué de type N. L’anneau A₀ formé des éléments de degré 0 dans A est régulier ; il existe un A₀-module projectif de type fini P gradué à degrés > 0 tel… 0D76
  • Corollaire 1 Soit B un anneau régulier, gradué à degrés positifs. Supposons que tout B₀-module projectif de type fini soit libre. a) L’anneau B₀ est intègre et régulier et la B₀-algèbre B est u… 0D77
  • Corollaire 2 Soient k un corps, B une k-algèbre graduée de polynômes, de type fini, et A une sous-algèbre graduée de B. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) B est un A-module gradué… 0D78
  • Proposition 5 Soient ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens, N un B-module de type fini, x = (x1, ..., xr) une suite d’éléments de mB et u : A[T1, ..., Tr] → B l’unique ho… 0D79
  • Corollaire Soient k un corps, Λ une k-algèbre locale noethérienne, x = (x1, ..., xr) une suite d’éléments de mA et M un Λ-module de type fini. Soient Ā et Ĝ les complétés de A et M pour leur… 0D7A
  • Proposition 6 Soient ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens et J un idéal de B. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D7B
  • Remarque 1 Supposons que les conditions équivalentes de la prop. 6 soient satisfaites. Comme B/J est plat sur A, pour toute A-algèbre A', la suite canonique de A'-modules 0 → A' ⊗_A J → A' ⊗_… 0D7C

§ 6. Extension des scalaires dans les algèbres régulières

  • Exemple 1 Dire qu’une extension L d’un corps K est une K-algèbre essentiellement de type fini signifie que c’est une extension de type fini au sens de A, V, p. 11, déf. 2. La K-algèbre L n’e… 0D7O
  • Exemple 2 Pour qu’une k-algèbre locale soit essentiellement de type fini, il faut et il suffit qu’elle soit isomorphe à une k-algèbre de la forme Aₚ, où A est une k-algèbre de type fini et p… 0D7P
  • Proposition 1 Si l’anneau k est noethérien, toute k-algèbre essentiellement de type fini est un anneau noethérien. 0D7Q
  • Proposition 2 a) Toute algèbre quotient d’une k-algèbre essentiellement de type fini est essentiellement de type fini. 0D7R
  • Corollaire Soient A une k-algèbre essentiellement de type fini et B une k-algèbre noethérienne. Alors l’anneau A ⊗ₖ B est noethérien. 0D7S
  • Proposition 3 Soient k un anneau, A une k-algèbre et B une A-algèbre. Si A est essentiellement de type fini sur k et B essentiellement de type fini sur A, alors B est essentiellement de type fin… 0D7T
  • Corollaire Le produit tensoriel de deux k-algèbres essentiellement de type fini est une k-algèbre essentiellement de type fini. 0D7U
  • Proposition 4 Soient k un corps, A une k-algèbre essentiellement de type fini et B une k-algèbre. 0D7V
  • Corollaire 1 Soient k un corps, K une extension de k et A une k-algèbre essentiellement de type fini. Pour que A_(K) soit un anneau de Macaulay (resp. de Gorenstein), il faut et il suffit qu’il… 0D7W
  • Corollaire 2 Soient k un anneau noethérien, A et B des k-algèbres. On suppose que A est plate et essentiellement de type fini sur k. Si A et B sont des anneaux de Macaulay (resp. de Gorenstein)… 0D7X
  • Lemme 1 Soit A un anneau noethérien, réunion d’une famille filtrante croissante (A_α)_α ∈ I de sous-anneaux noethériens. 0D7Y
  • Lemme 2 Soient k un corps, K et L des extensions de k. On suppose que K est de type fini et que l’une des extensions K ou L est séparable. Alors l’anneau K ⊗ₖ L est régulier. 0D7Z
