Bourbaki

Livre A · Français

Index des énoncés

Les 3247 énoncés de Algèbre, par chapitre et paragraphe. Choisissez un type, filtrez par un mot, ou mettez les plus cités en tête.

I. Structures algébriques

§ 1. Lois de composition ; associativité ; commutativité

  • Définition 1 Soit E un ensemble. On appelle loi de composition sur E une application f de E × E dans E. La valeur f(x, y) de f pour un couple (x, y) ∈ E × E s’appelle le composé de x et de y po… ↩ 1 055B
  • Exemple 1 Les applications (X, Y) ↦ X ∪ Y et (X, Y) ↦ X ∩ Y sont des lois de composition sur l’ensemble des parties d’un ensemble E. 055C
  • Exemple 2 Dans l’ensemble N des entiers naturels, l’addition, la multiplication, l’exponentiation sont des lois de composition (les composés de x ∈ N et de y ∈ N pour ces lois se notant resp… 0DDH
  • Exemple 3 Soit E un ensemble ; l’application (X, Y) ↦ X ∘ Y est une loi de composition sur l’ensemble des parties de E × E (E, II, p. 11, déf. 6) ; l’application (f, g) ↦ f ∘ g est une loi d… 0DDI
  • Exemple 4 Soit E un ensemble ordonné réticulé (E, III, p. 13) ; si on désigne par sup(x, y) la borne supérieure de l’ensemble {x, y}, l’application (x, y) ↦ sup(x, y) est une loi de composit… 0DDJ
  • Exemple 5 Soit (Eᵢ)_i ∈ I une famille de magmas. Notons τᵢ la loi de composition sur Eᵢ. L’application ((xᵢ), (yᵢ)) ↦ ((xᵢ τᵢ yᵢ)) est une loi de composition sur le produit E = ∏_i ∈ I Eᵢ, a… 0DDK
  • Définition 2 Soit E un magma. Notons τ sa loi de composition. La loi de composition (x, y) ↦ y top x sur E est dite opposée à la précédente. L’ensemble E, muni de cette loi, est appelé magma op… 055D
  • Définition 3 On appelle homomorphisme, ou morphisme, de E dans E′ une application f de E dans E′ telle que la relation (1) soit vérifiée pour tout couple (x, y) ∈ E × E; lorsque E = E', on dit… ↩ 1 055E
  • Définition 4 Soit (x_α)_α ∈ A une séquence d’éléments d’un magma E dont l’ensemble d’indices A est non vide. On appelle composé (pour la loi top) de la séquence (x_α)_α ∈ A, et on note ∏_α ∈ A… ↩ 1 055F
  • Remarque On notera qu’il y a un certain arbitraire dans la définition du composé d’une séquence; la récurrence que nous avons introduite procède « de droite à gauche ». Si on procédait « de… 055G
  • Définition 5 Une loi de composition (x, y) ↦ x τ y sur un ensemble E est dite associative si, quels que soient les éléments x, y, z de E, on a (x τ y) τ z = x τ (y τ z). Un magma dont la loi es… 055H
  • Exemple 1 L’addition et la multiplication des entiers naturels sont des lois de composition associatives sur N (E, III, p. 27, corollaire). 055I
  • Exemple 2 Les lois citées aux exemples 1), 3) et 4) de I, p. 1–2 sont associatives. 0DDL
  • Théorème 1 (Théorème d’associativité) Soit E un magma associatif dont la loi est notée τ. Soit A un ensemble fini non vide, totalement ordonné, réunion d’une séquence de parties non vides (Bᵢ)_i ∈ I telles que les rela… ↩ 5 055J
  • Définition 6 Une partie A d’un ensemble E est dite stable pour une loi de composition τ sur E si le composé de deux éléments de A appartient à A. L’application (x, y) ↦ x τ y de A × A dans A s’… 055K
  • Proposition 1 Soient E et F deux magmas, et f un homomorphisme de E dans F. ↩ 2 055L
  • Proposition 2 Soient E un magma associatif et X une partie de E. Soit X' l’ensemble des x₁ top x₂ top ⋯ top xₙ, où n geqslant 1 et où xᵢ ∈ X pour 1 leqslant i leqslant n. La partie stable engend… 055M
  • Exemple 1 Dans l’ensemble N des entiers naturels, la partie stable pour l’addition engendrée par {1} est l’ensemble des entiers geqslant 1; pour la multiplication, l’ensemble {1} est stable. 055N
  • Exemple 2 Etant donnée une loi top sur un ensemble E, pour qu’une partie h réduite à un seul élément soit stable pour la loi top, il faut et il suffit que h top h = h; on dit alors que h est… 0DDM
  • Exemple 3 Pour une loi associative top sur un ensemble E, la partie stable engendrée par un ensemble a réduit à un seul élément est l’ensemble des éléments topⁿ a, où n parcourt l’ensemble d… 0DDN
  • Définition 7 Soit E un magma dont la loi est notée top. On dit que deux éléments x et y de E commutent (ou sont permutables) si y top x = x top y. 055O
  • Définition 8 Une loi de composition sur un ensemble E est dite commutative si deux éléments quelconques de E commutent pour cette loi. Un magma dont la loi de composition est commutative est ap… 055P
  • Exemple 1 L’addition et la multiplication des entiers naturels sont des lois commutatives sur N (E, III, p. 27, corollaire). 055Q
  • Exemple 2 Dans un ensemble ordonné réticulé, les lois sup et inf sont commutatives; il en est ainsi, en particulier, des lois ∪ et ∩ entre parties d’un ensemble E. 0DDO
  • Exemple 3 Soit E un ensemble, de cardinal > 1. La loi (f, g) ↦ f ∘ g entre applications de E dans E n’est pas commutative, comme on le voit en prenant pour f et g des applications constantes… 0DDP
  • Exemple 4 Soit (x, y) ↦ x top y une loi commutative sur E; la loi (X, Y) ↦ X top Y entre parties de E est commutative. 0DDQ
  • Définition 9 Soient E un magma et X une partie de E. On appelle commutant de X dans E l’ensemble des éléments de E qui commutent avec chacun des éléments de X. ↩ 1 055R
  • Proposition 3 Soit E un magma associatif dont la loi est notée top. Si un élément x de E commute avec chacun des éléments y et z de E, il commute avec y top z. 055S
  • Corollaire Soit E un magma associatif. Le commutant d’une partie quelconque de E est une partie stable de E. ↩ 1 055T
  • Définition 10 On appelle centre d’un magma E le commutant de E. Un élément du centre de E est appelé élément central de E. 055U
  • Proposition 4 Soient E un magma associatif, X et Y deux parties de E. Si tout élément de X commute avec tout élément de Y, tout élément de la partie stable engendrée par X commute avec tout élém… 055V
  • Corollaire 1 Si x et y sont permutables pour la loi associative top, il en est de même de topᵐ x et topⁿ y, quels que soient les entiers m 0 et n 0; en particulier, topᵐ x et topⁿ x sont permut… 055W
  • Corollaire 2 Si tous les couples d’éléments d’une partie X sont permutables pour une loi associative top, la loi induite par top sur la partie stable engendrée par X est associative et commutat… ↩ 2 055X
  • Théorème 2 (théorème de commutativité) Soit top une loi de composition associative sur E; soit (x_α)_α ∈ A une famille finie non vide d’éléments de E, deux à deux permutables; soient B et C deux ensembles totalement ord… ↩ 2 055Y
  • Théorème 3 Soient top une loi associative sur E, (x_α)_α ∈ A une famille finie non vide d’éléments de E deux à deux permutables. Si A est réunion d’une famille de parties non vides (Bᵢ)_i ∈ I… ↩ 1 055Z
  • Proposition 5 Soient E et F des magmas dont les lois sont notées top, et soient f et g des homomorphismes de E dans F. Soit f top g l’application x ↦ f(x) top g(x) de E dans F. Si F est associat… ↩ 2 0560
  • Définition 11 Soit E un ensemble. On dit qu’une loi de composition top et une relation d’équivalence R dans E sont compatibles si les relations x ≡ x' (mod R) et y ≡ y' (mod R) (pour x, x', y, y… 0561
  • Proposition 6 Soient E et F deux magmas et f un homomorphisme de E dans F. Notons R x, y la relation f(x) = f(y) entre éléments x, y de E. Alors R est une relation d’équivalence dans E compatibl… 0562
  • Proposition 7 Soient E un magma et R une relation d’équivalence dans E compatible avec la loi de E. Pour qu’une relation d’équivalence S dans E/R soit compatible avec la loi quotient, il faut et… 0563
  • Proposition 8 Soient E un magma, A une partie stable de E et R une relation d’équivalence dans E, compatible avec la loi de E. Le saturé B de A pour R (E, II, p. 44) est une partie stable. Les r… 0564
  • Proposition 9 On conserve les notations précédentes. Soit f un homomorphisme de M dans un magma tel que f(u_α) = f(v_α) pour tout α ∈ I. Alors f est compatible avec R. ↩ 2 0565

§ 2. Élément neutre ; éléments simplifiables ; éléments inversibles

  • Définition 1 Pour une loi de composition top sur un ensemble E, un élément e de E est dit élément neutre si, pour tout x ∈ E, on a e top x = x top e = x. ↩ 1 056M
  • Définition 2 On appelle magma unifère un magma qui possède un élément neutre. Si E, E' sont des magmas unifères, on appelle homomorphisme (ou morphisme) unifère de E dans E' un homomorphisme du… 056N
  • Exemple 1 Dans l’ensemble N des entiers naturels, 0 est élément neutre pour l’addition et 1 est élément neutre pour la multiplication. Chacune de ces deux lois munit N d’une structure de mon… 056O
  • Exemple 2 Dans l’ensemble des parties d’un ensemble E, ∅ est élément neutre pour la loi ∪, E pour la loi ∩. Plus généralement, dans un ensemble ordonné réticulé, le plus petit élément, s’il… 0DDR
  • Exemple 3 L’ensemble N ne possède pas d’élément neutre pour la loi (x, y) ↦ xʸ. Pour la loi (X, Y) ↦ X ∘ Y entre parties de E × E, la diagonale Δ est l’élément neutre. Pour la loi (f, g) ↦ f… 0DDS
  • Exemple 4 Soient E un magma et R une relation d’équivalence sur E, compatible avec la loi de E (I, p. 11). Si e est élément neutre de E, l’image canonique de e dans E/R est élément neutre du… 0DDT
  • Définition 3 Soit E un magma unifère. On appelle composé de la famille vide d’éléments de E l’élément neutre de E. 056P
  • Définition 4 Etant donnée une loi de composition top sur un ensemble E, on appelle translation à gauche (resp. translation à droite) par un élément a ∈ E, l’application x ↦ a top x (resp. x ↦ x… 056Q
  • Proposition 1 Si la loi top est associative, on a, pour x ∈ E et y ∈ E, ↩ 2 056R
  • Définition 5 Un élément a d’un magma E est dit simplifiable (ou régulier) à gauche (resp. à droite) si la translation à gauche (resp. à droite) par a est injective. Un élément simplifiable à ga… ↩ 1 056S
  • Exemple 1 Tout entier naturel est simplifiable pour l’addition ; tout entier naturel ≠ 0 est simplifiable pour la multiplication. 056T
  • Exemple 2 Dans un ensemble ordonné réticulé, il ne peut y avoir d’autre élément simplifiable pour la loi sup que l’élément neutre (plus petit élément) s’il existe ; de même pour inf. En part… 0DDU
  • Proposition 2 L’ensemble des éléments simplifiables (resp. simplifiables à gauche, resp. simplifiables à droite) d’un magma associatif est un sous-magma. ↩ 2 056U
  • Définition 6 Soient E un magma unifère, τ sa loi de composition, e son élément neutre, x et x' deux éléments de E. On dit que x' est inverse à gauche (resp. inverse à droite, resp. inverse) de… ↩ 1 056V
  • Exemple 1 Un élément neutre est son propre inverse. 056W
  • Exemple 2 Dans l’ensemble des applications de E dans E, un élément f est inversible à gauche (resp. inversible à droite) si f est une injection (resp. surjection). Les inverses à gauche (res… 0DDV
  • Proposition 3 Soient E un monoïde et x un élément de E. ↩ 2 056X
  • Remarque Soient E un monoïde et x un élément de E. Si x est inversible à gauche, il est simplifiable à gauche; en effet, si x' est un inverse à gauche de x, on a γ_x' ∘ γₓ = γ_x' top x = γₑ… 056Y
  • Proposition 4 Soient E un monoïde, x et y deux éléments inversibles de E, d’inverses x' et y' respectivement. Alors y' top x' est inverse de x top y. ↩ 7 056Z
  • Corollaire 1 Soit E un monoïde; si chacun des éléments x_α d’une séquence (x_α)_α ∈ A d’éléments de E a un inverse x'_α, le composé ∏_α ∈ A x_α a pour inverse ∏_α ∈ A' x'_α, où A' est l’ensembl… ↩ 1 0570
  • Corollaire 2 Dans un monoïde, l’ensemble des éléments inversibles est stable. 0571
  • Proposition 5 Si, dans un monoïde, x et x' sont inverses, et si x commute avec y, alors x' commute avec y. ↩ 3 0572
  • Corollaire 1 Soient E un monoïde, X une partie de E et X' le commutant de X. L’inverse de tout élément inversible de X' appartient à X'. ↩ 1 0573
  • Corollaire 2 Dans un monoïde, l’inverse d’un élément central inversible est un élément central. 0574
  • Lemme 1 Dans E × S', la relation R mathbinR x, y que voici: « il existe a, b dans E et p, q, s dans S' tels que x = (a, p), y = (b, q), et aqs = bps » est une relation d’équivalence compat… ↩ 1 0575
  • Définition 7 Soient E un monoïde commutatif, S une partie de E et S' le sous-monoïde de E engendré par S. On note E_S et l’on appelle monoïde des fractions¹ de E associé à S (ou à dénominateurs… ↩ 1 0576
  • Proposition 6 Les notations sont celles de la déf. 7 et ε désigne l’homomorphisme canonique de E dans E_S. ↩ 4 0577
  • Théorème 1 Soient E un monoïde commutatif, S une partie de E, E_S le monoïde de fractions associé à S et ε : E → E_S l’homomorphisme canonique. Soit de plus f un homomorphisme de E dans un mo… ↩ 6 0578
  • Corollaire Soient E et F deux monoïdes commutatifs, S et T des parties de E et F respectivement, f un homomorphisme de E dans F tel que f(S) ⊂ T, et ε : E → E_S, η : F → F_T les homomorphisme… 0579
  • Remarque 1 Le th. 1 peut encore s’énoncer en disant que (E_S, ε) est solution du problème d’application universelle pour E, relativement aux monoïdes, aux homomorphismes de monoïdes, et aux h… 057A
  • Remarque 2 Pour l’existence d’une solution du problème d’application universelle ci-dessus, il est inutile de supposer le monoïde E commutatif, ainsi qu’il résulte de E, IV, p. 23 et p. 24 (c… 0DDW
  • Lemme 2 Soient E un monoïde et x un élément de E. ↩ 1 057B

§ 3. Actions

  • Définition 1 Soient Ω et E deux ensembles. On appelle action de Ω sur E une application de Ω dans l’ensemble Eᴱ des applications de E dans lui-même. 057T
  • Exemple 1 Soit E un magma associatif, noté multiplicativement. L’application qui, à un entier n strictement positif, fait correspondre l’application x ↦ xⁿ de E dans lui-même, est une action… 057U
  • Exemple 2 Soit E un magma, de loi notée top. L’application qui, à un élément x ∈ E, fait correspondre l’application A ↦ x top A de l’ensemble des parties de E dans lui-même, est une action d… 0DDX
  • Exemple 3 Soit E un ensemble. L’application identique de Eᴱ est une action de Eᴱ sur E, dite action canonique. La loi d’action correspondante est l’application (f, x) ↦ f(x) de Eᴱ × E dans E… 0DDY
  • Exemple 4 Soit (Ωᵢ)_i ∈ I une famille d’ensembles. Pour tout i ∈ I, soit fᵢ : Ωᵢ → Eᴱ une action de Ωᵢ sur E. Soit Ω la somme des Ωᵢ (E, II, p. 30). L’application f de Ω dans Eᴱ prolongeant… 0DDZ
  • Exemple 5 Etant données une action de Ω sur E de loi notée ⊥, une partie Ξ de Ω et une partie X de E, on désigne par Ξ ⊥ X l’ensemble des α ⊥ x pour α ∈ Ξ et x ∈ X; lorsque Ξ est réduite à u… 0DE0
  • Exemple 6 Soit α ↦ f_α une action de Ω sur E. Soit g une application de Ω' dans Ω. Alors l’application β ↦ f_g(β) est une action de Ω' sur E. 0DE1
  • Exemple 7 Soit f : E × E → E une loi de composition sur un ensemble E. L’application γ : x ↦ γₓ (resp. δ : x ↦ δₓ) (I, p. 14) qui, à un élément x ∈ E fait correspondre la translation à gauch… 0DE2
  • Définition 2 Une partie A d’un ensemble E est dite stable pour une action α ↦ f_α de Ω sur E si l’on a f_α(A) ⊂ A pour tout α ∈ Ω. Un élément x de E est dit invariant par un élément α de Ω si f… 057V
  • Remarque Soit E un magma, de loi notée τ. On prendra garde qu’une partie A de E stable pour l’action à gauche de E sur lui-même n’est pas nécessairement stable pour l’action à droite de E s… 057W
  • Exemple Prenons pour magma E l’ensemble N muni de la multiplication. L’ensemble 1 est stable pour la loi interne de N, mais la partie stable pour l’action de N sur lui-même engendrée par 1… 057X
  • Définition 3 Soient α ↦ f_α une action de Ω sur E, A une partie stable de E. L’application qui, à un élément α ∈ Ω, fait correspondre la restriction de f_α à A (considérée comme application de… 057Y
  • Définition 4 Soit α ↦ f_α une action d’un ensemble Ω sur un ensemble E. On dit qu’une relation d’équivalence R dans E est compatible avec l’action donnée si, quels que soient les éléments x et… 057Z
  • Définition 5 Soient E₁, …, Eₙ et F des ensembles et u une application de E₁ × … × Eₙ dans F. Soit i ∈ 1, n. Supposons Eᵢ et F munis de structures de magmas. On dit que u est distributive relati… ↩ 1 0580
  • Exemple Soient E un monoïde (resp. un groupe), noté multiplicativement. L’application (n, x) ↦ xⁿ de N × E (resp. Z × E) dans E est distributive par rapport à la première variable d’après… 0581
  • Proposition 1 Soient E₁, E₂, …, Eₙ et F des monoïdes commutatifs notés additivement et soit u une application de E₁ × … × Eₙ dans F, distributive par rapport à toutes les variables. Pour chaque… ↩ 2 0582
  • Remarque Si l’on a u(a₁, …, aᵢ₋₁, 0, aᵢ₊₁, …, aₙ) = 0 pour i ∈ 1, n et aⱼ ∈ Eⱼ (j ≠ i), alors la formule (2) reste valable pour des familles (xᵢ, λ)_λ ∈ Lᵢ à support fini. 0583
  • Définition 6 On dit qu’une action α ↦ f_α d’un ensemble Ω sur un magma E est distributive si, pour tout α ∈ Ω, l’application f_α est un endomorphisme du magma E. 0584
  • Définition 7 Soient top et ⊥ deux lois internes sur un ensemble E. On dit que la loi ⊥ est distributive par rapport à la loi top si l’on a 0585
  • Exemple 1 Dans l’ensemble P(E) des parties d’un ensemble E, chacune des lois internes ∩ et ∪ est distributive par rapport à elle-même et à l’autre. Cela résulte des formules du type beginali… 0586
  • Exemple 2 Dans Z (et plus généralement, dans tout ensemble totalement ordonné) chacune des lois sup et inf est distributive par rapport à l’autre et par rapport à elle-même. 0DE3
  • Exemple 3 Dans Z ( et plus généralement dans tout anneau ) la multiplication est distributive par rapport à l’addition. 0DE4
  • Exemple 4 Dans N, l’addition et la multiplication sont distributives par rapport aux lois sup et inf. 0DE5

§ 4. Groupes et groupes à opérateurs

  • Définition 1 On appelle groupe un ensemble muni d’une loi de composition associative, possédant un élément neutre et pour laquelle tout élément est inversible. 058H
  • Exemple Dans un monoïde quelconque E, l’ensemble des éléments inversibles, muni de la structure induite par celle de E, est un groupe. En particulier, l’ensemble des applications bijective… 058I
  • Définition 2 Soit Ω un ensemble. On appelle groupe à opérateurs dans Ω un groupe G muni d’une action de Ω dans G distributive par rapport à la loi de groupe. 058J
  • Exemple Dans un groupe commutatif G, noté multiplicativement, on a (xy)ⁿ = xⁿ yⁿ quel que soit n ∈ Z (I, p. 23); l’action n ↦ (x ↦ xⁿ) de Z dans G définit par suite, avec la loi du groupe… 058K
  • Définition 3 Soient G et G’ des groupes à opérateurs dans Ω. On appelle homomorphisme de groupes à opérateurs de G dans G’, un homomorphisme du groupe G dans le groupe G’ tel que l’on ait 058L
  • Définition 4 Soit G un groupe à opérateurs. On appelle sous-groupe stable de G une partie H de G possédant les propriétés suivantes : (i) e ∈ H; (ii) la relation « x ∈ H et y ∈ H » implique x ∈… 058M
  • Proposition 1 Soient G un groupe à opérateurs et H une partie de G stable pour les homothéties de G. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) H est un sous-groupe stable de G. b) H n’est… ↩ 4 058N
  • Remarque 1 On prouve de même que la condition b) de l’énoncé équivaut à la condition c’) H ≠ ∅ et les relations x ∈ H et y ∈ H entraînent y⁻¹x ∈ H. 058O
  • Remarque 2 Pour tout sous-groupe H de G, on a les relations H.H = H et H⁻¹ = H. En effet, on a H.H ⊂ H et H⁻¹ ⊂ H d’après b). Comme e ∈ H, on a H.H ⊃ e.H = H, et le passage à l’inverse transf… 0DE6
  • Proposition 2 Soient X une partie non vide d’un groupe à opérateurs G et hatX la partie stable pour l’action de Ω dans G engendrée par X. Le sous-groupe stable engendré par X est la partie stabl… ↩ 1 058P
  • Corollaire 1 Soient G un groupe à opérateurs et X une partie de G stable pour l’action de Ω. Le sous-groupe engendré par X et le sous-groupe stable engendré par X coïncident. 058Q
  • Corollaire 2 Soient G un groupe et X une partie de G formée d’éléments deux à deux permutables. Le sous-groupe de G engendré par X est commutatif. ↩ 2 058R
  • Corollaire 3 Soient f : G → G' un homomorphisme de groupes à opérateurs et X une partie de G. L’image par f du sous-groupe stable de G engendré par X est le sous-groupe stable de G' engendré pa… ↩ 2 058S
  • Proposition 3 Soient G un groupe à opérateurs, P une partie de G, H un sous-groupe stable de G ne rencontrant pas P. L’ensemble des sous-groupes stables de G contenant H et ne rencontrant pas P… ↩ 1 058T
  • Théorème 1 Soit R une relation d’équivalence dans un groupe à opérateurs G; si R est compatible à gauche (resp. à droite) (I, p. 26) avec la loi de groupe de G, et compatible avec l’action de… ↩ 1 058U
  • Proposition 4 Soient H et K deux sous-groupes d’un groupe G, tels que H ⊂ K. On a (G:H) = (G:K)(K:H). ↩ 2 058V
  • Corollaire Si G est un groupe fini d’ordre g, H un sous-groupe de G d’ordre h, on a h.(G:H) = g (en particulier, l’ordre et l’indice de H sont des diviseurs de l’ordre de G). ↩ 2 058W
  • Définition 5 Soit G un groupe à opérateurs. Un sous-groupe stable H de G est appelé sous-groupe stable distingué (ou invariant ou normal) de G si l’on a xHx⁻¹ = H pour tout x ∈ G. ↩ 1 058X
  • Théorème 2 Soit G un groupe à opérateurs. Pour qu’une relation d’équivalence R sur G soit compatible avec la loi de groupe et l’action de Ω, il faut et il suffit qu’elle soit de la forme x⁻¹y… ↩ 1 058Y
  • Définition 6 Le quotient d’un groupe à opérateurs G par la relation d’équivalence définie par un sous-groupe stable distingué H de G, muni de la structure quotient, s’appelle le groupe à opérat… 058Z
  • Proposition 5 Soient f : G → G' un homomorphisme de groupes à opérateurs, H et H' des sous-groupes stables distingués de G et G' respectivement tels que f(H) ⊂ H'. L’application f est compatible… ↩ 3 0590
  • Remarque 1 Si A est une partie quelconque d’un groupe G, et H un sous-groupe distingué de G, on a AH = HA; cet ensemble est obtenu en saturant A pour la relation x ≡ y (mod. H). 0591
  • Remarque 2 Si H est un sous-groupe distingué d’indice fini de G, le groupe quotient G/H est un groupe fini d’ordre (G : H). 0DE7
  • Définition 7 Un groupe à opérateurs G est dit simple si G ≠ {e} et s’il n’existe aucun sous-groupe stable distingué de G autre que G et {e}. ↩ 4 0592
  • Proposition 6 Soient G un groupe à opérateurs, et G’ un magma muni d’une action de Ω, notée exponentiellement. Soit f : G → G’ un homomorphisme du magma G dans le magma G’ tel que, pour tout α ∈… ↩ 1 0593
  • Définition 8 Soit f : G → G’ un homomorphisme de groupes à opérateurs. L’image réciproque de l’élément neutre de G’ est appelée le noyau de f. 0594
  • Théorème 3 Soit f : G → G’ un homomorphisme de groupes à opérateurs. a) Ker(f) est un sous-groupe stable distingué de G ; b) Im(f) est un sous-groupe stable de G’ ; c) l’application f est com… ↩ 2 0595
  • Proposition 7 Soient G et H deux groupes à opérateurs, f un homomorphisme de G dans H et N le noyau de f. ↩ 3 0596
  • Corollaire 1 On suppose f surjectif. Soient 𝔖 (resp. 𝔖') l’ensemble des sous-groupes stables (resp. stables distingués) de G contenant N et ℌ (resp. ℌ') l’ensemble des sous-groupes stables (res… ↩ 2 0597
  • Corollaire 2 Soient f : G → H un homomorphisme des groupes à opérateurs, N le noyau de f, G' un sous-groupe stable de G et L un sous-groupe stable distingué de G'. Alors LN, L.(G' ∩ N) et f(L)… ↩ 1 0598
  • Corollaire 3 Soient f : G → H un homomorphisme de groupes à opérateurs, N son noyau, X une partie de G telle que f(X) engendre H, et Y une partie de N qui engendre N. Alors X ∪ Y engendre G. 0599
  • Remarque Avec les notations de la prop. 7 (I, p. 37), le fait que l’image réciproque d’un sous-groupe de H est un sous-groupe de G résulte du fait suivant: 059A
  • Proposition 8 Soient G un groupe à opérateurs, A et B deux sous-groupes stables de G. ↩ 1 059B
  • Théorème 4 Soient G un groupe à opérateurs et N un sous-groupe stable distingué de G. ↩ 15 059C
  • Définition 9 On appelle suite de composition d’un groupe à opérateurs G une suite finie (Gᵢ)_0 ≤ i ≤ n de sous-groupes stables de G, avec G₀ = G, Gₙ = e et telle que Gᵢ₊₁ soit un sous-groupe di… ↩ 1 059D
  • Théorème 5 (Schreier) Etant données deux suites de composition Σ₁, Σ₂ d’un groupe à opérateurs G, il existe deux suites de composition équivalentes Σ'₁, Σ'₂, plus fines respectivement que Σ₁ et Σ₂. ↩ 2 059E
  • Lemme 1 (Zassenhaus) Soient H et K deux sous-groupes stables d’un groupe à opérateurs G, H' et K' des sous-groupes stables distingués de H et K respectivement; alors H'.(H ∩ K') est un sous-groupe stab… 059F
  • Définition 10 On appelle suite de Jordan-Hölder d’un groupe à opérateurs G une suite de composition Σ strictement décroissante, telle qu’il n’existe aucune suite de composition strictement décro… 059G
  • Proposition 9 Pour qu’une suite de composition G soit une suite de Jordan-Hölder de G, il faut et il suffit que tous les quotients de la suite soient simples. ↩ 2 059H
  • Théorème 6 (Jordan-Hölder) Deux suites de Jordan-Hölder d’un groupe à opérateurs sont équivalentes. ↩ 6 059I
  • Corollaire Soit G un groupe à opérateurs dans lequel il existe une suite de Jordan-Hölder. Si Σ est une suite de composition strictement décroissante quelconque de G, il existe une suite de J… ↩ 2 059J
  • Remarque Un groupe à opérateurs ne possède pas toujours de suite de Jordan-Hölder; un exemple est fourni par le groupe additif Z des entiers rationnels : la suite (2ⁿ . Z)_n geqslant 0 est… 059K
  • Définition 11 Soit G un groupe à opérateurs; on appelle longueur de G la borne supérieure des entiers n tels qu’il existe une suite de composition de G strictement décroissante (Gᵢ)_0 leqslant i… ↩ 1 059L
  • Proposition 10 Soient G un groupe à opérateurs, H un sous-groupe stable distingué de G. La longueur de G est la somme des longueurs de H et de G/H. ↩ 1 059M
  • Corollaire Soient G un groupe à opérateurs et (Gᵢ)_0 ≤ i ≤ n une suite de composition de G. La longueur de G est la somme des longueurs des Gᵢ / Gᵢ₊₁ pour 0 ≤ i ≤ n - 1. 059N
  • Définition 12 Le groupe à opérateurs G = ∏_i ∈ I Gᵢ défini ci-dessus est appelé groupe à opérateurs produit des Gᵢ. Les applications prᵢ : G → Gᵢ sont appelées les homomorphismes de projection. 059O
  • Proposition 11 Soit (φᵢ : Hᵢ → Gᵢ)_i ∈ I une famille d’homomorphismes de groupes à opérateurs et posons Φ = ∏_i ∈ I φᵢ. 059P
  • Définition 13 Soient G un groupe à opérateurs et (Hᵢ)_i ∈ I une famille de sous-groupes stables distingués de G. Soit pᵢ : G → G/Hᵢ l’homomorphisme canonique. On dit que G est produit interne (o… 059Q
  • Proposition 12 Soit (φᵢ: Gᵢ → K)_i ∈ I une famille d’homomorphismes de groupes à opérateurs telle que, quels que soient i ∈ I et j ∈ I avec i ≠ j, x ∈ Gᵢ, y ∈ Gⱼ, les éléments φᵢ(x) et φⱼ(y) de K… ↩ 3 059R
  • Définition 14 Soient G un groupe à opérateurs et (Hᵢ)_i ∈ I une famille de sous-groupes stables de G. On dit que G est somme restreinte interne (ou somme restreinte) de la famille de sous-groupe… 059S
  • Proposition 13 Soient G un groupe à opérateurs et (Hᵢ)_i ∈ I une famille de sous-groupes stables de G telle que tout élément de Hᵢ soit permutable avec tout élément de Hⱼ pour j ≠ i. Pour que G s… 059T
  • Proposition 14 Soient G un groupe à opérateurs et (Hᵢ)_i ∈ I une famille finie de sous-groupes stables de G. Pour que G soit somme restreinte de la famille de sous groupes (Hᵢ), il faut et il suf… 059U
  • Proposition 15 Soient G un groupe à opérateurs et (Hᵢ)_1 ≤ i ≤ n une suite de sous-groupes stables distingués de G telle que ↩ 5 059V
  • Proposition 16 Soit a un entier > 0. Les entiers r tels que 0 ≤ r < a forment un système de représentants de la relation d’équivalence x ≡ y \ (mod. a) dans Z. ↩ 1 059W
  • Corollaire Soit a un entier > 0. Le groupe Z/aZ des entiers rationnels modulo a est un groupe d’ordre a. ↩ 1 059X
  • Proposition 17 Soit H un sous-groupe de Z. Il existe un entier a ≥ 0 et un seul tel que H = aZ. ↩ 2 059Y
  • Définition 15 On dit qu’un groupe est monogène s’il admet un système générateur réduit à un élément. Un groupe monogène fini est dit cyclique. ↩ 1 059Z
  • Proposition 18 Un groupe monogène fini d’ordre a est isomorphe à Z/aZ. Un groupe monogène infini est isomorphe à Z. ↩ 2 05A0
  • Proposition 19 Soit a un entier > 0. Soient H un sous-groupe de Z/aZ, b l’ordre de H et c son indice dans Z/aZ. On a a = bc, H = cZ/aZ, et H est isomorphe à Z/bZ. ↩ 3 05A1
  • Corollaire Tout sous-groupe d’un groupe monogène est monogène. 05A2
  • Définition 16 On dit qu’un entier p > 0 est premier si p ≠ 1 et s’il n’admet pas de diviseur > 1 autre que p. ↩ 2 05A3
  • Proposition 20 Un entier p > 0 est premier si et seulement si le groupe Z/pZ est un groupe simple. ↩ 1 05A4
  • Corollaire Tout groupe simple commutatif est cyclique d’ordre premier. ↩ 1 05A5
  • Remarque Un groupe fini G d’ordre premier est nécessairement cyclique. En effet, G n’admet pas d’autre sous-groupe que G et e, donc il est engendré par tout élément ≠ e. 05A6
  • Lemme 2 Soit a un entier > 0. En associant à toute suite de composition (Hᵢ)_0 ≤ i ≤ n du groupe Z/aZ la suite (sᵢ)_1 ≤ i ≤ n, où sᵢ est l’ordre de Hᵢ₋₁/Hᵢ, on obtient une application bije… ↩ 1 05A7
  • Théorème 7 (décomposition en facteurs premiers) Soit a un entier strictement positif. Il existe une famille (vₚ(a))_p ∈ 𝔓 d’entiers ≥ 0 et une seule telle que l’ensemble des p ∈ 𝔓 pour lesquels vₚ(a) ≠ 0 soit fini et que l’on ai… ↩ 2 05A8
  • Corollaire Soient a et b deux entiers > 0. On a vₚ(ab) = vₚ(a) + vₚ(b). Pour que a divise b il faut et il suffit que vₚ(a) ≤ vₚ(b) pour tout nombre premier p. 05A9
  • Proposition 21 Dans un groupe fini G d’ordre n, on a xⁿ = e pour tout x ∈ G. En effet, si p est l’ordre de x, on a n = pq, avec q entier, donc xⁿ = (xᵖ)^q = e. 05AA

§ 5. Groupes opérant sur un ensemble

  • Définition 1 Soient M un monoïde, de loi notée multiplicativement et d’élément neutre noté e, et E un ensemble. On dit qu’une action α ↦ f_α de M sur E est une opération à gauche (resp. à droit… 05B1
  • Exemple 1 Soit E un ensemble; l’action canonique de Eᴱ sur E (I, p. 24, Exemple 3) est une opération à gauche. 05B2
  • Exemple 2 Soit M un monoïde. L’action à gauche (resp. à droite) de M sur lui-même déduite de la loi de M (I, p. 24, Exemple 7) est une opération à gauche (resp. à droite) de M sur lui-même… 0DE8
  • Définition 2 Soient M un monoïde, E et E' des M-ensembles. On appelle homomorphisme de M-ensembles (ou M-morphisme, ou application compatible avec les opérations de M) une application f de E da… 05B3
  • Définition 3 Soient M un monoïde opérant sur un ensemble E, A et B des parties de E. On appelle transporteur (resp. transporteur strict) de A dans B l’ensemble des α ∈ M tels que α A ⊂ B (resp… 05B4
  • Proposition 1 Soient M un monoïde opérant sur un ensemble E et A une partie de E. a) Le stabilisateur, le stabilisateur strict et le fixateur de A sont des sous-monoïdes de M. b) Soit α un éléme… 05B5
  • Corollaire Soient G un groupe opérant sur un ensemble E, et A une partie de E. Le stabilisateur strict S et le fixateur F de A sont des sous-groupes de G, et F est un sous-groupe distingué de… 05B6
  • Proposition 2 Soit G un groupe opérant sur un ensemble E et, pour tout x ∈ E, soit Sₓ le stabilisateur de x. Pour tout α ∈ G, on a S_α x = α Sₓ α⁻¹. Si s ∈ Sₓ, on a α s α⁻¹(α x) = α s x = α x, d… ↩ 5 05B7
  • Proposition 3 Soit G un groupe. Pour tout élément x de G, l’application Int(x): y ↦ xyx⁻¹ de G dans lui-même est un automorphisme de G. L’application Int: x ↦ Int(x) de G dans Aut(G) est un homo… 05B8
  • Définition 4 Soient G un groupe et x ∈ G. L’automorphisme y ↦ xyx⁻¹ est appelé l’automorphisme intérieur de G défini par x, et est noté Int x. 05B9
  • Proposition 4 Soient G un groupe, H un sous-groupe caractéristique (resp. distingué) de G, K un sous-groupe caractéristique de H. Alors K est un sous-groupe caractéristique (resp. distingué) de… 05BA
  • Remarque 1 Le normalisateur (resp. le centralisateur) de A est le stabilisateur strict (resp. le fixateur) de A lorsqu’on fait opérer G sur lui-même par automorphismes intérieurs. En particul… 05BB
  • Remarque 2 L’ensemble des éléments b ∈ G tels que bAb⁻¹ ⊂ A est un sous-monoïde de G. Même lorsque A est un sous-groupe de G, cet ensemble n’est pas nécessairement un sous-groupe de G (I, p… 0DE9
  • Définition 5 Soient G un groupe, E un G-ensemble, et x ∈ E. On dit qu’un élément y ∈ E est conjugué à x par l’opération de G s’il existe un élément α ∈ G tel que y = α x. L’ensemble des élément… 05BC
  • Exemple 1 Soit G un groupe, et considérons l’opération de G sur lui-même par automorphismes intérieurs. Deux éléments de G conjugués pour cette opération sont dits conjugués par automorphism… 05BD
  • Exemple 2 \ Dans l’espace Rⁿ, l’orbite d’un point x pour l’opération du groupe orthogonal O(n, R) est la sphère euclidienne de rayon |x|_*. 0DEA
  • Définition 6 Soit G un groupe. On dit qu’une opération de G sur un ensemble E est transitive s’il existe un élément x ∈ E dont l’orbite soit E. Un G-ensemble E est dit homogène si l’opération d… 05BE
  • Exemple Si E est un G-ensemble, chaque orbite de E, munie de l’opération induite, est un ensemble homogène sous G. 0DEB
  • Proposition 5 Avec les notations ci-dessus, G/H est un G-ensemble homogène. L’application φ induit un isomorphisme de (N/H)^0 sur le groupe des automorphismes du G-ensemble G/H. ↩ 1 05BG
  • Remarque 1 Soient G un groupe, H un sous-groupe de G et φ : G → S_G/H l’opération de G sur G/H. Le noyau de φ est l’intersection des conjugués de H (I, p. 52, prop. 2). C’est aussi le plus gr… 05BH
  • Remarque 2 Soient G un groupe, H et K deux sous-groupes tels que H soit un sous-groupe distingué de K. Alors K/H opère à droite sur le G-ensemble G/H et l’application canonique de G/H sur G/K… 0DEC
  • Proposition 6 Soient G un groupe, E un G-ensemble homogène, a ∈ E, H le stabilisateur de a, K un sous-groupe de G contenu dans H. Il existe un et un seul G-morphisme f de G/K dans E tel que f(K)… ↩ 1 05BI
  • Théorème 1 Soit G un groupe. ↩ 2 05BJ
  • Exemple 1 Soit E un ensemble non vide. Le groupe S_E opère transitivement sur E. En effet, si x et y sont deux éléments de E, l’application τ : E → E, telle que τ(x) = y, τ(y) = x et τ(z) =… 05BF
  • Exemple 2 Soient E un ensemble à n éléments et (pᵢ)_i ∈ I une famille finie d’entiers 0 telle que ∑ᵢ pᵢ = n. Soit X l’ensemble des partitions (Fᵢ)_i ∈ I de E telles que Card(Fᵢ) = pᵢ pour to… ↩ 3 05BK
  • Exemple 3 \ Soit n un entier ≥ 1. Le groupe orthogonal O(n, R) opère transitivement sur la sphère unité Sₙ₋₁ de Rⁿ. Le stabilisateur du point (0, …, 0, 1) s’identifie au groupe orthogonal O(… 0DED
  • Définition 7 Soit G un groupe. On dit qu’une opération de G sur un ensemble E est simplement transitive s’il existe un élément x de E tel que l’application orbitale définie par x soit une bijec… ↩ 1 05BL
  • Exemple 1 Faisons opérer G sur lui-même par translations à gauche (resp. à droite). On définit ainsi sur l’ensemble G une structure de G-ensemble principal homogène à gauche (resp. à droite)… 05BM
  • Exemple 2 Soit E un ensemble homogène sous un groupe commutatif G. Si G opère fidèlement sur E, celui-ci est un G-ensemble principal homogène. 0DEE
  • Exemple 3 Soient E et F deux ensembles munis de structures de même espèce isomorphes, et soit Isom(E, F) l’ensemble des isomorphismes de E sur F (pour les structures données). Le groupe Aut(… 0DEF
  • Exemple 4 \ Un ensemble principal homogène sous le groups additif d’un espace vectoriel est appelé un espace affine (cf. II, p. 126). 0DEG
  • Définition 8 Soient E un ensemble fini, ζ ∈ 𝔖_E une permutation de E, barζ le sous-groupe de 𝔖_E engendré par ζ. On dit que ζ est un cycle si, pour l’opération de barζ sur E, il existe une orbi… 05BN
  • Lemme 1 Soit (ζᵢ)_i ∈ I une famille de cycles dont les supports Sᵢ sont deux à deux disjoints. Alors les ζᵢ sont deux à deux permutables. Posons σ = ∏_i ∈ I ζᵢ et soit barσ le sous-groupe… ↩ 1 05BO
  • Proposition 7 Soient E un ensemble fini et σ une permutation de E. Il existe un ensemble fini C de cycles et un seul, satisfaisant aux deux conditions suivantes: a) les supports des éléments de… ↩ 1 05BP
  • Définition 9 Un cycle d’ordre 2 est appelé une transposition. 05BQ
  • Proposition 8 Soit E un ensemble fini. Le groupe 𝔖_E est engendré par les transpositions. ↩ 3 05BR
  • Proposition 9 Soit n un entier geqslant 0. Le groupe 𝔖ₙ est engendré par la famille des transpositions (τ_i,i+1)_1 leqslant i leqslant n-1. ↩ 4 05BS
  • Lemme 2 On a p ≠ 0 et σ p = (-1)^v(σ) p pour σ ∈ 𝔖ₙ. ↩ 1 05BT
  • Théorème 2 Soit E un ensemble fini. Il existe un homomorphisme ε et un seul de 𝔖_E dans le groupe multiplicatif -1,+1 tel que ε(τ) = -1 pour toute transposition τ. ↩ 1 05BU
  • Définition 10 Avec les notations du théorème 2, le nombre ε(σ) (noté aussi ε_σ) est appelé la signature de la permutation σ. Le noyau de l’homomorphisme ε est appelé le groupe alterné de E. 05BV
  • Exemple Si σ est un cycle d’ordre d, on a ε(σ) = (-1)ᵈ⁻¹. En effet, le nombre d’inversions de la permutation (1, 2, 3, …, d) ↦ (d, 1, 2, …, d-1) est égal à d-1. 05BW

§ 6. Extensions, groupes résolubles, groupes nilpotents

  • Définition 1 Soient F et G deux groupes. Une extension de G par F est un triplet E = (E, i, p), où E est un groupe, i un homomorphisme injectif de F dans E et p un homomorphisme surjectif de E… 05CQ
  • Proposition 1 Soient E: F xrightarrowi E xrightarrowp G et E': F xrightarrowi' E' xrightarrowp' G des extensions de G par F. Si u: E → E' est un morphisme de E dans E', u est un isomorphisme de… ↩ 1 05CR
  • Proposition 2 Soit E: F xrightarrowi E xrightarrowp G une extension de G par F. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) E est une extension triviale ; (ii) E possède une rétraction r… 05CS
  • Définition 2 Soient F et G deux groupes, et τ un homomorphisme de G dans le groupe des automorphismes de F. Posons τ(g)(f) = ᵍ f pour g ∈ G et f ∈ F. On appelle produit semi-direct externe de G… ↩ 1 05CT
  • Proposition 3 Le produit semi-direct externe F ×_τ G est un groupe. Les applications i : F → F ×_τ G définie par i(f) = (f, e), p : F ×_τ G → G définie par p(f, g) = g, et s : G → F ×_τ G défini… ↩ 1 05CU
  • Proposition 4 Avec les notations ci-dessus, il existe un isomorphisme u de E_τ sur E' et un seul tel que u ∘ s = s'. ↩ 2 05CV
  • Remarque La définition de l’opération τ par la formule (2) fait intervenir l’extension E' et la section s'. Lorsque F est commutatif, l’opération τ ne dépend pas de s'. En effet, Int(s'(g))… 05CW
  • Corollaire Soient G un groupe, H et K deux sous-groupes de G tels que H soit distingué, H ∩ K = {e} et H.K = G. Soit τ l’opération de K sur H par automorphismes intérieurs de G. L’application… ↩ 1 05CX
  • Exemples 1) Soient G un groupe et E un G-ensemble principal homogène. Notons Γ le groupe des automorphismes de G. Soit A l’ensemble des permutations f de E possédant la propriété suivante… 05CY
  • Définition 3 Soient G un groupe, x et y deux éléments de G. On appelle commutateur de x et y l’élément x⁻¹y⁻¹xy de G. 05CZ
  • Proposition 5 Soient A, B, C trois sous-groupes de G. ↩ 1 05D0
  • Définition 4 Soit G un groupe. On appelle groupe dérivé de G le sous-groupe engendré par les commutateurs d’éléments de G. 05D1
  • Proposition 6 Soit f : G → G' un homomorphisme de groupes. On a ↩ 2 05D2
  • Corollaire 1 Le groupe dérivé d’un groupe G est un sous-groupe caractéristique de G. En particulier, c’est un sous-groupe distingué de G. 05D3
  • Corollaire 2 Soit G un groupe. Le groupe quotient G/D(G) est commutatif. Soit π : G → G/D(G) l’homomorphisme canonique. Tout homomorphisme f de G dans un groupe commutatif G' se met de façon un… ↩ 2 05D4
  • Corollaire 3 Soit H un sous-groupe de G. Les conditions suivantes sont équivalentes. (i) H ⊃ D(G); (ii) H est un sous-groupe distingué et G/H est commutatif. ↩ 3 05D5
  • Corollaire 4 Soient G un groupe et X une partie de G qui engendre G. Le groupe D(G) est le sous-groupe distingué de G engendré par les commutateurs d’éléments de X. ↩ 1 05D6
  • Remarque 1 Le cor. 2 peut encore s’énoncer en disant que G/D(G), muni de π, est solution du problème d’application universelle pour G, relativement aux groupes commutatifs et aux homomorphism… 05D7
  • Remarque 2 Sous les hypothèses du cor. 4, le sous-groupe engendré par les commutateurs d’éléments de X est contenu dans D(G), mais n’est pas en général égal à D(G) (cf. I, p. 137, exerc. 15c)… 0DEH
  • Exemple 1 Si G est un groupe simple non commutatif, on a D(G) = G. Par suite, tout homomorphisme de G dans un groupe commutatif est trivial. 05D8
  • Exemple 2 Le groupe dérivé du groupe symétrique 𝔖ₙ est le groupe alterné 𝔄ₙ. En effet, 𝔄ₙ est engendré par les produits de deux transpositions; si τ = τ_x,y et τ' = τ_x',y' sont deux transpo… 0DEI
  • Définition 5 Soit G un groupe. On appelle suite centrale descendante de G, la suite (Cⁿ(G))_n ≥ 1 de sous-groupes de G définie par récurrence par: ↩ 1 05D9
  • Définition 6 On dit qu’un groupe G est nilpotent s’il existe un entier n tel que Cⁿ⁺¹(G) = e. On appelle classe de nilpotence d’un groupe nilpotent G le plus petit entier n tel que Cⁿ⁺¹(G) = e. ↩ 1 05DA
  • Exemple 1 Un groupe est nilpotent de classe 0 (resp. ≤ 1) si et seulement s’il est réduit à l’élément neutre (resp. est commutatif). 05DB
  • Exemple 2 Pour tout anneau commutatif A et tout entier n ≥ 1, le groupe trigonal strict supérieur T₁(n, A) est nilpotent de classe ≤ n - 1 (et même de classe n - 1 si A ≠ 0). 0DEJ
  • Exemple 3 Soit G un groupe nilpotent de classe n. Tout sous-groupe (resp. tout groupe quotient) de G est nilpotent de classe ≤ n. En effet, si H est un sous-groupe de G, on a Cⁿ(H) ⊂ Cⁿ(G)… 0DEK
  • Exemple 4 Un produit fini de groupes nilpotents est nilpotent. 0DEL
  • Proposition 7 Soient G un groupe et n un entier. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) G est nilpotent de classe ≤ n. b) Il existe une suite de sous-groupes de G : ↩ 4 05DC
  • Corollaire Une extension centrale d’un groupe nilpotent (par un groupe nécessairement commutatif) est nilpotent. 05DD
  • Proposition 8 Soit G un groupe nilpotent de classe ≤ n, et soit H un sous-groupe de G. Il existe une suite de sous-groupes G = H¹ ⊃ H² ⊃ … ⊃ Hⁿ⁺¹ = H, telle que Hᵏ⁺¹ soit distingué dans Hᵏ et Hᵏ… ↩ 1 05DE
  • Corollaire 1 Soient G un groupe nilpotent et H un sous-groupe de G. Si H est distinct de G, le normalisateur N_G(H) de H dans G est distinct de H. ↩ 1 05DF
  • Corollaire 2 Soient G un groupe nilpotent et H un sous-groupe de G. Si H est distinct de G, il existe un sous-groupe distingué N de G, contenant H, distinct de G, et tel que G/N soit commutatif… ↩ 1 05DG
  • Corollaire 3 Soient G un groupe nilpotent et H un sous-groupe de G. Si G = H.(G, G), on a G = H. ↩ 2 05DH
  • Corollaire 4 Soit f : G' → G un homomorphisme de groupes. Supposons que: a) G est nilpotent. b) L’homomorphisme f₁ : G'/(G', G') → G/(G, G), déduit de f par passage au quotient, est surjectif… 05DI
  • Proposition 9 Soit G un groupe nilpotent de classe ≤ n, et soit N un sous-groupe distingué de G. Il existe une suite de sous-groupes N = N¹ ⊃ N² ⊃ … ⊃ Nⁿ⁺¹ = e telle que (G, Nᵏ) ⊂ Nᵏ⁺¹ pour k =… ↩ 1 05DJ
  • Corollaire 1 Soient G un groupe nilpotent, Z le centre de G, et N un sous-groupe distingué de G. Si N ≠ e, on a N ∩ Z ≠ e. ↩ 1 05DK
  • Corollaire 2 Soit f un homomorphisme d’un groupe nilpotent G dans un groupe G'. Si la restriction de f au centre de G est injective, f est injectif. 05DL
  • Définition 7 Soit G un groupe. On appelle suite dérivée de G la suite (Dⁿ(G))_n ∈ N définie par récurrence par: D⁰(G) = G; Dⁿ⁺¹(G) = D(Dⁿ(G)) pour n ∈ N. On a D⁰(G) = C¹(G) = G,\ D¹(G) = C²(G)… 05DM
  • Définition 8 On dit qu’un groupe G est résoluble s’il existe un entier n tel que Dⁿ(G) = e. Si G est un groupe résoluble, le plus petit entier n tel que Dⁿ(G) = e est appelé la classe de résolv… 05DN
  • Exemple 1 Un groupe est résoluble de classe 0 (resp. ≤ 1) si et seulement s’il est réduit à e (resp. est commutatif). 05DO
  • Exemple 2 Tout groupe nilpotent de classe ≤ 2ⁿ - 1 est résoluble de classe ≤ n; cela résulte de la formule Dⁿ(G) ⊂ C^2ⁿ(G) démontrée plus haut. 0DEM
  • Exemple 3 Soit G un groupe résoluble de classe ≤ n. Tout sous-groupe (resp. groupe quotient) de G est résoluble de classe ≤ n (démonstration analogue à celle de I, p. 69, Exemple 3). 0DEN
  • Exemple 4 Si G est un groupe résoluble de classe p et F un groupe résoluble de classe q, toute extension E de G par F est un groupe résoluble de classe ≤ p + q. En effet, soit π : E → G la p… 0DEO
  • Exemple 5 Le groupe symétrique Sₙ est résoluble si et seulement si n < 5 (cf. I, p. 130, exerc. 10 et p. 131, exerc. 16). 0DEP
  • Exemple 6 Si A est un anneau commutatif, le groupe trigonal supérieur T(n, A) est résoluble mais non nilpotent en général. 0DEQ
  • Proposition 10 Soit G un groupe et soit n un entier. Les conditions suivantes sont équivalentes: ↩ 1 05DP
  • Corollaire Soient G un groupe fini et G = G⁰ ⊃ G¹ ⊃ … ⊃ Gⁿ = e une suite de Jordan-Hölder de G. Pour que G soit résoluble, il faut et il suffit que les quotients Gᵏ / Gᵏ⁺¹ soient cycliques d’… 05DQ
  • Définition 9 On appelle p-groupe un groupe fini dont l’ordre est une puissance de p. ↩ 1 05DR
  • Proposition 11 Soient E un ensemble fini et G un p-groupe opérant sur E. Notons Eᴳ l’ensemble des x ∈ E tels que gx = x pour tout g ∈ G (points fixes). On a Card(Eᴳ) ≡ Card(E) pmodp. En effet, E… ↩ 5 05DS
  • Corollaire Soit G un p-groupe. Si G n’est pas réduit à e, son centre n’est pas réduit à e. ↩ 3 05DT
  • Théorème 1 Soient G un p-groupe, pʳ son ordre. Il existe une suite de sous-groupes de G G = G¹ ⊃ G² ⊃ … ⊃ Gʳ⁺¹ = e, telle que (G, Gᵏ) ⊂ Gᵏ⁺¹, pour 1 ≤ k ≤ r, et que Gᵏ/Gᵏ⁺¹, pour 1 ≤ k ≤ r, s… ↩ 4 05DU
  • Corollaire Tout p-groupe est nilpotent. ↩ 1 05DV
  • Proposition 12 Soit G un p-groupe et soit H un sous-groupe de G distinct de G. Alors: a) Le normalisateur N_G(H) de H dans G est distinct de G. b) Il existe un sous-groupe distingué N de G, d’ind… ↩ 3 05DW
  • Corollaire Soit G un p-groupe. Tout sous-groupe d’indice p de G est distingué. 05DX
  • Définition 10 Soit G un groupe fini. On appelle p-sous-groupe de Sylow de G tout sous-groupe P de G vérifiant les deux conditions suivantes: a) P est un p-groupe; b) (G : P) n’est pas un multipl… 05DY
  • Exemples 1) Dans le groupe 𝔖ₚ, soit ζ un cycle d’ordre p. Le sous-groupe engendré par ζ est un p-sous-groupe de Sylow de 𝔖ₚ car p ne divise pas (p - 1)!. 2) Soit k un corps fini de caractér… 05DZ
  • Théorème 2 Tout groupe fini contient un p-sous-groupe de Sylow. ↩ 3 05E0
  • Lemme Soit n = pʳ m où m est un entier non multiple de p. On a binomnpʳ not≡ 0 pmodp. 05E1
  • Corollaire Si l’ordre de G est divisible par p, le groupe G contient un élément d’ordre p. 05E2
  • Remarque Pour tout nombre premier q divisant Card(G), soit P_q un q-sous-groupe de Sylow de G. Alors le sous-groupe H de G engendré par les P_q est d’ordre multiple de Card(P_q) pour chaque… 05E3
  • Théorème 3 Soit G un groupe fini. ↩ 2 05E4
  • Corollaire 1 Soit P un p-sous-groupe de Sylow de G, soit N son normalisateur dans G, et soit M un sous-groupe de G contenant N. Le normalisateur de M dans G est égal à M. ↩ 1 05E5
  • Corollaire 2 Soit f : G₁ → G₂ un homomorphisme de groupes finis. Pour tout p-sous-groupe de Sylow P₁ de G₁, il existe un p-sous-groupe de Sylow P₂ de G₂ tel que f(P₁) ⊂ P₂. 05E6
  • Corollaire 3 a) Soit H un sous-groupe de G. Pour tout p-sous-groupe de Sylow P de H, il existe un p-sous-groupe de Sylow Q de G tel que P = Q ∩ H. b) Réciproquement, si Q est un p-sous-groupe d… 05E7
  • Corollaire 4 Soit N un sous-groupe distingué de G. L’image dans G/N d’un p-sous-groupe de Sylow de G est un p-sous-groupe de Sylow de G/N, et tout p-sous-groupe de Sylow de G/N s’obtient de cet… 05E8
  • Théorème 4 Soit G un groupe fini. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) G est nilpotent. b) G est un produit de p-groupes. c) Pour tout nombre premier p, il existe un p-sous-groupe… ↩ 6 05E9
  • Remarque 1 Soit G un groupe fini et soit p un nombre premier. D’après I, p. 75, th. 3, a), et I, p. 74, th. 2, les conditions suivantes sont équivalentes: (i) il existe un p-sous-groupe de Sy… 05EA
  • Remarque 2 Soit G un groupe fini nilpotent. Soit I l’ensemble des diviseurs premiers de Card G. D’après le th. 4 et la Remarque 1, on a G = ∏_p ∈ I Gₚ, où Gₚ est l’unique p-groupe de Sylow de… 0DER
  • Remarque 3 Appliqué aux groupes commutatifs, le th. 4 donne la décomposition en produit de composantes primaires des groupes finis commutatifs, qui sera étudiée d’un autre point de vue au cha… 0DES
  • Exemple Le groupe 𝔖₃ est d’ordre 6. Il contient un 3-sous-groupe de Sylow distingué d’ordre 3 : le groupe A₃. Il contient trois 2-sous-groupes de Sylow d’ordre 2 : les groupes e, τ, où τ e… 05EB

§ 7. Monoïdes libres, groupes libres

  • Proposition 1 Soit M un magma. Toute application f de X dans M se prolonge de manière unique en un morphisme de M(X) dans M. ↩ 2 05FH
  • Proposition 2 Soit u : X → Y une application. Si u est injective (resp. surjective, bijective), il en est de même de M(u). 05FI
  • Proposition 3 Soit M un monoïde. Toute application f de X dans M se prolonge de manière unique en un homomorphisme de Mo(X) dans M. ↩ 1 05FJ
  • Proposition 4 a) Pour tout i ∈ I, l’application φᵢ est un homomorphisme de Mᵢ dans M et l’on a φᵢ ∘ hᵢ = h pour tout i ∈ I. De plus, M est engendré par ⋃_i ∈ I φᵢ(Mᵢ). ↩ 3 05FK
  • Proposition 5 Sous l’hypothèse (A), tout élément x de M admet une décomposition réduite unique σ. Toute décomposition σ' ≠ σ de x satisfait à l(σ') > l(σ). ↩ 2 05FL
  • Lemme 1 Soient i₁, …, iₙ dans I et p_α dans P_i_α pour 1 ≤ α ≤ n. Pour tout a ∈ A, il existe a' ∈ A et une suite (p'_α)_1 ≤ α ≤ n avec p'_α ∈ P_i_α telle que φ_i₁(p₁) ⋯ φ_iₙ(pₙ)h(a) = h(a'… 05FM
  • Corollaire Sous l’hypothèse (A), les homomorphismes φᵢ et h sont injectifs. Pour i ≠ j dans I, on a φᵢ(Mᵢ) ∩ φⱼ(Mⱼ) = h(A). ↩ 1 05FN
  • Lemme 2 Soit M la somme monoïdale de la famille (Mₓ)_x ∈ X définie par Mₓ = N pour tout x ∈ X; on note φₓ l’homomorphisme canonique de Mₓ dans M. L’application x ↦ φₓ(1) de X dans M se pro… ↩ 1 05FO
  • Proposition 6 Soit w un élément de Mo(X). ↩ 2 05FP
  • Proposition 7 Soit g un élément du groupe libre F(X). Il existe un entier n ≥ 0, et une suite (x_α, m(α))_1 ≤ α ≤ n, déterminés de manière unique par les relations x_α ∈ X, x_α ≠ x_α+1 pour 1 ≤… ↩ 2 05FQ
  • Proposition 8 Soient G un groupe et f une application de X dans G. Il existe un homomorphisme tildef de F(X) dans G qui prolonge f, et un seul. ↩ 1 05FR
  • Exemple 1 Le groupe défini par la présentation ⟨ τ; τ^q = e ⟩ est cyclique d’ordre q. 05FS
  • Exemple 2 Le groupe défini par la présentation ⟨ x, y; xy = yx ⟩ est isomorphe à Z × Z. 0DET
  • Proposition 9 Soient G un groupe, t = (tᵢ)_i ∈ I une famille génératrice de G et r = (rⱼ)_j ∈ J une famille de relateurs de t. Les conditions suivantes sont équivalentes: 05FT
  • Proposition 10 Soient M un monoïde (resp. un groupe) commutatif et f une application de X dans M. Il existe un homomorphisme g de N^(X) (resp. Z^(X)) dans M, et un seul, tel que g(δₓ) = f(x) pour… ↩ 2 05FU
  • Remarque Soit M le monoïde multiplicatif des entiers strictement positifs, et soit 𝔓 l’ensemble des nombres premiers (I, p. 48, déf. 16). D’après la prop. 10 (I, p. 88), il existe un homomo… 05FV
  • Proposition 11 L’homomorphisme canonique ν de Mo(X) dans N^(X) est surjectif. Soient w = x₁ … xₙ et w' = x'₁ … x'ₘ deux éléments de Mo(X); pour qu’on ait ν(w) = ν(w'), il faut et il suffit que l’… ↩ 1 05FW
  • Remarque Soit S une partie de X. Rappelons que nous avons identifié M(S) à un sous-magma de M(X), Mo(S) à un sous-monoïde de Mo(X) et N^{(S)} à un sous-monoïde de N^{(X)}. On a 05FX

§ 8. Anneaux

  • Définition 1 On appelle anneau un ensemble A muni de deux lois de composition appelées respectivement addition et multiplication, satisfaisant aux axiomes suivants: 05H2
  • Proposition 1 Soient A un anneau commutatif et (x_λ)_λ ∈ L une famille finie d’éléments de A. Pour toute famille d’entiers positifs β = (β_λ)_λ ∈ L, posons |β| = ∑_λ ∈ L β_λ. On a ( ∑_λ ∈ L x_λ… 05H3
  • Corollaire 1 (formule du binôme) Soient x et y deux éléments d’un anneau commutatif A. On a : ↩ 2 05H4
  • Corollaire 2 Soient A un anneau commutatif, X un ensemble, u = (uₓ)_x ∈ X et v = (vₓ)_x ∈ X deux familles d’éléments de A. Notons u + v la famille (uₓ + vₓ)_x ∈ X. ↩ 2 05H5
  • Corollaire 3 Soient A un anneau, x et y des éléments nilpotents et permutables de A. Alors x + y est nilpotent. 0DEU
  • Proposition 2 Soient A un anneau, x₁, …, xₙ des éléments de A, et I = 1, 2, …, n. ↩ 4 05H6
  • Définition 2 Soient A et B deux anneaux. On appelle morphisme, ou homomorphisme, de A dans B toute application f de A dans B satisfaisant aux relations: 05H7
  • Exemple 1 Soit A un anneau. On voit immédiatement que l’application n ↦ n.1 de Z dans A est l’unique homomorphisme de Z dans A. En particulier, l’application identique de Z est l’unique endo… 05H8
  • Exemple 2 Soit a un élément inversible d’un anneau A. L’application x ↦ axa⁻¹ est un endomorphisme de A car on a a(x + y)a⁻¹ = axa⁻¹ + aya⁻¹, a(xy)a⁻¹ = (axa⁻¹)(aya⁻¹). Elle est bijective, c… 0DEV
  • Définition 3 Soit A un anneau. On appelle sous-anneau de A toute partie B de A qui est un sous-groupe de A pour l’addition, qui est stable pour la multiplication et contient l’unité de A. 05H9
  • Exemple 1 Tout sous-groupe du groupe additif Z qui contient 1 est égal à Z. Donc Z est le seul sous-anneau de Z. 05HA
  • Exemple 2 Soient A un anneau et (Aₜ)_t ∈ I une famille de sous-anneaux de A; il est immédiat que ⋂_t ∈ I Aₜ est un sous-anneau de A. En particulier, l’intersection de tous les sous-anneaux d… 0DEW
  • Exemple 3 Soit X une partie d’un anneau A. Le commutant de X dans A est un sous-anneau de A. En particulier, le centre de A est un sous-anneau de A. 0DEX
  • Exemple 4 Soit G un groupe commutatif à opérateurs; on note Ω l’ensemble d’opérateurs et α ↦ f_α l’action de Ω sur G. Soit E l’anneau des endomorphismes du groupe sans opérateurs G et F l’en… 0DEY
  • Définition 4 Soit A un anneau. On dit qu’une partie a de A est un idéal à gauche (resp. à droite) si a est un sous-groupe du groupe additif de A et si les relations a ∈ A, x ∈ a entraînent ax ∈… 05HB
  • Exemple 1 Soit A un anneau. L’ensemble A est un idéal bilatère de A; il en est de même de l’ensemble réduit à 0, qu’on appelle l’idéal nul et qu’on écrit parfois 0 ou (0) au lieu de {0}. 05HC
  • Exemple 2 Pour tout élément a de A, l’ensemble A.a des multiples à gauche de a est un idéal à gauche; de même l’ensemble a.A est un idéal à droite. Lorsque a est dans le centre de A, on a A… 0DEZ
  • Exemple 3 Soit M une partie de A. L’ensemble des éléments x ∈ A tels que xy = 0 pour tout y ∈ M est un idéal à gauche de A qu’on appelle l’annulateur à gauche de M. On définit de manière ana… 0DF0
  • Exemple 4 Toute intersection d’idéaux à gauche (resp. à droite, bilatères) de A est un idéal à gauche (resp. à droite, bilatère). Etant donnée une partie X de A, il existe donc un plus petit… 0DF1
  • Définition 5 Soit A un anneau. On dit, par abus de langage, qu’un idéal à gauche a est maximal s’il est un élément maximal de l’ensemble des idéaux à gauche distincts de A. Autrement dit, a est… 05HD
  • Théorème 1 (Krull) Soient A un anneau et a un idéal à gauche de A distinct de A. Il existe un idéal à gauche maximal m de A contenant a. Considérons A comme opérant dans le groupe additif A⁺ de A par… ↩ 2 05HE
  • Proposition 3 Soient A un anneau, (x_λ)_λ ∈ L une famille d’éléments de A, a (resp. b) l’ensemble des sommes ∑_λ ∈ L a_λ x_λ où (a_λ)_λ ∈ L est une famille à support fini d’éléments de A (resp… 05HF
  • Proposition 4 Soient A un anneau et (a_λ)_λ ∈ L une famille d’idéaux à gauche de A. L’idéal à gauche engendré par ⋃_λ ∈ L a_λ se compose des sommes ∑_λ ∈ L y_λ, où (y_λ)_λ ∈ L est une famille à… 05HG
  • Définition 6 Soient A un anneau et a un idéal bilatère de A. On appelle anneau quotient de A par a et l'on note A/a l'ensemble quotient de A par la relation d'équivalence x ≡ y (a), muni de l'a… 05HH
  • Théorème 2 Soient A un anneau et a un idéal bilatère de A. a) L'application canonique π de A sur A/a est un homomorphisme d'anneaux. b) Soient B un anneau et f un homomorphisme de A dans B. S… ↩ 8 05HI
  • Théorème 3 Soient A et B des anneaux, f un homomorphisme de A dans B. a) Le noyau a de f est un idéal bilatère de A. b) L'image B' = f(A) de f est un sous-anneau de B. c) Soient π : A → A/a e… ↩ 1 05HJ
  • Proposition 5 Soient A et A' deux anneaux, f un homomorphisme de A dans A', et a le noyau de f. a) Soit B' un sous-anneau de A'. Alors B = f⁻¹(B') est un sous-anneau de A contenant a. Si f est s… ↩ 1 05HK
  • Remarque Avec les notations précédentes, θ et η sont des isomorphismes d’ensembles ordonnés (Φ et Φ' étant ordonnés par inclusion). 05HL
  • Corollaire Soient A un anneau, a un idéal bilatère de A. 05HM
  • Proposition 6 Soient a, b₁, …, bₙ des idéaux bilatères de A. Si A = a + bᵢ pour tout i, on a A = a + b₁ b₂ … bₙ = a + (b₁ ∩ b₂ ∩ ⋯ ∩ bₙ). ↩ 4 05HN
  • Proposition 7 Soient b₁, …, bₙ des idéaux bilatères de A, tels que bᵢ + bⱼ = A pour i ≠ j. Alors b₁ ∩ b₂ ∩ ⋯ ∩ bₙ = ∑_σ ∈ Sₙ b_σ(1) b_σ(2) ⋯ b_σ(n). En particulier, si A est commutatif, b₁ ∩ b₂… ↩ 2 05HO
  • Proposition 8 Supposons I fini. Si b est un idéal à gauche ou à droite de A, b est somme directe des b ∩ ai. ↩ 3 05HP
  • Proposition 9 Soient A un anneau, b₁, …, bₙ des idéaux bilatères de A tels que bᵢ + bⱼ = A pour i ≠ j. L’homomorphisme canonique de A dans ∏ᵢ₌₁ⁿ (A/bᵢ) est surjectif, de noyau ⋂ᵢ₌₁ⁿ bᵢ = ∑_σ ∈ S… ↩ 5 05HQ
  • Définition 7 Soit A un anneau. On appelle décomposition directe de A une famille finie (bᵢ)_i ∈ I d’idéaux bilatères de A telle que l’homomorphisme canonique de A dans ∏_i ∈ I (A/bᵢ) soit un is… ↩ 1 05HR
  • Proposition 10 Soient A un anneau, A' son centre, (bᵢ)_i ∈ I une famille finie d’idéaux bilatères de A. Les conditions suivantes sont équivalentes: ↩ 3 05HS
  • Remarque Soit A un anneau. Soit (aᵢ)_i ∈ I une famille finie de sous-groupes du groupe additif A⁺ de A, telle que A⁺ soit somme directe des aᵢ. Supposons aᵢ aᵢ ⊂ aᵢ pour i ∈ I, et aᵢ aⱼ = 0… 05HT
  • Exemple Idéaux et anneaux quotients de Z Un idéal de Z est un sous-groupe additif de Z, donc de la forme n.Z avec n geqslant 0; réciproquement, pour tout entier n geqslant 0, l’ensemble n… 05HU
  • Proposition 11 Soient n₁, …, nᵣ des entiers geqslant 1, étrangers deux à deux, et n = n₁ … nᵣ. L’homomorphisme canonique de Z dans l’anneau produit ∏ᵢ₌₁ʳ (Z/nᵢZ) est surjectif, de noyau nZ, et dé… ↩ 1 05HV
  • Théorème 4 Soient A un anneau commutatif et S une partie de A. Soit A_S le monoïde des fractions de A (muni de la seule multiplication) à dénominateurs dans S (I, p. 17). Soit ε : A → A_S le… ↩ 1 05HW
  • Définition 8 L’anneau défini au th. 4 s’appelle l’anneau des fractions de A associé à S, ou à dénominateurs dans S, et se note A[S⁻¹]. 05HX
  • Théorème 5 Soient A un anneau commutatif, S une partie de A, B un anneau, f un homomorphisme de A dans B tel que tout élément de f(S) soit inversible. Il existe un homomorphisme barf de A[S⁻¹… ↩ 1 05HY

§ 9. Corps

  • Définition 1 On dit qu’un anneau K est un corps s’il n’est pas réduit à 0 et si tout élément non nul de K est inversible. 05IF
  • Exemple 1 Nous définirons au n° 4 le corps des nombres rationnels; on définira en Topologie Générale le corps des nombres réels (TG, IV, § 1, n° 3), celui des nombres complexes (TG, VIII, §… 05IG
  • Exemple 2 L’anneau Z/2Z est évidemment un corps. 0DF2
  • Proposition 1 Soit K un corps. Pour toute partie X de K, le commutant (I, p. 98, Exemple 3) X' de X est un sous-corps de K. 05IH
  • Corollaire Le centre d’un corps K est un sous-corps (commutatif) de K. 05II
  • Théorème 1 Soit A un anneau. Les conditions suivantes sont équivalentes: a) A est un corps; b) A est non réduit à 0, et les seuls idéaux à gauche de A sont 0 et A. ↩ 7 05IJ
  • Remarque On peut, dans le th. 1, remplacer les idéaux à gauche par les idéaux à droite. Au chap. VIII, § 5, no 2, nous étudierons des anneaux non nuls A qui n’ont aucun idéal bilatère disti… 05IK
  • Corollaire 1 Soient A un anneau et a un idéal bilatère de A. Pour que l’anneau A/a soit un corps, il faut et il suffit que a soit un idéal à gauche maximal de A. ↩ 3 05IL
  • Corollaire 2 Soit A un anneau commutatif non réduit à 0. Il existe un homomorphisme de A sur un corps commutatif. 05IM
  • Corollaire 3 Soit a un entier ≥ 0. Pour que l’anneau \mathbf{Z}/a\mathbf{Z} soit un corps, il faut et il suffit que a soit premier. 05IN
  • Théorème 2 Soient K un corps et A un anneau non réduit à 0. Si f est un homomorphisme de K dans A, alors le sous-anneau f(K) de A est un corps et f définit un isomorphisme de K sur f(K). ↩ 2 05IO
  • Définition 2 On dit qu’un anneau A est intégre (ou que A est un anneau d’intégrité) s’il est commutatif, non réduit à 0, et si le produit de deux éléments non nuls de A est non nul. 05IP
  • Proposition 2 Si A est un anneau intégre, l’anneau total des fractions K de A est un corps commutatif. 05IQ
  • Proposition 3 Soient B un anneau non réduit à 0, A un sous-anneau commutatif de B tel que tout élément non nul de A soit inversible dans B. 05IR
  • Proposition 4 Soient A un anneau commutatif, p un idéal de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) l’anneau A/p est intègre ; b) A ≠ p, et, si x ∈ A - p et y ∈ A - p, on a xy ∈ A - p… ↩ 1 05IS
  • Définition 3 Dans un anneau commutatif A, on appelle idéal premier un idéal p vérifiant les conditions de la prop. 4. ↩ 2 05IT
  • Exemple 1 Soit A un anneau commutatif. Si m est un idéal maximal de A, m est premier; en effet, l’anneau A/m est un corps (I, p. 109, cor. 1). 05IU
  • Exemple 2 Si A est un anneau intègre, l’idéal 0 de A est premier (mais non maximal en général, comme le prouve l’exemple de l’anneau Z). 0DF3
  • Définition 4 On appelle corps des nombres rationnels, et l’on désigne par Q, le corps des fractions de l’anneau Z des entiers rationnels. Les éléments de Q sont appelés nombres rationnels. 05IV

§ 10. Limites projectives et inductives

  • Définition 1 On appelle système projectif de magmas relatif à l’ensemble d’indices I un système projectif d’ensembles (E_α, f_αβ) relatif à I, chaque E_α étant muni d’une structure de magma et… 05JH
  • Définition 2 On appelle système inductif de magmas relatif à l’ensemble d’indices I un système inductif d’ensembles (E_α, f_β α) relatif à I, chaque E_α étant muni d’une structure de magma et c… 05JI
  • Proposition 1 Il existe sur E une structure de magma et une seule pour laquelle les applications f_α : E_α → E sont des homomorphismes. Si les magmas E_α sont associatifs (resp. commutatifs), il… ↩ 1 05JJ
  • Proposition 2 Soit (E_α, f_β α) un système inductif de magmas et soient E sa limite inductive, f_α : E_α → E les homomorphismes canoniques. On suppose donnés un magma F et une famille d’homomorp… ↩ 1 05JK
  • Proposition 3 a) Si les A_α sont non nuls, A est non nul. b) Si les A_α sont intègres, A est intègre. c) Si les A_α sont des corps, A est un corps. 05JL