  • Proposition 5 Soient k un corps, A une k-algèbre et K une extension de k. Supposons que A soit essentiellement de type fini ou que l’extension K soit de type fini. 0D80
  • Définition 1 Soient k un corps et A une k-algèbre. On dit que A est absolument régulière (resp. absolument normale)¹ si l’anneau A_(k') est régulier (resp. normal) pour toute extension k' radic… 0D81
  • Exemple 1 Si k est parfait, toute k-algèbre régulière (resp. normale) est absolument régulière (resp. absolument normale). 0D82
  • Exemple 2 Soit A une k-algèbre artinienne. Si A est normale, elle est réduite, donc isomorphe à un produit fini d’extensions de k (A, VIII, § 8, n° 1, prop. 2). Les conditions suivantes sont… 0D83
  • Exemple 3 Soit A une k-algèbre locale régulière. Si l’extension κ_A de k est séparable, l’algèbre A est absolument régulière. Soit en effet k' une extension de degré fini de k. Le A-module A… 0D84
  • Proposition 6 Soient k un corps et A une k-algèbre noethérienne. 0D85
  • Lemme 3 Soient k un corps et K une extension de type fini de k. Il existe une extension L de K, de degré fini, et une sous-k-extension k' de L, radicielle et de degré fini sur k, telles qu… 0D86
  • Proposition 7 Soient k un corps, A et B des k-algèbres dont l’une est essentiellement de type fini. Supposons que A soit absolument régulière (resp. absolument normale). Si l’anneau B est réguli… 0D87
  • Corollaire 1 Soit k un corps. Le produit tensoriel de deux k-algèbres absolument régulières (resp. absolument normales) dont l’une est essentiellement de type fini, est une k-algèbre absolument… 0D88
  • Corollaire 2 Soient k un corps, A une k-algèbre absolument régulière (resp. absolument normale) et K une extension de k. Supposons que A soit essentiellement de type fini ou que l’extension K d… 0D89
  • Corollaire 3 Soient k un corps, A une k-algèbre et K une extension de k. Supposons que la k-algèbre A soit essentiellement de type fini ou que l’extension K de k soit de type fini. Pour que la… 0D8A
  • Corollaire 4 Soient k un corps, A une k-algèbre essentiellement de type fini et K une extension de k qui soit un corps parfait. Pour que A soit absolument régulière (resp. absolument normale)… 0D8B
  • Proposition 8 Soient k un corps et A une k-algèbre essentiellement de type fini. Notons I le noyau de l’homomorphisme de k-algèbres μ : A ⊗ₖ A → A tel que μ(x ⊗ y) = xy pour x et y dans A. Les c… 0D8C
  • Théorème 1 Soient k un corps et A une k-algèbre locale essentiellement de type fini. Posons n = \dim(A) + \deg.\mathrm{tr}k(\kappaA). 0D8D
  • Lemme 4 Soient k un corps, K une extension algébrique de k , B une k-algèbre dont le spectre est connexe. Pour tout composant canonique C de B{(K)} , on a \dim(C) = \dim(B) . 0D8E
  • Lemme 5 Soient k un corps algébriquement clos, A une k-algèbre de type fini dont le spectre est connexe, n un entier et (x1, \ldots , xn) une suite finie d’éléments de A . On suppose que A… 0D8F
  • Exemple Lorsque A est une extension de type fini de k, le théorème 1 redonne le cor. 1 de A, V, p. 128, compte tenu de l’exemple 2 du n° 4. 0D8G
  • Corollaire 1 Soient k un corps et A une k-algèbre essentiellement de type fini. L’ensemble des éléments 𝔭 de Spec(A) tels que la k-algèbre A_𝔭 soit absolument régulière est ouvert dans Spec(A). 0D8H
  • Corollaire 2 Soient k un corps et A une k-algèbre essentiellement de type fini. Pour que A soit absolument régulière, il faut et il suffit que le A-module Ωₖ(A) soit projectif et que pour tout… 0D8I