II. Algèbre linéaire

§ 1. Modules

  • Définition 1 Étant donné un anneau A, on appelle module à gauche sur A (ou A-module à gauche), un ensemble E muni d’une structure algébrique définie par la donnée: 1^∘ d’une loi de groupe commu… ↩ 1 05JO
  • Exemple 1 Soit φ un homomorphisme d’un anneau A dans un anneau B; l’application (a, x) ↦ φ(a)x (resp. (a, x) ↦ x φ(a)) de A × B dans B définit sur B une structure de A-module à gauche (resp… 05JP
  • Exemple 2 Sur un groupe commutatif G (noté additivement), la structure de groupe à opérateurs définie par la loi d’action (n, x) ↦ n.x (I, p. 24) est une structure de module sur l’anneau Z d… 05JR
  • Exemple 3 Soient E un groupe commutatif noté additivement, E l’anneau des endomorphismes de E (I, p. 96: on rappelle que le produit fg de deux endomorphismes est par définition l’endomorphis… 0DF4
  • Définition 2 On appelle espace vectoriel à gauche (resp. à droite) sur un corps K, un K-module à gauche (resp. à droite). 05JQ
  • Exemple 4 Un corps est à la fois espace vectoriel à gauche et à droite par rapport à un quelconque de ses sous-corps. 0DF5
  • Exemple 5 \ L’espace numérique à 3 dimensions R³ est un espace vectoriel par rapport au corps des nombres réels R, le produit tx d’un nombre réel t et d’un point x de coordonnées x₁, x₂, x₃… 0DF6
  • Définition 3 On dit qu’un élément x d’un A-module E est une combinaison linéaire, à coefficients dans A, d’une famille (aᵢ)_i ∈ I d’éléments de E, s’il existe une famille (λᵢ)_i ∈ I d’éléments… 05JS
  • Définition 4 Soient E et F deux modules (à gauche) par rapport au même anneau A. On appelle application linéaire (ou application A-linéaire, ou homomorphisme, ou A-homomorphisme) de E dans F to… ↩ 1 05JT
  • Remarque Lorsque E et F sont deux groupes commutatifs, considérés comme modules sur l’anneau Z (II, p. 3), tout homomorphisme u du groupe E (sans opérateur) dans le groupe F (sans opérateur… 05JU
  • Exemple 1 Soient E un A-module, a un élément de E; l’application λ ↦ λ a du A-module Aₛ dans E est une application linéaire θₐ, telle que θₐ(1) = a. 05JV
  • Exemple 2 \ Soient I un intervalle ouvert de la droite numérique R, E l’espace vectoriel des fonctions numériques dérivables dans I, F l’espace vectoriel de toutes les fonctions numériques d… 0DF7
  • Proposition 1 Soient E, F, G trois A-modules, u une application linéaire de E dans F, v une application linéaire de F dans G. Alors l’application composée v ∘ u est linéaire. ↩ 2 05JW
  • Proposition 2 Soient E, F deux A-modules. 1° Si u : E → F et v : F → E sont deux applications linéaires telles que v ∘ u soit l’application identique de E et u ∘ v l’application identique de F… 0DF8
  • Exemple 1 Dans un module quelconque E, l’ensemble réduit à 0 est un sous-module (sous-module nul, souvent noté 0 par abus de notation). 05JX
  • Exemple 2 Soit A un anneau. Les sous-modules de As (resp. Ad) ne sont autres que les idéaux à gauche (resp. idéaux à droite) de l’anneau A (I, p. 98). 0DF9
  • Exemple 3 Soient E un A-module, x un élément de E, a un idéal à gauche de A. L’ensemble des éléments α x, où α parcourt a, est un sous-module de E, qu’on note α x. 0DFA
  • Exemple 4 Dans un groupe commutatif G, considéré comme Z-module (II, p. 3), tout sous-groupe de G est aussi un sous-module. 0DFB
  • Exemple 5 \ Soit I un intervalle ouvert de la droite numérique R; l’ensemble C des fonctions numériques définies et continues dans I est un sous-espace vectoriel de l’espace vectoriel Rᴵ de… 0DFC
  • Remarque Soient M un sous-module d’un A-module E, φ : E → E/M l’homomorphisme canonique. Pour qu’une application A-linéaire u : E → F soit de la forme v ∘ φ, où v est une application linéai… 05JY
  • Définition 5 Soient F, G, H trois A-modules; soit f un homomorphisme de F dans G et soit g un homomorphisme de G dans H. On dit que le couple (f, g) est une suite exacte si l’on a 05JZ
  • Proposition 3 a) Pour que ↩ 1 05K1
  • Remarque 2 Dire qu’on a une suite exacte 0 longrightarrow E xrightarrowf F xrightarrowg G longrightarrow 0 signifie que f est injectif, g surjectif et que la bijection canonique associée à g… ↩ 1 05K2
  • Remarque 3 Si on a une suite exacte à 4 termes E xrightarrowf F xrightarrowg G xrightarrowh H le conoyau de f est F/f(E) = F/\overline{g}^{-1}(0) et le noyau de h est g(F); la bijection canon… 05K3
  • Remarque 4 Considérons un couple d’homomorphismes de A-modules (15) E xrightarrowf F xrightarrowg G. Pour que le diagramme (15) soit une suite exacte, il faut et il suffit qu’il existe deux A… 0DFD
  • Proposition 4 Soit E = ∏_i ∈ I Eᵢ le produit d’une famille de A-modules (Eᵢ)_i ∈ I. Pour tout A-module F et toute famille d’applications linéaires fᵢ : F → Eᵢ, il existe une application f de F d… ↩ 2 05K4
  • Proposition 5 (i) Soient (Eᵢ)_i ∈ I, (Fᵢ)_i ∈ I deux familles de A-modules ayant même ensemble d’indices I; pour toute famille d’applications linéaires fᵢ : Eᵢ → Fᵢ (i ∈ I), l’application f : (x… ↩ 3 05K5
  • Corollaire Sous les conditions de la prop. 5, (i), on a ↩ 1 05K6
  • Proposition 6 Soient (Eᵢ)_i ∈ I une famille de A-modules, M un A-module, et pour tout i ∈ I, soit fᵢ : Eᵢ → M une application linéaire. Il existe alors une application linéaire g : ⨁_i ∈ I Eᵢ →… ↩ 11 05K7
  • Corollaire 1 Soient (Eᵢ)_i ∈ I, (F_λ)_λ ∈ L deux familles de A-modules. L’application Hom_A(⨁_i ∈ I Eᵢ, ∏_λ ∈ L F_λ) → ∏_(i, λ) ∈ I × L Hom_A(Eᵢ, F_λ) qui, à tout g ∈ Hom_A(⨁_i ∈ L Eᵢ, ∏_λ ∈ L… ↩ 8 05K8
  • Corollaire 2 Soient (Eᵢ)_i ∈ I une famille de A-modules, F un A-module, et pour chaque i ∈ I, soit fᵢ : Eᵢ → F une application linéaire. Pour que f = ∑_i ∈ I fᵢ soit un isomorphisme de E = ⨁_i… ↩ 3 05K9
  • Proposition 7 (i) Soient (Eᵢ)_i ∈ I, (Fᵢ)_i ∈ I deux familles de A-modules ayant même ensemble d’indices I; pour toute famille d’applications linéaires fᵢ : Eᵢ → Fᵢ (i ∈ I), la restriction à ⨁_i… ↩ 4 05KA
  • Corollaire 1 Sous les conditions de la prop. 7, (i), on a Ker(f) = ⨁_i ∈ I Ker(fᵢ), Im(f) = ⨁_i ∈ I Im(fᵢ) et on a des isomorphismes canoniques Coïm(f) → ⨁_i ∈ I Coïm(fᵢ), Coker(f) → ⨁_i ∈ I Co… ↩ 3 05KB
  • Corollaire 2 Soient (Eᵢ)_i ∈ I, (E'ᵢ)_i ∈ I, (F_λ)_λ ∈ L, (F'_λ)_λ ∈ L quatre familles de A-modules, et pour chaque i ∈ I (resp. chaque λ ∈ L) soit uᵢ : E'ᵢ → Eᵢ (resp. v_λ : F_λ → F'_λ) une ap… 05KC
  • Remarque Rappelons que la définition de la somme directe s’étend aussitôt à une famille (Eᵢ)_i ∈ I de groupes non nécessairement commutatifs, la notation multiplicative remplaçant bien ente… 05KD
  • Proposition 8 Si une famille (Mᵢ)_i ∈ I de sous-modules de E a une intersection réduite à 0, E est canoniquement isomorphe à un sous-module de ∏_i ∈ I (E/Mᵢ). 05KE
  • Proposition 9 Le sous-module engendré par une famille (aᵢ)_i ∈ I d’éléments d’un A-module E est l’ensemble des combinaisons linéaires de la famille (aᵢ). ↩ 4 05KF
  • Corollaire 1 Soient u : E → F une application linéaire, S une partie de E, M le sous-module de E engendré par S. Alors u(M) est le sous-module de F engendré par u(S). ↩ 1 05KG
  • Remarque Si l’on a u(x) = 0 pour tout x ∈ S, on a aussi u(x) = 0 pour tout x ∈ M. Nous nous référerons parfois à ce résultat sous le nom de « principe de prolongement des identités linéaire… 05KH
  • Corollaire 2 Le sous-module engendré par la réunion d’une famille (Mᵢ)_i ∈ I de sous-modules d’un module E, est identique à l’ensemble des sommes ∑_i ∈ I xᵢ, où (xᵢ)_i ∈ I parcourt l’ensemble d… ↩ 1 05KI
  • Corollaire 3 Si (M_λ)_λ ∈ L est une famille filtrante croissante de sous-modules d’un A-module E, la somme ∑_λ ∈ L M_λ est identique à la réunion ⋃_λ ∈ L M_λ. 05KJ
  • Corollaire 4 Soient 0 longrightarrow E longrightarrow F xrightarrowg G longrightarrow 0 une suite exacte de A-modules, S un système générateur de E, T un système générateur de G. Si T' est une… 05KK
  • Corollaire 5 Dans une suite exacte 0 → E → F → G → 0 de A-modules, si E et G sont de type fini, il en est de même de F. ↩ 1 05KL
  • Proposition 10 Soient M, N deux sous-modules d'un A-module E. On a alors deux suites exactes ↩ 3 05KM
  • Définition 6 On dit qu'un A-module E est somme directe d'une famille (Mᵢ)_i ∈ I de sous-modules de E si l'application canonique ⨁_i ∈ I Mᵢ → E (II, p. 12) est un isomorphisme. ↩ 1 05KN
  • Remarque 1 Soient (M_ι)_ι ∈ I, (N_ι)_ι ∈ I deux familles de sous-modules d’un module E, ayant même ensemble d’indices; supposons que E soit à la fois somme directe de la famille (M_ι) et de l… ↩ 2 05KO
  • Proposition 11 Soit (M_ι)_ι ∈ I une famille de sous-modules d’un A-module E. Les propriétés suivantes sont équivalentes: ↩ 1 05KP
  • Définition 7 On dit qu’un endomorphisme e d’un A-module E est un projecteur si e ∘ e = e (autrement dit, si e est un idempotent dans l’anneau End(E)). Dans End(E), on dit qu’une famille (e_λ)_λ… ↩ 1 05KQ
  • Proposition 12 Soit E un A-module. ↩ 4 05KR
  • Corollaire Pour tout projecteur e de E, E est somme directe de l’image M = e(E) et du noyau N = \overline{e}^{-1}(0) de e; pour tout x = x1 + x2 \in E avec x1 \in M et x2 \in N, on a x1 = e(x… ↩ 2 05KS
  • Définition 8 Dans un A-module E, on dit que deux sous-modules M₁, M₂ sont supplémentaires si E est somme directe de M₁ et M₂. 05KU
  • Proposition 13 Soient M₁, M₂ deux sous-modules supplémentaires dans un A-module E. La restriction à M₁ de l’application canonique E → E/M₂ est un isomorphisme de M₁ sur E/M₂. ↩ 3 05KV
  • Corollaire Si M₂ et M'₂ sont tous deux supplémentaires d’un même sous-module M₁ de E, l’ensemble des couples (x, x') ∈ M₂ × M'₂ tels que x - x' ∈ M₁ est le graphe d’un isomorphisme de M₂ sur… ↩ 2 05KW
  • Définition 9 On dit qu’un sous-module M d’un A-module E est facteur direct de E s’il possède un sous-module supplémentaire dans E. 05KX
  • Proposition 14 Pour qu’un sous-module M d’un module E soit facteur direct, il faut et il suffit qu’il existe un projecteur de E dont l’image soit M, ou un projecteur de E dont le noyau soit M. ↩ 3 05KY
  • Proposition 15 Étant donnée une suite exacte de A-modules ↩ 9 05KZ
  • Corollaire 1 Soit u : E → F une application linéaire. Pour qu’il existe une application linéaire v : F → E telle que u ◦ v = 1F (cas où on dit que u est inversible à droite et que v est inverse… ↩ 1 05L0
  • Corollaire 2 Soit u : E → F une application linéaire. Pour qu’il existe une application linéaire v : F → E telle que v ◦ u = 1E (cas où on dit que u est inversible à gauche et que v est inverse… ↩ 3 05L1
  • Remarque 1 Soient M, N deux sous-modules supplémentaires dans un A-module E, p, q les projecteurs de E sur M et N respectivement, correspondant à la décomposition de E en somme directe de M e… 05L2
  • Remarque 2 Si M, N sont deux sous-modules de E tels que M ∩ N soit facteur direct de M et de N, alors M ∩ N est aussi facteur direct de M + N: en effet, si P (resp. Q) est un supplémentaire d… 0DFE
  • Proposition 16 Soient M un A-module, N un sous-module de M; pour que M soit de longueur finie, il faut et il suffit que N et M/N le soient, et l’on a ↩ 6 05L3
  • Corollaire 1 Soit M un A-module de longueur finie; pour qu’un sous-module N de M soit égal à M, il faut et il suffit que long(N) = long(M). ↩ 1 05L4
  • Corollaire 2 Soit u : M → N un homomorphisme de A-modules. Si M ou N est de longueur finie, il en est de même de Im(u). Si M est de longueur finie, il en est de même de Ker(u) et l’on a ↩ 2 05L5
  • Corollaire 3 Soit (Mᵢ)_0 ≤ i ≤ n une famille finie de A-modules de longueur finie. S’il existe une suite exacte d’applications linéaires ↩ 5 05L6
  • Corollaire 4 Soient M et N deux sous-modules de longueur finie d’un A-module E; alors M + N est de longueur finie et l’on a 05L7
  • Corollaire 5 Soit M un A-module somme d’une famille finie (Nᵢ) de sous-modules de longueur finie. Alors M est de longueur finie et on a ↩ 2 05L8
  • Corollaire 6 Soient M et N deux sous-modules d’un A-module E tels que E/M et E/N soient des modules de longueur finie; alors E/(M ∩ N) est de longueur finie et l’on a 05L9
  • Corollaire 7 Soit (Mᵢ) une famille finie de sous-modules d’un A-module E, tels que les E/Mᵢ soient des modules de longueur finie. Alors E/(⋂ᵢ Mᵢ) est de longueur finie, et l’on a 05LA
  • Remarque A l’exception de II, p. 16, prop. 9, tous les résultats des n°s 2 à 10 sont valables pour les groupes commutatifs à opérateurs quelconques, les sous-modules (resp. les modules quot… 05LB
  • Proposition 17 Pour tout A-module E et toute application f : T → E il existe une application A-linéaire et une seule g : Aₛ⁽ᵀ⁾ → E telle que f = g ∘ φ. ↩ 5 05LC
  • Corollaire 1 Soient T, T' deux ensembles, g : T → T' une application. Il existe alors une application A-linéaire f : A⁽ᵀ⁾ → A^(T') et une seule rendant commutatif le diagramme 05LD
  • Corollaire 2 Pour qu’une famille (aₜ)_t ∈ T d’éléments d’un A-module E soit un système générateur de E, il faut et il suffit que l’application linéaire Aₛ⁽ᵀ⁾ → E déterminée par cette famille so… ↩ 4 05LE
  • Définition 10 On dit qu’une famille (aₜ)_t ∈ T d’éléments d’un A-module E est une famille libre (resp. est une base de E) si l’application linéaire Aₛ⁽ᵀ⁾ → E déterminée par cette famille est inj… ↩ 2 05LF
  • Corollaire 3 Soient E un A-module libre, (aₜ)_t ∈ T une base de E, F un A-module, (bₜ)_t ∈ T une famille d’éléments de F. Il existe une application linéaire f : E → F et une seule telle que l’o… ↩ 11 05LG
  • Proposition 18 Pour qu’une famille (aₜ)_t ∈ T d’éléments d’un module E soit libre, il faut et il suffit que toute sous-famille finie de (aₜ)_t ∈ T soit libre. 05LH
  • Proposition 19 Soit E un A-module, somme directe d’une famille (M_λ)_λ ∈ L de sous-modules. Si, pour chaque λ ∈ L, S_λ est une partie libre (resp. un ensemble générateur, une base) de M_λ, alors… 05LI
  • Remarque 2 Un module libre peut avoir des éléments ≠ 0 qui ne sont pas libres: par exemple, le A-module Aₛ est libre mais les diviseurs de zéro à droite dans A ne sont pas des éléments libres… 05LK
  • Remarque 3 Dans le groupe additif Z/(n) (n entier geqslant 2) considéré comme Z-module, aucun élément n’est libre, et a fortiori Z/(n) n’est pas un module libre. 05LN
  • Remarque 4 Il peut se faire que tout élément ≠ 0 d’un A-module soit libre, sans que ce module soit libre. Par exemple, le corps Q des nombres rationnels est un Z-module qui possède cette prop… 0DFF
  • Proposition 20 Tout A-module E est isomorphe à un module quotient d’un A-module libre. ↩ 4 05LL
  • Proposition 21 Toute suite exacte de A-modules ↩ 10 05LM
  • Définition 11 On appelle annulateur d’une partie S d’un A-module E l’ensemble des éléments α ∈ A tels que α x = 0 pour tout x ∈ S. ↩ 1 05LO
  • Définition 12 On dit qu’un module est monogène s’il est engendré par un seul élément. 05LP
  • Exemple 1 Tout groupe monogène étant commutatif (I, p. 47, prop. 18) est un Z-module monogène. 05LQ
  • Exemple 2 Si A est un anneau commutatif, les sous-modules monogènes du A-module A ne sont autres que les idéaux principaux (I, p. 99) de l’anneau A. 0DFG
  • Exemple 3 Tout A-module simple E est monogène, puisque le sous-module de E engendré par un élément ≠ 0 de E est nécessairement égal à E. 0DFH
  • Proposition 22 Soit A un anneau. Tout module quotient de Aₛ est monogène. Inversement, soient E un A-module monogène, c un générateur de E, et a son annulateur; l’application linéaire ξ ↦ ξ c déf… ↩ 2 05LR
  • Corollaire Tout sous-module d’un A-module monogène E est isomorphe à un module quotient b/a, où a et b sont deux idéaux à gauche de A tels que a ⊂ b. Tout module quotient d’un A-module monogè… 05LS
  • Proposition 23 Soit E un A-module, somme directe d’une famille infinie (Mᵢ)_i ∈ I de sous-modules non réduits à 0. Pour tout système générateur S de E, on a Card(S) geqslant Card(I). ↩ 2 05LT
  • Corollaire 1 Les hypothèses étant celles de la prop. 23, supposons que chaque Mᵢ soit monogène, et que E soit somme directe d’une seconde famille (N_λ)_λ ∈ L de sous-modules monogènes non rédui… 05LU
  • Corollaire 2 Si un module E admet une base infinie B, tout système générateur de E a un cardinal geqslant Card(B), et toute base de E est équipotente à B. ↩ 1 05LV
  • Proposition 24 Soient A, B deux anneaux, ρ : B → A un homomorphisme d’anneaux. 05LW
  • Proposition 25 Soient A, B deux anneaux, φ : B → A un homomorphisme d’anneaux, E un A-module. Soit (α_λ)_λ ∈ L un système générateur (resp. une famille libre d’éléments, une base) de A considéré… ↩ 11 05LX
  • Corollaire Si A est un B-module à gauche de type fini et E un A-module à gauche de type fini, ρ_*(E) est un B-module à gauche de type fini. 05LY
  • Remarque 1 Soient K un corps, A un sous-anneau de K ayant la propriété suivante: pour toute famille finie (ξᵢ)_1 ≤ i ≤ n d’éléments de K, il existe un γ ∈ A, non nul et tel que γ ξᵢ ∈ A pour… 05LZ
  • Remarque 2 Si l’homomorphisme d’anneaux ρ : B → A est surjectif, et si b est son noyau (de sorte que A s’identifie canoniquement à B/b), alors, pour tout A-module E, b est contenu dans l’annu… 0DFI
  • Exemple On a vu (II, p. 2) qu’une homothétie h_α : x ↦ α x dans un A-module E n’est pas nécessairement une application linéaire. Mais si α est inversible, h_α est une application semi-liné… 05M0
  • Définition 13 Soient (A_λ)_λ ∈ L, (B_μ)_μ ∈ M deux familles d’anneaux; on appelle ((A_λ), (B_μ))-multimodule (ou multimodule sur les familles d’anneaux (A_λ)_λ ∈ L, (B_μ)_μ ∈ M) un ensemble E mu… 05M1
  • Exemple 1 Sur un anneau A, les structures de module de Aₛ et A_d sont compatibles, et A peut donc être canoniquement considéré comme un (A, A)-bimodule. ↩ 2 05M2
  • Exemple 2 Un A-module à gauche E est canoniquement muni d’une structure de module à gauche sur l’anneau End_A(E), et sur E la structure de A-module et celle de End_A(E)-module sont compatibl… 0DFJ
  • Remarque 1 Soient F un A-module, C le centre de l’anneau A; comme les homothéties centrales permutent à toutes les homothéties, F est muni d’une structure de bimodule dont les anneaux d’opéra… ↩ 1 05M3
  • Remarque 2 Soit E un A-module à gauche; comme A est canoniquement muni d’une structure de (A, A)-bimodule, il en est de même de la somme directe A⁽ᵀ⁾ pour tout ensemble d’indices T; d’après c… 0DFK

§ 2. Modules d’applications linéaires. Dualité

  • Théorème 1 Soient A un anneau, E', E, E'' trois A-modules, u : E' → E, v : E → E'' deux homomorphismes. Pour que la suite ↩ 8 05MV
  • Corollaire Pour qu’une application A-linéaire u : E → F soit surjective (resp. bijective, resp. nulle), il faut et il suffit que, pour tout A-module G, l’application Hom(u, 1_G) : Hom(F, G) →… 05MW
  • Proposition 1 Si la suite exacte d’applications linéaires ↩ 1 05MX
  • Théorème 2 Soient A un anneau, F', F, F'' trois A-modules, u: F' \to F, v: F \to F'' deux homomorphismes. Pour que la suite ↩ 3 05MY
  • Corollaire Pour qu’une application A-linéaire u : E → F soit injective, il faut et il suffit que pour tout A-module G, l’application Hom(1_G, u) : Hom(G, E) → Hom(G, F) soit injective. 05N0
  • Proposition 2 Si la suite exacte 0 longrightarrow F' xrightarrowu F xrightarrowv F'' longrightarrow 0 est scindée (autrement dit, si u(F') est facteur direct de F), la suite 0 longrightarrow Hom… ↩ 1 05N1
  • Définition 1 On dit qu’un A-module P est projectif si, pour toute suite exacte F' → F → F'' d’applications A-linéaires, la suite Hom(P, F') → Hom(P, F) → Hom(P, F'') est exacte. ↩ 2 05N2
  • Proposition 3 Pour qu’un A-module P, somme directe d’une famille de sous-modules (Mᵢ), soit projectif, il faut et il suffit que chacun des Mᵢ soit projectif. En effet, pour tout homomorphisme u… ↩ 2 05N3
  • Corollaire Tout A-module libre est projectif. Il suffit en effet, en vertu de la prop. 3, de montrer que Aₛ est projectif, ce qui résulte aussitôt de la commutativité du diagramme (50) de II… 05N4
  • Proposition 4 Soit P un A-module. Les propriétés suivantes sont équivalentes: a) P est projectif. b) Pour toute suite exacte 0 → F' → F → F'' → 0 d’applications A-linéaires, la suite 0 → Hom(P… ↩ 18 05N5
  • Corollaire 1 Pour qu’un A-module soit projectif et de type fini, il faut et il suffit qu’il soit facteur direct d’un A-module libre ayant une base finie. ↩ 4 05N6
  • Corollaire 2 Soient C un anneau commutatif, E, F deux C-modules projectifs de type fini; alors HomC(E, F) est un C-module projectif de type fini. 05N7
  • Définition 2 Pour tout A-module à gauche E, le A-module à droite Hom_A(E, Aₛ) s’appelle le module dual de E (ou simplement le dual¹ de E) et ses éléments s’appellent les formes linéaires sur E. ↩ 1 05N8
  • Exemple \ Sur l’espace vectoriel (par rapport au corps R) des fonctions numériques continues dans un intervalle [a, b] de R, l’application x ↦ ∫ₐᵇ x(t)dt est une forme linéaire. 05N9
  • Proposition 5 Pour tout anneau A, l’application qui, à tout ξ ∈ A, fait correspondre la forme linéaire η ↦ η ξ sur Aₛ, est un isomorphisme de A_d sur le dual de Aₛ. ↩ 1 05NA
  • Définition 3 Soient E un A-module, E^* son dual; on dit qu’un élément x ∈ E et un élément x^* ∈ E^* sont orthogonaux si ⟨ x, x^* ⟩ = 0. 05NB
  • Définition 4 Étant donnée une partie M de E (resp. une partie M' de E), on appelle sous-module totalement orthogonal à M (resp. M') (ou simplement sous-module orthogonal à M (resp. M') si aucun… ↩ 1 05NC
  • Proposition 6 Soient M, N deux parties de E telles que M \subset N; si M' et N' sont les sous-modules de E orthogonaux à M et N respectivement, on a N' \subset M'. ↩ 1 05ND
  • Proposition 7 Soit (Mi) une famille de parties de E; le sous-module orthogonal à la réunion des Mi est l’intersection des sous-modules M'i respectivement orthogonaux aux Mi; ce sous-module est a… 05NE
  • Définition 5 Pour toute application linéaire u d’un A-module E dans un A-module F, on appelle transposée de u et on note ᵗ u l’application linéaire y^* ↦ y^* ∘ u du dual F de F dans le dual E d… ↩ 1 05NF
  • Remarque On déduit de (17) et (18) que si u est inversible à gauche (resp. à droite), t u est inversible à droite (resp. à gauche). 05NG
  • Proposition 8 Soient u : E → F une application A-linéaire, M un sous-module de E, M' l’orthogonal de M dans E^*; l’orthogonal de u(M) dans F^* est l’image réciproque t u⁻¹(M'). 05NH
  • Corollaire L’orthogonal de l’image u(E) dans F^* est le noyau t u⁻¹(0) de t u. ↩ 2 05NI
  • Définition 6 Étant donné un isomorphisme u d’un A-module E sur un A-module F, on appelle isomorphisme contragrédient de u et on note checku le transposé de l’isomorphisme réciproque de u (égal… ↩ 1 05NJ
  • Proposition 9 Soient E', E, E'' des A-modules, 05NK
  • Corollaire Soient M un sous-module d’un A-module E, φ : E → E/M l’homomorphisme canonique. Alors ᵗ φ est un isomorphisme du dual de E/M sur le sous-module M' de E^* orthogonal à M. ↩ 3 05NL
  • Proposition 10 Soit (Eᵢ)_i ∈ I une famille de A-modules, et pour tout i ∈ I, soit jᵢ : Eᵢ → E = ⨁_i ∈ I Eᵢ l’injection canonique. Alors l’application produit x^* ↦ (jᵢ(x^*)) est un isomorphisme d… ↩ 4 05NM
  • Corollaire Soient M, N deux sous-modules supplémentaires dans un A-module E, p : E → M, q : E → N les projecteurs correspondants; alors ᵗ p + ᵗ q : M^* ⊕ N^* → E^* est un isomorphisme, et ᵗ p… ↩ 2 05NN
  • Proposition 11 Le dual d’un module libre ayant une base de n éléments est un module libre ayant une base de n éléments. ↩ 1 05NO
  • Définition 7 Si E est un module libre ayant une base finie (eₜ), on appelle base duale de (eₜ) la base (eₜ^*) du dual E^* de E définie par les relations (23). 05NP
  • Corollaire Le dual d’un module projectif de type fini est un module projectif de type fini. 05NQ
  • Proposition 12 Soient E un A-module, (aₜ)_t ∈ T un système générateur de E. Les conditions suivantes sont équivalentes: ↩ 5 05NR
  • Proposition 13 Si E est un module libre (resp. un module libre ayant une base finie), l’application canonique c_E : E → E^** est injective (resp. bijective). 05NS
  • Corollaire 1 Soit E un A-module libre ayant une base finie; pour toute base (eₜ) de E, (c_E(eₜ)) est la base duale de la base (eₜ^*) de E^*, duale de (eₜ). 05NT
  • Corollaire 2 Si E est un A-module libre ayant une base finie, toute base finie de E^* est la base duale d’une base de E. 05NU
  • Corollaire 3 Soient E, F deux A-modules ayant chacun une base finie, E (resp. F) étant canoniquement identifié à son bidual E^** resp. F). Pour toute application linéaire u : E → F, on a alors… 05NV
  • Corollaire 4 Si P est un module projectif (resp. un module projectif de type fini) l’application canonique c_P : P → P^** est injective (resp. bijective). ↩ 5 05NW
  • Lemme 1 Soient M, N deux sous-modules supplémentaires dans un A-module E, i : M → E, j : N → E les injections canoniques. Alors le diagramme (28) 05NX
  • Proposition 14 Si x₀ est une solution de l’équation linéaire u(x) = y₀, l’ensemble des solutions de cette équation est égal à l’ensemble des éléments x₀ + z, où z parcourt l’ensemble des solution… ↩ 1 05NY
  • Proposition 15 Soit u une application linéaire d’un module E dans un module F. Si l’équation u(x) = y₀ a au moins une solution, y₀ est orthogonal au noyau de ᵗ u. ↩ 1 05NZ
  • Remarque 1 Soient E un A-module, (Fᵢ)_i ∈ I une famille de A-modules, et pour tout i ∈ I, soit uᵢ : E → Fᵢ une application linéaire. Tout système d’équations linéaires uᵢ(x) = yᵢ (i ∈ I) où l… 05O0
  • Remarque 2 Supposons que E admette une base (a_λ)_λ ∈ L; si on pose u(a_λ) = b_λ pour tout λ ∈ L, dire que x = ∑_λ ∈ L ξ_λ a_λ vérifie l’équation u(x) = y₀ équivaut à dire que la famille (de… 0DFL
  • Remarque 3 Une équation linéaire u(x) = y₀ est dite scalaire lorsque F = Aₛ, et par suite u est une forme linéaire sur E et y₀ un scalaire. Si E admet une base (a_λ)_λ ∈ L, il résulte de la R… 0DFM
  • Remarque 4 Un système linéaire (32) est encore appelé système d’équations linéaires scalaires à gauche lorsqu’il y a lieu d’éviter des confusions. Un système d’équations ∑_λ ∈ L α_λ l ξ_λ = η… 0DFN

§ 3. Produits tensoriels

  • Proposition 1 a) Soit g une application Z-linéaire de E ⊗_A F dans un Z-module G. L’application (x, y) ↦ f(x, y) = g(x ⊗ y) de E × F dans G est Z-bilinéaire et vérifie les conditions (1). ↩ 8 05OS
  • Corollaire 1 Soient H un Z-module, h : E × F → H une application Z-bilinéaire vérifiant les conditions (1) et telle que H soit engendré par h(E × F). Supposons que pour tout Z-module G et toute… ↩ 1 05OT
  • Corollaire 2 Désignons par E⁰ (resp. F⁰) le module E (resp. F) considéré comme module à gauche (resp. à droite) sur l’anneau opposé A⁰; il existe alors un isomorphisme σ : E ⊗_A F → F⁰ ⊗_A⁰ E⁰… ↩ 3 05OU
  • Remarque Le produit tensoriel de modules non réduits à 0 peut se réduire à 0 : par exemple, si l’on considère les deux Z-modules E = Z/2Z et F = Z/3Z, on a 2x = 0 et 3y = 0 quels que soient… 05OV
  • Proposition 2 Soient A, B deux anneaux, ρ : B → A un homomorphisme d’anneaux, E (resp. F) un A-module à droite (resp. à gauche). Il existe alors une application Z-linéaire et une seule φ : ρ_*(E… ↩ 1 05OW
  • Corollaire Soient 𝔍 un idéal bilatère de A, tel que 𝔍 soit contenu dans l’annulateur de E et dans l’annulateur de F, de sorte que E (resp. F) est canoniquement muni d’une structure de (A/𝔍)-m… ↩ 1 05OX
  • Proposition 3 Soit G un ((B'ᵢ), (B''ₕ); (C'ⱼ), (C''ₖ))-multimodule. ↩ 2 05OY
  • Scholie Un élément de E ⊗_A F s’écrit en général de plusieurs manières sous la forme ∑ᵢ (xᵢ ⊗ yᵢ), où xᵢ ∈ E et yᵢ ∈ F; mais pour définir une application linéaire g du multimodule E ⊗_A F… 05OZ
  • Proposition 4 Si E est un A-module à droite, l’application h : x ↦ x ⊗ 1 de E dans E ⊗_A (ₛA_d) est un isomorphisme de A-modules à droite, dont l’isomorphisme réciproque g est tel que g(x ⊗ λ) =… ↩ 16 05P0
  • Remarque 1 Soient A, B deux anneaux commutatifs, ρ : B → A un homomorphisme d’anneaux, E et F deux A-modules; alors l’application canonique (6) de II, p. 53 est une application B-linéaire 05P1
  • Remarque 2 Les considérations de ce n° peuvent se généraliser au cas suivant: soient E un A-module à droite, F un A-module à gauche, C un anneau commutatif, ρ : C → A un homomorphisme de C da… 0DFO
  • Remarque 3 Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions. Si E et F sont deux K-espaces vectoriels, l’application canonique 0DFP
  • Proposition 5 Soient E, E', E'' des A-modules à droite, F un A-module à gauche, ↩ 8 05P2
  • Corollaire Soient F, F', F'' des A-modules à gauche, E un A-module à droite, ↩ 2 05P3
  • Remarque On notera qu’en général, si E' est un sous-module d’un A-module à droite E, j : E' → E l’injection canonique, l’application j ⊗ 1_F : E' ⊗ F → E ⊗ F n’est pas nécessairement inject… 05P4
  • Proposition 6 Si on a les deux suites exactes (14) et (16) (II, p. 58), l’homomorphisme v ⊗ t : E ⊗_A F → E'' ⊗_A F'' est surjectif et son noyau est égal à ↩ 4 05P5
  • Corollaire 1 Soient E' un sous-module d’un A-module à droite E, F' un sous-module d’un A-module à gauche F, Im(E' \otimesA F) et Im(E \otimesA F') les sous-\mathbf{Z}-modules de E \otimesA F, i… ↩ 2 05P6
  • Corollaire 2 Soient a un idéal à droite de A, F un A-module à gauche, aF le sous-\mathbf{Z}-module de F engendré par les éléments de la forme λ x, où λ ∈ a et x ∈ F. On a alors un isomorphisme… ↩ 1 05P7
  • Corollaire 3 Soient A un anneau commutatif, a un idéal de A, E et F deux A-modules, tels que a soit contenu dans l’annulateur de F. Alors les (A/a)-modules E \otimesA F et (E/aE) \otimes{A/a} F… ↩ 1 05P8
  • Corollaire 4 Soient a, b deux idéaux dans un anneau commutatif C; le C-module (C/a) \otimesC (C/b) est alors canoniquement isomorphe à C/(a + b). ↩ 1 05P9
  • Proposition 7 L’application canonique (23) est bijective. ↩ 15 05PA
  • Corollaire 1 Si le A-module à gauche F admet une base (b_μ)_μ ∈ M, tout élément de E ⊗_A F s’écrit d’une seule manière sous la forme ∑_μ (x_μ ⊗ b_μ), où x_μ ∈ E et la famille (x_μ) a un support… ↩ 9 05PB
  • Corollaire 2 Si E et F sont deux modules libres sur un anneau commutatif C, et si (a_λ) (resp. (b_μ)) est une base du C-module E (resp. F), alors (a_λ ⊗ b_μ) est une base du C-module E ⊗_C F. ↩ 9 05PC
  • Corollaire 3 Soient (E_λ)_λ ∈ L une famille de A-modules à droite, F un A-module à gauche libre (resp. libre et de type fini). Alors l’application canonique (22) ↩ 2 05PD
  • Corollaire 4 Soient A un anneau sans diviseur de zéro, E un A-module à droite libre, F un A-module à gauche libre. Alors la relation x ⊗ y = 0 dans E ⊗_A F entraîne x = 0 ou y = 0. ↩ 1 05PE
  • Corollaire 5 Soient E un A-module à droite, F un A-module à gauche, M un sous-module de E, N un sous-module de F. Si M est facteur direct de E et N facteur direct de F, l’homomorphisme canoniqu… ↩ 4 05PF
  • Corollaire 6 Soient P un A-module à gauche projectif, E, F deux A-modules à droite. Pour tout homomorphisme injectif u : E → F, l’homomorphisme ↩ 4 05PG
  • Corollaire 7 Soit C un anneau commutatif. Si E et F sont deux C-modules projectifs, E ⊗_C F est un C-module projectif. 05PH
  • Proposition 8 Soient A, B deux anneaux, E un A-module à droite, F un (A, B)-bimodule, G un B-module à gauche. Alors E ⊗_A F est un B-module à droite, F ⊗_B G un A-module à gauche, et il existe u… ↩ 6 05PJ
  • Remarque 1 Les considérations précédentes relatives au cas des modules sur un anneau commutatif se généralisent comme dans II, p. 57, Remarque 2 lorsqu’il s’agit d’un produit tensoriel E₁ ⊗_A… 05PK
  • Remarque 2 Soient A, B deux anneaux, E un A-module à droite, E' un A-module à gauche, F un B-module à droite, F' un B-module à gauche. Les applications Z-bilinéaires de (E ⊗_A E') × (F ⊗_B F'… 0DFQ

§ 4. Relations entre produits tensoriels et modules d'homomorphismes

  • Proposition 1 a) Soient E un (B, A)-bimodule, F un A-module à gauche, G un B-module à gauche. Pour toute application g ∈ Hom_B(E ⊗_A F, G), soit g' l’application de F dans Hom_B(E, G) définie pa… ↩ 4 05PP
  • Corollaire Si C est un anneau commutatif, E, F, G trois C-modules, alors les C-modules 0DFR
  • Proposition 2 (i) Lorsque F est un B-module projectif (resp. projectif de type fini), l’homomorphisme canonique (7) est injectif (resp. bijectif). ↩ 7 05PR
  • Lemme 1 Pour tout homomorphisme u : F → F', le diagramme ↩ 1 05PS
  • Lemme 2 Soient M, N deux sous-modules supplémentaires dans F, et soient i : M \to F, j : N \to F les injections canoniques. Le diagramme ↩ 1 05PT
  • Lemme 3 Sous les hypothèses du lemme 2, pour que ν_F soit injective (resp. surjective), il faut et il suffit que ν_M et ν_N le soient. 05PU
  • Lemme 4 Pour tout homomorphisme v : E → E', le diagramme 05PV
  • Lemme 5 Soient M et N deux sous-modules supplémentaires dans E, et soient p : E → M, q : E → N les projections canoniques. Le diagramme 05PW
  • Corollaire (i) Lorsque F est un module projectif (resp. projectif de type fini), l’homomorphisme canonique (11) est injectif (resp. bijectif). ↩ 3 05PX
  • Proposition 3 Soient C un anneau commutatif, E, F deux C-modules projectifs de type fini, u : E → F et v : F → E deux applications linéaires; on a alors Tr(v ∘ u) = Tr(u ∘ v). tag20 ↩ 3 05PY
  • Corollaire Si u₁, …, uₚ sont des endomorphismes de E, on a Tr(u₁ ∘ u₂ ∘ ⋯ ∘ uₚ) = Tr(uᵢ ∘ uᵢ₊₁ ∘ ⋯ ∘ uₚ ∘ u₁ ∘ ⋯ ∘ uᵢ₋₁) pour 1 ≤ i ≤ p (« invariance de la trace par permutation circulaire »)… 05PZ
  • Proposition 4 Lorsque l’un des couples (E₁, E₂), (E₁, F₁), (E₂, F₂) est formé de C-modules projectifs de type fini, l’homomorphisme canonique (21) est bijectif. ↩ 3 05Q0
  • Corollaire 1 Si l’un des modules E, F est projectif et de type fini, l’homomorphisme canonique (23) est bijectif. ↩ 2 05Q1
  • Corollaire 2 Soient E1, E2 deux C-modules projectifs de type fini, u1 un endomorphisme de E1, u2 un endomorphisme de E2; on a alors 05Q2
  • Remarque Si E, F, G sont trois C-modules quelconques, on vérifie aussitôt que le diagramme 05Q3

§ 5. Extension de l'anneau des scalaires

  • Proposition 1 Pour tout A-module à gauche E, l’application φ : x ↦ 1 ⊗ x de E dans le A-module ρ(ρ(E)) est A-linéaire, et l’ensemble φ(E) engendre le B-module ρ(E). En outre, pour tout B-module… ↩ 5 05QD
  • Remarque 1 La prop. 1 montre que le couple formé de E(B) et de φE est solution du problème d’application universelle (E, IV, p. 23), où Σ est l’espèce de structure de B-module à gauche (les m… ↩ 1 05QE
  • Remarque 2 Si E est un (A, (C'i); (D'j))-multimodule, F un (B, (C''h); (D''k))-multimodule, alors l’isomorphisme (2) est linéaire pour les structures de ((D'j), (C''h); (C'i), (D''k))-multimo… 0DFS
  • Remarque 3 Soient E un A-module à gauche, a un idéal bilatère de A, ρ : A → A/a l’homomorphisme canonique. Avec les notations de II, p. 60, cor. 2, le A-module E/aE est annulé par a, et est d… 0DFT
  • Corollaire Soient E, E’ deux A-modules à gauche; pour toute application A-linéaire u : E → E’, v = 1B ⊗ u est l’unique application B-linéaire rendant commutatif le diagramme 05QF
  • Proposition 2 Soient ρ : A → B, σ : B → C des homomorphismes d’anneaux. Pour tout A-module à gauche E, il existe un C-homomorphisme et un seul ↩ 9 05QG
  • Proposition 3 Soient A, B deux anneaux commutatifs, ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux, E, E' deux A-modules. Il existe un B-homomorphisme et un seul ↩ 3 05QH
  • Proposition 4 Soit E un A-module admettant une base (a_λ)_λ ∈ L; si φ : x ↦ 1 ⊗ x est l’application canonique de E dans ρ^*(E), alors (φ(a_λ))_λ ∈ L est une base de ρ^*(E). Si ρ est injectif, il… ↩ 9 05QI
  • Corollaire Pour tout A-module projectif E, le B-module ρ^*(E) est projectif. Si en outre ρ est injectif, l’application canonique de E dans ρ^*(E) est injective. ↩ 5 05QJ
  • Proposition 5 Soient E un A-module à gauche, F un B-module à gauche; les applications composées beginarraycccc ρ^*(E) & xrightarrowρ^*(φ_E) & ρ^*(ρ_*(ρ^*(E))) \\ & & xrightarrowψ_ρ^*(E) & ρ^*(E)… ↩ 1 05QK
  • Corollaire Les applications ρ^*(φ_E) et φ_ρ^*(F) sont injectives et identifient respectivement ρ^*(E) à un facteur direct de ρ^*(ρ_*(ρ^*(E))) et ρ_*(F) à un facteur direct de ρ_*(ρ^*(ρ_*(F)))… 05QL
  • Proposition 6 Soient E un A-module à gauche, F un B-module à droite. Il existe un Z-homomorphisme et un seul ρ_*(F) ⊗_A E → F ⊗_B ρ^*(E) ↩ 3 05QM
  • Proposition 7 Soient A un anneau commutatif, B un anneau, ρ : A → B un homomorphisme central, E, F deux A-modules. (i) Si B est un A-module projectif (resp. projectif de type fini), l’homomorphi… ↩ 1 05QN
  • Proposition 8 Si l’un des A-modules E, ρ_*(Bₛ) est projectif de type fini, l’homomorphisme v_E est bijectif. Cela résulte de ce qui précède et de II, p. 75, prop. 2. ↩ 4 05QO
  • Proposition 9 Soient B un anneau, A un sous-anneau de B, P un A-module à gauche projectif. Alors, si P_(B) est un B-module de type fini, P est lui-même un A-module de type fini. ↩ 1 05QP

§ 6. Limites projectives et limites inductives de modules

  • Proposition 1 Soient (E_α, f_α β), (E'_α, f'_α β), (E''_α, f''_α β) trois systèmes projectifs de A_α-modules, (u_α), (v_α) deux systèmes projectifs d’applications A_α-linéaires tels que les suit… ↩ 1 05QX
  • Remarque 1 La prop. 1 et sa démonstration sont valables pour des groupes quelconques, au changement de notation près. ↩ 1 05QY
  • Remarque 2 On notera que si l’on a des suites exactes 0 longrightarrow E'_α xrightarrowu_α E_α xrightarrowv_α E''_α longrightarrow 0 il n’en résulte pas nécessairement que la suite 0 longrigh… 0DFU
  • Proposition 2 Pour tout système projectif (E_α, f_α β) de A-modules et tout A-module F, l’application canonique u ↦ (f_α ∘ u) est un isomorphisme de Z-modules (2) l_F : Hom_A(F, lim_← E_α) → lim… ↩ 1 05QZ
  • Corollaire Pour tout homomorphisme v : F → F' de A-modules, les barv_α = Hom(v, 1_E_α) : Hom(F', E_α) → Hom(F, E_α) forment un système projectif d’applications Z-linéaires, et le diagramme (3… 05R0
  • Proposition 3 Soient (E_α, f_β α), (E'_α, f'_β α), (E''_α, f''_β α) trois systèmes inductifs de A_α-modules, (u_α), (v_α) deux systèmes inductifs d’applications A_α-linéaires tels que les suites 05R1
  • Proposition 4 Soient (E_α, f_β α) un système inductif de A_α-modules, E = lim E_α sa limite inductive, φ_α : A_α → A et f_α : E_α → E les applications canoniques pour tout α ∈ I. Si, pour tout α… ↩ 2 05R2
  • Proposition 5 Les hypothèses et notations étant celles de la prop. 4, on suppose que pour tout α ∈ I, E_α soit somme directe d’une famille (M^λ_α)_λ ∈ L de sous-modules (l’ensemble d’indices L é… ↩ 3 05R3
  • Corollaire Soit (P_α) un système inductif de parties des E_α, et soit P = lim P_α. Si pour tout α ∈ I, P_α est une partie libre (resp. une base) de E_α, alors P est une partie libre (resp. un… ↩ 1 05R4
  • Proposition 6 Pour tout système inductif (E_α, f_β α) de A-modules et tout A-module F, l’application canonique u ↦ (u ∘ f_α) est un isomorphisme de Z-modules 05R5
  • Corollaire 1 Pour tout homomorphisme v : F → F' de A-modules, les barv_α = Hom(1_E_α, v) : Hom(E_α, F) → Hom(E_α, F') forment un système projectif d’applications Z-linéaires, et le diagramme 05R6
  • Corollaire 2 Si (E_α, f_β α) est un système inductif de A-modules à gauche et E = lim_longrightarrow E_α, (E^*_α, t f_β α) est un système projectif de A-modules à droite, et lim_longleftarrow E… 05R7
  • Remarque Soient E un A-module, (M_α)_α ∈ I une famille croissante de sous-modules de E telle que E soit réunion des M_α; si j_β α : M_α → M_β (pour α ≤ β) et j_α : M_α → E sont les injectio… 05R8
  • Proposition 7 L’application Z-linéaire (7) est bijective. ↩ 8 05R9
  • Corollaire 1 Soit (E'_α, f'_β α) (resp. (F'_α, g'_β α)) un second système inductif de A_α-modules à droite (resp. à gauche); pour tout α ∈ I, soit u_α : E_α → E'_α (resp. v_α : F_α → F'_α) une… 05RA
  • Corollaire 2 Soit (E_α, f_β α) un système inductif de A_α-modules à droite et soit E'_α = E_α ⊗_A_α A le A-module obtenu par extension à A = lim → A_α de l’anneau des scalaires au moyen de l’ho… 05RB
  • Corollaire 3 Soient A un anneau, (E_α, f_βα) un système inductif de A-modules à droite, F un A-module à gauche. Alors les Z-modules varprojlim (E_α ⊗_A F) et (varprojlim E_α) ⊗_A F sont canoniq… 05RC
  • Corollaire 4 Soient M un A-module à droite, N un A module à gauche, (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille d’éléments de M, (yᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille d’éléments de N, telles que ∑ᵢ (xᵢ ⊗ yᵢ) = 0 dans M ⊗_… ↩ 1 05RD

§ 7. Espaces vectoriels

  • Théorème 1 Tout espace vectoriel sur un corps K est un K-module libre. ↩ 5 05RI
  • Théorème 2 Étant donnés un système générateur S d’un espace vectoriel E sur un corps K, et une partie libre L de E contenue dans S, il existe une base B de E telle que L ⊂ B ⊂ S. ↩ 11 05RJ
  • Lemme 1 Soit (aᵢ)_i ∈ I une famille libre d’éléments de E; si b ∈ E n’appartient pas au sous-espace F engendré par (aᵢ), la partie de E formée des aᵢ et de b est libre. ↩ 1 05RK
  • Corollaire Pour une partie B d’un espace vectoriel E, les propriétés suivantes sont équivalentes: a) B est une base de E. b) B est une partie libre maximale de E. c) B est un système générate… ↩ 1 05RL
  • Exemple Étant donné un anneau A et un sous-corps K de A, A est un espace vectoriel (à droite ou à gauche) sur K, et admet donc une base; en particulier, tout surcorps d’un corps K possède… 05RM
  • Remarque Pour qu’une famille (aᵢ)_i ∈ I d’éléments d’un espace vectoriel E sur un corps K soit libre, il faut et il suffit que, pour tout κ ∈ I, a_κ n’appartienne pas au sous-espace de E en… 05RN
  • Théorème 3 Deux bases d’un même espace vectoriel E sur un corps K sont équipotentes. ↩ 2 05RO
  • Définition 1 On appelle dimension d’un espace vectoriel E sur un corps K et on note dim_K E ou [E: K] (ou simplement dim E) le cardinal d’une quelconque des bases de E. Si M est une partie de E… ↩ 1 05RP
  • Corollaire Pour toute partie M de E, le rang de M est au plus égal à dim E. 05RQ
  • Proposition 1 (i) Pour qu’un espace vectoriel à gauche sur K soit de dimension finie n, il faut et il suffit qu’il soit isomorphe à Kₛⁿ. ↩ 2 05RR
  • Proposition 2 Soit (Eₜ)_t ∈ I une famille d’espaces vectoriels sur K. On a ↩ 3 05RS
  • Proposition 3 Soient A un anneau, tel qu’il existe un homomorphisme ρ de A dans un corps D; alors, pour tout A-module libre E, deux bases quelconques de E sont équipotentes. ↩ 3 05RU
  • Corollaire Si A est un anneau commutatif ≠ 0, E un A-module libre, deux bases quelconques de E sont équipotentes. ↩ 2 05RV
  • Remarque 2 Lorsqu’un A-module libre E est tel que deux bases quelconques de E soient équipotentes, le cardinal d’une base quelconque de E sur A s’appelle encore la dimension ou le rang de E e… 05RW
  • Remarque 3 Soit A un anneau tel que deux bases quelconques d’un A-module libre soient équipotentes, et soit K un sous-corps de A, de sorte que A peut être considéré comme espace vectoriel à g… 0DFV
  • Remarque 4 Nous verrons au chapitre VIII des exemples d’anneaux vérifiant la conclusion de la prop. 3, mais non l’hypothèse. 0DFW
  • Proposition 4 Tout sous-espace F d’un espace vectoriel E est facteur direct de E, et on a ↩ 7 05RX
  • Corollaire 1 Si E, F, G sont des espaces vectoriels sur un corps K, toute suite exacte d’applications linéaires 0 → E → F → G → 0 est scindée. 05RY
  • Corollaire 2 Soit (Eᵢ)_0 ≤ i ≤ n une famille finie d’espaces vectoriels sur un corps K. S’il existe une suite exacte d’applications linéaires ↩ 3 05RZ
  • Corollaire 3 Si M et N sont deux sous-espaces d’un espace vectoriel E, on a dim(M + N) + dim(M ∩ N) = dim M + dim N. Il suffit d’appliquer le cor. 2 à la suite exacte 0 → M ∩ N → M ⊕ N → M + N… ↩ 1 05S0
  • Corollaire 4 Pour tout sous-espace F d’un espace vectoriel E, on a dim F ≤ dim E; si E est de dimension finie, la relation dim F = dim E est équivalente à F = E. La première assertion est évide… ↩ 4 05S1
  • Corollaire 5 Si un espace vectoriel E est somme d’une famille (Fᵢ) de sous-espaces vectoriels, on a dim E ≤ ∑ᵢ dim Fᵢ. Si en outre dim E est fini, les deux membres de (8) sont égaux si et seule… 05S2
  • Définition 2 Étant donné un espace vectoriel E, on appelle codimension (par rapport à E) d’un sous-espace F de E, et on note codim_E F, ou simplement codim F, la dimension de E/F (égale à celle… 05S3
  • Proposition 5 Soient F, F' deux sous-espaces d’un espace vectoriel E, tels que F ⊂ F'. On a alors codim_E F' ≤ codim_E F ≤ dim E. Si codim_E F est finie, la relation codim_E F' = codim_E F entra… 05S4
  • Proposition 6 Si M et N sont deux sous-espaces d’un espace vectoriel E, on a codim(M + N) + codim(M ∩ N) = codim M + codim N. (10) Il suffit d’appliquer le cor. 2 de II, p. 98 à la suite exacte… 05S5
  • Proposition 7 Si (Fᵢ) est une famille finie de sous-espaces d’un espace vectoriel E, on a codim(⋂ᵢ Fᵢ) leqslant ∑ᵢ codim Fᵢ. 05S6
  • Proposition 8 Dans un espace vectoriel E sur un corps K, tout sous-espace vectoriel F est l’intersection des hyperplans qui le contiennent. ↩ 1 05S7
  • Remarque La plupart des propriétés démontrées dans ce n° pour les sous-espaces d’un espace vectoriel ne subsistent plus pour les sous-modules d’un A-module libre dont la dimension (II, p. 9… 05S8
  • Définition 3 Soient E, F deux espaces vectoriels sur un corps K. Pour toute application linéaire u de E dans F, on appelle rang de u et on note rg(u) la dimension du sous-espace u(E) de F. ↩ 1 05S9
  • Proposition 9 Soient E, F deux espaces vectoriels sur un corps K, u : E → F une application linéaire. (i) On a \text{rg}(u) \leq \inf(\dim E, \dim F). (ii) Supposons E de dimension finie; pour q… ↩ 2 05SA
  • Corollaire Soient E un espace vectoriel de dimension finie n, u un endomorphisme de E. Les propriétés suivantes sont équivalentes: a) u est bijectif; b) u est injectif; c) u est surjectif; d)… ↩ 2 05SB
  • Théorème 4 La dimension du dual E^* d’un espace vectoriel E est au moins égale à la dimension de E. Pour que E^* soit de dimension finie, il faut et il suffit que E le soit, et on a alors dim… ↩ 2 05SC
  • Corollaire Pour un espace vectoriel E, les relations E = 0 et E^* = 0 sont équivalentes. ↩ 1 05SD
  • Théorème 5 Étant données deux suites exactes d’espaces vectoriels (sur un même corps K) et d’applications linéaires ↩ 1 05SE
  • Corollaire Pour toute suite exacte ↩ 4 05SF
  • Théorème 6 Pour tout espace vectoriel E sur un corps K, l’application canonique c_E : E → E^** (II, p. 46) est injective; pour qu’elle soit bijective, il faut et il suffit que E soit de dimen… ↩ 6 05SG
  • Proposition 10 Soient E, F deux espaces vectoriels sur un même corps K, u : E → F une application linéaire. ↩ 3 05SH
  • Théorème 7 Soient E un espace vectoriel sur un corps K, F un sous-espace de E, F' l’orthogonal de F dans E. ↩ 15 05SI
  • Remarque Un sous-espace G' de E de dimension infinie n’est pas nécessairement l’orthogonal d’un sous-espace de E, autrement dit, si F est l’orthogonal de G' dans E, l’orthogonal F' de F dan… 05SJ
  • Corollaire 1 Soit (xᵢ^*)_1 ≤ i ≤ p une suite finie de formes linéaires sur E, et soit F le sous-espace de E formé des x tels que ↩ 4 05SK
  • Corollaire 2 (i) Soit (xᵢ^*)_1 ≤ i ≤ p une suite finie de formes linéaires sur E. Pour que (xᵢ^*) soit un système libre, il faut et il suffit qu’il existe une suite (xᵢ)_1 ≤ i ≤ p d’éléments de… ↩ 4 05SL
  • Corollaire 3 Soient S un ensemble, V un sous-espace vectoriel du K-espace vectoriel à droite K_d^S des applications de S dans K. Pour que dim V ≥ p (où p est un entier), il faut et il suffit qu… 05SM
  • Corollaire 4 Soient E un espace vectoriel, M, N deux sous-espaces de E, de codimensions finies; si M', N' sont les orthogonaux de M et N dans E^*, l’orthogonal de M ∩ N dans E^* est M' + N'. 05SN
  • Corollaire 5 Soit E un espace vectoriel de dimension finie n. Pour tout sous-espace F de E, de dimension p, l’orthogonal F’ de F dans E est de dimension n − p. Pour tout sous-espace G’ de E, de… 05SO
  • Proposition 11 Pour tout hyperplan H dans un espace vectoriel E, il existe une forme linéaire x0^ sur E telle que H = x0^{-1}(0). Étant donnée une telle forme x0^, pour qu’une forme linéaire x su… ↩ 1 05SP
  • Proposition 12 Soient E, F, deux espaces vectoriels sur un corps K, u : E → F une application linéaire. Pour que l’équation linéaire ↩ 1 05SQ
  • Définition 4 On appelle rang du système (21) la dimension du sous-espace de E^* engendré par la famille (xᵢ^*). 05SR
  • Proposition 13 Pour que le système (21) soit de rang fini r, il faut et il suffit que l’application linéaire u : x ↦ (⟨ x, xᵢ^* ⟩) de E dans Kₛᴵ soit de rang r. 05SS
  • Théorème 8 Soit ↩ 2 05ST
  • Remarque Lorsque le rang du système (21) est infini, la condition du th. 8 n’est plus suffisante. Par exemple, supposons que les xᵢ^* soient les formes coordonnées sur l’espace E = Kₛ⁽ᴵ⁾, I… 05SU
  • Corollaire 1 Un système d’équations linéaires scalaires dans un espace vectoriel, formé d’un nombre fini d’équations dont les premiers membres sont des formes linéairement indépendantes, admet… 05SV
  • Corollaire 2 Pour qu’un système homogène (22) d’équations à n inconnues, à coefficients dans un corps K, admette des solutions non banales formées d’éléments de K, il faut et il suffit que son… 05SW
  • Corollaire 3 Pour qu’un système linéaire (22) à coefficients et seconds membres dans un corps K, formé de n équations à n inconnues, ait une solution et une seule formée d’éléments de K, il fau… 05SX
  • Proposition 14 Étant donnés une suite exacte ↩ 9 05SY
  • Corollaire Soient K un corps, E un espace vectoriel à droite sur K, F un espace vectoriel à gauche sur K, (M_α)_α ∈ A une famille de sous-espaces vectoriels de E, (N_β)_β ∈ B une famille de s… ↩ 3 05SZ
  • Proposition 15 Si (E_λ)_λ ∈ L est une famille d’espaces vectoriels à droite sur un corps K, (F_μ)_μ ∈ M une famille d’espaces vectoriels à gauche sur K, l’application canonique ↩ 3 05T0
  • Corollaire Soit F un espace vectoriel à gauche sur K; pour tout ensemble X, l’espace vectoriel à gauche K_d^X ⊗_K F s’identifie au sous-espace de l’espace F^X de toutes les applications de X… 05T1
  • Proposition 16 (i) Soient K, L deux corps, E un espace vectoriel à gauche sur K, F un espace vectoriel à gauche sur L, G un (K, L)-bimodule. Alors le Z-homomorphisme canonique ν : Hom_K(E, G) ⊗_L… ↩ 5 05T2
  • Corollaire 1 Soient E et F deux espaces vectoriels à gauche sur un corps K; l’application canonique E^* ⊗_K F → Hom_K(E, F) 05T3
  • Corollaire 2 Soient E un espace vectoriel à droite, F un espace vectoriel à gauche sur un même corps K ; l’application canonique E ⊗_K F → Hom_K(E^*, F) (II, p. 78, formule (15)) est injective… 05T4
  • Remarque 1 Soient K un corps commutatif, E, F deux espaces vectoriels sur K, (a_λ) une base de E, (b_μ) une base de F; alors (a_λ ⊗ b_μ) est une base du K-espace vectoriel E ⊗_K F (II, p. 62… 05T5
  • Remarque 2 Soient K un corps commutatif, E₁, E₂, F₁, F₂ quatre espaces vectoriels sur K, u : E₁ → F₁, v : E₂ → F₂ deux applications linéaires; on a alors rg(u ⊗ v) = rg(u) · rg(v). En effet… 0DFX
  • Remarque 3 Sous les mêmes hypothèses que dans la Remarque 1, on a dim_K(Hom_K(E, F)) ≥ dim_K E · dim_K F. En effet, si E est isomorphe à K⁽ᴵ⁾, Hom(E, F) est isomorphe à (Hom(K, F))ᴵ (II, p. 1… 0DFY
  • Proposition 17 Soit u un élément de E ⊗_K F, M ⊂ E et N ⊂ F ses sous-espaces associés. Pour toute expression u = ∑ᵢ₌₁ˢ xᵢ ⊗ yᵢ de u, où xᵢ ∈ E et yᵢ ∈ F pour 1 ≤ i ≤ s, le sous-espace M (resp. N)… ↩ 2 05T6
  • Corollaire 1 Le rang de u est le plus petit entier s tel qu’il existe une expression u = ∑ᵢ₌₁ˢ xᵢ ⊗ yᵢ, où xᵢ ∈ E et yᵢ ∈ F pour 1 ≤ i ≤ s. Cela résulte aussitôt de la prop. 17 et de II, p. 97… 05T7
  • Corollaire 2 Soient K un corps commutatif, E, F deux espaces vectoriels sur K, L un surcorps commutatif de K. Soient u un élément de E ⊗_K F, M et N ses sous-espaces associés, u' l’image canoni… 05T8
  • Proposition 18 Soit ρ un homomorphisme d’un corps K dans un anneau A. Pour toute suite exacte de K-espaces vectoriels et d’applications K-linéaires 05T9
  • Corollaire Pour toute application K-linéaire f : E' → E, on a Im(f_(A)) = (Im(f))_(A), Ker(f_(A)) = (Ker(f))_(A), Coker(f_(A)) = (Coker(f))_(A), à des isomorphismes canoniques près. ↩ 3 05TA
  • Proposition 19 Soit ρ un homomorphisme injectif d’un corps K dans un anneau A. Pour tout espace vectoriel à gauche E sur K, l’application canonique φ : E → ρ^*(E) = A ⊗_K E est injective. En outr… ↩ 8 05TB
  • Corollaire Soit ρ un homomorphisme injectif d’un corps K dans un anneau A. Pour qu’une application K-linéaire f : E → F (où E et F sont deux espaces vectoriels sur K) soit injective (resp. su… 05TC
  • Proposition 20 Soit ρ un homomorphisme injectif d’un corps K dans un anneau A. Pour tout espace vectoriel à gauche E sur K, l’homomorphisme canonique de A-modules à droite υ : (E^*)_(A) → (E_(A))… 05TD
  • Proposition 21 Soient K un corps, L un surcorps de K. (i) Pour tout espace vectoriel E sur K, on a dim_L(E_(L)) = dim_K E. (ii) Pour toute application K-linéaire u : E → F, où E et F sont des esp… 05TE
  • Proposition 22 Soient K un corps commutatif, ρ : K → A un homomorphisme central injectif, E, F deux espaces vectoriels sur K. Alors l’homomorphisme canonique ω : A ⊗_K Hom(E, F) → Hom_A(E_(A), F_… 05TF
  • Proposition 23 Dans un module E sur un anneau intègre A, l’ensemble T des éléments non libres est un sous-module de E. ↩ 1 05TG
  • Remarque Soit E un module sur un anneau commutatif quelconque A. Si x est un élément non libre de E, tout élément du sous-module Ax est non libre. Par contre, si A contient des diviseurs de… 05TH
  • Définition 5 Dans un module E sur un anneau intègre A, on appelle sous-module de torsion de E le sous-module de E formé des éléments non libres (aussi appelés éléments de torsion de E). 05TI
  • Proposition 24 Soit A un anneau intègre. Pour tout A-module E, notons T(E) le sous-module de torsion de E. Soit f : E → E' une application A-linéaire, E et E' étant des A-modules. (i) On a f(T(E)… 05TJ
  • Corollaire 1 Pour tout A-module E, E/T(E) est sans torsion. 05TK
  • Corollaire 2 Pour toute suite exacte de A-modules et d’applications A-linéaires 05TL
  • Proposition 25 Soient A un anneau intègre, (Ei) une famille de A-modules; on a T(⨁ᵢ Eᵢ) = ⨁ᵢ T(Eᵢ). En effet, soit (xᵢ) un élément de ⨁ᵢ Eᵢ tel que xᵢ ∈ T(Eᵢ) pour tout i; alors chacun des xᵢ est… ↩ 1 05TM
  • Proposition 26 Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions, E un A-module, E_(K) = K ⊗_A E l’espace vectoriel sur K obtenu par extension de l’anneau d’opérateurs; désignons par φ l’appl… ↩ 4 05TN
  • Remarque Soient α⁻¹φ(x), β⁻¹φ(y) deux éléments de E_(K), avec α ∈ A, β ∈ A, x ∈ E, y ∈ E, α β ≠ 0. Pour que α⁻¹φ(x) = β⁻¹φ(y) il faut et il suffit que β x - α y soit un élément de torsion d… 05TO
  • Corollaire 1 Si E est un A-module sans torsion, l’application canonique φ : E → E_(K) est injective. ↩ 1 05TP
  • Corollaire 2 Soit f une application A-linéaire de E dans un espace vectoriel F sur K; si l’on a Ker(f) ⊂ T(E), l’application K-linéaire barf associée à f est injective. ↩ 1 05TQ
  • Corollaire 3 Soient E un A-module, g une application A-linéaire de E dans un espace vectoriel F sur K, telle que g(E) engendre F et que Ker(g) ⊂ T(E). Alors l’application K-linéaire barg associ… ↩ 1 05TR
  • Corollaire 4 Tout A-module de type fini est de rang fini. 05TS
  • Proposition 27 Pour toute suite exacte ↩ 2 05TT
  • Corollaire 1 Si E' est un sous-module de E, E'_(K) s’identifie canoniquement à un sous-espace vectoriel de E_(K), et (E/E')_(K) à E_(K)/E'_(K). ↩ 1 05TU
  • Corollaire 2 Pour toute application A-linéaire f : E → F, on a Ker(f_(K)) = (Ker(f))_(K), Im(f_(K)) = (Im(f))_(K), Coker(f_(K)) = (Coker(f))_(K) à des isomorphismes canoniques près. En particul… ↩ 1 05TV
  • Corollaire 3 Soient E un A-module, (x_λ)_λ ∈ L une famille d’éléments de E. Pour que (x_λ) soit une famille libre, il faut et il suffit que dans le K-espace vectoriel E_(K), la famille (1 ⊗ x_λ… 05TW

§ 8. Restriction du corps des scalaires dans les espaces vectoriels

  • Proposition 1 Soient V un espace vectoriel à droite sur K, V' une partie de V qui soit un sous-espace vectoriel sur K'. Les conditions suivantes sont équivalentes ; a) L’application K-linéaire λ… ↩ 4 05V0
  • Définition 1 Soient V un espace vectoriel à droite sur un corps K et K' un sous-corps de K. On appelle K'-structure sur V tout sous-K'-espace vectoriel V' de V qui vérifie les conditions équiva… ↩ 3 05V1
  • Exemple Soit B une base de V sur K. Pour tout sous-corps K' de K, le sous-K'-espace vectoriel de V engendré par B admet B pour base sur K', donc est une 05V2
  • Définition 2 Soient V un espace vectoriel à droite sur K, muni d’une K'-structure V'. On dit qu’un vecteur de V est rationnel sur K' s’il appartient à V'. On dit qu’un sous-K-espace vectoriel W… ↩ 1 05V3
  • Proposition 2 Soient V un espace vectoriel à droite sur K, V' une K'-structure sur V. L’application W' \mapsto W'.K est une bijection de l’ensemble des sous-K'-espaces vectoriels de V' sur l’ens… ↩ 4 05V4
  • Corollaire 1 Toute somme et toute intersection de sous-K-espaces vectoriels de V, rationnels sur K', est un sous-espace rationnel sur K'. ↩ 1 05V5
  • Corollaire 2 Toute base de V sur K, rationnelle sur K', est une base de V' sur K'. 05V6
  • Définition 3 Soient V₁, V₂ deux espaces vectoriels à droite sur K, munis respectivement de K'-structures V'₁, V'₂. On dit qu’une application K-linéaire f : V₁ → V₂ est rationnelle sur K' si l’o… 05V7
  • Proposition 3 Soient V₁, V₂ deux espaces vectoriels à droite sur K, V'₁, V'₂ des K'-structures sur V₁, V₂ respectivement. On identifie canoniquement V₁ (resp. V₂) à V'₁ ⊗_K' K (resp. V'₂ ⊗_K' K)… ↩ 5 05V8
  • Corollaire 1 Avec les notations de la prop. 3, on a Im(f) = (Im(f'))_(K), Ker(f) = (Ker(f'))_(K), Coker(f) = (Coker(f'))_(K). En particulier, pour que f soit injective (resp. surjective, nulle)… ↩ 2 05V9
  • Corollaire 2 Soit f : V₁ → V₂ une application K-linéaire, rationnelle sur K'. Pour tout sous-K-espace vectoriel W₁ de V₁ (resp. W₂ de V₂) rationnel sur K', f(W₁) (resp. f(W₂)) est un sous-K-esp… ↩ 3 05VA
  • Proposition 4 Pour qu’une application K-linéaire f : V₁ → V₂ soit rationnelle sur K', il faut et il suffit que son graphe Γ soit rationnel sur K' pour la K'-structure produit de V₁ × V₂. ↩ 2 05VB
  • Proposition 5 Soient V un espace vectoriel à droite sur K, V' une K'-structure sur V, W un sous-K-espace vectoriel de V. Pour que W soit rationnel sur K', il faut et il suffit qu’il existe un en… ↩ 1 05VC
  • Proposition 6 (i) Étant donné un système d’équations linéaires homogènes ↩ 2 05VD
  • Proposition 7 (i) Soit V un K-espace vectoriel à droite muni d’une K'-structure V'. Pour tout vecteur x ∈ V (resp. tout sous-K-espace vectoriel W de V), l’ensemble des sous-corps L de K contenan… 05VE
  • Lemme 1 Soient V un K-espace vectoriel à droite muni d’une K'-structure V', W un sous-K-espace vectoriel de V. Il existe deux sous-K-espaces vectoriels W₁, W₂ de V, rationnels sur K', tels… ↩ 1 05VF
  • Théorème 1 Soient M une partie de End_K'(K), L = χ(M) le sous-corps de K commutant de M. 05VG

§ 9. Espaces affines et espaces projectifs

  • Définition 1 Étant donné un espace vectoriel à gauche (resp. à droite) T sur un corps K, on appelle espace affine attaché à T tout ensemble homogène E du groupe additif T (I, p. 56) tel que O s… 05VM
  • Remarque Les définitions de ce n°, et une partie des résultats qui suivent, s’étendent immédiatement au cas où, au lieu d’un espace vectoriel T, on considère un groupe commutatif à opérateu… 05VN
  • Proposition 1 Soient (xi){i \in I} une famille de points d’un espace affine E, et (\lambdai){i \in I} une famille d’éléments de K, de support fini, telle que ∑_i ∈ I λᵢ = 1 (resp. ∑_i ∈ I λᵢ = 0… 05VO
  • Définition 2 Étant donné un espace affine E, on dit qu’une partie V de E est une variété linéaire affine (ou simplement une variété linéaire ou un sous-espace affine de E) si, pour toute famill… 05VP
  • Proposition 2 Pour qu’une partie non vide V d’un espace affine E soit une variété linéaire, il faut et il suffit que V soit un sous-espace vectoriel pour la structure d’espace vectoriel de E obt… 05VQ
  • Proposition 3 Étant donnée une famille (aᵢ)_i ∈ I de points d’un espace affine E, l’ensemble V des barycentres ∑_i ∈ I λᵢ aᵢ \ ((λᵢ) de support fini, ∑_i ∈ I λᵢ = 1) est une variété linéaire de… 05VR
  • Proposition 4 Pour qu’une famille non vide (aᵢ)_i ∈ I de points d’un espace affine E soit affinement liée, il faut et il suffit qu’il existe une famille (λᵢ)_i ∈ I d’éléments non tous nuls de K… 05VS
  • Proposition 5 Pour qu’une famille non vide (aᵢ)_i ∈ I de points d’un espace affine E soit affinement libre, il faut et il suffit que, quel que soit l’indice κ ∈ I, a_κ n’appartienne pas à la var… 05VT
  • Définition 3 Étant donnés deux espaces affines E, E', attachés à deux espaces vectoriels, T, T' sur un même corps K, on dit qu’une application u de E dans E' est une application linéaire affine… 05VU
  • Proposition 6 Soit u une application affine de E dans E'. Il existe une application linéaire v et une seule de T dans T' telle que 05VV
  • Définition 4 Étant donné un espace vectoriel à gauche (resp. à droite) V sur un corps K, on appelle espace projectif à gauche (resp. à droite) déduit de V, et on note P(V), le quotient du compl… ↩ 1 05VW
  • Remarque Dans un espace projectif P(V) sur un corps K, soit H = P(W) un hyperplan. Il existe une application linéaire bijective f de V sur Kₛ × W telle que f(W) = W; soit g l’application pr… 05VX

§ 10. Matrices

  • Définition 1 Soient I, K, H trois ensembles; on appelle matrice de type (I, K) à éléments dans H (ou matrice de type (I, K) sur H) toute famille M = (m_ι κ)_(ι, κ) ∈ I × K d’éléments de H dont… 05WH
  • Définition 2 On appelle transposée d’une matrice M = (m_ι k)_(ι, k) ∈ I × K et on note ᵗ M la matrice (m'_k ι)_(k, ι) ∈ K × I sur H donnée par m'_k ι = m_ι k pour tout (ι, k) ∈ I × K. 05WI
  • Remarque Les formules précédentes s’étendent à une situation plus générale. De façon précise: 05WJ
  • Proposition 1 Soient A, B deux anneaux, M = (mᵢₖ)_(i, k) ∈ I × K et M' = (m'ᵢₖ)_(i, k) ∈ I × K deux matrices à ensembles d’indices finis, sur un (A, B)-bimodule G. Supposons que pour toute unité… ↩ 2 05WK
  • Définition 3 Dans chacun des deux cas précédents, on appelle matrice de u par rapport aux bases (eᵢ), (fₖ) la matrice M(u) = (uₖᵢ)_(k, i) ∈ K × I telle que uₖᵢ = fₖ^*(u(eᵢ)) ce qui s’écrit suiv… 05WL
  • Proposition 2 Supposons I et K finis. Pour tout élément x ∈ E, la matrice M(u(x)) par rapport à la base (fₖ) est donnée par la formule beginalign* (17 D) & M(u(x)) = M(u) · M(x) \\ (17 G) & ᵗM(u… ↩ 2 05WM
  • Corollaire Soient E, F, G trois modules à droite (resp. à gauche) sur un anneau A, (eᵢ)_i ∈ I, (fₖ)_k ∈ K, (gₗ)_l ∈ L des bases finies respectives de E, F, G, u : E → F, v : F → G deux applic… ↩ 1 05WN
  • Proposition 3 Soient E, F deux A-modules à droite (resp. à gauche), (eᵢ)_i ∈ I, (fₖ)_k ∈ K des bases finies de E et F respectivement. Pour toute application linéaire u de E dans F, soit M(u) la… ↩ 6 05WO
  • Remarque 2 Soient E et F deux A-modules à gauche ayant des bases (eᵢ)_i ∈ I et (fₖ)_k ∈ K respectivement. Pour toute application A-linéaire u : E → F, on a, d’après (14 G), u(eᵢ) = ∑ₖ uₖᵢ fₖ… 0DFZ
  • Remarque 3 Soient A, B deux anneaux commutatifs, σ : A → B un homomorphisme d’anneaux. Les notations étant celles de la prop. 3, (eᵢ ⊗ 1) et (fₖ ⊗ 1) sont des bases respectives de E_(B) = E ⊗… 0DG0
  • Remarque Soient A un anneau, σ un antiendomorphisme de A (II, p. 143); considérons les deux situations suivantes: (GD) E est un A-module à gauche, F un A-module à droite, u une application… 05WQ
  • Définition 4 On appelle matrice carrée une matrice dont les lignes et les colonnes ont même ensemble d’indices. 05WR
  • Remarque On aura soin de noter qu’une matrice dont les ensembles des indices de lignes et des indices de colonnes ont même cardinal, mais ne sont pas identiques, ne doit pas être considérée… ↩ 1 05WS
  • Proposition 4 Soit E un A-module à droite ayant une base finie (eᵢ)_1 ≤ i ≤ n de n éléments. Pour qu’une famille de n éléments e'ᵢ = ∑ⱼ₌₁ⁿ eⱼ aⱼᵢ (1 ≤ i ≤ n) soit une base de E, il faut et il su… ↩ 1 05WT
  • Proposition 5 Soient (ei), (e'i) deux bases de n éléments de E, P la matrice de passage de (ei) à (e'i). Si (ei^) et (e'i^) sont les bases duales respectives de (ei) et (e'i), la matrice de pass… ↩ 2 05WU
  • Proposition 6 Soient E et F deux A-modules à droite, (ei) et (e'i) deux bases de E ayant n éléments, (fj) et (f'j) deux bases de F ayant m éléments, P la matrice de passage de (ei) à (e'i), Q la… ↩ 2 05WV
  • Corollaire 1 Si u est un endomorphisme de E, M(u) et M'(u) ses matrices par rapport aux bases (ei) et (e'i) respectivement, on a (34 D) M'(u) = P⁻¹ M(u) P. ↩ 1 05WW
  • Corollaire 2 Si M(x) et M'(x) sont les matrices à une colonne d’un même élément x ∈ E par rapport aux bases (ei) et (e'i) respectivement, on a (35 D) M(x) = P . M'(x). C’est un cas particulier… 05WX
  • Remarque 1 Partons maintenant d’un A-module à gauche E ayant deux bases (ei), (e'i) de n éléments chacune; si on pose e'ᵢ = ∑ⱼ₌₁ⁿ aⱼᵢ eⱼ on dit encore que P = (aⱼᵢ) est la matrice de passage… 05WY
  • Remarque 2 Sous les hypothèses de II, p. 152, prop. 4, considérons un élément x^* ∈ E^*; comme la matrice de passage de (eᵢ^*) à (e_i'^*) est ᵗP⁻¹ (II, p, 153, prop. 5) on a, pour les matrice… 0DG1
  • Remarque 3 Soient A, B deux anneaux, σ : A → B un homomorphisme de A dans B, E un A-module à droite (resp. à gauche), (eᵢ), (eᵢ') deux bases de n éléments de E, F un B-module à droite (resp… 0DG2
  • Définition 5 On dit que deux matrices X, X' à m lignes et n colonnes sur un anneau A sont équivalentes s’il existe une matrice carrée inversible P d’ordre m et une matrice carrée inversible Q d… 05WZ
  • Définition 6 On dit que deux matrices carrées X, X' d’ordre n sur un anneau A sont semblables s’il existe une matrice carrée inversible P d’ordre n telle que ↩ 1 05X0
  • Remarque 1 Deux matrices carrées qui ne diffèrent que par l’ordre des lignes (ou l’ordre des colonnes) sont équivalentes, mais non semblables en général. On obtient une matrice semblable à un… 05X1
  • Remarque 2 Soient X et X' deux matrices carrées d’ordre n, qui s’écrivent sous forme de matrices diagonales de matrices carrées (II, p. 152, Exemple IV) : 0DG3
  • Proposition 7 Soit C un anneau commutatif, et pour toute matrice P ∈ Mₙ(C), soit f_P la forme linéaire X ↦ Tr(PX) sur Mₙ(C); l’application P ↦ f_P est une bijection C-linéaire de Mₙ(C) sur son d… ↩ 1 05X2
  • Proposition 8 Si g est une forme linéaire sur le C-module Mₙ(C) telle que g(XY) = g(YX) quelles que soient les matrices X, Y de Mₙ(C), il existe un scalaire c ∈ C et un seul tel que g(X) = c · T… 05X3
  • Définition 7 Étant donnée une matrice X à m lignes et n colonnes sur un corps K, on appelle rang de X par rapport à K, et on note rg(X), la dimension du sous-espace de K_dᵐ engendré par les n c… ↩ 2 05X4
  • Proposition 9 Si les éléments d’une matrice X à m lignes et n colonnes appartiennent à un sous-corps K₀ d’un corps K, le rang de X par rapport à K₀ est égal au rang de X par rapport à K. 05X5
  • Proposition 10 Le rang d’une matrice X sur un corps K est égal au rang de sa transposée ᵗ X sur le corps opposé Kᵒ. 05X6
  • Proposition 11 Soit X une matrice carrée d’ordre n sur un corps K. Les propriétés suivantes sont équivalentes: a) X est inversible dans Mₙ(K). b) X est inversible à droite dans Mₙ(K). ↩ 2 05X7
  • Proposition 12 Pour qu’un système de m équations linéaires à n inconnues ↩ 1 05X8
  • Proposition 13 Soient E, F deux espaces vectoriels sur un corps K, de dimensions finies. Si u : E → F est une application linéaire de rang r, il existe des bases de E et F telles que, par rapport… ↩ 3 05X9
  • Corollaire Pour que deux matrices sur un corps, de type (m, n), soient équivalentes, il faut et il suffit qu’elles aient même rang. 05XA
  • Lemme 1 Soit X = (ξᵢⱼ) une matrice de type (m, n) sur un anneau A. Supposons que m ≥ 2 et qu’il existe un élément ξᵢ₁ de la première colonne de X qui soit inversible dans A. Alors il exist… ↩ 2 05XB
  • Proposition 14 Soit X une matrice de type (m, n) sur un corps K. Si X est de rang r, il existe deux matrices carrées inversibles P ∈ Mₘ(K), Q ∈ Mₙ(K) telles que P (resp. Q) soit produit de matric… ↩ 2 05XC
  • Corollaire 1 Si X est une matrice carrée inversible d’ordre n sur un corps K, il existe trois matrices inversibles P, Q, D d’ordre n telles que X = PDQ, P et Q étant produits de matrices de la… ↩ 2 05XD
  • Corollaire 2 Pour tout corps K, le groupe de matrices inversibles GL(n, K) est engendré par les matrices de permutation (II, p. 151, Exemple 2), les matrices diagonales diag(a, 1, …, 1) (a ≠ 0… ↩ 1 05XE
  • Remarques 1) Au chap. III, on verra que si m = n = r et si K est commutatif, alors, pour tous les choix de P et Q satisfaisant aux conditions de la prop. 14, l’élément δᵣ est toujours le mêm… 05XF

§ 11. Modules et anneaux gradués

  • Définition 1 Étant donnés un groupe commutatif G noté additivement et un ensemble Δ, on appelle graduation de type Δ sur G une famille (G_λ)_λ ∈ Δ de sous-groupes de G, dont G est somme directe… ↩ 1 05XX
  • Exemple 1 Étant donnés un monoïde commutatif Δ quelconque (ayant un élément neutre 0) et un groupe commutatif quelconque G, on définit une graduation (G_λ)_λ ∈ Δ sur G en prenant G₀ = G et G… 05XY
  • Exemple 2 Soient Δ, Δ’ deux ensembles, ρ une application de Δ dans Δ’. Soit (G_λ)_λ ∈ Δ une graduation de type Δ sur un groupe commutatif G ; pour μ ∈ Δ', soit G'_μ la somme des G_λ tels que… 0DG4
  • Exemple 3 Si Δ = Δ₁ × Δ₂ est un produit de deux ensembles, on dit qu’une graduation de type Δ est une bigraduation de types Δ₁, Δ₂. Pour tout λ ∈ Δ₁, posons G'_λ = ⨁_μ ∈ Δ₂ G_λ μ, et pour to… 0DG5
  • Exemple 4 Soient Δ₀ un monoïde commutatif noté additivement, ayant un élément neutre noté 0 ; soit I un ensemble quelconque, et désignons par Δ₀⁽ᴵ⁾ = Δ le sous-monoïde du produit Δ₀ᴵ formé d… 0DG6
  • Définition 2 Étant donnés un anneau A et une graduation (A_λ) de type Δ sur le groupe additif A, on dit que cette graduation est compatible avec la structure d’anneau de A si l’on a 05XZ
  • Proposition 1 Si tout élément de Δ est simplifiable et si (A_λ) est une graduation de type Δ compatible avec la structure d’un anneau A, A₀ est un sous-anneau de A (et en particulier on a 1 ∈ A₀… ↩ 2 05Y0
  • Définition 3 Soient A un anneau gradué de type Δ, (A_λ) sa graduation, M un A-module à gauche (resp. à droite) ; on dit qu’une graduation (M_λ) de type Δ sur le groupe additif M est compatible… 05Y1
  • Exemple 1 Sur un anneau quelconque A, la graduation triviale de type Δ est compatible avec la structure d’anneau. Si A est gradué par la graduation triviale, pour qu’une graduation (M_λ) de… 05Y2
  • Exemple 2 Soient A un anneau gradué de type Δ, M un A-module gradué de type Δ, ρ un homomorphisme de Δ dans un monoïde commutatif Δ' dont l’élément neutre est noté 0. Alors A est un anneau g… ↩ 3 05Y5
  • Exemple 3 Soient A un anneau gradué de type Δ, M un A-module gradué de type Δ, λ₀ un élément de Δ; pour tout λ ∈ Δ, soit M'_λ = M_λ + λ₀, et soit M' le Z-module ⨁_λ ∈ Δ M'_λ. Comme A_λ M'_μ… 0DG7
  • Exemple 4 Soit B un anneau commutatif. L’anneau de polynômes B[X] à une indéterminée est gradué de type N par les sous-groupes BXⁿ (n geqslant 0) (cf. III, p. 25, et IV). 0DG8
  • Exemple 5 Soient B un anneau commutatif, E un B-module, Q une forme quadratique sur E, C(Q) l’algèbre de Clifford de Q (cf. IX, § 9). Les sous-B-modules C⁺(Q) et C⁻(Q) forment sur C(Q) une g… 0DG9
  • Définition 4 Soient A, A' deux anneaux gradués de même type Δ, (A_λ), (A'_λ) leurs graduations respectives. On dit qu’un homomorphisme d’anneaux h : A → A' est gradué si l’on a h(A_λ) ⊂ A'_λ po… ↩ 1 05Y4
  • Exemple 6 Si M est un A-module gradué, M(λ₀) un A-module gradué obtenu par décalage (II, p. 165, Exemple 3), l’application Z-linéaire de M(λ₀) dans M qui coïncide avec l’injection canonique… 0DGA
  • Exemple 7 Si a est un élément homogène de degré δ appartenant au centre de A, l’homothétie x ↦ ax d’un A-module gradué quelconque M est un homomorphisme gradué de degré δ. 0DGB
  • Proposition 2 Soient A un anneau gradué de type Δ, M un A-module gradué de type Δ, (M_λ) sa graduation, N un sous-A-module de M. Les propriétés suivantes sont équivalentes: ↩ 7 05Y6
  • Corollaire 1 Si N est un sous-module gradué de M et si (xᵢ) est un système générateur de N, les composantes homogènes des xᵢ forment un système générateur de N. ↩ 1 05Y7
  • Corollaire 2 Si N est un sous-module gradué de type fini de M, N admet un système générateur fini formé d’éléments homogènes. 05Y8
  • Proposition 3 Soient A un anneau gradué de type Δ, M et N deux A-modules gradués de type Δ, u : M → N un A-homomorphisme gradué de degré δ. Alors: (i) Im(u) est un sous-module gradué de N. ↩ 2 05Y9
  • Corollaire Soient A, B deux anneaux gradués de type Δ, u : A → B un homomorphisme gradué d’anneaux gradués. Alors Im(u) est un sous-anneau gradué de B, Ker(u) un idéal bilatère gradué de A, e… 05YA
  • Proposition 4 Soient A un anneau gradué de type Δ, M un A-module gradué de type Δ. (i) Toute somme et toute intersection de sous-modules gradués de M est un sous-module gradué. (ii) Si x est un… ↩ 1 05YB
  • Proposition 5 Soit A un anneau gradué de type Δ. Si tout élément de Δ est simplifiable, alors, pour tout élément homogène a ∈ A, le commutant de a dans A (I, p. 7) est un sous-anneau gradué de A… ↩ 1 05YD
  • Corollaire Si tout élément de Δ est simplifiable, le commutant d’un sous-anneau gradué B de A (et en particulier le centre de A) est un sous-anneau gradué de A. ↩ 1 05YE
  • Proposition 6 Soient Δ un groupe commutatif ordonné, A un anneau gradué de type Δ, (A_λ) sa graduation, M un A-module gradué de type Δ, (M_λ) sa graduation. Supposons que la relation A_λ ≠ 0 imp… ↩ 4 05YF
  • Corollaire 1 Les hypothèses sur Δ et A étant celles de la prop. 6, si M est un A-module gradué de type fini tel que 𝔍₀ M = M, on a M = 0. ↩ 2 05YG
  • Corollaire 2 Les hypothèses sur Δ et A étant celles de la prop. 6, soient M un A-module gradué de type fini, N un sous-module gradué de M tel que N + 𝔍₀ M = M; alors on a N = M. 05YH
  • Corollaire 3 Les hypothèses sur Δ et A étant celles de la prop. 6, soit u : M → N un homomorphisme gradué de A-modules à droite gradués, N étant supposé de type fini. Si l’homomorphisme ↩ 1 05YI
  • Remarque Il résulte de la démonstration du cor. 1 que les cor. 1 et 2 (resp. le cor. 3) sont encore valables lorsqu’au lieu de supposer que M (resp. N) est de type fini, on fait l’hypothèse… 05YJ
  • Proposition 7 Supposons que Δ = Z. Les hypothèses sur A et M étant celles de la prop. 6, on considère le A₀-module gradué N = M / J₀ M, et on suppose vérifiées les conditions suivantes: ↩ 4 05YK
  • Lemme 1 Pour qu’un groupe commutatif Δ soit tel qu’il existe sur Δ un ordre total compatible avec la structure de groupe de Δ, il faut et il suffit que Δ soit sans torsion. 05YL
  • Proposition 8 Soient Δ un groupe commutatif sans torsion, A un anneau gradué de type Δ. Si le produit dans A de deux éléments homogènes ≠ 0 est ≠ 0, l’anneau A n’a pas de diviseur de 0. ↩ 2 05YM
  • Remarque Lorsque A est muni de la graduation triviale (II, p. 163, Exemple 1), (M ⊗_A N)_λ est alors simplement la somme directe des sous-C-modules M_μ ⊗_A N_ν de M ⊗_A N tels que μ + ν = λ… 05YN
  • Remarque Si M et N sont des A-modules à gauche gradués, Homgr_A(M, N) est en général distinct de Hom_A(M, N). Toutefois ces deux ensembles sont égaux lorsque M est un A-module de type fini… 05YO

III. Algèbres tensorielles, algèbres extérieures, algèbres symétriques

§ 1. Algèbres

  • Définition 1 Soit A un anneau commutatif. On appelle algèbre sur A (ou A-algèbre, ou simplement algèbre lorsqu’aucune confusion n’est à craindre), un ensemble E muni d’une structure définie par… 05YR
  • Exemple 1 Tout anneau commutatif A peut être considéré comme une A-algèbre (associative et commutative). 05YS
  • Exemple 2 Soit E un pseudo-anneau (I, p. 93). La multiplication dans E et l’unique structure de \mathbf{Z}-module de E définissent sur E une structure de \mathbf{Z}-algèbre associative. 0DGC
  • Exemple 3 Soient F un ensemble, A un anneau commutatif. L’ensemble A^F de toutes les applications de F dans A, muni de la structure d’anneau produit (I, p. 103) et de la structure de A-modul… 0DGD
  • Exemple 4 Soit E une A-algèbre ; les lois internes (x, y) ↦ xy + yx et (x, y) ↦ xy - yx définissent (avec la structure de A-module de E) deux structures de A-algèbres sur E, qui ne sont pas… 0DGE
  • Définition 2 Etant données deux algèbres E, E′ sur un anneau commutatif A, on appelle homomorphisme de E dans E′ une application f : E → E' telle que: 1) f soit un homomorphisme de A-modules… ↩ 1 05YT
  • Proposition 1 Pour toute A-algèbre E, l’application canonique φ_E : x ↦ x ⊗ 1 de E dans E_(B) est un A-homomorphisme d’algèbres. En outre, pour toute B-algèbre F, et tout A-homomorphisme f : E →… ↩ 1 05YU
  • Corollaire Soient E, E' deux A-algèbres; pour tout A-homomorphisme d’algèbres u : E → E', u ⊗ 1_B est l’unique B-homomorphisme d’algèbres v : E ⊗_A B → E' ⊗_A B rendant commutatif le diagramm… 05YV

§ 2. Exemples d’algèbres

  • Proposition 1 Une algèbre quadratique E est associative et commutative. ↩ 1 05YX
  • Proposition 2 Soient E une A-algèbre quadratique, e son élément unité. Pour tout u ∈ E, soit T(u) la trace de l’endomorphisme mᵤ : x ↦ ux du A-module libre E (II, p. 78). Alors l’application s d… ↩ 1 05YY
  • Proposition 3 Soit E une A-algèbre quadratique de type (α, β). 05YZ
  • Définition 1 On appelle algèbre cayleyenne sur A un couple (E, s), où E est une algèbre sur A ayant un élément unité e, et s est un antiautomorphisme de E tel que l’on ait u + s(u) ∈ Ae et u.s(… ↩ 1 05Z0
  • Proposition 4 Soient E une A-algèbre, s et s' des antiautomorphismes de E tels que (E, s) et (E, s') soient des algèbres cayleyennes. Si E admet une base contenant l’élément unité e, on a s' = s… 05Z1
  • Proposition 5 (i) Le couple (F, t) est une algèbre cayleyenne sur A. (ii) Posons j = (0, e) de sorte que (x, y) = xe + yj pour x ∈ E, y ∈ E. La trace et la norme cayleyennes T_F et N_F de F sont… ↩ 3 05Z2
  • Exemples 1) Si l’on prend E = A (donc s = 1_A), l’algèbre F est une A-algèbre quadratique, de base (e, j) avec j² = γ e. 05Z3
  • Proposition 6 Soient S un magma, F une A-algèbre et f un homomorphisme de S dans F munie de sa seule structure multiplicative. Alors il existe un homomorphisme de A-algèbres barf : A^(S) → F et… ↩ 3 05Z4
  • Corollaire Soient S, S’ deux magmas, g : S → S’ un homomorphisme. Il existe alors un homomorphisme de A-algèbres u : A^(S) → A^(S') et un seul rendant commutatif le diagramme 05Z5
  • Exemple Soient V un A-module, S un monoïde qui opère à gauche dans V; cela signifie (I, p. 49) qu’on se donne une application (s, x) ↦ s.x de S dans V telle que s.(x + y) = s.x + s.y,\ s.(… 05Z6
  • Définition 2 Soit I un ensemble ; désignons par M(I) (resp. Mo(I), resp. N⁽ᴵ⁾) le magma libre (I, p. 77) (resp. le monoïde libre (I, p. 79), resp. le monoïde commutatif libre (I, p. 88)) constr… ↩ 3 05Z7
  • Proposition 7 Soient I un ensemble, F une algèbre (resp. une algèbre associative unifère, resp. une algèbre associative et commutative unifère) sur A. Pour toute application f : I → F, il existe… ↩ 6 05Z8
  • Remarque 1 Nous définirons plus loin un isomorphisme de LibasA(I) sur l’algèbre tensorielle du module libre A⁽ᴵ⁾ (III, p. 62) ainsi qu’un isomorphisme de LibascA(I) sur l’algèbre symétrique d… 05Z9
  • Remarque 2 Soit ρ un homomorphisme unifère de A dans un anneau commutatif B. Comme on l’a vu dans III, p. 20, on déduit de ρ un isomorphisme σ de LibB(I) (resp. LibasB(I), resp. LibascB(I)) s… 0DGF
  • Remarque 3 Soit J une partie de I; on sait que M(J) s’identifie à une partie stable du magma M(I), donc (III, p. 20) Lib_A(J) s’identifie canoniquement à une sous-algèbre de Lib_A(I), engendr… 0DGG
  • Remarque 4 À tout élément s de M(I) (resp. Mo(I), resp. N⁽ᴵ⁾) est associé sa longueur l(s), qui est un entier geqslant 1 (resp. geqslant 0) tel que l(ss') = l(s) + l(s') (I, p. 77, p. 79 et p… 0DGH
  • Exemple 1 Prenons H = 1, 2, 3; les algèbres qui admettent (X₁ X₂) X₃ - X₁ (X₂ X₃) comme relateur universel sont les algèbres associatives. Les algèbres qui admettent 05ZA
  • Exemple 2 Soit L’ l’algèbre universelle engendrée par I et soumise aux identités (uv)w - u(vw) = 0 pour toute famille de trois éléments de L’, et soit L” l’algèbre obtenue par adjonction à L… 0DGI
  • Exemple 3 Soit L' l’algèbre associative unifère universelle engendrée par I et soumise aux identités uv - vu = 0 pour toute famille de deux éléments de L'. On voit comme dans III, p. 24, Exe… 05ZB
  • Proposition 8 Soient A[(Xᵢ)_i ∈ I] une algèbre de polynômes, J une partie de I, K le complémentaire de J dans I. Si on pose A' = A[(Xⱼ)_j ∈ J] et si on note X'ₖ (k ∈ K) les indéterminées dans l’… ↩ 1 05ZC
  • Remarque Soient I et J deux ensembles, (Pⱼ)_j ∈ J une famille d’éléments de Z[(Xᵢ)_i ∈ I]; si Q est un élément de Z[(Yⱼ)_j ∈ J] tel que Q((Pⱼ)_j ∈ J) = 0, alors, pour toute famille (bᵢ)_i ∈… 05ZD

§ 3. Algèbres graduées

  • Définition 1 Soient Δ un monoïde commutatif, A un anneau commutatif gradué de type Δ (II, p. 164), (A_λ)_λ ∈ Δ sa graduation, E une A-algèbre. On dit qu’une graduation (E_λ)_λ ∈ Δ de type Δ sur… ↩ 1 0603
  • Remarque La définition 1 peut encore s’interpréter en disant que E est un A-module gradué et que l’application A-linéaire 0604
  • Exemple 1 Soit B un anneau gradué de type Δ; si on munit B de sa structure canonique de Z-algèbre (III, p. 2, Exemple 2), B est une A-algèbre graduée (Z étant muni de la graduation triviale)… 0605
  • Exemple 2 Soient A un anneau commutatif gradué de type Δ, M un A-module gradué de type Δ. Supposons que tous les éléments du monoïde Δ soient simplifiables, ce qui permet (II, p. 175) de déf… 0DGJ
  • Exemple 3 Algèbre d’un magma. Soient S un magma et soit φ : S → Δ un homomorphisme. Pour tout λ ∈ Δ, posons S_λ = φ⁻¹(λ); on a alors S_λ S_μ ⊂ S_λ + μ. Soient A un anneau commutatif gradué d… 0DGK
  • Proposition 1 Soient A un anneau commutatif gradué de type Δ, E une A-algèbre graduée de type Δ, S un ensemble d’éléments homogènes de E. Alors la sous-A-algèbre (resp. l’idéal à gauche, l’idéal… ↩ 1 0606

§ 4. Produits tensoriels d’algèbres

  • Définition 1 Etant donnée une famille finie (Eᵢ)_i ∈ I d’algèbres sur A, on appelle produit tensoriel de cette famille, et on note ⨂_i ∈ I Eᵢ (ou, lorsque I est l’intervalle [1, n] de N, E₁ ⊗_A… 0608
  • Proposition 1 Soient E, F deux A-algèbres, a (resp. b) un idéal bilatère de E (resp. F). Alors l’isomorphisme canonique de A-modules 0609
  • Corollaire 1 Soient E une A-algèbre, a un idéal de A. Alors le A-module aE est un idéal bilatère de E, et l’isomorphisme canonique de (A/a)-modules ↩ 1 060A
  • Corollaire 2 Si a, b sont deux idéaux de A, la A-algèbre (A/a) ⊗_A (A/b) est canoniquement isomorphe à A/(a + b). 060B
  • Corollaire 3 Soient E, F deux A-algèbres, a un idéal de A contenu dans l’annulateur de F. Alors la (A/a)-algèbre E ⊗_A F est canoniquement isomorphe à (E/aE) ⊗_A/a F. 060C
  • Proposition 2 Soient (E_λ)_λ ∈ L et (F_μ)_μ ∈ M deux familles de A-algèbres. L’application canonique (II, p. 61) 060D
  • Proposition 3 Soient A, B deux anneaux commutatifs, φ : A → B un homomorphisme d’anneaux, E, F deux A-algèbres. Alors l’isomorphisme canonique de B-modules ↩ 1 060E
  • Proposition 4 Soient A, B deux anneaux commutatifs, φ : A → B un homomorphisme d’anneaux, E une A-algèbre, F une B-algèbre. Alors l’isomorphisme canonique de A-modules 060F
  • Proposition 5 Soit (Eᵢ)_i ∈ I une famille finie de A-algèbres, et, pour chaque i ∈ I, soit eᵢ l’élément unité de Eᵢ. Pour chaque i ∈ I, soit uᵢ : Eᵢ → E = ⨂_k ∈ I Eₖ l’application A-linéaire déf… ↩ 7 060G
  • Corollaire Soient (Eᵢ)_i ∈ I, (Fᵢ)_i ∈ I deux familles finies de A-algèbres, et, pour tout i ∈ I, soit fᵢ : Eᵢ → Fᵢ un homomorphisme d’algèbres. Si uᵢ : Eᵢ → ⨂_j ∈ I Eⱼ, vᵢ : Fᵢ → ⨂_j ∈ I Fⱼ… 060H
  • Définition 2 Soit E une A-algèbre (unifère). On appelle E-module à gauche (resp. à droite) un module à gauche (resp. à droite) sur l’anneau sous-jacent à E. 060I
  • Définition 3 Soient E et F deux A-algèbres (unifères), M un ensemble muni d’une structure de E-module et d’une structure de F-module. On dit que M est un bimodule (à gauche) sur les algèbres E… ↩ 1 060J
  • Exemple 1 Soit B une A-algèbre; l’anneau B est canoniquement muni d’une structure de (B, B)-bimodule (II, p. 34, Exemple 1), et si e est l’élément unité de B, on a (α e)x = x(α e) = α x pour… 060K
  • Exemple 2 Soient E et F deux A-algèbres, e, e' leurs éléments unités respectifs, M un E-module, N un F-module; ces structures de module définissent sur M une structure de bimodule sur les an… 0DGL
  • Proposition 6 Soient E, F deux algèbres sur un corps commutatif K, non réduites à 0, C (resp. D) une sous-algèbre de E (resp. F), C' (resp. D') la commutante de C dans E (resp. de D dans F). Alo… ↩ 2 060L
  • Corollaire Si Z et Z' sont les centres respectifs de E et F, le centre de E ⊗_K F est Z ⊗_K Z'. ↩ 1 060M
  • Définition 4 Etant donnée une algèbre G sur un corps commutatif K, on dit que deux sous-algèbres E, F de G sont linéairement disjointes sur K si elles vérifient les conditions suivantes: 1° tou… 060N
  • Proposition 7 Soient G une algèbre sur un corps commutatif K, E et F deux sous-algèbres de G telles que tout élément de E commute à tout élément de F. Pour que E et F soient linéairement disjoin… ↩ 2 060O
  • Corollaire 1 Pour que l’homomorphisme canonique de E ⊗_K F dans G soit bijectif, il faut et il suffit qu’il existe une base de E sur K qui soit une base du F-module (à droite ou à gauche) G. 060P
  • Corollaire 2 Soient E, F deux sous-algèbres de G, de rang fini sur K, telles que tout élément de E commute à tout élément de F. Pour que E et F soient linéairement disjointes sur K, il faut et… 060Q
  • Définition 5 On appelle produit tensoriel de la famille de A-algèbres (Eᵢ)_i ∈ I la limite inductive E du système inductif (E_J, f_J',J). 060R
  • Proposition 8 (i) Les homomorphismes fᵢ : Eᵢ → E = ⨂_k ∈ I Eₖ sont tels que pour deux indices i, j tels que i ≠ j, fᵢ(xᵢ) et fⱼ(xⱼ) commutent dans E quels que soient xᵢ ∈ Eᵢ et xⱼ ∈ Eⱼ; en outre… ↩ 4 060S
  • Corollaire Soient (Eᵢ)_i ∈ I, (E'ᵢ)_i ∈ I deux familles de A-algèbres ayant même ensemble d’indices, et, pour tout i ∈ I, soit uᵢ : Eᵢ → E'ᵢ un homomorphisme d’algèbres. Il existe alors un ho… ↩ 2 060T
  • Proposition 9 Soit (Eᵢ)_i ∈ I une famille de A-algèbres, et pour chaque i ∈ I, soit B une base de Eᵢ telle que l’élément unité eᵢ appartienne à Bᵢ. Soit B l’ensemble des éléments de la forme ⨂_i… ↩ 1 060U
  • Lemme 1 Soient A un anneau commutatif, E une A-algèbre, (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n une suite finie d’éléments de E, (λᵢ)_1 ≤ i ≤ n une suite finie d’éléments de A, y un élément de E; supposons que l’o… ↩ 3 060V
  • Lemme 2 Soient A un anneau commutatif, E une A-algèbre, (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n et (yᵢ)_1 ≤ i ≤ n deux suites finies de n éléments de E; supposons que pour 1 ≤ j < i ≤ n, on ait xᵢ yⱼ = λᵢⱼ yⱼ xᵢ a… ↩ 1 060W
  • Lemme 3 Soient A un anneau commutatif, E une A-algèbre, (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n une suite finie d’éléments de E, et supposons que, pour tout couple (i, j) d’entiers tel que 1 ≤ j < i < n, on ait xᵢ… ↩ 3 060X
  • Définition 6 Soit (Δᵢ)_i ∈ I une famille finie de monoïdes commutatifs, notés additives ment. On appelle système de facteurs de commutation sur les Δᵢ, à valeurs dans un anneau commutatif A, un… ↩ 1 060Y
  • Exemple 1 Le système de facteurs de commutation trivial est formé des εᵢⱼ tels que εᵢⱼ(αᵢ, βⱼ) = 1 quels que soient i, j, αᵢ ∈ Δᵢ, βⱼ ∈ Δⱼ. 060Z
  • Exemple 2 Si on prend A = Z et Δᵢ = Z pour tout i ∈ I, on a un système de facteurs de commutation en prenant εᵢⱼ(αᵢ, βⱼ) = (-1)^αᵢ βⱼ. On notera que ce nombre ne dépend que des parités de αᵢ… 0DGM
  • Proposition 10 Soient A un anneau commutatif, (Δᵢ)_i ∈ I une famille finie de monoïdes commutatifs, notés additivement; pour chaque i ∈ I, soit Eᵢ une A-algèbre graduée de type Δᵢ. Enfin, soit (ε… ↩ 8 0610
  • Remarque 1 On retrouve le produit tensoriel d’algèbres défini dans III, p. 34 (muni en outre de la graduation produit tensoriel de celles de ses facteurs) lorsque l’on prend εᵢⱼ(αᵢ, βⱼ) = 1 q… 0611
  • Remarque 2 Supposons que tous les Δᵢ soient égaux à Z, et posons εᵢⱼ(αᵢ, βⱼ) = (-1)^αᵢ βⱼ; le ε-produit tensoriel ε ⨂_i ∈ I Eᵢ correspondant à ce système de facteurs de commutation est alors… ↩ 1 0614
  • Corollaire 1 Avec les notations de la prop. 10 (III, p. 48), supposons en outre que F soit une A-algèbre graduée de type Δ, et que chaque fᵢ soit un homomorphisme d’algèbres graduées relatif à… ↩ 1 0612
  • Corollaire 2 Soient (Eᵢ)_i ∈ I, (Fᵢ)_i ∈ I deux familles finies de A-algèbres, Eᵢ et Fᵢ étant graduées de type Δᵢ pour tout i ∈ I. Pour chaque i ∈ I, soit gᵢ : Eᵢ → Fᵢ un homomorphisme d’algèbr… 0613
  • Remarque Dans la démonstration de la prop. 10 (III, p. 47), on s’est servi d’une relation d’ordre total sur I pour définir une structure d’algèbre sur le produit tensoriel ⨂_i ∈ I Eᵢ des A-… 0DGN
  • Proposition 11 (« associativité » du $\varepsilon$-produit tensoriel) Avec les notations de la prop. 10 (III, p. 47), soit (J_λ)_λ ∈ L une partition de I, et posons Δ'_λ = ∏_i ∈ J_λ Δᵢ pour tout λ ∈ L. Soit E'_λ un ε-produit tensoriel gradué de type… ↩ 1 0615
  • Proposition 12 (« associativité » du $\varepsilon$-produit tensoriel d’algèbres graduées de mêmes types) Avec les notations de III, p. 47, prop. 10, supposons que tous les Δᵢ soient égaux à un même monoïde Δ₀; soit (J_λ)_λ ∈ L une partition de I. Avec les notations de la prop. 11 de I… 0616
  • Remarque 1 Soit I un ensemble infini d’indices, Δ₀ un monoïde commutatif; désignons par (Δᵢ)_i ∈ I la famille telle que Δᵢ = Δ₀ pour tout i, et supposons donnée, pour tout couple d’indices di… 0617
  • Remarque 2 Soient E une A-algèbre graduée de type Δ₀ (où Δ₀ est un monoïde commutatif), et ρ: A → B un homomorphisme d’anneaux; la graduation de ρ^*(E) (II, p. 174) est identique à la graduat… 0DGO
  • Définition 7 On dit qu’une A-algèbre graduée E de type Z est anticommutative si, quels que soient les éléments homogènes non nuls x, y de E, on a ↩ 3 0618
  • Remarque 1 Soit E⁺ la sous-algèbre graduée de E somme directe des E₂ₙ (n ∈ Z); il résulte de la déf. 7 que si E est anticommutative, E⁺ est une sous-algèbre contenue dans le centre de E (donc… 0619
  • Remarque 2 Supposons que 2 ne soit pas diviseur de 0 dans E; alors si E est anticommutative, E est alternée, car pour x ∈ E homogène et de degré impair, on a x² = -x² d’après (36), d’où 2x² =… 061E
  • Remarque 3 Nous étudierons en détail dans III, p. 76 à 90, des exemples importants d’algèbres alternées. 0DGP
  • Lemme 4 Soient E une algèbre graduée du type Z, S un ensemble d’éléments homogènes ≠ 0; l’ensemble F des éléments de E dont toutes les composantes homogènes x ≠ 0 satisfont à la relation (… ↩ 1 061A
  • Proposition 13 Soient E une A-algèbre graduée de type Z, S un système générateur de l’algèbre E formé d’éléments homogènes ≠ 0; pour que E soit anticommutative (resp. alternée), il faut et il suf… ↩ 1 061B
  • Proposition 14 Soient E et F deux A-algèbres graduées de type Z, toutes deux anticommutatives (resp. alternées). Alors le produit tensoriel gauche E mathop⊗limits_A F (III, p. 49) est (une algèbr… ↩ 3 061C
  • Corollaire Soit E une A-algèbre graduée de type Z, anticommutative (resp. alternée). Alors, pour tout homomorphisme d’anneaux ρ : A → B, la B-algèbre graduée ρ^*(E) (III, p. 53, Remarque 2) e… 061D
  • Remarque Soit E une A-algèbre graduée de type Z anticommutative. Alors l’application A-linéaire de E ⊗_A E dans E définie par la multiplication de E (III, p. 5) est un homomorphisme de la A… 0DGQ

§ 5. Algèbre tensorielle, tenseurs

  • Définition 1 Pour tout module M sur un anneau commutatif A, on appelle algèbre tensorielle de M, et on note T(M) ou Tens (M) (ou T_A(M)), l’algèbre ⨁_n ≥ 0 Tⁿ(M) munie de la multiplication défi… 061H
  • Proposition 1 Soient E une A-algèbre (unifère), f : M → E une application A-linéaire. Il existe un homomorphisme et un seul de A-algèbres g : T(M) → E tel que f = g ∘ φ. ↩ 5 061I
  • Remarque Supposons que E soit une A-algèbre graduée de type Z, de graduation (Eₙ), et supposons en outre que l’on ait f(M) ⊂ E₁. Alors il résulte de (2) que g(Tᵖ(M)) ⊂ Eₚ pour tout p ≥ 0, d… 061J
  • Proposition 2 Soient A un anneau commutatif, M et N deux A-modules, u : M → N une application A-linéaire. Il existe un homomorphisme de A-algèbres et un seul, u': T(M) → T(N), tel que le diagram… ↩ 1 061K
  • Proposition 3 Si u : M → N est une application A-linéaire surjective, l’homomorphisme T(u) : T(M) → T(N) est surjectif, et son noyau est l’idéal bilatère de T(M) engendré par le noyau P ⊂ M ⊂ T(… ↩ 2 061L
  • Proposition 4 Soient N et P deux sous-modules d’un A-module M, tels que leur somme N + P soit facteur direct dans M, et que leur intersection N ∩ P soit facteur direct dans N et dans P. Alors le… ↩ 5 061M
  • Remarque On notera en particulier que les hypothèses de la prop. 4 sont toujours vérifiées pour des sous-modules quelconques N, P de M, lorsque A est un corps (II, p. 98, prop. 4). En outre… 061N
  • Corollaire Soient K un corps commutatif, M un espace vectoriel sur K. Pour tout élément z ∈ T(M), il existe un plus petit sous-espace vectoriel N de M tel que z ∈ T(N), et N est de rang fini… ↩ 2 061O
  • Proposition 5 Soient A, B deux anneaux commutatifs, ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux, M un A-module. Le prolongement canonique ↩ 3 061P
  • Proposition 6 Le A-homomorphisme f' = varprojlim f'_α : varprojlim T_A_α(M_α) → T_A(M) est un isomorphisme d’algèbres graduées. ↩ 2 061Q
  • Théorème 1 Soient A un anneau commutatif, M un A-module libre, (e_λ)_λ ∈ L une base de M. Alors les éléments eₛ = e_λ₁ ⊗ e_λ₂ ⊗ ⋯ ⊗ e_λₙ, où s = (λ₁ …, λₙ) parcourt l’ensemble de toutes les s… ↩ 4 061R
  • Remarque Les résultats précédents peuvent également s’obtenir comme conséquence des propriétés universelles de l’algèbre associative libre et de l’algèbre tensorielle, compte tenu de (II, p… 061S
  • Corollaire Si M est un A-module projectif, T(M) est un A-module projectif. ↩ 2 061T
  • Proposition 7 Soient Δ un monoïde commutatif, M un A-module gradué de type Δ, (M_α)_α ∈ Δ sa graduation. Pour tout couple (α, n) ∈ Δ × N, soit T^α, n(M) la somme (directe) des sous-modules M_α₁… ↩ 3 061U

§ 6. Algèbre symétrique

  • Définition 1 Soient A un anneau commutatif, M un A-module. On appelle algèbre symétrique de M, et on note S(M) ou Sym(M) ou S_A(M), l’algèbre sur A quotient de l’algèbre tensorielle T(M) par l’… ↩ 1 0626
  • Proposition 1 L’algèbre S(M) est commutative. 0627
  • Proposition 2 Soient E une A-algèbre, f : M → E une application A-linéaire telle que f(x)f(y) = f(y)f(x) quels que soient x, y dans M. ↩ 3 0628
  • Remarque 1 Supposons que E soit une A-algèbre graduée de type Z, de graduation (Eₙ), et supposons en outre que l’application linéaire f (supposée vérifier (1)) soit telle que f(M) ⊂ E₁. Alors… 0629
  • Remarque 2 Tout élément de S(M) est somme de produits de la forme x₁ x₂ … xₙ, où les xᵢ appartiennent à M; on aura soin de ne pas confondre de tels produits pris dans S(M) et les produits ana… 0DGR
  • Remarque 3 Si n! . 1 est inversible dans A, le A-module Sⁿ(M) est engendré par les éléments de la forme xⁿ, où x ∈ M; cela résulte de la remarque précédente et de (I, p. 95, prop. 2). 0DGS
  • Proposition 3 Soient A un anneau commutatif, M et N deux A-modules, u : M → N une application A-linéaire. Il existe un homomorphisme de A-algèbres et un seul, u' : S(M) → S(N), tel que le diagra… ↩ 1 062A
  • Proposition 4 Si u : M → N est une application A-linéaire surjective, l’homomorphisme S(u) : S(M) → S(N) est surjectif, et son noyau est l’idéal de S(M) engendré par le noyau P ⊂ M ⊂ S(M) de u. ↩ 1 062B
  • Proposition 5 Soient N et P deux sous-modules d’un A-module M, tels que leur somme N + P soit facteur direct dans M, et que leur intersection N ∩ P soit facteur direct dans N et dans P. Alors le… 062C
  • Corollaire Soient K un corps commutatif, M un espace vectoriel sur K. Pour tout élément z ∈ S(M), il existe un plus petit sous-espace vectoriel N de M tel que z ∈ S(N), et N est de dimension… 062D
  • Proposition 6 Soient A un anneau commutatif, M et N deux A-modules. Si, à toute application A-linéaire g : Sⁿ(M) → N (n geqslant 1) on associe l’application n-linéaire (x₁, x₂, …, xₙ) ↦ g(x₁ x₂… 062E
  • Remarque Soit σ une permutation de 𝔖ₙ; comme l’application ↩ 1 062F
  • Proposition 7 Soient A, B deux anneaux commutatifs, ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux, M un A-module. Le prolongement canonique 062G
  • Proposition 8 Le A-homomorphisme f' = varprojlim f'_α : varprojlim S_A_α(M_α) → S_A(M) est un isomorphisme d’algèbres graduées. 062H
  • Proposition 9 L’homomorphisme canonique g (formule (10)) est un isomorphisme d’algèbres graduées (cf. III, p. 53, Remarque 1). ↩ 4 062I
  • Corollaire Le A-module Sⁿ(M) est l’image par l’isomorphisme (10) (III, p. 74) du sous-module de ⨂_λ ∈ L S(M_λ) somme directe des sous-modules S^ν(M) pour toutes les familles ν = (n_λ) ∈ N⁽ᴸ⁾… ↩ 1 062J
  • Théorème 1 Soient A un anneau commutatif, M un A-module libre ayant une base (e_λ)_λ ∈ L. Pour toute application α : L → N, de support fini, posons e^α = ∏_λ ∈ L e_λ^α(λ) (produit dans l’algè… ↩ 2 062K
  • Corollaire Si M est un A-module projectif, S(M) est un A-module projectif. 062L
  • Proposition 10 Soient Δ un monoïde commutatif à élément neutre, M un A-module gradué de type Δ, (M_α)_α ∈ Δ sa graduation. Pour tout couple (α, n) ∈ Δ × N, soit S^α, n(M) le sous-module de Sⁿ(M)… 062M

§ 7. Algèbre extérieure

  • Définition 1 Soient A un anneau commutatif, M un A-module. On appelle algèbre extérieure de M, et on note ∧(M) ou Alt(M) ou ∧_A(M), l’algèbre sur A quotient de l’algèbre tensorielle T(M) par l’… 062S
  • Proposition 1 Soient E une A-algèbre, f : M → E une application A-linéaire telle que (f(x))² = 0 quel que soit x ∈ M. Il existe un homomorphisme et un seul de A-algèbres g : ∧(M) → E tel que f =… ↩ 4 062T
  • Remarques 1) Supposons que E soit une A-algèbre graduée de type Z, de graduation (Eₙ), et supposons en outre que l’application linéaire f (supposée vérifier (1)) soit telle que f(M) ⊂ E₁. Al… 062U
  • Proposition 2 Soient A un anneau commutatif, M et N deux A-modules, u : M → N une application A-linéaire. Il existe un homomorphisme de A-algèbres et un seul, u'' : ∧(M) → ∧(N), tel que le diagr… ↩ 1 062V
  • Proposition 3 Si u : M → N est une application A-linéaire surjective, l’homomorphisme ∧(u) : ∧(M) → ∧(N) est surjectif, et son noyau est l’idéal bilatère de ∧(M) engendré par le noyau P ⊂ M ⊂ ∧(… ↩ 1 062W
  • Proposition 4 Soient N et P deux sous-modules d’un A-module M, tels que leur somme N + P soit facteur direct dans M, et que leur intersection N ∩ P soit facteur direct dans N et dans P. Alors le… 062X
  • Corollaire Soient K un corps commutatif, M un espace vectoriel sur K. Pour tout élément z ∈ ∧(M), il existe un plus petit sous-espace vectoriel N de M tel que z ∈ ∧(N), et N est de dimension… ↩ 2 062Y
  • Proposition 5 (i) Soit (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n une suite finie d’éléments du module M; pour toute permutation σ du groupe symétrique 𝔖ₙ, on a ↩ 6 062Z
  • Corollaire 1 Soient H, K deux parties complémentaires de l’intervalle [1, n] de N, et soient (iₕ)_1 ≤ h ≤ p, (jₖ)_1 ≤ k ≤ n-p les suites des éléments de H et de K respectivement, rangées dans l… ↩ 1 0630
  • Lemme 1 Si σ ∈ 𝔖ₙ est la permutation telle que σ(h) = iₕ pour 1 ≤ h ≤ p, σ(h) = jₕ₋ₚ pour p + 1 ≤ h ≤ n, on a ε_σ = (-1)^ν. 0631
  • Corollaire 2 L’algèbre graduée ∧(M) est alternée (III, p. 53). Il suffit en effet d’appliquer à ∧(M) la prop. 13 de III, p. 54, en prenant pour système générateur l’ensemble M et en utilisant l… ↩ 1 0632
  • Proposition 6 Si M est un A-module de type fini, ∧(M) est un A-module de type fini; de plus, si M admet un système générateur à n éléments, on a ∧ᵖ(M) = 0 pour p > n. Soit en effet (xᵢ)_1 ≤ i ≤… ↩ 5 0633
  • Proposition 7 Soient A un anneau commutatif, M et N deux A-modules. Si, à toute application A-linéaire g : ∧ⁿ(M) → N (n ≥ 2) on associe l’application n-linéaire (9) (x₁, x₂, …, xₙ) ↦ g(x₁ ∧ x₂ ∧… ↩ 6 0634
  • Corollaire 1 Pour toute application n-linéaire alternée g : Mⁿ → N, on a, pour toute permutation σ ∈ 𝔖ₙ, g(x_σ(1), x_σ(2), …, x_σ(n)) = ε_σ g(x₁, x₂, …, xₙ) quels que soient les xᵢ ∈ M; en outr… ↩ 1 0635
  • Corollaire 2 Soit (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n une suite de n éléments de M telle que x₁ ∧ x₂ ∧ ⋯ ∧ xₙ = 0; alors, pour toute application n-linéaire alternée g : Mⁿ → N, on a g(x₁, …, xₙ) = 0. 0636
  • Corollaire 3 Soit f : Mⁿ⁻¹ → A une forme (n-1)-linéaire alternée. Si (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n est une suite de n éléments de M telle que x₁ ∧ x₂ ∧ ⋯ ∧ xₙ = 0, on a ∑ᵢ₌₁ⁿ (-1)ⁱ f(x₁, …, hatxᵢ, …, xₙ)xᵢ =… 0637
  • Remarque On dit qu’un élément z de Tⁿ(M) est un tenseur antisymétrique (contravariant) d’ordre n si σ.z = ε_σ z pour tout permutation σ ∈ 𝔖ₙ (cf. III, p. 71, Remarque); ces éléments forment… 0638
  • Proposition 8 Soient A, B deux anneaux commutatifs, ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux, M un A-module. Le prolongement canonique 0639
  • Proposition 9 Le A-homomorphisme f'' = lim longrightarrow f_α'' : lim longrightarrow ∧_A_α(M_α) → ∧_A(M) est un isomorphisme d’algèbres graduées. 063A
  • Proposition 10 L’homomorphisme canonique g (formule (14)) est un isomorphisme d’algèbres graduées. Pour prouver que g est bijectif, on définit un homomorphisme d’algèbres graduées (15) h : ∧ (M)… ↩ 5 063B
  • Remarque Soit N = ⨁_λ ∈ L N_λ la somme directe d’une seconde famille de A-modules ayant L pour ensemble d’indices, et, pour tout λ ∈ L, soit v_λ : M_λ → N_λ une application A-linéaire, d’où… 063C
  • Corollaire Le A-module ∧ⁿ(M) est l’image par l’isomorphisme (14) (III, p. 84) du sous-module de g ⨂_λ ∈ L ∧ (M_λ) somme directe des sous-modules ∧^ν(M) pour toutes les familles ν = (n_λ) ∈ N⁽… ↩ 1 063D
  • Proposition 11 Soient Δ un monoïde commutatif à élément neutre, M un A-module gradué de type Δ, (M_α)_α ∈ Δ sa graduation. Pour tout couple (α, n) ∈ Δ × N, soit ∧^α, n(M) le sous-module de ∧ⁿ(M)… ↩ 1 063E
  • Théorème 1 Soit M un A-module ayant une base (e_λ)_λ ∈ L. Munissons L d’une structure d’ensemble totalement ordonné (E, III, p. 20, th. 1), et, pour toute partie finie J de L, posons ↩ 6 063F
  • Corollaire 1 Supposons que L = 1, m; alors la base (e_J)_J ∈ B(L) de ∧(M) a 2ᵐ éléments. Pour p > m, on a ∧ᵖ(M) = 0; ∧ᵐ(M) a une base formée d’un seul élément e_L; pour 0 ≤ p ≤ m, le nombre d’é… ↩ 3 063G
  • Corollaire 2 Si M est un A-module projectif, ∧(M) est un A-module projectif. ↩ 2 063H
  • Corollaire 3 Soient M un A-module projectif, (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n une suite finie d’éléments de M. Pour qu’il existe sur M une forme n-linéaire alternée f telle que f(x₁, x₂, …, xₙ) ≠ 0, il faut et i… ↩ 2 063I
  • Proposition 12 Soit M un A-module projectif. Pour que des éléments x₁, x₂, …, xₙ de M soient linéairement dépendants, il faut et il suffit qu’il existe λ ≠ 0 dans A tel que λ x₁ ∧ x₂ ∧ ⋯ ∧ xₙ = 0… ↩ 3 063J
  • Corollaire Soient M et N deux A-modules projectifs, et soit f : M → N une application A-linéaire. Si f est injective, alors ∧(f) : ∧(M) → ∧(N) est injective. ↩ 1 063K
  • Proposition 13 Soient M un A-module, N un sous-module facteur direct de M qui est libre de dimension p, u une base de ∧ᵖ(N). Pour qu’un élément x ∈ M appartienne à N, il faut et il suffit que u ∧… ↩ 3 063L
  • Théorème 2 Soit M un A-module ayant une base finie (eᵢ)_1 ≤ i ≤ n. Pour qu’une suite (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n de n éléments de M forme une base de M, il faut et il suffit que l’élément λ ∈ A tel que x₁… ↩ 1 063M

§ 8. Déterminants

  • Définition 1 On appelle déterminant d’un endomorphisme u d’un A-module libre M de dimension finie n (II, p. 98, corollaire et Remarque 1), et on note det u, le scalaire λ tel que ∧ⁿ(u) soit l’h… 0642
  • Proposition 1 (i) Si u et v sont deux endomorphismes d’un A-module libre M de dimension finie, on a det(u ∘ v) = (det u)(det v). (ii) On a det(1_M) = 1; pour tout automorphisme u de M, det u est… ↩ 1 0643
  • Proposition 2 Soient M un A-module libre ayant une base finie (eᵢ)_1 ≤ i ≤ n, v un endomorphisme de M. Pour toute suite (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n de n éléments de M, on a 0644
  • Théorème 1 Soit M un A-module libre de dimension finie, u un endomorphisme de M. Les conditions suivantes sont équivalentes: ↩ 5 0645
  • Proposition 3 Soit M un A-module libre de dimension finie. Pour tout endomorphisme u de M, les conditions suivantes sont équivalentes; ↩ 5 0646
  • Remarque Lorsque A est un corps, la condition e) du th. 2 est équivalente à la condition g) de la prop. 3 puisqu’elles signifient toutes deux que det u ≠ 0. Il y a donc dans ce cas équivale… 0647
  • Définition 2 Soient I un ensemble fini, A un anneau commutatif, X une matrice carrée de type (I, I) sur l’anneau A (II, p. 149). On appelle déterminant de X et on note det X le déterminant de l… 0648
  • Proposition 4 Pour n vecteurs x₁, …, xₙ de Aⁿ, notons X(x₁, …, xₙ) la matrice carrée d’ordre n dont la i-ème colonne est xᵢ, pour 1 ≤ i ≤ n. Alors l’application 0649
  • Exemple 1 Le déterminant de la matrice vide est égal à 1 ; le déterminant d’une matrice carrée d’ordre 1 est égal à l’unique élément de cette matrice. Pour une matrice d’ordre 2 064A
  • Proposition 5 Si X et Y sont deux matrices carrées sur un anneau commutatif A, ayant même ensemble fini d’indices, on a ↩ 1 064B
  • Corollaire Deux matrices carrées semblables ont des déterminants égaux. En effet, si P est une matrice carrée inversible, on a det(PXP⁻¹) = det X d’après (8) et (9). 064C
  • Proposition 6 Pour que les colonnes d’une matrice carrée X d’ordre fini soient linéairement indépendantes, il faut et il suffit que det X ne soit pas un diviseur de zéro dans A. Cela résulte de… ↩ 1 064D
  • Lemme 1 Soient A un anneau commutatif, M un A-module libre ayant une base (eⱼ)_j ∈ J, où l’ensemble d’indices J est totalement ordonné. Pour tout entier p ≤ Card(J), toute fonction p-linéa… 064E
  • Proposition 7 Soient I un ensemble fini, X = (ξⱼᵢ)_(j, i) ∈ I × I une matrice carrée de type (I, I) sur un anneau commutatif A. On a alors ↩ 1 064F
  • Proposition 8 Pour toute matrice carrée X sur un anneau commutatif, le déterminant de la matrice transposée tX est égal au déterminant de X. ↩ 4 064G
  • Corollaire 1 Pour n vecteurs x₁, …, xₙ de Aⁿ, notons Y(x₁, …, xₙ) la matrice carrée d’ordre n dont la i-ème ligne est xᵢ, pour 1 ≤ i ≤ n. Alors l’application ↩ 2 064H
  • Corollaire 2 Pour une matrice carrée X d’ordre fini sur un anneau commutatif A, les conditions suivantes sont équivalentes : (i) les lignes de X sont linéairement indépendantes ; (ii) les colon… 064I
  • Corollaire 3 Soient u un endomorphisme d’un A-module libre M de dimension finie, t u l’endomorphisme transposé du dual M^* (II, p. 42, déf. 5); on a ↩ 1 064J
  • Proposition 9 Soit M un A-module ayant une base (eᵢ)_i ∈ J (finie ou non) dont l’ensemble d’indices J est totalement ordonné. Pour tout entier p > 0, soit (e_H)_H ∈ Fₚ(J) la base correspondante… ↩ 2 064K
  • Proposition 10 Soient M et N deux A-modules libres de dimensions respectives m et n, u : M → N une application linéaire, X la matrice de u par rapport à une base (eᵢ)_1 ≤ i ≤ m de M et une base (… ↩ 3 064L
  • Proposition 11 Soit M un A-module libre de dimension finie n; pour tout endomorphisme u de M et tout couple d’éléments ξ, η de A, on a ↩ 2 064M
  • Corollaire Sous les mêmes hypothèses que dans la prop. 11, on a, pour l’endomorphisme ∧(u) du A-module ∧(M) 064N
  • Proposition 12 Pour toute matrice carrée inversible X de type (n, n), l’inverse de X est donnée par la formule X⁻¹ = (det X)⁻¹ · ᵗ Y où Y est la matrice des cofacteurs de X. 064O
  • Exemple 1 Déterminant de Vandermonde. Etant donnée une suite (ζᵢ)_1 ≤ i ≤ n de n éléments de A, on appelle déterminant de Vandermonde de cette suite le déterminant V(ζ₁, ζ₂, …, ζₙ) = beginvm… 064P
  • Exemple 2 Considérons une matrice carrée d’ordre n qui se présente sous forme d’une « matrice triangulaire supérieure de matrices » (II, p. 152, Exemple IV) 0DGT
  • Exemple 3 Soient M, M’ deux A-modules libres de dimensions respectives n, n', u un endomorphisme de M, u' un endomorphisme de M’. Alors on a 0DGU
  • Proposition 13 Pour qu’un système de n équations linéaires à n inconnues sur un anneau commutatif admette au moins une solution quels que soient les seconds membres, il faut et il suffit que le d… ↩ 1 064Q
  • Proposition 14 Pour qu’un système linéaire homogène de n équations à n inconnues sur un anneau commutatif admette une solution non nulle, il faut et il suffit que le déterminant de sa matrice soi… 064R
  • Proposition 15 Soit E un espace vectoriel sur un corps commutatif; pour que p vecteurs xᵢ ∈ E (1 ≤ i ≤ p) soient linéairement indépendants, il faut et il suffit que x₁ ∧ x₂ ∧ ⋯ ∧ xₚ ≠ 0. ↩ 3 064S
  • Corollaire Soit X une matrice de type (m, n) sur un corps commutatif. Le rang de X est égal au plus grand des entiers p tels qu’il existe au moins un mineur d’ordre p de X qui soit ≠ 0. ↩ 1 064T
  • Proposition 16 Soit L = (λᵢⱼ) la matrice (de type (m, n)) du système (41). Soit M la matrice de type (m, n+1) obtenue en bordant L par la (n+1)-ème colonne (ηᵢ) (II, p. 139). Soit p le rang de L… 064U
  • Proposition 17 Soit K un corps commutatif. Le groupe unimodulaire SL(n, K) est engendré par les matrices Bᵢⱼ(λ) pour i ≠ j et λ ∈ K. ↩ 4 064V
  • Corollaire Le groupe SL(n, K) est le groupe des commutateurs de GL(n, K), sauf dans le cas où n = 2 et où K est un corps à 2 éléments. ↩ 1 064W
  • Remarque 1 On a GL(2, F₂) = SL(2, F₂); c’est un groupe résoluble d’ordre 6, dont le groupe des commutateurs est d’indice 2 (II, p. 208, exerc. 14). 064X
  • Remarque 2 Avec les mêmes notations que ci-dessus, on prouve comme dans I, p. 61, prop. 9 que l’on a, pour i < j, j - i > 1, uᵢⱼ = u_j-1,ju_i,j-1u_j-1,i⁻¹; donc le groupe SL(n, K) est engendr… 0DGV
  • Proposition 18 La suite de A[X]-homomorphismes M[X] xrightarrowψ M[X] xrightarrowφ Mᵤ longrightarrow 0 est exacte. ↩ 2 064Y
  • Proposition 19 Pour qu’une application g de M dans M’ soit un A[X]-homomorphisme de Mᵤ dans M'ᵤ, il faut et il suffit que g soit un A-homomorphisme de M dans M' tel que g ∘ u = u' ∘ g. Lorsqu’il… ↩ 2 064Z
  • Définition 3 Soient M un A-module libre de dimension finie, u un endomorphisme de M. On appelle polynôme caractéristique de u et on note χᵤ(X) le déterminant de l’endomorphisme X - baru du A[X]… ↩ 1 0650
  • Proposition 20 (« théorème de Hamilton-Cayley ») Pour tout endomorphisme u d’un A-module libre de dimension finie, on a χᵤ(u) = 0. ↩ 2 0651

§ 9. Normes et traces

  • Définition 1 Soit M un A-module admettant une base finie en tant que K-module. Pour tout a ∈ A, soit a_M l’endomorphisme x ↦ ax du K-module M. La trace, le déterminant et le polynôme caractéris… 065S
  • Proposition 1 Soit M = M₀ ⊃ M₁ ⊃ … ⊃ Mᵣ = 0 une suite décroissante de sous-modules d’un A-module M, telle que chacun des K-modules Pᵢ = Mᵢ₋₁/Mᵢ (1 ≤ i ≤ r) admette une base finie. Alors le K-mod… ↩ 4 065T
  • Proposition 2 Soient A, A' deux K-algèbres, M un A-module et M' un A'-module. On suppose que M et M' sont des K-modules libres de dimensions respectives n et n', et on considère M ⊗_K M' comme u… ↩ 3 065U
  • Définition 2 Soit A une K-algèbre qui soit un K-module libre de dimension finie. Pour tout élément a ∈ A, on appelle trace (resp. norme,¹ resp. polynôme caractéristique) de a relativement à A e… ↩ 2 065V
  • Exemple 1 Soient A une algèbre quadratique sur K de type (\alpha, \beta), (e1, e2) une base de type (\alpha, \beta) (III, p. 12 et 13). Pour x = \xi e1 + \eta e2, on a Tr{A/K}(x) = 2\xi + \b… 065W
  • Exemple 2 Soit A une algèbre de quaternions sur K. Un calcul direct permet de vérifier que l’on a Tr{A/K}(x) = 2 T(x) et N{A/K}(x) = (N(x))^2, où T et N sont la trace et la norme cayleyennes… 0DGW
  • Exemple 3 Soit A = Mn(K), et rangeons la base canonique (E{ij}) de A (II, p. 142) dans l’ordre lexicographique. On voit alors aussitôt que pour toute matrice X = \sum{i,j} \xi{ij} E{ij}, la… 0DGX
  • Proposition 3 Soit A une K-algèbre admettant une base finie. Pour qu’un élément a \in A soit inversible, il faut et il suffit que sa norme N{A/K}(a) soit inversible dans K. ↩ 2 065X
  • Proposition 4 Soit A une K-algèbre admettant une base finie. Pour tout a \in A, on a 065Y
  • Proposition 5 Soient A une K-algèbre, m un idéal bilatère de A. On suppose que A0 = A/m est un K-module libre de dimension finie n, qu’il existe un entier r 0 tel que m^r = \{0\}, et que m^{i-1}… 065Z
  • Proposition 6 Soient A une K-algèbre commutative admettant une base finie sur K, V un A-module admettant une base finie sur A. Alors V admet une base finie sur K, et pour tout A-endomorphisme u… ↩ 3 0660
  • Lemme 1 Soient Xᵢⱼ (1 ≤ i ≤ n, 1 ≤ j ≤ n) n² indéterminées, X la matrice carrée (Xᵢⱼ) d’ordre n, D(X₁₁, …, Xₙₙ) ∈ Z[X₁₁, …, Xₙₙ] le déterminant det(X). Soient d’autre part A un anneau comm… 0661
  • Corollaire Soient A une K-algèbre commutative admettant une base finie sur K, B une A-algèbre admettant une base finie sur A. Alors B admet une base finie sur K, et pour tout b ∈ B, on a (« f… 0662
  • Remarque Supposons que l’homomorphisme λ ↦ λ . 1 de K dans A soit injectif, et identifions K à son image dans A; supposons que A admette une base finie (eᵢ)_1 ≤ i ≤ n en tant que K-module… 0663
  • Définition 3 Soit A une K-algèbre admettant une base finie de n éléments. On appelle discriminant d’une suite (x₁, …, xₙ) de n éléments de A, par rapport à K, et l’on note D_A/K(x₁, …, xₙ) le d… ↩ 1 0664
  • Exemple 1 Si A est une algèbre quadratique de type (α, β) sur K, on a (avec les notations de III, p. 12) Tr(e₁) = 2,\ Tr(e₂) = β,\ Tr(e₂²) = α Tr(e₁) + β Tr(e₂) = 2α + β², d’où D_A/K(e₁, e₂)… 0665
  • Exemple 2 Soit A = K[X]/K[X]P, où P(X) = X³ + pX + q, de sorte que si x est l’image de X dans A, 1, x, x² forment une base de A sur K et x³ = -px - q. On voit aussitôt que Tr(1) = 3,\ Tr(x)… 0DGY
  • Exemple 3 Soit A une algèbre de quaternions de type (α, β, γ) sur K, (1, i, j, k) une base de A de type (α, β, γ); compte tenu de III, p. 18, formule (30), on trouve aisément Tr(1) = 4,\ Tr(… 0DGZ
  • Exemple 4 Soit A = Mₙ(K), et considérons la base canonique (Eᵢⱼ)_1 ≤ i ≤ n,\ 1 ≤ j ≤ n de A sur K (II, p. 142). Il est immédiat que Tr_A/K(Eᵢⱼ) = 0 si j ≠ i et Tr_A/K(Eᵢᵢ) = n pour tout i; o… 0DH0

§ 10. Dérivations

  • Définition 1 Pour les données précédentes et pour un facteur de commutation ε sur Δ × Δ, on appelle ε-dérivation (ou (K, ε)-dérivation) de degré δ ∈ Δ de (A, A', A'') dans (B, B', B'') un tripl… ↩ 3 0667
  • Remarque 1 On peut définir la notion de dérivation pour des modules non gradués, en convenant de munir ces modules de la graduation triviale. 0668
  • Remarque 2 Tant qu’on ne considère que des ε-dérivations d’un degré donné δ, on peut se débarrasser du facteur de commutation ε par le procédé suivant: on modifie l’application bilinéaire λ₂… 0DH1
  • Exemple 1 Soit A la R-algèbre des applications dérivables de R dans R, et soit x₀ un point de R; on peut considérer R comme A-module pour la loi d’action (f, a) ↦ f(x₀)a. Alors l’application… ↩ 1 0669
  • Exemple 2 Soit X une variété différentielle de classe C^∞, et soit A la R-algèbre graduée des formes différentielles sur X, L’application qui à toute forme différentielle ω sur X associe sa… ↩ 1 066A
  • Exemple 3 Soit A une K-algèbre associative. Pour tout a ∈ A, l’application x ↦ ax - xa est une dérivation de l’algèbre A (cf. III, p. 124). 066B
  • Exemple 4 Soient M un K-module, A l’algèbre extérieure ∧(M^*), munie de sa graduation usuelle (III, p. 76). On verra dans III, p. 167 que, pour tout x ∈ M, le produit intérieur droit i(x) es… 066C
  • Exemple 5 Reprenons la situation générale de la déf. 1 de III, p. 117, et soient overlineK un second anneau commutatif, ρ : K → overlineK un homomorphisme d’anneaux; désignons par overlineA… 066D
  • Exemple 6 Soit A une K-algèbre graduée de type Z; on définit une K-application linéaire graduée de degré 0, d : A → A en prenant, pour xₙ ∈ Aₙ (n ∈ Z), d(xₙ) = nxₙ. Cette application est une… ↩ 1 066E
  • Proposition 1 Soient d₁, d₂ deux ε-dérivations de (A, A', A''), de degrés respectifs δ₁, δ₂. Alors le ε-crochet ↩ 1 066F
  • Corollaire Supposons Δ = Z. Alors: (i) Le carré d’une antidérivation est une dérivation. (ii) Le crochet de deux dérivations est une dérivation. (iii) Le crochet d’une antidérivation et d’une… 066G
  • Proposition 2 Avec les hypothèses et notations précédentes, considérons 2n indéterminées T₁, …, Tₙ, T'₁, …, T'ₙ, et pour tout polynôme F ∈ K[X₁, …, Xₙ], posons F(T) = F(T₁, …, Tₙ), F(T') = F(T'₁… ↩ 2 066H
  • Corollaire (formule de Leibniz) Soient dᵢ (1 leqslant i leqslant n) n dérivations de (A, A', A''), deux à deux permutables. Pour tout α = (α₁, …, αₙ) ∈ Nⁿ posons 066I
  • Proposition 3 Soit d : A → E une ε-dérivation de degré δ. Alors Ker(d) est une sous-algèbre graduée de A; si A admet un élément unité, il appartient à Ker(d). ↩ 3 066J
  • Corollaire Soient d₁ et d₂ deux ε-dérivations de A dans E, de même degré δ. Si d₁ et d₂ prennent les mêmes valeurs en chaque élément d’un système générateur de l’algèbre A, on a d₁ = d₂. ↩ 1 066K
  • Proposition 4 Soit d : A → E une ε-dérivation de degré δ. Supposons que A possède un élément unité 1, et soit x un élément homogène de A, ayant un inverse x⁻¹ dans A. Alors on a 066L
  • Proposition 5 Supposons que A soit un anneau commutatif intègre, et soit L son corps des fractions. Toute dérivation de A dans un espace vectoriel E sur L (considéré comme A-module) se prolonge… ↩ 2 066M
  • Proposition 6 Supposons que A soit une K-algèbre graduée associative unifère, E un (A, A)-bimodule gradué. Si d : A → E est une ε-dérivation de degré δ, on a, pour toute suite finie (xᵢ)_1 ≤ i ≤… ↩ 1 066N
  • Corollaire Supposons que A soit une algèbre associative unifère, commutative et ayant un élément unité, et E un A-module. Si d : A → E est une dérivation, on a, pour tout entier n geqslant 0, 066O
  • Proposition 7 Supposons que A soit une algèbre graduée associative unifère et E un (A, A)-bimodule gradué. Soit d : A → E une ε-dérivation de degré δ, et a un élément homogène de degré α de Z_ε… ↩ 1 066P
  • Proposition 8 Soit A une K-algèbre graduée. 066Q
  • Corollaire Soit A une algèbre graduée associative. Pour deux éléments homogènes a, b de A, on a 066R
  • Proposition 9 Soient A, B deux K-algèbres graduées, E un (A,A)-bimodule gradué, F un (B,B)-bimodule gradué; soient ρ : A → B un homomorphisme d’algèbres graduées, θ : E → F un A-homomorphisme de… ↩ 6 066S
  • Corollaire Soit S un système générateur de l’algèbre A. Pour que d'∘ρ = θ∘ d, il faut et il suffit que d'(ρ(x)) = θ(d(x)) pour tout x ∈ S. ↩ 1 066T
  • Proposition 10 Sous les conditions de la prop. 9, pour qu’une ε-dérivation d' : B → F soit A-linéaire pour les structures de A-module à gauche (resp. à droite) de B et de ρ_*(F), il faut et il su… ↩ 1 066U
  • Proposition 11 Sous les conditions précédentes, on a une suite exacte de K-homomorphismes 0 longrightarrow D_B(C,G) oversetulongrightarrow D_A(C,G) oversetvlongrightarrow D_A(B,G) où u est l’inje… ↩ 2 066V
  • Proposition 12 Pour qu’une application K-linéaire graduée f : A → E de degré δ soit une ε-dérivation, il faut et il suffit que l’application x ↦ (x, f(x)) de A dans A ⊕ E(δ) soit un homomorphisme… ↩ 1 066W
  • Proposition 13 Pour que l’algèbre A ⊕ E(δ) soit associative et unifère, il faut et il suffit que A soit associative et unifère et que les applications (a, x) ↦ a.x et (a, x) ↦ x.a définissent sur… ↩ 1 066X
  • Proposition 14 Soient A un anneau commutatif, M un A-module, B la A-algèbre T(M) (resp. S(M), resp. ∧(M)), E un (B,B)-bimodule. Soient d₀ : A → E une dérivation de l’anneau A dans le A-module E… ↩ 2 066Y
  • Corollaire Soit M un K-module gradué de type Δ; on munit les K-algèbres T(M), S(M) et ∧(M) des graduations correspondantes de type Δ' = Δ × Z (III, p. 62, prop. 7, III, p. 76, prop. 10 et III… ↩ 1 066Z
  • Proposition 15 Si M est un K-module libre de rang fini n, alors, pour tout endomorphisme s de M, la restriction à ∧ⁿ(M) de la dérivation Dₛ est l’homothétie de rapport Tr(s). 0670
  • Proposition 16 Soient A une K-algèbre commutative, Mᵢ (1 ≤ i ≤ n) et P des A-modules, H le A-module des applications A-multilinéaires de M₁ × M₂ × ⋯ × Mₙ dans P. On suppose donnée une K-dérivatio… ↩ 1 0671
  • Lemme 1 L’application δ_A : x ↦ x ⊗ 1 - 1 ⊗ x est une K-dérivation de A dans I, et I est engendré, en tant que A-module à gauche, par l’image de δ_A. ↩ 2 0673
  • Proposition 17 La dérivation δ_A possède la propriété universelle suivante: pour toute (A, A)-bimodule E et toute K-dérivation d : A → E, il existe un homomorphisme de (A, A)-bimodules f : I → E… ↩ 1 0674
  • Proposition 18 Soient A une K-algèbre commutative, 𝔍 l’idéal noyau de l’homomorphisme canonique surjectif m : A ⊗_K A → A, de sorte que A est isomorphe à (A ⊗_K A)/𝔍 et que 𝔍/𝔍² est canoniquement… ↩ 2 0675
  • Exemple Soit M un K-module; il résulte de la prop. 14 de III, p. 128 que pour tout S(M)-module E, l’application D ↦ D|_M définit un isomorphisme de S(M)-modules de D_K(S(M), E) sur Hom_K(M… 0676
  • Proposition 19 Soit 0677
  • Proposition 20 Supposons que l’on ait A' = A ⊗_K K', η': K' → A' et u: A → A' étant les homomorphismes canoniques. Alors l’application A'-linéaire ↩ 1 0678
  • Proposition 21 La suite d’applications B-linéaires ↩ 1 0679
  • Proposition 22 Soient 𝔍 un idéal de la K-algèbre commutative A, B = A/𝔍, et u : A → B l’homomorphisme canonique. La suite des applications B-linéaires ↩ 2 067A
  • Proposition 23 Soient A une K-algèbre intègre, B son corps des fractions, u : A → B l’injection canonique. Alors Ω₀(u) : Ω_K(A) ⊗_A B → Ω_K(B) est un isomorphisme. 067B

§ 11. Cogèbres, produits de formes multilinéaires, produits intérieurs et dualité

  • Définition 1 On appelle cogèbre sur A (ou A-cogèbre, ou simplement cogèbre si aucune confusion n’en résulte) un ensemble E muni d’une structure définie par les données suivantes: 1) une structu… 067H
  • Définition 2 Etant données deux cogèbres E, E', dont les coproduits sont notés respectivement c et c', on appelle morphisme de E dans E' une application A-linéaire u : E → E' telle que l’on ait ↩ 1 067I
  • Exemple 1 L’isomorphisme canonique A → A ⊗_A A (II, p. 56) définit sur A une structure de A-cogèbre. ↩ 1 067J
  • Exemple 2 Soient E une cogèbre, c son coproduit, σ l’automorphisme canonique du A-module E ⊗_A E tel que σ(x ⊗ y) = y ⊗ x pour x ∈ E,\ y ∈ E; l’application A-linéaire σ ∘ c définit sur E une… ↩ 1 067K
  • Exemple 3 Soit B une A-algèbre, et soit m : B ⊗_A B → B l’application A-linéaire définissant la multiplication dans B (III, p. 5). La transposée ᵗ m est donc une application A-linéaire du du… 0DH2
  • Exemple 4 Soient X un ensemble, A^(X) le A-module des combinaisons linéaires formelles des éléments de X à coefficients dans A (II p. 25), (eₓ)_x ∈ X la base canonique de A^(X). On définit u… 0DH3
  • Exemple 5 Soient M un A-module, T(M) l’algèbre tensorielle de M (III, p. 56); d’après (II, p. 71) il existe une application A-linéaire et une seule c du A-module T(M) dans le A-module T(M) ⊗… 0DH4
  • Exemple 6 Soient M un A-module, S(M) l’algèbre symétrique de M (III, p. 67); l’application diagonale Δ : x ↦ (x, x) de M dans M × M est une application A-linéaire, à laquelle correspond donc… 0DH5
  • Exemple 7 Soit M un A-module, et procédons pour l’algèbre extérieure ∧(M) de la même manière que pour S(M) dans l’Exemple 6; l’application diagonale Δ : M → M × M définit cette fois un homom… 0DH6
  • Exemple 8 Soient E, F deux A-cogèbres, c, c' leurs coproduits respectifs. Désignons par τ : (E ⊗_A E) ⊗_A (F ⊗_A F) → (E ⊗_A F) ⊗_A (E ⊗_A F) l’isomorphisme d’associativité tel que τ((x ⊗ x'… 0DH7
  • Exemple 9 Il est immédiat que les cogèbres T(M), S(M), et Λ(M) définies ci-dessus sont des cogèbres graduées. 0DH8
  • Exemple 1 Prenons pour E la cogèbre graduée T(M) (III, p. 139), et supposons N, N', N'' munis de la graduation triviale. Un homomorphisme gradué de degré -p de T(M) dans N (resp. N', N'') co… 067L
  • Exemple 2 Prenons pour E la cogèbre graduée S(M) (III, p. 139), en conservant les mêmes hypothèses sur N, N', N''. Un homomorphisme gradué de degré -p de S(M) dans N correspond alors à une a… ↩ 1 067O
  • Exemple 3 Prenons pour E la cogèbre graduée ∧(M) (III, p. 140). On déduit alors de la même manière, d’une application multilinéaire alternée u : Mᵖ → N et d’une application multilinéaire alt… ↩ 5 067Q
  • Remarque Supposons que les Eₚ soient des A-modules projectifs de type fini, de sorte que l’on peut identifier canoniquement les A-modules gradués (E ⊗_A E)^*gr et E^*gr ⊗_A E^*gr (II, p. 80… 067M
  • Proposition 1 Soit E une cogèbre sur A. Afin que, pour toute A-algèbre associative B, la A-algèbre Hom_A(E, B) soit associative, il faut et il suffit que le coproduit c : E → E ⊗_A E soit tel qu… ↩ 1 067N
  • Exemple 4 On vérifie aussitôt que la cogèbre A (III, p. 139, Exemple 1), la cogèbre A⁽ˣ⁾ (III, p. 139, Exemple 4) et la cogèbre T(M) (III, p. 139, Exemple 5) sont coassociatives. Si B est un… ↩ 3 067S
  • Proposition 2 Soit E une cogèbre sur A. Afin que, pour toute A-algèbre commutative B, la A-algèbre Hom_A(E, B) soit commutative, il faut et il suffit que le coproduit c : E → E ⊗_A E soit tel qu… ↩ 2 067P
  • Exemple 5 Il est immédiat que la cogèbre A (III, p. 139, Exemple 1) et la cogèbre A⁽ˣ⁾ (III, p. 139, Exemple 4) sont cocommutatives. Il résulte de la formule (5) de III, p. 140, que la cogèb… 0DH9
  • Proposition 3 Soit E une cogèbre sur A. Afin que, pour toute A-algèbre unifière B, la A-algèbre Hom_A(E, B) soit unifière, il faut et il suffit qu’il existe une forme linéaire γ sur E rendant co… ↩ 1 067R
  • Exemple 6 L’application identique est la coïunité de la cogèbre A ; sur la cogèbre A^(X) (III, p. 139, Exemple 4), la forme linéaire γ telle que γ(eₓ) = 1 pour tout x ∈ X est la coïunité. Su… 0DHA
  • Proposition 4 Soit E une cogèbre admettant une coïunité γ, et supposons qu’il existe dans E un élément e tel que γ(e) = 1; alors E est somme directe des sous-A-modules Ae et E_γ = Ker(γ), et l’o… ↩ 2 067T
  • Remarque Soient C une A-cogèbre coassociative et coünifère, B une A-algèbre associative unifère et M un B-module à gauche. L’application A-bilinéaire (b, m) ↦ bm de B × M dans M définit une… 067U
  • Proposition 5 (i) Soit E une cogèbre graduée admettant une coïunité γ; alors γ est une forme linéaire homogène de degré 0. ↩ 2 067V
  • Proposition 6 Soit E une cogèbre graduée sur A. Afin que, pour toute A-algèbre commutative B, munie de la graduation triviale, la A-algèbre graduée de type Z, Homgr_A(E, B) (III, p. 143) soit an… ↩ 1 067W
  • Exemple Il résulte aussitôt de la formule (8) de III, p. 140 que pour tout A-module M, la cogèbre graduée ∧(M) est anticommutative. 067X
  • Définition 3 On appelle bigèbre graduée (resp. bigèbre graduée gauche) sur un anneau A un ensemble E muni d’une structure de A-algèbre graduée de type N et d’une structure de ↩ 4 067Y
  • Exemple 1 Soit S un monoïde d’élément neutre u, de sorte que l’algèbre E = A^(S) du monoïde S sur A admet l’élément unité eᵤ (III, p. 19); on a vu d’autre part que E est muni canoniquement d… 067Z
  • Exemple 2 Soit M un A-module. Les structures de A-algèbre graduée (III, p. 67) et de A-cogèbre graduée (III, p. 139, Exemple 6) définies sur S(M) définissent sur cet ensemble une structure d… 0DHB
  • Exemple 3 Soit M un A-module. On voit comme dans l’Exemple 2) que sur ∧(M) les structures de A-algèbre graduée (III, p. 76) et de A-cogèbre graduée (III, p. 140, Exemple 7) définissent sur c… 0DHC
  • Remarque Si M est un A-module tel que M ⊗_A M ≠ 0, les structures de A-algèbre graduée (III, p. 56) et de A-cogèbre graduée (III, p. 139, Exemple 5) sur T(M) ne définissent pas une structur… 0680
  • Lemme 1 (i) Dans l’algèbre associative E^* = Hom_A(E, A), le produit de n éléments u₁, u₂, …, uₙ est donné par u₁ u₂ … uₙ = mₙ ∘ (u₁ ⊗ u₂ ⊗ ⋯ ⊗ uₙ) ∘ cₙ. (ii) Supposons en outre la cogèbre… 0681
  • Proposition 7 Soit M un A-module projectif de type fini. Alors les homomorphismes canoniques θ_T : T(M^*) → T(M)^*gr et θ_∧ : ∧(M^*) → (∧(M)^*gr)⁰ sont bijectifs. En outre le dual gradué ∧(M)^*g… ↩ 4 0682
  • Lemme 2 Soit ↩ 1 0683
  • Proposition 8 Supposons que l’anneau A soit une algèbre sur le corps Q des nombres rationnels ; alors, pour tout A-module projectif de type fini M, l’homomorphisme ↩ 2 0684
  • Remarque Soient M un A-module, ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux commutatifs. On a alors un diagramme d’homomorphismes de B-algèbres graduées 0685
  • Exemple On peut en particulier appliquer ce qui précède lorsque E est l’une des algèbres graduées T(M), S(M) ou ∧(M) pour un A-module M, et P un A-module (muni de la graduation triviale)… 0686
  • Exemple On peut en particulier appliquer ce qui précède lorsque E est l’une des cogèbres graduées T(M), S(M) ou ∧(M) pour un A-module M (III, p. 139–140, Exemples 5, 6 et 7). Pour explicit… 0687
  • Proposition 9 Soit E une bigèbre graduée (resp. une bigèbre graduée gauche). Pour tout élément x de degré 1 dans E, les produits intérieurs gauche et droit par x sont des dérivations (resp. des… ↩ 1 0688
  • Remarque 1 Soient E une bigèbre graduée sur A et N, N', N'' trois A-modules gradués. Soit m une application A-bilinéaire de N × N' dans N''; pour u ∈ HomgrA(E, N) et v ∈ HomgrA(E, N'), notons… 0689
  • Remarque 2 Le même raisonnement que dans la démonstration précédente prouve, plus généralement, que pour tout x ∈ E, si c(x) = ∑ⱼ x'ⱼ ⊗ x''ⱼ, on a, quels que soient u, v dans Egr, la « formul… 0DHD
  • Proposition 10 Soit E une bigèbre graduée (resp. une bigèbre graduée gauche). Pour tout élément f de degré 1 dans Egr, les produits intérieurs gauche et droit par f sont des dérivations (resp. de… 068A
  • Exemple Les prop. 9 et 10 s’appliquent en particulier à la bigèbre graduée S(M) et à la bigèbre graduée gauche ∧(M). Les produits intérieurs par des éléments de degré 1 de S(M) (resp. S(M)… 068B
  • Proposition 11 L’homomorphisme canonique θ_T : T(M^*) → T(M)^*gr (resp. θ_S : S(M^*) → S(M)^*gr, resp. θ_∧ : ∧(M^*) → ∧(M)^*gr) est un homomorphisme de T(M)-modules à droite (resp. de S(M)-module… ↩ 2 068C
  • Remarque La donnée de la base (eᵢ)_1 ≤ i ≤ n permet d’identifier l’algèbre S(M) à l’algèbre de polynômes A[X₁, …, Xₙ] (III, p. 75); la formule (75) montre que le produit intérieur par e^*α… 068D
  • Proposition 12 Soit M un A-module libre de dimension n; soit e ∈ ∧ⁿ(M) un élément formant une base de ∧ⁿ(M), et soit e^* l’élément de ∧ⁿ(M^*) tel que (-1)^n(n-1)/2 θ_∧(e^*) soit la base duale de… ↩ 2 068E
  • Proposition 13 Avec les hypothèses et notations de la prop. 11, on a, pour tout endomorphisme g du A-module M ↩ 2 068F
  • Corollaire Pour tout automorphisme g de E, on a ↩ 1 068G
  • Proposition 14 (i) L’orthogonal de M_z dans E^* est l’ensemble des x^* ∈ E^* tels que x^* ⊥ z = 0. 068H
  • Proposition 15 Soit E un espace vectoriel de dimension n, et soit e un élément ≠ 0 de ∧ᵖ(E) (formant donc une base de cet espace vectoriel). Soit φ : ∧(E) → ∧(E^*) l’isomorphisme d’espaces vector… ↩ 1 068I
  • Corollaire Si E est de dimension n, tout (n-1)-vecteur non nul sur E est pur. 068J
  • Proposition 16 Pour qu’un élément z ≠ 0 de ∧ᵖ(E) soit pur, il faut et il suffit que l’on ait, pour tout u^* ∈ ∧ᵖ⁻¹(E^*) 068K

App. 0. Algèbres alternatives. Octonions

  • Lemme 1 Quels que soient p, q, r, s dans l’algèbre F, on a a(pq, r, s) - a(p, qr, s) + a(p, q, rs) = a(p, q, r)s + pa(q, r, s). La vérification résulte aussitôt de la définition (1). 069A
  • Proposition 1 Pour une A-algèbre F, les conditions suivantes sont équivalentes: a) Pour tout couple d’éléments x, y de F, la sous-algèbre engendrée par x et y est associative. b) L’application t… ↩ 4 069B
  • Lemme 2 Soient E une A-algèbre telle que l’application trilinéaire (x, y, z) ↦ a(x, y, z) soit alternée, S un système générateur de E, U un sous-A-module de E contenant S et tel que sU ⊂ U… ↩ 1 069C
  • Lemme 3 Supposons l’application a alternée. Si H est une partie fortement associative de F, la sous-algèbre de F engendrée par H est fortement associative. Comme l’ensemble des parties for… ↩ 1 069D
  • Lemme 4 Supposons l’application a alternée. Alors, pour tout x ∈ F, la sous-algèbre de F engendrée par x est fortement associative. ↩ 1 069E
  • Lemme 5 Supposons l’application a alternée, et soient X, Y deux sous-algèbres fortement associatives de F. Alors la sous-algèbre E engendrée par X ∪ Y est associative. 069F
  • Définition 1 On dit qu’une A-algèbre F est alternative si elle satisfait aux condition équivalentes de la prop. 1. 069G
  • Proposition 2 Soient A un anneau, F une A-algèbre cayleyenne, e son élément unité, s : x ↦ barx sa conjugaison, N : F → A sa norme cayleyenne (III, p. 15). ↩ 2 069H
  • Proposition 3 Soient E une A-algèbre cayleyenne, γ un élément de A et F l’extension cayleyenne de E définie par γ et la conjugaison de E (III, p. 17, prop. 5). Pour que F soit alternative, il fa… ↩ 2 069I
  • Proposition 4 Soit F une algèbre d’octonions de type (−1, 0, −1, −1) sur A. Il existe un espace vectoriel V de dimension 3 sur le corps à deux éléments Z/2Z et une bijection λ ↦ e'_λ de V sur la… 069J
  • Remarque Comme bare'_λ = -e'_λ pour λ ≠ 0, on a e'²_λ = -e₀ pour λ ≠ 0, e'_μ e'_λ = -e'_λ e'_μ pour λ ≠ 0, μ ≠ 0 et μ ≠ λ. 069K

IV. Polynômes et fractions rationnelles

§ 1. Polynômes

  • Proposition 1 Soient u et v deux polynômes. 069O
  • Proposition 2 Soit a = (aᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de A et soit u ∈ A[X]. Soit v le polynôme obtenu par substitution de Xᵢ + aᵢ à Xᵢ pour tout i ∈ I. Le terme constant de v est égal à u(a)… ↩ 1 069P
  • Corollaire 1 Soit m l’idéal des polynômes u ∈ A[X] tels que u(a) = 0. Alors m est engendré par les polynômes Xᵢ - aᵢ (pour i ∈ I). ↩ 1 069Q
  • Corollaire 2 Soient X = (Xᵢ)_i ∈ I et Y = (Yᵢ)_i ∈ I deux familles d’indéterminées. L’ensemble D des polynômes u ∈ A[X, Y] tels que u(X, X) = 0 est l’idéal de A[X, Y] engendré par les polynômes… 069R
  • Proposition 3 Soient u ∈ A[X] et X.Z la famille (Xᵢ Z)_i ∈ I d’éléments de l’anneau de polynômes A[X][Z]. Le coefficient de Zᵏ dans u(X.Z) est la composante homogène de degré k de u, pour tout e… 069S
  • Corollaire Pour qu’un polynôme u ∈ A[X] soit homogène de degré k, il faut et il suffit que l’on ait : u(X.Z) = u(X).Zᵏ . 069T
  • Remarque Soit x ∈ A'. Soit f l’application u ↦ u(x) de A[X] dans A. Soit M un A-module. Considérons l’homomorphisme 1 ⊗ f de M[X] = M ⊗_A A[X] dans M ⊗_A A = M. Pour tout v ∈ M[X], on a (1… 069U
  • Proposition 4 Soient E une A-algèbre associative, commutative et unifère, x = (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de E, u un élément de A[(Xᵢ)_i ∈ I], et y = u(x). Pour toute dérivation D de E dan… ↩ 1 069V
  • Corollaire Soient f ∈ A[X₁, ..., Xₚ] et gᵢ ∈ A[Y₁, ..., Y_q] pour 1 ≤ i ≤ p. Posons h = f(g₁, ..., gₚ). Alors, pour 1 ≤ j ≤ q, on a 069W
  • Proposition 5 Quels que soient u ∈ A[X] et ν ∈ N⁽ᴵ⁾, on a ↩ 1 069X
  • Proposition 6 (« identité d’Euler ») Soit u ∈ A[X] un polynôme homogène de degré r. On a 069Y
  • Proposition 7 Soient f ∈ A[X] un polynôme non nul en une indéterminée, α son coefficient dominant. Si α est simplifiable dans A (en particulier si f est unitaire), on a, pour tout élément non nu… ↩ 4 069Z
  • Proposition 8 Si A est intègre, A[(Xᵢ)_i ∈ I] est intègre. ↩ 3 06A0
  • Corollaire 1 Si A est intègre, et si u, v sont des éléments de A[(Xᵢ)_i ∈ I], on a deg(uv) = deg u + deg v. ↩ 1 06A1
  • Corollaire 2 Si A est intègre, les éléments inversibles de A[(Xᵢ)_i ∈ I] sont les éléments inversibles de A. 06A2
  • Proposition 9 Soit u ∈ A[(Xᵢ)_i ∈ I]. Pour que u soit nilpotent dans l’anneau A[(Xᵢ)_i ∈ I], il faut et il suffit que tous ses coefficients soient nilpotents dans l’anneau A. 06A3
  • Remarque Soient u et v des éléments de A[(Xᵢ)_i ∈ I]. On suppose que A est intègre, que v est multiple non nul de u, et que v est homogène. Alors u est homogène. En effet, soit u' ∈ A[(Xᵢ)_… 06A4
  • Proposition 10 Soient f et g des éléments non nuls de A[X] de degrés respectifs m et n. Soient α₀ le coefficient dominant de f, et μ = sup(n - m + 1, 0). Il existe u, v ∈ A[X] tels que ↩ 1 06A5
  • Corollaire (« division euclidienne des polynômes ») Soient f un élément non nul de A[X] dont le coefficient dominant est inversible, et m = deg f. 06A6
  • Proposition 11 Soit K un corps commutatif. ↩ 1 06A7
  • Proposition 12 Soient K un corps commutatif et f, g deux éléments de K[X]. Pour tout polynôme d dans K[X], les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 3 06A8
  • Définition 1 Avec les notations de la prop. 12, on dit que d est un plus grand commun diviseur (en abrégé pgcd) de f et g. On dit que f et g sont étrangers, ou premiers entre eux, ou que f est… 06A9
  • Corollaire 1 Soient d un pgcd de f et g, K' un corps commutatif contenant K comme sous-corps. Alors d est un pgcd de f et g considérés comme éléments de K'[X]. 06AA
  • Corollaire 2 Soit d un pgcd de f et g. (i) Si u ∈ K[X], du est un pgcd de fu et gu. (ii) Si v ∈ K[X] est un diviseur non nul de f et g, d|v est un pgcd de f/v et g/v. ↩ 2 06AB
  • Corollaire 3 Soit w un diviseur commun de f et g. Pour que w soit un pgcd de f et g, il faut et il suffit que f/w et g/w soient étrangers. 06AC
  • Corollaire 4 Soient f, g, h ∈ K[X]. Si f divise gh et est étranger à g, alors f divise h. 06AD
  • Corollaire 5 Soient f, g ∈ K[X]. Pour que f et g soient étrangers, il faut et il suffit que l’image canonique de g dans K[X]/(f) soit inversible. 06AE
  • Corollaire 6 Soient f, g₁, g₂, …, gₙ ∈ K[X]. Si f est étranger à g₁, g₂, …, gₙ, alors f est étranger à g₁ g₂ ⋯ gₙ. 06AF
  • Définition 2 Soit K un corps commutatif. On dit que f ∈ K[X] est irréductible si deg f ≥ 1, et si f n’est divisible par aucun polynôme g tel que 0 < deg g < deg f. 06AG
  • Proposition 13 Soit J l’ensemble des polynômes unitaires irréductibles de K[X]. Soient f un élément non nul de K[X], α son coefficient dominant. Il existe une famille (vₚ)_p ∈ J à support fini d’… 06AH

§ 2. Zéros des polynômes

  • Proposition 1 Soient f ∈ A[X] et α ∈ A. Le reste de la division de f par X - α est f(α). Pour que α soit racine de f, il faut et il suffit que X - α soit un diviseur de f dans A[X]. ↩ 2 06AO
  • Proposition 2 Soient f ∈ A[X], α ∈ A, et h un entier geqslant 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) f est divisible par (X - α)ʰ mais non par (X - α)ʰ⁺¹; (ii) il existe g ∈ A[X] te… ↩ 2 06AP
  • Proposition 3 Soient f un élément non nul de A[X], et α ∈ A. Il existe un entier h geqslant 0 et un seul qui satisfait aux conditions (i) et (ii) de la prop. 2. C’est évident sur la condition (i… 06AQ
  • Définition 1 Avec les notations précédentes, on dit que α est d’ordre h, ou de multiplicité h, relativement à f. ↩ 1 06AR
  • Remarque 1 Si f = 0, on convient de dire que α est d’ordre geqslant h relativement à f, quels que soient α ∈ A et l’entier h geqslant 0. Quels que soient f ∈ A[X] et α ∈ A, dire que α est d’o… 06AS
  • Remarque 2 Soit B un anneau commutatif contenant A comme sous-anneau. Soient f ∈ A[X] non nul et α ∈ A. L’ordre de α relativement à f est le même, que l’on considère f comme élément de B[X] o… 06AT
  • Proposition 4 Soient f et g des éléments non nuls de A[X]. Soit α ∈ A, et soient p et q les ordres de α relativement à f et g. ↩ 1 06AU
  • Proposition 5 Supposons A intègre. Soient f un élément non nul de A[X], α₁, …, αₚ des racines de f dans A deux à deux distinctes, d’ordres k₁, …, kₚ. On a ↩ 3 06AV
  • Théorème 1 Supposons A intègre. Soient f un élément non nul de A[X], n son degré. La somme des ordres de toutes les racines de f dans A est ≤ n. ↩ 2 06AW
  • Corollaire On suppose A intègre. Soient f, g ∈ A[X], de degrés ≤ n. S’il existe n + 1 éléments x₁, …, xₙ₊₁ de A, deux à deux distincts, tels que f(xᵢ) = g(xᵢ) pour 1 ≤ i ≤ n + 1, on a f = g. ↩ 1 06AX
  • Proposition 6 (formule d’interpolation de Lagrange) Soient K un corps commutatif, α₁, α₂, …, αₙ des éléments distincts de K, et β₁, β₂, …, βₙ des éléments de K. Pour i = 1, 2, …, n, posons ↩ 2 06AY
  • Corollaire Supposons A intègre. Soit f ∈ A[X], de degré < n, et soit K un sous-anneau de A qui est un corps. S’il existe n éléments α₁, …, αₙ de A, distincts, et tels que αᵢ ∈ K et f(αᵢ) ∈ K… 06AZ
  • Proposition 7 Soient f ∈ A[X], et α ∈ A une racine de f. Pour que α soit racine simple de f, il faut et il suffit que α ne soit pas racine de la dérivée Df de f. ↩ 3 06B0
  • Proposition 8 Soient f ∈ A[X], et α ∈ A. Supposons que α soit d’ordre k ≥ 1 relativement à f. Alors α est d’ordre ≥ k - 1 relativement à Df. Si k . 1 est simplifiable dans A, alors α est d’ordre… ↩ 2 06B1
  • Corollaire Soient f ∈ A[X], α ∈ A, et p un entier ≥ 0. On suppose que p!.1 est simplifiable dans A. Alors, pour que α soit racine d’ordre p de f, il faut et il suffit que α soit racine de f… 06B2
  • Proposition 9 On suppose A intègre. Soient I un ensemble, (Hᵢ)_i ∈ I une famille de parties infinies de A, et H = ∏_i ∈ I Hᵢ ⊂ Aᴵ. Soit f un élément non nul de A[(Xᵢ)_i ∈ I]. ↩ 3 06B3
  • Corollaire 1 On conserve les hypothèses et les notations de la prop. 9. Si I est non vide, H_f est infini. 06B4
  • Corollaire 2 On suppose que A est intègre et infini ou que A est une algèbre sur un corps infini. Pour tout f ∈ A[(Xᵢ)_i ∈ I], soit tildef : Aᴵ → A la fonction polynomiale définie par f (IV, p… ↩ 4 06B5
  • Théorème 2 (principe du prolongement des identités algébriques) Supposons A intègre et infini. Soient g₁, ..., gₘ, f des éléments de A[(Xᵢ)_i ∈ I]. On fait les hypothèses suivantes : ↩ 4 06B6
  • Scholie Soient A un anneau intègre et f ∈ A[(Xᵢ)_i ∈ I]. Le th. 2 fournit un moyen commode pour prouver que f = 0. Il suffit de considérer un anneau intègre infini E contenant A comme sous… 06B7

§ 3. Fractions rationnelles

  • Définition 1 Soient K un corps commutatif, I un ensemble. Le corps des fractions (I, p. 110) de l’anneau intègre K[(Xᵢ)_i ∈ I] se note K((Xᵢ)_i ∈ I) ou K(Xᵢ)_i ∈ I. Ses éléments s’appellent les… 06BL
  • Proposition 1 Soient r, s deux fractions rationnelles. (i) Si deg r ≠ deg s, on a r + s ≠ 0 et deg(r + s) = sup(deg r, deg s) . Si deg r = deg s, on a deg(r + s) ≤ deg r. (ii) On a deg(rs) = deg… 06BM
  • Proposition 2 Soient K un corps commutatif, E une K-algèbre associative unifère, x = (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de E deux à deux permutables. L’ensemble Sₓ⁻¹B des f ∈ K((Xᵢ)_i ∈ I) telles… ↩ 2 06BN
  • Corollaire Soient L un corps commutatif, K un sous-corps de L, x = (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de L, M l’ensemble des xᵢ, U l’ensemble des f ∈ K((Xᵢ)_i ∈ I) telles que x soit substituab… 0DHG
  • Proposition 3 Soit E une algèbre sur K, associative, commutative, unifère et non nulle. Soit f ∈ K((Xᵢ)_i ∈ I). Pour tout i ∈ I, soit gᵢ ∈ K((Yₗ)_l ∈ L). Soit y = (yₗ)_l ∈ L une famille d’élémen… 06BP
  • Proposition 4 Soient E une K-algèbre associative, commutative et unifère, x = (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de E, et f ∈ K((Xᵢ)_i ∈ I). On suppose que x est substituable dans f. Soit y = f(x… 06BQ

§ 4. Séries formelles

  • Lemme 1 Soient L un ensemble infini et (u_λ)_λ ∈ L une famille d’éléments de A[[I]]. Posons u_λ = ∑_ν α_λ,ν X^ν pour λ ∈ L. Les conditions suivantes sont équivalentes : 06BY
  • Remarque Supposons I fini. Pour tout entier n ≥ 0, soit bₙ l’ensemble des séries formelles u ∈ A[[I]] telles que ω(u) ≥ n. La suite (bₙ)_n ≥ 0 est un système fondamental de voisinages de 0… 06BZ
  • Proposition 1 Soient (u_λ)_λ ∈ L et (v_μ)_μ ∈ M deux familles sommables d’éléments de A[[I]]. Alors la famille (u_λ v_μ)_(λ, μ) ∈ L × M est sommable et l’on a ∑_(λ, μ) ∈ L × M u_λ v_μ = (∑_λ ∈ L… 06C0
  • Proposition 2 Soit (u_λ)_λ ∈ L une famille sommable d’éléments de A[[I]]. (i) La famille (1 + u_λ)_λ ∈ L est multipliable. (ii) Soit 𝔉 l’ensemble des parties finies de L. Pour M ∈ 𝔉, posons u_M… ↩ 2 06C1
  • Proposition 3 Soient u = ∑_ν α_ν X^ν ∈ A[[I]], et m un entier > 0. Pour tout n ∈ N, soit (α_ν,n)_ν ∈ N⁽ᴵ⁾ la famille des coefficients de uⁿ. Supposons que α₀ᵐ = 0. On a α_ν,n = 0 pour n ≥ |ν| +… ↩ 1 06C2
  • Corollaire Soit u ∈ A[[I]]. Pour que l’on ait lim_n → ∞ uⁿ = 0, il faut et il suffit que le terme constant de u soit nilpotent. Soit α₀ le terme constant de u. Le terme constant de uⁿ est α₀ⁿ… ↩ 1 06C3
  • Proposition 4 Soient I un ensemble, E une A-algèbre associative, commutative et unifière, linéairement topologisée, séparée et complète. (i) Soit φ un homomorphisme continu de A[[I]] dans E et s… ↩ 3 06C4
  • Proposition 5 Dans l’anneau A[[T]] des séries formelles en une indéterminée, le polynôme 1 - T est inversible, et l’on a (1 - T)⁻¹ = ∑ₙ₌₀^∞ Tⁿ. ↩ 3 06C5
  • Proposition 6 Soit u ∈ A[[I]]. Pour que u soit inversible dans A[[I]], il faut et il suffit que son terme constant soit inversible dans A. ↩ 3 06C6
  • Remarque Soit M l’ensemble des séries formelles de terme constant égal à 1. D’après la prop. 6, M est un groupe commutatif pour la multiplication ; le groupe multiplicatif de A[[I]] est pro… 06C7
  • Remarque 1 On dit souvent que Dᵢ u est la dérivée partielle de u par rapport à Xᵢ ; on emploie aussi les notations D_Xᵢ u, (∂ u)/(∂ Xᵢ) et u'_Xᵢ. Pour une seule indéterminée X, l’unique dériv… 0DHH
  • Remarque 2 La formule (9) montre que les endomorphismes Δᵖ du A-module A[[X]] commutent deux à deux. Il en est donc de même des endomorphismes Dᵢ. 0DHI
  • Remarque 3 Si u ∈ A[(Xᵢ)_i ∈ I] est un polynôme, les polynômes Δᵖ u et Dᵢ u définis dans IV, p. 6 et 7, coïncident avec les séries formelles désignées ici par le même symbole. 0DHJ
  • Proposition 7 Soit (yᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de E. Lorsque I est infini, on suppose que yᵢ tend vers 0 selon le filtre des complémentaires des parties finies de I. Il existe alors une un… ↩ 1 06C8
  • Corollaire 1 Soit Δ une dérivation continue de la A-algèbre E. Pour toute série formelle u ∈ A[[I]], la famille ((Dᵢu)(x).Δ xᵢ)_i ∈ I est sommable et l’on a (17) Δ(u(x)) = ∑_i ∈ I (Dᵢu)(x).Δ xᵢ… ↩ 3 06C9
  • Corollaire 2 La dérivation Dᵢ est l’unique dérivation continue de la A-algèbre A[[I]] telle que (18) Dᵢ(Xᵢ) = 1 , Dᵢ(Xⱼ) = 0 pour j ≠ i . 06CA
  • Corollaire 3 Soient f ∈ A[[X₁, ..., Xₚ]] et gᵢ ∈ A[[Y₁, ..., Y_q]] pour 1 ≤ i ≤ p. Supposons que, pour 1 ≤ i ≤ p, le terme constant de gᵢ soit nul. Posons h = f(g₁, ..., gₚ). Alors, pour 1 ≤ j… ↩ 1 06CB
  • Proposition 8 Soit X = (Xᵢ)_i ∈ I une famille finie d’indéterminées. 06CC
  • Proposition 9 Soient (u_λ)_λ ∈ L une famille sommable d’éléments sans terme constant de A[[I]] et D une dérivation continue de la A-algèbre A[[I]]. Posons f = ∏_λ ∈ L (1 + u_λ) (IV, p. 25, prop… 06CD
  • Lemme 2 Soit (gᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments d’ordre geqslant 2 dans A[[I]]. Lorsque I est infini, on suppose que gᵢ tend vers 0 selon le filtre des complémentaires des parties finies de… ↩ 2 06CE
  • Proposition 10 Soit f ∈ AI. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 2 06CF
  • Corollaire Soient fᵢ(Y₁, Y₂, ..., Y_q, X₁, X₂, ..., Xₚ) (1 ≤ i ≤ q) q séries formelles sans terme constant dans A[[Y₁, ..., Y_q, X₁, ..., Xₚ]]. Si le terme constant de la série formelle D = d… 06CG
  • Proposition 11 Supposons A intègre. 06CH
  • Proposition 12 Tout élément non nul u de K((X)) s’écrit d’une seule manière sous la forme u = Xᵏ v, où k ∈ Z et où v est une série formelle en X d’ordre 0. ↩ 1 06CI
  • Proposition 13 Dans Q[[X, Y]], on a e^X+Y = e^X e^Y. ↩ 1 06CJ
  • Proposition 14 On a l(e(X)) = e(l(X)) = X. 06CK