  • Remarque Supposons la k-algèbre A absolument régulière. Alors l’anneau total des fractions F de A s’identifie au produit des A_q, où q parcourt l’ensemble des idéaux premiers minimaux de A… 0D8J
  • Corollaire 3 Soient k un corps de caractéristique 0 et A une k-algèbre essentiellement de type fini. Pour que A soit régulière, il faut et il suffit que le A-module Ωₖ(A) soit projectif. 0D8K

§ 7. Algèbres lisses

  • Proposition 1 Si φ admet un relèvement, l’application (δ, tildeφ) ↦ δ + tildeφ définit une opération simplement transitive du groupe des k-dérivations de A dans N sur l’ensemble des relèvements… 0D8S
  • Exemple Soient B une k-algèbre, N un B-module. Munissons le k-module B ⊕ N de la structure de k-algèbre définie par (b, x)(b', x') = (bb', bx' + b'x) (cf. A, III, p. 127), de sorte que N e… 0D8T
  • Proposition 2 Munissons le k-module A/J ⊕ J/J² de la structure de k-algèbre définie dans l’exemple ci-dessus. Les applications v ↦ hᵥ et h ↦ ψₕ induisent des bijections entre les ensembles suiva… 0D8U
  • Définition 1 On dit que A est formellement lisse sur k, ou est une k-algèbre formellement lisse, si elle satisfait à la condition suivante : quels que soient la k-algèbre C et l’idéal de carré… 0D8V
  • Remarque 1 Soient k un anneau, A une k-algèbre et J un idéal de A. Si la k-algèbre A/J est formellement lisse (pour la topologie discrète), l’application identique de A/J admet un relèvement… 0D8W
  • Remarque 2 Soient k un anneau, A une k-algèbre linéairement topologisée formellement lisse, M un A-module dont l’annulateur est ouvert dans A. Alors toute dérivation δ de k dans M se prolonge… 0D8X
  • Proposition 3 Soit k un anneau. 0D8Y
  • Proposition 4 Soient k un anneau, A et B des k-algèbres, J un idéal de A, K un idéal de B. 0D8Z
  • Corollaire Soient k un corps, K une extension séparable de k et A une K-algèbre linéairement topologisée. Si A est formellement lisse sur K, elle est formellement lisse sur k. 0D90
  • Remarque 1 Soit k un corps. Toute k-algèbre étale (A, V, p. 28, déf. 1) est formellement lisse (loc. cit., p. 34, th. 4, d) et n° 2, prop. 3, b)). 0D91
  • Remarque 2 Nous verrons ci-dessous (cor. 2 du th. 2 du n° 5) qu’une extension de corps qui est formellement lisse est absolument régulière, donc séparable (§ 6, n° 4, exemple 2). 0D92
  • Proposition 5 Soit A une k-algèbre linéairement topologisée formellement lisse. Tout homomorphisme continu de k-algèbres φ : A → C/Cₘ admet un relèvement continu à C. 0D93
  • Exemple Soient C une k-algèbre et N un idéal nilpotent de C. La proposition s’applique à l’algèbre C munie de la filtration N-adique. Si A est une k-algèbre linéairement topologisée formel… 0D94
  • Théorème 2 Soient k un anneau, A une k-algèbre et J un idéal de A tel que la k-algèbre A/J soit formellement lisse. Munissons A de la topologie J-adique. Les conditions suivantes sont équival… 0D95
  • Corollaire 1 Soient k un corps et A une k-algèbre locale noethérienne telle que l’extension κA de k soit séparable. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D96
  • Corollaire 2 Soient k un corps, A une k-algèbre noethérienne et J un idéal de A contenu dans le radical de A. Supposons la k-algèbre A formellement lisse pour la topologie J-adique. Elle est al… 0D97
  • Corollaire 3 Soient k un anneau et A une k-algèbre formellement lisse. 0D98