§ 5. Tenseurs symétriques et applications polynomiales

  • Définition 1 Si G est d’indice fini dans H, on note Tr{H/G} l’application de M^G dans M^H définie par : 06CT
  • Proposition 1 (i) Soient m \in M^G et h \in H. Alors hm \in M^{hGh^{-1}} et ↩ 1 06CU
  • Proposition 2 (i) La A-algèbre TS(M) est associative, commutative et unifère. ↩ 2 06CV
  • Définition 2 Si x ∈ M, l’élément x ⊗ x ⊗ … ⊗ x de TSᵏ(M) se note γₖ(x). 06CW
  • Proposition 3 (i) Si x ∈ M, la puissance p-ième de x calculée dans TS(M) est égale à p! γₚ(x). (ii) Soient x₁, …, xₙ ∈ M. On a γₚ(x₁ + x₂ + ⋯ + xₙ) = ∑_p₁ + p₂ + ⋯ + pₙ = p γ_p₁(x₁) γ_p₂(x₂) … γ… ↩ 5 06CX
  • Remarque 1 Soit (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de M. Pour tout ν ∈ N⁽ᴵ⁾, posons 06CY
  • Remarque 2 Soit M l’ensemble des applications de [1, p] dans I. On définit une application ρ ↦ ρ^* de M dans N⁽ᴵ⁾ en posant ↩ 1 06CZ
  • Proposition 4 Supposons M libre, et soit (eᵢ)_i ∈ I une base de M. (i) Pour ν ∈ N⁽ᴵ⁾, soit e_ν = ∏_i ∈ I γ_νᵢ(eᵢ). Alors (e_ν)_ν ∈ N⁽ᴵ⁾ est une base du A-module TS(M). En particulier, l’algèbre… ↩ 5 06D0
  • Lemme 1 Soient H un groupe fini, U un A[H]-module à gauche. On suppose que le A-module U possède une base B stable pour les opérations de H dans U. Soit Ω = B/H. Pour tout ω ∈ Ω, soit u_ω… ↩ 1 06D1
  • Proposition 5 Soient M un A-module libre, k un entier geqslant 0, P le sous-A-module de TSᵏ(M) engendré par γₖ(M). On suppose A intègre et infini. Pour tout z ∈ TSᵏ(M), il existe α ∈ A - 0 tel q… ↩ 1 06D2
  • Proposition 6 Soit M un A-module somme directe d’une famille (M_λ)_λ ∈ L de sous-modules. Si chaque M_λ est un module libre, l’homomorphisme canonique de ⨂_λ ∈ L TS(M_λ) dans TS(M) est un isomor… ↩ 1 06D3
  • Proposition 7 Soient M un A-module, u l’application (x, y) ↦ x + y de M ⊕ M dans M, et f l’application composée ↩ 2 06D4
  • Proposition 8 Soit M un A-module libre. Pour ses structures d’algèbre et de cogèbre, TS(M) est une bigèbre graduée commutative et cocommutative. La coïunité est l’application A-linéaire ε : TS(M… 06D5
  • Proposition 9 Soient M et N des A-modules libres, u un A-homomorphisme de M dans N. Alors TS(u) est un homomorphisme de bigèbres. ↩ 1 06D6
  • Proposition 10 Soit M un A-module libre. Les éléments primitifs (III, p. 164) de la bigèbre TS(M) sont les éléments de M. ↩ 2 06D7
  • Proposition 11 Si M est libre, φ_M est un morphisme de bigèbres graduées. En utilisant la commutativité des diagrammes (13) et (14), on obtient le diagramme commutatif 06D8
  • Proposition 12 (i) Si u ∈ Sⁿ(M), on a ψ_M(φ_M(u)) = n!u. (ii) Si v ∈ TSⁿ(M), on a φ_M(ψ_M(v)) = n!v. Soient x₁, ..., xₙ ∈ M, et u le produit x₁ ... xₙ calculé dans S(M). Alors φ_M(u) est le produ… 06D9
  • Corollaire 1 Si A est une Q-algèbre, l’homomorphisme canonique de S(M) dans TS(M) est un isomorphisme d’algèbres. Si de plus M est libre, c’est un isomorphisme de bigèbres graduées. ↩ 2 06DA
  • Corollaire 2 Si A est une Q-algèbre, le module TSⁿ(M) est engendré par les puissances n-ièmes des éléments de M dans TS(M). Cela résulte du cor. 1 et de la propriété analogue de S(M) (III, p. 6… 06DB
  • Proposition 13 Soient M et N des A-modules, q un entier geqslant 0, f une application de M dans N. On suppose M libre. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) Il existe une application q… ↩ 5 06DC
  • Définition 3 Soient M et N des A-modules, q un entier geqslant 0. On suppose M libre. On note Pol_A^q(M, N) ou simplement Pol^q(M, N) l’ensemble des applications de M dans N vérifiant les condi… ↩ 1 06DD
  • Exemple 1 Les applications polynomiales homogènes de degré 1 de M dans N sont les applications A-linéaires de M dans N. 06DE
  • Exemple 2 Soient (Nᵢ)_i ∈ I une famille de A-modules, fᵢ une application de M dans Nᵢ, i ∈ I, et f : M → ∏_i ∈ I Nᵢ l’application de composantes fᵢ. Pour que f soit polynomiale homogène de d… 06DF
  • Exemple 3 Soient (Mⱼ)_j ∈ J une famille finie de A-modules libres et u : ∏_j ∈ J Mⱼ → N une application multilinéaire. Alors u est polynomiale de degré Card(J). 06DG
  • Exemple 4 Soient (Xᵢ)_i ∈ I une famille d’indéterminées, N un A-module, et u ∈ N[(Xᵢ)_i ∈ I] un polynôme homogène de degré q. L’application (xᵢ)_i ∈ I ↦ u((xᵢ)_i ∈ I) de A⁽ᴵ⁾ dans N est une… 06DH
  • Exemple 5 L’application (xᵢ)_i ∈ N ↦ x₀² + x₁² + ⋯ + xₙ² + ⋯ de A^(N) dans A est une application polynomiale homogène de degré 2. Si A = Z/2Z, elle coïncide avec la forme linéaire (xᵢ)_i ∈ N… 06DI
  • Exemple 6 Soit f ∈ Pol_A^q(M, N). Soient B un anneau commutatif, ρ un homomorphisme de B dans A, M' et N' les B-modules déduits de M et N grâce à ρ. Supposons M' libre. Alors f ∈ PolB^q(M'… 06DJ
  • Proposition 14 Soient M, N, P des A-modules, q et r des entiers ≥ 0. On suppose M et N libres. Soient f ∈ Pol^q(M, N), f' ∈ Pol^r(N, P). Alors f' ∘ f ∈ Pol^{qr}(M, P). 06DK
  • Proposition 15 Soient M un A-module libre, N un A-module, q un entier ≥ 0. On suppose que l’application y ↦ q !y est un automorphisme de N. Soit f ∈ Pol^q(M, N). Il existe une application q-linéa… ↩ 1 06DL
  • Proposition 16 Soient M un A-module libre, N un A-module, q un entier positif, u l’homomorphisme canonique de Hom(TS^q(M), N) dans Pol^q(M, N). ↩ 2 06DM
  • Corollaire Soient M un A-module libre, N un A-module, q un entier positif, h ∈ Pol^q(M, N), (ei){i∈I} une base de M. Dans les deux cas de la prop. 16, il existe une unique famille (u\nu){v∈\m… ↩ 1 06DN
  • Définition 4 Soient M et N deux A-modules. On suppose que M est libre. Soit Ap(M, N) le A-module des applications de M dans N. Le sous-module ∑_q≥0 Pol_A^q(M, N) de Ap(M, N) se note PolA(M, N)… ↩ 2 06DO
  • Proposition 17 Soient M un A-module libre et B une A-algèbre associative, commutative et unifière. Alors PolA(M, B) est une sous-B-algèbre de l’algèbre Ap(M, B). 06DP
  • Proposition 18 Soient M, N, P des A-modules. On suppose M et N libres. Soient f ∈ Pol(M, N), g ∈ Pol(N, P). Alors g ∘ f ∈ Pol(M, P). 06DQ
  • Lemme 2 Soient N un A-module, n un entier geqslant 0, et ↩ 1 06DR
  • Proposition 19 Soient M un A-module libre, N un A-module, G un sous-groupe additif infini de A. On suppose que les homothéties de N définies par les éléments non nuls de G sont injectives. Alors… ↩ 1 06DS
  • Corollaire On suppose A intègre infini. Soient M un A-module libre, N un A-module sans torsion. (i) On a Pol(M, N) = ⨁_q geqslant 0 Pol^q(M, N), et chaque Pol^q(M, N) s’identifie canoniquemen… ↩ 2 06DT
  • Proposition 20 Si le A-module M est libre de type fini, θ est un isomorphisme d’algèbres graduées. ↩ 1 06DU
  • Remarque 1 On voit de même que, si M est un A-module libre de type fini, l’algèbre graduée S(M)^*gr introduite en III, p. 150, s’identifie à TS(M^*). ↩ 1 06DV
  • Proposition 21 L’homomorphisme canonique de A-modules (IV, p. 52) 06DW
  • Remarque 2 L’homomorphisme composé λ_M = u ∘ θ : S(M^*) → Pol_A(M, A) est l’unique homomorphisme unifère d’algèbres induisant l’inclusion de M^* = Pol¹(M, A) dans Pol(M, A). Si M est libre de… ↩ 2 06DX
  • Remarque 3 Considérons le coproduit c_S : S(M^*) → S(M^* × M^*) (III, p. 139, Exemple 6). Quels que soient v ∈ S(M^*), x, y ∈ M, l’application polynomiale λ_M × M(c_S(v)) : M × M → A applique… 0DHK

§ 6. Fonctions symétriques

  • Théorème 1 Posons E = A[X₁, ..., Xₙ] et S = A[X₁, ..., Xₙ]^sym. ↩ 2 06EE
  • Proposition 1 Pour tout couple d’entiers positifs k, n, soit Sk^{(n)} le A-module formé des polynômes symétriques en X1, ..., Xn, homogènes de degré k. Si l’entier m satisfait à 0 ≤ k ≤ m ≤ n, l… 06EF
  • Exemple 3 D’après l’exemple 2 de IV, p. 60, et la prop. 1 ci-dessus, on a donc ∑ᵢ₌₁ⁿ Xᵢ³ = s_1,n³ - 3s_1,ns_2,n + 3s_3,n pour tout entier n ≥ 3. La commutativité du diagramme (10) donne par… 06EG
  • Remarque Soient n et k deux entiers positifs. On note Δ_k,n l’ensemble des éléments de longueur k dans Nⁿ; de plus, on munit Δ_k,n de la relation d’ordre, notée α ≤ β, induite par l’ordre l… 06EH
  • Exemple 4 D’après l’exemple 3 de IV, p. 61, on a 06EI
  • Proposition 2 Le corps des fractions rationnelles symétriques en X₁, …, Xₙ est le corps des fractions de l’anneau des polynômes symétriques en X₁, …, Xₙ. ↩ 2 06EJ
  • Corollaire Soient s₁, s₂, ..., sₙ les polynômes symétriques élémentaires en X₁, ..., Xₙ. Pour toute fraction rationnelle g ∈ K(S₁, S₂, ..., Sₙ), la suite (s₁, s₂, ..., sₙ) est substituable da… 06EK
  • Théorème 2 a) Si I est un ensemble fini à n éléments, φ₁ induit un isomorphisme bicontinu de A[[S₁, ..., Sₙ]] sur A[[X]]ˢʸᵐ. ↩ 1 06EL
  • Lemme 1 Soient J une partie finie de I, r un entier tel que Card J geqslant r, et f une série formelle symétrique homogène de degré r en les Xᵢ (i ∈ I). Soit overlinef la série formelle ob… ↩ 2 06EM
  • Lemme 2 Soit f une série formelle symétrique homogène de degré r en les Xᵢ (i ∈ I). Il existe un unique polynôme P ∈ B ∩ A[S], isobare de poids r, tel que f = ψ₁(P). ↩ 1 06EN
  • Lemme 3 Pour tout entier m geqslant 0, soit cₘ l’idéal de l’algèbre A[[X]]ˢʸᵐ formé des séries formelles symétriques d’ordre geqslant m. La suite (cₘ)_m geqslant 0 est un système fondament… 06EO
  • Lemme 4 (« Relations de Newton ») Pour tout entier d ≥ 1, on a 06EP
  • Remarque Avec les notations de la démonstration précédente, on a 06EQ
  • Proposition 3 a) Si I est un ensemble fini à n éléments et si n!.1 est inversible dans A, λ₁ induit un isomorphisme bicontinu de A[[P₁, ..., Pₙ]] sur A[[X]]ˢʸᵐ. ↩ 1 06ER
  • Corollaire Soient ξ₁, ..., ξₙ, η₁, ..., ηₙ des éléments de A. On suppose que A est intègre. 06ES
  • Proposition 4 Soient B un anneau commutatif, ρ un homomorphisme de A dans B, et ξ₁, …, ξₙ des éléments de B. On suppose que l’on a la relation ^ρ f(X) = ∏ᵢ₌₁ⁿ (X - ξᵢ) dans B[X]. Il existe alors… 06ET
  • Proposition 5 Dans l’algèbre de décomposition universelle E_f, la famille des monômes x₁^ν(1) … xₙ^ν(n), tels que 0 ≤ ν(i) < i pour 1 ≤ i ≤ n, est une base du A-module E_f. En particulier, E_f e… 06EU
  • Corollaire L’homomorphisme canonique de A dans l’algèbre de décomposition universelle du polynôme unitaire f ∈ A[X] est injectif. En effet, l’élément unité de E_f appartient à une base du A-m… ↩ 1 06EV
  • Proposition 6 Soit f ∈ A[X] un polynôme unitaire de degré n. Soit P un polynôme symétrique en X₁, …, Xₙ à coefficients dans A. Il existe un élément a de A, et un seul, possédant la propriété sui… 06EW
  • Exemple 1 Si P = sₖ, on a P^*(f) = (-1)ᵏ aₖ. 0DHL
  • Exemple 2 \ Soit g un polynôme dans A[X]; posons 0DHM
  • Exemple 3 Posons Δ(X₁, …, Xₙ) = ∏_i < j (Xᵢ - Xⱼ)². Alors Δ^*(f) n’est autre que le discriminant du polynôme unitaire f (IV, p. 77, formule (46)). 0DHN
  • Exemple 4 Posons P(X₁, …, Xₙ) = X₁ᵏ + ⋯ + Xₙᵏ; introduisons par ailleurs l’algèbre E = A[X]/(f) et notons x l’image de X dans E. Rappelons que le A-module E est libre, de base (1, x, …, xⁿ⁻¹… 0DHO
  • Définition 1 Avec les notations ci-dessus, le déterminant de la matrice M(f, g, p, q) s’appelle le résultant du couple (f, g) pour les degrés p et q, ou simplement le résultant de f et g si p =… 06EX
  • Exemple 1 Soient λ, μ dans A. On a les formules beginalign* res_p,0(f, λ) &= λᵖ, & res_0,q(μ, g) &= μ^q \\ res_p,1(f, λ) &= λᵖ tₚ, & res_1,q(μ, g) &= (-1)^q μ^q u_q, endalign* de démonstrati… 06EY
  • Exemple 2 Lorsque p = q = 1, on a res_1,1(t₁ X + t₀, u₁ X + u₀) = t₁ u₀ - t₀ u₁ . 06EZ
  • Remarque 1 La matrice M(g, f, q, p) se déduit de M(f, g, p, q) par pq transpositions de colonnes, d’où res_q,p(g, f) = (-1)^pq res_p,q(f, g) . 06F0
  • Remarque 2 Soit ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux. La définition 1 entraîne aussitôt la formule res_p,q(ρ f, ρ g) = ρ(res_p,q(f, g)) . 06F1
  • Remarque 3 Soient λ, μ dans A. On a res_p,q(λ f, μ g) = λ^q μᵖ res_p,q(f, g) . (28) ↩ 1 06F2
  • Remarque 4 Supposons qu’on ait p + q geqslant 1. D’après III, p. 99, formule (28), l’image de φ contient le polynôme constant res_p,q(f, g). Il existe donc un couple de polynômes (u, v), avec… 06F3
  • Remarque 5 Supposons p geqslant q. Soit h ∈ A[X] un polynôme de degré leqslant p - q. Montrons que l’on a res_p,q(f, g) = res_p,q(f + gh, g) . En effet, posons ω(u, v) = (u, uh + v) pour (u… 06F4
  • Proposition 7 Supposons f unitaire de degré p. Avec les notations précédentes, on a¹ 06F5
  • Corollaire 1 Soit f ∈ A[X] un polynôme unitaire. Pour tout polynôme g ∈ A[X], les conditions suivantes sont équivalentes : (i) res(f, g) est inversible dans A; (ii) il existe des polynômes u, v… ↩ 1 06F6
  • Corollaire 2 Supposons que A soit un corps. Soient f, g dans A[X]. Les conditions suivantes sont équivalentes lorsque f et g sont non nuls : (i) on a res(f, g) ≠ 0; (ii) les polynômes f et g so… 06F7
  • Corollaire 3 Pour tout λ ∈ A, on a 06F8
  • Proposition 8 Supposons f et g unitaires de degrés respectifs p et q. Avec les notations précédentes, le A-module F est libre de base (xⁱ yʲ)_0 ≤ i < p, 0 ≤ j < q, et l’on a ↩ 1 06F9
  • Proposition 9 Soient p₁ et q₁ des entiers positifs et f₁, g₁ des polynômes dans A[X] tels que deg f₁ ≤ p₁, deg g₁ ≤ q₁. On a ↩ 1 06FA
  • Lemme 5 Soit t un élément de A. Il existe un anneau commutatif C contenant A comme sous-anneau, un sous-anneau B de C contenant A, un élément τ de B, inversible dans C, et un homomorphisme… 06FB
  • Corollaire 1 (i) Soient λ, α₁, …, αₚ des éléments de A et supposons que l’on ait f(X) = λ(X - α₁) … (X - αₚ). On a ↩ 2 06FC
  • Corollaire 2 Pour tout entier r ≥ 0, on a 06FD
  • Exemple 3 Prouvons la formule 06FE
  • Définition 2 Soient f un polynôme unitaire de A[X] et m son degré. Notons E la A-algèbre A[X]/(f) et x l’image canonique de X dans E. On appelle discriminant de f, et l’on note dis(f), le discr… ↩ 1 06FF
  • Exemple 1 Si f est un polynôme unitaire de degré 0 ou 1, on a dis(f) = 1 d’après (45). 0DHP
  • Exemple 2 Soit f(X) = X² + α X + β un polynôme unitaire de degré 2. Les relations de Newton s’écrivent sous la forme (IV, p. 70) 0DHQ
  • Proposition 10 Soit m geqslant 1. Il existe un unique polynôme Δ ∈ Z[A₁, ..., Aₘ] avec la propriété suivante : quels que soient l’anneau commutatif A et le polynôme unitaire f = Xᵐ + ∑ᵢ₌₁ᵐ aᵢ Xᵐ⁻… 06FG
  • Proposition 11 Soit f dans A[X] de degré ≤ m. ↩ 2 06FH
  • Corollaire 1 Soit g ∈ A[X] et soit n un entier positif tel que deg g ≤ n. On a ↩ 1 06FI
  • Corollaire 2 Si a₀ est le coefficient de Xᵐ dans f, on a ↩ 1 06FJ
  • Corollaire 3 Supposons que A soit un corps. Soit f un polynôme non constant de A[X]. Pour que f et Df soient étrangers, il faut et il suffit que l’on ait dis(f) ≠ 0. Cela résulte de la prop. 11… 06FK
  • Remarque Une double application du cor. 2 ci-dessus montre que l’on a disₘ(f) = 0 pour tout polynôme f de degré ≤ m - 2. 06FL
  • Exemple 3 Soit m = 2. D’après l’exemple 2 (IV, p. 77), on a Δ(A₁, A₂) = A₁² - 4A₂, d’où tildeΔ(A₀, A₁, A₂) = A₁² - 4A₀A₂. Autrement dit, on a 06FM
  • Exemple 4 Considérons le polynôme 06FN

V. Corps commutatifs

§ 1. Corps premiers. Caractéristique

  • Définition 1 On dit qu’un corps est premier s’il est isomorphe, soit à Q, soit à l’un des corps Fₚ. 06G3
  • Théorème 1 Soit A un anneau ; on suppose qu’il existe un sous-corps de A. Alors A possède un unique sous-corps P qui soit un corps premier. De plus, P est contenu dans le centre de A et dans… ↩ 1 06G4
  • Corollaire 1 Soit K un corps. Il existe un unique sous-corps de K qui soit un corps premier. C’est le plus petit des sous-corps de K. 06G5
  • Corollaire 2 Pour qu’un corps soit premier, il faut et il suffit qu’il ne contienne aucun sous-corps distinct de lui-même. ↩ 1 06G6
  • Proposition 1 Soit A un anneau non réduit à 0. ↩ 1 06G7
  • Remarque 1 Soient A et A’ deux anneaux non réduits à 0. On suppose que la caractéristique de A est définie, et qu’il existe un homomorphisme u de A dans A’. L’image par u du sous-corps premie… ↩ 2 06G8
  • Remarque 2 La remarque 1 montre que si A est un anneau de caractéristique 0 (resp. p ≠ 0), il en est de même de tout anneau A’ contenant A comme sous-anneau, ou du quotient de A par un idéal… 06G9
  • Remarque 3 Soit A une algèbre non réduite à 0 sur un corps K. Comme l’application λ ↦ λ .1 de K dans A est un homomorphisme d’anneaux, la remarque 1 montre que la caractéristique de A est déf… 06GA
  • Remarque 4 Le corps Q étant infini, tout anneau de caractéristique 0 est infini ; par suite tout corps fini a une caractéristique non nulle. 06GB
  • Remarque 5 Soit A un anneau non réduit à 0, dont le groupe additif soit un Z-module sans torsion, et posons B = Q ⊗_Z A. L’application x ↦ 1 ⊗ x de A dans B est injective (II, p. 116), donc A… 06GC
  • Théorème 2 Soit A un anneau commutatif de caractéristique p. L’application a ↦ aᵖ est un endomorphisme de l’anneau A, c’est-à-dire qu’on a les relations ↩ 2 06GD
  • Lemme 1 Soient p un nombre premier et i un entier compris entre 1 et p - 1. Le coefficient binômial binompi est un entier divisible par p. 06GE
  • Proposition 2 Soient A un anneau commutatif de caractéristique p, K un sous-anneau de A, S une partie de A, et f un entier positif. a) On a K[S]^pᶠ = K^pᶠ[S^pᶠ], et si A est un corps, on a K(S)^… ↩ 1 06GF
  • Définition 2 On dit qu’un anneau A de caractéristique p ≠ 0 est parfait s’il est commutatif et si l’application a ↦ aᵖ est bijective. ↩ 1 06GG
  • Définition 3 Soit A un anneau commutatif de caractéristique p ≠ 0. On appelle clôture parfaite de A un couple (hatA, u) où hatA est un anneau parfait de caractéristique p et u un homomorphisme… 06GH
  • Théorème 3 Soit A un anneau commutatif de caractéristique p ≠ 0. Il existe une clôture parfaite (hatA, u) de A. De plus, le noyau de u est l’ensemble des éléments nilpotents de A, et pour tou… ↩ 1 06GI
  • Proposition 3 Soient B un anneau parfait de caractéristique p et A un sous-anneau de B. Posons A^p^-∞ = ⋃_f ≥ 0 A^p⁻ᶠ et notons j l’injection canonique de A dans A^p^-∞. Alors A^p^-∞ est le plus… ↩ 1 06GJ
  • Proposition 4 Soit K un corps d’exposant caractéristique q. Pour tout entier f \geqslant 0, l’application x \mapsto x^{q^f} est un isomorphisme de K sur un de ses sous-corps (noté K^{q^f}). ↩ 1 06GK
  • Définition 4 On dit qu’un corps K d’exposant caractéristique q est parfait si l’on a K^q = K. On dit que K est imparfait si l’on a K^q \neq K. 06GL
  • Proposition 5 Si K est un corps de caractéristique 0, ou fini, \ ou algébriquement clos , il est parfait. En particulier, tout corps premier est parfait. 06GM
  • Proposition 6 Soient K un anneau commutatif, A l’algèbre de polynômes K[Xi]{i \in I} et S l’ensemble des éléments F de A tels que dF = 0. a) Si K est un anneau de caractéristique 0, on a S = K… 06GN
  • Remarque On a encore S = K si le groupe additif de K est sans torsion ; cela résulte de la démonstration donnée ci-dessus ou de la remarque 5 de V, p. 3. 06GO
  • Corollaire Soient K un corps et F(X) un polynôme à coefficients dans K, dont la dérivée F'(X) soit nulle. 06GP

§ 2. Extensions

  • Définition 1 Soit K un corps. On appelle extension de K une K-algèbre dont l’anneau sous-jacent est un corps. On appelle sous-extension (ou sous-K-extension) de l’extension E une sous-K-algèbre… 06GV
  • Théorème 1 Soient E une extension de K et A une algèbre sur E. On a alors [A : K] = [A : E].[E : K]. En particulier, si F est une extension de E, on a ↩ 2 06GW
  • Corollaire 1 Soient K, E, F trois corps tels que K ⊂ E ⊂ F et que [F : K] soit fini. Les degrés [E : K] et [F : E] sont des diviseurs de [F : K]. 06GX
  • Corollaire 2 Soient K, E et F trois corps avec K ⊂ E ⊂ F. On suppose que [F : K] est fini. Alors, la relation [E : K] = [F : K] est équivalente à E = F et la relation [F : E] = [F : K] est équi… 06GY
  • Proposition 1 Soit A une algèbre de degré fini sur un corps K. Si un élément a ∈ A n’est pas diviseur de 0 à gauche (resp. à droite) dans A, il est inversible dans A. ↩ 3 06GZ
  • Corollaire Soit A une algèbre commutative de degré fini sur un corps K. Si l’anneau A est intègre, c’est un corps. ↩ 1 06H0
  • Proposition 2 Si M et N sont deux parties quelconques d’une extension d’un corps K, on a K(M ∪ N) = K(M)(N) = K(N)(M). 06H1
  • Remarque Soit P le sous-corps premier d’un corps E (V, p. 2) ; pour toute partie A de E, P(A) est le plus petit sous-corps de E contenant A. En particulier, si K est un sous-corps de E, on… 06H2
  • Proposition 3 Soit F un ensemble de sous-corps d’un corps E, filtrant pour la relation ⊂. La réunion L des corps de F est un corps. ↩ 2 06H3
  • Corollaire Soient E une extension d’un corps K, et A ⊂ E. Le corps K(A) est la réunion des corps K(F), où F parcourt l’ensemble des parties finies de A. ↩ 1 06H4
  • Définition 2 On dit qu’une extension E d’un corps K est de type fini si elle possède une famille génératrice finie. Elle est dite monogène s’il existe x dans E tel que E = K(x). ↩ 1 06H5
  • Proposition 4 Soient E, F deux extensions de K. 06H6
  • Remarque Si p et p' sont deux idéaux premiers distincts de E ⊗_K F, les extensions composées de E et F correspondantes (construites par le procédé de la démonstration précédente) ne sont pa… 06H7
  • Corollaire Il existe des extensions composées de E et F. ↩ 1 06H8
  • Scholie Soient K et E deux corps et u un homomorphisme de K dans E. Si K' est un surcorps de K, il existe un surcorps E' de E et un homomorphisme u' de K' dans E' qui prolonge u. 06H9
  • Proposition 5 Soient E et F deux extensions de K contenues dans Ω. ↩ 3 06HA
  • Proposition 6 Soient E et F deux extensions de K contenues dans Ω, A et B deux sous-algèbres de Ω sur K, telles que E soit le corps des fractions de A et F le corps des fractions de B. Pour que… ↩ 3 06HB
  • Proposition 7 Soient E et F deux extensions de K, contenues dans Ω. Si E et F sont linéairement disjointes sur K, toute sous-extension de E et toute sous-extension de F sont linéairement disjoin… ↩ 1 06HC
  • Proposition 8 Soient E, F, G trois extensions d’un corps K, contenues dans Ω, et telles que F ⊂ G. Pour que E et G soient linéairement disjointes sur K, il faut et il suffit que E et F soient li… 06HD

§ 3. Extensions algébriques

  • Théorème 1 Soient A une algèbre sur un corps K, x un élément de A algébrique sur K, n le degré et f le polynôme minimal de x sur K. ↩ 8 06HI
  • Corollaire 1 Soit A une algèbre sur un corps K. Pour qu’un élément x de A soit algébrique sur K, il faut et il suffit que la sous-algèbre K[x] de A engendrée par x soit de degré fini sur K. En… ↩ 2 06HJ
  • Corollaire 2 Soient E une extension de K, A une algèbre sur E et x un élément de A algébrique sur K. Alors x est algébrique sur E, le polynôme minimal de x sur E divise le polynôme minimal de x… 06HK
  • Remarque Soient E une extension d’un corps K et x un élément de E racine d’un polynôme unitaire irréductible f ∈ K[X]. Le th. 1, c) montre que f est le polynôme minimal de x sur K. 06HL
  • Exemple 1 Dans le corps des nombres complexes C, le nombre i est algébrique et de degré 2 sur le corps premier Q; en effet, si f(X) = X² + 1, on a f(i) = 0, et x² + 1 ≠ 0 pour tout x ∈ Q, do… 06HM
  • Exemple 2 Soient K un corps, F le corps K(X) des fractions rationnelles en une indéterminée sur K. Soit E le sous-corps K(X³) de F ; on a F = E(X), et X est algébrique sur E, puisqu’il est r… 06HN
  • Exemple 3 Dans le corps R des nombres réels, on peut montrer¹ que le nombre π est transcendant sur le corps premier Q. \ 06HO
  • Définition 1 On dit qu’une extension E d’un corps K est algébrique (sur K) si tout élément de E est algébrique sur K. Une extension E de K qui n’est pas algébrique est dite transcendante (sur K… 06HP
  • Proposition 1 Pour qu’une extension E de K soit algébrique, il faut et il suffit que toute sous-K-algèbre A de E soit un corps. 06HQ
  • Proposition 2 Si une extension E d’un corps K est de degré fini n, elle est algébrique, et le degré sur K de tout élément de E divise n. ↩ 4 06HR
  • Théorème 2 Soit E une extension de type fini de K, engendrée par des éléments a₁, ..., aₘ algébriques sur K ; alors E est une extension de degré fini de K. Si nᵢ est le degré de aᵢ sur K(a₁… ↩ 13 06HS
  • Corollaire 1 Soient E une extension de K et A une partie de E formée d’éléments algébriques sur K. Alors K(A) est algébrique sur K, et l’on a K[A] = K(A). ↩ 10 06HT
  • Corollaire 2 Soient L une extension de K, E et F deux sous-extensions de L. Si F est algébrique sur K, le sous-anneau K[E, F] de L engendré par E ∪ F est un corps, identique à E(F), et algébriq… ↩ 7 06HU
  • Remarque 1 Avec les notations du th. 2, E = K[a1, a2, ..., am], et par suite E est isomorphe à un quotient K[X1, X2, ..., Xm]/α ; comme E est un corps, α est un idéal maximal dans K[X1… 06HV
  • Remarque 2 Soit E une extension algébrique de K, de degré infini. D’après le th. 2, il existe une suite infinie (an){n \geq 1} d’éléments de E telle que an \notin K(a1, a2, ..., a{n-1}) ; le… ↩ 2 06HW
  • Proposition 3 Soient E et F deux surcorps d’un corps K tels que K ⊂ E ⊂ F. Pour que F soit algébrique sur K, il faut et il suffit que E soit algébrique sur K et F algébrique sur E. ↩ 3 06HX
  • Définition 2 On dit qu’un sous-corps K d’un corps E est algébriquement fermé dans E si tout élément de E, algébrique sur K, appartient à K. 06HY
  • Proposition 4 Soit E une extension d’un corps K ; l’ensemble L des éléments de E qui sont algébriques sur K est une sous-extension de E, algébriquement fermée dans E. 06HZ

§ 4. Extensions algébriquement closes

  • Proposition 1 Soit K un corps. Les propriétés suivantes sont équivalentes : (AC) Tout polynôme non constant de K[X] se décompose dans K[X] en un produit de polynômes de degré 1 (distincts ou non… 06ID
  • Définition 1 On dit qu’un corps K est algébriquement clos s’il possède les quatre propriétés (équivalentes) (AC), (AC'), (AC'') et (AC''''). ↩ 1 06IE
  • Proposition 2 Soient Ω un corps algébriquement clos et K un sous-corps de Ω. La fermeture algébrique overlineK de K dans Ω est un corps algébriquement clos. ↩ 1 06IF
  • Exemple 2 D’après la prop. 2, l’ensemble des nombres complexes algébriques sur Q (appelés souvent en abrégé nombres algébriques) est un corps algébriquement clos. \ 0DHT
  • Proposition 3 Tout corps algébriquement clos est infini. ↩ 1 06IG
  • Théorème 1 (Steinitz) Soient K un corps, E une extension algébrique de K et Ω une extension algébriquement close de K. Il existe un K-homomorphisme de E dans Ω. ↩ 4 06IH
  • Définition 2 Soient K un corps et (fᵢ)_i ∈ I une famille de polynômes non constants dans K[X]. On appelle extension de décomposition de (fᵢ)_i ∈ I toute extension E de K qui possède les proprié… ↩ 1 06II
  • Proposition 4 Soient K un corps et (fᵢ)_i∈ I une famille de polynômes non constants dans K[X]. Il existe une extension de décomposition pour la famille (fᵢ)_i∈ I. ↩ 4 06IJ
  • Proposition 5 Soient K un corps, (fᵢ)_i∈ I une famille de polynômes non constants dans K[X], E une extension de K, F et F' des sous-extensions de E qui sont chacune extension de décomposition de… ↩ 2 06IK
  • Corollaire Soient K un corps, (fᵢ)_i∈ I une famille de polynômes non constants dans K[X], et F, F' des extensions de décomposition de (fᵢ)_i∈ I. Il existe un K-isomorphisme de F sur F'. 06IL
  • Définition 3 Soit K un corps. On appelle clôture algébrique de K toute extension de K qui est algébrique et algébriquement close. 06IM
  • Exemple 1 Le corps C des nombres complexes est une clôture algébrique du corps R des nombres réels (TG, VIII, p. 1). \ ↩ 1 06IN
  • Exemple 2 Soient K un corps et Ω une extension algébriquement close de K. Soit overlineK la fermeture algébrique de K dans Ω. D’après V, p. 20, prop. 2, overlineK est une clôture algébrique… ↩ 2 06IO
  • Proposition 6 Soit Ω une extension d’un corps K. Pour que Ω soit une clôture algébrique de K, il faut et il suffit qu’elle soit algébrique et que tout polynôme non constant dans K[X] se décompos… ↩ 2 06IP
  • Remarque 1 Si Ω est algébrique sur K et si tout polynôme non constant de K[X] possède une racine dans Ω, alors Ω est une clôture algébrique de K (V, p. 151, exerc. 20). 06IQ
  • Proposition 7 Soit Ω une extension algébrique d’un corps K. 06IR
  • Théorème 2 (Steinitz) Soit K un corps. Il existe une clôture algébrique de K ; si Ω et Ω′ sont deux clôtures algébriques de K, il existe un K-isomorphisme de Ω sur Ω′. ↩ 9 06IS
  • Corollaire Soient K et K’ deux corps, Ω une clôture algébrique de K et Ω’ une clôture algébrique de K’. Pour tout isomorphisme u de K sur K’, il existe un isomorphisme v de Ω sur Ω’ prolongea… 06IT
  • Remarque 2 Avec les notations du corollaire précédent, il existe en général des K-automorphismes de Ω distincts de l’identité. Il n’y a donc pas en général unicité de l’isomorphisme v de Ω su… 06IU
  • Remarque 3 Soient K un corps et Ω une clôture algébrique de K. On peut donner la construction suivante d’une extension de décomposition pour une famille (fi){i\in I} de polynômes non constant… 06IV
  • Remarque 4 Soient K un corps fini et Ω une clôture algébrique de K. Alors Ω est infini (V, p. 20, prop. 3); comme toute extension de degré fini de K est un corps fini, Ω est une extension alg… 06IW

§ 5. Extensions radicielles

  • Définition 1 Soient K un corps et E une extension de K. On dit qu’un élément x de E est radiciel sur K s’il existe un entier m \geqslant 0 tel que x^{p^m} \in K ; le plus petit de ces entiers s… ↩ 1 06IZ
  • Proposition 1 Soient E une extension d’un corps K et x un élément radiciel de hauteur e sur K ; posons a = x^{p^e}. On a alors a \in K, et le polynôme minimal de x sur K est X^{p^e} - a. De plus… 06J0
  • Lemme 1 Soient K un corps et a un élément de K tel que a ∉ Kᵖ. Pour tout entier e geqslant 0, le polynôme f(X) = X^pᵉ - a est irréductible dans K[X]. 06J1
  • Définition 2 Soit E une extension d’un corps K. On dit que E est radicielle (sur K) si tout élément de E est radiciel sur K. S’il en est ainsi, on dit que E est de hauteur finie si l’ensemble d… 06J2
  • Proposition 2 Soit E une extension d’un corps K. Pour tout entier n geqslant 0, soit Eₙ l’ensemble des éléments de E qui sont radiciels de hauteur leqslant n sur K, et soit E_∞ l’ensemble des él… ↩ 3 06J3
  • Corollaire Si une extension E d’un corps K est engendrée par un ensemble d’éléments radiciels sur K, elle est radicielle sur K. 06J4
  • Proposition 3 Soient K un corps, E un surcorps de K radiciel sur K et u un homomorphisme de K dans un corps parfait F. Il existe un homomorphisme v de E dans F prolongeant u, et un seul. ↩ 1 06J5
  • Corollaire Pour qu’une extension E d’un corps K soit une clôture parfaite de K, il faut et il suffit que ce soit une extension radicielle de K et que le corps E soit parfait. 06J6
  • Proposition 4 Soit E une extension radicielle de degré fini d’un corps K. Alors [E : K] est une puissance de l’exposant caractéristique p de K. 06J7

§ 6. Algèbres étales

  • Théorème 1 Soient L une extension d’un corps K et A une algèbre sur K ; soit H l’ensemble des homomorphismes de K-algèbres de A dans L. Alors H est une partie libre de l’espace vectoriel Hom_… ↩ 5 06JB
  • Corollaire 1 Soient Γ un monoïde, L un corps et X l’ensemble des homomorphismes de Γ dans le monoïde multiplicatif de L. Alors X est une partie libre du L-espace vectoriel L^Γ des applications… 06JC
  • Corollaire 2 (Théorème de Dedekind) Soient E et L deux extensions de K. L’ensemble des K-homomorphismes de E dans L est libre sur L. Si E est de degré fini sur K, le nombre des K-homomorphismes de E dans L est au plu… ↩ 5 06JD
  • Théorème 2 Soient K un corps infini, L une extension de K et A une algèbre sur K. Soient u₁, ..., uₙ des K-homomorphismes d’algèbres distincts de A dans L et f un polynôme de L[X₁, ..., Xₙ]… 06JE
  • Définition 1 Soit A une algèbre sur K. On dit que A est diagonalisable s’il existe un entier n geqslant 0 tel que A soit isomorphe à l’algèbre produit Kⁿ. On dit que A est diagonalisée par une… ↩ 7 06JF
  • Proposition 1 Soit A une algèbre de degré fini n sur le corps K. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 4 06JG
  • Corollaire Soient L une extension de K et H l’ensemble des homomorphismes d’algèbres de A dans L. On a Card H ≤ [A : K], avec égalité si et seulement si A est diagonalisée par L. Si A est dia… ↩ 1 06JH
  • Proposition 2 Soient A une algèbre sur K et Ω une extension algébriquement close de K. Les assertions suivantes sont équivalentes : a) L’algèbre A est étale. b) Il existe une extension de degré… ↩ 6 06JI
  • Proposition 3 Soit A une algèbre étale sur K. Il n’existe qu’un nombre fini de sous-algèbres et d’idéaux de A. De plus, toute extension de K qui diagonalise A diagonalise toute sous-algèbre et t… ↩ 6 06JJ
  • Corollaire Soient A₁, ..., Aₘ des algèbres sur K, et A = A₁ × ⋯ × Aₘ. Pour que A soit étale, il faut et il suffit que A₁, ..., Aₘ soient étales. 06JK
  • Lemme 1 Soit Ω une clôture algébrique de K. On a h(L) ≤ h(Ω) pour toute extension L de K, avec égalité si L est algébriquement clos. 06JL
  • Proposition 4 Soit A une algèbre commutative de degré fini sur K. On a [A : K]ₛ ≤ [A : K], avec égalité si et seulement si A est étale. ↩ 5 06JM
  • Corollaire 1 Soient A et B deux algèbres commutatives sur K, de degrés finis non nuls. Pour que l’algèbre C = A ⊗_K B soit étale, il faut et il suffit que A et B soient étales. ↩ 3 06JN
  • Corollaire 2 Soit K' une extension de K. a) Pour qu’une K-algèbre A soit étale, il faut et il suffit que la K'-algèbre A_(K') soit étale. b) Soit A' une algèbre sur K', non réduite à 0. Pour qu… ↩ 6 06JO
  • Théorème 3 Soit A une algèbre commutative de degré fini sur K. Pour que A soit étale, il faut et il suffit que le module Ω_K(A) des K-différentielles de A soit réduit à 0. A) Soit L une clôtu… ↩ 1 06JP
  • Lemme 2 Soient A une algèbre commutative sur K et e un idempotent de A. On a de = 0 dans Ω_K(A). De la relation e = e², on déduit de = 2e.de; par multiplication par e, on en déduit e.de =… 06JQ
  • Lemme 3 Soit A une algèbre commutative de degré fini sur le corps algébriquement clos K, telle que Ω_K(A) = 0. On a m = m² pour tout idéal maximal m de A. L’algèbre A/m est une extension d… 06JR
  • Lemme 4 Soit A un anneau commutatif et soit a un idéal de type fini de A tel que a = a². Il existe un idempotent e de A tel que a = Ae. ↩ 1 06JS
  • Définition 2 Soit A un anneau commutatif. On dit que A est réduit si tout élément nilpotent (I, p. 93) de A est nul. ↩ 1 06JT
  • Proposition 5 Soit A une algèbre commutative de degré fini sur K. Pour que A soit réduite, il faut et il suffit qu’il existe des extensions L₁, …, Lₙ de degré fini de K telles que A soit K-isomo… ↩ 2 06JU
  • Théorème 4 Soit A une algèbre commutative de degré fini A sur K. Les assertions suivantes sont équivalentes : ↩ 4 06JV
  • Lemme 5 Soit B une algèbre réduite, de degré fini sur le corps parfait P. Alors B est étale. D’après la prop. 5, il existe des extensions L₁, ..., Lₙ de P telles que B soit isomorphe à l’a… 06JW
  • Corollaire Supposons K de caractéristique p ≠ 0. Pour que A soit étale, il faut et il suffit que l’on ait A = K[Aᵖ]. Pour toute base (aᵢ)_i ∈ I de A sur K, la famille (aᵢᵖ)_i ∈ I est alors un… 06JX

§ 7. Extensions algébriques séparables

  • Définition 1 Soit E une extension algébrique de K. On dit que E est séparable (sur K) si toute sous-extension F de E, de degré fini sur K, est une algèbre étale sur K (V, p. 28, déf. 1). ↩ 1 06K0
  • Proposition 1 Soit E une extension algébrique de K. Si E est séparable, toute sous-extension E' de E est séparable. Réciproquement, si toute sous-extension de degré fini de E est séparable, E es… 06K1
  • Proposition 2 Pour que le corps K soit parfait, il faut et il suffit que toute extension algébrique de K soit séparable. ↩ 3 06K2
  • Corollaire Toute extension algébrique d’un corps de caractéristique 0, ou d’un corps fini, est séparable. 06K3
  • Proposition 3 Soient f un polynôme non nul dans K[X] et Ω une extension algébriquement close de K. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 6 06K4
  • Définition 2 On dit qu’un polynôme f ∈ K[X] est séparable s’il est non nul et satisfait aux conditions équivalentes a), b), c), d) et e) de la prop. 3. 06K5
  • Remarque 1 Soient L une extension de K et f un polynôme non constant de K[X]. D’après la condition e) de la prop. 3 et V, p. 32, cor. 2, il revient au même de supposer que f est séparable qu’… ↩ 1 06K6
  • Remarque 2 Soit f ∈ K[X]; on sait (IV, p. 13, prop. 13) qu’il existe des polynômes irréductibles f₁, …, fₘ dans K[X] tels que f = f₁ … fₘ. Soit Ω une clôture algébrique de K ; comme un polynô… 0DHU
  • Proposition 4 Soit f un polynôme irréductible dans K[X]. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) f est séparable. b) Il existe une extension L de K dans laquelle f a une racine simple. c… ↩ 3 06K7
  • Corollaire 1 Pour que le corps K soit parfait, il faut et il suffit que tout polynôme irréductible de K[X] soit séparable. ↩ 1 06K8
  • Corollaire 2 Soit f ∈ K[X] un polynôme non nul. Pour que f soit séparable, il faut et il suffit qu’il existe une extension L de K, qui soit un corps parfait et telle que f soit sans facteur mul… ↩ 1 06K9
  • Définition 3 Soit E une extension de K. On dit qu’un élément x de E, algébrique sur K, est séparable sur K si l’extension algébrique K(x) de K est séparable. 06KA
  • Proposition 5 Soient E une extension de K, x un élément de E algébrique sur K, et f le polynôme minimal de x sur K. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) x est séparable sur K ; b) le… ↩ 4 06KB
  • Corollaire 1 Si un élément x de E est racine simple d’un polynôme g de K[X], il est séparable sur K. En effet, le polynôme minimal f de x sur K divise g dans K[X] (V, p. 15, th. 1), donc x est… ↩ 1 06KC
  • Corollaire 2 Si un élément x de E est algébrique et séparable sur K, il est algébrique et séparable sur toute extension K’ de K contenue dans E. Soit f le polynôme minimal de x sur K. Alors x e… ↩ 3 06KD
  • Corollaire 3 Supposons K de caractéristique p ≠ 0. Pour qu’un élément x de E appartienne à K, il faut et il suffit qu’il soit à la fois algébrique séparable et radiciel sur K. La condition énon… ↩ 1 06KE
  • Proposition 6 Soit E une extension de K. a) Si E est algébrique et séparable sur K, tout élément de E est algébrique et séparable sur K. b) Réciproquement, soit A un ensemble d’éléments de E alg… ↩ 7 06KF
  • Corollaire Pour qu’une extension algébrique E soit séparable sur K, il faut et il suffit que tout élément de E soit racine simple de son polynôme minimal sur K. Il suffit d’appliquer les prop… ↩ 1 06KG
  • Théorème 1 Soit E une extension de K. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) E possède un élément primitif ; b) il n’existe qu’un nombre fini de sous-extensions de E. Ces conditions… ↩ 5 06KH
  • Proposition 7 Supposons K infini ; soit A une K-algèbre commutative ne possédant qu’un nombre fini de sous-algèbres (par exemple une K-algèbre étale, V, p. 29, prop. 3), et soit V un sous-espace… ↩ 2 06KI
  • Lemme 1 Soient A un K-espace vectoriel, V, A₁, ..., Aₙ des sous-espaces de A. Si Card(K) ≥ n, et si V n’est contenu dans aucun des Aᵢ, V n’est pas contenu dans A₁ ∪ ... ∪ Aₙ. 06KJ
  • Proposition 8 Soient E une extension de K et (Eᵢ)_i ∈ I une famille de sous-extensions de E telles que E = K(⋃_i ∈ I Eᵢ). Si chacune des extensions Eᵢ est algébrique et séparable sur K, il en es… ↩ 1 06KK
  • Proposition 9 Soient F une extension algébrique de K, et E une sous-extension de F. Pour que F soit séparable sur K, il faut et il suffit que F soit séparable sur E et E séparable sur K. ↩ 1 06KL
  • Proposition 10 Soient E et K’ deux sous-extensions d’une même extension de K et E’ = K’(E). On suppose E algébrique sur K, donc E’ algébrique sur K’ (V, p. 18, cor. 2). ↩ 3 06KM
  • Proposition 11 Supposons que K soit d’exposant caractéristique p et soit E une extension algébrique de K, engendrée par un ensemble S. Si E est séparable sur K, on a E = K(S^pⁿ) pour tout entier… ↩ 4 06KN
  • Corollaire 1 Toute extension algébrique d’un corps parfait est un corps parfait. Soient K un corps parfait d’exposant caractéristique p, et E une extension algébrique de K. Alors E est séparabl… ↩ 1 06KO
  • Corollaire 2 (MacLane) Soient overlineK une clôture algébrique de K et K^p^-∞ la clôture parfaite de K dans overlineK. Pour qu’une sous-extension E de overlineK soit séparable sur K, il faut et il suffit… ↩ 1 06KP
  • Remarque 1 Lorsque E est algébrique et de degré infini sur K, la condition E = K(Eᵖ) n’assure pas nécessairement que E soit séparable sur K. Par exemple, si K est imparfait et si E est une cl… 06KQ
  • Remarque 2 Soit E une extension algébrique séparable d’un corps K d’exposant caractéristique p. On a alors Eᵖ ∩ K = Kᵖ (cor. 2) ; par suite, si E est parfait, il en est de même de K. 0DHV
  • Proposition 12 Soient E une extension de K et Eₛ l’ensemble des éléments de E qui sont algébriques et séparables sur K. Alors Eₛ est la plus grande sous-extension de E qui soit algébrique et sépa… ↩ 4 06KR
  • Proposition 13 Soit E une extension algébrique de K, et soit Eₛ la fermeture algébrique séparable de K dans E. a) E est extension radicielle de Eₛ. b) Si F est une sous-extension de E, telle que… ↩ 6 06KS
  • Corollaire 1 Soient E et K' deux extensions de K, contenues dans une même extension de K. On suppose que E est algébrique sur K et l’on note Eₛ la fermeture algébrique séparable de K dans E. Al… ↩ 2 06KT
  • Corollaire 2 Si E est de degré fini sur K, on a Eₛ = ⋂_n geqslant 0 K(E^pⁿ). 06KU
  • Remarque Soient E une extension algébrique de K, et Eᵣ la fermeture radicielle de E dans K (V, p. 24). Alors Eᵣ est la plus grande sous-extension de E qui soit radicielle sur K (V, p. 24, p… 06KV
  • Définition 4 On dit qu’un corps K est séparablement clos si toute extension algébrique séparable de K est triviale. ↩ 1 06KW
  • Définition 5 Soit K un corps. On appelle clôture algébrique séparable, ou par abus de langage clôture séparable, de K toute extension E de K qui est algébrique et séparable sur K, et telle que… 06KX
  • Proposition 14 Soit Ω une extension algébriquement close de K. a) La fermeture algébrique séparable Ωₛ de K dans Ω est une clôture séparable de K. b) Si E et E' sont deux clôtures séparables de K… ↩ 1 06KY
  • Corollaire Soient E une extension séparablement close de K et F une extension algébrique séparable de K. Il existe un K-homomorphisme de F dans E. 06KZ
  • Remarque 1 Soient E et E' deux clôtures séparables de K. Si K n’est pas séparablement clos, il existe plusieurs K-isomorphismes de E sur E'. \ En effet, E est alors une extension galoisienne… 06L0
  • Remarque 2 \ Soit E une extension algébrique et séparable de K. Si toute extension algébrique et séparable de K est isomorphe à une sous-extension de E, alors E est une clôture séparable de K… ↩ 1 06L1
  • Proposition 15 Soit Eₛ la fermeture séparable de K dans E. On a [E : K]ₛ = [Eₛ : K]. ↩ 1 06L2
  • Proposition 16 Soient Ω une extension de K et E, F deux sous-extensions de Ω, de degré fini sur K. 06L3

§ 8. Normes et traces

  • Proposition 1 Soit A une algèbre commutative de degré fini sur K. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 2 06L9
  • Lemme 1 Soient V un espace vectoriel de dimension finie sur K, et B une forme bilinéaire sur V × V. Soient (v₁, ..., vₙ) une base de V sur K et Δ = det B(vᵢ, vⱼ). On a Δ ≠ 0 si et seulemen… ↩ 1 06LA
  • Lemme 2 Soient V un espace vectoriel de dimension finie sur K et u un endomorphisme nilpotent de V. On a Tr(u) = 0. 06LB
  • Corollaire Soit E une extension de degré fini de K. Pour que E soit séparable, il faut et il suffit qu’il existe a dans E tel que Tr_E/K(a) ≠ 0. ↩ 2 06LC
  • Proposition 2 Soient F une extension de degré fini de K et E une sous-extension de F. Pour tout x ∈ F, on a 06LD
  • Corollaire Posons m = [F : E]. Pour tout x ∈ E, on a ↩ 1 06LE
  • Proposition 3 Soient E une extension de degré fini n de K et x un élément de E, de degré d sur K. Notons f(X) = Xᵈ + ∑ᵢ₌₁ᵈ aᵢ Xᵈ⁻ⁱ le polynôme minimal de x sur K. On a ↩ 1 06LF
  • Lemme 3 Soient R un anneau commutatif, f(X) = Xᵈ + ∑ᵢ₌₁ᵈ aᵢ Xᵈ⁻ⁱ un polynôme unitaire de R[X], A la R-algèbre R[X]/(f), et x la classe de X dans A. On a alors Tr_A/R(x) = -a₁ et N_A/R(x) =… 06LG
  • Proposition 4 Soient p l’exposant caractéristique de K et E une extension de degré fini de K. Soient σ₁, ..., σₙ les K-homomorphismes distincts de E dans une clôture algébrique Ω de K, et soit p… ↩ 1 06LH

§ 9. Éléments conjugués et extensions quasi-galoisiennes

  • Proposition 1 Soient E une extension de K contenue dans Ω et u un K-homomorphisme de E dans Ω. a) Si u applique E dans E, u induit un K-automorphisme de E. b) Il existe un K-automorphisme v de Ω… ↩ 14 06LK
  • Définition 1 Soient E et F deux extensions de K contenues dans Ω. On dit que E et F sont conjuguées (dans Ω) s’il existe un K-automorphisme u de Ω tel que u(E) = F. On dit que deux éléments x e… 06LL
  • Proposition 2 Soient x et y deux éléments de Ω. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) x et y sont conjugués sur K. b) Il existe un K-isomorphisme v de K(x) sur K(y) tel que v(x) = y. c… ↩ 1 06LM
  • Corollaire 1 Soit x un élément de Ω, de degré n sur K, et soit f le polynôme minimal de x sur K. Les conjugués de x sur K sont les racines de f dans Ω, et leur nombre est au plus égal à n. 06LN
  • Corollaire 2 Soit x un élément de Ω, de degré n sur K. Pour que x soit séparable sur K, il faut et il suffit qu’il ait n conjugués dans Ω ; s’il en est ainsi, tous les conjugués de x sur K sont… ↩ 1 06LO
  • Corollaire 3 Soit G le groupe des K-automorphismes de Ω. L’ensemble des invariants de G dans Ω est la fermeture radicielle de K dans Ω (V, p. 24). En d’autres termes, un élément x de Ω est radi… 06LP
  • Définition 2 Soit E une extension de K. On dit que E est quasi-galoisienne, ou normale (sur K), si elle est algébrique et si tout polynôme irréductible de K[X], ayant au moins une racine dans E… ↩ 1 06LQ
  • Proposition 3 Soit E une extension de K contenue dans Ω. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) E est une extension quasi-galoisienne de K. b) Pour tout x ∈ E, les conjugués de x sur K… ↩ 3 06LR
  • Corollaire 1 Pour qu’une extension E de K contenue dans Ω soit quasi-galoisienne, il faut et il suffit qu’elle soit identique à toutes ses conjuguées sur K. ↩ 3 06LS
  • Corollaire 2 Soient E et F deux extensions algébriques de K telles que E ⊂ F. Si F est quasi-galoisienne sur K, elle est quasi-galoisienne sur E. 06LT
  • Corollaire 3 Soient N une extension quasi-galoisienne de K contenue dans Ω, et E une sous-extension de N. Soit u un K-homomorphisme de E dans Ω ; on a u(E) ⊂ N et il existe un K-automorphisme v… ↩ 1 06LU
  • Corollaire 4 Soient E' une extension de K, et E, K' deux sous-extensions de E'. On suppose que E est quasi-galoisienne sur K et que E' = K'(E). Alors E' est quasi-galoisienne sur K'. ↩ 1 06LV
  • Remarque 1 Soient F une extension de K et E une sous-extension de F ; on suppose que E est quasi-galoisienne sur K. Montrons que tout K-automorphisme u de F laisse invariant E. En effet, soie… ↩ 3 06LW
  • Remarque 2 Supposons que E soit une extension quasi-galoisienne de K et F une extension quasi-galoisienne de E ; il n’est pas toujours vrai que F soit quasi-galoisienne sur K (V, p. 146, exer… 06LX
  • Remarque 3 Soient E une extension algébrique de K et x, y deux éléments de E. S’il existe un K-automorphisme de E transformant x en y, alors x et y ont même polynôme minimal sur K et sont don… ↩ 1 06LY
  • Proposition 4 Soit (Ni){i \in I} une famille d’extensions quasi-galoisiennes de K contenues dans Ω. Soient N = \bigcap{i \in I} Ni et M = K(\bigcup{i \in I} Ni) ; les extensions N et M de K sont… ↩ 1 06LZ
  • Proposition 5 Soient E une extension de K contenue dans Ω et N l’extension quasi-galoisienne engendrée par E. Si A est une partie de Ω telle que E = K(A), on a N = K(B), où B est l’ensemble des… 06M0
  • Corollaire 1 Si E est une extension de degré fini de K, l’extension quasi-galoisienne N de K engendrée par E est de degré fini sur K. On a en effet E = K(A) où A est fini, donc l’ensemble B des… ↩ 1 06M1
  • Corollaire 2 Toute extension quasi-galoisienne N de K est réunion des sous-extensions quasi-galoisiennes de N, de degré fini sur K. Soit x ∈ N et soit Nₓ l’extension quasi-galoisienne de K enge… 06M2

§ 10. Extensions galoisiennes

  • Théorème 1 Soient N une extension algébrique de K et Γ le groupe des K-auto-morphismes de N. Les assertions suivantes sont équivalentes : a) Tout élément de N invariant par Γ appartient à l’i… ↩ 4 06MB
  • Définition 1 On dit qu’une extension N du corps K est galoisienne si elle est algébrique et si elle satisfait aux conditions équivalentes a), b) et c) du théorème 1. 06MC
  • Proposition 1 Soient N une extension de K, et (Nᵢ)_i ∈ I une famille non vide de sous-extensions de N. On pose E = ⋂_i ∈ I Nᵢ et F = K(⋃_i ∈ I Nᵢ). Si les extensions Nᵢ sont galoisiennes sur K i… ↩ 3 06MD
  • Proposition 2 Soient N une extension galoisienne de K et E une sous-extension de N, de degré fini sur K. Il existe une sous-extension F de N, contenant E, galoisienne et de degré fini sur K. ↩ 5 06ME
  • Définition 2 Soit N une extension galoisienne du corps K. On appelle groupe de Galois de N sur K, et l’on note Gal(N/K), le groupe des K-automorphismes de N. 06MF
  • Exemple 1 Supposons la caractéristique de K différente de 2, et soit N une extension quadratique de K. Si x ∈ N − K, on a N = K(x), et le polynôme minimal de x sur K est de la forme f(X) = X… ↩ 1 06MG
  • Exemple 2 \ Soit f = X³ + X² − 2X − 1 ∈ Q[X]. Le polynôme f est irréductible, car sinon il posséderait une racine x ∈ Q ; écrivant x = a/b, avec a, b ∈ Z, a et b étrangers, on aurait a(a² +… ↩ 1 06MH
  • Exemple 3 Supposons que K = Q et prenons f = X³ - 2. Utilisant la décomposition des entiers en produit de facteurs premiers (I, p. 49), on voit facilement que 2 n’est pas le cube d’un élémen… ↩ 1 06MI
  • Exemple 4 Supposons K de caractéristique p ≠ 0 et soient K(T) le corps des fractions rationnelles et U = Tᵖ - T. On pose E = K(U) et F = K(T). Le polynôme f(X) = Xᵖ - X - U de E[X] a les rac… 06MJ
  • Exemple 5 Soit F = K(X₁, ..., Xₙ) le corps des fractions rationnelles en n indéterminées X₁, ..., Xₙ à coefficients dans K. Posons sₖ = ∑_1 ≤ i₁ < ... < iₖ ≤ n X_i₁ ... X_iₖ pour 1 ≤ k ≤ n e… ↩ 4 06MK
  • Exemple 6 Supposons f unitaire de degré > 0 et K de caractéristique ≠ 2. Munissons A d’un ordre total noté ≤. Posons δ(f) = ∏_α < β (β - α), (α, β) ∈ A × A, et pour tout σ ∈ SA posons δσ(f)… 06ML
  • Proposition 3 L’homomorphisme de restriction de Gal(N/K) dans Gal(L/K) est surjectif. ↩ 2 06MM
  • Proposition 4 Soit N une extension galoisienne de K. Le groupe de Galois Γ = Gal(N/K) est compact et totalement discontinu. 06MN
  • Proposition 5 L’homomorphisme λ de Gal(N/K) dans lim_← Gal(Nᵢ/K) est un isomorphisme de groupes topologiques. 06MO
  • Proposition 6 a) Soit V un espace vectoriel sur N muni d’une K-structure. Pour qu’un vecteur x ∈ V soit rationnel sur K, il faut et il suffit qu’on ait u_σ(x) = x pour tout σ ∈ Γ. Pour qu’un sou… 06MP
  • Corollaire Soit V₀ un espace vectoriel sur K et soit W un sous-N-espace vectoriel de N ⊗_K V₀. On suppose que W est stable par les applications σ ⊗ Id_V₀ pour tout σ ∈ Γ. Soit W₀ l’ensemble d… ↩ 1 06MQ
  • Proposition 7 Soient V un espace vectoriel sur N, (u_σ)_σ ∈ Γ une famille d’applications de V dans V satisfaisant aux relations (1) à (4) et V₀ l’ensemble des x ∈ V tels que u_σ(x) = x pour tout… ↩ 4 06MR
  • Proposition 8 L’application N-linéaire ψ de N ⊗_K M dans V = ∏_σ ∈ Γ M^σ est injective, et elle est bijective si Γ est fini. ↩ 3 06MS
  • Corollaire Soit ψ l’application K-linéaire de N ⊗_K N dans l’espace vectoriel produit N^Γ telle que ψ(x ⊗ y)(σ) = σ(x)\ y pour x,\ y dans N et σ ∈ Γ. Alors ψ est injective et elle est bijecti… ↩ 3 06MT
  • Remarque 1 Soient F une extension de K et N une sous-extension de F. Soit Γ un groupe fini d’automorphismes de N, dont K soit le corps des invariants. La prop. 8 entraîne l’existence d’un iso… 06MU
  • Remarque 2 Les notations K, N et Γ ont la signification précédente. Pour tout entier n geqslant 1, soit Aₙ le produit tensoriel de n K-algèbres identiques à N; soit Bₙ l’ensemble des applicat… 06MV
  • Proposition 9 Soit (U_σ)_σ ∈ Γ une famille d’éléments de GL(n, N). Pour qu’il existe A dans GL(n, N) avec U_σ = A⁻¹ · σ(A) pour tout σ ∈ Γ, il faut et il suffit que l’on ait U_σ τ = U_σ · σ(U_τ)… ↩ 2 06MW
  • Corollaire 1 Soit (c_σ)_σ ∈ Γ une famille d’éléments non nuls de N. Pour qu’il existe a ≠ 0 dans N tel que c_σ = σ(a) · a⁻¹ pour tout σ ∈ Γ, il faut et il suffit qu’on ait c_σ τ = c_σ · σ(c_τ)… ↩ 2 06MX
  • Corollaire 2 Soit (a_σ)_σ ∈ Γ une famille d’éléments de N. Pour qu’il existe b dans N avec a_σ = σ(b) - b pour tout σ ∈ Γ, il faut et il suffit que l’on ait a_σ τ = a_σ + σ(a_τ) pour σ, τ dans… ↩ 2 06MY
  • Théorème 2 (Artin) Soient N un corps, Γ un groupe d’automorphismes de N et K le corps des invariants de Γ. Soit V un sous-K-espace vectoriel de N, de dimension finie sur K. Alors toute application K-… ↩ 1 06MZ
  • Théorème 3 Soient N un corps, Γ un groupe fini d’automorphismes de N et K le corps des invariants de Γ. Soit n le cardinal de Γ. a) On a [N : K] = n et N est une extension galoisienne de K, d… ↩ 7 06N0
  • Théorème 4 Soient N une extension galoisienne de K et Γ son groupe de Galois. Soit K l’ensemble des sous-extensions de N et soit G l’ensemble des sous-groupes fermés de Γ. Pour tout sous-grou… ↩ 2 06N1
  • Lemme 1 Soit E une sous-extension de N. Alors N est extension galoisienne de E, et Gal(N/E) est un sous-groupe fermé de Gal(N/K), avec la topologie induite. Soit x ∈ N; le polynôme minimal… ↩ 2 06N2
  • Lemme 2 Soit Δ un sous-groupe de Γ. Soit E le corps des invariants de Δ. Alors le groupe de Galois de N sur E est l’adhérence de Δ dans Γ. ↩ 1 06N3
  • Corollaire 1 Soient E et E' deux sous-corps de N contenant K ; on a E ⊂ E' si et seulement si l’on a g(E) ⊃ g(E'). Si Δ et Δ' sont deux sous-groupes fermés de Γ, on a Δ ⊂ Δ' si et seulement si… ↩ 3 06N4
  • Corollaire 2 Soit (Eᵢ)_i ∈ I une famille de sous-corps de N contenant K ; posons L = ⋂_i ∈ I Eᵢ et M = K(⋃_i ∈ I Eᵢ). Alors g(L) est le plus petit sous-groupe fermé de Γ contenant ⋃_i ∈ I g(Eᵢ)… ↩ 1 06N5
  • Corollaire 3 Pour i = 1, 2, soit Eᵢ un sous-corps de N contenant K et soit Δᵢ = g(Eᵢ). Pour tout σ ∈ Γ, les relations σ(E₁) = E₂ et σ Δ₁ σ⁻¹ = Δ₂ sont équivalentes. ↩ 2 06N6
  • Corollaire 4 Soit E un sous-corps de N contenant K et soit Δ = g(E). Pour que E soit galoisien sur K, il faut et il suffit que Δ soit un sous-groupe distingué de Γ. S’il en est ainsi, l’homomor… ↩ 5 06N7
  • Corollaire 5 Soit E un sous-corps de N contenant K. Pour que E soit de degré fini sur K, il faut et il suffit que g(E) soit ouvert dans Γ. S’il en est ainsi, l’indice (Γ : g(E)) est fini et éga… ↩ 2 06N8
  • Corollaire 6 Pour i = 1, 2, soient Eᵢ une sous-extension de N et Γᵢ le groupe de Galois de N sur Eᵢ. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) Le groupe Γ est produit direct des sous-grou… ↩ 2 06N9
  • Remarque Avec les notations du cor. 6, supposons les conditions a) et b) remplies. Les homomorphismes de restriction φᵢ : Γ → Gal(Eᵢ/K) pour i = 1, 2 induisent des isomorphismes de groupes… 0DHW
  • Théorème 5 Soient N' une extension de K, engendrée par deux sous-extensions K' et N. On suppose que N est galoisienne sur K, de groupe de Galois Γ et que K' ∩ N = K. Alors l’extension N' de K… ↩ 5 06NB
  • Corollaire 1 Soit E' un sous-corps de N' contenant K'. Il existe un unique sous-corps E de N, contenant K et tel que E' = K'(E). On a E = E' ∩ N. 06NC
  • Corollaire 2 Soit N une extension galoisienne de K. On suppose que le groupe de Galois Γ de N sur K est produit direct de deux sous-groupes fermés Γ₁ et Γ₂, et l’on note Eᵢ le corps des invaria… 06ND
  • Remarque Soient K et K' deux corps et u un homomorphisme de K dans K'. Soit Kₛ (resp. K'ₛ) une clôture séparable (V, p. 44, prop. 14) de K (resp. K') et Π (resp. Π') le groupe de Galois de… 0DHX
  • Théorème 6 Soit N une extension galoisienne de degré fini sur K et soit Γ le groupe de Galois de N sur K. Il existe une base normale de N sur K. Autrement dit, le K^(Γ)-module N est libre de… ↩ 3 06NF
  • Proposition 10 Soit x ∈ N. Pour que x soit une base du K^(Γ)-module N, il faut et il suffit que det(σ τ(x))_σ, τ ∈ Γ soit non nul. 06NG
  • Proposition 11 Supposons K infini, et soit P : N → K une application polynômiale sur K non nulle. Il existe x ∈ N tel que P(x) ≠ 0 et que x soit une base de N sur K^(Γ). 06NH
  • Lemme 4 Soit M un A-module de torsion engendré par un nombre fini d’éléments x₁, …, xₕ. Il existe alors un élément x de M dont l’annulateur (II, p. 28) est égal à l’annulateur de M. ↩ 1 06NI
  • Lemme 5 Soit X un Γ-ensemble fini et soient x₁, …, xₙ des points de X tels que les orbites Γ x₁, …, Γ xₙ forment une partition de X. Pour 1 ≤ i ≤ n, soit Δᵢ le stabilisateur de xᵢ dans Γ… ↩ 1 06NJ
  • Proposition 12 Pour tout Γ-ensemble fini X, l’algèbre Θ(X) est étale sur K, de degré égal au cardinal de X. De plus, toute algèbre étale sur K est isomorphe à une algèbre de la forme Θ(X). ↩ 1 06NK
  • Remarque 1 On montre facilement que pour tout homomorphisme de K-algèbres φ de Θ(X) dans Kₛ, il existe un unique élément x de X tel que φ(f) = f(x) pour tout f ∈ Θ(X). 0DHY
  • Remarque 2 Soient X et Y deux Γ-ensembles finis. Soit 𝔉_Γ(X, Y) l’ensemble des applications u de X dans Y telles que u(σ x) = σ u(x) pour tout σ ∈ Γ et tout x ∈ X. Pour u ∈ 𝔉_Γ(X, Y), on défi… 0DHZ
  • Proposition 13 Soit N une extension quasi-galoisienne de K. On note Nᵣ le corps des invariants du groupe des K-automorphismes de N et Nₛ la fermeture algébrique séparable de K dans N (V, p. 42)… ↩ 2 06NM
  • Corollaire Soient p l’exposant caractéristique de K, overlineK une clôture algébrique de K, Kₛ la fermeture séparable de K dans overlineK et K^p^-∞ la clôture parfaite de K. Alors l’homomorph… 0DI0
  • Remarque Soit R (resp. S) une extension radicielle (resp. algébrique séparable) de K. Alors l’algèbre R ⊗_K S est un corps : en effet, R (resp. S) est isomorphe à une sous-extension de K^p^… 0DI1

§ 11. Extensions abéliennes

  • Définition 1 On dit qu’une extension E de K est abélienne si elle est galoisienne et si son groupe de Galois est commutatif. 06OC
  • Proposition 1 Soient E une extension galoisienne de K, et Γ son groupe de Galois. Soit Δ le groupe dérivé de Γ (I, p. 67, déf. 4) et soit F le corps des invariants de Δ. Pour qu’une sous-extensi… ↩ 1 06OD
  • Corollaire Soit E une extension de K, et soit (Eᵢ)_i ∈ I une famille de sous-extensions de E, telle que E = K(⋃_i ∈ I Eᵢ). On suppose que chacune des extensions Eᵢ est abélienne ; il en est a… 06OE
  • Définition 2 On dit qu’un élément ζ de K est une racine de l’unité s’il existe un entier n > 0 tel que ζⁿ = 1; pour tout entier n > 0 tel que ζⁿ = 1, on dit que ζ est racine n-ième de l’unité. 06OF
  • Théorème 1 Soit p l’exposant caractéristique de K et soit n > 0 un entier. Le groupe μₙ(K) des racines n-ièmes de l’unité dans K est cyclique et son ordre divise n. Lorsque K est algébriqueme… ↩ 4 06OG
  • Lemme 1 Soit G un sous-groupe fini de K^*, d’ordre m. Alors G est cyclique et l’on a G = μₘ(K). 06OH
  • Proposition 2 Supposons que K soit algébriquement clos, et soit p son exposant caractéristique. Il existe un isomorphisme de μ_∞(K) sur le groupe Q/Z[1/p]. ↩ 1 06OI
  • Remarque 1 Lorsque K est un corps algébriquement clos de caractéristique 0, le groupe μ_∞(K) est donc isomorphe (non canoniquement) à Q/Z. \ Lorsque K est le corps C des nombres complexes, on… 06OJ
  • Remarque 2 On peut prouver (cf. V, p. 156, exerc. 21) le résultat suivant : soient G et H deux groupes commutatifs dont tout élément est d’ordre fini. On suppose que, pour tout entier n ≥ 1… ↩ 1 06OK
  • Remarque 3 Pour tout nombre premier l, posons μ_l^∞(K) = ⋃_n ≥ 0 μ_lⁿ(K). Lorsque l est la caractéristique p de K, on a μ_p^∞(K) = 1 . On déduit de I, p. 76, théorème 4, que μ_∞(K) est somme… 06OL
  • Proposition 3 Soient k et n ≥ 1 deux entiers. Les assertions suivantes sont équivalentes : a) la classe de k modulo n est inversible dans l’anneau Z/nZ; b) la classe de k modulo n engendre le gr… ↩ 1 06OM
  • Corollaire 1 Soit G un groupe cyclique d’ordre n et soit d un diviseur de n. Le nombre des éléments d’ordre d de G est égal à φ(d). En particulier, φ(n) est le nombre des générateurs de G. Comm… ↩ 1 06ON
  • Corollaire 2 Pour tout entier n geqslant 1, on a 06OO
  • Proposition 4 Soit n geqslant 1 un entier ; on suppose qu’il existe n racines n-ièmes de l’unité dans K (ce qui a lieu par exemple si K est séparablement clos et n.1_K ≠ 0). Le nombre des racine… ↩ 2 06OP
  • Proposition 5 Pour tout entier n ≥ 1 premier à p, l’extension Rₙ(K) de K est abélienne de degré fini, son groupe de Galois est isomorphe à un sous-groupe de (Z/nZ)^* et son degré divise l’ordre… ↩ 1 06OQ
  • Lemme 2 Soient f, g et h des polynômes unitaires de Q[X] tels que f = gh. Si f est à coefficients entiers, il en est de même de g et h. ↩ 1 06OR
  • Remarque \ Pour tout entier n > 0, on définit μ(n) de la façon suivante : si n est divisible par le carré d’un nombre premier, on a μ(n) = 0; sinon, on a μ(n) = (-1)ʰ si n est le produit de… 06OS
  • Lemme 3 Les racines de Φₙ dans Kₛ sont les racines primitives n-ièmes de l’unité. ↩ 1 06OT
  • Proposition 6 Soit p l’exposant caractéristique de K et soit n ≥ 1 un entier premier à p. Pour que le polynôme Φₙ(X) soit irréductible dans K[X], il faut et il suffit que l’homomorphisme χₙ : Ga… ↩ 1 06OU
  • Théorème 2 (Gauss) — Soient overlineQ une clôture algébrique de Q et n ≥ 1 un entier. a) Le polynôme cyclotomique Φₙ(X) est irréductible dans Q[X]. b) Le degré de Rₙ(Q) sur Q est égal à φ(n). c) L’ho… 06OV
  • Définition 3 On dit qu’une extension E de K est cyclique, si elle est galoisienne et si son groupe de Galois est cyclique. 06OW
  • Exemple 1 Toute extension galoisienne de degré premier est cyclique, car tout groupe fini G d’ordre premier p est cyclique (en effet, tout élément x ≠ 1 de G est d’ordre p, donc engendre G). 0DI2
  • Exemple 2 Soit F(X) = X² + aX + b un polynôme irréductible dans K[X]. Le seul cas où F(X) n’est pas séparable est celui où K est de caractéristique 2 et a = 0. On écarte désormais ce cas ; s… 0DI3
  • Exemple 3 Soient F un corps et σ un automorphisme d’ordre fini n. Le corps E des invariants de σ est aussi le corps des invariants du groupe cyclique d’ordre n engendré par σ, et par suite (… 0DI4
  • Théorème 3 (Hilbert) Soit E une extension cyclique de K, et soit σ un générateur du groupe de Galois Γ de E sur K. a) Pour qu’un élément x ∈ E soit tel que N_E/K(x) = 1, il faut et il suffit qu’il exis… 06OX
  • Lemme 4 Soient Γ un groupe cyclique d’ordre n, σ un générateur de Γ et M un groupe commutatif sur lequel opère Γ de façon que γ.(m + m') = γ.m + γ.m' pour tous γ ∈ Γ, m, m' ∈ M. Soit Z l’e… 06OY
  • Proposition 7 Soient G un groupe commutatif annulé par n et H un sous-groupe de G. L’homomorphisme de restriction Hom(G, T) → Hom(H, T) est surjectif. ↩ 2 06OZ
  • Corollaire 1 Si G est un groupe commutatif annulé par n, et si G ≠ 1, alors Hom(G, T) ≠ 1. ↩ 1 06P0
  • Corollaire 2 Si G est un groupe commutatif fini annulé par n, les groupes G et Hom(G, T) ont même ordre. ↩ 1 06P1
  • Proposition 8 Supposons G et H commutatifs et annulés par n. Si s_f est bijectif et H fini, alors d_f est bijectif et l’on a Card(G) = Card(H). 06P2
  • Lemme 5 K(A^1/n) est une extension abélienne de K d’exposant divisant n. 06P3
  • Lemme 6 Soit L une extension galoisienne de K. Il existe une unique application (σ, a) ↦ ⟨ σ, a ⟩ de Gal(L/K) × ((Lⁿ ∩ K^*)/K^*n) dans μₙ(K) telle que pour tout σ ∈ Gal(L/K) et tout élémen… 06P4
  • Proposition 9 Pour toute extension galoisienne de degré fini L de K, l’homomorphisme kL est bijectif. ↩ 1 06P5
  • Corollaire Si L est une extension galoisienne de K, l’homomorphisme kL est injectif et son image est le groupe Hom_c(Gal(L/K), μₙ(K)) des homomorphismes continus du groupe topologique Gal(L/K… 06P6
  • Théorème 4 a) L’application H ↦ K(H^1/n) est une bijection croissante de l’ensemble des sous-groupes de K^* contenant K^*n sur l’ensemble des sous-extensions abéliennes d’exposant divisant n… 06P7
  • Exemple 1 Il existe une plus grande extension abélienne d’exposant divisant n de K contenue dans Ω; elle s’obtient en adjoignant à K les racines n-ièmes de tous ses éléments ; son groupe de… 06P8
  • Exemple 2 \ Prenons K = Q et n = 2. Alors Q^*/Q^*2 est un F₂-espace vectoriel admettant pour base la réunion de -1 et de l’ensemble des nombres premiers. La plus grande extension abélienne d… 06P9
  • Exemple 3 Soit L une extension cyclique de K de degré n ; alors le groupe (Lⁿ ∩ K^*)/K^*n est cyclique d’ordre n. Si a ∈ K^* est tel que la classe de a mod. K^*n est un générateur de ce grou… 06PA
  • Exemple 4 Inversement, soit a ∈ K^*, et soit r le plus petit entier 0 tel que aʳ ∈ K^*n; alors le sous-corps L de Ω engendré par les racines du polynôme Xⁿ - a est une extension cyclique de… ↩ 1 06PB
  • Remarque Soit a ∈ K^* et soit r le plus petit entier 0 tel que aʳ ∈ Kⁿ. Soit B l’ensemble des racines dans K du polynôme X^n/r - a; alors on a 06PC
  • Lemme 7 K(ρ⁻¹(A)) est une extension abélienne de K d’exposant divisant p. 06PD
  • Lemme 8 Soit L une extension galoisienne de K. Il existe une unique application (σ, a) ↦ [σ, a] de Gal(L/K) × ((ρ(L) ∩ K)/ρ(K)) dans Fₚ telle que, pour tout σ ∈ Gal(L/K) et tout élément x… 06PE
  • Proposition 10 Pour toute extension galoisienne de degré fini L de K, l’homomorphisme a_L est bijectif. 06PF
  • Corollaire Si L est une extension galoisienne de K, l’homomorphisme a_L est injectif et son image est le groupe Hom_c(Gal(L/K), Fₚ) des homomorphismes continus du groupe topologique Gal(L/K)… 06PG
  • Théorème 5 a) L’application A ↦ K(p⁻¹(A)) est une bijection de l’ensemble des sous-groupes de K contenant p(K) sur l’ensemble des sous-extensions abéliennes d’exposant divisant p de Ω. L’appl… 06PH
  • Exemple 1 Il existe une plus grande extension abélienne de K d’exposant divisant p contenue dans Ω; c’est K(p⁻¹(K)); son groupe de Galois s’identifie à Hom(K/p(K), Fₚ). 06PI
  • Exemple 2 Soit L une extension cyclique de K de degré p; alors le groupe (𝔭(L) ∩ K)/𝔭(K) est cyclique d’ordre p. Si a ∈ K est tel que la classe de a mod. 𝔭(K) est un générateur de ce groupe… 06PJ
  • Exemple 3 Inversement, si a ∈ K - 𝔭(K), alors le polynôme Xᵖ - X - a est irréductible et le sous-corps L de Ω engendré par ses racines est une extension cyclique de K de degré p. Si a ∈ 𝔭(K)… 06PK

§ 12. Corps finis $^1$

  • Proposition 1 Soit K un corps fini à q éléments. 06Q8
  • Proposition 2 Soit K un corps fini à q éléments. Le corps K est un corps de décomposition du polynôme X^q - X de Fₚ[X] et est l’ensemble des racines de ce polynôme. ↩ 2 06Q9
  • Corollaire Deux corps finis de même cardinal sont isomorphes. ↩ 1 06QA
  • Proposition 3 Soient K un corps fini à q éléments, Ω une extension algébriquement close de K, et m un entier geqslant 1. ↩ 2 06QB
  • Corollaire Soient K un corps fini et Ω une extension algébriquement close de K. La fermeture algébrique overlineK de K dans Ω se compose de 0 et des racines de l’unité et c’est une clôture al… 06QC
  • Proposition 4 Soient K un corps fini à q éléments et Kₘ une extension de degré fini m de K. 06QD
  • Proposition 5 Il existe un unique isomorphisme de groupes topologiques π_K : hatZ → Gal(overlineK/K) tel que π_K(1) = σ_q. 06QE
  • Proposition 6 L’image par φₙ de l’automorphisme de Frobenius σ_q est la classe de q mod. n. 06QF
  • Corollaire Le degré de Rₙ sur K est le plus petit entier f geqslant 1 tel que qᶠ ≡ 1 mod. n. Pour que le polynôme cyclotomique Φₙ soit irréductible sur K, il faut et il suffit que le groupe (… 06QG
  • Exemple 1 Le polynôme Φ₃(X) = X² + X + 1 est irréductible dans F_q[X] si et seulement si l’on a q ≡ 2 mod. 3. De même, Φ₄(X) = X² + 1 est irréductible dans F_q[X] si et seulement si q ≡ 3 mo… 06QH
  • Exemple 2 On a 5² ≡ 1 mod. 12, donc la classe de 5 modulo 12 n’engendre pas (Z/12Z)^*. Le polynôme Φ₁₂(X) = X⁴ - X² + 1 n’est donc pas irréductible dans F₅[X]; on a en fait 06QI

§ 13. EXTENSIONS RADICIELLES DE HAUTEUR $\leqslant 1$

  • Définition 1 Soient K un corps et L une extension radicielle de hauteur leqslant 1 de K. On dit qu’une famille (xᵢ)_i ∈ I d’éléments de L est p-libre sur K (resp. est une p-base de L sur K) si… 06QX
  • Proposition 1 Soient K un corps, L une extension radicielle de hauteur ≤ 1 de K et x = (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de L. Alors l’espace vectoriel K(xᵢ)_i ∈ I sur K est engendré par les pro… ↩ 6 06QY
  • Corollaire Soit L' une extension d’un corps K engendrée par deux sous-extensions linéairement disjointes K' et L. Supposons L radicielle de hauteur ≤ 1 sur K; alors L' est radicielle de haute… 06QZ
  • Remarque Soient K un corps, L une extension radicielle de hauteur ≤ 1 de K et (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de L. Soient A l’algèbre de polynômes K[(Xᵢ)_i ∈ I], a l’idéal de A engendré… 06R0
  • Proposition 2 Soient K un corps, L une extension radicielle de hauteur ≤ 1 de K et S une partie de L. Pour que S soit p-libre, il faut et il suffit que l’on ait K(T) ≠ K(S) pour toute partie T ≠… ↩ 1 06R1
  • Proposition 3 Soient K un corps, L une extension radicielle de hauteur ≤ 1 de K, et S, T deux parties de L. Les conditions suivantes sont équivalentes : 06R2
  • Corollaire Soient L une extension radicielle de hauteur ≤ 1 de K et M une sous-extension de L. Alors L est radicielle de hauteur ≤ 1 sur M et M est radicielle de hauteur ≤ 1 sur K. De plus, s… 06R3
  • Proposition 4 Soit x = (xᵢ)_i ∈ I une p-base de K. Pour tout entier n ≥ 1, la famille (x^α)_α ∈ Λ(n) est une base de K sur K^pⁿ. 06R4
  • Proposition 5 Soient K un corps et L une extension de K engendrée par un élément x tel que x ∉ K, xᵖ ∈ K. Soient V un espace vectoriel sur L et Δ une dérivation de K dans V, telle que Δ(xᵖ) = 0… ↩ 1 06R5
  • Corollaire 1 Soient K un corps, L une extension radicielle de hauteur ≤ 1 de K et V un espace vectoriel sur L. Toute dérivation Δ de K dans V nulle sur Lᵖ se prolonge en une dérivation de L dan… ↩ 3 06R6
  • Corollaire 2 Soient L une extension radicielle de hauteur ≤ 1 d’un corps K et E une sous-extension de L. Soit U le sous-espace de Ω_K(L) engendré par les différentielles des éléments de E. Alor… ↩ 3 06R7
  • Théorème 1 Soient L une extension radicielle de hauteur ≤ 1 d’un corps K et (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de L. ↩ 3 06R8
  • Corollaire Soit (xᵢ)_i ∈ I une p-base de L sur K. Soient V un espace vectoriel sur L, Δ une dérivation de K dans V nulle sur Lᵖ et (uᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de V. Il existe une dériva… 06R9
  • Théorème 2 Soit L une extension radicielle de hauteur ≤ 1 d’un corps K. ↩ 4 06RA
  • Corollaire Pour tout x ∈ L - K, il existe une p-base de L sur K contenant x. En effet, x est une partie p-libre de L sur K, et il suffit d’appliquer le th. 2, a). 06RB
  • Proposition 6 Soient K un corps (de caractéristique p) et L une extension de K. a) Soit x ∈ L. La différentielle d_L/K x est nulle si et seulement si x appartient à K(Lᵖ). b) On a Ω_K(L) = 0 si… ↩ 1 06RC
  • Théorème 3 (Jacobson) Les applications K ↦ g(K) et h ↦ I(h) sont des bijections de C sur L et L sur C respectivement, réciproques l’une de l’autre. Si K ∈ C et h ∈ L se correspondent, on a [E : K] = p^[… 06RD
  • Lemme 1 Soient L un corps, V un espace vectoriel sur L et u un endomorphisme de V tel que uᵖ = u. Pour tout i ∈ Fₚ, soit Vᵢ le noyau de u - i. On a alors V = ⨁_i ∈ Fₚ Vᵢ. Pour tout i ∈ Fₚ… ↩ 2 06RE
  • Lemme 2 Soit D une dérivation de E telle que Dᵖ = D et soit K le noyau de D. On suppose qu’il existe x non nul dans E tel que D(x) = x. Alors K est un sous-corps de E contenant Eᵖ et l’on… 06RF
  • Lemme 3 Soit h ∈ L, de dimension s sur E. Alors I(h) appartient à C et l’on a [E : I(h)] = pˢ. 06RG
  • Remarque 1 Les bijections réciproques K ↦ g(K) et h ↦ I(h) sont décroissantes ; par suite, h ↦ I(h) est un isomorphisme de l’ensemble ordonné 𝔖 sur l’ensemble ordonné opposé à 𝔖. On en déduit… 06RH
  • Remarque 2 On peut montrer que tout sous-espace de dimension finie de g, qui est stable par D ↦ D^p, est aussi stable par le crochet. 0DI5

§ 14. Extensions transcendantes

  • Définition 1 Soit E une extension d’un corps K ; on dit qu’une famille x = (xi){i∈I} d’éléments de E est algébriquement libre sur K si les monômes x^α = ∏{i∈I} xi^{αi} par rapport aux xi (pour… ↩ 1 06RO
  • Proposition 1 Pour qu’une famille (xᵢ)_i ∈ I d’éléments d’une extension E d’un corps K soit algébriquement libre sur K, il faut et il suffit que la relation f((xᵢ)) = 0, où f est un polynôme de… 06RP
  • Définition 2 Soit E une extension d’un corps K. Une famille (xᵢ)_i ∈ I d’éléments de E est appelée une base pure de E (sur K) si elle est algébriquement libre et si l’on a E = K(xᵢ)_i ∈ I. On d… 06RQ
  • Proposition 2 Soient E et E' deux corps et u un isomorphisme d’un sous-corps K de E sur un sous-corps K' de E'. Soit x = (xᵢ)_i ∈ I (resp. x' = (x'ᵢ)_i ∈ I) une famille d’éléments de E (resp. E'… ↩ 1 06RR
  • Corollaire Pour qu’une extension E d’un corps K soit pure, il faut et il suffit que E soit K-isomorphe à un corps de fractions rationnelles sur K. De manière précise, si la famille (xᵢ)_i ∈ I… 06RS
  • Remarque Il est clair que, dans une extension E de K, une famille algébriquement libre sur K est formée d’éléments linéairement indépendants sur K (donc deux à deux distincts); autrement di… 06RT
  • Proposition 3 Pour qu'une famille (xᵢ)_i ∈ I d'éléments d'une extension E d'un corps K soit algébriquement libre sur K, il faut et il suffit que toute sous-famille finie de (xᵢ)_i ∈ I soit algéb… ↩ 4 06RU
  • Proposition 4 Soient E une extension d'un corps K, S et T deux parties de E. Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) S ∪ T est algébriquement libre sur K et S ∩ T = ∅. b) S est algébriqu… ↩ 4 06RV
  • Corollaire Soient E une extension d'un corps K et S une partie de E algébriquement libre sur K. Si x ∈ E est transcendant sur K(S), alors S ∪ x est algébriquement libre sur K. ↩ 2 06RW
  • Proposition 5 Soit E une extension d’un corps K. Pour qu’une partie S de E soit algébriquement libre sur K, il faut et il suffit que, pour tout x ∈ S, l’élément x soit transcendant sur le corps… ↩ 1 06RX
  • Proposition 6 Soient E une extension d’un corps K et X une partie de E algébriquement libre sur K. Si K' ⊂ E est une extension algébrique de K, alors X est algébriquement libre sur K'. ↩ 3 06RY
  • Définition 3 On dit qu’une partie B d’une extension E d’un corps K est une base de transcendance de E (sur K) si B est algébriquement libre sur K, et si E est algébrique sur K(B). 06RZ
  • Exemple Une base pure est une base de transcendance. En revanche, si E est une extension pure de K, une base de transcendance de E sur K n’est pas toujours une base pure de E. Par exemple… 06S0
  • Proposition 7 Soit E une extension d’un corps K. Toute base de transcendance de E est un élément maximal de l’ensemble (ordonné par inclusion) des parties de E algébriquement libres sur K. Inver… ↩ 2 06S1
  • Théorème 1 (Steinitz) Toute extension E d’un corps K admet une base de transcendance sur K. En d’autres termes, toute extension d’un corps K est une extension algébrique d’une extension pure de K. ↩ 3 06S2
  • Théorème 2 Soient E une extension d’un corps K, S une partie de E telle que E soit algébrique sur K(S), et T une partie de S, algébriquement libre sur K ; il existe alors une base de transcen… ↩ 5 06S3
  • Corollaire (« théorème d’échange ») Soient E une extension de K, S une partie de E telle que E soit algébrique sur K(S), T une partie de E algébriquement libre sur K ; il existe une partie S’ de S telle que T ∪ S’ so… 06S4
  • Théorème 3 Soit E une extension d’un corps K. Toutes les bases de transcendance de E sur K ont même cardinal. ↩ 1 06S5
  • Définition 4 Soit E une extension d’un corps K. Le cardinal de toute base de transcendance de E sur K est appelé le degré de transcendance de E sur K, et noté deg. trK E. 06S6
  • Corollaire 1 Soit S une partie de E telle que E soit algébrique sur K(S). On a Card(S) ≥ n; si le cardinal de S est égal à n, alors S est algébriquement libre sur K (donc est une base de transc… ↩ 2 06S7
  • Corollaire 2 Supposons que l’on ait E = K(x₁, ..., xₘ). Alors, on a m ≥ n; si de plus on a m = n, alors (x₁, ..., xₘ) est une base pure de E sur K, et E est alors une extension pure de K. 06S8
  • Corollaire 3 Toute partie de E algébriquement libre sur K a au plus n éléments, et si elle a exactement n éléments, c’est une base de transcendance de E sur K. 06S9
  • Théorème 4 Soient K, E et F trois corps tels que K ⊂ E ⊂ F. Si S est une base de transcendance de E sur K et T une base de transcendance de F sur E, alors S ∩ T est vide et S ∪ T est une base… 06SA
  • Corollaire Soient K, E et F trois corps tels que K ⊂ E ⊂ F. On a ↩ 1 06SB
  • Proposition 8 Soient Ω une extension algébriquement close d’un corps K, E et F deux sous-extensions de Ω, et u un K-isomorphisme de E sur F. Pour qu’il existe un K-automorphisme v de Ω prolongea… ↩ 1 06SC
  • Corollaire 1 Soient Ω une extension algébriquement close d’un corps K et E une sous-extension de Ω. Tout K-automorphisme de E se prolonge en un K-automorphisme de Ω. ↩ 1 06SD
  • Corollaire 2 Soient Ω une extension algébriquement close d’un corps K, E et F deux sous-extensions de Ω et u un K-isomorphisme de E sur F. Si le degré de transcendance de E sur K est fini (en p… ↩ 1 06SE
  • Proposition 9 Soient K un corps et Ω une extension algébriquement close de K. On suppose que Ω n’est pas algébrique sur K. Alors, l’ensemble des éléments de Ω transcendants sur K est infini. De… ↩ 1 06SF
  • Proposition 10 Soient K un corps, Ω une extension algébriquement close de K et G le groupe des K-automorphismes de Ω. Soit x ∈ Ω. ↩ 1 06SG
  • Définition 5 Soient L une extension d’un corps K, E et F deux sous-extensions de L. On dit que E et F sont algébriquement disjointes (sur K) ou que E est algébriquement disjointe de F sur K si… ↩ 1 06SH
  • Remarque 1 Si E est une sous-extension de L algébrique sur K, elle est algébriquement disjointe de toute sous-extension F de L. Pour qu’une extension de K soit algébrique, il faut et il suffi… 06SI
  • Remarque 2 Il se peut que E soit algébriquement disjointe de F sur K, mais non sur un sous-corps K₀ de K. \ Par exemple, C est algébriquement disjointe d’elle-même sur R mais non sur Q. \ 06SJ
  • Remarque 3 Il est clair que si E est algébriquement disjointe de F sur K, quand on considère E et F comme des sous-extensions de L, il en est de même si on les considère comme des sous-extens… 06SK
  • Proposition 11 Si E et F sont algébriquement disjointes sur K, alors E ∩ F est algébrique sur K. Cela résulte de la déf. 5. 06SL
  • Proposition 12 Soient L une extension d’un corps K, E et F des sous-extensions de L. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) E et F sont algébriquement disjointes ; b) il existe une base… ↩ 4 06SM
  • Corollaire Supposons que E et F soient algébriquement disjointes sur K. Soient E' la fermeture algébrique de E dans L et F' celle de F (V, p. 19). Alors E' et F' sont algébriquement disjointe… 06SN
  • Proposition 13 Soient L une extension d'un corps K, et E, F deux sous-extensions de L. ↩ 1 06SO
  • Proposition 14 Soient L une extension d'un corps K, E et F deux sous-extensions de L et B une base de transcendance de E sur K. Pour que E et F soient algébriquement disjointes sur K, il faut et… ↩ 2 06SP
  • Corollaire 1 Si E et F sont linéairement disjointes, alors E est algébriquement disjointe de F sur K. Réciproquement, si E est une extension pure de K et si elle est algébriquement disjointe de… ↩ 1 06SQ
  • Corollaire 2 Toute extension pure de K est linéairement disjointe de toute extension algébrique de K ; en particulier, K est algébriquement fermé dans toute extension pure de K. ↩ 1 06SR
  • Définition 6 Soient L une extension d’un corps K, et (Eᵢ)_i ∈ I une famille de sous-extensions de L. On dit que la famille (Eᵢ)_i ∈ I est algébriquement libre si la condition suivante est vérif… 06SS
  • Remarque D’après la prop. 3 (V, p. 103), il suffit de vérifier la condition (AL) pour des parties Aᵢ finies. On en déduit le résultat suivant : si (Eᵢ)_i ∈ I est une famille algébriquement… 06ST
  • Proposition 15 Soit (Eᵢ)_i ∈ I une famille de sous-extensions d’une même extension L d’un corps K. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) La famille (Eᵢ)_i ∈ I est algébriquement libre… ↩ 2 06SU
  • Proposition 16 Soit (Eᵢ)_i ∈ I une famille de sous-extensions d’une extension d’un corps K. Soit E le corps engendré par ⋃_i ∈ I Eᵢ. 06SV
  • Théorème 5 Soient (Eᵢ)_i ∈ I une famille d’extensions d’un corps K et Ω une extension algébriquement close de K. On suppose vérifiée l’inégalité ↩ 1 06SW
  • Corollaire 1 Soient E et Ω deux extensions d’un corps K. On suppose que Ω est algébriquement close, de degré de transcendance au moins égal à celui de E. Alors E est K-isomorphe à une sous-exte… ↩ 2 06SX
  • Corollaire 2 Soit Ω un corps algébriquement clos de degré de transcendance infini sur son sous-corps premier. Tout corps de même caractéristique que Ω est réunion filtrante croissante de corps… ↩ 1 06SY
  • Exemple Cela s’applique notamment en caractéristique 0 en prenant Ω = C (« principe de Lefschetz »). \ 0DI6
  • Proposition 17 Soient E une extension d’un corps K et B une base de transcendance de E sur K. Pour que E soit de type fini (V, p. 11, déf. 2) sur K, il faut et il suffit que B soit finie et que l… ↩ 1 06SZ
  • Corollaire 1 Supposons que E soit une extension de type fini de K, et notons K' la fermeture algébrique de K dans E (V, p. 19). Alors K' est de degré fini sur K. Soit B une base de transcendanc… ↩ 3 06T0
  • Corollaire 2 Un corps de type fini sur son sous-corps premier ne contient qu’un nombre fini de racines de l’unité. 06T1
  • Corollaire 3 Si E est une extension de type fini d’un corps K, toute sous-extension E’ de E est de type fini. 06T2

§ 15. Extensions séparables

  • Proposition 1 Soient A un anneau commutatif et x un élément de A. Pour que x soit nilpotent, il faut et il suffit que le polynôme 1 - xT soit inversible dans l’anneau A[T]. ↩ 1 06TN
  • Proposition 2 Soit A un anneau commutatif. L’ensemble des éléments nilpotents de A est un idéal de A égal à l’intersection de l’ensemble des idéaux premiers de A. ↩ 3 06TO
  • Corollaire Pour qu’un anneau commutatif soit réduit (V, p. 33, déf. 2), il faut et il suffit qu’il soit isomorphe à un sous-anneau d’un produit de corps. ↩ 2 06TP
  • Définition 1 Soit A une algèbre commutative sur un corps K. On dit que A est séparable sur K, ou que c’est une K-algèbre séparable, si l’anneau L ⊗_K A est réduit pour toute extension L de K. ↩ 4 06TQ
  • Exemple 1 Soit A une algèbre de polynômes K[Xᵢ]_i ∈ I. Pour toute extension L de K, l’anneau L ⊗_K A est isomorphe à L[Xᵢ]_i ∈ I (III, p. 22, remarque 2), donc est intègre (IV, p. 9, prop. 8… ↩ 1 0DI7
  • Exemple 2 Soit A une algèbre commutative de degré fini sur un corps K. Pour que A soit séparable, il faut et il suffit qu’elle soit étale (V, p. 34, th. 4). 0DI8
  • Exemple 3 Soit E une extension algébrique d’un corps K. Si L est une extension de K, l’anneau L ⊗_K E est réunion des sous-anneaux L ⊗_K F où F parcourt l’ensemble des sous-extensions de deg… 0DI9
  • Proposition 3 Soit K un corps. ↩ 2 06TR
  • Proposition 4 Soit A une algèbre séparable sur un corps K et soit B l’anneau total des fractions de A. Alors la K-algèbre B est séparable. ↩ 2 06TS
  • Proposition 5 Soient K un corps, A et B deux K-algèbres commutatives. Si A est réduite et B séparable, alors A ⊗_K B est réduite, ↩ 7 06TT
  • Corollaire 1 Soient K un corps, L une extension séparable de K et f un polynôme de K[X]. Si f est sans facteur multiple dans K[X], il est aussi sans facteur multiple dans L[X]. ↩ 1 06TU
  • Corollaire 2 Soient A et B deux K-algèbres commutatives. Si A et B sont séparables, il en est de même de A ⊗_K B. 06TV
  • Proposition 6 Toute extension pure d’un corps K est séparable. ↩ 2 06TW
  • Proposition 7 Soient E un corps, G un groupe d’automorphismes de E et K le sous-corps de E formé des invariants de G. Alors E est une extension séparable de K. 06TX
  • Proposition 8 Soit L une extension d’un corps K. Si L est séparable sur K, toute sous-extension de L est séparable sur K. Réciproquement, si toute sous-extension de type fini de L est séparable… ↩ 1 06TY
  • Proposition 9 Soient L une extension d’un corps K et M une L-algèbre commutative (par exemple, une extension de L). Si M est séparable sur L, et L séparable sur K, alors M est séparable sur K. ↩ 2 06TZ
  • Théorème 1 Soit K un corps de caractéristique 0. Toute K-algèbre réduite, et en particulier toute extension de K, est séparable sur K. ↩ 3 06U0
  • Théorème 2 Soient K un corps de caractéristique p ≠ 0, K^p^-∞ une clôture parfaite de K et A une K-algèbre commutative. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 6 06U1
  • Corollaire 1 (MacLane) Soient K un corps d’exposant caractéristique p, Ω une extension parfaite de K et L une sous-extension de Ω. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) L est séparable sur K. b… ↩ 5 06U2
  • Corollaire 2 Soient K un corps d’exposant caractéristique p, K^p^-∞ une clôture parfaite de K et L une extension séparable de K. Alors l’anneau L ⊗_K K^p^-∞ est un corps. Si L est de plus algéb… ↩ 1 06U3
  • Corollaire 3 Soient L une extension algébrique de K et M une L-algèbre commutative (par exemple une extension de L). Si M est séparable sur K, elle est séparable sur L. ↩ 1 06U4
  • Remarque On peut formuler le critère de MacLane sans faire intervenir d’extension de K autre que L. En effet, d’après la condition c) du cor. 1, L est séparable sur K si et seulement si L e… 06U5
  • Théorème 3 Soit K un corps parfait. a) Toute extension algébrique de K est un corps parfait. b) Toute extension de K est séparable. c) Pour qu’une K-algèbre soit séparable, il faut et il suff… ↩ 5 06U6
  • Théorème 4 Soient Ω une extension algébriquement close d’un corps K et L une sous-extension de Ω. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 06U7

§ 16. Critères différentiels de séparabilité

  • Proposition 1 On suppose que la famille x = (xᵢ)_i ∈ I engendre la K-algèbre A. Soient (mᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de M et (f_λ)_λ ∈ Λ une famille de polynômes engendrant l’idéal a des pol… ↩ 2 06UK
  • Proposition 2 Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 3 06UL
  • Proposition 3 Soient K un corps, L une extension pure de K et (xᵢ)_i ∈ I une base pure de L (V, p. 102, déf. 2). ↩ 3 06UM
  • Corollaire Soit P un sous-corps de K. L’application canonique α de Ω_P(K) ⊗_K L dans Ω_P(L) est injective, et la famille (d_L/P xᵢ)_i ∈ I est une base (sur L) d’un sous-espace de Ω_P(L) suppl… 06UN
  • Proposition 4 Soient K un corps, L une extension algébrique et séparable de K et V un espace vectoriel sur L. ↩ 7 06UO
  • Corollaire 1 On a Ω_K(L) = 0 si L est algébrique et séparable sur K. Le corollaire résulte de la prop. 4, a) car le L-espace vectoriel Ω_K(L) est engendré par l’image de la K-dérivation canoniq… ↩ 2 06UP
  • Corollaire 2 Si L est une extension algébrique et séparable d’un corps K, l’application canonique α : Ω_P(K) ⊗_K L → Ω_P(L) est un isomorphisme pour tout sous-corps P de K. L’application α est… 06UQ
  • Corollaire 3 Soient E une extension d’un corps K et D une dérivation de E dans E, appliquant K dans K. Si L est une sous-extension de E qui est algébrique et séparable sur K, on a D(L) ⊂ L. Soi… 06UR
  • Remarque 1 Nous démontrerons plus loin (V, p. 125, cor. 3 et p. 129, cor. 2) une réciproque au cor. 1 de la prop. 4. 06US
  • Remarque 2 Toute extension algébrique d’un corps premier est séparable (V, p. 36, cor.). Comme toute dérivation d’un corps premier est nulle, toute dérivation d’une extension algébrique d’un… 0DIA
  • Théorème 1 Soient K un corps de caractéristique 0, L une extension de K et V un espace vectoriel sur L. Soient Δ une dérivation de K dans V, (xᵢ)_i ∈ I une base de transcendance de L sur K et… ↩ 3 06UT
  • Corollaire 1 Toute dérivation de K dans V se prolonge en une dérivation de L dans V. ↩ 1 06UU
  • Corollaire 2 Soient E une sous-extension de L et U le sous-L-espace vectoriel de Ω_K(L) engendré par les différentielles des éléments de E. Pour qu’un élément x de L soit algébrique sur E, il f… ↩ 3 06UV
  • Corollaire 3 Pour qu’un élément x de L soit algébrique sur K, il faut et il suffit que l’on ait dx = 0 dans Ω_K(L). En particulier, pour que L soit une extension algébrique de K, il faut et il… 06UW
  • Corollaire 4 Soient K, L et M des corps de caractéristique 0 tels que K ⊂ L ⊂ M; l’application canonique α : Ω_K(L) ⊗_L M → Ω_K(M) est injective. 06UX
  • Théorème 2 Soient K un corps de caractéristique 0, L une extension de K et (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de L. 06UY
  • Corollaire On a [Ω_K(L) : L] = deg.tr_K L lorsque K est de caractéristique 0. 06UZ
  • Théorème 3 Soient K un corps et L une extension de K. Pour que L soit séparable sur K, il faut et il suffit que toute dérivation de K dans un L-espace vectoriel se prolonge en une dérivation… ↩ 2 06V0
  • Corollaire Si L est extension séparable de K, l’application canonique α_P : Ω_P(K) ⊗_K L → Ω_P(L) est injective pour tout sous-corps P de K. Réciproquement, s’il existe un sous-corps parfait… 06V1
  • Lemme 1 Soient U et V deux espaces vectoriels de dimension finie sur un corps L. Toute application linéaire f : U → V possède un indice égal à [V : L] - [U : L]. ↩ 1 06V2
  • Lemme 2 Soient f : U → V et g : V → W des applications L-linéaires. Si f et g possèdent un indice, il en est de même de g ∘ f et l’on a : ↩ 1 06V3
  • Théorème 4 Soient P un corps parfait, L une extension de P et K une sous-extension de L ; on suppose que L est une extension de type fini de K. Alors l’application L-linéaire canonique α : Ωₚ… ↩ 2 06V4
  • Corollaire 1 Soit L une extension de type fini d’un corps K, de degré de transcendance s. L’espace vectoriel Ω_K(L) est de dimension ≥ s sur L, et l’on a égalité si et seulement si L est sépara… ↩ 4 06V5
  • Corollaire 2 Soit L une extension de type fini d’un corps K. Pour que L soit algébrique et séparable sur K, il faut et il suffit que l’on ait Ω_K(L) = 0. ↩ 4 06V6
  • Corollaire 3 Soient K un corps de caractéristique p ≠ 0 et L une extension de type fini de K, de degré de transcendance s. Si [K : Kᵖ] est fini, il en en est de même de [L : Lᵖ] et l’on a [L… 06V7
  • Remarque 1 Soient K un corps de caractéristique p ≠ 0 et L une extension de K. On a Ω_K(L) = 0 si et seulement si l’on a L = K(Lᵖ) (V, p. 99, prop. 6). Par suite, si L est de type fini sur K… 06V8
  • Remarque 2 Soient K un corps, F₁, ..., Fₘ des polynômes de K[X₁, ..., Xₙ], et L une extension de K engendrée par des éléments x₁, ..., xₙ. On suppose que les polynômes F₁, ..., Fₘ engendrent… 06V9
  • Définition 1 Soit L une extension d’un corps K. On dit qu’une base de transcendance B de L sur K est séparante si l’extension algébrique L de K(B) est séparable. 06VA
  • Théorème 5 Soient K un corps, L une extension de K et (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de L. Si la famille (xᵢ)_i ∈ I est une base de transcendance séparante de L sur K, la famille (dxᵢ)_i ∈… ↩ 1 06VB
  • Corollaire Soit L une extension séparable de type fini de K, et soit S une partie de L telle que L = K(S). Il existe alors une base de transcendance séparante B de L sur K, contenue dans S. ↩ 1 06VC
  • Remarque Soit L une extension séparable de type fini d’un corps K de caractéristique p ≠ 0; il peut exister des bases de transcendance de L qui ne sont pas séparantes. Il suffit de noter qu… 06VD
  • Proposition 5 Soient L et M deux extensions d’un corps K, contenues dans une même extension et algébriquement disjointes sur K. Si M est séparable sur K, alors L(M) est séparable sur L. ↩ 2 06VE
  • Corollaire Si L et M sont des extensions séparables et algébriquement disjointes de K, le corps K(L ∪ M) est séparable sur K. 06VF

§ 17. Extensions régulières

  • Théorème 1 (Zariski) Soient K un corps, L une extension de K, K₁ la fermeture algébrique séparable de K dans L (V, p. 42), K₂ la fermeture algébrique de K dans L (V, p. 19) et (Xᵢ)_i ∈ I une famille d’… 06VP
  • Proposition 1 Soient Ω une extension d’un corps K et L, M deux sous-extensions de Ω algébriquement disjointes sur K. On suppose que la fermeture algébrique séparable de K dans L est égale à K ¹… 06VQ
  • Corollaire Soient L et M deux extensions d’un corps K. On suppose que la fermeture algébrique séparable de K dans L est égale à K. Alors l’ensemble 𝔭 des éléments nilpotents de L ⊗_K M est un… 06VR
  • Définition 1 Soit K un corps. On dit qu’une algèbre A sur K est absolument intègre si l’anneau L ⊗_K A est intègre pour toute extension L de K. 06VS
  • Proposition 2 Soient A et B deux algèbres sur un corps K. Si A est intègre et B absolument intègre, alors A ⊗_K B est intègre. ↩ 1 06VT
  • Proposition 3 Soit K un corps. ↩ 2 06VU
  • Définition 2 On dit qu’une extension d’un corps K est régulière si c’est une K-algèbre absolument intègre. ↩ 1 06VV
  • Proposition 4 Soient A une algèbre intègre sur un corps K, et E son corps des fractions. Soit L une extension de K; si l’anneau L ⊗_K A est intègre, il en est de même de L ⊗_K E. ↩ 1 06VW
  • Corollaire Pour que A soit absolument intègre, il faut et il suffit que son corps des fractions soit une extension régulière de K. 06VX
  • Proposition 5 Toute extension pure d’un corps K est régulière. 06VY
  • Proposition 6 Soit L une extension d’un corps K. Si L est régulière, toute sous-extension de L est régulière. Inversement si toute sous-extension de type fini de L est régulière, alors L est rég… 06VZ
  • Proposition 7 Soient L une extension d’un corps K et M une L-algèbre (par exemple une extension de L). Si L est régulière sur K et M absolument intègre sur L, alors M est absolument intègre sur… 06W0
  • Proposition 8 Soient L et M deux extensions d’un corps K. a) Si M est régulière sur K, le corps des fractions de l’anneau intègre L ⊗_K M est une extension régulière de L. b) Si L et M sont des… 06W1
  • Proposition 9 Soient K un corps, overlineK une clôture algébrique de K et L une extension de K. Les conditions suivantes sont équivalentes : a) L est séparable sur K et K est algébriquement ferm… ↩ 1 06W2
  • Corollaire 1 Soit A une algèbre sur le corps K. Pour que A soit absolument intègre, il faut et il suffit que l’anneau \overline{K} \otimesK A soit intègre. ↩ 1 06W3
  • Corollaire 2 Soit K un corps algébriquement clos. Toute K-algèbre intègre sur K est absolument intègre. En particulier, toute extension de K est régulière. ↩ 1 06W4
  • Corollaire 3 Soit K un corps algébriquement clos. Si A et B sont deux K-algèbres intègres, il en est de même de A \otimesK B. 06W5
  • Proposition 10 Soient L et M deux extensions d’un corps K et (E, u, v) une extension composée de L et de M (V, p. 11). On suppose que l’anneau L \otimesK M est intègre et que les sous-extensions… ↩ 2 06W6
  • Corollaire 1 Soient Ω une extension d’un corps K et L une sous-extension de Ω régulière sur K. Toute sous-extension M de Ω qui est algébriquement disjointe de L sur K en est linéairement disjoi… 06W7
  • Corollaire 2 Soient Ω une extension d’un corps K et L, M deux sous-extensions de Ω. On suppose que L est séparable sur K et que la fermeture séparable de K dans M est égale à K. Si L et M sont… 06W8

VI. Groupes et corps ordonnés

§ 1. Groupes ordonnés. Divisibilité

  • Définition 1 Sur un ensemble M, on dit qu’une structure de monoïde commutatif (notée additivement) et une structure d’ordre (notée ≤) sont compatibles si elles satisfont à l’axiome suivant : (M… 06WE
  • Exemple 1 Le groupe additif des entiers rationnels et celui des nombres rationnels sont des groupes ordonnés quand on les munit des structures d’ordre définies en I, p. 20 et 112. \ Il en es… 06WF
  • Exemple 2 \ Le groupe additif des fonctions numériques finies définies dans un ensemble E est un groupe ordonné pour la structure d’ordre définie par la relation « quel que soit x ∈ E, f(x)… 06WG
  • Proposition 1 (« addition des inégalités ») Dans un monoïde ordonné M, soient (xᵢ) et (yᵢ) (1 ≤ i ≤ n) deux suites de n éléments telles que, pour tout i, on ait xᵢ ≤ yᵢ; alors on a 06WH
  • Proposition 2 Dans un groupe ordonné G les relations x ≤ y et x + z ≤ y + z sont équivalentes. ↩ 1 06WI
  • Corollaire Dans un groupe ordonné G, les relations x ≤ y,\ 0 ≤ y - x,\ x - y ≤ 0 et -y ≤ -x sont équivalentes. 06WJ
  • Définition 2 Sur un ensemble M, on dit qu’une relation de préordre (notée leqslant) et une structure de monoïde commutatif (notée additivement) sont compatibles si elles satisfont à l’axiome su… 06WK
  • Proposition 3 Si P est une partie d’un groupe commutatif G, contenant 0 et telle que P + P ⊂ P, la relation y - x ∈ P est une relation de préordre compatible avec la structure de groupe de G. Po… ↩ 2 06WL
  • Définition 3 Dans un groupe ordonné G, on appelle élément positif (resp. négatif) tout élément x tel que 0 ≤ x (resp. x ≤ 0). 06WM
  • Exemple Dans le groupe additif Z × Z, soit P l’ensemble des éléments (x, y) satisfaisant à deux inégalités ax + by ≥ 0, cx + dy ≥ 0, où a, b, c, d sont des entiers ( ou des nombres réels )… 06WN
  • Remarque En vertu de la condition P + P ⊂ P, dans un groupe ordonné G, la relation x ≥ 0 implique nx ≥ 0 pour tout entier naturel n. Si, de plus, l’élément positif x du groupe G est d’ordre… 06WO
  • Proposition 4 Pour qu’un groupe ordonné G soit filtrant, il faut et il suffit qu’il soit engendré par ses éléments positifs, c’est-à-dire que tout élément de G soit différence de deux éléments p… 06WP
  • Proposition 5 Si (xᵢ) est une famille finie d’éléments d’un groupe filtrant G, il existe z ∈ G tel que xᵢ + z soit positif pour tout i. 06WQ
  • Remarque 1 La relation de divisibilité dans K dépend essentiellement de l’anneau A choisi. Si A = K, on obtient la relation « triviale » où x|y pour tout couple (x, y) d’éléments de K. Soit p… 06WR
  • Remarque 2 Nous étendrons parfois la définition de la relation x|y à un couple d’éléments de K (et non plus seulement de K), cette relation étant synonyme de « il existe z ∈ A tel que y = zx… 06WS
  • Remarque 1 Le cas le plus fréquent est celui où l’ensemble bien ordonné d’indices I est un intervalle fini {1, n} de N. 06WT
  • Remarque 2 L’ensemble des éléments positifs du produit lexicographique G se compose de 0 et des éléments dont la composante non nulle de plus petit indice est positive. 06WU
  • Proposition 6 Soient (x_α)_α ∈ A, (y_β)_β ∈ B deux familles d’éléments d’un groupe ordonné G, ayant chacune une borne supérieure. Alors la famille (x_α + y_β)_(α, β) ∈ A × B a une borne supérieu… 06WV
  • Proposition 7 Si x et y sont deux éléments d’un groupe ordonné G, et si l’un des éléments inf(x, y), sup(x, y) existe, il en est de même de l’autre, et l’on a x + y = inf(x, y) + sup(x, y). 06WW
  • Proposition 7 Si a, b ∈ K^*, et si d est un pgcd de a et b et m un ppcm de a et b, alors le produit dm est associé à ab. ↩ 1 06WX
  • Proposition 8 Soit P l’ensemble des éléments positifs d’un groupe ordonné G. Pour que G soit réticulé, il faut et il suffit que l’on ait G = P - P, et que de plus P, muni de l’ordre induit, sati… 06WY
  • Théorème 1 (théorème de décomposition) Soient (xᵢ)_1 ≤ i ≤ p et (yⱼ)_1 ≤ j ≤ q deux suites finies d’éléments positifs d’un groupe réticulé G telles que ∑ᵢ₌₁ᵖ xᵢ = ∑ⱼ₌₁^q yⱼ; il existe alors une suite double (zᵢⱼ)_1 ≤ i… ↩ 1 06WZ
  • Corollaire Soient y, x₁, x₂, ..., xₙ, n + 1 éléments positifs de G tels que y ≤ ∑ᵢ₌₁ⁿ xᵢ ; il existe alors n éléments positifs yᵢ (1 ≤ i ≤ n) tels que yᵢ ≤ xᵢ et y = ∑ᵢ₌₁ⁿ yᵢ. Il suffit d’app… 06X0
  • Définition 4 Dans un groupe réticulé G on appelle partie positive (resp. partie négative, valeur absolue) d’un élément x ∈ G, et on note x⁺ (resp. x⁻, |x|) l’élément sup(x, 0) (resp. sup(-x, 0)… 06X1
  • Proposition 9 a) Pour tout élément x d’un groupe réticulé G, on a x = x⁺ - x⁻ et inf(x⁺, x⁻) = 0. 06X2
  • Remarque On déduit de d) que |x| = 0 entraîne x = 0 (car x⁺ et x⁻ sont positifs); donc x ≠ 0 entraîne |x| > 0. 06X3
  • Proposition 9 Si le groupe P^* des idéaux principaux fractionnaires de K est réticulé, tout élément x de K^* peut être mis sous la forme x = uv⁻¹, où u et v sont des éléments de A tels que 1 = p… ↩ 2 06X4
  • Définition 5 Dans un groupe ordonné, deux éléments x et y sont dits étrangers si l’on a inf(x, y) = 0. 06X5
  • Proposition 10 Soient x, y, z trois éléments d’un groupe ordonné ; pour que x − z et y − z soient étrangers, il faut et il suffit que l’on ait z = inf(x, y). En effet les relations z = inf(x, y)… ↩ 1 06X6
  • Proposition 10 Soient a, b, c trois éléments de K tels que c ≠ 0 ; pour que les quotients ac−1 et bc−1 soient étrangers, il faut et il suffit que c soit un pgcd de a et de b. 0DIB
  • Proposition 11 Si (xi), (yj) sont deux familles finies d’éléments ≥ 0 d’un groupe réticulé, on a inf(∑ᵢ xᵢ, ∑ⱼ yⱼ) ≤ ∑_i,j inf(xᵢ, yⱼ). Raisonnant par récurrence sur le nombre d’éléments des fami… ↩ 1 06X7
  • Corollaire 1 Si x et y sont deux éléments étrangers et z un élément ≥ 0 d’un groupe réticulé, on a inf(x, z) = inf(x, y + z). ↩ 1 06X8
  • Corollaire 2 Dans un groupe réticulé, si x et y sont étrangers et si on a z ≥ 0 et x ≤ y + z, alors on a x ≤ z. 06X9
  • Corollaire 3 Dans un groupe réticulé, si x est étranger à y et z, il l’est aussi à y + z. ↩ 1 06XA
  • Corollaire 4 Si (xi){1 ≤ i ≤ n}, (yj){1 ≤ j ≤ m} sont deux familles finies d’éléments d’un groupe réticulé G telles que chacun des xi soit étranger à chacun des yj, alors x1 + ⋯ + xn est étrang… ↩ 2 06XB
  • Corollaire 5 Quel que soit l’entier n ≥ 0, on a (nx)^+ = nx^+ et (nx)^- = nx^- ; pour tout n ∈ \mathbf{Z}, on a nx = n.x. On a en effet nx = nx^+ − nx^- ; comme x^+ et x^- sont étrangers, il en… 06XC
  • Proposition 11 L’ensemble P^* étant supposé réticulé, soient (aᵢ), (bⱼ) deux familles finies d’éléments de A. Alors tout pgcd de ∏ᵢ aᵢ et de ∏ⱼ bⱼ divise le produit ∏_i,j pgcd(aᵢ, bⱼ). 06XD
  • Corollaire 1 Si a, b, c sont trois éléments de A tels que a soit étranger à b, tout pgcd de a et de c est aussi un pgcd de a et de bc. 06XE
  • Corollaire 2 (lemme d’Euclide) Soient a, b, c trois éléments de A. Si a est étranger à b et divise bc, il divise c. 06XF
  • Corollaire 3 Si x est étranger à y et z, il l’est à yz. 06XG
  • Corollaire 4 Si (xᵢ) et (yⱼ) sont deux familles finies d’éléments de A telles que chaque xᵢ soit étranger à chaque yⱼ, alors le produit des xᵢ est étranger au produit des yⱼ. ↩ 1 06XH
  • Corollaire 5 Si d est un pgcd de x et y, dⁿ est un pgcd de xⁿ et yⁿ pour tout entier positif n. En effet xd⁻¹ et yd⁻¹ sont étrangers (prop. 10 (DIV)), et il en est de même de xⁿ d⁻ⁿ et yⁿ d⁻ⁿ (… 06XI
  • Proposition 12 Soient xᵢ (1 ≤ i ≤ n) n éléments étrangers deux à deux dans un groupe réticulé. Alors 06XJ
  • Remarque La prop. 7 de VI, p. 10 montre aussi que, pour que x et y soient étrangers, il faut et il suffit que l’on ait x + y = sup(x, y). 06XK
  • Proposition 12 Soient aᵢ des éléments de A en nombre fini n et étrangers deux à deux ; alors le produit a₁ … aₙ est un ppcm de a₁, ..., aₙ. 06XL
  • Proposition 13 Dans un groupe réticulé G, soit (x_α) une famille admettant une borne inférieure (resp. supérieure), et soit z un élément quelconque de G; alors la famille (sup(z, x_α)) (resp. (in… ↩ 1 06XM
  • Corollaire Si, dans un groupe réticulé G, un élément z est étranger à chacun des éléments x_α d’une famille admettant une borne supérieure y, alors z est étranger à y. 06XN
  • Remarque En appliquant les formules de la prop. 13 à une famille de deux éléments (x, y), on obtient les formules suivantes qui expriment que, dans un groupe réticulé, chacune des lois de c… 06XO
  • Définition 6 On dit qu’un élément x d’un groupe ordonné G est extrémal si c’est un élément minimal de l’ensemble des éléments strictement positifs de G. 06XP
  • Exemples (DIV) 1) Un entier p > 0 est extrémal dans Z si et seulement s’il est premier (I, p. 48). 2) Un polynôme à une indéterminée sur un corps K est extrémal dans l’anneau K[X] si et seulement… 0EEO
  • Proposition 14 Pour qu’un élément x > 0 d’un groupe ordonné G soit extrémal, il suffit qu’il possède la propriété suivante : (P) Les relations x ≤ y + z,\ y ≥ 0,\ z ≥ 0 entraînent x ≤ y ou x ≤ z… 06XQ
  • Proposition 14 Pour qu’un élément p non nul de A soit extrémal, il suffit qu’il ne soit pas une unité, et qu’il ne puisse diviser un produit de deux éléments de A sans diviser l’un d’eux. Cette c… ↩ 2 06XR
  • Remarque On peut aussi exprimer la proposition 14 (DIV) comme suit : si p est un élément non nul de A tel que l’idéal (p) soit premier (I, p. 111, déf. 3), alors p est extrémal ; inversemen… 06XS
  • Proposition 15 Dans un groupe ordonné G, soit (pᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments > 0 deux à deux distincts et vérifiant la propriété (P) (donc extrémaux). Alors l’application ↩ 1 06XT
  • Théorème 2 Soit G un groupe ordonné filtrant. Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) G est isomorphe à un groupe ordonné de la forme Z⁽ᴵ⁾. b) G est réticulé et vérifie la condition s… ↩ 1 06XU

§ 2. Corps ordonnés

  • Définition 1 Étant donné un anneau commutatif A, on dit qu’une structure d’ordre sur A est compatible avec la structure d’anneau de A si elle est compatible avec la structure de groupe additif… 06YV
  • Exemple 1 Les anneaux Q et Z, ordonnés par l’ordre usuel, sont des anneaux ordonnés. 06YW
  • Exemple 2 Un produit d’anneaux ordonnés, muni de la structure d’ordre produit, est un anneau ordonné. En particulier, l’anneau Aᴱ des applications d’un ensemble E dans un anneau ordonné A es… 06YX
  • Exemple 3 Un sous-anneau d’un anneau ordonné, ordonné par l’ordre induit, est un anneau ordonné. 06YY
  • Exemple Sur Z il n’y a qu’une seule structure d’anneau totalement ordonné : en effet on a 1 > 0, d’où n > 0, par récurrence, pour tout entier naturel n ≠ 0. Il existe par contre sur Z des… 06YZ
  • Exemple Si, dans Z, on prend pour P l’ensemble des entiers positifs (au sens usuel) et pairs, on obtient une structure d’anneau non totalement ordonné. 06Z0
  • Proposition 1 Un anneau totalement ordonné est un Z-module sans torsion (II, p. 115). ↩ 1 06Z1
  • Définition 2 Un corps commutatif, muni d’une structure d’ordre total, est appelé un corps ordonné si sa structure d’ordre et sa structure d’anneau sont compatibles. 06Z2
  • Proposition 2 Soit A un anneau intègre totalement ordonné, et soit K son corps des fractions. Il existe sur K une structure d’ordre et une seule, induisant sur A la structure d’ordre donnée, et… ↩ 1 06Z3
  • Exemple Puisque Z n’admet qu’une seule structure d’anneau totalement ordonné (VI, p. 19, exemple), le corps Q n’admet qu’une seule structure d’ordre qui en fasse un corps ordonné ; cette s… 0DIC
  • Définition 3 Soit K un corps ordonné. Une extension ordonnée de K est un couple (E, u), où E est un corps ordonné et u un homomorphisme croissant de K dans E. 06Z5
  • Exemple 1 Tout corps ordonné K est extension ordonnée de Q. En effet, K, étant de caractéristique nulle, est extension de Q, et d’autre part Q ne peut être ordonné que d’une seule manière, c… 06Z4
  • Exemple 2 Soient K un corps ordonné, et K(X) le corps des fractions rationnelles en une indéterminée sur K. Définissons une structure d’ordre sur l’anneau de polynômes K[X] en prenant pour é… 0DID
  • Théorème 1 Pour qu’une extension E d’un corps ordonné K admette une structure d’extension ordonnée de K, il faut et il suffit qu’elle vérifie la condition suivante : ↩ 3 06Z7
  • Lemme Soient P ∈ M et x ∉ P; il existe alors P' ∈ M tel que P ⊂ P' et que -x ∈ P' 0DIE
  • Corollaire 1 (« Théorème d’Artin-Schreier ») Pour qu’il existe sur un corps commutatif E une structure d’ordre qui en fasse un corps ordonné, il faut et il suffit que la relation x₁² + ⋯ + xₙ² = 0 entraîne x₁ = ⋯ = xₙ = 0. 06Z9
  • Corollaire 2 Soit E une extension de K admettant une structure d’extension ordonnée de K. Pour qu’un élément x ∈ E soit positif pour toutes les structures d’extension ordonnée de K sur E, il fa… 06ZA
  • Proposition 3 Soient K un corps ordonné et f un polynôme irréductible sur K et changeant de signe entre a et b dans K. L’extension E = K[X]/(f) de K admet alors une structure d’extension ordonné… ↩ 2 06ZB
  • Remarque Il existe des polynômes irréductibles f sur un corps ordonné K qui ne changent pas de signe dans K, mais qui sont tels que K[X]/(f) admette une structure d’extension ordonnée de K… 0DIF
  • Proposition 4 Soient K un corps ordonné et f ∈ K[X]. Il existe un intervalle de K dans le complémentaire duquel f a même signe que son terme de plus haut degré. ↩ 1 06ZD
  • Corollaire 1 Toute extension de degré fini impair d’un corps ordonné admet une structure d’extension ordonnée. 06ZE
  • Corollaire 2 Si a est un élément positif d’un corps ordonné K, tout corps de décomposition E du polynôme X² - a admet une structure d’extension ordonnée de K. 06ZF
  • Remarque Lorsque le corps ordonné K contient les « racines carrées » d’un élément positif a de K (racines du polynôme X² - a), on réserve en général la notation sqrta à celle de ces racines… 0DIG
  • Définition 4 Un corps ordonné K est dit maximal si toute extension algébrique ordonnée de K est triviale. ↩ 1 06ZH
  • Exemple \ On verra plus tard (TG, VIII, p. 1) que le corps R des nombres réels est un corps ordonné maximal. \ 0DIH
  • Théorème 2 Tout corps ordonné K admet une extension algébrique ordonnée qui est un corps ordonné maximal. 06ZJ
  • Proposition 5 Soient K un corps ordonné maximal, et f un polynôme de K[X] changeant de signe entre deux éléments a et b de K (avec a < b). Alors f admet une racine x dans K, telle que a < x < b. 06ZK
  • Proposition 6 Tout élément positif d’un corps ordonné maximal K a une racine carrée dans K. Tout polynôme de degré impair de K[X] a au moins une racine dans K. 06ZL
  • Corollaire Sur un corps ordonné maximal K, il n’existe qu’une seule structure d’ordre compatible avec la structure de corps. 0DII
  • Théorème 3 (Euler-Lagrange) Soit K un corps ordonné. Les trois propriétés suivantes sont équivalentes : a) Le corps K(i) est algébriquement clos (i désignant une racine carrée de − 1). b) Le corps K est ordon… ↩ 1 06ZN
  • Proposition 7 Soit K un corps ordonné dans lequel tout élément positif est un carré. Alors tout élément de K(i) est un carré, et tout polynôme du second degré sur K(i) a une racine dans K(i). 06ZO
  • Proposition 8 Soient K un corps commutatif (de caractéristique quelconque) et K' un corps de décomposition du polynôme X² + 1 ∈ K[X] (V, p. 20). On suppose que : a) tout polynôme de K[X], de deg… 06ZP
  • Proposition 9 Si K est un corps ordonné maximal, les seuls polynômes irréductibles de K[X] sont les polynômes du premier degré, et les polynômes du second degré aX² + bX + c tels que b² - 4ac <… 06ZQ
  • Remarque La mise sous forme canonique des trinômes donne le résultat plus fort que voici : étant donné un corps ordonné K, pour que le polynôme aX² + bX + c ait un signe constant dans K, il… 0DIJ

VII. Modules sur les anneaux principaux

§ 1. Anneaux principaux

  • Définition 1 Un anneau principal est un anneau commutatif, intègre (I, p. 110) dont tout idéal est principal. 070X
  • Exemple L’anneau Z des entiers rationnels est principal (I, p. 47). Si K est un corps commutatif, l’anneau K[X] des polynômes à une indéterminée sur K est un anneau principal (IV, p. 11, p… 070Y
  • Proposition 1 Soient K le corps des fractions d’un anneau principal A, et (xᵢ)_i ∈ I une famille d’éléments de K admettant un dénominateur commun b ∈ K^* (c’est-à-dire que bxᵢ ∈ A pour tout i)… ↩ 4 070Z
  • Remarque La prop. 1 s’applique sans restriction à une famille quelconque (xᵢ) d’éléments de A (il suffit de prendre b = 1), et aussi à une famille finie (xᵢ) d’éléments de K (en effet, si x… 0710
  • Corollaire Soit (xᵢ) une famille quelconque d’éléments d’un sous-anneau principal A d’un anneau intègre B, et soit d un pgcd de la famille (xᵢ) dans A. Alors la famille (xᵢ) admet des pgcd da… 0711
  • Théorème 1 (« identité de Bezout ») Pour que les éléments xᵢ (i ∈ I) d’un anneau principal A soient étrangers dans leur ensemble, il faut et il suffit qu’il existe des éléments aᵢ (i ∈ I) de A, nuls sauf un nombre fi… ↩ 1 0712
  • Proposition 2 Soient a, b, d, m et p des éléments du corps des fractions K d’un anneau principal A. a) « d est un pgcd de a et b » équivaut à « (d) = (a) + (b) ». b) « m est un ppcm de a et b »… ↩ 2 0713
  • Proposition 3 Soient a, b, c des éléments du corps des fractions d’un anneau principal A, et soit d un pgcd de a et c; pour que la congruence ax ≡ b (mod. c) admette une solution x₀ ∈ A, il faut… 0714
  • Proposition 4 Soit (aᵢ)_1 ≤ i ≤ n une famille finie d’éléments deux à deux étrangers d’un anneau principal A. Alors l’homomorphisme canonique (I, p. 104) de A/(∏ᵢ₌₁ⁿ aᵢ) dans le produit ∏ᵢ₌₁ⁿ A/… ↩ 1 0715
  • Définition 2 Soit A un anneau intègre. On appelle système représentatif d’éléments extrémaux de A une famille (p_α) d’éléments extrémaux de A telle que tout élément extrémal de A soit associé à… ↩ 1 0716
  • Théorème 2 Soient A un anneau principal et (p_α) un système représentatif d’éléments extrémaux de A. Alors tout élément non nul x du corps des fractions de A s’écrit, et d’une seule manière… ↩ 3 0717
  • Lemme 1 Soit A un anneau tel que tout idéal à gauche de A soit de type fini. Alors tout ensemble non vide Φ d’idéaux à gauche de A, ordonné par inclusion, possède un élément maximal. 0718
  • Remarque La famille (u, (n_α)) est appelée la décomposition de x en facteurs extrémaux ; par abus de langage, on dit aussi que la formule (1) est la décomposition de x en facteurs extrémaux… 0719
  • Proposition 5 L’ensemble des nombres premiers est infini. ↩ 1 071A
  • Proposition 6 Pour tout corps K, l’ensemble des polynômes unitaires irréductibles de K[X] est infini. 071B

§ 2. Modules de torsion sur un anneau principal

  • Proposition 1 Le A-module M est somme directe de ses sous-modules Mᵢ. ↩ 2 0724
  • Remarque 1 Inversement, donnons-nous pour chaque i un A/bᵢ-module M'ᵢ, et considérons le A-module M somme directe des A-modules M'ᵢ; alors les sous-modules Mᵢ construits ci-dessus coïncident… 0725
  • Remarque 2 D’après la démonstration précédente, les projecteurs de M sur ses composants Mi sont des homothéties. 0726
  • Remarque 3 Pour que le A-module M soit monogène, il faut et il suffit que chacun des Mi le soit : si M = Am, alors Mi = Ai ei m ; inversement, si Mi = Ai mi, et si m = ∑_i ∈ I mᵢ, alors M = A… ↩ 1 0727
  • Remarque 4 Soient M et N deux A-modules, (Mi) et (Ni) leurs composants. Soit u ∈ HomA(M, N) une application A-linéaire de M dans N ; pour tout i et tout m ∈ Mi, on a u(m) ∈ Ni, d’où une appli… 0728
  • Définition 1 Soit π un élément extrémal d’un anneau principal A ; on dit qu’un A-module M est π-primaire si, pour tout x ∈ M, il existe un entier n ≥ 1 tel que π^n x = 0 (en d’autres termes, si… 0729
  • Lemme 1 Soit M un module sur un anneau principal A ; pour tout α ∈ A tel que α ≠ 0, soit α = ε ∏ᵢ₌₁ʳ πᵢⁿ⁽ⁱ⁾ une décomposition de α en facteurs extrémaux (VII, p. 3). ↩ 2 072A
  • Lemme 2 Soit M un module de torsion (II, p. 115) sur un anneau intègre A. Pour toute famille finie (xᵢ)_1 ≤ i ≤ n d’éléments de M, il existe un élément γ ≠ 0 dans A tel que les xᵢ appartie… ↩ 2 072B
  • Théorème 1 Soit M un module de torsion sur un anneau principal A; pour tout élément extrémal π de A, soit M_π le sous-module de M formé des éléments annulés par une puissance de π. Si P est u… ↩ 4 072C
  • Corollaire 1 Tout sous-module N d’un module de torsion M est somme directe des sous-modules N ∩ M_π. ↩ 3 072D
  • Corollaire 2 Pour que le sous-module N du A-module de torsion M soit facteur direct, il faut et il suffit que N_π soit facteur direct dans M_π pour tout élément extrémal π de A. ↩ 2 072E
  • Corollaire 3 Soit N un sous-module du A-module de torsion M. Si, pour tout élément extrémal π de A, on a, soit N_π = 0, soit (M/N)_π = 0, alors N est facteur direct dans M. ↩ 1 072F
  • Corollaire 4 Soient A un anneau principal qui n’est pas un corps, et M un A-module. Alors M est semi-simple si et seulement s’il est de torsion et si M_π = M(π) pour tout élément extrémal π de… ↩ 1 072G
  • Remarque 1 Il est clair que l’annulateur de tout élément ≠ 0 d’un module π-primaire est de la forme Aπᵏ (k entier > 0), puisque c’est un idéal principal contenant une puissance de π. Soit x u… 072H
  • Proposition 2 Si M est un module de torsion de type fini sur un anneau principal A, les composants π-primaires de M sont nuls à l’exception d’un nombre fini d’entre eux, et les projections de M… ↩ 2 072I
  • Remarque 2 D’après VII, p. 7, remarque 3, un A-module de torsion de type fini est monogène si et seulement si chacun de ses composants π-primaires l’est. ↩ 1 072J
  • Remarque 3 Applications : I. Décomposition canonique des nombres rationnels et des fractions rationnelles à une indéterminée 0DIK
  • Théorème 2 Soient A un anneau principal, K son corps des fractions et P un système représentatif d’éléments extrémaux de A. Étant donné un élément x ∈ K, il existe une partie finie H de P, de… ↩ 2 072K
  • Remarque 4 Applications : II. Groupe multiplicatif des entiers inversibles modulo a 0DIL
  • Lemme 3 Soient x, y des entiers, k un entier geqslant 0, et p un nombre premier > 2. Si x ≡ 1 + py mod. p², on a x^pᵏ ≡ 1 + pᵏ⁺¹ y mod. pᵏ⁺². Si x ≡ 1 + 4y mod. 8, on a x^2ᵏ ≡ 1 + 2ᵏ⁺²y mo… ↩ 1 072L
  • Proposition 3 Soient p un nombre premier > 2 et n un entier > 0; le groupe U(pⁿ) est cyclique d’ordre pⁿ⁻¹; si n geqslant 2, pour que la classe modulo pⁿ d’un entier x congru à 1 mod. p soit un… ↩ 1 072M
  • Lemme 4 Soient A un anneau principal, et 0 → N → M → P → 0 une suite exacte de A-modules. Supposons qu’il existe a, b ∈ A, étrangers, tels que aN = 0, bP = 0. Alors la suite exacte est sci… ↩ 1 072N
  • Théorème 3 Si a = ∏ᵢ pᵢⁿ⁽ⁱ⁾ est la décomposition en facteurs premiers de l’entier a > 1, le groupe (Z/aZ)^* des éléments inversibles de l’anneau Z/aZ est isomorphe au produit des groupes (Z/p… 072O
  • Remarque Soient p un nombre premier > 2 et x un entier congru à 1 mod. p et non congru à 1 mod. p²; on a une suite exacte de groupes 0DIM

§ 3. Modules libres sur un anneau principal

  • Théorème 1 Soit A un anneau tel que tout idéal à gauche de A soit un A-module projectif (II, p. 39, déf. 1). Tout sous-module M d’un A-module à gauche libre L est somme directe de modules iso… ↩ 8 0735
  • Corollaire 1 Si tout idéal à gauche de A est projectif, tout sous-module d’un A-module à gauche projectif est projectif. 0736
  • Corollaire 2 Sur un anneau principal, tout sous-module d’un module libre est libre. ↩ 1 0737
  • Corollaire 3 Tout module projectif sur un anneau principal est libre. ↩ 1 0738
  • Remarque La démonstration du th. 1 montre que tout sous-module de A⁽ᴵ⁾ est isomorphe à une somme directe ⨁_i ∈ I aᵢ, où chaque aᵢ est un idéal de A. 0739
  • Proposition 1 Si L est un module libre de rang fini n sur un anneau principal A, tout sous-module M de L est un module libre de rang ≤ n. 0DIN
  • Lemme 1 Soient L un module sur un anneau commutatif A, ayant un système générateur de n éléments, et M un sous-module libre de L ; alors M est de rang ≤ n. 073A
  • Corollaire Soit E un module sur un anneau principal A, engendré par n éléments. Tout sous-module F de E admet un système générateur ayant au plus n éléments. 073B

§ 4. Modules de type fini sur un anneau principal

  • Proposition 1 Soit E un module sur un anneau commutatif A ; supposons que E soit somme directe de n modules monogènes A/αₖ (1 ≤ k ≤ n), les αₖ étant des idéaux de A ; alors, pour tout entier p >… ↩ 1 073N
  • Proposition 2 Soient A un anneau commutatif, et E un A-module somme directe de n modules monogènes A/aₖ, les aₖ étant tels que a₁ ⊂ a₂ ⊂ … ⊂ aₙ. Alors, pour 1 ≤ p ≤ n, aₚ est l’annulateur de big… ↩ 1 073O
  • Corollaire Les notations étant celles de la prop. 2 avec aₙ ≠ A, si E est aussi isomorphe à la somme directe de m modules monogènes A/a'ⱼ avec a'₁ ⊂ … ⊂ a'ₘ ≠ A, on a m = n et aₖ = a'ₖ pour 1… ↩ 2 073P
  • Lemme 1 Soient L un module libre sur un anneau principal A et x un élément de L. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) x est indivisible ; (ii) il existe une forme linéaire f su… 073Q
  • Remarque 1 Si x est un élément non nul de L et c un contenu de x, il existe un unique élément y de L tel que x = cy; on le note x/c; c’est un élément indivisible de L. 073R
  • Remarque 2 Le contenu c_L(x) est l’annulateur du module de torsion de L/Ax. 0DIO
  • Proposition 3 Soient L un module libre sur un anneau principal A et M un sous-module non nul de L. Soient x un élément de M tel que c_L(x) soit maximal parmi les contenus des éléments de M, c un… ↩ 1 073S
  • Théorème 1 Soient L un module libre sur un anneau principal A, et M un sous-module de rang fini n de L. Il existe alors une base B de L, n éléments eᵢ de B, et n éléments non nuls αᵢ de A (1… ↩ 12 073T
  • Corollaire Pour qu’un sous-module de rang fini M d’un module libre L sur un anneau principal A admette un supplémentaire, il faut et il suffit que L/M soit sans torsion. ↩ 1 073U
  • Remarque Il peut se faire qu’un sous-module M de rang infini d’un module libre L soit tel que L/M soit sans torsion, mais que M n’admette pas de supplémentaire dans L (VII, p. 58, exerc. 6… 073V
  • Définition 1 Les hypothèses et les notations étant celles du th. 1, les idéaux Aαᵢ de A sont appelés les facteurs invariants du sous-module M par rapport au module L. ↩ 2 073W
  • Théorème 2 Tout module de type fini E sur un anneau principal A est isomorphe à une somme directe de modules monogènes A/αₖ, en nombre fini m, où les αₖ sont des idéaux de A (dont certains pe… ↩ 7 073X
  • Corollaire 1 Tout module de type fini E sur un anneau principal est somme directe du sous-module de torsion de E et d’un module libre. ↩ 1 073Y
  • Corollaire 2 Sur un anneau principal, tout module sans torsion et de type fini est un module libre de rang fini. ↩ 3 073Z
  • Définition 2 Les hypothèses et les notations étant celles du th. 2, les idéaux αₖ sont appelés les facteurs invariants du module E. ↩ 1 0740
  • Proposition 4 Soient A un anneau principal, L un A-module libre de base finie (uⱼ) (1 ≤ j ≤ k), M un sous-module de L, (xᵢ) un système de générateurs de M, et Aαᵢ (1 ≤ i ≤ n) les facteurs invari… ↩ 4 0741
  • Proposition 5 Soient A un anneau principal, et f une application linéaire de rang r d’un A-module libre L de rang m dans un A-module libre L’ de rang n. Il existe alors des bases (ei) (1 \leq i… ↩ 3 0742
  • Corollaire 1 Soit X une matrice de rang r, à n lignes et m colonnes, sur un anneau principal A ; il existe alors une matrice X0 équivalente à X (II, p. 155) de la forme 0743
  • Corollaire 2 Pour que deux matrices X et X' à n lignes et m colonnes sur un anneau principal A soient équivalentes, il faut et il suffit qu’elles aient mêmes facteurs invariants. 0744
  • Proposition 6 Soient X une matrice de rang r sur un anneau principal A, et A αᵢ (1 ≤ i ≤ r) la suite de ses facteurs invariants. Alors α₁ est un pgcd des éléments de X; et le produit α₁ … α_q es… ↩ 1 0745
  • Théorème 3 Tout groupe commutatif G de type fini est somme directe de son sous-groupe de torsion F (sous-groupe des éléments d’ordre fini de G) et d’un groupe commutatif libre de rang fini p… ↩ 4 0746
  • Remarque Tandis que les ordres n₁, …, n_q des groupes cycliques dont F est la somme directe sont bien déterminés par la condition de divisibilité du th. 3, il n’en est pas ainsi de ces sous… 0747
  • Corollaire 1 Dans un groupe commutatif fini G, il existe un élément dont l’ordre est le ppcm des ordres de tous les éléments de G; cet ordre n₁ est le premier facteur invariant de G. ↩ 2 0748
  • Corollaire 2 Tout groupe commutatif fini G dont l’ordre n’est pas divisible par le carré d’un entier > 1 est cyclique. 0749
  • Corollaire 3 Soient L, M deux Z-modules libres de rang n, (eᵢ) une base de L, (fᵢ) une base de M (1 ≤ i ≤ n), u un homomorphisme de L dans M, U sa matrice par rapport aux bases (eᵢ) et (fᵢ). Po… ↩ 1 074A
  • Définition 3 Un module à gauche M sur un anneau A est dit décomposable s’il est somme directe d’une famille de sous-modules distincts de M et de 0, indécomposable dans le cas contraire. ↩ 1 074B
  • Lemme 2 Pour que le module A/a soit indécomposable, il faut et il suffit que a ≠ A, et qu’il n’existe pas de couple (b, c) d’idéaux de A, distincts de A et de a, et tels que A = b + c, a =… ↩ 1 074C
  • Proposition 7 Soient A un anneau commutatif, p un idéal premier de A (I, p. 111, déf. 3) et q un idéal de A contenu dans p. On suppose qu’il existe pour tout x ∈ p un entier n > 0 tel que xⁿ ∈ q… ↩ 1 074D
  • Proposition 8 Soient A un anneau principal et M un A-module de type fini. ↩ 3 074E
  • Proposition 9 Soient A un anneau principal, P un système représentatif d’éléments extrémaux de A et M un A-module de type fini. Il existe des entiers positifs m(0) et m(pⁿ), p ∈ P, n > 0, unique… ↩ 4 074F
  • Définition 4 Les notations étant celles de la prop. 9, les idéaux (pⁿ) (p ∈ P, n entier geqslant 1) tels que m(pⁿ) > 0 sont appelés les diviseurs élémentaires du module M, et les entiers m(pⁿ)… 074G
  • Remarque 1 Si M est un groupe commutatif fini, on décrit sa structure en écrivant successivement ses diviseurs élémentaires, chacun autant de fois que l’indique sa multiplicité. On dira, par… 074H
  • Remarque 2 Si un module de torsion de type fini M sur un anneau principal A est donné comme somme directe de modules monogènes isomorphes à des A/(aᵢ) (et en particulier lorsqu’on connaît les… 074I
  • Remarque 3 Pour le calcul des facteurs invariants d’un module de torsion dont on suppose connus les diviseurs élémentaires, on s’appuie encore sur le fait que, si les aᵢ sont des éléments de… ↩ 1 074J
  • Remarque 4 Un A-module est dit simple (I, p. 36) s’il est non nul et s’il ne possède pas d’autres sous-modules que lui-même et 0 ; il est alors nécessairement monogène, donc de type fini, et… ↩ 2 074K
  • Proposition 10 Si M est un A-module de longueur finie, D(M) est isomorphe (non canoniquement, en général) à M, et l’application canonique c_M : M → D(D(M)) est un isomorphisme. ↩ 4 074L
  • Corollaire Soient M, N deux A-modules de longueur finie, φ une application A-bilinéaire de M × N dans K/A, telle que : 1° la relation φ(x, y) = 0 pour tout y ∈ N entraîne x = 0; 2° la relatio… 074M
  • Proposition 11 Si M' xrightarrowu M xrightarrowv M'' est une suite exacte de A-modules de longueur finie, la suite D(M'') xrightarrowD(v) D(M) xrightarrowD(u) D(M') est exacte¹. ↩ 2 074N
  • Proposition 12 Soit M un A-module de longueur finie. Alors l’application qui, à tout sous-module N de M, fait correspondre N⁰, est une bijection de 𝔖(M) sur 𝔖(D(M)), et la bijection réciproque fa… ↩ 1 074O
  • Exemple 1 Pour A = Z, les Z-modules de longueur finie ne sont autres que les groupes commutatifs finis ; on a alors K = Q, donc K/A = Q/Z. Pour définir alors D(M), on prend parfois, au lieu… ↩ 1 074P
  • Exemple 2 Soit a un élément non nul de A. L’application x ↦ x/a de A dans K induit par passage au quotient un isomorphisme de A-modules de A/(a) sur le sous-module (K/A)(a) de K/A formé des… 074Q

§ 5. Endomorphismes des espaces vectoriels

  • Définition 1 Soient E un espace vectoriel sur un corps commutatif K, u un endomorphisme de E. On dit qu’un élément x de E est un vecteur propre de u s’il existe α ∈ K tel que u.x = α x; si x ≠… 075G
  • Proposition 1 Supposons E de dimension finie. Pour qu’un élément α ∈ K soit valeur propre de l’endomorphisme u, il faut et il suffit qu’il soit racine du polynôme caractéristique de u. 075H
  • Proposition 2 Soit u un endomorphisme d’un espace vectoriel E sur un corps commutatif K ; pour chaque scalaire α, soit V_α le sous-espace propre relatif à α. Les sous-espaces V_α sont stables po… ↩ 1 075I
  • Proposition 3 Soient E un espace vectoriel de dimension finie n sur un corps commutatif K, et u un endomorphisme de E ; pour tout polynôme unitaire irréductible p(X), soit Mₚ le sous-espace vect… ↩ 2 075J
  • Remarque 1 Il est clair que le polynôme minimal de la restriction de u à Mₚ est la plus grande puissance de p qui divise le polynôme minimal de u. Par ailleurs, on a sₚ(u).x = x pour x ∈ Mₚ… 075K
  • Proposition 4 Soient E un espace vectoriel de dimension finie n sur un corps commutatif K, et u un endomorphisme de E. Il existe n polynômes unitaires qᵢ(X) ∈ K[X] (1 ≤ i ≤ n) tels que qᵢ divise… ↩ 2 075L
  • Remarque 2 En vertu de la proposition précédente, il existe une base de E par rapport à laquelle la matrice U de u est de la forme 075M
  • Définition 2 Les notations étant celles de la prop. 4, les n polynômes unitaires qᵢ(X) (1 ≤ i ≤ n) sont appelés les invariants de similitude de l’endomorphisme u. 075N
  • Corollaire 1 Soient K un corps commutatif, E et E' deux espaces vectoriels de dimension finie sur K, u (resp. u') un endomorphisme de E (resp. E'). Pour que u et u' soient semblables (VII, p. 2… ↩ 1 075O
  • Corollaire 2 Soient u un endomorphisme d’un espace vectoriel E de dimension finie sur un corps commutatif K, (q₁, …, qₙ) la famille des invariants de similitude de u, L une extension de K, E_(L… 075P
  • Corollaire 3 Soient U et V deux matrices carrées d’ordre n dont les éléments appartiennent à un corps commutatif K. S’il existe une matrice carrée inversible P, dont les éléments appartiennent… 075Q
  • Proposition 5 Soient E un espace vectoriel de dimension finie n sur un corps commutatif K, u un endomorphisme de E, U sa matrice par rapport à une base quelconque de E. Pour tout entier m tel qu… ↩ 1 075R
  • Corollaire 1 Soient u un endomorphisme d’un espace vectoriel de dimension finie n sur un corps commutatif K, χᵤ(X) son polynôme caractéristique et qᵢ(X) (1 ≤ i ≤ n) ses invariants de similitude… ↩ 1 075S
  • Corollaire 2 Les notations étant celles du cor. 1, soit q(X) le polynôme minimal de u ; alors q(X) divise χᵤ(X) et χᵤ(X) divise q(X)ⁿ. En particulier le polynôme minimal et le polynôme caractér… ↩ 1 075T
  • Corollaire 3 Pour qu’un endomorphisme u soit nilpotent, il faut et il suffit que son polynôme caractéristique soit de la forme Xⁿ. ↩ 1 075U
  • Proposition 6 Soient E un espace vectoriel de dimension finie n sur un corps commutatif K, et u un endomorphisme de E. Alors E est somme directe de sous-espaces Eₖ, stables pour u, monogènes pou… 075V
  • Proposition 7 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K, u un endomorphisme de E dont toutes les valeurs propres sont dans K. Pour toute valeur propre α de u, soi… ↩ 2 075W
  • Définition 3 Pour tout corps K, tout entier m geqslant 1 et tout α ∈ K, la matrice U_m,α est dite matrice de Jordan d’ordre m de valeur propre α. 075X
  • Proposition 8 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K, u un endomorphisme de E. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) les valeurs propres de u (dans… ↩ 1 075Y
  • Définition 4 On appelle trigonalisables les endomorphismes satisfaisant aux conditions (i), (ii), (iii) de la prop. 8. 075Z
  • Corollaire Soit U une matrice carrée sur un corps commutatif K telle que toutes les valeurs propres de U soient dans K ; il existe une matrice semblable à U et qui est un tableau diagonal de… ↩ 1 0760
  • Remarque 1 Il résulte de la prop. 6 de VII, p. 33, que, si U est semblable à un tableau diagonal de matrices de Jordan (Jk), le nombre des Jk de la forme U{m,\alpha} (pour m et α donnés) est… 0761
  • Remarque 2 Plus généralement, si U est semblable à un tableau diagonal de matrices de Jordan U{mi,\alphai} on calcule immédiatement les invariants de similitude de U par une méthode calquée s… 0DIP
  • Proposition 9 Si la matrice carrée U est semblable à un tableau diagonal de matrices de Jordan (U{mi,\alphai}), le polynôme minimal de U est le ppcm des (X − αi)^{mi}, le polynôme caractéristiqu… ↩ 1 0762
  • Corollaire Avec les notations de la prop. 7, la dimension du sous-espace M_α est la multiplicité de la valeur propre α comme racine du polynôme caractéristique de u. 0763
  • Proposition 10 Soient E un espace vectoriel de dimension finie n sur un corps commutatif K, u un endomorphisme de E, et χᵤ(X) = ∏ᵢ₌₁ⁿ (X - αᵢ) une décomposition en facteurs linéaires de son polyn… ↩ 1 0764
  • Lemme 1 Si B et C sont des matrices triangulaires inférieures d’ordre n et de diagonales (βᵢ) et (γᵢ), les matrices B + C et BC sont triangulaires inférieures et ont pour diagonales (βᵢ +… 0765
  • Corollaire 1 Pour que q(u) soit inversible, il faut et il suffit que q soit étranger à χᵤ. ↩ 1 0766
  • Remarque 1 Être étranger à χᵤ équivaut à être étranger au polynôme minimal de u (VII, p. 33, cor. 2). 0767
  • Corollaire 2 Soit r ∈ K(X) une fraction rationnelle sur K. Pour que u soit substituable dans r (IV, p. 20) il faut et il suffit que chacune des valeurs propres αᵢ de u le soit. Lorsqu’il en est… ↩ 1 0768
  • Corollaire 3 Pour tout entier s ≥ 0, on a Tr(uˢ) = ∑ᵢ₌₁ⁿ αᵢˢ; cette formule est valable pour s < 0 pourvu que u soit inversible. ↩ 2 0769
  • Corollaire 4 Supposons le corps K de caractéristique nulle ; pour que l’endomorphisme u soit nilpotent, il faut et il suffit que l’on ait Tr(uˢ) = 0 pour 1 ≤ s ≤ n. 076A
  • Corollaire 5 Soit Y une indéterminée. Notons tildeu l’endomorphisme du K(Y)-espace vectoriel K(Y) ⊗_K E déduit de u par extension des scalaires de K au corps K(Y) des fractions rationnelles en… ↩ 1 076B
  • Corollaire 6 Supposons le corps K de caractéristique nulle. Dans l’anneau de séries formelles K[[T]], on a 076C
  • Remarque 2 D’après IV, p. 75, cor. 1 et la formule (8), on a, pour tout polynôme q ∈ K[X] 076D
  • Corollaire 7 On a det(Tr(uⁱ⁺ʲ)_0 ≤ i,j ≤ n-1) = dis(χᵤ). 076E
  • Proposition 11 Soient E (resp. E') un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K, u (resp. u') un endomorphisme de E (resp. E'). Soient 076F
  • Lemme 2 Soient B et C deux matrices triangulaires inférieures d’ordres respectifs m et n et de diagonales (βᵢ)_1 ≤ i ≤ m, (γⱼ)_1 ≤ j ≤ n. Identifions le produit lexicographique des ensembl… 076G
  • Définition 5 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K et 𝔉 un ensemble d’endomorphismes de E. On dit que 𝔉 est diagonal par rapport à une base (eᵢ) de E si les… 076H
  • Proposition 12 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K et u un endomorphisme de E. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) u est diagonalisable. (ii) E… ↩ 2 076I
  • Corollaire Si le polynôme caractéristique de u a toutes ses racines dans K, et si elles sont simples, u est diagonalisable. En effet le polynôme minimal divise le polynôme caractéristique. 076J
  • Proposition 13 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K, 𝔉 un ensemble d’endomorphismes de E, et A la sous-algèbre de End_K(E) engendrée par 𝔉 et Id_E. Les condit… ↩ 4 076K
  • Lemme 3 Soient g et h deux endomorphismes permutables d’un espace vectoriel E. Tout sous-espace propre de g est stable pour h. En effet, si W_λ est le sous-espace propre de g relatif à la… 076L
  • Corollaire La somme et le composé de deux endomorphismes diagonalisables permutables de E sont diagonalisables. 076M
  • Définition 6 Soit E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K. Un endomorphisme u de E est dit semi-simple si tout sous-espace de E stable pour u possède un supplémentair… 076N
  • Proposition 14 Pour qu’un endomorphisme u d’un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif soit semi-simple, il faut et il suffit que le polynôme minimal de u soit sans facteur mu… ↩ 4 076O
  • Corollaire Soient u un endomorphisme d’un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K et L une extension de K. Si u_(L) est semi-simple, u est semi-simple. Si u est semi-sim… 076P
  • Proposition 15 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K, u un endomorphisme de E et q(X) son polynôme minimal. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) Po… ↩ 1 076Q
  • Définition 7 Un endomorphisme u satisfaisant aux conditions (i), (ii) et (iii) de la prop. 15 est dit absolument semi-simple. 076R
  • Corollaire Pour que u soit absolument semi-simple, il faut et il suffit qu’il existe une extension L de K, qui soit un corps parfait, et telle que u_(L) soit semi-simple. 076S
  • Proposition 16 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K, 𝔉 un ensemble d’endomorphismes de E, A la sous-algèbre de End_K(E) engendrée par 𝔉 et Id_E. Les condition… ↩ 1 076T
  • Corollaire La somme et le produit de deux endomorphismes permutables et absolument semi-simples sont absolument semi-simples. ↩ 1 076U
  • Remarque Supposons les conditions de la prop. 16 vérifiées et soit L une extension de K. D’après la prop. 13, l’ensemble 𝔉_(L) est diagonalisable si et seulement si l’algèbre L ⊗_K A est di… 076V
  • Définition 8 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif et u un endomorphisme de E. On appelle décomposition de Jordan de u un couple (uₛ, uₙ), où uₛ est un endomor… 076W
  • Théorème 1 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K et u un endomorphisme de E. Pour que u possède une décomposition de Jordan (uₛ, uₙ), il faut et il suffit… ↩ 1 076X
  • Lemme 4 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K et u un endomorphisme trigonalisable de E. Il existe un endomorphisme diagonalisable v de E, et un seul, q… ↩ 1 076Y
  • Corollaire 1 Supposons que u possède une décomposition de Jordan, et soit L une extension de K. Alors l’endomorphisme u_(L) de E_(L) possède une décomposition de Jordan, et l’on a (u_(L))ₛ = (u… 076Z
  • Corollaire 2 Supposons que u possède une décomposition de Jordan. Tout endomorphisme de E qui commute à u commute aussi à uₛ et uₙ. ↩ 1 0770
  • Corollaire 3 Soient u et v deux endomorphismes permutables de E possédant des décompositions de Jordan. a) Les endomorphismes u, v, uₛ, vₛ, uₙ, vₙ sont deux à deux permutables. b) Les endomorph… 0771
  • Corollaire 4 Supposons que u possède une décomposition de Jordan, et soit R un polynôme de K[X]. Alors l’endomorphisme R(u) possède une décomposition de Jordan et on a R(u)ₛ = R(uₛ). 0772
  • Remarque 1 On a det(uₛ) = det(u), Tr(uₛ) = Tr(u). ↩ 1 0773
  • Remarque 2 Pour que u soit trigonalisable, il faut et il suffit que u possède une décomposition de Jordan et que uₛ soit diagonalisable. Il existe alors une base de E par rapport à laquelle l… 0774
  • Remarque 3 On définit de façon analogue la notion de décomposition de Jordan pour une matrice carrée. Par exemple, pour la matrice de Jordan U_m,α, on a 0775
  • Remarque 4 Si u est semi-simple, mais non absolument semi-simple, il ne possède pas de décomposition de Jordan. 0776
  • Proposition 17 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif, et f un endomorphisme de E. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0777
  • Proposition 18 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K, E' un sous-espace de E et u un endomorphisme de E laissant E' stable. 0778
  • Proposition 19 Soient E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps commutatif K, et 𝔉 un ensemble d’endomorphismes trigonalisables de E deux à deux permutables. Alors il existe une base… ↩ 1 0779

VIII. Modules et anneaux semi-simples

§ 1. Modules artiniens et modules noethériens

  • Définition 1 Soit A un anneau. On dit qu’un A-module M est artinien (resp. noethérien) s’il vérifie les conditions équivalentes suivantes : ↩ 1 0001
  • Exemple 1 Un espace vectoriel de dimension finie sur un corps est artinien et noethérien. 0002
  • Exemple 2 Soit M un A-module. S’il existe une famille infinie (Mᵢ)_i∈ I de sous-modules non nuls de M dont la somme est directe, M n’est ni artinien, ni noethérien : en effet, pour toute sui… ↩ 3 0003
  • Exemple 3 On verra plus loin que le Z-module Zest noethérien, mais non artinien (VIII, 0004
  • Exemple 4 Soient p un nombre premier et Mₚ le composant p-primaire du Z-module de torsion Q/Z(VII, p. 8). Tout sous-module de Mₚ est égal soit à Mₚ, soit à p⁻ⁿZ/Z pour un entier n∈ N(VII, p… 0005
  • Proposition 1 Pour qu’un A-module M soit de longueur finie (II, p. 21), il faut et il suffit qu’il soit à la fois artinien et noethérien. ↩ 5 0006
  • Proposition 2 Pour qu’un A-module M soit noethérien, il faut et il suffit que tout sous-module de M soit de type fini. ↩ 2 0007
  • Lemme 1 Soient M un A-module noethérien et E une partie de M. Il existe une partie finie F de E engendrant le même sous-module que E. 0008
  • Proposition 3 Soient M un A-module et N un sous-module de M. Pour que M soit artinien (resp. noethérien), il faut et il suffit que N et M/Nle soient. ↩ 5 0009
  • Lemme 2 Soient M un A-module, N, P et Q des sous-modules de M. On suppose que l’on a P⊂ Q, N∩ P = N∩ Qet N + P = N + Q. On a alors P = Q. ↩ 1 00QV
  • Corollaire Soient M un A-module et (Mᵢ)_i∈ I une famille finie de sous-modules de M. ↩ 1 000A
  • Exemple 5 Soit (Mᵢ)_i∈ I une famille finie de A-modules. Si les modules Mᵢ sont artiniens (resp. noethériens), il en est de même de leur somme directe ⨁_i∈ IMᵢ. ↩ 1 000B
  • Remarque Les définitions et résultats de ce numéro s’étendent aux groupes commutatifs à opérateurs quelconques en remplaçant dans les énoncés sous-modules par sous-groupes stables. 000C
  • Définition 2 On dit qu’un anneau A est artinien (resp. noethérien) à gauche si le A-module à gauche Aₛ est artinien (resp. noethérien). De même, on dit qu’un anneau A est artinien (resp. noethé… 000D
  • Exemple 1 Un corps est un anneau artinien et noethérien, à gauche et à droite. 000E
  • Exemple 2 Soient A un anneau et D un sous-anneau de A. On suppose que D est un corps et que A est un espace vectoriel à gauche de dimension finie sur D. Comme tout idéal à gauche de A est un… 000F
  • Exemple 3 Un anneau principal (VII, p. 1, déf. 1) est noethérien. Un anneau intègre A qui n’est pas un corps n’est pas un anneau artinien : pour tout élément a de A, non nul et non inversibl… ↩ 2 000G
  • Exemple 4 Soit M un A-module, somme directe d’une famille infinie (Mᵢ)_i∈ I de sous-modules non nuls. Soit E l’anneau des endomorphismes de M. Pour tout i∈ I, soit 𝔞ᵢ (resp. 𝔟ᵢ) l’ensemble d… 000H
  • Théorème 1 Soit A un anneau artinien à gauche. Le A-module Aₛ est de longueur finie. ↩ 7 00QW
  • Lemme 3 Soient A un anneau et n un entier naturel. Un A-module artinien M qui est somme d’une famille de sous-modules de longueur leqslant n est de longueur finie. ↩ 2 000I
  • Corollaire Tout anneau artinien à gauche est noethérien à gauche. 000J
  • Exemple 5 Les longueurs à gauche et à droite d’un corps sont égales à 1. 000K
  • Proposition 4 a) Soient A un anneau noethérien à gauche et M un A-module à gauche de type fini. Le module M est noethérien et tout sous-module de M est de type fini. ↩ 5 000L
  • Proposition 5 a) Soit A un anneau artinien (resp. noethérien) à gauche et soit φ : A→ Bun homomorphisme d’anneaux qui fasse de B un A-module à gauche de type fini. L’anneau B est artinien (resp… ↩ 4 000M
  • Corollaire Les idéaux premiers d’un anneau commutatif artinien sont ses idéaux maximaux. 000N
  • Définition 3 Soient A un anneau, M un A-module et E l’anneau des endomorphismes de M. On appelle contremodule de M le E-module à gauche ayant même groupe additif sous-jacent que M et pour loi d… ↩ 1 000O
  • Lemme 4 Soient M un A-module à gauche dont le contremodule est de type fini. Il existe un entier naturel m et une application A_M-linéaire injective de (A_M)ₛ dans Mᵐ. ↩ 3 000P
  • Proposition 6 Soit M un A-module à gauche artinien (resp. noethérien) dont le contremodule est de type fini. L’anneau A_M des homothéties de M est artinien (resp. noethérien) à gauche. ↩ 4 000Q
  • Corollaire Soit A un anneau commutatif. 000R
  • Remarque Soit A un anneau. Un A-module à gauche artinien M dont le contremodule est de type fini est de longueur finie : en effet, l’anneau A_M des homothéties de M est artinien à gauche (p… 000S
  • Proposition 7 Soient A,σ ,d comme ci-dessus. Il existe sur le groupe A[X] une unique structure d’anneau possédant les propriétés suivantes : 00QX
  • Remarque L’anneau A[X]_σ ,d possède la propriété universelle suivante : étant donnés un anneau A', un homomorphisme d’anneaux f: A→ A' et un élément x de A' tels que xf(a) =f(σ (a))x+f(d(a)… 000T
  • Théorème 2 Soit A un anneau noethérien à gauche et soient σ un automorphisme de A et d un endomorphisme du groupe additif de A satisfaisant la relation (1). L’anneau A[X]_σ ,d est noethérien… ↩ 1 000U
  • Corollaire 1 (Hilbert) Soit A un anneau commutatif et noethérien. Pour tout entier ngeqslant 0, l’algèbre de polynômes A[X₁, . . . ,Xₙ]est un anneau noethérien. ↩ 1 00RW
  • Corollaire 2 Soit A un anneau commutatif et noethérien. Une A-algèbre commutative engendrée par un nombre fini d’éléments est un anneau noethérien. ↩ 1 000V
  • Corollaire 3 Tout anneau commutatif est réunion d’une famille filtrante croissante de sous-anneaux noethériens. ↩ 1 000W