  • Lemme 1 Supposons que la A-algèbre B admette une famille génératrice t = (tᵢ)_i ∈ I, liée par des relateurs f_λ ∈ A[T] (λ ∈ A). L’homomorphisme B-linéaire ψ : (B ⊗_A Ωₖ(A)) ⊕ B⁽ᴵ⁾ longrigh… 0D99
  • Lemme 2 Supposons l’anneau A local et noethérien. Alors Aₙ est local et noethérien. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D9A
  • Proposition 6 Soient k un corps de caractéristique p ≠ 0, k' une extension radicielle de k, de degré fini et de hauteur leqslant 1, et A une k-algèbre locale régulière. Alors A_(k') est un annea… 0D9B
  • Proposition 7 Soient k₀ un anneau, k une k₀-algèbre, A une k-algèbre, m un idéal maximal de A. On suppose que k et A/m sont formellement lisses sur k₀. Pour que A soit formellement lisse sur k p… 0D9C
  • Remarque 1 Lorsque A est noethérien, la condition (i) signifie que l’anneau local A_𝔪 est régulier (VIII, § 5, n° 2, th. 1). 0D9D
  • Proposition 8 Soient k un corps et A une k-algèbre locale noethérienne. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D9E
  • Remarque 2 Soient k un corps et A une k-algèbre telle que l’anneau A_(k') soit régulier pour toute extension radicielle k' de k, de degré fini et de hauteur ≤ 1; alors A est absolument réguli… 0D9F
  • Proposition 9 Soient A un anneau, M un A-module de type fini, N un A-module projectif et u : M → N une application A-linéaire. 0D9G
  • Lemme 3 Soit K un idéal de A contenant J. Supposons qu’il existe un entier m tel que J ∩ Kᵐ soit contenu dans JK (cette condition est satisfaite si A est noethérienne). Si A/J est formelle… 0D9H
  • Lemme 4 Supposons que A soit formellement lisse sur k pour la topologie J-adique. Pour que A/J soit formellement lisse sur k, il faut et il suffit que l’application canonique bard possède… 0D9I
  • Théorème 3 Soient k un anneau, A une k-algèbre formellement lisse et J un idéal de type fini de A; posons B = A/J. 0D9J
  • Corollaire 1 Soient k₀ un anneau, k une k₀-algèbre noethérienne formellement lisse, et B une k-algèbre locale essentiellement de type fini. Si la k₀-algèbre B est formellement lisse pour la top… 0D9K
  • Corollaire 2 Soient k₀ un anneau, k une k₀-algèbre noethérienne formellement lisse, et B une k-algèbre essentiellement de type fini. L’ensemble U des idéaux premiers 𝔭 de B tels que la k₀-algèb… 0D9L
  • Remarque 1 Les corollaires 1 et 2 s’appliquent notamment lorsque k₀ est un corps et que l’on est dans l’un des deux cas suivants : a) B est une algèbre essentiellement de type fini sur une ex… 0D9M
  • Remarque 2 Sous les hypothèses du cor. 3, le A-module Ω(A) est projectif (n° 5, cor. 3 du th. 2), donc libre ; toute dérivation de A dans κ_A se relève donc en une dérivation de A. La conditi… 0D9N
  • Corollaire 4 (Zariski) Soient k un corps et A une k-algèbre essentiellement de type fini ou locale noethérienne complète. L’ensemble des idéaux premiers 𝔭 de A tels que l’anneau local A_𝔭 soit régulier e… 0D9O
  • Lemme 5 Soit ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens. On suppose que B est essentiellement de type fini sur A. Pour que la A-algèbre B soit formellement lisse, il fau… 0D9P
  • Théorème 4 Soient A un anneau noethérien et B une A-algèbre essentiellement de type fini. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0D9Q
  • Définition 2 Soit A un anneau noethérien. On dit qu’une A-algèbre B est lisse si elle est essentiellement de type fini et si elle satisfait aux conditions équivalentes du théorème 4. 0D9R
  • Proposition 10 Soit A un anneau noethérien. 0D9S