§ 2. Structure des modules de longueur finie

  • Proposition 1 Soit A un anneau non nul et soit 𝔯 l’ensemble des éléments non inversibles de A. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 2 001P
  • Définition 1 On appelle anneau local un anneau non nul satisfaisant aux conditions équivalentes de la proposition 1. ↩ 2 001Q
  • Exemple 1 Tout corps est un anneau local. 001R
  • Exemple 2 Soit A un anneau non nul dans lequel tout élément est inversible ou nilpotent. Alors A est un anneau local. En effet, si a∈ A n’est pas inversible, il existe par hypothèse un entie… ↩ 1 001S
  • Exemple 3 Soient X une variété de classe Cʳ (VAR, R, 5.1.5) et x un point de X. Soit Oₓ l’anneau des germes en x de fonctions de classe Cʳ à valeurs dans le corps des scalaires K. Alors Oₓ e… 001T
  • Exemple 4 Soient A un anneau local commutatif et B = A[[Xᵢ]]_i∈ I une algèbre de séries formelles à coefficients dans A (III, p. 28). D’après la prop. 6 de IV, p. 28, l’anneau B est local et… ↩ 1 001U
  • Exemple 5 Soit p un nombre premier. Notons Z₍ₚ₎ le sous-anneau du corps Qdes nombres rationnels constitué par les fractions a/b avec a∈ Z,b∈ Zet b non divisible par p*(cf. AC, II, p. 79)*. A… ↩ 1 001V
  • Exemple 6 Soient K un corps commutatif de caractéristique p >0 et G un p-groupe (I, p. 72, déf. 9). L’algèbre K[G] du groupe G sur K (III, p. 19) est un anneau local ; son idéal maximal est… 001W
  • Proposition 2 a) Supposons que la suite (Nₚ)est stationnaire. Alors on a N_∞∩ I_∞= 0, la restriction de u à I_∞ est injective et u induit un endomorphisme nilpotent de N_∞. ↩ 3 001X
  • Remarque 1 Soit p un entier tel que Nₚ= Nₚ₊₁; la démonstration ci-dessus montre que N_∞∩ Iₚ= 0, et la restriction de u à Iₚ est injective. De même, soit q un entier tel que I_q= I_q+1; alors… 001Y
  • Remarque 2 Supposons que M soit somme directe de deux sous-modules N et I, stables par u, et que u induise un endomorphisme nilpotent u_N de N et un automorphisme de I. On a alors N_∞= N et I… 001Z
  • Remarque 3 L’hypothèse de l’assertion a) est vérifiée si le A-module M est noethérien, l’hypothèse de l’assertion b) est vérifiée si M est artinien ; d’après la prop. 1 de VIII, p. 2, l’hypot… ↩ 1 0020
  • Corollaire 1 Soit A un anneau et soit M un A-module. ↩ 3 0021
  • Corollaire 2 Dans un anneau noethérien à gauche, tout élément inversible à droite ou à gauche est inversible. 0022
  • Définition 2 On dit qu’un A-module M est indécomposable s’il n’est pas somme directe d’une famille de sous-modules distincts de 0 et de M. 0023
  • Exemple Supposons l’anneau A principal. Les A-modules de type fini indécomposables sont les A-modules isomorphes soit à A, soit à A/pⁿA, où p est un élément extrémal de A et n un entier >0… 0024
  • Proposition 3 Un A-module M noethérien ou artinien est somme directe d’une famille finie de sous-modules indécomposables. ↩ 1 0025
  • Définition 3 On dit qu’un module est primordial si l’anneau de ses endomorphismes est local. 0026
  • Proposition 4 a) Un module primordial est indécomposable. ↩ 4 0027
  • Définition 4 On dit qu’un module est semi-primordial s’il est somme directe d’une famille de sous-modules primordiaux. 0028
  • Exemple 1 Tout module simple est primordial (VIII, p. 41) ; tout module semi-simple est donc semi-primordial (VIII, p. 51, déf 1). 00SE
  • Exemple 2 Si A est un anneau noethérien à gauche, tout A-module injectif est semi-primordial (X, p. 21, prop. 14 et p. 22, th. 3, b)). 01L7
  • Théorème 1 (Azumaya) Soient A un anneau, L un A-module primordial et M un A-module semi-primordial. Il existe un unique cardinal, noté [M : L], possédant la propriété suivante : ↩ 5 00RX
  • Lemme 1 Soient M un A-module, M' un sous-module primordial de M et M'' un sous-module de M supplémentaire de M'. Soit u un endomorphisme de M. Alors u ou 1_M-u induit un isomorphisme de M'… ↩ 1 0029
  • Lemme 2 Soit M un A-module, somme directe d’une famille (Mᵢ)_i∈ I de sous-modules primordiaux, et soit u un endomorphisme de M. Posons v= 1_M-u et M_J=⨁_i∈ JMᵢ pour toute partie J de I. Al… ↩ 4 002A
  • Lemme 3 Soient M un A-module, somme directe d’une famille (Mᵢ)_i∈ I de sous-modules primordiaux, et p un projecteur non nul de M. Il existe un indice i∈ Itel que p induise un isomorphisme… ↩ 3 002B
  • Lemme 4 Soient M un A-module, somme directe d’une famille (Mᵢ)_i∈ I de sous-modules primordiaux, L un A-module primordial et N un sous-module facteur direct de M. On suppose que N est somm… ↩ 1 002C
  • Corollaire 1 Soient M et N des modules semi-primordiaux. Pour que M et N soient isomorphes, il faut et il suffit que l’on ait [M : L] = [N : L] pour tout module primordial L. ↩ 2 002D
  • Corollaire 2 Soit M un module semi-primordial. Soient (Mᵢ)_i∈ I et (M'ⱼ)_j∈ J des familles de sous-modules primordiaux de M telles que ↩ 1 00QY
  • Corollaire 3 Soient M, N et P des modules semi-primordiaux. On suppose que M⊕ Pest isomorphe à N⊕ P, et que [P : L] est fini pour tout module primordial L. Alors M et N sont isomorphes. 002E
  • Corollaire 4 Soient M et N des modules semi-primordiaux. On suppose qu’il existe un entier d >0tel que Mᵈ soit isomorphe à Nᵈ. Alors les modules M et N sont isomorphes. ↩ 1 002F
  • Corollaire 5 Soit M un module semi-primordial, somme directe d’une famille finie (Mᵢ)_i∈ I de sous-modules primordiaux. Pour toute partie J de I, notons M_J= ⨁_i∈ JMᵢ. Soit N un sous-module fac… ↩ 2 002G
  • Corollaire 6 Tout module projectif de type fini sur un anneau local est libre[^1]. ↩ 3 002H
  • Remarque Soient M et M' des A-modules semi-primordiaux. Il résulte aussitôt du lemme 4 de VIII, p. 31 que M' est isomorphe à un sous-module facteur direct de M si et seulement si l’on a [M'… 002I
  • Théorème 2 (Krull-Remak-Schmidt) Soient A un anneau et M un A-module de longueur finie. ↩ 5 00RY
  • Théorème 3 Soient K un corps commutatif, A une K-algèbre, M et N des A-modules de longueur finie. Soit K' une K-algèbre commutative non nulle telle que les A_(K')-modules M_(K') et N_(K') soi… ↩ 5 002J
  • Remarque Soient E et F deux espaces vectoriels de dimension finie sur un corps commutatif K et soit K' une extension de K. Soient u un endomorphisme de E,v un endomorphisme de F,u_(K') et v… 002K

§ 3. Modules simples

  • Définition 1 Soit A un anneau. Un A-module M est dit simple s’il n’est pas nul et ne contient pas d’autre sous-module que 0 et M. ↩ 1 0035
  • Exemple 1 Pour que Aₛ soit un A-module simple, il faut et il suffit que A soit un corps (I, p. 109, th. 1). Les A-modules simples sont alors les espaces vectoriels de dimension 1 sur le corp… 0036
  • Exemple 2 Soit A un anneau principal (VII, p. 1, déf. 1) qui n’est pas un corps. Pour tout élément extrémal π de A, le A-module Aₛ/(π ) est simple, et tout A-module simple est isomorphe à un… 0037
  • Exemple 3 Soient K un corps, V un espace vectoriel à droite non nul sur le corps K et A un sous-anneau de l’anneau End_K(V) qui contient les endomorphismes de rang fini de V (par exemple A =… ↩ 2 0038
  • Proposition 1 Soit A un anneau. ↩ 4 00QZ
  • Corollaire 1 Si l’anneau A n’est pas réduit à 0, il existe des A-modules simples. 0039
  • Corollaire 2 Soient A un anneau local (VIII, p. 24, déf. 1) et 𝔯 son idéal maximal. Le A-module Aₛ/𝔯 est simple et tout A-module simple est isomorphe à Aₛ/𝔯. 003A
  • Remarque 1 Soient A un anneau commutatif, et 𝔪 un idéal de A. Alors 𝔪 est l’annulateur (II, p. 28, déf. 11) du A-module Aₛ/𝔪. Ainsi, si 𝔪 et 𝔪' sont des idéaux de A distincts, les A-modules A… ↩ 1 003B
  • Remarque 2 On peut donner un exemple d’anneau non commutatif A et de deux idéaux à gauche maximaux distincts 𝔪 et 𝔪' de A tels que les A-modules Aₛ/𝔪 et Aₛ/𝔪' soient isomorphes (VIII, p. 48… 003C
  • Proposition 2 Soient A un anneau, M et N deux A-modules et f un homomorphisme non nul de M dans N. ↩ 5 003D
  • Corollaire (Lemme de Schur) L’anneau des endomorphismes d’un module simple est un corps. ↩ 2 00RZ
  • Théorème 1 Soient K un corps commutatif algébriquement clos, A une K-algèbre et M un A-module simple. On suppose que la dimension de M comme espace vectoriel sur K est finie, ou plus générale… ↩ 16 003E
  • Lemme 1 Soient E un corps et K un sous-corps du centre de E, distinct de E. Si le corps K est algébriquement clos, on a [E : K]geqslant Card(K). ↩ 1 003F
  • Exemple Soit A une C-algèbre engendrée par une famille dénombrable d’éléments ; elle est de dimension dénombrable sur C. Soit M un A-module simple ; il est monogène, donc admet une base dé… 003G
  • Corollaire 1 Conservons les hypothèses du théorème 1, et supposons de plus l’algèbre A commutative. Alors M est de dimension 1 sur K. ↩ 1 003H
  • Corollaire 2 Soient K un corps commutatif, A une K-algèbre et M un A-module. On suppose que pour toute extension L de K, le A_(L)-module M_(L) est simple. Alors l’anneau des endomorphismes de M… 003I
  • Définition 2 Soient A un anneau et M un A-module. On appelle sous-module maximal de M un élément maximal, pour la relation d’inclusion, de l’ensemble des sous-modules de M distincts de M. ↩ 2 003J
  • Proposition 3 Soit M un A-module de type fini. Tout sous-module de M distinct de M est contenu dans un sous-module maximal. ↩ 3 003K
  • Corollaire 1 Soit M un A-module de type fini non nul. Il existe un idéal bilatère 𝔞 de A, annulateur d’un A-module simple, tel que 𝔞Msoit distinct de M. ↩ 1 003L
  • Corollaire 2 Soient A un anneau commutatif et B une A-algèbre. Soit M un B-module simple qui est un A-module de type fini et soit 𝔪 l’annulateur du A-module M. Alors 𝔪 est un idéal maximal de A… 003M
  • Proposition 4 Soit A un anneau possédant un idéal à gauche minimal 𝔞. Tout A-module simple et fidèle est isomorphe au A-module 𝔞. ↩ 2 003N
  • Proposition 5 Soient A un anneau artinien à gauche et M un A-module fidèle. ↩ 3 003O
  • Remarque La proposition 5 s’applique en particulier dans les deux cas suivants : 003P

§ 4. Modules semi-simples

  • Définition 1 On dit qu’un module est semi-simple s’il est somme directe d’une famille de modules simples[^1]. ↩ 1 0040
  • Exemple 1 Un module réduit à 0, un module simple, sont des modules semi-simples. 0041
  • Exemple 2 Si A est un corps, tout A-module est semi-simple d’après le th. 1 de II, p. 95. Cela montre qu’en général un module semi-simple se décompose de plusieurs manières comme somme direc… 0042
  • Exemple 3 Soit A un anneau principal et soit P un système représentatif d’éléments extrémaux de A (VII, p. 3). Soit M un A-module et, pour tout π ∈ P, soit M(π ) l’ensemble des x∈ M tels que… 0043
  • Théorème 1 Soit M un module somme (non nécessairement directe) d’une famille (Sᵢ)_i∈ I de sous-modules simples et soit N un sous-module de M. Il existe une partie J de I telle que M soit somm… ↩ 6 0044
  • Corollaire 1 Tout module somme d’une famille de modules simples est semi-simple. ↩ 1 0045
  • Corollaire 2 Pour qu’un module M soit semi-simple, il faut et il suffit que tout sous-module de M soit facteur direct. ↩ 8 0046
  • Corollaire 3 Soient M un module semi-simple et N un sous-module de M. Les modules N et M/Nsont semi-simples. Plus précisément, si M est somme directe d’une famille (Sᵢ)_i∈ I de modules simples… ↩ 6 0047
  • Corollaire 4 Soit M un module semi-simple. Pour que M soit simple, il faut et il suffit que l’anneau E des endomorphismes de M soit un corps. ↩ 1 0048
  • Remarque Soient K un corps commutatif algébriquement clos et A une K-algèbre. Soit M un A-module semi-simple qui est un espace vectoriel de dimension finie sur le corps K. Pour que M soit s… 0049
  • Remarque 1 Soient V et V' des B-modules. L’isomorphisme d’adjonction ↩ 1 004A
  • Remarque 2 Soit M un A-module à gauche. Les applications B-linéaires ↩ 1 004B
  • Remarque 3 Supposons que P soit de type fini en tant que A-module. Soit M la somme directe d’une famille (Mᵢ)_i ∈ I de A-modules. Les A-modules T(H(M)) et ⨁ᵢ T(H(Mᵢ)) sont canoniquement isomo… ↩ 1 004C
  • Proposition 1 Soit M un A-module. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 2 004D
  • Définition 2 On dit qu’un A-module M est isotypique de type S s’il satisfait aux conditions équivalentes de la prop. 1. On dit que M est isotypique s’il existe un A-module simple T tel que M so… 004E
  • Proposition 2 Si un module est somme de sous-modules isotypiques de type S, il est isotypique de type S. Les sous-modules et les modules quotients d’un module isotypique de type S sont isotypiqu… ↩ 5 004F
  • Remarque Tout module isotypique non nul de type S possède un module quotient et un sous-module isomorphes à S ; par conséquent, si M et M' sont des A-modules isotypiques non nuls de type S… 004G
  • Proposition 3 a) Soit M un A-module isotypique de type S. L’application A-linéaire α_M: S⊗_D Hom_A(S,M)→ Mcaractérisée par α_M(s⊗ f) =f(s) (VIII, p. 55) est bijective. ↩ 5 004H
  • Définition 3 Soit M un A-module isotypique de type S. Une description de M relative à S est un couple (V, α ), où V est un espace vectoriel à gauche sur le corps D et α : S⊗_DV→ Mun isomorphism… 004I
  • Théorème 2 Soient M un A-module isotypique de type S et (V, α )une description de M. Notons D_D(V)l’ensemble, ordonné par inclusion, des sous-D-espaces vectoriels de V et D_A(M)celui des sous… ↩ 4 004J
  • Remarque 1 Soit M un A-module isotypique de type S et (V, α ) une description de M. Alors M est de longueur finie si et seulement si V est de dimension finie et on a dans ce cas la relation ↩ 1 004K
  • Corollaire 1 Soit M un A-module isotypique de type S. Pour tout sous-A-module N de M, identifions Hom_A(S,N)au sous-D-espace vectoriel de Hom_A(S,M) formé des applications dont l’image est cont… 004L
  • Corollaire 2 Soient V un espace vectoriel à gauche sur D et F un ensemble d’endomorphismes de V. Pour qu’un sous-A-module de S⊗_DVsoit stable par tous les endomorphismes 1_S⊗ u, où u parcourt F… ↩ 6 004M
  • Théorème 3 Soient M et M' des A-modules isotypiques de type S. Soient (V, α) et (V', α') des descriptions de M et M' respectivement. Pour toute application D-linéaire f : V → V', Notons tilde… ↩ 3 004N
  • Remarque 2 Soit M un A-module isotypique de type S et soit (V, α) une description de M. Soit B un sous-anneau de l’anneau End_A(M)ᵒ. L’isomorphisme d’anneaux de End_D(V)ᵒ sur End_A(M)ᵒ munit… ↩ 1 004O
  • Corollaire Soient M, M' des A-modules isotypiques de type S. L’application u ↦ Hom(1_S, u) de Hom_A(M, M') dans Hom_D(Hom_A(S, M), Hom_A(S, M')) est un isomorphisme de groupes. Lorsque M est… 004P
  • Définition 4 Soient A un anneau, M un A-module et S un A-module simple. On appelle composant isotypique de type S de M, et l’on note M_S, la somme des sous-modules de M isomorphes à S. 004Q
  • Proposition 4 Soit A un anneau. Désignons par S l’ensemble des classes de A-modules simples. Soit M un A-module semi-simple. ↩ 6 004R
  • Corollaire Soit A un anneau et S l’ensemble des classes de A-modules simples. Soit M un A-module semi-simple et N un sous-module de M. Alors on a N =⨁_λ∈SN∩ M_λ et M/N =⨁_λ∈S(M_λ+ N)/N. 004S
  • Proposition 5 Soit A un anneau et soit S l’ensemble des classes de A-modules simples. Soient M et N des A-modules. ↩ 8 004T
  • Remarque Soient A et B des anneaux. Soit M un (A, B)-bimodule. Il résulte de la prop. 5 que les composants isotypiques du A-module M sont des sous-bimodules de M. Cela s’applique en particu… 004U
  • Exemple Examinons le cas où l’anneau A est commutatif. L’application qui envoie un idéal maximal 𝔪 sur cl(A/𝔪) est une bijection de l’ensemble des idéaux maximaux de A sur l’ensemble S des… 004V
  • Corollaire 1 Soient M un A-module semi-simple et N un sous-module de M. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 004W
  • Corollaire 2 Soit M un A-module. Les deux conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 2 00R0
  • Proposition 6 Conservons les notations ci-dessus et supposons le A-module M semi-simple. L’application u→ h(u)du D-espace vectoriel à droite Hom_A(M,S) dans le dual du D-espace vectoriel à gauch… ↩ 1 004X
  • Proposition 7 Soit M un A-module. L’application canonique α_M est injective. Pour tout λ ∈ S, l’image par α_M de S_λ⊗_D_λ Hom_A(S_λ,M)est le composant isotypique de M de type λ. L’image de α_M e… ↩ 1 004Y
  • Définition 5 Soit M un A-module semi-simple. Une description de M (relative à la famille (S_λ)_λ∈S)est un couple ((V_λ)_λ∈S, α ), où V_λ est un espace vectoriel à gauche sur le corps D_λ pour c… ↩ 2 004Z
  • Proposition 8 Soient M un A-module semi-simple et ((V_λ)_λ∈S, α )une description de M. ↩ 3 0050
  • Corollaire Soit M un A-module semi-simple. Pour tout sous-module N de M et tout élément λ de S, identifions Hom_A(S_λ,N)au sous-D_λ-espace vectoriel de Hom_A(S_λ,M)formé des applications dont… 0051
  • Proposition 9 Soient M et M' des A-modules semi-simples et soient ((V_λ)_λ∈S, α )et ((V'_λ)_λ∈S, α ')des descriptions de M et M' respectivement. Pour toute famille f= (f_λ)_λ∈S de ∏_λ∈S Hom_D_λ(… ↩ 2 0052
  • Corollaire Soient M un A-module semi-simple et M' un A-module. L’application u ↦ (Hom(1_S_λ, u))_λ ∈ I de Hom_A(M, M') dans ↩ 2 0053
  • Proposition 10 Soit M un A-module semi-simple. Soit (Mᵢ)_i ∈ I une famille de sous-modules simples dont M est somme directe. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 4 0054
  • Proposition 11 Soit M un A-module semi-simple, somme directe d’une famille (Mᵢ)_i∈ I de sous-modules simples. Pour tout λ ∈ S, on note I(λ )l’ensemble des indices i∈ Itels que Mᵢ soit de classe λ… 0055

§ 5. Commutation

  • Définition 1 On dit que le A-module M est équilibré si l’on a A_M= A''_M. ↩ 1 005E
  • Proposition 1 Soit (Aᵢ)_i∈ I une famille d’anneaux et, pour tout i∈ I, soit Mᵢ un Aᵢ-module. Posons A =∏ Aᵢ, M =∏ Mᵢ et N =⨁ Mᵢ. Munissons M de la structure de A-module dont la loi d’action est… ↩ 3 005F
  • Proposition 2 Soit A un anneau et soit M un A-module. Soit I un ensemble. Alors le bicommutant du A-module M⁽ᴵ⁾ coïncide avec l’anneau des homothéties du A''_M-module M⁽ᴵ⁾. ↩ 2 005G
  • Définition 2 On dit qu’un A-module M est générateur si tout A-module N est engendré par les images des applications A-linéaires de M dans N. 005H
  • Théorème 1 Soit M un A-module à gauche. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 8 005I
  • Corollaire Un A-module générateur est fidèle. ↩ 1 00R1
  • Exemple 1 Le A-module Aₛ est générateur. 005J
  • Exemple 2 Tout A-module libre non nul est générateur. Plus généralement, tout module dont un quotient est générateur est lui-même générateur. ↩ 1 005K
  • Exemple 3 Soit M un A-module semi-simple, dont le contremodule est de type fini. Alors M est un A_M-module générateur. En effet, d’après le lemme 4 de VIII, p. 8, il existe un entier naturel… ↩ 1 005L
  • Exemple 4 Soit A un anneau principal et soit P un A-module de type fini. Il existe un entier ngeqslant 1 et une suite croissante d’idéaux (𝔞ᵢ)_1leqslant ileqslant n de A telle que P soit iso… ↩ 1 005M
  • Lemme 1 Soient A un anneau commutatif, M un A-module de type fini et Ann(M) son annulateur. Soit 𝔞 un idéal de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 4 005N
  • Proposition 3 Soit A un anneau commutatif. Tout A-module projectif de type fini et fidèle est générateur. Plus généralement, un A-module projectif P de type fini est un A_P-module générateur. ↩ 2 00R2
  • Lemme 2 Soient A un anneau et M un A-module projectif. Le A_M-module M est projectif. ↩ 1 005O
  • Théorème 2 Un module générateur est équilibré. ↩ 4 005P
  • Corollaire 1 Un module libre est équilibré. ↩ 4 005Q
  • Corollaire 2 Soit A un anneau et soit n un entier geqslant 0. Le centre de Mₙ(A) est formé des matrices scalaires à éléments dans le centre de A. Considérons Aⁿ comme un Mₙ(A)-module à gauche (… ↩ 3 00R3
  • Remarque Soit M un A-module. Si le A_M-module M est générateur, on a A_M= A''_M d’après le th. 2 appliqué au A_M-module M, de sorte que M est un A-module équilibré. 005R
  • Corollaire 3 Tout module projectif de type fini sur un anneau commutatif est équilibré. 005S
  • Corollaire 4 Tout module de type fini sur un anneau principal est équilibré. ↩ 1 005T
  • Corollaire 5 Soient K un corps commutatif, V un espace vectoriel de dimension finie sur K,u et v des endomorphismes de V. Les conditions suivantes sont équivalentes : 005U
  • Proposition 4 Un module semi-simple dont le contremodule est de type fini est équilibré. ↩ 2 005V
  • Corollaire 1 Soit (Sᵢ)_i∈ I une famille finie de A-modules simples deux à deux non isomorphes. Pour i∈ I, notons Dᵢ l’anneau opposé du corps des endomorphismes de Sᵢ. Supposons que, pour tout i… ↩ 4 005W
  • Corollaire 2 (Théorème de Burnside) Soit A une algèbre sur un corps commutatif algébriquement clos K, et soit S un A-module simple, de dimension finie comme espace vectoriel sur K. Alors l’application a→ a_S de A dan… 00S0
  • Remarque 1 La description canonique α_M du A-module M est un isomorphisme de (A, B)-bimodules à gauche. D’après VIII, p. 67, cor. de la prop. 9, l’application f→ (Hom(1_S_λ, f))_λ∈S_M de B da… ↩ 1 00R4
  • Proposition 5 a) Le contre-module de M est semi-simple. ↩ 4 005X
  • Remarque 2 Il résulte de la démonstration que l’application induite ↩ 1 00R5
  • Proposition 6 a) Considéré comme (A,Bᵒ)-bimodule, M est semi-simple. ↩ 3 005Y
  • Proposition 7 a) Pour tout élément c du bicommutant C de M et pour tout λ ∈ S_M, il existe un unique élément c_λ de End_D_λ(S_λ)tel que, pour tout φ ∈ Hom_A(S_λ,M)et tout s∈ S_λ, on ait cφ (s) =… ↩ 3 005Z
  • Remarque 3 Munissons S_λ, pour λ ∈ S_M, de la structure de C-module donnée par la proposition 7, a). Si l’on remplace A par B et B par C dans la proposition 5 (VIII, p. 80), on voit que, pour… 0060
  • Proposition 8 a) L’application z→ (z_S_λ)_λ∈S_M est un isomorphisme de Z sur le produit des corps Z_λ. ↩ 4 0061
  • Corollaire Supposons que A soit une algèbre sur un corps commutatif algébriquement clos K et que M soit un A-module semi-simple de dimension finie comme espace vectoriel sur K. Pour tout λ da… 0062
  • Théorème 3 (Jacobson) Soit M un A-module semi-simple et soit c un endomorphisme du groupe additif de M. Pour que c appartienne au bicommutant A''_M de M, il faut et il suffit qu’il satisfasse à la condi… ↩ 4 00S1
  • Lemme 3 Soit M un A-module semi-simple. Soit B le bicommutant du A-module M. Alors tout sous-A-module de M est un sous-B-module de M. 0063
  • Remarque Notons E l’anneau des endomorphismes du groupe additif de M. Munissons M de la topologie discrète ; l’anneau E se compose d’applications de M dans M et on peut le munir de la topol… 0064
  • Proposition 9 Soient L un corps et E un sous-anneau de End_Z(L)qui contient l’application γ ₐ:x→ ax pour tout a∈ L. Notons K l’ensemble des éléments a de L tels que u(xa) =u(x)a pour tout x dans… ↩ 1 0065
  • Corollaire Soit L un corps. Soit Γ un sous-groupe du groupe des automorphismes du corps L et soit K le corps des invariants de Γ. Soit V un sous-K-espace vectoriel à droite de L, de dimension… 0066
  • Remarque Lorsque le corps L est commutatif, ce corollaire se réduit au théorème d’Artin (V, p. 63). 0067

§ 6. Équivalence de Morita des modules et des algèbres

  • Proposition 1 Supposons que les applications b→ b_P de B dans End_A(P)et a→ a_P de A dans End_B(P)soient bijectives. Alors σ et widetildeσ sont des isomorphismes réciproques l’un de l’autre et l… ↩ 2 006R
  • Remarque 1 Supposons que l’application b→ b_P de B dans End_A(P) soit bijective. Alors ↩ 2 006S
  • Remarque 2 Sous les hypothèses de la prop. 1, le A-module P est équilibré ; comme les anneaux A_P et A'_P ont même centre (VIII, p. 73), il existe un isomorphisme φ du centre Z(A) de l’anneau… ↩ 1 006T
  • Proposition 2 Soient A et B des algèbres sur k et soit P un (A,B)ₖ-bimodule. On suppose que l’application b→ b_P de B dans End_A(P)est bijective. Les assertions suivantes sont équivalentes : ↩ 2 006U
  • Proposition 3 Soient A et B des algèbres sur k et P un (A,B)ₖ-bimodule. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 2 006V
  • Proposition 4 Soient A et B des algèbres sur k et P un (A,B)ₖ-bimodule. On suppose que l’application b→ b_P de B dans End_A(P)est bijective. ↩ 2 006W
  • Corollaire 1 Le contremodule d’un module générateur est projectif de type fini. Le contremodule d’un module projectif de type fini est générateur. ↩ 1 006X
  • Corollaire 2 Soient A et B des k-algèbres et P un (A,B)ₖ-bimodule. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 1 006Y
  • Définition 1 Soient A et B des k-algèbres et P un (A,B)ₖ-bimodule. On dit que P est inversible s’il existe un (B,A)ₖ-bimodule Q tel que P⊗_BQsoit isomorphe à ₛA_d et Q⊗_APà ₛB_d. Un tel bimodul… 006Z
  • Définition 2 On dit que des k-algèbres A et B sont équivalentes au sens de Morita s’il existe un (A,B)ₖ-bimodule inversible. On dit que des anneaux A et B sont équivalents au sens de Morita si… ↩ 1 0070
  • Lemme 1 Soient A et B des k-algèbres, P un (A, B)ₖ-bimodule inversible, M et N des B-modules et u : M → N une application B-linéaire. Si l’application 1_P ⊗ u : P ⊗_B M → P ⊗_B N est nulle… ↩ 3 0071
  • Théorème 1 Soient A et B des k-algèbres et P un (A, B)ₖ-bimodule. Notons P^* le (B, A)ₖ-bimodule Hom_A(P, Aₛ). Les assertions suivantes sont équivalentes : ↩ 14 0072
  • Corollaire 1 Soient A et B des k-algèbres équivalentes au sens de Morita et soit P un (A,B)ₖ-bimodule inversible. Il existe un isomorphisme φ du centre Z(A) de A sur le centre de B caractérisé… 0073
  • Corollaire 2 Soient A et B des k-algèbres équivalentes au sens de Morita et soit P un (A,B)ₖ-bimodule inversible. Tout (B,A)ₖ-bimodule inverse de P est isomorphe au dual P^* = Hom_A(P,A)de P. P… 0074
  • Remarque Sous les hypothèses du corollaire, soit q un élément de Q tel qu’on ait λ (p⊗ q) = 0 pour tout p∈ P. On a alors τ (q) = 0, c’est-à-dire q= 0. De même, si p est un élément de P tel… 0075
  • Exemple 1 Soient B une k-algèbre, n un entier geqslant 1 et A la k-algèbre Mₙ(B). Le B-module à droite P = Bⁿ_d est projectif, de type fini et générateur, et A s’identifie à l’algèbre des en… ↩ 3 0076
  • Exemple 2 Soient A une k-algèbre commutative et P un A-module. Considérons P 00SH
  • Théorème 2 (Morita) a) Soient V et W des B-modules à gauche. L’application g→ 1_P⊗ g est une bijection de Hom_B(V,W)sur Hom_A(P⊗_BV,P⊗_BW). La bijection réciproque associe à tout élément h de Hom_A(P⊗… ↩ 3 00S2
  • Proposition 5 Soit V un B-module à gauche. L’application W→ P⊗_BWest un isomorphisme de l’ensemble, ordonné par inclusion, des sous-B-modules de V sur l’ensemble, ordonné par inclusion, des sous… ↩ 1 0077
  • Exemple 1 Appliquons la proposition 5 de VIII, p. 99 au cas particulier V = Bₛ. ↩ 2 0078
  • Exemple 2 Notons B_A,B_B et B_P les ensembles ordonnés formés des idéaux bilatères de A, des idéaux bilatères de B, et des sous-(A,B)ₖ-bimodules de P respectivement. ↩ 1 0079
  • Proposition 6 Notons B_A,B_B les ensembles ordonnés formés des idéaux bilatères de A et des idéaux bilatères de B. ↩ 4 007A
  • Exemple 3 Soit V un B-module à gauche. Alors la correspondance précédente envoie l’annulateur du B-module V sur l’annulateur du A-module P⊗_BV. En effet, notons 𝔞 l’annulateur du A-module P⊗… ↩ 1 007B
  • Exemple 4 Pour tout idéal bilatère 𝔞 de A, notons Mₙ(𝔞) le sous-ensemble de Mₙ(A) formé des matrices à éléments dans 𝔞. C’est un idéal bilatère de Mₙ(A). On a Mₙ(𝔞)Aⁿ=𝔞ⁿ= Aⁿ𝔞. Il résulte de… 007C
  • Remarque Conservons les hypothèses et notations précédentes et supposons que le (B,A)ₖ-bimodule Q soit le dual P^* du A-module P et que les isomorphismes λ et θ soient les applications cano… 007D
  • Proposition 7 a) On a φ (0) = 0et φ (V) = M. ↩ 2 007E
  • Proposition 8 a) Soient V' et V'' des sous-modules de V tels que V'' contienne V'. Le B-module V''/V' est simple si et seulement si le A-module φ (V'')/φ (V')est simple. ↩ 2 007F
  • Lemme 2 Soient H et H' des sous-modules de V tels que H∩ H'= 0. Pour que les B-modules H et H' soient isomorphes, il faut et il suffit que les A-modules φ (H) et φ (H')soient isomorphes. ↩ 1 007G
  • Proposition 9 Soient S un sous-module simple de V et T le sous-module simple φ (S)de M. Si V_S désigne le composant isotypique de type S dans V et M_T le composant isotypique de type T dans M, o… ↩ 2 00R6
  • Proposition 10 a) Pour que le B-module V soit artinien, ou noethérien, ou indécomposable, ou simple, ou de type fini, il faut et il suffit qu’il en soit ainsi de M. ↩ 2 007H
  • Proposition 11 Soit ↩ 1 007I
  • Corollaire Soit f : V → W une application B-linéaire. Pour que f soit injective (resp. surjective), il faut et il suffit que 1_P ⊗ f le soit. 007J
  • Proposition 12 Soit V un B-module à gauche. Pour que le B-module V soit projectif (resp. générateur, resp. fidèle, *resp. injectif, resp. de présentation finie*), il faut et il suffit que le A-mo… 007K
  • Corollaire Pour que l’anneau A soit artinien à gauche (resp. noethérien à gauche) il faut et il suffit que l’anneau B le soit. 007L
  • Proposition 13 a) Si deux k-algèbres sont équivalentes au sens de Morita, leurs centres sont des k-algèbres isomorphes. ↩ 3 007M
  • Proposition 14 Soient A et B des k-algèbres. Pour que A et B soient équivalentes au sens de Morita, il faut et il suffit qu’il existe un entier ngeqslant 1et une matrice carrée e= (eᵢⱼ)dans Mₙ(B)… ↩ 1 007N
  • Lemme 3 Pour qu’un B-module à droite P soit projectif, de type fini et générateur, il faut et il suffit qu’il existe un entier ngeqslant 0et un idempotent e= (eᵢⱼ)dans Mₙ(B)satisfaisant au… 007O
  • Lemme 4 Soient V un B-module et E la k-algèbre des endomorphismes de V. Soit e un projecteur de V et P l’image de e. L’application qui à v∈ eEe associe l’endomorphisme x→ v(x)du B-module P… ↩ 2 007P
  • Exemple 1 Soient A une k-algèbre et e un idempotent de A tel que AeA = A. La k-algèbre eAe s’identifie à la k-algèbre des endomorphismes du sous-module eA_d de A_d (lemme 4). Comme AeA = A… 007Q
  • Exemple 2 Soit A une k-algèbre et ngeqslant 1 un entier. Identifions l’algèbre de matrices Mₙ(A) à l’algèbre des endomorphismes du A-module à droite Aⁿ_d. On a vu que A et Mₙ(A) sont équival… ↩ 4 007R
  • Exemple 3 Soient A un anneau principal et L un A-module libre de type fini non nul. Soit B l’anneau des endomorphismes de L ; alors L est un (A,B)_Z-bimodule inversible et les anneaux A et B… 007S

§ 7. Anneaux simples

  • Proposition 1 Soit A un anneau non nul. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 6 0081
  • Définition 1 On dit que l’anneau A est simple s’il satisfait aux conditions équivalentes (i), (ii) et (iii) de la proposition 1. Soit K un corps commutatif ; une K-algèbre est dite simple si so… ↩ 2 0082
  • Remarque 1 Rappelons que d’après le th. 1 de I, p. 109, les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 0083
  • Remarque 2 ☡ On dit parfois qu’un anneau A est quasi-simple s’il n’est pas réduit à 0 et si ses seuls idéaux bilatères sont 0 et A. On dit que A est primitif s’il possède un module simple et… ↩ 3 0084
  • Théorème 1 (Wedderburn) Pour qu’un anneau soit simple, il faut et il suffit qu’il soit isomorphe à un anneau de matrices Mᵣ(D), où rgeqslant 1est un entier et D un corps. ↩ 13 00S3
  • Lemme 1 Soient A un anneau simple, S un A-module à gauche simple et D l’anneau opposé du corps End_A(S). Alors S est un (A,D)-bimodule inversible. C’est aussi un espace vectoriel à droite… ↩ 5 0085
  • Lemme 2 Soient D un corps et V un espace vectoriel à droite de dimension finie rgeqslant 1sur le corps D. Alors V est un module simple sur l’anneau E = End_D(V)et son commutant est égal à… ↩ 6 00R7
  • Remarque 3 Soit A un anneau simple, soient S un A-module simple et D l’anneau opposé du corps End_A(S). Alors le A-module Aₛ est de longueur finie et dim_D(S) est égal à long(A). En effet, pa… 0086
  • Corollaire 1 a) Le centre d’un anneau simple est un corps. ↩ 6 0087
  • Corollaire 2 Soient r et r' des entiers strictement positifs et soient D et D' des corps. Pour que les anneaux Mᵣ(D)et M_r'(D')soient isomorphes, il faut et il suffit que l’on ait r=r' et que l… ↩ 2 0088
  • Corollaire 3 Soit K un corps commutatif et soit A une K-algèbre de degré fini dont l’anneau sous-jacent est simple. Il existe un entier r et une K-algèbre D de degré fini sur K qui est un corps… ↩ 2 0089
  • Remarque 4 Soit K un corps commutatif algébriquement clos et soit A une algèbre de degré fini sur K. L’algèbre A est simple si et seulement s’il existe un entier ngeqslant 1 tel que A soit is… ↩ 1 008A
  • Lemme 3 Soit A un anneau simple et soit S un A-module simple. Notons D le corps opposé du commutant de S. Tout A-module est isomorphe à un A-module de la forme S⊗_DV, où V est un espace ve… ↩ 2 008B
  • Proposition 2 Soient A un anneau simple et S un A-module simple. ↩ 5 008C
  • Corollaire Soit k un corps commutatif et soit A une k-algèbre simple de degré fini sur k. Tout A-module simple est de dimension finie sur k;pour que deux A-modules soient isomorphes, il faut… 008D
  • Proposition 3 Soit A un anneau simple. Pour qu’un A-module M soit libre, il faut et il suffit que sa longueur soit divisible par la longueur de A. S’il en est ainsi, toutes les bases de M ont le… ↩ 1 008E
  • Proposition 4 Soient A un anneau simple et M un A-module non nul. Notons B l’anneau des endomorphismes du A-module M, et considérons M comme un B-module à gauche. ↩ 3 008F
  • Proposition 5 Soit B un anneau, soit A un sous-anneau simple de B et soit S un A-module à gauche simple. Alors B est un A-module à gauche libre de dimension long_A(B⊗_AS). ↩ 3 008G
  • Définition 2 Soient B un anneau, A un sous-anneau simple de B. On appelle degré (à gauche) de B sur A, et l’on note [^1] [B : A]ₛ, la dimension du A-module à gauche libre B. ↩ 1 008H
  • Proposition 6 Soient C un anneau, B un sous-anneau simple de C, et A un sous-anneau simple de B. On a alors [C : A]ₛ= [C : B]ₛ[B : A]ₛ. ↩ 2 008I
  • Remarque 1 Supposons que A soit un sous-anneau simple d’un anneau simple B et que le degré à droite [B : A]_d soit fini. Soit C l’anneau des endomorphismes de B considéré comme A-module à dro… 008J
  • Remarque 2 Soit K un corps commutatif. Si A est une sous-algèbre simple d’une algèbre B, de degré fini sur K, le degré à gauche de B sur A satisfait à la relation [B : A]ₛ[A : K] = [B : K] d’… 008K
  • Proposition 7 a) L’application W→ 𝔞(W)est une bijection de l’ensemble des sous-espaces vectoriels de V sur l’ensemble des idéaux à gauche de A. 008L
  • Corollaire a) Les idéaux à gauche minimaux de A sont les idéaux 𝔞(H), où H est un hyperplan de V ; les idéaux à gauche maximaux de A sont les idéaux 𝔞(L), où L est une droite de V ; 008M

§ 8. Anneaux semi-simples

  • Théorème 1 (Wedderburn) Soit A un anneau. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 4 00S4
  • Définition 1 On dit que l’anneau A est semi-simple s’il satisfait aux conditions équivalentes (i) à (vi) du théorème 1. Une algèbre A sur un anneau commutatif k est une algèbre semi-simple si l… 0093
  • Proposition 1 Soit A un anneau semi-simple. Il existe une famille finie (𝔪ᵢ)_i∈ I d’idéaux à gauche minimaux de A telle que Aₛ=⊕_i∈ I𝔪ᵢ. Si (𝔪ᵢ)_i∈ I est une telle famille, tout A-module simple… ↩ 5 0094
  • Exemple Soient G un groupe fini et K un corps commutatif. *Nous verrons plus 0095
  • Remarque 1 Soit K un corps commutatif et soit A une algèbre semi-simple sur K. Alors il existe des K-algèbres D₁, . . . ,Dₛ qui sont des corps et des entiers r₁geqslant 1, . . . , rₛgeqslant… ↩ 1 0096
  • Remarque 2 Soit K un corps algébriquement clos et soit A une algèbre de degré fini sur K. Compte tenu de la remarque 4 de VIII, p. 118, pour que l’algèbre A soit semi-simple, il faut et il su… 0097
  • Proposition 2 a) Le centre d’un anneau semi-simple est semi-simple. ↩ 3 0098
  • Proposition 3 Soit A un anneau commutatif. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 4 0099
  • Proposition 4 Soit A un anneau. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 7 009A
  • Lemme 1 Soit A un anneau artinien à gauche et soit M un A-module simple, alors l’anneau A_M est simple. ↩ 2 009B
  • Proposition 5 Supposons l’anneau A semi-simple. Soit M un A-module à gauche. Le contremodule de M est de type fini et l’on a A_M= A''_M. ↩ 3 009C
  • Proposition 6 Soit M un A-module semi-simple de type fini. On note S_M son support (VIII, p. 62) et B l’anneau de ses endomorphismes. Pour tout λ ∈ S_M, on choisit un A-module simple S_λ de clas… ↩ 3 009D
  • Proposition 7 Soit A un anneau semi-simple. ↩ 1 009E
  • Proposition 8 a) Pour tout λ ∈ S, S_λ est un espace vectoriel à droite de dimension finie sur le corps D_λ. L’application a→ a_S_λ définit par passage au quotient un isomorphisme d’anneaux de A/… ↩ 4 009F
  • Exemple Soit K un corps commutatif algébriquement clos et soit A une algèbre semi-simple de degré fini sur K. Soit (Vᵢ)_i∈ I une famille de A-modules simples telle que tout A-module simple… 009G
  • Proposition 9 a) Ordonnons par inclusion l’ensemble 𝔓(S)des parties de S et l’ensemble B_A des idéaux bilatères de A. L’application Λ → 𝔞_Λ est un isomorphisme d’ensembles ordonnés de 𝔓(S)sur B_… ↩ 3 009H
  • Corollaire Soient (Aᵢ)_i∈ I une famille finie d’anneaux simples et f un isomorphisme de A sur ∏_i∈ IAᵢ. Pour tout i∈ I, il existe un unique élément φ (i)de S tel que le noyau de prᵢ∘ f soit 𝔟… 009I
  • Proposition 10 Notons Z le centre de A ; pour tout λ ∈ S, soit Z_λ le centre du corps D_λ. ↩ 1 009J
  • Corollaire Soit B un anneau. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 009K
  • Proposition 11 Soit λ ∈ S. Le composant isotypique 𝔞_λ de A est à la fois le composant isotypique de type S_λ de Aₛ et le composant isotypique de type S^*_λ de A_d. De plus, on a ↩ 2 009L
  • Scholie Soient A un anneau semi-simple et Z son centre. Il existe des bijections canoniques entre les ensembles suivants : 009M
  • Proposition 12 Soient M un module sur l’anneau semi-simple A et S_M⊂ S le support de M. Alors l’annulateur Ann(M) de M est l’idéal bilatère ∑_λ∈S-S_M𝔞_λ et l’idéal trace τ (M)de M est l’idéal bil… 009N
  • Corollaire Soit M un module sur l’anneau semi-simple A. Les propriétés suivantes sont équivalentes : 009O
  • Proposition 13 a) Pour qu’un idéal à gauche 𝔞 de A admette un supplémentaire dans Aₛ, il faut et il suffit qu’il existe un élément idempotent e de A tel que 𝔞= Ae. L’idéal 𝔞 se compose alors des… ↩ 1 009P
  • Remarque 1 Soit 𝔞 un idéal à gauche de A. D’après la démonstration ci-dessus et le corollaire de II, p. 19, l’application e→ A(1-e) définit une bijection de l’ensemble des éléments idempotent… 009Q
  • Remarque 2 Soient e et f des éléments idempotents de A. D’après la prop. 13 b), on a Ae= Af si et seulement si l’on a ef=e et f e=f. Par conséquent, si l’anneau A est commutatif, la relation… 009R
  • Proposition 14 Soit e un élément idempotent de A. ↩ 1 009S
  • Remarque 3 En appliquant les résultats précédents à l’anneau opposé de A, on voit en particulier qu’un A-module à droite monogène M est projectif si et seulement s’il existe un élément idempo… 00R8
  • Proposition 15 Supposons l’anneau A semi-simple. ↩ 2 009T
  • Remarque 4 Supposons l’anneau A semi-simple. Soit (eᵢ)_i∈ I une partition de 1, formée d’éléments idempotents non nuls du centre Z de A ; si Card(I) = Card(S), les eᵢ sont les idempotents ind… ↩ 1 009U

§ 9. Radical

  • Définition 1 Soit A un anneau. On appelle radical d’un A-module M le sous-module intersection des sous-modules maximaux de M (VIII, p. 44, déf. 2) ou, ce qui revient au même, l’ensemble des élé… ↩ 1 00A1
  • Exemple 1 Soit 𝔞 un idéal à gauche de A. Le radical du A-module Aₛ/𝔞 est égal à 𝔞'/𝔞 où 𝔞' est l’intersection des idéaux à gauche maximaux de A contenant 𝔞. En particulier, le radical du Z-m… ↩ 1 00A2
  • Exemple 2 Soit A un anneau principal qui n’est pas un corps et soit K son corps des fractions. Comme K-module, K est sans radical. Démontrons que le radical de K, considéré comme A-module, e… 00A3
  • Proposition 1 Soient M et N des A-modules et f un homomorphisme de M dans N. On a f(ℜ(M))⊂ ℜ(N), et l’on a même égalité si f est surjectif et que le noyau de f est contenu dans le radical de M. ↩ 3 00A4
  • Corollaire 1 Soient M un A-module et N un sous-module de M. ↩ 5 00A5
  • Corollaire 2 Soient (Mᵢ)_i∈ I une famille de A-modules, P son produit et S sa somme directe. On a ℜ(P)⊂ ∏_i∈ Iℜ(Mᵢ)et ℜ(S) =⨁_i∈ Iℜ(Mᵢ). ↩ 3 00A6
  • Proposition 2 Soit M un A-module de type fini. ↩ 4 00A7
  • Corollaire Soient M un A-module, (xᵢ)_i∈ I une famille génératrice de M et x un élément de M. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 00A8
  • Proposition 3 a) Un module semi-simple est sans radical. ↩ 5 00A9
  • Définition 2 On appelle radical de Jacobson (ou simplement radical) d’un anneau A, et l’on note ℜ(A), le radical du A-module Aₛ, c’est-à-dire l’intersection des idéaux à gauche maximaux de A. ↩ 1 00AA
  • Proposition 4 Pour qu’un anneau A soit semi-simple, il faut et il suffit qu’il soit artinien à gauche et sans radical. ↩ 4 00AB
  • Exemple 1 Si A est un anneau local, il possède un unique idéal à gauche maximal 𝔯, formé des éléments non inversibles de A (VIII, p. 23, prop. 1) ; donc 𝔯 est le radical de A. En particulier… ↩ 2 00AC
  • Exemple 2 ☡ Soient K un corps commutatif et E l’algèbre K[[Xᵢ]]_i∈ I des séries formelles par rapport aux indéterminées Xᵢ à coefficients dans K. D’après l’exemple précédent et l’exemple 4 d… ↩ 2 00AD
  • Exemple 3 Supposons que A soit un anneau principal et soit P un système représentatif d’éléments extrémaux (VII, p. 3). Si A est un corps, il est sans radical d’après l’exemple 1 ; si l’ense… ↩ 1 00AE
  • Proposition 5 a) Le radical d’un anneau A est l’intersection des annulateurs des A-modules simples, et aussi le plus petit des annulateurs des A-modules semi-simples. C’est en particulier un idé… ↩ 7 00AF
  • Théorème 1 (Jacobson) Le radical d’un anneau A se compose des éléments x∈ Atels que 1 +ax soit inversible à gauche (I, p. 15) pour tout a∈ A. C’est aussi le plus grand des idéaux bilatères 𝔞 tels que 1… ↩ 10 00S5
  • Corollaire 1 Le radical de A est égal au radical de l’anneau opposé Aᵒ, c’està-dire à l’intersection des idéaux à droite maximaux de A. ↩ 1 00AG
  • Corollaire 2 Pour qu’un élément de A soit inversible, il faut et il suffit que son image canonique dans l’anneau A/ℜ(A)soit inversible. ↩ 1 00AH
  • Corollaire 3 Le radical du produit d’une famille (Aᵢ)_i∈ I d’anneaux est le produit des ℜ(Aᵢ). ↩ 2 00AI
  • Corollaire 4 Pour que l’anneau A soit local, il faut et il suffit que l’anneau A/ℜ(A)soit un corps. Dans ce cas, ℜ(A)est l’ensemble des éléments non inversibles de A. ↩ 1 00AJ
  • Exemple 4 Soient K un anneau intègre, I un ensemble non vide et A l’anneau de polynômes K[Xᵢ]_i∈ I. Démontrons que l’anneau A est sans radical. Les seuls éléments inversibles de A sont ceux… 00AK
  • Exemple 5 Soit 𝔞 un idéal bilatère de A. La topologie sur A, compatible avec la structure d’anneau de A, pour laquelle les idéaux 𝔞ⁿ (pour ngeqslant 1) forment un système fondamental de vois… 00AL
  • Remarque 1 D’après le théorème 1, tout nilidéal à gauche d’un anneau A est ↩ 2 00AM
  • Remarque 2 Soit A un anneau commutatif. L’ensemble des éléments nilpotents de A est un idéal 𝔑(A) de A, qu’on appelle le nilradical de A ; c’est l’intersection des idéaux premiers de A (V, p… ↩ 1 00AN
  • Proposition 6 Pour tout A-module M, on a ℜ(A)M⊂ ℜ(M)et on a égalité si le A-module M est projectif. ↩ 6 00AO
  • Théorème 2 (« lemme de Nakayama ») Soient M un A-module et 𝔞 un idéal bilatère de A. Supposons satisfaite l’une des deux hypothèses suivantes : ↩ 5 00S6
  • Corollaire 1 Conservons les hypothèses du théorème 2. Soit (xᵢ)_i∈ I une famille d’éléments de M, et soit overlinexᵢ l’image canonique de xᵢ dans M/𝔞M. Si la famille (overlinexᵢ)_i∈ I engendre… ↩ 1 00R9
  • Corollaire 2 Conservons les hypothèses du théorème 2. Soient par ailleurs M' un A-module et u: M'→ Mun homomorphisme. Si l’homomorphisme overlineu de M'/𝔞M' dans M/𝔞Mdéduit de u par passage aux… ↩ 1 00AP
  • Lemme 1 Soit a un élément d’un anneau A tel que a-a² soit nilpotent. Il existe un polynôme P appartenant à X + (X-X²)Z[X]tel que P(a)soit idempotent dans A. ↩ 2 00AQ
  • Proposition 7 Soit 𝔞 un nilidéal bilatère de A et soit overlinee un élément idempotent de l’anneau A/𝔞. Il existe un élément idempotent e de A dont l’image canonique dans A/𝔞 est égale à overlin… ↩ 2 00AR
  • Corollaire 1 Soient M et P des A-modules et u une application A-linéaire surjective de P dans M. On suppose que P est projectif et qu’il existe un idéal bilatère nilpotent 𝔞 de A tel que le noy… ↩ 2 00AS
  • Corollaire 2 Soit A un anneau et soit 𝔞 un idéal bilatère nilpotent de A. Si P est un A-module projectif, alors P/𝔞Pest un module projectif sur A/𝔞 et pour que le A-module P soit indécomposable… ↩ 1 00AT
  • Définition 3 Soit A un anneau et soit M un A-module. On appelle couverture projective de M un couple (P, u), où P est un A-module projectif et u un homomorphisme surjectif de P dans M, tel que… 00AU
  • Remarque 1 Pour tout A-module projectif M, le couple (M,1_M) est une couverture projective de M. 00AV
  • Remarque 2 Supposons que (P, u) soit une couverture projective du A-module M. Soit (xᵢ)_i∈ I une famille d’éléments de P et soit P' le sous-module de P qu’elle engendre ; alors u(P') est enge… ↩ 2 00AW
  • Proposition 8 Soient M et M' des A-modules, (P, u)et (P', u')des couvertures projectives de M et M' respectivement et g: M→ M' une application A-linéaire. ↩ 2 00AX
  • Corollaire 1 Soit M un A-module. Soient (P, u)et (P', u')des couvertures projectives de M. Il existe un isomorphisme f de P sur P' tel que u=u'∘ f. ↩ 1 00AY
  • Corollaire 2 Soit (P, u)une couverture projective du A-module M. Si Q est un A-module projectif et g: Q→ Mune application linéaire surjective, il existe une application linéaire surjective f: Q… 00AZ
  • Proposition 9 Soient M un A-module et (P, u)une couverture projective de M. Notons 𝔯 le radical de l’anneau A. L’homomorphisme overlineu: P/𝔯P→ M/𝔯Mdéduit de u par passage aux quotients est un i… ↩ 3 00B0
  • Corollaire Pour qu’un A-module M possède une couverture projective, il faut que le A/𝔯-module M/𝔯Msoit projectif. 00B1
  • Remarque 3 Supposons que l’anneau A soit sans radical. D’après la prop. 9, (P, u) est une couverture projective d’un A-module M si et seulement si u est un isomorphisme. Ainsi seuls les A-mod… 00B2
  • Remarque 4 Supposons que tout A-module de type fini possède une couverture projective ; alors le quotient A' de A par son radical est semi-simple. En effet, tout module de type fini sur l’ann… 00B3
  • Proposition 10 Soient M un A-module, P un A-module projectif et u: P→ M une application linéaire. Soit 𝔞 un idéal bilatère de A . On suppose que l’application linéaire overlineu: P/𝔞P→ M/𝔞Mdéduit… ↩ 2 00B4
  • Corollaire 1 Soit P un A-module projectif. On suppose que P est de type fini ou que le radical 𝔯 de A est un idéal bilatère nilpotent. Notons u l’application canonique de P sur P/𝔯P. Alors (P… ↩ 1 00B5
  • Corollaire 2 Soient 𝔞 un idéal bilatère de A et M un A-module tel que le (A/𝔞)-module M/𝔞Msoit libre. Supposons satisfaite l’une des deux conditions suivantes : ↩ 2 00B6
  • Corollaire 3 Tout module de type fini sur un anneau local possède une couverture projective. 00B7
  • Remarque 5 Soient A un anneau local et 𝔯 son radical. Soient M un A-module de type fini, P un A-module projectif de type fini et u: P→ M un homomorphisme. D’après le cor. 6 de VIII, p. 33, le… 00B8
  • Proposition 11 Soient A un anneau et 𝔞 un idéal bilatère nilpotent de A. Soit M un A/𝔞-module projectif. Il existe un A-module projectif P et une application A-linéaire surjective u: P→ M, de noy… ↩ 2 00B9
  • Corollaire Soient P et P' des A-modules projectifs. Si les modules P/𝔞Pet P'/𝔞P' sont isomorphes, alors P et P' sont isomorphes. 00RA

§ 10. Modules sur un anneau artinien

  • Proposition 1 Soit A un anneau artinien à gauche. Le radical 𝔯 de A est le plus grand idéal bilatère nilpotent de A et l’anneau A/𝔯 est semi-simple. ↩ 11 00C5
  • Corollaire 1 Pour qu’un anneau soit semi-simple, il faut et il suffit qu’il soit artinien à gauche et ne possède aucun idéal bilatère nilpotent autre que 0. 00C6
  • Corollaire 2 Dans un anneau artinien à gauche A, le radical se compose des éléments x tels que ax soit nilpotent pour tout a dans A. ↩ 2 00C7
  • Proposition 2 Soit A un anneau artinien à gauche. Pour tout A-module M, les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 4 00C8
  • Corollaire Soit A un anneau artinien à gauche. Pour tout A-module M, le radical de M est égal à 𝔯M. ↩ 1 00C9
  • Proposition 3 Soient A et B des anneaux et f un homomorphisme de A dans B, tel que B soit engendré par la réunion de f(A)et du commutant f(A)' de f(A)dans B. Soit M un B-module à gauche. On supp… ↩ 2 00CA
  • Corollaire Soient A un anneau commutatif et B une algèbre sur A. On suppose que l’anneau A est artinien ou que B est un A-module de type fini. On a alors ℜ(A)B⊂ ℜ(B). 00CB
  • Proposition 4 Tout module sur un anneau artinien à gauche possède une couverture projective. ↩ 3 00CC
  • Proposition 5 Soient A un anneau artinien à gauche et 𝔯 son radical. ↩ 2 00CD
  • Corollaire À toute classe P de A-modules projectifs, associons la classe φ (P) du module P/𝔯Psur l’anneau A/𝔯. Toute classe de modules (resp. de modules de type fini) sur l’anneau A/𝔯 est de… 00CE
  • Proposition 6 Soient A un anneau artinien à gauche et 𝔯 son radical. Soit P un A-module projectif. ↩ 1 00CF
  • Exemple Prenons P égal à Aₛ. Pour tout λ ∈ S, notons D_λ le corps opposé du commutant du A-module simple S_λ et m(λ ) la dimension de S_λ considéré comme espace vectoriel à droite sur le c… 00CG

§ 11. Groupes de Grothendieck

  • Définition 1 On dit que l’ensemble C de classes de A-modules est additif si tout module nul est de type C et que la somme directe de deux modules de type C est de type C. On dit que C est héréd… ↩ 1 00CS
  • Exemple 1 L’ensemble des classes des A-modules de longueur finie est héréditaire (II, p. 21, prop. 16). 00CT
  • Exemple 2 L’ensemble des classes de A-modules de type fini est additif. Si l’anneau A est noethérien, il est héréditaire (VIII, p. 3, prop. 3 et VIII, p. 7, prop. 4). 00CU
  • Exemple 3 L’ensemble des classes de A-modules projectifs de type fini est additif mais n’est pas héréditaire en général. 00CV
  • Définition 2 Soit φ une application de C dans un groupe commutatif G (noté additivement) ; posons φ (E) =φ(cl(E)) pour tout A-module E de type C. On dit que φ est une fonction additive de modul… 00CW
  • Exemple 4 Soit C l’ensemble des classes des A-modules de longueur finie. L’application long_A:C→ Zqui associe à toute classe de A-modules de longueur finie sa longueur, est une fonction addi… 00CX
  • Proposition 1 On suppose que C est héréditaire. Soient E et F des A-modules et u : E → F une application linéaire. a) Si E ou F est de type C, il en est de même de l’image de u. b) Si E est de t… ↩ 1 00CY
  • Corollaire Soit (Eᵢ)_0 ≤ i ≤ n une suite finie de modules de type C. S’il existe une suite exacte 00CZ
  • Proposition 2 Supposons que l’ensemble C soit héréditaire. Soit E un A-module et soient M et N des sous-modules de E. 00D0
  • Proposition 3 Supposons C héréditaire. Soient E un module de type C et (Eᵢ)_0leqslant ileqslant n une suite de composition de E (I, p. 39). Pour 1leqslant ileqslant n, le module Eᵢ₋₁/Eᵢ est de t… ↩ 2 00D1
  • Proposition 4 a) L’application E→ [E]_C de C dans K(C)est additive. ↩ 3 00D2
  • Exemple Soient A un anneau commutatif noethérien et Σ son spectre. Pour tout entier ngeqslant 0, notons C^geqslant n l’ensemble des classes de A-modules de type fini dont le support est de… 00D3
  • Proposition 5 Soient E et F des modules de type C. Pour que l’on ait l’égalité [E]_C= [F]_C, il faut et il suffit qu’il existe des suites exactes de modules de type C (E)0longrightarrow Llongrig… 00D4
  • Proposition 6 a) L’application E ↦ [E]'_C de C dans K'(C) est une fonction faiblement additive de modules. 00D5
  • Lemme 1 Soient E, E' et E'' des A-modules de longueur finie et ↩ 3 00D6
  • Proposition 7 Soit C un ensemble héréditaire de classes de modules tel que tout module de type C soit de longueur finie. Soit S l’ensemble des classes de modules simples appartenant à C. Alors l… ↩ 2 00D7
  • Corollaire Soient E et F des modules semi-simples de type C. Pour que E soit isomorphe à F, il faut et il suffit que l’on ait [E]_C= [F]_C dans K(C). ↩ 1 00D8
  • Remarque L’ensemble K(C)⁺ est le sous-monoïde de K(C) engendré par la famille ([S]_C)_S∈S. 00D9
  • Remarque 1 Soit SS(A) l’ensemble héréditaire des classes de A-modules semi-simples de longueur finie. D’après la prop. 7 de VIII, p. 186, le groupe de Grothendieck K(SS(A)) est un Z-module li… ↩ 1 00DA
  • Remarque 2 Soit K'(LF(A)) le groupe de Grothendieck de LF(A) pour les sommes directes (VIII, p. 184). Le théorème de Krull-Remak-Schmidt (VIII, p. 34) entraîne que K'(LF(A)) est un Z-module l… ↩ 2 00DB
  • Remarque 3 Soit E un A module de longueur finie. Il existe un A-module semi-simple de longueur finie E' tel que [E] = [E'] d’après c) et un tel module est défini à un isomorphisme près d’aprè… 00DC
  • Proposition 8 Soit A un anneau principal qui n’est pas un corps et soit L son corps des fractions. Il existe un isomorphisme φ : R(A)→ L^*/A^* tel que l’on ait ↩ 2 00DD
  • Remarque 4 Conservons les hypothèses et les notations de la prop. 8. Soient E un A-module de longueur finie et a₁A, . . . , aₙA ses facteurs invariants (VII, p.20). Comme E est isomorphe à ⨁ⁿ… 00DE
  • Remarque 5 Soit A un anneau de Dedekind qui n’est pas un corps (AC, VII, § 2, n^∘1). 00SI
  • Lemme 2 Soient M, M' des A-modules qui sont des espaces vectoriels de dimension finie sur K. Pour que les supports (VIII, p. 185) de M et M' soient disjoints, il faut et il suffit qu’il ex… ↩ 1 00DF
  • Théorème 1 L’homomorphisme u: R_K(A)→ R_L(A_(L))défini ci-dessus est injectif. Soit ξ un élément de R_K(A). Pour que ξ soit effectif il faut et il suffit que u(ξ )le soit. ↩ 6 00DG
  • Lemme 3 Soient S et T deux A-modules simples, de dimension finie sur K, non isomorphes. Les supports des A_(L)-modules S_(L) et T_(L) sont disjoints. 00DH
  • Proposition 9 Soient K un anneau commutatif, A une bigèbre sur K de coünité γ, et C un ensemble additif de classes de A-modules possédant les propriétés suivantes : ↩ 3 00DI
  • Remarque Sous les seules hypothèses (i) et (ii) de la prop. 9, le groupe de Grothendieck K'(C) pour les sommes directes (VIII, p. 184) possède une unique structure d’anneau dont la multipli… 00DJ
  • Corollaire Soit A une bigèbre de coünité γ sur un corps commutatif K. Il existe alors sur le groupe additif R_K(A)une unique structure d’anneau dont la multiplication satisfait à 00DK
  • Exemple 1 Soit K un corps commutatif. Soit G un groupe et soit K[G] l’algèbre du groupe G. Nous identifierons G à son image canonique dans K[G] (III, p. 19). ↩ 3 00DL
  • Exemple 2 Soient 𝔤 une algèbre de Lie sur un corps commutatif K, et U(𝔤) son algèbre 00DM
  • Proposition 10 Soit A un anneau commutatif et soit C un ensemble additif de classes de A-modules satisfaisant aux trois hypothèses suivantes : ↩ 1 00DN
  • Remarque Soit A un anneau semi-simple. Tout A-module est alors semi-simple et projectif (VIII, p. 134, prop. 4), d’où l’égalité 00DO
  • Exemple Si tout A-module projectif de type fini est libre, alors le rang définit un isomorphisme de K₀(A) sur Z. C’est en particulier le cas si A est un anneau principal (VII, p. 14, cor… 00DP
  • Proposition 11 a) La multiplicité [f_*(T) : S]du A-module simple S dans le A-module semi-simple f_*(T)est égale à la dimension de H considéré comme espace vectoriel à droite sur D. ↩ 1 00DQ
  • Corollaire (Réciprocité de Frobenius) Supposons que A et B soient des algèbres semi-simples de dimension finie sur un corps commutatif K et que f soit K-linéaire. Alors les K-espaces vectoriels S, T, D, E et H sont de… 00S7
  • Proposition 12 Soit B un anneau simple et soit A un sous-anneau simple de B. On suppose que B est un A-module à gauche de type fini. Soit M un B-module à gauche de type fini non nul. Posons A'= E… ↩ 2 00DR

§ 12. Produit tensoriel de modules semi-simples

  • Proposition 1 Soient M₁ un A₁-module et M₂ un A₂-module, tous deux non réduits à 0. Si le module M = M₁⊗ M₂ sur l’anneau A = A₁⊗ A₂ est simple (resp. isotypique, resp. semi-simple), le A₁-module… ↩ 2 00E6
  • Proposition 2 Soit S un module simple sur l’anneau A = A₁⊗ A₂ et de dimension finie sur K. Pour i∈ 1,2, il existe un Aᵢ-module simple Sᵢ tel que le Aᵢ-module S soit isotypique de type Sᵢ. Le A-m… ↩ 1 00E7
  • Théorème 1 Supposons le corps K algébriquement clos. ↩ 2 00E8
  • Remarque 1 L’assertion a) du th. 1 n’est plus vraie lorsque le corps K n’est pas supposé algébriquement clos. On peut donner des exemples (VIII, p. 221, exerc. 4) où Mᵢ est un Aᵢ-module simpl… 00E9
  • Remarque 2 Il existe un homomorphisme φ de R_K(A₁)⊗_ZR_K(A₂) dans R_K(A) caractérisé par la relation φ ([M₁]⊗ [M₂]) = [M₁⊗ M₂]. Cela se démontre comme la prop. 9 de VIII, p. 192. Si le corps… ↩ 1 00EA
  • Lemme 1 Soient M₁ et N₁ des A₁-modules et soient M₂ et N₂ des A₂-modules. On fait les hypothèses suivantes : ↩ 3 00RB
  • Théorème 2 Soient A₁ et A₂ des algèbres sur le corps commutatif K ; soit S₁ un A₁-module simple et soit S₂ un A₂-module simple. Soient D₁ et D₂ les commutants respectifs de S₁ et S₂. Posons M… ↩ 2 00EB
  • Corollaire 1 Le module S₁⊗ S₂ sur l’anneau A₁⊗ A₂ est semi-simple (resp. isotypique, resp. simple) si et seulement si l’anneau D = D₁⊗ D₂ est semi-simple (resp. simple, resp. un corps). En part… ↩ 2 00EC
  • Corollaire 2 On a ℜ_A(M) =ℜ(D)M. Pour que le A-module M soit sans radical, il faut et il suffit que l’anneau D soit sans radical. ↩ 2 00ED
  • Théorème 3 Soient Z₁ et Z₂ des algèbres commutatives semi-simples sur K. Le radical de l’anneau Z₁⊗ Z₂ est égal à l’ensemble des éléments nilpotents de cet anneau. ↩ 3 00EE
  • Proposition 3 On suppose que les algèbres A₁ et A₂ sont semi-simples, de centres respectifs Z₁ et Z₂. Posons Z = Z₁⊗ Z₂. ↩ 2 00EF
  • Corollaire Supposons que les algèbres A₁ et A₂ soient simples et que le centre Z₁ de A₁ soit réduit à K. Alors l’anneau A₁⊗ A₂ n’a pas d’idéal bilatère distinct de 0 et de lui-même. 00EG
  • Proposition 4 Pour i∈ 1,2, soient Aᵢ une K-algèbre, Mᵢ un Aᵢ-module semi-simple et Zᵢ le centre du commutant de Mᵢ. Posons A = A₁⊗ A₂, M = M₁⊗ M₂ et Z = Z₁⊗ Z₂. On a ℜ_A(M) =ℜ(Z)M. Si l’une des… ↩ 2 00EH
  • Lemme 2 Soient A₁ et A₂ des algèbres sur le corps commutatif K. Soient M₁ un A₁-module de dimension finie sur K et M₂ un A₂-module de longueur finie. Le A₁⊗ A₂-module M₁⊗ M₂ est de longueu… ↩ 1 00EI
  • Proposition 5 Soient A₁ et A₂ des algèbres sur le corps commutatif K. Soient M₁ un A₁-module semi-simple, de dimension finie sur K, et M₂ un A₂-module semi-simple. Pour i= 1,2, notons Dᵢ le comm… ↩ 3 00RC
  • Corollaire Si Z₁ ou Z₂ est une algèbre séparable sur le corps K (ce qui a lieu par exemple si K est parfait), le A-module M₁⊗ M₂ est semi-simple. 00EJ
  • Proposition 6 Soient A₁ et A₂ des K-algèbres non nulles. Si l’anneau A₁⊗ A₂ est simple (resp. semi-simple), alors les anneaux A₁ et A₂ sont simples (resp. semi-simples). ↩ 1 00EK
  • Proposition 7 Soient A₁ et A₂ des K-algèbres semi-simples, de centres respectifs Z₁ et Z₂. On suppose que A₁ est de degré fini sur K. Alors l’anneau A₁⊗ A₂ est artinien à gauche, ainsi que son c… ↩ 4 00EL
  • Corollaire 1 Soient A₁ et A₂ des K-algèbres semi-simples ; on suppose que A₁ est de dimension finie sur K. Supposons que le centre de A₁ ou celui de A₂ soit une algèbre séparable sur K, ce qui… ↩ 1 00EM
  • Corollaire 2 Soient A₁ et A₂ des K-algèbres simples ; on suppose que A₁ est de dimension finie sur K. Si le centre de A₁ ou celui de A₂ est égal à K, alors l’algèbre A₁⊗ A₂ est simple. C’est en… ↩ 8 00RD
  • Proposition 8 Soient A une K-algèbre, M un A-module et L une extension du corps K. Notons D le commutant de M et Z le centre de D. ↩ 5 00EN
  • Corollaire 1 a) Supposons que le A-module M soit semi-simple, que l’extension L de K soit séparable et que M ou L soit de dimension finie sur K. Alors le A_(L)-module M_(L) est semi-simple. ↩ 2 00EO
  • Corollaire 2 Soit L une extension du corps K. Notons Z le centre de la K-algèbre A. 00RE
  • Proposition 9 Soient A une K-algèbre et L une extension séparable de K. ↩ 1 00EP
  • Proposition 10 Soient A une K-algèbre et L une extension de K. Soit M un A-module. ↩ 1 00EQ
  • Corollaire Soit L une extension séparable de K. On a ℜ(A_(L)) =ℜ(A)_(L) si L est algébrique sur K ou si l’anneau A est artinien à gauche. 00ER

§ 13. Algèbres absolument semi-simples

  • Définition 1 Soient K un corps commutatif et A une K-algèbre. On dit qu’un A-module M est absolument semi-simple si le A_(L)-module M_(L) est semi-simple pour toute extension L de K. 00F9
  • Proposition 1 Soit K un corps commutatif et soit A une K-algèbre. ↩ 3 00FA
  • Proposition 2 Soient K un corps commutatif, A une K-algèbre et M un A-module de dimension finie sur K. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 00FB
  • Lemme 1 Soit D un corps et soit Z son centre. Notons p l’exposant caractéristique de Z. On suppose que pour tout élément a de D, il existe un entier mgeqslant 0tel que a^pᵐ appartienne à Z… ↩ 2 00FC
  • Proposition 3 Soit K un corps séparablement clos (V, p. 43, déf. 4) et soit D une algèbre de degré fini sur K qui est un corps. Alors D est commutative. ↩ 3 00FD
  • Corollaire Soient K un corps séparablement clos et A une algèbre semi-simple de degré fini sur K. Il existe alors un entier rgeqslant 0, des entiers strictement positifs n₁, . . . , nᵣ et des… 00FE
  • Définition 2 Soit K un corps commutatif. On dit qu’une K-algèbre A est absolument semi-simple si l’anneau A_(L) est semi-simple pour toute extension L de K. 00FF
  • Théorème 1 Soient K un corps commutatif et A une K-algèbre. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 5 00FG
  • Lemme 2 Soient L un corps algébriquement clos et D un corps contenant L dans son centre. Si D est distinct de L, il existe une extension L' de L telle que l’anneau D⊗_LL' ne soit pas artin… ↩ 1 00FH
  • Lemme 3 Soient A une K-algèbre absolument semi-simple et L une extension algébriquement close de K. Alors l’algèbre A_(L) est isomorphe à un produit d’un nombre fini d’algèbres de matrices… 00FI
  • Lemme 4 Soient A et B des algèbres sur le corps K, possédant des systèmes générateurs finis ; soit K' une extension de K. Si les K'-algèbres A_(K') et B_(K') sont isomorphes, il existe une… ↩ 1 00FJ
  • Corollaire 1 Soient K un corps commutatif, A₁ et A₂ des K-algèbres. On suppose que A₁ est absolument semi-simple. ↩ 3 00FK
  • Corollaire 2 Soit K un corps séparablement clos et soit A une K-algèbre absolument semi-simple. Il existe alors un entier rgeqslant 0et des entiers strictement positifs n₁, . . . , nᵣ tels que… 00FL
  • Exemple Pour qu’une K-algèbre commutative soit absolument semi-simple, il faut et il suffit qu’elle soit étale (V, p. 28, déf. 1) : cela résulte de la définition et de l’équivalence des co… 00FM
  • Proposition 4 Soient K un corps commutatif et A une K-algèbre. ↩ 1 00FN
  • Corollaire Soient K un corps commutatif, A₁ et A₂ des K-algèbres, M₁ un A₁-module absolument semi-simple, M₂ un A₂-module semi-simple. Alors M₁⊗_KM₂ est un module semi-simple sur l’anneau A₁⊗… 00RF
  • Proposition 5 Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 7 00FO
  • Remarque 1 Soit e=∑ʳᵢ₌₁aᵢ⊗ a'ᵢ un élément de B. Les conditions (ii) de la prop. 5 se traduisent par les formules ↩ 1 00FP
  • Remarque 2 Soit K un anneau commutatif, soit A une K-algèbre et soit M un A-module. Le groupe End_K(M) est muni d’une structure de (A, A)-bimodule définie par ↩ 1 00FQ
  • Théorème 2 Soient K un corps commutatif, A une K-algèbre. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 3 00RG
  • Remarque 3 On sait (VIII, p. 230, cor. 1) que le produit tensoriel de deux algèbres absolument semi-simples sur un corps commutatif est absolument semi-simple. Par suite, si l’algèbre A est a… 00FR
  • Proposition 6 Soient K un anneau commutatif et A une K-algèbre. Soit e= ∑ʳᵢ₌₁aᵢ⊗ a'ᵢ un élément de B = A⊗_KAᵒ vérifiant les conditions (ii) de la prop. 5 de VIII, p. 232. Pour tout entier ngeqsl… ↩ 2 00FS
  • Remarque 1 Les morphismes ∂ₙ: Cⁿ(A,P)→ Cⁿ⁺¹(A,P) définissent 00SF
  • Lemme 5 On a la relation 00FT
  • Théorème 3 Soient K un anneau commutatif, A une K-algèbre et P un (A,A)-bimodule. On suppose que le (A⊗_KAᵒ)-module A est projectif. On a alors Hⁿ(A,P) = 0pour tout entier ngeqslant 1. ↩ 3 00FU
  • Corollaire Toute K-dérivation de A dans P est intérieure. 00FV
  • Remarque 2 Les hypothèses du th. 3 sont notamment vérifiées lorsque K est un corps et A une K-algèbre absolument semi-simple (VIII, p. 233, th. 2). 00FW
  • Remarque 3 Supposons que le K-module A soit projectif. Le théorème 3 peut aussi se 00FX
  • Proposition 7 Supposons que le (A⊗_KoverlineAᵒ)-module A soit projectif. ↩ 1 00FY
  • Corollaire 1 (théorème de Wedderburn) Soient K un corps commutatif, A une K-algèbre, 𝔯 le radical de A. On suppose que la K-algèbre A/𝔯 est absolument semi-simple. ↩ 3 00S8
  • Corollaire 2 Soit A une algèbre commutative de degré fini sur un corps parfait K et soit 𝔯 son radical. Il existe une unique sous-algèbre S de A telle que A = S⊕ 𝔯. De plus, S est isomorphe au… 00FZ
  • Remarque 1 L’hypothèse que A/𝔯 est absolument semi-simple est essentielle dans le cor. 1 (VIII, p. 242, exerc. 4). 00G0
  • Remarque 2 Supposons que A soit une algèbre artinienne sur le corps K. Si A est commutative, on peut montrer (VIII, p. 176, exerc. 9) que A est isomorphe à un produit d’algèbres A₁× ⋯ × Aₙ te… 00G1

§ 14. Algèbres centrales et simples

  • Définition 1 On dit qu’une algèbre A sur le corps K est centrale si l’application λ → λ 1est une bijection de K sur le centre de A. 00GE
  • Remarque 1 Soient A et B des K-algèbres. Si l’algèbre A⊗_KB est centrale et simple, il en est de même de A et B (III, p. 41, cor. de la prop. 6 et VIII, p. 217, prop. 6). Réciproquement, si l… ↩ 2 00GF
  • Remarque 2 Soit A une K-algèbre et soit L une extension du corps K. Si la L-algèbre A_(L) est centrale et simple, alors la K-algèbre A est centrale et simple. Réciproquement, si l’un des degr… ↩ 2 00GG
  • Remarque 3 Soient A et B des K-algèbres équivalentes au sens de Morita. L’algèbre A est centrale simple si et seulement s’il en est de même de B (VIII, p. 101, prop. 6, p. 106, cor. et p. 98… 00GH
  • Remarque 4 En particulier, si A est une K-algèbre centrale et simple et si ngeqslant 1, alors Mₙ(A) est une K-algèbre centrale et simple (VIII, p. 98, exemple 1). ↩ 1 00GI
  • Théorème 1 Soit A une K-algèbre de degré fini. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 14 00GJ
  • Corollaire 1 Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur un corps séparablement clos K. Il existe un entier ngeqslant 1tel que A soit isomorphe à l’algèbre de matrices Mₙ(K). ↩ 1 00GK
  • Corollaire 2 Soit A une algèbre centrale, simple, et de degré fini sur K (par exemple, un corps de centre K et de degré fini sur K). Il existe un entier ngeqslant 1tel que [A : K] =n². 00GL
  • Remarque 5 Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K, dont le degré réduit est un nombre premier ℓ. Alors A est un corps ou A est isomorphe à M_ℓ(K). En effet, A est isomorph… 00GM
  • Lemme 1 Soient f et g des homomorphismes de B dans A. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 3 00GN
  • Lemme 2 Supposons que B soit un anneau semi-simple et un module de type fini sur son centre Z. Soient M et N des (B,A)-bimodules. Supposons-les de longueur finie (ce qui a lieu en particul… ↩ 3 00GO
  • Remarque Il résulte de la démonstration du lemme 2 que M et N sont des (Z,A)-bimodules de longueur finie. Par conséquent, si B et A sont deux anneaux semi-simples qui sont des modules de ty… 00GP
  • Théorème 2 Soient B un anneau semi-simple et Z son centre ; on suppose que B est un Z-module de type fini. Soit A un anneau artinien à droite et soient f et g des homomorphismes d’anneaux de… ↩ 3 00GQ
  • Corollaire Soient A et B des algèbres sur le corps K. On suppose que B est centrale, simple et de degré fini et que A est artinienne à droite. Soient f et g des homomorphismes de K-algèbres d… 00GR
  • Théorème 3 (Skolem-Noether) Soient A et B des K-algèbres simples, Z(A) et Z(B) leurs centres. On suppose que l’algèbre B est de degré fini sur K, et que l’algèbre Z(A)⊗_KZ(B)est un corps (ce qui a lieu en par… ↩ 1 00S9
  • Corollaire 1 Soit A une algèbre centrale et simple sur K, et soit L une extension de degré fini de K. Si f et g sont des homomorphismes de K-algèbres de L dans A, il existe un automorphisme int… ↩ 1 00GS
  • Corollaire 2 Soit A une algèbre centrale et simple sur K et soit L une sous-algèbre de A qui est un corps. Tout homomorphisme de K-algèbre de L dans A se prolonge en un automorphisme intérieur… ↩ 1 00GT
  • Corollaire 3 Soit D un corps, de centre K, et de degré fini sur K. Tout élément de D est algébrique sur K. Soient x et y des éléments de D ; pour qu’il existe un élément a de D^* tel que y=axa⁻… 00GU
  • Proposition 1 Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit B une K-algèbre, soient f et g des homomorphismes d’algèbres de B dans A. Les conditions suivantes sont équivalente… ↩ 2 00GV
  • Théorème 4 Soient A un anneau semi-simple, Z son centre et u un automorphisme de A. On suppose que A est un Z-module de type fini et que l’on a u(z) =z pour tout z dans Z. Alors u est un auto… ↩ 2 00GW
  • Exemple Le th. 4 s’applique dans les deux cas particuliers suivants : 00RH
  • Proposition 2 Soient L un anneau commutatif et V un L-module libre de dimension finie m. On suppose que tout L-module M tel que Mᵐ soit isomorphe à Lᵐ est isomorphe à L. Alors tout automorphisme… 00GX
  • Théorème 5 Soit A une K-algèbre centrale et simple et soit B une sous-algèbre de A, semi-simple et de degré fini sur K. ↩ 6 00GY
  • Théorème 6 Soient A une K-algèbre centrale et simple, B une sous-algèbre de degré fini de A et B' son commutant dans A. ↩ 2 00GZ
  • Corollaire Supposons que le corps K soit algébriquement clos et que A soit une algèbre simple et de degré fini sur K. Soit B une sous-algèbre simple de A et soit B' le commutant de B dans A… 00H0
  • Lemme 3 Soient A une K-algèbre et L une sous-algèbre de A. ↩ 6 00H1
  • Proposition 3 Soit A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini et soit L une sous-algèbre commutative semi-simple de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 10 00H2
  • Corollaire Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K et soit L une K-algèbre commutative semi-simple telle que [A : K] soit égal à [L : K]²;soient f et g des homomorphismes i… 00H3
  • Lemme 4 Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K, distincte de K. Il existe une sous-algèbre étale (V, p. 28, déf. 1) de A, distincte de K. ↩ 1 00H4
  • Proposition 4 Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit L une sous-algèbre de A et soit L' le commutant de L dans A. ↩ 2 00H5
  • Corollaire 1 Soit A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini. Toute sous-algèbre semi-simple (resp. étale) commutative de A est contenue dans une sous-algèbre commutative maximale de A q… ↩ 2 00H6
  • Corollaire 2 Soit D un corps de centre K et de degré fini sur K. ↩ 6 00H7
  • Proposition 5 Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit B une sous-algèbre semi-simple de A et soit B' le commutant de B. 00H8
  • Proposition 6 Soit L la sous-algèbre diagonalisable de End_D(V)associée à une décomposition en somme directe V =⊕_i∈ IVᵢ. ↩ 1 00H9
  • Proposition 7 Soit L une algèbre commutative de degré fini sur K. Les assertions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 00HA
  • Théorème 7 Soient A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini, et L une sous-algèbre de A. Les conditions suivantes sont équivalentes : 00HB