  • Exemple 1 Les algèbres lisses sur un corps k sont les k-algèbres essentiellement de type fini et absolument régulières. 0D9T
  • Exemple 2 Soient A un anneau noethérien, T = (Tᵢ)_i ∈ I une famille finie d’indéterminées. La A-algèbre A[T] est lisse. Plus généralement, soient F₁, …, Fₘ des éléments de A[T], et soit B la… 0D9U

§ 8. Dualité des modules de longueur finie

  • Proposition 1 Soit A un anneau noethérien. Pour tout idéal premier 𝔭 de A, soit e_𝔭 : A/𝔭 → I(𝔭) une enveloppe injective de A/𝔭 (A, X, § 1, n° 9). 0DAA
  • Remarque 1 Soit I un A-module injectif indécomposable, et soit 𝔭 l’unique élément de Ass(I) ; d’après la prop. 1, I contient un sous-module isomorphe à A/𝔭 dont il est enveloppe injective. En… 0DAB
  • Théorème 1 Soit A un anneau noethérien. Pour tout A-module injectif I, il existe une famille de cardinaux (a_𝔭)_𝔭 ∈ Spec(A), et une seule, telle que I soit isomorphe à ⨁_𝔭 I(𝔭)^(a_𝔭). 0DAC
  • Remarque 2 Soient A un anneau noethérien, M un A-module, e : M → I une enveloppe injective de M. L’ensemble Ass(M) est égal à Ass(I) : en effet l’inclusion Ass(M) ⊂ Ass(I) est évidente. D’aut… 0DAD
  • Exemple Soit A un anneau principal, et soit K son corps des fractions. Les A-modules injectifs sont les A-modules divisibles (A, X, p. 17, cor. 2). Le A-module K est une enveloppe injectiv… 0DAE
  • Lemme 1 Soient A un anneau, a un idéal de A, et I un A-module. Pour tout entier n geqslant 0, notons Iₙ le sous-module de I formé des éléments annulés par aⁿ. 0DAF
  • Proposition 2 Soient A un anneau noethérien, α un idéal de A, E un A-module et M un sous-A-module de E annulé par α. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) E est une enveloppe injectiv… 0DAG
  • Lemme 2 Soient A un anneau, α un idéal de type fini de A, et M un A-module dont tout élément est annulé par une puissance de α. Notons widehatA le séparé complété de A pour la topologie α-… 0DAH
  • Proposition 3 Soient A un anneau noethérien, p un idéal premier de A et e : A/p → I une enveloppe injective du A-module A/p. Pour tout entier n ≥ 0, désignons par Iₙ le sous-module de I formé de… 0DAI
  • Remarque Il résulte de la démonstration précédente que l’annulateur de Iₙ dans widehatAₚ (resp. dans Aₚ) est 𝔭ⁿ widehatAₚ (resp. 𝔭ⁿ Aₚ). Par suite l’annulateur du A-module Iₙ est l’image ré… 0DAJ
  • Corollaire Soit J un A-module injectif tel que AssA(J) = {p}. 0DAK
  • Définition On dit qu’un A-module I est un A-module de Matlis s’il est injectif, que mA est son unique idéal premier associé et que le κA-espace vectoriel HomA(κA, I) est de dimension 1. 0DAL
  • Lemme 3 Soit I un A-module de Matlis. Alors : 0DAM
  • Lemme 4 Soient I un A-module de Matlis et M un A-module. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0DAN
  • Lemme 5 Tout widehatA-module artinien est artinien en tant que A-module. 0DAO
  • Théorème 2 Soit M un A-module. 0DAP
  • Remarque Supposons l’anneau A artinien. On a long_A(I) = long_A(D_A(A)) = long(A) (th. 2, c)). Soit M un A-module de type fini ; il admet une enveloppe injective isomorphe à Iˢ, où s est la… 0DAQ
  • Proposition 4 Pour que le A-module M soit de longueur finie, il faut et il suffit que D(M) soit de longueur finie. On a alors z₀(D(M)) = z₀(M), long_A(M) = long_A D(M), Ann_A(M) = Ann_A(D(M)), e… 0DAR
  • Exemple Soient A un anneau principal, K son corps des fractions. Le A-module K/A est un module de Matlis : en effet l’application canonique de K/A dans ∏_m ∈ Ω K/Aₘ induit un isomorphisme… 0DAS