§ 15. Groupes de Brauer

  • Proposition 1 L’ensemble C_K, muni de la loi de composition donnée par (α , β )→ cl(α ⊗_Kβ ), est un monoïde commutatif. L’élément neutre de C_K est la classe ε de la K-algèbre K. De plus, si A… 00HV
  • Lemme 1 Soient A une K-algèbre de degré fini et D un corps de degré fini sur K. Pour que l’on ait [A] = [D] dans M_K, il faut et il suffit qu’il existe un entier ngeqslant 1 tel que A soit… ↩ 4 00HW
  • Proposition 2 L’ensemble Br(K) est l’ensemble des éléments inversibles de M_K, l’inverse d’un élément [A] de Br(K) étant [Aᵒ]. Par suite, la loi de composition du monoïde M_K munit Br(K) d’une s… 00HX
  • Définition 1 Le groupe commutatif Br(K) est appelé le groupe de Brauer du corps K. 00HY
  • Lemme 2 Soient I et J des ensembles finis, k un anneau commutatif, A et B des k-algèbres. Notons M_I(A)la k-algèbre des matrices carrées de type (I,I)à éléments dans A et définissons de ma… ↩ 1 00HZ
  • Proposition 3 Soient A et B des K-algèbres centrales, simples et de degré fini. Les propriétés suivantes sont équivalentes : ↩ 2 00I0
  • Corollaire Soient A et B des algèbres centrales, simples et de degré fini sur K. Pour que A et B soient isomorphes, il faut et il suffit qu’elles soient semblables et de même degré. 00I1
  • Proposition 4 Soit K_K l’ensemble des classes de K-algèbres centrales de degré fini qui sont des corps. L’application D→ [D]de K_K dans Br(K) est bijective. 00I2
  • Proposition 5 Soit A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini et soit L une extension de degré fini de K. Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 4 00I3
  • Lemme 3 Soit A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini et soit L une extension de degré fini de K qui déploie A. Soit V un A_(L) module simple, si bien que le morphisme naturel φ… ↩ 2 00I4
  • Corollaire 1 Soient A une K-algèbre centrale, simple et de degré fini, et L une extension de degré fini de K. Supposons que [A : K] = [L : K]². Pour que L déploie A, il faut et il suffit que A… 00I5
  • Corollaire 2 Soient D un corps de centre K et de degré fini sur K, et L une extension de degré fini de K déployant D. Le degré réduit de D divise [L : K]. ↩ 2 00I6

§ 16. Autres descriptions du groupe de Brauer

  • Lemme 1 La relation 00I9
  • Exemple 1 Le produit semi-direct externe (F×_τG, i, p) (I, p. 64, prop. 3) est une τ-extension qu’on notera I_τ. On dira qu’une τ-extension est semi-triviale si elle est isomorphe à la τ-ext… 00IA
  • Exemple 2 Pour i∈ 1,2, on se donne un groupe Gᵢ, un groupe abélien Fᵢ et un homomorphisme de groupes τᵢ de Gᵢ dans le groupe des automorphismes de Fᵢ. On note τ₁× τ₂: G₁× G₂→ Aut(F₁× F₂) l’h… 00IB
  • Proposition 1 Le diagramme ↩ 1 00IC
  • Lemme 2 Soit F'₁ un groupe abélien et soient w : F'₁ → F et τ₁ : G' → Aut(F'₁) des homomorphismes de groupes tels que w(τ₁(g)(f)) = τ(u(g))(w(f)) ↩ 2 00ID
  • Corollaire 1 Soient E₁ et E₂ des τ-extensions de G par F et soit ψ un morphisme de τ-extensions de E₁ dans E₂. Notons φ₁ (resp. φ₂) l’homomorphisme canonique pour u^*(E₁) (resp. u^*(E₂)). Alors… ↩ 1 00IE
  • Corollaire 2 Soit u' : G'' → G' un homomorphisme de groupes et soit E une τ-extension de G par F. Posons τ'' = τ' ∘ u' et notons φ (resp. φ', φ'') l’homomorphisme canonique associé à la τ'-exte… ↩ 1 00IF
  • Exemple Soit H un sous-groupe de G et j : H → G l’injection canonique. Alors pour toute τ-extension E = (Γ, ι, π), la τ ∘ j-extension j^*(E) est isomorphe à (barπ¹(H), ι', π') où ι' : F →… 00RI
  • Proposition 2 Avec les notations qui précèdent, le diagramme ↩ 4 00IG
  • Lemme 3 Soit G'₁ un groupe et soient w : G → G'₁ et τ₁ : G'₁ → Aut(F') des homomorphismes de groupes tels que τ' = τ₁ ∘ w. Soit E'₁ = (Γ'₁, ι'₁, π'₁) une τ₁-extension de G'₁ par F' et soit… ↩ 1 00IH
  • Remarque Notons Σ l’espèce de structure de τ'-extension et définissons les α-applications comme les applications de Γ dans un groupe Γ' sous-jacent à une τ'-extension qui sont des homomorph… 00II
  • Corollaire 1 Soient E₁ et E₂ des τ-extensions de G par F et soit ψ un morphisme de τ-extensions de E₁ dans E₂. Notons φ₁ (resp. φ₂) l’homomorphisme canonique pour v_*(E₁) (resp. v_*(E₂)). Alors… ↩ 1 00IJ
  • Corollaire 2 On conserve les notations de la proposition. Soit F'' un groupe abélien et soient τ'' : G → Aut(F'') et v' : F' → F'' des homomorphismes de groupes tels que τ''(g).v'(f) = v'(τ'(g)… ↩ 1 00RJ
  • Exemple 1 Soit j : 1 → F l’injection canonique. L’extension semi-triviale I_τ est isomorphe à j_*((G, i, Id_G)) où i : e → G est l’injection canonique. Soit c : F → F l’homomorphisme constan… ↩ 1 00IK
  • Exemple 2 Soit E un sous-groupe de F stable pour l’action de G. Notons F' le quotient de F par E, v : F → F' l’homomorphisme canonique et τ' : G → Aut(F') l’action de G sur F' caractérisée p… 00IL
  • Proposition 3 Soient G et G' des groupes. Soient F et F' des groupes abéliens. Soient τ : G → Aut(F), τ' : G → Aut(F'), u : G' → G et v : F → F' des homomorphismes de groupes tels que τ'(g).v(f)… ↩ 1 00IM
  • Remarque Soient E₁ = (Γ₁, ι₁, π₁) et E₂ = (Γ₂, ι₂, π₂) des τ-extensions de G par F. Soit E₁ E₂ = (Γ, ι, π) le produit de ces extensions. Compte tenu de l’exemple de VIII, p. 284, la constru… 00IN
  • Proposition 4 Le produit des τ-extensions munit l’ensemble Ex_τ(G, F) d’une structure de groupe abélien. Son élément neutre est la classe de l’extension semi-triviale I_τ. L’inverse de la classe… 00IO
  • Proposition 5 a) Soient G et G' des groupes. Soit F un groupe abélien. Soient τ : G → Aut(F) et u : G' → G des homomorphismes de groupes. L’application u^* : Ex_τ(G, F) → Ex_τ ou(G', F) est un h… 00IP
  • Proposition 6 L’application c_σ est un élément du groupe Z²(G,F)et sa classe dans le groupe de cohomologie H²(G,F)ne dépend que de la classe de la τ-extension E. On l’appelle la classe de cohomo… 00IQ
  • Théorème 1 L’application Θ est un isomorphisme de groupes de Ex_τ(G,F)sur H²(G,F). 00IR
  • Remarque Soit G un groupe, soient F et F' des groupes abéliens, soit τ (resp. τ ') un homomorphisme de groupes de G dans le groupe des automorphismes de F (resp. F') et soit v: F→ F' un mor… 00RK
  • Proposition 7 Avec les notations qui précèdent, le diagramme 00IS
  • Lemme 4 Si c : H × H → F est un 2-cocycle de H à valeurs dans F, alors tildecₛ est un 2-cocycle de G à valeurs dans F. 00IT
  • Lemme 5 Si c est un 2-cobord, alors il en est de même de widetildecₛ. 00IU
  • Lemme 6 Soit c un 2-cocycle de H à valeurs dans F. L’image de widetildecₛ dans le groupe H²(G,F)ne dépend pas du choix de la section s. 00IV
  • Proposition 8 Soit H un sous-groupe d’indice fini de G. L’endomorphisme Corᴳ_H∘ Resᴳ_H du groupe H²(G,F)coïncide avec la multiplication par l’indice (G : H). ↩ 1 00IW
  • Lemme 7 a) Soit S une partie de G telle que tout élément de G s’écrive de manière unique sous la forme hs avec h∈ Het s∈ S. Alors l’application envoyant f sur (f(s))_s∈ S est un isomorphis… ↩ 3 00IX
  • Remarque 1 Soient G un groupe, H un sous-groupe de G et N un sous-groupe de H. Soit E une (K, N)-algèbre. Soit α un élément de F_H(G,F_N(H,E)). On a la relation 00IY
  • Lemme 8 a) Pour tout g∈ G, tout σ ∈ O et tout 𝔪∈ σ, ↩ 2 00RL
  • Lemme 9 Le morphime u est surjectif de noyau 𝔞_σ. L’application déduite de u par passage au quotient est un isomorphisme de (K,G)-algèbres de L_σ sur F_𝔪. ↩ 1 00IZ
  • Lemme 10 Soit L une (K,G)-algèbre qui est étale sur K. L’application ψ de L_(Ω ) dans F(H,Ω )caractérisée par la relation ↩ 1 00J0
  • Théorème 2 Soit G un groupe fini et soit L une K-algèbre commutative, de degré fini et réduite munie d’une action de G donnée par un homomorphisme injectif λ de G dans Aut_K(L). Alors, les co… ↩ 9 00J1
  • Remarque 2 Dans le théorème 2, on peut remplacer l’hypothèse que Ω est algébriquement clos par l’hypothèse que Ω est séparablement clos. En effet, si L est étale, l’image de tout homomorphism… 00J2
  • Remarque 3 Le théorème de la base normale (V, p. 70, th. 6) est un cas particulier de l’implication (i)⇒(iv) dans le théorème 2. 00J3
  • Définition 1 Soit G un groupe fini et soit L une algèbre commutative, non nulle, et de degré fini sur K, munie d’une structure de (K,G)-algèbre, l’action de G étant donnée par un homomorphisme… 00J4
  • Remarque 4 Supposons que L soit une extension de K munie d’une action λ de G. Alors L est une algèbre galoisienne sur K si et seulement si L est une extension galoisienne de K et λ un isomorp… 00J5
  • Remarque 5 Supposons que le groupe G soit commutatif. Si G opère fidèlement et transitivement sur un ensemble X, le stabilisateur de tout point de X est réduit à l’identité (car les stabilisa… 00J6
  • Remarque 6 D’après V, p. 72, lemme 5, V, p. 73, prop. 12 et VIII, p. 133, prop. 3, une algèbre galoisienne est commutative et semi-simple. ↩ 1 00J7
  • Exemple 1 Soit n un entier strictement positif, étranger à l’exposant caractéristique de K. On suppose que le groupe μₙ des racines n-èmes de l’unité dans K est d’ordre n. Pour tout diviseur… 00J8
  • Exemple 2 Supposons maintenant que le corps K soit de caractéristique pnot= 0. Soit c un élément de K. Le polynôme f= Xᵖ-X-c est étranger à sa dérivée f'=-1, l’algèbre L = K[X]/(f) est donc… 00J9
  • Proposition 9 Soit G un groupe fini, soit H un sous-groupe de G et soit E une algèbre galoisienne de groupe H sur le corps K. Alors la (K,G)-algèbre Coïndᴳ_H(E) déduite de E par coïnduction de H… 00JA
  • Proposition 10 Soit G un groupe fini. Soit L une algèbre galoisienne de groupe G sur le corps K et soit K' une extension de K. Alors la (K',G)-algèbre L_(K') est une algèbre galoisienne sur K'. ↩ 1 00JB
  • Proposition 11 Soient G₁ et G₂ des groupes. Soient L₁ et L₂ des algèbres galoisiennes sur K d’actions respectives λ₁: G₁→ Aut_K(L₁)et λ₂: G₂→ Aut_K(L₂). Posons L = L₁⊗_KL₂, G = G₁× G₂ et λ (g₁, g… ↩ 1 00JC
  • Lemme 11 Soient G₁ et G₂ des groupes et soient W₁ et W₂ des K-espaces vectoriels. On munit W₁ (resp. W₂)d’une action de G₁ (resp. G₂)donnée par un homomorphisme de groupes ρ₁: G₁→ Aut_K(W₁)… ↩ 1 00JD
  • Remarque ☡ Soit L une extension galoisienne de degré fini du corps K et soit G son groupe de Galois ; notons λ l’application identique de G. Alors L muni de λ est une algèbre galoisienne de… 00JE
  • Proposition 12 Soient B une K-algèbre, u': L→ Bun homomorphisme de K-algèbres et v': Γ → B^* un homomorphisme de groupes. On suppose vérifiées les relations ↩ 2 00JF
  • Remarque Soit σ : G→ Γ une section de l’application π. Posons ε_g=v(σ (g)) pour tout g de G et notons c_σ le 2-cocycle associé à σ (VIII, p. 291). En particulier 00JG
  • Proposition 13 Il existe un isomorphisme de K'-algèbres φ de A[E; L]_(K') dans A[E'; L'], et un seul, qui satisfasse aux relations 00JH
  • Théorème 3 Soit E= (Γ , ι , π )une τ-extension de G par L^*. L’algèbre A[E; L] est simple, centrale et de rang n² sur K. De plus, l’homomorphisme canonique u de L dans A[E; L]est un isomorphi… ↩ 1 00JI
  • Lemme 12 a) Il n’existe aucun idéal de L, autre que 0 et L, qui soit invariant par G. 00JJ
  • Théorème 4 Soit A une algèbre simple et centrale, de rang fini sur K et soit L une sous-algèbre commutative maximale de A. Alors il existe une τ-extension E de G par L^* telle que A soit isom… ↩ 1 00JK
  • Définition 2 Soit S l’ensemble des idéaux maximaux de L. On définit 00JL
  • Théorème 5 Il existe un isomorphisme de groupes 00JM
  • Remarque 1 Si L est une algèbre étale sur K et G le groupe des automorphismes de L, il n’est pas toujours vrai que l’algèbre A[E; L] soit simple et centrale (par exemple, on peut prendre L =… 00JN
  • Remarque 2 On peut calculer comme suit un 2-cocycle c associé à une algèbre A déployée par une extension galoisienne finie L de groupe G. Tout d’abord, il existe un K-homomorphisme φ : A → Mₘ… 00JO
  • Corollaire L’application Φ_L/K = Θ ∘ Ψ⁻¹ définit un isomorphisme de groupes de Br(L/K) sur H²(G, L^*). 00JP
  • Proposition 14 Le diagramme ↩ 1 00JQ
  • Théorème 6 Soit K un corps commutatif et soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit L une extension séparable de degré fini de K qui déploie l’algèbre A. Alors [L : K][A… ↩ 2 00JR
  • Corollaire 1 L’exposant d’une algèbre centrale simple et de degré fini sur un corps commutatif divise son indice. 00JS
  • Corollaire 2 Soit K un corps commutatif et soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit p un nombre premier. Si p divise l’indice de A, alors il divise l’exposant de A. ↩ 1 00JT
  • Corollaire 3 Soit K un corps parfait de caractéristique p et soit A une algèbre centrale et simple de degré fini sur K, alors p ne divise pas l’indice de A. ↩ 1 00JU
  • Remarque En considérant des produits tensoriels d’algèbres de quaternions, il est possible de construire des corps de centre K d’exposant 2 et d’indice arbitrairement grand (cf. VIII, p. 36… 00JV

§ 17. Normes et traces réduites

  • Proposition 1 Soient L un anneau commutatif, M un L-module libre de dimension finie mgeqslant 1et u un endomorphisme de M. Il existe un endomorphisme widetildeu de M, et un seul, satisfaisant à… ↩ 2 00KD
  • Lemme 1 Soit p un entier tel que 0leqslant pleqslant m. Pour tout w dans ∧ᵖ(M), soit hₚ(w)l’application linéaire w'→ w∧ w' de ∧ᵐ⁻ᵖ(M)dans ∧ᵐ(M). L’application linéaire hₚ:w→ hₚ(w)de ∧ᵖ(M)d… 00KE
  • Remarque 1 L’endomorphisme widetildeu de M coïncide avec celui que nous avons appelé le cotransposé de u en III, p. 99. 00KF
  • Remarque 2 Des formules (1), (2), (4) et (6), on déduit la relation χᵤ(u) = 0, d’où une autre démonstration du théorème de Hamilton-Cayley (III, p. 107). ↩ 1 00KG
  • Remarque 3 Comme l’application cᵣ de End(M) dans L est polynomiale homogène de degré r pour 0leqslant rleqslant m-1, il résulte de la formule (6) que l’application u→ widetildeu de End(M) dan… 00KH
  • Proposition 2 Soient a un élément de A et Pc(a; X)son polynôme caractéristique. Il existe un polynôme unitaire P dans K[X], et un seul, tel que l’on ait Pc(a; X) = P(X)ⁿ. 00KI
  • Lemme 2 Soient P et Q des polynômes unitaires de K[X] et s un entier strictement positif. Si l’on a Pˢ= Qˢ, on a P = Q. ↩ 5 00KJ
  • Définition 1 Soit a un élément de l’algèbre A. On appelle polynôme caractéristique réduit de a (relativement à A) l’unique polynôme unitaire de K[X], que l’on note Pcrd_A/K(a; X), qui satisfait… ↩ 1 00RM
  • Définition 2 On dit que Trd_A/K(a)est la trace réduite de a et Nrd_A/K(a)sa norme réduite (relativement à la K-algèbre A). ↩ 2 00KK
  • Proposition 3 Pour qu’un élément a de A soit inversible, il faut et il suffit que sa norme réduite soit non nulle. En particulier, A est un corps si et seulement si l’on a Nrd_A/K(a)not= 0pour t… ↩ 2 00KL
  • Remarque Soit L le corps K(X) des fractions rationnelles en une indéterminée X. Le polynôme caractéristique réduit d’un élément a de A n’est autre que la norme réduite de l’élément X⊗ 1-1⊗… 00KM
  • Exemple 1 D’après le th. 1 de VIII, p. 116, il existe un entier rgeqslant 1 et un corps D tels que A soit isomorphe à Mᵣ(D); soit d le degré réduit de D sur K ; on a r=n/d. Soit M un A-modul… 00RN
  • Exemple 2 Considérons le cas particulier où A est l’algèbre End_K(V) des endomorphismes d’un K-espace vectoriel V de dimension finie sur K. Prenant pour M le A-module simple V, on obtient le… ↩ 1 00RO
  • Proposition 4 Soient L une extension de K et a un élément de l’algèbre centrale et simple A. On a les relations ↩ 2 00KN
  • Corollaire 1 Soient L une extension de K, V un espace vectoriel de dimension n sur L et θ un homomorphisme de K-algèbres de A dans End_L(V). Pour tout élément a de A, on a ↩ 4 00KO
  • Corollaire 2 Soient a et a' des éléments de A et λ un élément de K. On a les relations 00KP
  • Corollaire 3 Soit Aᵒ l’algèbre opposée de A. Pour tout a dans A, on a 00RP
  • Proposition 5 Pour tout x dans A, soit tₓ la forme linéaire y→ Trd_A/K(xy) sur A. ↩ 2 00KQ
  • Corollaire Le sous-espace vectoriel de A engendré par les éléments de la forme xy-yx, où x et y parcourent A, est un hyperplan, noyau de la forme linéaire non nulle Trd_A/K. 00KR
  • Remarque D’après la formule (23) de VIII, p. 334, on a 00KS
  • Lemme 3 Soient L une extension de K, I un ensemble, T = (Tᵢ)_i∈ I une famille d’indéterminées. On a K(T)∩ L[T] = K[T]. ↩ 1 00KT
  • Proposition 6 Pour tout entier r tel que 0leqslant rleqslant n, l’application bᵣ de A dans K est polynomiale homogène de degré r. En particulier, la norme réduite est une application polynomiale… ↩ 2 00KU
  • Lemme 4 Soit u l’élément ∑_i∈ ITᵢ⊗ eᵢ de la K(T)-algèbre centrale et simple A_(K(T)). Soit P le polynôme caractéristique réduit de cet élément u. Alors P appartient à l’anneau K[T][X];cons… ↩ 1 00KV
  • Lemme 5 Pour toute extension K' de K et tout élément (tᵢ)_i∈ I de K'ᴵ, on a ↩ 1 00KW
  • Remarque Soit K' une K-algèbre commutative. Tout élément t de A_(K') s’écrit sous la forme ∑_i∈ Itᵢ⊗ eᵢ, avec (tᵢ)∈ K'ᴵ. Il ressort de la démonstration du lemme 5 que le polynôme caractéris… 00KX
  • Proposition 7 Soient L une sous-algèbre semi-simple commutative maximale de A et a un élément de L. On a ↩ 1 00KY
  • Corollaire Soit D un corps de centre K, et de degré fini sur K. Soient a un élément de K et L un sous-corps commutatif maximal de D contenant a. On a 00KZ
  • Proposition 8 Soit B une sous-algèbre simple de A. Notons L le centre de B et B' le commutant de B dans A. Alors B' est une algèbre centrale et simple sur le corps L ; notons r son degré réduit… ↩ 2 00L0
  • Lemme 6 Soient K' une algèbre commutative de degré fini d sur K et 00L1
  • Proposition 9 Soit V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie. Soit E l’algèbre End_D(V)sur le corps K ; elle est centrale, simple et de degré fini. Pour tout élément inve… 00L2
  • Remarque On a Nrd_E/K(u) = 0 si l’élément u de E n’est pas inversible (VIII, p. 334, prop. 3). 00L3

§ 18. Algèbres simples sur un corps fini

  • Théorème 1 (Chevalley-Warning) Soit K un corps commutatif fini, de caractéristique p. Soient n un entier geqslant 1et (fᵢ)_i∈ I une famille finie d’éléments non nuls de K[X₁, . . . ,Xₙ]. Notons Z l’ensemble des… ↩ 2 00SA
  • Lemme 1 Soient L un corps, G un groupe fini et χ un homomorphisme non trivial de G dans le groupe multiplicatif L^*. On a ∑_x∈ Gχ (x) = 0. ↩ 1 00LB
  • Lemme 2 Soit q le cardinal de K. Pour tout entier mgeqslant 0, posons Sₘ = ∑_x∈ Kxᵐ. On a Sₘ=-1si m est un multiple non nul de q-1et Sₘ= 0dans les autres cas. 00LC
  • Corollaire Soient V un espace vectoriel de dimension finie n sur K, I un ensemble fini, et pour chaque i∈ I, soit Fᵢ: V→ Kune application polynomiale homogène de degré dᵢ>0. Si l’on a ∑_i∈ Id… 00LD
  • Théorème 2 (Wedderburn) Tout corps fini est commutatif. ↩ 4 00SB
  • Corollaire 1 Tout anneau simple fini est isomorphe à un anneau de matrices Mₙ(L)où n est un entier strictement positif et L un corps commutatif fini. 00LE
  • Corollaire 2 Soit K un corps commutatif fini. Toute algèbre simple centrale sur K est isomorphe à une algèbre de matrices Mₙ(K)où n est un entier strictement positif. ↩ 2 00LF
  • Remarque 1 Voici une autre démonstration du théorème 2. Soit D un corps fini, soit K son centre et soit L un sous-corps commutatif maximal de D. Soit x un élément de D^*; il appartient à un s… 00LG
  • Remarque 2 Soit L un corps commutatif qui satisfait à la propriété suivante : ↩ 1 00LH
  • Remarque 3 Supposons que le corps K satisfasse à la condition suivante : 00LI

§ 19. Algèbres de quaternions

  • Proposition 1 Le polynôme caractéristique d’un élément q de F est égal à (X²-T_F(q)X + N_F(q))². ↩ 1 00LQ
  • Remarque 1 Supposons la caractéristique de K différente de 2 et posons i'= 2i-β. Alors (1, i') est une base de E sur K et l’on a i'²= 4α +β². Il en résulte que E est isomorphe à l’algèbre qua… ↩ 1 00LR
  • Remarque 2 L’algèbre de quaternions de type (α ,0, γ ) est isomorphe à l’algèbre de quaternions de type (γ ,0, α ) (III, p. 18). Elle est aussi isomorphe à l’algèbre de quaternions de type (α… ↩ 1 00LS
  • Remarque 3 Soit q un élément de F. Pour que q soit nilpotent, il faut et il suffit que son polynôme caractéristique soit égal à X⁴, c’est-à-dire que T_F(q) = N_F(q) = 0 et on a alors q²= 0. ↩ 2 00LT
  • Exemple L’algèbre de matrices M₂(K) est isomorphe à l’algèbre de quaternions de type (0,1,1). Considérons en effet l’algèbre quadratique E = K× K (de type (0,1)) et l’algèbre de quaternion… 00LU
  • Proposition 2 a) Supposons le corps K de caractéristique différente de 2. Si γ ou 4α +β² est non nul, le centre de F est égal à K ; sinon il est de dimension 2 et engendré par 1 et ij-ji. ↩ 3 00LV
  • Proposition 3 Soient α ,β ,γ des éléments de K et soit F une algèbre de quaternions de type (α , β , γ ). Notons T_F et N_F sa trace et sa norme cayleyennes. Les conditions suivantes sont équiva… 00LW
  • Proposition 4 Soit A une algèbre centrale et simple de degré 4 sur K. Notons p la caractéristique de K. ↩ 2 00LX
  • Corollaire 1 Soit A une K-algèbre centrale et simple, de degré fini >1, dont tout élément est algébrique de degré leqslant 2sur K. Alors A est isomorphe à une algèbre de quaternions sur K. ↩ 1 00LY
  • Corollaire 2 Soit (E, s)une algèbre cayleyenne sur K, telle que la K-algèbre E soit centrale, simple et de degré fini >1sur K. Alors E est isomorphe à une algèbre de quaternions sur K. 00LZ
  • Proposition 5 Les conditions suivantes sont équivalentes : 00M0
  • Remarque Supposons que l’algèbre de quaternions F soit un corps. Il résulte de l’égalité j²=γ que l’on a γ not= 0. D’après la prop. 2 de VIII, p. 355, le centre de F est égal à K, sauf si K… 00RQ
  • Théorème 1 Soit D une R-algèbre de degré fini qui est un corps. Alors D est isomorphe à R, C ou H. ↩ 1 00M1
  • Remarque 1 Soit O l’algèbre d’octonions de type (-1,0,-1,-1) sur R (III, p. 176). Soit D une algèbre cayleyenne alternative sur R telle que tout élément non nul de D ait un inverse. On peut d… ↩ 1 00M2
  • Remarque 2 Ce qui précède s’applique au corps Rdes nombres réels. Toute R-algèbre de 00M3
  • Remarque 3 Soit A une algèbre normée sur le corps R. Supposons que A soit un corps. Alors A est isomorphe à R, Cou H(« théorème de Gelfand-Mazur ») (cf. AC, p. 123, th. 1 et TS, I, §2, nᵒ5, c… 00M4

§ 20. Représentations linéaires des algèbres

  • Définition 1 Soit M un K-module. On appelle représentation linéaire de l’algèbre A dans M un K-homomorphisme π de A dans l’algèbre End_K(M). ↩ 1 00MD
  • Proposition 1 a) L’application φ induit une bijection de l’ensemble des idéaux à gauche (resp. à droite, resp. bilatères) de A, de codimension finie, sur l’ensemble des sous-A-modules à droite (… ↩ 1 00ME
  • Définition 2 On appelle dual restreint de la K-algèbre A, et l’on note Θ(A), la réunion dans A^* des orthogonaux des idéaux bilatères de codimension finie de A. ↩ 1 00MF
  • Remarque 1 Supposons que M soit de dimension finie sur K ; Soit (e₁, . . . , eₙ) une base de V et soit (e^*₁, . . . , e^*ₙ) sa base duale. Notons (πᵢⱼ(a)) la matrice de π (a) par rapport à la… 00MG
  • Remarque 2 Soit E un A-module et soit E' un sous-module de E. Par le cor. du th. 5 de II, p. 102, on a Θ_E'(A)⊂ Θ_E(A) et Θ_E/E'(A)⊂ Θ_E(A). ↩ 1 00MH
  • Lemme 1 L’application c''_E est bijective. Si E est de dimension finie, il en est de même de c'_E. 00MI
  • Proposition 2 Soit E un A-module à gauche. ↩ 4 00MJ
  • Remarque 3 Soit E un sous-A-module à gauche de A^*. Soit ε la forme linéaire y→ y(1) sur E. Pour tout x dans E, on a x=c_E(x, ε ), donc E est un sous-A-module de Θ_E(A). ↩ 1 00MK
  • Proposition 3 Soit (V, π )une représentation linéaire de dimension finie de l’algèbre A. Le noyau 𝔞 de π est un idéal bilatère de codimension finie de A, et Θ_π(A) est l’orthogonal de 𝔞 dans A^*… ↩ 1 00ML
  • Corollaire Le dual restreint Θ(A) de A est l’ensemble des coefficients des représentations linéaires de dimension finie de A. 00MM
  • Théorème 1 a) L’ensemble Θˢˢ(A)se compose des coefficients des représentations semi-simples de dimension finie de A. C’est un sous-(A,A)-bimodule de A^*. ↩ 3 00MN
  • Corollaire 1 Toute A-module simple de dimension finie sur K est isomorphe à un sous-A-module de Θ(A). 00MO
  • Corollaire 2 Si deux A-modules simples de dimension finie de A ont un même coefficient non nul, ils sont isomorphes. 00MP
  • Proposition 4 a) Il existe un homomorphisme de groupes λ_S de S⊗_DS^* dans Θ_S(A), caractérisé par ↩ 1 00MQ
  • Remarque Lorsque le corps K est algébriquement clos, on a D = K d’après le th. 1 de VIII, p. 43 et λ_S est un isomorphisme de (A, A)-bimodules de S⊗_KS^* sur Θ_S(A). 00MR
  • Proposition 5 Soit S un A-module simple de dimension finie sur K, soit D le corps opposé du commutant de S et soit Z le centre de D. Les conditions suivantes sont équivalentes : 00MS
  • Corollaire Si le corps K est parfait, les conditions (i) à (iii) sont satisfaites. 00MT
  • Proposition 6 Soit S₀ l’ensemble des classes de A-modules simples de dimension finie sur K, dont les traces ne sont pas nulles. La famille de formes linéaires (Tr_S)_S∈S₀ est libre sur K. ↩ 2 00MU
  • Remarque Soit S_K l’ensemble des classes de A-modules simples qui sont de dimension finie sur K. La prop. 6 résulte aussi du fait que la somme des Θ_S(A), pour S parcourant S_K, est directe… 00RR
  • Corollaire a) Supposons le corps K de caractéristique 0. Les homomorphismes θ et θ_K sont injectifs. Pour que deux A-modules, semi-simples et de dimension finie sur K, soient isomorphes, il f… ↩ 2 00MV
  • Théorème 2 Soit A une partie génératrice du K-espace vectoriel A. L’homomorphisme χ_A : R_K(A) → (1 + TK[[T]])^A défini par χ_A(x) = (χₐ(x))_a ∈ A est injectif. ↩ 1 00MW
  • Corollaire 1 Soient E et F des A-modules semi-simples de dimension finie sur K et soit A une partie génératrice du K-espace vectoriel A. Supposons que pour tout a∈ A, les polynômes caractéristi… ↩ 3 00MX
  • Corollaire 2 Soit A une algèbre centrale, simple et de degré fini sur K. Soit B une K-algèbre semi-simple, soient f, g des homomorphismes d’algèbres de B dans A et soit B une partie génératrice… 00MY
  • Proposition 7 Un sous-A-module à gauche de A^*, de dimension finie sur K est contenu dans Θ_C(A)si et seulement s’il est de type C. ↩ 1 00MZ
  • Corollaire Soit E un A-module de dimension finie sur K. Pour que E soit de type C, il faut et il suffit que Θ_E(A)soit contenu dans Θ_C(A). 00N0
  • Proposition 8 Sur l’espace vectoriel Θ(A), il existe une unique structure de cogèbre (III, p. 138) telle que l’application η : A → Θ(A)^* soit un homomorphisme de A dans l’algèbre duale (III, p… 00N1
  • Lemme 2 Soit c : Θ(A) → Θ(A) ⊗ Θ(A) une application K-linéaire. Pour que η soit un homomorphisme de A dans l’algèbre duale de la cogèbre (Θ(A), c), il faut et il suffit que le diagramme ↩ 1 00RS
  • Remarque 1 Soit (V, π) une représentation linéaire de dimension finie de l’algèbre A. Introduisons une base (e₁, …, eₙ) de V et la base duale (e₁^*, …, eₙ^*) de V^*. D’après la démonstration… 00N2
  • Définition 3 Soient C une cogèbre sur le corps K et c son coproduit. On appelle sous-cogèbre de C tout sous-espace vectoriel C₁ de C tel que c(C₁) soit contenu dans l’image canonique de C₁ ⊗_K… 00N3
  • Proposition 9 Soit Θ un sous-espace vectoriel de Θ(A). Les conditions suivantes sont équivalentes : ↩ 1 00N4
  • Remarque 2 Soit Θ une sous-cogèbre de Θ(A). Munissons K de la topologie discrète et l’algèbre A de la topologie la moins fine rendant continues les applications f: A→ K pour f parcourant Θ (T… 00N5

§ 21. Représentations linéaires des groupes finis

  • Définition 1 Soit M un K-module. On appelle représentation linéaire de G dans M tout homomorphisme de groupes de G dans le groupe linéaire GL(M) (II, p. 5). 00NC
  • Proposition 1 On suppose que K est un corps commutatif. Soient π et π ' des représentations K-linéaires semi-simples de dimension finie de G. 00ND
  • Exemple 1 La représentation unité de G est la représentation (K, ε ) où ε (g) = Id_K pour tout g∈ G. Son caractère est la fonction constante de valeur 1. ↩ 1 00NE
  • Exemple 2 La représentation régulière (gauche) de G est la représentation γ de G dans K[G] définie par γ (g)(x) =gx pour g∈ G et x∈ K[G]. Elle correspond à la représentation régulière gauche… 00NF
  • Exemple 3 Étant donnée une représentation linéaire (M, π ) de G, la représentation contragrédiente ou duale π^∨ de π est la représentation de G dans le K-module dual de M définie par la rela… 00NG
  • Exemple 4 Soient (M, π ) et (M', π ') des représentations linéaires de G. On a défini dans l’exemple 1 de VIII, p. 193 une structure de K[G]-module sur M⊗_KM'. La représentation linéaire cor… 00NH
  • Exemple 5 Supposons que G soit le produit G'× G'' de deux groupes. L’application K-linéaire de K[G']⊗_KK[G''] dans K[G] qui envoie g'⊗ g'' sur (g', g'') pour g'∈ G' et g''∈ G'' est un isomor… ↩ 1 00NI
  • Exemple 6 Soit (V, π ) une représentation linéaire de G, tel que V soit un K-module libre de dimension finie. On définit une représentation ρ de G× G dans End_K(V) par la formule ↩ 1 00NJ
  • Théorème 1 On suppose que le groupe G est fini. Soit M un K[G]-module, soit N un sous-K[G]-module de M. On suppose que N est un facteur direct du K-module M et que G est inversible dans K. Al… ↩ 3 00NK
  • Corollaire 1 (Maschke) On suppose que le groupe G est fini et que K est un corps commutatif. L’algèbre K[G] est semi-simple si et seulement si l’élément G du corps K n’est pas nul. ↩ 2 00SC
  • Corollaire 2 On suppose que le groupe G est fini et que G est inversible dans K. Une suite exacte de K[G]-modules est scindée si et seulement si elle est scindée en tant que suite exacte de K-m… ↩ 1 00NL
  • Corollaire 3 On suppose que le groupe G est fini et que G est inversible dans K. Un K[G]-module est projectif si et seulement s’il est projectif en tant que K-module. 00NM
  • Corollaire 4 a) On suppose que le groupe G est fini et que K est un corps commutatif de caractéristique 0. Pour que deux représentations linéaires, de dimension finie, de G soient isomorphes, i… 00NN
  • Corollaire 5 Supposons que le groupe G est fini et que K est un corps commutatif dans lequel |G| not= 0. Soient π et π ' des représentations linéaires de dimension finie de G. Pour que π et π '… ↩ 1 00NO
  • Proposition 2 Soit H un sous-groupe de G et soit (M, σ )une représentation linéaire de H. L’homomorphisme canonique ι : Indᴳ_H(σ )→ Coïndᴳ_H(σ )est injectif. Si le sous-groupe H est d’indice fin… 00NP
  • Proposition 3 Soit H un sous-groupe d’indice fini de G. Soit (M, σ )une représentation linéaire de H. Supposons que M est un K-module libre de dimension finie. Notons (V, π )la représentation de… ↩ 1 00NQ
  • Remarque Soit (V, π ) une représentation linéaire de G. D’après le théorème de Maschke, le K[G]-module V est semi-simple. Pour tout λ ∈ widehatG, notons V^λ le composant isotypique de type… 00NR
  • Remarque Identifions l’algèbre End_K(V_λ) à l’algèbre de matrices M_d_λ(K) au moyen de la base (e_λ ,j) de V_λ. L’application overlineF⁻¹ est un isomorphisme de l’algèbre ∏_λM_d_λ(K) sur l’… 00NS
  • Proposition 4 (Relation d’orthogonalité des caractères) Pour λ et μ dans widehatG, on a ⟨ χ_λ, χ_μ⟩_G=δ_λ μ. ↩ 3 00SG
  • Corollaire Soient π et π ' des représentations linéaires de dimension finie de G. On a, dans le corps K, 00NT
  • Proposition 5 La famille (χ_λ)_λ∈widehatG est une base de l’espace vectoriel des fonctions centrales. Le nombre de classes de représentations linéaires simples de G est égal au nombre de classes… ↩ 4 00NU
  • Proposition 6 Soient f une fonction centrale sur G et u une fonction centrale sur H. On a ↩ 1 00NV
  • Proposition 7 Soit f une application de G dans K. Les assertions suivantes sont équivalentes : 00NW
  • Remarque Soit n le cardinal du groupe G et soit μₙ(K) le groupe des racines n-èmes de l’unité dans K. Pour tout g∈ G, on a gⁿ= 1; par suite, widehatG s’identifie au groupe Hom(G, μₙ(K)). Le… 00NX
  • Proposition 8 a) L’homomorphisme θ_G est un isomorphisme de K⊗_ZR_K(G) sur Z_K(G). ↩ 1 00NY
  • Proposition 9 Supposons le corps K de caractéristique nulle. Alors le degré de toute représentation simple de G divise le cardinal de G. ↩ 4 00NZ
  • Lemme Soit L une extension de Q. Soit A un sous-anneau de L. On suppose que A est un Z-module de type fini. On a A∩ Q = Z. 00O0
  • Proposition 10 Il existe une unique application φ_G de S_K(G)dans S_K'(G) telle que λ et φ_G(λ )soient apparentées par φ pour tout λ dans S_K(G). De plus, φ_G est bijective. ↩ 1 00O1
  • Remarque 1 Supposons que K' soit une extension de K et que l’isomorphisme φ soit l’application ξ → ξ .1, alors l’application φ_G est donnée par l’extension des scalaires de K à K'. 00O2
  • Corollaire 1 L’application φ_G est un isomorphisme d’anneaux de R_K(G) sur R_K'(G). Pour toute représentation π de dimension finie de G dans un K-espace vectoriel, on a φ_G([π]) = [π'], où π' e… 00O3
  • Corollaire 2 La dimension de toute représentation simple de G divise l’ordre de G. ↩ 2 00O4
  • Remarque 2 Supposons le groupe G commutatif. On a vu dans la remarque de VIII, p. 404 que I_K(G) s’identifie à l’ensemble Hom(G, μₙ(K)). De manière analogue, I_K'(G) s’identifie à Hom(G, μₙ(K… 00O5
  • Remarque 3 Soient π₁ et π₂ des représentations linéaires de G dans des espaces vectoriels de dimension finie sur K. Pour i = 1, 2, soit π'ᵢ une représentation apparentée à πᵢ par φ. On a 00O6
  • Remarque 4 Soit H un sous-groupe de G de cardinal m. L’isomorphisme φ induit par passage aux sous-ensembles un isomorphisme de μₘ(K) sur μₘ(K') et, par conséquent, un isomorphisme d’anneaux φ… 00O7
  • Remarque 5 Supposons que G soit le produit G' × G'' de deux groupes finis. On définit, comme dans l’exemple précédent des isomorphismes φ_G' et φ_G''. On a alors un diagramme commutatif 00O8
  • Proposition 11 Soit (M, π) une représentation linéaire de G, de dimension finie. a) Il existe sur M une forme hermitienne, positive, séparante et invariante par G. b) Supposons la représentation… 00O9

App. 1. Algèbres sans élément unité

  • Définition 1 Soient A une k-algèbre et 𝔞 un idéal à gauche de A. Un élément u de A tel que au-a appartienne à 𝔞 pour tout a∈ As’appelle une unité à droite modulo 𝔞. On dit que l’idéal 𝔞 est rég… 00P4
  • Proposition 1 Tout idéal à gauche (resp. à droite) de A, qui est régulier et distinct de A, est contenu dans un idéal à gauche (resp. à droite) maximal régulier. 00P5
  • Proposition 2 Soient A une k-algèbre commutative. Pour qu’un idéal 𝔞 de A soit maximal régulier, il faut et il suffit que le pseudo-anneau A/𝔞 (I, p. 93) soit un corps. 00P6
  • Exemple 1 Soit V un espace vectoriel de dimension infinie sur un corps commutatif K. Soit Endᶠ_K(V) la sous-K-algèbre de End_K(V) formée des endomorphismes de rang fini. Soit W un sous-espac… ↩ 1 00P7
  • Exemple 2 Soit T un espace localement compact et soit C₀(T) la C-algèbre commutative 00P8
  • Exemple 3 Soit L¹(R) l’algèbre de convolution du groupe localement compact R. Rappelons (INT, VIII, §4, nᵒ5) que L¹(R) est l’espace des classes de fonctions sur R intégrables pour la mesure… 00P9
  • Proposition 3 a) Soit widetilde𝔞 un idéal à gauche de widetildeA tel que widetildeA =widetilde𝔞+ A. On pose 𝔞=widetilde𝔞∩ A. Il existe un élément u de A tel que u-e appartienne à widetilde𝔞. Si… ↩ 2 00PA
  • Corollaire Les idéaux à gauche réguliers de A sont les idéaux de la forme A∩ widetilde𝔞, où widetilde𝔞 est un idéal à gauche de widetildeA tel que widetildeA =widetilde𝔞+ A. 00PB
  • Proposition 4 a) Soit 𝔞 un idéal à gauche maximal régulier de A. Il existe un unique idéal à gauche widetilde𝔞 de widetildeA tel que widetildeA =widetilde𝔞+ Aet 𝔞=widetilde𝔞∩ A. Cet idéal est ma… ↩ 1 00PC
  • Définition 2 On dit qu’un pseudomodule M sur A est simple si l’on a AM not= 0 et si 0 et M sont les seuls sous-pseudomodules de M. ↩ 1 00PD
  • Proposition 5 a) Soit 𝔪 un idéal à gauche maximal régulier de A. Alors le pseudomodule Aₛ/𝔪 est simple et il existe un élément non nul de Aₛ/𝔪 dont l’annulateur est 𝔪. ↩ 1 00PE
  • Définition 3 On appelle radical de la k-algèbre A, et on note Re (A), l’intersection des idéaux à gauche maximaux réguliers de A. 00RT
  • Exemple 1 Le radical de la k-algèbre Endᶠₖ(V) est réduit à 0 (VIII, p. 426, exemple 1).*Il en est de même pour les algèbres C₀(T) et L¹(R). 00PF
  • Exemple 2 Soit A un pseudo-anneau dans lequel tout élément est nilpotent. Le radical de A est égal à A, puisque A est le seul idéal à gauche régulier. 00PG
  • Proposition 6 Le radical de l’algèbre A est l’intersection des annulateurs des pseudomodules simples. C’est en particulier un idéal bilatère de A. 00PH
  • Proposition 7 Le radical de A est la trace sur A du radical de widetildeA;il est aussi égal au radical de l’algèbre opposée Aᵒ(c’est-à-dire à l’intersection des idéaux à droite maximaux régulier… ↩ 2 00PI
  • Remarque Soient x et y des éléments de A ; on dit que x est adverse à gauche de y, ou que y est adverse à droite de x, si, dans widetildeA,x-e est inverse à gauche de y-e, autrement dit si… 00PJ
  • Lemme 1 Soit M un A-pseudomodule à gauche semi-simple. Soit B le bicommutant du widetildeA-module M. Alors tout sous-A-pseudomodule de M est un sous-B-module de M. ↩ 1 00PK
  • Lemme 2 Soit M un A-pseudomodule à gauche semi-simple et soit x un élément de M. Il existe un élément a∈ Atel que ax=x. ↩ 1 00PL
  • Théorème 1 (Théorème de densité de Jacobson) Soit M un A-pseudomodule à gauche semi-simple. Soit b un élément du bicommutant du widetildeA-module M. Soit x₁, . . . , xₙ une partie finie de M. Alors il existe un élément a∈ A t… 00SD

App. 2. Déterminants sur un corps non commutatif

  • Proposition 1 Soient W un hyperplan de V et e un vecteur de V - W. Soit φ un élément de Ω(W). Il existe un élément ω de Ω(V), et un seul, tel que l’on ait (7) ω (w₁, . . . , wₙ₋₁, e) =φ (w₁… ↩ 2 00Q1
  • Corollaire 1 Soient (e₁, . . . , eₙ)une base de V et t un élément de D^*_ab. Il existe un élément ω de Ω(V), et un seul, tel que ω (e₁, . . . , eₙ) =t. ↩ 1 00Q2
  • Corollaire 2 Soient ω et ω ' deux éléments de Ω(V). il existe un unique élément t de D^*_ab tel que ω '=tω. ↩ 2 00Q3
  • Remarque Supposons le corps D commutatif. Par définition, B(V) est une partie de Vⁿ. Il est clair que la restriction à B(V) d’une forme n-linéaire alternée non nulle f: Vⁿ→ D appartient à Ω… 00Q4
  • Proposition 2 a) Soit u un automorphisme de V. Il existe un unique élément de D^*_ab noté det u et appelé le déterminant de u, tel que l’on ait ↩ 1 00Q5
  • Proposition 3 L’application det est l’unique homomorphisme de GLₙ(D) dans D^*_ab qui satisfait aux relations ↩ 3 00Q6
  • Exemple 1 Les colonnes de la matrice Bᵢⱼ(λ ) sont ε₁, . . . , εⱼ+εᵢλ , εᵢ₊₁, . . . , εₙ. Compte tenu de la formule (5) de VIII, p. 438, on a ↩ 2 00Q7
  • Exemple 2 Soit σ une permutation de l’intervalle [1, n] de N, de signature ε (σ ). Soit M (σ ) la matrice de la permutation σ (II, p. 151). Les colonnes de la matrice M (σ ) sont ε_σ(1)… ↩ 1 00Q8
  • Exemple 3 Supposons ngeqslant 1. Pour toute matrice diagonale inversible de la forme Δ = diag(d₁, . . . , dₙ), on a ΔBᵢⱼ(λ )Δ⁻¹= Bᵢⱼ(dᵢλ d⁻¹ⱼ). Soit A un élément de GLₙ(D). D’après le cor. 1… ↩ 2 00Q9
  • Exemple 4 Soit D' un corps et soit u un homomorphisme de D dans D'. Par passage aux quotients, u définit un homomorphisme de groupes u_ab de D^*_ab dans D^'*_ab. Soit uₙ l’homomorphisme de G… 00QA
  • Exemple 5 On a GL₁(D) = D^* et la prop. 3 montre que l’on a det(a) =π (a) pour a dans GL₁(D). 00QB
  • Exemple 6 Supposons que l’on ait n= 2. Soit A = beginpmatrix a & b \\ c & d endpmatrix un élément de GL₂(D). Les éléments a et c de D ne sont pas tous deux nuls. Nous allons expliciter le dé… ↩ 1 00QC
  • Exemple 7 Soit Dᵒ le corps opposé de D. L’application A→ᵗAde Mₙ(D) dans Mₙ(Dᵒ) satisfait à ᵗ(AB) =ᵗBᵗA. Pour toute matrice A dans GLₙ(D), la matrice transposée ᵗAest donc inversible dans Mₙ(… ↩ 1 00QD
  • Remarque 1 Soit V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie n. Considérons l’espace dual V^*= Hom_D(V,D) comme un espace vectoriel à droite sur le corps Dᵒ opposé de D… 00QE
  • Remarque 2 Les résultats des numéros 1 à 4 se généralisent au cas où D est un anneau local (VIII, p. 448, exerc. 2). 00QF
  • Théorème 1 Supposons ngeqslant 2. ↩ 1 00QG
  • Remarque Si D est un corps à 2 éléments, alors GL₂(D) est égal à SL₂(D) et c’est un groupe d’ordre 6 dont le groupe dérivé est d’ordre 3. Si D est un corps à 3 éléments, le groupe SL₂(D) es… 00QH
  • Corollaire Soit V un espace vectoriel à droite sur le corps D, de dimension finie ngeqslant 2. 00RU

App. 3. Le théorème des zéros de Hilbert

  • Théorème 1 Soient A un anneau intègre, K son corps des fractions et L une K-algèbre commutative. Supposons que la A-algèbre L soit engendrée par un nombre fini d’éléments et que L soit un cor… ↩ 1 00QM
  • Corollaire 1 Soient K un corps commutatif, A une K-algèbre commutative engendrée par un nombre fini d’éléments et 𝔪 un idéal maximal de A. ↩ 2 00RV
  • Corollaire 2 Soient K un corps commutatif, n un entier naturel, (Pᵢ)_i∈ I une famille d’éléments de K[X₁, . . . ,Xₙ]et Ω une extension algébriquement close de K. Les conditions suivantes sont é… 00QN

App. 4. Trace d’un endomorphisme de rang fini

  • Lemme 1 Supposons que le A-module F soit projectif. L’homomorphisme de groupes θ est injectif et son image est Homᶠ_A(E,F). ↩ 1 00QO
  • Proposition 1 Soit E un A-module libre. Soit (eᵢ)_i∈ I une base de E et soit (e^*ᵢ)_i∈ I sa base duale. Soit u∈ Endᶠ_A(E). La famille (⟨ u(eᵢ), e^*ᵢ⟩ )_i∈ I est à support fini et sa somme est ég… 00QP
  • Proposition 2 Soient E,Fdes A-modules projectifs. Soient u∈ Homᶠ_A(E,F) et v∈ Hom_A(F,E). On a la relation 00QQ
  • Corollaire Soit E un A-module projectif, soit u un élément de Endᶠ_A(E)et soit F un sous-A-module projectif de E contenant Im u;notons u_F l’endomorphisme de F induit par u. On a ↩ 1 00QR
  • Proposition 3 Soit E un A-module projectif. 00QS

IX. Formes sesquilinéaires et formes quadratiques

§ 1. Formes sesquilinéaires

  • Définition 1 On dit qu’une application Φ du produit E × F dans G est bilinéaire si elle satisfait aux conditions suivantes : 0DIQ
  • Définition 2 Etant donnée une application bilinéaire Φ de E × F dans G, l’application d_Φ de F dans L_A(E, G) (resp. l’application s_Φ de E dans L_B(F, G)) caractérisée par (5) est appelée l’ap… 0DIR
  • Définition 3 Une application bilinéaire Φ de E × F dans G est dite dégénérée à droite (resp. à gauche) s’il existe un élément non nul y₀ de F (resp. x₀ de E) tel que Φ(x, y₀) = 0 pour tout x ∈… 0DIS
  • Définition 4 On dit qu’une application Φ de E × F dans G est sesquilinéaire à droite pour J si elle satisfait aux conditions (1), (2), (3) (déf. 1, n° 1) ainsi qu’à (7) Φ(x, by) = Φ(x, y) · bᴶ… 0DIT
  • Définition 5 Soient B un anneau, F un B-module à gauche (resp. à droite) et J un antiautomorphisme de B. On désigne par Fᴶ le B-module à droite (resp. à gauche) ayant même groupe additif sous-j… 0DIU
  • Remarque Soient A et B deux anneaux, J₁ un antiautomorphisme de A, M un A-module à droite, N un B-module à droite et G un (A, B)-bimodule. On dit qu’une application Φ de M × N dans G est se… 0DIV
  • Définition 6 Deux éléments x ∈ E et y ∈ F sont dits orthogonaux par rapport à Φ si Φ(x, y) = 0. Deux parties E' ⊂ E et F' ⊂ F sont dites orthogonales si, quels que soient x ∈ E' et y ∈ F', x et… 0DIW
  • Proposition 1 Soient E un A-module à gauche et F un B-module à droite ; posons E' = A' ⊗_A E et F' = F ⊗_B B'. Pour toute application bilinéaire Φ de E × F dans G, il existe une application bili… 0DIX
  • Proposition 2 Supposons que B et B' soient munis d’anti-automorphismes J et I tels que 0DIY
  • Proposition 3 Les hypothèses et notations étant celles de la prop. 1 (resp. prop. 2) supposons de plus que A, B, A', B' soient des corps et que les applications α et β de A' ⊗A G et G ⊗B B' dans… 0DIZ
  • Corollaire Les hypothèses et notations étant celles de la prop. 3, pour que Φ' soit non dégénérée, il faut et il suffit que Φ soit non dégénérée. 0DJ0
  • Remarque Supposons que A, B, A' et B' soient des corps. Alors, pour les bimodules G' définis dans les trois exemples ci-dessus, les applications α et β sont injectives, comme il résulte aus… 0DJ1
  • Proposition 4 Supposons que A soit un corps, et soit Φ une forme bilinéaire (resp. sesquilinéaire pour J) sur E × F; pour que E/F⁰ soit de dimension finie, il faut et il suffit que F/E⁰ soit de… 0DJ2
  • Corollaire 1 On suppose que A est un corps et que Φ est non dégénérée. Pour qu’un sous-espace M de E soit de dimension finie, il faut et il suffit que M⁰ soit de codimension finie dans F, et on… 0DJ3
  • Corollaire 2 Les hypothèses étant celles du cor. 1, soient M, N deux sous-espaces de E; on a alors (M + N)⁰ = M⁰ ∩ N⁰; si de plus M et N sont de dimension finie, on a (M ∩ N)⁰ = M⁰ + N⁰. 0DJ4
  • Définition 7 Soient A un corps (resp. un corps muni d’un antiautomorphisme J), E un espace vectoriel à gauche sur A, F un espace vectoriel à droite (resp. à gauche) sur A, et Φ une forme biliné… 0DJ5
  • Proposition 5 Les hypothèses et notations étant celles de la déf. 7, les applications linéaires s_Φ et d_Φ associées à Φ ont même rang, et ce rang est égal au rang de la forme Φ. 0DJ6
  • Proposition 6 Les hypothèses et notations étant celles de la déf. 7, supposons de plus que E et F aient même dimension finie. Alors les conditions suivantes sont équivalentes : a) d_Φ est inject… 0DJ7
  • Corollaire Les hypothèses et notations étant celles de la déf. 7, on suppose de plus que E est de dimension finie et que Φ est non dégénérée. Alors on a dim E = dim F et, pour toute base (eᵢ)… 0DJ8
  • Remarque Soient A un anneau muni d’un antiautomorphisme J, M et N des A-modules à droite, et Φ une forme sesquilinéaire à gauche pour J sur M × N (no 2, Remarque) ; elle vérifie donc l’égal… 0DJ9
  • Définition 8 Soit Φ une forme bilinéaire sur E × F dont les applications associées s et d sont bijectives. La forme bilinéaire hatΦ sur F^* × E^* définie par (27) s’appelle la forme inverse de… 0DJA
  • Définition 9 Soit Φ une forme sesquilinéaire à droite pour J sur E × F, dont les applications associées s et d sont bijectives. La forme sesquilinéaire à gauche widehatΦ pour J sur F^* × E^* s’… 0DJB
  • Définition 10 Les hypothèses et notations étant comme précédemment, on dit que l’homomorphisme u^* de F'₁ dans F vérifiant (30) est l’adjoint à gauche de u, et que F'₁ est le sous-module de défi… 0DJC
  • Remarque Si l’adjoint à gauche u^* de u : E → E' est partout défini, et si s_Φ' et d_Φ' sont injectives, la formule (30) montre que u est l’adjoinat à droite de u^*. 0DJD
  • Proposition 7 Avec les mêmes notations que précédemment, on suppose que d_Φ est bijective. Alors tout homomorphisme u de E dans E' admet un adjoint à gauche partout défini, et l’on a u^* = (d_Φ)… 0DJE
  • Remarque Lorsque s_Φ est bijective, tout homomorphisme ν de F dans F' admet un adjoint à droite partout défini, et on a 0DJF
  • Proposition 8 Avec les mêmes notations que précédemment, on suppose que s_Φ et d_Φ sont bijectives. Soient u et ν des isomorphismes de E sur E' et de F sur F' respectivement. Alors, pour que Φ s… 0DJG
  • Corollaire Soient A un anneau muni d’un antiautomorphisme J, E un A-module à gauche, Φ une forme sesquilinéaire pour J sur E × E dont les applications associées sont bijectives, et u un autom… 0DJH
  • Remarque Sous les hypothèses du cor. de la prop. 8, supposons de plus que A soit un corps et que E soit de dimension finie sur A. Soient ω un endomorphisme de E, ω1 et ω2 ses adjoints à dro… 0DJI
  • Définition 11 Etant donnés des A-modules Eᵢ, Fᵢ (i = 1, …, m) et, pour chaque i, une forme sesquilinéaire Φᵢ pour J sur Eᵢ × Fᵢ, la forme sesquilinéaire Φ pour J sur (⨂ᵢ Eᵢ) × (⨂ᵢ Fᵢ) caractéris… 0DJJ
  • Proposition 9 Soient A un corps commutatif muni d’un automorphisme J, Eᵢ, Fᵢ des espaces vectoriels de dimension finie sur A, et Φᵢ une forme sesquilinéaire pour J sur Eᵢ × Fᵢ (1 leqslant i leqs… 0DJK
  • Définition 12 Etant donnés deux A-modules E, F et une forme Φ sesquilinéaire pour J sur E × F, la forme Φ₍ₘ₎ sesquilinéaire pour J sur (∧ᵐ E) × (∧ᵐ F) caractérisée par (37) s’appelle l’extension… 0DJL
  • Proposition 10 Soient A un corps commutatif muni d’un automorphisme J, E et F deux espaces vectoriels de dimension finie sur A, et Φ une forme sesquilinéaire pour J sur E × F. Si Φ est non dégéné… 0DJM
  • Remarque Soient E un A-module libre, et θ l’isomorphisme canonique de bigwedgeᵐ E sur le sous-module des tenseurs antisymétrisés d’ordre m (chap. III, § 5, n° 6, prop. 6). Soient Φ une form… 0DJN
  • Remarque 1 Lorsque A est commutatif, (45 G) se ramène à (45 D), et (45 DG) à (45 GD), au moyen de la formule ᵗ(M'M'') = ᵗM'' · ᵗM' (cf. (42)), où les deux membres sont ici calculés dans A. 0DJO
  • Remarque 2 Soient E, F, G trois modules à gauche ayant des bases finies, et u : E → F,\ v : F → G des applications A-linéaires. Il résulte de (45 G) que l’on a ᵗM(v ∘ u) = ᵗM(u) · ᵗM(v). 0DJP
  • Remarque 3 Lorsque A est un corps, les applications linéaires s et d ont même rang. Nous voyons ici que leurs matrices M(s) et M(d) ont même rang ; en effet, une matrice sur A et sa transposé… 0DJQ
  • Remarque 4 Si M et N sont des A-modules à droite ayant des bases finies (mᵢ) et (nₖ), Φ une forme sesquilinéaire à gauche pour J sur M × N (n° 6, Remarque), s et d ses applications associées… 0DJR
  • Remarque 5 Donner un exemple de forme bilinéaire Φ définie sur un produit E × F de deux espaces vectoriels, telle que d_Φ soit bijective, s_Φ injective mais non bijective (prendre E de dimens… 0DJS
  • Remarque 6 Soient A un anneau muni d’un antiautomorphisme J, E un A-module à gauche, G un (A, A)-bimodule et Φ une application de E × E dans G, sesquilinéaire à droite pour J. Démontrer l’ide… 0DJT
  • Remarque 7 Soient K un corps commutatif de caractéristique 2, A une extension quadratique séparable de K; on a A = K(θ), où θ est racine d’un polynôme irréductible X² + X + β de K[X] et le K-… 0DJU
  • Remarque 8 Soient A un corps, E un espace vectoriel sur A, Φ une forme sesquilinéaire sur E, u un endomorphisme de E. 0DJV
  • Remarque 9 Soient E, E₁ deux A-modules, Φ (resp. Φ₁) une forme sesquilinéaire sur E (resp. E₁). On suppose que Φ₁ est non dégénérée et qu’il existe un élément α ∈ A et une bijection u de E su… 0DJW
  • Remarque 10 Soient A un corps, E₁, E₂ deux espaces vectoriels non réduits à 0 sur A, Φ₁ (resp. Φ₂) une forme sesquilinéaire non dégénérée sur E₁ (resp. E₂) pour un antiautomorphisme J₁ (resp… 0DJX
  • Remarque 11 Soient A un corps, E, F deux espaces vectoriels à gauche sur A, Φ une forme sesquilinéaire non dégénérée sur E × F pour un antiautomorphisme J de A. 0DJY
  • Remarque 12 Soient E, E' deux espaces vectoriels à gauche sur des corps A, A' respectivement, de dimension geqslant 3; soit 𝔉(E) (resp. 𝔉(E')) l’ensemble réticulé (pour la relation d’inclusion… 0DJZ

§ 2. Discriminant d'une forme sesquilinéaire

  • Définition 1 Etant donnée une forme Φ sesquilinéaire pour J sur E et un système S = (x₁, …, xₙ) de n éléments de E, on appelle discriminant de Φ par rapport à ce système, et on note D_Φ(x₁, …… 0DK0
  • Exemple Soit B une algèbre sur l’anneau A, telle que B soit un A-module libre de dimension finie n. Alors l’application (x, y) → Tr_B/A(xy) (chap. VIII, § 12, no 2) est une forme bilinéair… 0DK1
  • Remarque Soient (e₁, …, eₙ) une base de B sur A, et 0DK2
  • Proposition 1 Soient Φ une forme sesquilinéaire pour J sur E, (tildex₁, …, xₙ) un système de n éléments de E, et (aᵢⱼ)_(i,j = 1, …, n) une famille de n² éléments de A; posons yᵢ = ∑ᵢ₌₁ⁿ aⱼᵢxᵢ. O… 0DK3
  • Exemple Soient B une algèbre sur A qui soit un A-module libre de dimension finie n, (x₁, …, xₙ) une base de B sur A, et m un idéal de A. Si l’on note h l’homomorphisme canonique de B sur B… 0DK4
  • Proposition 2 On suppose que A est intègre. Soient Φ une forme sesquilinéaire pour J sur E et (e₁, …, eₙ) une base de E, telles que D_Φ(e₁, e₂, …, eₙ) ≠ 0. 0DK5
  • Proposition 3 Soient Φ une forme sesquilinéaire pour J sur E, et S une base de E. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0DK6
  • Proposition 4 On suppose A intègre. Soit S une base de E. Une condition nécessaire et suffisante pour qu’une forme sesquilinéaire Φ sur E soit non dégénérée est que l’on ait D_Φ(S) ≠ 0. 0DK7
  • Proposition 5 Soient A un corps, B une algèbre commutative de dimension finie n sur A, et S une base de B. Pour que B soit séparable (chap. VIII, § 7, no 5, déf. 1) il faut et il suffit que l’on… 0DK8
  • Remarque Supposons que B soit un surcorps de A. Soient S = (x₁, …, xₙ) une base de B, et (s₁, …, sₙ) les A-isomorphismes de B dans la clôture algébrique A' de A (chaque sⱼ étant répété [B… 0DK9
  • Proposition 6 Soient Φ une forme A-bilinéaire sur E, et K un sous-anneau de A tel que A soit un K-module libre de dimension finie q. Si (eᵢ)_i=1,…,n est une base de E sur A et (aⱼ)_j=1,…,q une b… 0DKA
  • Corollaire (« Formule de transitivité des discriminants ») Soient K un anneau commutatif, A une algèbre commutative admettant une base finie (aⱼ)_j=1,…,q sur K, et E une algèbre sur A admettant une base finie (eᵢ)_i=1,…,n. Alors (aⱼ eᵢ) es… 0DKB

§ 3. Formes hermitiennes et formes quadratiques

  • Définition 1 Soit ε un élément du centre de A. Une forme sesquilinéaire Φ sur E telle que l’on ait Φ(x, y) = ε overlineΦ(y, x) quel que soient x et y dans E s’appelle une forme ε-hermitienne. U… 0DKC
  • Remarque 1 Si Φ est une forme ε-hermitienne sur E, on a Φ(x, y) = ε overlineΦ(x, y) overlineε quels que soient x, y dans E. Donc, si Φ prend des valeurs inversibles, on a ε overlineε = 1. 0DKD
  • Remarque 2 S’il existe un élément inversible i du centre de A tel que overlinei = i ε, alors, pour que Φ soit ε-hermitienne, il faut et il suffit que i Φ soit hermitienne. 0DKE
  • Proposition 1 Soit Φ₁ (resp. Φ₂) une forme K-bilinéaire sur E₀ × E'₀, invariante par j et j'. L’application qui à Φ₁ (resp. Φ₂) fait correspondre l’application Φ de E × E' dans A définie par 0DKF
  • Remarque 1 Les formules (7) et (8) montrent que, si x ∈ E, pour que l’on ait Φ(x, x') = 0 pour tout x' ∈ E', il faut et il suffit que Φ₁(x, x') = 0 (resp. Φ₂(x, x') = 0) pour tout x' ∈ E'. 0DKG
  • Remarque 2 L’adjoint d’un endomorphisme u de E par rapport à Φ (§ 1, n° 8) est le même que l’adjoint de u (considéré comme endomorphisme de E₀) par rapport à Φ₁ (resp. Φ₂). 0DKH
  • Définition 2 On suppose l’anneau A commutatif. On dit qu’une application Q de E dans A est une forme quadratique sur E si 1) l’on a Q(α x) = α² Q(x) pour α ∈ A et x ∈ E; 2) l’application Φ : (x… 0DKI
  • Proposition 2 Supposons que A soit commutatif et que E admette une base (eᵢ)_i ∈ I. Alors, pour toute forme quadratique Q sur E, il existe une forme bilinéaire f sur E × E telle que Q(x) = f(x… 0DKJ
  • Proposition 3 Soit h un homomorphisme de A dans un anneau commutatif A'. Pour toute forme quadratique Q sur le A-module E, il existe une forme quadratique Q' et une seule sur le A'-module A' ⊗_A… 0DKK

§ 4. Sous-espaces totalement isotropes. Théorème de Witt

  • Définition 1 Etant donné un module E sur l’anneau A, un élément x de E est dit isotrope si Φ(x, x) = 0. Un sous-module F de E est dit 1) isotrope s’il existe un élément x ≠ 0 de F orthogonal à… 0DKL
  • Proposition 1 On suppose que A est un corps. Soit F un sous-espace non isotrope de dimension finie de E ; alors E est somme directe de F et de F⁰. 0DKM
  • Corollaire Si F est un sous-espace de dimension finie de E, et si Φ est non dégénérée, les conditions suivantes sont équivalentes : 0DKN
  • Définition 2 Soit Q une forme quadratique sur E. Un élément x de E est dit singulier (relativement à Q) si Q(x) = 0. Un sous-module F de E est dit : 1) singulier s’il existe un élément x ≠ 0 de… 0DKO
  • Lemme 1 Soit Φ une forme ε-hermitienne vérifiant (T) (resp. la forme bilinéaire associée à une forme quadratique Q) sur E, et soit F un sous-espace totalement isotrope (resp. totalement si… 0DKP
  • Proposition 2 Soit Φ une forme ε-hermitienne non dégénérée vérifiant (T) (resp. la forme bilinéaire associée à une forme quadratique non dégénérée Q), et soit F un sous-espace totalement isotrop… 0DKQ
  • Corollaire 1 Si F est un sous-espace totalement isotrope (resp. totalement singulier) de dimension r, il existe un sous-espace totalement isotrope (resp. totalement singulier) F' de dimension r… 0DKR
  • Corollaire 2 Deux formes ε-hermitiennes neutres sur des espaces de même dimension sur A sont équivalentes. 0DKS
  • Remarque Dans les conditions du corollaire 1, E est somme directe de F + F' et de l’orthogonal de F + F'. On a donc une décomposition de Witt de E. D’après la prop. 2, a), il existe des bas… 0DKT
  • Proposition 3 Soit Φ une forme ε-hermitienne non dégénérée vérifiant (T) (resp. la forme bilinéaire associée à une forme quadratique non dégénérée Q). Soient F₁ et F₂ deux sous-espaces totalemen… 0DKU
  • Corollaire 1 Les hypothèses étant celles de la prop. 3, deux sous-espaces totalement isotropes (resp. totalement singuliers) maximaux de dimensions finies ont même dimension. Pour tout sous-esp… 0DKV
  • Corollaire 2 Soit Q une forme quadratique non dégénérée sur un espace vectoriel E de dimension finie n sur un corps algébriquement clos A ; il existe alors une base (ei){1 \leq i \leq n} de E t… 0DKW
  • Définition 3 On suppose que E est de dimension finie et que Φ est une forme ε-hermitienne non dégénérée vérifiant (T) (resp. la forme bilinéaire associée à une forme quadratique non dégénérée Q… 0DKX
  • Proposition 4 Soit Q une forme quadratique non dégénérée sur E telle qu’il existe un vecteur x ≠ 0 de E tel que Q(x) = 0. Pour tout élément a de A, il existe alors y ∈ E tel que Q(y) = a. 0DKY
  • Théorème 1 (Witt) Soient E et E' deux espaces vectoriels de dimensions finies, munis respectivement de deux formes ε-hermitiennes non dégénérées Φ et Φ' vérifiant la condition (T) du no 2 (resp. de… 0DKZ
  • Corollaire 1 Soient, pour i = 1, 2, Ei un espace vectoriel de dimension finie, Φi une forme ε-hermitienne non dégénérée sur Ei vérifiant (T) (resp. Qi une forme quadratique non dégénérée sur Ei… 0DL0
  • Corollaire 2 Les hypothèses étant celles du th. 1, le groupe des automorphismes métriques de E permuté transitiivement les sous-espaces totalement isotropes (resp. totalement singuliers) de dim… 0DL1
  • Corollaire 3 Soit Q une forme quadratique non dégénérée sur un espace vectoriel E de dimension finie sur un corps algébriquement clos A. Le groupe des automorphismes métriques de E permuté tran… 0DL2

§ 5. Propriétés spéciales aux formes bilinéaires alternées

  • Théorème 1 Soient A un anneau (commutatif) principal, E un A-module libre de dimension finie n et Φ une forme bilinéaire alternée sur E. Alors il existe une base (eᵢ)_1 ≤ i ≤ n de E et un ent… 0DL3
  • Corollaire 1 Soient A un corps commutatif, E un espace vectoriel de dimension finie n sur A, et Φ une forme bilinéaire alternée sur E. Il existe alors une base (eᵢ)_1 ≤ i ≤ n de E et un entier… 0DL4
  • Remarque On notera que ce corollaire est aussi une conséquence immédiate de la prop. 3 du § 4, n° 2 et de son cor. 1, car avec les notations de cette proposition, on a nécessairement H = 0… 0DL5
  • Corollaire 2 Soient A un corps commutatif, E un espace vectoriel de dimension finie n sur A. Pour tout bivecteur z ∈ bigwedge² E, il existe une base (eᵢ)_1 ≤ i ≤ n de E telle que 0DL6
  • Corollaire 3 Soient A un corps commutatif, R une matrice carrée alternée sur A. Le rang de R est un nombre pair 2r, et il existe une matrice inversible P sur A telle que 0DL7
  • Remarque Si A est un anneau commutatif quelconque et R une matrice carrée alternée d’ordre impair n sur A, on a det R = 0. Ceci résulte du cor. 3 lorsque A est un corps. Une démonstration d… 0DL8
  • Définition 1 Etant donnée une matrice alternée R = (αᵢⱼ) (i, j = 1, …, 2m) d’ordre pair 2m sur un anneau commutatif quelconque A, on appelle pfaffien de R, et on note Pf(R), l’élément P((αₕₖ))… 0DL9
  • Exemple Supposons : 0DLA
  • Proposition 1 Soient R une matrice alternée d’ordre pair 2m sur un anneau commutatif A, et P une matrice carrée d’ordre 2m sur A. On a 0DLB
  • Proposition 2 Pour toute matrice alternée R d’ordre pair 2m sur un anneau commutatif A, on a det R = (Pf(R))². En effet, comme les deux membres de (8) sont des polynômes à coefficients entiers p… 0DLC
  • Proposition 3 Le déterminant d’une matrice symplectique est égal à 1. 0DLD

§ 6. Propriétés spéciales aux formes hermitiennes

  • Définition 1 Soit Φ une forme hermitienne sur E. Une base (eᵢ) de E est dite orthogonale pour Φ si deux éléments quelconques de cette base sont orthogonaux pour Φ. 0DLE
  • Lemme 1 On suppose que A est un corps et Φ une forme hermitienne ≠ 0 sur E. Si tous les vecteurs de E sont isotropes, A est un corps commutatif de caractéristique 2, l’antiautomorphisme J… 0DLF
  • Théorème 1 Supposons que A soit un corps et E un espace vectoriel de dimension finie n sur A. Alors, pour toute forme hermitienne Φ sur E, E admet une base orthogonale, sauf si les conditions… 0DLG
  • Corollaire 1 Les notations étant celles du th. 1, on suppose de plus que (C) n’est pas vérifiée, que Φ est non dégénérée et que, pour tout x ∈ E, il existe ρ ∈ A tel que Φ(x, x) = ρ barρ. Alors… 0DLH
  • Remarque La dernière hypothèse du corollaire est vérifiée lorsque J est l’identité, et que tout élément de A est le carré d’un élément de A (par exemple lorsque A est algébriquement clos). 0DLI
  • Corollaire 2 Soient A un corps et R une matrice hermitienne d’ordre n et de rang r sur A. Alors, sauf si la condition suivante est vérifiée : 0DLJ
  • Proposition 1 On suppose que A est un corps commutatif. Soient Φ une forme hermitienne sur E, et (xₙ) (n = 1, 2, …) une suite (finie ou infinie) de vecteurs linéairement indépendants de E telle… 0DLK
  • Proposition 2 Soient Φ une forme hermitienne sur E, et (eᵢ) (i = 1, …, n) une base orthogonale (resp. orthonormale) de E pour Φ. Alors, pour tout p geqslant 0, la base de ⨂ᵖ E formée des e_i₁ ⊗… 0DLL
  • Proposition 3 Supposons que A soit un corps commutatif et que E soit de dimension finie > 0. Soit Φ une forme hermitienne non dégénérée sur E. L’application u → det u est un homomorphisme du gro… 0DLM
  • Lemme 2 Pour qu’un endomorphisme u de E soit tel que u² = 1, il faut et il suffit que 1/2(1 - u) soit un projecteur dans E; alors u est la différence des deux projecteurs 1/2(1 + u) et 1/2… 0DLN
  • Proposition 4 Soit u ∈ GL(E) une involution. Les propriétés suivantes sont équivalentes : a) u appartient au groupe unitaire associé à Φ ; b) les sous-modules U^+ = 1/2(1 + u)(E) et U^- = 1/2(1… 0DLO
  • Corollaire 1 On suppose que A est un corps et que E est de dimension finie. L’application u → 1/2(1 + u)(E) est une bijection de l’ensemble des involutions u appartenant au groupe unitaire asso… 0DLP
  • Corollaire 2 On suppose que A est un corps et que E est de dimension finie. Pour qu’un projecteur ν dans E soit tel que ν(E) et ν(0) soient orthogonaux (et par suite non isotropes), il faut et… 0DLQ
  • Proposition 5 On suppose l’espace vectoriel E de dimension finie n. Le groupe orthogonal O(Q) associé à Q est alors engendré par les symétries par rapport aux hyperplans non isotropes de E. 0DLR
  • Définition 2 Soient A un corps, L un espace affine sur A et T l’espace des translations de L (chap. II, 2e éd., App. II). Si T est muni d’une forme hermitienne Φ non dégénérée, on dit que L est… 0DLS
  • Définition 3 Soient L un espace hermitien sur un corps A, T l’espace des translations de L. On appelle déplacement (resp. similitude) de L toute bijection affine u de L sur L telle que l’applic… 0DLT
  • Proposition 6 Soit L un espace hermitien de dimension finie sur A, dont la forme métrique soit d’indice 0. Toute similitude u de L, de multiplicateur μ ≠ 1, admet alors un point fixe et un seul. 0DLU

§ 7. Formes hermitiennes et corps ordonnés

  • Définition 1 Une forme hermitienne Φ sur E est dite positive (resp. négative) si Φ(x, x) geqslant 0 (resp. Φ(x, x) leqslant 0) pour tout x ∈ E. 0DLV
  • Proposition 1 Supposons E de dimension finie, et A = K ou A = K(i). Si Φ est une forme hermitienne positive non dégénérée sur E, alors les extensions de Φ à ⨂ᵖ E et ∧ᵖ E (p > 0), ainsi que la fo… 0DLW
  • Proposition 2 Soit Φ une forme hermitienne positive sur E. Pour x, y dans E, on a Φ(x, y) overlineΦ(x, y) leqslant Φ(x, x) Φ(y, y). 0DLX
  • Corollaire L’ensemble des vecteurs isotropes de E est le sous-espace E⁰ orthogonal de E pour Φ. Pour que Φ soit non dégénérée, il faut et il suffit que l’on ait Φ(x, x) > 0 pour tout x ≠ 0. 0DLY
  • Proposition 3 Supposons E de dimension finie et A commutatif (A = K ou A = K(i)). Soient Φ une forme hermitienne sur E, X sa matrice par rapport à une base (xⱼ) (j = 1, …, n) de E ; pour toute p… 0DLZ
  • Remarque Il résulte de l’existence de bases orthonormales que deux formes hermitiennes positives non dégénérées sur deux espaces vectoriels de même dimension finie sont équivalentes (§ 1, n… 0DM0
  • Théorème 1 (« loi d’inertie ») Supposons que A satisfasse aux hypothèses du début de ce paragraphe, et que E soit de dimension finie n. Soit Φ une forme hermitienne sur E. Alors : 0DM1
  • Définition 2 Avec les notations du th. 1, le couple (s, t) s’appelle la signature de Φ. 0DM2
  • Remarque 1 Lorsque J est l’identité, on retrouve la notion d’adjoint d’un homomorphisme définie au § 1, no 8. 0DM3
  • Remarque 2 Supposons toujours A = K ou A = K(i). Soit Eᴶ le A-module à droite défini au § 1, no 2, déf. 5. La forme Φ est une forme bilinéaire sur E × Eᴶ, Φᴶ est une forme bilinéaire sur Eᴶ ×… 0DM4
  • Théorème 2 Soit S un ensemble d’endomorphismes de E (resp. d’applications semi-linéaires de E dans E lorsque A = K ou A = K(i)) stable pour l’application u → u. Alors, si V est un sous-espace… 0DM5
  • Corollaire 1 On suppose que A = K ou que A = K(i). Soit B une sous-algèbre de L_A(E), stable pour l’application u → u. Alors E est un B-module semi-simple, et est somme directe de sous-modules… 0DM6
  • Corollaire 2 Les hypothèses et notations étant celles du cor. 1, on suppose de plus que l’algèbre B est commutative. Alors tous ses éléments sont des endomorphismes (normaux) semi-simples de E… 0DM7
  • Proposition 4 Soit u un endomorphisme normal de E. Lorsque A est égal à K(i) ou au corps des quaternions sur K, il existe une base orthonormale (pour Φ) de E formée de vecteurs propres de u. Lor… 0DM8
  • Remarque Il résulte du th. 2 que les sous-espaces propres relatifs à deux valeurs propres distinctes de u sont orthogonaux. 0DM9
  • Proposition 5 Soit u un endomorphisme hermitien de E. Les valeurs propres de u appartiennent à K, et il existe une base orthonormale de E formée de vecteurs propres de u. 0DMA
  • Proposition 6 a) Soit Ψ une forme hermitienne (resp. bilinéaire symétrique si A = K ou A = K(i)) sur E. Il existe une base de E qui est orthonormale pour Φ et orthogonale pour Ψ. 0DMB
  • Remarque 3 On suppose que A = K ou A = K(i) et que E est de dimension finie. Soient Φ₁, Φ₂ deux formes hermitiennes positives sur E, et soient V = (αᵢⱼ), W = (βᵢⱼ) les matrices de ces formes… 0DMC
  • Remarque 4 On suppose que A = K ou A = K(i). Soit R une matrice hermitienne d’ordre n sur A; on dit que R a pour signature (s, t) si la forme hermitienne sur Aⁿ ayant R pour matrice par rappo… 0DMD
  • Remarque 5 On suppose que A = K ou A = K(i); soient R, S deux matrices hermitiennes sur A, de signatures (s, t) et (s', t') respectivement (exerc. 4); montrer que la matrice R ⊗ S est une mat… 0DME
  • Remarque 6 Soient K un corps ordonné maximal, L une algèbre simple de rang fini sur K. Si (s, t) est la signature de la forme bilinéaire symétrique (x, y) → Tr_L/K(xy) sur L, montrer que l’on… 0DMF
  • Remarque 7 On suppose que A satisfait aux conditions du début du § 7 et que E est de dimension finie n. Soit Φ une forme hermitienne positive non dégénérée sur E. a) Montrer que toute similit… 0DMG
  • Remarque 8 On suppose A = K; soit L un espace hermitien de dimension finie sur A, dont la forme métrique est positive non dégénérée. Soient M, N deux parties de L, u une bijection de M sur N… 0DMH
  • Remarque 9 On suppose remplies les conditions du n° 3, et en outre que A est le corps des quaternions sur K. Soit u un endomorphisme normal de E. Montrer que E est somme directe de sous-espac… 0DMI
  • Remarque 10 On suppose remplies les conditions du n° 3, et en outre que A est égal à K(i) ou au corps des quaternions sur K. Soit u un endomorphisme normal de E. 0DMJ
  • Remarque 11 On suppose remplies les conditions du n° 3, et en outre que A = K. Soit u un endomorphisme normal de E. 0DMK
  • Remarque 12 On suppose remplies les conditions du n° 3, et en outre que A est égal à K(i) ou au corps des quaternions sur K. Montrer que pour tout endomorphisme u de E, il existe une base orth… 0DML
  • Remarque 13 Soient A un corps vérifiant les conditions du début du § 7, E, F deux espaces vectoriels de dimension finie sur A, Φ (resp. Ψ) une forme hermitienne positive non dégénérée sur E (r… 0DMM
  • Remarque 14 On suppose remplies les conditions du no 3. Soient u un endomorphisme de E, h₁, h₂ les deux endomorphismes hermitiens positifs de E, tels que l’on ait h₁² = u^*u, h₂² = uu^* (exerc… 0DMN
  • Remarque 15 On suppose remplies les conditions du no 3. Montrer que toute matrice hermitienne positive H sur A peut s’écrire sous la forme LL^*, où L = (λᵢⱼ) n’a que des zéros au-dessous de sa… 0DMO
  • Remarque 16 On suppose remplies les conditions du no 3 et en outre que A = K(i). Soit u un endomorphisme de E. 0DMP
  • Remarque 17 On suppose remplies les conditions du n° 3 ; pour tout ξ ∈ A, on désigne par |ξ| l’élément ρ geqslant 0 de K tel que ρ² = ξ overlineξ (valeur absolue de ξ). Pour toute matrice carr… 0DMQ
  • Remarque 18 On suppose remplies les conditions du n° 3. 0DMR
  • Remarque 19 On suppose remplies les conditions du n° 3. Soit M une matrice carrée d’ordre n sur A; montrer que pour toute sous-matrice carrée N de M (obtenue en supprimant dans M un certain no… 0DMS
  • Remarque 20 On suppose remplies les conditions du n° 3 et en outre que A est égal à K ou à K(i). Appliquer les résultats des exerc. 17 à 19 à l’extension de Φ aux p-èmes puissances extérieures… 0DMT
  • Remarque 21 On suppose remplies les conditions du no 3. Soit u un endomorphisme hermitien de E et soit ∏ᵢ₌₁ⁿ (X-λᵢ) la décomposition en facteurs linéaires de son polynôme caractéristique ; on… 0DMU
  • Remarque 22 On suppose remplies les conditions du no 3, et en outre que A est égal à K(i) ou au corps des quaternions sur K. Soient u, v deux endomorphismes normaux de E; soit (Eᵢ)_1 leqslant… 0DMV
  • Remarque 23 On suppose remplies les conditions du no 3. Soient u et v deux endomorphismes de E. 0DMW
  • Remarque 24 On suppose remplies les conditions du n° 3. Soit Γ un groupe d’automorphismes de E tel que tout u ∈ Γ soit normal. Montrer qu’il existe une décomposition de E en somme directe de s… 0DMX
  • Remarque 25 On suppose que A = K (corps ordonné maximal). Soit L un espace euclidien de dimension n sur A, dont la forme métrique est positive non dégénérée. 0DMY
  • Remarque 26 a) Soient K un corps commutatif, S une partie de K telle que K soit un corps S-ordonnable maximal (chap. VI, § 2, exerc. 8). Soient f un polynôme de K[X], L son corps des racines… 0DMZ
  • Remarque 27 Soient K un corps ordonné maximal, E un espace vectoriel de dimension n sur K, Φ une forme bilinéaire symétrique non dégénérée sur E, de signature (s, t) distincte de (n, 0) et de… 0DN0