  • Exemple 1 Soit J un A-module de Matlis. Posons T(M) = Hom_A(M, J) pour tout A-module M de longueur finie et T(f) = Hom_A(f, 1_J) pour toute application A-linéaire f entre A-modules de longue… 0DAT
  • Exemple 2 Soient C un complexe injectif de A-modules et d un entier tels que Hⁱ(Homgr_A(κ_A, C)) soit nul pour i ≠ d et soit de longueur 1 pour i = d. Pour tout A-module M de longueur finie… 0DAU
  • Exemple 3 Soient Ω un A-module et d un entier geqslant 0 tels que Ext_Aⁱ(κ_A, Ω) soit nul pour i ≠ d et soit de longueur 1 pour i = d. Posons T(M) = Ext_Aᵈ(M, Ω) pour tout A-module de longue… 0DAV
  • Exemple 4 Si A est un anneau de Gorenstein, par exemple un anneau régulier, on peut appliquer l’exemple 3 en prenant Ω = A et d = dim(A) (§ 3, n° 7, prop. 11). 0DAW
  • Théorème 3 a) Le A-module I est un module de Matlis. Pour tout entier m geqslant 0, Iₘ est le sous-module de I formé des éléments annulés par m_Aᵐ. 0DAX
  • Exemple 5 Reprenons les hypothèses et notations de l’exemple 1. Alors T(A/𝔪_Aⁿ) = Hom_A(A/𝔪_Aⁿ, J) s’identifie au sous-module Jₙ de J formé des éléments annulés par 𝔪_Aⁿ; par passage à la li… 0DAY
  • Exemple 6 Reprenons les hypothèses et notations de l’exemple 3. On obtient que I = varinjlim Ext_Aᵈ(A/𝔪_Aⁿ, Ω) est un A-module de Matlis. Pour tout A-module de longueur finie M, on dispose d… 0DAZ
  • Proposition 5 Soit ρ : A → B un homomorphisme local d’anneaux locaux noethériens, tel que l’extension résiduelle κ_A → κ_B induite par ρ soit de degré fini. Soit I_A un A-module de Matlis. 0DB0
  • Corollaire a) Si la A-algèbre B est finie, le B-module I_B = Hom_A(B, I_A) est un B-module de Matlis. 0DB1
  • Proposition 6 Supposons le A-module J injectif ; pour tout A-module N, possons D(N) = \mathrm{Hom}A(N, J). 0DB2
  • Remarque 1 Pour tout homomorphisme f : N → N' de A-modules, notons D(f) : D(N') → D(N) l’homomorphisme Hom(f, 1_J). Soient u : M → M' et v : P → P' des homomorphismes de A-modules. Choisisson… 0DB3
  • Remarque 2 Soit 0DB4

§ 9. Modules dualisants

  • Définition 1 Soit A un anneau noethérien. On dit qu’un A-module Ω est dualisant s’il est de type fini et si, pour tout idéal maximal m de A, le A/m-espace vectoriel Ext_Aⁱ(A/m, Ω) est nul pour… 0DBF
  • Exemple 1 Si l’anneau A est local et artinien, les A-modules dualisants sont les A-modules injectifs de type fini Ω tels que Hom_A(κ_A, Ω) soit de dimension 1 (S 3, n° 3, prop. 6), c’est-à-d… 0DBG
  • Exemple 2 Pour qu’un anneau noethérien A soit de Gorenstein, il faut et il suffit que le A-module A soit dualisant (S 3, n° 7, prop. 11). En particulier, le A-module A est dualisant lorsque… 0DBH
  • Remarque 1 Soient A un anneau local noethérien et Ω un A-module de type fini. Le corps résiduel κ_widehatA s’identifie à κ_A, et le widehatA-module widehatΩ à widehatA ⊗_A Ω (III, S 3, n° 4… 0DBI
  • Remarque 2 Soit Ω un A-module dualisant ; pour tout A-module projectif L de rang 1, le A-module Ω ⊗_A L est dualisant (A, X, p. 108, prop. 7, b)). Nous verrons ci-dessous (n° 4, prop. 6) que… 0DBJ
  • Proposition 1 Soient A un anneau noethérien et Ω un A-module dualisant. 0DBK
  • Proposition 2 Soient A un anneau noethérien, Ω un A-module dualisant. Pour tout idéal premier p de A, le Aₚ-module Ωₚ est dualisant. 0DBL
  • Lemme 1 Soient B un anneau noethérien local, intègre, de dimension 1, et M un B-module sans torsion de type fini. On suppose qu’on a long_B(M/xM) = long_B(B/xB) pour tout élément non nul x… 0DBM
  • Corollaire 1 Pour toute partie multiplicative S de A, le S⁻¹A-module S⁻¹Ω est dualisant. 0DBN
  • Corollaire 2 Le support de Ω est égal à Spec(A). 0DBO
  • Corollaire 3 Soit M un A-module de type fini, et soit i un entier. Le A-module Ext_Aⁱ(M, Ω) est de type fini, et son support est de codimension geqslant i dans Spec(A). 0DBP
  • Proposition 3 Soient A un anneau local noethérien, Ω un A-module dualisant et M un A-module de type fini. 0DBQ
  • Corollaire Si M est macaulayen, on a Ext_Aⁱ(M, Ω) = 0 pour i ≠ c; le A-module Ext_Aᶜ(M, Ω) est macaulayen, et son support est égal à celui de M. 0DBR
  • Proposition 4 Soient A un anneau noethérien, J un idéal de A engendré par une suite A-régulière x, et Ω un A-module de type fini. 0DBS
  • Corollaire 1 Soit A un anneau noethérien intègre. Tout A-module dualisant est sans torsion et de rang 1. 0DBT
  • Corollaire 2 Soient A un anneau de Macaulay local, \Omega un A-module de type fini, et x une suite sécante maximale d’éléments de mA, engendrant un idéal J. Les conditions suivantes sont équiva… 0DBU
  • Proposition 5 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux noethériens, faisant de B un A-module plat. On suppose que pour tout idéal maximal n de B, l’anneau κ(ρ⁻¹(n)) ⊗_A B est un anneau de Goren… 0DBV
  • Corollaire Soit A un anneau noethérien, admettant un module dualisant Ω; soit B une algèbre de polynômes sur A en un nombre fini d’indéterminées. Le B-module Ω_(B) est dualisant. 0DBW
  • Proposition 6 Soient A un anneau local noethérien et Ω un A-module dualisant. Soit B une A-algèbre finie ; on suppose que le A-module B est macaulayen. Le B-module Ext_Aⁱ(B, Ω) est nul pour i ≠… 0DBX
  • Corollaire 1 Soient A un anneau noethérien, Ω un A-module dualisant, et B une A-algèbre finie ; on suppose que le A-module B est macaulayen. Le B-module Ext_A(B, Ω) est dualisant. 0DBY
  • Remarque Gardons les hypothèses du cor. 1 et supposons en outre que l’homomorphisme canonique ρ : A → B soit injectif. On a alors dim(Aₘ) = dim(Bₘ) pour tout idéal maximal m de A (VIII, § 2… 0DBZ
  • Corollaire 2 Si un anneau noethérien A possède un module dualisant, toute A-algèbre de type fini qui est un anneau de Macaulay possède un module dualisant. 0DC0
  • Corollaire 3 Tout anneau de Macaulay présentable (en particulier, tout anneau de Macaulay local complet) possède un module dualisant. 0DC1
  • Lemme 2 Soient A un anneau noethérien, M et N des A-modules de type fini, u : M → N un homomorphisme. Soit x un élément du radical de A, tel que l’homothétie x_N soit injective. Si l’homom… 0DC2
  • Proposition 7 Soient A un anneau noethérien et Ω un A-module dualisant. 0DC3
  • Corollaire 1 Pour que A soit un anneau de Gorenstein, il faut et il suffit que le A-module Ω soit projectif de rang 1. 0DC4
  • Corollaire 2 Supposons que l’anneau A soit présentable. L’ensemble des idéaux premiers p de A tels que Aₚ soit un anneau de Gorenstein est ouvert dans Spec(A). 0DC5
  • Théorème 1 Soit M un A-module de type fini. Alors α_M est un homologisme : on a Hᵢ(D(D(M))) = 0 pour i ≠ 0 et l’homomorphisme α_M est bijectif. 0DC6
  • Corollaire Si le A-module M est macaulayen, l’homomorphisme β_M est bijectif. 0DC7
  • Proposition 8 Le A-module V/Ω est un module de Matlis. 0DC8