§ 8. Types de formes quadratiques

  • Proposition 1 Soient Q et Q' deux formes quadratiques sur A, non dégénérées et de dimensions finies. Pour que Q et Q' soient équivalentes, il faut et il suffit qu’elles aient même dimension et m… 0DN1
  • Proposition 2 La relation « il existe une forme quadratique Q sur A, non dégénérée et de dimension finie, telle que X = θ(Q) » est collectivisante en X (Ens., chap. II, § 1, n° 4). 0DN2
  • Proposition 3 Soit Q une forme quadratique non dégénérée et de dimension finie sur un espace vectoriel V sur A. Notons – Q la forme quadratique sur V définie par (-Q)(x) = -Q(x) (x ∈ V). Alors l… 0DN3
  • Définition 1 L’ensemble des types de formes quadratiques non dégénérées et de dimensions finies sur A, muni de l’addition définie par (2), s’appelle le groupe des types de formes quadratiques… 0DN4
  • Remarques 1) Toute forme quadratique Q non dégénérée et de dimension finie dont le type est nul (c’est-à-dire telle que θ(Q) = T₀ avec les notations ci-dessus) est une forme neutre. Il exist… 0EEP
  • Proposition 4 Soit Q une forme quadratique non dégénérée sur un espace vectoriel E de dimension finie sur A. Supposons A de caractéristique ≠ 2, et soit (x₁, …, xₙ) une base orthogonale de V. No… 0DN5
  • Corollaire Les hypothèses et notations étant celles de la prop. 3, les éléments a.T₁ (a ∈ A^*) forment un ensemble de générateurs du groupe des types de formes quadratiques sur A. 0DN6
  • Proposition 5 On suppose que A est un corps ordonné maximal. Soient Q une forme quadratique non dégénérée de dimension finie sur A, et (s, t) sa signature (§ 7, no 2, déf. 2). Alors le type de Q… 0DN7
  • Remarque 1 Il est clair que, si a est un élément de A^*, on a 0DN8
  • Remarque 2 Puisque A est de caractéristique ≠ 2, tout élément T de 𝔅 se met sous la forme ∑ᵢ₌₁ⁿ aᵢ . T₁ où aᵢ ∈ A^* (no 2, prop. 4). On a 0DN9
  • Remarque 3 Supposons que A soit un corps ordonné maximal. Alors l’anneau 𝔅 est isomorphe à Z (prop. 5), l’entier correspondant au type d’une forme de signature (s,\ t) étant s - t (ibid.). Co… 0DNA

§ 9. Algèbres de Clifford

  • Définition 1 On appelle algèbre de Clifford de Q et on note C(Q) l’algèbre quotient de l’algèbre tensorielle T(E) du module E par l’idéal bilatère (noté I(Q)) engendré par les éléments de la fo… 0DNB
  • Exemple Si E admet une base composée d’un seul élément e, T(E) est isomorphe à l’algèbre de polynômes A[X], et C(Q) est une extension quadratique de A, ayant pour base (1,\ u), où u est l’… 0DNC
  • Proposition 1 Soit f une application linéaire de E dans une algèbre D sur A telle que f(x)² = Q(x).1 pour tout x ∈ E. Il existe un homomorphisme barf et un seul de C(Q) dans D tel que f = barf ∘… 0DND
  • Proposition 2 Soient A' un anneau commutatif, φ un homomorphisme de A dans A', Q’ la forme quadratique sur E' = A' ⊗_A E déduite de Q par extension des scalaires (§ 3, no 4, prop. 3). Il existe… 0DNE
  • Lemme 1 Soit f un élément du dual E^* de E. Il existe une application linéaire i_f et une seule de T(E) dans elle-même telle que i_f(1) = 0 tag4 i_f ∘ eₓ + eₓ ∘ i_f = f(x).I tag5 pour tout… 0DNF
  • Lemme 2 Il existe une application linéaire λ_F et une seule de T(E) dans elle-même telle que 0DNG
  • Lemme 3 Soient F et G deux formes bilinéaires sur E. On a λ_F ∘ λ_G = λ_F+G. Pour toute forme bilinéaire F sur E, λ_F est une bijection de T(E) sur elle-même. 0DNH
  • Proposition 3 Soient Q et Q' deux formes quadratiques et F une forme bilinéaire sur E telles que Q'(x) = Q(x) + F(x, x) pour tout x ∈ E. L’application λ_F applique l’idéal I(Q') sur l’idéal I(Q)… 0DNI
  • Lemme 4 Si la forme quadratique Q est nulle, C(Q) n’est autre que l’algèbre extérieure de E. 0DNJ
  • Théorème 1 Supposons que le A-module E admette une base (xᵢ)_i ∈ L, l’ensemble d’indices L étant muni d’une structure d’ordre total. Pour toute partie finie H de L, posons x_H = ρ(x_h₁) ρ(x_h… 0DNK
  • Corollaire 1 Si E est un module libre de dimension n, C(Q) est un module libre de dimension 2ⁿ; de plus, si n > 0, C⁺ et C⁻ sont des modules libres de dimension 2ⁿ⁻¹. 0DNL
  • Corollaire 2 Si E est un module libre, l’application canonique ρ de E dans C(Q) et l’application a → a.1 de A dans C(Q) sont injectives. 0DNM
  • Corollaire 3 Supposons que E soit somme directe de deux sous-modules libres E₁ et E₂. Soient Qᵢ la restriction de Q à Eᵢ et pᵢ l’application canonique de C(Qᵢ) dans C(Q) (i = 1, 2). Alors l’app… 0DNN
  • Corollaire 4 Les hypothèses et notations étant celles du cor. 3, supposons de plus que E₁ et E₂ soient orthogonaux, et transportons à C(Q₁) ⊗ C(Q₂), au moyen de la bijection p, la structure d’a… 0DNO
  • Théorème 2 Supposons que la dimension de E soit un nombre pair m = 2r et que Q soit neutre (§ 4, n° 2). Alors l’algèbre C(Q) est séparable (chap. VIII, § 7, n° 5, déf. 1) et est isomorphe à l… 0DNP
  • Corollaire Si m est pair, mais Q d’indice quelconque, l’algèbre C(Q) est une algèbre centrale simple de dimension 2ᵐ. De plus, si m > 0, la sous-algèbre C⁺(Q) est séparable, et son centre Z e… 0DNQ
  • Remarque 1 Comme l’algèbre C(Q) est simple, elle n’a qu’une seule classe de représentations irréductibles ; on les appelle les représentations spinorielles ; quand on fixe son attention sur u… 0DNR
  • Remarque 2 Supposons A de caractéristique ≠ 2, et soit (x₁, …, xₘ) (m = 2r) une base orthogonale de E. Posons z = 2ʳ x₁ … xₘ ∈ C(Q); comme xᵢ xⱼ + xⱼ xᵢ = 0 pour i ≠ j, on a zxⱼ = -xⱼ z, ce q… 0DNS
  • Théorème 3 Supposons que la dimension de E soit un nombre impair m = 2r + 1 (donc que A soit de caractéristique ≠ 2). 0DNT
  • Remarque Le discriminant D de Φ par rapport à la base (xⱼ)_(j=0,…,2r) est égal à 2²ʳ⁺¹ Q(x₀) … Q(x₂ᵣ). Par suite Z est engendré par 1 et par l’élément impair z' = 2ʳ⁺¹ z tel que z'² = (-1)ʳ… 0DNU
  • Définition 2 On appelle groupe de Clifford de Q (resp. groupe de Clifford spécial de Q), le groupe multiplicatif des éléments inversibles s de C(Q) (resp. C⁺(Q)) tels que sEs⁻¹ = E. 0DNV
  • Théorème 4 Posons, pour s ∈ G et x ∈ E, φ(s).x = sx s⁻¹. 0DNW
  • Lemme 5 Tout élément s de G est de la forme zs', où z est un élément inversible de Z et s' appartient à G ∩ C⁺(Q) ou à G ∩ C⁻(Q); le sous-groupe G⁺ est d’indice 2 dans G lorsque E ≠ 0. 0DNX
  • Proposition 4 Soit β l’antiautomorphisme principal de C(Q) (n° 1). Pour tout s ∈ G⁺, β(s)s est un scalaire. L’application N : s → β(s)s est un homomorphisme de G⁺ dans le groupe multiplicatif A^… 0DNY

§ 10. Angles

  • Proposition 1 Soit A(Φ) la sous-algèbre de L_A(E) engendrée par les similitudes directes de E. 0DNZ
  • Remarque 1 Soit ν la similitude de matrice beginpmatrix 0 & δ \\ 1 & 0 endpmatrix par rapport à (e₁, e₂); la similitude ω introduite dans la démonstration de la prop. 1 est égale à -α₁ ν; on… 0DO0
  • Remarque 2 Les similitudes directes u = a + b ν (a, b dans Λ, b ≠ 0) dont le carré est une homothétie sont les homothéties et les multiples scalaires b ν de ν, puisque (a + b ν)² = (a² + δ b²… 0DO1
  • Remarque 3 On vérifie aisément que, pour x, y dans E et u ∈ Λ(Φ), on a Φ(u(x), y) = Φ(x, overlineu(y)). Ainsi l’endomorphisme adjoint d’une similitude directe u est la similitude directe over… 0DO2
  • Remarque 4 Comme toute similitude inverse de E est le produit d’une similitude directe et de la symétrie par rapport à Ae₁, les matrices n° 1 0DO3
  • Corollaire 1 Le groupe S⁺ des similitudes directes est commutatif. Quels que soient les vecteurs non isotropes x, y de E, il existe une similitude directe u et une seule telle que y = u(x). 0DO4
  • Corollaire 2 Le groupe O⁺ des rotations est commutatif. Quels que soient les vecteurs x, y de E tels que Φ(x, x) = Φ(y, y) ≠ 0, il existe une rotation u et une seule telle que y = u(x). 0DO5
  • Corollaire 3 Le groupe S⁺/H est commutatif. Il opère sur l’ensemble des droites non isotropes de E. Quelles que soient les droites non isotropes D, D' de E, il existe un élément φ et un seul de… 0DO6
  • Proposition 2 Le noyau de l’homomorphisme canonique de O⁺ dans S⁺/H est 1, -1. 0DO7
  • Proposition 3 L’homomorphisme u → u/overlineu = u² / N(u) de S⁺ dans lui-même admet H pour noyau, et définit, par passage au quotient, un isomorphisme de S⁺/H sur O⁺. 0DO8
  • Corollaire Notons i : O⁺ → S⁺/H et d : S⁺/H → O⁺ les homomorphismes définis dans les prop. 2 et 3, et écrivons additive- ment les groupes abéliens O⁺ et S⁺/H; on a d(i(θ)) = 2θ pour θ ∈ O⁺ et… 0DO9
  • Remarque Lorsque –1 appartient à la classe mod. (A^*)² en question, on choisit en général ω de telle sorte que ω² = -1, ce qui le détermine au signe près. Lorsque cette classe contient 1 ma… 0DOA
  • Proposition 4 a) Lorsque ω² = δ n’est pas un carré dans A (c’est-à-dire lorsque E ne contient pas de droite isotrope), l’application t de S⁺/H dans tildeA est une bijection. 0DOB
  • Proposition 5 Notons O⁺ additivement. Pour tout couple d’éléments θ, θ' de O⁺ on a 0DOC
  • Proposition 6 Soit d l’isomorphisme de S⁺/H sur O⁺ défini dans la prop. 3. Pour tout élément φ de S⁺/H tel que t = t(φ) soit fini, on a 0DOD
  • Corollaire Pour tout élément θ de O⁺ tel que t(θ) soit fini, on a 0DOE
  • Remarque Les formules (6) restent vraies pour t = ∞ à condition de remplacer les fonctions rationnelles qui figurent au second membre par leurs prolongements canoniques au corps projectif t… 0DOF
  • Proposition 7 Supposons que A soit un corps ordonné maximal et que Φ soit une forme positive (§ 7). Alors les homomorphismes canoniques de O⁺ dans S⁺/H⁺ et de O⁺/ 1, -1 dans S⁺/H sont bijectifs… 0DOG
  • Corollaire Etant données deux demi-droites D, D' d’origine 0, il existe une rotation v et une seule telle que v(D) = D'. 0DOH
  • Proposition 8 On suppose que A est un corps ordonné maximal, et que la forme Φ est positive. Soient D₁, D₂, D'₁, D'₂ quatre droites (resp. demi-droites) d’origine 0 de E. Pour que les angles (wi… 0DOI
  • Remarque 1 L’ensemble L des droites (resp. demi-droites) d’origine 0 de E est un espace homogène du groupe abélien S⁺/H (resp. O⁺) tel que l’élément neutre soit le seul opérateur laissant inv… 0DOJ
  • Remarque 2 Dans la définition du groupe des angles de droites, on peut, au lieu du groupe S⁺/H, utiliser le groupe O⁺/ -1, 1 qui lui est canoniquement isomorphe (prop. 7). L’homomorphisme can… 0DOK
  • Proposition 9 On suppose que le corps A est ordonné maximal, et que Φ est une forme positive. Pour tout entier n > 1, le nombre des éléments θ du groupe 𝔄₀ des angles de droites (resp. 𝔄 des ang… 0DOL
  • Corollaire L’angle droit (resp. plat) est le seul élément d’ordre 2 du groupe 𝔄₀ (resp. 𝔄). 0DOM
  • Lemme 1 Soit u une similitude directe de E; tous les bivecteurs de la forme x ∧ u(x) appartiennent à la même demi-droite fermée de overset2∧ E. 0DON
  • Proposition 10 On suppose que le corps A est ordonné maximal, que le plan E est orienté, et que la forme Φ est positive. Pour tout couple de vecteurs non nuls x, y de E on a 0DOO
  • Remarque 3 Étant données deux droites (resp. demi-droites) D, D' d’un plan affine L attaché à E, on appelle angle de D et D', et on note (widehatD, D'), l’angle que font leurs directions dans… 0DOP
  • Remarque 4 Soient F un espace vectoriel de dimension quelconque sur le corps ordonné maximal A, et Ψ une forme bilinéaire symétrique positive non dégénérée sur F. Étant donnés deux vecteurs x… 0DOQ
  • Proposition 11 Soient E un plan orienté sur un corps ordonné A, D₀ une demi-droite de E, et G l’ensemble des demi-droites de E distinctes de D₀. La relation 0DOR
  • Corollaire Soient D₁ et D₂ deux demi-droites distinctes de E. Pour toute demi-droite D₀ de E telle que la suite D₀, D₁, D₂ soit directe, l’ensemble des demi-droites D de E telles que D₁ < D <… 0DOS
  • Proposition 12 Soient A un corps ordonné maximal, E un plan orienté sur A, D₀ une demi-droite de E et G l’ensemble des demi-droites de E distinctes de D₀. Les ensembles totalement ordonnés A et G… 0DOT

X. Algèbre homologique

§ 1. Compléments d’algèbre linéaire

  • Proposition 1 Considérons un diagramme commutatif de A-modules 0DOU
  • Lemme 1 Considérons un diagramme commutatif de A-modules 0DOV
  • Proposition 2 Supposons que dans le diagramme commutatif (4), les suites (u, v) et (u', v') soient exactes. Alors : (i) On a v₁ ∘ u₁ = 0; si u' est injectif, la suite (u₁, v₁) est exacte. (ii) O… 0DOW
  • Corollaire 1 Supposons que le diagramme (4) soit commutatif et ait ses lignes exactes. Alors : 0DOX
  • Corollaire 2 Supposons que le diagramme (4) soit commutatif et ait ses lignes exactes. Dans ces conditions : 0DOY
  • Définition 1 On dit que le A-module E est plat, si pour toute suite exacte de A-modules à droite et d’homomorphismes 0DOZ
  • Proposition 3 Pour que le A-module E soit plat, il faut et il suffit que, pour tout A-homomorphisme injectif u : M' → M de A-modules à droite, l’application u ⊗ 1 : M' ⊗_A E → M ⊗_A E soit injec… 0DP0
  • Proposition 4 (i) Soient (Eᵢ)_i ∈ I une famille de A-modules, E = ⨁_i ∈ I Eᵢ leur somme directe. Pour que le A-module E soit plat, il faut et il suffit que chacun des Eᵢ le soit. 0DP1
  • Exemple 1 Il est clair que Aₛ est un A-module plat; il résulte alors de la prop. 4 (i) que tout A-module libre, et plus généralement tout A-module projectif, est plat (voir aussi II, p. 63… 0DP2
  • Exemple 2 D’après la prop. 4 (ii), tout A-module qui est limite inductive d’un système inductif filtrant de A-modules libres est plat. Nous démontrerons une réciproque au no 6. 0DP3
  • Exemple 3 Si A est semi-simple, tout A-module est projectif (VIII, § 5, no 1, prop. 1) donc plat. 0DP4
  • Exemple 4 \ Si A est un anneau local artinien (non nécessairement commutatif), un A-module est plat si et seulement s’il est libre (AC II, § 3, no 2, cor. 2 de la prop. 5). \ 0DP5
  • Exemple 5 Si A est intègre, le corps des fractions K de A est un A-module plat (II, p. 118, prop. 27). 0DP6
  • Exemple 6 \ En AC II et III, nous étudierons deux exemples importants de A-modules plats lorsque A est commutatif : les anneaux de fractions S⁻¹ A, et lorsque A est nœthérien, les séparés co… 0DP7
  • Exemple 7 Soit a ∈ A tel que l’application a_A : x ↦ ax de A dans A soit injective (« a n’est pas diviseur à gauche de 0 »). Si E est un A-module plat, alors l’homothétie a_E est injective… 0DP8
  • Exemple 8 Soient B un anneau et ρ : A → B un homomorphisme. Si E est un A-module plat, le B-module E_(B) = B ⊗_A E est plat. Soit en effet u : N' → N un homomorphisme injectif de B-modules à… 0DP9
  • Exemple 9 Supposons que A = K[X, Y], où K est un corps. Alors l’idéal maximal m engendré par X et Y est un A-module sans torsion, mais non plat. Considérons en effet l’anneau B = A/(Y), qui… 0DPA
  • Exemple 10 Supposons A commutatif. Soit B l’algèbre A[X₁, ..., Xₙ]/(P), où P est un polynôme non nul. Pour tout idéal premier p de A, notons κ(p) le corps des fractions de l’anneau intègre A/… 0DPB
  • Exemple 11 \ Soient S et X deux espaces analytiques complexes et f : X → S un morphisme. On dit que f est plat en un point x de X si O_X,x, considéré comme O_S,f(x)-module au moyen de l’homom… 0DPC
  • Proposition 5 (i) Tout module admettant une présentation finie est de type fini. (ii) Si A est un anneau noethérien à gauche, tout A-module de type fini admet une présentation finie. (iii) Tout… 0DPD
  • Proposition 6 Soient A un anneau, E un A-module de présentation finie. Pour toute suite exacte 0DPE
  • Proposition 7 Soit M un A-module. Il existe un ensemble ordonné I filtrant à droite et un système inductif de A-modules de présentation finie (M\alpha, \varphi{\beta\alpha}) relatif à I tel que… 0DPF
  • Proposition 8 a) Si le A-module E est de type fini (resp. de présentation finie), l’homomorphisme canonique (16) est injectif (resp. bijectif). 0DPG
  • Corollaire Tout module plat et de présentation finie est projectif. 0DPH
  • Lemme 2 Soient I un ensemble ordonné filtrant à droite, (E_α, φ_βα) un système inductif d’ensembles relatif à I, E sa limite inductive et φ_α : E_α → E, α ∈ I, les applications canoniques… 0DPI
  • Théorème 1 (D. Lazard) Pour tout A-module E, les conditions suivantes sont équivalentes : (i) E est plat. (ii) Pour tout A-module P de présentation finie, l’homomorphisme canonique Hom_A(P, A) ⊗_A E → Ho… 0DPJ
  • Corollaire Supposons A commutatif. Pour tout A-module plat E, les A-modules T(E), S(E), Λ(E), T^n(E), S^n(E), Λ^n(E) sont plats. 0DPK
  • Remarque Considérant dans (ii) une présentation finie As^J \xrightarrow{c} As^I \to P \to 0, on obtient la condition (ii’) encore équivalente aux précédentes : 0DPL
  • Définition 2 On dit que le A-module E est injectif si, pour toute suite exacte de A-modules et d’homomorphismes 0DPM
  • Lemme 3 Pour que le A-module E soit injectif, il faut et il suffit que, pour toute application A-linéaire injective u : M' → M, l’application 0DPN
  • Remarque Soient E un A-module injectif, u : M' → M et f : M' → E des homomorphismes de A-modules. Si Keru⊂Kerf, il existe un homomorphisme g : M → E tel que g∘ u=f. Cela résulte en effet de… 0DPO
  • Proposition 9 Soient (Eᵢ)_i∈ I une famille de A-modules, E=∏_i∈ IEᵢ leur produit. Pour que le A-module E soit injectif, il faut et il suffit que chacun des Eᵢ le soit. 0DPP
  • Proposition 10 Soit E un A-module. Pour que E soit injectif, il faut et il suffit que, pour tout idéal a de A et tout A-homomorphisme f : a→ E, il existe e∈ E tel que 0DPQ
  • Corollaire 1 Si l’anneau A est nœthérien à gauche, tout module somme directe de A-modules injectifs est injectif. 0DPR
  • Remarque Si tout A-module somme directe de A-modules injectifs est injectif, l’anneau A est nœthérien à gauche (X, p. 170, exercice 21). 0DPS
  • Corollaire 2 Supposons A intègre. a) Tout A-module injectif est divisible. b) Tout A-module sans torsion (II, p. 115) et divisible est injectif. c) Si A est principal, tout A-module divisible e… 0DPT
  • Exemple 1 Si A est intègre, le corps des fractions K de A est un A-module injectif. Si A est principal, K/A est un A-module injectif. 0DPU
  • Exemple 2 Par exemple, les Z-modules Q et Q/Z sont injectifs. 0DPV
  • Exemple 3 Soit A un anneau principal et soit a un élément non nul de A. Alors A/aA est un A/aA-module injectif (X, p. 170, exercice 20). 0DPW
  • Proposition 11 Soient B un anneau, F un B-module et P un (B, A)-bimodule. Si F est un B-module injectif et P un A-module plat, Hom_B(P, F) est un A-module injectif. 0DPX
  • Définition 3 On dit que le A-module E est cogénérateur si, pour tout A-module M et tout élément non nul x de M, il existe un A-homomorphisme u : M → E tel que u(x) ≠ 0. 0DPY
  • Proposition 12 Soit E un A-module injectif. Pour que E soit cogénérateur, il faut et il suffit que Hom_A(S, E) ≠ 0 pour tout A-module simple S. 0DPZ
  • Exemple Le Z-module injectif Q/Z (X, p. 18, exemple 2) est cogénérateur. En effet, tout Z-module simple est isomorphe à un module Z/pZ, p≠ 0, et Hom_Z(Z/pZ,Q/Z) est non nul (il contient pa… 0DQ0
  • Proposition 13 Soient B un anneau, F un B-module injectif cogénérateur, P un (B,A)-bimodule. Supposons P plat sur A et tel que P⊗_A S≠ 0 pour tout A-module simple S ( c’est-à-dire fidèlement plat… 0DQ1
  • Corollaire 1 Le A-module E_A=Hom_Z(A,Q/Z) est injectif et cogénérateur. 0DQ2
  • Corollaire 2 Le A-module I⁰(M) est injectif et le A-homomorphisme e_M:M→ I⁰(M) est injectif. 0DQ3
  • Corollaire 3 Tout A-module est isomorphe à un sous-module d’un A-module injectif. 0DQ4
  • Corollaire 4 Pour que le A-module E soit injectif, il faut et il suffit que tout A-homomorphisme injectif f:E→ F possède une rétraction A-linéaire. 0DQ5
  • Définition 4 Soit M un A-module. Une enveloppe injective de M est un couple (I,i), où I est un A-module injectif et i:M→ I un homomorphisme possédant la propriété suivante : 0DQ6
  • Exemple 1 Supposons A intègre et M sans torsion. Soient K le corps des fractions de A et i : M → K ⊗A M l’homomorphisme canonique. Alors (K ⊗A M, i) est une enveloppe injective de M (II, p… 0DQ7
  • Théorème 2 Soit M un A-module. a) M possède des enveloppes injectives. b) Si (I, i) et (J, j) sont deux enveloppes injectives de M, il existe un isomorphisme f : I → J tel que f ∘ i = j. 0DQ8
  • Remarque 1 Soient (I, i) une enveloppe injective de M et j : M → J un homomorphisme injectif de M dans un A-module injectif J. D’après la démonstration ci-dessus, il existe un homomorphisme i… 0DQ9
  • Remarque 2 Soit (I, i) une enveloppe injective de M. Identifions M au sous-module i(M) de I. Pour tout sous-module N de M, il existe un sous-module injectif de I qui est une enveloppe injecti… 0DQA
  • Proposition 14 Soit I un A-module injectif non nul. Les conditions suivantes sont équivalentes: (i) I est indécomposable (VII, § 4, no 8, déf. 3); (ii) 0 n’est pas intersection de deux sous-modul… 0DQB
  • Corollaire 1 La relation « I est une classe de A-modules injectifs indécomposables » est collectivisante. 0DQC
  • Corollaire 2 Soient M un A-module, I une enveloppe injective de M. Pour que I soit indécomposable, il faut et il suffit que 0 ne soit pas intersection de deux sous-modules non nuls de M. 0DQD
  • Exemple 2 Si A est commutatif et nœthérien, les A-modules injectifs indécomposables sont exactement les enveloppes injectives des modules A/p où p est un idéal premier (X, p. 171, exercice 2… 0DQE
  • Lemme 4 Soient M un A-module nœthérien non nul, I une enveloppe injective de M. Alors I possède un sous-module injectif indécomposable. 0DQF
  • Théorème 3 Soit I un A-module injectif. 0DQG

§ 2. Complexes de A-modules

  • Définition 1 Un complexe différentiel de A-modules est un couple (C,d) formé d’un A-module gradué C et d’un endomorphisme d:C→ C gradué de degré descendant -1 et tel que d∘ d=0. 0DRD
  • Exemple Si C est à différentielle nulle, on a Z(C) = C, B(C) = 0 et H(C) s’identifie canoniquement à C. 0DRE
  • Définition 2 Soient (C, d) et (C', d') deux complexes. Un morphisme ¹ de (C, d) dans (C', d') est un A-homomorphisme gradué u de degré 0 de C dans C' tel que d' ∘ u = u ∘ d . 0DRF
  • Définition 3 Soient (C, d) et (C', d') deux complexes. Un homologisme (ou quasi-isomorphisme) de (C, d) dans (C', d') est un morphisme u de (C, d) dans (C', d') tel que H(u) soit bijectif. 0DRG
  • Proposition 1 Pour toute famille de complexes (Cᵢ)_i ∈ I, les homomorphismes canoniques ⨁_i ∈ I H(Cᵢ) → H(⨁_i ∈ I Cᵢ), H(∏_i ∈ I Cᵢ) → ∏_i ∈ I H(Cᵢ) sont bijectifs. 0DRH
  • Lemme 1 L’image φ(Γ) de Γ dans H(C'') × H(C') est le graphe d’un A-homomorphisme gradué de degré -1 de H(C'') dans H(C'). 0DRI
  • Théorème 1 La suite illimitée d’homomorphismes de A-modules 0DRJ
  • Corollaire 1 Si deux des complexes C, C', C'' sont d’homologie nulle, le troisième l’est aussi. Pour que u (resp. v) soit un homomorphisme, il faut et il suffit que C'' (resp. C') soit d’homolo… 0DRK
  • Corollaire 2 Soit u un morphisme de complexes. Si Ker u et Coker u sont d’homologie nulle, alors u est un homologisme. 0DRL
  • Proposition 2 Considérons un diagramme commutatif de complexes à lignes exactes 0DRM
  • Exemple Soit C un complexe. Considérons la suite exacte canonique 0DRN
  • Exemple Considérons le produit de sphères S₂ × S₂ et l’espace projectif complexe P₂(C). Soit b ∈ S₂, on définit une décomposition cellulaire (Yₙ) de Y = S₂ × S₂ en posant 0DRO
  • Définition 4 Soient (C, d) et (C', d') deux complexes, f et g deux morphismes de C dans C'. On appelle homotopie reliant f à g tout A-homomorphisme gradué s de degré 1 de C dans C' tel que g -… 0DRP
  • Proposition 3 Si f et g sont deux morphismes homotopes de C dans C', alors H(f) = H(g). Soit s une homotopie reliant f à g. On a (g - f)(Z(C)) = (d' ∘ s + s ∘ d)(Z(C)) = (d' ∘ s)(Z(C)) ⊂ B(C')… 0DRQ
  • Corollaire Un morphisme homotope à un homologisme est un homologisme. 0DRR
  • Proposition 4 Soient C, C', D, D' quatre complexes, f : C → C', g : C → C', u : D → C, v : C' → D' quatre morphismes. Si s est une homotopie reliant f à g, alors v ∘ s ∘ u est une homotopie reli… 0DRS
  • Corollaire Soient C, C', C'' trois complexes, f et g deux morphismes de C dans C', f₁ et g₁ deux morphismes de C' dans C''. Si s et s₁ sont des homotopies reliant f à g et f₁ à g₁ respectivem… 0DRT
  • Définition 5 Un morphisme de complexes f : C → C' est appelé un homotopisme s’il existe un morphisme f' : C' → C tel que f' ∘ f et f ∘ f' soient homotopes à 1_C et 1_C' respectivement. Il est c… 0DRU
  • Proposition 5 Un homotopisme est un homologisme ; un morphisme composé d’homotopismes est un homotopisme. Un morphisme homotope à un homotopisme est un homotopisme. Soient f : C → C' et f₁ : C'… 0DRV
  • Corollaire Soient C, C', D, D' quatre complexes, f : C → C' un morphisme, u : D → C et v : C' → D' des homotopismes. Pour que v ∘ f ∘ u soit un homotopisme (resp. un homologisme), il faut et… 0DRW
  • Exemple Soient u : M → N et v : N → P des homomorphismes de A-modules tels que v ∘ u = 0 ; soit C le complexe tel que C₂ = M, C₁ = N, C₀ = P, Cᵢ = 0 pour i ≠ 0, 1, 2, d₂ = u, d₁ = v, dᵢ =… 0DRX
  • Proposition 6 Soit (C, d) un complexe. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) il existe un homotopisme de (C, d) sur (H(C), 0) ; (ii) il existe un A-endomorphisme s de C, gradué de deg… 0DRY
  • Définition 6 Un complexe C est dit scindé s’il satisfait aux conditions équivalentes de la prop. 6. 0DRZ
  • Exemple 1 Un complexe à différentielle nulle est scindé. 0DS0
  • Exemple 2 Les complexes homotopes à zéro sont les complexes scindés d’homologie nulle, i.e. les complexes C tels que H(C)=0 et que Z(C) soit facteur direct dans C. 0DS1
  • Exemple 3 Soient f:M→ N un homomorphisme de A-modules et C le complexe tel que C₁=M, C₀=N, Cᵢ=0 pour i≠0,1, d₁=f, dᵢ=0 pour i≠1. Alors C est scindé si et seulement si Kerf est facteur direct… 0DS2
  • Exemple 4 Le complexe C est scindé dès que B(C) et H(C) sont projectifs (resp. dès que Bₙ(C) et Hₙ(C) sont injectifs pour chaque n). En effet, d’après les suites exactes (Iₙ) à (IVₙ) du n° 1… 0DS3
  • Exemple 5 En particulier, si A est principal, un complexe libre C est scindé si et seulement si H(C) est libre (c’est-à-dire Hₙ(C) libre pour tout n∈Z). 0DS4
  • Remarque a) Supposons que la suite exacte canonique de A-modules gradués 0DS5
  • Lemme 2 (Cyl (u), overlineD) et (Con (u), D) sont des complexes de A-modules. 0DS6
  • Définition 7 Les complexes Cyl (u) et Con (u) sont appelés respectivement le cylindre et le cône du morphisme u. 0DS7
  • Exemple Soit u : M → N un homomorphisme de A-modules ; alors les seules composantes homogènes non nulles de Cyl (u) et Con (u) sont Cyl₁ (u) = M , Cyl₀ (u) = M ⊕ N , Con₁ (u) = M , Con₀ (u… 0DS8
  • Proposition 7 a) Les applications tildeu, α, β, π, tildeπ, δ sont des morphismes de complexes : on a u = β ∘ tildeu, π = tildeπ ∘ α, β ∘ α = 1_C. 0DS9
  • Corollaire Pour tout morphisme de complexes u : C' → C, il existe un morphisme injectif de complexes tildeu : C' → C₁ et un homotopisme β : C₁ → C tel que u = β ∘ tildeu. 0DSA
  • Lemme 3 a) L’homomorphisme de liaison ∂ₙ₊₁(π, δ) : Hₙ(C') → Hₙ(C) relatif à la suite exacte (7) est égal à -Hₙ(u). 0DSB
  • Proposition 8 On a la suite exacte illimitée (8) ⋯ longrightarrow Hₙ(C') xrightarrowHₙ(u) Hₙ(C) xrightarrowHₙ(π) Hₙ(Con (u)) xrightarrowHₙ(δ) Hₙ₋₁(C') longrightarrow ⋯ . 0DSC
  • Corollaire Pour que u soit un homologisme, il faut et il suffit que Con (u) soit d’homologie nulle. 0DSD
  • Remarque Considérons le diagramme 0DSE
  • Proposition 9 Les applications β et φ sont des homologismes de complexes. Pour β, cela résulte de la prop. 7, c). On a beginalign* φ ∘ D(y', x) &= φ(-d'y', dx - u(y')) = v(dx - u(y')) \\ &= v(dx… 0DSF
  • Remarque L’homologisme β est un homotopisme, mais φ n’est pas en général un homotopisme (cf. X, p. 173, exercice 8). 0DSG
  • Corollaire Le diagramme de A-modules gradués 0DSH
  • Exemple 1 Si A est un corps, on peut prendre pour C l’ensemble des classes d’espaces vectoriels de dimension finie et pour φ l’isomorphisme de K( C) sur Z défini par φ([M])=dim(M). 0DSI
  • Exemple 2 On peut prendre pour C l’ensemble des classes de modules de longueur finie et pour φ : K(C) → Z l’homomorphisme défini par φ([M]) = long_A(M). 0DSJ
  • Définition 8 Soient M un A-module gradué borné de type C et (Mₙ) sa graduation. On appelle φ-caractéristique de M et on note χ_φ(M) ou simplement χ(M) l’élément ∑ (-1)ⁿ φ([Mₙ]) de G. Cette défi… 0DSK
  • Exemple 3 Si M est borné de type C, il en est de même de M(p) pour tout p ∈ Z, et on a χ(M(p)) = (-1)ᵖ χ(M). 0DSL
  • Exemple 4 Soit 0 → M' → M → M'' → 0 une suite exacte de A-modules gradués et d’homomorphismes gradués de degré 0. Si M, M’ et M'' sont bornés de type C, on a χ(M) = χ(M') + χ(M''). Si M et M… 0DSM
  • Exemple 5 Soit u : C' → C un morphisme de complexes bornés de type C. Alors Con (u) est borné de type C, et on a : χ(Con(u)) = χ(C) - χ(C'). 0DSN
  • Exemple 6 On peut prendre pour G le groupe K(C) lui-même, et pour φ l’identité ; on note dans ce cas χ_C(M) l’élément χ_φ(M) = ∑ (-1)ⁿ[Mₙ] de K(C). 0DSO
  • Remarque On appelle polynôme de Poincaré de M relativement à φ l’élément P_M(t) = ∑ φ([Mₙ]) tⁿ ∈ G ⊗ Z[t, t⁻¹]. On a P_M(1) = φ([M]) et P_M(-1) = χ(M). 0DSP
  • Lemme 4 Soit C un complexe borné de type C. Si H(C) = 0, on a χ(C) = 0. Cela résulte de VIII, § 6, no 1, cor. de la prop. 1. 0DSQ
  • Proposition 10 Soient C et C’ deux complexes bornés de type C. S’il existe un homologisme u : C' → C, on a χ(C) = χ(C'). En effet, Con (u) est borné de type C et on a χ(Con(u)) = χ(C) - χ(C'); d’… 0DSR
  • Proposition 11 Soit C un complexe borné de type C. a) Si C est stable, H(C) est de type C. b) Si H(C) est de type C, il en est de même de B(C) et de Z(C), et on a χ(H(C)) = χ(C). 0DSS
  • Corollaire Si C est stable et C borné de type C, le module gradué H(C) est borné de type C et on a χ(H(C)) = χ(C). 0DST
  • Proposition 12 Soit 0 → C' → C → C'' → 0 une suite exacte de complexes. 0DSU
  • Lemme 5 Soit M → N → P → Q → R une suite exacte de A-modules. Si C est stable, et si M, N, Q et R sont de type C, le module P est de type C. Posons N' = Coker(M → N) et Q' = Ker(Q → R). Le… 0DSV
  • Corollaire Supposons C stable, et soit u : C' → C un morphisme de complexes tels que H(C) et H(C') soient bornés de type C. Alors H(Con(u)) est borné de type C, et on a χ(H(Con(u))) = χ(H(C))… 0DSW
  • Remarque Soient E un complexe, h : E → C et h' : E → C' des homotopismes avec C et C' bornés de type C. On a alors χ(C) = χ(C'). En effet, si h₁ est un inverse de h à homotopie près, h' ∘ h… 0DSX
  • Proposition 13 Il existe une unique k-antidérivation d : Ω_A/k → Ω_A/k de degré 1, de carré nul, qui prolonge la dérivation d⁰ : A → Ω¹_A/k. 0DSY
  • Exemple 1 Prenons pour A l’anneau k[X₁, ..., Xₙ]. Alors Ω_A/k¹ est un A-module libre de base dX₁, ..., dXₙ (III, p. 134, exemple). Par conséquent, si pour toute partie I = i₁, ..., iₚ de 1… 0DSZ
  • Exemple 2 Supposons que k = C et A = C [X₁, ..., Xₙ]/(P₁, ..., Pᵣ), où les Pᵢ sont des polynômes en X₁, ..., Xₙ, tels que l’ensemble des points de Cⁿ où tous les Pᵢ s’annulent soit une sous-… 0DT0
  • Proposition 14 (i) Il existe une unique application k-linéaire ∇ du Ω_A/k-module à droite M ⊗_A Ω_A/k dans lui-même, graduée de degré 1, qui prolonge ∇⁰ en degré 0 et satisfait à l’identité : 0DT1

§ 3. Résolutions

  • Lemme 1 Considérons un diagramme de A-modules et d’homomorphismes 0DTO
  • Lemme 2 Si dans le diagramme commutatif de A-modules et d’homomorphismes 0DTP
  • Proposition 1 Soient (P, d_P) et (E, d_E) deux complexes de A-modules et r un entier. 0DTQ
  • Définition 1 Soit M un A-module. Une résolution gauche de M est un couple (P,p) où P est un complexe nul à droite et p:P→ M est un homomorphisme. Une résolution droite de M est un couple (e,E)… 0DTR
  • Proposition 2 Soient P un complexe nul à droite et p:P→ M un morphisme. Pour que (P,p) soit une résolution gauche de M, il faut et il suffit que la suite 0DTS
  • Définition 2 Une résolution projective (resp. libre, resp. plate) du A-module M est une résolution gauche (P,p) de M telle que le complexe P soit projectif (resp. libre, resp. plat) (X, p. 25)… 0DTT
  • Exemple 1 Supposons que l’anneau A soit principal ; soient M un A-module et (xᵢ)_i∈ I une famille génératrice de M. Notons L₀ le module libre A⁽ᴵ⁾, (eᵢ) sa base canonique et définissons p:L₀… 0DTU
  • Exemple 2 Supposons A commutatif ; soient E un A-module et u un endomorphisme de E. Notons Eᵤ le A[X]-module obtenu en munissant E de la structure définie par 0DTV
  • Exemple 3 Si A est principal, la suite exacte 0DTW
  • Proposition 3 Soient f : M' → M un homomorphisme de A-modules, p' : P' → M' un morphisme dans M' d’un complexe nul à droite et projectif P', et p : P → M une résolution gauche de M. Il existe un… 0DTX
  • Corollaire Soient (P, p) et (P', p') deux résolutions projectives de M. Il existe un homotopisme et un seul à homotopie près α : P' → P tel que p ∘ α = p'. 0DTY
  • Corollaire Soient (e, E) et (e', E') deux résolutions injectives de N ; il existe un homotopisme α : E → E' et un seul à homotopie près tel que α ∘ e = e'. 0DTZ
  • Proposition 4 L(f) : L(M) → L(N) est un morphisme de complexes de A-modules ; on a p_M ∘ L(f) = f ∘ p_N. 0DU0
  • Remarque Si f, g ∈ Hom_A(M, N), on n’a pas L(f + g) = L(f) + L(g). Cependant ces deux morphismes sont homotopes d’après X, p. 49, prop. 3. 0DU1
  • Proposition 5 I(f) : I(M) → I(N) est un morphisme de complexes de A-modules ; on a I(f) ◦ eM = eN ◦ f. Cela se démontre de manière analogue à la prop. 4. 0DU2
  • Remarque Si f, g ∈ Hom_A(M, N), on n’a pas I(f + g) = I(f) + I(g). Cependant, ces deux morphismes sont homotopes d’après X, p. 49, prop. 3 bis. 0DU3
  • Proposition 6 Lorsque A est noethérien à gauche, tout A-module de type fini M possède une résolution libre p : L → M telle que Lₙ soit de type fini pour tout entier n. Plus généralement : 0DU4
  • Proposition 7 Soit C un A-complexe et soit a ∈ Z tel que Hₙ(C) = 0 pour n < a. a) Il existe un A-complexe libre L tel que Lₙ = 0 pour n < a et un homologisme f : L → C. 0DU5
  • Lemme 3 Soient C un complexe et r∈ Z. Il existe un complexe C' et un homomorphisme f:C'→ C tels que fₙ:C'ₙ→ Cₙ soit un isomorphisme pour n<r et que C'ᵣ soit un A-module libre. Si A est noe… 0DU6
  • Proposition 8 Soient M un A-module, P et P' deux résolutions projectives minimales de M et f:P→ P' un morphisme de résolutions. Alors f est un isomorphisme. En particulier, deux résolutions proj… 0DU7
  • Corollaire Soient M un A-module, P et P' deux résolutions projectives de M ; on suppose que P est minimale. Soient f:P→ P' et g:P'→ P deux morphismes de résolutions. Alors f est injectif, g e… 0DU8
  • Proposition 9 Soient M un A-module et (P,p) une résolution projective de M. Notons r le radical de A. On suppose, ou bien que Pₙ est un A-module de type fini pour tout n, ou bien que r est nilpo… 0DU9
  • Proposition 10 Supposons que A soit un anneau local nœthérien à gauche, et soit M un A-module de type fini. Alors M possède une résolution minimale (P, p) ; pour tout n geqslant 0, Pₙ est un modu… 0DUA
  • Proposition 11 Si M est un A-module gradué borné inférieurement (resp. si M est un A-module gradué de type fini et si A est nœthérien à gauche), il existe une suite exacte illimitée à gauche de A… 0DUB
  • Proposition 12 L’application overlineε_M : B(A, M) → M est un homotopisme de complexes de k-modules. En particulier, le complexe B(A, M) est scindé sur k, et (B(A, M), overlineε_M) est une résolu… 0DUC
  • Définition 3 La résolution gauche (B(A, M), overlineε_M) de M s’appelle la résolution standard du A-module M. 0DUD
  • Théorème 1 Soient C₀ et C deux ensembles additifs et exacts à gauche de classe de A-modules tels que C₀ ⊂ C et que tout A-module de type C possède une résolution gauche bornée de type C₀. Alo… 0DUE
  • Lemme 4 Soient f : M' → M un homomorphisme de A-modules de type C, et p : P → M une résolution gauche de P bornée de type C₀. Il existe une résolution gauche p' : P' → M' bornée de type C₀… 0DUF
  • Lemme 5 Considérons un diagramme commutatif 0DUG

§ 4. Produits de torsion

  • Remarque 1 Lorsque C' est réduit à C'₀=M, alors (C⊗_A C')ₙ=Cₙ⊗_A M et D=d⊗ 1_M; par exemple C⊗_A Aₛ s’identifie naturellement à C. De même, lorsque C est réduit à C₀=P, alors (C⊗_A C')ₙ=P⊗_A… 0DV2
  • Remarque 2 Pour tout entier r, on a (C⊗_A C')(r)=C(r)⊗_A C', mais (C⊗_A C')(r) et C⊗_A C'(r) n’ont pas en général la même différentielle. 0DV3
  • Proposition 1 Si les complexes C et C' sont nuls à droite, C ⊗_A C' est nul à droite et l’application k-linéaire canonique γ_0,0(C, C') : H₀(C) ⊗_A H₀(C') → H₀(C ⊗_A C') est bijective. 0DV4
  • Proposition 2 L’application σ(C, C') : C ⊗_A C' → C'^∘ ⊗_A C^∘ est un isomorphisme de complexes de k-modules, dont l’isomorphisme réciproque est σ(C'^∘, C^∘). 0DV5
  • Remarque 3 On peut définir le produit tensoriel d’une famille finie de complexes sans munir l’ensemble d’indices d’un ordre total (X, p. 185, exercice 3). 0DV6
  • Remarque 4 Supposons que chaque C⁽ⁱ⁾ soit muni d’une structure d’algèbre graduée compatible avec sa graduation et telle que les d⁽ⁱ⁾ soient des antidérivations (III, p. 117). Munissons alors… 0DV7
  • Proposition 3 Soient C,\ C₁ deux complexes de A-modules à droite, C',\ C'₁ deux complexes de A-modules à gauche, et u : C → C₁,\ v : C → C₁,\ u' : C' → C'₁,\ v' : C' → C'₁ des morphismes de comp… 0DV8
  • Corollaire 1 Soit C' un complexe scindé de A-modules à gauche tel que H(C') soit plat. Pour tout complexe C de A-modules à droite, l’application canonique 0DV9
  • Corollaire 2 Soit N un A-module à gauche plat. Pour tout complexe C de A-modules à droite, les homomorphismes canoniques 0DVA
  • Corollaire 3 Soit C' un complexe de A-modules à gauche tel que B(C') et H(C') soient projectifs. Pour tout complexe C de A-modules à droite, l’application γ(C,C') est bijective. 0DVB
  • Remarque 1 En utilisant les isomorphismes de commutation, on déduit des corollaires 1, 2 et 3 les énoncés analogues obtenus en échangeant les rôles des deux arguments des produits tensoriels. 0DVC
  • Remarque 2 Nous verrons ci-dessous (X, p. 79, cor. 4) que la conclusion du cor. 1 est également vraie lorsqu’on suppose C' et H(C') plats et C' borné à droite. 0DVD
  • Lemme 1 Soient C un complexe de A-modules à droite et E un complexe de A-modules à gauche. On suppose que H(C)=0 et que E est plat et borné à droite. Alors H(C⊗_A E)=0. 0DVE
  • Lemme 2 Si u:C→ C' est un morphisme de complexes de A-modules à droite et E un complexe de A-modules à gauche, alors les complexes Con(u)⊗_A E et Con(u⊗ 1_E) sont isomorphes. 0DVF
  • Proposition 4 Soient u:C→ C' un homologisme de complexes de A-modules à droite et E un complexe de A-modules à gauche, plat et borné à droite. Alors 0DVG
  • Remarque En utilisant les isomorphismes de commutation, on déduit des énoncés précédents les énoncés analogues obtenus en échangeant les rôles des deux arguments des produits tensoriels. 0DVH
  • Définition 1 Soit M un A-module à droite et N un A-module à gauche. On appelle produit de torsion de M et N le k-module gradué 0DVI
  • Remarque 1 Nous verrons ci-dessous (X, p. 107, prop. 6) des propriétés de finitude des modules Torᴬ(M, N). Par exemple, si A est commutatif noethérien et si M et N sont des A-modules de type… 0DVJ
  • Remarque 2 Le morphisme de complexes p_M ⊗ p_N : L(M) ⊗_A L(N) → M ⊗_A N induit sur l’homologie de degré 0 l’isomorphisme 0DVK
  • Proposition 5 Les k-homomorphismes 0DVL
  • Corollaire Si M ou N est plat, Torᵢᴬ(M, N) = 0 pour i geqslant 0. 0DVM
  • Remarque 3 Si g : N → N' est un homomorphisme de A-modules à gauche, alors 0DVN
  • Proposition 6 L’application (f, g) ↦ Torᴬ(f, g) : 0DVO
  • Corollaire Soit λ ∈ k. Si λ annule M ou N, il annule Torᴬ(M, N). En effet, λ . 1_Tor(M, N) = Tor(λ . 1_M, 1_N) = Tor(1_M, λ . 1_N). 0DVP
  • Proposition 7 Soient I et J deux ensembles, (M_α)_α ∈ I une famille de A-modules à droite, (N_β)_β ∈ J une famille de A-modules à gauche. L’homomorphisme 0DVQ
  • Proposition 8 Soient I (resp. J) un ensemble préordonné filtrant à droite, ((M_α, u_α', α) (resp. ((N_β, v_β', β))) un système inductif de A-modules à droite (resp. gauche) relatif à I (resp. J)… 0DVR
  • Corollaire Soient I un ensemble préordonné filtrant à droite, (Mᵢ, uⱼᵢ) (resp. (Nᵢ, vⱼᵢ)) un système inductif de A-modules à droite (resp. à gauche) relatif à I. L’homomorphisme de k-modules… 0DVS
  • Définition 2 On appelle homomorphisme de liaison des produits de torsion, relatif au module M et à la suite exacte E, l’homomorphisme composé 0DVT
  • Théorème 1 La suite illimitée à gauche d’homomorphismes de k-modules 0DVU
  • Corollaire 1 Si Tor₁ᴬ(M, N'') = 0, la suite 0DVV
  • Corollaire 2 Soient 0 → C' xrightarrowu C xrightarrowv C'' → 0 une suite exacte de complexes de A-modules à gauche et E un complexe de A-modules à droite. Si C'' ou E est plat, la suite 0DVW
  • Exemple Soit a un idéal de A. La suite exacte 0DVX
  • Proposition 9 Soient f : M → M₁ un homomorphisme de A-modules à droite et 0DVY
  • Proposition 10 Notons ( F^∘) la suite exacte de A-modules à gauche 0DVZ
  • Théorème 2 Soit E un A-module à droite. Les conditions suivantes sont équi- valentes : 0DW0
  • Corollaire 1 Soit 0 → E' → E → E'' → 0 une suite exacte de A-modules à droite. Supposons que E'' soit plat. Alors pour que E soit plat, il faut et il suffit que E' soit plat. 0DW1
  • Corollaire 2 Soit 0longrightarrow Eₙlongrightarrow Eₙ₋₁longrightarrow⋯longrightarrow E₁longrightarrow0 une suite exacte de A-modules à droite. Si Eᵢ est plat pour i=1,…,n-1, alors Eₙ est plat. 0DW2
  • Théorème 3 Supposons les A-modules B(C) et Z(C) plats. Il existe un unique homomorphisme de k-modules gradués, de degré -1, 0DW3
  • Lemme 3 L’homomorphisme de liaison H(B ⊗_A C') → H(Z ⊗_A C') associé à la suite exacte (12) est égal à H(i ⊗ 1). 0DW4
  • Corollaire 1 Si B(C) et Z(C) sont plats, on a pour tout A-module à gauche N et tout entier n une suite exacte 0DW5
  • Corollaire 2 Supposons B(C) et B(C') projectifs et Z(C) plat. Alors les suites de k-modules (11) et (13) sont exactes et scindées. Cela résulte du théorème et du lemme suivant : 0DW6
  • Lemme 4 Si B(C) et B(C') sont projectifs, alors l’homomorphisme canonique γ(C, C') : H(C) ⊗_A H(C') → H(C ⊗_A C') possède une rétraction k-linéaire. En effet d’après X, p. 65, remarque b)… 0DW7
  • Corollaire 3 (formule des coefficients universels) Supposons l’anneau A principal. Si les complexes C et C' sont libres, les suites de A-modules (11) sont exactes et scindées ; si le complexe C est libre, les suites de A-modules (1… 0DW8
  • Corollaire 4 (« formule de Künneth ») Supposons C borné à droite, C et H(C) plats ; alors l’homomorphisme canonique 0DW9
  • Corollaire 5 Soit u : C \to C' un homologisme de complexes de A-modules à droite, plats et bornés à droite. Pour tout complexe E de A-modules à gauche, le morphisme u ⊗ 1_E : C ⊗_A E → C' ⊗_A E… 0DWA
  • Proposition 11 Supposons A noethérien à gauche, et soit C un complexe borné et plat de A-modules à gauche tel que H(C) soit un A-module de type fini. Soient a et b deux entiers tels que a \leq b… 0DWB

§ 5. Modules d’extensions

  • Proposition 1 Si C est nul à droite et C' nul à gauche, alors HomgrA (C, C') est nul à gauche, et l’application k-linéaire canonique 0DWL
  • Proposition 2 a) Soient C' xrightarrowu C xrightarrowv C'' une suite exacte de A-complexes, P complexe projectif, E un complexe injectif (X, p. 25). Alors les suites 0DWM
  • Proposition 3 Soient C, tildeC, C', tildeC' quatre A-complexes, u : tildeC → C, v : tildeC → C, u' : C' → tildeC' et v' : C' → tildeC' quatre morphismes de complexes. 0DWN
  • Corollaire 1 Si C est scindé et H(C) projectif (resp. si C' est scindé et Hₙ(C') injectif pour chaque n), alors l’homomorphisme canonique 0DWO
  • Corollaire 2 Supposons B(C) et H(C) projectifs (resp. Bₙ(C') et Hₙ(C') injectifs pour chaque n). Alors λ(C, C') est bijectif. 0DWP
  • Corollaire 3 Soit M un A-module projectif (resp. injectif). Pour tout complexe C de A-modules et tout entier n, l’homomorphisme canonique 0DWQ
  • Lemme 1 a) Si C ou C' est borné à droite, si C est projectif et si H(C') = 0, alors H(Homgr_A(C, C')) = 0. b) Si C ou C' est borné à gauche, si C' est injectif et si H(C) = 0, alors H(Homg… 0DWR
  • Proposition 4 Soient u : C' → C un homologisme de complexes, P un complexe projectif, E un complexe injectif. 0DWS
  • Définition 1 Soient M et N deux A-modules. On appelle module d’extensions de N par M, le k-module gradué 0DWT
  • Remarque 1 Nous verrons ci-dessous (X, p. 107, prop. 6) des propriétés de finitude des modules Extⁿ_A(M,N). Par exemple si A est commutatif noethérien, et si M et N sont des A-modules de type… 0DWU
  • Remarque 2 Le morphisme de complexes 0DWV
  • Proposition 5 Les k-homomorphismes beginaligned &φ_M(N) : H(Homgr_A(L(M), N)) → Ext_A(M, N) \\ &et overlineφ_N(M) : H(Homgr_A(M, I(N))) → Ext_A(M, N) sont bijectifs. endaligned 0DWW
  • Corollaire Si M est projectif (resp. si N est injectif), on a Ext_Aⁱ(M, N) = 0 pour i > 0. En effet, Homgr_A(1, e_N) : Hom_A(M, N) → Homgr_A(M, I(N)) (resp. Homgr_A(p_M, 1) : Hom_A(M, N) → Ho… 0DWX
  • Proposition 6 L’application (f,g)↦ Ext_A(f,g) : 0DWY
  • Corollaire Soit λ∈ k. Si λ annule M ou N, il annule Ext_A(M,N). En effet λ 1_Ext(M,N)=Ext(λ 1_M,1_N)=Ext(1_M,λ 1_N). 0DWZ
  • Proposition 7 Soient I et J deux ensembles, (M_α)_α∈ I et (N_β)_β∈ J deux familles de A-modules ; l’homomorphisme 0DX0
  • Remarque 5 Soient P^∘ et Q^∘ deux A-modules à droite. On définit Ext_A(P,Q) par 0DX1
  • Définition 2 On appelle homomorphisme de liaison des modules d’extensions relatif au module M et à la suite exacte E l’homomorphisme composé 0DX2
  • Théorème 1 La suite illimitée à droite d’homomorphismes de k-modules 0DX3
  • Corollaire Si Ext_A¹(M, N') = 0, la suite 0DX4
  • Proposition 8 Soient f : M₁ → M un homomorphisme de A-modules et 0DX5
  • Définition 3 On appelle homomorphisme de liaison des modules d’extensions relatif à la suite exacte (F) et au module N, l’homomorphisme composé δ(F, N) : overlineφ_N(M'') ∘ ∂(F_N) ∘ overlineφ_N… 0DX6
  • Théorème 2 La suite illimitée à droite d’homomorphismes de k-modules 0 longrightarrow Hom_A(M'', N) xrightarrowHom(s, 1) Hom_A(M, N) xrightarrowHom(r, 1) Hom_A(M', N) xrightarrowδ⁰(F, N) Ext_… 0DX7
  • Corollaire Si Ext_A¹(M'', N) = 0, la suite 0DX8
  • Proposition 9 Soient g : N → N₁ un homomorphisme de A-modules et 0DX9
  • Proposition 10 Soit M un A-module. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0DXA
  • Proposition 11 Soit N un A-module. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0DXB
  • Théorème 3 Supposons les A-modules B(C) et Z(C) projectifs. Il existe, pour chaque n, un unique homomorphisme de k-modules 0DXC
  • Remarque On peut démontrer un énoncé analogue, en supposant Bn(C') et C'/Bn(C') injectifs pour chaque n. 0DXD
  • Lemme 2 L’homomorphisme de liaison 0DXE
  • Corollaire 1 Supposons B(C) et Z(C) projectifs et B^n(C') injectif pour chaque n. Alors les suites exactes (11) sont scindées. Cela résulte du théorème et du lemme suivant : 0DXF
  • Lemme 3 Si B(C) est projectif et Bn(C') injectif pour chaque n, l’homomorphisme canonique λ(C, C') : H(Homgr_A(C, C')) → Homgr_A(H(C), H(C')) possède une section k linéaire. 0DXG
  • Corollaire 2 Si B(C) et Z(C) sont projectifs, on a, pour tout A-module N et tout entier n, une suite exacte scindée : 0DXH
  • Corollaire 3 (« formule des coefficients universels ») Supposons A principal et C libre. On a pour tout A-module N et tout entier n une suite exacte scindée (13). En effet B(C) et Z(C) sont libres comme sous-modules du module libre C (… 0DXI
  • Corollaire 4 Si C est borné à droite et si C et H(C) sont projectifs, alors 0DXJ
  • Proposition 12 Les homomorphismes (14), (15), (16) sont des morphismes de complexes. 0DXK

§ 6. Utilisation de résolutions non canoniques

  • Théorème 1 a) Si l’une des résolutions R ou S est plate, alors ψ(S, R) est un isomorphisme de k-modules gradués. 0DXT
  • Corollaire Si R est une résolution plate de M, l’homomorphisme 0DXU
  • Remarque Le diagramme de k-modules 0DXV
  • Proposition 1 Si a₁, b₁, c₁ sont des homologismes, ψ'(S₁, R₁) et φ'(R₁, E₁) sont les bijections réciproques des bijections ψ(S₁, R₁) et φ(R₁, E₁) respectivement. 0DXW
  • Exemple 1 Soit a un élément de A tel que l'application φ : x ↦ xa de A dans lui-même soit injective (« a n'est pas diviseur de zéro à droite »). En utilisant la résolution 0DXX
  • Exemple 2 Supposons A intègre ; soient K le corps des fractions de A et M un A-module. En utilisant la résolution plate 0DXY
  • Exemple 3 Supposons que A soit un anneau local noethérien, notons m son idéal maximal, et posons κ = A/m. Soient M un A-module de type fini et P une résolution projective minimale de M (X, p… 0DXZ
  • Proposition 2 Les deux diagrammes suivants sont commutatifs : 0DY0
  • Remarque Considérons de même des diagrammes commutatifs de morphismes de complexes 0DY1
  • Proposition 3 a) Soient P un A-module, b : S → P une résolution gauche de P; supposons que la suite de complexes de k-modules 0DY2
  • Remarque 1 Utilisant les isomorphismes de commutation, on déduit de a) l’énoncé analogue obtenu en échangeant les rôles des deux arguments du produit tensoriel. 0DY3
  • Remarque 2 Avec les notations de a), supposons soit S plat, soit R, R', R'' plats ; alors d’une part la suite (3) est exacte (X, p. 72, cor. 2) et on peut appliquer la prop. 3 ; d’autre part… 0DY4
  • Remarque 3 Avec les notations de b), supposons soit E injectif, soit R, R', R'' projectifs ; alors d’une part la suite (4) est exacte (X, p. 83, prop. 2) et on peut appliquer la prop. 3 ; d’a… 0DY5
  • Proposition 4 Soient M un A-module à gauche, a : R → M une résolution gauche de M telle que la suite 0DY6
  • Remarque 4 Si R est projectif ou si E, E', E'' sont injectifs, la suite (7) est exacte (λ, p. 83, prop. 2); de plus, φ(R, E'') est bijectif (th. 1); donc 0DY7
  • Remarque 5 Nous laissons au lecteur le soin d’énoncer et de démontrer les propositions analogues aux prop. 3 et 4 et relatives aux homomorphismes ψ₁ et φ₁. 0DY8
  • Proposition 5 Si A est nœthérien à gauche et si M est un A-module de type fini, l’homomorphisme canonique (8) est bijectif. 0DY9
  • Proposition 6 Soient B un anneau et N un (A, B)-bimodule, qui est un B-module nœthérien (resp. de longueur finie). 0DYA
  • Corollaire Soient ρ : A → B un homomorphisme d’anneaux commutatifs noethériens, M un A-module de type fini, N un B-module. Si N est un B-module de type fini (resp. de longueur finie), il en e… 0DYB
  • Proposition 7 a) Si le A-module Q est plat, l’homomorphisme (9) est bijectif. b) Si le A-module Q est projectif de type fini, l’homomorphisme (10) est bijectif. 0DYC
  • Proposition 8 a) Si N est plat sur A et sur B, l’homomorphisme (11) est bijectif. 0DYD
  • Proposition 9 Si B est plat sur A, l'homomorphisme (13) est bijectif. En effet ψ'(L(E) ⊗_A B, B ⊗_A L(F)) est bijectif (X, p. 102, prop. 1) et γ est bijectif (X, p. 66, cor. 2). 0DYE
  • Proposition 10 L’homomorphisme (14) est bijectif dans les cas suivants : a) B est un A-module projectif de type fini ; b) B est un A-module plat, A est noethérien, et E est un A-module de type fi… 0DYF
  • Définition 1 Soient M un Z⁽ᴳ⁾-module à gauche (resp. à droite), n un entier geqslant 0. Le groupe Ext_Z⁽ᴳ⁾ⁿ(Z, M) (resp. Torₙ^Z⁽ᴳ⁾(M, Z)) est noté Hⁿ(G, M) (resp. Hₙ(G, M)) et appelé n-ième gro… 0DYG
  • Exemple 1 Il résulte directement de la définition que H⁰(G, M) est isomorphe au sous-module des éléments de M invariants sous l’action de G, et H₀(G, M) au module quotient de M par le sous-m… 0DYH
  • Exemple 2 Il résulte de ce qui précède que H¹(G, M) est isomorphe au Z-module Z¹(G, M)/B¹(G, M), où Z¹(G, M) est le Z-module des applications f de G dans M vérifiant : 0DYI
  • Exemple 3 De même H²(G,M) est isomorphe au Z-module Z²(G,M)/B²(G,M), où Z²(G,M) est le Z-module des applications f de G× G dans M, vérifiant : 0DYJ
  • Exemple 4 Soit M un Z-module, que l’on considère comme un Z⁽ᴳ⁾-module à droite en faisant opérer G trivialement. Le groupe H₁(G,M) est isomorphe au quotient de M⊗_ZZ⁽ᴳ⁾ par le sous-Z-module… 0DYK
  • Lemme 1 Soit M un Z-module ; notons Mᴳ le groupe Hom_Z(Z⁽ᴳ⁾, M) muni de sa structure naturelle de Z⁽ᴳ⁾-module à gauche. Alors : 0DYL
  • Proposition 11 Soit L une extension galoisienne de degré fini d’un corps commutatif K, de groupe de Galois G. a) On a Hⁱ(G, L) = 0 pour i geqslant 1. b) On a H¹(G, L^*) = 0. c) Le groupe H²(G, L^… 0DYM

§ 7. Produit de composition

  • Exemple 1 Si u ∈ Hom_A(N, P), v ∈ Hom_A(M, N), u ∘ v est le composé de u et de v. 0DZG
  • Exemple 2 Si u ∈ Hom_A(N, P), v ∈ Ext_A(M, N), alors 0DZH
  • Exemple 3 Soient M, N, M', N' quatre A-modules à gauche. Si u ∈ Ext_A(M, N), f ∈ Hom_A(M', M), g ∈ Hom_A(N, N'), alors 0DZI
  • Proposition 1 Soient (C,d) et (C',d') deux complexes de A-modules à gauche et n,p,q trois entiers tels que p ≥ q. Pour p ≥ i ≥ q-1, soit fᵢ:Cᵢlongrightarrow C'_i+n+1 un homomorphisme de A-module… 0DZJ
  • Proposition 2 On a a, b ∈ Zⁿ(Homgr_A(L(M), I(N))). De plus, les classes overlinea et overlineb de a et b dans Hⁿ(Homgr_A(L(M), I(N))) = Ext_Aⁿ(M, N) ne dépendent que de la suite exacte (4) et so… 0DZK
  • Définition 1 On appelle classe associée à la suite exacte (4) l’élément θ de Ext_Aⁿ(M, N) défini par θ = (-1)^n(n+1)/2 overlinea = (-1)^n(n+1)/2 overlineb. 0DZL
  • Remarque 1 Soit (P, p) une résolution projective de M. D’après X, p. 49. prop. 3, il existe un diagramme commutatif 0DZM
  • Remarque 2 Lorsque n = 0, la suite exacte (4) s’écrit 0 → N xrightarrowf M → 0, et la classe associée est f⁻¹ ∈ Hom_A(M, N) = Ext⁰_A(M, N). 0DZN
  • Proposition 3 Soient 0DZO
  • Corollaire 1 Considérons un diagramme commutatif à lignes exactes 0DZP
  • Corollaire 2 Soient 0DZQ
  • Corollaire 3 Soient 0 → N xrightarrowfₙ₋₁ Rₙ xrightarrowfₙ ⋯ → R₁ xrightarrowf₁ M → 0 une suite exacte, θ sa classe dans Ext_Aⁿ(M, N), u : M' → M et v : N → N' deux homomorphismes de A-modules. 0DZR
  • Remarque Soit θ ∈ Extⁿ_A(M, N), resp. θ' ∈ Extⁿ_A(M', N'), la classe d’une suite exacte 0DZS
  • Théorème 1 Soient n un entier geqslant 1, M et N deux A-modules. 0DZT
  • Remarque 1 Si l’anneau A est nœthérien, et si les A-modules M et N sont de type fini, il résulte de la démonstration de a) que tout élément de Ext_Aⁿ(M, N) est la classe associée à une suite… 0DZU
  • Corollaire Soit 0 → N xrightarrowf R xrightarrowg M → 0 et 0 → N xrightarrowf' R' xrightarrowg' M → 0 deux suites exactes, θ et θ' les classes associées dans Ext¹(M, N). Pour que θ = θ', il f… 0DZV
  • Remarque 2 Le théorème 1 donne une description de Ext_Aⁿ(M, N) comme ensemble de classes d’équivalence de suites exactes ; il est facile de décrire la loi de groupe qu’on obtient sur cet ense… 0DZW
  • Proposition 5 Soient 0DZX
  • Corollaire 1 a) L’homomorphisme de liaison Hom_A(M'', M'') → Ext_A¹(M'', M') envoie 1_M'' sur θ. b) L’homomorphisme de liaison Hom_A(M', M') → Ext_A¹(M'', M') envoie 1_M' sur -θ. 0DZY
  • Corollaire 2 Considérons deux suites exactes de A-modules à gauche 0DZZ
  • Corollaire 3 Si θ∈Ext_Aⁿ(M,N) est la classe de la suite exacte (S), on a 0E00
  • Corollaire 4 Si chaque module Rᵢ,\ i = 1, ..., n, est injectif (resp. projectif), l’application α ↦ θ ∘ α (resp. α ↦ α ∘ θ) de Ext_Aᵐ(P, M) dans Ext_Aᵐ⁺ⁿ(P, N) (resp. de Ext_Aᵐ(N, P) dans Ext_A… 0E01
  • Remarque Les définitions et propositions des n°s 3 à 6 s’appliquent aux A-modules à droite, considérés comme modules à gauche sur l’anneau A^∘ opposé à A. 0E02
  • Remarque 1 Si on utilise les isomorphismes ψ de X, p. 69, on peut aussi définir le produit de composition par le diagramme commutatif 0E03
  • Remarque 2 On peut aussi utiliser les résolutions l(P) et l(Q). 0E04
  • Proposition 6 Soient K, M, N des A-modules à gauche, P, Q, R des A-modules à droite, α ∈ Ext_Aⁿ(P, Q), β ∈ Ext_Aᵖ(Q, R), λ ∈ Ext_Aʳ(K, M), μ ∈ Ext_Aˢ(M, N), γ ∈ Torₘᴬ(P, K). Alors (13) (β ∘ α) ∘… 0E05
  • Proposition 7 a) Soient 0E06
  • Corollaire 1 Soient 0 → P' → P → P'' → 0 une suite exacte de A-modules à droite, 0 → M' → M → M'' → 0 une suite exacte de A-modules à gauche. Alors les homomorphismes composés d’homomorphismes… 0E07
  • Corollaire 2 Si θ ∈ Ext_Aⁿ(M, N) est la classe associée à la suite exacte (S), on a hat∂ₘ(P, S)(α) = θ ∘ α pour tout α ∈ Torₘᴬ(P, M). 0E08
  • Corollaire 3 Si tous les modules Rᵢ, i = 1, ..., n, sont plats, l’application α ↦ θ ∘ α de Torₘ₊ₙᴬ(P, M) dans Torₘᴬ(P, N) est bijective pour tout A-module à droite P et tout entier m > 0. 0E09
  • Corollaire 4 Si θ₁ ∈ Ext_Aⁿ(P, Q) est la classe associée à la suite exacte (S₁), on a ∂ᵐ(S₁, M)(α) = θ₁ ∘ α pour tout α ∈ Torₘᴬ(P, M). 0E0A
  • Proposition 8 a) Le diagramme suivant, où h_θ(α) = θ ∘ α, est commutatif 0E0B
  • Remarque Par les isomorphismes de commutation, on déduit de a) un énoncé analogue dans le cas d’une suite exacte (16) de A-modules à droite. 0E0C
  • Proposition 9 Le diagramme suivant, où γ_θ(α) = θ ∘ α, est commutatif : 0E0D

§ 8. Dimension homologique

  • Définition 1 Soit M un A-module. On appelle dimension projective de M, et on note dp_A(M) la borne inférieure dans overlineZ des longueurs des résolutions projectives de M (X, p. 48). 0E0P
  • Lemme 1 Si dp_A(M) < n < +∞, on a Ext_Aⁿ(M, N) = 0 pour tout A-module N et Torₙᴬ(P, M) = 0 pour tout A-module à droite P. Cela résulte aussitôt du fait que M possède une résolution project… 0E0Q
  • Proposition 1 Soient M un A-module et n un entier ≥ 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) dp_A(M) ≤ n (i.e. (déf. 1), M possède une résolution projective de longueur ≤ n); (ii) Ext… 0E0R
  • Corollaire 1 Soit (Mᵢ)_i ∈ E une famille de A-modules. On a dp_A ( ⨁_i ∈ E Mᵢ ) = sup_i ∈ E dp_A(Mᵢ) . Cela résulte de l'équivalence des conditions (i) et (iii) de la prop. 1. et de la prop. 7… 0E0S
  • Corollaire 2 Soit 0 → M' → M → M'' → 0 une suite exacte de A-modules. 0E0T
  • Example Soit a un élément de A qui n’est ni inversible, ni diviseur de zéro à droite. Alors dp_A(A/Aa)=1. 0E0U
  • Proposition 2 Supposons A noethérien à gauche. Soient M un A-module de type fini et n un entier ≥0. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0E0V
  • Corollaire Supposons A noethérien à gauche et soit C₀ (resp. C) l’ensemble des classes des A-modules projectifs de type fini (resp. des A-modules de dimension projective finie et de type fini… 0E0W
  • Proposition 3 a) Si dp_A(M) leqslant n, l’homomorphisme canonique (3) est injectif. b) Si dp_A(M) leqslant n, si A est noethérien à gauche et si M est de type fini, l’homomorphisme canonique (3)… 0E0X
  • Définition 2 On appelle dimension homologique de A et on note dh(A) la borne supérieure dans Z de l’ensemble des entiers n pour lesquels il existe deux A-modules M et N tels que Ext_Aⁿ(M,N)≠ 0. 0E0Y
  • Proposition 4 Soit n un entier ≥ 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0E0Z
  • Remarque 1 Si dh(A) ≤ n < +∞, on a Torₙ₊₁ᴬ(P, M) = 0 pour tout A-module M et tout A-module à droite P, puisque dp_A(M) ≤ n (cf. lemme 1). 0E10
  • Remarque 2 Pour que dh(A) soit finie, il faut et il suffit que dp_A(M) soit finie pour tout A-module M non nul. Cela résulte en effet de ce qui précède et de X, p. 135, cor. 1. 0E11
  • Corollaire Supposons A noethérien à gauche et soit n un entier > 0. Les conditions suivantes sont équivalentes : 0E12
  • Remarque D’après l’équivalence de (i) et (iii), on a dh(A) = dh(A^∘) si A est noethérien à droite et à gauche. Cette égalité n’est pas satisfaite en général (X, p. 204, exercice 20). 0E13
  • Proposition 5 Supposons A noethérien à gauche et de dimension homologique finie et soit C₀ (resp. C) l’ensemble des classes de A-modules projectifs de type fini (resp. des A-modules de type fini… 0E14
  • Proposition 6 Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) tout A-module est projectif, (ii) tout A-module est injectif, (iii) tout idéal de A est un module injectif, (iv) dh(A) ≤ 0, (v) A e… 0E15
  • Proposition 7 Les conditions suivantes sont équivalentes : (i) dh(A) ≤ 1, (ii) tout sous-module d’un module projectif est projectif, (ii’) tout idéal de A est projectif, (iii) tout quotient d’un… 0E16
  • Exemple Si A est principal, alors dh(A)≤1. 0E17
  • Remarque Si A est (commutatif) intègre, les conditions précédentes équivalent aussi aux suivantes : 0E18
  • Corollaire Soient A un anneau de dimension homologique ≤ 1, C un complexe de A-modules projectifs, widetilde C un complexe de A-modules à droite projectifs, C′ un complexe de A-modules inject… 0E19
  • Lemme 2 Soient ρ : A→ A' un homomorphisme d’anneaux, M un A-module, M′ un A′-module. Si le A-module A'_d est plat, on a dp_A(A'⊗_A M)≤dp_A(M). Si le A-module A'ₛ est projectif, on a dp_A(M… 0E1A
  • Lemme 3 Supposons A commutatif et soit M un A[X]-module. a) On a dp_A(M) ≤ dp_A[X](M) ≤ dp_A(M) + 1. b) Si l’homothétie X_M est injective, on a dp_A(M/XM) ≤ dp_A[X](M). c) Si XM = 0, on a… 0E1B
  • Théorème 1 Supposons A commutatif. Alors 0E1C
  • Corollaire 1 Supposons A commutatif. On a 0E1D
  • Corollaire 2 Soit K un corps commutatif (resp. un anneau principal ou de Dedekind qui n’est pas un corps). Alors dh(K[X₁, ..., Xₙ]) est égal à n (resp. n + 1). Cela résulte de ce que dh(K) = 0… 0E1E
  • Lemme 4 Soit M un A-module gradué borné inférieurement (X, p. 56). Si A₀ ⊗_A M = 0, alors M = 0. 0E1F
  • Lemme 5 Soit M un A-module gradué borné inférieurement, et soit s : A ⊗_A₀ M/J₀ M → M un A-homomorphisme gradué tel que 1 ⊗_A s : A₀ ⊗_A (A ⊗_A₀ M/J₀ M) → A₀ ⊗_A M soit l’isomorphisme cano… 0E1G
  • Proposition 8 Soit M un A-module gradué borné inférieurement. 0E1H
  • Corollaire 1 Soit M un A-module gradué de type fini. Si le A₀-module M/J₀M est projectif (resp. gradué libre, resp. plat) et si Tor₁ᴬ(A₀,M)=0, alors le A-module M est projectif (resp. gradué li… 0E1I
  • Corollaire 2 Supposons que tout A₀-module projectif soit libre (resp. que A soit noethérien et que tout A₀-module projectif de type fini soit libre). Soit M un A-module gradué borné inférieurem… 0E1J
  • Corollaire 3 (Théorème des syzygies de Hilbert) Supposons que A₀ soit un corps commutatif et que A soit engendré comme A₀-algèbre par n éléments homogènes de degrés > 0 algébriquement indépendants. Pour tout A-module gradué M bo… 0E1K
  • Remarque Le cor. 2 s’applique également aux cas suivants : a) A₀ est principal et A = A₀[X₁, ..., Xₙ₋₁]; b) A₀ est noethérien local régulier de dimension r et A = A₀[X₁, ..., Xₙ, r]. 0E1L
  • Corollaire 4 Supposons A₀ semi-simple. Soient M un A-module gradué borné inférieurement et n un entier ≥ 0. Pour que dp_A(M) ≤ n, il faut et il suffit que Torₙ₊₁ᴬ(A₀, M) = 0. Si dp_A(M) ≤ n, al… 0E1M
  • Corollaire 5 Supposons l’anneau A₀ semi-simple. Si Torₙ₊₁ᴬ(A₀, A₀) = 0, on a dp_A(M) ≤ n pour tout A-module gradué borné inférieurement. 0E1N

§ 9. Complexes de Koszul

  • Définition 1 Le complexe (Λ(L), dᵤ) se note Kᴬ(u) ou K(u). 0E2G
  • Lemme 1 Si le complexe C est nul à droite (resp. à gauche), alors Kᴬ(u, C) (resp. K^*_A(u, c)) est nul à droite (resp. à gauche), et γ₀ (resp. λ⁰) est bijectif. 0E2H
  • Proposition 1 Soit x ∈ L; notons Rₓ : y ↦ x ∧ y la multiplication à gauche par x dans l’algèbre Λ(L). Alors dᵤ ∘ Rₓ + Rₓ ∘ dᵤ = u(x) · 1_Λ(L) = u(x)_Λ(L). 0E2I
  • Corollaire 1 Si u est surjectif, K(u) est homotope à zéro (X, p. 34) ainsi que Kᴬ(u, C) et K_A^*(u, C) pour tout complexe C. 0E2J
  • Corollaire 2 Soient C un complexe, Ann (C) son annulateur. Alors q + Ann(C) annule Hᴬ(u, C) et H_A^*(u, C). 0E2K
  • Proposition 2 Soit (Lᵢ)_i ∈ I une famille de A-modules, où l’ensemble I est fini et totalement ordonné. Soient u une forme linéaire sur ⨁_i ∈ I Lᵢ, uᵢ sa restriction à Lᵢ. 0E2L
  • Remarques 1) \ Ce qui précède reste valable lorsque L est projectif de rang n. \ 0EEQ
  • Proposition 3 Si le A-module L est plat, les suites (Eₙ) ci-dessus sont exactes pour n > 0. 0E2M
  • Remarque 1 Nous verrons ci-dessous (X, p. 158, exemple) une autre démonstration de la partie c) ci-dessus. 0E2N
  • Remarque 2 Si A est une Q-algèbre, la conclusion de la prop. 3 reste vraie sans hypothèse sur L (cf. X, p. 206, exercice 1). 0E2O
  • Remarque 3 Soient G un groupe et ρ : G → GL(L) une représentation linéaire de G dans un A-module plat L. Alors les (Eₙ) sont des suites exactes de représentations linéaires. Supposons L proje… 0E2P
  • Lemme 2 Si le k-module L₀ est libre de base (eᵢ)_i ∈ I, les applications k-linéaires g et h sont bijectives. Cela résulte de III, p. 79, th. 1. 0E2Q
  • Remarque Inversement, soient B une k-algèbre, L un B-module libre de base (eᵢ)_i ∈ I, et M un B-module. La donnée d’une forme linéaire u : L → B équivaut à celle d’une famille x = (xᵢ)_i ∈… 0E2R
  • Exemple Prenons M = k[T₁, ..., Tₙ]; le complexe de Koszul K (∂/∂ T, M) associé à la suite d’endomorphismes (∂/∂ T₁, ..., ∂/∂ Tₙ) s’identifie au complexe de de Rham de k[x₁, ..., xₙ] sur k… 0E2S
  • Lemme 3 Soit K un complexe tel que Kᵢ = 0 pour i ≠ 0, 1, et soient C un complexe et p un entier. 0E2T
  • Proposition 4 Pour tout complexe C, on a des suites exactes . 0E2U
  • Corollaire 1 Pour que Hₚ(x,C)=0, il faut et il suffit que l’homothétie de rapport x dans Hₚ(C) soit surjective et que l’homothétie de rapport x dans Hₚ₋₁(C) soit injective. 0E2V
  • Corollaire 2 Soient x=(x₁,…,xₙ) une suite d’éléments de A, M un A-module, x' la suite (x₁,…,xₙ₋₁). On a des suites exactes 0E2W
  • Corollaire 3 Pour que Hᵢ(x,M) soit nul pour tout i>0, il faut et il suffit que l’homothétie de rapport xₙ dans Hᵢ(x',M) soit bijective pour i>0, et que l’homothétie de rapport xₙ dans M/(x')M s… 0E2X
  • Définition 2 La famille x est dite complètement sécante pour M si on a Hᵢ(x,M)=0 pour i>0. 0E2Y
  • Proposition 5 Soit x=(x₁,…,xₙ) une suite d’éléments de A. Si pour i=1,…,n, l’homothétie de rapport xᵢ dans le A-module M/(x₁M+⋯+xᵢ₋₁M) est injective, la suite x est complètement sécante pour M. 0E2Z
  • Exemple Soit k un anneau; prenons A = k[X₁, ..., Xₙ] et x = (X₁, ..., Xₙ). La suite x est A-régulière et la proposition redonne l’acyclicité en degrés > 0 du complexe Sₖ(kⁿ) ⊗ₖ Λₖ(kⁿ) (cf… 0E30
  • Proposition 6 a) Si ∑_i ∈ I xᵢ A = A, la famille (xᵢ)_i ∈ I est complètement sécante pour M. b) Soit x = (x₁, ..., xₙ) une suite d’éléments de A. Soit (aᵢⱼ) ∈ GLₙ(A); posons yᵢ = ∑ⱼ aᵢⱼ xⱼ. Si l… 0E31
  • Remarque 1 L’assertion analogue à c) pour les suites régulières est vraie (X, p. 207, exercice 5). 0E32
  • Proposition 7 a) Soit N un A-module plat. Si la famille x est complètement sécante pour M, elle l’est pour M ⊗_A N. 0E33
  • Remarque 2 Les assertions analogues à a) et b) pour les suites régulières sont immédiates. 0E34
  • Remarque 3 Si la famille x est complètement secante pour A, le complexe K.(x, A) définit une résolution libre du A-module A/x, avec x = ∑_i ∈ I xᵢ A; on a donc pour tout entier i geqslant 0 e… 0E35
  • Remarque 4 On dit que la suite x = (x₁, ..., xₙ) est M-corégulière si (notant (xᵢ)_M l’homothétie de rapport xᵢ dans M) l’homothétie de rapport xᵢ dans le module 0E36
  • Théorème 1 Considérons les conditions suivantes : (i) La suite x est M-régulière (X, p. 158). (ii) La suite x est complètement sécante pour M (X, p. 157, déf. 2). (iii) On a H₁(x, M) = 0. (iv… 0E37
  • Corollaire 1 Si A est noethérien, si le A-module M est de type fini et si les xᵢ appartiennent au radical de A, les conditions (i) à (v) du théorème sont équivalentes. En effet, sur chacun des… 0E38
  • Corollaire 2 Supposons que A soit un anneau gradué à degrés positifs, M un A-module gradué borné inférieurement, et les xᵢ des éléments homogènes de degré 0 de A. Alors les conditions (i) à (v)… 0E39
  • Corollaire 3 Supposons que les modules M/(x₁M+⋯+xᵢ₋₁M) soient séparés pour la topologie 𝔵-adique (1≤ i≤ n) ; soit p un entier compris entre 1 et n. Pour que la suite 𝔵 soit complètement sécante… 0E3A
  • Remarque Soit 𝔵=(x₁,…,xₙ) une suite d’éléments de A telle que H₁(𝔵,A)=0 ; alors le noyau de l’homomorphisme surjectif u:Aⁿ→𝔵 tel que u(∑ aᵢ eᵢ)=∑ aᵢ xᵢ est engendré par les éléments Xⱼ eᵢ-X… 0E3B
  • Lemme 4 Soit A₀ l’anneau Z[T₁,…,Tₙ], et soit u:A₀[X₁,…,Xₙ]→ A₀[U] l’homomorphisme de A₀-algèbres tel que u(Xᵢ)=TᵢU. Le noyau de u est l’idéal 𝔡₀ de A₀[X₁,…,Xₙ] engendré par les éléments (T… 0E3C
  • Proposition 8 Supposons la suite x régulière pour M. L’élément de Ext_Aⁿ(M/(x)M, M) associé à la suite exacte (23) est (-1)^n(n+1)/2 θₓ. Pour i = 0, 1, …, n, définissons une application A-linéai… 0E3D
  • Corollaire Supposons de plus les modules M/(x₁ M + ⋯ + xᵢ₋₁ M) séparés pour la topologie (x)-adique, et soit (aᵢⱼ) ∈ GLₙ(A). Posons yᵢ = ∑ⱼ aᵢⱼ xⱼ et y = (y₁, …, yₙ) . Alors la suite y est ré… 0E3E
  • Proposition 9 Supposons la suite x régulière pour M. Si N est un A-module tel que (x)N = 0, on a Ext_Aⁱ(N, M) = 0 pour i < n, et l’application α ↦ θₓ ∘ α de HomA (N, M/(x) M) dans Ext^nA (N, M)… 0E3F