  • Proposition 9 Soient B la clôture intégrale de A, et c = A : B. Supposons que B soit un A-module de type fini. On a l’inégalité [B/c] ≤ 2[B/A] dans Z₀(A). Pour qu’il y ait égalité, il faut et il… 0DC9

§ 10. Cohomologie locale, dualité de Grothendieck

  • Remarque 1 Soient X l’espace topologique Spec(A), O_X le faisceau d’anneaux structural et widetildeM le O_X-module associé à M. Le A-module gradué H_A(M) s’identifie au module H_m_A(X, wideti… 0DCM
  • Exemple 1 Si M est injectif, le A-module H_Aⁱ(M) est nul pour i > 0 et injectif pour i = 0 (§ 8, n° 2, lemme 1, c)). 0DCN
  • Exemple 2 Si H_A⁰(M) = M (par exemple si M est artinien), H_Aⁱ(M) est nul pour i > 0. Soit en effet (I, e) une enveloppe injective de M. Le sous-module H_A⁰(I) de I est injectif (exemple 1)… 0DCO
  • Exemple 3 Soit Ω un A-module dualisant. Pour i ≠ dim(A), on a Ext_Aⁱ(A/α, Ω) = 0 pour tout idéal de définition α de A (§ 8, n° 5, exemple 3), d’où H_Aⁱ(Ω) = 0; pour i = dim(A), le A-module H… 0DCP
  • Exemple 4 Soit A un anneau local noethérien intègre ; notons K son corps des fractions, et supposons A ≠ K. C’est un A-module injectif (A, X, p. 18, exemple 1), de sorte que le module H_A(K)… 0DCQ
  • Exemple 5 Conservons les hypothèses de l’exemple précédent et supposons de plus dim(A) = 1. Soit N un A-module de torsion ; comme tout idéal non nul de A distinct de A est un idéal de défini… 0DCR
  • Proposition 1 Soient A un anneau local noethérien et M un A-module de type fini. 0DCS
  • Corollaire Soit M un A-module macaulayen, non nul et de type fini. Le A-module H_Aⁱ(M) est nul pour i ≠ dim(M) et non nul pour i = dim(M). 0DCT
  • Remarque 2 Pour tout idéal de définition α de A, le A-module Ext_A(A/α, M) est annulé par α, et A/α s’identifie à widehatA/α widehatA; par conséquent, le A-module gradué Ext_A(A/α, M) s’ident… 0DCU
  • Remarque 1 Soit f : M → N un homomorphisme de A-modules. En utilisant A, X, p. 103, prop. 2, on prouve que les diagrammes suivants sont commutatifs : 0DCV
  • Remarque 2 Soit (E) 0 → M → N → P → 0 une suite exacte de A-modules. En utilisant A, X, p. 104, prop. 3 et p. 106, prop. 4, on prouve que les diagrammes suivants sont commutatifs : 0DCW
  • Remarque 3 Considérons l’isomorphisme τᵈ(M) : M ⊗_A H_Aᵈ(A) longrightarrow H_Aᵈ(M) Pour x ∈ M, notons fₓ l’application a ↦ ax de A dans M. Pour tout u ∈ H_Aᵈ(A), on a τᵈ(M)(x ⊗ u) = H_Aᵈ(fₓ)(… 0DCX
  • Proposition 2 Soit A un anneau de Macaulay local, de dimension d, et soit Ω un A-module dualisant. L’homomorphisme ω : H_Aᵈ(A) → D(Ω) est bijectif. 0DCY
  • Corollaire L’homomorphisme D(ω) : widehatΩ → D(Hᵈ_A(A)) est un isomorphisme. 0DCZ
  • Théorème 1 (Dualité de Grothendieck) Soit A un anneau de Macaulay local, de dimension d, et soit Ω un A-module dualisant. 0DD0
  • Corollaire Soient A un anneau de Macaulay local, M un A-module non nul de type fini, de dimension e. Le A-module H_Aᵉ(M) est non nul. 0DD1
  • Remarque 1 Lorsque le A-module M est de type fini, le widehatA-module Ext_Aᵈ⁻ⁱ(M, widehatΩ) s’identifie à widehatA ⊗_A Ext_Aᵈ⁻ⁱ(M, Ω) (A, X, p. 108, prop. 7, c)), et δⁱ(M) peut aussi s’obteni… 0DD2
  • Remarque 2 Soit u : M → M' un homomorphisme de A-modules. D’après la remarque 1 du n° 2 et celle du § 8, n° 7, les diagrammes suivants sont commutatifs : 0DD3
  • Remarque 3 Soit 0DD4
  • Exemple Soit A un anneau local noethérien intègre de dimension 1 ; notons K son corps des fractions. Soit Ω un A-module dualisant, et soit M un A-module de type fini. Les A-modules H_A⁰(M)… 0DD5